L’actualité de la crise : Installés dans la crise et la déflation rampante, par François Leclerc

Billet invité.

INSTALLES DANS LA CRISE ET LA DEFLATION RAMPANTE

Nous sommes désormais installés dans la crise sans savoir comment en sortir, c’est la seule constatation solide possible dans l’état actuel des choses. La plus optimiste également. Le leadership mondial des Etats-Unis et de l’Europe, menacé par la puissance chinoise, continue bien de s’exercer, mais d’une manière toute particulière, comme premier de la classe dans la crise !

Non pas que la Chine ne rencontre pas ses propres difficultés ; elles sont principalement de quatre natures. Une baisse très importante des exportations, due à la récession mondiale et en particulier américaine (en réalité désormais partiellement structurelle). Un chômage d’ampleur montant, facteur d’instabilité sociale préoccupante pour le régime. Une bulle financière et immobilière résultant des efforts de relance provenant de l’ouverture des vannes du crédit bancaire, qui n’a que très partiellement atteint l’appareil productif. Et, enfin, une grande difficulté à trouver rapidement le chemin d’une croissance « saine » de rechange s’appuyant sur le développement du marché intérieur.

Confrontée à un arrêt brutal de ses exportations et à une lente progression de son marché intérieur, la Chine ne va pas pouvoir renouer de sitôt avec ses taux de croissance fulgurants. Et encore moins « tirer » la croissance mondiale. En prenant la toute récente décision de lancer le crédit à la consommation en Chine, où il n’existait pas, le gouvernement Chinois tente bien d’accélérer le mouvement. Mais c’est s’appuyer sur les couches sociales qui ont bénéficié de l’essor économique de la dernière décennie, et laisser encore une fois le reste du pays dans une situation d’arriération. C’est appliquer le modèle social inégalitaire et déséquilibré qui prévaut déjà dans les autres pays émergents et recèle de nouveaux problèmes, les premiers étant non résolus.

La zone Euro oscille pour sa part entre la récession, de fugaces et modestes incursions hors du rouge dans quelques pays, et la réalité d’une déflation rampante générale, que l’on cherche à éviter de reconnaître. Le prix du pétrole et de l’énergie a été mis dans un premier temps à contribution, avec force doctes explications s’appuyant sur le fait qu’il était auparavant très élevé et que sa baisse intervenue depuis était à l’origine de la déflation, qui n’en était donc pas une !

Mais les chiffres ont la vie dure, même quand on écarte du calcul le prix de l’énergie et des produits alimentaires, et que l’on retrouve à l’arrivée le même signal de déflation. Les espoirs de sortie de la récession vont devoir faire place à la reconnaissance de la déflation. On peut traîner à reconnaître que l’on est entré dans celle-ci, mais on ne sait jamais quand on va en sortir. Les keynésiens ont déjà perdu leur voix à force de crier que nous étions dans la fameuse « trappe à liquidités » qu’à connu le Japon, quand les liquidités déversés en masse dans l’économie ne parviennent pas à la relancer. L’expérience japonaise a montré que l’on pouvait rester collé ainsi pendant longtemps.

La rentrée va donc devoir être l’occasion de nouveaux laborieux exercices de communication gouvernementaux. Mais ils ne suffiront évidemment pas à exorciser le mal. C’est ce que le gouvernement allemand semble avoir le mieux compris, en prenant déjà de premières mesures Le BaFin, l’autorité allemande de surveillance financière, vient de rendre publiques des règles imposant aux banques de procéder à partir de la fin de l’année à des stress tests réguliers, afin de vérifier si leurs fonds propres sont suffisants pour faire face aux chocs prévisibles à venir. Ceux-ci devront être réalisés au niveau des groupes et non plus de manière éparse, incluant les filiales étrangères et le hors bilan. Autant de sages précautions. Il faut dire que le cas d’Hypo Real Estate, la banque allemande spécialisée dans le crédit immobilier, aujourd’hui nationalisée à 90% et qui a déjà bénéficié de 100 milliards d’euros d’aide publique (en garanties) a traumatisé la classe politique allemande. Il est question de devoir encore remettre au pot et d’en sortir les actionnaires restant pour en prendre le contrôle à 100%. Le rideau de fumée derrière lequel le gouvernement Français navigue n’en apparaît que plus opaque. Surtout quand Christine Lagarde, ministre de l’économie et des finances, se réfugie derrière la nécessité d’un accord international (impossible, elle le sait) pour réguler les primes et les bonus du secteur financier, alors que le BaFin prend de son côté le taureau par les cornes (enfin, on verra à l’usage !).

Parlant d’exercices de communication gouvernementaux, il faut évoquer la préparation du plus grand d’entre eux, la prochaine réunion du G20, les 24 et 25 septembre prochains à Pittsburgh (Etats-Unis). Timothy Geithner sera les 4 et 5 septembre prochains à Londres, afin de participer à la réunion des ministres des finances du G20 et afin de préparer le sommet. Son ministère nous a déjà informé qu’il sera évoqué « une série de questions, notamment l’état de l’économie mondiale et les progrès accomplis » depuis le précédent G20 d’avril dernier. Munis de ces précieuses précisions, devons-nous attendre à ce que de grandes décisions de relance soient prises ? Cela semble bien peu probable, tant chacun privilégié désormais, replié sur son Aventin, sa propre analyse et ses propres remèdes.

A Pittsburgh, nous n’en apprendrons probablement pas d’avantage à propos des mesures de régulation financière, pouvant néanmoins considérer que ce qui est en cours d’achèvement à propos des paradis fiscaux donne la mesure de ce qui sera adopté finalement dans tous les secteurs de l’activité financière. C’est à dire peu de choses à l’arrivée. Aloïs von und zu Liechtenstein, chef d’Etat de la principauté du même nom, vient d’ailleurs de déclarer à l’AFP : « Le Liechtenstein va rester une place attractive (…) Il est difficile de prédire quel secteur va croître à l’avenir, mais je ne serais pas surpris si le secteur des services financiers allait vivre un boom ». Comme tous les principaux paradis fiscaux, la principauté multiplie les conventions fiscales bilatérales, en vue de sortir de la « liste grise » de l’OCDE.

Concernant le dispositif global de régulation financière, la nouvelle la plus importante de ces dernières semaines aura été l’annonce par le Trésor américain qu’il avait remis sa copie au Congrès, qui dispose désormais de l’intégralité du projet de loi gouvernemental, mais est en vacances ! Des discussions acharnées sur des sujets techniquement très pointus étant certaines, il est hasardeux de prédire si les délais initiaux seront respectés, si la loi pourra être votée par les deux assemblées fin de l’année, afin d’être promulguée par Barack Obama. Nous serons en attendant très largement suspendus à ce qui y sera finalement inscrit comme mesures, afin de mieux apprécier l’étendue des zones d’ombres qui subsisteront. Puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Ce qui peut être rétrospectivement compris, en lisant les analyses disponibles de ce projet, qui fait suite au « Livre blanc » rendu public le 17 juin dernier, c’est de découvrir à contrario à quel point inimaginable tout le secteur financier avait été totalement dérèglementé, tout ou presque étant possible, ce qui explique non seulement la crise, mais l’extrême difficulté dans laquelle se trouve ceux qui veulent défaire les écheveaux des produits financiers les plus sophistiqués par qui le malheur est arrivé. Le cas de Lehman Brothers, dont la liquidation va prendre des années, l’illustre aussi parfaitement. La question est donc posée : à ce point de complexité des produits financiers, toute régulation n’est-elle pas en soi une gageure ? Tout dispositif de surveillance un leurre ?

Installés dans la crise, nous allons avoir le temps pour y réfléchir, c’est déjà une consolation.

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115 réflexions sur « L’actualité de la crise : Installés dans la crise et la déflation rampante, par François Leclerc »

  1. ou en tout autre pays…résistant à la submersion (pour ne pas écrire l’autre terme trop louche, à mon avis)

  2. Citation de Anatine Shan :

    « D’accord avec vous sur le besoin pas sur la réponse Un parti pour dire ce qu’il faut faire mais pourquoi pas le faire !!! Vous supposez que le pouvoir est nécessaire alors que seul le pouvoir de s’organiser est nécessaire.
    C’est là la question. »

    Oui, il est vrai que si, tous, nous pouvions nous organiser suivant un fil conducteur programmatique révolutionnaire, anti-capitaliste, en nous passant d’un gouvernement cela serait plus rapide…S’auto-organiser quoi, du local à l’international ! Cela demanderait de la transparence, de la démocratie directe, des assemblées et du contrôle populaire, etc.
    Le seul pouvoir nécessaire effectivement, c’est celui du peuple pour lui-même.

    Après, si le peuple dans un premier temps, par choix majoritaire, veut élire un parti, des femmes et des hommes de confiance, enfin, une assemblée de porte-parole, un « gouvernement » temporaire afin qu’il relaye les informations sur les divers travaux, les débats en courts, coordonner les changements radicaux comme la création de nouvelles institutions nationales, Européennes, le contrôle des applications, que sais-je, pourquoi-pas !
    Mais, c’est vrai, je ne cache pas que je suis contre le fait d’avoir un gouvernement qui nous dit quoi faire.

    Citation de Mike :

    « On peut aussi penser qu’il faudrait des actions personnelles, voire collectives jusqu’à un certain niveau.
    Elles devraient être reliées entre elles par un réseau (pourquoi pas internet)
    Néanmoins je pense aussi qu’il faudra des actions au niveau internationales mais pilotées par des considérations plus locales.»

    Oui, tout à fait. Chaque localité a sa spécificité, que cela soit en France, en Europe ou dans tout autre pays dans le monde qui désire se joindre à cette révolution globale. Il faut être à l’écoute de chacune et de chacun.

    1. C’est la manière de définir une activité quand elle est confié à une communauté qui en fait quelque chose de
      structurant. C’est une chose différente que d’organiser une activité pour qu’elle soit structurante que de définir
      une activité structurée.

  3. Citation de James :

    « Un parti au sens de « notre parti » comme disait Marx en parlant des révolutionnaires de la Première Internationame ou un parti comme les partis dits « socialistes », « communistes », « NPA », etc. qui n’existent pour ne pas faire la révolution ? »

    Suite à un ras le bol, j’ai choisi de me réapproprié mon champ politique que j’avais laissé tomber. Je participe à des luttes pacifiques suivant les moyens du bord et je souhaite vivement que nous ne restions pas durablement « installé dans la crise et la déflation rampante » n’acceptant pas le pire qui reste à venir. Après avoir pris le temps d’étudier les programmes et principes fondateurs des partis français, après m‘être plongé dans des bouquins, après lectures de différents points de vues d’économistes, de penseurs et d’hommes politiques de différentes époques, après plusieurs voyages à travers le monde, j’ai décidé de continuer à ne pas cautionner ce système violent et obsolète dont les partis institutionnels ont profité et profitent encore en toute connaissance des crises qu’il engendre et qui veut m’obliger à ramper et à m’installer sans mot dire dans la lobotomie générale.
    Pro-écolo et pensant qu’être écologiste et capitaliste est contradictoire, je désire simplement un autre futur pour nos enfants et cette planète ravagée. Je trouve la démarche du NPA d’une profonde humilité et d’une grande lucidité. Je ne suis pas militant au sein de ce parti, mais cela ne devrait pas tarder.

    1. Sur le fond nous sommes en harmonie.
      La vérité est que ce système et ceux qui lui ont abandonné leur âme se défendront jusqu’à la mort…

  4. Je viens d’aller voir Max Kaiser sur youtube, c’est vrai que Jorion paraît calme et optimiste par rapport à lui : il faut le voir fabriquer en direct des billets de 100 dollars avec du papier toilette !

  5. @ François Leclerc et Paul Jorion
    Concernant la Déflation, effectivement nous ne pouvons nier que nous sommes entrés en déflation.
    Par contre, cette déflation est pour moi temporaire Pour une seule raison :
    Les banques stoquent les liquidités reçues des états ou banques centrales. L’énorme flux de liquidités (créé par BOE,FED,BOJ ou prété par la BCE : merci l’allemagne) ne redescend pas pour le moment dans les rouages de l’économie.

    Que va t’il se passer quand ça va être le cas, l’inflation risque d’être galopante, y compris en zone euro, même si on a moins abusé du quantitative easing?

    Comment la zone euro pourrait elle resister en cas d’effondrement du dollar, livre, chf ou en cas de dévaluation du yuan (guerre monétaire internationale)?

    N’est ce pas l’inflation galopante le plus grand danger à venir (plutôt que la déflation)?

    Merci de vos analyses pour un apprenti-économiste.

    1. Nous avons tous beaucoup à apprendre dans cette crise !

      Inflation, déflation, la catalogue est plus imposant pour caractériser la situation économique: il y a aussi slumpflation (association d’une dépression et de l’inflation) !

      Il y a beaucoup à dire sur le danger de l’inflation. Mais cela ne doit pas inciter à occulter celui de la déflation, qui est certes provisoire, mais qui peut durer, et dont on ne sort pas comme cela (c’est même sa principale caractéristique). S’il se confirmait qu’une bonne partie de l’économie occidentale était en déflation,il y aurait de quoi s’inquiéter, sans trop se préoccuper de l’inflation. A chaque jour suffit sa peine !

      Cela pourrait permettre, toutefois, de lancer une réflexion sur l’attitude à tenir, sur le remède à prendre, en revenant sur l’expérience japonaise. Est-il efficace de continuer à abreuver le marché de liquidités (au risque demain d’enclencher un processus inflationniste), ou faut-il prendre le problème autrement, et comment ?

      Quand à votre question monétaire. Il est très peu probable qu’un effondrement du dollar ou du franc Suisse puisse intervenir, le cas de la livre sterling étant différent. Cela ne serait pas la première fois. C’est ce qui explique que l’on a entendu à nouveau des déclarations à propos d’une entrée de la Grande-Bretagne dans la zone euro. C’était au moment du grand dérapage financier. Les tensions au sein de la zone euro sont un sujet plus complexe: elles pourraient s’accroître fortement si la situation de certains pays membres se détériorait brutalement.

      Vous avez raison de dire que tant que les liquidités ne « descendent » pas dans l’économie, le risque inflationniste est nul. C’est pourquoi les banquiers centraux rivalisent de déclarations sur leur capacité à les reprendre sur le marché à temps, quand cela sera nécessaire. Ben Bernanke, le président de la Fed, a même fait un « petit cours » aux députés américains à ce propos, expliquant les méthodes disponibles. La question est alors celle du bon moment pour le faire. A l’heure actuelle, l’accent est mis sur le fait que les taux directeurs des banques centrales (l’un des outils dont elles disposent, précisément), devraient rester très faibles pendant « un long moment »…

      Evidemment, il reste l’épreuve du passage de la théorie à la pratique !

    2. Monsieur Leclerc,
      J’ai bien du mal à comprendre comment les « liquidités » pourraient descendre dans l’économie dans les temps à venir. Peut-être est-ce du à ma méconnaissance de la macro-économie.
      Si j’ai bien suivi le déroulement de la crise, le pouvoir d’achat des consommateurs a été asséché par l’endettement et aggravé par le chômage. L’assèchement du pouvoir de remboursement des dettes en même temps que du pouvoir d’achat mettent en péril tant le système financier que l’économie dans son ensemble.
      En même temps les « gros bonnets » de la finance mènent une lutte à part en essayant de profiter de la débâcle de la concurrence pour augmenter leur gains et leur positions. Tout cela mène à une concentration de l’argent entre les mains de ceux qui en avaient déjà plus que de besoin. Et c’est là que je ne comprend pas la menace de l’inflation à venir. Comment les « liquidités » vont-elles descendre dans la rue de « tout le monde », étant donné que les ultra-riches ne vont pas faire des réserves de riz, pattes ou sucre et que les « asséchés » n’ont pas les moyens de se relancer dans des achats superflus. Où alors, je n’ai rien compris et ce n’est pas le décalage entre l’offre et la demande qui crée l’inflation ?
      Je vous fais par avance mes excuses si je dit des bêtises.

    3. Je ne vois pas non plus comment un démarrage inflationniste pourrait intervenir, en Europe ou aux Etats-Unis, alors que récession et déflation rampante y dominent.

      Les investisseurs continuent de voir dans la dette publique un placement attractif et sur. Ils ont toutes les raisons de préférer que celle-ci s’accroisse et de ne pas être favorable à une politique de création monétaire des banques centrales Ainsi qu’à agiter l’épouvantail de l’inflation.

    4. Merci pour votre réponse.
      Dans ce cas les « investisseurs » pensent qu’il y a encore un moyen de presser le « citron » populaire.
      En France ça doit être le cas, vu le taux élevé de l’épargne. Aux USA, j’en doute, un peu.
      Ça me fait penser à tous ces braves gens qui votent contre les « fainéants », contre les fonctionnaires, contre les pauvres qui vivent d’après eux à leurs crochets. Ça sera finalement à eux de payer la facture à venir.
      Et ce n’est qu’après avoir asséché l’épargne de cette petite bourgeoisie qui se rêve être grande, que le moment de faire payer les « investisseurs » et accessoirement les responsables de la crise interviendra.

  6. Pertes généralisées sur les marchés d’Asie et à Paris.

    Extrait d’un communiqué de l’AFP

    (AFP) – Il y a 53 minutes

    TOKYO – Les Bourses d’Asie-Pacifique ont subi de lourdes pertes lundi, Shanghai dévissant même de 5,79%, en raison d’un regain de pessimisme pour la santé économique de la région et des Etats-Unis, et d’un mouvement de correction après de fortes hausses ces dernières semaines.

    La Bourse de Paris creusait ses pertes lundi matin et cédait plus de 2%.

  7. Que valent les statistiques officielles chinoises ? Les meilleurs observateurs sont dubitatifs à leur propos et cherchent d’autres méthodes d’appréciation indirectes de la situation réelle de l’économie.

    La plus connue est la production d’électricité. Mais, à force d’être sollicitée par les experts, on ne sait plus trop bien s’il fut croire les chiffres publics.

    L’Union Soviétique, en son temps, était une grande spécialiste du maquillage des chiffres, si bien que plus personne ne s’y retrouvait, même les dirigeants !

    Les données, ainsi que leur présentation, sont des sujets sensibles, et sont ainsi parfois « politiques ». Ce n’est d’ailleurs pas propre aux pays qui se réclament du socialisme. Les chiffres du chômage ou du coût de la vie font l’objet de nombreuses polémiques dans tous les pays. Aux Etats-Unis, actuellement, ce sont les chiffres officiels du chômage qui sont mis en cause.

    Il n’y a pas de données sans méthodologie afférente. Au Brésil, par exemple, pour mesurer le coût de la vie, il existe 5 indices différents, fonction du niveau de revenu des ménages et de la nature de leur consommation. Ceci afin d’éviter les moyennes trompeuses.

    Les appareils statistiques, en économie, sont un sujet trop délaissé. Les données sont trop prises pour « argent comptant » ! Les journalistes oublient malheureusement parfois qu’il n’est pas de bonne observation sans bonne mesure. Loi que tout scientifique connaît.

    Méfions-nous des présentations trop rapides de données ou de faits montés en épingle !

  8. Vous semblez obsédé par la chine

    Mais la chine est un colosse aux pieds d’argile.
    Peu de ressources énergétiques mis à part le charbon.
    Peu de matières premières.
    Peu de terres arables.
    Une population énorme et vieillissante.( du fait de le politique de l’enfant unique, un pyramide des âges quasi inversée)
    Pas de système de retraite.
    Problèmes écologiques multiples, manque d’eau, désertification, pollution
    Pas de marché intérieur pour leur production industrielle.
    Forte corruption (le régime politique étant un avantage (continuité) et un inconvénient (absence de démocratie))
    Une réserve de change en dollars (ou en papier toilette) énorme.

    Dans ces conditions,
    9% de hausse du PIB (chiffres officiels invérifiables) pour une économie habituée à une croissance annuelle de 12% à 15% voir + représente une contraction très importante.
    Cette croissance ne tiens que sur les exportations. Les USA et L’Europe ont fortement diminués leurs importations et il y a peu de chance que la situation s’améliore d’ici longtemps ( voir la chute du trafic maritime)
    Que la Chine veuille se dépêcher d’acheter des mines, des terres agricoles, des entreprises, tant que le dollars vaut encore quelque chose c’est logique.
    Comme les particuliers qui achète de l’or, ce que fait également la Chine ainsi que du fer, de l’argent, du cuivre etc….
    ces métaux pouvant servir pour l’industrie militaire en cas de besoin…..

  9. « Existe-t-il un classement de médias ou sources d’informations crédibles ? »

    Pas à ma connaissance, mais quand on a trouvé un site qui nous semble correct, il n’est pas trop difficile de se constituer sa liste de liens. (Ce qui ne veut toujours pas dire grand’chose. Par exemple, j’en suis toujours à ma demander si LEAP2020 est sérieux ou pas. Toutes les apparences d’une secte… comme Lindon Larouche, … comment savoir ?)

  10. Citation de Papillon
    « j’ai décidé de continuer à ne pas cautionner ce système violent et obsolète dont les partis institutionnels ont profité et profitent encore en toute connaissance des crises qu’il engendre et qui veut m’obliger à ramper et à m’installer sans mot dire dans la lobotomie générale. »

    Il y a 30 ans, je n’y comprenais rien du monde dans lequel je vivais, puis par hasard, j’ai rencontré le mouvement ecolo.
    Grâce à leur action et pubications, j’ai tout doucement commencer à comprendre certaines choses.
    Je pense aujourd’hui que le mouvement de l’Ecologie Politique est trop proche d’une « relance verte » qui n’est pas la solution, ce qui ne veut pas dire que je les rejette.
    Sincèrement, vous avez raison de dire que ce système capitalime est violent et obsolète, mais ne croyez vous pas que ce système est bien ancré dans notre subconscient, dans nos habitudes.
    Tout le monde attend la relance, mais cela veut dire quoi, à 3% de croissance pour maintenir le niveau d’emploi cela veut dire quadruplé le nombre de voitures d’ici 60 ans.
    Je ne peux cautionner une telle idée, alors je raconte à qui veut bien écouter qu’il nous faut autre chose et cela dans tous les domaines.
    Notamment en matière d’énergie, on ne dépassera pas le pic pétrolier par simplement le fait d’y ajouter des énergies renouvelables.
    Elles ne sont pas industrialisables car déjà diluées et par conséquent distribuées.
    Nous devons les capter et utiliser sur place, c’est la façon d’obtenir un rendement énergétique le plus élevé possible, et d’autre part, nous n’avons pas le choix, il nous faudra diviser par dix (au moins) notre consommation d’énergie pour que le dévelloppement devienne réellement durable. C’est techniquement possible.
    Mais tout cela n’a plus rien à voir avec le capitalisme, il faut penser globalement et agir localement, alors qu’il fait l’inverse.
    Voyez les OGM, il sont pensés et créés dans un laboratoire à Saint Louis et puis répandus à travers la planète.
    Pour l’instant, je lis l’excellent livre de Marie-Monique Robin « Le monde selon Mosanto »
    Cela fait froid dans le dos pour la génération de mes petits enfants, avec Mosanto, on n’est pas loin de la Gestapo commerciale.
    Ce qui me rassure (si je peux dire), c’est que l’aroseur arrosé n’est pas loin, car des adventices (mauvaises herbes) se parrent de ces fabuleux gênes génétiquement modifiés et résistent aux Round up.
    Je peux me tromper , mais dans 10 à 20 ans on parlera de Mosanto comme on parle aujourd’hui de Ford ou de Chrysler.
    Ainsi va le monde, et les préoccupations chinoises ne sont qu’un détail ou font partie de cette crise planétaire qui ne fait que commencer.

  11. @ François Leclerc et aux lecteurs intéressés

    Je me permets de vous indiquer cette adresse, que j’ai trouvée récemment :

    http://www.idies.org/index.php?category/FAIR

    C’est un collectif créé à peu près en même temps que la commission Stiglitz commanditée par l’ONU, qui s’est proposé d’en suivre et critiquer les travaux.

    Son objectif est de contribuer à établir un faisceau d’outils statistiques originaux susceptibles d’appuyer un nouveau système financier et économique mondial.

    C’est un effort de prospective intéressant et constructif, mais je n’ai pas assez fouillé pour en cerner la politique de fond.

  12. Etats-Unis : des nouvelles du secteur financier.

    Les faillites bancaires s’accélèrent aux Etats-Unis.

    Colonial Bank, dont les dépôts s’élèvent à 20 milliards de dollars, est la 77ème banque à disparaître cette année.

    http://www.lefigaro.fr/societes/2009/08/17/04015-20090817ARTFIG00164-les-faillites-bancaires-s-accelerent-aux-etats-unis-.php

    Etats-Unis : des nouvelles du secteur non-financier.

    Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

    Le nombre de faillites a bondi de 38 % d’avril à juin 2009 aux Etats-Unis, montrent des documents publiés par l’administration judiciaire, signe que les particuliers et les entreprises ont payé un lourd tribut à la hausse du chômage et au gel du marché du crédit.

    Au total, 381.073 procédures de faillite ont été ouvertes au deuxième trimestre, 15 % de plus que lors des trois premiers mois de l’année, 38 % de plus que lors de la même période l’année dernière.

    Plus de 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin, un chiffre sans précédent depuis le deuxième trimestre de 1993.

    La hausse des faillites de sociétés a grimpé de 64 % par rapport à l’année dernière et le placement sous la protection du « chapitre 11 » a plus que doublé au cours des six premiers mois de 2009 par rapport au premier semestre 2008.

    http://www.zonebourse.com/informations/actualite-bourse/economie/Hausse-spectaculaire-du-nombre-de-faillites-aux-Etats-Unis-1-13228311/

    Christine Lagarde réagit : « Ah ben … voilà voilà voilà … c’est-à-dire que … euh … toutes ces informations confirment que la crise est finie. »

    Merci, Christine.

    1. @ Paul Jorion

      Madame Lagarde annonce sur France Inter ce jour : » L’emploi sonnera le vent de la reprise  »
      N’est-ce pas plus abjecte que des perles de pluie venant de pays ou il ne pleut pas ?
      Elle n’a même pas l’excuse de la licence poétique, ni le talent pour nous y faire croire.

  13. @Serge Demoulin

    N’est-ce pas en annonçant faussement (mais en en toute connaissance) à la bourse de Londres la victoire de Napoléon à Waterloo que les Rotschild ont durablement consolidé leur fortune? A moins que ce ne soit un de ces nombreux « hoaxes » historiques.

  14. Citation de James :
    « La vérité est que ce système et ceux qui lui ont abandonné leur âme se défendront jusqu’à la mort…»

    En réalité, défendre ce système qui détruit la biodiversité et donc l’homme, c’est défendre le suicide collectif.

    1. Mon propos est que nous ne devons pas défendre ce système mais que ceux qui le servent le défendront jusqu’à la mort.

  15. Certes, mes connaisances économiques sont celles de quelqu’un qui se veut attentif aux mécanismes économiques. Pour autant je ne pense pas que les experts seuls ont la capacité d’apporter une réponse. On fait de nous des spectateurs inquiets, indignés et finalement persuadés de leur impuissance. Je reste persuadé que la prise de position politique est, dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, première. Tous les régimes ont leurs experts, ce n’est pas tant leur « science » qui importe que les idéologies explicites ou non qui président à leurs travaux, sans compter qu’ils sont tenus – pour conserver leur situation – de ne pas sortir de la doxa dominante. C’est donc politiquement que je pose la question : pourquoi ne pas nationaliser dans l’ensemble de l’Union européenne « l’industrie financière » (en gros les banques, les assurances et sructures privées de surveillance) ? Plutôt que de s’interroger sur la forme que devrait prendre la crise, en L, U ou en W …, cherchons à travers un débat politique à élucider, dans un sens ou dans un autre, les conditions d’une nationalisation de « l’industrie financière ». C’est impossible ? Pourquoi ? L’opposition des marchés, de certains gouvernements, des clercs assermentés, des médias. Est-ce du domaine de la science ou de l’idéologie ? Quelle est donc cette impossibilité « physique » qui nous condamne à vivre avec avec une « industrie financière » qui se situe hors-loi ? Est-ce beaucoup demander à ceux qui expliquent qu’après quelques tours et détours les choses « rentreront dans l’ordre » et ceux qui, pessimistes, annoncent que la crise débouchera sur une sorte de chaos imprévisible. Je suis curieux d’entendre qu’on m’explique que même si l’Union européenne décidait cette nationalisation, elle serait in-faisable, comme de marcher sur les eaux ou de voir le solei luire en pleine nuit. Ou alors qu’on m’explique que la puissance du marché – financier – est telle que la souveraineté de nos Etats (et même leur réunion au sein d’une UE, politiquement unie) est dérisoire. Si telle était la réponse, on ne sera plus en train de discourir entre de savants experts mais au coeur d’un problème politique et plus généralement de la vraie nature du régime démocratique. Ou bien que l’on m’explique que « scientifiquement », et au-delà de toutes les erreurs (et les tricheries), le savoir-faire du privé, dans ce domaine, est toujours meilleur que le public. J’attends, naïvement ?

  16. On n’est donc pas près de s’arrêter en route : le nouveau patron d’AIG, la catastrophe ambulante, qui vit en ce moment aux crochets du contribuable américain, touchera 7 millions de dollars l’année prochaine. Il trouve ça tout à fait normal : c’est le prix qui convient pour des gens ayant son talent, déclare-t-il.

    Eh ! Réveillez-vous là-haut ! Quelqu’un va-t-il faire une remarque ?

    AIG Chief Benmosche Gets $7 Million Salary From Bailed-Out Firm
    By Hugh Son

    Aug. 17 (Bloomberg) — American International Group Inc. Chief Executive Officer Robert Benmosche will get a $7 million annual salary after his predecessor worked for $1 and said better pay is needed to retain a qualified leader.

    1. Pour paraphraser Coluche : on dit que les chômeurs ont besoin de travailler, ce n’est pas vrai de l’argent leur suffirait.

  17. Monsieur Jorion,

    Les américains préfèrent mourir que de reconnaitre qu’ils soient pauvre ou ruinés. Ils vont donc payer tous ses bonus à tous les « intelligents » placés sur le firmament de leurs rêves.
    Ils refuseront en même temps de payer une assurance santé collective. Car être assuré par l’État c’est pour eux être déchu de l’espoir d’accéder à ce firmament.
    C’est une sorte de tragédie à la grecque d’un peuple (de désœuvrés à l’origine) où il faut remplacer l’honneur par l’argent. La chute du système se passe en Amérique, son changement viendra d’ailleurs.

    1. Je crains justement que les américains ne se laissent pas faire. Je dis « je crains » parce que la réaction ne viendra sans doute malheureusement pas des gens de bonne volonté mais de la mouvance d’extrême-droite.

  18. La crise continue …

    Des sons de cloches contradictoires selon que l’on se réfère au
    FMI ou à l’évolution à la baisse des bourses mondiales dans le sillage de celle de Shanghaï

  19. Le seule remède qui organiserait un démarrage en douceur, non inflationniste, de l’économie, et qui obligerait ceux qui stockent de liquidités en excès à sereplacer dans l’économie réelle, ce serait l’émission d’une monnaie nouvelle, anticrise!
    Il s’agirait d’une monnaie impropre à la thésaurisation et qui serait émise en maintenant le niveau des revenus stables dans toutes les couches de la société!
    Pourquoi donner aux banques?
    Il vaut mieux donner aux insolvables, sous forme d’un crédit nouveau qui rachète les crédits anciens, sans intérêts.
    Cela est possible avec les décisions politiques qui vont avec!
    Nous assisterions dès lors à une réduction continue du niveau d’endettement des uns (et des gouvernements) et à une réduction concomittante des revenus d’intérêts des créanciers.
    Une telle redistribution est seule susceptible d’assurer un maintien de l’activité économique sans risque déflationniste!
    Car, n’oublions pas, la déflation alourdit les défaillances des finance publiques et déstabilise le corps social bien davantage que l’inflation, même s’il convient, évidemment, d’éviter les deux écueils!
    Il n’y a aucune besoin de beaucoup de « théorie » pour comprendre cela!
    jf

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