« Taxe Sismondi » : la suggestion de taxer les robots avance en Belgique

Ce soir, lundi 24 avril, je serai à Bruxelles, à l’invitation du MR (Mouvement réformateur), parti qui a pris le relai de l’ancien « Parti libéral » et qui se trouve en ce moment au gouvernement. La raison, vous la trouverez dans l’article ci-dessous, publié samedi dans le quotidien belge « La Dernière Heure », qui ne m’en voudra pas de le reproduire ici pour la bonne cause.

Ma position sur la question de la disparition du travail et de l’emploi, les lecteurs belges ont pu la lire récemment dans le magazine Trends – Tendances sous le titre : Pourquoi une « taxe robots » ?

Il n’est pas question pour moi – vous le savez – d’associer une « taxe Sismondi » à un revenu universel de base qui servirait de prétexte à une liquidation de la sécurité sociale. Je prône à la place d’utiliser la taxe comme le moyen de revenir à la gratuité absolue dans les domaines de la santé et de l’éducation, d’étendre la gratuité aux transports en commun, et à l’alimentation et au logement de base.

La Dernière heure : La nouvelle idée de Georges-Louis Bouchez : Taxer les robots qui détruisent l’emploi

ADRIEN DE MARNEFFE

Publié le samedi 22 avril 2017 à 09h50 – Mis à jour le samedi 22 avril 2017 à 17h57

Les propositions du délégué général du MR pour s’adapter à la robotisation.

Les nouvelles technologies ont modifié drastiquement le marché du travail. Cela ne va pas s’arrêter. Ce lundi soir, Georges-Louis Bouchez, délégué général du MR, réunira plusieurs personnalités pour proposer des idées sur la robotisation et la digitalisation de notre société. « Il n’y a aucun débat à ce sujet au niveau politique. C’est un problème : on a toujours 10 ans de retard sur les intellectuels et les industriels ».

L’agitateur d’idées montois fait trois propositions pour faire face aux profondes mutations qui nous attendent. « Je crois que l’emploi salarié va disparaître« .

Sa première proposition : revoir la fiscalité sur les robots et les appareils digitaux. « C’est un enjeu colossal. Il faut trouver une solution pour créer des taxes sur certaines machines. Pour cela, il fait regarder lesquelles peuvent être taxées sans freiner la croissance. Il faut le faire avec des appareils qui ne sont pas délocalisables et ne risquent pas de faire fuir les entreprises. Je pense aux caisses automatiques dans les magasins, comme chez Ikea, les bons de commandes à remplir en ligne sur Amazon, auparavant pris en charge par le vendeur, ou les distributeurs dans les pharmacies« , lance-t-il. « On ne peut se contenter de dire : ‘les robots vont prendre les emplois des gens, c’est comme ça.’ Ce serait catastrophique. Car moins d’emplois, c’est plus de dépenses de sécurité sociale, et moins de recettes pour l’Etat.« 

Deuxième proposition du délégué général du MR : mieux répartir la richesse issue de ces taxes, via l’allocation universelle. « C’est le point le plus important. Car désormais, des sociétés comme Google, Facebook ou Amazon peuvent créer de la richesse et de la croissance, tout en créant peu d’emplois. Je ne vois donc pas d’alternative à l’allocation universelle. Je l’imagine ainsi : 1.000€ par mois dès 18 ans, pour tous, et 1.600 € à partir de 67 ans. Car ce système remplacerait les allocations familiales, le chômage, les petits risques à l’hôpital. Tout cela serait supprimé.« 

Enfin, sa troisième proposition porte sur la personnalité juridique des robots. En résumé, il veut répondre à cette question : en cas d’accidents, pour une voiture sans pilote par exemple, qui est responsable ? Le propriétaire de l’auto ? Le constructeur ? L’assureur ? « L’Europe a déjà fait cette demande« , rappelle Georges-Louis Bouchez. » À terme, je pense que les compagnies d’assurance devront assumer les risques, mais il faudra qu’elles aient des garanties sur la fiabilité des machines.« 

Ce lundi, le Montois débattra et travaillera sur ces propositions avec Paul Jorion, sociologue qui avait annoncé la crise des subprimes et prévoit la disparition de l’emploi salarié, Hugues Bersini, professeur d’intelligence artificielle à l’ULB, et Laurent Hublet, conseiller du ministre Alexandre De Croo, en charge de l’Agenda numérique. Un petit aperçu de ce à quoi ressemblera votre futur ?

Adrien de Marneffe

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