Raisons vs causes : L’émergence telle qu’elle est vécue par l’agent humain (2007)

Illustration par Stable Diffusion (+PJ)

Traduction d’un de mes articles en anglais.

Jorion, P. J. (2007). Reasons vs. Causes: Emergence as experienced by the human agentStructure and Dynamics, 2(1). http://dx.doi.org/10.5070/SD921003287

Causes et raisons

Lorsqu’on parle des êtres humains, on oublie souvent que l’auto-organisation doit être comprise à la lumière de l’organisation intentionnelle qui caractérise leur comportement. Le physicien propose des explications en termes de « causes » du comportement humain collectif, tandis que les agents humains qui agissent dans le cadre de ce processus se considèrent comme agissant selon des « raisons ». Les explications en termes de « causes » contre les explications en termes de « raisons » ont été, selon C.P. Snow (1956), à l’origine d’un clivage entre deux « cultures » divergentes, celle du scientifique et celle de l’intellectuel « humaniste ».

Lorsque l’on découvre des lois (semblables à celles que l’on trouve en physique) qui expliquent le comportement humain, celles-ci semblent « extérieures » aux motifs que les agents actifs dans le processus s’attribuent en tant que « raisons » d’agir comme ils le font. Inversement, le point de vue traditionnellement défendu par les physiciens est que si une « loi » peut être formulée pour décrire fidèlement une variété de comportements humains, alors le sentiment des agents d’avoir déterminé leurs raisons d’agir et d’avoir agi en conséquence – leur sentiment de libre arbitre – doit être illusoire.

Mais cela ne devrait pas être le cas. La « raison » de l’agent est la cause finale d’Aristote, une représentation d’un but pour atteindre un objectif : l’ »effet » qui sera alors atteint. La « cause » du physicien est la cause efficiente d’Aristote : l’événement unique qui a déclenché une chaîne d’autres événements, conduisant au résultat considéré comme l’ »effet ». Avec la cause efficiente, l’accent est clairement mis sur l’origine du processus, avec la cause finale, sur son résultat.

Envisager la cause finale avant même que le processus n’ait débuté implique bien sûr la faculté de se représenter la fin avant qu’elle n’ait été atteinte. Hegel distingue le domaine de la physique où les éléments sont indifférents les uns aux autres et se heurtent s’ils se rencontrent sur leur trajectoire, le domaine de la chimie où les éléments s’attirent ou se repoussent et enfin le domaine de la biologie où les éléments anticipent le comportement des uns et des autres et modifient le leur en conséquence. L’espèce humaine est dotée d’une telle faculté d’anticipation : les êtres humains se font une représentation du résultat (une combinaison des deux autres causes d’Aristote : la cause matérielle et la cause formelle) et en font leur but (la cause finale).

Champs et particules

Une propriété émergente apparaît comme une forme distinctive dans l’analyse statistique du comportement collectif. Alors que l’on s’attendrait à ne voir que le nuage des résultats individuels de l’interaction des composants élémentaires, une forme spécifique est apparue, qui peut être décrite en tant que telle. L’interaction des composants sous-jacents a été canalisée dans ce qui semble être un attracteur spécifique pour l’effet composé des interactions ; une « harmonisation des comportements » a eu lieu.

Une nouvelle dimension a ainsi été ajoutée, transcendant la description purement statistique des interactions composées. Inversement, cette nouvelle dimension reste invisible lorsque seul le comportement des composants élémentaires est pris en compte dans leurs recherches « individualistes ». Le processus émergent est collectif, de même que la « cause » que la loi invoque ; les interactions de l’agent sont au contraire individuelles. La cause agit au niveau du « champ » tandis que la raison est « particulière » : c’est une représentation de ce qui se passe du point de vue de la particule incluse dans le champ.

Il en va de même pour la « structure » et le « sentiment », le couple d’opposés que Rodney Needham avait introduit pour caractériser les approches « structuralistes » par rapport aux approches « fonctionnalistes (britanniques) » des études sur la parenté dans les années 1960 (Needham 1962). La « structure » ne s’applique valablement qu’au niveau du champ (collectif) tandis que le « sentiment » caractérise la particule (singulière) à l’intérieur du champ. La structure est la manière dont le comportement humain coordonné apparaît dans sa dimension collective à une vue d’ensemble, tandis que le sentiment est au contraire la manière dont les agents individuels ressentent les contraintes créées par le comportement collectif d’autres agents (voir également Homans et Schneider 1955 ; Paxton et Moody 2003).

Le « sentiment », les émotions ressenties par l’agent, signifie que les êtres humains ne sont pas indifférents aux structures dont ils font partie et que la manière dont ils réagissent peut modifier ces structures en retour. J’en ai donné un exemple dans une publication récente (Jorion 2004) sur la fission des villages en Afrique :

« Les populations humaines sont limitées, comme toute autre population vivante, par la capacité de charge de leur environnement. Dans l’agriculture sur brûlis, les habitations humaines se heurtent, à un moment donné de leur évolution démographique, à la diminution des rendements due au fait que des champs trop éloignés doivent désormais être cultivés. C’est alors que se produit la fission des villages et qu’une partie de la population émigre pour coloniser des terres plus éloignées. Il n’en reste pas moins que les agriculteurs pratiquant la culture sur brûlis [n’utilisent pas les] compétences qui leur permettraient, d’une part, de prendre pleinement conscience qu’ils ont épuisé la capacité de charge de leur environnement et, d’autre part, de prendre la décision rationnelle de se scinder. Ce que l’on observe dans la pratique (voir Jorion 1987), c’est que dans la période qui précède la fission du village, les accusations de sorcellerie fleurissent, plus particulièrement entre les fils de chef : les candidats les plus probables pour, à terme, soit conduire un groupe d’émigrants, soit prendre la tête de la partie de la population qui restera dans l’habitat d’origine  » (Jorion 2004 : 277).

La capacité de charge est ici la structure, les accusations de sorcellerie, le sentiment. Le clivage des « deux cultures » de Snow peut alors être reformulé en ces termes : le scientifique se place du point de vue du champ et parle de « structures », tandis que l’humaniste se place du point de vue de la particule sensible et parle de « sentiment ».

Une trajectoire dans l’espace des phases

Dans les termes utilisés en physique pour décrire les systèmes mécaniques, l’espace des phases d’une propriété émergente possède une ou plusieurs dimensions supplémentaires à celle des composants individuels dont les interactions constituent le système affichant la propriété émergente. En effet, une définition complète du composant, énumérant toutes ses propriétés essentielles et rien d’autre, ne mentionne pas la propriété émergente elle-même. Une définition complète de la propriété émergente mentionne conjointement la définition des composants élémentaires du système ainsi que les caractéristiques de l’interaction des composants individuels qui génèrent la propriété émergente. Le processus émergent acquiert une permanence en tant que parcours dynamique dans le temps ou, selon les termes de Waddington : une « chréode », une canalisation qui est plus qu’un simple effondrement de tentatives individuelles : la « chréode » est un devenir, « un changement de forme (c’est-à-dire d’espace) dans le temps ». Dans le cas de la cause et de la raison, il existe un gradient dans l’espace des phases contenant cette dimension supplémentaire et la descente le long du gradient équivaut à une « relaxation » dans l’espace des phases. La cause est le point où la descente est initiée tandis que la raison est son point d’arrivée, l’état final tel qu’il était représenté dans l’esprit de l’agent comme un but avant même que la descente ne s’amorce.

Nous avons ainsi montré pourquoi il n’y a aucune raison de ne pas prendre en compte à la fois les « causes » et les « raisons » dans nos explications du comportement humain car, ensemble, elles déterminent de manière unique le parcours dans l’espace des phases auquel les agents humains adhèrent délibérément. Il reste à comprendre comment les causes efficientes et les causes finales fonctionnent de manière complémentaire.

La prise de conscience

Les catastrophes découlent généralement de rétroactions positives où un processus s’amplifie et fait boule de neige, jusqu’à ce qu’il atteigne un état critique où il s’effondre dans l’une des sept catastrophes élémentaires que René Thom a répertoriées pour la première fois. Les processus catastrophiques que subissent les êtres humains se traduisent par une souffrance qui les conduit à prendre conscience et à analyser ce qui s’est passé (éveil) ; cela les pousse à modifier leur comportement afin d’éviter le retour de la catastrophe qui était à l’origine de cette souffrance.

La prise de conscience des êtres humains se matérialise typiquement par une rétroaction négative qui stoppe la réaction en chaîne et rétablit une situation où la divergence par rapport à l’équilibre est absorbée (homéostasie). Les agents humains modifient effectivement leur comportement et la manière dont cela se produit dans le cadre de la loi physique décrivant ce comportement est qu’une rétroaction négative est intervenue là où il n’y avait jusqu’à présent qu’une rétroaction positive, créant ainsi une bifurcation dans le processus. Parce qu’elles déclenchent une rétroaction négative au sein d’une rétroaction positive, les « raisons » expliquent les points critiques que le physicien observe comme faisant partie du comportement « légal » (comme dans une foule en train d’éteindre un incendie).

L’éveil a un rôle à jouer lorsque le comportement individuel peut être harmonisé, rendu « cohérent », comme lorsqu’on dit d’un rayon laser qu’il est un flux « cohérent » de photons. « Harmonisé » ne signifie cependant pas « identique », mais simplement « coordonné ». Un comportement identique de tous les agents peut en effet conduire à une catastrophe : le marché boursier, par exemple, s’effondre lorsque tous les agents cherchent à vendre alors qu’il évolue harmonieusement lorsqu’environ la moitié des agents veulent vendre et que l’autre moitié souhaite acheter (voir Jorion 2006). L’éveil a un rôle à jouer lorsque le comportement humain est semi-cohérent et présente donc un potentiel d’harmonisation.

La prise de conscience peut concerner le mécanisme réel à l’œuvre, comme lorsqu’une pyramide (« Ponzi scheme ») s’effondre parce que les participants présents se retirent tandis que les participants potentiels hésitent et s’abstiennent finalement de participer. Cela peut découler de ce que l’on appelle « l’effet USA Today » : prendre conscience d’un processus parce qu’il est désormais décrit de manière explicite dans les comptes rendus journalistiques.

La prise de conscience peut faire la différence lorsqu’un consensus visant à coordonner les comportements garantit le succès plus sûrement que les rencontres fortuites. Pour avoir un pouvoir structurant, il doit donc se produire lorsque le processus a déjà atteint un stade de « semi-cohérence » ; c’est l’idée de Marx selon laquelle, pour que le révolutionnaire ait un impact, la période doit être elle-même « pré-révolutionnaire ».

Suivre une règle

Un moyen d’assurer une harmonisation des comportements qui empêche l’effet boule de neige létal est de créer une « règle » qui introduit une harmonisation forcée lorsque les individus s’y conforment. Les règles ne peuvent être créées que dans le cadre d’un dialogue entre agents humains. Des philosophes comme Hobbes et Rousseau ont caractérisé le fondement de ce cadre de dialogue comme le contrat social, lorsque l’homme a échangé une partie de sa liberté pour améliorer sa sûreté et sa sécurité.

La règle suivie devient la raison du comportement observé tout en étant la cause de ce comportement. L’existence de la règle est à l’origine du processus ; il y a ici une confusion entre la raison et la cause : John Searle a noté que la signification de la règle joue un rôle de cause efficiente dans le comportement qui la suit (Searle 1984 : 47).

Les règles peuvent devenir intuitivement suivies dans le processus qu’Émile Durkheim avait à l’esprit lorsqu’il a introduit la notion de « social intériorisé », lorsque le respect de la règle est devenu une « seconde nature » et que les agents la suivent sans en être conscients. En effet, avec le « social intériorisé », il n’y a plus de « suivi » proprement dit d’une règle puisqu’il n’y a pas de « cause finale », pas d’anticipation par une représentation du résultat : le processus est devenu proprement physique : ce n’est pas une « seconde » nature qui est à l’œuvre mais proprement une « première » nature.

Il en découle que la description du comportement collectif d’agents humains suivant une règle (qu’elle soit suivie consciemment ou qu’elle ait été « intériorisée ») peut être expliquée par des « lois » proches de celles de la physique (Jorion 2004). C’est d’ailleurs la raison intuitive pour laquelle les lois de la physique ont été appelées « lois » en premier lieu : parce qu’elles rendent compte d’un processus similaire à celui des agents qui suivent une règle.

La « main invisible »

La « main invisible » se réfère le plus souvent à des processus où le suivi d’une règle a été intériorisé (comme dans la circulation à grande vitesse sur une autoroute : « ne vous approchez pas des autres véhicules »), mais elle se réfère également à des processus où il n’y a pas de suivi de règle du tout et où l’harmonisation a en fait été spontanée, c’est-à-dire intériorisée depuis des temps immémoriaux (comme les files d’attente) : pré-humains peut-être (comme dans le toilettage mutuel : « tu me grattes le dos et je gratterai le tien »).

Parfois, comme dans le cas du marché boursier, on dit à tort qu’une « main invisible » est à l’œuvre, en supposant simplement qu’il s’agit d’un processus dynamique continu. Toutefois, lorsqu’un processus est susceptible d’avoir une issue catastrophique – ce qui est typiquement le cas du marché boursier qui s’effondre parfois – il est injustifié d’invoquer la « main invisible ». Si les marchés boursiers persistent la plupart du temps, c’est en fait parce que la complexité de l’histoire passée du prix fait qu’il est tout aussi probable pour un agent de croire qu’il est maintenant sur la voie de la hausse ou de la baisse et que la stabilité du marché découle uniquement de la caractéristique de retour à la moyenne de la loi des grands nombres (voir Jorion 2006).

Mais la « main invisible » peut aussi résulter de la rencontre de stratégies individuelles dans un contexte de bonne volonté réciproque. Elle est alors de la nature de ce qu’Aristote appelait la « philia » : la solidarité (réciprocité), la bonne volonté « philanthropique » unissant les membres d’une même communauté en vue de la réalisation du bien-être commun. C’est une contribution directe (bien que parfois inconsciente) au fonctionnement du système social. On parle alors d’une « main invisible » ; il n’y a pas besoin ici d’un dialogue entre les agents impliqués, mais la raison en est simplement que la « philia » est entrée en jeu.

La « philia » est parfois appelée « fair-play ». Le fair-play va à l’encontre de l’intérêt personnel de l’agent puisqu’il le détourne de l’idée de gagner à tout prix, mais il met en œuvre des règles tacites garantissant la poursuite du jeu. En ce qui concerne les échanges économiques, on parle de la « main invisible » comme provenant des agents sur le marché « qui poursuivent égoïstement leur seul intérêt ». Mais les marchands doivent coopérer pour préserver les avantages découlant de leur relation commerciale : les vendeurs cherchent donc à assurer l’existence des acheteurs, et les acheteurs celle des vendeurs. Essayer de gagner est une chose, s’assurer que le jeu se poursuive en est une autre qui demande autant d’efforts et de bonne volonté. Dans ces situations de concurrence, il y a donc, par nécessité, à la fois antagonisme ET solidarité ; la recherche du bien commun correspond à l’intérêt personnel ET à la solidarité, et non pas à l’intérêt personnel À L’ENCONTRE de la solidarité. En fait, les marchands ne suivent jamais leur « seul intérêt » : ils suivent à la fois leur propre intérêt et l’intérêt du jeu en tant que tel ; ils collaborent avec leurs adversaires pour la cause supérieure de la poursuite du jeu.

Conclusion

La conscience a doté les êtres humains d’une capacité à se représenter le résultat de processus dynamiques. Cela leur permet d’être des particules capables de modifier le comportement du champ dont ils font partie. Elle leur permet notamment d’éviter que les catastrophes découlant des processus dans lesquels ils sont engagés n’atteignent un point critique. Un moyen puissant qu’ils ont découvert à ces fins est d’énoncer des règles et de les suivre : ces règles deviennent alors à la fois la cause de leur comportement et sa raison d’être. En générant des règles (même si elles sont un jour oubliées parce qu’elles sont devenues une seconde nature), les êtres humains introduisent une harmonie, une « cohérence » dans le comportement qui faisait défaut jusqu’alors. Les mécanismes d’autorégulation ont été offerts aux êtres humains comme un présent, les règles sont un présent qu’ils se sont fait à eux-mêmes en attribuant des raisons à leurs actions, ou dit autrement, par l’exercice de la Raison.

Références

Homans, George C. et David M. Schneider. 1955. Marriage, Authority, and Final Causes. New York : Free Press.

Jorion, Paul, 1987. « Le sujet dans la parenté africaine », pp. 174-181, in Aspects du malaise dans la civilisation, Navarin, Paris.

Jorion, Paul, 2004, « Accounting for human activity through physics », Cybernetics and Systems 35 (No 2-3) : 275-284.

Jorion, Paul, 2006. « Adam Smith’s Invisible Hand Revisited : An Agent-Based simulation of the New York Stock Exchange, » Proceedings of the First World Congress on Social Simulation Vol.1 : 247-254. Kyoto, août 2006. http://www.paaa.econ.kyoto-u.ac.jp/wcss06/wcss06.html. Berlin : Springer Verlag.

Paxton, Pamela, et James Moody. 2003. « Structure and Sentiment : Explaining Emotional Attachment to Group ». Social Psychology Quarterly 66 : 34-47

Searle, John, 1984. Minds, Brains and Science, The 1984 Reith Lectures, BBC : Londres

Snow, Charles Percy, 1956. « The Two Cultures », The New Statesman, le 6 octobre 1956.

Illustration par DALL-E (+PJ)

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20 réponses à “Raisons vs causes : L’émergence telle qu’elle est vécue par l’agent humain (2007)”

  1. Avatar de Pad
    Pad

    Quel cadeau, merci!

  2. Avatar de Khanard
    Khanard

    La parole est à BasicRabitt . Nous vous écoutons .

    Merci pour cet exposé. Reste à le digérer . C’est pas gagné ! 😉

  3. Avatar de Didier Combes
    Didier Combes

    Je rejoins les deux commentaires de Pad et Khanard. Merci beaucoup MJorion.

  4. Avatar de Pascal
    Pascal

    « La conscience a doté les êtres humains d’une capacité à se représenter le résultat de processus dynamiques. Cela leur permet d’être des particules capables de modifier le comportement du champ dont ils font partie. »
    Je ne sais s’il s’agit de la conscience ou du raisonnement logique qui pour moi sont deux choses différentes. Le raisonnement logique est il issu de la conscience ou est il un outil (génial au demeurant) inventé dans la droite ligne de l’émergence conceptuelle et des premiers postulats mathématiques ? Si la logistique issue des cultures asiatiques différe tant de la logistique issue des cultures gréco romaines, n’est ce pas du faits de postulats (mathématiques ?) divergents à la base ?
    Si l’on considère la conscience comme une faculté humaine différente de sa « capacité à se représenter le résultat de processus dynamiques » (et non comme l’une résultant de l’autre), cela ne pourrait-il pas éclairer différemment le fait, par exemple, que même si nous sommes capables de nous représenter les conséquences du réchauffement climatique, pour autant nous soyons incapable de modifier nos comportements en conséquence ? Comme si capacité de représentation et conscience (ou défaut de conscience) pouvaient agir comme des processus potentiellement antagonistes ? Ou bien encore est ce que nous ne nous sommes pas focalisés sur nos capacités de représentation (modélisation largement démultipliées par l’informatique et maintenant l’IA) sans que concomitamment nous ne développions notre capacité de conscience ? Ceci ne pourrait il pas être une explication à notre incapacité à réagir face à la menace dont nous avons maintenant une représentation claire des processus et du résultat régulièrement validé par la hausse des températures ?
    En résumé, n’est ce pas par défaut de conscience que les climatosceptiques au plus haut niveau de pouvoir continuent de poursuivre une représentation tout ce qu’il y a de plus logique mais totalement erronée ?

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Lire :
      Si la logique issue des cultures asiatiques différe tant de la logique issue des cultures gréco romaines, …

    2. Avatar de Paul Jorion

      Le raisonnement logique est il issu de la conscience ou est il un outil (génial au demeurant) inventé dans la droite ligne de l’émergence conceptuelle et des premiers postulats mathématiques ?

      Non : le raisonnement logique est inscrit dans l’organisation en réseau des langues européennes.

      Vous en trouverez l’explication dans :

      Principes des systèmes intelligents (1989)
      Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009)
      – « Thought as word dynamics » – série de vidéos (2023)

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        Soit pour le raisonnement logique.
        Ce qui me titille, c’est l’articulation (s’il y en a une ?) avec la conscience. Quel lien établir entre la conscience et l’émergence d’une pensée articulée autour de concepts ? Il a pour moi, là, un chaînon manquant.

        1. Avatar de Paul Jorion

          Extrait d’un livre à paraître :

          Comprendre le sens d’un texte suffit à être considéré vraiment intelligent. Quel critère de plus faut-il remplir pour que l’on apparaisse pourvu de conscience ? J’ignore s’il en existe un : toute machine aussi intelligente qu’un être humain et qui dit « Je » ou « Moi » pour parler d’elle-même d’une manière qui fasse sens pourrait être considérée comme douée de conscience. Si vous me disiez « Non, ce n’est pas possible puisqu’il s’agit d’une machine ! », je vous rétorquerais que s’il était question d’un orang-outang aussi intelligent qu’un humain, et qui parlerait de lui-même de manière cohérente en disant « Je » ou « Moi », vous ne songeriez pas un instant à le juger privé de conscience sous prétexte qu’il est un orang-outang et que les grands singes n’ont pas parlé jusqu’ici.

          1. Avatar de Pascal
            Pascal

            Si l’on considère la conscience comme un processus et en prenant pour exemple le petit d’homme, il semble bien d’après les scientifiques qu’à ses débuts la conscience est d’abord une conscience perceptive dans laquelle les multiples messages sensoriels s’organisent autour de cohérences auto-validées par les feedbacks de l’environnement, mais de conscience de soi, que nenni.
            Le petit d’homme, par apprentissage culturel apprend à nommer les « choses » (dont papa et maman) comme étant singulières et autonomes (le verre sur la table, ne fait pas partie de la table). On peut imaginer que dans le reste du monde animal doté d’un langage même rudimentaire la conscience perceptive, puis cette conscience objectivante puissent également être présente.
            C’est à l’évidence la construction sociale et culturelle du « je » et du « moi », source d’une conscience de soi qui singularise le plus l’espèce humaine. Mais il est intéressant de noter que celle ci est complètement culturelle. ( « Jeté sur ce globe sans force physique et sans idées innées, […] l’homme n’est que ce qu’on le fait être. »https://www.cairn.info/enfants-sauvages–9782705694319-page-79.htm)
            Prenons pour hypothèse que cette conscience de soi soit un saut qualitatif dans le processus évolutif. Bien qu’à voir le nombrilisme généralisé, on puisse se poser la question. S’agissant d’un processus évolutif, on pourrait lui faire succéder l’émergence de la conscience morale et la conscience sociale. Mais on observera que morale et sociale sont de pures produits conceptuels et relève d’une narration.
            Ne pourrait on envisager un nouveau saut qualitatif dans le processus de conscience qui serait justement de prendre la pleine mesure de cette narration et de la prendre pour ce qu’elle est sans s’identifier à elle ?
            En nous détachant d’elle (processus libératoire mais non éliminatoire) ne pourrait on considérer comme prochaine étape de l’évolution de la conscience, une conscience plus universelle échappant à notre obsession d’accaparement (ma conscience, mes sentiments, ma pensée…) et moins individualiste ?
            Pourquoi, en monomaniaque, restons nous bloqués sur la conscience de soi ?

          2. Avatar de Machin
            Machin

            La différence réside sans doute dans le fait que l’orang-outan est un être vivant autonome et que la machine ne l’est pas. La machine ressent-elle la faim, le besoin de se reproduire, a-t-elle conscience du danger qui la menace ?, etc… La conscience et la vie vont de paire et sont sans doute indissociables.

          3. Avatar de Scapatria
            Scapatria

            Nous avons certainement une difficulté vis à vis de la machine aussi intelligente soit elle, c’est que les êtres vivants, quand ils meurent c’est définitif, tandis que la machine renaît lorsqu’elle est rebranchée.

  5. Avatar de Rosebud1871
    Rosebud1871

    « le raisonnement logique est inscrit dans l’organisation en réseau des langues européennes.  »

    Pas faux mais zalors qu’est ce qui ne serait pas inscrit dans l’organisation (? ? ? quel est l’organisateur, organe dit moi qui es-tu ?)

  6. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Sans chichi :

    Le langage est un médiateur entre l’inconscient, nos sens, nos affects, notre corps, et des représentations, des modèles du Monde qui comprend notre personne. Pour les alimenter de son côté, la science utilise essentiellement le langage mathématique, abscons en partie par la faute des mathématiciens, et en arrière-plan, toute une panoplie d’outils, matériels (hardware, capteur, moteur, amplificateur, transformateur, etc..) et structurels (software, méthode scientifique et autres principes de mesure et statistique).
    Cette vue simplifiée des moyens à notre disposition pour acquérir de la connaissance permet de facilement identifier les deux sources qui suivent des chemins complètement différents. La source naturelle possède un avantage incontournable dans l’apprentissage de la vie.
    Il revient donc logiquement aux parents d’inculquer l’essence de la connaissance scientifiques, chose que la rapidité de son évolution rend totalement impossible. Le symétrique des parents pour l’éducation scientifique se trouve être les mathématiciens, physiciens et autres philosophes. C’est encore une fois une impasse (sauf pour Alexandre).
    Je vous laisse deviner comment s’appelle le médiateur que la science vient de mettre au monde, l’inconscient de la science.

  7. Avatar de etcetcetc
    etcetcetc

    M. Jorion, dans l’exemple du village africain que vous donnez, l’accusation de sorcellerie a-t-elle un lien direct avec la capacité de charge dépassée (par exemple accusation d’avoir jeté un sort sur les récoltes, d’avoir empêché la pluie de tomber…), ou bien est-il indirect (ces personnes s’adonnent à la sorcellerie, elles doivent partir) ?
    Autrement dit, quels seraient les chaînons entre le problème structurel et sa représentation ? Qu’est-ce qui empêche les villageois de se dire « on est trop nombreux sur ce territoire, il ne peut pas nourrir tout le monde, il faut que certains s’en aillent » ?

  8. Avatar de Rosebud1871
    Rosebud1871

    un lecteur 10 juillet 2023 12h44

    « Je vous laisse deviner comment s’appelle le médiateur que la science vient de mettre au monde, l’inconscient de la science ».

    Je vous réponds avec mes cartouches…

    Lacan date l’apparition du sujet moderne avec le Cogito et postule que le « sujet de la psychanalyse » est un effet du discours de la science. En contraste son « sujet de la science » ne vient pas s’articuler à l’autre sinon par la thèse non formulée explicitement que la science opérerait une forclusion du sujet par le discours de la science. C’est implicite par exemple en 1955 « Quand nous l’opérons effectivement, c’est-à-dire quand nous faisons l’addition de 2, 4, et 5, si on nous dit que nous ne pensons pas à ce moment-là, nous sommes plutôt vexés. Et pourtant c’est clair que si nous refusons la pensée à la machine, nous ne pensons pas non plus au moment où nous faisons une opération quelconque, particulière. Nous suivons exactement les mêmes…entre guillemets, je vous en prie …« mécanismes » que la machine. »
    Comme toujours des affaires de définition avec conséquences…selon le choix…pour qualifier « pensée, conscience etc. »
    Bien plus tard…. « Quand je suis arrivé à l’École normale, il s’est trouvé que des jeunes gens se sont mis à discourir sur le sujet de la science, dont j’avais fait l’objet du premier de mes séminaires de l’année 1965. C’était pertinent, le sujet de la science, mais il est clair que ça ne va pas tout seul. Ils se sont fait taper sur les doigts, et on leur a expliqué que le sujet de la science, ça n’existait pas, et au point vif où ils avaient cru le faire surgir, à savoir dans le rapport du zéro au un dans le discours de Frege. On leur a démontré que les progrès de la logique mathématique avaient permis de réduire complètement — non pas de suturer, mais d’évaporer —le sujet de la science.»

    Y a-t-il un lien entre le matraquage LGBT+n sur le genré non binaire, le matraquage binaire des 0 et des 1, et l’identité sexuelle binaire de naissance : y a ou y a pas ?

    1. Avatar de un lecteur
      un lecteur

      En mode expéditif :
      On passe du qualitatif au quantitatif par la fiction d’un objet vide (sans sujet, l’objet mathématique) muni de propriétés ontologiques, immuables (constantes ou fonctions) et indépendantes entre-elle (les axiomes, les postulats), qui font office de base, de métrique. Ce tour de passe-passe réduit radicalement le lexique nécessaire pour décrire ce monde dans lequel les choses sont selon des relations quantitatives et univoques. On se débarrasse de tous les problèmes que posent les effets du temps qui passe et des vérités indémontrables.
      Mais, les mathématiques ne font pas la Science à elle-seul.

      1. Avatar de Rosebud1871
        Rosebud1871

        un lecteur 10 juillet 2023 21h36
        Votre expédition m’a mené là,
        http://chatonsky.net/ontologie-informatique/
        Bien tombé comme destination proche de mes cantonnements.
        Oui pas à elle seule, mais opérateur démarreur.

  9. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    Sans vouloir « troller » ce passionnant fil de discussion, ou tenter de rajouter de l’huile sur le feu d’une polémique sur les définitions « disruptives », « alternatives »… de ce que peut être un « agent humain » ayant suffisamment de « libre arbitre », conscience réelle de soi et plus dur encore, de la conscience « d’autrui » de « l’autre »… et qu’est-ce qu’il consent, d’être dans « l’acceptabilité » de reconnaitre la « preuve » d’une quelconque « émergence » à l’instant et l’endroit ou il est question d’en parler… je propose une nouvelle mouture améliorée d’un commentaire laissé négligemment, sur un autre billet de ce blog.

    Si « La vérité est ailleurs », la « réalité » est-elle plus « crédible/plausible » si elle est plus « lisible », que « visible » (pour les doutes, incertitudes de « temps de cervelles disponibles » du ras le bol fiscal, poujadisme, bas instincts de grenouilles [ou « poissons rouges », au choix] vouant un « culte féroce » à la seule « DICTATURE des émotions » capable de réconforter, rassurer, leur peur d’avoir peur de perdre en pouvoir d’achat, de quoi ne plus être légitime à continuer de barboter dans le chaudron lentement porté à ébullition…) ou nécessite t-elle que « l’élite » de la « méritocratie » endogamique et sa reproduction de classe, en décrypte ses « injonctions contradictoires », distorsions entre les causes et conséquences structurelles et conjoncturelles…. ?

    « Est-ce que le syndicalisme « majoritaire » (Alliance, d’extrême droite) du « monopole de la légitime violence de l’État » ayant une audience sur la chaîne publique de diffusion en continue d’infos (Franceinfo que l’extrême droite menace de supprimer, privatiser)… que d’autres chaînes d’infos privées, envient (tant elles en ont besoin…?) suggère que les images filmées et partagées sur les « réseaux sociaux », concernant le meurtre de Nahel… ne prouvent pas factuellement ce qui s’est réellement passé…?

    Pourtant celles ci prouvant que le mensonge déclaratif par écrit, de la hiérarchie du dit « monopole de la légitime violence… » et des médias mainstream l’ayant pris pour « argent comptant » (en terme de faire de l’audience, audimat) dès les premières heures de la polémique, ce mensonge donc est avéré… est-ce que ce corporatisme votant plus que majoritairement à l’extrême droite… suggère que l’évolution de l’enquête judiciaire, enquêtant sur des coups de crosses d’armes à feu ayant été commis par les deux membres du maintien de « l’ordre et la loi » (c’est plus des gardiens de la paix ?) sur la défunte victime âgée de 17 ans… conduisant qui plus est un véhicule à boite de vitesse automatique… est-ce qu’il est suggéré donc que cette enquête (dont l’indépendance et la sérénité de la séparation des pouvoirs… devraient être prioritaires…) n’a pas les images, prouvant pareilles dires (des coups de crosses…) ?

    Et donc devrait-on en déduire, par manque de preuves « télégéniques » (surexposées sur les « réseaux sociaux »…. et manipulées/instrumentalisées par les adeptes des théories complotistes, conspirationnistes) au risque de s’ingérer dans la sérénité, l’indépendance, le temps long, d’enquêtes judiciaires se devant de révéler le vrai du faux, des dires non documentés en images et sons, des coups assénés sur la victime, et se rendre « complice du pire »… abstentionnisme/absentéisme d’images, et sons chargeant le soupçon de brutalité systémique policière, illégale, illégitime… que faute de présence de celles ci… la « présomption d’innocence » de l’état de « légitime défense » du personnel du « monopole de la légitime défense de l’Etat », votant plus que majoritairement pour l’extrême droite, prévaut sur toutes autres considérations, et bénéficie à la décharge du corporatisme d’extrême droite des « forces du maintien de « l’ordre et la loi » publique…?

    Mais est-ce que cet état de confusion totale, de confusionnisme disruptif, surfait dans « l’opinion »… par une illusion, un subterfuge insinuant que même une « réalité alternative » peut paraître objective… s’il existe une dynamique suffisamment « crédible/audible/convaincante » qui suggère alors que la citoyenneté qui filme en « direct live » et diffuse en permanence, les moindres mouvements sociaux, « sociétaux » de foules (par rapport aux urgences climatiques, de la perte de la biodiversité, des violences policières, etc et autres scélérates de « réformes structurelles néolibérales » des protections sociales, du code du travail, des services publics…) et d’individualismes suspects (des « manifestions interdites », contrôles aux faciès abusifs, discriminations systémiques à l’embauche, à l’accès aux logements, etc) c’est qu’elle ignore la loi, est ignare, mérite d’être dans l’ignorance qu’elle bafoue au risque et péril de subir des exactions violentes, brutales, policières, isolées mais « légitimes » (tirs de flash-ball mortel au cœur, au crane, etc. explosions létales de grenades de désencerclements. Plaquages ventrales et autres techniques de neutralisations, clef d’étranglement fatale, etc)…?

    Mais quelle autre cohérence que mensongère… existe… entre le refus systémique de cette idéologie fascisante du maintien de l’ordre public dominé par l’extrême droite, quant à exécuter ses ordres en acceptant de porter des caméras portatives filmant en permanence ou presque, la manière dont elle s’acquitte dans le plus stricte, neutre, impartial, respect de son devoir de maintenir la paix…. et ses exactions systémiques illégales, illégitimes, s’en prenant de manière multirécidiviste, lors de manifestations interdites ou pas, etc… aux citoyennetés (journalistes, faciès non « conforme » etc) voulant témoigner via des smartphones, etc (combien de chaînes de diffusion en continue, proposent de rémunérer pareilles « témoins » ?), de brutalités, violences, systémiques, « borderline »…?

    Donc, pour ce syndicalisme policier, ayant « pignon sur rue », d’extrême droite, qui plus est, ayant ses entrées privées et privilégiées dans un médias public à forte audience… et en rien gêné de faire de l’ingérence dans l’indépendance judiciaire, (jouant « l’opinion, cette pute qui prend par la main le juge », contre le temps long politique, judiciaire, etc) le fond de commerce commun de ses intérêts particuliers, et ceux soit disant communs, d’un média public de masse…. se légitime… tant qu’aucunes images, des coups de crosses donnés par les policiers témoignent d’intentions mauvaises, racistes, des policiers….? Il, ce syndicalisme policier d’extrême droite, peut dire et faire croire ce qu’il veut aux « temps de cerveaux disponibles…. » donc ?

    La « présomption d’innocence » et le « droit à la légitime défense » devraient prévaloir prioritairement, et majoritairement, au symbole « représentatif » autoritaire, de cette monarchie républicaine… lorsque de moins en moins rarement, de plus en plus fréquemment du moins (comme pour les sécheresses, canicules, etc, vagues d’immigrations… occasionnées par le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité, les guerres commerciales, monétaires, de « civilisations », de l’eau… Les censures des « réseaux sociaux » en cas « d’émeutes », etc… risquant de devenir la « norme ») la prise de risque croissante, devenant létal, fatal, et « dédramatisée », « dédiabolisée » par les médias mainstream, les discours « politiques apolitiques »… pour des citoyennetés suspectées (« d’écoterrorisme », de « terrorisme intellectuel »… d’irresponsabilité à refuser d’obtempérer au « bon sens » et « bon droit » de l’abus d’usage de 49-3, 47-1, etc pour des « réformes structurelles néolibérales » des protections sociales, du code du travail, des services publics…), et pour le droit de savoir de la citoyenneté (journalistiques, et autres « représentativités » de la société civile : LDH, Anticor, mouvements comme les « Soulèvements de la terre »…) devrait anticiper en filmant toutes violences institutionnelles, policières, etc, et n’importe quoi d’autre… cette prise de risque de documenter/informer/témoigner/partager devrait être suspecte systématiquement…?

    Est-cela la symétrie, l’égalité des droits, la liberté du droit de savoir de la citoyenneté… de cet « État de droit républicain » ou « l’ordre » de politiques de plus en illibérales inflige encore plus d’injustices et d’inégalités…. pour certaines minorités, communautés et ou la « loi » en fait autant lorsqu’elle s’impose par des 49-3, décrets, « ordonnances », etc…?

    Ou n’est-ce pas plutôt une asymétrie systémique d’une république bananière…?

    Pile : t’es témoin d’une violence policière suspecte d’être raciste, fasciste, et tu la filmes en escomptant être rémunéré par des chaînes d’info en continue, en espérant paraître en « Une » (alors que tu n’as pas plus d’espoir que 6 de tes descendances, des générations allant te succéder, de gravir un escalier social et « sociétal » effondré, voir de survivre aux effondrements du dérèglement climatique, de la perte de la biodiversité des guerres commerciales, monétaires, de « civilisations » de l’eau, cybernétique… Alors que tu n’as pas plus d’espoir d’être en vie et /ou en bonne santé, à l’âge de départ à la retraite, reculé à 64 et plus années, si tes conditions de vies et de travail se cantonnent à la moyenne nationale fixée à 59 ans pour la classe des pauvres, précaires)… et est mis en doute ta probité, sincérité, et mauvais timing ayant manqué ou les causes, ou les conséquences, de l’évènement…?

    Face : T’essaies en vain d’échapper au tabassage en règle de la fachosphère factieuse, du « monopole de la légitime violence de l’Etat »… au lynchage médiatico-public…. en tentant de diffuser des images et dires infirmant, contredisant, les thèses officielles et officieuses (institutionnelles) d’un meurtre… et tu perds quand même…?

    Est-ce cela « l’État de droit républicain »…? »

    1. Avatar de Rosebud1871
      Rosebud1871

      Est-ce cela « l’État de droit républicain »…? »
      sa peau de chagrin ? qui n’empêche pas grand monde de souper…

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  2. La « peur », comme toute émotion, est bienfaisante et nécessaire, c’est de l’excessivité dont on doit (on devrait) toujours se méfier…

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