La situation de l’immobilier américain s’aggrave – oui, c’est possible !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ceux qui avaient prévu la crise étaient peu nombreux. Ceux qui annonçaient qu’elle aurait son origine dans l’immobilier résidentiel américain étaient encore moins nombreux. Le sort a voulu que je fasse partie de ce club très sélect et je n’ai pas arrêté de répéter depuis, non seulement que ce lieu d’origine n’était pas accidentel mais aussi que l’économie américaine ne pourrait pas redémarrer tant que son immobilier résidentiel ne recouvrerait pas la santé.

Dans « L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la “crise des subprimes” » (Fayard 2008), je parle des crédits hypothécaires « Pay Option ARM ». J’explique que ces prêts immobiliers qui s’adressent à des emprunteurs relativement fortunés embarqués dans un processus de « cavalerie », finiraient par exploser à leur tour, déclenchant une nouvelle crise au coût à peu près égal à celle des subprimes. Ces prêts doivent leur nature explosive au fait que les mensualités ne couvrent dans environ 80 % des cas qu’une somme inférieure aux intérêts dus, et que la différence entre ce qui est dû et ce qui est effectivement versé par l’emprunteur est alors ajoutée au montant restant à rembourser, faisant croître celui-ci inexorablement. Quand la somme due atteint 115 % du prêt initialement contracté, l’emprunteur est immolé : son crédit est instantanément converti en un prêt avec amortissement mensuel, ce qui représente de son point de vue un doublement, voire un triplement, de ses mensualités. J’écrivais dans « L’implosion » : « Avec la poursuite de la chute de l’immobilier, le seuil fatidique des 115 % sera franchi en 2008 ou en 2009 » (page 34).

Manque de pot, on est en 2009. Voici un diagramme qui met cela en images (© wwww.agorafinancial.com à partir de données fournies par le Crédit Suisse).

Le premier diagramme montre les volumes très comparables de la crise en cours des « Pay Option ARM » et de celle des « subprimes ».

Option ARM wave

Dans le second diagramme, la ligne bleu foncé montre l’échéancier initialement prévu, la ligne jaune, ce qui s’est réellement passé en raison de l’augmentation inexorables de la somme à rembourser dans la plupart des cas.

Option ARMS

Le résultat ? 27,9 % des prêts « Pay Option ARM » sont désormais « en difficulté », soit que les mensualités n’ont pas été réglées depuis plus de trois mois, soit que le processus de saisie a déjà été engagé. 27,9 % c’est énorme : entre un quart et un tiers des emprunteurs. Evidemment, il s’agit de ménages très particuliers : ceux qui étaient disposés à jouer à la roulette russe au plus fort du boom immobilier des années 2002-2006. Cela ne couvre pas tout le monde : juste un secteur de l’immobilier américain d’un volume du même ordre que le secteur subprime de triste mémoire.

Au sommet de la pyramide de l’immobilier résidentiel américain, il reste encore, le secteur « prime », celui des gens sans problèmes. C’est du moins la manière dont on les caractérisait jusqu’ici. Le niveau de défaut y atteint désormais 3,6 %, un chiffre qui a doublé en un an. Quant au programme d’aide aux emprunteurs en difficulté, seul un candidat sur six a pu y avoir accès jusqu’ici. Mais qu’importe : de toute manière six mois après avoir obtenu des conditions plus favorables sur leur crédit, plus de la moitié des emprunteurs font à nouveau défaut.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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127 réflexions sur « La situation de l’immobilier américain s’aggrave – oui, c’est possible ! »

  1. Plus les entreprises s’ “assainissent”, plus elles grimpent en bourse! Quoi de mieux? Quand tout le monde aura été viré, et le chômage à 100%, les entreprises enfin pétantes de santé, le business pourra vraiment reprendre, et même mieux qu’avant! Certain ont dit que la crise était finie depuis 1 an, décembre 2008. Alors?

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091222-2379.html

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091223-2383.html

  2. à Jonathan,

    Il y a une interview récente par un économiste de Century 21 qui est très optimiste pour l’immobilier en 2010.. …C’est paru dans les échos il y a quelques jours, peut- être pourrez vous vous le procurer ?

  3. L’ancien Premier ministre socialiste français Michel Rocard prévoit que “deux ou trois décennies” seront nécessaires pour sortir de la crise.

    “Nous mettrons deux ou trois décennies pour sortir de cette crise”, assure M. Rocard dans une interview au Nouvel Observateur à paraître jeudi.

    “Il va falloir encore quelques convulsions pour tirer pleinement les conséquences de ce que nous vivons.”

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jw-MGifdc2AbLbM2MJuScAZCwhiw

    1. BA, faites attention.

      D’une part, c’est un politique, et, d’autre part… il doit vendre son “grand emprunt”.
      Vous voyez ce que je veux dire.

  4. De l’immobilier encore…

    “Sales of U.S. New Homes Unexpectedly Fell in November”

    Et cette fois pas moyen de voir le bon côté des choses (enfin on ne sait jamais… de Wall Street monte déjà un “cela pourrait être pire ma bonne dame” tout à fait raisonnable) ; “Purchases dropped 11 percent to an annual pace of 355,000, lower than the lowest estimate of economists surveyed by Bloomberg News”

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=al3GTnIut0Ao&pos=1

    1. Si, si, il y a moyen de présenter cela sous un jour favorable. Regardez : « Purchases of new homes in the U.S. unexpectedly fell last month, indicating a recovery from the worst housing slump since the Great Depression will be slow to develop.”

  5. Mais ce slogan atroce, travailler plus pour gagner plus , accueillit , par des ovations aux meetings de l’actuel président , mais comment oser face à l’Histoire , une simplification aussi rétrograde que celle ci ……. le manque , la nécessité d’avoir de l’argent pour acheter des biens de consommation, passait, il me semble par une explication, un rappel du politique d’opposition qui à l’époque des conquêtes des travailleurs savent bien que l’Histoire ce n’ était pas de travailler plus , mais Moins ,et gagner autant, avoir le temps à soi, le temps de penser, de lire , de réfléchir , ect …; Quel homme politique de l’opposition a -t-il parlé , consacré un peu de temps à ” revoir brièvement ” le passé” de ce qui a été arraché au monde du Capital , et dans quelles conditions ! -Non, un seul mot d’ordre gagner , le gain des plateaux télés , les mots passe passe : objectivité, partialité, ne faut-t- il faudra que la sphère médiatique rende aussi des comptes , Adorno , dit que tous ceux qui plaident pour une culture minable s’en font les collaborateurs. / ils le sont ça c’est sûr.

    1. @Orengo:

      Vous aurez remarqué que le slogan auquel vous faites référence ne contient pas de sujet, c’est là toute sa subtilité. En l’occurrence, il faut comprendre “ILS travaillent plus pour que NOUS gagnons plus”. Ce qui se traduit dans les actes par un plafonnement drastique du taux d’imposition des tranches de revenus les plus hautes (paquet fiscal), par exemple. L’ensemble est alors appréciable lorsqu’il est exposé aux individus incarnant le “NOUS” en question, ce qui explique les ovations.

    2. @ Orengo

      Ce slogan atroce, et inepte, n’a jamais été discuté *avant* les élections de 2007, par aucun média et aucune personnalité politique. On a laissé Sarkozy le défendre sur la 5è dans “Ripostes”, sans être contredit, concluant sa tirade par : C’est là tout mon programme d’économie de relance etc. On ne reviendra pas sur cette campagne électorale indigne d’un pays civilisé.

      Comme vous écrivez le mot “manque”, on ne saurait trop rappeler que l’argent, comme tout autre bien ne vaut que parce qu’il manque. Pour le lait, c’est moins grave, pour l’argent, cela signifie pauvreté. A partir de ce vice fondamental, “La richesse des nations” est une lubie théorique. Désolé de rappeler que le système tient sur la pauvreté à partir de là comment espérer rembourser les dettes ?

      Hugo :

      L’avenir latent dans le peuple

      Quant au peuple parisien, même homme fait, il est toujours le gamin; peindre l’enfant, c’est peindre la ville; et c’est pour cela que nous avons étudié cet aigle dans ce moineau franc.

      C’est surtout dans les faubourgs, insistons-y, que la race parisienne apparaît; là est le pur sang; là est la vraie physionomie; là ce peuple travaille et souffre, et la souffrance et le travail sont les deux figures de l’homme. Il y a là des quantités profondes d’êtres inconnus où fourmillent les types les plus étranges depuis le déchargeur de la Râpée jusqu’à l’équarrisseur de Montfaucon. Fex urbis, s’écrie Cicéron; mob, ajoute Burke indigné; tourbe, multitude, populace. Ces mots-là sont vite dits. Mais soit. Qu’importe? qu’est-ce que cela fait qu’ils aillent pieds nus? Ils ne savent pas lire; tant pis. Les abandonnerez-vous pour cela? leur ferez-vous de leur détresse une malédiction? la lumière ne peut-elle pénétrer ces masses? Revenons à ce cri: Lumière! et obstinons-nous-y! Lumière! lumière! Qui sait si ces opacités ne deviendront pas transparentes? les révolutions ne sont-elles pas des transfigurations? (…) Regardez à travers le peuple et vous apercevrez la vérité. Ce vil sable que vous foulez aux pieds, qu’on le jette dans la fournaise, qu’il y fonde et qu’il y bouillonne, il deviendra cristal splendide, et c’est grâce à lui que Galilée et Newton découvriront les astres.

      hmm…. Le moment de vérité de la Révolution disait-il encore, où l’homme nait une seconde fois, cette fois-ci en recevant le Droit.

    1. C’est probablement sa lucidité proverbiale qui l’a poussé dans les bras de Sarkozy. Sinon, moi aussi je peux tenir des propos aussi banals que “On va mettre 20 ou 30 ans pour s’en sortir”, ou encore “la sortie de crise sera social-démocrate”. Vu l’état des sociaux démocrates partout en Europe, je doute, je doute… La vieillesse est un naufrage parait-il.

    2. je n ai pas entendu beaucoup de politiques avoir ce discours meme chez les “jeunes”…..apres j aurais préférais comme vous qu il evite de “servir “Sarko IER,meme si je pense que pour lui c etait avant tout par devoir vis a vis de la France(un peu à l ancienne quoi…..)

    3. Pauvre Rocard, je l’aimais beaucoup avant, justement parce qu’il se distinguait du lot des politicards. Sinon, skinner, j’adore votre pseudo, cela me fait penser au Chef cuistot dans le film Ratatouille. (si vous ne l’avez pas vu, foncez, c’est pas que pour les gosses). Joyeux noël!

  6. Joyeux Noël à tous!
    Allez-y quand même mollo sur les cadeaux, qui ont tous été fabriqués par des lutins chinois qui ne verront jamais la couleur d’une papillote…
    Et bonne année 2010 pendant qu’on y est, on n’y verra raisonnablement pas de reprise.
    Tant mieux!

  7. Question: quand on embraye (que l’on passe à la vitesse supérieure), on freine au moins légèrement… non ? C’est ainsi que je conçois la décroissance, qui est inéluctable parce que la Terre a perdu de sa valeur en se consumant et que l’humanité doit s’adapter en conséquence, ne serait-ce que par humilité et sens de la mesure. Cela ne veut pas dire qu’il faille stopper la recherche: regardons du côté du Japon, de formidables perspectives s’offrent à nous pour un monde moins aliénant: robotisation, OGM, énergie solaire etc … La décroissance répond à un besoin de réformer nos modes de vies et surtout de faire face, càd de prévoir ce que la raréfaction des matières premières va provoquer comme crises brutales. Il faudrait plutôt parler de “déconsommation” mais cela risque de rendre les foules un peu plus hystériques encore.

  8. La France qui se meurt … Paris qui dort et qui ne s’amuse plus…. la littérature française (la vraie) n’est plus, … la joie de vivre n’est plus française …. la culture française a perdu son identité … ce qui faisait sa beauté aux yeux du monde a disparu …

    et que font les français : RIEN, il accepte et plie sous les coups sournois habilement distillés par les pouvoirs financiers et politiques depuis 30 ans

    je suis triste, très triste pour mon pays où il était si bon de vivre ….. ensemble

  9. Merci pour toutes ces précisions. Inutile de vous dire que j’apprécie particulièrement ce blog, les réflexions et les commentaires. Je ne suis pas un économiste et vous ne serez donc pas surpris que je ne comprenne pas (encore) cet argument, qui revient souvent en toile de fond, et qui consiste a dé-corréler la finance de l’économie et du réel. Car enfin, dans l’entreprise, dans celles que je connais, le cours l’action c’est le tableau de bord qui s’impose à tous, même à ceux qui seraient tenter d’y résister. Il dicte les stratégies à tenir trimestre par trimestre, les changements de management, les chantiers de réduction de coût… et je peux douloureusement témoigner que tout cela ce n’est pas du virtuel. Non, il n’y a pas de cloisonnement entre la bourse, l’économie, les entreprises et les citoyens !

    1. La sphère financière s’est développée pour elle-même et non plus pour produire des richesses tangibles qui donnent lieu à de réelles transactions où des biens ou des services sont échangés, c’est en ce sens précis qu’il y a déconnexion entre les deux sphères.

      Ce développement de la finance a trouvé ses limites lorsque certains acteurs économiques se sont retrouvés dans une situation d’insolvabilité, comme dans le cas où ceux qui avaient souscrit des crédits hypothécaires. Et c’est justement pour avoir atteint ses limites –repoussées loin au delà du raisonnable — que la finance s’est trouvée avoir une influence très néfaste sur l’économie.
      Bien entendu, du point de vue de l’investisseur-entrepreneur de la société par actions cotée en bourse, les fluctuations de la bourse ont une importance capitale puisque la survie de l’entreprise et les revenus des dirigeants-investisseurs dépendant du succès ou non d’une capitalisation boursière. C’est cette logique de capitalisation boursière qui n’entraîne aucune production de richesse réelle qu’il s’agit maintenant de mettre hors service, notamment en interdisant les paris sur les fluctuations des prix.

    2. Il faut dire à Pascal que pour que certaines entreprises (grosses) voient leur cours monter elles doivent licencier.
      On parle de variable d’ajustement (favorable à la marge et donc au dividende).
      C’est à dire créer des chômeurs.
      Peu consommateurs.
      A terme une boite qui fait ce genre de nouveau profit est une coquille vide dont le cours est élevé.
      La mode LBO a dû donner çà en masse.

    3. Pascal, je vous avais d’abord pris pour un troll. Je me disais qu’il n’était pas possible qu’un lecteur régulier et assidu de ce blog ne comprenne pas la déconnexion totale entre la sphère financière et l’économie réelle. Puis après coup je me suis dit que plein de gens devaient penser comme vous, le nez dans le guidon, sans perspectives réelles de compréhension. Votre intervention est donc la bienvenue car elle à permis de rappeler quelques évidences. Il va surement falloir continuer à les marteler pendant bien des mois encore avant que cela ne devienne du sens commun. N’oubliez pas non plus, cher Pascal, que ce discours est très minoritaire et que les tentatives de déstabilisation sont nombreuses. (écoutez par exemple la dernière intervention de Paul face à Mr Casanova sur France Culture). Je vous souhaite un joyeux noël.

  10. La croissance, la décroissance, tout cela est un tout indissociable dans l’univers, d’ailleurs comment pourrait-il en être autrement, être contre ou en défaveur la décroissance est donc absurde.

  11. @coucou

    Merci pour ce lien “Xerfi” .Une très bonne analyse que je partage à 100% (j’ai donné les mêmes perspectives dans des posts antérieurs).
    Une petite remarque:pour moi entre la Wall Mart et le Wall Street Economy il y a peu de différences…D’ailleurs ils ont débuté au même moment. Et après la crise , ils continuent comme avant grâce à nos gouvernements…

  12. Monsieur Jorion –

    Premièrement, “je vous rappelle que”… prédire les évènements futurs comme vous l’avez fait page 34 de votre livre “L’Implosion” fait de vous … un SPECULATEUR.

    Deuxièmement, réussir à prévoir les évènements futurs à ce point-là vous disqualifie de pouvoir prétendre au titre d’économiste. Je crois, Monsieur Jorion, que vous ne serez jamais rien de plus qu’un ANTHROPOLOGUE !

    Vive l’anthropologie sereine et ouverte à la vie !!

  13. Un livre en ligne qui devrait nous intéresser : Wealth, Energy, and Human Values: The Dynamics of Decaying Civilizations from Ancient Greece to America, Thomas P Wallace, AuthorHouse, 2009 ISBN 1438976283, 9781438976280

    The degradation of the modern American culture, including its 2008 financial and economic crisis, and the modern rejuvenation of Asian cultures are best understood within the context of 4,000 years of human history. Such are the consequences of the dynamics of cultural change, responding to societal variables of wealth, energy, and human values. This work provides a unique and formidable science-based framework for civilization development that complements and enhances the work of preeminent historians and sociologists. Accordingly, the foundation for societal progress is placed on restrictive scientific definitions, principles, and concepts of energy and wealth consumption, rather than solely on behavioral perspectives derived from empirical data and historical events. Society’s dynamic forces are linked to the cultural deterioration and collapse of Ancient Greece and Rome, Imperial Spain, and Great Britain. Specific chapters are devoted to stagnation of Western civilization, Asian and Islamic resurgence, deterioration of the American culture, and ecological degradation of North America’s largest estuary, the Chesapeake Bay; collateral damage of socio-economic profitability. The characteristics of America’s current cultural deterioration parallel those of previous great civilizations. These include abuse of wealth and energy resources; excessive individual and national debt; lack of cultural civility, discipline, integrity, and ethics; unaffordable militarism, escalating income and wealth disparities; unresolved crises in health care and public education; and stultifying cultural complexity and bureaucracy. Themes include the underlying principles responsible for the eventual deterioration of all known civilizations; the basis for the recurring, sequential periodicity of civilization success and failure; and the roles and significance of militarism and religion in civilization growth, decay, and rebirth; Addressing these themes necessitates the integration of the academic disciplines of history, sociology, economics, and science, reflecting human nature and socioeconomic and political realities that fundamentally and continuously alter human values, priorities, and behavior, thus creating human history.

    Merci à Malcolm Dean de me l’avoir signalé.

    1. Vous voulez peut-être mettre en garde JC Casanova contre le risque de suppression des cours d’histoire dans certaines branches d’études secondaires, comme il en est question?
      Un monde idéal serait celui où tous les matins les citoyens seraient dopés et euphorisés par la vue de la montée de la courbe du Nyse.
      Et seraient des ignares manipulés.
      Comme dans le meilleur des mondes de Huxley?
      Et une citation d’Aristote (parait-il) pour faire plus chic.
      Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occuppé à ses tâches quotidiennes qu’il n’aie pas le temps pour la rébellion.”
      extrait de Aristote sur la Politique – traduction de J. Sinclair, publié en 1962

  14. Je réponds ici au texte de François qui à la charnière de son exposé exprime ce que nombreux commencent à évoquer :
    « Qu’a-t-on à y opposer de tangible, sur lequel il pourrait être construit ? En premier lieu des pratiques sociales volontaires, mais minoritaires et éparses, en second d’autres, massives et qui se sont imposées sur Internet, au nom du partage. Toutes ayant en commun de chercher à permettre de s’évader de la sphère des échanges marchands, de la dictature de l’argent. D’affirmer des solidarités, des connivences, des satisfactions. De rechercher, à l’arrivée, une vie meilleure, à défaut de pouvoir rêver de l’imminence d’une société qui le serait. C’est beaucoup et peu à la fois. »

    Il est hors de question d’émettre la moindre critique ou réserve à ce qu’il dit ; ce blog est un lieu pour dire ; et chacun dit ce qu’il ressent ; ce blog n’est pas un parti, ou celui d’un parti, il est donc exclu de parler de « ligne », et donc de dire que tel ou tel n’est pas dans la ligne ;
    Ce que François exprime ici c’est son désespoir de voir le monde s’effondrer, et en face, aucune amorce de mouvement pour le faire dévier de sa course ;
    Malheureusement, cet effondrement, ce n’est pas que dans les grandes masses statistiques que nous le constatons ; mais c’est surtout dans les détresses humaines, c’est ce qui nous touche le plus ; une mère se jette du haut d’une falaise, son enfant dans les bras ; un homme sort dans la rue, armé de 2 couteaux, et tue les passants au hasard ; à Bourgoin-Jallieu, rue de Funas, la rue que je prends tous les matins pour aller travailler, un homme tue sa femme et sa fille, et se suicide ; je passe tous les matins devant cette petite maison basse ; au début, il y avait des fleurs amoncelées sur le trottoir ;
    C’est face à cela que François exprime notre désespoir à nous tous ; car ceux qui viennent sur ce blog sont d’abord des désespérés ; des désespérés à la recherche d’espoir, et qui tous le trouve ; mais certains n’ont pas trouvé l’adresse sur le net, et « pètent les plombs » ;
    Et certains parmi nous, alors que nous contribuons tous, ceux qui lisent, ceux qui écrivent, au maximum, se sentent responsables des malheureux qui tombent, avant l’heure ; sur ce blog, nous sommes des privilégiés, dans cette mesure ; les autres tombent ;
    Mais si ce blog nous permet de ne pas tomber, je considère qu’il aura fait le maximum, en tout cas, en ce qui me concerne ;
    Je veux rappeler quelques dates ;
    la Commune de Paris et la Semaine Sanglante ;
    1905, et le Cuirassier Potemkine ;
    Notre rôle n’est pas de faire monter les gens à bord du Potemkine ;
    Le changement ne peut se faire que sur la base d’un rapport de force ;
    Personne ne peut nier que nous y contribuons ;

    1. @Auspitz

      ..”car ceux qui viennent sur ce blog sont d’abord des désespérés ; des désespérés à la recherche d’espoir, “…

      Je ne comprends pas pourquoi vous voulez faire de tous les intervenants de ce blog un groupe homogène….
      Les gens qui interviennent sur ce blog viennent d’horizons, de cultures et religions diverses et ont des opinions différentes : ils ne sont pas nécessairement riches, pauvres, désespérés, optimistes… ce qu’ils ont commun : ils savent lire et écrire, et ils cherchent une façon d’améliorer la vie des hommes sur cette planète.

  15. Peut-être que le comportement de Goldman Sachs (et d’autres banques d’investissement et hedge funds) constitue la preuve par neuf du déclin de l’empire américain au sens du texte de Thomas P Wallace. Voir, en particulier, l’article du New York Times d’aujourd’hui détaillant comment Goldman Sachs a vendu en pleine connaissance de cause des CDO pourries à ses clients et ensuite parié sur leur effondrement:

    http://www.nytimes.com/2009/12/24/business/24trading.html?_r=1&ref=global-home

    1. Hé hé…ce sont des banquiers. La philanthropie n’est pas leur domaine de prédilection.
      Merci beaucoup pour ce lien, Jaycib.

      Ma boule de cristal personnelle me reconfirme donc que les meilleurs banquiers savent ce qui va se passer.

      Là, en 2010, le concours de chute est ouvert. Et j’hésite à vous donner comme grand gagnant, soit le Royaume, soit les US.
      Et en principe, si le Royaume chute avant les US, le cowboy moyen ne se révoltera pas et sera même d’accord pour regaver, pardon, soutenir ses chères onéreuses banques.

      A tous ici, je vous souhaite un excellent réveillon de Noël et festoyons jusqu’à n’en plus pouvoir.
      Profitons-en pour mettre, comme annuellement, le petit jésus dans la crèche.
      Bien à vous tous.

    2. @ Yvan d’Amsterdam
      Vous réveillonnez dans une vitrine?

      @ Jaycib
      Voici comment certains utilisateurs de softs de trade haute fréquence connaissent l’avenir.
      Ils créent l’avenir avec une masse de faux ordres qu’ils annulent ,et ils passent les vrais dans la seconde ou les concurrents ont tenté de les interprèter.
      Il parait qu’il y a env. 70% de déchets en ordres annulés en fin de journée..
      Mais comme plusieurs riches intervenants procèdent ainsi il se peut qu’actuellement l’avenir soit de nouveau difficile à inventer…
      Bien fait!

  16. Joyeux Noël à tous, la situation s’aggrave pour l’immobilier, non seulement c’est possible, c’est même certain!
    Délirer dans ce contexte, comme font les analystes de l’économie, sur un retour à la croissance, c’est pour le moins extravagant.
    Sans doute, une telle méthode coué veut diffuser un optimisme un peu “fou”, histoire de ne pas ajouter la morosité à la crise.
    Ceci dit, les banques ont tellement spéculé et engagé les plcements des épargnants dans des produits financiers risqués que je ne vois pas comment la confiance peut revenir de la part de ceux qui n’ont pas tout perdu!
    Ceux qui ont tout perdu grossiront les rangs de la grande majorité.
    Le fait est que 40% environ du PIB est versé sous forme d’intérêts par les banques aux épargnants, et tous les ans un peu plus.
    Autrement dit, les travailleurs reçoivent pour leur travail seulement 60% de la richesse produite, le reste gave les déjà trop riches.
    Et cela sera ainsi aussi longtemps que nous aurons une monnaie qui ne circule qu’en prélevant des intérêts.
    Dans un tel contexte, et puisque la rente du capital augmente tous les ans en proportion du PIB, il y aura de moins en moins de redistribué, surtout quand lza croissance et nulle ou négative.
    Cela est une autre raisn très politique de toujours vouloir affirmer une croissance positive quitte à nier les faits les plus élémentaires.

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