L’actualité de la crise: leurs démons et les nôtres, par FrançoisLeclerc

Billet invité.

LEURS DEMONS ET LES NÔTRES

Les épisodes du feuilleton de la régulation financière se succèdent, selon un rythme qui s’étire de plus en plus, tandis que les versions qui en filtrent du coeur des différents centres mondiaux de la finance marquent leurs dissemblances, rendant la cohésion finale de l’ensemble par avance problématique. Sous la pression de lobbies auxquels nul ne semble vouloir ou pouvoir résister, les modestes intentions des projets de réformes de départ sont bousculées et écartées. Parmi les artisans de la course de lenteur qui se poursuit, les Britanniques semblent particulièrement tétanisés, ne voulant pas prendre le risque de perdre une partie de la contribution qu’apporte à leur économie les services financiers, si la City devait réduire sa voilure ou perdre des parts de marché, sans avoir rien en magasin pour la remplacer. Nous précipitant dans les bras de la régulation à la mode Américaine, c’est à dire réduite à la portion congrue.

En attendant, l’argent public a été mis sur la table. Et il est rappelé avec insistance que son mode d’emploi prévoit, dans ce sens là tout du moins, de le rembourser.

Quel que soit le dossier que l’on entrouvre, produits dérivés, hedge funds, centres non coopératifs (pour ne citer que les têtes des chapitres les plus importants), on constate que la régulation future y est détournée de ses principes, et réduite à sa plus simple expression ou presque. Que des opérations de diversion grand public sont montées par les gouvernements pour masquer leur inaction sur l’essentiel. Que les représentants du système financier n’ont pas d’autre objectif que de tenter de relancer la machine tout comme avant, après être parvenu à la réparer. Et, en attendant, de continuer de se tenir fermement aux mains charitables que les banques centrales leur tendent, dont elles annoncent qu’elles ne sont pas prêtes de les retirer. Laissant les Etats se dépatouiller avec leurs déficits et même les sommant de les réduire. D’adopter une bonne conduite, alors que ce sont eux qui sont les mauvais élèves. Placés dans une situation dont on rêverait, ils empruntent d’un côté de l’argent à coût zéro ou presque, pour le prêter de l’autre aux Etats à des taux déjà bien supérieurs et dont ils attendent qu’ils grimpent… Que l’on ne vienne pas, après, réaffirmer l’utilité sociale d’un tel système !

Cette situation pourrait être presque idyllique, pour certains qui s’en accommoderaient si elle devait durer, si elle ne risquait pas de se révéler une impasse. Ce qui risque de finir par devoir être reconnu, un de ces jours. Un gros mensonge, à la base de toutes les justifications que nous entendons, dont la conséquence est qu’il faut sauver le système financier à tout prix, pourra être alors démonté en place publique : l’innovation financière de ces dernières décennies n’est en rien une contribution essentielle à une croissance économique digne de ce nom (et a fortiori à toute mesure du bien être). Elle n’a su que générer, les unes après les autres, des bulles financières, porteuses de plus en plus de dégâts quand elles éclatent, en favorisant et s’appuyant sur une répartition inégalitaire croissante de la richesse. Induisant des sociétés qui – sous couvert de régime démocratique – évoluent vers de nouvelles formes de totalitarisme, appuyés sur des modes de contrôle social, affirmés ou sournois, qui tentent d’étendre leur emprise. Perpétuant sous des formes nouvelles non seulement l’exploitation des hommes (ils y sont habitués, et des compensations leur sont, selon les cas, plus ou moins chichement accordées), mais également celle de la planète, qui a le grave défaut de ne pas être remplaçable. Voici les véritables contributions de ce système, qui se défend avec acharnement ! Autant de raisons pour dire que l’on ne le regrettera pas, alors que l’on constate qu’il continue d’imploser !

Toutefois, ce qui va pouvoir sortir de cette situation ne baigne pas dans la plus grande clarté. De très sombres prédictions sont faites, s’appuyant sur des rappels historiques, annonçant de dramatiques issues. La moindre d’entre elle étant ce remède suprême qu’est la guerre, entrepris quand on ne sait plus rien faire d’autre, quand cela devient le meilleur moyen de faire la paix, dirait le nouveau Prix Nobel du même nom, qui emprunte au célèbrissime Carl Philip Gottfried von Clausewitz. Contre qui ? Les révoltes des gueux ne manquent pas.

Moindre mal peut-être, il nous est alternativement promis la montée en puissance d’un totalitarisme moderne, qui trouve ses références obligatoires dans la puissante oeuvre de George Orwell, et ses appuis dans ce monde absurde et malfaisant qui nous est préparé. Au nom de notre traçabilité qui est déjà largement avancée à grands renforts de technologies, de cette soupe idéologique qui nous est abondamment servie et qui associe déviance et marginalité sociale ou exclusion avec criminalité, avec également l’intrusion insupportable d’une classe de rambos qui paradent dans les scènes de notre vie quotidienne, etc…, etc… En bref, avec l’événement par devant d’une société du spectacle déjà brillamment dénoncée, ainsi que par en-dessous d’une autre, répressive et destinée aux irréductibles, ainsi qu’à représenter une menace immanente pour les autres.

Les dissidents d’hier et d’aujourd’hui, si faibles au sein des sociétés qui se réclamaient du socialisme ou le font encore, seront à ce compte-là les héros vénérés et copiés du futur, pour avoir montré les voies d’une résistance opiniâtre et sans concessions. Les samizdats de demain ne seront pas dupliqués au papier carbone, car ils sont déjà entrés dans le monde du numérique et du virtuel. C’est tout du moins la vision que l’on peut en avoir.

Tout cela est confus, fantasmatique à souhait, source anxiogène inépuisable au possible. Mesure qui le veut, s’il s’y arrête, la puissance et les effets collectifs de cette anxiété collective autour de lui. Incitant à sortir de la bibliothèque un ouvrage pour le relire, référence pour référence, un « Malaise dans la civilisation » qui a en son temps tenté d’esquisser un pont entre les concepts de l’analyse psychanalytique et celle de la société. Mais, malgré tout, ces craintes obscures n’en ont pas moins leur part de vérité et de réalité, sans qu’il soit désormais nécessaire de les inventer  !

Qu’a-t-on à y opposer de tangible, sur lequel il pourrait être construit  ? En premier lieu des pratiques sociales volontaires, mais minoritaires et éparses, en second d’autres, massives et qui se sont imposées sur Internet, au nom du partage. Toutes ayant en commun de chercher à permettre de s’évader de la sphère des échanges marchands, de la dictature de l’argent. D’affirmer des solidarités, des connivences, des satisfactions. De rechercher, à l’arrivée, une vie meilleure, à défaut de pouvoir rêver de l’imminence d’une société qui le serait. C’est beaucoup et peu à la fois.

Tout ceci renvoie – car des appuis ne sont pas de trop quand on s’efforce d’évoluer au mieux nos chances – à des débats historiques, à propos d’un grand saut qui s’est tragiquement terminé et qui a pourtant ébranlé le monde : la révolution russe. Ceux-là mêmes qui furent précipités au pouvoir, happés par le vide, discutèrent sans fin pour savoir s’il y étaient prêts ou non, avant qu’une partie d’entre eux saute le pas et y accède. Les conditions étaient-elles réunies, se demandaient-ils, alors qu’il était prévu dans les livres que les choses se passeraient autrement ? Devaient-ils prendre le pouvoir dans un pays de paysans au nom d’une classe ouvrière à peine existante  ? L’argument de ceux qui décidèrent d’y aller – les bolcheviks – était que l’histoire ne repasse pas deux fois de suite les mêmes plats. Qu’il y avait des occasions, en d’autres termes, que l’on ne refuse pas. On sait ce qu’il en advint.

Ne sommes nous pas, dans un tout autre contexte, plongés dans la même situation ? Avec le sentiment qu’un système a fait son temps et que celui qui pourrait lui succéder n’est pas prêt ? Et, circonstance aggravante, que l’on ne sait pas comment le destin pourrait être forcé, le voudrait-on ! En se demandant quelle dynamique pourrait s’enclencher, qui modifierait une donne prématurément servie, dans des temps que l’on mesure mal mais qui sont nécessairement comptés. En observant, avec le sentiment de déjà vu, ces radicaux qui ont décidé de ne pas attendre et qui, ultra minoritaires mais cela leur importe visiblement peu, ont choisi de changer leur vie. Parce que qu’ils n’en ont qu’une et qu’ils n’en peuvent plus.

L’inventaire de demain, cet exercice collectif auquel nous nous adonnons et qui a déjà donné de substantiels résultats, dans leur grande diversité revendiquée, n’est pas encore prêt à être ordonné. Tel qu’il est, il démontre cependant que la situation actuelle n’incite pas seulement à se poser des questions, mais également à y apporter des réponses.

L’un de ceux, des plus illustres et depuis décriés, qui avait enjoint de sauter le pas lors de l’épisode historique évoqué précédemment, avait eu une formule célèbre, une de plus, pour désigner ces situations d’exception, où « ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, et ceux d’en-bas ne supportent plus d’être opprimés comme avant ». En approcherions-nous ? Allons-nous devoir improviser plus que nous ne pensons être prêts à le faire ?

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115 réflexions sur « L’actualité de la crise: leurs démons et les nôtres, par FrançoisLeclerc »

  1. On a qu’une vie !!!
    On sait bien ce que ça a donné ce système !!!
    Le nouveau système n’est pas encore prêt !!!
    Moi j’ai déjà beaucoup donné !!!
    Voici les bonnes excuses qui vont faire perdurer le système actuel avec tous les travers que vous avez signalé.
    Nous savons tous !!! nous ici qui lisons ce blog , nous savons tous que ça va mal se terminer, nous savons tous que nous allons continuer car pour l’instant tout va à peu près bien pour nous, nous savons tous que quand ça va arriver nous essayerons de nous en tirer le mieux possible.
    Nous savons tous que nous savons !!!

    1. LES SUBPRIMES

      Le système financier est en train de te dévorer et pourtant c’est toi qui l’a nourri en bossant.
      D’abord les revenus de ta force de travail ont disparut dans la poche des actionnaires comme tu sais. En même temps en s’attaquant aux services publics, la haute finance a mis la main sur notre bien commun (centrales nucléaires, mutuelles, industrie…et tutti-frutti). JOSPIN, SARKO même boulot.
      Il ne te restait plus grand chose pensais-tu. On ne tond pas un œuf. Erreur! On t’appâte avec des crédits dont on sait très bien que tu ne pourras pas les rembourser et on tire un bon coup avec une saisie-arrêt pour faire venir ce qui peut te rester sur le budget nourriture-habillement…par exemple.
      C’est une pratique vraiment rentable au point que les banques s’échangent ces dossiers…après les avoir titrisés, c’est à dire transformés en promesses de bonnes affaires.
      En clair « Mr MACHIN me doit 100 euros et il est incapable de me rembourser comme le prévoit le contrat scélérat que je lui ai fait signer, donc on peut avec cette reconnaissance de dette lui faire cracher 300 euros » Je vais essayer de trouver quelqu’un qui m’en donne 150 tout de suite. Je gagne moins mais c’est plus rapide pour moi.
      La banque BOUFFE-TOUT qui va racheter le dossier MACHIN mettra cette dette dans un petit panier pour le revendre en bourse à la banque JENVEU avec d’autres dossiers. Mr MACHIN, angoissé, crevé de dettes, qui ne sait plus comment subvenir au besoin des siens, accablé de recommandés culpabilisants peut bien aller se pendre, la machine est lancée. Les banques DONEMOITOU et JACAPAR concurrentes de la banque BOUFFE-TOUT veulent elles-aussi de ces dossiers juteux pour les revendre au fond de pension SITENCREV. Il y a de la demande, alors l’offre suit. Les vendeurs de crédit bricolent des formules ingénieuses (maison + bagnole gratos, … si, si), démultiplient les vecteurs d’endettement, la publicité affole les enfants-prescripteurs-d’achat et les cartes de crédit sont distribuées comme des bonbons,….empoisonnés. Le nombre de dossiers de surendettement grimpe à vue d’œil . Les banquiers qui résonnent avec leur estomac se goinfrent au point d’en perdre la raison tandis que le fond de pension SITENCREV se croit à l’abri de valeurs gravées dans le marbre des maisons vendues à crédit.
      Les bilans, comme les dossiers de crédit, sont soigneusement truqués car tout le monde veut participer à la curée. Mr MACHIN (qui est, je voulais dire ETAIT, toujours bien habillé), présentant bien, a bien pu déclarer à son pourvoyeur de crédit un salaire annuel de 50000 euros, personne n’a sérieusement vérifié. Les organismes chargés d’évaluer les performances des établissements financiers et qui dépendent d’une manière ou d’une autre de ces mêmes établissements ont continué à leur distribuer des bon points. Et un jour un incident fait exploser la bulle. On connait un peu mieux la suite. Quoique…

      LES MAUVAISES LANGUES NOUS DISENT…
      IL PARAITRAIT QUE…

      Le regonflement de la bulle est TRES temporaire

      Les banques BOUFFETOU, DONEMOITOU, JENVEU et JACAPAR tendent leur sébilles à tout va en ce moment (je dis bien à tout va, l’état, la mafia, qui tu veux). Par ailleurs tout un tas de petits porteurs ont gobé le bobard balancé dans tous les médias d’un rebond de l’activité outre-atlantique et ils ont acheté à tour de bras pour se faire ratisser le lendemain. Les gros mangent les petits, c’est la nature. Les infos juteuses sont réservées aux fortunes sérieuses. Les riches vont peut-être rentrer dans leurs fonds. Rassurés….?

      BOUFFETOU, DONEMOITOU, JENVEU et JACAPAR ne veulent pas qu’on donne de mauvaises habitudes à la masse des petites gens en laissant filer les salaires.
      Mais…
      Tu fera pas redémarrer un constructeur si personne n’achète de bagnole ou de maison, ni tourner les services si tout le monde se coiffe à la maison et part en vacances chez tatie Françoise. Pourtant personne n’a prévu d’augmenter les salaires. Sauf les salaires de ceux qui en ont pas besoin. C’est sûrement pour ne pas créer de sentiment de jalousie entre les ouvriers. Il y a pourtant des boites qui ont les moyens de lâcher un peu plus à leurs employés éventuellement en rognant sur le salaire du PDG. J’ai dit quelque chose qu’il fallait pas dire?

      Une bonne guerre, un attentat…ça rend service
      Ça efface les traces de malversations contenues dans les dossiers détruits dans les « bombardements »
      Ça te bricole un bouc émissaire, avec ou sans barbe, plus vrai que nature.
      Ça débarrasse des plus teigneux. (syndicalistes, agitateurs du mauvais bord…)
      Ça occupe la conscience populaire qui tremble encore plus fort, cette fois, pour ses mioches, qui n’avaient rien demandé, en train de tirer sur d’autres mioches…qui avaient rien demandé eux non plus
      Ça crée de l’activité, c’est stimulant pour l’économie (Hitler qui a spolié beaucoup de gens a toujours payé les banques recta, et jusqu’au bout).

      Les retraités de SITENCREV n’ont qu’à retourner au boulot (feignants!) Non mais ! Je t’en foutrais moi des retraites! D’ailleurs SITENCREV va fusionner avec VIENPATEPLAINDRE.

    2. Monsieur Riou, je pense que cela est encore imparfait.

      Veuillez glisser dans le tuyau de l’oreille de SITENCREV de finir l’essorage dans les maisons de retraites à 3 000 euros par mois.

      De même, il est inacceptable que BOUFFETOU, DONEMOITOU, JENVEU et JACAPAR continuent à autoriser un état qui laisse la possibilité de refuser un héritage d’endetté de Mr MACHIN.
      Un enfant doit être solidaire de ses parents jusqu’au bout…
      La famille, c’est sacré 🙂

  2. Les agences de notation s’inquiètent de l’ampleur des dettes publiques… mais qui s’inquiète de l’incompétence crasse de ces mêmes agences, d’Enron à la crise des subprimes ? Les banques se refinancent (presque) gratuitement, quand les Etats et les collectivités territoriales (et les hôpitaux !) doivent se refinancer sur les marchés financiers. Comment peut-on accepter un tel degré de servilité politique ?

    1. @Oysterhead

      La servilité politique serait-elle proportionnelle à l’émargement de nos hommes politiques dans
      le système financier ?

      L’angoisse sourde monte sous une démocratie administrée.

      Nous échangeons en qualité de spectateurs mais pour combien de temps ?

      Sous peu nous serons happés dans la tourmente, alors nous serons acteurs.

      Pour allez vers où ?

      Ce blog contribue à la recherche d’une certaine clarté dans l’opacité ambiante.

      C’est à la fois son mérite et sa limite.

    2. Et dans le même temps…

      Ottawa veut éviter une bulle
      Mise à jour le lundi 21 décembre 2009 à 10 h 48

      Au cours d’une entrevue accordée au réseau CTV, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a dit vouloir éviter une surchauffe du marché de l’immobilier.

      Le ministre des Finances a déclaré que s’il observe davantage de signes de pression sur le marché de l’immobilier il en conclura que les Canadiens contractent des dettes qu’ils ne seront pas en mesure de rembourser lorsque les taux d’intérêt commenceront à augmenter.

      Il songe donc à des mesures pour freiner l’ardeur des acheteurs à savoir:

      – l’augmentation de la mise de fonds minimale nécessaire pour l’achat d’une maison. Cette mise de fonds est actuellement de 5 %,

      – l’hypothèque pourrait également s’échelonner sur une plus courte période. La période d’amortissement maximale ne serait donc plus de 35 ans.

      De telles mesures rendraient l’obtention d’une hypothèque et l’achat d’une maison beaucoup plus difficiles.

      Un exemple de cette propension à acheter des Canadiens: des données de Statistique Canada montrent qu’en octobre dernier le prix moyen des maisons a fait un bond de 18 % par rapport au même mois l’an dernier, or le Québec et l’Ontario ont enregistré des taux records de ventes propriétés.

      Cela indique que les consommateurs profitent pleinement d’une baisse historique des taux d’intérêt pour emprunter des sommes importantes afin d’acheter.

      Cette réalité inquiète les analystes, qui croient que les acheteurs auront du mal à payer ces hypothèques lorsque la récession prendra fin et que les taux d’intérêt reprendront leur ascension.

      Les ventes grimpent à Toronto
      Les ventes de maisons neuves et de condos dans la région métropolitaine de Toronto ont augmenté de 156 % au mois de novembre, par rapport à 2008, selon des données dévoilées lundi par la Building Industry & Land Development Association.

      Les ventes de maisons neuves ont augmenté de 186 % et celles de condos de 134 %.

      « Nous sommes à court de superlatifs pour décrire le marché », a déclaré le président de l’organisme, Stephen Dupuis.

      Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et CTV

  3. et lorsque ceux d’en bas seront devenus ceux d’en haut la formule célèbre s’appliquera à nouveau…
    c’est bien ce qui s’est passé dans l’épisode historique cité, n’est-ce pas ?
    Le côté obscur de la force revient toujours au premier plan
    et c’est bien parce qu’il n’y a pas de complot terrestre que
    les bonnes solutions finissent toujours par se dégrader.
    Jusques à quand ?

    PS – Un grand merci à MMr Jorion et Leclerc et tous les autres car grâce à eux je me sens moins seul.

  4. François
    Vous nous parlez de « formes nouvelles non seulement d’exploitation des hommes (…), mais également celle de la planète, qui a le grave défaut de ne pas être remplaçable. »
    La non-remplaçabilité de notre planète, le système ne l’a de toute évidence pas compris. La compétition économique reste la seule vision des chefs d’Etats qui se sont disputés à Cop15enhague et leur échec gravissime est déjà traduit par les médias aux ordres en « une avancée réduire, ce qui est certes décevante, mais qui annonce des accords futurs ». Paroles, Paroles…
    Les nombreux échanges lus sur ce blog depuis 3 ans m’ont convaincu que la capitalisme est comme le vélo: si l’on n’avance plus, on tombe Le capitalisme ne peut pas s’arrêter et réduire les émissions de CO2 serait une manière de s’arrêter, si pas de reculer. Impossible pour le système capitaliste et NOpenhague en est la preuve.

    Bien. On ne vas pas désespérer: on le savait (pessimisme de l’intelligence), on espérait quand même (optimisme du cœur) et c’est arrivé. On va continuer à se laver les dents sans laisser couler le robinet et à mettre le couvercle sur l’eau des pâtes mais j’espère qu’il n’y pas que l’eau qui va bouillir plus vite…

  5. Il y a deux ans j’avais posté sur le blog d’Attali un commentaire indiquant ,en gros ,que les français regretteraient peut être un jour d’avoir laissé disparaître l’armée de conscription au profit d’une armée de métier . Je serais atterré d’avoir craint juste .

  6. Le travail accompli par vous sur ce blog force le respect: c’est toujours sobre et rigoureux, même quand le billet est moins « technique » comme celui présenté aujourd’hui. Ca ne doit pas être toujours très facile de « faire parler » l’actualité ou plutôt l’histoire entrain de se faire. A postériori il faudra relire tous ces billets comme un morceau d’histoire de la Finance, morceau qui j’en suis sur tranchera singulièrement sur les interprétations a postériori qui ne manqueront pas de passer sous silence nombre d’aspects par vous évoqués. Vous êtes de très loin le meilleur chroniqueur de la crise, et vous laissez derrière vous tous ceux de la presse papier (quel que soit le journal).

    Je note, à mesure que l’urgence se fait de plus en plus pressante, un rapprochement de plus en plus important avec les vues présentées sur dedefensa.org, le ton eschatologique en moins. Si l’on conçoit cette période comme étant une période nécessitant d’étudier les rapports de force entre les institutions financières comme le lieu privilégié d’expression des rapports de force entre les puissances, c’est à dire comme la période pendant laquelle l’éviction d’untel du conseil d’administration d’un établissement financier ou la prise de participation d’untel au capital d’une entreprise est davantage susceptible de constituer un fait historique qu’un changement de majorité politique dans un Etat déterminé, alors ceci n’a sans doute rien d’étonnant.

    Merci beaucoup François.

  7. Beau billet Mr Francois LECLERC !
    L’un de vos meilleurs … pour ce qui me concerne !!!
    Vous , ( VOUS , Monsieur – avec respect svp) venez de rejoindre les rares personnes qui ont entrouvert LA PORTE, où , malgré vos peurs perceptibles, vos spéculations diverses, vous avez mentionné certaines certitudes !!!!
    Ces certitudes renvoient à nos instincts primaires, pour les personnes qui seront , « au bon moment », HORS D’EUX » !
    Nous sommes des animaux…il faut sortir, lire et visionner sur les êtres vivants … pour se remémorer, découvrir, saisir le « bon sens  » de chaque être vivant, au sein d’un climax. De là, avec « bon sens », on peut saisir, ce qu’il est impératif de mettre en action , à titre individuel , et au niveau de son  » groupe ».
    Vous citez Carl Von C… Un Monsieur intéressant , avec sa vision des sytèmes symétriques … mais surtout et plus surement assymétriques.
    S’exclure du système, ou du moins entrependre toutes les actions, pour être moins dépendant , est vital… et tellement plus enrichissant.
    De même que Carl Von C. , on pourrait citer Mr Vincent DESPORTES, et bien d’autres, moins médiatisés….
    L’INVENTAIRE DE DEMAIN est CADUC : et vous le savez fort bien !!! Mais gardez en mémoire certaines idées et conseils, est salutaire pour les résilients et ceux en devenir.
    Demain, nous (re)découvrirons, quel goût succulent ( du moins apaisant) et similaire, apporte un jambon d’humain, à l’instar d’un jambon de porc …. et pour une fraction de population exclue …. A ce sujet , il y a un très beau livre sur le COCHON , paru il y a quelques semaines…
    Demain, nous redécouvrirons , qu’une natalité non orchestrée au sein d’une collectivité, met en danger cette même collectivité … Encore un rappel de Dame Nature !!!! Encore un rappel … Encore du bon sens !!! Et qui n’a rien à voir, avec la « soif » consumériste » qui est apporté sur un plateau par certains…
    En clair, avec 400 m2 , on peut faire un jardin , avec quelques arbres fruitiers endémiques, et nourrir, tout l’année ( TOUTE L’ANNEE !!!!! ) un couple et 2 enfants ….
    Et quelques animaux , permettent de compléter son alimentation, et d’être informé de l’évolution subite de l’environnement du lieu de vie ( les oies—> voir ROME , chien—->garde, chats—> nuisibles pour les gardes mangers humains, et alerte intrus, poules et dindes —>nourriture et alerte intrus, poissons—> nourriture complémentaire ) . Mais également un bassin , des haies fruitières, une bonne connaissance de son sol, des nuisibles, ravageurs et auxilaires de ses cultures, ….
    Et aussi , comment aménager son lieu de vie , pour survivre… en dehors du système… et affronter son voisin … ou l’étranger mal intentionné… On est dans l’assymétrique… Vous avez remarqué????
    Je m’arrête là … car , on pourrait écrire un livre … plutôt , un référentiel de base !!!

  8. Bonsoir Monsieur et merci.

    « Mesure qui le veut, s’il s’y arrête, la puissance et les effets collectifs de cette anxiété collective autour de lui. »
    la version française actuelle des films d’épouvante se décline dans l’ordre qui vous agréera=
    grippe hémagglutinine 1 neuramidase 1
    réchauffement et gaz carbonique
    le risque de dissolution de l' »identité » française dans un vêtement qui dissimule les corps des femmes dans l’espace public.

    vraiment, j’espère de tout coeur vivre ne serait-ce qu’un instant l’effondrement de ce système que j’appelle de tous mes voeux et qui se dessine depuis 2003 nettement.
    La destruction de la Mésopotamie était le geste de trop.

    il n’y a rien à regretter
    et l’improvisation est aisée quand quelques principes ont été acquis.

    Merci encore

  9. Pour cette édition , vous changez le point d’application de vos réflexions.
    C’est, me semble-t-il, préférable et j’apprécie le point de vue historique.

    « très sombres prédictions », « dramatiques issues », « guerre »,
    « anxiété collective  » : vous évoquez une apocalypse que nous espèrons tous
    impensable. Les conditions pour l’Europe, les USA et beaucoup d’autres
    peuples rendent une guerre improbable, mais non impossible.
    Une guerre civile deviendrait rapidement horrible. L’éclatement
    de la Yougoslavie en est une illustration contemporaine.

    Il est vrai que le condionnement auquel nous sommes soumis rend
    les montées aux extrêmes rapidement incontrôlables.
    Je suis frappé par le côté regressif, et même immature, de certaines opinions
    et , scandale entre tous, par le fait que ceux qui s’intronisent guides intellectuels
    en sont les porte-étendard, excitant à l’intolérance et à l’aveuglement.

    Je crois qu’une action démocratique résolue permettra de se débarasser
    de ceux , qui se disant responsables, sont coupables d’une action
    démagogique et pernicieuse. Le seul souci est qu’il n’y a qu’un faible
    espoir d’une telle action. Néanmoins, désepérer de la démocratie
    serait une invite à des aventures regrettables. Il faut maintenir
    et garder confiance.

    Si nous devions entrer dans une période de tous les dangers, la crise actuelle
    deviendrait une notule en bas de page, vite oubliée.

    1. Cher Daniel,

      Je crains que l’action démocratique que vous appelez de vos veux ne soit qu’un mythe, de même que la démocratie qu’on nous vend depuis toujours comme indépassable. Il s’agit en fait d’un système d’apparences ou le pouvoir réel ne change jamais de mains. Tout observateur impartial de la vie politique le sait. Quant à l’impensable, vous devriez (nous devrions) peut-être commencer à l’envisager, tout simplement parce que les précédents historiques sont nombreux et que nous avons collectivement la mémoire courte.

      Pour tout vous dire, je viens d’un milieu ou l’individualisme à toujours été perçu comme criminogène et menaçant pour l’équilibre du groupe, quel que soit sa taille. Dans les années 80, les années fric, plusieurs de mes amis ont abandonné le navire parce qu’ils ne supportaient plus le discours et les pratiques ambiantes. J’aimerais tant qu’ils soient là aujourd’hui pour assister à la déconfiture des ex-jeunes loups…

      Ce qui me réchauffe le cœur aujourd’hui c’est qu’on est arrivés à l’épilogue de cette histoire et qu’enfin, réalité aidant, la prise de conscience semble se faire, l’oubli recule et les mensonge sont (difficilement) dénoncés. Je voudrais dédier ce commentaire au très beau billet de François à la mémoire de tous ceux qui n’ont pas pu supporter tout cela et qui en ont tiré les conséquences. Ils ne sont pas partis pour rien.

  10. mes respects M. Leclerc,

    deux ans de lecture assidue de ce blog.. deux ans à en « boire les paroles », et à savourer et la finesse de l’analyse et la sagacité des commentaires. je sors aujourd’hui de mon silence pour louer la profondeur d’analyse du billet d’aujourd’hui.. un très beau texte… qui fait froid dans le dos….car il prend de l’élévation, et avec des arguments de poids.

    et je salue également l’ensemble des commentateurs, leur absence de parti pris idéologique figé, et la qualité de toutes ces interventions qui font que l’on a l’impression d’être ici entre gens de bonne composition, sans dogmatismes indépassables, et sans trop de préjugés….

    1. Oui je crois que le « Projet Jorion », car c’est ainsi que je le perçois, auquel s’est associé François Leclerc en cours de route est tout à fait singulier. Et l’association Paul-François n’est assurément pas étrangère à son exceptionnelle réussite.
      Je viens depuis moins longtemps que vous sur le blog, plus d’une année , mais je suis comme vous toujours ébloui par sa haute tenue et sa qualité. Son écho ne cesse même de s’amplifier dans les médias et par le bouche à oreille ou par mail de vive recommandation ; une amie à laquelle j’avais donné l’adresse du site vient d’ailleurs de m’en dire par mail le plus grand bien. Elle s’apprête à acheter l’Argent ! Je lui ai alors vivement conseillé de lire aussi les chroniques de François si elle ne l’a déjà fait ;-). Mais à propos, à quand votre livre François Leclerc ? (Même si je me doute bien que ces chroniques sont déjà en soi un travail d’écriture à part entière et sans doute très prenant même si pour nous en avoir déjà dit quelques mots, je sais que vous avez une méthode de travail bien rodée.)

      Pour ce qui est de la chronique je suis aussi d’avis pour dire que c’est ce qui se fait de mieux, sans même qu’il faille ajouter la locution obligée : « dans le genre », car, à ma connaissance, du moins en langue française, François Leclerc est le seul à se livrer à ce type d’exercice quotidien ou presque avec un tel brio, l’élégance du style au service de la pertinence du propos et de l’information puisée aux meilleures sources. Sans parler de la vision d’ensemble et une sensibilité de sismographe !

  11. Peur…? Mais de quoi ? D’avoir froid d’avoir faim ? Ils sont des milliers en France, des millions en Europe, plus d’un milliard de par le monde. Ils peuvent et doivent crever. Déjà dans certaines démocraties avancées (avancé comme l’on dit d’un fromage trop fait qui s’abandonne), l’acte d’humanité est consciencieusement et durablement reconditionné en délit.

    Copenhague rime avec pantalonnade ou couillonade. L’Humanité on s’en fout mais le soi à droit à la soie.

    L’humanité se portera bien mieux lorsqu’elle sera réduite à quelques millions d’individus. Plus de problème d’empreinte écologique, plus de problème d’emprunt économique. Avec le reste de la population il y a tellement de choses intéressantes à faire : des déjà vus savons et abats jour pure peau à la nourriture pour bestiaux devenus carnivores à force de mutations.

    L’humanité est sans limites : ni celles du passé qui nous semble aujourd’hui une horreur ,ni celles à venir -que d’autres, demain – appellerons nos erreurs.

    Chaque société à sa roche Tarpéenne.

    1. J’inclinerais pour ma part à penser que de s’en remettre à une telle perspective revient à laisser notre destin aux mains de la nature.
      N’est-ce pas justement ce contre quoi il nous faut lutter de toutes nos forces et surtout de toutes nos intelligences collective et solidaire comme le prouve le Projet Jorion expérimenté avec succès sur ce blog même ?
      La proposition phare de Paul ne vise-t-elle pas à domestiquer l’économie encore réduite au libre jeu des forces brutes de la nature ?
      Il me semble que la vision philosophique proposée par Paul et beaucoup ici est de prendre pour hypothèse que le droit à la vie est imprescriptible et que c’est de l’invention de notre humanité même que viendra d’abord notre secours.

      Pour le reste, bien entendu, je ne puis qu’être d’accord avec vous, il est vrai pour que pour quelques milliards d’êtres humains l’effondrement est déjà là, les conditions d’existence sont déjà un enfer. Mais à la tabula rasa je préfère l’émergence encore possible de processus vertueux qui n’attendent que leur heure pour peu que nous restions confiants, malgré tout. Bref soyons ambitieux. Continuons de réfléchir, encore et toujours. Le succès n’est pas assuré, mais, en dehors de notre mort à chacun, qu’il a-t-il d’assuré en ce monde ? Plutôt que de parier sur Thanatos, parions sur Eros ? (un bon pari celui-là !)

    2. Amusant, en tant que créateur d’outils grace à l’application des Sciences que l’on a appris à me faire faire, j’ai une vision différente de la votre. Opposée, surtout.

      Et si l’humain avait justement utilisé la nature (dont les outils mathématiques et son esprit parfois tordu) pour créer des systèmes justement tuant cette nature…???

      Ce que je comprends à l’inverse de vous dans le message de Paul Jorion est un retour à la nature.
      Et non un naturel humain perverti.
      Le perverti, je le prends, je le retourne, et le colle devant un tribunal pour que lui soit appliqué des rêgles de respect de ses congénères.

    3. @ Eomenos

      Ce que j’évoquais en parlant d’éros n’a absolument rien à voir avec le lien que vous citez où il est question de sexe.
      Il s’agit du désir sublimé dans la civilisation par opposition à l’instinct de mort dont il est question dans Malaise dans la civilisation, le livre de Freud.

      @ Yvan

      Nous ne parlons pas de la même chose d’où un certain malentendu. Lorsque vous parlez de la nature vous faites référence au vivant alors que j’évoquais — en suivant Paul, la nature à son niveau le plus basique, le plus physique, le niveau où les particules s’entrechoquent à toute vitesse.
      Ma première phrase faisait donc référence cette nature – physique — laissée à elle-même. Or l’économie à la différence de la démocratie qui est dans le domaine politique ce qui permet la domestication des passions humaines, n’a pas encore été domestiquée livrée qu’elle est encore aux forces brutes et illimitées de la concurrence pour l’échange des biens et services.
      Paul ne prône donc pas du tout un retour à la nature dans le sens où la nature serait donnée une fois pour toutes, comme si la place de l’homme dans l’univers avait été prédéterminée de toute éternité. Ainsi l’humanité est la continuation de la nature par d’autres moyens que ceux purement physiques et biologiques. L’humanité en tant qu’émergence se continue et s’invente au fur et à mesure qu’elle avance en age. L’humain qu’il s’agisse de personne individuelle ou d’espèce humaine ne nuit donc jamais plus à tout ce qui constitue son milieu naturel — et donc au vivant — que lorsqu’il oublie ou sous-estime son potentiel d’évolution culturelle (phénotype).

    4. @ Pierre-Yves D

      Non, pour moi le sexe ce ne sera jamais cela.

      Mais par contre la civilisation techno (*) y va tout droit. Pour eux la reproduction c’est cela, à coup sûr (pardon pour le jeu de mot involontaire du premier jet).

      (*) Je compte revenir sur l’expression pour la développer mais l’imprimatur ne dépendra pas que de ma personne.

    5. Pierre-Yves D. : Si il y a une question à se poser, c’est peut être celle de la foi inébranlable des hommes dans leur capacité à transformer les choses. En vérité, je pense que les hommes subissent les choses plus qu’ils ne les maitrisent, chaque « progrès » se soldant par l’apparition de nouveaux problèmes, de plus en plus insolubles.

      Comme nous sommes au pied du mur, je considère la vision de Eomenos comme la plus probable car je ne vois aucun ressort collectif permettant la survie de l’humanité sous sa forme actuelle.

  12. C’est la première fois que notre espèce,et non pas une société donnée, peut disparaître totalement en tant que telle et à tout jamais.
    Ceci peut nous permettre d’espérer une prise de conscience toujours plus grande de toujours plus d’êtres humains.
    Cette prise de conscience impliquera un changement des comportements individuels assorti d’une pression pour que la réalité actuelle change.
    C’est un espoir ténu, mais il faut y croire et l’encourager. Nous n’avons pas le droit de nous résigner.
    Nous ne devons pas espérer survivre en écrasant l’autre ou en le castrant pour limiter son expansion démographique ou en nous nourrissant de la chair de nos semblables.
    Nous survivrons en augmentant notre part d’humanité pas en redevenant des bêtes!

    1. Non, D-croissance, notre espèce ne disparaitra pas. (a part une vitrification totale de la planète, je ne vois pas comment). Les hommes vont devoir réduire la voilure. A quel niveau l’espèce humaine se situera dans 100 ans, je n’en sais rien, mais je suis sur qu’il y aura beaucoup moins d’humains qu’aujourd’hui et que leur mode de vie sera radicalement différent du notre. Alea Jacta Est.

  13. Quand je lis un article comme celui-ci, lequel parle avant tout d’économie, je ne peux m’empêcher de dire par exemple « l’histoire se répète », « les mêmes causes produisent les mêmes effets » etc…etc…mais…..c’est un peu court jeune homme comme aurait dit Edmond Rostand.

    Il y a donc quelques « idées forces » qui me viennent à l’esprit, idées que j’ai en tête depuis longtemps, qui n’ont sans doute rien d’original en tout cas pour les lecteurs de ce blog et qui sont les suivantes en vrac:

    1) La nature de la société humaine n’est pas différente de la société de animaux, voir des végétaux. Cette société humaine et donc son organisation (ici économique) a besoin d’un équilibre interne y compris et surtout un système qui est chaque jour plus artificiel comme l’est notre système actuel. Donc, quand ce système produit des forces qui au final le font basculer, au départ à son insu, dans le déséquilibre, les chefs de meute cherchent des moyens pour redresser la barre et garder le pouvoir…à tous prix. Comme les chefs de meute ont eux-mêmes crée la hiérarchie du système, je vois mal comment ils pourraient du jour au lendemain se déjuger surtout en si peu de temps. Sauf bien sur à ce que la meute « bouffe » le(s) leader(s). Au mieux les leaders mettront un sparadrap pour guérir un cancer. Ce n’est pas si facile d’avoir sa nuit du 4 août….réellement.

    2) On pourra me rétorquer que l’intelligence humaine (et donc l’organisation sociale des hommes) ne peut se comparer à l’intelligence animale (et donc l’organisation sociale des animaux). Toutes choses égales par ailleurs, je crains bien que notre « connaissance » ne soit ici autant un handicap qu’un avantage. Ce paragraphe demanderait bien des développements.

    3) Cette crise a une caractéristique spécifique: Elle concerne la planète entière. Il n’y a donc pas réellement d’échappatoire. J’ai bien parlé à quelques petits martiens pour leur vendre des voitures et autres babioles mais j’attends encore la réponse. Nous sommes donc au bout d’un processus qui, d’une manière ou d’une autre devait arriver à la fin. Comme disait La Fontaine « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés ».

    4) Cette crise met en lumière de manière claire, dans ce pré carré qu’est la planète, la force relative des joueurs. Pour nous Européens disons que quand Allemands et Français, il y a 50 ans, créaient la CECA, au delà de la réconciliation il y avait en filigrane l’Europe. Cette Europe, 50 ans plus tard, on ne peut pas dire qu’elle a échoué, je dirai même, n’en déplaise à ses adversaires, qu’elle a suscité tant d’espoirs qu’à la fin, les peuples européens vont même finir par comprendre qu’elle sert à quelque chose même si elle est imparfaite. Pour les Etats Unis et non la Chine mais plus largement les pays émergents, le résultat est clair : le premier est fauché, les seconds font semblant de ne pas voir que le premier est fauché. Et puis, il y a l’arsenal militaire !!!!!

    5) Il me parait clair aussi que l’incapacité de la plupart de nos dirigeants (qui dans nos pays ont été élus …démocratiquement) montre bien que des déchirements sont à envisager. Et, parmi les nuages sombres qui s’amoncellent, il me semble assez clair qu’un nouveau totalitarisme est en marche. (cf vote de l’Irlande 2 fois p.e.).

    6) Au fond, et pour terminer sur une note optimiste, ce qui sauve l’homme c’est sa capacité à transcender le présent. Il y a, au fond de l’être humain et probablement à des niveaux scientifiquement démontrables bientôt, une « propension naturelle ou innée à la transcendance ». Cette propension existe-elle chez les animaux ?? C’est cette propension à la transcendance qui nous aidera, comme depuis la nuit des temps, à nous dépasser, non plus en tant qu’individus mais en tant que part de la …..création.

    Certes nous sommes ici loin de l’économie et le présent m’importe autant que vous (je dois manger chaque jour) mais que serait l’homme s’il devait n’être que 80 kg de chair et d’os.

    Bonnes fêtes

    Cincinatus

    1. Debroussaller le terrain ou changer de systeme

      La rue a beau crier changeons le systeme,de Copenhague a Mexico,la plus parts des “militants”se bornent a stigmatiser quelques individus en toute bonne conscience.

      La faillite visible et mediatisée,n’est que la partie la plus scandaleuse d’un systeme totalitaire de clientelisme electoral, qui prive la population de ses droits sociaux automatiques et conditionne toute “aide” au bon vouloir des Elus…

      Elle fabrique la passivité et l’esclavage,l’individualisme et la division sans espoir tant qu’on ne s’attaquera pas
      aux racines du mal.

      Le systeme electoral basé sur le clientelisme n’est pas seulement français, il est general ,la democratie “conditionnelle” fonctionne partout ,plus ou moins bien…

      Tout cela vient de loin avec la complicité de beaucoup…

      La democratie directe est une pratique sociale collective et pas un slogan electoral…

      Elle est fragile,miraculeuse, provisoire et imparfaite vu que tant d’interets sont ligués pour qu’elle disparaisse meme des tetes…

      Merci a toutes les personnes encore libres qui s’expriment ici comme partout.

      La constitution pour l’economie comme tout projet d’emancipation est indispensable pour federer ce mouvement general mondial en marche,encore epars et pourtant prolifique…

  14. Remarquable billet de François Leclerc. Ce blog déçoit rarement. Les commentaires qui suivent sont souvent très riches. Et je n’ai rien à dire d’autre, vivant sur un autre continent que l’Europe, sinon faire remarquer la résignation et la soumission qui semble y règner. Rien ne vaudrait la peine d’être tenté puisque « tout a déjà été essayé ». On perçoit en plus ici la suffisance et le scepticisme voltairien des Français s’abandonnant au repli et à un individualisme mortifère.

  15. Un an bientôt que je fréquente ce point d’eau claire et limpide sous cet orage qui gronde.
    Un bel ordonnancement anime les troupeaux sous l’œil de leurs bergers, hiérarchiquement suivis des bêtes de la brousse qui une à une se penche vers le miroir qui reflète l’oeil du vieux lion…..
    Anella veille sur la paix du meilleur des mondes, sous l’oeil d’un sniper de la tribu des Kenyans de Malaisie……
    Qui, lui même est dans la lunette de quel fusil?
    Net la lunette !!!! Net, le filet?

    Rien ne bouge. Mais les troupeaux et leurs maîtres sont nerveux ces derniers temps.

    Perte de référents ou pour le moins changement de référents, perte de sens, non perte du « bon sens » franchouillard, mais celle du sens commun. Ce minimum vital pour la survie du galérien, de l’équipage, du troupeau, des bergers, de tout l’arche de Noé jusqu’à la poutre dans l’œil de la lunette du sniper sus-nommé…
    Et oui, François, tout cela est confus, fantasmatique à souhait, source anxiogène inépuisable au possible,

    Vous savez comme nous tous que « tout ce qui aura était dit pourra un jour être retenu contre nous ».

    Mais n’ayez crainte , il n’y a pas d’improvisation dans la société du voyage organisé……
    La musique militaire n’improvise pas non plus sur sa HAARP…..

    Nous vivons aujourd’hui, 21 décembre, notre nuit la plus longue, fragile comme un cristal…..
    ARTE me proposait de voir ce soir le petit Charlot dans « Le dictateur »…….
    « Le jour le plus long » le 21 juin dans la programmation?
    Je ne me veux pas être à la barre de leurs péniches de débarquement…..
    Ni qu’on se retrouve tous au stalag 666 avant fin 2012, héros vénérés et copiés du futur, pour avoir montré les voies d’une résistance opiniâtre et sans concessions. ….

    Tiens, question, qui parlait de 1917 en 1915 ?…..
    Qui finançait le film ? Et qui produit le notre?
    Spectateur actif, ou acteur passif ?
    En tout cas c’est pas du premier choix ; celui de l’oppression !
    Je plains les petits chefs de plateaux à qui le bon sens dicte « qu’il vaut mieux être le boucher que le veau ».

    Mécaniquement la lumière reviendra demain. Enfin non, le 25….. Enfin, un jour….. Un Nuremberg dernier. Sans peine de mort s’il vous plait….
    Mais tout ça n’empêche pas encore la terre de tourner. Un jour, qui sait quel basculement des pôles…..?
    Bon courage et bonne chance à nous dans la grande impro option martyres anonymes !!!!!.
    Merci François et les autres pour tout ce travail partagé.
    Bien trop partagé, je le crains.
    Mais….. Même pas peur de nos vérités!!! Pour l’instant.

  16. Mes actes ne sont qu’une longue suite d’incohérences, je suis incapable de décider par moi-même. Tandis que mes yeux voient l’incendie qui se propage, mes mains collectent du bois et mes pieds avancent vers le brasier. Je laisse mes choix se faire au hasard des volontés particulières de chacune de mes cellules. Je suis le peuple souverain, je n’ai pas conscience de moi.

    1. ça n’est pas grave !

      Il m’a fallu soixante ans pour comprendre qu’il me fallait un recul d’une dizaine d’années pour déterminer les  » vraies  » raisons qui m’avaient fait agir , c’est à dire beaucoup plus que la durée d’archivage de ce blog .

      Pour laisser un bon souvenir de soi , il vaut mieux effacer ses traces .

    2. juan, j’hésite à porter un jugement sur votre commentaire…

      Êtes-vous certain d’avoir lu mon texte avec suffisamment d’attention?

  17. Je me joins aux louanges encore une fois tant du point de vue du fond que de la forme.
    François Leclerc semble reconnaitre une escalade de l’anxiété vers l’angoisse.
    Evoquer la guerre comme solution en tout « dernier ressort » comme les banques centrales ou les états le seraient, est assez évocateur.
    La comparaison avec le changement assez important intervenu en Russie en 1917 est intéressante mais elle fait l’impasse sur les causes réelles de la révolution bolchevique.
    Elle a été financée et organisée semble-t-il de l’extérieur pour abattre le Tsar et tuer un concurrent économique.
    Peut-on imaginer que le chaos qui vient ait été organisé et/ou qu’il sera profitable à quelque chose ou à quelques uns?

    Par ailleurs le présent blog présente particularité de maintenir un ton apaisé et convivial malgré la sévérité de certains sujets.

    1. Ca, Ami Haché, pourvu que ça dure…
      En effet, d’aprés ce que je peux lire sur le net en général, il y a une montée de tensions assez générale et qui est logique. Les procédés d’endormissement fonctionnent de moins en moins.
      Et le net, grace à son anonymat, permet de libérer une partie de ses tensions que l’on ne peut libérer dans la vie réelle.

      Mais nous n’en sommes qu’à une incertitude sur des projections d’inquiétudes basée sur des éclats de vérité noyés dans une masse discordante de prés-suposés où l’anticipation a montré ses limites.
      J’aurais pu écrire tout le monde flippe, mais ça me plaisait bien d’être explicite 🙂
      (je suis décidément un grand gosse…)

      Bon, sinon, si l’on expose son point de vue parfois opposé sans volonté d’écrasement de quiconque ou de glorification idiote, ce lieu est peut-être le dernier civilisé qui restera sur la toile…
      Attendons le printemps : cette période est toujours favorable aux éclosions. En tout genre…

    2. Cher Yvan
      Curieusement l’anonymat du net (anonyme à dunette) n’est réel que pour les membres de notre club.
      Nous discutons avec assez de convivialité sans nous connaitre.
      Mais nos FAI, Microsoft et NSA nous connaissent.
      C’est ainsi que l’incroyable liberté du net est aussi un piège pour les esprits subversifs de l’avenir que nous sommes peut-être déjà.

    3. Oui, effectivement, cet « anonymat » est bien relatif.

      Mais… Tant que l’on expose pas d’appel à la violence ou de propos diffamatoires, je ne vois pas comment la justice pourrait ne pas respecter le droit fondammental de l’expression publique. Ou de la liberté individuelle, au choix.
      Et ce qui me captive, je dois le reconnaître, est de pouvoir lire des avis surtout contraire au mien. Ils me font réagir et me permettent de mieux me connaître.. Passons.

      Il est d’ailleurs à noter qu’au plus un gouvernement muselle le droit d’expression, au plus il a quelque chose à se reprocher.
      (l’histoire du pouvoir et du contre-pouvoir sur lesquels j’avais déjà écrit.)
      Et dans exactement le même courant de pensée, tout le monde remarquera qu’il est extrèmement difficile de trouver des données fiables sur la finance ou l’économie…
      Et j’en reviens encore et toujours à Machiavel : « On a pas besoin d’être transparent lorsque l’on est puissant »…

      Ceci dit, j’ai vaguement l’impression que ce qui tuera le net ne sera pas la censure. Mais bientôt l’hyper-inflation.
      La censure du net deviendra alors bien accessoire. Et pour tout le monde.

    1. Hhmm..
      Lorsque je vois tout ce que j’ai pu faire faire gagner à ma société malgré la seule erreur que j’ai commis un jour…

      Et qui ne m’a jamais été reproché par le DG.. silence radio.

      Peut-être avait-il bien considéré les entrants et sortants…

      Cela dit, il « semblerait » (et j’utilise le terme avec pincettes et délicatesse), il semblerait donc que l’humain est un poids un peu moins important lorsque l’on est plus d’un milliard.

  18. A Monsieur Leclerc;
    Oui, merci pour ce texte.
    Nous ne sommes pas capables d’effectuer l’inventaire de demain car le futur disparait de nos consciences au profit d’un présent radical. Et le passé qui jadis pouvait éclairer le futur est lui aussi occulté par ce même présent. Nous sommes probablement la première génération d’humains à vivre cette situation. Et cela se manifeste d’ailleurs dans la finance: la recherche permanente de la liquidité, les délices du hors bilan, etc. Il s’agit toujours de ne pas s’encombrer du passé, et de trouver le moyen de ne pas s’engager vers le futur. le vieux slogan selon lequel l’homme fait l’histoire , mais ne sait pas quelle histoire il fait, est plus que jamais d’actualité.
    Pour autant, certains savent que nous sommes dans l’ornière. Jamais une telle crise n’aura été aussi bien étudiée, et il y a presque un consensus non exprimé sur ses causes ultimes. Nous avons même la ou les solutions sur le papier. Mais voilà, les stratégies non coopératives, à l’intérieur des Etats, à l’intérieur de groupes d’Etats et plus encore à l’échelle mondiale vont l’emporter.

  19. « L’un de ceux, des plus illustres et depuis décriés, qui avait enjoint de sauter le pas lors de l’épisode historique évoqué précédemment, avait eu une formule célèbre, une de plus, pour désigner ces situations d’exception, où « ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, et ceux d’en-bas ne supportent plus d’être opprimés comme avant ». En approcherions-nous ? Allons-nous devoir improviser plus que nous ne pensons être prêts à le faire ? »
    Nous nous sentons en effet aujourd’hui démunis, complètement nus : les utopies qui ont habillé nos pères et grand- pères se sont révélées d’épouvantables défroques puantes. Entre une utopie chrétienne égalitaire qui a cru installer le royaume de Dieu en ce bas monde en dépit des Evangiles et la tentative démiurgique du nazisme de construire ex nihilo une religion païenne peuplée de dieux assoiffés de sacrifices, il nous restait, sonnez trompettes et résonnez hautbois, que ce que nous avons appelé la Démocratie. Mais aujourd’hui, force est de constater que, au fronton de nos mairies les mots de Liberté, Egalité et Fraternité ne font plus recette chez nos édiles. Sous prétexte de retrouver notre identité soi-disant perdue, les vieilles recettes éculées consistant à désigner « l’autre » comme coupable sont ressorties des grimoires. Mais cela ne marche plus, cela ne peut plus marcher : nous sommes tous des « autres » et, au fond de nous même, nous le savons. Si nous nous entêtons dans cette voie, nous allons nous déchirer sans espoir de réconciliation. Menace de guerre ? Certes, mais la guerre telle que nos pères et grand- pères l’ont connu est finie ; les conflits d’aujourd’hui sont des guerres civiles qui cachent leur nom : Yougoslavie, Rwanda, Palestine, Afghanistan, Irak…La guerre n’est plus une solution et c’est pourquoi les conflits actuels, apparent paradoxe, s’éternisent : il n’y a plus de barbares ; le nazisme qui avait crû pouvoir en ressusciter est mort dans les ruines fumantes de Berlin.
    Quelqu’un a dit, il y a plus de 2000 ans : « voici votre maison vous sera laissée » (Luc-13-35). Alors, nous y sommes, et notre maison, nous commençons à prendre conscience qu’elle risque de s’écrouler sur nos têtes car nous sommes livrés à nous-mêmes : plus de dieux qui veillent sur nous ou nous punissent, plus de guides investis de vérités rassurantes, plus de cocon religieux pour la chrysalide humaine.Dans ce climat anxiogène, où chacun peut devenir « l’ennemi », la tentative de contrôle du comportement de chaque individu peut constituer une tentation forte pour notre médiocratie politique qui a visiblement choisi de promouvoir une oligocratie de la richesse. Peut-être ne savons nous pas encore ce nous voulons, mais nous commençons à avoir une idée de ce que nous ne voulons plus. Soyons donc vigilants et merci à François Leclerc de nous stimuler de la bonne façon.

  20. Pour faire évoluer les choses, il faudra bien que des questions centrales autour de la nature de la monnaie soient enfin thématisées par les économistes de métier!
    Penser une institution humaine nouvellement au lieu de simplement courir après l’événement serait un bon début.
    Comment soutenir en effet plus longtemps que la définition de la monnaie comme moyen d’échange et VALEUR EFUGE ULTIME en même temps soit acceptable?
    Les BC souhaitent sans aucun doute que la monnaie circule mieux et que les injections de monnaie descendent dans l’éonomie our produire des effets de relance et pour éviterdes blocages, mais elles n’ont visiblement pas les instruments de politiqe monétaire pour obtenir cela!
    Pour ce faire, il faudrait que la détention liquide et spéculative de grosses sommes soit enfin plus coûteuse et plus risquée que les placements bancaire d’épargne, rendant disponibles ces sommes pour des refinancements économiques.
    La monnaie fondante apporterait précisément une réponse à ce problème!

  21. Des nouvelles du processus qui avance bien :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/finance_et_marches/20091219.OBS1158/six_nouvelles_faillites_de_banques_aux_etatsunis.html
    « La banque commerciale Independent Bankers’ Bank, établie à Springfield (Illinois, nord) va être reprise par une entité créée par la FDIC. Elle disposait de 585,5 millions de dollars d’actifs et 511,5 millions de dollars de dépôts. »

    Une entité créée..
    Avec les 552 banques en difficulté prévues minimum, cela pourrait faire un beau conglomérat 😉

    1. Vous avez dû voir qu’il s’agit « d’un extrémiste économique » comme le révèle « son opposition véhémente à l’investissement en Australie par des fonds souverains chinois ».

    2. Nous sommes nous pas en guerre économique depuis de nombreuses années, Monsieur Jorion.

      Un extrémiste dans une guerre ne serait-il pas finalement qu’un trés bon soldat…??

  22. une fois de plus, je retrouve dans votre analyse mes propres incertitudes sur l’avenir au niveau économique, social, environnemental etc …

    l’échec de Copenhague est à mon sens symptomatique de la collusion entre pouvoir politique et pouvoir financier et n’est que la juste suite de l’incapacité à réguler la finance mondiale.

    ma crainte est qu’il faudra attendre une catastrophe économique (type faillite générale du système) et surtout climatique affectant les pays « développés » (type refroidissement important de l’hémisphère nord ou brusque montée des eaux affectant les côtes) pour que les réelles solutions soient enfin envisagés.

    la faillite générale du système est à mon sens irrémédiable.

    auditeur attentif de BFM radio et lecteur de la presse économique, je suis atterré quand j’entends parler de reprise.

    une approche un peu plus réaliste des résultats qui nous ont été présenté pour prouver cette supercherie s’impose :
    – les taux de chômages ne cessent de monter => qui va consommer dans ces conditions car tout le monde sait qu’un chômeur par essence a les moyens de consommer ?
    – les taux de désendettement notamment aux US sont à des niveaux record => autant de moins pour la consommation
    – on nous parle de reprise dans les pays émergent => si tenté que la redistribution des richesses se mettent place, ils ne vont dans un premier temps consommer que local !!
    – n’oublions le plan de relance pharamineux de la chine qui vise à maintenir des capacités de production alors que la demande mondiale baisse => que feront ils de ces stocks invendus et pourront ils maintenir ce rythme ?
    – les PIB présentés comme améliorés comprennent les résultats des deux secteurs sous perfusion à savoir l’automobile et la finance (comprenant les milliards de la spéculation !)
    – mis à part ces deux secteurs, les chiffres d’affaire des autres secteur sont tous en baisse et les commentateurs se gaussent de résultats obtenus au prix d’une réduction des coûts par la variable emploi => combien de temps les entreprises pourront maintenir une  » rentabilité » propre à satisfaire les marchés en supprimant la moité de ses effectifs ?
    – une dernière approche des masse monétaires prouvent que le M3 aux US est en baisse malgré les tonnes de billets imprimés et en général, c’est plutôt mauvais signe.

    ces quelques exemples ne se sont qu’une infime partie des nombreux signes qui montrent que nous allons dans le mur et que le rebond actuel des marchés n’est qu’une bulle et rien d’autre !!!

    je fais souvent le parallèle de cette fin d’année 2009 avec 2007 où tous les indicateurs étaient à la vue de tous et les opérateurs ont continué à refuser de croire en l’évidence (seuls quelques uns dont P.JORION, vous ou N.ROUBINI par exemple ont le courage de le dire) !!!

    à moins que ce ne soit pour profiter au maximum du système avant qu’il ne s’écroule !!!!

    serons nous suffisamment décérébré pour accepter notre sort sans bouger la prochaine fois, je crains que oui tant la manipulation des médias est forte !!!!

    1. Olivier, vous oubliez dans votre inventaire l’épuisement des principales matières premières et la stérilisation des sols arables qui auront des conséquences pratiques et géopolitiques bien avant une hypothétique montée du niveau des mers. Et je ne vous parle même pas des problèmes engendrés par la surpopulation, ou plutôt si: la croissance démographique s’exerce et s’exercera demain dans des zones qui sont déjà les plus pauvres de la planète. Tout le monde s’en fout. Sauf eux.

  23. Deux brèves « hilarantes » lues sur ContreInfo:
    – Larry Summers, le conseiller économique d’Obama, a fait perdre 1 milliard à Harvard, avec des décisions prises du temps où il en gérait les fonds.
    – Selon les communiqués, les bombardements US en Afghanistan tuent presque toujours 30 talibans.

  24. Le monde ne peut plus aller tel qu’il va.
    Plus du tout.
    La mondialisation, la crise financière ne sont qu’une simple crevaison au regard du séisme qui vient.
    Le « Adieu veaux vaches cochons ! » individuel de la fable n’est qu’une misère passagère. Ce qui fait la gravité du séisme c’est le bouleversement collectif qui va laisser sans voix et sans réactions appropriées les sociétés et les nations constituées…
    Le retour à la bifurcation évoquée par Paul Jorion pour que l’humanité retrouve son chemin risque fort de se faire sous les auspices d’une régression réelle et brutale, dommageable pour tout humain-social. Non pas comme une métaphore à but correctif louable.
    La conscience du risque ne suffit pas pour y échapper.
    C’est dans ces failles là que se joue le drame de l’humanité actuelle.
    Ce n’est pas rien !

  25. François Leclerc et moi sommes en général sur la même longueur d’ondes. Ce n’est pas le cas sur ce billet-ci, comme certains d’entre vous l’ont déjà relevé : ils savent par mes billets et mes petites vidéos que je considère la voie de la conviction comme ayant seule un avenir, et je ne la vois pas hermétiquement bouchée.

    1. Oh, la conviction, elle va de soi ! Sinon, que ferais-je ici ?

      Quant à l’avenir, comment pourrait-il être établi ? Il n’existe pas de portes qui ne puissent être ouvertes, mais dans les deux sens.

      Je n’ai fait qu’émettre des hypothèses, chercher des enchaînements, des relations et des causalités, comme d’habitude !

      Je ne demande qu’à être détrompé, et je peux m’expliquer plus avant.

      Heureusement, le spectre des ondes est ouvert …

    2. @François Leclerc :

      Ma …motivation pour des issues continuant à s’appuyer sur une forme d’équilibre entre indiens et conquistadors , s’alimente de l’innocence de ceux que nous avons « mis au monde » . Cette motivation/conviction ne me lachera qu’avec la perte de conscience .

    3. Peut-être le hasard fait-il bien les choses, me direz-vous.

      En tant que descendant de Hollandais, j’ai fait une équipe d’enfer avec un ingénieur dont le nom de famille était Leclerc.
      Nom courant me direz-vous aussi mais avec le même esprit que vous, Monsieur Leclerc.

      Nous nous sommes souvent opposé et cela n’a fait que nous enrichir. Il fallait prouver à l’autre qu’il pouvait se tromper sans reconnaître que nous reconnaissions sa justesse.

      Faites comme nous avons fait, l’enrichissement par la différence.

      (ceci dit, je suis un peu dans le camps de l’impossibilité ou plutôt le refus de pouvoir prédire l’avenir. Mais cela ne n’engage que moi. 😉 )

    4. « la voie de la conviction (…) ayant seule un avenir » , certes, c’est la foi qui mène le monde, les sceptiques se condamnent à le regarder bouger, mais c’est conviction contre conviction : celle des méchants égale en intensité celle des gentils. Et comme les premiers sont généralement plus armés que les seconds, nul besoin d’être devin pour deviner qui va perdre…

  26. à Paul:
    Pouvez-vous en dire un peu plus sur ces différences de point de vue?
    Oui, il faut sans doute « convaincre » pour que devinnent thèmes centraux les questions de la concetration des richesses et de ce qui la cause pour en trouver une issue.
    C’est vrai que la note du billet de François Leclerc est assez pessimiste, mais, malheureusement, le pessimisme est souvent « réalisme », même s’il faut continuer à proposer des débuts de solution qui pourraient corriger ce capitalisme destructeur

  27. Alors que du côté de la perfide Albion on a parfois une pointe d’inspiration.

    Mr Hadlane travaille à la banque d’Angleterre :

    In an interview with the BBC World Service, Haldane said: “Some of the downsides of carrying around a big financial system are now evident to all.

    “If some of that were to migrate overseas that would be unfortunate but given the costs of carrying that financial system around, it may be a price worth paying.”

    Pendant ce temps la GS qui est visiblement passé à quelques heures de la faillite à l’époque http://www.creditwritedowns.com/2009/12/video-goldman-and-morgan-stanley-were-this-close-to-bankruptcy.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+creditwritedowns+%28Credit+Writedowns%29 menace d’envoyer 20% de ses mercenaires jouer au casino en Espagne : http://www.nakedcapitalism.com/2009/12/goldman-threatens-to-move-20-of-uk-staff-to-spain-to-escape-bonus-supertax.html

    Le manque de courage et le cynisme de nos « élites » me consterne, j’en suis navré mais j’ai l’impression que le seul langage qui les fera bouger est la violence physique, on a quelque part l’impression qu’ils la recherchent ..?

    1. Vu la différence entre pays et peuples, ce serait effectivement, encore une bonne source de profits.
      Mais gardez-le pour vous.
      Diviser pour mieux régner est un truc qui marche encore au XXi ème siècle…

  28. Comme vous le dites trés bien internet semble être devenu un outils alterntif a la désinformation médiatique. Il ne l’est pas toujours mais il reste un moyen de communication ou chaque peut y trouver se qui lui convient.

    Dans votre scénario de crise, il me semble que vous avez oublier de dire que cette outils de communication pourrait se voir innaccesible dans le ces ou la crise devrait empirer et prendre en forme plus violente (guerre ect …).

    Internet reste un espéce de liberté d’expressions tant que les choses se passe bien, disont n’empire pas. Dans le cas contraire Internet sera un piège pour ceux qui auront décidé de ne pas être en accord avec la classe dirigeante.

    Cette espace de liberté reste tout a fait virtuel dans l’absolu.

    1. « N’ayez pas peur »
      Disait Pi XII…..
      Nous frisons donc la canonisation avec une auréole rouillée, sur le forum du salon de la komendentur!
      Logique… Tous sur la bonne longueur d’onde… Dans le même tuyau avec les mêmes robinets. Vive la traçabilité!
      Ah! Le mythe de l’anonymat de « l’honnête homme » sur le NET….

      Saint Paul, priez pour nous…. Et François, aux assises!
      Comme juré dans le « procès des conjurés », s’entend…
      Je m’autorise encore à rêver ma conviction face à l’éthique Sarkosiste: Le crime économique est un crime à part entière.
      (Article I de la constitution pour l’économie.)

      « Avant ils z »affaient les moyens de nous vaire parler, maintenant ils z’ont les moyens de nous vaire taire ! » (Colluche)

    2. Logique logique!
      Il est probable que les blogs et les fora soient des aspirateurs et que nos opinions sont triées et mises en datas qq part.
      C’est déjà em…dant quant il s’agit de nous spammer pour vendre.
      C’est carrément inquiètant si c’est à but politique.
      Y en a qui disent que Microsoft laisse des backdoors à NSA!
      Même pas vrai!

    3. sur le système microsoft tu as toujours 2 ou 3 port d’ouvert en permanence sur ta machine, dés que tu te connecte au reseaux. Mais il n’ont pas besoin d’aller directement sur les achines pour flitter l’essemble du NET. Les providers sont obligé de le faire pour eux en plus cest eux qui doivent payer l’installation des outils de « controle ».

  29. Un million de chômeurs arriveront en fin d’indemnisation en 2010.

    Un million de chômeurs épuiseront leurs droits à indemnisation en 2010, après 850.000 cette année, selon une note de Pôle emploi consultée par l’AFP. FO, la CGT et la CFTC criaient lundi 14 décembre à l' »urgence » alors que le patronat admet « un vrai sujet » mais veut « plus d’éléments pour réfléchir ».

    Patronat et syndicats étaient réunis pour leur négociation sur « la gestion sociale des conséquences de la crise sur l’emploi ».

    La question des chômeurs en fin de droits, traitée par un groupe de travail qui se réunira entre le 20 et 22 janvier, ne sera pas abordé en séance plénière avant le 26 février, a déploré Stéphane Lardy (FO). Or, « il y a une urgence sur les fins de droit dont le nombre est en train de monter en flèche, et l’Etat est concerné ».

    « La problématique des fins de droit, et particulièrement des seniors va exploser dans les mois qui viennent, on demande une solution avant que ce ne soit catastrophique », a souligné Gabrielle Simon (CFTC), déplorant un service public de l’emploi qui « ne sait réagir que quand la situation est dégradée ».

    Selon les chiffres de Pôle emploi, « le nombre de sorties du régime d’assurance chômage pour fin d’indemnisation est estimé à 850.000 en 2009, et 1.000.000 en 2010 » et « le nombre d’entrées en Allocation Spécifique de Solidarité est estimé à 149.000 en 2009, et 170.000 en 2010 ».

    Moins de 20 % seraient donc éligibles à l’Allocation spécifique de solidarité (ASS), environ 450 euros versés par l’Etat sous condition de ressources du ménage.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jFJyhDU7TnurfC2LxWs16bPF1HDQ

    En clair :

    – en 2010, un million de chômeurs arriveront en fin de droits ;

    – 170 000 chômeurs auront le droit de toucher l’Allocation Spécifique de Solidarité (450 euros par mois) ;

    – 830 000 chômeurs se retrouveront sans rien.

    Questions :

    Vont-ils réagir ?

    Comment vont-ils réagir ?

    Que vont-ils faire ?

    1. En tout cas, BA, le « pole emploi » montre l’exemple.

      L’exemple de la perénité de l’emploi sur laquelle on peut construire des projets et donc une vie.

      Ils sont là pour montrer l’exemple, en effet,
      tout comme les forces de l’ordre qui respectent systématiquement la Loi,
      tout comme les politiques au service des peuples,
      tout comme les banquiers au service de l’économie,
      tout comme les employeurs ont compris que leur force était dans leurs salariés.

      Et donc, le « pole emploi » va péréniser l’emploi en recrutant 1000… CDD.

    2. « Vont-ils réagir ?

      Comment vont-ils réagir ?

      Que vont-ils faire ? »

      Ils vont monter un dossier R.S.A, comme les autres.

    3. Dissonance, là, tout de suite, est que les chomistes savent que contrairement à 1993, leur situation sera bien pire, et, surtout, bien plus longue.

      Un coup d’hyper-inflation sera la petite étincelle qui va faire monter le bas-peuple vers les « hautes-élites ».
      En Islande, la hot-zélite n’ose plus revenir…

    4. A mon avis yvan, vous vous faites une opinion bien trop haute du niveau d’information, de culture et d’analyse des chômeurs, voir de la population en général.

      On ne peut déjà pas vivre dignement avec le R.S.A. aujourd’hui, j’en sais quelque chose. Si le contexte évoluait comme vous le dites, ça ne changerait finalement pas grand chose: On est d’ores-et-déjà tenu de choisir des modes de vie alternatifs; si la situation s’aggravait, ces stratégies prendraient une place plus importante, c’est tout.

      Si le fait que l’État ne garantisse pas le minimum vital à ses citoyens avait du provoquer une révolte, croyez-moi, ça fait belle lurette qu’elle aurait eu lieu.

    5. 100 % OK avec dissonance: Fin de droits = RMI/RSA. Que l’état casquera jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.
      Le problème de fond posé par le billet de BA est jusqu’à quel point un état endetté jusqu’à la moelle des os pourra continuer à assumer des « minima sociaux », et que se passera t’il lorsqu’il ne pourra plus payer?

    6. @Roland

      Étonnante communauté de pensée: J’avais également songé un instant d’évoquer cette possibilité que l’État puisse à un moment ou l’autre se retrouver dans l’incapacité d’assumer le financement de la mesure mais m’étais abstenu par manque de temps (et un peu d’envie, je dois bien l’admettre).

      Toutefois allons-y: Après une petite recherche, il s’avère que le RSA soit financé par une imposition de 1.1% des revenus du capital des entreprises. Les amateurs des calculs d’apothicaires pourront ainsi s’amuser à déterminer les seuils suivants:

      – A recette fiscale constante, au delà de quel chiffre le nombre de bénéficiaires du RSA devient trop important pour que leur indemnité soit assurée?

      – A nombre constant des bénéficiaires du RSA , au delà de quelle chiffre des destructions d’entreprises les recettes fiscales ne permettent plus d’assurer le financement de la mesure?

      – Si l’on cumule les deux hypothèses précédentes, que peut-on déduire de la pérennité de la mesure?

      A vos calculettes.

    7. Au pif, je dirais que quand nous atteindrons les 5 millions de chômeurs et 2 à 3 millions d’ex RMistes, c’est plié. Mais je fais confiance à nos dirigeants pour écrémer tout cela quitte à parquer les gens quand ça commencera à devenir un peu trop violent.

  30. « Mettre en route l’intelligence sans le secours des cartes d’état-major »*, c’est ce qui se fait sur ce blog. Merci
    (* R. Char. Feuillets d’Hypnos )

    1. Avec seulement six étoiles artificielles pour GPS….
      L’état-major, c’est combien d’étoiles au guide Michelin? Vous avez dit Descartes? Qu’en pense Bison-Jorion ?
      Au rond-point…. On tourne en rond. Plus de panneaux indicateurs. Ca bouchonne.
      On attend sans doutes le secours de l’état et des majors… Ils ont une carte à jouer, elles sont toutes dans leurs manches.

      Tous à nos sextants en quête de l’inaccessible étoile, avec pour seuls alignements nos moulins à vent ! Pas courageux, mais plutôt téméraire…
      Mais après tout, vive l’Utopie en tant que telle, quoi qu’en dise le maitre de ces lieux qui par ailleurs joue son rôle de recadrage des illusions à merveille.
      Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies. » Oscar Wilde cité plus haut.

  31. Ha enfin !
    Félicitations pour ce billet qui sort un peu la tête du guidon pour parler de la situation. Car la finance et l’économie dépendent symbiotiquement dirais-je de la psychologie des foules. Actuellement les marchés se comportement comme un junkie cyclothymique.
    Et l’évolution de la dissension élite / peuple ne sera pas sans conséquences sur la suite. Prises en flag d’adultère avec la finance le divorce avec les politiques est sur le point d’être consommé !
    D’après vous, quel impact peut avoir l’anxiété généralisée dans une économie « fiduciaire » ?

    1. @ Yvan le petit fils de Flying Dutchman

      Ah ils ont des énarques en Chine?
      Ils ont remarqué que les villes consommaient plus que la campagne.
      Surtout que les écrans plats ne marchent pas directement au gaz de lisier.
      Alors ils chargent les villes!
      Logique.
      Il y a trop d’écrans plats à cause de la surprod. dûe au refus d’achat des chômeurs US.
      Cà fait envie aux paysans qui aperçoivent la starac sur le trop plein d’écrans très très plats dans les vitrines de Shangaï.
      On installe les paysans en ville et ils s’acharnent à travailler pour construire des écrans superplats3D mégaplats…afin de s’en acheter un… pour la campagne ,parcequ’en ville ils n’auront pas la place.

  32. « Si vous craignez vraiment une débâcle de l’économie mondiale, vous seriez plus inspiré de stocker des armes et des boîtes de conserve dans votre cabane au fond des bois [plutôt que de vous ruer sur les faibles quantités d’or disponibles]. » (Point de vue de Nouriel Roubini, économiste au Stern Institute de l’Université de New York (NYU), publié dans Les Echos du 21 décembre 2009)

    Je n’ai aucunement l’intention de suivre le conseil de Roubini, qui a dit des choses très sensées sur la crise ces derniers mois, mais qui n’est pas pour rien surnommé « Doctor Doom » (Docteur Catastrophe), car, comme on a pu le dire, nous sommes « condamnés à l’optimisme ».

    François soulève un point légitime: ne sommes-nous pas à un moment charnière tel qu’ont pu connaître les dirigeants bolcheviques en 1917? Ne faut-il pas sauter sur l’occasion puisqu’il n’est pas certain que l’Histoire « repasse les plats » une deuxième fois?

    Je ne suis pas bolchevique, mais je comprends le dilemme qu’ils ont pu ressentir. La difficulté est que la politique sur laquelle ils décidèrent de s’engager (« tout le pouvoir aux Soviets! ») n’était pas une option de gouvernement viable. Et ils s’empressèrent de bien le prouver en noyautant des soviets turbulents afin d’assurer leur prééminence, et, plus tard, leur dictature. On sait ce sur quoi ça a débouché…

    La question qui se pose, à mon sens, tout comme celle posée aux bolcheviques, est celle de l’institutionnalisation de l’action de ceux qui perçoivent la chute du capitalisme comme inévitable, à savoir: vers quelle forme d’auto-organisation et de gouvernement mondial devrait-on s’orienter? L’expérience d’Attac est là pour nous démontrer que la seule « volonté de puissance », fût-elle irénique, ne suffit pas, et que les coalitions d’intérêts, même en cas d’accord sur un programme économique sain, se transforment vite en tours de Babel miniatures quand elles n’ont pas à leur tête des personnalités et des groupes d’expression capables de faire avancer les choses.

    Il n’existe à mon avis qu’un seul choix: il faut d’abord s’appuyer sur des institutions représentatives EXISTANTES, tels les Etats-Généraux pour les révolutionnaires de 1789, et les transformer en véritables lieux d’exercice du pouvoir. Or, quels sont ces lieux possibles aujourd’hui? L’ONU, avec l’échec de la conférence de Copenhague, a démontré de nouveau son impuissance, du moins sous sa forme d' »assemblée générale » des Etats. Mais il existe, en son sein et à l’extérieur, des organisations susceptibles de réorienter — voire d’imposer dans l’urgence — la politique desdits Etats, même si ce n’est pas au départ leur vocation: le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, l’OMS, la FAO, etc. Comme Paul, je ne voue pas des gens comme Dominique Strauss-Kahn ou Pascal Lamy aux gémonies: ils ne font aujourd’hui qu’appliquer une politique prédéfinie pour eux, et sont entourés de personnes chargées de les « surveiller » dans l’intérêt des forces considérables du capitalisme finissant. Mais il n’est pas écrit qu’on ne puisse faire rapidement évoluer ces institutions en cas d’effondrement du système, car leurs dirigeants sont parmi les premiers à se rendre compte de l’inextricabilité de la situation. Je ne dis pas cela parce que je prête à DSK et à PL, entre autres, des dons de clairvoyance particuliers. En revanche, étant persuadé que ce ne sont pas des idéologues, je les crois perméables à des raisonnements qui tiennent la route, et je vais même jusqu’à croire qu’ils comptent parmi les rares leaders d’opinion, chefs d’Etat ou hauts fonctionnaires à percevoir l’inanité des mesures prises jusqu’ici pour endiguer l’empire des banques et empêcher une débâcle générale.

    A elles toutes, ces institutions peuvent — et doivent, à mon sens — constituer l’ossature du futur gouvernement mondial équitable que nous appelons de nos voeux: (1) une banque centrale mondiale, (2) un ministère mondial d’aménagement du commerce dans l’intérêt de toutes les populations, (3) un ministère de la répartition des denrées alimentaires (pour commencer) et de la charge environnementale. Si nous ne réalisons pas cet objectif, le choix qui s’imposera d’office sera celui du G20, qui n’aura vraisemblablement ni leader affirmé ni politique cohérente à proposer, hormis, à terme, la Chine, avec le cortège de mesures autoritaires et inhumaines qu’on peut facilement en attendre.

    Une chose me paraît sûre: tout effort visant à transposer à la planète une quelconque politique « nationale » est condamné à l’échec, et l’Occident, en ce sens, n’a de leçon à donner à personne. Il n’a que des compétences, des capacités d’expertise spécifiques à offrir. A contrario, c’est s’illusionner gravement que de croire que tel ou tel leader politique auto-proclamé « du Tiers-Monde » (un Ugo Chavez, par exemple) devrait nous servir de modèle. Il suffit de jeter un coup d’oeil à la politique intérieure du Venezuela ou de tout autre Etat du Sud comme l’Indonésie ou le Brésil pour s’en rendre compte.

    Commençons par jeter aux orties nos oeillères national(ist)es, soyons les avocats d’une audace transfrontalière inédite, « et la Patrie [à savoir: le monde entier] est sauvée! ». C’est sur cette voie que l’action revendiquée par Paul Jorion, celle d’un agent d’influence aux vues qui tombent sous le sens, prend toute sa valeur.

    1. Mon dieu, quelle horreur. Non, tout le monde n’appelle pas un gouvernement mondial de ses vœux. C’est même une tendance que je redoute particulièrement. Je considère que tout cercle de pouvoir au delà de ce qu’en connaissent les individus qui le composent fonctionne contre les intérêts du groupe qu’il est censé représenter. Pour vous dire, pour moi seule la commune (de petite ou moyenne taille, disons 10 à 20000 habitants) est réellement représentative. Au delà, on est dans la dilution.
      Le gouvernement mondial, on y est. Il n’y a qu’à voir ce que ça donne… Et à quel point tous ces gens sont représentatifs de ceux qui les ont élus.

    2. PS: On pourrait par contre s’interroger sur les expériences sud-américaines actuelles (à l’exception du Chili qui vient de retomber dans les joies du pinochisme light et de la Colombie d’Uribe, inféodée aux USA). Partout ailleurs, quand viennent les élections, on assiste à des réélections au premier tour avec des scores confortables. Curieusement les médias occidentaux n’en parlent jamais, sauf pour diaboliser.
      Il faut dire que ces dirigeants tentent d’appliquer une politique sociale et économique plus juste et dégagée autant que faire se peut de la spéculation et de l’inféodation traditionnelle aux états-unis. Ce sont des socialistes, pas des sociaux démocrates.

    3. @jaycib
      Je suis en phase avec votre démarche .. et d’ailleurs je ne voue pas P Lamy aux gémonies (mais je n’ai aucune confiance en DSK).
      Ceci dit, je note une remarquable absence dans votre démarche : celle des institutions européennes.
      Or si nous pouvons avoir un quelconque écho c’est au travers de ces institutions que nous pourrons le faire et pour deux raisons

    4. erreur excusez moi

      @jaycib
      Je suis en phase avec votre démarche .. et d’ailleurs je ne voue pas P Lamy aux gémonies (mais je n’ai aucune confiance en DSK).
      Ceci dit, je note une remarquable absence dans votre démarche : celle des institutions européennes.
      Or si nous pouvons avoir un quelconque écho c’est au travers de ces institutions que nous pourrons le faire et pour deux raisons
      – d’une part ces institutions ont force de loi à la différence des institutions mondiales ( nous vivons sous le régime de Traités contraignants de ce point de vue),
      – d’autre part parce que l’europe a à la fois la poids et une culture homogène pour peser sur les décisions mondiales : en s’en donnat les moyens un « blog jorion européen  » aurait une sacrée influence, à condition de ne pas viser d’abord le R Uni
      D’ailleurs je pense qu’il faut arrêter avec le mythe de la repentance. L’europe est en pointe sur les questions écologiques et elle a montré qu’elle savait faire preuve de responsabilité collectives en baissant les émissions. De plus, on ne peut pas dire qu’elle ne soit pas non plus un exemple en matière politique et économique . Le droit et la justice ne sont quand même pas morts en Europe et je voudrais bien voir quel pays peut tenir la comparaison
      amicalement

    5. @ Roland

      Vous me semblez répondre à côté de la question. Si nous sommes déjà sous le joug d’un gouvernement mondial (idée contredite par ce qui vient de se passer à Copenhague, à propos), la solution ne consiste certainement pas à opposer le modèle « démocratique » d’une commune à la française. Nous sommes en effet dans l’urgence, et la question posée par François Leclerc a trait à la transition vers un monde post-capitaliste durant un processus d’effondrement. A terme, je ne suis pas plus que vous favorable à l’exercice du pouvoir par une nomenklatura bureaucratique, mais, dans l’immédiat, nous n’avons pas le choix. Nous ne sommes en effet pas à la veille de la création d’Etats-Unis du Monde, qui sont pourtant le seul moyen d’assurer une juste répartition du produit du travail des gens et l’aménagement de circuits de distribution permettant de nourrir le milliard de personnes qui crèvent de faim. Vos deux réponses suggèrent que (1) ce que vous vivez au quotidien obstrue votre champ de vision, car c’est de la survie de la planète qu’il s’agit, pas du renforcement de structures démocratiques à la française, (2) vous êtes, comme beaucoup d’autres, victime d’illusions concernant les expériences sud-américaines (Chavez? Non merci. C’est un bon orateur, mais un piètre administrateur, y compris des richesses de son pays et des infrastructures qu’il faudrait construire au niveau local). J’espère en avoir assez dit dans mon post des oeillères nationales qui nous interdisent d’envisager le futur dans l’intérêt de tous les peuples du monde. La solution exige que notre vision se porte au-delà de nos petites contingences…

    6. Si un gouvernement mondial pouvait être réalisé avec les caractéristiques que vous lui prêtez serait-il selon vous
      le résultat d’un accord international entre nations ? A Deux, vingt, cent quatre vingt douze .. ? Si oui pourquoi alors un gouvernement mondial dès lors qu’il suppose préalablement que les chefs d’Etats se sont mis d’accord sur les sujets que vous citez ? (à moins que votre gouvernement mondial tienne plus d’une instance administrative que politique). Ce que je veux dire c’est que je vois mal l’équité que vous appelez de vos voeux se manifester spontanément dans la cadre d’un gouvernement mondial indépendant des Etats.
      Et puis comment faire respecter les décisions, par quelle force contraignante ?

      La seule hypothèse envisageable selon moi d’un ersatz de gouvernement mondial concernerait la situation où les Etats seraient tellement affaiblis, les sociétés humaines tellement désorganisées, qu’avant l’effondrement total, dans un dernier sursaut, une ultime prise de conscience, il serait fait appel à travers le monde aux meilleures compétences logistiques pour assurer une coordination mondiale des nécessités les plus urgentes en attendant une renaissance.

      Ceci dit, je partage l’idée qu’il faudrait que les grandes institutions internationales redéfinissent leurs missions respectives.
      Mais ce n’est pas vraiment une question de gouvernement mais plutôt une question de prise de conscience quant à ce que ne doit plus être l’économie et la finance. Si les gouvernants prenaient conscience de l’impasse générale en quoi consiste l’usage des vieilles idées et méthodes ils se réuniraient autour d’une table et définiraient rapidement ces nouveaux objectifs et les moyens de les atteindre.
      Un gouvernement mondial — au sens politique — serait alors inutile.

      Pour ce qui est de Lamy et DSK, à moins d’en faire des Lord Adair Tuner qui attendraient leur heure pour exprimer des idées réellement divergentes — ce qui à ma connaissance n’est pas encore arrivé — je ne vois pas quel rôle ils pourraient jouer, sauf à les placer dans le scénario catastrophe que j’ai esquissé dans le paragraphe précédent, où leurs talents de logisticien pourraient à la rigueur être employés. Des ONG humanitaires, et autres connaisseurs des situations d’urgence, des écologues, des ingénieurs agronomes feraient bien mieux l’affaire.

    7. Jaycib: Nous avons déjà ferraillé par le passé sur le même sujet.
      Tout d’abord, pas d’attaques personnelles, je vous prie. Pas non plus de procès d’intentions concernant la largeur de vision qu’il faudrait avoir.
      Sur le fond: Vous admettez vous même que votre concept passe obligatoirement par l’établissement que vous espérez provisoire d’une nomenklatura mondiale. Vous m’expliquerez comment s’en débarrasser quand elle aura rempli ses bons offices. Toujours sur le fond, la notion de base de mon raisonnement est que l’administration d’une communauté humaine ne fonctionne en fait que quand ses membres se sentent responsables et solidaires des décisions prises. Le machin mondial sera difficilement contenu dans ces critères. Et puis pour finir, quand il est toléré des délégations de souveraineté, elles deviennent très rapidement contre productives, voire nuisibles pour les peuples en dépendant. Le gouvernement mondial aura t’il la couleur du FMI, de la commission européenne, ou pire encore? Je pense que ce sera pire. Le tout au final pour faire redescendre la contrainte et la souffrance vers ceux a qui on va demander de mettre en place cette structure. En effet, je n’adhère absolument pas à la nouvelle théorie qui veut des solutions mondiales aux problèmes actuels. Les solutions tiennent in fine à la bonne volonté de chaque communauté, à une meilleure éducation, au respect des droits humains et pas à leur abolition.

      Concernant l’Amérique du sud, pourquoi cette obsession à citer chavez? Pourquoi ne pas m’opposer castro tant que vous y êtes? Je vous parle de l’ensemble de ce continent, en précisant qu’il s’agit de tentatives. Je crois que des peuples qui réélisent leurs dirigeants au premier tour sont suffisamment rares pour être cités. On aimerait en dire autant chez nous, mais il est vrai que nous sommes des parangons de démocratie dont la mission première est de donner des leçons aux autres. Voyez vous, je ne méprise pas ces gens là. Bien au contraire, ils m’intéressent. Et quelque part, je les admire.

    8. PS pour Jaycib: La survie de l’espèce humaine (pas de la planète qui en à vu d’autres) passe obligatoirement par la démocratie, la vraie. Tout abandon dans ce domaine nous précipitera vers le chaos. Et la vraie démocratie ne peut bien évidement pas être mondiale, ni même régionale.

    9. Re PS pour Jaycib: La dernière fois que j’ai entendu le discours des œillères, c’était à propos de la mondialisation, justement. On vouait alors aux gémonies ceux qui n’avaient pas compris (les pauvres) les bienfaits de ce système.
      On à vu par la suite qui avait des œillères…

    10. # Claude Roche

      Je n’exclus nullement un rôle pour l’UE, mais à voir tout ce qu’elle a pu NE PAS faire depuis le déclenchement de la crise ne m’incite guère à l’optimisme. En revanche, je crois possible une prise de conscience au parlement de Strasbourg. S’il devait s’y manifester une volonté politique réelle, bien entendu je pense qu’il faudrait s’appuyer dessus, et même en faire un champion de la « nouvelle société ». Pourraient ensuite se rallier à ce parlement rénové les Etats dont les leaders ont réfléchi à ce qu’il faut construire ou aider à construire. [A mon sens, Merkel est peut-être de ceux-là, peut-être aussi Zapatero, mais pas Sarkozy ou Berlusconi, ni les conservateurs anglais.] Rassurez-vous, je ne suis pas un avocat de la repentance; je souhaite seulement donner voix au chapitre les populations délaissées dont le nombre total dépasse largement celui des Européens.

      L’essentiel, à mon avis, est d’éviter une dictature du G20, qui se réduit aujourd’hui à une confrontation de type G2 entre les USA et la Chine, chacun étant (actuellement) prisonnier de schémas géopolitiques anciens. Mais je note que, tant en Chine qu’aux Etats-Unis, il existe des gens très qualifiés susceptibles de dépasser l’étroit horizon de leurs dirigeants et d’apporter leur pierre à un édifice nouveau. Cela est naturellement vrai aussi pour l’Europe.

      @ Pierre-Yves D.

      Je ne souhaite pas contourner les Etats, simplement les remettre sur le droit chemin, ce qui ne sera pas une mince affaire. La question est: qui va y contribuer? A en juger par l’histoire, la prise de conscience viendra sûrement de l’intérieur des pays les plus « avancés », mais si les « éclairés » se heurtent dans leurs états respectifs à l’obstacle politique que constitue leur gouvernement, il faut qu’ils puissent et sachent promouvoir une solution alternative transitoire aux états tels que présentement constitués. Considérant qu’il faut pouvoir aller au-delà des limites sans pour cela attendre que tout soit remis en question en succession plus ou moins rapide dans chaque état, les bureaucraties internationales me paraissent incontournables, à condition de bien comprendre qu’elles ne représentent qu’un stade provisoire de la prise de conscience et de la politique concrète en général. Le fait, cependant, est qu’elles existent et que nombre des experts que vous avez en tête y travaillent déjà. Je n’ai aucun désaccord de fond avec vous, ni d’ailleurs avec Claude Roche (en ce qui concerne la représentation de l’Europe).

      Ainsi que je l’ai dit, il faut surtout éviter de se retrouver dans un schéma de type G2, car cela aboutirait sûrement à une guerre entre les désespérés (américains) du capitalisme et les tenants (chinois) du nouvel empire. Avec l’aide et le soutien des G77, je ne renonce pas du tout à l’idée qu’une intelligentsia des pays dits avancés, aidée des ONG et des institutions existantes déjà identifiées, puisse parer au plus pressé et esquisser les contours d’une gouvernance mondiale démocratique qui ne soit pas constamment mise en échec par une multiplicité de situations régionales « balkanisées ». Il va de soi que les idées de Paul Jorion doivent pouvoir informer au premier chef les leaders de cette intelligentsia. A ce point de vue, le blog de Paul en version anglaise est appelé à prendre un bien plus grand essor que celui de son pendant français. Il faut savoir faire avec que l’on a.

      @ Roland

      Je ne vois pas comment la (ou les) démocratie locale peut avoir un effet positif sans se dépasser. Si on s’y cramponne, les phénomènes globaux cataclysmiques auront tôt fait de la balayer. La démocratie pour le bien du plus grand nombre reste à inventer. Ce ne sera pas facile, mais nous n’avons pas le choix. En agiter la forme comme modèle pour le reste du monde ne nous mènera pas bien loin. Nous ne sommes plus en Grèce avec une foultitude de cités-états, dont la plupart d’ailleurs, y compris Athènes, n’étaient pas vraiment démocratiques. Aristote lui-même était à Athènes un étranger, et il n’a jamais pu succéder à Platon à l’Académie pour cette raison.

      A supposer que le monde entier puisse être une sorte de super-confédération d’unités de 20000 habitants, nous arriverions vite à l’ingouvernementabilité totale. Le « tout » n’est pas soluble dans l’une quelconque de ses parties.

    11. Jaycib : Avec toute ma bonne volonté, je ne comprends pas votre réponse. Je n’écris pas en Hébreu pourtant. Lisez les posts…
      Je n’ai jamais parlé de démocratie locale, ni fait allusion à la Grèce Antique. Vous vous auto suggérez des réponses, comme pour l’Amérique du sud. Une dernière mise au point, depuis l’antiquité, le monde se compose de pays parce que l’administration des hommes nécessite une communauté d’esprit, de langue, d’intérêts, de patrimoine, de culture, de racines. Tous les empires se sont effondrés Jaycib. Tous.

  33. Bonsoir,

    J’ai trouvé cette info particulièrement en phase avec vos derniers articles. Je tenais également à vous féliciter pour la qualité de vos articles qui m’aident à comprendre un peu mieux ce monde obscur de la finance.

    (Tradingsat.com) – Pourquoi le Crédit Agricole s’est il retrouvé en fin de semaine dernière en première ligne des inquiétudes sur l’impact de la mise en place prévue de critères plus sévères de solidité financière ?

    Parce que « les nouvelles contraintes, telles qu’elles apparaissent dans le document du comité de Bâle, réduiraient quasiment à néant l’intégralité des fonds propres Core, qui étaient de 29,1 milliards d’euros fin septembre », répond lundi un analyste parisien. Pire, « sur une base statique (au 30/90/09), les fonds propres Core de CA SA seraient fortement négatifs, de 6,1 milliards d’euros ! »,

    On comprend mieux pourquoi le Comité de Bâle, qui travaille à l’élaboration de nouvelles normes internationales en matière de fonds propres et de liquidité, a jeté un froid vendredi en dévoilant ses pistes de réflexion au contenu particulièrement strict et potentiellement pénalisant pour certains établissements bancaires, notamment français.

    Dans le cas souvent cité ces derniers jours du Crédit Agricole, le scénario évoqué par le Comité de Bâle conduirait en effet à déduire des fonds propres fonds propres « noyau dur » (core) l’intégralité de la mise en équivalence des CCI [certificats coopératifs d’investissement] de son capital Tier 1, des filiales d’assurance et de toute participation dans des sociétés financières en général. De même, l’avance d’actionnaires, qui doit être transformée en actions de préférence, ne sera plus admise dans les fonds propres Core.

    Un espoir cependant, alors que ces nouvelles règles ne devraient s’appliquer qu’à partir de 2012, la Commission bancaire viendra probablement plaider la cause du modèle français des banques mutualistes auprès du Comité de Bâle, afin d’influencer ses conclusions définitives.

    http://www.tradingsat.com/actu-bourse-137397-ACA.html

  34. Bonsoir !

    Je reviens sur ce billet … cette ouverture … et prend connaissance de vos commentaires …
    C’est très intéressant … réellement !!!

    @ Francois LECLERC : …Il n’existe pas de portes qui ne puissent être ouvertes , mais dans les 2 sens … » Pourquoi MAIS ??? « MEME » ne conviendrait ‘il pas ???
    @ d’autres , dont Mr JORION : Voie de la conviction … conviction ceci … cela : Je suis surpris !!!! Mais , je suis plus encore avide d’obtenir des éclaircissements de vos propos , pour ceux qui ont utilisé ce terme … et s’ils veulent bien construire , ici même.
    @ d’autres : PESSIMISME ::: Je ne vois pas de raisons d’être pessimiste, aussi bien dans le billet de Mr LECLERC, que dans le présent ou nous vivons : J’y vois la fenêtre d’opportunité de nous découvrir, soi – même, à un environnement inhabituel … J’y vois de la CONSCIENCE , qui émerge à la surface … J’y vois le présent qui irrigue nos veines, nos sens, nos réflexions, nos actions…
    @ d’autres : Vous effectuez une « excursion » avec la religion : Soit !!! Elles influencent certains mouvements … Mais , j’avoue que la destruction ( tout un symbole, en tant que zone non humaine) de la ville d’IRENEE, m’agréerait bien … Un mensonge serait révélé… Il faut bien commencer par un bout !!!
    Enfin, mon achillée millefeuille m’apaise… le propolis l’a précédé… et mon ortie lui succèdera!!!

    1. @Tomate

      « Vous effectuez une « excursion » avec la religion : soit !!! Elles influencent certains mouvement… », dites vous.

      Pour moi la religion, ou plutôt le Religieux, n’est pas une affaire d’excursion par rapport aux thèmes discutés dans ce blog. J’ai été, comme on dit, « élevé dans la religion catholique », comme beaucoup de français et, comme beaucoup aussi, il y a longtemps que j’ai déserté l’église. Mais je n’oublie pas pour autant l’origine chrétienne de l’Occident moderne, non pour y regretter, de façon, nostalgique la perte de la pratique religieuse, mais parce qu’il faut bien y voir la matrice de la société actuelle, y compris, pourquoi pas, dans ses déterminismes économiques. Je sais que chez beaucoup d’intellectuels modernes, invoquer le fait religieux vous vaut un rituel coup de pied à l’âne, surtout pour les chrétiens, mais il semble bien que l’homme n’ait jamais existé sans religieux et le mettre de côté, c’est probablement se priver de sa valeur explicative.

  35. Aux acteurs de ce blog :

    Béotien, mais béotien impliqué évidemment,je ne peux que me réjouir à la lecture de tout ce qui précéde depuis l’article de F. Leclerc,ou depuis les plus récentes interventions de P. Jorion.
    Le « pessimisme » signalé,voire la déprime palpable,disparaissent devant toutes ces « rébellions » qui émanent de Personnes bien au fait des événements et ce bien au delà des médias-médiocres.
    Ici s’expriment, sainement et suscitant Espoir et Confiance, les idées les plus nobles …et les plus pertinentes quant à « notre » avenir,lequel ne peut qu’exister , d’où la quasi exultation en sortant de ces lectures quotidiennes, véritables éclaircies salvifiques dans un tohu bohu plongé lui-même dans une obscurité qui,livrée à elle-même et à ses auteurs,ne pourrait conduire qu’à l’anéantissement.

  36. Les révolutions tournent mal, mais elles sont un point de rupture nécessaire, c’est le grand craquement de l’histoire des hommes. La dictature du prolétariat ne devait pas advenir dans un pays de moujiks, et pourtant elle a marqué l’histoire, et bien sûr, elle fut un échec totalitaire.
    Vous faîtes, peut-être involontairement un bel hommage à Guy Debord, subversif penseur, qui nous mettait en garde, il y a quelques décennies déjà, sur le diktat marchand, et le fameux spectaculaire diffus. Des grands esprits, il y en a eu d’autres, et une forme de conscience semble bien s’éveiller, notamment sur la toile. Mais elle reste latente, elle ne se matérialise pas. Qu’en est-il de nos habitudes, de notre fonctionnement ? Pour ma part, je constate que seule une petite minorité semble vouloir gravir les marches du nouvel héroïsme. Mais l’immense majorité reste dans un déni profond, trop affairée à poursuivre la conquête du rêve américain, surtout en ces périodes de consumérisme pathologique.
    La nécessaire démocratie est aussi notre prison, comme le prix à payer pour notre liberté illusoire. Il se pourrait malheureusement, compte tenu de l’absence de lucidité de la plupart, qu’une des vieilles ficelles qui jalonnent le cours de l’histoire de notre espèce, ne soit remise au goût du jour pour réveiller nos pulsions belliqueuses et nous conduire vers un désastre aveugle.
    Le sursaut médiatique de Paul Jorion depuis son débarquement récent est une bonne nouvelle, il est un peu notre prophète moderne, il sème la bonne parole et semble enfin écouté, et pris au sérieux. Mais il évoquait aussi récemment la bonne place détenue par les virus pour poursuivre l’œuvre évolutionniste. Nous ne sommes peut-être que des réservoirs à virus… ?
    Sachons rester humble.

  37. Dommage que mon commentaire n’ait pas suscité des vocations!

    Je le reproduis donc ic:

    Pour faire évoluer les choses, il faudra bien que des questions centrales autour de la nature de la monnaie soient enfin thématisées par les économistes de métier!
    Penser une institution humaine nouvellement au lieu de simplement courir après l’événement serait un bon début.
    Comment soutenir en effet plus longtemps que la définition de la monnaie comme moyen d’échange et VALEUR EFUGE ULTIME en même temps soit acceptable?
    Les BC souhaitent sans aucun doute que la monnaie circule mieux et que les injections de monnaie descendent dans l’éonomie pour produire des effets de relance et pour éviter des blocages, mais elles n’ont visiblement pas les instruments de politiqe monétaire nécessaires pour obtenir cela!
    Pour ce faire, il faudrait que la détention liquide et spéculative de grosses sommes soit enfin plus coûteuse et plus risquée que les placements bancaires d’épargne, rendant disponibles ces sommes pour des refinancements économiques.
    La monnaie fondante apporterait précisément une réponse à ce problème!

    1. bigre !
      le 31 décembre approche avec le vent d’hiver ; il me reste des chèques déjeuner, des chèques vacances et des CESU, tous avec péremption prochaine. Je vais acheter du sucre, et encore du sucre, car le chocolat fond, et je vais être sucré…
      chaque année c’est la même chose, on stock des montagnes de sucre à le faire flamber, et cette épargne raffinée est menacée par le diabète ; c’est la carrie-trade…
      bon Noël

  38. Demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi :

    Catégorie A (actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi)
    Catégorie B (actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite courte)
    Catégorie C (actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite longue)
    Catégorie D (sans actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi)
    Catégorie E (sans actes positifs de recherche d’emploi, en emploi. Exemple : bénéficiaires de contrats aidés)

    Total A+B+C+D+E = 4 629 000 demandeurs d’emploi.

    Ce chiffre total de 4 629 000 demandeurs d’emploi est caché dans le tableau page 15 :

    http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-4.pdf

  39. @ BAB 64 :

    Je vous rejoins quant à « l’origine » partielle « chrétienne de cet Occident Moderne « … Je ne peux que vous rejoindre!!!
    Egalement, pour vision de la « ..matrice de la société actuelle… ». je ne peux que vous rejoindre !!!
    Cependant, je me réjouis de l’observer : sa régression, les attaques qu’elle subit … ( De même pour les autres, sans distinction…assurément!!!).
    Que vienne le temps, ou Nous nous réappropirons ces manuscrits: Il y a des minorités, qui crient et meurt, dans le but de rectifier le tir sur leurs transcriptions actuelles. Tant de mensonges… Tant d’asservissements… Tant de bluff !!!
    Que tous ces lieux de cultes soient repris par le peuple . Qu’il se les réapproprient!!!
    Un jour prochain …
    En attendant, les minorités s’affrontent … encore et encore !!!
    Je ne verrais pas l’arrivée du nouveau système… Dommage !!!
    En attendant, la minorité du système actuel aura bien planifié le dégraissage, la purge, le ring à son propre et unique bénéfice.
    Bonne soirée !!!

    @ Johannes FINCK :
    une petite réflexion, car ma connaissance et mes compétences dans les domaines que vous soulevez dans votre commentaire, sont bien loin d’egaler les vôtres… :
    dans votre question , il ya , selon moi, la réponse . Ca, c’est du bon sens ! Maintenant , comment procéder ??? Mr JORION et vous tous, vous êtes exprimé sur le sujet … Dès lors, allons y !!!
    Si avec tous les lecteurs de ce blog, ceux qui s’expriment, on arrive pas à rassembler et passer à l’action .
    Vous souhaitez une action :
    On se donne tous RDV, à une date fixe ( le 14 fevrier m’apparait comme un symbole), auprès de notre ( nos ) établissement (s) , et on lance la procédure de fermeture de l’ensemble de nos comptes ( personnels, professionnels, de l’entreprise…)
    Bon , maintenant, on est combien ? 10000 personnes ???? Plus ???
    Et combien , vont ‘ils sauter le pas ??? Hein ????
    Ah bien sûr, on n’emprunte plus !!!
    On met tout dans le pot commun !!!
    Qui s’occupe de contacter tous les lecteurs de ce blog??? de récupérer les coordonnées, Les justificatifs de tous les produits financiers des uns et des autres ??? Qui centralise??? Qui gère ??? Et comment ??? ( Dites donc … Entre nous, on serait pas dans l’illégalité de la minorité au pouvoir , LA???!!! BOAH !!! Ils ( cette minorité au pouvoir …) est dans l’illégalité de notre minorité … On s’en fout … On a soudainement, GRANDIT !!! Dis GANDHI, Dix gants s’il te plaît ???
    En avant pour la monnaie fondante …

  40. ok, mais il faut quand même obtenir que le problème soit au moins thématisé par les économistes au lieu d’entendre, comme le remarque Paul sur France Culture, ds débats à n’en pas finir entre keynesiens et monétairistes qui n’ont ni queue ni tête!On entend affirmer par eux qu’ils auraient « compris la crise », or, il n’en est rien!

  41. L’ancien Premier ministre socialiste français Michel Rocard prévoit que « deux ou trois décennies » seront nécessaires pour sortir de la crise.

    « Nous mettrons deux ou trois décennies pour sortir de cette crise », assure M. Rocard dans une interview au Nouvel Observateur à paraître jeudi.

    « Il va falloir encore quelques convulsions pour tirer pleinement les conséquences de ce que nous vivons. »

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jw-MGifdc2AbLbM2MJuScAZCwhiw

    1. Rocard se prononce pour une solution socio-démocrate, comme toujours, celle qu’il n’a pas réussi à imposer au PS bloqué par ses conservatismes et ses corporatismes. Jean-Marie Bocquel, un peu plus libéral, s’y est aussi cassé les dents si longtemps qu’il a fini par renoncer et qu’il a préféré l’action à la marginalité, quitte à passer pour un traitre. Rocard se prononce pour un retour de la centralité des salaires détrôné aujourd’hui par l’actionnaire.

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