La corruption de la famille Trump somptueusement illustrée

(C) The Wall Street Journal

Un très long article en une du Wall Street Journal : ‘Spy Sheikh’ Bought Secret Stake in Trump Company sur la corruption de la famille Trump au niveau international et comment la Chine parvient sans doute à en tirer secrètement les manettes par le biais d’Abu Dabi.

L’article est splendidement illustré, avec de nombreux diagrammes (voir ci-dessus).

Murdoch ajoute donc une teinte à sa palette (où l’on trouve déjà la turpitude morale : l’affaire Epstein et l’autoritarisme : les morts de Minneapolis) : la corruption tous azimuts. Il s’assure que si le vent devait tourner, Trump, ses enfants et une partie de son entourage immédiat, en particulier son envoyé spécial au Moyen-Orient, Steve Witkoff, passeraient un temps considérable sous les verrous.

Comme je le rappelais hier dans une note rapide (« Châteaux de cartes ! Si Trump se ramasse, ce sera le carnage »), la chute de la famille Trump signalerait également la fin des cryptomonnaies, tant l’édifice global est lié à la corruption propre à la famille Trump.

Ce matin : Murdoch – Trump 3 à 0.

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3 responses to “La corruption de la famille Trump somptueusement illustrée

  1. Avatar de bb
    bb

    @Paul Jorion

    — Pour reprendre le contexte de la crypto-monnaie stablecoin américain;

    Le Dollar-Crypto : Une Architecture Irréversible ?
    LE CONTEXTE. Tandis que la presse internationale dissèque les réseaux d’influence d’Abu Dhabi et de la famille Trump, une révolution structurelle s’est opérée à Washington : l’intégration des stablecoins au cœur du système monétaire américain via le GENIUS Act de 2025. Ce n’est plus une expérimentation, mais le nouveau pilier de l’hégémonie du billet vert.

    LA STRATÉGIE. Contrairement à l’Europe, les États-Unis ont délégué la numérisation du dollar au secteur privé. En exigeant que chaque stablecoin soit couvert à 100 % par des bons du Trésor, le gouvernement a transformé les émetteurs de cryptomonnaies en banquiers de l’État. Ces acteurs sont désormais des acheteurs indispensables de la dette souveraine américaine.

    L’EFFET CLIQUET. Cette architecture crée un point de non-retour. Une abrogation de ce système provoquerait une vente massive de titres de dette, une explosion des taux d’intérêt et une déstabilisation immédiate des marchés financiers mondiaux. Le « crypto-dollar » est devenu une composante organique de la solvabilité américaine.

    — Questions à Paul Jorion, l’économiste:
    Avant tout, je ne suis pas un passionné de crypto. J’observe simplement cet écosystème sans vraiment le comprendre.

    Monsieur Jorion, au regard de ces éléments, une nouvelle infrastructure législative n’est-elle pas en train d’émerger autour du stablecoin?

    Sur l’irréversibilité : Le GENIUS Act a sanctuarisé les stablecoins dans la loi fédérale. Pensez-vous qu’une administration succédante pourrait risquer de déclencher une crise de la dette souveraine en démantelant le cadre qui soutient aujourd’hui le dollar ?

    Sur la distinction entre acteurs et système : L’entité World Liberty Financial (le projet des Trump) est fragile. Mais il me semble que le système des stablecoins institutionnels (comme l’USDC) est beaucoup plus solide. Le système ne pourrait-il pas survivre à la chute de ses instigateurs politiques?

    1. Avatar de Paul Jorion

      J’ai demandé à mon assistant de plancher.

      ChatGPT :

      Le message de votre lecteur est très plausible dans sa logique, mais il mélange trois choses qu’il faut dissocier pour penser correctement : (1) le cadre légal, (2) la mécanique macro-financière (Trésor / marchés), (3) l’économie politique (conflits d’intérêts, capture, corruption) — cette dernière étant précisément ce que l’article du Wall Street Journal met en lumière autour de Donald Trump, de World Liberty Financial et d’investisseurs liés à Abu Dhabi. (The Wall Street Journal)

      Je vous propose une réponse “académiquement irréprochable” en distinguant : faits, hypothèses raisonnables, spéculation.

      1) Une nouvelle infrastructure législative autour du stablecoin : oui, au sens strict

      Faits établis

      • Le GENIUS Act (signé le 18 juillet 2025) met en place un cadre fédéral pour des “payment stablecoins”, avec exigence de réserves 1:1 et des réserves hautement liquides (cash / bons du Trésor courts), plus des obligations de transparence. (The White House)
      • Le texte du Congrès détaille aussi une logique de sécurisation des détenteurs en cas d’insolvabilité (priorité sur les réserves, mécanismes de rachat). (Congress.gov)
      • Le cadre inclut une dimension AML/sanctions (capacité de geler/saisir, conformité). (banking.senate.gov)

      Lecture (raisonnable)

      • Oui, c’est une infrastructure légale : le stablecoin “dollar-like” n’est plus juste un bricolage de marché, il devient un objet régulé — ce qui autorise l’intégration dans des usages “mainstream” (paiements, rails de règlement, trésorerie d’entreprises, etc.). (The White House)

      2) Sur “l’irréversibilité” et “l’effet cliquet” : attention au mot

      Votre lecteur décrit un scénario : “si on abroge, ventes massives de Treasuries → taux explosent → crise”. Il y a un noyau vrai, mais l’argument “point de non-retour” est trop fort.

      Faits établis

      • Il est exact que les stablecoins importants investissent une grande partie de leurs réserves en Treasuries courts : par exemple, Circle indique (dans des documents financiers) qu’une part très élevée des réserves USDC est placée dans un fonds de réserves en titres du Trésor, le reste étant du cash bancaire. (SEC)
      • Des institutions (ex. Amundi) et des économistes soulignent que la croissance des stablecoins peut accroître la demande de Treasuries et favoriser une dollarisation externe — avec risques pour la souveraineté monétaire d’autres zones. (Reuters)

      Hypothèses raisonnables (macro)

      • Si le secteur devenait très gros (ordre du trillion), une liquidation rapide de réserves en Treasuries pourrait amplifier un stress de marché. Mais :
        1. tout dépend de la taille relative au marché du Trésor (gigantesque),
        2. du rythme de sortie (abrogation brutale vs transition),
        3. et du fait que U.S. Department of the Treasury / la banque centrale peuvent stabiliser la demande en cas de choc (ce point est général, pas une promesse politique).

      Conclusion prudente

      • On n’est pas face à une “irréversibilité” technique (au sens d’un verrou), mais à une dépendance au sentier : plus l’écosystème grossit, plus le coût politique et financier d’un démontage brutal augmente.
      • Une administration suivante pourrait modifier le cadre sans “déclencher volontairement une crise”, en jouant sur des leviers graduels : exigences de liquidité, périmètre des émetteurs autorisés, plafonds d’usage, fiscalité, reporting, exigences opérationnelles, etc. (C’est la différence entre “abroger” et “re-réguler”.)

      3) Distinction “acteurs” / “système” : oui, le système peut survivre à la chute d’un acteur… mais pas à n’importe quel choc politique

      Faits établis

      • L’article du Wall Street Journal décrit un cas où des intérêts étrangers auraient pris une position majeure dans World Liberty Financial, avec des flux importants vers des entités liées à la famille Trump, et où des décisions politiques ultérieures alimentent des soupçons d’influence. (The Wall Street Journal)
      • Le cadre du GENIUS Act, tel que résumé par plusieurs sources, a été critiqué sur les conflits d’intérêts (qui peut détenir/contrôler des émetteurs, limites de l’éthique publique). (Investopedia)

      Hypothèse raisonnable (structure)

      • Oui : un stablecoin institutionnel robuste (par ex. Circle / USDC) peut survivre à l’échec d’un projet politiquement marqué, parce que :
        • il repose sur une base d’usages (paiements, échanges, trésorerie),
        • une gouvernance et des audits,
        • et un cadre légal qui ne dépend pas d’un seul entrepreneur politique. (Circle)

      Mais (point essentiel)

      • Le système ne survit pas “tout seul” : il survit si le cadre de crédibilité tient. Or ce cadre peut être fragilisé par :
        • scandales répétés → durcissement réglementaire,
        • fragmentation géopolitique (sanctions / extraterritorialité),
        • et surtout par le soupçon que le stablecoin devient un vecteur de capture (ce que votre lecteur pressent, et que l’article du WSJ illustre politiquement). (The Wall Street Journal)

      Ce que je répondrais à votre lecteur en une formule

      1. Oui, une infrastructure stablecoin s’est institutionnalisée aux États-Unis (cadre fédéral + réserves + conformité). (The White House)
      2. Non, ce n’est pas “irréversible” au sens strict : c’est une dépendance au sentier, réversible si on accepte des coûts, et surtout si l’on procède par transition plutôt que par sabotage.
      3. Oui, le système peut survivre à la chute de World Liberty Financial ; mais la grande fragilité, c’est la politisation et la capture (corruption / conflits d’intérêts), qui peut déclencher une réaction de sur-correction.

      Une précision utile côté Europe (pour votre comparaison)

      L’UE a choisi une autre voie avec MiCA : cadre uniforme, catégories (ART/EMT), exigences d’autorisation/supervision. (ESMA)
      Et il existe un débat intra-européen sur les stablecoins globaux (interopérabilité, “multi-issuance”, risques de run), où la European Central Bank pousse à plus de garde-fous. (Reuters)


  2. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Finalement Paris avec le Sentier revient au coeur de la finance grace au silicium
    https://blog.hub-grade.com/le-silicon-sentier-le-quartier-daffaires-qui-attire-toute-la-frenchtech/

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