La quadrature du cercle : Fannie & Freddie

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

A la nouvelle de la nationalisation de facto des Government–Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac, le CAC 40 a bondi de 3,42 %, le Dow Jones de 2,58 % et le Footsie, de 3,92 %. Cet engouement des milieux financiers pour une solution socialiste des problèmes révèle à quel point le changement des mentalités suscité par la crise a été radical.

Mr. Paulson, le Secrétaire du Trésor américain, dont la presse nous rapportait ce matin que la décision avait été déterminée par la découverte que la comptabilité récente des deux GSE était encore exagérément optimiste, a dû s’en sentir conforté. Un calcul rapide montre cependant que s’il avait étendu sa mesure de saisie conservatoire à d’autres entreprises américaines en détresse comme la General Motors, Ford et Chrysler dans la sphère automobile, ainsi qu’à Lehman Brothers et Merrill Lynch à Wall Street, le CAC 40 aurait grimpé d’au moins 15 % !

Tout est bien qui finit bien, et le calvaire de l’ancien patron de Goldman Sachs qui avale des couleuvres depuis plusieurs mois s’achève enfin. Lors de sa conférence de presse d’hier matin, son visage grimaçait ostensiblement alors qu’il lisait le texte que j’avais rédigé à son intention, dénonçant « le conflit inhérent et le business model déficient sous-jacent à la structure des GSE » que j’évoque à la page 104 de Vers la crise du capitalisme américain ? (2007) ou soulignant la nécessité impérative pour l’Etat américain de « résoudre le conflit entre des objectifs privés et publics » qui les caractérisait, comme j’y insiste à la page 108 du même ouvrage.

Cette reconnaissance de mes thèses était sans doute un peu tardive mais le fait qu’elle soit relayée hier par un nombre considérable de chaînes de télévision me mettait du baume au cœur. J’avais en effet été chagriné le jour précédent quand j’avais lu la synthèse de « La crise des subprimes », un rapport du Conseil d’Analyse Économique, signé Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard, qui débute par ces mots :

La crise financière qui débute en août 2007 a surpris tous les observateurs. Peu avant l’été, nombreux sont ceux qui anticipaient une augmentation des défaillances sur les prêts hypothécaires à risque, les fameux prêts subprimes. Mais personne n’imaginait que cela puisse déboucher sur une crise financière que certains n’hésitent pas à comparer à celle de 1929.

« Tous les observateurs ? » Vraiment ? Le feu des projecteurs sur Henry Paulson m’a offert hier l’occasion d’une savoureuse revanche.

NB : A l’intention de ceux d’entre vous (vous êtes nombreux !) que me prenez parfois beaucoup trop au sérieux : non, je n’ai pas été consulté par Mr. Paulson !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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21 réflexions sur « La quadrature du cercle : Fannie & Freddie »

  1. Au sujet de vos rapports avec les Pouvoirs financiers / politiques, « on » ne sait plus très bien (enfin moi du moins…) démêler le faux du vrai dans vos plaisanteries ! Il est vrai que je ne suis devenu lecteur assidu de votre blog que récemment, et par ailleurs modeste participant perdu au milieu des « têtes » du monde financier et du monde intellectuel qui dialoguent ici avec vous. J’ai en effet très peu lu les chroniques qui précédent ma découverte du Blog (il y a 3 ou 4 mois), faute de temps, et non par manque d’intérêt. Ceci explique peut-être cela.

    OK, tant pis, j’accepte de jouer le rôle du naïf pas très futé « de service » : D’après votre NB, faut-il comprendre que vous avez eu la surprise (fort agréable au demeurant) de retrouver dans la bouche de Mr Paulson des termes et une analyse développés dans votre livre « Vers la crise du capitalisme américain » ? Pour ma part, c’est l’explication que je retiens.

    Au fait, que devient « L’implosion » ? Y a t-il des échos en nombre suffisant dans la presse, et les ventes suivent-elles ? Vous permettent-elles d’espérer un revenu de base ? Ou bien le déni de réalité continue-t-il à frapper envers et contre tout ? Limitant forcément les ventes de votre livre ? Confinant les rares analystes lucides, dont vous faites partie, dans un ostracisme injuste ?

    …A propos de rares analystes lucides, ceux qui annonçaient et expliquaient la crise à venir à son tout début (2006-2007, ou même avant !), et bien… j’en ai découvert un grâce aux commentaires ici-même de Yannick56 et Hudson, il y a quelques jours : il s’agit de Loïc Abadie. Pour son très jeune âge, il est remarquable ! Et d’une aide précieuse au quotidien. Merci les gars, c’est tout ce dont j’avais besoin, et que je cherchais sans trouver depuis maintenant dix mois.

  2. Mes rapports avec les Pouvoirs financiers / politiques, s’ils existent, doivent résulter uniquement de financiers et de politiques lisant mon blog – en prenant bien soin de ne pas me le signaler. Comme vous utilisez pratiquement tous des pseudonymes, il m’est très difficile de savoir qui est qui : qui est en réalité « Catherine » ? Une ancienne candidate à la Présidence de la République ? « Whynot » est-il Thierry Meyssan lui-même ? Ou Jean-Marie Bigard ? Mystère !

    L’implosion se vendait en juin entre 50 et 100 exemplaires par semaine, ce qui représente un revenu de 85 € à 170 € par semaine.

    A propos de Mr. Paulson. Interprétation correcte : cela m’a à la fois surpris et fait plaisir, de voir un ministre américain, de surcroît ancien patron de Goldman Sachs, dire des choses que l’on voit très rarement exprimées aussi bien aux États–Unis, qu’en France – à part dans mes livres.

    Ceci dit, je suis extrêmement satisfait de l’écho que rencontre ce que j’écris : la fréquentation du site et du blog progresse d’une manière qui me sidère (tout particulièrement en ce moment), les éditeurs m’enchantent, les quotidiens, magazines, radios me contactent – comme vous avez pu le constater – de plus en plus souvent. On me contacte depuis quelques semaines pour me demander si je serais intéressé par des enseignements, par des projets de recherche, etc.

    Et vous êtes très nombreux à me contacter par e-mail pour échanger des idées mais – comme je l’ai dit – aucun politique ni financier (à part, pour ces derniers, d’anciens collègues !).

  3. Paul, vous avez mis en exergue avec brio le conflit entre objectifs privés et objectifs publics qui rend déficient le modèle économique des GSE. A la sortie, les investisseurs privés sont propriétaires d’actions qui ne valent rien et les investisseurs publics d’état (Chine, Russie,etc….) sont propriétaires d’obligations dont la valeur est garantie par le gouvernement US. Cela nous remémore Eurotunnel avec ses petits actionnaires floués et ses banques propriétaires de la dette qui enfle. Comment parler de financement durable après ? Parfois aussi, les dettes sont privatiséees et les bénéfices sont socialisés.

  4. Monsieur JORION,

    je lis votre blog régulièrement car vous partagez des idées avec quelques autres personnes qui m’intéressent. Cependant, je trouve que votre dernier post, où vous dites que Mr PAULSON reprend très certainement vos idées, est assez inquiétant. Pensez vous vraiment être le seul visionnaire qui a pu anticiper ce qui se produit actuellement? Je trouve que pensez cela montre que votre égo est devenu démesuré et montre surtout une piètre connaissance des travaux que d’autres personnes ont pu produire, de bien meilleure qualité que le votre car très concret.

    En voici un simple exemple:
    http://tropicalbear.over-blog.com/article-22563979.html

    Par ailleurs, ce que vous dénoncez est d’un grand classique, à savoir la folie du milieu financier en l’absence de tout controle. L’histoire se repète comme dans les années 30, rien de nouveau donc. N’importe quelle personne de bon sens pouvait se douter que les choses allaient mal au vu des bulles spéculatives qui se créaient sous nos yeux (Internet puis immobilier).

    Aussi, pensez que vous etes le seul à avoir vu cela, et aller croire que Mr PAULSON se soit rendu à l’évidence grâce à vos travaux, cela est risible. Mr PAULSON devait je pense le savoir depuis très longtemps.

    Cordialement

  5. @ Casam
    Je ne veux pas spécialement défendre Paul Jorion, mais je suis tenté de prendre ce qu’il dit au second degré et vous feriez bien d’en faire autant.

  6. Un New Deal Rooseveltien se met en place aux USA. Espérons qu’il soit suffisament puissant pour canaliser une finance hyper-mondialisée.
    Ce qui n’était pas le cas dans les années 30 où le capitalisme de proximité était la régle donc plus facilement contrôlable.

  7. Soyez rassuré je le prends au deuxième degré mais je trouve que penser qu’on est le seul à avoir anticipé ce qui arrive est un peu léger, et surtout faux. Je pense notamment que beaucoup dans les milieux d’affaire savaient que les choses ne tournaient pas rond et qu’on allait à la catastrophe, mais entrainés par le mouvement, n’ont pas voulu émettre leur opinion.

    Aussi, je ne fais que rappeller une vérité, à savoir qu’Internet a servi alors de caisse de résonance pour faire entendre des opinions contrariennes que seuls ceux qui ont voulu les entendre ont pu trouver. Monsieur JORION en fait partie, mais il est loin d’être le seul, et certains ont eu des analyses que je trouve, mais c’est mon avis personnel, encore plus perspicaces.

    Par ailleurs, pour toute personne qui s’intéresse à l’histoire et à l’économie, l’ensemble des évènements actuels ne sont qu’une nouvelle version des éternels problèmes qu’affrontent les hommes, et en particulier les milieux financiers, à savoir une vision court termiste, individualiste et avec une prise de risque inconsidérée… je pourrais vous citer des millions d’exemple.

    Le caractère particulier de la crise actuelle est son ampleur, dont la fréquence est en effet rare, mais cependant prévisible. Tout connaisseur des cycles économiques et des théories attenantes (Kondratieff, etc…) le savent.

    Aussi, reconnaissons le travail de qualité de Monsieur JORION mais de grâce n’en faisons pas un messie… on a vu où cela nous mêne et les entraine…

  8. @Casam,

    Ne tomberais-tu pas dans le travers que tu dénonces ?

    De plus je pense que tu généralises avec « pour toute personne qui s’intéresse à l’histoire et à l’économie… » et « Tout connaisseur des cycles économiques et des théories attenantes … le savent. »,

    Selon toi, tout le monde était au courant et tu vas bientôt nous expliquer  » Nous, les sommités expertes, avec notre grande connaissance de tout ces mécanismes , bla bla, nous avions tout prévu et ne sommes aucunement surpris et pris au dépourvu par ce qui se passe, blabla, blabla »

    Paul n’a jamais prétendu être un messie et je ne pense pas qu’on le considère comme tel. Ce qui se passe est peut-être un « d’un grand classique », mais lui au moins, ainsi que d’autres et à mon avis fort peu nombreux, en parle.

    (fort peu nombreux avant et pendant la crise bien évidemment, car je ne désespère pas de voir venir les experts, telle la cavalerie US, débouler après la crise pour blablater.)

    Cdlt

  9. Pour revenir sur le fond du sujet, et faire le lien avec d’autres discussions de ce groupe, peut-on considérer que les 200 Mds de dollars (ou plus ?) que le Trésor américain va mettre sur la table pour restructurer ces deux entités et stabiliser le marchés des titres qu’elles ont émis, sont une création monétaire ?

    Si les Russes et les Chinois se désengagent parallèlement aux rachats effectués, cela ne va-t-il pas conduire à une opération blanche du point vue de la stabilité interne du système bancaire américain ?

  10. Paul n’est pas un messie, mais son fils, le Paul son…

    Paul est un prêcheur de vérité, et ses paraboles sont percutantes ; nous cherchions nos pairs et nous trouvâmes un père et des repères !

    ainsi soit-il !

  11. Pour illustrer mon propos et notre discussion au sujet des rares analystes lucides qui tentaient de nous avertir, parmi lesquels notre ami Paul Jorion, voici un des premiers billets, écrit à l’ouverture de son blog, par Loïc Abadie (« tropical bear »). Le billet est intitulé :

     » 2007 : LE DEBUT DE LA GRANDE CRISE  »

    Ce billet a été écrit le mercredi 14 mars 2007, il y a tout juste 18 mois… par un jeune homme de 33 ans seulement ! Oui, karluss, je devine que tu vas dire… l’âge du Christ !!!
    Voici l’article :

     » 2007 : le début de la grande crise
    Pour comprendre comment la déflation va s’installer et les effets qu’elle aura sur nos sociétés, il faut revenir à la période 2002-2006.

    Pendant cette période on a observé une croissance artificielle basée uniquement sur l’accroissement de la dette… Ce type de croissance est toujours associé à un optimisme extrême de la psychologie des foules : On est convaincu que son patrimoine (immobilier, actions… etc.) va monter jusqu’au ciel, et du coup on s’endette pour consommer en pensant que rien ne peut arriver.

    Les évènements actuels : retournement du marché immobilier, faillites en série d’établissements bancaires et de ménages sont en train de casser précisément cette confiance les ménages augmentent moins leur endettement (voir l’article sur la période 2006 -2007) … et ils vont bientôt cesser totalement de l’augmenter pour rembourser leur dettes.

    La source de liquidités providentielle qui a nourri la croissance est non seulement en train de disparaître mais elle va s’inverser pour devenir un « aspirateur » qui détruit les liquidités !

    Conséquences : Une grande crise du même type que celle de 1929 (la dernière grande vague de déflation) va s’installer.

    – Les ménages vont consommer de moins en moins.
    – La chute de consommation va entraîner une récession, donc chômage en forte hausse et faillites qui vont se multiplier.
    – Le chômage et les faillites vont accentuer en retour la chute de consommation et déclencher de nouvelles faillites.

    Ce « cercle infernal » durera jusqu’à liquidation de l’excès de dettes, c’est à dire au moins quelques années.

    Ce type de crise déflationniste (« crédit crunch ») est un évènement rare qui n’arrive en moyenne qu’une ou deux fois par siècle. Ses conséquences sont très sévères : le taux de chômage a ainsi approché 25% aux USA et en Allemagne au plus fort de la crise. Des niveaux du même ordre devraient être observés pour celle qui se met en place actuellement.

    Les ménages français sont beaucoup moins endettés que les américains. Leur situation financière est donc plus saine. Malgré tout notre pays aura à subir les conséquences de cette crise, une grosse récession aux USA se répercute automatiquement sur l’ensemble des économies occidentales… On peut juste espérer que le phénomène soit un peu atténué chez nous : entre 1929 et 1932 le PIB avait chuté de 30% aux US contre 15% en France (mais la récession avait duré plus longtemps chez nous).

    Quelques jours plus tard, le 21 mars 2007, Loïc précisait le timing de la crise :

     » La crise : pourquoi maintenant et pas plus tard ?  »

    Un argument que j’entends souvent sur la crise à venir est de dire que comme la bulle de crédit grossit depuis maintenant 20 ans, elle peut aussi bien continuer sur sa lancée et entretenir la croissance pendant encore 5 ans, 10 ans ou plus… et qu’on aurait donc tort de ne pas investir pendant cette période.

    L’argument est effectivement intéressant, et il est donc essentiel de trouver des indicateurs capables de prévoir et d’annoncer l’arrivée de la crise avec une échéance suffisamment précise.

    Dans cet article, on trouvera une série d’indicateurs et de graphiques expliquant pourquoi l’échéance est sans doute très proche : Le scénario le plus probable pour le début de la récession aux USA est un délai de quelques mois à un an, au grand maximum 18 mois (hypothèse moyenne fin 2007).

    Pour la France et l’Europe on peut compter sur un décalage de 2-3 trimestres supplémentaires, donc plutôt à partir de la 2ème moitié 2008, mais les marchés actions suivront eux les USA sans délai !

    Voici des indicateurs justifiant ces dates : (…, à consulter sur son site…)

    LOIC ABADIE
    (Fin des citations)

    Pour en revenir a l’humour de Paul, je subodore que si nous pouvions le voir écrire, nous ne manquerions pas de remarquer… son œil qui pétille, …un léger sourire, et pourquoi pas, parfois, son rire quand il se prend à imaginer nos ahurissements !!!

    Et bien sûr… je ne parle pas du son de la voix, qui manque si cruellement à l’écrit.

    « …OH OUI PAUL… PARLE-NOUS !  »

  12. @Benoit: je pense que cette description est assez juste mais comparativement à la crise de 1929 il y a beaucoup plus de richesse actuellement ; en 1929 on sortait de la 1ère guerre mondiale, la pauvreté du prolétariat était phénoménale. C’était un peu moyenâgeux comme situation économique.

    Aujourd’hui la richesse économique et technologique est importante en occident ; ceci devrait donc normalement pondérer les effets d’une crise financière.

    Surtout si les gouvernements mettent en place un New Deal mondialisé, car seul, les USA (qui commence un New Deal) ne pourront pas agir sur cette finance mondialisée protéiforme et fuyante.

  13. Merci Benoit de citer Loïc ABADIE, que je cite dans mon post initial pour rappeler que de nombreuses voies se sont fait entendre et depuis plusieurs années, à qui bien sûr voulait et pouvait l’entendre… aussi Paul JORION est un de ces individus, mais pour rappel non le seul, à avoir anticipé les évènements actuels.

    Au delà de Loïc ABADIE et Paul JORION, deux personnes intellectuellement capables de synthétiser et modéliser les phénomènes économiques, je dirais que beaucoup de personnes, des citoyens ordinaires, sentaient que les choses n’allaient pas bien, et ce sur un simple constat, à savoir que malgré leurs salaires, ils n’étaient plus capables d’acheter un bien immobilier… qui pour rappel ont doublé en l’espace de 8 ans.

    On peut donc rendre hommage au travail remarquable notamment d’anonymes qui comme Jean Marc POURE ont depuis 2004 dénoncé les excès que nous voyons se corriger en ce moment. Voici son site. Cette personne a pu par ses initiatives prévenir des méfaits de la bulle qui se gonflait durant ces années. Il a donc consacré une partie majeure de son temps libre à cela, et ce sans rémunération particulière.

    Aussi, avant de tirer des satisfecit sur la clairvoyance de chacun, il est bon de rappeller que des anonymes ont pu par la puissance d’Internet avoir autant d’impact et de clairvoyance que des personnes directement rémunérées par le système ou dépendant de son analyse comme peut l’être Paul JORION qui est rémunéré pour son travail, de qualité je le rappelle.

    Tout comme il serait réducteur d’attribuer les mérites de la résistance au seul Général de Gaulle, je souhaite que chacun prenne conscience que la vérité est souvent accessible, encore faut il s’en donner la peine. Elle est de plus souvent le fruit de réflexions partagées et qui s’enrichissent mutuellement.

    Cela amène à une nécessaire modestie.

    Cordialement

  14. Ce qui est dit au dessus m’amène les réflexions qui suivent.

    Crises (bien documentées dans ce blog) récurrentes, ayant pour scène la mondialisation ou globalisation galopante et pas seulement économique. Qu’est-ce donc qui nous fait « bêler » avec les moutons devant la « globalisation ». Pourquoi la grande échelle serait-elle « meilleure » que la ou les petites. À cette question de ma part, un haut fonctionnaire de la commission européenne de Bruxelles, venu faire dans la ville où j’habite une conférence ayant pour thème : « la démocratie dans les relations internationales », ne sut me répondre… L’interdépendance cache, tout simplement, la – dépendance – tout court. Une dépendance qui vient s’ajouter à l’interdépendance naturelle de toujours : gravité, environnement, écosystème, etc. ainsi que, jusqu’à plus ample informé, l’entropie qui en découle et qui est bien plus faible que l’entropie découlant des activités humaines telles qu’elles sont conduites (ou pas conduites) depuis l’ère industrielle. Il y aurait ici beaucoup plus à dire.

    Pourquoi donc le ressac « mondial » doit-il nous atteindre? C’est une erreur énorme non perçue actuellement à cause du brouhaha fait, précisément, par la mondialisation qui est une homogénéisation accélérant l’entropie, au lieu de chercher à rejoindre l’entropie minimum naturelle en respectant le plus possible le croît biologique par exemple. Si la mondialisation apporte certainement des avantages, on peut les garder bien sûr, mais il faut donner la priorité aux petites structures qui retiennent, dans une mesure appréciable, les richesses des espaces existants.

    La, ou les réformes financières et surtout MONÉTAIRES à entreprendre, formant le plus de réseaux et de relais possible à travers tous les tissus économiques, doivent l’être dans les petites et moyennes échelles, ainsi que dans le sens de la SUBSIDIARITÉ. Que les pouvoirs naturels : couples, familles, régions, provinces, pays, nations, continents, etc. aient la priorité dans TOUS leurs domaines d’application naturels sur les pouvoirs d’en « haut ».

    Je l’ai déjà dit. Dans les domaines financiers et monétaires, mais le domaine énergétique à la même importance cruciale, vitale, et bien si l’on continue à vouloir faire du vrai avec du faux (parce que ça nous « arrange » « maintenant ») nous retomberons toujours, douloureusement sur les effets de notre attitude. La « dialectique » nature-culture débouchera forcément par une culture conforme à la nature. Et je reste dans la partie matérielle du monde ici bas en disant cela. Les idéologies de la liberté qui pullulent partout finissent toujours par nous faire retomber lourdement et douloureusement sur nos déterminismes, biologiques, socio-culturels, etc. La conscience humaine qui se croit libre, ne s’aperçoit pas du déterminisme qui la conduit, d’ailleurs en lui mettant un bandeau sur les yeux et des bouchons dans les oreilles.

  15. Bonjour,

    Malgré la justesse de vos analyses Paul, il y a un détail sur lequel je voudrais revenir :

    Cet engouement des milieux financiers pour une solution socialiste des problèmes révèle à quel point le changement des mentalités suscité par la crise a été radical.

    Je ne suis pas sûr. Sans vouloir faire mon gauchiste de base, il me semble dans la continuité (au moins depuis une vingtaine d’années en France et sûrement plus aux US) de nationaliser les pertes (et par opposition de privatiser les secteurs rentables). J’espère pourtant avoir tort et qu’une réelle prise de conscience aura lieu dans les prochaines années (j’ai du mal à y croire il faut l’avouer).

    Merci beaucoup pour ce blog extrêmement intéressant (J’ai mis le temps, mais j’ai fini par dépiler les années d’articles que j’avais manque, cela aura été instructif).

    Cordialement

  16. Il me vient un complément de mon précédent message.

    Le « sauvetage » du système financier actuel est un « sauvetage » d’un pouvoir mondial, car mondialiste. Pour illustration, ce « pouvoir mondialiste » continuateur de ceux qui fomentèrent l’Union soviétique, prototype de mondialisme désormais jeté aux orties (1), et qui se prolonge en instrumentant à présent le capitalisme par la financiarisation « totale(itaire) » du dit capitalisme devenu capitalisme financier. Ce pouvoir, dont l’effet est donc le système financier et monétaire dont il faut, d’une façon ou d’une autre, se soustraire d’urgence, car la nasse se referme…

    Un grand banquier historique déclara: « donnez moi le contrôle de la monnaie d’une nation et je me moque de qui fait ses lois ». Autrement dit : « donnez-moi le contrôle de la monnaie mondiale (j’ai tout fait pour que le dollar devienne la monnaie mondiale) et je me moque des « lois » de ce monde ». Le droit international (qui n’est qu’un pseudo-droit) est le tout premier objet de cette moquerie, car il est, précisément, le « paravent convenable » de ce pouvoir mondial-mondialiste dont il est inutile que je vous fasse ici un dessin.

    Au slogan du XIXème siècle : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! », ici, mondialisme en marche triomphale, succède, un siècle et demi après, ce slogan que j’invente mais qui colle à la réalité: « Riches du monde entier, vous êtes unis dans la république universelle de l’argent Roi ! Le monde est à vous ! »

  17. @ Mathieu

    C’est le thème, traité sur un mode sérieux cette fois, de mon article L’après-capitalisme s’invente aujourd’hui, dans le No 151 de Le Débat, paru hier en librairie.

  18. Merci bien, je ne manquerais pas de lire votre analyse a ce sujet, en particulier ce que vous pensez a propos de l’evolution de cette tendance en reaction a la crise a venir (entre l’eternel recommencement propre a la nature humaine, ou au contraire vers une hypothetique, veritable evolution de cette derniere)

    PS: desole pour l’absence d’accents qui doit etre penible pour certains, mon clavier n’etant pas francais (je ne connais malheureusement pas par coeur les codes ASCII qui pourraient resoudre ce probleme)

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