La situation de l’immobilier américain s’aggrave – oui, c’est possible !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ceux qui avaient prévu la crise étaient peu nombreux. Ceux qui annonçaient qu’elle aurait son origine dans l’immobilier résidentiel américain étaient encore moins nombreux. Le sort a voulu que je fasse partie de ce club très sélect et je n’ai pas arrêté de répéter depuis, non seulement que ce lieu d’origine n’était pas accidentel mais aussi que l’économie américaine ne pourrait pas redémarrer tant que son immobilier résidentiel ne recouvrerait pas la santé.

Dans « L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » » (Fayard 2008), je parle des crédits hypothécaires « Pay Option ARM ». J’explique que ces prêts immobiliers qui s’adressent à des emprunteurs relativement fortunés embarqués dans un processus de « cavalerie », finiraient par exploser à leur tour, déclenchant une nouvelle crise au coût à peu près égal à celle des subprimes. Ces prêts doivent leur nature explosive au fait que les mensualités ne couvrent dans environ 80 % des cas qu’une somme inférieure aux intérêts dus, et que la différence entre ce qui est dû et ce qui est effectivement versé par l’emprunteur est alors ajoutée au montant restant à rembourser, faisant croître celui-ci inexorablement. Quand la somme due atteint 115 % du prêt initialement contracté, l’emprunteur est immolé : son crédit est instantanément converti en un prêt avec amortissement mensuel, ce qui représente de son point de vue un doublement, voire un triplement, de ses mensualités. J’écrivais dans « L’implosion » : « Avec la poursuite de la chute de l’immobilier, le seuil fatidique des 115 % sera franchi en 2008 ou en 2009 » (page 34).

Manque de pot, on est en 2009. Voici un diagramme qui met cela en images (© wwww.agorafinancial.com à partir de données fournies par le Crédit Suisse).

Le premier diagramme montre les volumes très comparables de la crise en cours des « Pay Option ARM » et de celle des « subprimes ».

Option ARM wave

Dans le second diagramme, la ligne bleu foncé montre l’échéancier initialement prévu, la ligne jaune, ce qui s’est réellement passé en raison de l’augmentation inexorables de la somme à rembourser dans la plupart des cas.

Option ARMS

Le résultat ? 27,9 % des prêts « Pay Option ARM » sont désormais « en difficulté », soit que les mensualités n’ont pas été réglées depuis plus de trois mois, soit que le processus de saisie a déjà été engagé. 27,9 % c’est énorme : entre un quart et un tiers des emprunteurs. Evidemment, il s’agit de ménages très particuliers : ceux qui étaient disposés à jouer à la roulette russe au plus fort du boom immobilier des années 2002-2006. Cela ne couvre pas tout le monde : juste un secteur de l’immobilier américain d’un volume du même ordre que le secteur subprime de triste mémoire.

Au sommet de la pyramide de l’immobilier résidentiel américain, il reste encore, le secteur « prime », celui des gens sans problèmes. C’est du moins la manière dont on les caractérisait jusqu’ici. Le niveau de défaut y atteint désormais 3,6 %, un chiffre qui a doublé en un an. Quant au programme d’aide aux emprunteurs en difficulté, seul un candidat sur six a pu y avoir accès jusqu’ici. Mais qu’importe : de toute manière six mois après avoir obtenu des conditions plus favorables sur leur crédit, plus de la moitié des emprunteurs font à nouveau défaut.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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127 réflexions sur « La situation de l’immobilier américain s’aggrave – oui, c’est possible ! »

  1. Très instructif … n’est-ce pas là ce qui explique que de nombreux acquéreurs étrangers (dont pas mal de français pas nécessairement fortunés) peuvent aujourd’hui se permettre d’investir dans ces appartements résidentiels de standing bradés jusqu’à moins 50%, de nombreuses agences commerciales organisent ces ventes un peu partout actuellement.

  2. le monde fou du capitalisme et son moteur « travail » avec son moteur « credit »
    un sacre systeme suicidaire
    cqfd

    Critique radicale de la valeur
    et Critique du travail (Repenser la théorie critique du capitalisme) Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 17:40
    Le principe de l’économie est-il de « Donner du travail » ?
    Le bavardage continuel sur les « possibilités d’emploi » provient en général d’un jargon d’institution publique ou de la communication d’une entreprise voulant s’implanter dans un nouveau « site ». De la même manière que Barak Obama ou le « grand emprunt » français misent sur les « gisements d’emplois » liés à une supposée « croissance verte », les écologistes usent également de ce registre en promettant que la croissance des énergies renouvelables et autres techniques environnementales, ramènera du bon travail à la société. Pour le sens commun ce discours est très largement partagé, quand par exemple on entend des habitants de la presqu’île du Cotentin justifier la présence du principal employeur de la région, l’ensemble industriel nucléaire d’AREVA la Hague qui crée plus de 8 000 emplois directs et indirects (soit 20 % du bassin d’emploi du Nord Cotentin) : peu importe les risques, tant qu’on a du travail ! Comme le dit le dicton ou n’importe quel élu local, « on ne crache pas dans la soupe », quand le sacro-saint travail vient tout va bien, peu importe le type d’usine, de marchandises fabriquées, les dégâts environnementaux, les risques de santé, les cadences suicidaires de travail ou la réputation de l’entreprise. Ainsi le capitalisme se justifie même par l’évidence de travailler, puisque « nous créons des emplois sur votre territoire ». Ainsi l’économie semble toujours n’avoir qu’un seul but : dispenser gracieusement de l’emploi. Et puisqu’il paraît naturel de travailler, l’économie, sa domination sur nos vies et ses contraintes apparaissent toutes autant naturelles et inintérrogées. Quand il s’agit de « créer des emplois », les subventions publiques en infrastructures ou en viabilisation des terrains pour sortir de terre des zones industrielles ou artisanales, coulent à flot. « Nous avons créé ainsi des centaines d’emplois » se justifie telle entreprise et le sacro-saint principe de « Sauver des emplois » apparaît même comme le principal souci de certains communicants pour mieux faire passer une opération de licenciement qualifiée de « plan social ». Même les « entreprises responsables » et « l’économie solidaire » ne semblent avoir pour seule finalité dans leur existence que de donner généreusement du travail en faisant croire que dans un tel monde l’on puisse placer l’homme avant l’argent. Peu importe de savoir quel est le type de travail que nous faisons chaque jour quand on imagine encore l’existence du travail comme le métabolisme naturel et suprahistorique entre l’homme et la nature. Mais là aussi, travail et argent sont-ils véritablement deux choses hétérogènes ? Car quel est le travail qui compte vraiment dans le capitalisme, c’est-à-dire un système de reproduction augmentée de la valeur ? Quel est alors le type de travail qui compte quand une entreprise « nous donne du travail » pour créer de la valeur ?

    La valeur ne consiste pas dans le travail humain individuel, ce n’est pas parce qu’on emploie le plus de monde possible, que l’on va créer plus de valeur. Ainsi la valeur des marchandises produites par les multinationales n’est pas liée à leurs effectifs. Une firme qui emploie 100 000 personnes sur la planète ne gagne pas forcément plus qu’une firme qui n’en emploiera que 10 000. De plus, la richesse sociale actuelle n’est pas le travail individuel en lui-même, comme on disait du meilleur artisan qui faisait du bon travail. Ce n’est pas parce que les travailleurs font du « bon boulot » que la valeur des produits sera d’autant plus élevée. Chacun voit bien dans son travail au quotidien que son entreprise se fout totalement de la qualité et de l’utilité réelle du bien fabriqué ou du service rendu, et que seul compte autre chose, le chiffre d’affaire de l’entreprise. Ce n’est donc pas cette dimension concrète du travail qui fait la valeur, cette dimension compte peu, ou plutôt elle compte comme simple support concret nécessaire (mais non suffisant pour rester existant) d’une autre dimension qui la dépasse et qui compte elle véritablement. Bien sûr, le fait que la qualité et l’utilité réelle du bien ou du service fabriqués ne comptent que secondairement par rapport au chiffre d’affaire, cela nous pose souvent un problème moral personnel (et c’est une des causes de la souffrance au travail, car cela touche à notre implication subjective dans notre métier, et par là à notre dignité morale), surtout quand à la sortie du système éducatif on a eu parfois le « choix » d’une filière de travail, et qu’on a pris ce choix par « vocation », espérance, générosité, volonté d’aider, goût, intérêt intellectuel, etc. On sait pourtant qu’on fait mal notre boulot du point de vue de sa dimension concrète et que ce n’était pas cela qu’on avait imaginé au départ. Pourtant cette dimension concrète du travail qui compte beaucoup aux yeux de nombre d’entre nous, ne compte pas directement dans la création augmentée de valeur, qui reste la seule finalité de la production de biens sous la forme de marchandises possédant une valeur d’échange.

    Pour comprendre notre situation au travail, il faut voir que la valeur consiste plutôt dans une certaine manière d’exprimer le travail que dépense la société toute entière, la valeur qui s’attachera aux marchandises est donc l’expression d’une détermination complètement extérieure au travail individuel qui ne comptera plus que comme travail social et simple rouage de celui-ci. Car nos sociétés actuelles ne sont plus basées sur le travail concret et la dépense de celui-ci pour lui-même, comme au temps des égyptiens, des grecs, des romains ou au Moyen-Âge, où l’on créait une certaine forme de richesse sociale – la richesse matérielle – au travers de la mise en activité directe du travail concret, travail dominé souvent de manière directe par le détenteur de la force politico-religieuse. Aujourd’hui les sociétés sont fondées sur une autre dimension du travail que celle du travail concret. Nouvelle dimension du travail que celui-ci ne possède que depuis très peu, depuis l’apparition du capitalisme et de sa forme de vie sociale : un travail qui pour la première fois de l’histoire joue en lui-même un rôle de médiatisation sociale entre les êtres. Le travail est alors toujours d’un côté concret (il produit la valeur d’usage d’un bien), mais il possède désormais la fonction d’un moyen pour se rapporter aux autres: c’est par la dépense même du travail sous une forme objectivée que j’obtiens une somme d’argent qui me permettra d’acheter des marchandises que d’autres auront fabriqué pour ceux comme eux qui travaillent pour de l’argent afin d’acheter…, etc. Cette nouvelle dimension du travail socialement médiatisante est le principe de la « synthèse sociale » des individus dans les sociétés modernes. Elle est au cœur, au noyau des sociétés modernes et du fonctionnement du capitalisme. On va appeler cette nouvelle dimension que possède tout travail (celui du patron, du fonctionnaire, du salarié, de l’autoentrepreneur, etc.) : le travail abstrait. Dans ce sens où cette dimension du travail, que l’on ne voit pas directement empiriquement (c’est donc une dimension invisible), est l’inverse de sa dimension concrète et individuelle.

    C’est alors que le travail individuel dans son existence et sa justification, est subordonné à son autre caractère qu’il possède simultanément, ce caractère d’être du travail abstrait ; le travail individuel n’existe donc qu’en tant que partie du travail total abstrait. Le travail concret individuel est comme possédé au sens physique et charnel par une invisibilité qui le structure et l’habite totalement (le travail abstrait), si bien que ce travail abstrait (au travers de sa détermination temporelle) s’oppose à l’individu comme forme de domination impersonnelle et hostile. L’individu ne compte plus que comme support, comme porteur, comme créature du travail abstrait temporalisé, comme appendice de la machinerie du travail total abstrait renvoyant à la société de l’interdépendance généralisée. Et comme il est le seul à véritablement compter dans le processus de valorisation, donc ce travail abstrait exerce une forme de domination sur le travail concret, et même se l’incorpore totalement (le temps abstrait qui est la mesure de ce travail abstrait exerce lui aussi une forme de domination). C’est le travail abstrait qui consomme l’homme qui n’est considéré que comme son support, son porteur, son appendice, sa chose dont le travail abstrait est le véritable sujet. Nous ne consommerons les marchandises qu’en tant que le travail nous aura déjà consommé. Car le travail nous consomme, nous n’en sommes qu’un maillon jeté (et jetable !) dans l’impuissance de cette condition inhumaine où seul compte le « sujet automate » de la reproduction augmentée de la valeur. C’est elle le sujet, nous, nous en sommes les objets, les choses, les marchandises. Formidable inversion, et une inversion réelle qui n’a rien d’imaginaire, on le sait chacun dans sa chair lorsque nous le subissons. Qui ne travaille pas, ne mange pas. Et la valeur ne pourra jamais être mesurée empiriquement pour un individu donné, parce que le véritable travail que dépense le travail individuel, vient extérieurement au lieu physique de l’entreprise, à la tâche concrète et à la commande qu’il exécute, dont ils ne seront que les supports interchangeables à sa matérialisation en argent. Car la richesse sociale spécifique qu’est la valeur (qui n’a donc plus rien à voir avec la richesse matérielle), ne consiste que dans le travail abstrait incorporé dans les marchandises. Voilà le seul travail quand il atteint le niveau moyen du standard de productivité, qui intéresse vraiment une entreprise. Une entreprise ne « sauvera » alors des emplois que si les employés accepteront un tour de vis supplémentaire dans la rationalisation permettant d’atteindre le niveau de productivité moyen nécessaire à la survie de la seule finalité véritable de l’entreprise : faire de l’argent comme le poirier fait des poires. On dira alors, pour suivre la concurrence voire pour avoir un avantage momentané sur ces rivaux, « on brise l’organisation du travail pour densifier sa productivité, ou alors on licencie ». Le travail abstrait, comme forme de domination impersonnelle et de richesse sociale, est la seule chose qui doit être créée et sauvée si cela s’avère possible au regard du standard moyen de productivité et de rentabilité. Ce n’est pas du travail concret qu’un chômeur peut réclamer dans une société capitaliste, car seul le travail abstrait et sa mesure temporelle comptent et se subordonnent le reste.

    La valeur n’est donc qu’une forme sociale d’organisation. Elle est la création d’un lien social abstrait et extériorisé aux individus. Elle consiste dans le travail abstrait qui n’est qu’une forme d’organisation sociale, qui apparaît quand le travail n’est plus seulement une activité concrète produisant une valeur d’usage, mais quand il est placé dans un rôle de médiation sociale entre les êtres. Le caractère abstrait du lien social, séparé des individus et de la vie, s’est partout fait réalité morbide, tautologique et cannibalistique. Ce qui existait autrefois dans les sociétés précapitalistes comme contrainte directe d’une domination, s’est aujourd’hui transformé radicalement en un système automate de mise sous tutelle indirecte, impersonnelle et générale dans lequel les personnes ne comptent finalement pour rien.

    Quelques textes de base sur la critique de la valeur :

    Anselm Jappe, Pourquoi critiquer radicalement le travail ?
    Christian Höner, Qu’est-ce que la valeur ? De l’essence du capitalisme. Une introduction.
    Discussion avec Anselm Jappe autour de  » Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur « .
    Par Palim-Psao

  3. Bof …
    – total public debt ……. 141% of GDP (only Japan, Lebanon and Zimbabwe are higher)
    – household debt ……… 99% of GDP (highest in the world)
    – corporate debt …….. 317% of GDP (highest in the world, not even counting off-balance-sheet swaps and derivatives)
    total debt ……………… 557% of GDP (total crossed 500% of GDP for the first time less than three years ago )
    With unfunded portion of entitlement programs
    ………………………….. 840% of GDP

    The interest on the debt will consume all the tax revenues of the country.

    Japan’s recession is now 19 years old. It has the highest debt-to-GDP level (227%) of any industrialized country.

    Crushing Burden of Debt, Mike Shedlock
    http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2009/12/crushing-burden-of-debt.html

  4. La complicité du Gouvernement de Bush est tout de même évident. Cette crise des subprimes a été plus ou moins provoquée. La preuve c’est qu’un certain Paulson (pas le secrétaire au trésor) a joué en « différé » c’est effondrement et à gagné ainsi quelques milliards de $.

    1. La preuve c’est qu’un certain Paulson (pas le secrétaire au trésor) a joué en « différé » cet effondrement et à gagné ainsi quelques milliards de $.

      « a gagné »??? vous voulez sans doute dire en a profité pour subtiliser, truander, voler, s’approprier par ruse. Légalement, il ne risque sans doute rien de répréhensible, ça ne choque plus personne, mais légitimement… ? Essayez au moins, je vous en prie, de laisser au verbe « gagner » une certaine éthique et réservons le à ceux qui reçoivent un salaire en échange de leur force de travail .

    1. La progression des ventes de logements de 7,4 % en octobre s’explique par un rabais fiscal consenti aux ménages accédant à la propriété.

      33 % des maisons qui ont été vendues en octobre avaient ou bien été préalablement saisies ou avaient fait l’objet d’une vente à l’amiable par l’emprunteur à la banque qui lui avait accordé un crédit (opération à perte pour cette dernière).

  5. @Paul Jorion
    Quelle est votre point de vue sur le courant « décroissance », plus spécialement sur les travaux de Georgescu-Roagen?
    Si vous l’avez déjà exprimé (je prends ce blog en cours de route), pouvez-vous m’indiquer un lien svp?

    @ bruno

    Demandez un billet invité, non? 8) Merci!
    Je partage votre point de vue. Le branding de nos modes de vie a atteint un niveau de synergie tel qu’on en étouffe littéralement.Le contrat social est truffé de clauses abusives. Mais il n’est pas aisé de le résilier. Vous dîtes « Qui ne travaille pas, ne mange pas. » Dieu merci, les gens ne se laisseront pas crever de faim en regardant le productivisme les narguer.
    Enfin j’espère…

    1. Bonsoir,

      Je profite de la petite question de Pipas, pour enchaîner un petit peu. Je n’avais pas lu ce texte de vous Paul en 2008. Purée, faut dire qu’y a matière à lire ici ! Même si je comprend un peu votre position d’espérance, à laquelle je pourrais presque me rallier, dans le premier lien, résumé par ce « conquérons les étoiles », en contre poids face à une détresse nostalgique du sein de maman devant l’écrasement du réel, je n’y ai pas trouvé de contre argument rationnel et étayé concernant les travaux de Georgescu-Roagen comme demandé un peu plus haut. Doit-on en rester à une question de foi et d’enthousiasme ? Ou bien avez-vous couché sur le papier quelque part une réflexion plus… euh élaborée ?

    2. Nous ne pourrons éluder longtemps la question de la (dé)croissance.
      Quand j’entends le mot « croissance » utilisé en gargarisme du commentaire économique quotidien sur nos radios qui mentent, je me dis qu’on nage en pleine folie : l’archange Michel de la Croissance vaincra inexorablement le dragon Chômage ; consommateurs de tous les pays, unissez vous !
      Sauf que :
      1. pour consommer plus, il faut gagner plus
      2. pour gagner plus il faut travailler plus
      3. pour travailler plus, il faut produire plus
      4. pour produire plus, il faut vendre plus
      5. pour vendre plus il faut consommer plus

      La cavalerie de la croissance consumériste comme remède au chômage et à la misère nous mène droit dans l’impasse. Pour autant, si on reste dans cette même tautologie infernale du rapport travail-revenu, la dé-croissance (au sens de produire moins) pose autant de problèmes qu’elle prétend en résoudre.
      Mais n’y a-t-il pour l’homme qu’une seule façon de croître ?

    3. Que se passe t’il (chez les animaux) lorsque une espèce colonisatrice a colonisé tout l’espace et qu’elle vient à manquer ?

    4. @Iduunderstandanditsimpple

      http://www.drmillslmu.com/peakoil.htm

      Traduction partielle et rapide:

      Souvent, il existe une relation cyclique entre les populations de prédateurs et leurs proies. Cela permet de maintenir les populations des deux espèces en équilibre.

      Mais, qu’est-ce qui se passe quand il n’y a pas de prédateurs?
      Cette question a été abordée dans un document rédigé par David Klein,
      «Introduction, accroissement et effondrement des rennes sur l’Île Saint-Matthieu.»

      Klein a signalé qu’en 1944, 29 rennes ont été introduits dans l’Île Saint-Matthieu. Au départ il y avait une source de nourriture abondante, et la population de rennes a augmenté de façon spectaculaire. Il n’y avait pas de prédateurs pour réduire la population.

      Environ 20 ans après leur introduction, les rennes avaient dépassé la capacité alimentaire de l’île, et il y a eu une soudaine mortalité massive. Environ 99% de la rennes sont morts de faim.

    5. Dans le second article j’ai relevé : « l’espèce est foncièrement « colonisatrice » et qu’il ne me paraît pas réaliste – c’est l’anthropologue social qui parle – de considérer qu’il lui soit possible de 1) ralentir, 2) stopper, 3) enclencher la marche–arrière. » : tout à fait d’accord, l’humanité serait bien incapable d’accomplir volontairement les steps 1, 2 et 3. Mais elle devra les subir faute d’énergie à bon marché pour continuer comme maintenant.

  6. Hello,

    Je ne prend pas souvent la parole mais je tiens a apporter un temoignage au sujet de ces prets ARM. Ayant habite 4 ans Boston (postdoc & TF a Harvard), j’y ai rencontre une americaine. « Proprietaire » de son appart/residence principale la bas, eduquee (mais pas en finance!), etc. Nous habitons maintenant en France, et je me suis penche voici 1 an d’un peu plus pres sur son emprunt immobilier: ce que j’ai decouvert m’a donne des sueurs froides. La banque (Wells Fargo, pas le tout venant) lui a prete une somme en lui proposant un « taux fixe ». Profitant de sa naivete (on va appeler ca comme ca, par charite), on lui a en fait prete a un taux de ~6% une somme dont elle rembourse uniquement les interets pendant 5 ans, plus… 1$ de capital!
    Pendant ces 5 ans, ce taux est effectivement fixe. Apres, non seulement le taux devient variable (sans doute une bonne chose a l’heure actuelle), mais le capital arrive: resultat, le mortgage passe de ~1300 a 2400$/mois. Chose amusante, les banques US ne donnent pas d’echeanciers, ne savent meme pas ce que c’est…

    La question que je me posais est la suivante: la banque a-t-elle place de l’argent sciemment a 6% pendant 5 ans aupres d’un particulier desirant acheter sa residence principale sachant que cette personne n’a pas les moyens de rembourser des la 6eme annee, mais va tout faire pour essayer, eventuellement se declarer en faillite personnelle? Malgre tous les discours sur la responsabilite individuelle, etc., c’est d’un cynisme sans fond et c’est absolument scandaleux de laisser faire ce genre de manipulation.
    Mon espoir a l’heure actuelle est d’attendre que l’economie US et le $ se cassent tellement la gueule que nos salaires en euros couvriront les remboursements… mais vu le graphe presente dans ce post, je me dis qu’il vaudrai mieux se debarasser de cet encombrant appart au plus vite (meme si a Boston le marche est plutot stable…)

    1. PS: la 6eme annee de ce pret debile commence dans 18 mois pile poil…. souhaitons bonne chance aux banques, parceque ce coup la je doute qu’on arrive a les sauver aussi gentiment avec l’argent public que l’annee derniere. Seule consolation, la presidentielle en France a l’air d’etre en plein dans l’apotheose finale… ce qui surviendrait a point pour souligner la brillance avec laquelle le capitalisme a effectivement ete moralise par notre petit timonier.

    2. celà montre bien qu’il y a longtemps que les principaux acteurs (les concepteurs et leurs « éxécutants ») de cette crise sont au courant de là situation qui « murit » depuis 2007..
      pour en savoir plus sur les raisons qui les ont poussés à une pareille dénégation mériterait une analyse macro-psychologique de tout ce petit monde..

  7. Comment les gens peuvent s’en sortir ? Un petit laius sur le chapitre 13, la faillite personnelle,rendre les clés..svp

  8. SUBPRIMES

    décembre janvier février avril juin juillet août septembre octobre novembre décembre janvier février mars avril mai juin août septembre octobre
    Percent of Loans with a Current Payment
    61,96% 61,70% 62,00% 61,40% 59,50% 58,30% 57,30% 55,50% 54,80% 54,30% 51,8% 51,5% 51,4% 51,8% 52,8% 52,2% 51,3% 50,40% 49,1%
    Percent of Loans with a Payment 30-59 Days Past Due
    10,93% 10,30% 9,50% 9,50% 9,70% 10,00% 10,20% 11,00 10,80% 10,70% 11,5% 11,0% 10,5% 10,1% 9,3% 9,6% 9,9% 9,80% 10,0% 9,9%
    Percent of Loans with a Payment 60-89 Days Past Due
    5,50% 5,30% 4,80% 4,80% 5,00% 5,10% 5,30% 5,60% 5,80% 5,80% 6,4% 6,4% 6,0% 5,6% 5,4% 5,2% 5,4% 5,50% 5,7% 5,8%
    Percent of Loans with a Payment 90+ Days Past Due
    8,25% 8,50% 8,60% 8,70% 9,00% 9,20% 9,70% 9,90% 10,40% 11,00% 12,3% 13,0% 13,6% 14,1% 14,2% 14,7% 15,1% 16,50% 17,7% 18,7%
    Percent of Loans in Foreclosure
    8,64% 9,00% 9,60% 9,80% 10,40% 10,70% 10,70% 11,00% 11,10% 11,30% 11,2% 11,4% 11,8% 12,1% 12,6% 13,0% 13,4% 13,50% 13,5% 13,6%
    Percent of Loans in REO
    4,72% 5,10% 5,50% 5,70% 6,40% 6,60% 6,90% 7,10% 7,10% 7,00% 6,8% 6,7% 6,6% 6,3% 5,8% 5,3% 4,9% 4,30% 4,0% 3,8%

    Alt-A

    décembre janvier février avril juin juillet août septembre octobre novembre décembre janvier février mars avril mai juin août septembre octobre
    Percent of Loans with a Current Payment
    87,01% 86,00% 85,30% 84,80% 82,80% 81,60% 80,70% 79,20% 78,20% 77,00% 74,7% 73,6% 72,4% 71,2% 71,1% 70,4% 69,5% 68,5% 67,4% 66,4%
    Percent of Loans with a Payment 30-59 Days Past Due
    4,46% 4,40% 4,40% 4,10% 4,20% 4,50% 4,60% 5,10% 5,00% 5,20% 6,0% 5,7% 5,6% 5,6% 4,8% 4,9% 5,1% 4,9% 5,2% 5,3%
    Percent of Loans with a Payment 60-89 Days Past Due
    1,98% 2,10% 2,00% 2,10% 2,20% 2,20% 2,30% 2,50% 2,60% 2,70% 3,2% 3,4% 3,4% 3,3% 3,2% 3,0% 3,0% 2,9% 3,0% 3,1%
    Percent of Loans with a Payment 90+ Days Past Due
    2,35% 2,60% 2,80% 3,00% 3,40% 3,70% 4,00% 4,30% 4,80% 5,40% 6,1% 6,7% 7,4% 8,0% 8,2% 8,7% 9,1% 9,6% 10,1% 10,7%
    Percent of Loans in Foreclosure
    2,88% 3,30% 3,80% 4,10% 4,90% 5,20% 5,60% 5,80% 6,00% 6,30% 6,7% 7,2% 7,7% 8,3% 9,3% 9,8% 10,3% 10,8% 11,1% 11,4%
    Percent of Loans in REO
    1,33% 1,60% 1,80% 1,90% 2,50% 2,70% 2,90% 3,20% 3,30% 3,30% 3,4% 3,4% 3,5% 3,6% 3,4% 3,2% 3,2% 3,2% 3,2% 3,1%

    Foreclosure: fin du contrat – Expulsion
    REO: Expulsion – Objet remis en vente

    Les Alt-A sont moins répandus que les Subprimes, par contre 90% d’entre eux ont été titrisés, contre 50 % pour les subprimes

    Par Wesson sur avox
    « Les prêts hypothécaires Américains étant dans leur très grande majorité garantis par la maison elle même, dès lors que l’on ne peut plus payer il suffit de rendre la maison pour que la dette soit totalement soldée. En pratique, cela veut dire que si une maison possède une valeur de revente inférieure voire très inférieure au montant du prêt restant à rembourser, le propriétaire a tout intérêt à rendre sa maison à la banque, ce qui aura pour effet d’annuler la totalité de sa dette, en principal comme en intérêt. C ’est alors la banque qui doit douloureusement écrire dans ses comptes la différence et constater la perte. Ce cas de figure s’appelle le « negative equity », en très forte hausse ces derniers temps.
    La somme totale donne le vertige. C’est pas moins de 1 million huit cent mille milliards de dollars (1,800,000,000,000,000 $) de crédits à taux variables qui seront arrivés au reset d’ici début 2013. Si le taux de défaut (comprenant les gens qui ne peuvent plus payer + les gens qui rendent purement et simplement leur maison) avoisine les 5%, avec une valeur de l’immobilier en baisse de 33%, les banques totaliseront une perte de quinze mille milliards de dollars (15,000,000,000,000) d’ici à 4 ans, ce qui est une somme tout simplement insupportable y compris pour le contribuable américain »

    Malheureusement on en est déjà à plus de 11%

    1. Pouvez-vous me confirmer que, à la différence de ce qui se passe aux Etats-Unis, c’est vrai qu’une dette immobiliere en Angleterre ne s’efface pas même quand vous rendez les clefs de la maison à la banque.
      La famille reste donc redevable à la banque de la différence entre le prix de revente du bien immobilier et les sommes empruntées plus intérêts dûs.

      Est-ce bien cela ?

  9. @Romain

    Oui, a Boston, le marche est plutot stable. Et c’est ce qui m’etonne. J’habite dans le Sud du Maryland et il est plutot stable aussi. C’est le cas egalement des quartiers non sinistres de Washington DC. Des amis a New-York me disent que les prix autour d’eux n’ont pas vraiment baisse. Donc a part quelques niches averees genre immobilier secondaire en Floride ou Californie ou zones industrielles devastees genre Detroit, les prix reels sont plutot stables. Est-ce le calme avant la tempete? Plutot stables, c’est quand-meme toujours le double d’il y a 10 ans. Le Case Schiller dit meme que les prix montent. Alors?

  10. J’avoue que je commence à décrocher des analyses noires de ce blog pourtant merveilleux. Je décroche progressivement à mesure que vos points de vue sont ébranlés par les résultats : http://bit.ly/8gO63f.

    1. Il semble que la période des fêtes soit propice à la monté des indices boursiers, ceci étant un effet purement psychologique dû a l’euphorie festive. L’article utilise plusieurs fois le mot « traditionnel », sans en tirer les conséquences.

    2. Si vous étiez un bourssicoteur avisé, à la lecture de ce lien, il est justement temps de vendre .. vendre toujours à la hausse. Ce rush boursier haussier de fin d’année prédispose justement de ventes massives dans quelques jours.

      C »est un « classique » de la bourse en chaque fin d’année.

    3. Pessimisme outrancier ou lucidité de Paul Jorion et quelques autres? Optimisme démesuré ou clairvoyance de Wall Street et quelques autres?
      Chacun jugera.

      Si la hausse des bourses hier se justifie par une amélioration réelle* de l’immobilier aux USA – quand on sait en outre que plus tôt dans la journée la révision du PIB états-unien à 2.2% au T3 (après des prévisions de 3.5 puis 2.8) a eu peu d’influence sur les cours -, l’analyse est rapide : à quelques jours des fêtes de fin d’année, les bourses veulent la hausse à tout prix.

      * Paul Jorion dit : « La progression des ventes de logements de 7,4 % en octobre s’explique par un rabais fiscal consenti aux ménages accédant à la propriété.

      33 % des maisons qui ont été vendues en octobre avaient ou bien été préalablement saisies ou avaient fait l’objet d’une vente à l’amiable par l’emprunteur à la banque qui lui avait accordé un crédit (opération à perte pour cette dernière). »

      Une amélioration réelle donc…

    4. Pascal si vous lisez ce blog vous avez dû constater la décorrélation des indices boursiers d’avec le réel?
      Le CAC c’est..euh… les lunettes de l’autruche.?

    5. Pour en rajouter une louche, parlons Masse monétaire (M1/M2/M3), les chiffres publiés en novembre sont loin de montrer une reprise et une base solide du rallye boursier qui est sur le chemin en ce moment. Pour mémoire la M3 estimée et surtout la différence (M3-M2) (le crédit privé se sont contractés en 2009 aux US) est passé de 17% l’an en 2008 à 2% fin 2009… pour un signe de reprise il est plutôt un signe de sauve qui peut….

      mes 2$

    6. Bonjour,
      travaillant dans le milieu de la finance, croyez-moi, les mouvements de la bourse ne doivent pas être interprétés comme le font les journaux ou les observateurs.
      Pour une raison simple : les marchés ne réagissent pas aux évolutions de l’économie réelle mais aux flux. C’est les ordres d’achats et de ventes qui font la tendance.
      Quand vous avez des montagnes de liquidité fournies gratuitement par les Banques Centrales, que les Etats injectent des ressources dans l’économie, via des plans de relance, et que tout est fait pour stabiliser la finance; et bien naturellement, celle-ci résiste et en profite. Depuis maintenant de nombreux mois, les fonds monétaires américains perdent, certaines semaines, jusqu’à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces montagnes d’argent viennent s’investir sur des actifs risqués comme les actions, soutenant le marché. Les taux sont tellement bas que les gérants sont obligés de prendre un peu risque s’ils veulent faire de la performance et éviter d’être à la traîne dans les classements..

      2e chose : la sagacité des opérateurs financiers est mauvaise. Ils en savent moins que vous sur les principaux débats que ce blog évoque.

      Et dernier point: beaucoup d’opérateurs ont soldé leurs jours de congés en cette fin d’année. Les marchés montent afin de permettre un habillage des bilans qui mettra en valeur la performance sur l’année des OPCVM et autres hedges funds.
      Cette montée n’a aucune signification, elle résulte plus de conventions et ne mérite aucune interprétation relative à une amélioration quelconque de l’état de santé de l’économie.

    7. @ Pascal C
      C’est que vous êtes trop superficiel dans votre analyse à vous… Mis à part les citoyens lambda et quelques petits poissons, la bourse est le terrain de jeu de quelques gros requins, et ceux-la ont des raisons à eux, munies d’information d’initiées et de prospections en ce qui concerne les possibles actions des autres requins, pour déployer leurs propres stratégies et anticiper des retours lorsque la grande masse ignorante suit la direction qu’ils induisent.

      Moi, à ce stade du jeu… sans accords économiques à vue, sans accords climatiques à vue…, ce que je prédis c’est un effondrement complet du système financier. C’est à dire… l’argent électronique (comptes en banque) ne vaudra plus rien, et l’argent papier à peine pour s’essuyer le derrière. Dans ce cas, il faudrait peut être faire une analyse de corrélation entre les titres qui sont achetés par les spéculateurs sérieux et la valeur matérielle (non monétaire) des actifs de ces entreprises. Quand l’argent perd la confiance comme détenteur intermédiaire de valeur… on commence à s’en passer et on cherche à s’emparer directement des objets faisant valeur.

      Les initiées achètent ce qu’il faut en savant, le reste fait un écran de fumée en achetant n’importe quoi décidant avec des critères non-optimaux. Ceux qui vendent… et bien on les aura bien forcés en créant la situation de pénurie dans laquelle nous nous trouvons.

    8. Il est évident que ce blog se nourrit de mauvaises nouvelles…
      Et qu’un semblant de reprise le désagrégerait…
      La possible déliquescence du système n’est cependant pas je crois son seul objet .Et c’est ce qui fait son intéret.

    9. Peut-être que je me trompe mais, l’un des éléments majeurs qu’on retrouve tant dans les billets que ce blog propose que dans leurs commentaires, c’est l’établissement du fait que le comportement de la finance ne trouve pas (ou plus) la moindre corrélation avec celui de l’économie réelle, et par suite, la tentative d’en expliquer – en profondeur – les causes, d’en dégager des conséquences.

      Peut-être que je me trompe encore en pensant que ce blog fut à son origine considéré par certains lecteurs comme un outil d’information leur permettant de boursicoter « en toute connaissance de cause » comme la théorie néo-classique en pose la nécessité.

      Peut-être que je me trompe toujours en envisageant qu’à mesure que le temps passe, la décorrélation entre finance et économie réelle refaisant surface (c’est la définition même d’une bulle, si les quelques notions d’économie financière dont je dispose sont justes), ce site n’offre plus autant d’intérêt à ceux qui venaient juste y chercher « le dernier bon tuyau » pour gérer leur portefeuille.

      Peut-être que je me trompe enfin, en espérant que la portée de ce site ne puisse se résumer en un simple guide de boursicotage pour les nuls…

      P.S. Opposer l’analyse d’un des médium parmi les plus conventionnels (consensuel, « main stream », bref) à celles proposées sur ce blog révèle à mon sens un malentendu qui semble encore exister entre lecteurs et auteurs.

    10. Il est évident que ce blog se nourrit de mauvaises nouvelles… Et qu’un semblant de reprise le désagrégerait…

      Oui, c’est une tradition inaugurée par le premier billet (il y a bientôt trois ans) : Le déclenchement de la crise du capitalisme américain.

      Ceci dit, les vraies bonnes nouvelles – comme l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix – seront accueillies avec une très grande satisfaction… ainsi qu’une reprise due à une augmentation des salaires – et non en raison des opérations spéculatives sur fonds propre des banques.

    11. @pascal C

      Je comprends un peu votre point de vue ..et c’est vrai qu’on voit ici et là une tendance certaine à attendre l’apocalypse et même à s’en réjouir. Les Allemands appellent cela la « Schadenfreude »

      Mais je crois qu’il faut prendre cela avec du recul et prendre la mesure de la nouveauté de ce qu’apporte ce blog. ( ou au moins les thèmes mis en avant par P J . Certes le fin mot sur tout, n’a pas encore été dit, mais ce blog ouvre une voie dans la réflexion critique, une voie que l’on s’obstinait à fermer dans les milieux intellectuels ces 100 dernières années : celle de l’institutionnalisation . Chose cohérente avec cette démarche, le blog s’astreint à tenir des analyses les plus précises et factuelles possibles (-même peintes en noir) ce qui tranche avec le subjectivisme ambiant. C’est sans doute pour cela que beaucoup le lisent y compris dans les milieux « honnis » de la finance.

      Partant de là je trouve normal que se manifeste une certaine « schadenfreude » sur ce blog, même si je pense qu’elle risque d’être déçue (au moins à court terme). Cela veut dire que nous n’avons pas encore abandonné l’ancienne manière de « réflechir » : celle qui conduit les gens à attendre d’une crise économique – E Mandel disait « de l’irrationnalité capitaliste  » – la solution à nos difficultés… sans que nous ayons à lever le petit doigt ( sauf pour manifester le jour du grand soir) Celle ci a tellement marqué le débat politique depuis deux siècles qu’il est difficile de faire autrement.

      Mais il n’y a pas que cela sur ce blog, il y a aussi et souvent chez les mêmes auteurs la volonté de réflechir en termes nouveaux , notamment éthiques, et de prendre ses responsabilités.

      Faites donc la part des choses car la réflexion a besoin de gens comme vous.

      amicalement

    12. Une courbe ascendante des indices boursiers à la veille de Noël, c’est un « résultat »?

      Si un empiriste stricto sensu se jette du haut d’un immeuble de 80 étages, arrivé à l’entresol il est plus convaincu que jamais que rien de dommageable ne peut lui arriver. Et c’est bien pour cela qu’il a tenté l’expérience.

    13. @ Pascal C et suivant;

      Super, merveilleux, poétique, j’ai nommé la bourse
      et ses effets sur l’innocent en quête de renseignements;
      des info sûres, de 1.ère main, « le tuyau donné par le cheval » dirait
      un turfiste.
      La bourse, comme le casino, est le moteur
      d’une vie pleine et accomplie : richesse, intelligence et poésie.
      Imparable et à portée de main: vous ne pouvez hésiter.

      Pour sûr que c’est ici que sont les meilleurs chartistes , ceux
      qui font de la topologie multidimensionnelle divinatoire, les meilleurs
      commentateurs et les meilleurs analystes .
      Extraits:
       » la bourse décide ……. ; ( simple raccourci anthropomorphique)
      correction technique;
      prise de bénéfice;
      le dollar monte, achetez;
      l’euro monte, vendez;
      la bourse recherche la stabilité, la transparence …;
      la bourse souffre;
      la bourse, tranquilisée par les déclarations apaisantes de ……;
      ( variantes de raccourcis anthropomorphiques)
      reprise, reprise, reprise, ……, reprise, …. reprise, … reprise,…
      (une idée de l’infini opératoire, selon les Grecs, 2 siecles AJC)
      etc …  »

      Ici, vous tirerez profit de l’expérience accumulée par des centaines d’intervenants
      attachés sans relache à traquer l’info. que les autres – vos concurrents en bourse-
      n’auront pas, ou trop tardivement. Etre le premier à réagir restera un plus
      de votre responsabilité; ils vous y aiderons. Foncez , et ramassez la mise.

      Ici, sur ce site consacré à l’ analyse financière de hauts niveaux
      vous trouverez, vous le bourseux plein d’espoir, les oracles
      qui sauront satisfaire vos rêves les plus originaux:
      gagner du pognon et faire un pied de nez à cette société envahissante.
      La bourse est assignée à cet objectif : votre légitime pognon; c’est son
      rôle sacré. Elle n’y faillira pas.
      Elle n’y faillira pas parce que Vous le valez bien.

      PS0 : n’oubliez pas le juste rétribution du tôlier.
      PS1 : les commentaires bourseux sans distanciation m’indisposent
      légèrement.

    1. Cher FD

      Je rentre de Venise.
      Place St Marc c’était Aqua Alta et….1/8 des boutiques « chiuso ».
      C’est pourtant assez commercial ce coin!
      Surtout des nuées de touristes chinois qui se vengent à froid des moqueries de Marco Polo au sujet de la pasta.
      Le caffé Florian est à « rafraichir » point de vue peinture et les vestes des serveurs effilochées…

      Il doit y avoir un mèche allumée aussi dans les galeries commerciales autour de WalMart ,Leclerc (ah?) et Casino…

    2. De mon coté, les Japonais et Chinois sont encore la population majoritaire au Mont Saint Michel.
      Mais la saison n’est pas significative en terme de CA.

      Dés que je verrai la Mère Poulard s’éclairer à la bougie pour cuire l’omellette, je commencerai à m’inquièter.

    3. Vous n’avez pas eu de coupures EDF de votre côté du Couesnon par hasard?
      De toutes façons la mère Poulard fait ses omelettes pour chinois au gaz…tant qu’il y en a.

    4. AH, je suis au sud du Couesnon. Et je fais confiance à notre esprit Breton qui aurait immédiatement fustigé l’état si la moindre coupure d’électricité avait eu lieu.

      Quoique… nous avons un « léger » problème. Seul 8% du besoin de courant breton est fait en Bretagne…
      Ca va nous gêner lors de la déclaration d’indépendance.

  11. Romain
    « la banque a-t-elle place de l’argent sciemment a 6% pendant 5 ans » … NON, elle a fait du crédit , c’est très différent: elle n’a en aucun cas « placé » son propre argent.

    1. Bien sur elle fait du credit, mais preter de l’argent a des personnes uniquement capables de rembourser que les interets, ca me semble un peu cynique, comme concept. A l’issue des 5 ans, dans l’hypothese ou le marche est au moins stable, le bien est revendu, la banque se rembourse, et l’emprunteur se retrouve gros jean comme devant apres avoir depense plus que pour un loyer durant toute cette periode.
      C’est dans cette optique que je parle de « placement »…

  12. Pascal C, il ne faut pas décrocher maintenant, c’est le moment le plus croustillant : des bourses aux plus haut avec de l’argent à 0%, et le peuple avec 0 dans les poches.
    Feux d’artifice prêt pour le jour de l’an.
    Ce n’est pas un tableau noir, dans un système c’est la logique qui dit toujours le dernier mot. Donc l’euphorie de la bourse n’est qu’une drogue pour ne pas voir la vérité, car on n’aime pas la vérité !

    Bonjour chez vous

    1. >nop

      Ce n’est pas un tableau noir, dans un système c’est la logique qui dit toujours le dernier mot.

      Mmmh… Pas forcément d’accord avec cette analyse! Ca se saurait si tout était rationnel et logique dans le système actuel! Les acteurs en présence ne prennent pas leurs décisions sur des critères rationnels en suivant la raison, basées sur la soi-disant omniscience de l’homo economicus! Souvenez vous de la phrase de Keynes sur l’esprit animal (The General Theory of Employment, Interest and Money (1936)):

      Even apart from the instability due to speculation, there is the instability due to the characteristic of human nature that a large proportion of our positive activities depend on spontaneous optimism rather than mathematical expectations, whether moral or hedonistic or economic. Most, probably, of our decisions to do something positive, the full consequences of which will be drawn out over many days to come, can only be taken as the result of animal spirits – a spontaneous urge to action rather than inaction, and not as the outcome of a weighted average of quantitative benefits multiplied by quantitative probabilities.

      Peut-on utiliser la logique pour prédire le devenir d’une situation qui n’est pas uniquement dictée par elle? Le débat là dessus est loin d’être clos! En tous cas, quelque chose me dit que la réponse de la théorie néo-classique (ça ressemble à : y’a qu’à faire comme si tout le monde était un homo economicus, sinon c’est trop complexe à modéliser) n’est pas super au point…

  13. Cher Pascal C, votre lien étant erroné, j’aimerais que vous nous en dites un peu plus. Quels points de vue de ce blog, seraient selon vous infirmés par quels résultats probants? Résultats bien entendu qui ne sauraient être ni les indices boursiers, gavés d’argent gratuit de la FED, ni les stats US, soviétisées à outrance…

  14. Je suppose que les crédits « prime » ont été titrisés de la même manière que les subprimes, et que par conséquent ils font peser le même risque que ces derniers. Qu’en est-il des « Alt A », dont je ne comprends pas le sens?

  15. J’aimerais apprendre à voleter afin de surmonter ces montagnes virtuelles(courbes), peut être que l’homme de finances sait déjà flouer,cambrioler, voler et dévaliser pour franchir la prochaine montagne. 8)

  16. Pas si noir puisque Johny H. n’est pas mort.

    Le labo qui fait le Prozac c’est Lily.
    Vous pouvez acheter c’est vert pour eux.
    Par contre n’arrêtez pas le traitement trop vite il parait que çà mène à la …dépression.

  17. Mais pourquoi la bourse baisserait-elle? Les banques centrales distribuent de l’argent gratuit à profusion aux banques privées et celles-ci ne prêtent pas cet argent à leurs clients, donc il faut bien que cet argent aille quelque part. D’ailleurs, on ne parle pas de la bourse sur ce blog, on « s’amuse » même de la voir monter alors que tout s’écroule autour d’elle.

    1. oui mais un jour les banques centrales devront arrêter de distribuer de l’argent gratuit à profusion :
      parce qu’il y a à terme un risque d’inflation donc il faudra bien faire remonter les taux
      parce que les dettes publiques explosent
      parce que la croissance ne repart pas (reprise artificielle grâce aux plans de relance trop coûteux) et le chômage ne cesse de monter
      chaque semaine de nouvelles banques font faillite aux USA
      Il y a une probabilité que les marchés s’effondrent à nouveau l’année prochaine et là les Etats ne pourront plus payer les pots cassés car les opinions publiques ne l’accepteraient pas.
      Bonne année 2010 tout de même.

  18. @ P. Jorion

    Cette deuxième vague est évoquée depuis un bon moment et des nombreuses versions du graphique du crédit suisses ont fait l’objet de longues discussions d’interprétation dans différentes blogs américains tels que ‘calculated risk’, ‘naked capitalism’ depuis 2007 (voir http://www.nakedcapitalism.com/2007/10/why-countrywide-is-modifying-mortgages.html) ou encore Healdsburg Housing Bubble (qui a notamment critiqué le fameux graphique du crédit suisse dans un post intitulé ‘Reset chart from the credit suisse has a major error’ disponible à l’adresse : http://healdsburgbubble.blogspot.com/2009/05/reset-chart-from-credit-suisse-has.html). A en croire ce dernier blog les pertes liées à cette deuxième vague s’étaleraient sur une durée plus longue que ce que les données du crédit suisse font penser et seraient donc plus maîtrisables étant donné les facilités et garanties diverses accordées par les gouvernements et Banques Centrales. Qu’en pensez-vous?

    Les informations sur cette deuxième vague sont donc désormais bien connues et discutées. Je reste cependant très circonspect sur le fait que les estimations des pertes du secteur bancaire d’ici fin 2010 des grandes institutions dont FMI et de la BCE par exemple intègrent effectivement l’impact de cette deuxième vague. Je me suis notamment penché sur la méthodologie utilisée par le FMI dans son dernier rapport sur la stabilité financière globale d’octobre 2009 et le rapport supose notamment que les prix actuels des actifs problématiques reflètent correctement leur valeur réelle… Ce qui me semble pour le moins osé dans le contexte actuel.

    Plus récemment La BCE a notamment revu à la hausse (la semaine dernière) son estimation des pertes des banques de l’eurozone de 500 à 553 milliards d’euros dont 187 milliards ne seraient pas encore actés dans les bilans. Ces nouvelles estimations de la BCE sont en ligne avec les prévisions du FMI d’octobre dernier.

    J’ai tendance à me dire la chose suivante : soit le secteur bancaire, le FMI, la FED, la BCE et le Commission européenne ont la conviction intime que les largesses offertes par les pouvoirs publics et l’évolution escomptée de la conjoncture seront de nature à amortir ces pertes sans passer par un nouvel effondrement des marchés financiers en 2010, soit nous sommes devant une campagne de désinformation qui frôle les théories du complot les plus abouties…

    Qu’en pensez-vous? Quel est de votre point de vue le degré d’intégration de cette deuxième vague dans les estimation des pertes annoncées?

    1. Et s’ils n’en savaient pas plus que nous au bout du compte et qu’ils se contentaient de croiser les doigts ???
      dites le pour rire !!!

  19. J’aimerais bien que quelqu’un m’explique ceci.

    Posons-nous la question des commencements, les progrès imperceptibles des commencements comme dit Rousseau. Faisons un peu de phylogenèse.

    Imaginons une île précapitaliste, de 100 000 personnes travaillant dans l’agriculture, l’artisanat *vivant en autarcie*. Sur cette île débarque un jour une petite usine d’automobile moderne, pourvue de matières premières, de chaines de montages, de robots etc. Cette usine produit pour une population supérieure aux ouvriers qu’elle emploi, par définition sinon le profit n’existe pas, et en pratique également. Elle a besoin de consommateurs natifs de l’île. Ajoutons à cette première industrie quelques autres du même genre, l’ensemble des employés des ces 3-4 industries est insuffisant pour acheter la production de leur outils de production, et l’industrie ne se déploie que grâce à l’environnement précapitaliste de l’île. Sans quoi, les 3-4 usines feraient faillites immédiatement, si leur production reposait sur la consommations de leurs seuls employés. Il n’y a pas à tergiverser, même pour faire plaisir à Say, et pour faire plaisir au théoriciens de l’offre, nous voyons bien qu’il serait fou pour le pdg de dépenser systématiquement tout son argent et qu’il serait également fou de construire une autre usine.

    Bref, si la population entière de l’île est employée elle doit exporter. Par récurrence nous devons conclure que n’importe quelle zone capitaliste doit exporter vers des zones non capitalistes ou vers des personnes qui s’endettent. A ceci il n’y a aucun remède c’est pourquoi même avec les mesures que propose P Jorion sur ce blog, le problème de la surproduction inhérent au capitalisme ne sera pas résolu, et c’est pourquoi il n’y aura pas de sortie de crise. Pour comprendre ceci, nul besoin de regarder un chiffre d’une quelconque statistique, il suffit de réfléchir à quelque chose de très simple. Ceci est aussi élémentaire que P = mg, la loi de la gravitation.

    http://www.webphilo.com/textes/voir.php?numero=453061244

    … et cependant que vois-je de cette fenêtre, sinon des chapeaux et des manteaux, qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts ? Mais je juge que ce sont de vrais hommes, et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux.

    1. >Lisztfr

      Il y a quelque chose d’étrange dans votre raisonnement: vous partez d’une société pré-capitaliste et vous en déduisez un comportement pour toute zone capitaliste.
      Dans votre exemple, il me semble qu’on parle plus d’une zone capitaliste extérieure à votre île qui décide d’implanter sur cette île ses usines pour des raisons de coûts. C’est la zone pré-capitaliste qui devient exportatrice et la zone capitaliste importatrice.
      Plus généralement, c’est le concept de zone capitaliste qui me pose problème. De ce que je comprends, il y a confusion entre société capitaliste et société industrielle. Dans votre exemple, ce n’est pas parce que l’île est au départ essentiellement rurale à revenus agricoles qu’elle n’est pas capitaliste.

      Le problème de la surproduction n’est pas lié au lieu de production, mais simplement au fait que l’ensemble des acteurs anticipe une demande future qui se réalisera ou pas. Dans la négative, il y a surproduction, dans l’affirmative non. Je ne vois à dire vrai pas le rapport avec l’effet de délocalisation qu’illustre votre exemple…

    2. Cà rappelle la 3° loi de la thermodynamique çà.
      Il n’ y a d’équilibre que par échanges.
      De richesse en l’occurence.
      Les riches vendent aux pauvres.
      Pour qu’il y ait un peu de très riches il faudra toujours beaucoup de pauvres.
      Quand on n’en a pas on en importe.
      Lavoisier et Carnot n’étaient pas des économistes mais il y a comme une loi du tout aussi dans ces domaines.

    3. Encore un nouveau type de crédit tout aussi toxique : c’est à se demander si les gens qui pensent de tels crédits ne seraient pas de vrais délinquants (qui auraient eu une brillante scolarité)
      On est dans une société du crédit et à force de s’endetter, il était évident qu’un jour on aurait ces problèmes mais ce qui est impressionnant c’est que l’on aurait pu penser que de tels crédits n’étaient vendus qu’aux classes populaires (voire les classes moyennes); or ça concernerait même les classes supérieures (celles qui peuvent se payer une maison de plus de 1 millions de dollars)…
      Cette société du crédit n’a été rendue possible que par les dérèglementations monétaires depuis 1971 et notamment la fin de la convertibilité or-dollar. Repenser la monnaie est une des clés de la sortie de « dépression ».
      Il y a une question qui me taraude : quelles seraient les conséquences politiques, économiques et sociales si les pays du G20 décidaient de ne pas honorer les dettes qu’elles ont accumulées et d’effacer les dettes des ménages surendettés ?

    4. @ Lisztfr:

      « Cette usine produit pour une population supérieure aux ouvriers qu’elle emploi, par définition sinon le profit n’existe pas »

      Ce qui reviendrait à dire que le prix de vente d’une unité produite serait strictement égal au coût de l’emploi d’un ouvrier. Une justification pour cette hypothèse serait bienvenue…

    5. @Tchita

      Les employés de toute usine ou entreprise dans le monde ne peuvent consommer ce qu’ils produisent, il suffit réfléchir aux conséquences de cela, et de généraliser. Ce que l’on constate au niveau de l’entreprise se retrouve à un échelon supérieur au niveau de n’importe quel groupement d’entreprises ou addition d’entreprises, prises de n’importe quelle façon, sans considérations géographiques aucune.

      Le système n’est pas propice à l’autarcie, or la planète est autarcique à elle-même. Comme l’a dit Krugman. Qui peut le contester ? Groupez les entreprises comme il vous plaira, il faudra toujours des consommateurs en supplément des employés pour équilibrer les bilans et absorber la production.

      -Les issues ? Le crédit = consommateurs qui ne produisent rien

      Anticipations ou pas, il n’y a pas moyen d’en sortir.

  20. @ Pascal C

    Faut –il encore attacher une quelconque signification économique au comportement des Bourses ?
    Rappelez vous qu’il y a peu le Dow Jones avait…bondi à l’annonce de mauvaises nouvelles de l’économie US, ce qui impliquait que la FED n’était pas prête à relever ses taux directeurs et donc que les banques pouvaient continuer à jouer au casino…
    Les bourses évoluent aujourd’hui dans la sphère du Capitalisme financier qui a pris le relais du Capitalisme industriel comme moteur de la « profitacion » ; l’investissement dans la production a en effet cessé d’être suffisamment rentable, tout juste bon pour des chinois ou autres pays de basse pression salariale.

  21. Bonjour, vous nous présentez aujourd’hui des nouvelles qui ne font que corroborer ce que nous savons déjà depuis plusieurs mois. Il est alors intéressant de se demander ce qui va se passer lorsque cette nouvelle bulle sera « mûre ». Pourra-t-on assister à nouveau plan de sauvetage massif des banques mondiales au moment où les banques centrales inondent ces dernières de liquidités ? De plus, pourra-t-on occulter encore longtemps la question de la modification des normes comptables des banques ?
    Dernier point sur lequel j’aimerais insister : avec les prêts compris entre 0 et 1% accordés par la BCE aux banques européennes (qui prêtent ensuite aux états à des taux beaucoup plus élevés!), comment se fait-il que les partis de l’opposition ne fassent pas état de ce scandale absolu (qui me choque beaucoup plus que le sauvetage des banques en 2008, c’est vous dire !) et n’en fasse pas un thème de campagne ? Car à un moment donné, il va bien falloir sortir de cette ornière ultra-libérale et cela ne pourra se faire sans aborder avec beaucoup de pédagogie et de persuasion les sujets que beaucoup considèrent comme tabou.

    1. Il s’agit de l’article 104 du traité de Maastricht (1992) qui est devenu le 123 du traité de Lisbonne: La BCE ne peut prêter directement aux états. Résultat: les banques privées génèrent d’énormes profits grâce à nos impôts ! Et la dette publique ne cesse de s’accroître inexorablement au fil du temps.
      Les Etats membres ne sont plus souverains en matière monétaire, c’est L’Europe (de la finance et des multinationales) qui décide. Les partis d’opposition peuvent gesticuler, c’est inscrit dans la constitution européenne qui prime sur les constitutions des Etats membres qui doivent s’y plier.

    1. Qui est l’auteur de ce site ? Il ne se présente pas vraiment, malgré la rubrique « qui suis-je ? ». C’est dommage.

    2. Rien ne vous empêche de pouvoir mieux le connaître, Lemar. Il suffit de fréquenter ce blog.

      Notre but à peu prés à tous ici, est de vouloir faire en sorte que la religion de l’argent ne fasse plus autant de dégâts humains que ce que nous avons constaté depuis bien longtemps.

      Libre à vous de rester dans cette religion ou de voir un peu plus loin.

      J’oubliais… Joyeux Noël

  22. Article très intéressant… cependant il me vient une question: cette fois-ci, les investisseurs (tant petits porteurs que grandes banques d’investissement) doivent suivre ces même statistiques avec beaucoup d’attention, non? Et dès lors se rendre compte du futur peu rentable de ces mortgages titrisés, et donc ne pas s’en procurer ou s’en débarasser. Le marché immobilier aux Etats-Unis est peu prometteur, mais de là à de nouveau entrainer un risque systémique, n’est-ce pas un peu précipité?

    Pour les subprimes, bien qu’on ne peut cacher que bon nombre d’acteurs savaient qu’ils se cachait quelque chose d’étrange là derrière, bon nombre de gens ignoraient tout simplement le risque systémique, dont les agences de cotations maintenant un AAA sur la part la moins risquée des subprimes.

    Ma question est donc: naïf comme je suis, je pense que tant les agences de cotations que les investisseurs devraient se rendre compte de la situation immobilière décrite au travers des statistiques ci-dessus et ajuster leur comportement et leur cotations?

    Suis-je vraiment trop naïf?

    1. Je ne vois pas en quoi ça évitera l’effondrement des cours de savoir d’ores et déjà que les crédits titrisés sont « pourris ». Le problème n’est pas dans une inadéquation entre leur cours actuel et celui une fois cette information connue. Le problème c’est qu’une quantité importante de personnes ne pourront plus payer leurs mensualités d’ici quelques mois car elles vont augmenter très au delà de leur capacité de remboursement.
      Cela va entraîner des ruptures en série des chaînes de crédit, forçant les derniers créanciers à enregistrer les pertes ad hoc, entraînant certains dans la faillite, entraînant d’autres ruptures de chaîne de crédit, etc.
      La connaissance à priori de ce risque ne peut mener au mieux qu’à une accélération de l’enregistrement de ces pertes, pas à leur annulation!
      En d’autres termes: j’ai un actif pourri entre les mains. Si je le sais et si je suis honnête je le marque dans mon bilan, ou alors je suis malhonnête et j’essaie de le refiler à quelqu’un d’autre avant que ça ne se sache! L’actif pourri continue à exister dans les deux cas, la seule différence ce sont les mains entre lesquelles la grenade dégoupillée va exploser…

    2. Les agences de notation ont raté la faillite de Lehman brother et d’AIG. Cela donne une idée de leur capacité à tirer la sonnette d’alarme. N’oubliez pas qu’elles sont juges et parties puisque payées par ceux qu’elles notent.

      Pour les investisseurs, il faudrait commencer par définir qui ils sont. 😉
      Les profils et donc la connaissance du marché varient en effet considérablement entre le particulier qui investit 1000 Euros en bourse, les fonds de pension qui jonglent avec des milliards et les entreprises qui mettent leur liquidités en bourse. Pas sûr donc que tous puissent correctement prévoir ce qui va se passer. En outre, si un investisseur anticipe un cassage de figure de la bourse, il va se retirer en faisant le moins de bruit possible afin de pouvoir vendre son portefeuille…

      Ajoutez à cela le fait que les preuves de manipulations des statistiques officielles s’amoncellent et vous avez la situation actuelle avec ces messages et analyses contradictoires. Il ne reste donc plus qu’une solution: faites votre propre analyse.

      Pour ma part, je ne vois pas comment une crise générée par un sur endettement massif pourrait s’être réglée en accroissant l’endettement. Cela ne colle pas.

  23. Pour bien comprendre le projet politique et économique actuel il faut lire ce genre de livre que l’on trouve dans la bibliothèque de l’ocde titre du livre : La faisabilité politique de l’ajustement dans les pays en développement 150 pages (écrit par Stephan Haggard, Jean-Dominique Lafay, Christian Morrisson. http://www.oecdbookshop.org/oecd/display.asp?CID=sourceoecd&LANG=EN&SF1=DI&ST1=5LMQCR2KJ59V )

    petit résumé: Quelles sont les conditions politiques nécessaires pour assurer le succès de l’ajustement économique ? Cet ouvrage fait la synthèse d’un ensemble de travaux sur ce sujet et indique à la fois les mesures de stabilisation devant être évitées, parce qu’elles entraînent des risques politiques, et celles étant le plus aptes à assurer une transition paisible pendant une période économique difficile. Il souligne les réformes institutionnelles permettant aux gouvernements de mieux résister aux groupes d’intérêt et montre, enfin, comment les pays donateurs peuvent faciliter le processus d’ajustement sur le plan politique.

    petit extrait: p.23-26:
    Les dangers du corporatisme
    […] L’histoire récente de pays développés comme la France et l’Italie montre d’ailleurs que les
    PED n’ont pas le monopole des corporatismes. Ce problème se pose surtout dans les
    entreprises parapubliques, auxquelles, souvent, le gouvernement veut supprimer les
    subventions afin de réduire le déficit budgétaire. […]
    Ainsi, toute politique qui affaiblirait ces corporatismes serait souhaitable : d’un point de vue
    économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement
    gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement. On objectera
    que cette politique soulèvera des résistances, mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce
    combat dans une conjoncture économique satisfaisante, qu’en cas de crise, lorsqu’il est
    affaibli.
    Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d’un service minimum, formation d’un
    personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises
    concurrentes, lorsque cela est possible.

    ps: je vous laisse chercher sur le net plein d’extrait sont disponible… mais ce livre écrit en 1995 est un thinkthank de notre politique et notre économie actuel.

  24. Au fond, la dimension réelle que prendra la crise dans les mois à venir dépend moins de l’intensité des défauts de paiement que de la capacité des Etats à continuer d’injecter des fonds publics dans les banques (pour qu’elles puissent prêter aux Etats et faire des bénéfices sur le dos des contribuables, tout en effaçant leurs dettes).

    Or dans une situation où ce mécanisme a déjà joué aux limites du système semble-t-il, la marge de manœuvre risque d’être faible ou nulle quel que soit le montant des dettes…

    C’est ainsi que la crise de 1929 sera une crise modèle de la vraie crise, cette fois en vraie grandeur, mondiale pour de bon, combinée avec toutes les autres crises que les dirigeants se refusent à traiter radicalement (à la racine).

    Si le graphique est correct, le premier coup (après le coup de semonce de 2008) sera frappé dans la 2e quinzaine de janvier 2010.
    Bonnes fêtes à tous !

    1. @JeanNimes

      C’est méconnaitre la loi d’inertie, aka nouvelle loi comptable d’inertie : «Plus les limites avancent, plus elles reculent» ! 😉

    1. Très sympathique ce Paul Dontigny. Tout ce qu’il dit recoupe l’analyse de Paul.
      Pour un analyste financier il n’a pas la langue dans sa poche.

  25. Paul,
    Votre article m’a fait relire un vieil article que j’avais écrit il y a un an. http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2008/03/05/tout-va-mal.html Cela m’a permis de relire avec le même sourire « C’est ma première subprime party » de notre humoriste, Bruno Coppens.
    Après les subprimes, nous sommes peut-être à l’époque des surprimes.
    Les prix de l’immobilier qui ont chuté, ont relancé les achats à bon marché aux détriments de ceux qui perdaient leur maison et qui ne savaient pas continuer à payer leurs prêts. Et puis après…
    Si la classe moyenne ne parvient pas récupérer la place d’avant, après un tsunami, une 2ème vague plus souple, mais pas moins forte.

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