Présidentielle – Le nouveau rapport de force, qui sera au second tour contre Le Pen, ou la Grande Peur des puissants, par Alexis Toulet

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

A trois jours du premier tour, le rapport de force entre les principaux candidats, évalué en tenant compte du facteur essentiel qu’est l’incertitude des électeurs, continue comme à fin mars à faire apparaître une nette avance de Le Pen.

Le facteur nouveau est l’ascension remarquée de Mélenchon, qui se place cependant derrière Macron et Fillon, toujours au coude-à-coude. L’identité de l’adversaire de second tour de la présidente du Front National est encore plus incertaine qu’auparavant, et le scénario hier relativement marginal d’un second tour Le Pen – Mélenchon n’est pas à exclure.

Evaluer le rapport de force entre les quatre candidats les mieux placés pour le premier tour de la présidentielle nécessite de tenir compte non seulement des intentions de vote exprimées, mais encore du niveau de certitude de leur choix qu’expriment les sondés. Or la détermination exprimée par les électeurs des uns et des autres est nettement divergente.

Comme c’était déjà le cas à fin mars, tenir compte de ces différences conduit à dessiner une image différente du rapport de forces que celle que la plupart des commentateurs mettent en avant.

  • D’une part l’avance de Marine Le Pen en terme de suffrages certains, bien que plus petite qu’il y a trois semaines, reste significative au point de rendre nettement improbable son absence du second tour.
  • D’autre part un autre candidat s’est rajouté au coude-à-coude Macron – Fillon pour se qualifier au second tour. Jean-Luc Mélenchon, quoique derrière les deux autres en termes d’intentions de vote certaines, est suffisamment proche pour que sa qualification ne relève pas de l’improbable. Ceci d’autant plus que les électeurs de Benoît Hamon – avec lequel existe une grande porosité – sont particulièrement peu sûrs de leur choix, ce qui laisse ouverte la possibilité d’un choix du candidat de la France Insoumise dans les dernières heures avant le vote, avec une logique de « vote utile de gauche »

Nota : Pour les schémas synthétiques qui suivent, c’est la moyenne des sondages publiés par huit instituts entre le 13 et le 19 avril 2017 qui a été utilisée. Le tableau complet en est présenté en fin d’article. (1)

Dernières enquêtes du premier tour – les intentions brutes

L’image du rapport de forces, sans tenir compte du niveau de certitude des choix, fait apparaître quatre candidats principaux, deux favoris Macron et Le Pen, deux challengers Fillon et Mélenchon, avec des différences entre eux assez réduites pour qu’aucun scénario de second tour ne soit véritablement improbable.

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L’image volontiers mise en avant par les commentateurs – à fortement nuancer

Prendre en compte abstention et vote blanc prévisionnel – plus bas qu’il y a trois semaines – ne fait pas changer les rapports de force

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Abstention et blancs ont perdu 7 points depuis la fin mars

Intentions corrigées du niveau de certitude – une candidate est pratiquement assurée de la qualification

En croisant les intentions de vote brutes et l’affirmation sur la certitude du choix, on obtient les intentions de vote certaines.

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L’image la plus précise du rapport de forces, à trois jours du premier tour

L’équilibre entre les quatre principaux candidats apparaît plus nettement quand on l’exprime par rapport au total des intentions de vote certaines.

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A 26% des intentions de vote certaines, Marine Le Pen paraît assurée d’être qualifiée. Le jeu est ouvert pour Macron, Fillon et Mélenchon, chacun séparé du suivant par seulement deux à trois points

Arrivé à trois jours du scrutin, et quoique aucun scénario ne puisse être complètement exclu, il paraît difficile d’imaginer que deux candidats parmi Macron, Fillon et Mélenchon puissent parvenir à refaire leur retard sur la candidate FN, ce qui sauf très grande surprise assure pratiquement la présence de Marine Le Pen au second tour.

Sans doute, la plupart de ceux qui aujourd’hui envisagent de voter pour un Emmanuel Macron ou un Benoît Hamon ne vont pas se réveiller demain décidés à voter pour Le Pen. Ceux qui changeront d’avis iront plutôt vers un candidat proche de leur choix initial. Mais la déperdition qui en résultera pourrait être sensible pour beaucoup d’entre eux.

Second tour – Victoire prévue de l’adversaire de Le Pen… du moins à ce stade

Les trois scénarios de second tour de loin les plus vraisemblables aboutissent suivant les enquêtes d’opinion au même résultat.

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Macron – Le Pen – Stabilité aux alentours de 62% – 38%

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Fillon – Le Pen – Voisinage de 56% – 44%

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Mélenchon – Le Pen – Victoire du candidat FI vers 59% – 41%

Les mêmes réserves qu’à la fin mars doivent cependant être rappelées, s’agissant d’intentions de vote avant que l’affiche du second tour ne soit déterminée. Notamment, le degré de certitude des intentions de vote de second tour n’est pas mesuré par les instituts de sondage, alors qu’il est très différent suivant les candidats pour le premier tour, et naturellement les deux semaines de campagne d’ici le 7 mai pourraient faire évoluer les choix. De plus, dans le cas où l’adversaire de Le Pen serait Macron ou Fillon, le sujet central de l’élection serait l’Union Européenne, et il faut rappeler que l’opinion des Français sur l’UE est beaucoup plus nuancée que ce qu’en disent des commentateurs affirmant que « les Français ne veulent pas sortir de l’euro » – et s’en tenant là. Le résultat de ce qui serait une sorte de référendum sur l’Union européenne ne peut être prévu de manière complètement assurée.

Le nouvel adversaire potentiel de Marine Le Pen – et la Grande Peur des puissants

Si l’adversaire de Marine Le Pen était Jean-Luc Mélenchon, le sujet central du second tour serait naturellement différent, et le candidat de la France Insoumise pourrait être de ce point de vue l’adversaire le plus difficile de la candidate FN.

Cette possibilité, certes moins probable qu’un second tour Le Pen – Macron ou Le Pen – Fillon, provoque rien moins qu’une véritable Grande Peur des puissants, de François Hollande entrant dans l’arène pour empêcher le scénario qu’il craint le plus à Yvon Gattaz le « patron des patrons » prenant l’initiative sans précédent d’un appel direct aux électeurs pour prévenir de « ruine, désespoir et désolation » s’il se réalisait, en passant par Christine Lagarde la directrice du FMI qui l’évoque devant la presse économique américaine. Et la presse allemande qui s’effraie de l’éventualité d’une « crise existentielle » pour l’Europe.

Cette inquiétude tenace du représentant des plus grands groupes, du président sortant comme de la grande presse économique internationale est-elle motivée avant tout par le souci altruiste d’éviter un scénario qui serait dangereux pour la France, ou par la volonté de protéger les intérêts des plus puissants ? A chacun de faire son choix – ce dimanche prochain.

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A moins bien sûr de choisir contre qui on s’abstiendra ?

(1) – La moyenne des enquêtes d’opinion des instituts de sondage BVA, Ifop, Odoxa, Cevipof Ipsos, Harris, Elabe, Kantar Sofres, Opinionway publiées entre 13 et 19 avril est résumée dans ce tableau

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47 réflexions au sujet de « Présidentielle – Le nouveau rapport de force, qui sera au second tour contre Le Pen, ou la Grande Peur des puissants, par Alexis Toulet »

  1. Un président sans majorité au parlement est une potiche.
    La France médiatico-économique joue à se faire peur.

    1. @ François
      « Un président sans majorité au parlement est une potiche. »

      C’est très contestable, pour dire le moins.

      1) Tout d’abord, dans l’histoire de la Vème République, tout président récemment élu a toujours bénéficié d’une majorité à l’Assemblée quelques semaines plus tard. Il y a eu cohérence des Français dans leur vote, qui n’ont jamais porté X à l’Elysée en mai puis anti-X au Palais Bourbon en juin.

      2) Certes cette élection est « particulière ». Imaginons donc que la règle historique ne tienne pas, et que le président n’ait pas de majorité parlementaire. Cela ne signifie pas que quelqu’un d’autre en aurait une !
      Avec toutes les réserves concernant des élections législatives dont la campagne n’a même pas commencé, dans l’hypothèse d’un Président Mélenchon dont nous parlons, il est quand même fort probable à la fois :
      – que le FN fasse son entrée en force à l’Assemblée,
      – que LR conserve un très fort groupe,
      – qu’un groupe « centriste » fort apparaisse, autour de Macron et quelques autres
      – ainsi qu’un groupe « union de la gauche » autour de la FI, le PS s’y adjoignant peut-être, groupe qui bénéficierait au moins en partie de l’effet « légitimité du président récemment élu »
      Le seul scénario pour une majorité adverse serait l’union de Macron et de Fillon, ou de son remplaçant à la tête de LR après l’échec présidentiel et l’ « explication de gravures » qui s’ensuivrait à droite. Ceci pour imposer un Bayrou, un Juppé ou un Valls à Matignon ?
      Scénario pas impossible… mais tout de même rien moins qu’assuré. La « majorité » qui en résulterait ne serait pas particulièrement stable – sans oublier qu’elle vivrait sous l’épée de Damoclès d’une dissolution décidée par Mélenchon au moment qui lui serait le plus opportun – par exemple lorsque l’application même partielle de programmes d’alignement sur la Seule Politique Possible aura commencé à faire s’effondrer la popularité du nouveau Premier ministre… et que l’alliance EM-LR se sera passée elle-même la corde au cou politiquement parlant ?

      3) Imaginons encore que ces obstacles soient aplanis, que Macron et Fillon se disent « Embrassons-nous, Folleville ! » et vivent bras dessus bras dessous en bonne intelligence. Il ne faut pas oublier que dans toutes les cohabitations jusqu’ici, le président a toujours conservé le contrôle d’un « domaine réservé » incluant politique étrangère et de défense. Ce qui n’est pas rien.
      Engager par exemple la sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, décider des interventions militaires – ou de quelles interventions l’on exclut absolument afin de préserver le pays d’un enchaînement guerrier – décider en dernier ressort des accords internationaux par exemple commerciaux… feraient partie des pouvoirs du président Mélenchon même en cas de cohabitation immédiate.

      4) Rappelons que la signature du président doit être apposée au bas des décrets et des ordonnances délibérés en Conseil des ministres. Ce qui crée pour le président en période de cohabitation un véritable droit de veto.
      Ni François Mitterrand ni Jacques Chirac n’en ont abusé. Alors que les oppositions politiques seraient bien plus vives en 2017 qu’elles l’étaient à l’époque, qui peut croire que Jean-Luc Mélenchon aurait les mêmes « pudeurs de gazelle »

      5) Rappelons l’Article 11 https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Constitution-du-4-octobre-1958 c’est-à-dire la possibilité d’organiser un référendum « à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales », sans que le gouvernement y ait moindrement son mot à dire.
      Il serait probablement assez facile à un Mélenchon de remplir ces conditions.
      Même sans aller jusqu’à l’extrême d’un référendum tous les quatre matins, deux ou trois votes bien choisis pourraient faire beaucoup pour imposer à l’hypothétique majorité parlementaire EM-LR d’appliquer nolens volens une partie du programme du candidat de la FI.

      6) Soit dit en passant, quelle serait la puissance politique non pas d’un grand mouvement social tendant à s’opposer à la politique du président et de son gouvernement… mais d’un grand mouvement social contestant la politique du gouvernement ET s’appuyant sur le président de la République ?
      C’est difficile à prévoir d’avance.
      En revanche, une expérience est possible 🙂 par exemple en essayant.

      7) Last but not least, il y a l’Article 16. Sans doute, il n’a été utilisé qu’une seule fois, et il n’est prévu que pour les circonstances les plus graves. Mais ce n’est pas comme si la stabilité du système financier était au-dessus de tout soupçon, n’est-ce pas ?
      Si une nouvelle crise financière gravissime survient – faut-il dire « quand » ? – et en fonction de ses modalités précises, il se pourrait fort bien que les conditions de déclenchement de l’Article 16 soient réunies. Rappelons au passage qu’elles sont évaluées… par le seul président de la République !
      En cas de crise financière, au cas où de nouveaux tombereaux de dette privée « devraient » être prises en charge par la collectivité – c’est-à-dire que tous les banquiers seraient pour, naturellement ! – comme cela s’est passé par exemple en Irlande avec l’Anglo Irish Bank, ou en Belgique avec Dexia, vaudrait-il mieux avoir comme décisionnaire final un Mélenchon – qui aurait la possibilité soit de refuser comme le fit le président Grímsson en Islande, soit de n’accepter qu’en échange de concessions littéralement draconiennes – un Macron dont les loyautés bancaires sont connues, ou un Fillon dont les loyautés envers certaines assurances le sont tout autant ?

      1. @Alexis Tourlet
        Après cette deuxième couche et vivant bien la présidentielle sur le terrain, je comprends mieux votre approche. Je subis toutefois l’effet d’un biais cognitif car, à la lecture de votre article, prenant mon désir pour la future réalité, je vois un Macron Président.

        Hier, en déposant des tracts  » les 10 raisons pour voter Macron », sur les pare-brises des voitures de mon quartier, j’ai discuté plus de 15 mn avec un passant. Après m’avoir fait comprendre sa vie de galère, son passage par le 93, son arrivée à Vélizy, une ville de rêve pour lui, il m’a dit qu’il voterait Marine, certainement pas F. Fillon tout en disant qu’il appréciait le programme de Macron à qui il ne faisait pas confiance (Banquier, etc…).
        C’est, je crois, cette complexité des comportements qui transparait dans votre article.
        Pour ma part, je lui ai dit, que j’étais content qu’il ait décidé de voter Le Pen. Il m’a compris, je l’ai compris. On en a rigolé.

        @Jacquot
        Merci pour votre commentaire et le rappel des articles 5 et 11.
        Les législatives, c’est désormais le vrai enjeu. Comment Macron va-t-il pouvoir gouverner ? (désolé de cette petite pique, j’adore titiller les plus intolérants des insoumis, ils le valent bien).

        S’il y a plus de députés FN, ce sera une bonne chose. Ils seront peu nombreux car au niveau local, le front républicain anti-FN marchera encore bien. Pourquoi une bonne chose ? Parce qu’on les verra à l’oeuvre, qu’on verra leur approche constructive !
        Les Mélenchonistes auront des députés mais beaucoup moins que leur part de voix, du fait du mode de scrutin et de la détestation FI FN.
        Le PS aura plus de députés que sa part de voix car il bénéficiera du report de voix des macronistes si le candidat d’EM n’est pas présent au second tour.
        En cas de duel LR FN, si le FN est largement devant, il gagnera, sinon le LR bénéficiera d’un report de voix plus important et passera.

        Pour faire simple, toute l’information sur les reports de voix est contenu dans les résultats des différents face à face exposés par A. Tourlet. Le résultat final dépendra du point de départ donné par le premier tour : l’avance de voix du premier tour sera totalement, partiellement perdu ou amplifié en fonction du type de duel.

        La grande nouveauté, ce sera l’arrivée de nouveaux députés, soit de suppléants, soit de nouvelles personnalités : ayons en tête que le risque de perdre les élections, le non-cumul des mandats a amené certains à ne pas briguer le renouvellement de leur mandat.
        Sage décision. L’assemblée a besoin d’un bon nettoyage, place à des nouveaux, à des jeunes.

        Quelque soit le résultat des élections, quelques soient les coalitions, on peut s’attendre à des mois de harcèlement de FI. Ca va y aller du 49.3, seule façon de faire entendre raison à un groupe qui ne représente que 19% des voix. FI a du mal à comprendre, à accepter qu’il ne peut pas imposer sa vision idéalisée de la société de la société à 81% de la population sans disposer du rapport de force pour l’imposer. L’intolérance se transformera en rejet tôt ou tard.

        Je n’aborde pas le cas du LR, tant ce parti est en dehors du coup. Le jour où le LR comprendra qu’il a plus à gagner d’une croissance plus égalitaire, plus écolo n’est pas prêt d’arriver. 5 ans de purge Macron les fera peut-être évoluer mais je n’y crois pas trop. Seul un deuxième quinquennat d’E. Macron leur fera entendre raison.
        Pas de chance pour eux, le programme de B. Hamon sera achetable à moins qu’E. Macron l’ait pillé de ses meilleures propositions ou de celles T. Piketty.

        Laisser moi rêver.
        Bonne journée.

      2.  » Tout d’abord, dans l’histoire de la Vème République, tout président récemment élu a toujours bénéficié d’une majorité à l’Assemblée quelques semaines plus tard. Il y a eu cohérence des Français dans leur vote, qui n’ont jamais porté X à l’Elysée en mai puis anti-X au Palais Bourbon en juin. »

        Les temps changent.

  2. « …par la volonté de protéger les intérêts des plus puissants ?… »
    Par définition, les puissants se protègeront bien eux – mêmes. Mieux, l’explosion des déficits et la sortie de l’UE leur ouvriront de nouveaux territoires à la spéculation.
    Je me répète: Lepen , Mélenchon, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Ils menacent non ceux qu’ils prétendent combattre, mais ceux qu’ils prétendent défendre.
    Evidemment, si on écoute leur rhétorique… ;).
    Une lecture ?:
    http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-resistance-ere-neo-liberale-cache-immobilisme-aristocratique-3024461.html

    Un extrait:
    « …Que la révolution néo-libérale paraît-il en vigueur depuis 30 ans soit une pure invention, il suffit d’un tableau statistique pour le prouver. Celui-ci est tiré du Rapport SUR LA DÉPENSE PUBLIQUE ET SON ÉVOLUTION de 2013, produit par le ministère des Finances :…
    On le voit, en 1960, les dépenses publiques représentaient un gros 35% du PIB. Leur volume global a dépassé les 40% de PIB en 1968. Dans les années 80, ce volume a franchi allègrement le cap des 50% de PIB. Nulle part les chiffres ne permettent de pointer l’existence d’une quelconque rupture néo-libérale, ne serait-ce même que le début d’une inversion de cycle. Depuis la crise de 2008, la part des dépenses publiques dans le PIB a même régulièrement franchi le seuil des 55%… »
    Les électeurs se bercent de mensonges.

    1. Attention, les chiffres sur la part des dépenses publiques dans le PIB sont largement faussés du fait d’un artifice comptable.

      Le total des dépenses publiques inclut en effet les « remboursements et dégrèvements » d’impôts et d’impôts locaux. Autrement dit, aussi incroyable que ça soit, lorsque l’Etat consent une diminution d’impôt, il compte l’impôt comme perçu et le remboursement comme une dépense !

      Voir par exemple ce lien du Sénat concernant la situation 2006 où le total était déjà de 83 milliards d’euros. https://www.senat.fr/rap/r07-008/r07-00847.html

      Un état plus récent concernant la Loi de finances 2014 – j’ai le document mais il n’est malheureusement pas en ligne – donne un total de 102 milliards d’euros, dont 91 pour l’Etat et 11 pour les administrations locales. Soit quand même 5 points de PIB.

      Autrement dit, le total des dépenses publiques est d’environ 52% du PIB, non 57%. Ce qui correspond d’ailleurs aussi logiquement au total prélèvements obligatoires + emprunt net c’est-à-dire le total du déficit public.

    2. Donc selon vous Gattaz et Hollande sont particulièrement altruiste et se soucient du sort de la France… mouais…. j’y songerai dimanche….

    3. Certains pourraient répondre : « c’est un peu court… »
      Et si nous nous intéressions à la répartition de cette dépense publique ?
      Depuis 20 ans le premier poste du budget de l’Etat est celui du remboursement de la « dette », en fait simplement des intérêts de celle-ci. Dette contractée depuis l’avènement de la révolution néo-libérale en question, pour compenser les pertes des comptes sociaux dues à la montée du chômage, à la baisse des salaires et aux exonérations en tous genres, permettant au privé de dégager des bénéfices quand le public éponge les pertes.
      Ce que vous avancez est donc, non la contradiction, mais bien la preuve des effets de cette fameuse « révolution ».
      Bien à vous…

  3. Y’a un souci avec les chiffres du tableau final, c’est qu’il ne tiennent compte que des intentions certaines à 100% de vote pour un candidat. Or si l’on ajoute à ces 100% certains ne serait-ce que les 90% certains de leur vote pour un candidat on arrive entre 80 et 95% de votes assurés suivant les candidats…
    Être sûr à 100% de son vote plusieurs jours avant le jour J devrait être l’exception plus que la règle, non ?

    1. T’en es pas une belle d’exception toi même ? Tu es un être exceptionnel, un libéral libertaire de centre ni droite ni gauche microniste… Neutricons !

  4. Bonjour à tous,

    Peu importe les sondages & enquêtes, le 2nd tour est écrit depuis belle lurette (2015 ? 2014 ? 2012 ? Avant ?!?) et verra s’affronter Macron (futur Président pré-désigné) et Marine Le Pen

    Tout le reste n’est que littérature, diversion, manœuvres psycho-sociologiques aux recettes depuis fort longtemps mises au point

    Les seules questions qui se posent (à moi, au moins) sont :
    1) qui a collé Macron dans les pattes de Hollande ?
    2) quand a-t-il été « choisi » par la réponse à la question 1) ?

    Déjà plus d’un an que je cherche… Help !… 😉

    1. Hollande est au service de Macron, qui est au service des banquiers, qui ont fait élire Hollande, en lui demandant de dire « mon ennemi c’est la finance ».

      D’ailleurs, tout le PS est au service de Macron, c’est leur planche de salut.

      En fait, il suffit d’inverser la totalité de ce qu’on nous raconte.

      1. @Dominique Gagnot, 20 avril 2017 à 18 h 55 min

        M. Gagnot, merci de m’aider à éclairer ma lanterne de béotien. Pour autant, allez savoir pourquoi je n’arrive pas, mais alors pas du tout, à croire que E. Macron est le ‘fils spirituel’ de F. Hollande, ni le contraire, ni rien de ce genre… ? E. Macron n’est, à mon sens, tout simplement pas ‘de gauche’

        J’ai beau retourner le problème dans tous les sens rien n’y fait : E. Macron a été ‘placé’ dans le gouvernement pour mettre en place notamment la ‘réforme’ du code du travail demandée par l’U.E. (cf. la célèbre vidéo de l’interview de N. Doisy https://www.youtube.com/watch?v=4jXmdF8MjNo), contre la volonté d’un gouvernement qui a fait traîner au maximum, voire tenté de saboter le projet ; ce qui explique les 49.3, et sa présentation pour le moins désastreuse par ledit gouvernement, lesquels ont jeté les foules dans les rues…

        (N.B.: je ne fais pas de politique, que Gaïa m’en garde !)

    2. 1) qui a collé Macron dans les pattes de Hollande ?
      2) quand a-t-il été « choisi » par la réponse à la question 1) ?

      Ne cherchez plus, je vais tout vous dire, le fin mot de l’histoire, rien de bien mystérieux au demeurant.
      Alors voilà.
      C’est le fondateur de la dynastie Rothschild, Mayer Amschel Rothschild lui-même, qui avait enfermé en janvier 1812 un manuscrit dans un coffre-fort de Zurich, manuscrit à ne lire par ses successeurs qu’après 2005 au plus tôt et en cas de danger extrême et imminent seulement.
      Il indiquait par le menu et en détail la marche à suivre comme le profil du candidat ad hoc pour prendre l’Elysée dès que le besoin s’en ferait sentir pour l’oligarchie mondiale du moment.
      Le plan a été suivi à la lettre (ça rigole pas avec la lettre ni avec l’étiquette dans la famille, je vous prie de croire…), la lettre ouverte en mai 2007, et voili voilou vous savez tout.
      Je tiens cette info de première main d’un être au-dessus de tout soupçon et qui m’est très cher, mon Loulou de Poméranie (avec pedigree LOF et tout et tout) qui répond au charmant nom de Cloclo.
      Ah oui vraiment, merci Cloclo !

      1. Très bon Anastasie ! 😀

        Les insinuations vaseuses comme l’a fait Mas, vont dans un seul sens, c’est noté. Tu sais très bien ma douce anesthésie que la vidéo d’Apostrophe de l’époque, disponible facilement sur le net, est juste sidérante (https://www.youtube.com/watch?v=9P7UKzSTwgQ).

        Mieux valait, qu’il ne fut jamais candidat, ça l’aurait tué sur place.

      2. @Vigneron, 20 avril 2017 à 20 h 10 min

        Merci Vigneron pour cette explication mais permettez-moi, comme pour celle de M. Gagnot, d’afficher un certain scepticisme… en effet, rien n’explique pourquoi Mayer Amschel aurait écrit cette lettre près d’un an avant de rendre l’âme (vs. sur son lit de mort), même si je conviens aisément qu’un tel sens de l’anticipation fut primordial pour le succès de la Dynastie

        Par ailleurs j’ai particulièrement apprécié votre inégalable verve, la rédaction en parfait français, et toute absence de noms d’oiseaux (mais vous auriez pu, au besoin ; je suis très ‘open-minded’) 🙂

      3. Cloclo, stp mon Loulou, fais un effort, on comprend rien à c’que tu dis ni de quoi tu parles ni à qui tu parles. Tu m’inquiètes mon Loulou.
        Tain de queue de vache ! qu’est-ce que j’ai bien pu foutre de cette putain de seringue de Pentothal, bordel ! Je savais bien que je l’aurais pas sous la main le jour où j’en aurais besoin…

      4. Oui, au delà des ironies faciles de M.Vigneron, c’est vraiment naïf comme question :

        Déesse T demande :

         » Qui a collé Macron dans les pattes de Hollande ?  »

        Mais personne Madame la Déesse ! La candidature de M.Macron a été fabriquée en collaboration avec M.Hollande, bien évidemment.

      5. La juiverie financiaro-médiatique et cosmopolite de notre crypto-euro-oligo-banko-klepto-aristo-corpo-gyno-porno-réseau-média-médio-ploutocratie, ça va de soi.

  5. Bien se souvenir du « sérieux » de cet article au regard des résultats du premier tour!!!
    Travail intellectuel aussi pertinent que le geste du Marsupilami se servant de sa queue comme d’une perche à sauter .

  6. Bonsoir Alexis,

    Et le scénario Fillon – Mélenchon, ça ne vous tente pas ?

    La dynamique IPSOS (échantillon de 8.274 personnes) semble pourtant bel et bien aller dans la même direction que celle déjà affirmée ce jour par Filteris et bien d’autres :

    http://www.lavoixdunord.fr/150976/article/2017-04-20/les-surprises-que-le-big-data-vous-promet-aux-premier-tour

    Les instituts de sondage ont un sérieux problème, ils ont oublié de se mettre à l’heure de 2017 malgré les primaires… à méditer !

    Moi j’ai nommé : les bigo-dato-sceptiques…

    On va vraiment bien se marrer !

    Philippe

    1. Cela part d’un sentiment sympathique (« toute publicité est bonne à prendre »), cette idée que le fait qu’on parle de vous en mal s’additionne au fait que l’on parle de vous en bien mais je reste convaincu qu’une part au moins du mal neutralise une part du bien.

      1. Certes mais si on parle autant en mal de lepen que de mélenchon (fillon étant forcément hors concours…) ça remet pas mal les sondages en question sauf à reconnaître que l’électeur de mélenchon soit plus sensible à la rumeur que celui de lepen. Cela contredis quelque peu l’image de la horde de miliciens rouge-brun ici même avancée… Il serait intéressant de tester votre hypothèse ici. Avez vous une idée de combien de votant de mélenchon vous avez détourné avec l’article de Cédric Mas?

      2. D’où l’impérieuse utilité des sondages d’opinion et la plus extrême méfiance avec les officines de traitement du big-data, comme avec les datas eux-mêmes d’ailleurs, au vu de l’immensité de la part de fake followers chez les péniens ou les castors…

      3. Fake followers d’un côté et utilisateurs consciencieux de l’autre qui utilisent des surnoms (Monsieur, Père castor, madame etc…) pour éviter que leurs messages sont comptabilisés par une quelconque IA scrutatrice. Des effets qui s’annulent en partie ? …

      4. Quand on a assez de sympathie ou de naïveté envers des escrocs, on peut considérer, effectivement, qu’agir en escroc ou agir contre des escrocs est équivalent.

  7. Et celui-là?
    https://blog-scanresearch.leterrain.fr/2017/04/17/jl-melenchon-devance-de-peu-m-le-pen/

    Sérieux? Pas sérieux? Une moyenne de huit sondages faux fait-elle un sondage juste? Je ne sais pas s’ils sont justes ou faux, ni celui-ci. Le seul « grandeur nature » ne sera révélé (et encore, pas certain) que dimanche prochain à 20 heures. L’impression qu’on se la joue un peu (beaucoup) -et pas que sur le blog de Paul Jorion!- à celui qui voudrait bien que (son favori remporte la course d’obstacles)… ou qui a peur que… Mais peur de quoi, bon sang de bonsoir? Le vivant s’effondre en silence (vous voulez des preuves?), et il faudrait encore avoir peur d’avoir à « choisir » entre la droite et l’extrême droite, entre la droite et la droite, entre la gauche et la droite, voire (quelle horreur!) entre la gauche et l’extrême droite? Et en plus, il faut (faudrait) des sondages pour nous aider à choisir!

    1. Moi, les enfants, je leur dis toujours qu’y a un métier qu’a toujours bien marché et qu’est pas prêt d’manquer d’avenir, c’est l’tir aux pigeons. Les preuves s’accumulent tous les jours sur ce blog.

    2. «Une moyenne de huit sondages faux fait-elle un sondage juste?»

      Cela dépend un peu de ce que vous voulez dire par « faux » et « juste », mais, en général, non.

      (C’est sympa les questions simples de temps en temps. Ça repose.)

      1. Nate Silver (de 538) s’est amusé hier à collecter la moyenne des derniers sondages de la semaine avant les élection législatives pour les partis de droite nationaliste européens depuis 2012 et les compare aux résultats…
        Il voulait constater si le préjugé dominant à propos du vote d’extrême-droite systématiquement très sous-estimé était vérifié.
        https://pbs.twimg.com/media/C99uXjNXUAATW00.jpg:large
        Pas vraiment, voire pas du tout, en tout cas si l’on en juge par la… moyenne de tous les scrutins… 11,2% annoncés par les sondages et 11,6% pour le résultat des scrutins…

      2. Mais il se lève et se lèvera tous les jours de nouveaux pigeons prêts à gober la bouillie de ceux qui leur vendent de « vrais sondages » en échange de ce qu’ils nomment « l’escroquerie sondagière mainstream »…

  8. Hors sujet réaction au temps qu’il fait :

    Jorion Haut commissaire à la renégociation des traités? J’ai plutôt pas mal suivi la campagne insoumise et j’y ai précisément entendu tout ce que vous dites là. La stratégie on la change ou on la quitte est purement électorale et j’imagine que c’est ce qui vous rebute chez mélenchon mais comme vous dites aussi au début le temps presse d’où le réveil de l’émission d’hier. Je comprends bien que si le personnage trahis ces idées là elles auront d’autant plus de mal à revenir sur le devant de la scène par la suite et que vous ne vouliez pas le jouer à quitte ou double mais qui s’en sera emparé dans 5 ans?

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