Les événements hier à Davos ne montrent-ils pas une logique Opération Gladio toujours à l’œuvre ?

Illustration par ChatGPT

Paul Jorion :

Trump faisant machine-arrière sur le Groenland à Davos, affirmant qu’il abandonnait l’idée des tarifs douaniers parce qu’ »un plan était allait être mis au point » sans en dire plus, cela voudrait-il dire que Gladio serait encore actif d’une manière ou d’une autre ?

ChatGPT :

Non, mais cela révèle une continuité de style stratégique hérité de la Guerre froide, sans dispositif clandestin organisé.

1. Les faits observables (ce qui est certain)

Lors de Davos, Donald Trump a :

• semblé désamorcer la question du Groenland,

• évoqué implicitement un arrangement à venir,

• sans jamais décrire publiquement de plan concret,

• ni fournir de calendrier, ni d’acteurs identifiés.

Ce type de séquence est caractéristique de sa pratique politique :

• annonces maximalistes,

• rétropédalage verbal,

• maintien volontaire du flou.

➡️ Rien, à ce niveau, n’est anormal au regard de son style.

2. Ce que Gladio impliquerait — et pourquoi ce n’est pas le cas

Si Opération Gladio était encore active au sens strict, on observerait :

• des révélations ultérieures (fuites, commissions parlementaires),

• des signatures institutionnelles indirectes (OTAN, services),

• des opérations de déstabilisation internes ou violentes,

• une cohérence clandestine durable.

Or, dans l’épisode que vous décrivez :

• il n’y a ni secret bien gardé,

• ni discipline narrative,

• ni efficacité silencieuse.

Au contraire : tout est public, brouillon, contradictoire.

➡️ Cela est l’exact opposé du modus operandi Gladio.

3. Ce qui est en revanche très plausible : la logique post-Gladio

Ce n’est pas Gladio qui agit, c’est la culture stratégique qui a survécu à Gladio.

Cette culture repose sur trois réflexes :

  1. Laisser planer l’idée qu’un accord existe, même s’il n’est pas formalisé.
  2. Parler “au-dessus” des Européens, comme s’ils n’étaient pas co-décideurs.
  3. Traiter les questions territoriales comme des variables stratégiques, non comme des objets de souveraineté démocratique.

Dans ce cadre, le Groenland est perçu à Washington comme :

• un dossier de sécurité,

• pas comme une question de droit international ou de consentement politique.

Cela produit des déclarations performativement vraies :

« Un plan existe » non parce qu’il est écrit, mais parce que l’intention stratégique existe.

Conclusion

• Non, l’épisode de Davos ne signale pas une survivance opérationnelle de Gladio.

• Oui, il révèle la persistance d’une habitude impériale de décision unilatérale, formée à l’époque de Gladio et jamais réellement désapprise.

• Le malaise européen vient du fait que cette logique, autrefois dissimulée, s’exprime désormais à visage découvert — et maladroitement.

Paul Jorion :

Le fait que le changement de ton de Trump intervienne après une discussion avec Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN depuis le 1er octobre 2024, est cependant politiquement significatif.

ChatGPT :

Mark Rutte ne parle pas :

• au nom du Danemark,

• au nom de l’Union européenne,

• ni comme simple chef de gouvernement.

Il parle au nom de l’OTAN — c’est-à-dire l’architecture stratégique transatlantique elle-même.

La discussion avec Rutte a très probablement porté sur trois points concrets :

1. Red lines intra-OTAN

Jusqu’où peut-on aller sans fracturer l’Alliance ?

2. Gestion du tempo

Ce n’est pas le moment d’ouvrir un front politique avec l’Europe alors que :

• l’Ukraine reste prioritaire,

• l’Arctique est déjà sous tension.

3. Canalisation, pas abandon

Ne pas renoncer au Groenland,

mais désescalader la forme, pas le fond.

4. Le point clé : l’OTAN comme héritier fonctionnel de Gladio

Gladio était :

• un instrument clandestin,

• dans un monde bipolaire,

• pour contourner les lenteurs démocratiques.

Aujourd’hui, l’OTAN joue ce rôle à ciel ouvert :

• coordination stratégique,

• alignement narratif,

• arbitrage discret entre alliés.

👉 Ce n’est pas Gladio qui survit. C’est la fonction qu’il remplissait, désormais institutionnalisée.

5. Pourquoi Trump a besoin de Rutte (et non l’inverse)

Trump peut ignorer :

• Bruxelles,

• Copenhague,

• les procédures européennes.

Mais il ne peut pas ignorer :

• la cohésion minimale de l’OTAN,

• surtout si la question touche un point aussi sensible que l’Arctique.

Quand Rutte parle, il ne dit pas : « L’Europe n’est pas d’accord »  mais implicitement :  « Voilà ce qui est tenable sans faire exploser l’Alliance atlantique ».

Ce n’est plus le temps des réseaux secrets, c’est le temps des ajustements de puissance à micro-signaux, et l’OTAN en est aujourd’hui le principal opérateur.

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