LA TRANSMISSION DU SAVOIR A CHANGÉ DE NATURE, par Nicolas Lapétina

14 août 2011 par Paul Jorion | Print LA TRANSMISSION DU SAVOIR A CHANGÉ DE NATURE, par Nicolas Lapétina

Billet invité. La confrontation immédiate du savoir transmis par l’enseignant à celui présent sur l’internet, modifie-t-elle radicalement la nature de l’enseignement ?

Dans cette période de turbulence stratosphérique, il serait bon de se pencher sur l’Après. Tant il est de plus en plus évident, hormis pour nos édiles et Alain Minc, que le vent du boulet va en décoiffer plus d’un.

Une fois avérée la fin du système dans lequel nous évoluons, ou plus précisément nous claudiquons depuis déjà trop longtemps, il conviendra de se pencher sur une refonte générale de la société et pas seulement sur le plan monétaire. Oui, il y a bien plus que le système financier à réformer.

Enseignant vacataire à l’Université Montpellier II, il m’est donné depuis maintenant 8 années, outre le principe d’enseigner, d’observer et d’échanger avec une population étudiante en profonde mutation.

Mes étudiants ne sont plus ce qu’ils étaient. Point de nostalgie, juste un constat.

Je ne peux m’empêcher à l’instant où j’écris ces lignes, de faire référence au récent discours que déclama Michel Serres sous la coupole à propos des « nouveaux défis de l’éducation ».  « Ils n’ont plus la même tête » nous dit l’Académicien éclairé.

Force est de constater que nous, enseignants, n’avons plus la même résonance. Car de fait, le monopole de l’information ne nous appartient plus. L’information est partout, elle s’immisce dans le moindre ordinateur portable, s’embarque sur nos téléphones cellulaires. Et via Internet, se consulte, se vérifie dans l’immédiateté.

Il y a 8 ans, il y avait tout au plus 10% des étudiants qui prenaient leurs notes de cours sur un ordinateur portable. Aujourd’hui, cette proportion s’est implacablement amplifiée. Celui ou celle qui use encore de son stylo pour « prendre le cours » fait office de résistant, tel Le Dernier des Mohicans.

Non seulement, tout s’apprend, tout se consulte, sans nous. Mais bien plus important, tout se vérifie sans nous. Je parlais tout à l’heure d’immédiateté. La vraie révolution est là.

Si Internet n’a pas aboli l’espace, il lui confère une autre dimension. Le contenant est en open source, le contenu aussi. Et donc, un nouveau contenu se fait jour, plus riche, plus dense, fort de nouvelles interprétations.

Combien de fois ai-je vu des étudiants derrière leurs claviers, tout en m’écoutant, tout en saisissant le cours, ouvrir la fenêtre Google afin de constater par eux-mêmes si ce que je proclamais, était vrai, tout simplement. Alors quel rôle peut tenir un enseignant dans cette profusion d’informations ?

Celui de facilitateur d’accession à l’information. Ce sera plus sage, et plus modeste. Et là, le vrai travail commence, celui de direction et de redirection. Accompagner l’étudiant dans ce dédale, en s’adossant à nos propres expériences, celles que nous confère l’âge. Il y a des sujets sur lesquels nous n’avons – nous les profs – plus la main. J’ai personnellement renoncé à faire cours sur : L’Internet.

Je suis né en 1964. Ils sont nés pour la plupart entre 1991 et 1993. Presque vingt ans nous séparent. Pour ma grand-mère c’était déjà beaucoup, pour eux c’est colossal.

Si Internet fut pour moi, un chambardement, pour eux l’outil s’inscrit dans une logique d’ores et déjà banalisée. Ils le connaissent mieux que moi, le manipulent plus aisément que moi, et ils osent s’impatienter toujours et encore de la relative lenteur du système. Ils sont nés avec. Notre modestie dût-elle en souffrir, il faudra bien s’y faire.

Nous ne devons plus nous imposer comme ceux qui savent, les seuls qui savent. Mais bel et bien comme ceux avec qui l’on peut, avec qui l’on doit échanger. Pour que chacun d’entre nous grandisse à l’autre.

Je suis pour sûr, le seul professeur de mon département et peut être de toute la Faculté à faire noter de façon anonyme mes modules de cours par les étudiants en fin de session, et ce depuis 8 ans. Aucun de mes collègues ne m’a jamais emboîté le pas. La confrontation n’est certes pas une sinécure. Le refus par l’absence, d’une confrontation constructive, est une lâcheté.

Il faudra à certains enseignants une sacrée dose d’abnégation pour faire le chemin. Beaucoup n’y sont ni prêts, ni préparés. Qu’importe, c’est dans la nécessité évolutive que s’inscrira le changement ; comme toujours, et c’est commun à toutes les espèces. Et le pré-carré de l’enseignement, tout comme le monde de la finance n’y échappera pas.

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119 commentaires

  1. xian

    Une seule réponse:

    http://blogosapiens.typepad.com/isabelle_de_penfentenyo/2005/09/vos_enfants_ne_.html

    Il ne faut pas pour autant oublier les ainés en les laissant mourir dans la misère.
    Tout être a droit au respect..

    • Nicolas Lapetina

      Bien sûr, vous avez raison. C’est d’autant plus vrai qu’intégrer des « anciens » dans des équipes de travail notamment apporte indéniablement un plus au développement d’un projet quel qu’en soit sa nature.

  2. C.Grimal

    Certes, il y a chambardement internet, mais que cela transforme les professeurs en « faciliteurs d’accès à l’information » est une autre question. Nous ne donnons pas (ou pas tous?) essentiellement de l »information » Par ex., .ce serait quoi « l’information » en littérature française ? en philosophie? etc.

    • Nicolas Lapetina

      En philosophie, l’information ? C’est de faire connaître la pensée orientale, les nouveaux philosophes. Je parlais récemment avec un ami professeur de philosophie. On évoquait Platon , Aristote. Et puis je lui demandais ce qu’il pensait de Lao Tseu. Rien, il ne l’avait pas lu, pas plu que Confucius.

      • Awoui Lao Tseu c’est décoiffant pour les jeunes ça, à leur faire tomber le téléphone portable, c’est dire !

    • xian

      Une information est avant tout quelque chose de neuf.. Si elle est connue, elle n’est plus une information, du rabâchage, tout au plus.. (nécessaire, vu les pertes de mémoire ou la multitude d’humains).. L’information mobilise peu de moyens mais peut avoir d’énormes conséquences..

      • Pierre

        Il est quelques vielles informations qu’il serait courageux et opportun de rabâcher tous les jours……
        Ne méprisons pas les souverains poncifs.

  3. baillergeau

    Cette excellente analyse faite dans les administrations, les entreprises et…les familles donnerait sans doute les mêmes résultats. C’est affolant et passionnant à la fois, c’est par là qu’on va s’en tirer, si les petits cochons ne nous mangent pas !

  4. HP

    L’accès instantané à l’information, à la multitude d’informations du web, via un petit appareil qui tient dans la poche, c’est certainement une révolution, comme le fut autrefois l’imprimerie.
    Le même appareil qui inquiète les dirigeants quand il y a des émeutes parce qu’il permet à chacun d’être prévenu et de faire masse, en vue d’une révolution politique?

    Il y a eu un saut technologique avec l’invention du transistor permettant la miniaturisation de l’électronique et l’informatique, je pense qu’on est en train de vivre un saut culturel avec la communication immédiate sans fil vers le monde virtuel, et spécialement avec les réseaux sociaux.

    Une nouvelle forme de relations humaines, de nouveaux rapports à l’argent après l’effondrement en cours du monde financier et monétaire mondial, une nouvelle façon d’envisager le mode de vie de la société après la disparition, déjà bien commencée, de la pensée productiviste insouciante : on vit une époque très spéciale, comme une fin de l’empire.

    • HP
      Effectivement, un petit débroussaillage est nécessaire pour ces jeunes qui comptent 500 « amis » sur facebook (bientôt les 30 millions d’amis ?) et en moyenne 4000 messages (c’est vrai) non lus dans leur messagerie. Le terme « ami » d’ailleurs, par le truchement de fessebook, est à débattre…

  5. Lectrice assidue

    Certes l’internet permet un accès direct et instantané à une masse d’informations toutefois cette dernière n’est pas systématiquement bien interprétée, transmise ou acquise.

    Rien qu’en regardant mes enfants, je constate qu’il faudra bel et bien toujours des enseignants ayant l’expérience car la profusion d’informations ne remplacera jamais cet acquis de la vie. Certains savoirs ne peuvent se transmettre par la technologie.

  6. Tigue

    Une expérience intéressante avec une liste de diffusion professionnelle d une 50 aine de Mails :
    Celle ci était vivante, réactive, il est apparu Grace a la réactivité (faible latence) de l’ outil l émergence d une sorte de « cerveau collectif ».
    Des problèmes techniques apparurent : latence très augmentée, réception des demandes de modération décallées dans le temps en fonction des différents modérateurs , décalage logique entre les posts et leurs réponses…
    Je me suis rendu compte a posteriori que nous étions vraiment capables de penser a plusieurs sur un problème, avec une potentialisation des propositions allant dans le même sens, une certaine synergie, toutes ces fonctions etant alterées par la maladie ayant reduit la vitesse de transmission montante et descandante ce qui signifiait que le terme  » cerveau collectif » était assez adapté pour désigner cette chose.

    Si comme je l’ imagine, ce temps de latence peut etre encore réduit ainsi que le temps de saisie (effecteur Vocal), le décoiffage risque d etre encore plus important.

    Comment qualifier et mesurer le gain individuel et collectif Apporté par ce cerveau collectif ? Il ne semble pas linéaire quantitatif ( on peut saisir une complexité qu on n aurait pas pu saisir autrement ), il est certainement qualitatif ( on peut saisir les différentes facettes d une complexité Grace aux autres regards ).

    Ce qui est sûr, c est que si gain de productivité il y a, il sera absorbé immédiatement par le trou noir de la dette. Alors utilisons ce cerveau pour faire autre chose : nous comprendre.

  7. pierrot123

    Quitte à enfoncer des portes bien ouvertes:
    Il est sûr qu’Internet sera, est déjà, une révolution de plus grande conséquence que ne l’a été l’imprimerie.
    La force prodigieuse de cet outil (l’ instantanéité plus la totalité…) est encore à évaluer…

    • Nicolas Lapetina

      Vous ne croyez pas si bien dire. Je suis petit fils, fils d’imprimeur. Et moi même ex imprimeur. Le jour, et il y a déjà longtemps, où j’avais dit à mes confrères que nous devions passer à la micro informatique : la PAO pour saisir et mettre en page. Ils furent incrédules. Quand j’ai dit à des commerçants de centre ville qu’avec le développement exponentiel de l’achat en ligne, bientôt ils devraient fermer leurs boutiques, ils ont toussé. Quand P Jorion demande à nos dirigeants d’arrêter le massacre, l’écoute t’on ?
      Le mur de Planck reste une énigme. Le mur dans lequel nous sommes aujourd’hui est une réalité.

  8. Omar Yagoubi

    « Quand l’élève est prêt, le maître apparaît » dit-on, je pense que si les vecteurs de choix, de savoir distinguer les choses sont plus aisés grâce au net, l’homme me semble indispensable pour la parcelle de chair qu’il amène au savoir. Ceci dit, la mise en réseau de savoir partiel pour en faire un corp inattendu, ça me plaît aussi, c’est nouveau. Mais rien ne vaut un bon Maître.

    • auguste

      « . Mais rien ne vaut un bon Maître. »
      Je disais récemment a ma Notaire qu’elle devrait tirer les choses au clerc.
      Je n’ai pas de nouvelles depuis .

    • furby

      A l’hôpital, les malades arrivent avec leurs symptômes, le diagnostic de leur maladie et le traitement….mais deux mains qui auscultent, un regard qui vous interroge et des oreilles pour écouter « internet » n’y arrive pas…l’humanité appartient à l’humain. C’est notre seul « capital » imprenable. Bien à vous. France Furby

  9. Rantanplan

    Il faut quand même mettre un bémol à ce qui est énoncé dans l’article. La qualité des informations sur le net est bien des fois décevante.
    De plus peu de sites permettent d’avoir une information d’une réelle profondeur. Internet c’est bien pour de l’information simple et immédiate pour le reste il ne faut pas trop compter dessus…

  10. hervé27

    Il y eut l’oralité, la trace écrite, bienvenue maintenant dans le monde du flux.
    Il faudra à l’avenir savoir qui le crée et dans quel but.

  11. claudine

    Mais que se passerait-il si cette technologie disparaissait ou n’était plus accessible pour x raisons (réduction de la consommation énergétique, raisons économiques ou politiques)? Ne sommes nous pas trop dépendant d’Internet?

    • J-philippe

      Bonjour,

      Claudine, je ne serais pas surpris que vous disposiez d’une réponse par les faits dans les dix ans qui viennent, si ce n’est avant …
      Mon pronostic : A ce moment là, tout le monde s’en fichera, de la disparition d’internet …

  12. Anne-Laurence CHABRUN BURTE

    Je vous trouve bien pessimiste. Mais peut être est ce que je suis née en 48, et que, né en 64, la vie vous a formé différemment .
    Les profs n’ont jamais eu le monopole de l’information que ce soit par le biais d’internet ou d’ailleurs, des livres, de la télé, des parents, des coquins et des vilains.
    Aucun élève, aucun étudiant n’a jamais simplement gobé, tout au plus s’est il conformé à ce qui était exigé pour obtenir son examen.
    Ce qui a changé, mais cela date de bien plus loin, c’est la disparition de l’aptitude à une curiosité autonome qui se donnerait le temps : Il faut tout connaître vite, accumuler, accumuler, les savoirs, les sources, la tendance et surtout la stratégie pour réussir.
    Une plante germe, pousse, fleurit et défleurit en quelques instants grâce aux accélérés d’images . Il y a longtemps que ces images ont remplacé, je ne dirai même pas les « leçons de choses », mais simplement le regard authentique qu’un individu porte sur ce qui l’entoure.
    Le temps d’apprendre, de sentir, de réfléchir, de s’apprivoiser, a disparu.
    Alors en effet, la contestation, l’absence de confiance, ne tient plus de la réflexion ou de l’intuition, mais de l’accumulation des arguments trouvés ici ou là.
    Pire encore, la seule sélection par les maths formatent même ceux qui par miracle ou par famille auraient échappé à cette course.
    Qui est brillant voire un peu artiste, doit abandonner sa peinture et sa musique ,son grec , son latin, ses poésies, pour réussir polytechnique.. et se retrouve finalement à bidouiller dans une banque. Pas d’autre issue pour les matheux malins.
    Les esprits les plus brillants ainsi sont raptés, formatés et rendus à la norme .
    Et comme ils sont néanmoins restés un peu brillants, ils jouent, ils jouent enfin, et se moquent du monde et le font craquer.
    Tels les petits enfants qui se doublent, se bousculent et courent pour glisser-plus vite et surtout plus de fois sur le toboggan, plus de fois que quoi ?, quitte à blesser ou à être blessé.
    Ne pensez vous pas que cette accumulation de données à collectionner vite vite sur internet a quelque chose à voir avec l’accumulation d’objets qui sont offerts aux tous petits, histoire de leur faire oublier qu’on n’est pas trop là pour partager une vie avec eux?
    Car enfin, lire une recette sur internet donnerait l’expérience, le savoir faire acquit en regardant tranquillement une grand-mère ou un père cuisiner ?
    Et pourtant, il suffit parfois qu’un accident, qu’une rencontre fasse ralentir le pas et comprendre que les données sont éphémères, sans cesse revues et corrigées parce qu’un jour fausses.
    Un enseignant qui sait, car forcément il sait, sait plus en tous cas, mais qui montre qu’aussi il doute, laisse la place à la curiosité, à l’initiative et à l’esprit de ses élèves.
    C’est cette rencontre là que le professeur permet,.
    Je vois bien qu’il se prépare plutôt des classes de zombis contrôlés par ordinateurs, qui n’auront bientôt plus que des cours à l’écran. Pourquoi les professeurs acceptent ils que leurs cours soient filmés et mis en ligne?
    A nous tous de nous battre pour que cette chose là n’arrive pas.
    Car à force de regarder son guidon, le coureur ne voit plus la route.

  13. Pierre

    « Dit papa, c’est quand qu’on va où ? »
    C’est la conscience d’un but commun qui se désigne un guide « temporel »..
    Plus la bibliothèque est riche et vaste, plus le besoin de guides multiples et complémentaires se fait sentir.
    La mondialisation nous impose un temps unique et commun alors que nos « réalités » sont des temps multiples greffés sur des cycles naturels immuables……..

    Pauvres petits soleils mortels perturbés par nos lunes, que nous sommes !

    Triste constat, que l’on maîtrise inter-net ou tout simplement la lecture ou l’écriture « l’ascenseur social » est toujours aussi désespérément en panne :
    - 1960, 1% de fils d’ouvriers sortent de l’université avec un diplôme.
    - 2010, ………… 1% de fils d’ouvriers sortent de l’université avec un diplôme.

    Grâce à internet, ils sont au courant…….
    Ils ont aussi vu, comme beaucoup d’enseignants les « conférences gesticulées » de Frank Lepage……
    Le prof écran de chez Gogol- Coca-Lagardère, c’est aussi pour 2012 !
    La fin d’un monde est programmée……

  14. lucien lerouffe

    « Nous ne devons plus nous imposer comme ceux qui savent, les seuls qui savent. » si j’étais un professeur je serais indigné à la lecture de cette phrase. « Quand je me lève le matin je me réjouis d’aller prendre des leçons. Tout un système dont je ne fais pas partie menace donc de s’écrouler? Tant mieux!!! »

    Mais les profs d’une autre génération ont certes vu « Le cercle… » étant petits et se prennent sans doute un peu trop pour Monsieur Keating.

    Autre chose révoltante, pas une seule épreuve qui compte un volet numérique aux concours enseignants. Mais à qui la faute? Qu’importe. Le corps enseignant écrit avec le pied droit et a l’autre dans la tombe.

    Ils préfèreraient sans doute des brouilleurs de wifi et de réseau de portable dans l’enceinte des établissements, comme dans les prisons et comme James Cameron voudrait couper twitter aux gosses des quartiers Londoniens.

    Pour terminer, se faire noter par ses élèves, c’est complètement ridicule, autant que de les noter eux. La dérive a eu lieu sur des sites internet qui ont illico été interdits. Tout ce manège fait partie de la « comédie éducative » qui n’est qu’une manière de discipliner les foules de manants.

    • blob

      >Lucien Lerouffe

      vous dites:

      Autre chose révoltante, pas une seule épreuve qui compte un volet numérique aux concours enseignants. Mais à qui la faute? Qu’importe. Le corps enseignant écrit avec le pied droit et a l’autre dans la tombe.

      C’est faux: désormais, il y a désormais une épreuve (largement pipeau, je dois l’admettre…) d’informatique à tout les concours de l’EducNat.

      Mais il y a aussi une épreuve (sérieuse) d’informatique à l’agrégation de mathématique.

      Avant d’affirmer de façon péremptoire des erreurs, vérifier vos information… En allant par exemple sur les sites de l’éducation nationale pour vérifier le type d’épreuve passées par les enseignants.

    • Nicolas Lapetina

      Mais je vous rassure, ils sont indignés. Je suis un professeur vacataire, c’est à dire un professionnel (dirigeant d’entreprise) avec son expérience et qui enseigne ce qu’il vit au quotidien. C’est bien toute la différence entre eux et moi.
      Il y a quelques années par le biais du Centre des Jeunes Dirigeants, nous avons proposé aux profs de l’Éducation Nationale de venir s’immerger dans nos entreprises. On les attend toujours.
      Un jour que je faisais un exposé en amphi à l’occasion d’une Assemblée Générale suite à un mouvement de grève, une prof à littéralement débranché le micro afin que l’on ne m’entende plus. La liberté de pensée est à sens unique, il faut le vivre pour le croire. A priori, vous n’enseignez pas. Dernière chose, sur la notation des profs, quand on a rien à se reprocher, on a rien à craindre.

      • Nicks

        @Nicolas

        Ah bon, rien à se reprocher, pas d’inquiétude ? Vous ne devez pas connaître Mac Carthy…L’enseignement n’a rien à voir avec une logique d’entreprise et ne doit en aucun cas s’en rapprocher. Il doit donner les clés de la réflexion et de l’autonomie intellectuelle, pas former des agents économiques axés uniquement sur le caractère rentable d’un cursus comme c’est de plus en plus le cas.

        Vous avez bien entendu le droit de soutenir une vision néolibérale de l’Education mais ce serait assez honnête de l’afficher…

      • lucien lerouffe

        Schoolchildren can learn complex subjects on their own
        August 15, 2011

        Educational researchers at the Technical University of Munich (TUM) have found that schoolchildren can independently develop strategies for solving complex mathematical tasks, with weaker students proving just as capable as their stronger classmates.

        La maïeutique ne date pas d’hier.

        Si actuellement, note=reproche=crainte, dans le monde où vivront nos enfants, on corrigerait peut être le terme de « note » par le terme de « score » (comme dans pacman) afin de les encourager à s’améliorer au travail en tirant partie de la théorie des jeux. Les cours pourraient se transformer en MMORPG coopératifs où les élèves plus forts s’améliorent d’aider les plus faibles. Car un professeur n’est il pas un fort qui s’épanouit d’aider un plus faible dans un jeu à somme non nulle largement positive?

        Ce que je voulais dire n’est pas faux en soi. L’internet, l’informatique, qui comprend entre autres la gestion de réseau, la maîtrise des traitements de texte, tableurs et les bases du white hat hacking, en bref le minimum vital pour survivre dans la jungle numérique, sont largement absents aux concours alors qu’il faudrait qu’une connexion à l’internet soit le support incontournable des épreuves. Avec les réformes de l’enseignement on envoie les jeunes profs au charbon sans tutorat pour faire des économies… Ce qui a causé des démissions en pagaille. On parle dans l’article invité de l’enseignement comme un métier consistant dans désormais en la « redirection ». On peut parler ici de redirections 404.

        Quel enseignant du futur sera capable de tirer ses élèves de ces déserts numériques infinis où savoir utiliser facebook, twitter, les blogs skyrock, la pornographie et les MMORPG, constitue des jeux à somme à peu près nulle

        Il s’agit d’apprendre à mettre ses élèves sur la voie du savoir infini qui consiste à savoir approcher d’une réponse claire à un problème qui se pose dans le monde réel en utilisant un moteur de recherche, ce qui constitue un jeu à somme non nulle positive.

      • blob

        >Lucien Lerouffe

        Allez, puisque ça ne passe pas en étant gentil, je recommence: vous dites des couillonnades parce que vous n’avez même pas daigné googoler pour vous renseigner sur les conditions EFFECTIVES des concours de l’éducation nationale.

        C’est bien la peine de venir faire la leçon aux professionnels du domaine si vous ne savez pas appliquer pour vous même votre méthode dans un cas concret…Modalité concours second degrès SIAC2

        Tout ça pour dire qu’entendre des gens avoir de belles idées sur l’éducation nationale mais ne pas daignant se tenir au courant de ce qui se fait effectivement dans l’éducation nationale, c’est un peu le lot de tous les enseignants quelques soit leur niveau.

    • « Ils préfèreraient sans doute des brouilleurs de wifi et de réseau de portable dans l’enceinte des établissements »
      « préférer » je ne sais pas mais ce serait super oui. Et quand ils ajouteront au mobile les tuyaux dans le nez pour les odeurs on aura les martiens pur jus.

    • Cécile

      à Lucien lerouffe
      il y a une maîtrise basique de secourisme et une maîtrise basique du numérique exigées pour l’inscription au concours IUFM
      cela en plus du master depuis cette année,
      (lequel master demande de savoir écrire un mémoire, construire un diaporama pour le présenter à l’oral )

      merci d’essayer de ne pas commencer par médire, avant d’écrire

  15. 20100

    Pour moi, internet se singularise part l’outil qu’est le ‘ Forum de Discutions ‘.
    Donc l’outil ‘ Blog ‘ est un digne héritier.

    l’aspect de publication mondiale, gratuite et instantané de l’information est à développez.
    notamment par toutes personnes en charge des biens communs comme a la BCE.

    — — — Concours — — —
    Qui trouvera un document récapitulant les 10 premiers bilans de la BCE, lisible et compréhensible par tous, avec schéma et 1 a 3 pages par année ?
    Dans quelle poche est tombé la création monétaire annuelle, combien sont passé devant nos élus direct ?
    Avec internet on dois pouvoir avoir des réponses simples, faut t’il lancer un atelier pour ça ?

  16. Eomenos

    Rien de neuf sous le soleil, cela confirme le vieux dicton : le voyage est plus important que la destination. Le mot « important » possède ici toutes ses acceptions.

    Juste une crainte qu’adviendra-t’il de nous pauvres mortels lorsque les machines balbutiantes d’aujourd’hui auront été remplacées par des robots tout à la fois meilleurs et plus véloces que nous tant en réseaux qu’en (et peut-être surtout) en volume, immédiateté et profondeur des savoirs?

  17. DocBB

    Comme si seul l ‘enseignement était boulversé! Toutes les relations d:autorité du savoir sont bousculées par internet, je suis médecin et il n’est plus un jour sans qu’un de mes patients ne m’explique comment je dois le soigner !
    Le propos est déstabilisant ! Il faut savoir prendre la balle au bond, réexpliquer, balancer notre décision a l’ausne de l’expérience et de la méthode scientifique, et argumenter sur des chose qui nous paraissaient s’imposer.
    Ce qui est frappant c’est la modification du contenu du web : il m’est impossible de trouver rapidement un détail , une technique, une précision sur une pathologie sans devoir passer en revue des kilomètres de commentaires,inutiles pour moi, et d’opinions sur les forums.
    L’illusion du partage du savoir est la : il reste réservé a ceux qui peuvent trier le bon grain de l’ivraie.

  18. jck

    Le principe du cours magistral, je trouvais déja ça anachronique après l’invention de la photocopieuse, mais avec internet ça en devient comique. Question à l’auteur, pourquoi ne pas donner à vos étudiants une adresse internet avec votre l’ensemble de vos cours?

    • Nicolas Lapetina

      A l’issue de chaque séance, je transmet par e mail et sous 48 heures le cours que j’ai fait.

    • GL

      Pour une part importante on apprend en imitant.

      C’est évident pour les connaissances pratiques (demandez vous comment vous avez appris à utiliser un clavier ou à utiliser un ordinateur et tout ce que vous avez appris de la conduite automobile avant de vous rendre pour la première fois à l’auto-école.) C’est moins évident mais probablement vrai aussi pour les connaissances théoriques.

      La présence d’une centaine d’étudiants dans un amphi sert d’abord à montrer à chacun d’eux que ce qui y est enseigné doit être appris (le plus souvent appris ailleurs plutôt que de la bouche du prof, pour des raisons pratiques.) Une question que les étudiants se posent en permanence est de savoir si le prof croit à ce qu’il raconte et y attache de l’importance: je n’ai jamais assisté à un cours d’économie mais ça doit être rigolo!

      L’énorme avantage qu’ont les enfants dont les parents on fait des études est qu’ils ont plus d’occasions de savoir quelles connaissances sont utiles et comment on s’en sert, chose qui ne s’apprend pas à l’école et peu à l’université.

      • GL
        « Une question que les étudiants se posent en permanence est de savoir si le prof croit à ce qu’il raconte et y attache de l’importance »
        Bien plus que ça, ils ont besoin que la personne en ait dans le ventre. Du savoir qui fait partie de l’expérience et de la pratique. C’est ce mélange qui les intéresse et sur quelle philosophie tout ceci est basée. Le cours magistral expose davantage ; il engage.

    • Selon les sujets, j’enseigne soit par cours magistral, soit à l’aide d’un cours photocopié (qu’il FAUT commenter…). Les évaluations par les élèves que je leur demande en fin d’année montrent qu’ils préfèrent de loin la transmission orale, gestuelle, etc… que donne le cours magistral. L’enseignement est très divers, les généralisations dangereuses.

  19. valuebreak

    ce qui nous amène à la productivité du corps enseignant …

    si mr Lapétina a l’intelligence de reconnaître qu’un prof efficace aujourd’hui c’est un répartiteur et un modérateur, il pourra peut être tirer les conclusions de sa pertinente observation : nous n’avons plus besoin aujourd’hui d’autant d’enseignants que naguère ….

    • Nicolas Lapetina

      Moi ce n’est pas mon métier. Je suis vacataire. Chef d’entreprise apportant sa modeste expérience vécue au quotidien. Le métier de prof est à repenser. Ils s’y refusent, mais pour combien de temps ?

      • olivier

        « Moi ce n’est pas mon métier ». Tout est dit. Vous êtes cerné.
        « Le métier de prof est à repenser. Ils s’y refusent »: C’est votre petit monde d’entrepreneurs soutenus par mes impôts qui doit se remettre en cause. Il me semble que depuis trente ans on n’a pas vu émerger en France un grand entrepreneur qui serait devenu milliardaire à force d’innovations, d’inventions ou d’idées brillantes… Au lieu d’avoir des idées sur le métier des autres, commencez par nous épater en exerçant le votre.

    • Cher ami,

      Après ce commentaire d’une brillance aveuglante, que les grands « penseurs » de droite vous envieraient s’ils ne l’avaient déjà proféré mille fois, je ne peux que conclure que vous, vous connaissez ce métier, et vous le pratiquez, et en plus dans de vraies écoles, et non pas dans l’une de ces écoles privées où on envoie uniquement des enfants privilégiés qui bénéficient après journée soit de la présence de la mère au foyer dans la plus pure tradition d’enfermement catholique, ou du précepteur qui fait revoir les leçons…

      Sinon, je vous conseille de prendre vos petites affaires, et de vous lancer dans la carrière en commençant par un lycée professionnel dans une banlieue d’une ville auparavant riche de son industrie sidérurgique. Faites-y moi déjà un an, et après, nous en reparlerons.

      • Nicolas Lapetina

        Décidément, vous ne comprenez rien. Cela dit ce n’est pas surprenant. Je n’ai rien à voir avec un patron du Cac 40. Je travaille 60 heures par semaine et parfois plus, pour même pas le Smic. Et en prenant tout les risques. La dure réalité des TPE, n’a rien à voir avec le confort des grandes sociétés. Le raccourci avec les grands patrons c’est le discours rémanent de la CGT. C’est tellement pratique.
        La différence, c’est que votre métier, nous vacataire nous venons l’exercer, ou tentons de le faire. Notre métier d’entrepreneur, quand on vous propose de vous y intéresser par immersion temporaire en entreprise. Il n’y a personne à l’appel, et ce n’est pas faute d’en avoir fait les démarches officielles par le biais du Rectorat en son temps.

  20. un vieux prof.

    La transmission du savoir à changer de nature, je dirais que le savoir est une chose,l’information en est une autre…Les nouvelles générations sont peut-être très informatisés et formatés, mais pour ce qui touche le savoir et les connaissances de fond, je trouve ces nouvelles générations complètement sans intérêt, même moche physiquement, souvent lourd, gras et complètement fermé au monde extérieur et à la nature, particulièrement en occident…Enfin l’informatique plombera l’homme c’est évident, si ce n’est déjà fait.

    • FOD

      Waouhhh!! Je ne sais pas si l’informatique nous plombera, mais vous, vous l’êtes.
      Votre « misojuvénie » et votre pessimisme sont terrifiants.

      Pour vous aider à mieux comprendre la révolution en marche et sortir des jugements à l’emporte pièce, je vous recommande de visionner cette conférence de Michel Serres, un autre vieux professeur.

      http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive

      • lucien lerouffe

        C’est très intéressant sociologiquement. D’un côté voilà pourquoi les babyboomers ne sauveront pas leurs petits enfants de la crise. Ils préfèrent quelquefois claquer 10000€ dans une croisière autour du monde que de les aider à financer leur logement… Et de l’autre, voilà pourquoi se prépare un mur tsunami des retraites…

        En France, je pense que la révolution 2.0 du peu de jeunes qui reste sera éteinte par la révolution en déambulateurs et bas de laine de napoléons.

  21. Fab

    Bienvenu Nicolas. La tâche qui t’attend dans ta branche est énorme, nous le savons, mais chacun d’entre-nous a accepté cette difficulté. Bon courage, et tiens-nous au jus.

  22. kercoz

    Le savoir et sa transmission sont des « zones de pouvoir »….les anciennes zones minées etaient connues et étudiées et pour certains et certaines « déminées »…..mais les nouvelles sont encore a déminer . Si l’informatique /NET permet de réintroduire de la complexité dans le système (comme le rond point) , et par là de booster les interactions , ils induisent de phénomènes comme l’endogamie de l’info et le communautarisme , encore mal étudiés …Une des règles fondamentale de nos systèmes et de ses structures etait l’unité de lieu et de temps , comme au théatre …et abandonner ces règles qui ont formaté le couple individu groupe ne peut aller ans risque.
    Il ne sagit pas de combattre un fait inéluctable (si la pénurie d’énergie l’ autorise) , mais de rester lucide en etudiant l’avers de la piece.

  23. Dissonance

    Billet qui me laisse perplexe ainsi que certains commentaires à sa suite. On nous y parle de la révolution internet comme d’un fait inéluctable, comme si la chose était installée dans le temps et dans l’espace aussi certainement que la contamination radioactive dans le sol et les eaux de Fukushima… Oblitérant ainsi qu’une simple pénurie d’électricité suffirait à faire disparaître l’ensemble corps et biens. Devant les temps de disette qui s’annoncent, il ne me semble pas inopportun de rappeler ce genre de faits élémentaires.

    Par ailleurs, de quel internet parlons-nous? Si l’on s’en réfère à un certain Benjamin Bayart (dont je vous conseille vivement de visionner cette conférence), cette avancée majeure que nous aurait léguée la fin du 20ème siècle se muterait progressivement en une authentique régression nous replongeant à l’orée des années 60, sous les effets conjugués d’une écrasante majorité de ses acteurs principaux. Pour reprendre la phrase choc du conférencier, ce que la plupart d’entre nous appelons l’internet n’est en regard de ses modèles technique, économique ou juridique, qu’une forme évoluée du minitel, à l’opposé de ses canons originels.

    Et l’enseignement, dans tout ça? L’internet pourrait bien annoncer la fin de l’ère des savants assénant leur cours comme une doctrine, ce qui mettrait fin à une période longue de plusieurs siècles au minimum, Descartes témoignant déjà de ce genre d’errements en son temps. Mais encore faudrait-il que la réalité décrite sur l’internet soit plus légitime que l’ancienne… Or, ce n’est pour l’heure qu’un incommensurable fourre-tout dans lequel les travaux les plus rigoureux côtoient les plus odieuses malfaçons, sans rien qui permette de les distinguer a priori, sinon le jugement de tout un chacun.

    On se remémorera à ce propos de l’exemple laissé auparavant par la télévision et ses effets… Imaginez donc des étudiants éduqués à la sauce TF1. Pas très brillant, si? Un enseignement laissé à la seule discrétion de « l’internet » tel que nous le connaissons actuellement pourrait malheureusement bien comporter un tel risque de dégénérescence.

    Enfin, pour ce qui est du cerveau collectif, idée vaillante sur ce blog, on pourrait en faire la synthèse psychologique en parlant d’inconscient hyperbolique: A l’inconscient de chacun des individus qui le constituent, il faut encore ajouter la part consciente mais non-dite dans chacun des discours tenus, dont les autres intervenants n’ont par construction pas nécessairement connaissance.

    Il y a eu ainsi quelques exemples remarquables ici-même de personnages revêtant l’apparence de l’impartialité mais s’ingéniant en sous main à prêcher pour leur propre paroisse, la réussite ou l’échec de leur entreprise étant directement proportionnelle à la subtilité de leur démarche (je préfère ne pas citer de pseudos…). La maxime socratique « connais-toi toi-même » était déjà devenue problématique une fois mise en lumière par Freud, mais que dire alors une fois ceci porté dans sa dimension collective?

    L’exemple du fonctionnement de nos démocraties représentatives nous donne l’une des réponses probables: Le (cerveau) collectif est de ce point de vue fragile, instable, ou encore incohérent. Notamment, il est particulièrement sensible aux tentatives de manipulation de toutes sortes, qu’il s’avère totalement incapable de déjouer: Ayant trop d’injonctions contradictoires et parfois non-hiérarchisables à gérer, il se retrouve paralysé.

    • Loic M.

      Internet : oui une revolution moderne qui aneanti distance et temps et met a disposition des quantites enormes d’info
      MAIS Internet n’est ni une panacee ni un outil reel de liberte ni le remplacant de l’enseignement
      (je plussois Dissonnance)

      contrairement a l’imprimerie qu on ne put jamais vraiment controler (les Samizdat sovietiques le prouvant encore ou XXie s), Internet a ete developpe POUR/PAR l’ARMEE US et passe par des serveurs ou TOUT peut etre CONTROLE
      Les recentes restrictions/ou mesures de retorsions liees a l’utilisation d’internet… de Londres a la Chine en passant par l’Egypte , le prouvent s’il en etait besoin : c’est un outil a double tranchant, beaucoup plus aiguise du cote des tenants du pouvoir.

      Je rappelle que les moteurs de recherche ne sont pas des robots neutres, candides et bienveillants ( en payant et en developpant les outils idoines on peut se retrouver en tete de liste)
      Quant-au contenu il ne peut remplacer l’enseignement car la profusion d’informations de qualites et provenances tres disparates compliquent la tache en absence de hierarchie qualitative.
      Le contenu est virtuel, pas conserve et surtout ne remplace en rien l’experience vecue (images et video ne sont que mirages et chimeres)

      De plus tout ceci n’est pas si leger et virtuel que cela; il est necessaire de faire fonctionner 24h sur 24 des milliers de super-serveurs qui consomment des quantites d’energie enormes,
      Il est indispensable pour l’utiliser de disposer d’ordinateurs remplis de produits toxiques, de terres rares qui vont bientot manquer … tout ceci fabrique par Foxconn et autres esclavagistes de Chine qui interdisent a leurs employes de se suicider !
      + un reseau haut debit, donc des cables, relais, emetteurs, fournisseurs d’acces :

      Internet est un outil typique de la societe pseudo post-industrielle : extremement complexe/fragile et gourmand en energie, infrastructure, matieres premieres et donc absolument pas durable !

      alors oui cela semble magique et facile au quotitdien mais c’est un outils piege et en danger dont il ne faut surtout pas devenir trop dependant en ce debut de periode troublee

      • Tigue

        Il ne faut pas vous prendre la tête pour l’ empêcher de de développer…

        http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/fondamental/20090911.OBS0857/le-cerveau-optimise-sa-consommation-d-rsquo-energie.html

        On peut s’ attendre a ce que le cerveau collectif atteigne une telle consommation d’ énergie, on y est pas encore.
        Quand on voit ce qui est découvert sur le fonctionnement du cerveau humain, on peut tout imaginer sur ce a quoi va etre affectée l’ énergie de demain, sur sa répartition…. Ce qui est intéressant c ‘ est de de demander au détriment de quoi cette énergie va etre puisée…

        http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=21623

        L’ enseignement bien assis sur sa chaise a des soucis a se faire en effet (sans même parler des économies budgétaires aspirées par les intérêts de la dette)
        Mais le professeur ne saurait se mettre plus bas que l’ élève, il doit être celui qui rassure et qui donne les outils pour construire la connaissance, à celui qui peut les recevoir avec gratitude. Si le professeur de comporte ainsi et que l’ élève ne le respecte toujours pas, il ne mérite pas les efforts fournis en se comportant comme un parasite qui empêche les autres d’ avancer (par simple malveillance ou frustration parfois). Il ne mérite en tous cas certainement pas que l’ on s abaisse a son niveau en abandonnant les autres.

        La grande difficulté du professeur est de distinguer les malveillants de leurs victimes.

      • GL

        Internet a ete developpe POUR/PAR l’ARMEE US et passe par des serveurs ou TOUT peut etre CONTROLE

        Internet a été offert par l’armée aux chercheurs universitaires qui l’on développé en accord avec leur manière de contrôler les échanges (très différente de celle mise en place avec le Minitel !)

        Ensuite Internet a été détourné par les étudiants (bricolage: le modem acoustique) pour échanger des photos de femmes à poil et la solution du prochain devoir à rendre. Après ça se complique mais, par exemple, le fait que les même tuyaux puissent servir à distribuer la télévision n’élimine pas forcément ce qu’il y a de nouveau dans Internet…

      • Papimam

        @Tigue
        Dans la remarquable série d’été  » Les labos du futur », le Monde publie le 12/8 « Aux sources de la conscience ».
        « Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Prise de décision, action, émotions… Comment les différentes propriétés du cerveau émergent-elles ? Si elle trouve, l’université dirigée par Patrick Aebischer aidera à la compréhension de maladies neurologiques. Et deviendra incontournable. »

        Les recherches sont menées par l’équipe de 50 chercheurs, dirigée par le professeur Henry Makram et il est rejoint par 12 institutions de recherches européennes.
        Objectif pour 2023 : comment est structuré notre cerveau et comment fonctionne t’il :
        perception, action, émotions, prise de décision, langage, ……
        100 milliards de neurones à décrypter, colossal !
        Le charismatique Président d de l’université, Patrick Aebischer reste modeste
        « Nous voulons juste comprendre. Quelles sont les grandes questions scientifiques qui restent à résoudre ? Coté cosmologie et astrophysique : où se situe la Terre ? D’où vient t’elle ? Dans les neurosciences : comment à partir de ce truc qui ressemble à du yaourt, le cerveau humain, la conscience émerge t’elle ?

        Nul doute que j’interrogerais à ce sujet chaque matin au petit déjeuner mon pot de yaourt

        http://bluebrain.epfl.ch/

    • Tigue

      A Dissonance,

      Bien vu.
      Si on pousse le raisonnement, ce cerveau pouvant « éprouver » de la joie et la transmettre (voir billet sur Claire), il peut aussi « éprouver  » et transmettre d’ autres sentiments (colère, indignation, révolte…).
      Tout ceci est bien réel, tout aussi réel que l’ air ou l’ eau ou la chair : les vélociraptors qui coopèrent dans la chasse du troupeau ne me contrediront pas.

    • André

      @Dissonance 15 août 2011 à 08:33

      « Enfin, pour ce qui est du cerveau collectif, idée vaillante sur ce blog, on pourrait en faire la synthèse psychologique en parlant d’inconscient hyperbolique: A l’inconscient de chacun des individus qui le constituent, il faut encore ajouter la part consciente mais non-dite dans chacun des discours tenus, dont les autres intervenants n’ont par construction pas nécessairement connaissance ».

      Je suis heureux qu’il y ait quelqu’un qui aborde, enfin, cet aspect de la « vie » des blogs.
      Je ressens, en effet, un malaise et une réticence, grandissants, à lire ou, du moins, à réagir aux commentaires publiés, pour la raison que je vais tenter d’expliquer (je vais paraître confus, mes idées là-dessus n’étant pas encore bien fixées) .

      Derrière les pseudonymes des commentateurs, je ne sais pas vraiment pas (généralement pas) à qui j’ai affaire (homme-femme ? ; âge ? ; profession ? ; état civil ? ; intérêts (en dehors de celui porté au contenu des billets publiés) ? ; hobbys ?; représentation(s) – intention(s)- affect(s) dominant(s) ? etc… ? Ce qui fait que, souvent, je me pose la question de savoir « Mais pourquoi, tel(le) ou tel(le) dit ceci ou cela ? ».

      Dans une relation « en-face-à face » avec autrui, et pour autant qu’elle soit durable et « multi- dimensionnelle » (par ex. dans une organisation militante qui peut générer des amitiés intimes), ce genre de questions ne se posent généralement pas, ou, si elles se posent, elles trouvent leur réponse dans le fait que je connais bien mon interlocuteur dans tous (ou du moins les plus importants) aspects de sa personnalité, et que je peux alors me dire (et lui dire) « Bah ! S’il dit (tu dis) cela, c’est parce qu’il y a ceci » : et généralement, les choses s’arrêtent-là (ou elles s’arrêtent après une bonne dispute) et je peux donc retourner à l’essentiel (l’intention manifeste des déclarations de mon interlocuteur), sans que son « vécu » (mauvais terme) n’y interfère plus ni ne la brouille).

      Sur un blog, rien de tout cela ! Je me retrouve, bien souvent, derrière ce que dit un commentateur, en présence d’une espèce de « scène primitive » qui soit m’interdit de vraiment comprendre ce qu’il dit, de ne pas le prendre vraiment au sérieux,…, soit (et c’est le pire, parce que je la déteste) me pousse à pratiquer la pensée du soupçon.

      • @ André

        Rien n’empêche d’intervenir sous sa véritable identité pour lever le doute ;)

      • Dissonance

        @Julien Alexandre

        L’anonymat n’est qu’une partie du problème. L’absence d’intonations de voix ainsi que de mimiques gestuelles et faciales est source d’une confusion tout à fait propre à l’ensemble des moyens de communication du net (à l’exception évidemment des visio conférences). De ce fait, une simple blague mal interprétée par un interlocuteur peut virer au pugilat virtuel dans des proportions invraisemblables (subtil mélange des lois de Godwin et de Murphy). J’en ai été témoin ou acteur plus souvent qu’à mon tour.

        Je me pose d’ailleurs une question à ce sujet: En était-il de même à l’époque désormais lointaine où des personnes distantes communiquaient par voie épistolaire?

        @André

        Je pense que nous nous sommes compris ;-)

      • André

        @Dissonance 15 août 2011 à 13:51

        « Je me pose d’ailleurs une question à ce sujet: En était-il de même à l’époque désormais lointaine où des personnes distantes communiquaient par voie épistolaire? ».

        Très bonne question puisqu’elle aborde la question du temps !

        Je suis plutôt quelqu’un de « réfléchi » qui, lorsque l’occasion lui en est offerte comme « apparemment » sur un blog (on verra, plus loin qu’il ne s’agit jamais que d’une « apparence ») , aime prendre son temps avant de réagir à un billet ou à un commentaire, lorsque le sujet m’intéresse particulièrement et n’est pas facile à traiter : donc prendre son temps : pour lire et relire ce qu’ a écrit mon interlocuteur en vue de bien le comprendre ; pour réfléchir à ce que je vais lui répondre ; pour me documenter ; pour bien écrire et sans faute d’orthographe ( je tape presque toujours mon texte sur word et le copie-colle sur le blog : c’est le cas maintenant). Tout cela peut facilement me prendre de très nombreuses heures, si pas plusieurs jours.
        Lorsque, enfin, j’envoie mon texte, il se trouve, disons ,en 100ème position et son signalement disparaît très rapidement de la rubrique du blog « commentaires récents» : il passe donc inaperçu (du moins, on peut le supposer) et reste sans réaction, les commentateurs étant en train de « butiner d’autres fleurs » sur d’autres billets entre temps publiés. J’en ai fait l’amère expérience avec notre hôte lui-même.

        Je n’ai aucune prétention à dire des choses intéressantes qui mériteraient d’être lues et encore moins commentées : mais se rendre compte qu’est de très courte durée la « petite existence » qu’un commentateur peut avoir sur un blog, par le truchement de quelques mots écrits, est une épreuve de déréliction très pénible à vivre. Encore une fois, je ne parle pas de tous mes commentaires, mais de ceux qui me tiennent particulièrement à cœur parce que j’y ai consacré beaucoup d’énergie et de temps.

        Ah ! La tyrannie de l’instantané !

  24. André

    « Combien de fois ai-je vu des étudiants derrière leurs claviers, tout en m’écoutant, tout en saisissant le cours, ouvrir la fenêtre Google afin de constater par eux-mêmes si ce que je proclamais, était vrai, tout simplement.  »

    Non! Sauf à être des « surhommes », vos étudiants ne vous écoutent pas, lorsque, après avoir ouvert la fenêtre Google, ils se mettent à la recherche d’un site en vue de vérifier si ce que vous avez dit, une minute plus tôt, est vrai ou faux.

    Comment pouvez – vous tolérer une pareille attitude ( je ne parle pas de l’usage de l’ordinateur pour prendre des notes), qui est du même tonneau que celle consistant à lire des messages ou à en envoyer sur son GSM, pendant le cours.

    De plus, ce genre de recherche ne fait-elle pas partie d’une espèce de dévoiement de la « politique du soupçon ». Qu’ils la pratiquent après votre cours, oui, mais pas pendant!

    Et enfin, est-ce qu’ils recherchent vraiment, sur google, un site en rapport avec votre cours, plutôt que de surfer sur facebook, tout en faisant semblant de vous écouter.

  25. signfactory17

    Le professeur doit passer du statut de l’expert qui parle et qu’on écoute à celui du guide qu’on respecte et qui motive :
    le cours magistral n’est plus trés optimisé :
    1/ Dans un monde complexe et en évolution de plus en plus rapide où les paradigmes d’hier sont remis en cause, les savoirs doivent être mis à jour en temps réel.
    2/ L’ apprentissage et l’assimilation des savoirs se fait surtout par l’expérimentation et par des essais – erreurs, Il ne suffit pas de « remplir » passivement le cerveau pour apprendre.
    La science comportementale appliquée américaine a étudié le taux de rétention des étudiants par rapport à la méthode d’enseignement appliquée : Pour un cours magistral ou la lecture d’un cours, le taux de rétention est de 5 à 10 %, pour un TP ou un travail en groupe le taux de rétention est de 30 %, pour des exercices de simulation le taux de rétention est de 60 à 75 % et le taux de 90 % est atteint lorsque on demande aux étudiants de faire un cours et d’enseigner leur camarade. »

    Une autre information fascinante sur le rapport entre internet et l’apprentissage :
    regardez la conférence de , Sugara Mitra qui installe des ordinateurs avec accès à internet auprès d’enfants défavorisés en inde et comment l’éducation devient une propriété émergente du réseau.

    • Francisco

      Bonjour
      je viens de découvrir votre mail avec …énormément de plaisir!!!
      J’y souscris tellement que cette année j’ai demandé à une de mes anciennes étudiantes de Perpignan qui est en Master à Bordeaux de venir faire un cours sur la rétrosynthèse (en gros comment à partir d’une structure chimique d’une nouvelle molécule à intérêt pharmacologique, on s’y prend, intellectuellement, pour prévoir sa synthèse – sa fabrication – à partir de produits disponibles dans le commerce)
      Du coup je suis fortement intéressé par votre référence aux études de la science comportementale appliquée US…si vous pouviez m’indiquer des références…ce serait Tip/top comme disent mes d’jeunes!!!
      Merci d’avance
      Chris

      PS : p..in qu’il est bien ce blog!!!

      • signfactory17

        Bonjour , il s’agit des travaux d’ Edgar Dale et du cône des connaissances ; voir par exemple ici
        Vous pouvez chercher sur internet, parfois ces chiffres sont remis en cause, mais l’idée générale est valable.

      • Francisco

        Good evening
        merci pour tous les liens (loin de la chimie thérapeutique…mais bien utile…)
        En plus Stanford, cela impressionne toujours les d’jeunes étudiants scientifiques…donc mieux… pour les former en les motivant!!! (et cerise sur le gâteau, j’y ai travaillé..un peu de fierté mal placé..mais je suis un latin!!!)
        Bonne soirée
        Chris

    • Nicolas Lapetina

      On se rejoint totalement.
      Dans mon cours de marketing, je crée des agences de communication dirigées par les étudiants, je soumet une étude de cas bien réelle. Je joue le rôle du client, et ils viennent à tour de rôle (3 à 6 étudiants par agence) m’exposer leur stratégie. Les agence sont donc en concurrence.
      Celle qui emporte le marché à une récompense. En règle générale j’invite l’agence gagnante au restaurant.
      Pour la petite histoire, la première fois que j’ai fait cela, mon chef de département a grincé des dents. L’idée de pouvoir récompenser des étudiants semblait totalement le dépasser. Cela te regarde m’a t’il dit en substance.
      Quand je vous dis, qu’il y a beaucoup de choses à revoir.

      • Nicks

        C’est pire que ce que je pensais. Vous êtes enseignant en winner attitude alors ?

      • Francisco

        Re Bonjour
        Il n’y a pas de récompense prévue dans mon cas…mais ses cours lui seront payés ainsi que ses déplacements (et pour les grincheux , de ma poche…… Car même si j’ai l’accord de mon département -tiède, l’accord – et du décanat, point de sous il ne reste dans dans les caisses de l’UPVD….)

        Par contre, vous ne m’avez pas indiqué de références sur ces travaux us..?? D’où sortent les chiffres que vous indiquez dans votre premier texte???

        Bonne journée
        Chris

      • signfactory17

        Je pense que vous serez intéressé par l’enseignement de l’entreprenariat par Steve Blank à l’université de Stanford en californie.
        Il donne ses cours au futur créateur de start up sur le modèle des écoles d’art : un peu de théorie et beaucoup de pratiques, expérimentations et créativité de la part des étudiants.

  26. olivier

    Monsieur Lapetina
    deux petites remarques
    La première concerne l’internet: tout de même, je me demande si vous avez conscience d’enfoncer des portes ouvertes… si vous saisissez bien que dire, aujourd’hui, que l’Internet a bouleversé notre approche du savoir est ce qu’il y a sans doute de plus consternant de banalité. A vous lire, on est pantois: à quel prof comptez-vous ainsi faire la leçon? Quel genre de prof connaissez-vous? La réponse qui s’impose est que le monde immédiat qui effectivement vous entoure doit être particulièrement sclérosé. La petite université qui vous accueille concentre sans doute toutes les tares qui font que ce sont nos élites aujourd’hui qui posent problème. Finalement ce n’est pas dur à comprendre: dans votre université, il n’y a pas d’enseignants, il y a des mandarins de provinces. Cotisons-nous pour offrir moultes offres triple-play et laissons venir à nous la merveilleuse civilisation numérique. Sans doute me trouvez par trop grinçant, mais votre présupposé sur ce qu’est un prof aujourd’hui est tellement loin de la réalité, tellement proche de la connerie, que je suis obligé de me défendre. Ce n’est pas parce qu’on voudrais faire de moi un bouc émissaire que je suis obligé de sombrer de la « haine de soi ».
    Deuxième point: la notation par les élèves.
    Je remarque que vous rejoignez les propositions des plus ultra-libéraux qui ont tant voulu mettre fin à la ‘République des professeurs’. Soit dit en passant les enseignants de feu l’IUFM se font noter par leurs élèves depuis une vingtaine (trentaine?) d’années. Mes propres élèves de BTS me notent en fin d’année, je demande à mes élèves de lycée leur avis sur les projets menés en cours d’années, et puis quoi, est-ce une révolution? Est-ce un changement radical? Encore une fois vous enfoncez une porte ouverte. En outre, il me semble que nos élèves n’ont pas attendu qu’on leur tende la perche pour dire ce qu’ils en pensaient (ou alors les jeunes qui sont devant vous sont au mieux respectueux, au pire, très moutonniers). Je pense aussi que leur avis est bien plus frais quand on ne leur demande rien. Il faut enfin remarquer que les adultes, notamment les proviseurs, n’ont pas attendu qu’on les autorise à le faire pour en tenir compte: la notation administrative correspond bien souvent à la réputation et aux bruits de couloirs vous concernant. Finalement, je m’insurge car vous ne comprenez pas que votre façon d’envisager la notation est une injustice: le professeur ne serait bon qu’à être noté et par son supérieur et par son disciple. Entre le marteau et l’enclume en somme. Dites-moi quel dans quel métier ce système a-t-il été mis en place? Triste vison de la transmission faite de contraintes et de surveillance quasi policières.
    Pour ma part, j’envisage toujours l’enseignement avec autant d’enthousiasme. Mais je l’envisage uniquement ainsi parce que je fais tout pour ignorer la contrainte administrative de plus en plus massive qui nous tombe dessus. Envisager l’avenir du métier par ce biais est une connerie. Une connerie bien utile à ceux qui veulent se forger des outils utiles à contrôler ceux qui pensent.
    Votre idée du métier est pathétique.

    Bien à vous

    • Nicolas Lapetina

      Effectivement, je vous sens un peu énervé. A vrai dire, il y a de quoi. Enfoncer une porte ouverte ? Pas si sûr hélas, quand je vois, comment certains profs abordent certains domaines. Il y a de quoi avoir peur. Je ne compte plus les étudiants qui viennent me voir en se plaignant de ce qui est enseigné par certains collèges en totale déconnexion avec le monde réel, le monde de l’entreprise. Des abbérations, vous en voulez : tous les jours !
      Attention toutefois, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bons professeurs. J’en connais d’excellents.
      Seconde porte ouverte, la notation. Heureux de savoir que vos étudiants la font.
      Dans mon village de gaulois, ce n’est toujours pas le cas. Serais je dans une zone de non droit ?
      « Ma petite Université », Montpellier, malheureux, heureusement pour vous que Georges Frêche est mort, il vous aurez couvert d’insultes.
      Un de mes vieux amis, lui est à Harvard University. Noté, il l’est et plutôt deux fois qu’une. Tous les six mois.
      Monsieur, nous ne sommes pas du même monde. Ce n’est pas grave. La différence entre vous et moi, c’est que je ne me sens nullement agressé par vos propos. Ils sont seulement le fruit de nos différences.
      On ne touche pas au pré carré de l’enseignement, c’est bien connu. Claude Allègre, en fît les frais en son temps.

    • hema

      @olivier

      Votre idée du métier est pathétique.

      Bien à vous

      C’est visiblement un sujet sensible dans le corps enseignant, n’en faisant pas partie, je peux me permettre un regard neutre, le billet de Nicolas m’a permis de réfléchir sur ce sujet
      d’écouter la vidéo de Michel Serres qui offre une vision très panoramique dont l’auteur du billet semble se rapprocher, d’écouter les contradicteurs (Dissonance, Loic M,…) dont vous faites partie, mais la violence de vos propos vis à vis de l’auteur, votre mépris de la province en sus d’une hypocrisie certaine dans la formule de politesse associée à votre conclusion, me semble louche, et m’incite à penser que vous n’êtes pas complètement net avec vous-même.

      • Nicolas Lapetina

        Merci, mais on touche là à l’un des problèmes majeurs de notre société. On doit être dans le consensuel. Les politiciens ont doit faire avec, les enseignants ont ne doit pas les contrarier. Je ne fais pas la chasse aux sorcières. Je le dis et je le répète, il y a de bons enseignants. Mais l’homme est réfractaire aux changements, par nature. Bousculer des profs ce n’est pas bien vu, mais c’est pour le bien de tous. Moi qui ai une petite entreprise, une TPE. Je peux vous dire, que les changements, que dis je les tsunamis, c’est au quotidien qu’on les affronte. Et le marché, c’est à balles réelles qu’il nous tire dessus. Un prof, est à l’abri de ces turpitudes. Mais jusqu’à quand ?

    • setaregan

      Et moi je vous sens un peu vaniteux , vous prenant pour un pionnier . Vous avez les dents longues mais vous avez le tort d’être né un peu tard , la casse de l’excellence de l’Instruction publique a commencé il y a des décennies . Plus beaucoup de places pour les jeunes loups tels que vous .

      Et quand je lis que les profs de fac délivrent un enseignement déconnecté du monde l’entreprise , je ricane . Vous ne connaissez pas du tout l’histoire de l’enseignement universitaire ni sa riason d’être fondamentale . Vous devez faire partie de ces sympathisants ( certains même sans le savoir ) du MEDEF qui voudraient que l’école ne formât que des futurs salariés .

      Pendant plus de 30 ans , des gens comme vous ont piloté les politiques de l’éducation nationale , il est grand temps de faire le ménage et de rétablir l’Education nationale dnas toute sa noblesse .

      • olivier

        @ Monsieur Lapetina
        c’est vous qui faites dans le « consensuel ». Les réformes que vous proposez sont effectivement appliquées un peu partout:
        -la vie numérique? les lycées de ma ville sont tous équipés de tableau blanc interactif et depuis longtemps. (Personnelement j’adore les élèves équipés de smartphone cela m’évite de monter des dictionnaires en salles ou de réserver une salle informatique)
        -le cours magistral? Il est mort avec la pédagogie du projet…mais repointe le bout de son nez grâce aux nouvelles technologies (forcement, un powerpoint c’est fait pour le cours magistral…quel progrès)
        -la notation? Je me suis déjà exprimé la-dessus: cela existe déjà et ma foi, à l’usage, élèves comme profs, tout le monde s’en fout. (Le rapport que l’on m’a fait cet été: « vos élèves vous aiment bien »= imaginez comme cela me fait avancer dans ma pratique)
        Moi qui suis prof de province (sic) je ne m’excuse plus d’exercer ma profession, je n’ai pas à avoir honte. Il semble que c’est cela qui n’est pas consensuel. Je propose de rendre l’école aux professeurs, ceux qui enseignent et innovent tous les jours loin des dogmes: pas ceux qui font du yaka fokon stéréotypé piqué sur le blog de Natacha Polony)
        Petite réponse enfin sur la fameuse protection des enseignants: si l’on regarde bien, les profs sont peut être la seule profession qui ait affronté autant de changements structurels depuis 30 ans: leur piedestal n’existe plus et s’en prendre encore à eux ressemble à de l’acharnement idéologique. Il faut vivre dans une tour d’ivoire ou être prisonnier de ses présupposés pour ne pas savoir que les profs sont en changements perpétuels depuis 30 ans (Ah que de réformes et cette année encore, je travaille TOUT l’été pour appliquer de nouveaux programmes) et qu’ils affrontent la crise et les conséquences sociales de cette crise rien qu’en accompagnant leurs élèves au jour le jour.
        Je dois m’excuser enfin: je n’ai expliqué ma colère que sur le fond, pas sur la forme. Vous dîtes « le pré-carré de l’enseignement, tout comme le monde de la finance n’y échappera pas » Votre comparaison entre le métier de prof et celui de financier est tout simplement dégueulasse. Pas seulement infondé: je le répète, DÉGUEULASSE. Et je choisi ce mot à dessein. Qu’il fasse réagir!
        Je le redis malgré tout, « bien à vous ».
        Mais je réserverai ma cordialité pour votre seule personne parce que vos idées…n’en parlons plus…

      • Nicolas Lapetina

        Moi les dents longues !
        Monsieur, ce qui me préoccupe le plus c’est de voir pousser mes patates dans ma belle campagne, là où je vis. Loin du fracas de la ville. Vous vous trompez, vous êtes aveuglé par vos convictions.
        La Faculté forme des enseignants/chercheurs, pour la plupart. Plus on fait des études (cursus universitaire classique), moins on trouve de travail. C’est une réalité, dont Michel Godet, économiste prospectiviste s’est souvent fait l’écho. En vain, hélas.
        Je n’ai rien contre la Faculté.Il y en a trop qui y vont, et qui au final auront perdu leur temps. C’est un problème d’inadéquation entre l’offre et la demande du marché du travail. Tout simplement. C’est en ce sens que l’enseignement délivré et totalement inadapté. A un point, que s’en est dramatique. Je reviens encore au vécu. Des étudiants qui passent de l’IUT à la Faculté pour faire une Licence, Maîtrise, Doctorat se retrouvent perdu tant le fossé est grand. Ce sont eux qui viennent me le dire. Je n’invente rien.

      • Dissonance

        @Nicolas Lapetina

        Aïe aïe aïe. Citer Michel Godet et l’inadéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail dans le même commentaire, c’est plus que je n’en peux supporter.

        Avez-vous remarqué qu’en l’occurrence, le « marché du travail » est analysé à rebours de tout autre marché? A savoir que l’offre y est (soit disant) émise par les acheteurs tandis que la demande provient (toujours soit disant) des vendeurs… A ma connaissance, Michel Godet ne l’a pas remarqué lui, cette particularité qui fait pourtant les beaux jours de tant et tant d’employeurs…

  27. coco

    signe de changement…..
    de plus en plus de famille pratique le « unschooling » (pas d’école)…
    cela fait partie de ce que l’on appelle l’école à la maison…..
    on ne suit pas le cned… on laisse l’enfant se développer à son rythme en lui faisant confiance…..Le parent doit être présent pour répondre à ses demandes et au besoin pour lui indiquer ou il peut trouver des réponses à ses questions….
    Il devient ainsi curieux, et apprend à rechercher par lui-même, pas qu’on lui apporte des réponses toutes crues (à des questions qui souvent ne l’interessait pas d’ailleurs)
    en bref
    dans un univers d’information de plus en plus développés, on laisse l’enfant découvrir et rechercher par lui-même les réponses à ses questions et en fonction de ses centres d’intérêts…..

    car finalement l’enfant depuis sa naissance à appris à comprendre sa langue maternelle tout seul, à parler tout seul, à marcher tout seul, à faire du vélo tout seul, à dessiner tout seul…
    ou du moins en observant ce qui se passe autour de lui…
    et ce JUSTE parce qu’il en a envie….
    finalement quand on a envie de comprendre, d’évoluer, l’apprentissage se fait aisément….

  28. furby

    la subversion du sujet….de l’insconcient. Les discours: discours universitaire, discours de l’hystérique, discours religieux voire mystique ( c’est le 15 aout aujourd’hui), j’en oublie un, ont ceci de commun :ce sont les différentes formes du discours du maitre…tu peux savoir ce qu’en pense l’école freudienne. L’érotisation du savoir étant une des formes accomplies des névroses de ce 21ème siècle (à laquelle je n’échappe pas)….France Furby

    • André

      @furby

      A propos de l’érotisation du savoir, j’ai trouvé ceci sur Internet :

      http://membres.multimania.fr/epsrugby/pedago.htm

      «  »FONCTION  » EROTIQUE  » :

      L’élève s’investit dans une situation de référence ou d’apprentissage à partir du moment où il en ressent l’envie ou le besoin ; ces envies ou besoins peuvent être créés par l’enseignant. La motivation de l’élève doit être le souci majeur de tout enseignant : il doit proposer des contenus que les élèves auront envie de s’approprier. Si ce n’est pas le cas, l’élève redéfinit la tâche et s’occupe différemment ; aux préoccupations pédagogiques se substituent les soucis disciplinaires. Des élève discutant (alors que ce n’est pas le moment) ou perturbant le cours, ne sont pas systématiquement les  » mauvais élèves « . Avant de rejeter une quelconque responsabilité sur l’élève, et sans faire preuve de démagogie, l’enseignant doit s’interroger sur la pertinence de son action éducative ; a t-il tout mis en oeuvre pour que l’élève s’investisse dans la situation ?
      Erotiser le  » savoir  » correspond à  » l’envie de donner envie  » à l’élève d’apprendre, le conduire à s’investir dans les tâches motrices, poussé par une motivation intrinsèque. Ceci est tout à fait envisageable, à condition que le contenu proposé soit ressenti comme utile, et accessible par l’élève (ni trop simple, ni trop complexe).
      Cette érotisation suppose une parfaite connaissance de la discipline enseignée ainsi que de l’apprenant. » »

      A l’Université, j’ai eu, en 1970, un extraordinaire professeur, parfait connaisseur de sa matière, grand pédagogue, dont je n’ai jamais raté un seul cours (cours magistral): jamais assis derrière son pupitre, toujours en mouvement, ne lisant pas son syllabus (excellent, mais considéré comme un complément à son cours oral– il fallait donc le suivre pour réussir à l’examen), ne parlant pas d’une voix monotone et monocorde, faisant un usage parfait du tableau (ni trop ni trop peu), plein d’humour. Et toujours à la disposition de ses étudiant(e)s dans son bureau. Nous autres, nous l’écoutions bouché bée, dans le plus grand silence. Il est capital de signaler que c’est le seul cours dont le contenu m’est resté très largement en mémoire.

      Ce professeur, je l’ai « aimé », figurez-vous, comme jamais je n’ai aimé une autre personne. C’est sans doute cela l’ « érotisation du savoir »

      Je doute fort que nous puissions avoir une telle relation avec un ordinateur !

      • Marc Berthy

        J’ai aussi vu le film : « Le cercle des poêtes disparus« , j’ai bon ? ;))

  29. kercoz

    Dans l’ optique de l’apres PO et de la pénurie d’énergie , l’usage du net (entre autre pour l’enseignement) peut etre un outil d’économie d’énergie . En effet c’est le déplacement d’ humain qui est couteux en energie, plus que le déplacement d’objets .
    Plus le niveau monte et moins on a besoin de professeur …a la limite, pour un cours basé sur le modèle d’ un forum (a acces réservé) , il peut ne servir que de moderateur et a bifurquer les fils .
    L’élève peut se situer a ngent le retrou ou au quebec, travailler ou etudie , seul la langue , seul la langue est limitative …le cours peut évoluer sur des années et le niveau des élèves est auto -jugée .
    Mon exemple se réfère bien sur au niveau thèse ou maitrise , mais il peut , avec plus d’engagement du prof , s ‘appliquer au collège ou lycée …de plus il ne concerne que les individus passionnés ou concernés , les autres quittant tres vite le débat …

  30. Galuel

    Ce post ne va-t-il pas dans le sens de la très grande différence de qualité des valeurs produites par une nouvelle génération comparée à la précédente ?

    N’invalide–t-il pas une définition de la monnaie qui ne s’appuie que sur les valeurs passées et ne finance aucunement la création de nouvelles valeurs portées par ceux qui « n’ont plus la même tête » comme le dit Michel Serres ?

    N’est-ce pas cela la crise ? La prise de conscience progressive par les vieux singes de l’incommensurables supériorité de jeunes singes qui pensent au sein d’un paradigme totalement neuf, et que les vieux singes ont pensé pouvoir « contrôler » niant le remplacement générationnel inévitable et leur propre mort inéluctable ?

  31. Yanne

    J’apprécie votre article dans la mesure où il veut tout relier en semble, la fin d’un régime économique et l’émergence du savoir sous d’autres formes qu’antérieurement.

    Il se fait aussi plein d’humilité dans la mesure où nous n’avons aucune idée du nouveau monde que nous discernons à peine dans les brumes du présent.

    Les révolutions numériques arabes ont été une surprise, et nous en aurons bien d’autres… Bonnes ou mauvaises, dans lesquelles l’expérience des anciens encore ouverts à la vie, et l’enthousiasme des jeunes peuvent jouer à plein

    Personne ne sait rien, mais en même temps, il faut être prêts à relever les défis de l’avenir

  32. imanust

    bonjour,
    le rôle d’apporteur d’information me semble réduire ce que le professeur où le « maître » peut et doit apporter à ses étudiants. Puisque la technologie est présente pour accéder à l’information ou à la « connaissance » dont l’accès est quasi illimitée et instantané, il me semble dérisoire et improductif de réunir des étudiants dans un amphi pour leur « donner  » de l’information. Des liens internet, des listes de texte, de vidéo et autres supports à consulter avant le cours… l’amphi redevient ce qu’il aurait du être, un lieu d’échange, de commentaire, d’analyse et de synthèse, d’argumentation, de contestation, de réflexion , sous la houlette éclairée du maître qui , accompagne, anime, arbitre et donne les outils et les méthodes de la réflexion rendue encore plus ardue par la mise a disposition de tant d’informations. Certains commentaires critiquent les cours en ligne en vidéo et toute cette technologie. Comme toute technologie son bienfait potentiel dépend de l’usage qu’on en fait. Le professeur doit re-devenir le « maître à penser » et non un dictaphone en cher et en os. Bon courage pour votre difficile métier.

  33. setaregan

    Vous ne parlez que d’information . A mes yeux vous n’êtes pas un professeur digne de ce nom . Un professeur n’enseigne pas des informations mais des connaissances .
    Avec ces connaissances que vous méprisez et sous-estimez , l’humanité a voulu transmettre une morale , un art de vivre , une sensibilité , des goûts … ce qu’aucune information ne peut réaliser . Qu’est-ce qu’une information ? Le mot anglais nous le dit bien : « data » , datum  » ce qui est donné » . Une information est une parcelle de ce qui existe , une chose qu’une machine , un ordinateur pourrait observer .
    Or un humain observe bien plus que ce que peut observer un ordinateur fut-il très sophistiqué . Dans l’oeil humain , il y a toujours jugement de valeur , jugement de moral . C’est l’une des manifestations de la supériorité de l’homme sur la machine .
    Vous , vous rabaissez la conscience humaine à un disque dur . Votre discours est un crime contre l’humanité de tout homme .

    Un historien je crois a voulu tenter cette expérience de transformer les connaissances en informations . Il a composé un cours d’histoire où étaient bannies toute référence morale . Il ne parlait plus de l’assassinat de Jules César mais d’objets de formes oblongues s’enfonçant dans des tissus humains provoquant l’arrêt de fonctionnement de l’ensemble de ce système vivant .
    Ces « objets de forme oblongue … » , voilà une information .
    L’assassinat de Jules César , voilà une connaissance .

    Vous n’enseignez que depuis 8 ans , vous faites donc partie de cette génération qui pour une grande part , n’a jamais eu un professeur digne de ce nom , ni de cours dignes de ce nom en raison de la chute catastrophique et rapide du niveau culturel des enseignants . Sans compter les professeurs assez anciens qui pourraient faire de bons cours mais qui devraient pour cela aller contre les théories pédagogogistes de leur hiérarchie et donc sacrifier leur carrière , quand il y a une maison à payer sur 25 ans , on réfléchit bien avant de sacrifier sa carrière .

    Vous prenez internet pour la référence absolue , intimidé que vous l’êtes par vos étudiants . Vous ignorez donc que l’on peut manipuler des informations ?

    Un test : demandez à vos étudiants pourquoi en France le nom d’Hector a été souvent porté , le nom d’Achille beaucoup moins et le nom d’Ulysse presque jamais .
    Tous les fanatiques de l’internet , drogués au point qu’ils ont abdiqué le pouvoir de penser à cette entité inhumaine , vont chercher là la réponse . Combien auront l’idée de lire l’Iliade , l’Odyssée et les tragiques grecs ? Les Anciens lisaient plus et mieux que ceux d’aujourd’hui , voilà pourquoi ils aimaient donner le nom du brave homme vertueux à leur enfant plutôt que celui du soldat assoiffé de gloriole et quasi jamais celui du salopard de service qu’était Ulysse .

    Cette question est une question complexe , aussi complexe que la vie , que l’existence , ue la profondeur de l’âme humaine … Internet est incapable de penser , comprendre et d’étudier à la place de ceux qui devraient être des esprits et qui ont choisi de n’être que des clones d’une page numérique . pathétique . Le plus tragique étant qu’il y ait des professeurs qui encouragent leurs élèves/étudiants à déchoir de leur statut d’être pensant et à glorifier la toute-puissance d’un joujou informatique qui n’est qu’une amélioration de cette grande invention nommé livre .

  34. setaregan

    Et votre argument selon lequel le monde a changé donc l’enseignement doit être entièrement rénové ( même discours tenu par les obscurantistes du pédagogisme qui ont pris le pouvoir dans l’education nationale il y a de cela quelques décennies ) … l’enseignement se fait en vertu de l’âme humaine ou des phénomènes naturels ( je vire à dessein toutes les pseudo-sciences qui n’ont rien à faire dans l’université , les seules matières devant être enseignées à l’université sont celles qui se rattachent au trivium et au quadrivium , non monsieur , ce ne sont pas des insultes , c’est du latin , pour le reste , il y a toujours eu des écoles spécialisées ou l’apprentissage quand il s’agissait d’une compétence manuelle à acquérir , voir les écoles de médecine , les ateliers d’artisans ) . La nature humaine n’a pas changé en quelques millers d’années ni les lois de l’univers .
    Quelle matière enseignez-vous ? Ca ne doit pas être la littérature . Croyez-vous que la médecine s’enseigneraient mieux avec votre prétendue méthode ?

    Pas un de vos étudiant n’est donc assez intelligent pour se demander qui est l’auteur des articles où il a déterré les informations qu’il recherche . Et s’il trouve des informations contradictoires , comment fait votre étudiant ? Le plus logique pour lui serait de tirer à pile ou face , de toute façon vous ne pourrez jamais le blâmer de se tromper puisque ce serait la faute d’internet .
    Jamais avec vous vos étudiants n’apprendraient la distinction entre le vrai et le faux . Ils doivent et j’espère qu’ils l’ont appris ailleurs .

  35. Arkady

    Bon, je suis plutôt du genre « lecteur silencieux », mais je me lance quand même.

    La question de la notation par les élèves, à la Faculté, cela peut se discuter, mais ce n’est pour moi qu’un élément d’une pédagogie. Par contre, sans critiquer ce choix, je n’en ferais pas un modèle, tout simplement parce que chaque enseignant est libre et responsable de sa propre pédagogie.
    La confrontation constructive peut intervenir dans des situations très variées au sein d’une classe. Je parle par expérience.

    Né en 65, professeur des écoles depuis presque 20 ans, dans des milieux très campagnards, je peux vous dire que je constate le même phénomène que l’auteur du billet, toutes proportions gardées.

    Mes CM1-CM2, n’ont pas d’ordinateurs portables en classe, mais au cours de ces années, j’ai pu constater le même type de changements. Les enfants sont soumis à un flot d’informations que nous adultes (parents et enseignants) mesurons mal et souvent, nous ne soupçonnons pas ce qu’ils sont capables d’intellectualiser (à leur manière). Par la force des choses, ils s’adaptent à ce flot continu auquel ils sont soumis depuis leur plus tendre enfance, mais nous, nous n’avons pas forcément mis en place ces mêmes « adaptations ».
    Ils restent des enfants, mais en fonction de ce que génère cette somme d’informations (intérêt ou inquiétude), des questions fusent en classe ou sur « les rangs ». Des questionnement qui souvent me désarçonnent par rapport à leur jeune leur âge.
    Et ce changement n’est pas dû qu’à internet, mais aussi avec la télévision et ses bouquets satellites (chaînes d’informations et thématiques).
    Je ne suis pas « anti-informatique » (analyste-programmeur de formation et de première carrière), mais je comprend les inquiétudes de certains, car le changement est vraiment rapide et profond.
    Toutefois, je n’arrive pas à y voir une « régression ».
    Par nature, un changement important à tendance à être craint, souvent plus que nécessaire.
    Les risques de manipulations, désinformations, etc sont exactement les mêmes qu’à chaque époque, avec son média du moment.
    Enfant, j’entendais souvent : « On l’a dit à la télé ! », sous-entendu, c’est forcément vrai. Pourtant…
    Les nouvelles générations sont nées avec internet, pour elles, ce n’est qu’un vulgaire « objet » : c’est plutôt nous (les plus anciens) qui avons tendance à dramatiser. Eux, le gèrent et le perçoivent comme un élément de leur quotidien.

    Le risque d’une génération perdue et décérébrée à coup de « trash TV » et « internet de caniveaux », je n’y crois pas une seconde.
    Par exemple, comme beaucoup de ma génération, à la sortie de la cinquième chaîne « la Cinq » (1985-1992), avec ses films saucissonnés à la tronçonneuse par des coupures de pub au final plus longues que le film lui-même, ses séries américaines « à dix balles », j’étais « aux anges » : enfin « du nouveau ».
    Qu’est-ce que je n’entendais pas, à l’époque, au sujet de ces nouvelles chaînes ! « Décérébration », « génération-Berlusconi », etc, etc.
    Tout cela, pour finir à l’âge de 46 ans, lecteur assidu du blog de Paul Jorion !

    Bien que je n’ai rien d’un optimiste, je crois qu’il faut faire confiance à l’esprit critique de chacun. La seule chose qui le « limite », c’est le cerveau : tous les autres carcans, tôt ou tard, tombent ou sont contournés. L’esprit critique ne supporte aucune chaîne, et perçoit toute frontière comme une limite à dépasser.
    Dans ma classe, il arrive que des ricanements moqueurs répondent à une question sérieuse concernant une information loufoque avant même que je n’intervienne.
    De fait, une part de plus en plus importante de notre travail d’enseignants ET de parents consiste à susciter et aiguiser cet esprit critique. C’est la dessus qu’il faut travailler.
    Les générations qui nous suivent ne seront ni perdues et n’auront pas régressé : elle feront leur part de boulot.
    Pas à notre manière et ni avec les mêmes outils, d’où notre angoisse d’ « Ancien ».

    Il y a 15000 ans, ce message aurait été peint de manière symbolique au fond d’une grotte anonyme, seulement connue d’une poignée d’initiés.
    En l’an de Grâce 1180, un moine copiste l’aurait reproduit (en y rajoutant quelques références à Dieu !), pour quelques grands Princes.
    Les descendants de Gutemberg l’aurait imprimé en une centaine d’exemplaires, pour de riches Bourgeois.
    Quelques siècles plus tard, il aurait pu sortir en mille exemplaires sous forme de tracs distribués sous le manteau.
    Début XXième siècle, il aurait pu sortir dans la gazette de ma ville (avec le feu vert de M. le Maire, bien entendu…)
    Aujourd’hui, il devrait être publié direct sur ce blog (si je me décide à cliquer sur « envoi »…)

    Vin Diou ! C’est pas beau le progrès ?!!

    Bonne journée à tous.

  36. Nicolas Lapetina

    Hélas, vous avez raison. Je dis hélas parce que les étudiants, de la connaissance, pour la plupart ils s’en foutent. Pas ce qui font Lettres Classiques, évidemment. Non juste tous les autres.
    Mais dans quel monde vivez vous monsieur ? Regardez les choses en face.
    Vous soulevez par contre une question importante : Est ce pour cela que l’on doit baisser la garde et abandonner la transmission de la connaissance ?
    Sur le principe, bien sûr que non. mais la réalité est tout autre. Je le regrette autant que vous.
    J’avais un brillant collègue, latiniste, helléniste confirmé. Il transmettait ces langues mortes dans son cours de communication écrite. Les étudiants n’en pouvaient plus, ils le disaient tout net : Rien à foutre ! C’est raide, mais c’est ainsi.
    Effectivement, je n’ai pas eu de grands professeurs, je ne suis pas allé à l’Université; Je n’ai qu’un bac G, un bac à bon marché comme dit le chanteur populaire.
    Je vous trouve bien irrévérencieux à mon égard. Vous ne me connaissez pas, et vous m’accusez d’être un prof indigne, de crime contre l’humanité. Vous êtes drôle ou dangereux, je ne sais pas.
    Mais c’est le lot des esprits totalitaires. Moi je n’ai pas cette violence.
    Dernière chose, je lis les philosophes depuis toujours, et je récite la poésie classique à mon fils de cinq ans. Tous les soirs, invariablement, lui une partie, moi l’intégralité d’Océano nox de…. Cette masse protéiforme au système pileux abondant, irrégulier et hirsute.

  37. Vieux Shnock

    Ils sont nés avec

    Certes, et mon fils le confirme « Toi, tu es né avec DOS » . Un peu comme le gamin américain qui s’étonne de ne pas voir tomber les boîtes de lait du pis de la vache, lors d’une visite dans une ferme du Middle-West. Oui, je me souviens des systèmes sans fenêtrage, des programmes qu’il fallait écrire car il n’y en avait pas, de l’assembleur…même si je peux aussi « surfer ».
    En clair, notre expertise est meilleure, car derrière un click, nous pouvons démonter les mécanismes qui nous conduisent au résultat. Se servir d’Internet rapidement, c’est bien. Mais comprendre la scène derrière, c’est aussi se protéger, décrypter les projets ACTA ou autres tentatives de « civiliser » l’Internet; c’est finalement cesser d’être un consommateur -abusé ou non- pour devenir un utilisateur responsable, une lacune majeure dans le programme de l’Education Nationale.

    • Arkady

      Certes, et mon fils le confirme « Toi, tu es né avec DOS » .

      Flûte, nos gamins se connaissent ??? :D

      Désolé, mais je n’ai pas pu résister.

      Je partage entièrement votre point de vu consommateur / utilisateur responsable, mais croyez-moi, l’Éducation Nationale n’y arrivera JAMAIS SEULE : ce travail doit être fait à la maison ET à l’école.
      Les politiques (par calcul électoral) et certains pédagos (par naïveté ou soumission à la hiérarchie) ont repris la maxime « Dieu y pourvoira » pour la transformer en « L’enseignant y pourvoira » : multiplication des missions pendant le même volume de temps scolaire.
      Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que c’est voué à l’échec…

      Pire, en mettant tout sur le dos de l’E.N., ils ont dévalorisé le rôle, le « métier » de parents. Triste.

      Mais bon, je ne suis qu’un « magister simplex »…

  38. furby

    Monsieur,

    Sachez tout le respect que je porte à mes « professeurs » de français bien sûr, mais de maths de physique-chimie et même d’anglais voire d’allemand. Même mon prof de gym! Quant à la prof de musique on lui en a fait voir des ronds de chapeau…C’est grâce à vous que de mon milieu très populaire je me suis élevée comme on dit…les temps changent, c’est sûr mais il n’est pas dit que rien de tout celà soit resté lettre morte, comme on dit. Bien respectueusement. France Furby

  39. Qu’Internet soit un réel bouleversement, c’est une certitude. Cependant, l’Internet que j’ai connu, reliant les universités, auxquelles les étudiants avaient accès dans des labos, était d’abord et avant tout un formidable espace d’échange, d’information réelle, et aussi de partage de passions, de choses qui se trouvaient trop loin pour être à portée, et devenait tout à coup accessible en quelques commandes FTP.

    Ca, c’était le début des années 90.

    Aujourd’hui, Internet n’est plus ça, même si des espaces d’échanges et de partage réels (pitié, ne me parlez pas de fesse de bouc ou autre) résistent encore et encore à l’envahisseur « capitalistique » – parce qu’Internet, en se « démocratisant » en devenant plus facilement accessible, s’est aussitôt vu envahir et noyer par le commerce, le profit, la propagande de tous bords, et la désinformation. Le n’importe quoi. Le bruit de fond qui augmente sans cesse et couvre tout autre son qui pourrait être intéressant.

    Le danger qu’il présente est tout simple : la fausse facilité d’accès à l’info, à la « réponse », au copier/coller de travail tout fait. Et la dépendance. Si on n’intègre pas un minimum de savoir, et si on se cache tout le temps derrière l’excuse qu’il suffit d’un coup de google, alors on ne vaut vraiment rien intellectuellement, et on se fera bouffer par le premier plus malin venu. Sans compter bien sûr, que plus que jamais un esprit d’analyse et un esprit critique acérés sont de plus en plus indispensables. Sinon, on prend tout et n’importe quoi pour argent comptant… et rien ne remplacera jamais les savoirs, la base, le socle de connaissances sans lequel nos pouvons nous faire mener en bateau par le premier crétin venu qui fait un blog, qui va bidouiller un article de wikipedia, ou autre.

    Il nous faudra toujours pouvoir lire, comprendre, calculer, raisonner, réfléchir, mémoriser. Sinon, quoi, nous ne serions plus que des excroissances de terminaux d’ordinateurs, de borne Wifi et de nos tablettes PC ?

    Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai une plus haute idée de ce qu’est un être humain.

    Et j’ai une plus haute idée de ce qu’est un enseignant, même si ce métier a été battu en brèche,le plus souvent par la droite, mais aussi par des « penseurs » de gauche, qui seraient les premiers à sa sauver en hurlant d’une classe d’ados en lycée professionnel.

    Alors, que le métier évolue, sans doute, mais ses racines, son coeur ne changeront jamais : il faut rassembler les élèves/étudiants/enfants, il faut prendre ce groupe hétéroclite, fatigué avant d’avoir commencé sa journée, dégoûté d’avance du monde dans lequel on le fait vivre, et lui insuffler la volonté, l’envie, la force d’aller de l’avant. Il faut le fédérer, il faut l’élever, il faut le faire vous dépasser. Il faut lui apprendre à réfléchir, à être autonome, à utiliser ce réseau de neurones qui crépite à l’intérieur de chacune de ses boîtes crâniennes. Et ça, ce n’est pas un simple « dispatcher » d’information, un passeur d’adresses internet ou un gentil médiateur/organisateur qui peut le faire.

  40. pseudo cyclique

    j’ai assisté à un point de bascule là où je travaille , le momemt où 50% des etudiants ont délaissé les tables à dessin pour le pc portable ..

    l’enseignement est different car l’informatisation permet un éclatement de l’attention , plus besoin de mémoriser des textes techniques et administratifs sur la construction c’est dans une base de donnée ! plus besoin de faire un metré c’est inclu dans le plan electronique et les modifications sont transmises en temps réel !

    « l’hyper-texte  » permet une consultation instantanée et une efficience opérationnelle étonnante ,par contre l’assimilation est toujours à la ramasse , l’informatique ne supplée pas totalement à la pédagogie .mais est elle encore adaptée un savoir éclaté est il toujours un savoir ?

    les formations universitaires et les grandes écoles pechent par un defaut d’encadrement -trop lache pour les facs ,trop conformiste pour les écoles – les etudiants « papillonnent » ,vont là où l’ambiance est bonne , là où le master ne donne pas de chomage là où la ville propose les meilleurs équipements -l’égalité territoriale est intenable – ! des mercenaires donc …

    ils n’attendent plus une quelconque notation « qualité iso90001 « ou retour sur soi tardif des mandarins , la diversité hallucinante de diplomes -trop de marques tue les marques – en a fait des consommateurs de savoir !

    un savoir banalisé (ce qui cadre parfaitement avec l’AGCS accord général sur le commerce et les services qui préconise la marchandisation de toute chose ) exige forcement des etudiants un peu autonomes et curieux pour etre au dessus du lot mais le systeme ne pousse pas à ça .

    le futur des universités comme des halls techniques : faire des rassemblement pour quelques examens , tp et td le reste se faisant en alternance/apprentissage ou en enseignement à distance avec une recherche reduite à des PPP -partenariat public-privé (nouvelle sorte de subprime vendant à l’encan les infrastructures lourdes aux groupes privés qui n’en demandaient pas tant ) .

    en attendant , on fait garderie pour faire baisser les stats du chomage .premiere ligne … service social , emplois jeune ,conscription seraient d’autres lignes de defense contre le chomage mais ça resoud pas le probleme des universités poussives et poussiereuses .

    • kercoz

      //////// plus besoin de mémoriser des textes techniques et administratifs sur la construction c’est dans une base de donnée ! plus besoin de faire un metré c’est inclu dans le plan electronique et les modifications sont transmises en temps réel ! ////////

      J’ai moi meme assisté a ce « point de bascule « , mais de l’autre coté : je faisais de controles qualité-sécurité -conformité d’installations ou projets elec , levage , ERP construction etc ..
      En moins de 3 ans on a vu chuter la compétence des intervenants qui nous faisaient face et nous envoyaient des projets , notes de calcul , a valider ……
      Les CAO et DAO permettent d’effectuer des projets sans maitriser la logique de calcul …et ce travail intellectuel (formules , règles , abaques…) outre la connaissance qu’elle apporte est une gymnastique intellectuel en soi .
      Sur une erreur ,nous avions l’ habitude de shunter la procédure , pour gagner du temps et de tel directement au bureau d’etude ou a l’entreprise pour lui dire que sa section de terre etait insuffisante en régime IT , et qu’il pouvait soit placer un DR , soit augmenter la section ,soit mettre un magnétique bas …le gus comprenait au moins la démarche et un diamogue pouvait s’établir …. tres vite la réponse standard devint …. »le logiciel a valider la note de calcul  » meme si le magnétique etait règlé a 1,2 e thermique , ce qui nese trouve pas ds la commerce et disjoncte qd un moteur démarre ……
      Les entreprises ont embauché a un niveau plus bas et les CAO ont supprimé toute possibilité d’évolution dans la connaissance et le calcul des réseaux .
      Je pense que ds les autres domaines c’est pareil et qu’on peut affirmer qu’on a divisé pr 20 le niveau de compétence des bureaux d’étude .
      Comme pour les bateaux , pour les derniers chantiers que j’ai suivi , on verifiais la conformité ISO de la note de calcul , pourtant bourrée d’erreurs ou truandée … temps de controle réduit because ISO !! comme ça on a le contrat et un suivi de 120 heure sur un projet passait à 40 heures , rapport et consuel compris ……..j’ai préféré m’échapper que de signer des faux .

    • Tigue

      A pseudo cyclique
      Vous écrivez

      « un savoir banalisé (ce qui cadre parfaitement avec l’AGCS accord général sur le commerce et les services qui préconise la marchandisation de toute chose ) exige forcement des etudiants un peu autonomes et curieux pour etre au dessus du lot mais le systeme ne pousse pas à ça  »

      Mais le système pousse a quoi ?

      Essayons de conceptualiser l’ entité qui pose problème : appelons la « transmission de la connaissance ». C’ est un concept psycho physique.
      Quel est le début de ce concept ? A partir de quand ou de quoi le concept est il formé ?

      Par exemple quel est le début de cette table ci ? (pas le début de la période ou je possède la table)
      Le début de cette table serait l’ objet tout assemblé.

      En acceptant le meme sens au mot « début » , quel est le  » début » du concept physique de « chaise  » , c est l objet conceptuel qui comporte un siège, un ou des pieds et sur lequel on peut s assoir de façon commode.

      Quel est donc le début du concept  » transmission des connaissances  »
      C’ est l objet conceptuel qui relie un ou des enseignants a)qui possèdent personnellement une connaissance, b) qui ont pour BUT de transmettre cette conaissance a un ou des étudiants qui ne la possèdent pas encore, c) les étudiants ayant pour BUT de recevoir du ou des enseignants leurs connaissances.

      Ce concept étant défini, il faut le décrire pour le connaitre.

      Les descriptions dépendent des observateurs qui les font, chacun avec leur propre subjectivité, il y a les professionnels de l enseignement, les étudiants, les parents, les contribuables , les chefs d entreprise ( ces catégories se chevauchant).
      Il faut que chacun des observateurs décrive ce concept avec les mêmes quantificateurs qu un autre observateur, afin que les descriptions puissent etre comparables et comparées.

      Les étudiants sont ils attentifs , respectueux, le prof est il autoritaire ou non, utilise t il ou non l outil informatique, connait il ou non Hector, ne sont pas des qualificateurs ni quantificateurs du concept
      que l’ on veut décrire. De tels quantificateurs seraient par exemple (une fois la définition réalisée) des taux de succès a des épreuves, le resultat d évaluations de capacités a résoudre des problèmes etc…

      A lire les réactions des professionnels de la transmission des connaissances, il existe une immense frustration, parfois de la nostalgie , parfois de la colère par rapport a la description du concept faite dans ce billet.

      Mais il n existe pas de confrontation de points de vues sur le concept , il n est pas qualifié avec les mêmes qualificateurs, il n est pas fait usage de quantificateurs non plus.

      Les intervenants s écharpent sur tel ou tel aspect de la pédagogie, tel ou tel préjugé sur les opinions politiques, telle ou telle nostalgie sur telle ou telle vision du monde.

      Mais aucun ne remarque que si l on accepte la définition du concept (un ou des profs, un ou des élèves et une relation de transmission de sa connaissance personnelle, tous animés de buts convergents ) alors ce dont il est question dans le billet n est pas de la transmission de la connaissance. C’ est autre chose qu’ il faut définir.
      On peut tout imaginer : du gardiennage, de la conversation, de l étude encadrée, de l’ endoctrinement, du théatre…

      Pour définir ce qu’ est cette chose , il faut la conceptualiser , (la définir ), puis choisir des quantificateurs et des quantificateurs, ensuite décrire cette chose a l aide de ceux ci.
      Enfin les descriptions utilisant les mêmes outils pourront etre comparées en fonction des différentes subjectivités (prof, élèves ..,). Exemple de concept au hasard  » transmissions d’ outils nécessaires pour trouver un travail dans cette société par des professeurs n ayant pas ces outils sur des élèves qui le savent très bien »

      La colère que l on ressent chez certains intervenants vient de ce qu’ ils perçoivent sans pouvoir le nommer car non encore conceptualisé, l objet conceptuel qui remplace aujourd’ hui la « transmission des connaissances » , il lui donnent alors a regret le même nom, ce qui les frustre.

      • pseudo cyclique

        @tique
        à défaut de définir le savoir , on peut essayer de caracteriser sa transmission :

        un bon enseignant -et je vais pas faire plaisir – doit etre capable en 5 lignes d’expliquer sa thése de doctorat , il arrive à interesser sur des matières arides et réussit à faire assimiler des trucs de base et je dirais peu importe la méthode ,parceque là où ça coince c’est la méthode :

        des supports inadaptés parcequ’obsolètes (du matériel qui aurait sa place dans des musées ) ou des supports pas assez bien maitrisés (une keynote de steve jobs et un powerpoint fait à l’arrache ça a rien à voir ^^ par exemple ) .

        un enseignant excellent enseigne sa maniere de vivre à travers sa matiere .et c’est tres rare .

        la plus part du temps les etudiants se debrouillent avec des enseignants faisant le job ni plus ni moins ,il n’y a pas d’enthousiasme ni de dialogue : c’est ça le noeud du probleme , les amphi ne sont pas adaptés aux générations d’autistes iphonesques , les semestres sensés donner une equivalence eurpéenne ne riment à rien .et le diplome n’assure en rien une place garantie dans la société -à part le classement dans les grandes ecoles et la feroce concurrence regnant dans les formations medicales .

        @kercoz
        +1 pas mieux
        et c’est étonnant qu’il n’y ai pas plus de problemes que ça dans les batiments nouvellement construits …

      • Tigue

        A pseudo cycloque

        Cinq lignes hein…
        Je ne sais pas faire ça.
        Tchaw.

      • blob

        >Pseudo cyclique

        Richard Feynman disait: « Si je peux vous expliquer pourquoi j’ai eu un prix Nobel en moins d’une minute, ça ne vaut pas un prix Nobel ».

        Et pourtant, question enseignement, il s’y connaissait le Dick…

  41. Sujet très intéressant et discussion à laquelle je souhaite participer en tant qu’informaticien.

    Je désire ici orienter la réflexion sur l’objet Internet dans quelques directions précises que je n’ai pas encore vu aborder ici. J’aimerais avoir l’avis des lecteurs de ce billet.

    1) pérénité des informations
    avec les sauvegardes, centres de secours et autres copies personnelles, on peut désormais
    rendre indestructibles les documents ; si un exemplaire disparaît (référence à la bibliothèque d’Alexandrie), il en reste bien d’autres répartis dans le monde entier, qui plus est facilement reproductibles ; en outre, un site tel que http://www.archive.org conserve le contenu des sites, même ceux ayant disparu.

    2) capacité infinie de conservation
    Les capacités d’enregistrement ont tellement progressé que l’humanité peut désormais
    conserver toutes les informations qu’elle produit, en plus du pré-existant ; ce n’était pas le cas il y a moins d’une génération, lorsque l’on perdait le contenu de chaque mémoire humaine, bien mortelle.

    3) quelle qualité ?
    On trouve (presque) de tout sur Internet, en bien comme en mal ; qui peut présumer la qualité d’une information particulière et sa signification, une fois mise en relation avec une autre ? Pensons en particulier à une supposée encyclopédie en ligne dont les articles sont modifiés dans le dos des rédacteurs par diverses personnes et selon des critères non affichés.

    4) qui paie et pourquoi ?
    Comme nous sommes sur un blog qui traite d’économie, parlons aussi d’argent (oh, le gros mot
    !) : Internet doit être gratuit, affirme-t-on partout ; pourtant, son fonctionnement ne l’est pas (ordinateurs serveurs, réseaux), alors qui paie ? Pour l’instant, la seule publicité ou le don fait par quelques individus enthousiastes ou au contraire soucieux de se faire connaître (je pense à certains réseaux sociaux tels que Fesse de Bouc). Mais, en particulier, qui diffuse de la publicité n’est pas neutre et le fait dans un but précis, d’où la question de la dépendance ou indépendance de ce qui se diffuse sur Internet.

    5) Les auteurs, ces oubliés
    Tout le monde estime normal de payer pour avoir un ordinateur, l’électricité pour l’alimenter et le réseau pour le relier à d’autres, mais pas pour obtenir les informations se trouvant sur Internet ; or un sujet ignoré ici mais qui existera toujours est le rôle du droit d’auteur sur Internet : tout ce qui se publie a été créé par un être humain ; si l’auteur diffuse gratuitement sa création, de quoi vivra-t-il si ce n’est pas le travail pour lequel le paie un employeur ? Si éventuellement l’auteur voit copier son travail, se l’approprier (voire le déformer) par d’autres sans indication d’origine, pourquoi voudra-t-il continuer de le diffuser, gratuitement qui plus est ? Tout travail mérite salaire, disait on ; d’où l’existence de certains refus de diffusion. On avait pourtant lancé l’idée des
    micropaiements pour rémunérer la consultation en ligne, mais elle n’a guère connu le succès
    à ce jour.

    6) Les manipulations possibles
    Il est des personnes ou institutions aux moyens parfois très puissants qui tentent pour des
    raisons diverses de manipuler l’information diffusée sur Internet : par le refus de diffusion (parce que c’est décrété illégal, c’est secret ou bien c’est réservé à nos clients, ceux qui paient), ou bien par refus de diffusion d’informations vraies (mensonge par omission), par création d’informations volontairement fausses, par dénigrement d’informations vraies, par manipulation des moteurs de recherche pour modifier l’ordre d’apparition des pages en réponse à une interrogation, etc.
    Vous avez dit censure ? Manipulation ? En prime, l’anonymat fait des ravages, certains croyant pouvoir diffuser impunément n’importe quoi sans se sentir pour autant responsable de ce qu’ils font.

    7) L’esprit critique
    Bref, seuls l’examen critique et le libre arbitre permettent de faire le tri des informations, sur Internet comme ailleurs : tout ne s’y trouve pas et ce qui est visible n’est pas forcément chimiquement pur ; encore faut-il le savoir, être formé et habitué à son examen et à son usage.

    8) L’enseignement
    Enfin, pour ce qui concerne plus particulièrement l’enseignement et en corrolaire du point
    précédent, le rôle central de l’enseignant est selon moi de savoir guider l’élève dans l’acquisition des connaissances ; ce en quoi il reste et restera irremplaçable. Après tout, le mot instituteur contient la racine tuteur, celui qui soutient.

    Meilleures salutations.

    Frédéric de SOLLIERS

    http://www.de-solliers.fr

    • Pierre

      8) Dans l’état actuel de la technologie informatique et énergétique et de l’accès aux matières premières, il est impossible de fournir matériellement un terminal informatique à tous les habitants de la planète.
      9) La mémoire informatique du grand publique, conservée à titre privé, est très sensible aux armes électro-magnétiques…….

  42. Saule

    Nous ne devons plus nous imposer comme ceux qui savent, les seuls qui savent. Mais bel et bien comme ceux avec qui l’on peut, avec qui l’on doit échanger. Pour que chacun d’entre nous grandisse à l’autre.

    Merci………de tout coeur…merci!

    Qu’importe, c’est dans la nécessité évolutive que s’inscrira le changement ; comme toujours, et c’est commun à toutes les espèces. Et le pré-carré de l’enseignement, tout comme le monde de la finance n’y échappera pas.

    Une conclusion qui ouvre un champ de perspectives nouvelles. Derrière le mur de nuages sombres d’un monde qui s’achève, l’horizon à perte de vue du « nouveau né ».

    Quand tout est fini c’est que tout reste à faire.

    Oui ce blog est atypique, c’est le blog d’un anthropologue qui aime le « petit d’homme » que nous sommes.

  43. pierre-françois

    @nicolas

    C’est vrai que le passage d’une relation one to many à une relation many to many risque de changer la donne dans bien des domaines. ( enseignement , politique ).
    Selon moi, ça va éliminer les plus mauvais ou les moins bons selon le sens que l’on veut bien voir. Ca va aussi forcer les professeurs les tenants du savoir à être compétent sur des sujets très variés. Les frontières autrefois infranchissable entre sciences dures et sciences humaines vont être abattues. Le meilleur exemple à ça est Paul qui peut parler de la relativité restreinte en passant par Freud pour finir sur elvis presley avec au milieu la finance.
    Internet multiplie le champ des possibles pour les élèves mais aussi pour les professeurs.

    Je suis impatient de mesurer les changements que cela va entrainer sur le monde politique. Comment faire passer un message onte to many essence meme du politique à l heure du many to many?

  44. Pierre-Igor

    Cet élément a déjà été abordé par certaines réponses mais je voudrais réagir vis-à-vis de l’auteur, dont je partage l’âge puisque je suis de 64 également, ainsi que les préoccupations de saut générationnels, puisque mes trois enfants ont entre vingt et seize ans : selon moi, Internet n’a strictement rien changé à l’objectif fondamental d’un enseignement quelconque qui doit être de transmettre à l’enseigné les outils critiques nécessaires à la mise en forme de l’information ; j’entends par là non pas l’acquisition des faits (ou des data bruts) mais bien leur mise en questionnement et l’élaboration d’une opinion personnelle et critique sur ceux-ci.
    Contrairement à l’opinion générale, je pense qu’Internet ne simplifie pas le travail d’acquisition de la connaissance mais justement, si vous me passez ce néologisme, l’informise, c’est-à-dire le rend informe.
    Ce phénomène prend sa source dans la surabondance de l’information brute disponible et dans la difficulté de prendre le recul critique nécessaire. Comme les systèmes d’enseignement sont depuis près de vingt ans axés sur l’acquisition de l’information brute immédiatement utile et on relégué au rayon des accessoires inutiles le travail critique sur celle-ci (nonobstant les établissements qui font ici ou là de la résistance), Internet est un frein autant qu’un outil.

    • pierre-françois

      non, je reste persuadé du contraire. C’est un changement majeur. L’écart type de niveau entre les plus faibles et les meilleurs va largement augmenter.
      Les meilleurs ceux qui arrivent à faire le lien entre les informations et les connaissances vont pouvoir apprendre des choses qui étaient autrefois impossible ( soit par temps par argent ou les deux).
      Les moins bons, c’est à dire les moins autonomes, ceux qui ont besoin justement d’un professeur risquent d’être perdus.

      • Pierre-Igor

        Comme je suis d’accord avec vous mais que vous commencez votre phrase par un « non », c’est que je me suis fait mal comprendre : je postule que l’usage d’internet ne peut être un plus que si l’on renforce le rôle de l’enseignant en tant qu’apportant la méthodologie de mise en forme critique de l’information, rôle qu’Intenet seul ne peut assumer.
        Les « moins bons » ont effectivement besoin d’un professeur !

    • mianne

      Il y a un côté humain dans l’enseignement, une transmission qui va de l’enseignant à l’enseigné au moins dans l’enseignement basique, ce qui n’empêche pas de parfaire ensuite ses connaissances au moyen d’Internet, une fois que s’est développé le sens critique de l’étudiant, mais pas avant .

  45. On peut remplacer les profs de violon (qui souvent n’ont qu’un seul élève (quelle gabegie !)) par un duplicateur de dvd ?

    • mianne

      Un résumé plein d’humour, un peu comme l’histoire d’apprendre à nager par Internet !

  46. Jls.

    Il faut transmettre aux élèves la maîtrise de l’apprentissage. Il faut leur apprendre à chercher l’information plutôt qu’à l’emmagasiner, à savoir faire preuve d’esprit critique et à recouper ses sources, à juger de sa crédibilité… Mis à part lire, écrire et compter il n’y a rien de plus fondamental que ça aujourd’hui.

    Il faut aussi apprendre à s’exprimer car internet est un média bi-directionnel qui permet de lire du contenu (au sens large: information technique, opinion, oeuvre..) mais aussi d’en publier, hors sans publication, pas de contenu.
    Ne regarder que l’aspect « réception » c’est passer à côté de la moitié de l’enjeu du numérique. Qui est de permettre à chaque personne ayant quelque chose à publier de savoir le faire, de pouvoir le faire, et de le faire efficacement.

    L’époque où le seul moyen d’accéder immédiatement à de l’information était d’être érudit ou de demander à un érudit est RÉVOLUE. Aujourd’hui, l’information qui pouvait se trouver à 800km au fond d’une bibliothèque mal classée nécessitant une journée de voyage et des heures de recherche est disponible en un clic et 2 secondes. Et à l’intérieur du bouquin de 800 pages qu’il fallait feuilleter pendant 2 heures, aujourd’hui, on fait une recherche par mot clé et on a le résultat dans le quart de seconde.

    Il ne s’agit donc plus tant d’apprendre aujourd’hui, que de rechercher, filtrer, sélectionner, juger, raisonner, mettre en perspective.

    Et ça exige de revoir l’ensemble du processus scolaire. Pas juste une matière de 2h au collège pour apprendre des rudiments d’économie numérique et de recherche Google. Tout revoir : les buts, les méthodes, les cours, les cursus, les priorités, les évaluations, les examens…

    Même les capacités cognitives à développer doivent être revues. Ça ne sert plus à rien aujourd’hui d’entrainer à mort la mémoire à long terme, avec des poésies à retenir, des cours à bachotter, etc., mais il faut mettre le paquet sur la mémoire de travail qui est essentielle pour mener une recherche, mettre en perspective, recouper, vérifier…

    Il ne s’agit évidemment pas de la mort des connaissances, ce n’est pas parce que j’ai accès à des tas de cours de chimie sur le net que je peux m’improviser chimiste demain matin. Mais l’info brute doit être remplacée par le savoir-faire. C’est un truc qu’on connait en informatique : savoir coder, ce n’est pas connaitre par coeur absolument toutes les classes, commandes et langages ; il y a des docs pour cela. Bien-sûr qu’il faut quand-même en connaitre, mais l’essentiel ça reste le savoir-faire, plus le savoir brut.

    • olivier

      « Ça ne sert plus à rien aujourd’hui d’entrainer à mort la mémoire à long terme »
      Vous auriez dû dire cela cela à Primo Levi qui récitait (pour lui) des extraits de la divine comédie du fond de son trou à Auschwitz.
      « Mais l’info brute doit être remplacée par le savoir-faire »
      C’est une erreur de penser que le savoir n’appartient pas au savoir faire. exemple: Comprendre l’ironie suppose un grand savoir-faire qui repose sur un savoir.

  47. mianne

    Je suis pour sûr, le seul professeur de mon département et peut être de toute la Faculté à faire noter de façon anonyme mes modules de cours par les étudiants en fin de session, et ce depuis 8 ans.

    C’est à celui qui détient les connaissances et le savoir-faire de noter ses apprentis, pas l’inverse . L’Education Nationale a tenté le procédé de la notation des professeurs par les élèves dans des collèges et des lycées, ce qui a abouti à une perte du contenu du cours , obligeant les profs à jouer à qui serait le plus démagogue en surnotant les devoirs et en retirant du cours tout ce qui ne plaisait pas, tout ce qui n’était pas ludique et au goût du jour .

    Si votre analyse fouillée et argumentée de chercheur n’est pas conforme à la pensée unique du moment dans laquelle baignent des étudiants encore inexpérimentés et leur fait vous attribuer une mauvaise note, changerez-vous le contenu de votre cours pour vous y conformer afin qu’ils vous donnent une bonne note ? Cela manquerait d’ honnêteté intellectuelle .

    C’est l’écolier qui a besoin de trouver ses repères et de se rassurer avec les bonnes notes que l’adullte-qui-sait lui attribue, pas l’inverse .

    Par contre, trouver un moyen de répertorier avec eux les passages de votre cours où ils ont besoin d’explications ou de précisions supplémentaires leur serait plus profitable que de vous noter.

  48. timiota

    Toute nouvelle technique/nouveau support de mémoire commence par « désublimer » ce qui était tissé dans les apprentissages précédents. (Discours Stieglérien, pour ceux qui ne connaissent pas).

    Les caisses automatiques au supermarché vous en convaincront peut être.

    Ce n’est que par une stratégie d’attention et de soin que l’on adopte la nouvelle technique au lieu de simplement s’y adapter (exemple « récent » : la lecture, exemple « archaique » : la langue, support de la transmission du savoir technique des hominidés lorsque se développa le cortex néo-frontal (lire Leroi-Gourhan, Damasio, Rifkin,…)

    L’évolution actuelle est toutefois extrêmement rapide et s’accompagne de glissements globaux (environnement, nourriture). Nos chances de faire de « l’adaptation » sont réduites d’autant, et l’entrée dans un régime d’instabilité tel que celui qu’on voit issu du néolibéralisme sur les bourses et ou les matières premières me semble prémonitoire.

    Le but de l’éducation « de sauvetage » dans cette situation, serait donc de retrouver le stable dans un environnement très instable.
    Or le seul noyau dont nous soyons « sûrs » est biologique, c’est le fonctionnement de notre cerveau, et nos mécanismes d’empathie qui nous poussent à éviter le pire et à un minimum d’altruisme.
    Le but de l’éducation serait donc selon moi, de permettre une lecture « stabilisante » (mais non figée), de la réalité, et notamment de la place des techniques dans cette réalité. Place qui a besoin d’être expliquée avec grand renfort de nos amis historiens et sociologues, voire avec les … anthropologues.

    • timiota

      trois Rqs :
      - kercoz (j’anticipe) vous dira que la stabilité se retrouve en fragmentant les entités.
      C’est sans doute assez vrai, mais à mon sens la raison est que cela fait naturellement plus de place à l’empathie (on pourrait faire une théorie entropique de l’empathie, et expliquer sa dilution logarithmique dans les grands systèmes, p ex les systèmes totalitaires).
      - Je recoupe donc un peu le Cygne Noir de N N Taleb, en disant qu’il faut se préparer à de l’instabilité, en ne mettant pas trop d’œufs dans le même panier.
      - Avoir réalisé que l’homme n’était qu’un animal (Darwin) pas maitre de ses pensées (Freud) n’était qu’une toute petite partie de la question, dans la mesure où cela nous ramène à notre fonction d’acteur aveugle d’un système complexe.

  49. Antoine

    L’universitaire qui a appris quoi jusqu’alors? A bien se comporter une fois désoeuvré? Transmission du savoir, mais quel savoir au juste? Celui de prétendre comprendre des choses qui au final n’ont guère d’utilité?
    L’enseignement supérieur dans la médiocrité selon moi, et c’est mon sentiment pour tout le système éducatif, qui encense la distinction par l’intelligence et entretient donc la notion de classe…

    J’ai eu l’occasion de discuter avec un professeur de musicologie, donnant des conférence à normal sup, directeur d’un master je ne sais plus trop où… Bien conscient que l’université n’apporte rien d’autre que le chômage pour la majorité, et émarge à plus de 5000 EUROS par mois pour faire ce fameux constat.

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