LE TEMPS QU’IL FAIT LE 23 MARS 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 23 mars 2017. Merci à Pascale Duclaud !

Bonjour, nous sommes le jeudi 23 mars 2017 et pour commencer je vais faire un point, là, de la rédaction du livre que je suis en train d’écrire, qui s’appelle Qui étions-nous ? et qui est une sorte de prolongement de Le dernier qui s’en va éteint la lumière. Dans ce dernier livre, j’avais essentiellement fait un constat : j’avais fait le catalogue, la cartographie, des voies de garage sur lesquelles nous sommes engagés, et pourquoi.

À mon sens, nous sommes une espèce mal équipée pour résoudre les problèmes abominables qui sont les nôtres. Et dans le livre suivant, j’essaye d’être – j’allais dire « d’être plus positif » mais ce n’est pas ça – j’essaye de manière extrêmement mégalomane (rires) de donner la recette pour quand même s’en sortir. Mes lecteurs du Le dernier qui s’en va éteint la lumière auront compris ce que je veux dire par « mégalomane » – si pas mythomane ! – c’est qu’avec le portrait que j’avais dressé, ça paraît un peu surhumain (rires) de vouloir redresser la barre. Et pourtant ! Et pourtant, et pourtant : c’est ce que j’essaye de faire ! Alors je le fais en deux parties. Vous avez déjà vu un peu de mes réflexions de manière éparse parce que je travaille avec des petits bouts par-ci, par-là : des choses qui sont de la fin, des choses qui sont du milieu, des choses qui sont du début, mais si vous avez regardé ça, vous allez comprendre le plan général.

Le plan général donc, c’est de dire : « Nous sommes maintenant… Nous sommes des imbéciles et des génies à la fois : nous sommes des imbéciles parce que nous n’arrivons pas à vivre ensemble. Et non seulement ça, mais nous arrivons au point où nous rendons absolument inhabitable notre habitat sur la terre. Nous allons bientôt le rendre tel qu’il sera devenu impossible pour nous de continuer à vivre là ! »

Alors nous engageons par ailleurs – « par ailleurs », ça c’est du côté des imbéciles – du côté des génies, nous inventons des choses qu’on n’a jamais vues nulle part dans notre univers à notre connaissance, et qui est que nous inventons des machines qui – on ne sait pas s’il faut dire « dans le pire » ou « dans le meilleur des cas » – seront capables, sans doute, de nous succéder. Et j’en fais un peu l’inventaire, comme ça au jour le jour. Vous voyez sur le blog, des tentatives de – voilà – de créer des héritiers qui seront plus résistants, plus « résilients » comme on dit maintenant, plus robustes, et qui pourront vivre non seulement dans un univers que nous aurons entièrement dégradé pour notre propre usage, mais qui pourront éventuellement aller coloniser d’autres planètes, d’autres systèmes solaires. Et donc une course est engagée, qui peut se résoudre – j’en ai déjà fait le catalogue – par un flop total, c’est-à-dire le bide absolu : rien ne marche, nous disparaissons et nos descendants se mettent à rouiller dans un coin. Autre scénario : eux nous succèdent, et nous, nous sommes morts et …. voilà ! Imaginons un scénario quand même optimiste, qui est que nous parvenons à rétablir le cap et que nous parvenons à sauver notre espèce à la surface de notre terre. Qu’est-ce qu’il faudrait…

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour ça ? Et là ce que je fais, je vous l’ai déjà expliqué mais les éléments commencent à tomber véritablement en place : j’essaye de faire le… de rassembler au même endroit – qui est, voilà, qui est mon livre, vous l’avez compris ! – de rassembler au même endroit tous les éléments, tous les éléments de ce que nous avons compris nous-mêmes comme genre humain à différents endroits du monde, dans différentes cultures, à différentes époques, quels sont tous les éléments, indispensables quand même, pour réussir éventuellement dans cette entreprise qui est de sauver notre espèce à la surface de notre propre terre. Faire tomber la consommation de 1,6 planète à quelque chose de plus maniable, de plus gérable comme 1, ou encore mieux, moins que 1, et puis arrêter de rendre notre air irrespirable, essayer d’endiguer quelque peu cette augmentation de la température qui est bien engagée pour nous cuire tous à la surface de la planète.

Certains d’entre vous me font… comment dire, me brisent le cœur : qui présentent dans des commentaires, ou qui m’envoient comme mails des efforts désespérés de quelques industriels ici ou là qui sont accrochés à leur capacité à faire des sous et qui polluent la pensée, qui font de l’agnotologie au sens propre, qui produisent du non-savoir, qui torpillent notre réflexion sur la manière dont les choses marchent, simplement pour grappiller encore quelques sous ici ou là, et qui trouvent quelques pauvres imbéciles qui sont prêts à aller dans leur sens pour probablement quelques gratifications dont on voit le caractère médiocre et pathétique dans l’actualité, dans un autre cadre que je ne préciserai pas. Alors bah… oui ! (rires) Il faut essayer… Il faut essayer, il faut essayer ! Ça paraît… on dirait : « Vous êtes tout à fait fou : comment essayez-vous, comme un individu isolé… ?! ». Bah qu’est-ce que je peux faire d’autre ! Hein ? Qu’est-ce que… Voilà, c’est ça ma réponse : qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ?

Ma question, ce serait plutôt, inversée : « Pourquoi est-ce qu’on ne fait pas tous cela ? Pourquoi est-ce qu’on ne fait pas tous cela… ! Pourquoi est-ce qu’on ne mobilise pas toutes nos ressources pour essayer d’avancer quand même pour arrêter ça ! » Alors vous me direz : « Oui mais c’est parce que vous êtes le seul à voir le problème aussi urgent que vous le voyez ». Oui c’est vrai ! Moi je vois le problème absolument urgent et, il y a quelqu’un aussi – ça aussi c’est un peu pathétique à mon avis (rires), il y a quelqu’un qui dit : « Ouais, c’est parce que vous êtes vieux que vous voyez du coup tout disparaître autour de vous ! ». Non… Non ! Au contraire, vous voyez, ce que je suis en train d’essayer de faire, c’est avant de disparaître, quand même, c’est d’essayer au moins de faire ma contribution pour redresser la barre. Et pas comme un colibri ! Pas juste à mettre une goutte ! Non… ! Mes amis, si chacun vient avec une goutte, il faudra 300 000 ans pour éteindre l’incendie ! Non… ! Avec une goutte, si chacun apporte une goutte, ça ne fera pas assez parce que ça urge vraiment… Parce que le problème est massif ! Il faut qu’on mette tous beaucoup plus d’énergie. Et si on est des colibris, il faut « se mettre sur stéroïdes » comme on dit en Amérique (rires). Il faut essayer de grossir, de devenir au moins une autruche pour essayer d’avoir des forces supplémentaires !

Il y a le mot « désespéré » qui me vient à l’esprit (rires). Et justement, ce n’est pas désespéré ! Ce n’est pas désespéré parce que… il y a quelque chose – voilà, ça me vient – moi je ne crois pas au bon dieu mais je comprends quand même ce que ça veut dire, un « pari pascalien ». Essayer de sauver cette espèce, c’est un pari pascalien : ou bien ça rate, et … voilà, tout le monde dira «  Eh bien évidemment ! Ça devait rater ! ». Mais si ça devait réussir ? Si on arrivait quand même à sauver la mise ? Mais pour ça, il faut d’abord – vous l’avez compris – il faut d’abord se convaincre qu’il y a urgence et qu’il faut absolument mettre le paquet, et que ce n’est pas seulement Paul Jorion qui doit mettre le paquet, que c’est absolument tout le monde !

Vous savez que je ne suis pas en train de devenir fou parce que ça fait des années et des années que je dis ça ! (rires), et pas seulement depuis le blog. Les gens qui me connaissent depuis plus longtemps, savent que je réfléchis comme ça, que je « raisonne » de cette manière-là – si le mot « raisonner » peut s’appliquer ! – depuis très, très longtemps, peut-être même… depuis le tout début : il y a de petites histoires qui circulent sur moi enfant, qui racontent déjà… Je vais vous la raconter. C’est un truc… quand j’ai 4 ou 5 ans, on dit : « Paul, vous voyez ? Quand les enfants jouent, eh bien vous voyez ce qu’il fait : eh bien, il fait le tour. Il fait tout le temps le tour pour voir si tout va bien ». Alors voilà : je crois que j’ai pas changé!

Allez ! À la semaine prochaine, les amis ! Courage !

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