Poutine, Trump et le Contr’Un, la question de philosophie politique, fondamentale dans l’histoire de l’humanité ?, par Cédric Chevalier

Selon certains experts en stratégie militaire et politique, nous allons devoir (continuer à) choisir entre la peste de Vladimir et le choléra de Poutine :

Quels sont les prochains objectifs de Poutine ? « Les contre-attaques de l’Ukraine dans le Sud placent les Russes devant un dilemme » – La Libre

On a donc laissé grandir une bête monstrueuse depuis 20 ans et on n’arrive plus à la maîtriser. Tous les scénarios sont (déjà) perdants pour les démocrates, partout dans le monde et pour longtemps. La démocratie elle-même est menacée. La marge de manœuvre semble se résumer à devoir évaluer le sacrifice d’un bien existentiel (la démocratie et la liberté d’autodétermination ukrainienne) pour en sauver un autre (au mieux la vie de plusieurs millions de citoyens membres de l’Union européenne, au pire la vie humaine sur Terre en cas de guerre nucléaire mondiale, les scorpions survivront). En sachant qu’aucune des deux parties (Ukraine, Union européenne et Etats-Unis) n’est disposée, et c’est compréhensible, à sacrifier son bien existentiel plutôt que celui de l’autre. En sachant qu’aucun sacrifice des démocrates ne garantit la disparition structurelle de la menace. On ne négocie pas avec un tigre avait fameusement dit Winston Churchill en parlant d’Hitler. Que donner à manger à un fauve dont la faim est insatiable ?

Poutine, dirigeant de facto d’une puissance nucléaire, a envahi le premier l’Ukraine avec ses armées, sanctuarisant de facto son « territoire de manœuvre ». Comment ? Via la menace explicite de réponse nucléaire à toute attaque « extérieure » à l’encontre de ses forces, qui dépasserait un seuil arbitraire qu’il déterminera lui seul. Premier sur place, premier à profiter de la protection de son parapluie nucléaire. D’emblée, l’OTAN exclut l’intervention au sol et même l’exclusion aérienne sur le territoire ukrainien. L’ambiguïté plane en faveur de Poutine : livrer des armes, est-ce dépasser le seuil ? Quel type d’arme ? Quel calibre ? Combien ? Quel est le seuil pour que Poutine puisse estimer que les intérêts vitaux de la Russie sont menacés et qu’il peut faire joujou avec un missile nucléaire (arme qu’il n’a pas encore eu le plaisir sadique de tester sur des êtres humains) ?

On aurait aimé que l’OTAN ne joue pas au poker avec Poutine avec ses cartes déposées sur la table sous ses yeux.

Que se serait-il passé si l’OTAN avait installé ses troupes préventivement en Ukraine ? N’aurait-on pas inversé le sens du doute ?

Pourquoi l’OTAN n’a-t-il pas laissé planer davantage de doute sur ses intentions militaires et même nucléaires, afin de faire aussi douter Poutine ?

Une réponse était : minimiser le risque d’escalade nucléaire. On comprend, c’est légitime. Mais voilà que Poutine était donc rassuré, tant qu’il en restait aux moyens plus ou moins conventionnels sur le territoire ukrainien, il pouvait y aller en matière de crimes de guerre, sans risquer d’intervention militaire directe de l’OTAN, bien qu’il doive tolérer un afflux (modéré) d’armes modernes. Ainsi, en théorie des jeux, la perte maximale pour Poutine était bornée, tandis que la perte maximale pour l’Ukraine et les alliés restait non plafonnée (puisque même livrer des armes prêtait à ambiguïté explicite pour Poutine).

Certains, comme Jacques Attali, ont tout de suite posé la bonne question : que ferons-nous si Poutine menace d’utiliser l’arme atomique si nous continuons à livrer des armes ? Et cette question est une déclinaison de la question fondamentale : jusqu’à quel point doit-on céder à la menace de destruction pour préserver son existence versus sa liberté ?

Imaginons à l’extrême que Poutine nous menace comme suit : « donnez-moi les clefs de l’Union européenne sinon je vous atomise ». Que ferons-nous ?

Les armes nucléaires ont fondamentalement changé l’éthique du cri « la liberté ou la mort ! ». Car désormais, ce n’est pas seulement la mort du révolutionnaire sur les barricades, c’est aussi et surtout la destruction potentielle d’une proportion élevée de la population humaine sur Terre / d’un continent / d’un pays / d’une grande ville (choisissez en fonction du nombre de missiles qui sont envoyés lorsque le dirigeant fou appuie sur le bouton rouge).

On se demande alors si la réalité même de ces arsenaux nucléaires est compatible avec la perpétuation de la possibilité de l’existence humaine sur Terre et de la liberté humaine elle-même. On sent que les armes nucléaires sont fondamentalement tyranniques voire totalitaires.

Et c’est là le paradoxe, si des démocraties ne disposaient pas de l’arme nucléaire (USA, France, Royaume-Uni), qu’est-ce qui empêcherait les dictatures qui en disposent de nous soumettre entièrement à leurs désirs pathologiques, de nous envahir sans craindre une riposte nucléaire asymétrique ?

Une partie de moi, même anti arme nucléaire par principe, a déjà contemplé la possible nécessité de l’arme nucléaire pour protéger les démocraties, tout en doutant du bien fondé de ce calcul, in fine. J’ai aussi évalué le cas de figure des Etats décroissants qui voudraient sanctuariser leur territoire (et leur expérience sociétale) contre la puissance extérieure indexée sur les énergies fossiles et fissiles (« Si tu veux la décroissance, prépare la guerre », par Cédric Chevalier).

Mais il faut aller plus loin dans l’analyse. Car c’est le tueur derrière l’arme qu’il faut examiner. La conjonction du pire est atteinte quand se combinent les moyens techniques de la destruction de l’humanité avec la présence au pouvoir suprême d’individus psychopathes prêts à employer ces moyens techniques, a fortiori dans une dictature.

On savait que des dictatures amenaient au pouvoir de tels psychopathes (Poutine), on a redécouvert que les démocraties aussi (Trump).

Disons que Caligula, Néron, Genghis Khan, et même Hitler ne pouvaient pas atomiser la planète, même s’ils pouvaient massacrer des millions de gens.

Aujourd’hui, une longue histoire de lâchetés accumulées dont l’histoire, face aux guerres et crimes précédents de Vladimir Poutine, nous présente la (première) facture. Les scénarios du pire ne sont pas bornés supérieurement sauf par l’extinction de l’humanité par holocauste atomique. Les scénarios du mieux sont déjà bornés par le plancher des atrocités commises jusqu’à présent non seulement en Ukraine, mais aussi en Tchétchénie, en Géorgie, en Syrie et partout où la main criminelle du tyran Poutine a ôté la vie. Et on sent que le plancher ne peut que monter encore. Toute ressemblance avec les années 30, la lâcheté calculatrice des démocraties et l’appétit criminel follement audacieux des dictatures, est forcément un point Godwin. Il faut couper son cerveau en deux et ne pas voir d’analogies. L’histoire ne se répète pas dit-on…

Au passage, étant doté d’un esprit plutôt porté à l’analogie et à la reliance, j’ai toujours été critiqué par ceux (qui m’ont toujours semblé les plus nombreux) pour qui la moindre différence interdit la comparaison à titre d’enseignement. L’être humain de chaque époque, son contexte, les événements, telle ou telle instance, seraient toujours « fondamentalement différents » de toute autre instance analogue. Je n’en crois rien, je crois à la puissance des analogies phénoménales au sein d’un même réel, je crois en particulier à la continuation d’un phénomène régulier que les anciens appelaient « nature humaine ». Je crois que les mêmes causes produisent les mêmes effets, que toute la palette des comportements humains s’est déjà produite et se reproduira encore, et qu’il n’y a aucune irréversibilité vers un mieux dans l’histoire humaine. Tout au plus, pouvons-nous nous associer entre personnes de bonne volonté pour lutter ensemble en faveur « d’âges d’or » durant lesquels, bon an mal an, le mal est minimisé dans une société humaine par des institutions et des citoyens vertueux.

Et donc l’histoire de l’empire romain et la lecture de Shakespeare sont quasiment suffisantes pour nous enseigner cette « nature humaine » et en tirer les conséquences utiles, modulo les nouveautés de notre époque : science, technologie, etc.  C’est toujours le même cerveau avec ses mêmes parties neurologiques qui est à la manœuvre. Et ses affects sont remarquablement stables dans le temps.

Donc depuis la cour de récréation de l’orphelinat jusqu’à déclencher une guerre (mondiale ?), on a laissé dévier le cerveau du caïd Poutine, alors qu’il souffre manifestement de graves troubles psychologiques qui le rendent incroyablement dangereux pour la société, à toutes les échelles de taille de groupe.

Il y a ainsi toujours dans l’histoire longue une question qui n’a pas été tranchée définitivement : est-ce que l’individu, la liberté et la démocratie gagnent tendanciellement, ou bien ce sont les salauds psychopathes et sociopathes qui écrivent l’histoire en lettres de sang, parce que l’immense majorité les laisse faire, encore et encore, retombant sans cesse dans une naïveté confondante sur la « nature humaine » et le « mal » ?

Cette question se condense en effet presque entièrement dans une autre : « comment les sociétés humaines peuvent-elles parvenir à maîtriser structurellement en leur sein le risque d’émergence endémique de la tyrannie sanguinaire d’un seul, relayé par sa clique ? »

Comment contrôler les cerveaux déviants à tendance destructrice ? L’arme absolue étant le cerveau humain.

Ces questions sont posées depuis les premiers philosophes grecs jusqu’à nos jours, en passant par la question de la servitude volontaire (le Contr’Un de La Boétie) et de l’autonomie et de la paix perpétuelle (Kant).

Face à la capacité innée au mal de l’être humain, documentée depuis des millénaires, les sociétés ont tenté de mettre en place des institutions afin d’éviter l’autodestruction. L’autorité parentale, tribale, villageoise, l’éducation, la loi, la justice, la répartition du pouvoir dans des fonctions de chef, la séparation de la religion et de l’Etat, la séparation des pouvoirs, la presse, la démocratie, la concertation sociale, la communication non violente, la thérapie psychologique, la diffusion de valeurs pacifiques, la Société des Nations, l’Union européenne, les Nations Unies, la réconciliation des peuples après une guerre civile ou un génocide, les tribunaux pénaux internationaux, le commerce et la diplomatie internationales, etc.

Mais après plusieurs millénaires de réflexion sur la tyrannie d’un seul dans un groupe, nous n’avons pas encore réussi à déployer ces instruments de maîtrise de la violence humaine à l’échelle de nombreux pays, et encore moins de la planète.

Nous risquons l’extinction de l’espèce par holocauste nucléaire ou écocide (ce qui est sensiblement la même chose : bousiller l’hospitalité de la planète à notre égard).

Certaines des plus vieilles démocraties sont menacées de renouer avec la violence d’un seul, comme les Etats-Unis, tandis que d’autres n’ont toujours pas atteint la case démocratie (Russie, Chine) et se totalitarisent progressivement. Enfin, le continent le plus démocratique du monde est gangrené par des leaders autoritaires et d’extrême droite, certains déguisés en démocrates.

Il y a je crois un continuum entre ce petit caïd de cour de récréation et celui qui appuiera sur le bouton nucléaire qui déclenchera la première et la dernière guerre atomique mondiale. Une propension à l’agressivité se transformant en violence chez le petit d’homme (j’insiste sur l’homme plus que sur la femme, statistiquement c’est établi), qui nécessite un contrôle social par la culture et l’institution, pour ne pas provoquer l’autodestruction de la société.

Cela reste encore un grand mystère pour moi que l’immense majorité sur Terre confie encore aujourd’hui, tel un troupeau docile, sa propre destinée, à autant de psychopathes et de sociopathes habités par une pulsion de mort, en démocratie comme en dictature.

La somme des maux qu’ils ont infligés à la majorité motivationnellement innocente (mais civiquement irresponsable) est infinie. J’espère que nous parviendrons à les arrêter, et à nous arrêter nous-mêmes si nous glissons sur cette pente.

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42 réflexions sur « Poutine, Trump et le Contr’Un, la question de philosophie politique, fondamentale dans l’histoire de l’humanité ?, par Cédric Chevalier »

  1. J’avais cru que la cyber-guerre pouvait être un moyen doux d’empêcher le pouvoir russe de nuire. Nous devons constater qu’aucune panne majeure ou non réparable n’a eu lieu de quelque côté que ce soit depuis le début de la guerre en Ukraine. Pourtant, hier, l’émission « Une histoire de l’internet » rappelait que l’internet russe était le plus complexe au monde. Normalement cette complexité aurait dû laisser des portes dérobées. Et pourtant, ça tient.
    Donc, pas de guerre douce, pas de sabotage discret et la Russie avance. Difficile de voir une issue, en effet.

  2. Si je compte bien, il y aurait trois écueils en cours.
    Le premier qui nous pend au nez serait l’engagement du nucléaire et ripostes en chaine.

    https://hervey-noel.com/2022-_-post-it-eros-et-thanatos/

    Si l’on parvient à l’éviter, s’en suivront (en échange) des désordres monstrueux nourris d’allégeances diverses et variées (Hannah Arendt) « aux forces du mal », déjà en cours (en Europe et dans le monde) et se banalisant (Assemblée Nationale, dernières élections) comparables à une camisole de force sur toute velléité de démocratie pour atteindre l’élimination finale du trop plein dans le nouvel « l’espace habitable » de la planète (rien moins).

    https://hervey-noel.com/elections-jusquou-cela-peut-il-aller/

    Le troisième écueil partant de plus loin, de plus haut (climatique) mais déjà hors de portée des petits bras des nouveaux nés (Extinction Rébellion) est de type cataclysmique. Il est annoncé depuis un bout de temps mais n’arrête pas surprendre les météorologistes par ses avancées.

    https://hervey-noel.com/declinaison-effondrement-du-vivant/

    Les deux derniers écueils se superposent et s’alimentent l’un l’autre.
    A brève échéance même les notaires seront en faillite !
    (:-D

  3. Je pense que la probalité d’une guérre nucléaire est faible, car il n’yaurait pas de vainqueurs. Ce que Poutine et son entourage visent: séparer durablement de régions à l’est de l’Ukraine et obtenir la tutelle sur l’Ukraine (« russification » du pays). En tout cas, les Russes continueront la guérre et la terreur pour briser la résistance des Ukraniens. Il faut savoir aussi que pour le pouvoir russe, une vie humaine ne compte pas cher; il y a, en fait depuis 1917, quelque chose comme un ensemble « traditionnel » de méthodes de dèshumanisation chez eux. On peut se demander combien de temps la sympathie et solidarité des Européens tiendra, quand en hiver le chauffage fera défaut, si les prix continueront à grimper…..les Allemands, presque complétement dépendants du gaz russe appréhendent déjà l’hiver prochain – qui risque tourner en drame pour l’industrie mais aussi pour les ménages.

    2
  4. Pour compléter l’article que vous citez au début de vos réflexions, c’est-à-dire pour essayer d’évaluer autant que faire se peut ce que pourraient être les prochaines actions de la Russie, je crois utile tout d’abord de rappeler ce que Moscou a dit de ses objectifs dans cette guerre.

    Comme rapporté dans cet article, le porte-parole du gouvernement Dmitri Peskov disait fin juin « Il faut ordonner (…) aux soldats ukrainiens de déposer les armes et il faut mettre en oeuvre toutes les conditions fixées par la Russie. Alors tout sera fini en une journée ». Peskov parlait comme si les « conditions » fixées par la Russie étaient déjà claires.

    Il se trouve que oui, elles le sont. Elles sont apparues tout à fait clairement début avril, lorsque les pourparlers Russie-Ukraine ont été pratiquement suspendus après leur échec. Un résumé peut en être trouvé ici (1)

    S’il faut résumer le résumé, le minimum qu’exigeait la Russie en avril, c’était :
    1. Frontières : l’Ukraine reconnaît rattachement de la Crimée à la Russie et indépendance des deux oblasts du Donbass
    2. Neutralité : l’Ukraine garantit par traité qu’elle restera neutre
    3. Démilitarisation : l’Ukraine s’engage par traité à une taille maximum de ses forces armées de 50 000 militaires
    4. Politico-culturel (prétendue « dénazification ») : Elimination totale des groupes nationalistes de droite, conditions sur le statut de la langue russe en Ukraine

    C’était le minimum d’avril. Depuis, il a très probablement empiré.

    Je n’ai plus le lien, mais Poutine avait dit à l’époque que les conditions pourraient être durcies à l’avenir si l’Ukraine n’acceptait pas immédiatement. A voir ce qui s’est passé depuis, il paraît clair qu’au minimum les oblasts de Kherson et Zaporijjia seraient aussi séparés de l’Ukraine – et intégrés sous une forme ou sous une autre à la Russie. Déjà les autorités d’occupation de ces régions y utilisent le rouble, y appliquent les programmes scolaires russes, etc. et proclament ouvertement que la Russie est ici « pour toujours ».

    Le logiciel de Poutine semble clair : « Tant que je n’ai pas ce que je veux, je continue la guerre ».

    Il se pourrait que la seule manière de le faire sortir de ce logiciel soit de lui retirer les moyens physiques de l’exécuter. C’est-à-dire de vaincre l’armée russe sur le terrain. Ce qui – à ce stade du moins – est très loin d’être fait, voire peut paraître vraiment improbable, puisque les Etats-Unis refusent depuis le début d’intervenir eux-mêmes, qu’aucun des Européens n’ira sans la superpuissance tutélaire, et que les Ukrainiens malgré leur vaillance et le soutien en armes modernes qu’ils reçoivent de l’Ouest – limité en nombre, et qui ne peut pas nécessairement beaucoup augmenter – semblent dépassés par les moyens de l’armée russe.

    Les Ukrainiens en tout cas semblent bien décidés à continuer d’essayer, c’est-à-dire à refuser de « déposer les armes » comme les y invite Peskov et à poursuivre la lutte contre l’armée d’invasion.

    Peut-être à un certain moment parviendront-ils, à force de courage, de sacrifices, de livraisons en armes modernes et un peu de chance, à forcer Poutine à renoncer à aller plus loin. Ouvrant la voie à un cessez-le-feu, peut-être similaire à celui qui existe dans la péninsule coréenne depuis 1953… sans traité de paix. Qui aurait du moins l’avantage de laisser survivre une Ukraine indépendante – c’est qu’ils y tiennent ! – et accessoirement d’interrompre les flots de sang qui sont répandus.

    Je soupçonne que ce sera long. Une comparaison qui peut inquiéter c’est celle entre la seconde guerre de Tchétchénie 1999-2009 et la guerre d’Ukraine à partir de 2022.

    Bien sûr il y a des différences – comme le rappelle Cédric Chevalier dans les affaires humaines il y en a toujours ! – par exemple le fait que la Tchétchénie est un membre de la Fédération de Russie, mais la comparaison peut et doit être faite :
    – La Russie mène une guerre pour prendre le contrôle d’une région et se l’intégrer (ou réintégrer). C’était vrai en Tchétchénie du point de vue du droit international, c’est clairement l’objectif en Ukraine aujourd’hui – du moins pour une partie de l’Ukraine, qui sait le cas échéant pour la totalité ?
    – Cette guerre lui coûte cher, en Tchétchénie officiellement 5 000 tués en dix ans, en fait 12 000 suivant le Comité des Mères de Soldat (2)
    – La guerre est brutale – Marioupol et Severodonetsk en ruines, et ce n’est sans doute pas fini, comme Grozny était en ruines – et coûte très cher en vies humaines, au moins 100 000 en Tchétchénie, sans doute des dizaines de milliers déjà en Ukraine et cela risque de continuer
    – La détermination de Moscou est au départ sous-estimée. Les analystes extérieurs s’attendent à ce qu’il n’aille pas jusqu’à conquérir totalement l’objectif – eu égard notamment au coût. Puis ils s’attendent à ce que la résistance armée, les attaques terroristes, fassent fléchir la volonté du Kremlin. De même qu’en d’autres temps Moscou s’est retiré d’Afghanistan, Washington du Vietnam et Paris d’Algérie. C’est ce qui a été envisagé au sujet de la Tchétchénie dans les années 2000. C’est ce qui est imaginé en Ukraine aujourd’hui
    – Cependant la guerre est menée jusqu’au bout. C’est-à-dire jusqu’au moment où tous les chefs tchétchènes qui ont combattu Moscou ont été tués – pas un seul n’a survécu, même à l’étranger, même des années plus tard… le FSB les a tous supprimés – et où des Tchétchènes pro-Moscou règnent sur une population soit pro-russe, soit qui l’est devenue car c’était la seule manière de survivre. Alors même qu’il faudra dix ans en Tchétchénie pour parvenir à ce résultat. Et sans doute longtemps dans les parties occupées de l’Ukraine, où l’on rapporte de premiers cas d’attaques contre les troupes d’occupation

    Ce qui est vraiment inquiétant dans cette comparaison c’est que pour la Tchétchénie Moscou n’a pas varié, en dépit des coûts, en dépit des délais, et même s’il ne restait au final que 90% de la population de départ le reste ayant été tué.

    La Russie a indubitablement gagné la seconde guerre de Tchétchénie. Non seulement la Tchétchénie est un membre loyal – quoiqu’avec ses spécificités locales – de la Fédération, c’est même une région dont le tyranneau local se fait une fierté de dépêcher des troupes « de choc » dans toutes les guerres de la Russie. On ne parle plus désormais des Tchétchènes comme d’un peuple qui souffre, mais comme de soldats russes alliant « Vive Poutine ! » et « Allah Akbar ! » – une sorte de mélange entre nationalisme russe et djihadisme…

    Cela lui a coûté cher ! 12 000 morts, davantage de blessés, dix ans de guerre… Et pour quel enjeu ?

    Eh bien, la Tchétchénie, c’est aujourd’hui 1,5 million de citoyens. Et Vladimir Poutine qui se veut restaurateur d’Empire n’a pas trouvé trop cher de payer un tel prix pour assurer à la Russie 1,5 million de citoyens supplémentaires.

    C’est ici qu’il faut rappeler que la seule Novorussie (3) nom de la partie est et sud de l’Ukraine y compris tout le littoral de la mer Noire, que déjà en 2014 les nationalistes russes proposaient de détacher de Kiev – ils n’avaient pas été suivis à l’époque – est peuplée de plus de 18 millions d’habitants. Douze fois plus. Et si Poutine visait à prendre le contrôle de tout le pays, c’est carrément une quarantaine de millions de personnes dont il s’agit. Vingt-cinq fois plus.

    La détermination à s’assurer la victoire en Ukraine de Vladimir Poutine et des dirigeants russes – dont certains pourraient être plus virulents que lui, et en tout cas s’expriment dans ce sens – pourrait être en proportion.

    Il est vrai que la population russe, qui soutenait la guerre en Tchétchénie notamment du fait des attentats des djihadistes tchétchènes, pourrait ne pas partager la détermination du Kremlin. C’est au moins une possibilité.

    Aux ingrédients qui, peut-être, permettront aux Ukrainiens de se conserver un pays et une indépendance – courage, sacrifices, livraisons d’armes modernes et chance – il faut sans doute ajouter la lassitude qui, peut-être, pourrait croître dans la population russe… au bout d’un temps indéterminé.

    La seule conclusion à laquelle j’arrive est que, sauf en cas d’effondrement des forces armées ukrainiennes, la guerre Russie – Ukraine durera encore très longtemps et sera encore très destructrice et sanglante.

    La seule alternative serait effectivement pour les Ukrainiens de céder aux conditions qu’exige le Kremlin. Donc perdre au moins quatre provinces (Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson) en plus de la Crimée et réduire leur armée à une petite force bien incapable de s’opposer sérieusement à Poutine si à l’avenir il lui prend fantaisie de dire « Mais… il y a encore des nazis chez vous ! Pas d’inquiétude, j’arrive pour vous aider ! »

    Pour qu’ils acceptent cela, il faudrait que les Ukrainiens soient militairement et moralement brisés. Il s’agit en fait du scénario d’ « effondrement » des forces armées ukrainiennes dont je parlais plutôt. Peut-être se réalisera t il. Mais ce n’est pas encore le cas. Ou bien il faudrait que les Etats-Unis et leurs alliés européens décident de suspendre leur soutien militaire. Mais pourquoi le feraient-ils ?

    Aujourd’hui, en dépit de toutes les pertes et de toutes les destructions, les Ukrainiens sont plutôt dans l’esprit « Njet, Vladimir ! » cette chanson qu’ils ont adaptée d’une chanson finlandaise datant de l’invasion soviétique de 1939, et qui moque l’envahisseur (4)

    Bref, ils en sont à 1914 et au « mot de Cambronne ».

    (1) http://www.air-defense.net/forum/topic/26223-guerre-russie-ukraine-2022-op%C3%A9rations-militaires/page/528/#comment-1514574
    (2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_guerre_de_Tch%C3%A9tch%C3%A9nie
    (3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-Russie_(projet_d%27%C3%89tat)
    (4) https://www.youtube.com/watch?v=BKXmVAtaMlw version avec sous-titres en anglais

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    1. Poutine va envahir la moitié de l’Ukraine. L’est.
      Par petits bouts.
      Loukachenko est déja prêt pour de nouvelles manoeuvre au mois d’octobre…
      Alors quoi?
      L’Ukraine de l’ouest aura intérêt à intégrer l’OTAN fissa. Les pays baltes idem.
      Le pervers mafieu de la place rouge ira faire bronzer ses métastases sur une plage de la mer d’Azov l’été prochain pendant que Xi-pangolin-xinping ira envahir Taiwan.
      Si vous avez de l’assurance-vie, claquez tout!
      L’inflation n’en est qu’à ses débuts.

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    2. Par ailleurs, l’armée russe présentée à l’origine comme disposant de moyen mais n’ayant pas de combattants compétents est en train de s’entraîner, de se réorganiser, d’acquérir une expérience face à une autre armée moderne. Elle se renforce donc pour l’avenir.

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    3. @Toulet Alexis Merci de ce long développement. Mais j’avais cru comprendre, sans aller dans les détails, que les deux guerres en Tchétchénie avaient pour toile de fond l’accès au pétrole de la mer Caspienne : en gros un oléoduc financé par les USA et la GB évitant la Russie et l’Iran pour aboutir en Turquie devait passer par la Tchétchénie. Par exemple ici un article de 1999, mais peut-être de la propagande, qui nous explique la situation des USA de Bill Clinton contre la Russie de Boris Eltsine (Poutine n’existe pas encore).

      Qu’en pensez vous ?

        1. @CloClo C’est la première fois que j’allais sur ce site trouvé au hasard par duckduckgo en tapant quelque chose comme « chechnya pipeline » pour illustrer ma question… Car tu as vu ma question, à la fin, n’est ce pas ? Maintenant si ce site te « pique les yeux », pas de doute, c’est un indice qu’il doit être fort intéressant 😉

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          1. Oui oui mais gaffe quand même. Par exemple un petit youtubeur bien connu dans la sphère comme le Canard Réfractaire débite plein de zolies petites bêtises à la pelle et assez insidieusement d’ailleurs. Un louche de faits, pas mal de bonnes idées, et de bonnes questions puis une louche d’incompréhension et pan voilà que tout part en vrille. Et comme avec l’autre Tatiana ventôse on se rend compte que la plus part sont des rouges/bruns à l’insu de leur plein gré ou alors ils avancent avec un faux nez ou sont sous influence objective (Berruyer)…

            https://www.youtube.com/watch?v=x23LecI0tUk

            Et revoilà la création ex nihilo sortie du chapeau comme un doigt dans du beurre.

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  5. A propos d’un des deux pays cités sur la voie du totalitarisme, cela ne s’arrange pas : les policiers défilent à Hong-Kong au pas de l’oie :

    « … La peur, sinon même la terreur, règne désormais dans la ville. La situation n’a cessé d’empirer ces derniers mois. Dernier exemple en date, à partir de ce vendredi 1er juillet, date du 25ème anniversaire de la rétrocession, les policiers marcheront au « pas de l’oie ». Soit le pas cadencé adopté par certains corps d’armées lorsqu’ils défilent. Le soldat marche alors, le buste droit, les jambes tendues qu’il lève jusqu’à presque 90 degrés du corps et fait claquer ses bottes en les laissant retomber au sol. Appliqué pour la première fois par les Prussiens au XVIIIème siècle, il a ensuite été adopté par armée allemande du Troisième Reich, puis l’armée de l’Italie fasciste… »

    https://asialyst.com/fr/2022/07/01/hong-kong-deputee-claudia-mo-symbole-tragique-25-ans-retrocession/

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  6. Le professeur J.Mearsheimer de l’université de Chicago estime que l’Ouest a une grande responsabilité dans la crise actuelle de l’Ukraine, il faut toutefois tempérer cette opinion et se souvenir qu’en 1990, il prédisait la désagrégation de l’OTAN suite au retrait des troupes américaines d’Europe qui ferait suite à la disparition de la menace soviétique…
    https://www.newyorker.com/news/q-and-a/why-john-mearsheimer-blames-the-us-for-the-crisis-in-ukraine
    Sur un plan plus général, il faut avoir à l’esprit qu’au tout début de l’invasion V.Zelinsky était prêt à négocier avec les russes, mais suite à certains succès des troupes ukrainiennes et le soutien des pays occidentaux, il est revenu sur ses intentions et a manifesté l’intention de l’Ukraine de se battre dans le but de récupérer les territoires perdus, exigeant une aide de plus en plus concrète de l’Occident pour arriver à ce but. Pourquoi ce manque de réalisme ?
    Cela se ressent lors de débats télévisuels avec des invités ukrainiens qui restent persuadés que les pays de l’Otan vont les aider à gagner la guerre et récupérer TOUS les territoires perdus !
    Ce qui est remarquable également est le fait que des invités, anciens généraux, amiraux ou officiers supérieurs, sont plutôt sur un mode de modération, réalisant certainement que dans l’état actuel des choses cela ne pourrait être possible et qu’il faut agir avec la plus grande prudence.
    Résultat : l’Occident aidera l’Ukraine pour lui éviter au mieux d’être défaite mais ne s’engagera pas au-delà compte tenu de la menace nucléaire russe.

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    1. Meismer peut-être.. mais François surement (( …d’accord , vu son pédigree il n’est pas trop pro-US..)) le 14 juin.. :

      https://www.lefigaro.fr/flash-actu/guerre-en-ukraine-le-pape-fustige-la-ferocite-de-la-russie-20220614

      (((( Attention…ne pas se fier au titre du lien….. ça s’appelle du « cryptage volontaire de sens »..))))

      …  » Dans un entretien avec des revues jésuites européennes réalisé le mois dernier et publié mardi 14 juin par la revue italienne La Civilta Cattolica, le souverain pontife s’est refusé à «réduire» le conflit en cours à «une distinction entre les bons et les méchants» .
      «Ce que nous voyons, c’est la brutalité et la férocité avec lesquelles cette guerre est menée par les troupes, généralement des mercenaires, utilisés par les Russes. Les Russes préfèrent envoyer des Tchétchènes, des Syriens, des mercenaires», a déploré le Pape, qui a multiplié les appels à la paix depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février.
      «Mais le danger est que nous ne voyons que cela, qui est monstrueux, sans voir tout le drame qui se joue derrière cette guerre, qui a peut-être été, d’une certaine manière, provoquée ou non empêchée» , a-t-il nuancé, avant de condamner à nouveau l’industrie de l’armement.
       » …

      Réaffirmons maintenant avec vigueur que la bestialité revendiquée par l’agresseur Poutine l’aurait déjà condamné aux Assises spéciales à la perpétuité …et que son avocat commis d’office, François, plaiderait pour lui trouver des circonstances atténuantes lui évitant l’incompressibilité de la peine…

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    2. @Tout me hérisse Si effectivement ce sont les occidentaux qui ont persuadé Zelensky à continuer le combat en le persuadant qu’on allait l’aider pour gagner, alors qu’ils ont réussi à convaincre Poutine qu’ils ne bougeraient pas (ce que l’on savait) ils sont très forts !

      Le but réel est d’affaiblir la russie militairement et économiquement et accesoirement l’U.E + UK en créant de plus un marché plus vaste pour les équipements militaires et le gaz de schiste.

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  7. Les empires ont commis des atrocités notamment pour l’obtention des ressources métalliques (l’argent du Potosi).
    Les romains n’étaient pas en reste côté métallurgie, et côté oppression (allo Nazareth).
    Le mystère de l’émergence d’un dictateur est aussi celui d’une idéologie polarisante : « eux ou nous »,
    avec potentielle scission (sécession/conflit/rébellion) face à la disponibilité ou pas d’une ressource.

    On est très loin d’être passé de ressources matérielles à la ressource « connaissance », denrée non rivale en principe, comme moteur de nos regroupements et/ou dominations.
    Si je ne rejoins donc pas exactement l’opinion de Cédric Chevalier sur le mystère de l’émergence d’un dictateur « assez souvent » dans l’histoire des groupes humains,
    je ne suis pas beaucoup plus optimiste sur le chemin de « découplage » des ressources matérielles au profit des immatérielles.
    Ce qu’il est advenu des ressources du web et de la connexion généralisée fait aussi apparaitre une « dictature numérique »
    (d’aucuns ont parlé de Guerre civile numérique ! ), dont l’émergence a peut-être un parallélisme avec la dictature politique :
    regroupement des ressources, obtention d’un accès privilégié à icelle chez le voisin qui n’en peut mais, oppression du voisin rebelle
    par mise en place d’armées massives (depuis les romains à la guerre de trente ans puis nos boucheries du XXème siècles, y compris en Asie, avec les flux et génocides coloniaux –par microbes interposés si besoin — en plus de tout ça). Rôle de ces armées dans le renforcement de ladite idéologie.

    Si le parallèle tient avec le numérique, nous aurons des Assange au carré et au cube d’ici peu, et META-facebookk passera pour un légère perversion sybarite, pas plus.
    (Si des historiens sont encore là pour en parler).

  8. Il conviendrait de distinguer …
    … »holocauste nucléaire » ( = destructions/désertifications internationales avec conséquences potentielles planétaires par lancements croisés stratégiques EST/WEST du « tonnage » maximum ) , qu’à mon avis la RUSSIE n’initierait pas tant que son réel actuel territoire (je ne classe russe NI la Crimée NI l’Ouest du Donbass…) n’est pas envahi physiquement ,
    …..de l’utilisation « tactique » ( lancement de « bombinette(s) » de puissance réduite à bien calibrer selon le diamètre des destructions/désertifications « souhaités »..) tout à fait plausibles SUR LE CENTRE du territoire ukrainien putativement occupé par des troupes physiques ukrainiennes (voire ukraino-otaniennes) en contre-attaque « conventionnelle » victorieuse d’Ouest en Est…

    1. La deuxième hypothèse est plus à risque.

      « L’idéal » côté Europe de l’ouest est une bataille à la Pyrrhus, où au final personne ne perd … ou plutôt tout le monde perd ! Ce serait une catastrophe pour l’Ukraine, une catastrophe pour les civils ukrainiens et les soldats des deux camps et leur famille, une catastrophe pour la faim dans le monde, une catastrophe économique, mais il n’y aurait pas d’utilisation du nucléaire. C’est très probablement ce qui va arriver.

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  9. Le parallèle avec le numérique serait que la circulation d’items numériques (les posts twitter ou FB pour l’instant) serait analogue à la circulation de la monnaie métallique (pas de reconnaissance de dette dans la métaphore ?). Le circuit créé par cette circulation garantit une forme de vassalité (de sujétion) de celles et ceux qui y prennent part. En contrepartie des données remontées nolens volens par les sujets, la marge d’autonomie dans le circuit d’existence et de consommation, et le circuit de pouvoir (allo Trump, MAGA etc.) disparait, mais le flux « de survivance » des masses n’est pas tari (panem et circences).
    Il est vrai que l’aspect territorial semble a première vue secondaire, mais il réapparait par les sous-jacents matériels (terminaux et serveurs, leur énergie).

    Le blog sera sans doute perçu comme un mode hybride d’ici quelques décennies, la notion même de modération, intenable pour les META et autre Google, sera obviée par quelques progrès de l’AI dont les noms évoqueront des bienfaits comme ceux du PCC « mille fleurs », « bond en avant » etc.

  10. Il y aurait une obstination à penser l’homme comme un « brave type » et s’il n’était qu’un « pauvre type », capable du pire parce que tuer sa Femme ou la Planète c’est la victoire de notre pulsion de mort sur tous nos baratins.

  11. Et ces Russes ne reculent devant rien : voir ces nombreuses vidéos de propagande, forcément des mises en scène, qui montrent de rares Ukrainiens sortant de caves sous des immeubles en ruine, soit disant soulagés de l’arrivée des soldats russes et les implorant de ne plus jamais les abandonner. Honteux.

  12. En science, le moment de vérité d’un principe/théorie/découverte coïncide avec la mort de son chef de file.
    Dans une dictature, c’est la mort du dictateur.
    En démocratie, le dictateur est remplacé par des dogmes (virtualisation).
    Le premier principe du vivant est manifestement trop simple pour être compris.
    Je propose d’utiliser comme premier principe pour juger la réalité d’une proposition, l’existence d’une seule décomposition en trois phases, naissance, existence et mort.

  13. Le bourgeois pense le monde depuis ce qu’il appelle les valeurs, les idées. Avec sa philosophie le monde marche sur sa tête. C’est de Marx je pense bien.

  14. Coucou,

    Je suis plutot de l’avis de MR Littel :https://www.nouvelobs.com/opinions/20220707.OBS60622/la-russie-doit-perdre-cette-guerre-par-jonathan-littell.html

    Même si les propos de Mr invitent à reflchir: https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/john-mearsheimer-si-poutine-est-vaincu-en-ukraine-il-risque-d-utiliser-l-arme-nucleaire_2176148.html

    Diviser part deux notre consommation d’hydrocarbure assez rapidement me parait un objectif réalisable.En plus çà coincide avec les desirs de la majorité qui veut polluer moins. instaurons un etat de guerre energétique qui permettrait trés rapidement d’augmenter les capacités de production electriques alternatives . préparons nous pour une guerre de 30 ans.
    Pas contre les russes, mais contre la dictature russe. Lançons une course aux armements sophistiqués, pour epuiser la russie , comme dans les années 80 l’urss. bon, c’est toujours à double tranchant ce genre de politique …

    Tout cela repose sur les fréles épaules ukrainienne. Notre liberté future ne tient qu’à un fil.

    Bonne journée

    STéphane

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    1. Et pour enrichir encore plus, version Loïc Finaz (vice-amiral ex directeur de l’Ecole de guerre) : « l’art de guerre et du commandement »

      Parce que je pense qu’un haut gradé de l’armée française qui doit obéir à son grand patron (aujourd’hui Macron) ne doit pas être si différent qu’un haut gradé de l’armée russe qui doit obéir à Poutine (itou un haut gradé de la Wehrmacht qui devait obéir à Hitler)

      https://www.youtube.com/watch?v=7LHX_hMsFcA

  15. Les démocraties peuvent faire mal à l’ours:
    – En chassant Wagner et ses kleptocrates d’ Afrique,
    – En chassant L’armée russe et Bashar de Syrie,
    – En fermant la mer noire et la Baltique,
    – En le chassant du Svalbaar.
    Diplomatiquement:
    – En détachant la Chine (en la menaçant de reconnaître Taiwan et par concessions commerciales).
    – En détachant l’Inde.

    Mais une victoire de Trump ou d’un trumpiste et ce sera foutu pour les démocraties qui se sont vassalisées militairement de leur plein gré aux USA suite au refus français (nationalistes gaullistes et PCF) de la CED.

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  16. Structure pyramidale de la majeure partie des sociétés humaines. C’est elle qui nourrit le sentiment de domination et son alter ego, le sentiment de soumission. Le processus est là et donne à penser qu’il favorise l’émergence de la petite minorité de psychopathes qui peuplent là planète.
    La domination /soumission est irriguée par le sentiment de peur. Y a t il plus féconde source de peur que le psychopathe ? Comment une minorité peut elle garder le contrôle d’une majorité sans l’exercice de la peur ?
    Les oligarques de toute nationalité se nourrissent financièrement de la peur que génère le psychopathe et dans les couches basses, l’exemplarité du psychopathe en haut de la pyramide désinhibe les détenteurs de petits pouvoirs qui se sentent légitimes dans leurs travers.
    Or notre culture humaine est nourrie du désir de pouvoir. Qui sont les « grands hommes  » que nous chérissons dans les livres d’histoire ?
    N’avons nous pas jusque dans notre inconscient ce désir du psychopathe, cette statue du commandeur, l’image divine du Père tout puissant le bras armé du châtiment ultime ?
    Est il d’autres cultures qui échappent à cette verticalité de la peur ?

  17. COucou,

    Le dictateur commence à envisager une négociation ce matin !

    https://edition.cnn.com/europe/live-news/russia-ukraine-war-news-07-07-22/h_3ee09632cc228842cba584de25ec48dc

    Combien de morts , de massacre, de malheurs, pour quelques kilometres … N’aurait on pas pu trouver un autre moyen?

    Les américains vont négocier en loucedé au G20. Par la force une clique aura réussi à prendre 20% de l’ukraine et soummettre une population pro-russe. une victoire à la pyrus.

    il n’y a pas de bonne solution de toutes façons.

    Bonne journée

    STéphane

  18. Un peu à côté… mais finalement pas tant que ça .. :

    J’entendais hier , distraitement , un commentateur professionnel « habituellement bien dans sa tête » expliquer (rapidement) pourquoi la guerre en Ukraine …( même si reddition/négociation des Ukrainiens et abandon du Donbass+le Sud… à condition d’exclure définitivement toute action titanesque d’assaut de l’OTAN vers l’intérieur de la Russie)… ET DANS L’AILLEURS PROCHE si nécessaire… durerait AU MOINS jusqu’en 2036…

    Tout simple …..  » Poutine veut SIMPLEMENT rester au pouvoir jusqu’au terme « légal » qu’il vient de se fixer…deux mandats consécutifs après les prochaines élections que l’initiative de la guerre et sa propagande lui feront gagner…  »

    J’ai au départ trouvé ça Kon…mais ce matin je lis ceci… :https://www.rtbf.be/article/lorsque-la-chine-apprend-des-erreurs-de-poutine-et-renforce-son-economie-afin-dannihiler-les-sanctions-en-cas-dinvasion-de-taiwan-11026607

    Les ressorts de la psychologie humaine , en particulier des dictateurs et assimilés.. , comme les voies de Seigneur , sont complexes , imprévisibles et hélas impénétrables… Une sorte de  » après moi les mouches  » ..

    1. Ainsi , après les rodomontades poutiniennes (mais pas que) d’hier…
      Et, sous l’hypothèse que son entourage ne laisserait pas Poutine utiliser seul le « bouton de l’holocauste stratégique » ( comme évoqué ici : https://www.pauljorion.com/blog/2022/07/06/poutine-trump-et-le-contrun-la-question-de-philosophie-politique-fondamentale-dans-lhistoire-de-lhumanite-par-cedric-chevalier/#comment-916390 )…
      Alors il va falloir DE TOUTE URGENCE « régler » le problème posé par le chancre de « Kaliningrad/Königsberg » … ??par asphyxie de son « cordon ombilical » , le couloir de SUWALKI ,?? ( ==> https://s.france24.com/media/display/b93f024c-d603-11ec-9911-005056bfb2b6/carte-corridor-suwalki_FR.webp ) déjà évoqué sur ce blog , (( p.ex. type blocus sous la menace du feu polonais + lithuanien… mais en tous cas sans y toucher physiquement)) ET AVANT QUE la Russie n’ait eu le temps de transférer en Biélorussie/Belarus des vecteurs et « munitions » nucléaires..!

      A-t-on des nouvelles de :
      …  » Les dirigeants des pays membres de l’OTAN qui se réunissent les 8 et 9 juillet à Varsovie , ont l’intention de réduire ce risque.  »
      plus actualisées que ce qui se trouve dans cet article déjà ancien:
      https://information.tv5monde.com/info/comment-kaliningrad-enclave-russe-au-coeur-de-l-europe-s-est-elle-constituee-461441

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