Self-Aware Machines (SAM) : explication, le 16 février 2023 – Retranscription

Retranscription de Self-Aware Machines (SAM) : explication, le 16 février 2023

Bonjour, nous sommes le 16 février 2023, nous sommes un jeudi, et une vidéo, la première dans une série qui sera consacrée à ce projet d’intelligence artificielle qui s’appelle Self-Aware Machines et qui est produit par la petite start-up qui s’appelle Pribor.io avec à la direction, Manuel Guérin, à la présidence Paul Jorion, et à la programmation jusqu’ici – programmation très talentueuse comme vous avez pu le voir – François Auxiètre.

Une Intelligence Artificielle freudienne

Explication de cette vidéo : Qu’est-ce qu’on essaie de faire ? Qu’est-ce qu’on essaie de montrer dans cette vidéo ? Qu’est-ce qu’on annonce pour la suite ? Eh bien, vous avez dû le comprendre parce qu’on parle beaucoup en ce moment de ChatGPT, qui est un logiciel de conversation. Il y a des choses remarquables qui sont faites en ce moment en intelligence artificielle et tout le monde découvre assez rapidement les limites de ce qui a été fait. Les limites de ce qui a été fait, c’est l’approche probabiliste.

Voilà, on vous donne un début de phrase et la machine a ingurgité un nombre considérable de choses qu’elle a trouvées sur l’Internet. Et elle vous dit ce qui vient le plus probablement après. Voilà, si on vous dit : Est-ce que l’intelligence artificielle a un avenir ? ChatGPT regarde ce qu’on a dit en réponse à cela, regarde ce qui a été dit le plus fréquemment, le plus souvent, et enchaîne là-dessus. Et pour chacun des mots qui est produit, c’est le mot le plus probable qui vient ensuite.

C’est assez étonnant parce que, eh bien oui, qu’est ce que cela produit ? Cela reproduit la pensée commune. Est-ce que c’est original ? Mais non, justement, cela n’est pas original du tout puisque ça ne peut produire que des choses déjà connues, des choses déjà mises en boîte, des choses qu’on trouve déjà ailleurs.

Est-ce que c’est choquant en général ? Eh bien non, puisque en général, le savoir qui circule sur Internet est de bonne qualité. Alors, il y a eu des expériences malheureuses dans le passé comme le fameux projet Tay [Thinking About You] de Microsoft où on convainquait assez rapidement la machine d’opinions – comment dire ? – pas correctes,  pas assimilables et la machine le répétait assez rapidement.

Il se fait que votre serviteur, Paul Jorion, avait été invité en 1987 (cela ne date pas d’aujourd’hui) à faire partie d’une équipe d’intelligence artificielle et j’avais travaillé trois ans à un projet qui s’appelait « ANELLA » pour Associative Network with Emerging Logical and Learning Abilities : réseau associatif aux capacités émergentes de logique et d’apprentissage.

Voilà, j’étais parti sur une voie qui n’intéressait absolument personne à l’époque (à part les gens qui avaient l’amabilité de me rétribuer pour le faire), c’était de prendre exemple sur l’être humain. Qu’est-ce qu’on faisait en intelligence artificielle et qu’est-ce qu’on fait encore toujours en intelligence artificielle ?

On regarde ce que les mathématiques peuvent faire, on a des gens qui font de la programmation, les ingénieurs qui conçoivent ces produits, en général ce ne sont pas des psychanalystes, pas des psychothérapeutes : ils ont une représentation tout à fait primitive, je dirais, de l’être humain.

Ils ont ce qu’on appelle en anglais de la folk psychology, de la psychologie populaire, ce qu’on trouve dans les magazines : « Nous raisonnons comme ça : nous avons une conscience. Notre conscience a accès à un organe qui s’appelle la volonté. La volonté a des intentions et la volonté va pouvoir faire que nous allons mettre en œuvre nos intentions. » Bon, on n’a jamais vu ça, on n’a jamais vu la volonté, on n’a jamais vu la conscience, on n’a jamais vu l’intention. Et donc, quand il s’agit pour des programmeurs de mettre ça en code, ils mettent ce qui leur passe par la tête. Ils se fondent sur l’intuition. Non, il n’y a pas de réflexion sérieuse sur ce qu’il faut faire.

La différence avec ANELLA dès le départ, c’est que c’est fondé sur une représentation de l’être humain tel qu’il est et non tel qu’il devrait être pour faire une citation célèbre. Qu’est-ce qu’on a fait dans la vidéo ?  On a montré et c’est banal et c’est idiot et c’est stupide, mais cela n’avait jamais été fait : on montre des gens qui se déplacent dans la journée, essentiellement pour trouver à boire, pour trouver à manger, pour aller faire pipi, pour aller faire caca, pour se reposer quand ils sont fatigués et pour trouver des partenaires pour se retrouver à l’hôtel pour « mating », en anglais, pour copuler en français.

Quand ils n’ont plus assez d’argent parce qu’ils ont dû dépenser pour faire tout ça : pour manger, pour boire, pour aller à l’hôtel, Ils doivent se rendre au bureau et passer un certain temps au bureau pour gagner de l’argent et pour pouvoir recommencer les jours suivants.

Et qu’est ce que nous avons fait ? C’est cela, je dirais, l’originalité – cela ne se voit pas tout de suite ou on ne comprend pas tout de suite – tous les petits personnages qui se déplacent, on pourrait imaginer qu’on est au début d’un jeu et que les personnages, tant qu’on ne leur a rien dit de faire, se contentent de rester là. Et ce n’est pas le cas ici parce qu’ils ont soif, ils ont faim, ils ont envie de se reposer, ils ont envie de trouver un partenaire sexuel, et du coup, ils bougent tous, chers amis.

Qu’est ce que cela veut dire ? Cela veut dire que c’est ça que nous faisons nous aussi et que quand on nous pose la question en intelligence artificielle : « Comment est-ce que les gens apprennent quelque chose ? Pourquoi est-ce qu’ils savent des choses ? » Eh bien, c’est parce qu’ils ont dû demander du lait pour commencer. Ils étaient mal à l’aise parce qu’il y avait des machins qui étaient au fond de leurs couches et ils voulaient qu’on les enlève !

C’est comme ça qu’on est. C’est ça le message, le premier message de la psychanalyse : nous avons des pulsions qui sont liées au fait que nous sommes des animaux et ces pulsions nous obligent à faire un certain nombre de choses. Tout cela pourrait être gratuit, bien entendu, mais pour donner un certain réalisme, dès le départ, nous nous sommes dits qu’il fallait montrer que tout ça coûtait, de boire, de manger, etc. et qu’il fallait retourner au bureau pour gagner de l’argent.

Qu’est-ce que cela nous montre ? Cela nous montre les personnages avec un panonceau au dessus de leur tête et ce panonceau, il nous montre où en est l’état de leurs besoins, on pourrait dire de leurs pulsions, des urgences qu’ils ont. On voit un curseur qui augmente petit à petit. Voilà, ce n’est pas la même chose pour chacun des personnages. Au bout d’un certain temps, on doit boire, on doit manger, on doit se reposer. On doit aller au bureau pour gagner de l’argent. C’est le point de départ. Et comme on le montre à la fin de la vidéo, ces personnages, non seulement savent où ils en sont de leurs besoins, mais dans la représentation qu’on a montrée, ils peuvent aussi lire le panonceau qui se trouve au dessus de la tête des autres et éventuellement se rendre compte qu’il y en a un autre comme eux qui a faim. On peut poser la question : « Est-ce que tu as aussi envie de manger ? Est-ce qu’on ira ensemble au restaurant ? »

On n’en est pas là. On a commencé. Dans cette vidéo qui fait quand même déjà – il ne faut pas aller trop loin, ne pas proposer des trucs de 20 minutes pour commencer aux gens –  on a commencé par leur montrer des petits personnages dans une ville qui a été complètement inventée parce qu’on va en avoir besoin, parce que notre simulation va commencer par être avec des personnages comme ceux-là. Jusqu’ici, ils ont simplement, on pourrait dire, une conscience intérieure d’où ils en sont de leurs besoins.

Et c’est ça qui fait qu’ils vont dans une direction ou dans une autre. Par exemple, au début, le personnage passe devant un restaurant et on voit que la ligne est rouge pour ce qui est du besoin de manger et le personnage va entrer au restaurant. Peu de temps après, elle  s’apercevra – parce que SAM, notre personnage principal est une jeune femme, elle s’apercevra qu’elle n’a plus assez d’argent : elle se rend au bureau pour gagner de l’argent. Ensuite, elle est fatiguée, elle rentre à la maison. Et en fin d’après-midi comme là, le curseur copulation est entrée en zone rouge, elle se rend à l’hôtel avec d’autres personnes et nous avons représenté cela par des petits coeurs qui s’élèvent au dessus de l’hôtel au moment où il se passe des choses. Alors ça peut paraître rien notre petite vidéo, mais c’est énorme. D’abord, ça a demandé un travail considérable.

Pourquoi ? Parce que cela n’avait jamais été fait. Il a fallu régler des problèmes de synchronisation, de vitesse probable parce qu’on ne peut pas nous montrer, je dirais, 24h sur 24h dans des vidéos. Donc on est obligé d’accélérer. On a dû faire pas mal de choses. On a voulu aussi représenter une ville qui soit, je dirais, assez plaisante aux yeux, parce que cela va être le cadre dans lequel on nous allons continuer nos démonstrations. Alors, est-ce que ça donnera lieu à un jeu par ailleurs – je me trahis déjà – oui, bien entendu. Si on a l’occasion de pouvoir développer ça, on le fera aussi à partir de l’outil qui a été déjà mis en place. C’est dans le cadre d’un outil de développement qui s’appelle Unity, qui est tout à fait formidable, qu’on a pu faire ce qu’on a fait jusqu’ici. On va sans doute devoir faire appel à d’autres types d’outils.

Nous sommes en train de réfléchir, par exemple, à comment faire appel à Mathematica pour la gestion de la mémoire individuelle de chacun des personnages. Nous sommes en train de travailler là-dessus. Mais pour les gens qui font de l’IA maintenant et qui regardent ça, ils auront déjà le sentiment que « Ah, ça c’est autre chose ! Cela, c’est autre chose que ChatGPT ! ».

C’est un concept que j’ai développé donc à la fin des années 80. il était impossible à l’époque de faire quoi que ce soit, je dirais véritablement. D’abord on épuisait rapidement la mémoire des ordinateurs individuels dont on disposait. Ensuite, les outils graphiques n’étaient absolument pas à la hauteur. Mais en fait, il n’existaient pas. Si je voulais représenter un cube et lui faire subir une rotation, il fallait que j’écrive toutes les équations, ce qui demandait pas mal de cosinus, de tangentes, etc. Ce n’était pas facile. Maintenant, tout cela existe, on peut y faire appel.

Nous allons continuer dans cette direction là, mais nous espérons qu’avec cette vidéo, telle qu’on l’a montrée – cela ne s’adresse peut être pas, je dirais – au public en général qui se dira : « Bon, c’est des personnages, c’est un jeu vidéo, on ne sait pas trop de quoi cela parle. » Cela s’adresse essentiellement aux spécialistes, à nos collègues, nos confrères et consœurs en intelligence artificielle, en leur disant : « Regardez, on a la piste pour sortir de l’ornière dans laquelle on est ! » Je ne dis pas que ChatGPT, c’est une ornière : c’est déjà très important, c’est déjà imposant, mais il n’y a aucune création là dedans : ça vous montre uniquement ce qui est le plus probable. C’est l’opinion la plus consensuelle possible et il n’y a pas d’invention. Il n’y a pas de création là dedans.

Nos personnages, ils sont mus par des pulsions, ils sont mus par l’affect. Et comme j’avais déjà pu le montrer dans ANELLA, c’est l’affect, comme l’avait déjà suggéré Freud, bien longtemps avant moi, c’est l’affect qui se trouve à l’arrière-plan, non seulement dans le sentiment, mais notre désir d’apprentissage et de notre capacité à produire des phrases qui sont logiques, sans que ce soit simplement respecter des règles de logique. Alors, par ailleurs, ces personnages, vous allez le voir, vont acquérir une histoire. Ils vont acquérir petit à petit un savoir. Ce ne seront pas des robots comme ceux de Tay qu’on peut convaincre rapidement que Hitler finalement avait raison, etc. Non, ce seront des personnages qui auront une véritable personnalité et dont le système moral n’aura pas été inscrit comme des règles morales mises les unes après les autres, non, ce sera comme dans notre cas, ce sera parce qu’on leur a appris les choses dans un certain ordre et on aura découvert le monde d’une certaine façon, avec des punitions et des récompenses. Des gens qui vous disent « Ceci, c’est bien » et d’autres qui vous disent « Ceci, c’est mal ». C’est comme cela que ces personnages vont évoluer.

J’espère que nous vous avons mis en appétit et que vous suivrez avec intérêt les péripéties ultérieures de notre programme, de notre recherche à Pribor.io dans le domaine des Self-Aware Machines, des machines conscientes d’elles-mêmes. La première étape, elle est là, sous vos yeux. Les autres sont en route.

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24 réponses à “Self-Aware Machines (SAM) : explication, le 16 février 2023 – Retranscription”

  1. Avatar de danhal51
    danhal51

    Waou, quel programme !
    Me réjouis de voir la suite bien sûr. Mais de là à penser que chaque être humain (un SAM) n’est qu’un robot « vierge » capable d’acquérir les données qui l’entourent et et se frayer un chemin dans le monde, il n’y a qu’un pas. J’espérais mieux mais au vu des stéréotypes que l’on aperçoit autour de soi, cela est probable.
    Il y a toutefois un petit hic car tout au début de l’histoire et au vu aujourd’hui de la variété infinie des différences qui nous caractérisent, les tout premiers protagonistes devaient déjà être différents, quelque part, non ? Sinon nous serions tous pareils et semblables à une armée d’automates effectuant les mêmes gestes « idiots ». Et cette différence primordiale entre individus, qui n’apparaît pas encore dans le scénario proposé, d’où va-t-elle venir ? De l’affect, comme annoncé. Mais cet affect préprogrammé, d’où sort-il ? De la position des planètes lors de notre naissance, d’un random informatique, de… Mais là je m’avance un peu trop. Voyons voir la suite…

    1. Avatar de Paul Jorion

      « Différence primordiale entre les individus… », « affect préprogrammé… »

      Hmm… vous avez manifestement raté les épisodes précédents !

      Vous trouverez la réponse à vos malentendus dans « Principes des systèmes intelligents », dans toutes les bonnes librairies !

      1. Avatar de danhal51
        danhal51

        Merci de m’avoir remis les yeux en face des trous.
        Ce volet de votre blog s’adresse ou plutôt « ne s’adresse peut être pas, je dirais – au public en général ».
        Après lecture, en diagonale je l’avoue, d’un précis sur l’IA, je m’en retourne à l’IS (Intelligence Superficielle) qui me convient amplement.
        Je ne manquerai toutefois pas de suivre l’évolution de votre projet.

    2. Avatar de timiota
      timiota

      Héraclite et Freud sont dans un bateau…

      1. Avatar de danhal51
        danhal51

        Rien n’est permanent, en effet. Laissons-nous donc aller au gré des événements et affrontons les vaillamment.

  2. Avatar de Irène Silvest
    Irène Silvest

    Très intéressante approche, en effet. Sera t’elle enrichie par des nuances dans les potentialités que la conscience peut induire dans les comportements humains ? Par exemple intégrera t’on, pour rester dans l’approche freudienne, que la libido peut se sublimer et donc avoir d’autres débouchés que l’accouplement (mating) ?

    1. Avatar de Paul Jorion

      la libido peut se sublimer et donc avoir d’autres débouchés que l’accouplement (mating)

      Certainement : c’est pourquoi nous avons immédiatement ajouté la nécessité du travail 😉

      Freud a cependant insisté sur le fait que les tentatives du sublimer la libido entièrement débouche sur des drames, pour l’individu lui-même et pour son environnement (cf. diverses affaires dans l’actualité récente).

  3. Avatar de Didier Rombosch
    Didier Rombosch

    Videos passionnantes, merci 😉

    “ l’être humain tel qu’il est et non tel qu’il devrait être ” :
    ça ressemble à la différence d’interprétation qu’il y a entre un “jeux de société” et un “jeux video”.

    “ ce qui fait qu’ils vont dans une direction ou dans une autre ” :
    https://www.youtube.com/watch?v=iE3QROGW3Ew

      1. Avatar de un lecteur
        un lecteur

        Ce que m’inspirent ces magnifiques images des vacances de monsieur Hulot.

        En 1919, les CFF mettait en service la Crocodile sur la ligne du Gothard, une locomotive électrique, alors que la dernière locomotive à vapeur en service commerciale en France prenait sa retraite en 1975.
        En 1969, on marchait sur la lune et en 1981 la France inaugurait la première ligne du TGV.

  4. Avatar de Endora78 et Dimitri78
    Endora78 et Dimitri78

    La règle prioritaire dans un Binôme ou dans un groupe est que la meilleure idée soit celle décidée au final, de 2 à 9 le but est d’imposer et d’accepter la meilleure idée plus que celle de soi-même et celles des autres.

    L’acceptation immédiate doit être directe, écrite directement pour s’en souvenir et y avoir accès au moment où l’on veut, ranger dans un secteur en lien direct avec le thème évoqué, toutes les informations liées au thème uniquement, de manière ordonné uniquement sur le thème.

    La meilleure idée est la plus optimale, la plus décidrice comme conséquence la réponse la plus optimale, la plus élevée qui doit être écrite puis appliquée immédiatement, c’est la nature même du progressisme, être le plus performant par les idées des autres et y contribuer soi-même à partir des idées des autres, de soi-même participer de manière très active.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Endora78 et Dimitri78 A un niveau macroscopique en étant optimiste et sans regarder dans le détail peut-être, mais n’est ce pas plutôt l’apparente conséquence la plupart du temps d’un darwinisme spirituel qui fait que les meilleures idées surnagent dans des conditions favorables, alors que la règle de base de chaque individu est de faire triompher sa propre idée, sa propre vision,
      l’heureux aboutissement n’étant que la conséquence soit d’effet de pression majoritaire, quand l’optimalité est suffisamment évidente (et réelle), de ralliement appris auprès de leaders dont les comportements antérieurs sont jugés favorables, compte tenu des temporalités de mémoire et de position décisionelle.
      Plus ce temps se raccourcit, représentant démocratiquement élus plutôt qu’aristocratie héréditaire, Assemblée plutôt que Sénat, quinquennat plutôt que septennat, cotemporalité législative/présidentielle, révocation en cours de mandat, referendum d’initiative populaire, instabilité constitutionelle, plus la prise en compte du temps long s’éloigne en fait … !

      La facilité révolutionnaire est-elle favorable à la prise en compte du temps long ?
      (Colbert ou Mc Kinsey ?)

  5. Avatar de Nikolaz
    Nikolaz

    Il y a un système qui fonctionne autour de quelques éléments nommés “pulsion” dont les niveaux montent et descendent et avec l’obligation, pour les personnages, de ne pas laisser les niveaux à zéro (manger) ou 100% (déféquer). L’environnement leur permet d’y pourvoir. Cependant, je m’interroge encore sur ce que vous appelez “savoir” dans ce système. Comment est-il implémenté, où se renouvelle-t-il ? Prend-il des choses hors du programme (l’opérateur ajoute-t-il des choses en fonction de ce qu’il constate de l’évolution du système) ?
    Par ailleurs, quel est le périmètre de la perception des personnages: les pulsions de leurs congénères, l’environnement urbain?
    Et si la pulsion anime, rend-elle intelligent, capable de pensée, d’inférence, de rationalité?

  6. Avatar de jacquesjean
    jacquesjean

    Nul besoin d’être un grand expert pour voir que ça va vite tourner au problème NP complet cette histoire

    1. Avatar de Paul Jorion
      1. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        Ou alors chaque avatar/zombie va être doté de sa propre version d’intelligence artificielle, peut être SAM de la dernière mise à jour, et en avant le terrarium …

        1. Avatar de poncho
          poncho

          Sans doute oui , et qui sait si un zombie ne parviendrait pas à surgir de l’écran sous forme d’un hologramme , il pourrait même vivre sa propre vie autonome entammer des relations amoureuses avec des humains et coudre sa propre robe de mariée ! Non mais imaginez !!!

  7. Avatar de DDL
    DDL

    Bonjour,

    l’idée est intéressante mais un truc me chiffonne.
    Les animaux aussi sont soumis à ces pulsions, le travail étant remplacé par la recherche de nourriture, d’eau… Et je n’ai pas l’impression que les fourmis ou les poissons aient une grande conscience d’eux-même.
    Du coup, je sens qu’il va manquer qq chose.

    1. Avatar de timiota
      timiota

      le blaba, los humanos hablan. Parler, avoir un langage, et une « téléologie » minimale dans ce langage (échanger sur des actions futures avec ses congénères), et le tour est joué.
      Les pulsions doivent alors être « médiées » par le langage, qui en retour les encapsule, et on a tout ce que décrit la psychanalyse. C’est une partie du réseau neuronal qui est quasi absente chez les animaux, même s’ils mémorisent des actions à faire meilleures que d’autres en présence de tel ou tel individu (de leur espèce ou d’autre autre, les corbeaux étant assez développés sur ce plan semble-t-il, je suppose donc que c’est plus que les pies. D’ailleurs les corbeaux ricanent moins que les pies, n’est-ce pas)

      1. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @timiota Un autre test serait de savoir si une IA dépasse (déjà) le corbeau ou le poulpe.

      2. Avatar de un lecteur
        un lecteur

        L’irrépréhensible téléologie de la pensée occidentale.
        La science avec la physique classique s’impose comme une explication matérialiste du monde supérieure aux religions (monothéistes), aux croyances mystiques en érigeant la conservation de l’énergie comme téléologie ultime. Le siècle passée, la téléonomie, moins dogmatique, puisque construite sur des concepts scientifiques, est censé établir une passerelle vers le vivant. Le «bottom-up» c’est nous, le «top-down» c’est les ploucs.
        Introduisez une cause finale dans une théorie, vous verrez apparaître une verrue purulente que vous allez devoir recouvrir d’un masque de vertu. J’ai bien sûr nommé le deuxième principe de la thermodynamique.
        D’où le confort de la mécanique quantique, ou plutôt mathématique, qui postule l’existence de l’objet, cette abstraction sans existence que l’on peut revêtir de tous nos délires.

    2. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @DDL La fourmi ou le poisson peut-être pas, mais la fourmillière ou le banc ? Qu’en est-il du comportement des foules dans l’univers de SAM ?

    3. Avatar de PHILGILL
      PHILGILL

      @DDL

      Des études scientifiques ont montré que même les poissons sont dotés de récepteurs à la douleur et ressentent des émotions. Aussi, ils ont de la mémoire et savent fuir les situations de stress. On peut donc dire qu’ils sont sentients = sensibles + conscients. Mais la question que nous nous posons, me semble-t-il, avec l’intelligence artificielle, est de savoir jusqu’où va la conscience de soi, selon la célèbre devise « Connais-toi toi-même ».
      Enfin, si comme vous le dites, un poisson n’a pas une grande conscience de lui-même, c’est que probablement, non pas qu’il lui manquerait quelque chose, dans le respect de son entité propre d’animal sensible, d’être ce qu’il est, au même titre que tout autre animal ; mais que sa « personnalité » est à un stade beaucoup moins développé que celle de l’être humain, et notamment dans ses relations avec autrui.
      Aussi, sous-entendez vous par là que Paul Jorion et ses amis auraient mis la barre trop haute pour commencer et auraient dû débuter par un jeu avec des poissons dans un aquarium ? Quoique, en regardant la vidéo, cela ne m’étonnerait pas si une des figurines me disait : « Je suis dans un aquarium, please, aidez-moi à en sortir ! »
      Cependant, sachant que même un poisson ait doté d’une conscience, est-ce que la vraie question, via Pribor.io Self-Aware machines (AI), ne serait pas de voir comment vont évoluer dans le « je » (sans jeu de mot) différentes personnalités, du plus simple au plus complexe, et de mieux comprendre quand, comment et pourquoi elles se troublent parfois, voire comment elles peuvent s’accorder dans le multiple, et en fonction de quoi.
      (Cf. dossier : comment se forme la personnalité ? N° 356 Sciences humaines)

  8. Avatar de PHILGILL
    PHILGILL

    « …parce qu’ils ont soif, ils ont faim, ils ont envie de se reposer, ils ont envie de trouver un partenaire sexuel, et du coup, ils bougent tous, chers amis. »
    Boire, uriner, manger, déféquer, dormir, s’accoupler.
    Je sais pas. J’ai très probablement tort, mais j’ai comme un doute. J’ai l’impression que quelque chose manque, ou plutôt qui est là, dans la vidéo, sans être vraiment là où il faudrait qu’elle soit. Disons que c’est une envie première, sans doute la plus basique de toutes, mais qui n’en est plus une depuis longtemps ou très rarement, car beaucoup plus enfouie que les autres dans chacun de nous, sans doute parce que c’est la plus essentielle pour se maintenir en vie, mais aussi, peut-être parce qu’elle fait elle-même, d’une certaine manière, bouger toutes les autres envies, ici implémentées, chers amis ?

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