Le poète et les décideurs

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Aujourd’hui, j’étais parmi les décideurs. Ils parlaient des décisions qui avaient été prises et de celles qui seraient prises. Ils étaient conscients que d’autres ailleurs prenaient d’autres décisions, et il fut question ainsi des Chinois et des Américains. On comprenait de ce qu’ils disaient que certaines choses dans le monde allaient à l’encontre de ces décisions passées comme futures, choses qui étaient évoquées avec une certaine irritation, comme autant de vaines contrariétés.

J’étais parmi les décideurs parce qu’ils voulaient m’entendre. On me demanda quand j’en eus fini si j’avais noté l’attention avec laquelle j’avais été écouté. Je dis oui, je dis : « J’ai noté le grand silence ! » On me dit « Ah ! Vous avez noté le silence ! », et c’était vrai parce que quand c’était un décideur qui parlait, il y avait un grand brouhaha, chacun vaquant à ses affaires, tous en apartés les uns avec les autres, quand ce n’était pas au téléphone. J’avais remarqué aussi tous les « Ah ! » et tous les « Oh ! » qui ponctuaient l’expression de mes opinions sur l’état du monde. J’avais le sentiment d’être un poète invité à la cour, et je connaissais la grande satisfaction de voir mes poèmes tout particulièrement prisés.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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60 réflexions sur « Le poète et les décideurs »

  1. Les décideurs vous ont entendu
    P’têt que le monde n’est point foutu
    P’têt même qu’ils vous ont compris
    Rangeant leurs boites de confettis

  2. et les bulles poétiques, c’est-y dangereux? y pas que les ingénieurs de la finance qui se montrent créatifs… je vous ai apporté des bonbons, ma déesse, parce que les CDS c’est périssa… euh… périlleux.

    alors comme ça les décideurs ne s’écoutent pas entre-eux, l’orateur s’écoute-t-il parler au moins? et alors? vous avez eu le sentiment qu’ils s’y entendent pour prendre des décisions?

    à bon an tendu, mal entendeur, oups mon répondeur, salut! 😀

  3. cher Paul
    c’est avec un immense plaisir que j’apprends que vos efforts, qui ont suscité souvent beaucoup de scepticisme, ont fini, plus vite que ne l’aurais imaginé, par déboucher sur quelque chose de vraiment concret, c’est à dire en phase avec la réalité la plus immédiate et la plus tangible. Sans doute pas encore de décisions à ce stade, mais au moins on vous écoute !! Et comment 🙂

    Dans ce blog même vous disiez que l’on viendrait chercher les personnalités aux point de vue hétérodoxes quand toutes les solutions foireuses auraient été épuisées. Il semblerait que nous y soyons plus tôt encore que je ne l’avais pensé.
    Vous aviez raison !! J’ai toujours pensé que vous étiez un penseur et un pragmatique, donc un homme de terrain !
    Puisse ce terrain vous être réceptif !! Je ne cache pas ma joie, mais j’ai bien conscience que la route sera encore longue.
    Courage.

  4. Ils ont donc appris plein de choses nos décideurs aujourd’hui !
    Merci Paul.
    Et sans vouloir être trop curieux, j’attends comme nuknuk66, « des détails », et même des anecdotes sur les moments où, tout Puissants qu’ils sont, ils découvraient le Monde en vous écoutant.

  5. Le suspense est à son comble… Les internautes, fans du blog de PJ s’interrogent: mais quels sont ces décideurs qui l’ont invité? Ce ne sont ni des Chinois ni des Américains: ils sont « ailleurs » ceux-là. Ils poussent des Oh! et des Ah! Francophones alors à moins que Paul nous ait traduit leurs onomatopées… J’opte pour des Canadiens francophones, ils sont peut-être assez progressistes pour oser inviter Jorion…

  6. « La poesia es un arma cargada de futuro » Gabriel Celaya

    « La poésie doit avoir pour but la vérité pratique. Elle énonce les rapports qui existent entre les premiers principes et les vérités secondaires de la vie » Isidore Ducasse (repris en partie par Eluard)

    Poésie, de poiesis du verbe poien : faire.

    En espérant que la citation ne soit pas trop longue:

    ¿QUÉ ES LA POESÍA?

    (Octavio Paz)

    La poesía es conocimiento, salvación, poder, abandono. Operación capaz de cambiar al mundo, la actividad poética es revolucionaria por naturaleza; ejercicio espiritual, es un método de liberación interior. La poesía revela este mundo; crea otro. Pan de los elegidos; alimento maldito. Aísla; une. Invitación al viaje; regreso a la tierra natal. Inspiración, respiración, ejercicio muscular. Plegaria al vacío, diálogo con la ausencia: el tedio, la angustia y la desesperación la alimentan. Oración, letanía, epifanía, presencia. Exorcismo, conjuro, magia. Sublimación, compensación, condensación del inconsciente. Expresión histórica de razas, naciones, clases. Niega a la historia: en su seno se resuelven todos los conflictos objetivos y el hombre adquiere al fin conciencia de ser algo más que tránsito. Experiencia, sentimiento, emoción, intuición, pensamiento no-dirigido. Hija del azar; fruto del cálculo. Arte de hablar en una forma superior; lenguaje primitivo. Obediencia a las reglas; creación de otras. Imitación de los antiguos, copia de lo real, copia de una copia de la Idea. Locura, éxtasis, logos. Regreso a la infancia, coito, nostalgia del paraíso, del infierno, del limbo. Juego, trabajo, actividad ascética. Confesión. Experiencia innata. Visión, música, símbolo. Analogía: el poema es un caracol en donde resuena la música del mundo y metros y rimas no son sino correspondencias, ecos, de la armonía universal. Enseñanza, moral, ejemplo, revelación, danza, diálogo, monólogo. Voz del pueblo, lengua de los escogidos, palabra del solitario. Pura e impura, sagrada y maldita, popular y minoritaria, colectiva y personal, desnuda y vestida, hablada, pintada, escrita, ostenta todos los rostros pero hay quien afirma que no posee ninguno: el poema es una careta que oculta el vacío, ¡prueba hermosa de la superflua grandeza de toda obra humana!

  7. Fonction du poète, de victor Hugo

    Dieu le veut, dans les temps contraires,
    Chacun travaille et chacun sert.
    Malheur à qui dit à ses frères :
    Je retourne dans le désert !
    Malheur à qui prend ses sandales
    Quand les haines et les scandales
    Tourmentent le peuple agité !
    Honte au penseur qui se mutile
    Et s’en va, chanteur inutile,
    Par la porte de la cité !

    Le poète en des jours impies
    Vient préparer des jours meilleurs.
    ll est l’homme des utopies,
    Les pieds ici, les yeux ailleurs.
    C’est lui qui sur toutes les têtes,
    En tout temps, pareil aux prophètes,
    Dans sa main, où tout peut tenir,
    Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,
    Comme une torche qu’il secoue,
    Faire flamboyer l’avenir !

    Il voit, quand les peuples végètent !
    Ses rêves, toujours pleins d’amour,
    Sont faits des ombres que lui jettent
    Les choses qui seront un jour.
    On le raille. Qu’importe ! il pense.
    Plus d’une âme inscrit en silence
    Ce que la foule n’entend pas.
    Il plaint ses contempteurs frivoles ;
    Et maint faux sage à ses paroles
    Rit tout haut et songe tout bas !

    Peuples! écoutez le poète !
    Ecoutez le rêveur sacré !
    Dans votre nuit, sans lui complète,
    Lui seul a le front éclairé.
    Des temps futurs perçant les ombres,
    Lui seul distingue en leurs flancs sombres
    Le germe qui n’est pas éclos.
    Homme, il est doux comme une femme.
    Dieu parle à voix basse à son âme
    Comme aux forêts et comme aux flots.

    C’est lui qui, malgré les épines,
    L’envie et la dérision,
    Marche, courbé dans vos ruines,
    Ramassant la tradition.
    De la tradition féconde
    Sort tout ce qui couvre le monde,
    Tout ce que le ciel peut bénir.
    Toute idée, humaine ou divine,
    Qui prend le passé pour racine,
    A pour feuillage l’avenir.

    Il rayonne! il jette sa flamme
    Sur l’éternelle vérité !
    Il la fait resplendir pour l’âme
    D’une merveilleuse clarté.
    Il inonde de sa lumière
    Ville et désert, Louvre et chaumière,
    Et les plaines et les hauteurs ;
    A tous d’en haut il la dévoile;
    Car la poésie est l’étoile
    Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

  8. Ce que vous racontez de votre regard sur cette réunion de décideurs me laisse amer, perplexe et secrétement heureux. Je pense que l’on a de plus en plus affaire à des gens qui cherchent désespérément un manuel pour résoudre un changement qui les dépasse, et de loin; de fait, ils se sentent de plus en plus impuissant et inutile, au fond.
    Les masques vont tomber peu à peu, et, qui sait, on fera peut-être un peu mieux que vous concidérer comme un extra terrestre.

  9. Il ne pourra pas leur être reproché d’ avoir négligé l’ avis d’ un spécialiste maintenant reconnu de cette crise.
    Je ne serais pas surpris que ce meeting sera versé a leur décharge pendant le remake de Nurenberg qui ne manquera pas d’ avoir lieu si tout ce cirque va trop loin.

  10. Bonsoir,

    Dans la rue les passants pensent
    et passent et souvent s’arrêtent et parfois dépensent
    et pensent toujours car même
    si leurs pas cessent la pensée elle
    toujours tourne et sans cesse
    tourne dans la tête des passants
    qui pensent dans les rues des villes
    qui tournent et qui virent et se croisent
    et parfois se rejoignent
    dans les pensées des passants
    dont les pas sont des points
    et des virgules qui rythment
    la polyphonie muette et pensive
    que les passants des villes assourdies
    tricotent et filent et défilent
    forment déforment
    et peut-être parfois
    transforment
    en pensée
    des villes
    où pas à pas
    de loin en loin
    se passent
    une à une
    et se dépassent
    les bornes
    les barrières
    et les passages protégés

  11. Nos décideurs, nos élites et les plus riches commencent à parler de plus en plus de guerre civile voire à la souhaiter si ce n’est à la préparer. Ils ont compris que les ressources actuelles et futures ne leur permettraient pas de continuer au train où ils veulent aller. Leur cynisme leur fait faire le calcul qu’en partageant encore moins donc si les gens meurent ils pourront continuer à disposer d’une part encore plus importante des ressources en considérant de plus qu’ils suffiront à la survie de l’humanité en pensant que de toute manière une faible partie des hommes pourra survivre donc eux surtout qu’ils se croient de plus en plus comme des futurs élus d’une nouvelle humanité. On revient à grand pas à l’eugénisme…. Le peuple n’aura servi que de force de travail au moment opportun mais quand il ne le sera plus il faudra qu’il s’entretue.

  12. Les décideurs vous ont apparemment entendu, puisqu’ils ont réagi à vos propos. Mais les « oh » et les « ah » ne sont guère encourageants : ils peuvent témoigner de l’incrédulité devant la hardiesse de votre poésie (perçue comme une outrance). Et donc signifier que lesdits décideurs n’ont pas vraiment appréhendé l’état réel du monde. C’est plutôt flippant, non ?

  13. @Jean-Baptiste, entre autres …
    Vous êtes plusieurs à vouloir penser pour le pire, par sur-correction, en prévoyant un avenir immédiat type « méchant nouvel ordre mondial », ou réduction de population, sans voir que ce ne sont pas non plus de bonnes solutions pour les élites dirigeantes actuelles.
    Un pouvoir fasciste, offre le règne dans un monde moins performant. Donc, ce n’est intéressant que pour des dirigeants un peu demeurés. On sait, il y en a, et on a constaté les dégâts récemment.
    Réduction de la population, surtout avec tentative de choix ethnique, vous vous privez de matière cérébrale ayant acquis maturité sur les fils de différentes cultures, donc offrant un plus large panel en philosophie et pensées, les philosophies pouvant aider les trames imaginatives à se mettre en place.

    De plus, réduire la population ne serait que reculer pour mieux sauter : si les méthodes techniques permettant le recyclage totale de nos ressources ne sont pas engendrées, on ne gagne que quelques années.
    Le prix à payer ne sera qu’énergétique. Le contrôle du flux d’énergie exploitable dessinera la société future.

    Vous me direz, ce seront les années pour faire dégager de la surface de la terre tous les vieux conservateurs tenant le volant actuellement, donc, de toute manière, le monde va s’adapter, nous, contemporains, nous nous contenterons de morfler de leurs caprices. C’est aussi une éventualité, et l’établissement du rapport de force actuel, a pour but d’éviter de nous aventurer dans ce genre de solutions idiotes, qui ne règleraient rien, si ce n’est apaiser piou-piou l’angoisse maladive de personnes à qui on aurait eu la distraction de céder trop de pouvoir.

    Cette histoire de Paul, me rappelle un moment de ma vie, lorsque j’étais en classe de 6ème, dans un quartier pas des plus faciles, qui ne rendait pas la vie gaie aux professeurs trop fragiles, car tous devaient utiliser menaces et grosse voix pour tenir les animaux de la jungle.
    Un jour, le conseiller d’orientation est venu. Et au moment où les élèves ont commencé à vouloir manifester leur devoir d’être dissipés, il ne s’est pas arrêté de parler, mais très sûr de lui, il a encore baissé le ton de sa voix, assez vicieusement, en lâchant les choses les plus importantes à propos d’orientation… Et tout le monde est devenu calme, caaaalme … et attentif.
    Ce qui ne veut pas dire qu’après l’info enregistrée, on a été reconnaissant à vie à ce bonhomme, mais on a été plus attentif à absorber ses paroles, que celles du prof de couture à l’heure de classe suivante, par exemple.

    L’homme, adulte, serait-il responsable politique, il n’a guère changé, d’autant moins que le nez dans le guidon, il n’a pas encore forcement compris la sagesse. Il n’est qu’un garnement parmi d’autres, mais il lui reste les moyens de comprendre qu’il doit continuer à apprendre.
    Vous voyez. C’est pas encore foutu, ils finissent d’user toutes les solutions impossibles pour être certains que ça va vraiment très mal. Ensuite, on fait un pas de plus vers ce qui va tôt ou tard émerger. C’est normal que ce soit lent, proche de l’inertie cette progression, et en revanche, chaque pas accompli n’aura pas de retour en arrière.

  14. @ Jaypee

    Lisez le billet : « On a reçu ça » puis les commentaires afférents.
    Zeitgeist, relève du « flagfalse » comme l’a noté Paul Jorion : cela ressemble à de la prose engagée et « peace and love » mais
    l’analyse du contenu révèle de nombreuses contradictions, ce qui laisse à penser que les auteurs ne sont sans doute pas les doux agneaux que l’on imagine.

    @ joelle

    Une discussion a propos du LEAP a déjà eu lieu sous le billet : « Nos propos confidentiels ».

  15. Pour défendre un peu les politiques, il faut ajouter que ceux ci doivent gérer un sacré gros truc…
    Pour comprendre, il faut refléchir au debat concernant la définition de la monnaie.
    Si l’ on se limite au cadre habituel, on se perd très vite dans des chamailleries techniques, et des pertes de sens dues a une logique bivalente inadaptée (ceci rappelle le « malaise quantique », que l’ on éprouve des que notre logique bivalente se heurte aux lois de la physique des particules).
    Si l’ on change de cadre et que l’ on donne enfin a la monnaie les dimensions physiques qui lui manquent (pouvoir d’ appropriation notamment), et que l’ on met a zéro les valeurs des dimensions habituelles (réserve de valeur, notament), on comprend mieux ce qui se passe.
    Il existe une reconfiguration des puissances en place, les pertes monétaires visibles dans le cadre financier classique, sont des gains dans un autre cadre. Pour avoir une vue d’ ensemble, il faut integrer les composantes qui manquent au modèle classique de la monnaie.
    Il semble que les politiques sont contraints de céder les bijoux de famille (zones d’ influence, démembrement d’ industries nationales stratégiques, ouverture de marchés vitaux…), c est le prix a payer pour une redistribution « pacifique » des cartes entre puissances déclinantes et ascendantes.
    Il est important que ces transferts se fassent au mieux de nos interrets nationaux, cela dépend de la loyauté de nos représentants.

  16. @ Jaypee

    Lisez le billet : « On a reçu ça » puis les commentaires afférents.
    Zeitgeist, relève du « false flag » (voir wikipedia) comme l’a noté Paul Jorion : cela ressemble à de la prose engagée et « peace and love » mais l’analyse du contenu révèle de nombreuses contradictions.

    @ joelle

    Une discussion a propos du LEAP a déjà eu lieu sous le billet : « Nos propos confidentiels ».

  17. @Paul,

    Contrairement au autres intervenants de ce blog, j’entends votre message comme une parabole, dites moi si je me trompe…

    En fait je l’interprète non pas comme un fait ( vous n’étiez pas effectivement à une réunion avec des décideurs) mais comme une « petite histoire » décrivant votre position (celle du poète) dont la conséquence serait l’impossibilité pour Eux de partager votre « vision du monde », de la comprendre, et donc d’envisager des solutions selon « vos paradigmes ».

    Ce qui répond en partie aux questions soulevées par votre billet précédent…

    Bonne journée à tous !

  18. @Paul Jorion,

    Vous étiez là parce qu’on voulait vous entendre. On vous a « silencieusement » écouté, mais vous a- t-on entendu ?
    Peut on déduire de votre remarque sur le silence, que les décideurs ne croient plus en leur capacité à proposer, à créer, à innover, à sortir des sentiers battus, puiqu’ils ne s’écoutent plus.

    Les « choses » qui provoquent de vaines contrariétés….Les décideurs d’un bord ne comprennent pas les décideurs de l’autre bord. Cela, on l’avait déjà compris depuis quelques temps, pas vous?

    Votre sentiment de poète sur la sensibilité de cet auditoire nous intéresse…

    Un poète à la cour…après l’entract poétique, les affaires reprennent.

    Vous n’avez rien dit d’autre que, j’étais là, et j’ai eu le sentiment de…, et nous voilà, nous les blogueurs, transporté d’aise….

    Vous souvenez-vous d’une pub où un gamin demandait que la source de son plaisir puisse être allongée…

    Dites, M. Jorion, vous pouvez pas les faire un peu plus long…..

  19. Hum…

    Je vois que Paul, tenu à la confidentialité en tant qu’ingénieur financier a pu nous restituer des choses interessantes en tant qu’anthropologue… :-p

    L’interprétation n’est pas évidente… Faut-il comprendre par « poesie » qu’ils ont trouvé l’exposé charmant/brillant mais qu’ils n’en feront rien (dans l’immediat tout au moins)? … parce-que s’exprimer en tant qu’analyste/expert et finallement passer « comme un poète » je ne trouve pas ça très encourageant…Y a un côté « je pisse dans un violon ».
    A l’inverse, le fait qu’ils accordent tous plus d’attention à vos propos qu’à leurs propos respectifs montre, en plus de votre « audition », soit qu’ils savent déjà tous ce que les autres pensent (même grille de lecture, mêmes écoles de pensée) et donc qu’ils n’apprennent rien de plus qu’ils ne savent déjà dans leurs exposés respectifs, soit qu’ils ne se respectent pas ou qu’ils s’en foutent (!), soit que vous étiez la seule attraction du jour (le reste n’étant là que pour faire du remplissage, comme une « première partie de concert »). Sans doute se disent-ils qu’il n’y a plus rien à perdre à essayer des voies heterodoxes… au point ou ils en sont… ça ne peut pas être pire que ce qui se prépare de toute façon.
    (Sans se couvrent t-ils aussi en même temps… mais cela fait partie du jeu, Paul ne peut pas en même temps faire entendre sa voix et en même temps ne pas s’exposer à servir de fusible potentiel).

    Peut etre aurons nous qlqs eclaircissements dans votre video du week end. 🙂

  20. S’agissant de LEAP, malgré qlqs erreurs d’analyses de parcours (l’exercice est difficile!), et ce ne sont pas des guignols ou des Mme Irma catastrophistes comme j’ai pu l’entendre ici ou là… ce sont pour la plupart de bons spécialistes dans leurs disciplines respectives. Pour le coup je trouve qu’ils forcent le trait, mais l’Amérique latine et les USA en situation préinsurrectionnelle ou de guerre du 4e type, c’est un scenario parfaitement envisageable. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est + envisageable que d’autres scenarios concurrents. Ce sera également un test pour l’Union (et le moment de vérifier sur certains points la pertinence de la théorie de la Constitution de C. Shmitt)
    Je les soupçonne egalement de trouver quelques pistes sur les articles « geopolitique » de contre-info sans toujours citer leurs sources…

    Parlant de la France, je sens très bien les positions se radicaliser autour de moi, quel que soit la mouvance ou la nature de l’organisation. Les relations géoéconomiques/géopolitiques entre les Etats se durcissent également, y compris à l’intérieur de l’Europe (contrairement à la parodie de « front uni » contre la crise présentée dans les medias). Des variantes théoriques plus forte du « protectionisme » sont en ce moment même en cours d’élaboration… c’est un signe.

  21. On critique beaucoup sur ce site et ailleurs (La tribune de Genève, Le monde) la tonalité catastrophiste du Leap lui supposant des intentions politiques ambigües. Personnellement, comme tout le monde j’ai été un peu bluffé par leurs annonces, et comme tout le monde le ton employé me gêne tant il apparaît péremptoire. Je suis donc partagé. Mais à tout prendre, on peux reprocher la même chose à un Paul Virilio. Quand on s’applique à rappeler la finitude du monde, quand on se donne pour mission d’être le laboratoire où se mettent en place les « crash-test » (l’expression est de Virilio qui compare son travail à un crash test automobile) dont a besoin la société pour penser cette fameuse finitude, il y a toutes le chances qu’on se prenne un peu pour Saint Jean. Ainsi la question qui se pose est: peut-on réfléchir à la fin du monde, ceci afin de l’éviter, sans commencer à vivre et à faire vivre aux autres le drame intérieur que fait naître l’idée même de fin du monde? Virilio explique qu’envisager la finitude du monde ne l’empêche pas d’être heureux et de sourire. Mais Virilio est un croyant. Il a intégré l’idée de la mort dans sa propre vie. C’est ce qui le sépare peut-être du Leap et très certainement des chefs d’entreprise qui lisent le Leap en tremblant.

  22. Puisque l’heure est à la poésie, voici un petit poème militant à partager.

    La grève du coeur

    Bénévoles du monde entier
    Unissons-nous
    Dans un jour de Grève mondial,
    Existons
    Formidablement,
    Ne serait-ce qu’un jour par an.
    Refusons
    Un jour
    De soigner
    Gratuitement
    Les plaies
    De la marchandisation,
    Faisons
    La grève du cœur,
    Nous connaîtrons alors
    Notre grande valeur.

  23. Quel est ce chant qui les laissa tant interdit ?

    Pas celui du fin’amor…

    Qu’elle est cette seigneurie qui décide de quoi pour qui où ?

    Ont-ils demandé: Vos papiers ?

  24. à propos de LEAP

    Pour évaluer la qualité des expertises d’un « expert », encore faut il pouvoir avoir une idée de son ( ses) domaine de compétence.
    La question est :  » quel genre d’expert pour prévoir la possibilité d’une guerre et la date du conflit de départ ? »

    Une guerre étant un machin avec des armes, des fournisseurs d’armes, des militaires, et des fournisseurs de militaires…

  25. LEAP

    Guignol : v. marionnette.
    Marionnette : Figurine représentant un être humain ou un animal, actionnée à la main par une personne cachée, qui lui fait jouer un rôle.

    Leurs partisans prétendent que leurs analyses sont très intéressantes et très utiles : mais ils se contentent toujours de l’affirmer en toute généralité. N’étant pas abonné, je me suis contenté de lire les communiqués gratuits (28 à 32, soit les 4 derniers pour l’exercice). On dira peut-être que justement le meilleur était à l’intérieur (payant), je dirais que le meilleur est forcément à l’extérieur puisque le communiqué gratuit doit inciter à s’abonner.

    Quelques remarques dans le désordre :

    1) La thèse de « la crise systémique globale » si fièrement ressassée à chaque livraison et qui mènerait à l’effondrement, au chaos, etc. est dans le même temps contredite explicitement par eux-mêmes.
    a. La crise n’est pas globale : les décisions de l’Euroland sont toujours excellentes ou sur le point de le devenir, et d’ailleurs le monde anglo-saxon, et ses thuriféraires, est seul responsable de tous les maux et en paieront le plus grand prix (lourdement répété à chaque livraison).
    b. La crise n’est pas systémique : « il était absolument nécessaire de remettre en marche le système de crédit » (GEAP 28), et l’horizon qu’ils entrevoient, c’est un simple « retour à la croissance » (GEAP 30).

    2) Les prédictions glissent subtilement d’une affirmation à l’autre, l’air de rien, on affirme tout et son contraire :
    a. La cessation de paiement des Etats Unis annoncée à grand fracas dans le communiqué 28 « s’adoucit » en dévaluation massive dans le communiqué suivant : « Comme nous l’indiquions dans le GEAB N°28, la dette des Etats-Unis « implosera » à l’été 2009 sous forme de cessation de paiement du pays ou de dévaluation massive du Dollar ». On ne saurait être trop prudent lorsqu’on est prophète, et prévoir tous les cas…
    b. Une fois on parle de cessation de paiement imminente des Etats-Unis et de « découplage décisionnel des grandes économies du monde par rapport aux Etats-Unis » : « désormais, Euroland en tête, le reste du monde semble déterminer à faire ses propres choix » (GEAP 28)
    c. La fois suivante, cela n’arrivera pas forcément, et d’ailleurs le découplage n’existe pas vraiment : « Avec plus de 550 Milliards USD, la zone Euro possède ainsi les troisièmes (ex-aequo avec la Russie qui n’est pas très précise sur ce sujet) réserves les plus importantes au monde derrière la Chine et le Japon, et avant les pays du Golfe (voir tableau ci-dessus). Elle a donc le poids diplomatique, le poids financier, le poids économique, le poids commercial et le poids monétaire pour forcer Washington à faire face aux réalités. » (GEAP 29).
    d. En fait, cela arrivera à tout le monde, il n’y a pas du tout de découplage !: « une insolvabilité généralisée frappant évidemment en premier lieu les pays et les organisations (publiques ou privées) surendettés et/ou très dépendants des services financiers » (GEAP 31). Donc la crise est globale !, mais non, en fait, pas vraiment pour l’Euroland (passim).

    3) Les prédictions n’en sont pas, elles sont aussi, on a le choix, des mises en gardes et des recommandations : ce qui permet de jouer sur les deux tableaux. Soit elles se réalisent : on aura eu raison ; soit elles sont évitées : leur analyse, ou plus modestes ils invoqueront peut-être le bon sens, aura été écoutée.
    a. « sans de telles prises de conscience par les dirigeants mondiaux au cours des trois mois à venir et leur traduction en actes dans les six mois à venir » (GEAP 29)
    b. « Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l’effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. » (GEAP 32)
    c. « il ne reste plus qu’une toute petite fenêtre de tir pour tenter d’éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d’ici l’été 2009 » (GEAP 32)

    4) Mais la plupart du temps les prédictions n’en sont pas, on reste dans le flou, on ménage la chèvre et le chou, le révolutionnaire enthousiaste et l’épargnant inquiet, chacun y trouvera son bonheur :
    a. « les bourses mettront également une décennie à revenir aux niveaux de l’année 2007, si elles y reviennent un jour » (GEAP 30). Mais enfin, on doit quand même en conclure qu’elles existeront toujours ? Ou peut-être pas…
    b. « Ce sont leurs successeurs qui en tireront sans état d’âmes les conclusions nécessaires, imaginant alors un système mondial très différent de l’actuel. » (GEAP 29) Sur lequel on se garde bien de donner quelque indication que se soit.

    5) Sur la forme : tous les moyens employés sont suspects, et ce qui l’est encore plus c’est de s’entendre dire qu’il faudrait en faire abstraction : le fond et la forme, c’est tout un !
    a. L’effet d’autorité par la caution scientifique: une équipe de chercheurs ? Pour ce qu’on peut en apprendre (Le Monde et La Tribune n’ont pas trouvé plus semble-t-il), à moins que quelqu’un aie plus d’information à partager, cela pourrait aussi bien désigner une seule personne.
    b. L’effet de vérité : la prétention rappelée constamment à avoir dit juste, d’ailleurs cela se mesure paraît-il : « à 80%, avec une pointe à 86% » (GEAP 30). Mais tous les devins, prophètes et autres Mme Irma savent sélectionner, a posteriori et de manière appropriée, une affirmation dans tout ce qu’ils ont dit et faire s’esbaudir sur ce qu’elle était vraie, surtout quand on a en tenu plusieurs qui sont en réalité incompatibles…
    c. L’effet de sidération par le catastrophisme. Après 8 ans de bushisme et de chantage éhonté et mensonger à la peur, on devrait peut-être être très suspicieux devant ce genre de camelote, non ?

    6) Mais la réalité la plus simple, c’est qu’il y a quelque chose à vendre :
    a. Au sens propre, pour un prix. Quelle est leur clientèle ? Qui va en effet payer 200€ pour les lire une fois appâté par les communiqués gratuits ? : « afin d’aider de manière quasi-interactive les épargnants/investisseurs/décideurs à mieux comprendre et anticiper les développements à venir de la crise systémique globale » (GEAP 30). Mais si on cherche encore à faire son business en conseillant les épargnants, c’est qu’on est convaincu d’une continuation du système (Posture A ou B), et non pas un théoricien d’une « crise systémique globale » (Posture C ou D).
    b. Et au sens figuré, de la salade à promouvoir : un projet européen, voilà qui est intéressant ! LEAP, des acteurs engagés dans les affaires communes et non pas en train de prosaïquement rançonner les anxieux. Mais voilà, pareillement, cet européanisme nage dans un flou artistiquement composé qui permet de faire entendre aussi bien l’un que l’autre. « Meilleure démocratie », « référendum », « une politique de l’immigration liée à une politique de développement ». C’est humain, humaniste presque, c’est beau, j’y crois aussi, mais quand je n’y vois pas énoncé les moyens et les buts globaux, je m’inquiète de ce que cela pourrait être éminemment trompeur.
    Réclamer plus de démocratie européenne pourrait tout aussi bien signifier dénoncer le bureaucratisme, le technocratisme, le manque de transparence et la lourdeur qui empêchent encore un libre-échange plus intégral de se développer sans contrainte. Un mot pour les immigrés ne mange pas de pain puisque, par exemple, le BTP de Mr Bouygues aime aussi beaucoup les immigrés pour peu qu’ils soient travailleurs et discrets, et aimerait aussi les voir circuler sans contrainte, ce serait tellement meilleur marché. Une validation des traités par référendum, voilà qui est démocratique, mais qui ne mange pas de pain car soit, comme c’est maintenant infiniment probable, c’est une revendication qui restera à jamais sans suite, mais avec laquelle on se sera fait bien voir à peu de frais ; soit, il y en aura encore, mais on sait déjà avec la même certitude que les questions seront « mieux formulées » et accompagnées d’une « meilleure pédagogie », on ne risque donc rien de ce côté-là.

    7) Finalement où veut-on en venir avec cette langue de bois la plus plate et la plus consensuelle qui soit ? : « C’est aux puissances partenaires de canaliser pacifiquement le processus, ainsi qu’aux citoyens et élites du pays concerné de faire preuve de lucidité pour affronter la période très pénible qui se prépare. » (GEAP 28)

    8) Je comprends fort bien qu’on les lise, ce que je viens de faire, et je ne cherche même pas à en décourager quiconque. Je trouve pour ma part qu’ils exploitent très sciemment deux phénomènes caractéristiques de l’époque :
    a. Le discrédit généralisé des médias (vous qui êtes insatisfaits de la qualité des informations du Monde recopiée sur l’AFP, pensez à ceux qui ont suivi les conseils de La Tribune pour placer leurs économies !)
    b. L’anxiété devant un changement d’époque et la faillite sensible de ceux qui nous ont mené là, qui sont naturellement bien désarmés pour faire advenir le nouveau.

    9) De cela, ils se servent, malhonnêtement ou au moins cyniquement :
    a. Pour vendre leurs analyses à ceux qui pourront se les payer (choix refusé par Paul Jorion, par exemple car c’est le cas de bien d’autres).
    b. Pour promouvoir, puisqu’ils ne sont pas qu’analystes mais aussi prescripteurs, non pas des solutions constructives ou alternatives mais susciter des attitudes de défiance et de peur qui ne font certainement rien pour améliorer la situation.

    10) Pour ma part, je préfère :
    a. Aller à la source pour s’informer effectivement : lire Contre-info, François Leclerc, Jorion, etc., ou chez Etienne Chouard pour des réflexions et des propositions sur ce que seraient des référendums ou une constitution réellement démocratiques, ou n’importe quel site ou association qui témoigne du bouillonnement des solutions en germe (industrielles, scientifiques, politiques, etc.)…
    b. Ne pas me faire peur à peu de frais sur un arrêt subit et complet des services d’électricité comme si on était au lendemain de la seconde guerre mondiale : voir ici pour un témoignage sur une situation de crise réelle et les solutions qui ont été trouvées.

    La peur est mauvaise conseillère. Et ceux qui l’exploitent des escrocs, toujours.

  26. M. Jorion étaut ce jour au parlement européen (cf. interview dans télérama).

    Désolé de tuer le suspence. :o)

  27. Pas plus tard que tout à l’heure, j’étais en terrasse au Père Tranquille, aux Halles (j’y étais vraiment pas hasard), un type se lance dans une diatribe anti-fonctionnaires. Pourtant de prime abord je lui aurais donné le bon dieu et sa confession : la tête de Gotlib jeune, des rouflaquettes, des lunettes rondes. Mais non, j’avais affaire à un ultralibéral bon teint. Ses Puma rouge auraient dû me mettre sur la piste. Bref je me dis que la France devient un peu étroite en ce moment…Un peu plus tôt dans le bus une grand-mère s’époumonnait contre Israël, état nazi ! Avant de croiser ces gens qui avaient apparemment des choses à dire, je m’étais coltiné une entrevue de 4 heures avec un formateur appartenant à la même vénérable institution que moi (chut !). Ses postillons, ses grands gestes, son timbre zozottant et criard m’avaient presque fait prendre le parti de la suppression de certains fonctionnaires aussi. Bref, une journée rose au pays des mauviettes (j’en étais).

  28. @ Lurker : aujourd’hui oui, hier non. D’ailleurs, peut-on faire référence aux parlementaires européens en les qualifiant de « décideurs »… sachant qu’ils ne décident pas grand chose (et n’ont même pas le droit d’initiative).

    Le suspense reste entier 🙂

  29. (…)
    Spécialiste de la mistoufle
    Émigrant qui pisse aux visas
    Aventurier de la pantoufle
    Sous la table du Nirvana
    Meurt-de-faim qui plane à la Une
    Écrivain public des croquants
    Anonyme qui s’entribune
    A la barbe des continents

    Poète, vos papiers!
    Poète, documenti!
    (…)

  30. Pas plus tard que tout à l’heure, j’étais en terrasse au Père Tranquille, aux Halles (j’y étais vraiment pas hasard), un type se lance dans une diatribe anti-fonctionnaires. Pourtant de prime abord je lui aurais donné le bon dieu et sa confession : la tête de Gotlib jeune, des rouflaquettes, des lunettes rondes. Mais non, j’avais affaire à un ultralibéral bon teint. Ses Puma rouge auraient dû me mettre sur la piste. Bref je me dis que la France devient un peu étroite en ce moment…Un peu plus tôt dans le bus une grand-mère s’époumonnait contre Israël, état nazi ! Avant de croiser ces gens qui avaient apparemment des choses à dire, je m’étais coltiné une entrevue de 4 heures avec un formateur appartenant à la même vénérable institution que moi (chut !). Ses postillons, ses grands gestes, son timbre zozottant et criard m’avaient presque fait prendre le parti de la suppression de certains fonctionnaires aussi. Bref, une journée rose au pays des mauviettes (j’en étais).

  31. Merci Lurker pour l’info.
    Comme d’hab, les réponses sont rigoureuses et limpides, du Paul Jorion en somme !

    Paul au parlement européen, c’est mieux encore que je n’imaginais.
    Quelle tribune ! J’espère que la scène a été filmée, au moins pour la postérité 😉

  32. Il ne faut pas bouder notre plaisir et encore moins moquer ces dirigeants. Ils l’ont invité, c’est déjà quelque chose. On en a vu plus mal inspiré.

  33. Silence depuis le 3 mars. Paul a-t-il été kidnappé pour rédiger un plan de sortie de crise ?

  34. Bonne nouvelle. Voilà une suite encourageante aux « ah »! et aux « oh »!…
    A demain donc

  35. @ Nikademus
    ce que vous dites sur Leap n’est pas faux mais je ne suis pas d’accord quand vous dites « La peur est mauvaise conseillère ». Justement si, la peur peut parfois donner les meilleurs conseils. C’est parce que l’on n’avait peur de rien que l’on en est là. C’est parce que les traders n’avaient aucune idée des risques qu’ils prenaient en jouant en bourse qu’on en est là. Et c’est parce que les gouvernants auront peur de la réactions de leur peuple qu’ils envisageront une réforme en profondeur et une meilleure redistribution du capital. Savoir prendre la mesure des risques, avoir peur, encourage à la prudence et au bon sens.

  36. Lorsqu’on invite le poète, la bonne éducation des salons lambrissés fait qu’il est écouté et d’autant plus écouté que l’on vient entendre une « traduction » et juger de « cette » traduction puisqu’il s’agit ici d’une forme de déclamation orale sur un sujet spécifique qui est le sujet de « prédilection » de l’auditoire. Donc attention à l’autre interprétation, la votre Paul, celle que vous faites, qui n’est peut-être qu’une appréciation de la forme, la formulation, la votre, mais peut-être pas du fond, de votre intervention.
    Certes le fond et la forme doivent se confondre, c’est l’excellence pour la poésie ou les oeuvres d’art mais quels sont les critères d’appréciation de cet auditoire ?

  37. @ Giraudon

    Si Paul Jorion avait récité une fable de La Fontaine je ne pense pas qu’il y aurait eu tous ces « oh » et ces « ah » !
    Le poème « récité » fut d’un nouveau langage et c’est ce qui plut certainement à l’auditoire.

    Quant au fond, c’est est un peu le passager clandestin qu’une forme adéquate permet de faire passer.
    On ne voit pas tout de suite le passager, son existence n’apparaît qu’après coup.

  38. A Pierre-Yves D.
    La Fontaine n’est pas à négliger, relisez « Perette et le pot au lait », c’est d’actualité… oh!… ah!… c’est sérieux.
    Je ne saisis pas « le passager clandestin », mais c’est dans ma nature.

  39. @ Giraudon

    je suis curieux, je vais lire de ce pas ladite fable.

    Pour le passager, je voulais simplement dire que si Paul a sur l’instant pu être pris pour un poète, dans le sens trivial du terme,
    les idées exposées vont finir, tôt ou tard (pas trop tard tout de même !!) par faire leur chemin.
    Le « poème » fera l’effet de la petite musique sitôt entendue, sitôt gravée dans les mémoires.
    Comme de ces petites ritournelles qui reviennent sans cesse dans la tête et dont on ne se débarrasse jamais 😉

  40. A Pierre-Yves D
    Il faut avoir une haute idée de la poésie. Vraiment.
    Pour la musique, je préfère utiliser ce vocable, plutôt que ritournelle (mais à chacun son vocabulaire, je ne critique pas) ce qui me permet d’indiquer l’exemplarité des gens de Guadeloupe qui viennent de mener un combat assez admirable en chantant. Serons nous capable d’en faire autant ? Et nous avons besoin d’un nouveau « chant de monde ». Beau titre qui me vient à l’esprit mais déjà pris…

  41. @ Giraudon

    j’adore la poésie. Je pointais seulement l’usage ironique que faisait Paul du mot poète, en la circonstance.

  42. PES Group Conference- 3rd March 2009
    Room ASP 3G-3

    « CLOSING THE CASINO »
    HOW TO BUILD A FAIRER AND STRONGER REAL ECONOMY?

    *9h15-9h45: Welcome & Introduction – MEP Pervenche Berès, Chairwoman of ECON Committee
    Keynote speech: Massimo D’Alema, Former Prime Minister and President of Italianieuropei Foundation: Fighting inequalities to start growing again

    *9h45-12h45 Morning Session –

    « FINANCE, INDUSTRY & SOCIETY: TOWARDS A NEW RELATIONSHIP »

    Chair: MEP Udo Bullmann, PES Group Coordinator in Lisbon Coordination Group
    SPEAKERS:
     Poul Nyrup Rasmussen, PES President
     John Evans, General Secretary, OECD Trade Union Advisory Committee
     Michel Rocard, Former Prime Minister of France
     Paul Jorion, Anthropologist
     Maria João Rodrigues, Professor of European Economic Policies, Université Libre de Bruxelles
     Jeremy Rifkin, President of the Foundation on Economic Trends (videoconference)

    DEBATE, followed by closing remarks – MEP Pervenche Berès, Chairwoman of ECON Committee

    LUNCH
    (Members’ Restaurant)

    *14h30- 17h15 Afternoon sessions – « PUTTING THE WORLD BACK TO WORK »

    Chair: MEP Elisa Ferreira, PES Group ECON Coordinator
    SPEAKERS:
     Commissioner Joaquin Almunia
     Harlem Désir, MEP, PES Group Vice-President
     James K. Galbraith, University of Texas (videoconference)
     Ann Pettifor, New Economics Foundation
     Jean Pisani-Ferry, Director of Bruegel

    DEBATE AND CLOSING REMARKS WITH A SET OF PROPOSALS – MEP Elisa Ferreira, PES Group ECON Coordinator

  43. @ Olivier

    Bonjour,

    Vous avez tout à fait raison, j’aurais dû écrire anxiété ou angoisse plutôt que peur qui est trop générique et peut d’ailleurs être un très légitime motif de prudence.

    Mais je crois à relire cette très emphatique phrase de conclusion que j’aurais surtout mieux fait de m’abstenir de l’écrire !
    Emporté par mon élan, j’ai fini par un de ses effets pas très intéressants sur lesquels je voulais justement prévenir… Je l’appellerai, si vous le permettez, « effet de généralisation abusive » pour continuer ma classification !

    Je dois tout de même ajouter, sur le fond, que je ne suis pas très amateur des explications moralo-psychologiques. Il me semble que si la colère, l’anxiété ou, à l’inverse, l’arrogance et la démesure n’ont pas eu en effet peu d’influence dans l’histoire (depuis les Pyramides, en passant par Alexandre et les Mayas,jusqu’à aujourd’hui), c’était toujours sur fond socio-économique : transformation des rapports sociaux, modification des répartitions des richesses, etc. Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu de grands mouvements, emportements, embrasements dans des périodes économiques sereines…

  44. Mon cerveau reptilien me souffle le haïkou suivant, forcément rudimentaire :
    Ce jour là, « Ah ! »…. « Oh ! » mais hier encore « Bêêêêê ! » « Bêêêêê ! ».
    Il n’est pas interdit d’en rire gentiment.

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