L’actualité de la crise: la transparence réservée à la théorie et l’opacité à la pratique, par François Leclerc

Billet invité.

LA TRANSPARENCE RESERVEE A LA THEORIE ET L’OPACITE A LA PRATIQUE

Les banques, encore les banques !… Quand elles ne soulèvent pas l’indignation en raison des résultats qu’elles annoncent ou des bonus qu’elles distribuent, elles inquiètent en raison du renforcement de leur concentration et de leurs tentatives d’échapper à une réglementation plus stricte. A cause aussi de leurs activités à nouveau débridées sur les marchés financiers. Ou bien encore de la tarification de leurs services de base, qu’il est désormais préférable de regarder de près. Elles ont été à l’origine de la crise, partie la plus visible d’un monde financier largement dans l’ombre, puis ont imposé aux gouvernements – qui n’ont pas cherché à s’y dérober – des sauvetages dispendieux et à nos frais. On ne sait plus aujourd’hui ce qu’il faut en penser, entre l’annonce des résultats mirobolants de certaines et la faiblesse de beaucoup d’autres, se demandant même si les premières ne nous cachent pas quelque chose. Ayant observé et compris que la transparence était réservée à la théorie, l’opacité à la pratique.

Ces banques, objets de nos colères rentrées (quand elles ne sortent pas), restent investies d’un rôle déterminant vis à vis de l’économie, quand bien même elles continuent de ne pas remplir correctement leur mission d’intermédiation. C’est à ce titre que nous continuons de les suivre à la trace, non uniquement parce qu’elles continuent d’alimenter une crise économique endémique, mais aussi en raison du fait qu’elles en préparent un rebondissement. De trois manières complémentaires : en continuant de refuser d’assumer leurs responsabilités financières et de se défausser sur les autres ; en recommençant à jouer au casino et en constituant une nouvelle bulle financière ; en s’arc-boutant pour éviter que des mesures effectives de réglementation de leurs activités soient prises.

Une réunion des banquiers européens avait lieu hier à Madrid au siège de la banque Espagnole Santander. En présence de Sheila Bair (FDIC), José Viñals (FMI), Andrew Bailey (BoE) et Joaquin Almunia, commissaires européens aux affaires économiques et financières. Peu en a été révélé, mais le sens général des interventions n’a fait aucun doute : sur tous les tons, il a été répété qu’une réglementation trop stricte (« excessive ») mettrait en danger l’économie (désormais souvent qualifiée de « réelle »). Emilio Botin, président de Santander (la plus importante capitalisation bancaire européenne), s’est défendu de sous-estimer les risques, lors de sa conférence de presse, mais il a mis l’accent sur le danger d’aller trop loin, notamment en matière de niveaux de fonds propres « discriminatoires » pour les grandes banques de dépôt, car cela aurait des répercussions sur l’accès au crédit et sur son coût. Retrouvant pour l’occasion la différence entre banque de dépôts (que Santander et BBVA sont pour une large part en Espagne) et banques d’affaires, bien que le modèle de banque dite « universelle » semble désormais prévaloir, sans que sa remise en question (via un démantèlement) soit accepté.

Le Financial Times concluait son article au sujet de cette réunion en écrivant  : « Les banquiers participants à la réunion organisée par Santander en Espagne ont déclaré que, n’ayant pas été surpris par les propos de M. Botin en faveur de règles modestes concernant les fonds propres, il l’ont par contre été par l’assentiment qu’avaient manifesté à cet égard des participants membres de gouvernements ou d’organisations internationales ».  De fait, de Francfort, le même jour, Jacques de la Rosière, ancien gouverneur de la Banque de France et chargé du fort prudent rapport sur le dispositif de la supervision financière européenne a seul et faiblement rétorqué  : « Si nous commençons à bricoler, nous revenons à la case départ ».

Les banques sont en effet à l’offensive sur le sujet vital du futur niveau des fonds propres qui vont être exigés d’elles. D’autant qu’elles viennent d’avoir deux mauvaises nouvelles. La première est la décision annoncée par l’agence de notation Moody’s que cette dernière allait réétudier ses notations en prenant en compte dans son appréciation de la solidité des banques la présence de certaines catégories de titres hybrides, voulant établir des différences au sein de cette famille. Ce qui n’est pas étranger à l’apparition en force des Cocos, ces obligations convertibles contingentes qui pourraient échapper aux mailles du nouveau filet, mais ne régle pas la question des anciens titres hybrides, largement présents dans les fonds propres des banques européennes. La seconde est la situation embarrassante crée par l’IASB, dont on a finalement compris pour quelle raison les autorités européennes avaient refusé d’appliquer ses nouvelles norme comptables (ce qui est sans précédent) : l’organisme aurait en effet prétendu distinguer deux cas de figure, permettant aux prêts « classiques » d’être valorisés en fonction de leur amortissement prévisionnel, mais continuant d’exiger que les valeurs boursières et les produits dérivés soient valorisés au prix du marché  ! Une fin de non recevoir à la demande des banques européennes (et des gouvernements les soutenant), qui souhaitaient peu ou prou un alignement sur les normes américaines, ces dernières ayant abandonné la valorisation au prix du marché pour les valeurs n’étant pas à la cotation en continu ou assimilées.

Une des questions majeures de la future réglementation financière, une fois écartées toutes les mesures les plus potentiellement contraignantes pour les banques (ce qu’elles se font fort d’obtenir), est l’homogénéisation des dispositifs finalement adoptés des deux côtés de l’Atlantique. C’est d’ailleurs cette dernière question qui donne l’impression de mobiliser l’essentiel des énergies du côté européen, tant il y est craint que les règles soient à l’arrivée plus contraignantes en Europe, induisant des distorsions de concurrence avec les banques banques nord-américaines. Cela se manifeste sur tous les dossiers en cours d’étude et, plus publiquement, à propos de la concentration bancaire qui devrait se poursuivre, aboutissant à la constitution de firmes géantes, un tableau où les banques européennes seraient remisées dans le bas. Toujours en raison du risque d’apparition de désavantages compétitifs.

Ces préoccupations se sont exprimées au niveau gouvernemental, Christine Lagarde, ministre Française de l’économie et des finances, demandant à Mario Draghi, directeur du Conseil de stabilité financière (CSF), de préparer un rapport sur la concentration bancaire pour le G20 de mars prochain. Aux niveaux des banques européennes, il est par contre tiré de ce danger une leçon très simple : elles s’opposent en effet à toute mesure visant à réduire leur taille. Deux des plus grandes d’entre elles, l’Espagnole Santander et l’Allemande Deutsche Bank, viennent de le rappeler. Dans les milieux financiers, on commence à parler de dangers oligopolistiques, un nombre de plus en plus grand de transactions étant réalisées par un nombre de plus en plus restreint d’opérateurs. Une situation recelant un double danger, concernant l’établissement des prix sur les marchés et les tarifs des services bancaires.

Tant les exigences à venir en matière de fonds propres, que les restructurations exigées des banques ayant reçu des soutiens publics par la commission européenne (la britannique Lloyds, la néerlandaise ING et la belge KBC sont déjà dans ce cas), vont en effet pousser à la concentration dans le domaine bancaire. A la recherche d’une meilleure rentabilité, les établissements vont devoir grossir. Et il n’est nul besoin d’être un grand expert pour en tirer la conclusion que cela va être source d’une nouvelle instabilité financière, aboutissant à la création d’établissement encore plus TBTF (trop importants pour que leur faillite soit envisageable).

Il est d’ailleurs à noter, si l’on s’en tient aux préoccupations exprimées plus qu’aux mesures réelles envisagées, que ce danger n’est pas uniquement perçu en Europe. Il l’est également aux Etats-Unis, moins sous l’angle du désavantage compétitif qu’il pourrait induire (les plus importantes banques étant américaines), que sous celui du risque systémique qui en résulterait. Eric Rosengren, le président de la Fed de Boston (et membre du comité de politique monétaire fédéral), a été jusqu’à envisager l’hypothèse qu’il pourrait ne plus être, dans ces conditions, dans la capacité d’un Etat souverain de financer et organiser le démantèlement d’un établissement bancaire.

Dans la série « on peut toujours essayer » Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, a proposé dernièrement qu’un fond pan-européen d’urgence de soutien aux banques soit fondé. Financé, a-t-il demandé, par les banques et par les gouvernements, sans préciser la clé de répartition entre les efforts des uns et ceux des autres  ! Cela lui a valu, en retour et toujours lors de la même conférence de Francfort, une remarque de Jürgen Stark, membre de la direction exécutive de la BCE : « Nous ne devons pas susciter de nouvelles incitations d’aléa moral en créant un fonds d’urgence pour les banques financé par l’argent des contribuables ». Il a poursuivi en remarquant qu’il ne voyait « aucun changement significatif dans l’attitude des participants (à la crise) ». C’est le moins que l’on puisse dire, mais cela vient d’un banquier central.

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68 réflexions sur « L’actualité de la crise: la transparence réservée à la théorie et l’opacité à la pratique, par François Leclerc »

  1. il me vient une proposition;
    ce blog évolue; il a servi à renforcer une réflexion qui a abouti à l’analyse du fonctionnement du système et la rédaction d’un socle théorique;
    l’attitude de Paul évolue, puisqu’il va maintenant vers le public pour faire connaitre son point de vue; de ce fait même, il recherche la confrontation; confrontation des idées, et souhaitons le, confrontation des pouvoirs;
    le blog évolue donc, parce que Paul évolue dans sa démarche;
    pour conserver toute la sérénité et fraternité qui existe aujourd’hui entre nous, je proposerais une extension, par un onglet, d’une page plus politique-politicienne; où l’on pourrait analyser les propositions et programmes de tel ou tel parti ou mouvement; où l’on pourrait inviter à dialoguer des militants ou responsables; etc … ou l’on pourrait faire du bruit;
    je ne sait pas comment les uns et les autres appréhendent le futur pas trop lointain, mais il me semble impossible d’éviter qu’on ne se salisse les mains et qu’on mouille la chemise;

    1. Moi je dirais il faut maintenant arrêter de se salir les mains et de mouiller la chemise. Le bien c’est pas dur.
      François vous pensez que le sérail pense vraiment que ça va bien se passer ? même pour lui ?

    2. Auspitz.
      Politique, pourquoi pas. Sauf qu’actuellement, la politique est dirigée par l’argent.

      Donnez des raisons vraies, fondées, précises et documentées.

    3. Le risque avec votre proposition c’est de dissocier, cloisonner, raisonnement et politique alors que tout raisonnement argumenté, toute problématique nouvelle, ou peu usuelle, ont déjà en soi une valeur politique.
      Ce n’est pas à nous de nous aligner sur les programmes des politiques pour argumenter, mais à l’inverse c’est aux politiques de faire l’effort de se confronter aux faits et arguments que l’on ne retrouve guère dans leurs programmes.

      Bien entendu, il faut aussi descendre dans l’arène. Pour ce faire il existe un certain nombre de blogs où vous pourrez le faire.
      Connaissez-vous par exemple Bétapolitique ? C’est un excellent site d’information et de réflexion, très politique, qui renvoie à nombre d’articles de presse, et est aussi pour une grande part alimenté par les articles et commentaires de ses lecteurs. On y retrouve notamment des articles de Paul et François.

    4. Nous avons les uns les autres de nombreuses occasions de nous salir les mains et de mouiller notre chemise.
      Je pense, que d’une façon générale, il est nécessaire de sortir du cadre.
      C’est à dire se confronter à des réalités diverses qui affinent notre perception des choses pour la rendre plus opérationnelle.
      Les lieux ne manquent pas où cette confrontation existe et dans lesquels nous pouvons produire de la réalité.
      Lieux et milieux choisis ou subis: associations, syndicats, partis politique, professionnel, cercle de la famille et des amis …
      J’apprécie à sa juste mesure la manifestation de bonne intelligence qui émane de ce blog.
      Pour cette raison je serai tenté de m’en tenir à ses objectifs premiers, qu’il me serait d’ailleurs très difficile de bien formuler.

    5. Passer de la réflexion à la pratique devrait aller de soi puisque c’est l’activité humaine par excellence, le cerveau commandant les muscles, ce que nous faisons à chaque instant comme être vivant normalement constitué.
      Mais je ne pense pas que ce soit une excellente idée car la chose politique repose trop sur des croyances et des compromis, et les croyances ne font pas bon ménage avec les faits. Les croyances divisent, interprètent, détournent. Les compromis doivent se régler aussi ailleurs, sur le terrain, dans des rapports de force.
      Il faut laisser au blog ce parfum de liberté ou les idées et les échanges de points de vue soient multiples, révocables. Lui laisser sa souplesse et sa pertinance. Pas de rythme forcé, pas de mise au pas. L’encadrement doit se faire ailleurs. Je ne suis donc pas favorable à votre proposition bien qu’elle puisse paraitre logique.

    6. @auspitz
      Je pense comme vous Monsieur : ce que nous faisons n’a pas de sens si nous ne nous salissons pas les mains! Mais attention : une grande partie du succès du blog vient du style du blog où l’on peut -un peu confornter ses idées ( en étant prudent car les polémiques peuvent être destructrices) et surtout l’on essaie d’apporter des analyses rigoureuses.
      De ce point de vue c’est une sorte de hâvre où l’on respecte les faits .. chose peu courante dans ce pays
      On est donc condamner à marcher sur deux jambes pour un moment encore à mon sens
      amicalement
      Par contre et en références aux analyses que mon entreprise fait sur internet, je serais plus enclin à demander la fin de l’anonymat (quitte à ce que certains soient protégés par des faux noms)

    7. Je crains que la politique au niveau hexagonal ,ne se résume qu’à des considérations comptables.Comment résorber les déficits? Il n’y a que deux solutions ,diminuer les dépenses,augmenter les recettes.Il s’agit de définir une répartition de l’effort .Je ne suis pas certain que dans l’état actuel des choses un parti ,ou un homme est une vision équilibrée de ce qu’il convient de faire. A titre personnel je n’ai jamais pris d’engagement politique.Qui plus est, je suis devenu un électeur versatile.Je lis avec beaucoup d’interet ce blog ,je constate un élargissement progressif des débats et j’ai l’impression que les gens qui nous gouvernent ou ceux qui ambitionnent de prendre leurs places ne sont pas à la hauteur des enjeux.C’est pourquoi je reste un spectateur non engagé.

    8. A moins que Paul ne veuille changer le « système » mis en place dans le cadre de son blog ,pour moi ,il me convient parfaitement. En effet, son blog laisse toutes les portes ouvertes y compris celle d’une discussion politico-politicienne sérieuse.

    9. @forel, piotr
      .. à condition d’être prudent. Car les blogs donnent trop souvent l’occasion aux gens de « vider leur sac » , ce qui pourrait se comprendre, mais bloque les discussions
      Ainsi je préfère la manière dont Piotr aborde le problème, en cherchant à comprendre comment les hommes politiques fonctionnent, plutôt que d’en faire des alliés de Pierre paul ou Jacques
      Maintenant ont pourrait lui répondre que ce ne sont pas les hommes politiques qui ne sont pas à la hauteur – certains sont plutôt pas mal). Mais ce sont leurs idées, ou mieux la manière dont ils (eux et leurs partenaires) analysent la réalité.
      Et là on touche à des questions plus « hard »
      amicalement

  2. Moody’s commence à dire trop de vérités. Ils doivent avoir peur pour eux. Ils se feront décrédibiliser.

    Les banques commencent à douter que même tout l’argent du peuple des états ne puissent plus les sauver.

    Quant aux politiques, ils continuent à chanter ne sachant pas quoi faire d’autre.

  3. Vous n’avez pas encore compris ce qui arrive, les banques et les autres veulent bien se faire renflouer par le gouvernement ou par n’importe qui mais ne veulent pas être moralisées et si la pression devient trop forte elles irons voir ailleurs quitte à tourner autour de la planète plusieurs fois jusqu’à notre capitulation, d’ailleurs c’est déjà le cas, la chine n’est qu’un recommencement de ce qu’il s’est passé ici et la fin sera la même sauf que ce coup-ci la fin coincidera vraisemblablement avec fin des ressources, fin de la démocratie, le début de la misère, la fin de 90% de la population et le pouvoir mondiale sera entre les mains d’une ploutocratie. (@gus, on ne construit pas l’europe pour vous mais pour eux)

    1. Sans doute pas grand chose, compte tenu du pouvoir ahurissant qu’ont aujourd’hui les établissements financiers.Ils manipulent l’information à leur guise.
      Et aussi parce que les avoirs en or sont très loin de ce que représente le total des pertes bancaires (si elles devaient être comptabilisées à leur vraie valeur, mais c’est un autre débat).
      De toute manière, les banques trouveront toujours une parade, avec la complicité plus ou moins consciente des politiques…

      Et cette question des faux lingots me semble moins « criante » (si elle est avérée) que l’abus de confiance que représente le montant dit « de l’or-papier », plusieurs dizaines (centaines?) de fois supérieur à la quantité d’or réellement détenue par les banques.
      Là, il pourrait y avoir un vrai clash, en cas de demandes importantes de transformation de cet or-papier en « or physique »…

    2. Or Papier ou or tungstène…
      « Ces dernières semaines, les officiels du London CME ont eu beaucoup de mal à éviter le défaut de livraison. Certains gros joueurs veulent l’or émanant de leurs contrats de futures, en lingots d’or pour une livraison physique. La Banque d’Angleterre et une autre banque centrale non identifiée de l’Union Européenne ont désespérément essayé de satisfaire la demande de livraison. Dans le processus, elles ont fourni et transmis plus d’un lingot d’or ancien en dessous du standard. Les officiels du CME ont même offert 25% de bonus de dividendes si les contrats sur l’or étaient satisfaits en liquide plutôt qu’en livraison d’or physique. L’incident dans sa totalité se concentrait sur un gros volume d’or, et pas une petite quantité. Il me semble donc que l’or vaut 1 300 $ l’once.

      L’histoire empire et implique le fonds Street Tracks GLD. Il est probable que des escroqueries comptables accompagnent d’autres efforts pour confisquer les couvertures de leurs dépôts GLD détenus en or. »…/…

      IN;
      http://www.24hgold.com/francais/contributor.aspx?article=2409560900G10020&redirect=false&contributor=Jim+Willie+CB.

    1. Corrigé, merci. Une des fautes les plus répertoriées sur Google, je ne suis pas seul, faible consolation.

  4. Il y a tout de même une indiscutable logique à tout ça.
    Supposons qu’il soit décrété et admis que ce n’est que grâce à l’état apparent de son nombril
    qu’un organisme peut être considéré comme étant en bonne santé.
    Tout ce qu’il y a autour peut se nécroser et pourrir de gangrène ; tant que le nombril va, tout va.

  5. A part du courage politique, que manque-t-il pour que les Etats assurent les comptes courants, non rémunérés donc non soumis à aléa et laisse le reste couler à la prochaine crise, pendant qu’alternativement il ouvre un fond de x milliard pour le financement des établissements de taille limité n’arrivant pas à se financer sur le marché ?
    Les joueurs seront seuls face à leurs pertes et rapidement on remarchera sur les pieds…
    Ceci couplé à un mouvement de consommateur quittant les banques « joueuses » pour les banques « non joueuses », i.e. n’ayant aucune activité sur fond propre, permettrait de clarifier la situation.

  6. @pierrot123 (19 novembre 2009 à 00:11)

    Ca m’étonnerait que les vendeur d’or papier n’aient pas inclus une clause d’intransformabilité en or physique dans leurs contrats.
    A mon sens ils font la même chose que les banquiers du 17° qui émettaient plus de reconnaissance de dépôts (monnaie « papier ») qu’ils n’avaient de vraies valeurs en métaux précieux dans leurs coffres (de l’ordre de 1/3 semble t-il), ceci étant à l’origine du principe des réserves fractionnaires.

  7. et voilà !
    vouloir c’est pouvoir; sur boursorama :

    LE BRÉSIL CRÉE UNE NOUVELLE TAXE SUR LES FLUX DE CAPITAUX

    BRASILIA (Reuters) – Le Brésil, qui tente de contenir l’appréciation de sa monnaie, le real, a annoncé mercredi la création d’une nouvelle taxe applicables à certains investissements étrangers sur son marché boursier.

    Cette taxe de 1,5% s’appliquera lors de la conversion par des investisseurs étrangers d’ADR (American Depositary Receipts) de sociétés brésiliennes en titres locaux. Elle vise à combler une faille qui permet pour l’instant aux investissements de se porter sans taxation particulière sur les valeurs brésiliennes.

    Ce type de transactions échappe en effet à la taxe générale sur les flux d’investissement (IOF), créée le mois dernier et fixée à 2%.

    « Quand nous avons mis en place l’IOF, certains à la Bourse brésilienne craignaient que cela conduise au transfert de certains investissements à New York », a déclaré le ministre des Finances, Guido Mantega. « Nous rétablissons l’égalité de traitement. »

    La nouvelle taxe, qui entre en vigueur ce jeudi, complètera l’IOF, a-t-il ajouté.

    L’IOF fait partie de l’arsenal de mesures déployé progressivement par Brasilia pour tenter de freiner l’afflux de capitaux étrangers vers les marchés boursier et obligataire locaux.

    Le gouvernement espère ainsi freiner la hausse du real, qui s’est apprécié de 36% environ depuis le début de l’année par rapport au dollar américain. La Bourse de Sao Paulo, elle, affiche une hausse d’environ 77% depuis le 1er janvier.

    L’instauration de l’IOF le 20 octobre a provoqué un léger recul de la devise mais celle-ci a repris depuis le terrain cédé.

    Guido Mantega a reconnu que le gouvernement était préoccupé par l’impact de l’appréciation du real sur l’économie brésilienne mais il a assuré que le gouvernement ne s’était fixé aucun objectif spécifique de parité.

    Ana Nicolaci da Costa, version française Marc Angrand

  8. Auspitz, que ce se soit Frédéric Lordon, Jacques Sapir, Jacques Généreux, … enfin, tous les économistes qui ont une dose d’intelligence…, tous semblent être de tendance « Mélenchon ». En guise de « gauche », c’est la seule et unique option, actuellement.

    Malheureusement pour ta proposition, sauf aveuglement de ma part, je n’ai rien vu à « analyser des propositions et programmes » du PG. La notion de « programme » elle-même semble totalement disparue du monde politique. Les manipulations du système de propagande feront que, la prochaine fois, les gens voterons « droite » (PS) ou « extrême-droite » (UMP).

    Plus intéressant serait d’analyser les modes de fonctionnement du système de propagande et ses multiples recettes de manipulation, puisqu’on a vu, ici-même, qu’elle fonctionnent à la perfection, même chez les plus avertis.

  9. A propos de la réglementation , ces quelques paragraphes parus dans Baseline (lecture indispensable!) et signés de James Kwak:

    Slow Cat, Fast Mouse

    Posted: 18 Nov 2009 06:00 AM PST

    One of our readers pointed me to a paper by Edward Kane with the unfortunately complicated title “Extracting Nontransparent Safety Net Subsidies by Strategically Expanding and Contracting a Financial Institution’s Accounting Balance Sheet.” The paper is an extended discussion of regulatory arbitrage — not the specific techniques (such as securitization with various kinds of recourse) that banks use to finesse capital requirements, but the larger game played by banks and their regulators. This is how Kane frames the situation:

    “Regulation is best understood as a dynamic game of action and response, in which either regulators or regulatees may make a move at any time. In this game, regulatees tend to make more moves than regulators do. Moreover, regulatee moves tend to be faster and less predictable, and to have less-transparent consequences than those that regulators make.

    “Thirty years ago, regulatory arbitrage focused on circumventing restrictions on deposit interest rates; bank locations; charter powers; and deposit institutions’ ability to shift risk onto the safety net. Probably because regulatory burdens in the first three areas have largely disappeared, the fourth has become more important than ever. Today, loophole mining by financial organizations of all types focuses on using financial-engineering techniques to exploit defects in government and counterparty supervision.”

    Large banks can increase the benefit to them of the government safety net by becoming larger, more complicated (less transparent to regulators), and more politically powerful; yet, as Kane observes, they do not exhibit increasing returns to scale. The implication? “As institutions approach and attain TDFU [too difficult to fail and unwind] or TBDA [too big to adequately discipline] status, value maximization leads them to trade off diseconomies from becoming inefficiently large or complex against the safety net benefits that increments in scale or scope can offer them.” In other words, mega-banks take on the inefficiencies of being complicated, unwieldy, bureaucratic, etc. because they are compensated for by greater safety-net benefits.

    In this interpretation, the point of structured finance is not just to reduce capital requirements, but to make it harder for regulators to estimate systemic risk implications and easier for them to ignore what is going on. Unfortunately, regulators do not face incentives that motivate them to take appropriate corrective action. Instead, “history shows that top supervisory officials that respond in a market-mimicking way [that is, the way private creditors would respond] to these signals [of financial deterioration] at TDFU firms must expect to be pilloried rather than praised both in congressional hearings and in the press.” Instead, Kane proposes that heads of regulatory agencies be paid in part through deferred compensation that would potentially be forfeited based on the performance of the institutions they supervised during the subsequent years, including the years after they left office.

    One conclusion we can draw is that the bigger and more complex a bank, the harder it will be for regulators to adequately monitor what is going on, and this is one reason that banks make themselves big and complex (it doesn’t just happen by itself). This seems important to bear in mind in assessing the likelihood that current regulatory reform proposals will do the job they are supposed to do.

    + + +

    Chacun appréciera, mais il me semble que cette Bastille sera difficile à mettre à bas!

  10. voisci un lien pour le moins dans le sujet de l’opacité des banques :

    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/6599281/Societe-Generale-tells-clients-how-to-prepare-for-global-collapse.html

    si cette information est juste, nos chers banquiers commencent à se douter que le double dip est irrémédiable.

    si vous entendu BFM radio ce matin, ce sujet, abordé dans le discours de mr OBAMA, n’a fait que 5 minutes dans « les experts du 9 / 10 »

    sommes toutes un sujet peu intéressant !!!!

  11. Un excellent article de Patrick Artus :

    « Sans réduction de l’exigence de rendement du capital, les évolutions récentes vont avoir des conséquences dramatiques. » (Patrick Artus)
    mercredi 18 novembre

    Les deux évolutions récentes que nous avons à l’esprit sont les suivantes :

    • la faiblesse durable de la croissance, avec le désendettement, la contraction du commerce mondial, la remontée des prix des matières premières…

    • le besoin de fonds propres plus importants, pour des raisons réglementaires, avec la réduction du levier d’endettement, le coût plus élevé de la dette.

    Si l’exigence de rendement du capital n’est pas réduite, ces deux évolutions auront comme conséquences :

    • pour les entreprises non financières, la baisse des salaires, seul moyen pour accroitre la profitabilité et rétablir la rentabilité exigée du capital,

    • pour les banques, la hausse très forte de la position de transformation (du risque de taux d’intérêt), afin aussi d’accroître les marges.

    Il faut donc absolument pour éviter ces évolutions inacceptables que dans l’économie d’après crise, les investisseurs acceptent une rentabilité plus faible du capital.

    A lire ici

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49560

    Et là pour

    Nous pensons qu’après la crise plusieurs mécanismes iront dans le sens d’une baisse des salaires (nous regardons la situation des Etats-Unis et de la zone euro) :

    • le maintien d’un chômage élevé ;

    • la déformation de la structure des emplois vers les secteurs où les salaires sont plus faibles ;

    • l’exigence d’une rentabilité élevée des fonds propres dans un environnement de croissance modeste et de levier d’endettement réduit.

    Cette évolution de type déflationniste renforcera la faiblesse de la demande intérieure, à un moment où elle est déjà déprimée par le désendettement et où, probablement, le commerce mondial est bien moins dynamique qu’avant la crise. Comment l’éviter ? La création d’emplois qualifiés à revenu élevé ne se décrète pas ; une piste est la correction à la baisse de l’exigence de rentabilité du capital par le poids grandissant des Etats comme investisseurs en capital dans les entreprises ; une autre piste est une réforme fiscale profitant aux salariés.

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49573

    http://cib.natixis.com/activities/research/economic/publications.aspx

    1. Merci pour ces très intéressantes courbes, qui montrent que cette crise n’est pas qu’un incident de parcours. Que cela vienne de Natixis est encore plus intéressant et tellement différent de la langue de bois répandue à la radio et à la TV…
      La remarque que la recherche de rentabilité élevée va avoir des conséquences dramatiques va peut être faire réfléchir tous ces « managers » et autres profiteurs qui font travailler les autres à leur place. Et si cela ne les fait pas réfléchir, alors au moins seront-ils lucides lorsqu’ils verront le mur qui arrive à 200 km/h. Je me comprends quand je dis ça. Ce problème de pressurer les gens alors qu’on n’est qu’un financier sans rien connaître du métier de l’entreprise, c’est un problème qui est arrivé en France à partir du milieu des années 80. C’est à partir de ces années que sont arrivés les faux « capitaines d’industrie » et autre bateleurs et bonimenteurs. Maintenant Mesdames et Messieurs, il va bientôt falloir passer à la caisse. Il aura donc fallu environ 25 ans avant que le mensonge ne s’estompe…

    1. Merci à vous trois. 197 à ce jour…

      (et il me fallait les montants d' »actifs » car je viens encore de croiser la rumeur du nombre d’agences qui faussent les chiffres de 1992-93)

  12. L’hexagone ,petite pièce dérisoire d’un puzzle planétaire,qui n’arrive à faire parler d’elle qu’en remportant un match de foot-ball en trichant ,ou comment mettre de l’opacité dans ce qui aurait du être transparent.Hors sujet.

  13. « Les inoxydables optimistes au look de premiers de la classe — dont le jugement et les réflexes ont été forgés lors du grand marché haussier de 2003 à 2007 — sont convaincus que les riches heures de Wall Street sont de retour et que le carry trade va continuer de booster les actions durant encore six à neuf bons mois, histoire d’aller taquiner les records historiques.

    Ils se disent convaincus que si le dollar repasse d’ici quelques heures ou quelques jours sous le plancher psychologique des 1,50 euro, cela devrait déclencher un nouveau rally haussier à Wall Street. Les paris sur un Dow Jones à 10 500 points et un S&P 500 à 1 220 points restent ouverts d’ici vendredi (journée des « trois sorcières »).

    ▪ Les principaux détenteurs de dollars sur cette planète vont-ils observer sans réagir une camarilla de spéculateurs influents laminer la valeur du billet vert pour faire exploser le compteur de leurs bonus avant que les bulles qu’ils gonflent depuis la mi-juillet n’éclatent un beau matin ? Et pendant ce temps là, le Trésor américain fait le trottoir à Pékin pour tenter de maintenir l’économie américaine à flot !  »

    (Philippe Béchade) http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091119-2291.html

  14. Simon Johnson donne sa version au Congrès: Written Testimony Submitted To The Congressional Oversight Panel

    « The power of the financial sector goes far beyond a single set of people, a single administration, or a single political party. It is based not on a few personal connections, but on an ideology according to which the interests of Big Finance and the interests of the American people are naturally aligned – an ideology that assumes the private sector is always best, simply because it is the private sector, and hence the government should never tell the private sector what to do, but should only ask nicely, and maybe provide some financial handouts to keep the private sector alive.

    To those who live outside the Treasury-Wall Street corridor, this ideology is increasingly not only at odds with reality, but actually dangerous to the economy. »

    http://baselinescenario.com/2009/11/19/written-testimony-submitted-to-the-congressional-oversight-panel/#more-5545

  15. lu aujourd’hui dans le « Monde »: Les banques japonaises, géantes aussi, ont un problème de fonds propres et sont éloignées des critères de Bâle!
    Une recapitalisation s’annonce sur la place de Tokio qui semble dépasser les capacités locales!
    Il st prévisible qu’une nouvelle crise systémique frappera avant la fin de l’année!

    1. Depuis 1993, la société japonaise a changé. Avant, elle était ce qu’on appelait un « capitalisme socialiste ». Mais avec les bulles financières et immobilières, on a vu fleurir les grosses voitures allemandes dans les rues de Tokyo ainsi que les SDF dans les parcs, et le pacte social tacite n’a plus été reconduit. J’espère pour le Japon que le retour du balancier ne sera pas trop dur…

    2. Vous allez me dire que je fais de la philosophie de bristot, mais…

      A priori, que l’on soit riche ou pauvre, les ennuis finissent toujours par arriver lorsque l’on vit au-dessus de ses moyens… non?

  16. Hé bien… même les pires prédateurs commencent à avoir peur :
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20091119trib000445042/gerard-mulliez-il-faut-faire-passer-l-homme-avant-le-fric.html
    « il faut faire passer l’homme avant le fric ».
    « le pape a raison car la religion est ce qui peut nous sauver de façon hypocrite »
    « il faut continuer à croire car c’est la meilleure façon de gagner de l’argent sur la croyance de l’autre »

  17. Jeudi 19 novembre 2009 :

    USA : les saisies immobilières frappent davantage d’Américains ayant contracté des prêts à taux fixe.

    Une proportion croissante d’Américains ayant contracté des prêts immobiliers à taux fixe sont confrontés à une procédure de saisie de leur logement, ce qui renforce les inquiétudes sur la solidité de la reprise économique aux Etats-Unis.

    Selon un rapport de la Mortgage Bankers Association publié jeudi, près de 33 % des nouvelles saisies au dernier trimestre concernaient des acquéreurs ayant souscrit de tels emprunts, contre 21 % il y a un an. Cette hausse s’explique par la montée du chômage dans le pays.

    Dans le même temps, la proportion de propriétaires ayant souscrit un emprunt immobilier qui se trouvaient en difficulté pour le rembourser ou confrontés à une procédure de saisie a atteint un niveau record pour le neuvième trimestre consécutif.

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=0702ed16c7d709a8de1cf4b15f79b669

  18. Bonjour à vous francois Leclerc,

    Très bonne article comme à l’habitude. Je me permet d’ajouter un morceau du discourt qu’a fait ce soir Richard Fisher président de la Réserve fédérale de Dallas:

    Fisher (Fed) – Il faut démanteler les plus grosses banques :

    WASHINGTON, 19 novembre (Reuters) – Les banques considérées comme trop importantes pour faire faillite doivent être démantelées plutôt que « dorlotées », a estimé jeudi le président de la Réserve fédérale de Dallas Richard Fisher.

    Le sauvetage de gros établissements comme l’assureur American International Group en pleine crise a suscité une importante controverse aux Etats-Unis.

    Pour Richard Fisher, la seule façon d’être sûr qu’il n’y ait plus de problèmes récurrents avec de tels mastodontes financiers est de les rendre plus petits.

    Le banquier central a aussi estimé que le problème des « trop gros pour faire faillite » entravait la politique monétaire.

    « Les banques avec les plus gros actifs toxiques ont été les plus rapides à geler ou réduire leur activité de prêt », a-t-il fait remarquer. « Ceux qui voulaient emprunter chez elles ont été confrontés à une hausse des taux d’intérêt et une restriction de l’accès au crédit. »

  19. « US / Eco : Geithner anticipe une plus grande flexibilité de la devise chinoise.

    Le secrétaire au Trésor US, Timothy Geithner, a déclaré jeudi qu’il était confiant dans le fait que la Chine va permettre une plus grande flexibilité de sa monnaie. « La Chine s’est engagé à agir. Ils comprennent qu’ils doivent le faire. Je pense qu’ils veulent le faire. Et je suis réellement tout à fait confiant qu’ils le feront », a-t-il déclaré devant le Joint Economic Committee. Rappelons qu’après une période d’appréciation graduelle, la Chine a de nouveau rattaché sa monnaie au dollar pendant la crise financière, mais plusieurs économistes s’accordent à dire que la monnaie fixée pose un risque pour la reprise économique mondiale. Le président Barack Obama a soulevé la question lors de sa visite en Chine plus tôt cette semaine…

    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/us-eco-geithner-anticipe-une-plus-grande-flexibilit-de-la-devise-chinoise-qubourse-50b56142e92c.html?x=0

  20. Il semble que les lueurs (d’espoir) percues par M. Paul Jorion après son passage à Bruxelle commencent à mettre le feu à la maison.

  21. Si les informations sur la fin des ressources minières qui sont ici sont un tant soit peu correctes, on n’est pas à 10 ou 20 ans près, (http://terresacree.org/ressources.htm), alors les discussions sur la monnaie et la finance vont devenir secondaires dans pas longtemps. La monnaie est une création humaine et que les problèmes de crédit sont réversibles. Par contre, la disparition de l’argent (le métal) calculée pour 2021 (du moins en provenance de l’exploitation minière) démontre que nous vivons à crédit sur les ressources naturelles, mais ce cédit étant irréversible, c’est bien la fin d’une civilisation annoncée et pas seulement celle du capitalisme. Suis-je trop alarmiste ou le jouet de mon imagination?

    1. @Michel MARTIN

      Peut-être avez-vous loupé ce lien passé par un contributeur à ce blog (dont je ne me souviens plus du nom, mais que je remercie) il y a peu :

      Energie et changement climatique : éléments de base sur l’energie au 21e siècle

      Ces 16 heures de vidéo couvrent l’aspect énergie/climat. Il s’agit de l’explication la plus claire et complète que j’ai jamais eu l’occasion de recevoir sur ce sujet.

      A l’écoute de ces 16 heures, oui, nous sommes bel et bien à la fin du monde tel que nous le connaissons (à ne pas prendre en « fin du monde »…enfin, espérons le).

    2. Il y a plus menaçant que la pénurie d’argent. Depuis 5 ans la production de brut n’a pas évoluée. Les prochains mois vont confirmer (ou non) qu’on à atteint le peak oil, et que la croissance économique est morte avec celle de la croissance de la production énergétique.
      Il n’est même plus temps d’être alarmiste, il est temps de mettre les canots à la mer !

  22. Le tandem Grayson-Paul a gagné la première manche de son combat contre le gouvernement et la Fed en faisant adopter en commission de la Chambre des Représentants, avec un écart de voix important, un projet de loi d’audit parlementaire des comptes de la Fed. Un court article du Huffington Post en parle ce jour.

  23. une lueur dans ce monde d’opacité?
    l’amendement Paul/Grayson vient d’ètre voté !!!
    http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2009/11/ron-paul-alan-grayson-audit-fed-bill.html
    Après la FED, à quand le tour de la BCE, de la BRI, etc?
    En ce qui concerne notre superstructure européenne (dixit), on n’est pas sorti de l’auberge, car l’étau se resserre chaque jour davantage:
    http://english.pravda.ru/opinion/columnists/16-11-2009/110513-new_terrorists-0
    quelle ironie d’avoir des informations sur l’EU par …la Pravda!
    il faudra inventer un autre qualificatif pour notre presse-pravda!
    bonne journée à tous

    1. Le problème, c’est que « a ce niveau la », c’est à dire, quand ce n’est plus confiné a quelques alarmistes/catastrophiste/conspirationistes en tout genre … et bien, ce genre réaction à une nette propension auto-réalisatrice.

      Il suffit que le marché cherche a se protéger d’une catastrophe pour qu’il la déclenche.
      D’ailleurs, a l’inverse, en utilisant cette même force d’auto-réalisation, c’est l’objectif recherché des déclarations rassurantes : relancer l’économie en nous promettant qu’elle va aller mieux.

      Mais dans les 2 cas, il y a une limite pour faire basculer d’un coté ou de l’autre.
      On vient visiblement de franchir celle qui nous fait tomber dans l’abîme.
      Et comme Nietzsche disait : quand tu regarde l’abîme, l’abîme te regarde ! lol

  24. Combien de gagnants seront recensés à la suite de cette « concurrence », cette « compétitivité » des TBTF?
    Pouvons-nous envisager qu’il n’y en ai à terme qu’un seul, exerçant un parfait monopole sur une monnaie mondiale?

  25. lu sur boursorama :

    * Reuters le 20/11/2009 à 16:56

    Les agences de notation poursuivies par la justice de l’Ohio :

    NEW YORK, 20 novembre (Reuters) – La justice de l’Ohio a engagé vendredi des poursuites contre les agences de notation financière Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings, soupçonnées d’avoir attribué des notes trompeuses ayant conduit des fonds de pension à subir des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars.

    Richard Cordrey a intenté ces procédures au nom de cinq fonds qui déclarent avoir perdu plus de 457 millions en raison de « notes fausses et trompeuses » attribuées par les agences à des produits financiers adossés à des crédits immobiliers.

    Moody’s et Standard & Poor’s (filiale de McGraw-Hill ) n’ont pu être joints dans l’immédiat pour commenter l’information. Un porte-parole de Fitch (propriété de Fimalac) n’avait aucun commentaire à faire dans l’immédiat.

    Les poursuites sont intentées au nom de de cinq caisses de retraite de la fonction publique de l’Ohio.

    (Steve Eder, version française Marc Angrand)

    ps : nous allons attendre la fin du procès; nous constaterons alors que si nous sommes tous responsables de la situation, certains sont coupables;

    1. Si les vautours commencent à se dévorer entre-eux, cela fera moins de travail.

      Mais prenons du recul. Un procès ou une autopsie de société financière peuvent durer des années. Et cela est arrangeant pour certains, voire, beaucoup. 😉

  26. Boukovski : Les banques sont surtout prêtes à surdoper leurs profits et la S Générale pourrait bien surfer sur la peur (justifée par ailleurs) de ses clients pour orienter l’argent là où elle estime qu’il y aura le plus de profit : sur l’or (mais y en a-t-il assez???) et l’alimentaire, et tant que les Etats et institutions mondiales laisseront spéculer sur la marchandise nourriture, je ne vois pas ce qui gênerait la S Générale et ses comparses d’y aller à fond. Prédateurs l’avenir est encore à vous!
    Alors on fait quoi?

  27. Eh, oui:

    « La Société Générale se prépare à un effondrement économique mondial »

    Dans un rapport adressé à ses clients, la banque française les appelle à dessiner une stratégie d’investissements de défense afin de se préparer à l’explosion éventuelle de nouvelles bulles financières.

    Le pire pourrait être devant nous. C’est une des hypothèses qui ressortent d’un rapport de la Société Générale, intitulé « le pire scénario de la dette», selon lequel les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes. Premier d’entre eux, le déficit. «Le niveau de la dette paraît tout à fait insoutenable à long terme. Nous avons pratiquement atteint un point de non retour en ce qui concerne la dette publique», précise le rapport de 68 pages.

    L’endettement global est beaucoup trop élevé dans la plupart des économies des pays développés, par rapport à leur PIB. Aux Etats-Unis et dans l’UE, la dette publique représentera ainsi 125% du PIB dans deux ans. Au Royaume-Uni, elle s’élèvera à 105% et au Japon, à 270%. Le problème de la dette sous-jacente est plus important qu’il n’était après la seconde Guerre Mondiale, alors que les taux nominaux étaient similaires. Sauf que cette fois-ci, les gouvernements seront pris à la gorge, le vieillissement de la population rendant plus difficile qu’auparavant l’effacement de cette dette avec la croissance. Les pays émergents ne seraient pas non plus épargnés, même si leur marge de maneouvre sera plus importante qu’au sein des grandes économies occidentales.

    Parmi les pires scénarios envisagés, le rapport évoque une nouvelle chute des marchés, une inflation galopante ainsi qu’une forte chute du dollar. Or quand la crise bat son plein, tout le monde se retourne vers la valeur refuge par excellence, l’or. Dans ce contexte, le prix du métal jaune atteindrait des sommets jamais vus. En plus du métal jaune, le rapport table qu’une autre valeur refuge devrait tirer son épingle du jeu, les denrées alimentaires. A contrario, la banque conseille de se désengager du dollar et des valeurs cycliques, telles que les technologiques ou celles liées au secteur de l’automobile. »

    http://www.jdf.com/societes/2009/11/20/02035-20091120ARTJDF00024-la-societe-generale-se-prepare-a-un-effondrement-economique-mondial.php

  28. Parfait décryptage et analyse de l’amendement voté jeudi au Congrès, à l’initiative de Ron Paul et Alan Grayson, adopté 43-26

    Auditing the central bank: a jolly good thing!

    « What is so important about H.R. 1207: the Federal Reserve Transparency Act of 2009 aka the ‘Audit the Fed’ bill? This bill “To amend title 31, United States Code, to reform the manner in which the Board of Governors of the Federal Reserve System is audited by the Comptroller General of the United States and the manner in which such audits are reported, and for other purposes.” may not sound terribly exciting, but in addition to making the Fed accountable for its quasi-fiscal activities, it could well set an important precedent for the enhanced accountability of operationally independent central banks everywhere. »
    http://blogs.ft.com/maverecon/2009/11/auditing-the-central-bank-a-jolly-good-thing/

  29. Je vous prie de m’excuser par avance, il faut que vous teniez compte du fait que j’aime rire. Et… en parlant d’opacité et de « main invisible »…

    Réflexion d’un internaute assez croustillante : « Et ma main invisible du marché, tu la veux dans ta g…. »

    Cela pourrait vous paraître mutin, voire mutin. Mais moi, j’aime.

  30. les banques françaises semblent claironner avoir bientôt remboursé les prêts faits par l’Etat français. Cela est il vrai, ou laissent elles de côté toute la « protection » qu’assure l’Etat de tous les actifs pourris ?
    Avez vous des précisions là-dessus ?

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