Rideau !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le message que l’on recevra demain de la bouche de Mr. Geithner, le nouveau ministre des finances américain, c’est que le salut ne viendra pas des États–Unis. Il nous annoncera une myriade d’initiatives insignifiantes représentant une poussière d’intérêts particuliers et où tous les méchants seront amplement récompensés : hedge funds, paradis fiscaux, spéculateurs à la petite et à la grande semaine et financiers véreux. « Everybody knows the good guys lost », tout le monde sait que les bons ont perdu, chantait déjà Léonard Cohen. On aurait pu espérer un New Deal à la Franklin D. Roosevelt, manque de pot, ce coup-ci cela aurait coûté beaucoup trop cher et on se tourne plutôt vers les rustines : ça tiendra ce que ça pourra !

On s’inquiétait déjà à la vue de l’équipe qu’Obama entreprit de constituer au lendemain de son élection et où l’on retrouvait les survivants les plus éclopés de l’équipe Clinton, et dont le meilleur exemple est Larry Summers : les convertis les plus récents à l’ultralibéralisme et donc les plus dangereux. Geithner accusant la Chine de manipulation de sa devise lors de sa confirmation devant le Sénat, le 21 janvier, donnait le ton : pas de gratitude à attendre des États–Unis envers la Chine pour le sauvetage du consommateur américain durant la période 2002-2007. Ce sera désormais chacun pour soi : si les Chinois ont été assez bêtes pour acheter à coup de dizaines de milliards de dollars les titres adossés à des prêts hypothécaires américains, tant pis pour eux !

Quand le communisme s’écroula en 1989, il existait un plan B : s’il mourait de sa belle mort, c’est qu’il avait eu tort et le capitalisme raison, et plus on prendrait de celui-ci, mieux on se porterait. Comme on le sait maintenant, le doublement de la dose a précipité la mort du patient. Petit problème cependant pour nous en 2009 : le capitalisme s’écrase en flammes, et il n’existe pas de plan B.

Alors ce sera le repli sur soi, le protectionnisme à tout va, l’apparition de seigneurs de la guerre : plus-radical-que-moi-tu-meurs ! (Madame Merkel en héritera probablement d’un en provenance de Bavière dans les jours qui viennent comme ministre de l’économie : bonjour les dégâts !) Les pays les plus malheureux tomberont dans la guerre civile, les plus heureux constitueront des gouvernements d’unité nationale mobilisés contre leurs voisins (qui sont les responsables évidents de leurs déboires) : Israël et Iran, l’Inde et le Pakistan (à coups d’armes nucléaires), que sais-je encore, l’imagination en cette matière sera certainement au pouvoir : le Venezuela et la Colombie ?

Un aspect positif cependant : tout cela devrait nous laisser un peu plus de temps, entre deux coups de canon et de bombes atomiques, pour réfléchir au plan B qui nous permettra de résoudre les vrais problèmes que nous devrons bientôt affronter : quand nous aurons en 2050 épuisé le pétrole, l’eau potable et l’air respirable.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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95 réflexions sur « Rideau ! »

  1. Bonjour,

    Oulala, je ne crois pas vous avoir déjà lu aussi pessimiste… Brrrr.
    J’ai a peu près la même vision malheureusement.

    Quelque part je pense que de toute façon, il faudra que surviennent des conditions assez extrêmes pour changer les rapports de force actuels et devenir pragmatique avec les solutions prises.
    Une pédagogie par la catastrophe ? Seul brin d’optimisme pour moi, même si j’aspire à une solution politique.

    Au plaisir de vous lire.

  2. Paul!

    M’enfin!

    Il faudra que vous regardiez de près les ref et les liens que j’ai donnés depuis quelques semaines!

    D’accord! L’anthropologie clinique de Jean Gagnepain n’est pas le truc le plus simple que je pouvais vous trouver pour remettre de la perspective et de …. l’espérance. Je n’ai rien d’autre en magasin, mais si vous creusez vous verrez que çà tient sacrément la route. Marcel Gauchet en fin de son article de présentation ds sa revue « le débat » N° 140 demandait à ce qu’on soit à l’heure …. les subprimes ont précipité le mouvement, mais sans nous permettre d’accélérer les choses chez nous…

  3. Et oui dernier détail, « il n’y a pas de plan B » je vous trouve dur.
    Si vous entendez par là des solutions clés en main, ok je n’en vois pas.

    Mais des alternatives au capitalisme et au communisme il y en a beaucoup, je suis désolé.
    Beaucoup de personnes planchent sur d’autres systèmes.

    Est-ce que ces alternatives ont droit de cité dans la sphère des médias ?
    Est-ce que les conditions sont réunis pour ne serait-ce qu’un jour envisager de les prendre en compte sérieusement ?

    Non, hélas. Mais les choses bougent vite.
    La barbarie est une issue possible. Nous envisageons d’autres issues.

    A ce titre-là voici une thèse académique d’un des chercheurs de l’ASPO :
    http://www.ldeo.columbia.edu/~odland/Odland_PeakOilMgt_Dissertation.pdf

    A la page 58, vous avez les 9 scénarios envisagés en fonction de la rapidité de la transition énergétique (on en parle pas beaucoup sur ce blog mais pour moi la crise du capitalisme c’est de la rigolade à coté) et du niveau de planification de cette transition.

  4. Les futurs historiens de la crise actuelle considéreront peut-être ces jours-ci comme un tournant. Non pas en raison des décisions prises, mais à cause de celles qui ne le sont pas. Non pas parce qu’un coin de ciel bleu apparaît dans le ciel d’orage, mais parce que l’on s’enfonce dans la dépression économique sans réaction à la hauteur des circonstances.

    Deux grandes mesures étaient attendues dans le monde occidental, préconisées par des économistes que l’on espérait entendus, la création de bad banks et la nationalisation totale ou partielle (provisoire selon la majorité d’entre eux) du système bancaire. Il s’agissait d’extirper une fois pour toute le mal, faute de quoi les plans de relance économiques ne parviendraient pas à relancer la machine et l’on se trouverait pris dans une « trappe à liquidité », prédite par Keynes et vérifiée depuis au Japon (pour une fois que les prévisions d’un économiste, aussi talentueux soit-il, se vérifient pleinement, signalons-le).

    Plusieurs raisons sont à l’origine de ce qui ne peut pas être considéré autrement que comme un recul, probablement lourd de conséquences. Le coût de l’opération en premier lieu, dont le financement fait problème, entre appel à la dette et création monétaire. Les divisions et une construction financière inachevée pour les Européen. Ainsi que des questions présentées comme « techniques », traduction en réalité de la crise : tri infernal entre bons et mauvais actifs, évaluation au doigt mouillé de ces derniers. Il n’y a en effet plus de marché pour faire référence, ce monde est pratiquement à terre, voilà le seul constat possible, dont les conclusions ne sont toujours pas tirées.

    La finance souhaitait que soient évacués des bilans de ses institutions les actifs toxiques, aux meilleures conditions bien évidemment. Préférant, chez les anglophones, l’expression plus anodine d’« agregator bank » à celle de « bad bank. Elle n’appréciait pas, ce n’est pas plus étonnant, la perspective de nationalisations, même partielles, provisoires et sous un autre intitulé. On a assisté, sur des terrains somme toute secondaires, mais considérés par les banquiers comme inviolables, les bonus et distributions de dividendes, soit à des comportements scandaleux, soit à des déclarations dilatoires sur le thème laissez-nous nos privilèges.

    C’est bien sur ce terrain de l’abolition des privilèges que la question des nationalisations se trouve de facto placée. Les injections de capital public ont en effet deux détestables conséquences pour ceux qui s’y refusent, elles aboutissent à un partage du pouvoir, tout du moins théoriquement, et à la dilution des actionnaires, puisqu’il est désormais considéré comme acquis et normal que ces derniers ne participent pas aux augmentations de capital, on le voit actuellement, refusant d’exercer ce qu’ils dénomment dans d’autres circonstances leur « devoir d’actionnaire ». Se désistant d’un côté, refusant de se voir substitués de l’autre.

    Sans doute sommes-nous là au cœur des raisons d’un étrange surplace, celui d’un système bancaire s’efforçant de retarder d’inévitables nouvelles dépréciations d’actifs, ne sachant pas non plus comment faire le ménage, afin de ne pas reconnaître la nécessité toute crue de renforcer leurs fonds propres, de ne pas être confrontées à l’arrivée d’intrus dans leurs conseils d’administration. Voilà pourquoi, aussi, les autorités américaines auraient décidé d’imposer aux institutions financières US une sorte d’examen de passage, un « check-up » sanitaire de leurs bilans, pour au moins savoir où elles en sont. Le problème de la confiance, ce n’est pas qu’elle a disparu (sous-entendu, pour se cacher quelque part, d’où elle va revenir), c’est qu’elle n’est plus envisageable.

    Derrière cette tentative de biaiser, se dissimulent des intentions plus inquiétantes pour la suite. Comme si nous assistions à une tentative de colmatage de la crise financière avec l’espoir d’aboutir à la relance de l’économie mais en préservant la substance financière qui en est la cause. Mieux contrôlée, simplement, car cette dernière est considérée comme vitale et irremplaçable, sans qu’il soit précisé pour qui et pourquoi. En profitant de fonds publics dont la perte sera diluée dans le temps et la mémoire se perdra. Assorti d’une remise en selle cahin-caha du système bancaire, qui se posera en sauveur pour guérir le mal qu’il a contribué à causer, passant du statut de mouton noir à celui de chevalier blanc. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce tenable ?

    Il est impressionnant de remarquer à quelle vitesse la création de bad banks et la perspective de nationalisation des banques, dans les pays où cela était évoqué, est si rapidement passée à la trappe, comme si une situation par trop irréversible risquait d’être ainsi crée. Comment les aides financières massives dont ont bénéficié les banques, et qu’elles vont continuer à recevoir, n’ont pas jusqu’à ce jour tout du moins été assorties de conditions et de mesures autres que symboliques. Ce qui laisse dès aujourd’hui craindre qu’aucune régulation radicale ne sera demain mise en place, car c’était et cela reste encore l’occasion ou jamais de lier les deux. La question des bonus, des stocks options et des distributions de dividendes fait l’objet d’opérations de diversion, en vue d’accréditer l’idée que ces prébendes seraient la cause du séisme actuel. Pour le coup, l’expression « mesures cosmétiques » trouve là tout son sens.

  5. Là vous m’inquiétez Paul et François, et pourtant dieu sait que je suis un pessimiste parmi les pessimistes et que je soupçonne fort bien que tout cela va très mal finir. Si ceux qui ont un niveau de connaissance financière élevé, une conscience pointue de ce qui se passe baissent les bras, et reconnaissent que les carottes sont cuites alors là….
    Mais non je vais me réveiller demain et vous aurez posté que ceci n’était qu’un test de stress, une expérience psycho sociologique. Avec un tel ton on dirait que c’est presque la fin du blog tel qu’il existe.
    Courage, il y a une lueur tout au fond du tunnel, et ce n’est pas forcément un train qui nous foce dessus ! :)p

  6. Et si on retournait à la campagne.

    L’exode rurale est un phénomène mondial lié à l’énergie bon marché et au développement des transports.
    Peut être sommes nous aussi arrivé au pic de cette exode.

    Nos dirigeants on encore des rêves mégalos : vidons les campagnes et grossissons les villes avec des gens qui ne produisent rien de concret et doivent inventer des artifices de plus en plus compliqués pour faire produire ce qu’ils désirent de plus en plus loin, par des travailleurs de plus en plus pauvre !

    Les projets de grand Paris me font penser aux 200 tours vides de Dubai.

    C’est de l’inventivité mal placée, les meilleurs ne font plus normal sup ou l’X mais « finance ».

    On voit le résultat !

  7. Comme le dit Claude Lévi Strauss « … c’est à la condition d’être pessimiste que l’on prendra conscience des dangers qui nous menacent, que nous aurons le courage d’adopter les solutions nécessaires et donc peut-être nous pourrons recommencer à avoir une certaine dose d’optimisme, disons… modéré.  »

    En attendant je voudrais bien savoir où est passée la crise énergétique pétrolière dont les médias évoquaient enfin l’éventualité future lorsque le prix du baril s’envolait vers les 150$. La récession que nous connaissons a fait chuter la consommation de pétrole et le prix du baril par la même occasion. Jusqu’à quand ? La moindre reprise en vueet le cours des matières premières repartira à la hausse !

    Je crains qu’il ne faille pas attendre 2050 pour que l’épuisement du pétrole pose problème. L’inéluctable baisse de production nous frappera bien avant, obérant définitivement toute velléité de « croissance retrouvée ». Avec un baril à 40$, la « crise » nous fait croire que le pétrole n’est plus un problème… et que la croissance infinie est encore possible ! Le réveil sera douloureux pour ceux qui croient à ce mirage.

    Pourtant en prenant conscience de ce problème, énergétique, bien plus impactant que le problème financier, nous pourrions changer radicalement de cap, toutes les solutions existent déjà, il suffit de vouloir le faire.
    La première des choses serait de taxer fortement les énergies fossiles à la base, afin de nous aider à nous en débarrasser au plus vite. Une énergie chère, ce sont tout de suite des économies, de la relocalisation, des consommations en baisse, des solutions moins énergivores mais plus coûteuses aujourd’hui, du CO2 en moins et… accessoirement… des finances pour aider les plus démunis face à une énergie chère et/ou pour subventionner (en vrac…) la recherche, l’isolation, les transports en commun, le train, etc.

    Nous faisons tout le contraire aujourd’hui.

  8. Bonsoir,

    Mon premier post sur votre formidable site que je ne me lasse pas de faire connaître autour de moi.

    Je partage votre pessimisme sur la dureté et le caractère irréversible de cette crise. Ce pessimisme me permet de regarder les réalités en face et de surmonter les peurs profondes qu’elles m’inspirent. Ce pessimisme me donne du courage et la volonté de lutter. Ce pessimisme m’a poussé à m’engager, à militer et même à faire une campagne électorale dont j’ai été le candidat, alors que j’ai franchi la porte de la permanence d’un parti politique pour la première fois de mon existence il y a 18 mois à peine ! A des amis qui me demandaient avec un brin d’ironie si je croyais que mon mouvement politique avait une chance de l’emporter un jour, j’ai répondu que ce n’était pas ma préoccupation, et que les batailles perdues d’avance étaient les seules qui valaient la peine d’être livrées.

    Nous sommes entrés dans une phase éphémère où l’histoire se fait « malléable », c’est-à-dire où les certitudes de la veille perdent leur attrait, permettant à un nouveau paradigme de se mettre en place. Comme je l’ai dit cette phase sera courte, quelques mois à quelques années tout au plus, au terme desquels de nouveaux dogmes auront été établis, de nouvelles certitudes, de nouvelles rigidités… et la situation se figera de nouveau, pour le meilleur ou pour le pire, et en tout cas pour longtemps.

    Les Etats ne pourront pas résister aux deux mécaniques infernales et contraires qui vont broyer nos sociétés : la déflation née de l’effet de levier inversé (deleveraging) d’une part, l’implosion monétaire et l’hyperinflation nées de la perte de contrôle des dettes publiques d’autre part. Le plan de M. Geithner n’a au fond guère d’importance, car voué à voguer de Charybde en Scylla. Il n’existe plus de bonne solution.

    Nous devons donc considérer comme acquis que le pire des scénarii va se dérouler jusqu’à son terme, et qu’aucune décision des Etats n’est plus en mesure de rétablir un quelconque équilibre. Il nous appartient d’anticiper et de dessiner la nature de ce terme, afin de traverser au mieux la période qui nous en sépare d’une part, de poser les fondations de la reconstruction d’autre part.

    Merci d’avoir créé cet espace qui permet au réseau des libres penseurs de confronter leurs analyses et leurs prospectives.

    Hervé,
    un pessimiste qui ne s’ignore pas

  9. Le style est plaisant, je trouve ça bien que l’on puisse sourire de la crise.
    En revanche pour ce qui est du fond, comme d’autres commentaires le précise, je vous trouve particulièrement pessimiste. Une crise n’est jamais facile, certes. Cependant tant que l’on en est pas sorti il convient de ne pas baisser les bras et de continuer à proposer des solutions et faire avancer le débat. Espérons encore que les Etats sauront s’entendre un minimum pour conduire une action concerté. Il est pourtant malheureux que l’on s’éloigne d’une réelle solution et que l’on préfère utiliser comme vous le dites fort justement de simples rustines. Le problème sera qu’avec ces rustines, une fois cette crise passé le système restera le même; la spéculation reprendra ces vieilles habitudes en attendant la crise suivante etc…jusqu’au moment où l’économie ne pourra plus se relever. Là encore il faut espérer que ce moment n’est pas encore arrivé.

    Néanmoins cet article est surtout intéressant car il met le doigt sur les vrais problèmes que l’on oubli trop souvent. Le passage du pétrole à une nouvelle source d’énergie notamment va être difficile à gérer. L’eau potable et le changement climatique, la désertification… Autant de problèmes qui nous attendent de pied ferme dans les années à venir et auquel il faudra rapidement s’attaquer et trouver des solutions.

    Du seul point de vue de la crise économique, si un « new deal » ne viendra vraisemblablement pas (on peut toujours rêver), je rappellerai seulement votre billet du 22 janvier dernier : « Messieurs qu’on nomme « grands », empêchez le retour des émeutes de la faim ! ». Il serai bon qu’au moins le nécessaire soit fait par les gouvernements et chefs d’états pour éviter cette spéculation abusive sur les matières premières et en particulier sur les produits destinés à l’alimentation.

  10. Où a-t-on jamais vu que les riches et les puissants partagent leurs richesses et leur pouvoir sans qu’on leur force un peu la main?

  11. Vous trouvez l’article de Paul Jorion pessimiste, défaitiste ?

    Bah, il y a peu j’échangeais, un soir, avec un jeune homme de même pas une trentaine d’année, il n’a connu que la crise, rien que la crise, depuis sa naissance. Péniblement il a décroché un boulot qui paye juste les factures après des années de galère et de combines. Alors qu’en je lui ai dit, tu te rends compte, c’est LA CRISE, il a sourit et m’a rétorqué : « la crise, je suis né dedans, je n’en suis jamais sorti, alors tu sais la crise, je connais, je survivrais ». Rideau, alors on a bu un verre en parlant d’autre chose. En revanche, moi même, je ne suis pas certain d’un tel pronostic à mon égard, n’ayant pas le même pedigree. Non, ce qu’il faut c’est apprendre à allumer un feu avec quelques pierres ou quelques morceaux de bois, parce que la viande cuite se digère mieux, y a pas à dire ! J’entends de là les plus pessimistes d’entre nous se demander si il aura … assez de viande.

  12. enfin un peu de pessimisme! On m’a dit que la différence entre le pessimisme et l’optimisme c’est que quand on est trop pessimiste on est obligé de passer aux actes. Ce qui suppose que la situation évoluera en mieux (étant donné qu’elle ne peut que s’améliorer …)

    Le pessimisme est serait donc plus porteur d’espoir que l’optimisme 😉

    je viens donc vous aider dans cette démarche.

    Il est étonnant de voir à quel point les gens se sentent concernés par l’environnement. Sans pour autant changer leurs habitudes. En fait nous n’avons pas le choix. Nous sommes tous obligés de vivre – Ceux qui ne le sont pas ne sont plus là.

    Pour ma part je dois préparer le futur de mes enfants, cotiser pour ma retraite et faire en sorte que le jour ou je mourrai ma femme et mes enfants aient un avenir. Bref comme tout le monde.
    Que faire ?
    1- accepter de prendre un petit boulot au prétexte que gagner moins c’est dépenser/polluer moins?
    2- continuer en gagnant ma vie correctement en construisant/polluant plus et épargner/contribuer à paralyser l’économie?
    3- investir ? dans quoi ?

    Possédant un bon diplôme, ayant fait beaucoup de chantier et de bureau d’études, j’ai géré des projets plus ou moins gros. Partout ou j’ai travaillé, j’ai été reconnu non pas pour mes coups de gueule mais pour ma compétence et mon approche professionnelle. Bref j’ai eu de la chance d’avoir des parents qui m’ont offert des études et je me suis cassé le c*** pour apprendre un métier.

    J’ai donc opté pour la 2eme solution et décroché un poste « à responsabilité » – vous allez voir – dans une entreprise d’énergie renouvelable. Les investissements y sont énormes. Seuls les grands financiers sont capables d’amener les fonds nécessaires à la construction de ces installations – soit dit en passant polluantes et énergétiquement non rentables.

    Dans un projet éolien, la machinerie coute 65% du projet, les frais bancaires 20%, les infrastructures et les travaux 15%. Imaginons que le promoteur soit nul, que les travaux dérapent et coutent 25% plus chers. C’est 1% du coût du projet. Le profit réalisé est donc garantit par l’état…

    Dans ces projets de construction, les décisions sont prises par les financiers; l’argent passe d’une poche pour aller dans une autre.
    Un peu de maquillage pour dire qu’on fait du « vert », un peu de monnaie pour les propriétaires terriens qui n’habitent pas la région, on achète au rabais l’appui inconditionnel des municipalités, une boite de comm pour étouffer dans l’oeuf toute protestation, on met en valeur les retombées économiques – ça c’est le plus drôle – et hop le tour est joué.

    Pour lever le petit doigt je dois passer par mon supérieur. Je ne sers qu’à boucher les trous. Je sers ici d’homme de paille et de fusible pour garder les structures du projet intactes en cas de coup dur. Le capitalisme financier, je le vis de près.

    Officiellement ces projets, permettent de se tourner vers l’avenir et de produire au niveau national max 20% d’électricité « verte ». Soit 4 à 5% de la quantité totale d’énergie dont on a besoin pour fonctionner actuellement.
    Autrement dit une bonne campagne de pub et un peu de covoiturage c’est bien plus efficace et bien moins cher.

    Pour ma part le développement durable est une arnaque complète. Mais c’est un point de vue très personnel.

    Paul vous dites qu’il n’y a pas de plan B. Bien sûr qu’il n’y en a pas car le système dans son état ne peut pas en fournir. Tout le monde dit depuis des années que la trajectoire n’est pas supportable. Maintenant que ca craque pourquoi faudrait il relancer la consommation ?

    Ce qui semble évident c’est d’éviter les guerres et de laisser refroidir le bazar pour savoir ou l’on va. Je ne vois pas comment les banques pourraient ne pas être nationalisées. Et la dedans cous avez un role à jouer. Ce n’est surement pas La solution mais ca permettrait de temporiser les problèmes. Et sans ce pas en avant comment pourrait on y voir plus clair?

    Ce que je trouve difficile à admettre c’est le message que me porte cette forme de capitalisme : si vous ne faites pas partie d’une couche sociale élevée vous n’avez aucun avenir. C’est la fin du reve americain. Aussi dur que vous travaillerez vous ne « réussirez » pas.

    Est il possible de transformer cette terrible frustration en formidable « colle » sociale ?

  13. Je n’ai pas le niveau.
    Je n’ai pas votre niveau:
    Je suis un scientifique; Un pur, un vrai.
    Un capitaliste; Un pur , un vrai
    Un privilégié; endetté.

    Hier, j’ai pleuré. J’ai pleuré car je me suis aperçu de ce qu’ils ont fait. Je me suis rendu compte à quel point leur avidité nous amène vers le précipice. Ils étaient nos bergers, et nous leurs moutons. Nous les avons suivis, et nous sommes aperçus, trop tard, j’en ai peur, que nos bergers étaient des loups.
    En avaient ils conscience ? En ont ils conscience maintenant ? Savent ils où ils nous emmènent ?
    Monsieur Jorion, à bien vous lire, j’ai l’impression qu’une prochaine bulle va éclater; un jour ou l’autre : LA BULLE HUMAINE.

    Ont ils le moindre remords ? Toutes ces souffrances qu’ils ont infligé au monde, en privant le travail d’une juste rémunération. En engraissant ces élites en qui il « faut faire confiance ».

    Mais, Monsieur Jorion, et vous tous, salariés, ouvriers, chomeurs, savez vous à l’heure actuelle dans quel état d’esprit est le chef d’entreprise que je suis ? Savez vous ce que j’en pense ? Voulez vous vraiment savoir ce qu’un patron de PME pense de tout ce qui s’est passé ces dernières décennies, et ce qui se passe en ce moment ?

    je suis Révolté ! Je suis révolté de ce qu’ils ont fait. Je suis révolté de ce qu’ils sont en train de faire. Je suis surtout révolté de la situation dans laquelle la population va se trouver;
    Et ce post, intitulé « rideau » ! En le lisant, il m’est tombé comme un coup de massue. Vos articles Habituellement si humains, ouverts. Plus aucune issue, semble t il.
    La révélation n’est pas ce que vous écrivez, Monsieur Jorion, mais le fait que vous l’écriviez. Vous l’avez donc pensé ? Ces conclusions qui me turlupinaient depuis plusieurs mois , deviendraient elles, tel une pensée de plus en plus répandue ?

    Je ne me laisserai pas faire. Je ne les laisserai pas nous spolier. Je ne laisserai pas mes parents voler mes enfants. Jamais.

    Et lorsque vous lirez dans dix Secondes les deux mots en bas à droite, signant ma profession, je fais confiance aux clichés et aux images d’épinal concernant ma categorie socio-professionnelle, pour faire comprendre à qui le voudra bien, que le peuple, s’il ne gronde pas encore, risque de gronder fort, très fort, en apprenant ce que vous avez fait.

    Messieurs les financiers et ploutocrates, la bulle humaine risque d’éclater et peut être un peu de vous éclabousser.

    Un Pharmacien

  14. L’espoir, c’est que parmi beaucoup de ceux qui semblent vivre une vie conformiste, il y a des électrons libres, beaucoup plus qu’on ne le pense, et qui le moment venu, seront là pour contribuer à la venue d’un monde meilleur. Ce blog leur donne une visibilité, c’est très important.

  15. Paul, vous avez presque failli m’avoir!
    D’aussi loin que je me souvienne depuis que je vous lis assidûment (cela doit faire plus d’un an maintenant), je ne vous reconnais plus dans ce billet d’un pessimisme digne d’un retour à l’âge des ténèbres. Surtout que la transition avec votre intermède vidéo – où vous étiez pratiquement le seul à réussir l’exploit de trouver du positif et de l’espoir dans un discours télévisuel récent de notre cher président – est plutôt rude!
    Je vous soupçonne d’avoir voulu l’espace d’un billet inverser les rôles et nous faire sentir à tous quel effet cela peut faire de se retrouver face à philippulus le prêcheur d’apocalypse tant il est vrai que nous sommes beaucoup à échafauder des scenarii du même acabit et à envisager toujours la pire des façons pour les choses de se passer.
    A moins qu’il ne s’agisse d’un test destiné à provoquer chez le patient un sursaut salvateur outré face à tant de noirceur affichée et vous de nous dire « vous voyez bien que vous êtes capable d’espoir et d’optimisme même quand les choses semblent irrécupérables! ».
    A moins, à moins que… ce soit moi qui fasse vraiment fausse route et que vous soyez tout à fait sérieux. Auquel cas si vous-même avez sombré dans le gouffre de la capitulation, qui donc nous parlera du monde du dehors, nous qui nous obstinons à écarquiller les yeux pour tenter de saisir quelque ombre fugitive tapie dans une sombre grotte que nous ne voulons pas quitter?
    En tout cas quel qu’en soit le motif ou le but poursuivi, c’est bien joué…
    Euh… Dites? Vous étiez vraiment sérieux?

  16. Nous sommes au bord du gouffre … nous avons donc besoin de faire un grand bond en avant !

    Je ne sais pas si, en mandarin, la phrase originale véhiculait d’identiques images, quand sortie de la bouche de Mao.

    Post et commentaires permettent de faire un grand bong-bong en avant dans le camp de Larouche. Vous savez, le pépé vociférant, qui voit de la schnouff partout, et en particulier planquée dans les édredons des Windsor.

    En dehors de la forme de son discours particulièrement démago, il parvient à faire des observations sensées :

    -comme François Leclerc ( entre autres ) quand il parle de séparer tout ce qui pourrait contenir des actifs suspects, et de simplement couper la branche, pour laisser le reste de l’économie vivre.

    -il a conscience de l’importance de renouvellement des techniques nouvelles d’extraction d’énergie. L’éolien étant plus là pour occuper des ouvriers à faire quelque chose, qu’une vraie solution d’avenir, question de rendement, à la base de tout calcul d’ingénierie.

    Par contre, je ne sais pas jusqu’où il bluffe, en avançant qu’il touche la sphère d’influence autour de Obama, chez les démocrates de Washington.

    Nous sommes en pleine lutte d’influence sur le terrain.
    Ceux qui ont le plus à perdre, sur le différentiel de leur situation matérielle actuelle par rapport aux autres, sont ceux proches de tous les pouvoirs. Ils ont les meilleurs armes, mais le fil d’une épée finit toujours par s’émousser, si on s’en sert, et d’autant plus qu’on s’en sert mal.

    En face, moins bien armé matériellement, il y a toute la masse de l’humanité. Son principal défaut est la difficulté de la coordination, vu la disparité, et l’étendue de ce groupe.

    Les révolutions ne se font pas forcement en levant les fourches en l’air, et en quelques instants. Cette tactique précise fonctionne d’ailleurs plutôt mal, pour offrir de belles issues.
    Quand l’ensemble d’un pouvoir se sera décrédibilisé, il n’aura simplement plus celui d’influencer. Il n’aura donc plus rien du tout.

    N’oublier pas le point crucial. L’avantage de la classe dominante actuellement en place, est matériel, pas intellectuel. Si vous permettez la diffusion des messages intellectuels qui ne sont plus du mensonge utilisé juste à des fins de conserver le plus longtemps un pouvoir, vous gagnez forcement à la fin.
    Ceci créé la confiance. La confiance donne de la cohésion aux groupes. Les groupes dégagent plus d’énergie que les individus cherchant l’intérêt individuel.

    Je ne connais pas les délais avant le retournement du système de pensée. Je ne sais pas qui disparaitra au cours du processus. Ce n’est en aucun cas du très court terme.

  17. Bonjour, et bravo pour ce blog toujours fort intéressant.
    Parfois, certains ont accès via des amis ou collègues à certaines informations que l’on ne peut pas divulguer. Si Paul Jorion est à ce point pessimiste, c’est peut être à cause d’une nouvelle qui a changé la donne. Nous verrons bien.

  18. @ Eugène,
    Tiens un autre qui suggère de lire Gagnepain. On est donc au moins deux à ne plus se satisfaire d’un humanisme obsolète.
    Pauvre Paul, je vous pleins. Toutes vos illusions Obama-antesques s’évaporent. Et oui. Franchement vous vous attendiez à quoi? Pour ce qui est des plans de relance, il n’y a pas plus néo-libéral. Toutes ces dettes d’états signifient que tout est vendu sous forme d’obligations au privé. Ils atteignent leur but ultime. Tout en faisant croire que c’est le peuple à travers l’état qui possède. Si stratégie il y a, elle est magnifique.

  19. Pourquoi si peu d’ambition ? Serait-ce en raison de la prédominance de la thèse de ceux qui pensent que les évènements actuels sont normaux en raison du caractère cyclique du capitalisme ?

    @ Paul et françois,

    Comment voyez-vous la suite ?

  20. Pendant que vous dissertez de loin, l’enfer s’installe petit à petit et au quotidien. Imaginez que l’on vient de fermer les trois aéroports parisiens la nuit dernière pour cause de tempête. En fait de tempête il n’y a eu qu’un vent fort avec des rafales à 80km/h, on a vérifié la météo aérienne. C’est-à-dire qu’ils ont si peur de tout que le principe de précaution est désormais utilisé de manière tout à fait abusive rendant le quotidien absolument infernal. A l’avenir la décharge de responsabilité deviendra la norme suprême.
    En France aujourd’hui pour vendre un logement il faut présenter 8 diagnostics techniques. Pour en louer un c’est 3 diagnostics techniques. Comme pour les impôts, par grignotage en va en rajouter un tous les deux ans. On vient de voter le détecteur de fumée obligatoire dans tous les logements. On finira par mettre en place des brigades qui viendra traquer chez vous l’ordre et la loi.
    Vous avez une voiture ? Contrôle technique hyper poussé tous les deux ans. On parle de rendre obligatoire le contrôle de la pollution tous les ans. Dans la voiture il est désormais obligatoire de posséder un gilet jaune. Les gens installent le gilet jaune sur le siège avant passager, le siège est habillé du gilet jaune. Effet débilitant à la clef.
    L’idée vous vient d’acheter un ordinateur qui ne vaudra plus rien dans un an ? Le vendeur passera dix minutes à tenter de vous imposer une assurance inutile qui vaut 20% du prix de l’appareil. Vous avez une carte bancaire en France ? On vous a vendu un package quasi obligatoire avec assurance qui double le prix de la carte.
    La crise actuelle va renforcer cette dérive. Ce que les états ne pourront plus financer, ils vont nous le faire payer au quotidien en de multiples vexations payantes et obligatoires. Bonus Malus pour tout et n’importe quoi, surveillance généralisée jusque dans votre domicile, la vie privée va disparaitre dans une fausse transparence qui sera surtout une manière d’élargir l’assiette des taxation. Le comportement des individus sera traqué et taxé.
    Jusqu’à la révolte finale, bien entendu. On peut vivre pauvre dans nos sociétés. Mais vivre au quotidien dans un mauvais remake de Blade Runner où seuls les plus riches n’auront droit qu’à l’authenticité, on peut craindre le pire.

  21. Quand il a bouffé le capital, que reste-t-il du capitalisme ? L’impérieuse nécessité de reconstituer le capital, pour peu que cette idéologie soit conséquente, bien entendu. Ce qui passe par l’apurement de la dette, techniquement impossible au cas d’espèce. Mais reconnaître la faillite du système, c’est dur pour ceux qui détiennent sur lui de grosses créances (à ce jour virtuelles). Apparemment, Obama s’est fait enfumer par les nantis de l’ancien monde, un monde comateux qui ne veut pas mourir; les convulsions seront donc logiquement plus longues, et les souffrances (de tous) plus douloureuses.
    Le pouvoir américain reconnaît ostensiblement son impuissance, comme ses homologues du monde entier, du reste, et chacun tente de tirer la couverture à soi. Cela ne présage rien de bon, si l’on s’en tient aux leçons de l’Histoire, qui éclairent la constance des comportements de l’espèce dans ce qu’ils ont de plus détestable, face à l’adversité.
    Les propos de Paul ne relèvent donc pas du pessimisme mais des sciences humaines, qui pour être « molles » ne sont pas moins dénuées de pertinence.

  22. Bonjour,

    J’ai vu récemment sur un site français une pub pour un gros 4X4 d’un gros constructeur USA. Le slogan était « Yes we can ! »… Vu sous cet angle ça ne semble pas si mal de tenter le coup de l’électrochoc dans certains cas.
    Par contre, là où je trouve M. Jorion pessimiste c’est sûr les conséquences qu’il envisage à l’extérieur (hors USA) : c’est encore une fois une analyse économique. Le tournant se rapproche et les voix qui portent devraient en profiter pour se faire entendre, surtout maintenant qu’elles baissent les bras sur le terrain de la prospective économique ! Les conflits envisagés, l’apparition des seigneurs de la guerre…ne serait-ce pas simplement la forme violente du refus de ne voir le monde que par le petit bout de la lorgnette économique. Messieurs que l’on nomme économistes, vous vous êtes investis dans ce jeu, vous avez étudié ses règles, vous avez pris part au jeu, et vous avez fini par vous convaincre, et par nous convaincre, que c’était le seul jeu possible ! Que l’économie était le jeu de la vie ! Des milliards d’êtres humains n’ont pas le même avis, dont de plus en plus d’occidentaux, et je pense qu’il serait temps de vous réveiller et de préparer une passation de pouvoir en douceur. C’est une bonne chance d’éteindre les foyers de révolte violente un peu partout dans le monde. Contre quoi se révolteront ces gens si l’on remet l’homme au centre de l’histoire, du jeu ? Pour le moment nous avons toutes les cartes en main : nous nous sommes appropriés la plupart de leurs matières premières, nous nous servons de ces populations, comme main d’oeuvre et pour écouler nos excédents, nous les affamons, nous voulons maîtriser -leur- production alimentaire, leur eau….bref nous ne les tolérons que si nous les dominons, nous créons les règles du jeu économique, nous détenons les instances de contrôle, les arbitres du jeu !!! OHHHHHHHH ! Qui parmi vous aurait accepté ce genre de jeu à l’école primaire, un jeu où avant même de commencer vous étiez déclaré perdant ???
    Vous n’avez pas voulu réfléchir à ce que pourrait être un nouveau jeu pour l’humanité : ce que j’ai appelé carotte, occupation, sens de la vie…j’en oublie, et que peut-être certains d’entre vous appelleraient paradigme. Mais paradigme c’est un mot compliqué, qui fait référence à tel ou tel auteur et qui demanderait encore des centaines ou des milliers d’heures de réflexion ne serait-ce que pour savoir si c’est le bon mot et si on peut commencer à réfléchir sérieusement ! Alors que carotte, sens de la vie…c’est simple ! Ca veut dire que de plus en plus de gens de par le monde en ont marre qu’on leur impose la vie qu’ils doivent mener, que la seule solution pour avoir une vie « réussie », « bien remplie », c’est de rentrer dans la danse et de ne pas en sortir !
    Alors j’entends déjà des voix qui s’élèvent : « oui Fab, on comprend ce que tu veux dire, tu n’as pas tout à fait tort, mais tu sais, ce n’est pas si simple…etc etc etc…Laisse faire les spécialistes !!! « Mais si, c’est simple ! Le tout c’est de vouloir se réveiller, de le vouloir vraiment, et surtout, surtout, de passer le pas de se dire qu’on s’est laissé prendre dans le tourbillon du jeu, qu’on n’a pas voulu voir que c’était un jeu égoïste et ce à quelque niveau que l’on se situe ! Chacun n’est-il pas le spécialiste de sa propre vie ?

    Encore une fois je tiens à mettre des gants à ce que j’ai écrit ! J’admire et je respecte les analyses qui sont faites ici. Le référentiel est en train de changer, c’est tout, la théorie reste valable mais change de plan…

    Alors oui, pour donner un brin d’optimisme, paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté ! Faisons preuve de bonne volonté et sachons la reconnaître chez les autres. Ceux qui agitent le spectre de la violence ne le font-ils pas uniquement parce que nous n’avons pas su les écouter, parce que nous n’avons pas voulu entendre leurs appels au secours, leur désespoir de voir le monde prendre la voie de l’égoïsme et de l’impersonnel ?

    Allez ! Au boulot !

  23. @ Paul
    Votre article m’a tout de suite fait penser à l’interview récent de Noam Chomsky, relayé par Dailymotion, qui donnait son sentiment sur certains personnages de l’équipe Obama , je crois qu’il ne se trompait pas , hélas….
    @ François
    Merci pour ce commentaire très pertinent; en ce moment, je suis en train de lire le petit livre de Frédéric Lordon « Jusqu’à quand ?Pour en finir avec les crises financières  » J’aborde le chapitre consacré à l’action de l’Etat à la page 130, mais les 129 pages précédentes explicitent parfaitement votre commentaire.
    La question que je me pose est que vont faire les gouvernements européens ?
    La nomination d’un jeune aristocrate bavarois ,conservateur chrétien-social, à la tête des finances Allemandes n’augure rien de bon; on maintiendra les profits des investisseurs et des actionnaires, ça c’est le côté chrétien du respect de la propriété privée et on socialisera les pertes pour le côté social ? non ?

  24. @thelast

    « Tout le monde dit depuis des années que la trajectoire n’est pas supportable. Maintenant que ca craque pourquoi faudrait il relancer la consommation ? » Très juste. C’est la schizophrénie du capitalisme. Le « rêve américain » repose sur la croyance que la somme des intérêts individuels conduit à l’équilibre général. C’est compter sans l’égoïsme et l’avidité de l’espèce…

  25. alors au fond du puits, il nous restera le vin
    il est inépuisable,
    toutes les grandes civilisations naissent de la fermentation !
    nous sommes le Phénix, le buisson de l’évolution est un cep !!!

  26. @ A

    Le caractère cyclique du capitalisme est avant tout un mythe, au même titre que celui du phénix renaît de ses cendres, auquel il s’apparente. Non pas que des cycles ne puissent pas être étudies et trouvés (Kondratieff, référence obligée et un peu trop sollicitée dans ce domaine), mais parce que l’énoncé de ce principe cyclique renvoie à l’idée implicite que tout cela n’est qu’un mauvais moment à passer. A l’image de ces poupées lestées qui se redressent toujours (les caravelles des grands navigateurs l’étaient également, mais je m’égare). Et que finalement, tout va redevenir comme avant, en mieux. C’est finalement une version des « lendemains qui chantent » adaptée à notre époque. Une profession de foi.

  27. @ A

    Pris par mon commentaire à votre commentaire, parce qu’il me le suggérait, j’en ai oublié de vous répondre, excusez-moi. Je ne connais pas la suite, mais elle m’inquiète.

    J’ai une fois écris que je revenais du Brésil et que j’y avais vu l’avenir du monde. Je parlais des conséquences sociales de son développement économique, pas du Brésil mythique du métissage, de la bossa nova et du « tropicalismo ». Je faisais référence à ce monde de l’informalité culturelle, sociale et économique exprimant à la fois une « fracture sociale » intense, la coexistence de deux mondes dont celui du haut s’efforce d’ignorer celui du bas. Ainsi qu’à toutes ces discrètes passerelles qui lient ces deux mondes, largement interconnectés en dépit des apparences et des discours.

    Nous voilà loin de la crise, c’est vrai, mais cette description de la société brésilienne me poursuit, même dans nos sociétés occidentales, où j’en retrouve des traces, atténuées mais croissantes.

  28. bonjour,

    à un responsable d’une caisse de retraite à qui j’avais dit fin 2006 de faire attention à la crise qui s’annonçait je me suis vu répondre « ça ne peut pas arriver car sinon cela serait une catastrophe! ». Je ne vous cache pas que ce déni de réalité je l’ai très souvent rencontré ensuite et encore maintenant. Pour enrichir le débat je pense que se focaliser sur le problème de la monnaie s’est ne pas s’attaquer à la racine du mal, en l’occurence l’enseignement de la théorie économique. L’enchainement de trente années faste a porté aux nus la notion d’allocation optimale du capital qui nous à mené « naturellement » à la crise actuelle. Il es vrai que là aussi, vu l’imprégnation de cette théorie dans la « Société » et dans l’esprit de la majorité des personnes qui sont décisionnaires la metanoïa necessaire se trouve confrontée à un manque d’alternative… Pour avoir fait de la gestion de crise mon métier je peux dire qu’il faut avoir pensé l’impensable avant d’agir quitte à paraître trop pessimiste. C’est aussi un facteur accélérateur de changement.

    pour les amateurs:
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/le%2Bdormeur%2Bdoit%2Bse%2Breveiller/video/x74fuk_pleasure-games-le-dormeur-doit-se-r_music

    A+ le pire n’est jamais certain…

  29. @ kerema29

    Voilà une description du mouvement vibrionnaire auquel nous allons assister dans les semaines à venir.

    • 9 février, conference call entre certains ministres de l’économie et des finances (non précisés) du G7, à l’initiative de Timothy Geithner (USA).

    • 9 février, Bruxelles, Comité économique et financier (experts des pays de l’UE, de la Banque centrale européenne et de l’exécutif européen)

    • 9 et 10 février, Bruxelles, réunion des ministres des finances de la zone Euro

    • 14 et 15 février Rome, G7 (Allemagne, Canada, Japon, USA, Grande-Bretagne, France, Italie)

    • 22 février, Berlin, réunion européenne préparatoire du G20 (chefs d’Etat et de gouvernement des quatre pays européens membres du G20 (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne) et la Commission européenne. L’Espagne et les Pays-Bas sont invités.

    • Fin février, date à préciser, Bruxelles, Conseil européen informel extraordinaire des chefs d’Etats et de gouvernements.

    2 avril, Londres, G20

    Nous sommes entrés dans une phase de consultations et de rencontres intenses. Comme si, chacun ne trouvant pas chez soi la solution, il était attendu la lumière de toutes ces réunions. Les américains, que tout le monde attendait, bouclant leur dispositif, il est désormais possible d’essayer de coordonner les efforts. Le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a plaidé lundi pour « une meilleure coordination » des politiques économiques des pays européens. « Je suis un peu inquiet du fait qu’Etats membres après Etats membres préparent leurs propres plans et programmes ». C’est le moins que l’on puisse dire.

  30. @ François L.

    Dans les évènements actuels, il y a peu d’élèments qui nous inclinent à l’optimisme. Et pourtant, les thuriféraires du capitalisme financier sont mis à nus. Ce seul évènement est porteur d’espoir car personne n’est plus dupe. Des experts (de bonne foi) aux hommes de la rue dotés de leur seul bon sens, tous ont conscience que ce qui s’est passé n’est pas un simple incident. Désormais, il faut trouver un débouché politique afin que l’on ne se dirige pas vers « le business as usual » à moyen terme.

    Vous me parliez du Brésil et je songe à la France. Les Français sont massivement descendus dans la rue pour faire entendre leur peur et leur mécontentement. La mobilisation est forte et le gouvernement la redoute. Je crois qu’il est peu probable que la France se rapproche de la société brésilienne en raison de cette capacité de contestation.

  31. Les pays industrialisés – USA en tête – sont allés trop loin dans l’expansion du crédit, la financiarisation de l’économie et la consommation, il est normal que le réajustement soit brutal. Mais le capitalisme n’en mourra pas. Simplement, le 5ieme hiver de Kondratieff sera peut-être plus long que les précédents !
    On peut toutefois imaginer un 6ième cycle qui serait guidé par la recherche et les technologies liées à l’énergie et à son utilisation… Produire moins, mais produire mieux… Non ?
    Mouais, c’est pas gagné.

  32. Bon, l’élite mondialisée du management et de la politique est plantée.

    Et maintenant, à l’étage en dessous, tous ces gens en place, ceux qui depuis trente ans laissent faire et décident « aux ordres » de la rationalité économique , ceux qui depuis cinquante ans faisaient taire les signes évidents du désastre, et bien ceux-là mêmes qui ont provoqué l’irréparable, il leur reste encore à réveiller les cloportes. Car plus bas encore, les obscurs emplis de ressentiment, ceux qui – en chacun de nous – se terrent, à l’ombre des partis, des syndicats, des administrations, université, école, police, pompiers, hôpitaux, communes, régions, ANPE, services sociaux sont « à la botte » contre un statut social ! Ceux-là savent déjà que leur heure est venue, ils assumeront « l’état », feront tourner « la méga machine » quelle soit les soubresauts et la direction tragique des événements.

    Ça ne se dit pas ces choses-là, mais ça se subit tous les jours. Pour l’instant, ils se contentent d’humilier de derrière le comptoir à coup de tracasseries, demain ils seront inspecteurs, distribuerons, les exclusions, les passe-droits et les laisser passer au tampon des nouveaux « seigneurs de la guerre » lesquels, comme toujours, tirerons partis de la pénurie pour organiser la circulation des marchandises dans l’illégalité consentie. Nous devrons donc bouffer un dégueulis d’éoliennes mafieuses et sous, la couleur d’une croisade verte annoncée pour quarante ans, supporter encore la mise en coupe réglée de notre bêtise et de notre crédulité.

    Dès aujourd’hui, ll faut mener la guerre, non pas contre les errements du défunt plan A, mais contre la pourriture qui fermente déjà dans la préparation du « plan B » !

  33. @Fab ci-dessus 10:02
    Je viens de donner ce jour a 11:25 une suite a votre commentaire du 5 fev 2009 a 22:50 (n°16312)
    sur le billet du 29 janvier « Press Lib’ Donations » (n°1713)

  34. @ Scaringella,

    Oui et bien plus qu’à lire, à digérer aussi pour en faire qq chose.

    L’étape consistant à piger comment fonctionne le premier modèle? gloups! je n’avais rien d’un grammairien.
    J Cl Quentel facilite aujourd’hui un peu les choses avec « les fondements des sciences humaines » (Eres); dommage que « Leçons d’introduction à la théorie de la médiation » de Gagnepain soit épuisé, qqes pages sur le web cependant…

    Aurais-tu trouvé qq chose entre sociologie et axiologie dialectique répondant au désespoir ambiant?

  35. « La décroissance, le troc, il ne faudra pas leur apprendre:ca fait quarante ans qu’ils répètent:ils sont prets » (Quiet days in Santa Monica / Paul Jorion ) . Allez vérifier Paul si les bus sont toujours bleus .

  36. Je me rappelle d’une thèse en vogue à une époque que je n’arrive pas à situer. On disait, à cette époque marquée par la guerre froide, que les systèmes occidentaux et socialistes tendaient à se rapprochaient. Les premiers en raison de l’accroissement du rôle de l’Etat et les seconds à cause des velléités d’introduire une pincée de concurrence dans l’économie.

    Cette thèse, tellement surannée qu’elle avait été jetée dans les poubelles de l’histoire en raison du triomphe du capitalisme et de l’économie de marché, revient de façon fracassante. Par une sorte de dialectique hégélienne, on avait cru que le triomphe des E-U était le moment où le mouvement de l’Histoire était parvenu à enterrer ces résistances incarnées dans un ensemble dénomé archaïsme. Ce dernier comprenait évidemment le communsime et l’économie planifiée, mais également, par extension, tous les conquêtes de l’Etat Providence. Or, par une ruse de la Raison, voilà ce moment lui-même dépassé, s’effondrant sur lui-même …

    Le pessimisme dont font montre Paul et François est partagé par Martin Wolf (aux lecteurs du Monde : allez voir du côté des pages éco) et ils ont raison : un processus déstructeur se déploie sous nos yeux et rien ne semble en mesure de l’entraver. Même Obama, dont l’élection avait été chargée d’une portée messianique, semble plier devant l’extraordinaire évènement.

    Cette défaite à la Pyrrhus du capitalisme ressemble à une tragédie grecque : des Cassandres voient se dessiner la catastrophe, personne les écoute. Le héros arrive et il suscite un immense espoir que sa pusilanimité et son manque d’audace trahissent. Les autres acteurs s’agitent mais leur effort est dérisoire. Finalement, ceux qui subissaient un système injuste sont les premières victimes de son échec tandis que ceux qui ont conduit à la catastrophe ne perdent rien : une admonestation publique pour le symbole et on recommence.

  37. Le monde il y a 25 ans : Oh my god, les rouges vont nous bouffer !
    Le monde il y a 20 ans : OMG, les japonais vont nous racheter !
    Le monde il y a 15 ans : OMG, les pauvres vont nous envahir !
    Le monde il y a 10 ans : OMG, le bug de 2000 va effacer notre civilisation !
    Le monde il y a 5 ans : OMG, al quaida va dominer le monde !
    Le monde il y a 2 ans : OMG, nous allons tous parler chinois!
    Le monde il y a 1 an : OMG, il y trop de voitures et plus de pétrole, on va tous mourir !
    Le monde aujourd’hui : OMG, plus personne n’achète ni voitures ni immobilier, on va tous mourir !

    Il n’y aura pas de fin du monde, c’est juste une génération qui se fait virer à coups de pieds !

  38. La nature ayant horreur du vide,
    s’il n’y a pas de plan B , il y aura un plan T (de bâton…)

    Et pis , hein,hum… qui dit rideau dit aussi « coup de théâtre! ».

    Nous vivons une bien étrange époque, et au moins, on pourra dire qu’ « on y était ! « .
    A l’époque où l’argent n’était pas comestible , avant que le petit pois ait remplacé l’euro-dollar… .

  39. @Paul Jorion

    Comment pouvez-vous préjuger de l’avenir du monde alors que vous vous refusez philosophiquement à préjuger de l’évolution de l’un de ses dirigeants ? Votre position changerait-elle selon que vous soyez «simple» critique, ou interlocuteur potentiel ?
    Les circonstances seraient-elles moins exceptionnelles là-bas (en Iran, au choix) qu’ici ?

  40. Oui bien sûr, le pire est toujours possible, mais Paul n’avez-vous pas utilisé l’image du cerveau collectif pour qualifier le blog?
    Ne serait-il pas capable de mobiliser les énergies, ce cerveau, pour peser sur le cours des évènements.
    Proudhon a écrit (à propos d’autre chose) : »deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l’obélisque de Louqsor sur sa base,suppose-t-on qu’un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout? ».
    Et si tous les hommes de bonne volonté unissaient leurs effort pour enfin mettre l’Humain au cœur du système, je pense que ça doit être jouable non ?

  41. Alternative :

    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
    Le peuple en ce jour sans cesse répète,
    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
    Les capitalistes à la lanterne.
    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
    Les capitalistes on les pendra.

    Si on n’ les pend pas
    On les rompra
    Si on n’ les rompt pas
    On les brûlera.

    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
    Nous n’avions plus ni HNWI, ni spécu,
    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
    L’égalité partout régnera.
    Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
    Et leur infernale clique
    Au diable s’envolera.

  42. Sur son blog TropicalBear, Loïc Abadie a récemment exposé plusieurs pistes qui, selon lui, pourraient mener à une sortie progressive de la crise. Toujours selon lui, la politique de relance par la consommation d’Obama aura pour seul effet d’aggraver la crise.

    Le problème, c’est que je me demande si la priorité de Loïc Abadie est d’imaginer des solutions viables ou bien, plus modestement, de dézinguer les thèses néo-keynésiennes qui depuis quelques mois connaissent un très net regain de faveur.

    Loin de moi l’idée de vouloir susciter une polémique entre deux blogs qui, bien qu’à des titres différents, m’intéressent tous deux. Mais enfin, sur ce point précis, l’opinion de Paul serait sans doute du plus haut intérêt.

    http://tropicalbear.over-blog.com/article-27590557.html

  43. Pessimiste ? Non, réaliste !

    Le cœur d’un modèle qui n’a pas failli, il aurait encore moins failli si des attaques constantes pendant soixante ans n’avaient pas été menées contre sa logique, doit nous guider dans la reconstruction de l’économie politique (cad l’économie pas séparée de la politique et réciproquement).

    Je veux parler bien sûr de la logique du programme du Conseil national de la Résistance qui a été élaboré pour un temps de crise et qui a fait sortir la France de la catastrophe.

    Tout d’abord une question de vocabulaire : ce programme n’est pas celui d’un « Etat-providence », cette idée a été inventée par des philosophes (J. Ellul par exemple) et des économistes néolibéraux.

    En effet les protections qui sont prévues et qui ont été organisées en France sont des protections financées par les SALARIES, elles sont prises en tant que cotisations sociales sur leurs salaires. Retraites, sécurité sociale, allocations familiales et chômage…
    L’Etat en est le garant, seulement : cad qu’il garantit à chaque salarié que la loi s’applique également à tous et qu’il pourra en profiter comme les autres selon ses besoins. S’il y a un financement d’Etat aujourd’hui, dans certains cas, c’est parce que l’Etat a pris des décisions de dégrèvement ou d’extensions dont il doit assumer la charge (ce qu’il ne fait pas vraiment puisque ses dettes à l’égard de la sécurité sociale sont supérieures au célèbre « trou » de celle-ci !).

    L’originalité fondamentale de ce programme, et on voit tous les jours à quel point il énerve les capitalistes (cf. L. Parisot du MEDEF), c’est qu’il refuse de faire appel à un quelconque capital privé ou public d’ailleurs ! Il est un système de financement par répartition à circuit court : ce sont les cotisations des salariés en janvier 2009 qui paient les retraites des retraités en février 2009 ainsi que les remboursements des soins en février 2009.

    Aucun besoin d’épargner, de salaire différé, de capitalisation, de marchés boursiers…. ILS en sont malades de voir la robustesse d’un tel système.

    Je ne vois pas d’autre solution que de le maintenir, de l’élargir (tous les citoyens pourraient en profiter si les revenus financiers étaient taxés comme ceux des salariés), d’en créer d’autres applications : sécurité de l’emploi qui dépasse la simple indemnisation du chômage (les employeurs seraient plus attentifs s’ils en payaient réellement le coût), sécurité du logement, accès gratuit à l’internet pour l’information et la formation du citoyen, investissements publics (financés par une cotisation sur les salaires et les revenus, gérés sous le contrôle des citoyens aux divers échelons territoriaux)…

    Je LES entends ! Noooon pas ça…. vous allez transformer la société en soviet ! C’est surtout qu’ILS auront moins d’argent avec lequel ILS pourraient spéculer ! N’est-ce pas le cœur du problème ?

  44. Merci Paul, cette clarté est salutaire. « A quoi sert une gold card dans le désert quand on a pas d’eau » était un de mes post ici; c’est donc bien dans le quotidien et dans la débrouille que cela se passera. La bataille des chiffres est bientôt terminée, la lucidité est en marche.
    Amitiés

  45. @ Eugène et Scaringella

    Bonjour,

    Si ça peut vous intéresser je crois que je dispose de l’introduction à la théorie de la médiation chez Gagnepain… Faut que je remette la main dessus par contre. (Espèce de grand bouquin bleu et blanc format 21×29.7 non ?)

    Pour la glossologie, c’est vrai que c’est pas simple. Mais l’idée d’un système formel évacuant toute sémantique est intéressant. Qui plus est c’est une jolie mécanique.

    Je vous tiens informés si ça vous intéresse.

    Cordialement.

    P.S. Restera à mettre au point la transmission.

  46. JeanNimes,

    Je serais assez d’accord avec toi si tu allais jusqu’à simplifier le puzzle de toutes les petites aristocraties à la tête des différentes caisses, et jusqu’à plafonner les retraites. Il y a aujourd’hui (sans aucune jalousie de ma part je ne suis pas à plaindre) des situations qui me font gerber et le mot est faible. C’est au point que ces fameux retraités renvoient familialement leurs excédents vers les générations plus jeunes qui n’arrivent que tout juste à trouver des petits jobs. Si vous (générationnellement) ne corrigez pas aussi ces excès là, et que vos machins explosent parce que les plus jeunes ne voudront plus jouer votre jeu à vous avec votre conception à vous de la repartition et de la solidarité, avouez que vous l’aurez aussi bien cherché !

  47. C’est bien celui-là.

    Archéologie dans les cartons maintenant.

    Je vous tiens informé sur ce fil.

    (Pour la forme, scan et puis envoi par mail – via M. Jorion si vous le souhaitez)

  48. Les lecteurs habituels de ce blog ont réagi en grand nombre : panique, Paul est super pessimiste, c’est qu’il sait que cela vraiment mal finir…

    Tiens, moi je n’ai pas lu son message de cette façon là. J’ai surtout lu de la colère, de l’impuissance… Je crois qu’il aurait voulu dire: “Mais quelle bande d’idiots. Même l’administration Obama continue à ne pas vouloir changer de cap. Cela va aller de plus en plus mal et toutes les bonnes idées que l’on lit sur ce blog et sur bien d’autres ont autant d’effet que de souffler dans un violon. C’est à désespérer… ».

    Hé oui, c’est à désespérer et l’on sait que le désespoir et la colère sont mauvais conseillers. Donc je pense pour ma part que Paul râle, qu’il sait que les prochains mois seront encore très mauvais pour les pays (ex ?) développés et très mauvais pour les autres. C’est moche mais de la à dire qu’il faudra attendre 2050 et la fin des guerre (nucléaires !), je crois que personne ne sais ce qui va se passer dans ce délai. L’espoir a baissé mais étant donné la manière dont le cœur des Hommes est fait, il est loin d’être mort même pour les plus lucides. Faudra compter sur les générations qui n’auront pas espéré le quasi-paradis sur Terre comme ceux qui ont eu 18 ans en mai 68 mais sur ceux qui ont vécu misère et souffrance. Ils seront moins doux et pardonneront peu aux profiteurs imbéciles qui se suicident et nous tuent (économiquemement parlant) mais ils l’auront bien mérité…

    Haut les cœurs !

  49. Mr Geithner annonce son plan pour les banques et l’indice Dow Jones en perd 3,7 %. Même les spéculateurs sont pessimistes, c’est dire ! Solution de la crise ? Encéphalogramme plat :

    (Agence Dow Jones) « Mr. Geithner noted his office was still exploring options and details for an asset value program, with little answer on what to do about banks’ toxic assets ».

    PS : – 4,62 % en clôture.

  50. Qd vous serez sur la page (lien au dessus) le mot clé à rechercher pour ce qui nous préoccupe ici est celui d’ « hégétique ».

    La difficulté consistera ensuite à ce que vous trouviez vous même des applications permettant d’illustrer cette affaire « à l’intersection de la personne et de la norme » càd de pouvoir expérimenter – ou de réussir à créer les conditions permettant d’expérimenter -sur les pathologies de chacune de ces deux rationnalités dialectiques en nous.

    Je m’explique: concernant les psychopathies, c’est à dire ces troubles de l’autocontrôle pulsionnel implicite par défaut du pôle d’analyse éthique, la difficulté consiste à pouvoir imaginer des mises en situation qu’il faudra codifier – pour de vrai, çà ne sera pas en labo du fait que les individus doivent être libres (au sens médiationniste) d’aller et venir, dire, faire, contracter etc pour mettre en évidence leur trouble « inconscient », au point que ce que vous mettrez en évidence comme défaillance des uns sera conservé par les autres. ( la mise en opposition 2 à 2 des 4 formes de psychopathies est le principe de vérification du modèle – des 4 modéles d’ailleurs)

    Imaginez 2 sec que nous disposions d’un corps assez vaste de Codes ainsi construits, et vous auriez alors tout en restant chacun libre, j’insiste LIBRE, une clé permettant de n’accorder de pouvoir sur autrui qu’à ceux qui disposent de pouvoir sur eux-mêmes… et donc renouveler l’idée de ‘demos’ comme d’un pouvoir qqc

    Ne dites pas que ce n’est pas possible, j’ai trouvé une première application (triple innovation: à la fois technico-industrielle- c’est classique çà – ethnico-politique et ethico-morale) sauf qu’elle doit encore trouver sa place ds le bazar qui s’annonce. Si des banquiers veulent prendre le risque de la morale (comme « le banquier » ci-dessus 10:39) je suis prêt à écouter qq’un qui ne me demandera pas un business plan, soit la preuve qu’il aurait bien compris mon inversion de la priorité économistique/hégétique dont nous avons besoin pour recréer une politique de civilisation.

    Mon projet serait-il liberticide? Absolument pas
    1- ce n’est pas moi qui décide des formes précises que prendront les codes concernés ds chaque civilisation, en un point de son territoire, ou encore de ses variations possibles au cours de l’histoire.
    2- cette liberté dont je vous cause est le résultat du processus dialectique axiologique en nous et n’a donc rien à voir avec nos indépendances/interdépendances, autonomies, et au pire autarcies

  51. La déclaration fondamentale que j’ai relevée dans l’intervention de Geithner disait à peu près ceci (de mémoire, donc ce n’est pas exact au mot près, mais c’est bien l’idée) :

    « …the public-private investment fund will permit private investors rather than the government to assess the correct price for troubled assets »

    Tu m’étonnes que les marchés n’apprécient pas! Les privés qui vont investir leurs deniers ne comptent certainement pas le faire à perte (pour « alléger la facture du contribuable » :)), la philanthropie n’étant pas leur qualité première. Du coup, le concept de cette « Bad bank » américaine est un peu léger pour nettoyer de fond en comble les écuries d’Augias.

    Le reste des mesures (qui restent à préciser), ça a à peu près la même efficacité que quand je crevais un pneu sur mon Moutain Bike et que je réparais ma chambre à air avec un morceau de scotch…

  52. @ hopfrog

    Ce que Loic Abadie appelle le « libéralisme authentique », c’est l’« anarcho-capitalisme » (l’expression est de Rothbard) : son « système monétaire à réserve pleine » est celui de Rothbard, comme il le dit d’ailleurs volontiers lui-même. C’est le programme de l’extrême-droite libertarienne américaine défendu par Ron Paul. Son principal défaut est dans ses contradictions de principe : il faut que l’État intervienne le moins possible (sur tout ce qui interfère avec le business) sauf sur ceci … et suit alors une liste interminable de choses (liées essentiellement au renforcement du maintien de l’ordre).

  53. @ hopfrog : la nature de la société défendue par Loïc Abadie est un mix de Hobbes pour le côté chacun pour soi/ intérêt particulier et de Locke pour la dimension « libérale » censée garantir les droits inaliénables de la liberté individuelle et de la propriété, par un renforcement. 2 conceptions qui vont à l’encontre du bien général.
    Je précise bien qu’en disant cela, qu’il ne s’agît pas de stigmatiser la position des uns ou des autres, et ce n’est pas une attaque contre Loïc, dont j’apprécie certaines vues pertinentes sur la crise. Mais les choses doivent être claires. Il y a probablement un espace de raison entre ce que Paul décrit comme l’extrême droite libertarienne et le libéralisme pur…

  54. et si on faisait la liste de tout ce à quoi il faut se préparer si tout s’écroule ?

    on pourrait commencer par :

    comment et que manger ?

    comment se loger ?

    se chauffer ?

    etc…

  55. @2Casa

    Oh bon dieu, merci merci merci. Vous pouvez me le mailer directement sur bsadacheng@gmail.com.
    Avez vous étudié ces ouvrages? Votre jugement?
    J’ai surtout appécié la complétude du modèle et son efficacité opérationnelle. Je m’en sers tous les jours.
    Même pour programmer. Et c’est l’intêret à mon sens. Passer en revue les quatre plans dans toutes les
    circonstances ou on a le temps de le faire. Lorsque je fais l’étude d’un nouveau soft, je n’oublie plus rien.
    Tous les aspects y passent. J’ai essayé ici d’analyser à partir du modèle mais celà tourne vite à l’incompréhension et au pugilat car les références ne sont pas les mêmes. Donc j’ai arrêté. Et c’est pour cela que ce blog tourne en rond à mon avis car chacun perçoit un des plan et focalise la dessus. D’ou des pugilats. La solution unique n’existe pas car le monde
    ne fonctionne pas par causes et effets simples. Avoir les 4 plans en tête permet au moins de sortir de l’ornière dans laquelle à tout moment nous nous embourbons.

  56. De Paul Jorion : « Ce que Loic Abadie appelle le « libéralisme authentique », c’est l’« anarcho-capitalisme » (l’expression est de Rothbard) : son « système monétaire à réserve pleine » est celui de Rothbard, comme il le dit d’ailleurs volontiers lui-même. C’est le programme de l’extrême-droite libertarienne américaine défendu par Ron Paul »

    Bonjour, merci de ne pas caricaturer ma pensée, je ne suis pas un « anarcho-capitaliste » (c’est à dire quelqu’un qui souhaite l’absence d’état), l’anarcho-capitalisme étant pour moi une utopie, mais un simple libéral (minarchiste), c’est à dire partisan d’un petit état intervenant le moins possible dans la vie des gens et perturbant le moins possible le fonctionnement de la société.

    Par ailleurs, les thèses de l’extrême-droite (nationalisme, état très fort et autoritaire, repli sur soi) sont totalement opposées aux thèses libérales, d’ouverture sur le monde, de liberté et de pacifisme. Ron Paul s’est d’ailleurs opposé à la guerre en Irak…Dans « national-socialisme », il y a d’ailleurs le mot « socialisme ».

    Enfin, si je partage effectivement une bonne partie des idées de Ron Paul (que je ne considère pas du tout comme étant d’extrême-droite), je ne suis pas en phase avec son coté « catho conservateur » qui l’amène par exemple à être contre le droit à l’avortement (mais il est très modéré sur ce sujet).

  57. Amusant la position idéologique de rothbard. Libre-écahnge mais plein de choses à faire faire à l »état. Mais c’est rothbard qui décide ce qui revient à l’état comme charge. Rothbard prouve donc qu’il y a une instance au dessus de tout le reste et c’est lui-même et ses potes. Un autre maitre du monde qui sait tout mieux que tout le monde et yaka faire skidi et c’est le paradis sur terre évidemment. Enfin bon je résume mais bon … un despote et un despotisme de plus koi ….. Moi je dis ça …. je dis rien ….

  58. @ Scaringella

    Non, juste la glossologie comme modèle grammatical alternatif. Rien de sérieux sur la perspective d’ensemble. En revanche si ce modèle vous intéresse prenez contact avec l’Université de Rennes2 (Bretagne – France) c’est là que travaillait Jean Gagnepain. Certains labos continuent : info-com, socio-linguistique, lettres, arts plastiques.

    Dès que je mets la main dessus je prends contact avec vous. Mais mes cartons sont disséminés un peu partout…

  59. étrange, alors que Paul Jorion reprend de la chair et nous livre ses inquiétudes concrètes, d’autres s’en vont dans un azur abstrait peuplé de concepts salvateurs et un peu inaccessibles au commun des mortels. Y a-t-il des places à prendre au pays de la sociologie ?

  60. @lacrise
    Si c’est de Gagnepain et des sympathisants à ces thèses que vous vous adressez, ayez l’amabilité, l’obligeance, la patience de lire les dits écrits. Ensuite votre vision du monde et de la sociologie aura bien évidemment changé. Pour le meilleur evidemment 😉 Ya pa plus concret, pétris de chair, opérationnel ….. etc etc etc etc etc etc etc 😉

  61. @Scaringella

    (…)Même pour programmer. Et c’est l’intêret à mon sens. Passer en revue les quatre plans dans toutes les
    circonstances ou on a le temps de le faire. Lorsque je fais l’étude d’un nouveau soft, je n’oublie plus rien.

    Pourriez-vous décrire dans les grandes lignes votre méthode ? Merci.

  62. Sans rapport direct avec la discussion… que devient Contreinfo, silencieux depuis presque une semaine ?

    Tout à fait d’accord par ailleurs avec Jean Nimes. Et comme d’autres je me pose toujours la question du rôle de l’énergie et des matières premières dans cette crise. Simples paramètres ou clef de voûte du système ?

  63. Bonsoir,

    Ca fait plusieurs mois que je lis ce blog. Et ce soir je ressens le besoin de dire wouaaaaaahhhhh ! Enfin des gens qui veulent faire bouger les choses ! Trop super ! Surtout ne changez rien ! Bon courage ! On compte sur vous !

  64. Dow – 4,62 % grâce à un nouveau plan d’aide aux banques ….

    L’erreur fondatrice de la deuxième phase de cette crise est le sauvetage des banques moribondes.
    Jamais les états n’auraient dû donner un (des) chèque ( ) en blanc aux banques en promettant de racheter leurs titres aux prix définis par les banques !
    Leur prêter la somme ( avec intérêts ) pour qu’ ils se refinancent en prenant en compte des prix réalistes de leurs actifs toxiques en attendant des jours meilleurs eut été plus malin que d’ouvrir les vannes d’argent-futur pour garantir la stabilité du patrimoine des banquiers.
    Probablement cela aurait provoqué 2 ou 3 trimestres de grave instabilité,plusieurs big ones auraient disparu, mais j’ai confiance dans l’inventivité de notre espèce et de son inconscient collectif économique, plus connu comme  » marché « .
    De nouveaux acteurs auraient fait leur apparition, d’autres anciens tus à jamais…

    Mais bon, quand on lit dans les commentaires que les cycles économiques sont une vue de l’esprit, je me dis qu’on est encore loin du compte !
    Aussi tous ceux qui semblent ignorer que keynesianisme rime parfaitement avec colonialisme ! Rajoutez du  » néo  » si vous préférez.

    Si il y a une crise, c’est celle de l’humilité.

  65. On aura essayé, Babeuf, Bakhounine, Marx, Trotsky, Jaurès, Gandhi etc. etc. … Mais après tout il n’y a aucune raison sérieuse de penser que l’humanité peut survivre aux années qui viennent.

  66. Oups ! un clavier non rétro éclairé dans le noir… Passons

    Je sens donc les haussements d’épaules amusés et le sourire en coin compatissant, mais tant pis, j’assume mon rôle !
    La récession en cours nous conduit logiquement à une baisse de consommation des énergies fossiles, preuve en est le prix du pétrole divisé par trois depuis juillet 2008. Si comme beaucoup le pensent ici nous ne sommes pas au bout de nos peines, la récession s’amplifiant, la consommation de pétrole, gaz et charbon devrait suivre. Il est à parier que les « climatologues » du GIEC ne perçoivent dans les années qui vont suivre un net ralentissement des émissions de GES (gaz à effet de serre) pour cette période…
    La crise nous sauverait-elle donc involontairement (et en partie peut-être) des causes du réchauffement inéluctable aux conséquences délétères que l’on suppose ? A l’inverse, une relance, qui risque de se réaliser grâce au charbon pourrait être fatale à moyen terme…

  67. @ LeClownBlanc,

    Merci de votre réponse sur le billet PressLib’ donations. Vous me posez la question suivante « Comme vous ne reconstruisez pas sur les garde-fous, que faites-vous ? »
    Réponse : j’ai essayé d’en parler sur ce blog. Virer le tout économie par exemple, se servir de l’outil économique comme d’un simple outil qu’on sait manier et dont on connaît les dangers, et reconstruire à côté. Ceux que vous appelez les topCréanciers et les topElus je les vois à tous les niveaux, aveuglés par leur éducation et l’énergie qu’ils ont investie à construire leur monde économique. Ils sont dans leur monde, sûrs de leurs certitudes, inébranlables, à tel point que s’ils voient leur reflet dans le miroir de la vie ils se trouvent beaux ! Que faire de et avec ces purs produits du formatage social ? Ils sont blindés ! Observez les réactions aux différents messages qui sortent de leur -cadre de vie- : * soit ils les ignorent,
    * soit ils les prennent de haut,
    * soit ils crient à la théorie du complot,
    * soit ils rient parce que, comprenez-vous, c’est tellement drôle et pétillant de voir ces animaux bizarres qui s’amusent avec des choses sans intérêt,
    * soit ils sont effrayés à l’idée que le monde sur lequel ils ont bâti leur vie puisse être une totale fiction qu’on leur a fait admettre depuis leur naissance pour assurer une sécurité et une paix à la société, et donc se réfugient derrières leurs certitudes et leurs références qui pour le coup ne sont pas du tout considérées comme ces fameux « arguments d’autorité »,
    * soit…

    Bon, vous suivez ce blog aussi, alors vous savez ! J’ai le sentiment qu’ils ne peuvent pas comprendre. C’est trop ancré, trop profondément enfoui. La société est ainsi faite qu’elle met tout en œuvre pour se protéger…des autres et d’elle-même. Tant pis si ça s’oppose à l’humain, tant pis si ce chemin engendre l’égoïsme, la peur de l’autre, la misère chez les autres… Tant pis si ce chemin oblige les autres humains à le suivre ou les laisse croire à leur infériorité humaine et intellectuelle. Tant pis, il est trop tard nous disent-ils ou nous font-ils comprendre….

    Bonne journée.

  68. Scaringella, ok j’ai entrevu que la glossologie pouvait bien être quelque chose de moins atroce que ce que j’imaginais 🙂

  69. @bese

    Je ne peux guere vous dire mieux que d’étudier tout ça. La méthode d’analyse est embarquée dans le modèle qui est … dans les ouvrages.

  70. Quelle est la raison de la visite de notre président en Irak hier ?
    N’aurait il pas décidé de placer la France officiellement et totalement du coté américain ?
    La réintégration totale a l’OTAN n’irait elle pas aussi dans ce sens ?
    Finalement, ne serait ce pas les signes avant coureur que même au plus haut niveau (hiérarchique et non intellectuel :p) on se prépare sérieusement à des événements géopolitiques grave comme le monde n’en a pas connu depuis 60 ans ?

  71. @ Fab
    Le billet n° 1689 du 28 janvier s’intitulait « Actualité : Beaucoup de voix »
    Il démarra par l’un de vos commentaires à propos de Davos :
    Extrait: (…) Pensez-vous que ces choses puissent concerner d’autres sujets que l’outil économique ?
    (…) Si non, quel sens donnez-vous à cette utilisation de la magie de l’interdit ?

    Il se poursuivit par un argumentaire « Endettement et Inflation »
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=1689
    à 20:52 vous aviez répondu à M. François Leclerc

    « C’est ce qu’on appelle botter en touche »

    Ma perception de ce blog est très loin d’atteindre la vôtre :

    Vous êtes très présent et souvent assez incisif ou pertinent,
    Par hasard, il y a environ un mois, un search ou un clic m’amena sur un article
    où un nommé Pierre-Lang proposait une méthode analytique de type « circuits electroniques » pour decrire les montages bancaires.
    Comme ex-banquier (à New-York, Londres et Paris) il m’apparaissait que le probleme resterait presque entier (disons à 95%) à la fin de l’exercice
    [Nota: Voyez les topCreanciers de l’entite « Washington & US_Treasury » qui s’interrogent sur le total de la Dette Nationale des Usa et des dettes des autres nations de l’OCDE, en comparaison de leurs liquidités offshore]

    A plusieurs reprises j’ai cherché à porter le débat sur des questions qui sont au coeur de la future sortie crise,
    y compris dans les quelques lignes precitees sur le billet PressLib’ donations
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=1713#comment

    Comme je ne suis revenu sur ce blog que de façon assez distraite,
    il m’est impossible de deviner comment vous … imaginez, rêvez, craignez, pourriez espérer, etc… la sortie de « crise »

    Que vous soyez un agent de la CIA, de la DCRI ou un altermondialiste d’une obedience très specifique
    ne vous exempte pas d’une réponse « fair play » à une contribution qui de ma part l’était pleinement

    En effet,
    ne venez-vous pas de faire exactement ce que vous reprochiez à M. François Leclerc ?

    botter en touche

    Au cas où vous seriez un écorché vif et un étatiste comme Frederic Lordon,
    les internautes de ce blog vous comprendraient surement très bien
    Vous seriez tout excusé … et chacun serait pleinement respectueux de vos croyances
    … comme on est tenu de respecter un bouddhiste, ou
    un technologue persuade que l’intelligence artificielle permettra de simuler toutes les dynamiques cerebrales.

    Mais, à ce stade, en cet instant, vous êtes nullement excusé
    pour deux raisons

    Vous ne repondez pas à la question. Vous auriez essayé d’en parler sur ce blog. Vous auriez l’idée de reconstruire à côté.
    Recontruire Quoi ? … pas un seul mot en réponse.
    Le verbe re-construire laisse entendre qu’il faudrait revenir à du « déjà construit ».
    Dans ce message de quelques lignes vous etes négatif (presque hargneux), alors que vous ne l’êtes pas toujours.
    Au contraire, vous savez même vous montrer drôle ou chaleureux quand vous le voulez

    Vous savez fort bien qu’il est faux d’affirmer que 99,9999% des personnes ayant leur baccalauréat ou
    ayant reçues une formation supérieure sont irrécupérables,
    pour aller dans le sens de « votre rêve » … feint ? … ou infaisable ? … ou propre à un(e) persécuté(e) ?
    Se prendre pour une victime est bien commode … cela permet de râler … de se sentir (à tort) dans son bon droit …
    et surtout … de ne pas anticiper … de ne pas agir !
    Les autres sont … trop « cons » … trop méchants … trop inattentifs … trop peu reconnaissants à ce qui est dit … etc.

    Pour écarter le mépris « théorie du complot » n’a t-il pas été suggéré qu’il suffisait d’observer les faits comme une personne prépubère ?

    Je ne vous propose pas le livre Nos pensées créent le monde de Vahé Zartarian et Martine Castello [jmg Editions]
    C’est à la limite de l’excès inacceptable.
    Martine Castello est journaliste scientifique
    Vahé Zartarian, ancien élève de l’Ecole polytechnique, est l’auteur de nombreux ouvrages sur les sciences de pointe.

    Je vous préconise plutôt le livre de Howard Gardner
    Faire évoluer les esprits … en politique, dans l’entreprise et dans la vie privée
    [Editions Odile Jacob]
    ou même, pourquoi pas
    Je réinvente ma vie de Jeffrey E. Young.

    Je vous saurais gré de bien vouloir accepter ce propos à la fois un peu vif … et un peu provocateur.
    Doutez-vous en votre croyance actuelle ?
    Dans l’attente,
    et bonne journée également

  72. @ Alexis : merci de votre approbation… mais il y a beaucoup à dire et à faire au-delà de ce que j’ai évoqué. Manifestement, seuls les initiés semblent entendre ce que je tente d’exprimer depuis des semaines à travers mes commentaires et ils (les initiés) sont très peu nombreux ! J’ai l’impression que beaucoup des commentateurs sont sur la position de la secrétaire générale de l’OCDE… (http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/2300/Crise__E9conomique.html) c’est dommage.

    @ Eugène : votre réaction est typique de ce que pense la majorité des Français qui sont inondés de la propagande capitaliste des médias (Lagardère, Rotschild, Bolloré, Bouygues, Pinault, Dassault, et les autres). Ils en viennent à confondre le principe et les possibilités du système par répartition avec ce qu’il en reste 64 ans après des attaques incessantes pour en réduire l’efficacité afin de démontrer contre toute logique qu’un système par capitalisation serait plus efficace !

    64 ans c’est long et à ma connaissance, il n’y a pas beaucoup de systèmes sociaux qui aient résisté aussi longtemps à un environnement aussi hostile !

    Pour répondre sur le fond : si comme les fondateurs l’avaient proposé, le système était universel (concerne tous les citoyens du pays) et appuyé sur une cotisation non seulement des salariés mais aussi sur une taxation des revenus autres que salariaux, alors nous aurions un système intégré avec une seule échelle de prestations et des taux de cotisations inférieurs à ceux d’aujourd’hui… car c’est là le paradoxe, pour démontrer que le système est inefficace, il a fallu inventer des compensations et surcompensations entre des régimes différents quand leur population (selon les branches d’activité ou la division du travail) évoluait, c’est bien le moins qu’on puisse attendre sur 64 ans !

    Toujours dans le souci de justice sociale, les artifices dans les taux de cotisations entre cadres et non-cadres devraient être remplacés par un taux unique du premier euro au dernier du salaire ou du revenu : cela permettrait, en valeur absolue, de moins faire payer les bas salaires et de baisser le taux de cotisation (l’assiette étant plus large). Toutes les retraites complémentaires deviendraient du même coup inutiles. C’est cela que toutes les réformes depuis des décennies veulent éviter. Demandez-vous pourquoi ???

    Si le système était universel, les déplacements de population de cotisants auraient été automatiquement compensés, la population augmentant, la richesse générale augmentant, l’adaptation annuelle des taux de cotisations aurait plutôt dû jouer à la baisse… c’est bien cela que les capitalistes-financiers voulaient éviter car ces sommes énormes n’entraient à aucun moment dans le circuit boursier-spéculatif. Pire, elles donnent du pouvoir d’achat direct à toute une population que ces même capitalistes-spéculateurs ne veulent plus voir : les exclus de l’emploi sont transparents et inutiles pour « créer de la valeur ». On voit où cela conduit.

    Paul Jorion est pessimiste ? Eugène, votre réaction me rend trois fois plus pessimiste que lui.

  73. @ Fab,

    Si ce message (10/02, 21:51) s’adresse à moi et quelques autres; merci pour le « bon courage », on en a besoin, car ce n’est pas si simple, mais rien ne vous empêche de vous initier à cette façon de chercher un homme (le: »Je cherche un homme », de Paul) pour finalement trouver une théorie. Un peu particulière qd même.

  74. @Scaringella

    J’ai commencé à lire le lien d’Eugène mais les pages manquantes ne favorise pas la lecture.
    Je n’ai pas trouvé de référence à une application de cette théorie dans le monde logiciel. Ce que je n’arrive pas à saisir, c’est la manière dont vous passez de l’étude de la rationalité humaine à la conception d’un logiciel.

  75. Tout ce que je lis ci-dessus est terrible. Il me revient cette horrible phrase de ma grand mère. « Il nous faudrait une bonne guerre ». Elle en avait vécu deux pourtant, deux terribles.
    Ce n’est pas ce que je pense évidemment, mais je comprend ce qu’elle voulait dire à l’époque ( l’expression vient des années 30). Une « bonne « guerre ! Quand il ne reste plus rien d’autre à faire, une guerre peut-elle vraiment être « bonne » ? C’est ce qu’elle voulait dire en tout cas.
    Quand on ne peut plus rien changer, il y a aussi une « bonne » révolution.
    Espérons que dans les prochains jours nous n’ayons pas une « bonne » bombe !

  76. @Loïc Abadie. «c’est à dire partisan d’un petit état intervenant le moins possible dans la vie des gens et perturbant le moins possible le fonctionnement de la société.»

    «La société» ainsi pensée une abstraction. Or la société est constituée de groupes d’individus. Ces groupes sui generis (non réductibles à l’ensemble), pensent, se conduisent, interagissent et vivent selon des schèmes culturels. Ce qui fait qu’il n’y a pas d’un côté l’Etat et de l’autre la société. Ce qu’explique très bien Mary Douglas dans son livre : Comment pensent les institutions.
    http://sociologies.revues.org/document522.html

  77. Bese,

    Question (de)logique, ds tous les sens de l’expression!
    plus sérieusement pour la tdm (théorie de la médiation) c’est l’instance logique en nous qui nous fait jouer par exemple de la 4ème proportionnelle.

    A paris sur un cheval gris
    A Nevers sur un cheval ….

    ville/couleur+ rime phonologique, et n’importe quel gamin sachant que Paris comme Nevers sont des villes trouve spontanément la réponse, mais que les aphasiques eux ne peuvent retrouver. Du coup c’est assez drôle de voir des gamins dits ‘pas doués en maths’ trouver cette réponse(ci-dessus) mais ne rien comprendre aux fractions, à Thalès, voire aux pourcentages et j’en passe

    la glossologie a donc démonté toutes ces opérations abstraites qui font qu’on cause, en montrant que chacune des 4 aphasies déraille d’une façon bien précise et finalement prédictible (prédictible qt à la forme implicite qui n’est pas le contenu explicite).
    Du coup tu as sous la main toute la logique à l’oeuvre ds notre cerveau, avant qu’elle ne soit ds les mathématiques qui, elles, supposent aussi le concept d’Outil du fait de s’écrire. Je ne développe pas plus pour ne pas compliquer.

    Demande aussi à Bernard
    http://pagespro-orange.fr/bcc/idxmed.htm
    « cette recherche concerne également l’outil informatique », en bas de la page: ‘le modèle de la médiation’

  78. @ 2Casas,

    « Rien de sérieux sur la perspective d’ensemble. » (10/02; 20:06) Je ne comprends pas à quelle question de Scaringella vous répondiez ainsi, ni ce que vous vouliez dire par là…

  79. @ Auguste,

    Je ne pensais pas avoir botté en touche en disant, notamment « Virer le tout économie par exemple, se servir de l’outil économique comme d’un simple outil qu’on sait manier et dont on connaît les dangers, et reconstruire à côté. »
    Pensez-vous que l’économie, à travers la consommation, soit le sens de la vie que toutes les sociétés ont choisi ? Il me semble qu’il existe d’autres exemples, et peut-être d’autres peuvent-ils être inventés. Pour le moment nous n’allons pas dans cette direction et, plus grave (à mes yeux), nous imposons notre mode de vie à la planète entière, avec les conséquences que l’ont connaît et qui se font de plus en plus ressentir. Est-ce bien raisonnable ?
    J’espère avoir répondu à vos interrogations.
    Je ne me ressens pas comme une victime ou comme étant persécuté. Je ne considère pas que « Les autres sont … trop “cons” … trop méchants … trop inattentifs … trop peu reconnaissants à ce qui est dit … etc. ». Simplement notre système, pour assurer sa survie, doit créer des inégalités ; le problème vient du fait que ceux qui n’adhèrent pas à ce système, à cette course aveugle à une réussite économique, sont marginalisés puis abandonnés sur le chemin. Et ceux qui ne s’en préoccupent pas, surtout ceux qui devraient avoir un certain recul de par leur intelligence affûtée, ceux-là sont coupables ! Coupables de ne pas oser un changement de référentiel pour observer le monde. Coupables de ne pas oser imaginer qu’un monde plus proche de l’humain puisse être possible. Etc.
    Alors non je ne veux pas me positionner comme une victime, je me demande seulement comment ces gens pas « cons », pas « trop méchants » etc. voient le monde. Comment se fait-il que leurs yeux (coeurs ?, cerveaux ?) ne voient pas la même chose que des milliards d’êtres humains…où en tous cas ce que des milliards d’êtres humains ressentent mais se trouvent dans l’impossibilité d’exprimer…

    Bonne soirée, et que vos rêves soient les plus doux possibles.

  80. Pour le probable à venir, un texte récent intéressant, comme tout le site d’ailleurs:

    http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1519

    Il finit par:

    Alors, madame Cassandre, m’a dit le Pierrot lunaire qui était venu me faire sa leçon de mondialisation à lui, vous voulez que je vous recommande quelques lectures ? Regardez donc ce qui a été produit entre 1930 et 1950 par les meilleurs écrivains étasuniens qui décrivaient leur société en crise. Et commencez donc par les Raisins de la colère, si vous tenez à savoir concrètement ce que le mot tramp veut dire. Regardez donc à nouveau un film qui s’appelle Les temps modernes. Tout y est expliqué. Et puis suivez la logique de la chose. Pour cela, je vous recommande Le Dictateur.

    http://www.cafe-geo.net/sommaire.php3

  81. @Loïc Abadie,

    Votre pseudo-pensée est à l’image de votre statut de spéculateur, tout comme votre porte-feuille contient un peu de BX4, et de pétrolières et bcp de cash, vos conceptions « philosophiques » c’est un peu d’ anarcho-capitalisme » à la Rothbard, du Ron Paul mais pas trop, bref on achète les idées dans un grand supermarché !

    C’est malheureusement la seule cohérence dont vous soyez capable…car tout comme il vous est impossible de voir plus loin que le bout de votre nez les conséquences de « votre statut  » de spéculateur, il vous est impossible de concevoir ce qu’implique sur le plan de la pensée votre partage des conceptions de Ron Paul…

    Dans le royaume des aveugles, les borgnes sont rois !

  82. @ Marc,

    Merci pour ce lien. Très court donc à ne pas rater ! Malheureusement il risque fort, ici, d’être vu comme un argument d’autorité, à savoir no pasaran ! Un extrait de cet article publié dans le Monde (!!!) :

    « Des sociétés qui se contentent de satisfaire leur besoin de sens par la consommation n’ont, au moment où, alors qu’elles se sont coupées de la possibilité d’acquérir une identité du sens et un sentiment de ce qu’est le bonheur quand l’économie fonctionnait encore, plus de filet pour retarder leur chute. » (Crise : le choc est à venir, par Harald Welzer, Psychosociologue allemand, chercheur au Kulturwissenschaftlichen Institut d’Essen)

    Bon, je lance un pari : ou personne ne réagit à cet article, ou on va nous annoncer bientôt que son auteur fait partie d’un groupuscule complotiste ou anarchiste ou anti-quelque chose de pas correct- ou extrémiste etc etc, enfin quoique ce soit pour détourner la tête en la gardant haute !!!

    Bonne soirée.

  83. Merci à Dede et Marc pour leurs liens passionnants !
    Assurément, deux catégories de personnes se croisent sur ce blog et nous ne pouvons que remercier Paul de nous permettre ces échanges, mais deux catégories qui s’ignorent en grande partie, ou du moins dont l’une ne se donne absolument pas la peine de répondre à l’autre.
    J’ai envie de reprendre d’ailleurs la métaphore de Jancovici dans son dernier livre « C’est maintenant ». d’un côté les « énarques » pascuant qui ne savent pas compter et de l’autre les énarques qui eux savent compter les coquillages en oubliant les arbres et les poissons nécessaires à la vie de nos iliens.
    J’avoue sans vergogne ne pas savoir du tout compter les billets, les PIB et autres taux…
    A défaut d’acquérir son dernier ouvrage, vous pouvez vister le site de JM Jancovici : http://www.manicore.com (désolé pour la pub)

  84. @ Fab
    @ tous

    Au risque de perdre pas mal de monde en route, voilà comment je vois les choses pour remettre de l’ordre ds les idées, sans pouvoir aller plus loin ds l’analyse (un peu abstraite sans doute, mais il faut bien prendre du recul, non?) de ce qui reste à faire:

    Le pb politico- moral / éco-financiarisation globalisée que nous rencontrons est le suivant :
    Il y a autant de différence entre la production de représentations (a) et la production d’un bouquin ou d’un écrit quelconque (b) qu’entre la gestion socialisée de ce qui se prend ds notre fonction naturelle de valorisation (c) (l’économistique donc) et la légalisation de processus minimaux de légitimation (d).

    Bref : a/b=c/d

    Pourquoi ? En :
    a- vous avez l’interférence de notre FACULTE technico-industrielle (notre faculté d’outil), avec une FONCTION naturelle de représentation.
    b- celle de cette même faculté d’outil avec la faculté de langage (qui n’est pas la fonction symbolique). L’écrit met du langage en conserve et le lecteur, même silencieux, lui redonne la voix.
    c-l’interférence de notre faculté ethnico-politique avec la fonction naturelle de valorisation.
    d- l’interférence de notre faculté ethnico-politique avec la faculté éthico-morale en chacun.

    Aux numérateurs, vous avez interférence d’une fonction naturelle avec une faculté spécifiquement humaine.
    Aux dénominateurs, vous avez interférence de deux facultés.
    Mais il suffit que vous perdiez même partiellement une de ces facultés pour perdre une partie de ce qui fait spécifiquement notre humanité.

    Les politiques s’inquiètent parait-il que 10 à 20 % de la population ne sache pas lire avec aisance, mais qui s’inquiète qu’ils ne sachent eux-mêmes concevoir de codes ou des lois légalisant des processus minimaux de légitimation ? Pas grand monde, surtout pas eux-mêmes. Il faut dire à leur décharge qu’ils n’y ont pas été formés, mais on ne peut pas non plus compter sur eux pour se tirer une balle ds le pied.

    (les fonctions naturelles de représentation et de valorisation sont normalement respectivement redoublées en chacun par les facultés de langage et de droit que nous nous donnons de; mais ce n’est pas parce qu’elles sont supposées présentes que chacun les exerce ou cherchera à les exercer au mieux!)

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