C’est parfois dur (comme ce soir) de ne pas être envieux

À une époque, Sir Edmund Leach (1910-1989) avait deux élèves particuliers.

De l’autre, il me parla un jour longuement. Il était agréablement surpris, me dit-il. Une opinion favorable qu’il résuma par « A decent chap! », que DeepL me traduit par « Un bon gars ».

« Un bon gars » ? Fort bien ! Mais cela justifie-t-il l’énorme différence aujourd’hui entre nous dans le nombre de médailles qui nous ont été attribuées ?

Je ne vous cacherai pas mon sentiment ce soir : c’est trop injuste !

Bonus :

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19 réflexions sur « C’est parfois dur (comme ce soir) de ne pas être envieux »

    1. Quand je vois ces personnes qui ont eu une belle vie, des domestiques depuis la naissance, une existence sans rien vivre en fait. Eh bien croyez moi si vous voulez, je les plains…Il est vrai qu’ils vivent très vieux (transmette à Macron, on vit vieux quand on se repose toute la vie…) Ma question c’est comment à notre époque (la situation des l’humanité est bien compromise quand même ) on assiste à un truc pareil, ces gens qui applaudissent n’ont jamais lu? ne savent pas que ces « royaux » vivent sur leur labeur depuis si longtemps? Ici on leur a coupé la tête, on en a raté puisqu’ils sont de retour (la cupidité est leur maître mot). Et finalement nos politiques (français, bourgeois) ont essayé de détruire les idées portées par la révolution de 1789 et par la commune. Mr Jorion vous n’aimez pas Mélenchon (mais Rufin oui, étrange, ils sont tellement complémentaires!) reconnaissez quand même que sans lui qui a trois fois ramassé le drapeau même en lambeaux (citation de Rufin) nous la gauche (enfin la mienne) aurions disparues. S’il vous plaît pas l’adorateur de Poutine qu’il n’est pas, j’admets l’admiration de Chavez…c’est un compliment.

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      1. Une belle vie dites vous ? Pas si sûr quand on voit le nombre de désertions dans the Royal Family !
        En France, nous avons aussi notre Souverain Républicain avec ses courtisans et ses rufians de la politique. Et même si la gauche reprend des couleurs, qu’est ce qui vous garantit que Mélenchon au pouvoir ne chercherait pas à gouverner en monarque de gauche ?

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  1. Paul est un grand incompris ? C’est pour cela qu’il a un blog. Il y a encore de l’espoir.
    Charles est un grand frustré ! Il a raté son enfance, il a raté son mariage, il a raté son espoir (l’urbanisme). Bien sûr, il aura le trône, le secret espoir de Paul, mais il sera trop vieux pour en jouir comme il faut.
    Réjouissons-nous des petits trônes que nous avons connu un instant, ou même des strapontins et soyons sans envie.
    Songeons à ces 3/4 de l’humanité qui n’imaginent pas de s’assoir jamais « plus haut que son cul ». Ils ne sont pas envieux car cela leur ferait trop mal.
    Songeons à cette 1/2 de l’humanité qui se sentira non respectée, même intronisée, par le jugement « elle ne sait pas se tenir à sa place ».

    Paul fut le second dans cet écolage. Je fus le 3e d’une fratrie. Mauvaise place ?
    L’important est de sortir du rang ! A tout le moins à ses propres yeux ! (le reste, c’est trop demander, attendre et espérer).

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  2. Chacun a ce qu’il voulait vraiment, ce pour quoi il s’est activé. Pour ce que j’en sais, vous ne vous êtes jamais activé pour avoir des médailles, (ni pour avoir de l’argent non plus)

    J’ai croisé sur Facebook un vieux Belge (mon âge) qui comme moi avait épousé sur le tard une vieille Chinoise et sa famille, et vivait en Chine. Je lui ai demandé « Avez-vous entendu parler de Paul Jorion ? » Réponse : « Il était à l’université en même temps que moi, mais nous n’étions pas copains ; il ne s’occupait que de savoir tout sur tout, alors que je me contentais de faire ce qu’il fallait pour avoir mon diplôme ; je ne sais pas comment il arrivait à vivre. »

    Ca ne veut pas dire qu’avoir ce qu’on voulait, c’est avoir ce dont on a besoin, ni ce qui apporte le bonheur. Aussi bien, la recherche du bonheur, ou la course pour attraper le bonheur (Life, Liberty and the pursuit of Happiness, déclaration d’indépendance, 1776) , c’est un droit de l’homme, mais c’est probablement une mauvaise idée.

    (dialogue entre monsieur Wolf et son grand fils : _ Pourquoi veux-tu épouser mademoiselle Katz ? _ Parce que je sais que je ne serai heureux qu’avec elle. _ Être heureux, cela ne te fera aucun bien.)

    1. … il ne s’occupait que de savoir tout sur tout, alors que je me contentais de faire ce qu’il fallait pour avoir mon diplôme ; je ne sais pas comment il arrivait à vivre.

      Trop peu d’indications pour que je devine qui c’était. Il se demande comment j’arrivais à vivre ? Dans mon souvenir, c’était très sympathique : en termes d’amies et d’amis, je n’ai jamais eu à me plaindre. Mais si lui se contentait de faire ce qu’il fallait pour avoir son diplôme, la différence entre nous est sans doute que j’utilisais moi pour savoir tout sur tout une partie en tout cas du temps qu’il devait consacrer lui au poker 😉 .

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  3. On se croirait au Muppet Show !
    Elle, vient de voir qu’on lui a collé le menu de Mc Do dans son carnet !
    Lui, affligé de savoir que le seul trône sur lequel il peut s’asseoir est en céramique blanche !

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  4. Ironically, the Prince of Wales needs none of his medals to indicate to persons of lower status (i.e. everybody in the British Commonwealth except his mother) that they are in the presence of royalty. At least, that has been my, admittedly limited, experience of the royal presence, which has a genuine and undeniable mystique for those who fall under its inexplicable spell, even against their will, improbable though that may seem.

    I can attest to the truth of this observation because the Queen once crossed my path while I was taking my dog for a walk in a little town in the depths of Highland Scotland. We were perambulating along a fairly ordinary street in the course of his post-prandial constitutional early one summer afternoon when we were surprised to come upon a minor multitude, as our afternoon strolls had never attracted public interest before.

    It soon became apparent, fortunately, that the focus of attention was not after all our humble selves but was in fact Her Maj, who was at that moment emerging from the refectory of the local private school. Suddenly there she was in the doorway, accompanied by a single royal protection officer, armed only with a concealed handgun and the confident knowledge that his presence was totally superfluous.

    The entire assembly would have protected Her Majesty against any danger. That was obvious. So the dog and I were on our best behaviour. The monarch smiled, radiantly, as you would expect, and then was on her way. Another hard day’s work over. Forgive my cynicism. Being merely Scottish, I cannot really appreciate royalty, mystique or no mystique.

    The hereditary principle is securely lodged in English democracy but not in Scottish democracy. When the Prince of Wales becomes king, that will become apparent.

    1. Traduction DeepL :

      Ironiquement, le prince de Galles n’a besoin d’aucune de ses médailles pour indiquer aux personnes de statut inférieur (c’est-à-dire tous les membres du Commonwealth britannique, à l’exception de sa mère) qu’elles sont en présence de la royauté. C’est du moins l’expérience, certes limitée, que j’ai eue de la présence royale, qui possède une mystique authentique et indéniable pour ceux qui tombent sous son charme inexplicable, même contre leur gré, aussi improbable que cela puisse paraître.

      Je peux attester de la véracité de cette observation car la Reine a un jour croisé mon chemin alors que je promenais mon chien dans une petite ville au fin fond des Highlands écossais. Nous flânions le long d’une rue assez ordinaire dans le cadre de sa constitution post-prandiale au début d’un après-midi d’été lorsque nous avons été surpris de tomber sur une multitude mineure, car nos promenades de l’après-midi n’avaient jamais attiré l’intérêt du public auparavant.

      Il est vite apparu, heureusement, que le centre d’intérêt n’était pas après tout notre humble personne mais était en fait Sa Maj, qui sortait à ce moment-là du réfectoire de l’école privée locale. Soudain, elle était là, dans l’embrasure de la porte, accompagnée d’un seul officier de protection royale, armé seulement d’une arme de poing dissimulée et de la certitude que sa présence était totalement superflue.

      L’assemblée entière aurait protégé Sa Majesté contre tout danger. C’était évident. Le chien et moi nous sommes donc comportés au mieux. La monarque a souri, radieuse, comme on pouvait s’y attendre, puis elle est repartie. Une autre dure journée de travail terminée. Pardonnez mon cynisme. N’étant qu’Écossais, je ne peux pas vraiment apprécier la royauté, mystique ou pas.

      Le principe héréditaire est solidement ancré dans la démocratie anglaise, mais pas dans la démocratie écossaise. Lorsque le Prince de Galles deviendra roi, cela deviendra évident.

  5. La question des médailles me rappelle une andecdote liée à notre ancienne reine. En villégiature dans les Ardennes, elle appris un jour non sans amusement me dit-on que dans la ferme attachée au domaine, le fermier avait appelé sa vache Fabiola. J’ignore si cet animal avait obtenu la médaille du plus beau bovin, comme c’est le encore de nos jours lors de ces compétitions en milieu rural…mais cette anecdote prouve que les Belges ont de la dérision. Merci à M. Paul Jorion pour cela également.

    1. Ce qui m’avait frappé en voyant la photo, c’était le contraste entre l’air triste de Charles et le nombre de ses médailles. M’était revenue alors la conversation avec Leach où il avait tenu à me parler de son autre élève particulier. Je me souviens avoir été surpris qu’il me parle de lui aussi librement : je devais avoir le sentiment que le statut d’élève particulier est semblable à celui d’analysant : qu’on ne parle pas à l’un d’un autre. Bien sûr Leach, étant une sorte d’aristocrate anarchiste, en avait profité pour me dire ce qu’il pensait de la royauté en général (une irritation attendrie). A-t-il parlé à Charles de nos recherches sur l’histoire de l’anthropologie britannique ? Probablement : il trouvait très excitant ce que nos fouilles ramenaient en surface. Aura-t-il alors mentionné mon nom ? Là, j’en doute sérieusement, mon nom ne disant absolument rien à personne. Si ça se trouve, il m’aura qualifié réciproquement de « Nice chap! ». J’aurais préféré bien entendu « Smart cookie » !

  6. La demande de reconnaissance est terriblement humaine, que l’on soit médaillés ou non, et que l’on se prénomme, Paul ou Charles! Votre soif de savoir, et votre curiosité de ce que nous sommes, est bien le signe de l’intelligence multiple. Et ce qui est admirable c’est qu’un bagage tel que le vôtre, n’est pas focément synonyme de fardeau! Ne changez rien, si je puis me permettre.

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