Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire

Billet invité.

2010 déploie à peine ses ailes. Beaucoup d’analystes ayant annoncé la crise sont (très) pessimistes sur le devenir économique à court terme. Bien entendu, leur impact reste à ce jour limité, le système médiatique restant en phase « autoprotection » et limitant leurs possibilités d’expression.

Pourtant, un bref regard rétrospectif sur l’année 2009 suffit à embrasser l’étendue du vide des actions ayant suivi la « pire crise depuis 1929 » – voire peut-être la pire « crise » tout court, qui captera sans doute pour elle-même ce seul terme à l’avenir.

Bien entendu, tous les discours (y compris quasi marxistes), toutes les rodomontades, tous les coups de menton, toutes les gesticulations nous aurons été imposés – quel dommage que nos dirigeants ne soient pas des éoliennes, cela aurait été un début d’alternative à la déplétion pétrolière…

2009 restera probablement pour des générations d’historiens un magnifique cas de sociologie de la pathologie politique, de l’inaction camouflée en « reforme », de débats incongrus régulièrement lancés pour détourner notre attention (bien que la Perse soit revenue sur le devant de la scène, nous en sommes bêtement restés à « comment peut-on être Français » – attention, le manque de lecture nuit gravement à votre réflexion, et peut provoquer des maladies graves…), de communication à la place de l’action, se résumant dans la formule « dire, c’est faire ». Mais après tout, on a aussi les hommes politiques qu’on mérite en démocratie.

Ont donc défilé les boucs émissaires (les paradis fiscaux, les banquiers, les traders, …), mais bien entendu, jamais les politiques définissant ou ayant défini les règles du jeu de notre économie mondialisée et hyper-financiarisée, profitant à une seule infime minorité, ayant transformé l’Homme en coût salarial à réduire d’urgence, politique ayant emporté dans sa logique court-termiste le consommateur qui soutenait la croissance passée (mais n’est pas Henry Ford qui veut, même avec 3 grandes écoles dans son parcours « d’élite »).

Comme cela était prévisible, vu ses réseaux d’influence et son idéologie ayant irrigué la caste que Thorstein Veblen nommait si bien « la classe de loisir », aucune reforme sérieuse n’a été entreprise sous la pression du lobbying de la Finance, qui a déjà renoué avec son arrogance, et, pire, ses pratiques néfastes et suicidaires, savonnant la planche pour des problèmes à très court terme, bref une re-crise en lieu et place d’une reprise.

Or, force est de constater que nous sommes toujours dans la phase de déni, première phase du deuil de notre (illusoire et non durable) prospérité passée, bâtie à coups de traites sur la société, sur les autres pays, sur la planète, bref, sur l’avenir.

Quand on regarde beaucoup de réactions récentes – « Les Islandais seront responsables », « Un défaut des États-Unis est impossible », « La probabilité de mouvements populaires est très faible », « La Chine est obligée de soutenir les États-Unis », etc. – on constate finalement que ce déni s’alimente d’une analyse en « poursuite de tendance ». Cela fait 60 ans que les États-Unis et le dollar dominent la planète « donc » cela continuera, le pétrole coule à flots « donc » ça continuera, nous vampirisons depuis toujours sans trop de problèmes la planète « donc » ça peut continuer.

Sans doute que, quand une tendance dure très longtemps par rapport à une vie humaine, notre esprit a-t-il du mal à concevoir que les choses puissent changer brutalement, ou, si nous le savons, imaginons-nous que cela surviendra toujours plus tard, car face à une perspective difficile avec peu de solutions, « nous ne croyons pas ce que nous savons » comme l’a écrit Jean-Pierre Dupuy.

C’est ainsi que les meilleurs esprits scientifiques ont prêté et prêtent encore à un État dont 12 % de la population vit de bons alimentaires (35 millions…), qui est en train de perdre 2 guerres (et probablement bientôt 3), voit certaines de ses régions en faillite, a 20 % de sa population au chômage, n’a aucun moyen de relancer ni investissement, ni consommation, ni exportations, est drogué au pétrole au début du pic pétrolier, et enfin, annonce tranquillement 9 000 Md$ de déficits dans les 5 ans qui viennent ? Mais pas de problème, c’est écrit AAA dessus… Connaissez-vous la notion de soutien abusif et ses conséquences naturelles ?

Or la deuxième phase d’un deuil est malheureusement la colère.

Comment réagira un peuple lorsqu’il réalisera qu’il aura été berné par ses dirigeants politiques, par les médias, par des économistes « en vue » complices ? Comment réagira une jeunesse dont le seul avenir se réduira à un choix entre le chômage et du travail précaire destiné à rembourser les dettes de leurs parents, a fortiori dans un contexte de rationnement des ressources ? Comment réagira la première génération, droguée depuis sa prime jeunesse au matérialisme, à la gloriole éphémère, à la croissance et la consommation de produits inutiles, quand elle comprendra que son destin sera de vivre bien moins confortablement que la génération précédente, et pire, pour le maintien des standards de vie de ladite génération, cupide et irresponsable ?

Comment réagiront les Chinois et les Indiens – 2 milliards d’humains bâtis de la même chair que la nôtre, avec les mêmes espoirs et les mêmes rêves que les nôtres – qui ont moins de 30 voitures pour 1000 habitants, quand on leur expliquera qu’il n’y aura pas assez de ressources pour en construire plus et qu’ils devront continuer le vélo, quand les 4×4 et les 900 voitures pour 1000 habitants des États-Unis rouleront encore ?

Comment ne pas imaginer que se lèveront des leaders nocifs, à visée totalitaire, jouant sur les peurs, excitant les jalousies, flattant le nationalisme et la xénophobie, réduisant les libertés et acquis sociaux tissant le lien sociétal – nous en discernons et vivons déjà les prémices…

Qu’opposera alors un système démocratique qui finira discrédité si nous ne changeons pas RAPIDEMENT les choses ? Car le compteur est enclenché, les mécanismes souterrains sont à l’œuvre. Les tensions s’accumulent, et un jour, brutalement, la faille glisse, le tremblement de terre emporte tout et détruit ces murs et cette société que l’on pensait si solide.

Une nouvelle politique de Civilisation est à construire, en sortant de la pensée « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. L’heure des débats d’experts est terminée, le bateau prend l’eau, peu importe que votre cabine ne soit pas encore inondée. Chaque pays n’agit qu’en fonction de ses intérêts et de celui de son peuple, penser le contraire est d’une naïveté confondante. Guérissons-nous au plus vite de ce « syndrome Bisounours ».

La génération de mes parents est la première à ne pas avoir connu la guerre.

Il nous appartient à chacun, au plus vite, avec nos moyens, de faire en sorte que cela ne soit pas la dernière…

Olivier Brumaire est l’auteur du livre Une crise de Transition, librement téléchargeable sur reformons-le-capitalisme.fr

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170 réflexions sur « Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire »

  1. @ mais vous faites pareil que ceuc que vous critiquez . Vous dites à peu près
    .. et toutes les crises se sont traduites par des révoltes populaires .. donc cela va continuer
    Le peuple a été l’otage des populistes dans les années 30 .. donc cela va continuer
    La crise des années 30 s’est finie par la guerre .. donc cela va continuer.

     » il n’est plus temps de réfléchir, il est temps d’agir » .. mais on entend cela à chaque campagne électorale !

    Vous demandez d’agir , mais dans quelle direction ? Je vous cite .. :  » Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. »
    En bref, cela me rappelle les campagnes sur « l’autre politique » : on dit qu’il en existe une mais on ne dit jamais laquelle
    amicalement quand même

    1. je me faisais la même remarque que claude roche. Proposez autre chose que du flou … L’analyse que vous faites, Olivier Brumaire, je pense que la majorité d’entre nous la partage. B.L.

    2. J’en parlais déjà en avril dernier dans le billet: grands changements. Ce qui m’atterre le plus c’est le désert idéologique dans toutes nos institutions. Aussi bien au sommet de l’Etat que dans les états majors des grands partis, des organisations syndicales et de la presse. On veut continuer a vivre dans un monde qui n’existe plus. On veut faire durer l’illusion. Alors on emprunte, on parle de reprise etc.. etc..

      Pourtant cette crise globale n’est pas née d’hier, ce sont les dérives économiques des ces 30 dernières années qui nous ont conduit au bord du gouffre. Et la génération qui a présidé a ce désastre est toujours au pouvoir dans toutes les administrations, les grandes entreprises, les syndicats et les partis politiques. Ils vivent dans un monde virtuel , qui n’existe plus ! Pourtant on ne résoudra pas les problèmes de demain avec le schéma de réflexion dépassé, que l’on nous propose aujourd’hui. Au niveau local comme au niveau national!

      La critique principale de ce genre de billet c’est: mais que proposes tu toi pour éviter cette crise? Et c’est le problème de tous les réalistes, ils savent qu’aujourd’hui plus rien ne peut éviter le grand choc économique qui va engendrer la baisse massive du niveau de vie des classes moyennes des pays occidentaux. Les lecteurs et les électeurs veulent entendre un seul discours, ça va s’arranger, la reprise d’est pas loin. Ils veulent des solutions pour que le monde virtuel se perpétue. Souvenez vous, il aura fallu Dunkerque pour que le peuple Anglais accepte d’être dirigé par un leader qui ne leur promettait que « du sang, de la sueur et des larmes ». Le Dunkerque économique n’est pas encore arrivé, et le peuple français ne veut pas en entendre parler, il préfère La Star Académie.

      Alors la solution ? On fait quoi? Et bien c’est simple on passe rapidement aux phases 3 et 4 du cycle de deuil, 3/ accepter et 4/ reconstruire. On ne peut pas arrêter ce qui se profile, ça nous dépasse et il faut l’accepter. Donc nous devons préparer nos populations aux conséquences de la crise et réfléchir à de nouveaux modèles de développement pour le futur. Mais la priorité des priorité c’est de protéger les populations les plus fragiles. Pas en misant sur la reprise avec des investissements stériles, mais en réorganisant les finances publiques pour mieux gérer les années de rigueur qui pointent à l‘horizon.

    3. « que cette vision […] implique l’égalité des chances » : et pourquoi pas l’égalité tout court ?????

  2. J’ai l’impression que tout le monde espère que « l’autre » va réagir….
    En attendant , beaucoup se cachent derriere leur pseudo….
    Cest finalement Paul qui réagit et qui s’ expose le plus…. pratiquement aucun message, aussi brutal soit-il, n’est censuré : le seul qui n’est pas passé, c’est celui comportant un jeu de mots « sexuel » et, il faut que je l’avoue, il le méritait bien…

  3. Tout est dit !
    Hélas, ceux qui nous dirigent ne sont pas assez intelligents pour comprendre le sens même des questions que vous posez et encore moins leur fond.
    Cela fait 40 ans que des personnes remarquablent posent ces questions, les expliquent avec grands renforts de démonstrations scientifiques et avertissent sur les conséquences qui vont découler de ne pas y répondre convenablement ?

    Rien n’y fait ! Et maintenant, je pense que le mur est là.

    En fait, les élites de l’Humanité sont constituées par celles et ceux qui comprennent ces questions, qui savent qu’elles sont centrales et qui surtout agissent, même en étant considérés comme des hurluberlus par leurs voisins.
    Nos dirigeants sont « les sans espoir » de la classe – je me garde d’employer le mot qu’il faudrait pour les qualifier. (Entre Nous, soyons précieux).

    Pour sortir de la crise et garantir la Paix il faut juste changer de système.

    1. 1) Non, vraiment je pense qu’il est naïf de prendre les politiques pour des imbéciles.
      Dans le feu de l’action, ils ont peut-être moins de recul que certains intellectuel, sans aucun doute !
      Ils veulent se faire réélire donc ils font en sorte de ne pas choquer les citoyens, sans aucun doute !

      On peut peut-être leur reprocher un manque de rigueur scientifique, un manque de courage politique, mais n’ayez pas la vanité de les taxer de « pas assez intelligents ».

      Leur problème est, à mon sens, qu’ils sont tous formés de la même façon, et n’ont pas vraiment de liberté de pensée.

    2. Je me trouve très bien en hurluberlu de l’écologie qui plante des arbres, creuse des marres, tout cela pour favoriser la biodiversité, sous la risée de ceux qui savent que c’est mon passe-temps. Alors vaniteux, non. Juste affolé par l’érosion de la vie et par les capacités de violence des humains au cours des ages.
      Quant à votre pseudo, il irait très bien à un politique. Et je sais de quoi je parle.

      Une des nombreuses solutions, c’est une économie écologique, dans laquelle l’économie d’énergie, la décroissance énergétique, le caractère local sont des priorité, où les paysans du monde sont bien considérés et où l’on s’attache à vraiment éduquer les enfants en leur donnant le plus de culture possible et non pas des téléphones portables, entre autre (vendredi dernier, trois élèves de première scientifique que j’ai rencontré ne savaient pas qui était Charles Martel ; et je ne vous parle pas des tests de CM2 qui se passent aujourd’hui dont on a retiré les questions « difficiles », juste pour que nos élèves paraissent bons, ou du concept adopté dans les écoles des USA : « No frustration », tout ça pour faire de bons consommateurs bien niais et de futurs politiques du même acabit).
      Ces solutions, les financiers-industriels n’en veulent pas et les politiques (95 % d’entre-eux) n’ont compris qu’une seule chose d’elles : ils n’auraient plus la possibilité de « monéyé » leur décisions.

    1. Merci, c’est entre Mad max et la planète des singes, méfions nous que nos villes ici en Europe ne finissent pas par ressembler à cette dernière dans un futur proche…

  4. Je sens le vent tourner.
    Pour ne parler que de mon secteur (le bâtiment) et celui de ma famille (l’hotellerie) je peut déjà vous annoncer de grandes déconvenues dans les TPE au 1° trimestre.
    Les pistolets sont chargés en ce moment, gare à celui qui n’est pas armé (trésorerie) ou qui n’a pas de gilet de protection, va y avoir des morts.
    Il faut voir la tension en ce moment, (du à la fin de la bulle de l’immobilier individuel en France) ça brade ,sa pressure les sous-traitants, 20% de l’effectifs du bâtiment (neuf) doit foutre le camp, c’est mathématique.
    On ressent le même flottement qu’en avril-mai 2008.
    à suivre……

  5. Belle analyse, un peu hors des théories économiques sur lesquelles M. Jorion compte pour trouver une solution à la crise.

    En fait on pourrait comparer la situation actuelle à l’époque du Roi Soleil, peu après Louis XVI montait sur le trône et l’on sait ce qu’il advint, sauf que cette fois ci la noblesse règne sur le monde… le VIP est le noble moderne n’est il pas …

    L’histoire se répète tout simplement car l’homme est toujours l’homme, depuis Aristote qu’est ce qui a changé, moins de temps aujourd’hui qu’hier pour penser, aujourd’hui loft story, demain ce sera plus trash, plus style jeux du cirque, à quand le retour des Gladiateurs…pour leurrer notre esprit et nous détourner de notre préoccupation principale, la peur de l’avenir…

    Sans doute avez vous raison de dire que l’homme s’habitue à tout, le confort, le farniente, et penser que demain il fera froid et que nous devrons courir après la nourriture est une image que l’on fuit et qu’on élude…

    J’ai très tôt prévenu mes enfants que demain ne sera pas très sympa, lorsque l’on dit cela aussitôt on se rend compte de l’énormité de la chose, j’ai alors ajouté, demain il faudra tout réinventer, trouver une autre idée que le pétrole, trouver une autre idée pour cultiver, pour produire, pour construire et pour réparer…bref un monde nouveau à réinventer, que du bonheur !!!!

    Voilà le rayon de soleil que je proposais à mes enfants pour faire passer la pilule amère, réinventer le monde, question les générations actuelles sont-elles préparées à un tel challenge, mieux vaut alors fermer les yeux et croire tous ces économistes qui nous disent ce que nous avons envie d’entendre, la reprise est là, d’ailleurs vous avez vu les nouveaux modèles de télévision, fin comme des feuilles de cigarettes et aussi ces nouveaux portables…la science est toujours là, juste un bémol au passage, toutes ces améliorations-découvertes sont issues des laboratoires d’Asie, j’entends encore beaucoup dire que les asiatiques ne sont pas créatifs ????

    Fondamentalement l’homme n’aime pas être dérangé, votre article dérange car il n’offre aucune solution, c’est comme lorsque j’ai parlé à mes enfants, ils m’ont regardé comme un zombie, c’était il y a 4 ans déjà….comme le temps passe, que l’homme met de temps à changer, comme une vague d’Elliott ou les cycles de Kondratiev….

    Bref je me dis que nous sommes partis pour une dizaine d’années avec des vagues qui nous retirerons le moral ou qui nous le redonnera… bref nous attendons la 3ème vague qui confirmera la 1ère celle de 2007-2008… mais ensuite il y aura la 4ème, la 5ème et à chaque fois la noblesse qui nous contrôle tentera de trouver un moyen d’influer sur notre moral et de détourner notre attention…

    Actuellement cette noblesse ne semble pas croire elle non plus à la fin de la croissance, alors à travers l’ouverture des vannes de la FED, on tente de remettre en route la pompe du moral et de la consommation, on peut comme quand une pompe a dû mal à redémarrer, on met plein de liquide pour la réamorcer…

    En fait la question est combien de temps la machine à billet vert peut fonctionner à plein avant que la confiance dérape totalement, en ce sens l’inflation des primes des traders, n’est ce pas tout simplement la prise en compte par les financiers de la forte dévaluation de notre monnaie étalon qu’est le billet vert !!!!

    1. Il me semble quand méme que quelques politiques proposent des remèdes, Mélenchon pour ne citer que lui.
      Et entre le roi soleil et Louis Capet, banqueroute et guerre…

  6. Bonjour,
    je suis malheureusement en phase totale avec vous. Malheureusement parce qu’on a toujours (un peu) l’espoir qu’un de nos représentants légitime va se lever et siffler la fin de la récréation, prendre (enfin) en main le mouvement de réforme et réellement changer les choses. Mais on attend toujours…
    Donc aujourd’hui seuls les peuples peuvent encotre se sauver, et sauver l’humanité de la déchéance. mais il va falloir qu’on choisisse bien nos orientations. Sinon nous voilà repartis pour le totalitarisme, les nationalismes, et leurs suites logiques. Cela m’a fait penser au film ‘La vague » que j’ai vu récemment, et que je vous conseille vivement, c’est basé sur une histoire vraie qui s’est déroulé en Californie en 1967 ( http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Troisi%C3%A8me_Vague ). L’accumulation des frustrations nous rapproche des frontières de la raison avec la passion, d’autant qu’on se croit incapable de recommencer les erreurs du passé…
    Quant à ce blog et au succès qu’il rencontre, il me fait penser à un autre film que j’ai vu pas plus tard qu’hier soir, ‘Good morning England’ sur l’épopée des radios pirates dans les années 60 en Angleterre ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Good_Morning_England ), face au pouvoir britannique conservateur. Très caricaturé mais éloquent ! Le parallèle est un peu osé, mais je me demande combien de temps « Ils » nous laisseront émettre ?

  7. bonjour

    « Comment ne pas imaginer que se lèveront des leaders nocifs, à visée totalitaire, jouant sur les peurs, excitant les jalousies, flattant le nationalisme et la xénophobie, réduisant les libertés et acquis sociaux tissant le lien sociétal – nous en discernons et vivons déjà les prémices… »

    eh, pardon, vous parlez de G W Bush ?

  8. L’enterrement en grande pompe de nos « démocraties occidentales » a eu lieu en octobre 2008 lorsque les gouvernements ont décidé de sauver les banques sans regarder la réalité des comptes et sans prendre de participation intrusive. En décembre 2009, une banque française admet avoir en caisse 35 milliards d’euros de titres devenus « illiquides » sans compter les produits dérivés adossés à ce montant, soit à la louche une somme supérieure au grand emprunt d’une nation de 65 millions d’habitants. Multiplier ce chiffre faramineux par le nombre de banques européennes susceptibles d’avoir touché à cette grande carambouille et vous obtenez la facture à régler lors du prochain Krach : Aucun pays européen, sans exception n’est alors solvable.

    D’un point de vue historique, ce qui s’est passé en octobre 2008 montre que le « laisser-faire » comme prêt à penser est l’idéologie des élites politiques et économiques (puisque ce sont les mêmes personnes !) : on injecte du liquide dans la machine à finance sans vérifier l’état d’ébriété du chauffeur et ses états de service, puis on donne les clés du bolide aux mêmes pilotes expérimentés qui viennent déjà de se prendre un mur. Soit les politiques s’agitent dans ce qu’ils croient être une vraie série Z dont ils sortiront vainqueur grâce à de mauvais trucages cinématographiques, soit ils nous ont trompé ouvertement en utilisant les médias pour nous amadouer.

    Les élites ont fait profession d’inconséquence, de manière systématique et peudo-scientifique, pas besoin de « complot » pour être devenu à part entière des délinquants en col blanc : vivons-nous encore en démocratie ?

    1. Au delà du complot, qui serait « caché », je crois qu’il suffit de se dire que le lobbying des financiers est bien suffisant. Il ne s’agit pas d’élites, mais de « profiteurs », au sens le plus terre-à-terre du mot.

      Bien sûr, je déplore que, par exemple, le 1/4 de la promotion d’HEC aille vers l’option Finance (de marchés, bien sûr), mais vu les rémunérations mirobolantes qui leur sont proposées, pas facile de leur jeter la première pierre.

      Le virtuel remplace le matériel, l’éphémère le tangible, le provisoire le permanent. Seule la misère et l’exclusion de certains sont permanents, hélas.

      Je pensais que la communication et les échanges permis par internet permettraient de s’apercevoir de la vanité de tout cela, je crains que ce ne soit le contraire.

      Cordialement, Bruno Lemaire

  9. Bonjour

    tout d’abord, un immense merci à Paul pour m’avoir invité !

    Je vous répondrais que je n’ai pas voulu dire qu’il y aura des révoltes ou la prise de pouvoir du populisme, j’ai simplement voulu dire qu’il peut y en avoir, que le contraire n’a rien d’évident, et que nous nous berçons parfois de douces et agréables illusions, car nous manquons cruellement de recul.

    Que oui, nous connaissons une période de paix (enfin, parce que nous ne sommes ni Irakiens, ni Afghans, ni Colombiens, ni Tibétains, ni Congolais, ni Palestiniens, ni Vietnamiens, ni Bosniaques, ni Américains, ni…) et de prospérité depuis 50 ans, nous ressentons en nous un besoin de poursuivre cette tendance, qui nous semble désormais multi-séculaire. Pourtant, avec 500 ans de recul, il ne s’agit encore que d’une brève tendance contraire à l’Histoire.

    Beaucoup imaginent que le peuple peut tout supporter ad vitam aeternam , car comme le souligne encore récemment Noam Chomsky sur http://www.noam-chomsky.fr, « il n’a plus de sentiment d’espoir ». C’est une analyse de la même profondeur que celle qui imaginerait qu’un ballon n’explosera jamais car cela fait 3 minutes qu’on souffle dedans. Ou c’est à rapprocher de la parabole de l’âne : le propriétaire de l’âne, pour économiser, lui donne à manger un jour sur deux. Tout va bien. Puis 1 sur 3. Tout va bien. Puis 1 sur 4. Etc. Et un jour, l’âne est mort…

    Pour conclure sur la partie campagnes électorales, vous avez raison, cet appel y ressemble, mais c’est du Canada Dry : ça n’en a que la couleur et le gout. Pour une raison simple : NOUS ne sommes pas des hommes politiques. Nous ne cherchons pas les honneurs, la fortune et la gloire (et la Vel Satis avec le gyrophare qui fait pinpon pour griller les feux rouges), nous ne sommes pas dans la main des lobbys financiers, et nous voulons simplement améliorer les choses pour rééquilibrer un monde en phase d’implosion.

    Et non, ne sombrons pas dans le manichéisme dont se servent les tenants du statu quo. Je vous garantis, Claude, que il n’y a pas « une autre politique » possible, il y en a des dizaines. Paul en trace une (interdiction des paris sur les prix, des stocks options, …), régulièrement, très intéressante. D’autres également, de leur côté (plafonnement de la rentabilité actionnariale). Pour ma part, et pour répondre à votre remarque à laquelle je m’attendais, vous trouverez quelques propositions que j’ai mises en forme sur http://www.reformons-le-capitalisme, beaucoup devant d’ailleurs à Paul dont je salue la vision et la ténacité.

    Mais je termine ici par une proposition. Beaucoup de penseurs, de bloggeurs d’horizons variés (Paul Jorion, François Leclerc, Sapir, Werrebrouck, Lordon, Ruido de Ruijter, Peyrelevade, Pascal Roussel, même Patrick Artus qui va sans doute finir à la LCR…) ont un regard éclairé sur la situation actuelle, très fin, très juste, et plein d’idées. Bien sûr, et c’est normal, ils ne pensent pas exactement la même chose, ne proposent pas exactement les mêmes solutions.

    Mais comme nous avons vu en 2009 la puissance des forces financières, contre lesquelles un réel combat doit être mené au plus vite, car le pronostic vital est engagé, peut-être pourrions-nous essayer de rédiger un socle de disons 10 propositions très opérationnelles et concrètes, sur 1 ou 2 pages, exprimées simplement pour être accessibles au plus grand nombre, et sur lequel ces personnes pourraient se mettre d’accord, chacune les complétant de son côté et développant sa vision et sa pensée.

    J’en jette 4, déjà évoquées, pour éclairer mes propos :
    1/ plafonner la rentabilité actionnariale en fonction des secteurs (et surtout ne pas simplement « taxer » la finance, comme cela est proposé, car la finance cherchera à la compenser en prenant encore plus de risques)
    2/ décourager les salaires indécents, par une limitation des salaires variables (par exemple interdiction des stock-options) et une taxation quasi confiscatoire (par exemple 90 % au-delà de 30 fois le salaire minimal, soit 500 k€)
    3/ décourager fiscalement et réglementairement toute forme de spéculation et de gestion à court terme (par exemple par une taxe de 100 % sur les bénéfices boursiers réalisés en moins d’un mois, décroissante avec le temps ; ou en réservant les marchés dérivés aux seules personnes ayant un besoin de couverture)
    4/ refonder le système bancaire, en le remettant au service de l’économie réelle (par exemple, en rétablissant le Glass-Steagall Act, en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, en limitant à 10 % du PIB du pays la taille des bilans bancaires).

    Cela donnerait sans doute un impact beaucoup plus fort à leur voix, et permettrait un débat public plus efficace en mettant les politiques devant leur responsabilité. Et je pense même que de telles propositions générales pourraient rassembler un spectre très large, des (vrais) libéraux à la gauche protestatrice, bref, deux français sur trois…

    Utopique ? Peut être. Mais cela est possible, si chacun fait un effort de bonne volonté, pour accepter que toutes ses idées n’y figurent pas, pour se concentrer sur les points d’accord plutôt que de désaccord, devant l’importance et l’urgence d’une profonde modification du système…

    Nous avons beaucoup analysé, réfléchi, parlé, échangé, en 2009.

    Agissons en 2010 !

    1. « 30 fois le salaire minimal », cela me parait extrêmement élevé, et de plus, ce n’est pas le problème. Mille et un revenus ne sont pas des salaires. On peut parler en terme de « salaire » pour le bas, mais, pour le haut, il convient de parler en termes de « fortunes personnelles ».

      Je doute que cela soit possible, mais si, ne serait-ce qu’un seul pays plafonnait les fortunes personnelles sur quelque chose de raisonnable, cela changerait beaucoup de choses.

    2. « en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, »
      Mais n’est ce pas déjà le cas? c’est du moins ce que j’ai compris en lisant « l’argent, mode d’emploi »

    3. Agissons.
      Terme qui m’a appris à être prudent. Réfléchis serait mieux adapté.

      Vous voulez fixer un certain nombre de clauses dans le contrat économique. (ça tombe bien : c’est mon job)
      Ainsi, lorsque je détermine la nature d’une clause, j’en détermine aussi le périmêtre.

      Pour la clause dont la nature serait des propositions communes d’économistes, cela revient à donner le pouvoir aux économistes. (et contre les financiers…)
      Comment être certains (oui : tous) que ces économistes verraient le bien de leurs congénères..?? (soit : indépendance aux puissances tant financières que politiques)(les seuls auquels je fasse confiance sont Mrs Jorion et Lordon)
      Sous l’aspect périmêtre : comment être certains que tous les pays pourraient accepter des rêgles communes (même si pleines d’une logique tellement évidente qu’elles nous permettent de bien constater que tout le jeu actuel est truqué à tous les niveaux)

      Nous avions, avec des potes DAF et comptables, estimé en novembre 2008, que le montant de la titrisation, produits dérivés, valeurs immobilières sur-évaluées,… naviguait vers les 600 000 milliards USD et pouvaient ne plus rien valoir.
      Il a été chiffré par un cabinet comptable indépendant de New York en septembre 2009 à 1 400 000 milliards USD.
      Et, chose presque amusante mais c’est du hasard, on sait maintenant que la somme de 600 000 milliards USD n’est que l’EN-COURS de ces produits…

      Face à ce trou béant possible, il est effectivement raisonnable de s’affoler complètement.
      Mais pourquoi ne pas simplement prévoir de se passer complètement d’argent, à ce niveau…??

      Quand une clause devient inapplicable, je n’hésite jamais une seconde à la renégocier avec celui qui travaille avec moi.

    4. Vous avez raison d’insister sur le fait qu’il existe d’ores et déjà un consensus au sein d’un groupe assez important de personnalités qui ont a priori des conceptions sociales et politiques assez divergentes. Des gens comme Peyrelevade, Attali, Lord Adair, par exemple, qui ne sont pas franchement hostiles au capitalisme, loin s’en faut, font le constat que le capitalisme financier n’est pas durable, qu’il constitue un risque systémique.

      Or la crise va s’aggraver, nous le savons tous ici, l’omerta qui règne encore dans le milieu financier va devenir de plus en plus fragile. Pour l’instant elle tient encore car toute une série d’artéfacts politiques, comptables, financiers, permettent de créer l’illusion qu’après tout le pire est passé et que les choses se rétablissent peu à peu. Mais lorsque viendra la seconde vague, ces personnalités ne pourront plus se voir elles-mêmes comme des personnalités politiquement modérées.

      L’urgence de la situation ne permettra plus de ménager la chèvre et le choux si bien que la situation pourrait les entraîner à cautionner des mesures plus radicales (au sens de Paul Jorion) que celles, plus timorées, qu’ils préconisaient au départ. Bref, ce petit groupe d’ « insiders » du monde la finance aura un rôle important à jouer quand les choses deviendront sérieuses. Bien entendu on ne peut pas exclure l’éventualité que certains d’entre eux prennent le parti de la répression, du contrôle social renforcé, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’à toutes les époques de transition des hommes dits modérés ont joué un grand rôle pour faire pencher la balance du bon coté.

    5. « « en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, »
      Mais n’est ce pas déjà le cas? c’est du moins ce que j’ai compris en lisant « l’argent, mode d’emploi » »

      Hmm, non, en fait les banques créent l’argent ex-nihilo lorsqu’elles prêtent de l’argent, ou, plus précisément pour ne pas fâcher Paul, disons qu’elles vous font l’avance aujourd’hui de l’argent que vous gagnerez plus tard – et que vous devez leur rembourser.

      Bref, la création monétaire n’est guère contrôlée par la banque centrale – tant que vous avez de la demande de crédits jugée solvable, vous aurez de l’argent créé par les banques privées. D’où une masse monétaire ayant gonflé de façon incroyable de près de 13 % en 2007…

    6. @Paul jorion

      Le système économique étant un système complexe en évolution constante, croyez-vous qu’il est possible de comprendre à 100% comment il fonctionne??
      N’est-ce pas un peu comme essayer de trouver le parcours de chaque boule du lotto une fois que les numéros sont connus ?

    7. Lol Paul,

      Oui, j’en suis toujours là, pôvre ignorant que je suis (mais je revendique mon droit à la crétinerie !).

      Je conseille vivement l’achat de votre livre l’Argent mode d’emploi, c’est très bien écrit, et ça m’a beaucoup aidé – enfin un livre sans jargon, formules absconnes et tableaux comptables.

      Il y a 1 ou 2 points sur lesquels je ne suis pas tout à fait en phase avec vous, dont la création ex nihilo de la monnaie par les banques, long débat sur ce blog – mais en fait personne ne met la même chose derrière « création » et « monnaie ».

      J’écrirai donc un petit livre là dessus, mais après les plus de 600 pages du dernier, je me repose un peu… 🙂

    8. @Paul

      Dans le cas du lotto ,il faut obligatoirement connaître les mouvements des boules à 100% sinon vous obtenez le même résultat qu’avec 0% 🙂

  10. Il paraît que Néron jouait de la lyre pendant que Rome brûlait au même moment, à votre avis des siècles plus tard serait-ce encore possible dans le meilleur des mondes ? L’aveuglement de nos élites est si grand qu’elles ne savent même plus comment faire, j’étais tellement occupé à me faire réélire que je n’arrivais plus à voir en quoi cela ne changeait guère mieux les choses. L’expert économique a l’art de ne pas mieux saisir l’évidence, le grand politicien comme le grand prêtre a l’art de ne pas mieux percevoir les choses.

    C’était tellement prévisible !

  11. On ne peut changer le système sans en changer les bases mentales. Ceci n’est abordé ni par Paul Jorion ni par Olivier Brumaire. Le tout premier article du petit projet de constitution pour l’économie n’est même pas « travaillé ». On y utilise le mot « domination » sans même réfléchir, ni à l’emploi du mot en lieu et place du mot « dominance », ni aux structures mentales qui président, derrière l’idéologie du mérite, à cette concentration mécanique de la dominance.

    Pourquoi tant d’aveuglement ? Sans doute, comme dit le Zen, parce que le couteau ne peut se couper lui-même… 🙁

    1. « changeons » est une conjugaison à l’impératif.

      Pour ma part, je me borne à une constatation regrettable: On ne change pas, et donc, il n’y a aucune raison que cela change, ni pour qu’on déplore des conséquences en refusant de voir les causes.

    2. Un changement de base mentale me vient à l’esprit :

      Dans le domaine du matériel, il y a conservation des quantités : si on donne 1000 à 1000 personnes, chacun aura 1.
      Dans le domaine du non-matériel, si on donne 1000 à 1000 personnes, chacun aura 1000.

      Donc si on veut de la richesse pour tout le monde, laissons de côté le matériel et attaquons nous au non-matériel, que j’appelle également spirituel 🙂

      NB : (Spirituel ne se limite pas à son côté religieux, bien que celui-ci en fasse partie).

    3.  » Pourquoi tant d’aveuglement ?  »

      Parce que le monde moderne prétend être la fine fleur de l’humanité, or c’est bien la même histoire continuellement remanié et représenté par d’autres acteurs de plus qui se rejoue à chaque fois à l’antenne.

      La PEUR de l’Ego Moderne celui de tout perdre un jour ou l’autre. L’image du monde !

    4. C’est exact!
      Les bases mentales!
      Très simple en plus.
      Pour changer les bases mentales il suffit d’interdire le mensonge.
      Un décret ?

    5. Entièrement d’accord avec Betov, les systèmes sont fondés sur des structures mentales (Peurs, Ambitions, Désirs etc etc), quelles évolutions depuis Rome dans ce domaine là ? L’évolution a été une évolution de surface, technologique, quand on verra que cela ne résout rien de fondamentale et bien on peut s’attendre à une histoire qui bégaye. L’histoire bégaye, l’homme rejoue la même pièce plus ou moins.

      On ne peut changer le système sans en changer les bases mentales. Ceci n’est abordé ni par Paul Jorion ni par Olivier Brumaire. Le tout premier article du petit projet de constitution pour l’économie n’est même pas « travaillé ». On y utilise le mot « domination » sans même réfléchir, ni à l’emploi du mot en lieu et place du mot « dominance », ni aux structures mentales qui président, derrière l’idéologie du mérite, à cette concentration mécanique de la dominance.

      Pourquoi tant d’aveuglement ? Sans doute, comme dit le Zen, parce que le couteau ne peut se couper lui-même… 🙁
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  12. Je manque de temps pour répondre à votre texte fort intéressant. Je n’en donnerai que deux remarques.

    Votre appel à abandonner la mentalité « bisounours » me semble être un appel à considérer que ces gens sont naturellement mauvais.

    Vos propositions de résolutions me semblent être des digues contre une inondation, pas une solution aux problèmes de notre monde. Paul Jorion parlerait ici de solutions « en aval », je crois.

    1. Merci !

      « ces gens sont naturellement mauvais. »

      Non, pas du tout, je pense juste que nous avons tendance à sous-évaluer la menace de cessation de la coopération entre couches de la société ou entre pays – « ventre affamé n’a point d’oreilles ». J’entends surtout à la télévision et à la radio des Bisounours, nous promettant des lendemains meilleurs, et niant toute forme de risque de forte dégradation. Nul n’est prophète (en son pays ou ailleurs), mais c’est juste possible…

      Pour le résolutions, je suis d’accord. Tout à fait en phase avec Paul Jorion.

      Mais je crains le syndrome Maurice Allais cette fois : je dis des choses passionnantes, je fais plein de propositions, mais à 98 ans, personne ne m’écoute, et, pire, rien ne change. Et là, nous n’avons pas 30 ans devant nous… Et ce n’est pas demain la veille qu’on aura un projet de loi « Interdiction les paris sur les prix », qui est une des bonnes solutions. A mon avis, il faut pour cela faire prendre conscience du problème et avancer quelques idées, pour prendre le contre pied des lobbying financiers…

      Alors, oui, ce sont des digues, oui, c’est imparfait, mais face à l’inondation, c’est la première étape. On reverra le plan d’occupation des sols après – d’autant que certains experts sont en train de dire qu’il n’y a pas d’inondation…

    2. Sans un réel travail de fond, d’intériorité c’est-à-dire réellement en profondeur le monde moderne se condamne tôt ou tard à sa perte et à revivre les mêmes événements douloureux du passé nous en sommes plus très loin de ce moment fatidique.

      C’était aussi écrit en Latin comme en Grec autrefois, mais ça c’est encore trop demander à la mentalité de l’homme moderne cela concerne un grand nombre d’hommes qui s’illusionnent encore de changer les choses en surface.

    3. Je vous concède volontiers l’existence de ces « bisounours ». Ces gens ont leur public. Ils sont puissamment renforcé par l’absence de toute alternative, au moins crédible, à leur vision du monde. J’ai raté dans votre texte le lien entre cette catégorie très particulière de la population. Je l’ai pris pour une généralité concernant toute la population.

      Pour l’argument « solution en aval », vous donnez un très bon argument en sa faveur. Est ce que vous n’entrez pas ici dans le jeu consistant à rehausser une digue, déclarer avoir résolu le problème (on gère) et à oublier le côté « amont » de l’inondation ? Votre idée revient à gagner du temps. Je crois que nos gouvernants, le G20, le FMI et d’autres s’en occupent fort bien. Ils partent de l’hypothèse (à mon avis) que le système est bon, qu’il ne faut pas le questionner et qu’il va (ou a) retrouvé son équilibre. La suite ne serait plus que de la (trop fameuse) « destruction créatrice ». S’il ne s’agit que de gagner du temps, je suis serein. Nos autorités s’en occupent.

      Pour traiter le problème en amont, je n’ai pas d’idée formulée, claire ou crédible. Je doute, sur la base du discours officiel, que nos autorités souhaitent traiter ce problème en amont. Je crois donc qu’il est pour nous. Vu d’ici, c’est insoluble. Mais je m’en fiche. J’essaie quand même.

      Je n’ai que quelques vagues conditions à émettre, qui donnent un cadre très flou à toute solution.

      1) Je suis un être humain. Vous en êtes un autre, pas moi. Vous existez.

      2) Je peux voir en Vous ce que Vous avez de bien et vous le dire. C’est une forme de don.

      3) Je peux recevoir de vous la même chose. Je peux vous le rendre.

      4) Je suis limité.

      5) L’univers est infiniment plus grand, plus riche, plus varié, plus puissant que moi. Même mon imagination est dépassée par l’univers.

      6) Je renonce à le conquérir.

      7) Ce qui vient de l’univers vers moi est à priori positif. Le seul outil à ma disposition pour séparer le positif du négatif est mon intuition.

      8) Je reçois ce qui vient de l’univers dans le vide intérieur que j’accepte ou crée.

      9) Je décide quel est mon chemin ou ma place face à cet « Autre ». Selon Billeter, Tchouang Tseu dirait ici que je choisis la nécessité selon laquelle je vis.

      10) La plus importante de toutes est que je ne sais pas. Mon ignorance est immense. Je le sais.

      Ces propositions font référence à la métaphysique, Tchouang Tseu, Biber, le Nouveau Testament, Norman Vincent Peale, Watzlawick, le langage des oiseaux, des amis. Je doute totalement de leur clarté. Je doute de leur applicabilité. Je crois quand même avoir ici un noyau, une graine de réalité. Je remets des personnes dans le monde. Je remets une nature dans ce monde. Je mets un respect radical pour les gens et la nature. Je mets mes limites dans cette vision du monde. Je réintroduis l’intuition, l’erreur, le changement d’opinion, la découverte, la rencontre dans ce monde. Je pense avoir ici une graine de réalité et que c’est un bien.

      Dans cette optique, la finance y devient un épiphénomène, un outil pour rassembler une grosse somme d’argent. Dans cette optique, l’argent vient après les hommes. Dans cette optique, un modèle mathématique est une opinion utile pour échanger des points de vue. Le virtuel n’est plus qu’une façon de montrer où regarder si l’on veut observer tel ou tel point de la réalité.

      Encore une fois, et je vous rejoins, ce n’est peut être qu’utopique. Mais la situation me semble si sérieuse qu’il est impératif de trouver une alternative au système actuel. Alors j’essaie.

    4. Je ne devrais pas écrire à cette heure ci. J’ai réussi à mettre un smiley dans mon texte sans savoir comment. J’ai laissé passer des fautes d’orthographe assez sérieuses et des répétitions désolantes. Mais tant pis.

  13. Oui, l’économie devrait être réglée de façon à faire intelligemment bouillir la marmite, comme dans ces bons vieux cours d’économie ménagère; le problème c’est que d’aucuns instaurent des règles de cuisines leur permettant d’établir du même coup leur dominance… L’article 1 permets à chacun de dénoncer un éventuel détournement politique de l’économie.

  14. Pour répondre à certaines interrogations. Les populations ne se manifestent pas car l’énergie d’activation nécessaire n’est pas atteinte. Partant d’une situation stable depuis plusieurs décennies, une grande accumulation de mécontentement est nécessaire. La relaxation du système va être redoutable.

  15. Pour mener combat, il faut avoir des armes. Il faut donc trouver les idées, et ensuite LES MOTS qui vont avec.

    Et si, pour donner un exemple, on parlait de « thanatocratie » au lieu de « démocratie », pour exprimer une société où les pensées et les politiques économiques sont uniquement celles de « la Terre Brûlée », mais au lieu de se passer ailleurs chez un ennemi terroriste quelconque, cela se passe chez nous, dans nos foyers, et cela est entrepris par les nôtres.
    Depuis peu, L’Etat français procède au non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois ( ou deux, je l’oublie ) qui part à la retraite. Mais ce sont des débutants ! S’ils avaient des couilles, s’ils avaient une vision un tant soit peu stratégiquement globale, cela ferait une décennie qu’ils ne remplacent aucun départ à la retrait en Europe occidentale, touts postes confondus !
    Et ceux qui brûlent la terre pensent qu’ils pourront vivre dans le désert qu’ils sèment autour d’eux – parce que ce sera eux les dernier à quitter l’entreprise quand elle ferme ses portes d’ici 5 ou 10 ans – les poches relativement ( et seulement relativement ) pleines de salaire !!
    Je vous le demande ! Faut être bête ou quoi !

    1. Je me permets de rappeler que quand l’Etat supprime 3 fonctionnaires, les collectivités locales en embauchent 4. Le nombre total de fonctionnaires augmente donc toujours tous les ans.

      Bref, on détruit des postes d’enseignants pour embaucher des cantonniers.

      Positivons, nos ruines seront propres…

    2. « Pour mener combat, il faut avoir des armes. Il faut donc trouver les idées, et ensuite LES MOTS qui vont avec. »

      Pour réellement changer de société encore faut-il ne plus avoir peur de vivre autrement, c’est-à-dire sans tout ce chantage ou conditionnel de VIE et de MORT qui se met peu à peu en place partout.

      Les mots, les livres comme les belles intentions de plus ne suffisent plus à vrai dire nous ne sommes plus vraiment des êtres aussi spirituels de nos jours.

      Relire le déclin du courage ( Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne )

  16. Que fait un « agent d’influence » tel que Paul Jorion?

    Il communique à qui veut l’entendre la/les quelques mesures phares qui lui paraissent essentielles (en l’occurrence, plus précisément: l’interdiction faite aux banques (et aux autres institutions financières) de parier sur les variations du prix des matières premières, etc.), en bref: l’interdiction de « spéculer ». Que constatons-nous? A ce jour, il semble que seuls des membres de la mouvance écologiste au sens large soient réceptifs à cette idée. Il y a sans doute d’autres personnes qui le sont en dehors de cette mouvance, mais elles restent pour l’instant inertes. Quand on voit l’absence totale de programme du PS français et l’inexistence de francs-tireurs en son sein, il ne faut pas, à mon sens, en attendre grand chose. Je ne parlerai pas des quelques membres de la majorité parlementaire française qui ont des scrupules mais qui ne les expriment pas tant ils sont prisonniers de leur organisation politique. Il est possible, mais pas certain, que la formation de Jean-Luc Mélenchon (PG) soit également potentiellement réceptive.

    Où faire circuler le message en priorité? Réponse: là où le rapport de forces est le PLUS favorable, c’est à dire, qu’on le veuille ou non, au Parlement européen. L’avantage de ce parlement, c’est qu’une idée neuve peut y être rapidement diffusée parmi les représentants de tous les pays de l’UE. Si certains membres de la mouvance écologiste devaient être porteurs de cette revendication, elle interpellerait immédiatement leurs collègues de tous bords. (En France, rappelons-le, la mouvance écologiste est très faiblement représentée au Parlement national et a des difficultés à se faire entendre.)

    Ce serait un début. L’intention est de faire connaître, de diffuser les propositions de Paul de façon que « quelqu’un » s’en empare au niveau continental.

    Dans l’immédiat, il est difficile d’espérer davantage. Le blog de Paul et ses « supporters » ne sont pas un mouvement politique, et encore moins une institution ayant pignon sur rue. La seule action que nous puissions envisager est donc une action de propagande. Pour le moment, ça s’arrête là. Il en ira peut-être autrement demain, surtout si la crise évolue vite. Mais force est de constater qu’en ce moment nous ne sommes pas armés pour faire autre chose.

    Par ailleurs, la circulation des idées de Paul pourrait être considérablement accélérée si certains organes de presse (Marianne, Mediapart, L’Humanité, par exemple) s’en saisissaient. Il n’est pas inconcevable que Mediapart, par exemple, qui aime bien le principe des pétitions, fasse de la proposition phare de Paul un sujet de pétition susceptible de rallier un bon nombre de ses lecteurs.

    Mais auparavant, puisqu’il est question d’ACTION, Paul Jorion doit bien comprendre qu’un billet bien senti ne suffit pas. Il faut en faire un MOT D’ORDRE, un APPEL que nous soyons en mesure de diffuser jusque dans tous les pores de la société. Qui veut agir doit s’en donner les moyens.

    1. Dans l’idée, je suis d’accord avec vous, dans la pratique je suis plus pessimiste. Pas grand chose ne se fera à mon sens en Europe tant la Finance contrôlant pour l’instant l’Angleterre. Elle est une pierre angulaire du système économique anglais, les anglais la protégeront sans doute au maximum – tant qu’elle n’aura pas sapé le pays.

      Il me semble que le bon niveau d’organisation est la Zone Euro, vu son poids économique et sa moins grande hétérogénéité que l’UE. Mais tout viendra des peuples, les dirigeants étant, soyons clairs, au service de la Finance…

      Et oui, bien sur, nous ne sommes pas un parti politique. Mais nous faisons tous de la politique, tous les jours, puisque que nous intéressons à la polis (à la cité, au peuple). Quand vous avez posté ce billet, vous avez fait un acte politique, en vous exprimant.

      C’est ce qu’il me semblerait intéressant de faire, un Appel, un court texte, proposé au débat public, et destiné à être repris par les médias, afin que les partis se positionnent en tombant les masques…

    2. @ Tartar

      Le subventionnement de la presse n’est pas vraiment un phénomène nouveau en France (tarifs de routage préférentiels, etc.). Il n’a pas empêché certains organes d’être des critiques résolus des gouvernements. Mediapart est de ceux-là.

      Vous donnez dans le « tous pourris »? S’il faut commencer par exiger de tous les membres de la classe politique qu’ils soient bien-propres-sur-eux avant de les solliciter sur tel ou tel point, on ne s’en sortira jamais.

      Nota: je ne connais rien de la « fortune » personnelle de Mélenchon, mais je peux vous assurer que ce n’est PAS un révolutionnaire. Il se proclame républicain, parlementariste et adversaire du « grand soir ». Je ne vois donc pas où est la contradiction. Quant à Besancenot, il ne gagne sans doute pas grand chose comme postier, mais quel est le rapport avec le sujet de mon post? Au vu de son histoire récente, je doute fort qu’il souscrive à l’idée d’un appel. Et c’est bien là l’essentiel.

  17. Je partage vos interrogations sur les conséquences de l’impasse que nous vivons.

    D’une manière plus ou moins diffuse et construite, elles semblent être même dominantes dans les opinions publiques Britannique et Française, si l’on en croit les résultats d’une enquête menée par l’IFOP et publiée par Le Monde de ce jour.

    81% des Britanniques et 83% des Français approuvent la taxe sur les bonus. Mais ils sont respectivement 71% et 72% à penser que cette mesure ne sera pas efficace. C’est dire le champ qui existe pour proposer et agir.

    Le risque que surviennent et se développent des tentatives totalitaires modernes (pour simplifier), avec tout ce qu’elles charrient de nauséabond, est réel si des alternatives n’apparaissent pas. Ce n’est pas seulement la responsabilité de ceux qui ont fait de la politique leur profession et dont la crédibilité dans ce domaine semble s’être très réduite.

    Mais il y a d’autres obstacles, si l’on en croit le « Baromètre de la confiance politique » du Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof, Sciences Po), cité par Pierre Haski dans Rue89 :

    * 73% des sondés (soit près des trois quart) pensent que les jeunes d’aujourd’hui auront « moins de chances » de réussir que leurs parents dans la France de l’avenir. Ils ne sont que 5% à penser qu’ils auront plus de chances, et 21% les mêmes chances. L’idée du déclin a donc fait son chemin ;

    * 23% seulement des personnes interrogées font confiance aux partis politiques, ce qui les place tout au bas de l’échelle. 71% ne leur font pas confiance, un score désastreux pour un des éléments centraux de la vie démocratique. Les médias ne font guère mieux : 27%, soit moins bien que les banques (37%), ce qui, après la crise financière, est significatif.

    * 70% des sondés, à la question « Pour la défense de vos intérêts, en qui avez-vous le plus confiance ? », répondent eux-mêmes, loin devant toute autre possibilité : les associations (15%), les syndicats (7%), et là encore, les partis politiques qui ne recueillent qu’1 tout petit pour cent.

    1. Comptons donc sur ces jeunes, qui seront des milliers à n’avoir pas grand chose d’utile à faire bientôt si on ne leur confie pas une tache cruciale à faire.

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour structurer des nouveaux partis politiques qui puissent essayer du mieux de rester libres de la corruption carriériste des cadres de TOUS les partis existants actuels (toutes idéologies confondues) et de l’esclavage au capital emprunté pour financer des campagnes électorales passés tout comme à genou mendiant celui des campagnes électorales suivantes. Cette nécessité de capital ne sert qu’a payer un effort de diffusion, à acheter des heures de travail pour le faire… et quand on est jeune et on n’a pas d’autre chose à faire… on peut apporter ces heures de travail sans dépendre d’un capital pour le financer.

      —> remplaçons les partis obsolètes par des nouveaux, directement… n’essayons pas d’assainir des malades droguées au hubris du pouvoir. L’abstention croissante est due à l’impossibilité d’identifier une option croyable… récupérons-la (elle constitue à elle toute seule une bien grande majorité).

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour structurer des nouveaux médias plus résistants à l’accaparement de la propriété par les grands groupes médiatiques (le moment ne pourrait-être mieux choisi… la crise faisant beaucoup de mal déjà à des structures de gérance des médias traditionnels qui ont trop fait usage d’économies d’échelle et qui se trouvent avec des structures de cout fixes intenables dues au fait qu’ils ont dimensionnés leurs structures de production pour une taille de marché qui c’est effondré et qui ne reviendra plus. Ces nouveaux médias, dans les mains de jeunes… donneraient naturellement plus de visibilité à des partis politiques de jeunes.

      —> remplaçons les médias obsolètes par des nouveaux, directement… la fuite de lecteurs accélérée sera le dernier clou qu’il fallait pour péricliter la rentabilité économique manquante des mass-médias traditionnels, à tel point que les pertes ne pourront plus être épongés par les subventions politiciennes avides de maintenir la fonction de contrôle et pilotement de l’opinion publique. Les médias traditionnels ruinés… ils ne serviront plus d’appui aux médias on-line dont on n’a toujours pas trouvé le moyen de les rentabiliser. La ruine économique des supports imprimés et on-line de la publicité agressive diminuera la taille du marché publicitaire traditionnel… rendant obsolètes aussi les économies d’échelle des marchés publicitaires des radios et des télévisions.

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour remplacer le système bancaire et financier prédateur par une structure qui renforce la responsabilité sociale de chacun en bénéfice de tous.

      —> créons des banques alternatives qui puissent nous servir entre nous et qui évitent les fuites de nos capitaux et des richesses que nous produisons qui se produisent quand on n’a pas les moyens de séparer la valeur des richesses que nous créons avec notre effort de la non-valeur de l’argent qui ne coute que du papier et de l’encre à produire. Un circuit ou ce que nous produisons, nous, reste entre nous, et ce qu’on produit pour des autres et qui nous est payé en monnaie de singe sert pour acheter tant que cela peut se faire des matières et des savoirs utiles à la collectivité plutôt que pour consommer des productions qui ne nous rendent qu’une satisfaction passagère et éphémère qui n’est utile que pour le transfert des plusvalues réalisés vers les comptes courants de ces capitalistes neo-libéraux engagés dans une course à la compétitivité folle qui ne mène que dans le mur.

      Créons une société parallèle, et dans la mesure ou nous serons capables de prendre notre avenir en main… nous gèrerons nos ressources d’une manière responsable… sans toucher à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas renoncer à leur logique suicide, mais en réduisant progressivement la quantité de ressources dont ils peuvent user pour continuer à se faire cette concurrence folle. Il ne tient qu’à nous de faire qu’ils doivent un jour cesser la course par manque de carburant.

      Il faut tenir compte, pour qu’une telle initiative soit viable… qu’il faut agir en conservant le mieux possible un équilibre géo-stratégique mondial assez fragile pour que l’affaiblissement d’une certaine région ne donne pas d’ailes aux volontés de conquérant d’une autre. Dans ce monde qui est devenu multipolaire… il faut maintenir une équilibre de puissance entre tous les pôles tout en les assoiffant de ressources, parce-que si nous faisons qu’un d’eux en conserve ou en additionne trop… il deviendra assez fort pour essayer de s’établir en dictature.

    2. @ NingunOtro

      Le bel enthousiasme que vous évoquez me semble noble mais vous ne semblez pas tenir compte que ces jeunes dont vous parlez, sont les enfants des mêmes parents qui sont à l’origine du problème.

      Croyez sincèrement qu’un enfant ira remettre en cause le système que ses propres parents ont construit et qui l’ont rendu dépendant financièrement ?

      Le lien est si fortement aliénant, qu’il faudrait qu’en plus les enfants remettent en cause leurs parents qui ont pillé leur avenir de toute possibilité d’autonomie et d’émancipation ! Oups, s’ils pouvaient au moins reconnaitre et se pardonner leurs erreurs, les dits parents devraient en assumer les frais …

      Cela tourne en rond, il va falloir que les enfants Tanguy quittent leur cocon mortifère

    3. @ Paul

      Vous mettez trop d’enfants dans le même sac.

      Certains parents ont bien sur crée le problème, prisonniers d’une logique implacable, mais la plupart des parents sont eux-mêmes des prisonniers du système sans qu’ils n’y soient pour rien dans la forme de celui.

      Les enfants des premiers qui constituent l’élite qui s’est réservé les meilleures parts du gâteau, une infime minorité, n’auront pas envie de le remettre en question (je ne vois pas le fils de Sarkozy se ranger à nos cotés)… mais les autres, ils seraient capables de faire que leurs pères suivent!

    4. @Paul

      « Croyez sincèrement qu’un enfant ira remettre en cause le système que ses propres parents ont construit et qui l’ont rendu dépendant financièrement ? »

      Personnellement, non seulement je ne me contente pas de le croire, mais encore je le sais, d’expérience. Toutefois, je dois convenir que l’effet soit tout à fait dévastateur pour l’équilibre familial.

      Dans mon cas personnel, la rupture pure et simple ne s’est pas faite car j’ai consenti à assumer les errances de mes parents, moyennant l’apparition de tabous dans nos discussions. C’est une situation qui de toute façon aurait été douloureuse, quelle qu’en soient les modalités. Il m’est donc resté le choix de la souffrance que je me sentais disposé à supporter.

    5. @ NingunOtro,

      « Certains parents ont bien sur crée le problème, prisonniers d’une logique implacable, mais la plupart des parents sont eux-mêmes des prisonniers du système sans qu’ils n’y soient pour rien dans la forme de celui. »

      En surface cela parait comme vous le dites, mais ce qui a permis cette non répartition, c’est bien que l’argent est devenu un but aux deux, et donc forcément un l’obtient en excédant et l’autre le convoite !

      Alors que si l’argent devient un moyen d’échange … une répartition se fait par ce même désir d’échange et de reconnaissance de l’autre comme enrichissement … humain

      @ Dissonnace,

      Votre témoignage c’est le courage qu’il faut pour dire cette vérité qui sera la solution si d’autres suivent votre voie.

      Rupture, tabous, douleur, modalités, souffrance … pour aboutir à votre capacité de pardonner. Maintenant il faut que vos parent se pardonnent … vous ne pouvez pas porter ce poids … alors le plus dur sera fait.

      Avec sympathie

    6. @ ningunotro

      En Somme ouvrons nos capitalismes au communisme lol !? Pourquoi pas. Par contre je crois qu’il y a erreur sur la personne, si une catégorie « n’a pas grand chose d’utile a faire » ce serait plutôt les vieux me semble t il. On pourrait imaginer un système qui compense la diminution des retraites par des prestations sociales accrues en somme un « communisvieux » en laissant a ceux qui ont encore des dents le libéralisme et la compétition. On pourrait imaginer le communisme et le capitalisme répartis démographiquement au lieu de géographiquement comme on l’a connu et coopérants au lieux de s’opposer. Quand a ceux comme moi qui « balance entre deux ages »… J’ai bien peur qu’il nous faille choisir entre assurer les retraites de nos parents et l’éducation de nos enfants vu que les banques nous ont volé (emprunté selon leur dire) 50% de nos ressources pour les 400000 ans a venir…. Saludos.

  18. Humm , le petit problème est que les radicalités additionnées des uns et des autres ne définissent pas une direction.
    Il y aurait une multitude d’actions possibles ?
    C’est possible , mais là est précisément le problème : laquelle ?
    D’autant qu’elles sont souvent contradictoires car l’unité d’un constat d’échec n’est jamais suffisant.

    Par ailleurs, cet aveuglement devant les forces considérables du Système à tenter de nier une certaine réalité , ne devrait jamais être sous-estimée : et oui, il y en a d’autres qui ne pensent ni comme vous ni comme moi et dont l’énergie et les moyens d’actions sont considérables. Et il y en a beaucoup , qui ne savent pas trop quoi penser … et qui fermeront les yeux sur pas mal d’arrangements, du moment que leur niveau de vie ne leur parait pas trop chahuté .

    Ceux qui ont ou avaient « prévu » cette ‘Crise’ -et il sont de plus en plus nombreux à s’en réclamer à postériori- , ne devraient pas exclure la possibilité d’une crise très étalée dans le temps : une sorte de crise sans point paroxysmique parce que personne (parmi les influents) n’a intérêt à le provoquer.

    Si la Dette est l’élément central de cette crise, des mécanismes de répudiation , négociés, étalées dans le temps (personne n’en mourra) , joint à un taux d’inflation raisonnable et supportable (personne n’en est mort dans les années 70), accompagnés d’une sorte de modération de la part des prêteurs à exiger leurs remboursements (Ils ne mourront pas de n’avoir que la déjà très grasse rente) … pourrait faire traîner les choses et permettre ainsi des transformations (car il va quand même fatalement y en avoir) en douceur et mieux contrôlées (éventuellement) par certains.

    Ceci dit, il faudra beaucoup de force au système pour juguler les contradictions qui le minent et un scénario d’éclatement n’est pas à exclure (quand on voit ce qui se passe dans la sphère financio-monétaire !) , dans lequel malheureusement il est probable chacun se crispera sur ses intérêts les plus vitaux , avec violence.
    Réarmement des Etats dirait Jean-Claude W. , … mais sur tous les plans et avec recul de l’Etat de Droit à coup sûr, à mon avis.

  19. Regardons la réalité en face.
    Mais c’est quoi la réalité aujourd’hui ?
    En fait c’est courir après l’argent.
    Courir après l’argent pour payer le loyer
    Le loyer est payé, courir pour payer la nourriture
    La nourriture est payée, courir pour payer l’eau,
    L’eau est payée, courir pour payer EDF,
    EDF est payée, courir pour payer le téléphone,
    Le téléphone est payé, courir pour payer le crédit (pour d’autres c’est mettre de l’argent de côté)
    Courir pour payer les impôts,
    et l’essence, et les assurances, et les vètements, et la nounou et et et et
    Comment voulez-vous que les gens réfléchissent à autre chose ?
    Pour des millions d’entre nous le seul but dans la vie est :
    EST-CE QU’IL Y A ASSEZ D’ARGENT SUR MON COMPTE POUR PAYER ?
    La première des choses à faire, l’essentielle, celle sans laquelle personne ne pourra envisager aucun changement, aucune vision nouvelle c’est :
    DE METTRE LE SYSTEME EN PAUSE !!
    Comme le dit si bien Olivier, il y a extrème URGENCE !
    Pour des milliers voire des millions d’entre nous c’est une question de jours!
    Comme des moutons nous avons accepté depuis des années que nos malheureux salaires ou revenus soient l’objet d’un véritable kidnaping par les banques.
    Aujourd’hui, malgré les appels de quelques uns (de plus en plus nombreux et dont je fait partie) à retirer leurs « sous », on s’apperçoit que c’est extrèmement difficile et surtout très long.
    La seule solution en attendant une réflexion sur le devenir des dettes, serait de FERMER LES BANQUES!
    Mais pas tout à fait, car certains vont objecter oui mais les factures, les prélèvements… elles n’ont qu’à s’en occuper, accorder des découverts, elles savent faire, l’argent virtuel c’est leur domaine .
    Et distribution de 600 € environ en « liquide » à tout le monde et par mois !
    A ce moment là, enfin libérés de l’obligation de courir après l’argent, nous pourrons examiner les propositions, envisager une autre forme de vie.
    Oui! Je sais! Cette femme est folle!

    1. Hhmm.. pas folle.
      Simplement se rendant compte que l’argent dirige tout.

      Et vous n’avez pas encore tout vu.

      Maintenant, s’assoir et réfléchir n’est accordé qu’aux personnes qui peuvent se détacher de l’argent.
      Soit, avoir trés peu de besoins, ou beaucoup de rentrées. (là aussi, l’argent est LA)

      On va élever des chèvres dans le Larzac…?? 😉
      Mince… : il faudra vendre les fromages pour acheter la nourriture des chèvres au regard si affectueux.
      Coincés.

    2. @Yvan
      Si tu les élève dans le Larzac tes chèvres, tu n’a pas besoin d’acheter leur nourriture puisqu’elle pousse à même le sol.
      En revanche, pour se nourrir soit même, c’est surement pas suffisant le lait de chèvre (et pour s’habiller, se chauffer…) 🙂

    3.  »Oui! Je sais! Cette femme est folle! »

      Il est parfois bon d’avoir un grain de folie. [Sénèque]

      Le monde appelle fous ceux qui ne sont pas fous de la folie commune. [Madame Roland]

      Je sais calculer le mouvement des corps pesants, mais pas la folie des foules. [Isaac Newton]

      Les hommes ne vous trouvent sages que lorsqu’on partage ou qu’on approuve leur folie. [Alphonse Karr]

      Une partie du monde se moque de l’autre, et l’une et l’autre rient de leur folie commune. [B Gracian Y Morales]

      Les femmes font les pires folies pour allumer une passion et prennent la fuite devant l’incendie. [L d’Abrantès]

      C’est l’amour des richesses qui cause la folie des hommes et leur perversité. [Théognis de Mégare]

      Les fous passent, La folie reste. [Sébastien Brant]

      La folie, c’est la loi de la majorité. [Terry Gilliam]

      Il y a plus de fous que de sages [Chamfort]

  20. De mon humble point de vue de candide de service, je propose les orientations suivantes :
    – rétablissons l’impôt progressif sur les revenus avec une tranche supérieure à 80% par exemple… qu’importe dès lors que tel trader ou actionnaire ai gagné sans rien faire un million d’euros, 800 000 euros dans les caisses de l’Etat, pour, par exemple venir en aide aux plus pauvres, développer les services publics, ou , soyons fous, pour payer la recherche médicale nous faisant enfin grâce des Téléthons et autres « pièces jaunes » qui flattent si bien l’égo charitable des plus riches… Il restera tout de même 200 000 euros à notre trader ou actionnaire, soit 200 fois le SMIC sans rien foutre… d’accord, c’est encore trop !
    – établissons une vrai taxe carbone tout simplement en augmentant la TVA de 10% par exemple, car, si je ne m’abuse tout ce qui passe entre nos mains est plus ou moins réalisé à partir du pétrole ou du moins en a nécessité pour son transport et sa distribution ; ensuite, comme le propose James Hansen, redistribuons l’intégralité de cette nouvelle taxe aux citoyens « per capita » (on peut moduler selon le nombre d’enfants comme il le propose…).
    – supprimons les charges sociales et basculons le tout sur la CSG, ainsi TOUS les revenus contribueront à payer, la sécu, la retraite et le reste.
    – moratoire sur la destruction de terrains agricoles et forestiers, ie sur la construction d’autoroutes, de zones pavillonnaires, de lignes à grande vitesse, d’aéroports…densifions l’existant en autorisant des COS à 3 au lieu de 0,5 voire moins à la campagne.
    – supprimons les subventions aux énergies dites « vertes » qui masquent leur vrai coût non seulement financier, mais surtout « carbone » en partant du principe qu’un coût quel qu’il soit représente toujours du carbone pour l’essentiel puisqu’il faut de l’énergie et des matières premières pour fabriquer, transporter, recycler…
    – rétablissons la démocratie en France en interdisant le cumul des mandats (comment accepter qu’un ministre puisse se présenter aux municipales ou aux régionales ?), en rétablissant la proportionnelle intégrale, en diminuant les pouvoirs du présidents de la république et en rétablissant la responsabilité pénale de tous les élus, avant, après et pendant…

    Mes propositions à deux balles… et merci pour votre billet, M. Brumaire (joli mois républicain)

    1. J’oubliais l’essentiel : abandonnons le pétrole avant qu’il ne nous abandonne comme nous le dit si bien Fatih Birol de l’AIE. Mais pour cela, il n’est qu’une seule solution, produire moins, produire plus solide (pour que ça dure et non pour que ça se jette dès la sortie du magasin…), consommer moins, gaspiller moins. Mais l’efficacité de la méthode se heurte à la logique capitaliste du « toujours plus » et donc de la « croissance ».

      (Pas plus tard que ce matin j’ai trouvé sur le pavé parisien un énième aspirateur en parfait état de marche, n’était le petit bidule en plastique qui maintient le sac dans son logement. Tout le monde n’est pas bricoleur, certes, mais comment accepter qu’un appareil aussi simple dans sa conception soit HS en quelques petites années – 2002 gravé dans le plastique par le fabricant – et qu’il ne soit pas possible de concevoir une pièce plus solide ? Détail, tout cela et le diable s’y cache ! La parabole de l’aspirateur en vaut bien d’autres. Consommation, surconsommation, adaptation de la fabrication à l’obsolescence programmée de nos produits, gaspillage organisé au final.)

    2. Je n’ai jamais compris pourquoi faire des paliers sur l’impôt progressif. Une courbe ou une droite serais plus logique et équitable à mon avis.

    3. Pour les Traders qui travaillent pour les banques « Françaises », la plupart sont hors de France et sont payés sur des comptes à Jersey ou autres paradis fiscaux….On peut essayer l’impôt sur les signes extérieurs de richesse, voitures, propriétés en Sologne, Lubéron,etc….
      Pour la Taxe carbone, elle peut aussi se mettre au niveau de l’importation globale du pétrole, du gaz et du charbon qui arrivent en France.
      Pour le reste, subventions et cumul des mandats, je suis bien d’accord.

  21. Sans toutefois nous cantonner au seul monde des idées – même si elles ont leur intérêt – alors que dans notre société apparaissent et se développent, des manières plus ou moins marginales et explicites, des pratiques sociales qui préfigurent les contours de celle qui pourrait lui succéder.

    L’objectif proposé est de mettre une fois encore à profit ce blog, afin de susciter une nouvelle collaboration. De toutes celles et tous ceux qui s’y retrouvent, apportant déjà ou non leurs commentaires, afin de débuter une collection d’un genre particulier. Un simple inventaire des idées ou des pratiques qui pourraient contribuer, une fois regroupées, à dessiner l’esquisse d’une société alternative, cette utopie d’hier qui désormais pourrait être qualifiée d’utopie réaliste.
    D’entamer collectivement, sans hiérarchie et sans mise en forme prématurée, une « tentative d’épuisement », comme a écrit Georges Perec, de ce qui est à notre disposition, autour de nous, et témoigne de la transition dans laquelle nous sommes en réalité engagés. Sans en avoir toujours bien conscience, car lorsque l’on est dans le vent, on ne le sent pas. Sans garantie non plus qu’elle aille à son terme.

    Des points d’étape seront certainement nécessaires, nous verrons bien.

    François Leclerc

    Nous avons beaucoup analysé, réfléchi, parlé, échangé, en 2009.

    Agissons en 2010 !

    Olivier Brumaire

    La tentative d’épuisement est très loin d’avoir abouti et c’est tant mieux: il nous reste du boulot et beaucoup de

    nouvelles pistes à explorer pour aller plus loin.

    Mais devant l’urgence, je crois qu’il est temps de passer à la première étape que je conçois ainsi :

    Trier et classer les propositions faites dans l’inventaire de demain même si ce n’est qu’une ébauche

    Les diffuser

    Aider à les mettre en pratique ( là, on fait appel à des pros du terrain mais je suis certaine qu’il y en a sur ce blog et

    sinon, on saura en trouver)

    Bon voila, on est en janvier et il est encore temps de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année.

    Action !

  22. je suis vraiment désolé que personne ne veuille comprendre le capitalisme d’un point du vue uniquement systemique
    ce n’est pas si grave,on n’a vu que 3 vagues (financiere,economique,sociale),certains disent qu’ils en restent 2 (politique,culturelle),soit!
    depuis 250 ans,cette civilisation est poussée par le petrole et le profit et elle s’effondre à cause d’eux,c’est tout
    le tsunami,c’est 2010-2020 à cause du petrole,la meteorite du profit,c’est 2050-2100 (2080,l’aneantissement)
    la terre sera là,des hommes aussi mais en régression et ayant perdu leur civilisation (l’espoir du progres)
    on dira,c’est dommage car on savait mais on a laisser faire
    bruno,le troll du non-profit

    1. J’ai parfois le sentiment que même sur ce blog, la dépendance de notre capitalisme occidental et de toute notre société au pétrole est un sujet tabou…

    2. Je pense moi aussi que c’est véritablement le cas pour une très large majorité, mais notre hôte n’en fait pas partie à mon sens puisqu’il donne l’occasion à nombre d’invités d’en parler dans leur billet.
      L’énergie est un domaine trop cadré pour l’imagination humaine.
      L’économie, elle, n’est pas cadrée ; on a plus facilement l’impression d’avoir raison lorsque on s’exprime à son sujet : moi le premier, pardon !
      Alors ? Sujet tabou, pour toute les collectivité et peu importe laquelle ? Oui ! Oui ! Et normal, puisque les réalités énergétiques contrarient les rêves.
      Et pour s’en convaincre, considérons les dix seuls commentaires au bel article de ce blog concernant les écluses de Charleroi et l’énergie (fin décembre ou début janvier) ; alors que c’est bien l’énergie, surtout du pétrole, qui fait l’économie … sujet principal du blog de Paul Jorion.

      Je ne connais personnellement qu’un économiste, plus précisément un prof, mon voisin. Un jour il m’a dit que s’il n’y avait plus de pétrole, c’était pas grave, on irait en chercher.
      Précision : il ne m’a pas dit où, ni qui était « on ».
      Tabou ? Oui, c’est le mot !

    3. Avant d’extraire le pétrole, il faut le découvrir…

      Données factuelles:

      Pic de production du pétrole (brut léger) aux USA : 1970 (dépassé depuis longtemps)
      Pic des découvertes du pétrole aux USA : 1930 (dépassé depuis très longtemps)
      Décalage entre découvertes et production : 40 ans (le temps d’atteindre le maximum de production)

      Pic des découvertes mondiales : 1964 (dépassé depuis longtemps)
      La production mondiale de pétrole plafonne depuis 2004 (confirmé par ASPO)
      Tiens, c’est 40 ans après ! Comme par hasard ?

      On y est au pic pétrolier ! C’est pas une vague élucubration et toute activité économique a besoin d’énergie dont la source est principalement le pétrole. On ne passe pas du jour au lendemain à une énergie (réellement) renouvelable, cela nécessite de changer l’infrastructure coûteuse conçue pour cette matière hautement énergétique, facilement stockable et transportable qu’est le pétrole.

      Pour se représenter l’énergie que contient 1l d’essence. Imaginez que vous mettiez dans votre voiture 1l d’essence en tout et pour tout et que vous rouliez jusqu’à la panne sèche (20Km pour une consommation de 5l/100Km). Ensuite, revenez chez vous en poussant votre voiture (pendant 20 Km). C’est lourd une voiture, non ? C’est pénible de la pousser pendant 20 Km, non ? Voilà l’énergie que contient une malheureux petit litre d’essence ! Alors, c’est cher l’essence ?

    4. « On y est au pic pétrolier ! C’est pas une vague élucubration et toute activité économique a besoin d’énergie dont la source est principalement le pétrole. »

      et oui, et nous avons toujours la même politique de l’emploi comme dans les années soixantes lorsque nous avions 5 à 10% de croissance pétrolière et sans pétrole, rien ne fonctionne.

      « Pic de production du pétrole (brut léger) aux USA : 1970 (dépassé depuis longtemps) »

      N’est-ce pas par hasard l’année précédent la suppression des accords de Breton Woods? Comme quoi pétrole et économie sont intimement liés.

      « Voilà l’énergie que contient une malheureux petit litre d’essence ! Alors, c’est cher l’essence ? »

      Un litre d’essence est ègal à 10 kwh
      La puissance d’un humain en pleine action est égal à 0,2 kw (je suis un 3×20)
      http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html
      Un litre d’essence est égal à 50 humains en pleine action pendant une heure.
      Ca colle mon cher fujisan, on peut penser que 50 humains (3X20) en pleine action pendant une heure puissent, sur 20 km, ramener la voiture au bercail

    5. Et ce n’est pas si facile car un bien faible pourcentage d’humain parcour 20 km en une heure (Husain Bolt en fait le double mais seulement sur 100 m et j’ignore les moyennes des marathoniens!) et l’energie de ceux qui restent en route n’est pas utilisée durant une heure entière. Donc il faut dejà une machine pour reunir et demultiplier les efforts communs ainsi que vehiculer les travailleurs qui vehiculent le vehicule Sic and lol!!!!

  23. Je ne peux m’empêcher de revenir à ce qui me semble indispensable: la lucidité (et surtout celle qui nous informe sur notre propre monstruosité, quelquefois tempérée ou dépassée il est vrai…).

    Yves Paccalet: « Nous, Homo sapiens, avons un grave problème : non seulement, comme je l’ai analysé dans « L’Humanité disparaîtra… », parce que nous employons la plupart du temps notre intelligence à conforter nos instincts de domination, de territoire et de reproduction (au lieu de lui faire servir nos pulsions positives, notamment altruiste et esthétique) ; mais aussi parce que, même lorsque nous sommes animés des meilleures intentions, même lorsque nous voulons sauver la planète, nous sommes tragiquement incapables de nous comprendre et de nous supporter les uns les autres. » (Lu sur son blog, désolé je ne sais comment mettre un « lien »)

    Peut-être aussi faudrait-il s’inspirer de « Eloge de la fuite » de Henri Laborit, dans laquelle l’auteur (le contraire d’un bisounours) nous invite à éduquer et les enfants et informer certains adultes sur la façon d’approfondir cette fameuse lucidité, ce qui nous permettrait – peut-être – d’interagir avec nos semblables de façon un peu moins brutale.

    J’ajouterai que la possession créant la frustration, il est peut-être également temps de s’arrêter un instant pour réfléchir au monde-rouleau-compresseur sans issue qui est mis marche accélérée depuis si longtemps.

    Lorsque Frédéric Taddéï passera en prime-time, nous en reparlerons… en attendant comment faire comprendre que posséder la terre entière ne suffirait pas à satisfaire la plupart ? Combien échangeraient un parachute doré contre le plaisir d’apaiser la souffrance de quelques êtres humains là-bas ou ici, sous nos fenêtres ou sous les gravats ?

    Apprendre à apprivoiser le loup qui vit en chacun d’entre nous serait à mon sens plus efficace que multiplier les vigiles et construire des prisons, lesquelles seront rapidement surpeuplées à l’allure à laquelle nous progressons.

    Bonne journée à tous !

  24. Bonjour à tou-te-s,

    Autrement dit, voilà ce qu’il advient :

    « Anti-dédicace »

    Et s’il y avait une re-crise
    En lieu et place de la reprise
    Qui serait le bouc-émissaire
    A prendre pour cible dans cette galère ?

    1) Quelques agences de notation
    Qui manqueraient d’informations ?
    2) Quelques médias manipulés
    A la mission mal formulée ?

    3) Quelques politiques vérolés
    Car dans les lobby-s enrôlés ?
    4) Quelques entreprises lobby-istes
    Qui veulent jouer les exorcistes ?

    5) Ou bien les moutons trop dociles
    Qui optent pour une vie facile
    Protégés par quelques bergers
    Qui auraient tort de gamberger ?

    Si tous les moutons se laissent tondre
    Et dans la masse préfèrent se fondre
    En « pensant » passer en dernier
    Sur le bûcher particulier !

    Il ne fait pour nous aucun doute
    Que chacun continue sa route
    Sans vraiment chercher à savoir
    Quel est le bon sens de l’histoire ?

    Et s’il y a une re-re-crise
    En lieu et place de la reprise
    Nous saurons enfin dire pourquoi
    Mais pour le bon sens, j’ vous dis quoi !

    Signature : luami CREER
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    inspiré par la famille CREER qui a 114 ans
    (Christine Régis Emma Etienne Robin)
    « médiateur de l’innovation » de Toulouse à La Ciotat

    http://luami.viabloga.com

    et Bon voyage dans la Vie !

  25. « Qu’opposera alors un système démocratique qui finira discrédité si nous ne changeons pas RAPIDEMENT les choses ? Car le compteur est enclenché, les mécanismes souterrains sont à l’œuvre. Les tensions s’accumulent, et un jour, brutalement, la faille glisse, le tremblement de terre emporte tout et détruit ces murs et cette société que l’on pensait si solide.

    Une nouvelle politique de Civilisation est à construire, en sortant de la pensée « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. L’heure des débats d’experts est terminée, le bateau prend l’eau, peu importe que votre cabine ne soit pas encore inondée. Chaque pays n’agit qu’en fonction de ses intérêts et de celui de son peuple, penser le contraire est d’une naïveté confondante. Guérissons-nous au plus vite de ce « syndrome Bisounours ». »

    Et je soulignerai : « PEU IMPORTE QUE VOTRE CABINE NE SOIT PAS ENCORE INONDEE »

    Car ce n’est qu’une question de temps pour qu’elle le soit!

    L’eau a atteind la salle des machines et vous êtes dans le salon en train de valser sur le Beau Danube bleu!!!
    Vous êtes en train de choisir votre tenue de soirée alors qu’il faudrait rejoindre les canots de sauvetage!
    Vous êtes en train de pester contre le capitaine parce que le pont n’est pas horizontal et vous ne voulez pas voir que le bateau penche parce qu’il est en train de couler!

    Je suis persuadée depuis des mois qu’il y a urgence.
    Urgence pour moi, évidement, mais aussi pour beaucoup, beaucoup d’autres.
    Pour Minederien par exemple qui nous avait laissé sur ce blog un témoignage si poignant.
    Minederien pour qui « au-dessus du gratuit c’était trop cher ».
    Balayée Minederien.
    Quelqu’un a-il des nouvelles de Minederien?

    J’ai accepté depuis longtemps l’idée que ce monde est fini, qu’il faut changer la donne.
    Si j’ai de la colère ce n’est pas à l’idée que c’est fini, ce n’est pas à l’idée que nous nous sommes fourvoyés, non depuis ces derniers mois je remets tout en question.
    Si j’ai encore de la colère c’est parce que je me sens pieds et poings liés face à l’inertie ambiante.

    Vous voulez voir la machine infernale?
    http://www.24hgold.com//francais/home.aspx?money=newyork
    La part d’une personne payant l’impôt sur le revenu était de 87558,19 € quand j’ai quitté le site. (16h 17 le 19/01/2010)
    Allez voir à combien elle est maintenant.
    ALLEZ REGARDER L’EAU MONTER!

    1. P@: LG:

      Il écrit « c’est le désert idéologique dans toutes nos institutions … » Et surtout chez la jeunesse que 20 ans de pouvoir gauche / droite a transformé en « zombie consommateurs » introvertie dans un individualisme matériel rendu possible par la numérisation à outrance de la société .. La technologie est le grand responsable de nos maux économiques et sociétales d’aujourd »hui:

      Internet en entreprise (appelé INTRANET) à aboli les distances et a donc permis la mondialisation
      Internet chez les particluiers a aboli les distances en privilégiant les rapports « numériques » et donc immatériels
      Internet a permis de maquiller à tous les niveaux la réalité avec un objectif uniquement mercantile

      Résultat : SOLITUDE – CHOMAGE – IDEOLOGIE SU SENS INEXISTANTE .. et MAL DE VIVRE

      Vive le progrès.

  26. Une mesure facile à mettre en place pour limiter le poison de la spéculation serait de diminuer l’effet de levier effarant de mise sur ces marchés. En effet, typiquement on spécule sur 100 en apportant 10 on a donc un effet multiplicateur de facteur 10. En remontant ce niveau à disons 50 on limite l’effet de levier en le divisant par 5 il me semble que ce serait une mesure facile à prendre et que cela diminuerait fortement la spéculation à tout crin !

    1. Josuah…

      Cette mesure facile à mettre en place ne l’est que parce-que vous vous refusez de tenir compte de la perspective complète. La spéculation est rentable (pour quelques-uns). La spéculation avec effet multiplicateur 10 est plus rentable (pour quelques-uns) que celle à effet multiplicateur 2.

      Pour le dire avec un autre exemple, prenez la Formule 1… si on peut imposer les mêmes règles à tous, on peut limiter la puissance des moteurs à x chevaux, et le écuries tenteront d’optimiser d’autres variables. Mais n’oubliez pas que le but est et reste de gagner la course… si on ne peut éviter qu’une écurie utilise un moteur de x+5 chevaux… aucune écurie va se limiter volontairement à un moteur de x chevaux tant qu’elle est obligée de participer à la course et que l’inversion n’est rentable que pour celui qui monte sur le podium et encaisse un prix. Aucune ne renoncera à essayer de gagner.

      C’est pour cela qu’une mesure qui handicape unilatéralement celui qui la prends ou ceux auxquels on peut l’imposer… n’est jamais facile à mettre en place.

      Pour limiter la course aux moteurs de x chevaux… il faut éviter que ceux avec des moteurs à x+5 chevaux puissent participer. Pas de limitations possibles sans protections pour faire valoir le règlement de la course.

  27. En dehors des effets « éoliens », que pensez-vous de l’intervention de Bruxelles concernant l’immixtion de l’état Français dans les délocalisations en Turquie prévues par Renault ?

    1. Je pense que « l’organisation de Bruxelles », bien loin non seulement d’un idéal européen intégré, a perdu tout pied avec ses origines – la « préférence communautaire » date de 1957, mais les anglo-saxons ont réussi a torpiller la vision économique de l’Union (heureusement, reste une vision politique, qui en ces temps de réduction nationale des libertés nous protège encore un peu).

      Alors oui, pour défendre le droit à délocalisation, il y a toujours des volontaires. Pour défendre notre droit à crever de ces minables illusions libre-échangistes aussi, du coup.

      Par contre, pour défendre notre droit à défendre notre modèle de société – ou plus simplement notre droit de contribuable à ne pas éponger les pertes de ces aventureux, il n’y a plus grand monde…

      Et même sans aspect de morale, mais quand comprendront-ils qu’un ouvrier en moins, c’est un chômeur en plus, mais aussi un consommateur en moins, donc la croissance en moins…

      Ah, qu’elle était bien la France, au temps béni de la prime à la casse…

    2. Il faut protéger le travail contre les délocalisations, par Maurice Allais, prix Nobel d’économie

      « Tout libéraliser amène les pires désordres », constate le prix Nobel d’économie Maurice Allais, qui se définit comme « libéral et socialiste », préoccupé à la fois par « l’efficacité de la production » et de « l’équité de la redistribution des richesses ». Il est « fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières », tonne-t-il, car le commerce international est un moyen et non une fin en soi : le « chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. » Déplorant la quasi unanimité en faveur de la mondialisation qui prévalait avant la crise, Maurice Allais dénonce « un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent », et rappelle que malgré ses demandes répétées, les médias ont toujours refusé de donner la parole au seul Nobel d’économie français.

      La suite sur Contreinfo

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2956

      Un cadre qui a du liquider son entreprise et aujourd’hui au chômage.

  28. Bonsoir,

    « dommage que nos dirigeants ne soient pas des éoliennes, cela aurait été un début d’alternative à la déplétion pétrolière… »
    J’ai bien aimé. Je la replacerai.
    Vous parlez des boucs émissaires. Il y a aussi les « grands chefs », qu’on appelle les « porte paroles » que j’ai eu l’occasion de parodier http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2009/02/05/cherche-porte-parole.html
    Le syndrome Bisounours, je l’avais déjà dénoncé dès les premiers signes de redressements
    http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2009/05/12/la-bonne-nouvelle-et-la-mauvaise.html

    Je n’oublierai pas de placer mon nounourse sur l’oreiller, c’est promis.

    Bonne nuit, les petits.

  29. Re-bonjour,
    à lire toutes ces réactions j’ai l’impression qu’il est temps pour ce blog de faire son « big bang », c’est à dire de provoquer la réaction en chaîne, salvatrice, de vecteur d’influence vers le plus grand nombre. Que pourrait-on devenir :
    – un journal ?
    – une banque ?
    – un mouvement politique ?

  30. Le problème des participants de ce blog est que ceux qui y participent sont probablement des personnes à la recherche d’un emploi, malheureusement. Je fais le pari que pour chacun d’entre eux, dès qu’ils auront trouvé un job , ils auront aussi vite oublié ces vents de révolution passé devant le blog de Paul Jorion pour retrouver leurs vieux et vrais réflexes de consommateurs et individualistes … Ils se diront « Après tout, ce n’est plus mon problème puisque je réintègre le système » …

    Matés et zombis comme le système nous a fait .. Une machine efficace et sans pitié et surtout très productive

    Triste !

    1. « coucou », je ne sais pas si vous avez raison, parce que par exemple maintenant je n’ai même plus envie d’en trouver un, job. Par contre à force de fréquenter ce blog, et d’autres, je renseigne ceux qui travaillent, j’aime bien les décourager 🙂 . Ca fait peut-être partie des solutions, se débrouiller, devenir improductifs, s’abstenir ? Miguel Benassayag dit « la connaissance c’est l’action », il y a peut-être un fil à tirer par là ?

    2. Vous êtes injurieux!
      Je travaille mais çà marche pas fort!

      M’enfin tous les excellentes idées exposées ci-dessus ne peuvent déboucher, être appliquées et transformées en textes législatifs, sans passer par un « appui » politique de haut niveau avec accès aux média…suite à un « coup » quelconque!
      Espérons que coup en question ne nous anéantira pas.

      Or,La plupart des personnages politiques (de tout bord) connus sont d’assez gros « possèdants », ils sont peu enclins à un changement…et déjà trop satisfaits du système pour risquer quoi que ce soit

    3. Je suis dans le même cas qu’Anne.
      Je n’en cherche même plus (enfin presque), de toute il n’y a pas d’annonce qui corresponde à mon profil, et quitte à me faire virer dans 6 mois, autant ne pas commencer ça m’évite désillusions et frustrations.
      J’ai grandi avec la certitude qu’en travaillant bien à l’école et en aillant de bonne notes je trouverais un travail si j’en cherchais… ça fait 8 ans que je passe d’un travail précaire au chaumage et j’en peu déjà plus…
      J’aime pouvoir me projeter dans l’avenir.
      Mais je comprend très bien ce que tu dit car ça m’ait arrivé, de trouver du travail et d’oublier mes idées de révoltes. De toute façon, si demain tout le monde retrouve du travail, c’est que le système ne vas pas si mal que ça non?

    4. Bonne remarque « Coucou », mais pour ma part c’est faux ! J’ai la chance d’avoir du travail, en indépendant et de pouvoir de mon petit atelier passer du temps (trop parfois) sur ce blog entre autre, à écrire ou à lire, à réaliser de petits schémas, à mettre en parallèle deux ou trois informations… Mes revenus ne sont pas mirobolants, je consomme peu, je ne me plaints pas non plus et mes enfants encore petits pas d’avantage. Je suis sûrement un privilégié du point de vue de certains, mais j’ai organisé de longue date mon environnement pour m’autoriser aujourd’hui une certaine liberté.
      Je m’attends tous les jours au pire et me satisfais le soir venu qu’il ne soit pas arrivé.
      Carpe Diem.

  31. « Beaucoup de penseurs, de bloggeurs d’horizons variés
    ( […], Peyrelevade, […], même Patrick Artus … »

    Bizare de citer des banquiers ou ex. en tout cas fonctionnaires
    ou ex !
    Ce matin à France-Culture, Michel Pébereau.
    Compte rendu rapide.
    Sur la forme:
    Langue de bois magnifique. Il débite du concept, comme
    un charcutier débite du boudin au moment des cochonailles.
    Mais, c’était sans odeur et sans saveur; rien pour
    accrocher l’esprit, aucune invite à l’imagination.
    L’ autre invitée, Clémentine Autain, a parlé d’endormissement.
    Langue de bois hypnotique conviendrait bien pour caractériser
    la phraséologie.
    Sur le fond : circulez, y’a rien à voir et pas grand’chose
    pour les neurones.

    Obscénité salariale, primes, bonus et autres avantages:
    C’ est normal et justifié. Il s’agit de récompenser des
    hommes ( Clémentine Autain: « pas de femmes ») aux
    resultats de très hauts niveaux. Ils le méritent, et c’ est bien
    dans les normes ( normes: banquiers US) acceptées.
    D’ ailleurs, d’autres, qui ne sont pas banquiers font pire
    et l’opinion publique l’accepte. (Autres: fixation sur
    les entraineurs de foot)
    Crise et responsabilité: c’est la faute à l’absence de liquidité
    et à de petites erreurs de gestion (= prise de risques excessives).
    Intarissable sur certains détails de technique financière:
    Le groupe qu’il préside prête maintenant autant sinon plus
    aux PME qu’avant la crise etc… Certains projets de financement
    sont risqués ( projets TPE-PME non viables) , pas question
    que la banque , qu’il a l’honneur etc… , prennent des risques.
    Le devoir d’une banque c’est de gérer le risques sur les marchés
    actions…. Un risque bien pesé rapporte beaucoup.
    On sent peut-être à tord qu’entre une multitude supposée de quémandeurs
    à la solvabilité future incertaine et le grand jeu excitant du casino, il n’y a pas
    photo…

    Finalement, un banquier n’est pas compétent pour
    entrevoir des solutions qui ne soient pas la simple
    reconduction des errement antérieurs.
    ( en mieux, faut pas les prendre pour des minables intellecuels ).
    L’ absence et le déni concernant l’endettement excessif
    obligé par une répartition inéquitable des gains (= salaire faible+TVA élévée
    et actionnaires gavés+ID faible) est la marque d’une incompétence
    à sortir de sa sphère étroite de banquier.

    conclusion???:

    De ‘NingúnOtro’ le 29 novembre 2009 à 15:35 :
     » C’est pour cela que le jeu ne sera avorté que quand ceux qui prendront
    en mains la solution du problème ne seront pas des banquiers
    et ne se trouveront pas sous l’influence directe ni même indirecte de ceux-ci. »
    Pour ce cas particulier: conclusion vérifiée. C’est mon opinion.

  32. « Comment réagiront les Chinois et les Indiens – 2 milliards d’humains bâtis de la même chair que la nôtre, avec les mêmes espoirs et les mêmes rêves que les nôtres – qui ont moins de 30 voitures pour 1000 habitants, quand on leur expliquera qu’il n’y aura pas assez de ressources pour en construire plus et qu’ils devront continuer le vélo, quand les 4×4 et les 900 voitures pour 1000 habitants des États-Unis rouleront encore ? »

    Et pourquoi réagiraient-ils, uhm ? Si la Chine continue de se développer, eh bien les chinois s’enrichiront et s’achèteront des voitures, et à priori des voitures made in China. Quant aux ressources – naturelles – nécessaires, elles sont là et bien là. Ne pas oublier que le verre est à moitié plein, pas seulement à moitié vide ! (je parle du pétrole…) Et je crois avoir lu ici ou là que l’accès aux matières premières constituait l’un des objectif majeur de la Chine.

    L’Empire du Milieu poursuit sa route, méthodiquement.
    Ils avaient d’abord besoin d’infrastructures, mais pour cela ils avaient d’abord besoin d’argent, de beaucoup d’argent. Et grâce à notre consumérisme mesquin – le besoin d’acheter, mais pas cher ! – la Chine possède désormais de bien belle réserves ! De quoi acheter des terres, des matières premières… Car là sont les véritables richesses du monde au XXI ème siècle.

    Par contre je ne comprends pas trop à quoi l’auteur de cet article – par ailleurs excellent – fait allusion à propos de l’esprit Bisounours. Que je sache, les américains sont toujours en guerre, la France sombre dans un nationnalisme quelque peu nauséabond, idem pour l’Italie, le Chili vire à droite, etc. Où est l’esprit Bisounours ..? Je ne le vois guère DANS LES FAITS.

    Je crois plutôt que les sociétés occidentales prennent peur, car elles comprennent petit à petit qu’elles ne resteront pas très longtemps très « riches »…

    1. merci !

      Vince, où les chinois vont-ils trouver l’acier de la carosserie, le nickel des batteries, le cuivre des fils, et, accessoirement, juste le pétrole, sachant que nous sommes aux alentours du pic de production, il n’y aura jamais PLUS de pétrole produit tous les ans…

      Pour l’esprit Bisounours, je voulais parler de l’angélisme à ne pas voir le sproblèmes arriver, y compris les nauséabons que vous signalez.

      Avez vous entendu des propos comme ceux de Paul à la télé, à la radio (sauf BFM 5 minutes par semaine lol), dans la bouche d’un ministre ou d’un député ? Et donc dans la bouche de M. tout le monde ?

    2. Je vous conseille de suivre les cours de Jean Marc Jancovici donnés sur le site de l’Ecole des Mines Paris Tech.
      8 séances vidéo téléchargeables de 2 heures avec une pause entre les deux; c’est un peu long mais il faut ce qu’il faut si on veut avoir les bonnes info; ça remet les idées en place pour envisager l’avenir…..

    3. @ Vince.
      Le verre est à moitié vide certes, mais la moitié qui reste à « vider » ne pourra pas l’être aussi facilement que la première (viscosité, arrivée d’émulsion, nécessité de consommer beaucoup d’énergie, …) et surtout pas avec une augmentation du débit pour satisfaire les exigences de croissance rêvée : il va même y avoir une forte baisse de débit … et donc de la croissance.

      Quant à la croissance, exponentielle, pour des choses bien réelles, contenues dans un volume fini (notre Terre), c’est tout bonnement impossible, mathématiquement et physiquement.

      Les chinois, les indiens, les africains, tous les autres qui rêvent de notre façon de vivre au fond de leurs chairs, nous les avons mis devant un fait accompli : on a tout « mangé » le pétrole facile ! Leur rêve n’est plus possible énergétiquement.

  33. Première réforme, la démocratie directe et tant pis pour les failles de réseaux ou certaine fraudes, qui risque rien n’a rien, de plus le citoyen qui manque de bagages culturel sur certains sujets (comme moi en économie) peut toujours se renseigner sur le blog de PJ ou sur les média citoyens journalistes (il y en a des bons) avant de voter, alors moi je ne vois aucune raison de ne pas passer à la vitesse supérieur en terme de démocratie, évidement les politiciens seront contre vu les intérêts qu’ils y ont et vont certainement brandir les épouvantails de la peur.

    Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre.
    Benjamin Franklin

  34. dans tout systeme,l’exponentiel est explosif ou implosif,le logarithme n’est pas si mal mais voué à l’immobilisme,
    le meilleux ,de loin,est un attracteur étrange,synonyme d’auto-similarité et de durabilité
    donc le nouveau systeme doit s’y apparenter
    une cooperative y ressemble
    bruno,le troll étrange du non-profit

    1. le meilleux ,de loin,est un attracteur étrange,synonyme d’auto-similarité et de durabilité

      C’est simplement (si je peux dire) le système vivant Ben oui, on est tous fait de poussière d’étoiles non?
      Et c’est cela qu’il faut copier

  35. C’est tout de même curieux ce manque d’imagination chez certains …
    Je ne dis pas, bien sûr que tout aille bien, et que le système , de par la réalité de nos micro-comportements (malgré nos discours … à moi comme à vous) , ne ne déglingue pas un peu.

    Mais enfin, ici, dans nos pays européens, j’ai parfois l’impression d’un manque de réalité un peu symptomatique d’un enfant gâté. Hé quoi ! regardons un peu l’histoire : il me semble que bien des populations ont affronté des situations autrement plus dramatiques que la nôtre , non ? , et sans avoir aucun de ces atouts dons nous disposons sans même nous en rendre compte.
    Vous allez -peut-être- m’objecter le reste du monde . Soit , nous l’avons bien aidé à se dézinguer … mais enfin n’avons nous pas une vision complètement déformée avec cette manie en forme de mauvaise conscience de vouloir absolument que le reste du monde accède à notre niveau de vie ? Le bonheur passe-t-il nécessairement par le seuil que nous imposons aux autres du seuil de pauvreté ?

    Et enfin cette façon de voir l’apocalypse complète parce qu’il va falloir se serrer la ceinture et probablement se passer du fatras inutile de produits qui polluent notre être ! C’est dramatique : on va avoir moins, rouler moins vite et moins loin, on va devoir faire attention : c’est la fin du monde !
    Quant au reste du monde , il sera libéré de notre emprise destructrice et reviendra peut-être à un développement à une vitesse plus humaine …. : mais , damned ! les PIB vont baisser !!!

    Bon je dis ça pour rire, of course.

    1. « on va avoir moins, »
      Parce que vous êtes certain d’avoir encore quelque chose.
      Moins que quoi ?
      Moins que rien ç’est combien ?

      « rouler moins vite et moins loin, »
      Parce que vous êtes certain de pouvoir encore rouler et pour aller où ?

      « on va devoir faire attention »
      Parce que en ce moment vous ne faites pas attention ?

  36. Total, 1ère capitalisation du CAC40 :
    2007 : Bénéfices env 8Mds€, année exceptionnelle selon Total,
    une prime exceptionnelle (env 1500€) est attribué aux salariés
    en janvier 08.
    2008 : Bénéfices env 12Mds€,année exceptionnelle selon Total,
    une prime exceptionnelle (env 1500€) est attribuée aux salariés
    en janv 09.
    2009 : année difficile dit-on, ils feront à peine comme 2007.
    Pas de bonus aux salariés, direction intraitable sur les négos
    salariales. Depuis des années la part des salaires est la portion
    congrue des budgets, les augmentations collectives ou individuelles
    se situant dans l’épaisseur du trait des graphiques budgétaires.

    Depuis des années la part réservée aux dividendes est augmentée,
    part revenant pour l’essentiel à des investisseurs étrangers.
    Je suis scandalisé par cette masse énorme d’argent qui ne rentre
    pas dans l’économie Française, ni par les salaires (donc pas par
    les différentes charges & impots non plus), ni par les dividendes
    (ou si peu). Pour une entreprise qui se targue d’une devoir sociétal,
    hmmmm….

    Depuis quelques années, à chaque publication de resultat annuel
    de ce groupe, des voix s’élèvent pour demander une imposition
    exceptionnelle sur ces bénéfices, bénéfices qui soit dit en passant
    ont déjà été soumis à impotS… Je trouvais ces rengaines très
    démagogiques, presqu’imbéciles.

    Aujourd’hui, je me demande s’il ne serait pas logique de taxer plus
    lourdement ce type d’entreprise, qui sont plus des pompes à finances
    que des pompes à pétrole…

    Pas cette année bien sûr, mais lorsque les pays européens seront
    contraints de lever des impots parcequ’ils sont étranglés par la
    crise, Total ne pourra plus exercer l’odieux chantage qu’il exerce
    sur la France : Pas d’impots ou on s’en va… Pas d’impots ou votre
    indépendance énergétique fout le camp !

    Ah, les lobbies………….

    1. Pour paraphraser Georges Marchais : je propose une loi qui concerneraient les impôts sur les bénéfices. Au delà de quatre milliards, je prends tout. Évidemment, le reste à partager équitablement entre salariés (surtout eux) et actionnaires et investissement

    2. Cette masse d’argent va dans les achats de titre actions comme bons des états, ou bien dans les bulles de l’immobilier, en fait cette masse d’argent va dans l’improductif

  37. Les salariés des entreprises distribuant de gros dividendes se font doublement e***** : d’abord, une large part de leurs efforts vont directement dans la poches des actionnaires, et et une large part de leur impot sur le revenu dans la poche des gros preteurs de l’Etat – c’est à à dire les intérêts de la dette.

  38. Bonsoir,

    nos parents n’ont pas connu de guerre, mais la guerre commerciale mondialisé est en cours, la guerre des puissances économiques supranationales, et donc le feux sacré n’est pas le patriotisme mais la cupidité, un mécanisme tragique, un cancer, un vers parasite.

    L’autre guerre qui sert aussi à la premiére, c’est l’ennemi interieure en guerre sociale en guerre culturelle ou religieuse , et le pouvoir infiltré tient là un excellent dérivatif alibi pour sa lutte contre le terrorisme et tout ce qui y ressemble de loin, tout n’est pas dis sur ce théme dans nos « infos » de peur de ne pas remuer l’eau qui stagne, l’épisode de l’équipe de Tarnac ou bien la miniémeute du plateau de Poitier centre traduit bien un gros gros malaise en devenir chez les jeunes de plus en plus nombreux à descendre l’escalier social, pendant que d’autres fanfaronnent éhontement.
    Ce site devrait d’ailleurs être fermé car il donne trop d’argumentaires à ces jeunes. Par bonheur les RG (ex..) ont pris la peine depuis un certain temps déjà de rafler toute la doc permettant de fabriquer des engins explosifs, plus rien dans les bibliothéques de France et de Navarre sur ce que l’ont appelle « la poudre ».

    Cordialement

  39. Bravo pour vos livres !
    C’est une excellente idée d’avoir rassemblé tous ces graphiques et dessins humoristiques. Rien de tel pour donner envie d’approfondir ces sujets.

  40. @Vince
    « Quand aux ressources – naturelles – nécessaires, elles sont là et bien là. Ne pas oublier que le verre est à moitié plein, pas seulement à moitié vide ! (je parle du pétrole…) »

    Vous semblez oublier un petit détail: le eroei, the énergy return on energy invest.

    Un puit de pétrole est un torchon que l’on tord, le débit d’eau dans le seau augmente jusqu’à un maximum puis décroit pour enfin s’annuler.
    Vous savez très bien que pour sortir les dernières gouttes il est nécessaire de réaliser de violents efforts.
    Il en va de même pour le pétrole, personne ne sait ce qu’il faudra consommer d’énergie pour extraire la deuxième moitié.
    Cette deuxièmepartie devrait être réservée à la construction d’un développemnt encore valable dans 1000 ans (les chinois en sont très loin)
    Pour se faire, il sera nécessaire de supprimer l’intérêt financier en créant des monnaies libres sans intérêts (la fin d’un monopoly n’est pas si grave qu’on veut bien le prétendre)

    Tant que l’industrialisation et par conséquent l’emploi (indépendant ou salarié) seront toujours considérés dans le conscient collectif comme étant la seule manière de se socialiser, il n’y aura pas d’issue.
    Les citoyens doivent apprendre à se prendre en charge d’abord au niveau de leur pensée, et devenir des prosommateurs.

    « Et grâce à notre consumérisme mesquin – le besoin d’acheter, mais pas cher ! – la Chine possède désormais de bien belle réserves ! De quoi acheter des terres, des matières premières… Car là sont les véritables richesses du monde au XXI ème siècle. »

    Ce n’est pas là que réside les véritables richesses du monde du 21 eme siècle mais bien dans le savoir, le savoir faire le savoir être.
    Savoir pour résoudre le problème de la déplétion pétrolière qui a été mentionné plusieurs fois dans cette discution.

    1. Plus de pétrole, plus de nourriture.
      Pétrole cher, nourriture hors de prix (voir « Pétrole Apocalypse » de Yves Cochet)
      La crise du système capitaliste et la désindustrialisation des sociétés occidentales va avoir des conséquences dramatiques en terme d’emploi et de niveau de vie mais une menace bien plus grande pèse sur nos têtes, les ressources alimentaires.
      Dégradation et stérilisation des sols, baisse de la biodiversité, surconsomation et pollution de l’eau, déforestation….. De bien sombres perspectives (bien plus inquiétantes que le pourcentage de CO2 dans l’atmosphère…. , histoire de faire hurler les réchaufiste)

  41. @ Michel

    Je précise : je vois les matières premières comme les seules véritables richesses « financières » pour le 21ième siècle, et plus globalement toutes les ressources naturelles, ce qui – malheureusement – attirera la convoitise. Evidemment la véritable richesse est ailleurs, mon billet n’avait rien de très philosophique.

  42. Sinon, ce que vous dîtes dans votre constitution est un très bon début, mais après certains restent flous comme le nombre maximum d’heures travaillées par semaine.

    1. @l’ Albatros, je ne suis pas sûr que fixer un nombre d’heures dans une constitution soit une bonne idée.

      On peut éventuellement fixer une échelle, un éventail de rémunérations, dire que la rémunération maximale ne doit pas dépasser X fois la rémunération médiane, ou la plus basse rémunération, dire que telle ou telle allocation doit permettre telle ou telle chose. Si on considère qu’être en bonne santé exige d’avoir tant de calories par jour, on peut mentionner un minimum de 2500 calories, de « bonnes calories », pourquoi pas. Mais sur une chose aussi fluctuante que des heures travaillées, franchement, je n’y crois guère. Comme je ne crois pas non plus au « travail statistiquement moyen », je suis cohérent 😉 B.L.

    1. Oui, Gu, écrivez vite pourquoi, tant qu’il vous reste des bras. Comme je n’ai pas encore lu ce projet de constitution, cela m’aidera à aller à l’essentiel. B.L.

    2. Ne le prenez pas mal, mais tout ce que j’y vois choque mes principes humanistes hérités des lumières et de la révolution française, ce qu’on appelle le libéralisme. C’est un projet où l’État croit savoir ce qui est bon pour ses sujets, et il le leur impose par la contrainte : règles de rémunération, interdictions diverses. Le plus choquant c’est « l’intérêt général passe avant l’intérêt particulier ». Cette phrase semble anodine : personne n’aime les égoïstes qui ne se soucient que de leur intérêt. Le problème, c’est qu’en plaçant le projet collectif au-dessus de tout, on n’abolit pas l’egoisme mais on aboutit aux pires régimes politiques. Il y a aussi une confusion (d’ailleurs très répandue) entre démocratie et libéralisme. La plupart des gens aujourd’hui confondent les deux : pour être libres, il faut vivre dans une démocratie! Mais ce n’est pas si simple. Tocqueville avait déjà mis en garde contre le risque de tyrannie de la majorité. La majorité toute-puissance, c’est la négation des libertés individuelles, des minorités. La déclaration d’indépendance des US et la déclaration des droits de l’homme de 1789 (pas les suivantes) avaient identifiés les principes libéraux fondamentaux : droit de propriété, liberté de choisir ses valeurs et croyances et de diriger sa vie, et responsabilité individuelle. C’est la protection de l’individu contre toutes les formes d’oppression, qu’elles émanent d’un tyran, d’un parlement ou d’un roi.

    3. Gu Si Fang,

      Le capitalisme financier ne menace-t-il pas les libertés individuelles ?

      Toute société, y compris libérale, fonctionne avec des règles, je ne vois pas en quoi une constitution pour l’économie serait attentatoire aux libertés individuelles. A moins que vous pensiez à la liberté de s’enrichir au delà de toute mesure : l’exercice d’une liberté pour quelques uns au détriment de celle du plus grand nombre qui ne peut exercer cette liberté. Sérieusement, une constitution pour l’économie avec notamment l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix et l’interdiction des stock-options est-ce de nature à vous priver de votre liberté ? La minorité des super riches qui parasite le système mérite-t-elle qu’on se penche sur ses états d’âme ? Le doit d’avoir un vie décente vaut-il moins que celui d’avoir la liberté de s’enrichir sur le dos des autres ?

      Droits individuels et intérêts général ne sont pas nécessairement antinomiques. D’ailleurs tout un courant du libéralisme, le libéralisme économique, prétend qu’il y va de l’intérêt général que chacun poursuive sont intérêt individuel. C’est une loi non écrite mais dans la pratique c’est ainsi que les libéraux abordent l’économie réellement existante. Or cette façon de concevoir l’intérêt général est un échec cuisant car l’économie et la finance sont ne peuvent s’autoréguler. Il faut donc des règles. Une constitution économique qui spécifierait par écrit quelques principes n’est donc pas une idée absurde. CQFD

    4. « C’est la protection de l’individu contre toutes les formes d’oppression, qu’elles émanent d’un tyran, d’un parlement ou d’un roi. »

      Vous avez oublié la ploutocratie. Comment protège-t-on l’individu face à cette oppression? Ce n’est pas le libéralisme qui va nous aider, lui qui est né pour servir les intérêts des ploutocrates (qui avaient une facheuse tendance, à une époque, à se faire plumer par les aristocrates).

    5. @ Pierre-Yves

      L’expression « capitalisme financier » a une origine marxiste et un sens mal défini. Pour savoir de quoi on parle, disons par exemple : le capitalisme actuel. Vous demandez s’il es juste et légitime. En tant que libéral, je vous réponds qu’il l’est plus qu’un régime communiste, mais qu’il a de gros problèmes. En particulier, le droit de propriété et la responsabilité sont tout simplement bafoués dans le domaine de la monnaie et la finance. Lorsque certains acteurs peuvent légalement empiéter sur la propriété d’autrui et sont irresponsables en cas d’erreur, leur « liberté » devient une licence. La licence de spolier… Ce n’est donc pas la liberté en tant que telle qui pose problème, mais le fait que notre propriété n’est pas respectée. Rétablissez la propriété et la responsabilité dans la finance et vous n’aurez plus à vous plaindre de la liberté des banques.

    6. P.S. J’ajoute que mon point de vue sur le capitalisme actuel – et ça vous surprendra peut-être – n’est pas si éloigné de certains commentaires marxistes. Nos institutions financières illiberales ont pour conséquence un accroissement des inégalités, une instabilité de l’économie, l’apparition d’une oligarchie financière, etc. Il n’y a pas beaucoup de sujets où je suis d’accord avec les marxistes donc ça valait la peine de le signaler 😉 Mais si je partage le diagnostic, en revanche, il y a désaccord sur les remèdes, comme par exemple cette « constitution économique ».

    7. @ Gu Sifang

      En évoquant la licence dont ferait preuve le capitalisme actuel en certain de ses secteurs vous admettez implicitement que la liberté s’exerce dans un cadre bien précis, qu’elle ne saurait donc être purement formelle.

      Le capitalisme financier, c’est une forme de capitalisme dont la logique d’ensemble est orientée par la logique court-termiste de la finance qui en constitue le coeur. Cette définition n’est pas spécifique au marxisme, de nombreux auteurs de sensibilité très différentes y font référence. Elle a aussi l’avantage de ne pas faire du capitalisme un concept hors du temps, en montrant son caractère évolutif.

      Concernant le droit de propriété, mon analyse est sensiblement différente de la votre : c’est d’avoir trop bien respecté le droit de propriété, notamment celui des détenteurs des « actifs pourris » que cette crise financière a été aggravée, laquelle a débouché in fine sur une crise économique.
      Il y a eu des malversations, des tromperies sur la marchandise, des Madoff, c’est entendu, mais d’une manière générale le système n’a pas spolié au sens juridique du terme. Il ne s’agit donc pas des excès d’acteurs financiers individuels qui auraient simplement manqué du sens des responsabilités. Il s’agit d’acteurs individuels qui sont allés dans le même sens car le système — y compris juridique — m leur donnait toute liberté pour agir comme ils l’ont fait. Or cette « liberté » ou licence, comme vous voudrez, d’où vient-elle ?

      Elle procède du mouvement de dérégulation de la finance qui s’est peu a peu accentué depuis une trentaine d’années. Donc de l’absence de certaines règles qui étaient à même d’empêcher que survienne le problème.
      Faute de règles la sphère financière s’est déconnectée de la sphère de l’économie dite réelle où d’authentiques marchandises ou services sont échangés. Relire le billet de Paul à ce sujet : « La dimensionnalité de la monnaie ».

      Bref, la constitution pour l’économie — et non pas « constitution de l’économie » comme je l’ai écrit par erreur dans la dernière phrase de mon commentaire précédent –, lancée par Paul Jorion vise précisément à éviter la licence que vous évoquez. En interdisant les paris sur la fluctuation des prix, tout l’édifice du marché de la dette, autrement dit la titrisation, ainsi que les produits dérivés « assuranciels » qui y sont liés et ont permis de gruger toute une classe d’emprunteurs sans en assumer les conséquences, n’a tout simplement plus lieu d’être. Autant prendre le problème à sa source.

    8. @ Pierre-Yves

      Je ne pensais pas à Madoff, qui est un épiphenomène, mais aux lois qui régissent l’ensemble des banques. Je regarde donc, dans ces lois, les dispositions qui permettent aux banques de violer les droits de propriété d’autrui. Je pense que ces lois sont injustes, mauvaises. Vous semblez plutôt définir le capitalisme financier en termes de valeurs : préférence pour le profit personnel, rapide, et aussi élevé que possible. Vous pensez que ces valeurs sont mauvaises. Quand je parle de violation dubdroit de propriété, vous devez penser que je parle chinois : de quoi s’agit-il? Toutes les banques ou presque ont agi légalement. Où est le problème? Le problème, c’est la création monétaire. Il n’y a jamais eu de bulle ni de crise financière sans création monétaire. Or, et c’est là que ça devient intéressant, il n’y a jamais beaucoup de création monétaire sans des lois qui la facilitent, l’encouragent. Ce sont les lois qui permettent aux banques centrales et aux banques de créer de la monnaie : cours forcé, garantie des dépôts sont les plus importantes. En clair : le papier-monnaie non convertible en métal imprimable à volonté, et la banque à réserves fractionnaires. Pour avoir une idée de ce que serait un système monétaire et financier où le droit de propriété est respecté, je vous recommande le petit livre « Etat, qu’as-tu fait de notre monnaie? » facile à trouver sur Google. Cdt.

    9. @ Paul Jorion

      Mon avatar dit « Je suis un cochon de capitaliste », vous demandez pourquoi. Tout simplement parce que le libéralisme et le capitalisme correspondent à mes valeurs. « Cochon de… » traduit une perception commune de ces valeurs dans les médias, que je trouve caricaturale et que cette formule tourne en dérision. Enfin, et c’est le plus important : c’est la tirelire de mon fils 😉

    10. @ Gu Si Fang
      « Je regarde donc, dans ces lois, les dispositions qui permettent aux banques de violer les droits de propriété d’autrui. Je pense que ces lois sont injustes, mauvaises. »

      Voici qui devrait vous rassurer:

      Yes, It’s Okay To Walk Away From Your Mortgage

      As many Americans begin to realize that it will be many years (if not decades) before their houses are worth what they owe on them, the idea of walking away from your mortgage is going mainstream.

      Not surprisingly, the mortgage industry is doing everything it can to prevent this, including telling homeowners that they have a « moral obligation » to pay.

      But do they?

      Is it okay to walk away from your mortgage for no other reason that it doesn’t make financial sense to keep throwing your hard-earned money away?

      There’s no universal answer here, but in most cases, the answer is « Yes, it’s okay to walk away. » Importantly, the reason is not that « Wall Street deserves it » or « We’ve got to teach the banks a lesson » or any of the other retribution logic being thrown around these days. The reason is that you and your lender engaged in an arms-length transaction in which both parties balanced competing interests and spelled out their obligations in a clear, signed contract. And unless that contract states that you have a « moral obligation to pay, » you don’t have a moral obligation to pay.

      Specifically, when you borrowed money to buy your house, you engaged in a business transaction. The bank or mortgage-lender evaluated the risk of the transaction and concluded that it would was a risk worth taking. To protect its money, the lender also required that you pledge the house as collateral, and it required you to have some equity in the house as an additional cushion. In the event that you didn’t pay, the lender retained the right to seize the house, sell it, and pay itself off before you got your equity. The lender loaned you the money because it concluded that this was a smart business decision.

      You, meanwhile, also made a business decision. You decided to borrow money to buy your house even though it meant risking your equity, home, and credit rating.

      And now it turns out that both of you made a bad decision.

      Source et vidéo (américain): http://finance.yahoo.com/tech-ticker/yes-it%27s-okay-to-walk-away-from-your-mortgage-403924.html

    11. @ fujisan

      Il y a effectivement des saisies mais je ne pensais pas à ça. Une banque qui saisit une maison quand l’emprunteur ne paie pas n’est certes pas très charitable, mais elle est dans son droit. Je visais la création monétaire et les lois qui la rendent possible : le cours forcé, les réserves fractionnaires, le prêteur en dernier ressort, la garantie des dépôts. Ces lois sont en contradiction flagrante du droit de propriété, même si ça ne saute pas aux yeux.

  43. « Un défaut des États-Unis est impossible »

    Juste une question beotienne.
    Il se passe quoi si les US (et l’UE et le japon pour faire bonne mesure) font défaut sur leur dette, ou décident tous les trois de supprimer leur endettement par hyper inflation concertée ?

    Dans la vie à notre niveau, nous ne pouvons pas faire défaut sur nos dettes parce que l’Etat est le garant du système. Si vous ne payez pas vos dettes, vous êtes sanctionnés.

    Dans la vie au niveau des états, si un petit (l’Islande ?) fait défaut, les gros le sanctionnent financièrement et économiquement. Ou alors en lui déclarant la guerre (moins en vogue depuis un siècle et des poussières).

    Mais dans la situation actuelle ou ce sont les gros qui sont endettés ?

    Imaginons que demain, communiqué de presse des gouvernements US, européens et japonais qui déclarent qu’ils récusent leur dette. Il se passerait quoi ?

    1. Comment procéder à une remise à zéro des compteurs n’est pas une question que les économistes que nous avons l’habitude d’entendre ont celle de traiter !

      Dans un premier temps, le système financier mondial s’effondre, puis l’économie. Les investisseurs sont ruinés, qu’ils soient grands établissements financiers ou petits épargnants.

      Il est alors urgent d’avoir un plan B. Il faut partir de celui-ci pour, dans le contexte qu’il créerait, répondre à votre question.

  44. Je ne sais plus trop pourquoi il est question d’énergie et de pétrole dans la discussion. Mais j’ai une question à ce propos, le pétrole va probablement manquer mais on parle très peu du gaz, je crois avoir lu que ces réserves étaient gigantesques et au moins disponibles pour des dizaines d’années…
    le pétrole sera le charbon du XXI siècle et le gaz l’équivalent du pétrole ? Et le charbon ?

  45. Je continue à être provocateur…

    Si vous faites ça, les établissements financiers sont ruinés SAUF si vous les autorisez à diffuser le défaut sur les obligations. L’établissement à une créance de X sur l’Etat, et, normalement, une dette de X à un particulier.

    L’Etat fait défaut, l’établissement a une perte de X. Ou il coule, ou vous l’autorisez à annuler sa dette à X.

    Très concrètement, vous dites aux détenteurs indirects d’obligations qu’ils ne seront pas remboursés – appelez-ça impôt exceptionnel révolutionnaire. 🙂

    Vous pouvez voir ça soit comme du vol (mais alors, l’impôt est du vol) et une défaut sur sa parole, soit une mise à contribution « fiscale » des possédants d’assurance vie et autres SICAV.

    Vous ne pouvez pas non plus faire passer ceci pour un cataclysme fatal, car, l’Etat « n’existant pas », il n’y a que des personnes physiques, et qu’au total des dettes correspond un total de créances.

    Après vous regardez seulement le nombre de créanciers et le nombre de débiteurs, et, généralement, les plus nombreux gagnent… (au moins en démocratie réelle)

    La chose se complique quand les personnes ne sont pas du même pays, mais bon, quand le débiteur en défaut a la bombe atomique, ça limite les risques. (quoique…)

    Espérons que nous éviterons néanmoins ces extrémités pénibles et trouvons d’autres solutions…

  46. @Olivier Brumaire

    Deux remarques: 1) j’ai critiqué votre manque de propositions, à tort, mais je ne connaissais pas votre blog. Je vais donc tenter de réparer cela, en allant vous rendre visite
    2) Bravo pour votre humour.

    Cela étant, j’attends avec intérêt les quelques pages que vous allez – un jour – écrire sue l’émission de monnaie scripturale intempestive que certains – dont je suis – déplore. J’ai commis quelques réflexions sur le sujet, ainsi que sur la contrainte exorbitante que nous impose le tristement fameux article 104 du traite de 1993.

    J’ai d’ailleurs tenté dernièrement de faire le point sur l’extravagance des théories monétaires tentant d’expliquer les bizarres variations des agrégats monétaires M1, M2 et M3 relativement à la base monétaire, dite encore monnaie centrale. Les discussions sur l’argent ont encore de beaux jours devant eux. Si chacun pense qu’il faut une réforme monétaire, voire une solution, les leviers pour le faire ne sont pas toujours placés au bon endroit.

    Ainsi, sur la création, ou non création scripturale, de simples réflexions de bon sens ont du mal à passer.

    En partant de simples statistiques, et en se limitant à l’agrégat « le plus liquide » (DAV plus monnaie fiduciaire) (statistiques qu’on peut, et que l’on doit, toujours critiquer, c’est vrai):

    Le ratio entre l’agrégat M1 et la monnaie centrale (y compris la monnaie-fiduciaire, la monnaie-papier) a évolué en France, entre 1999 et 2006 (chiffres banque de France, entre 3,9 – le plus bas, et 5,5, le plus haut).

    D’après les derniers chiffres de Natixis, il se situerait actuellement autour de 4,9.

    Sur le plan théorique (multiplicateur ou diviseur monétaire), il pourrait aller jusqu’à 6,5 ou 6,8.
    Il y a donc encore de la marge, soit pour contraindre les banques à ne pas émettre trop de prêts au delà de leurs ratios prudentiels habituels, soit pour indiquer à la Banque Centrale qu’elle n’est pas assez sévère.

    Cordialement, Bruno Lemaire.

    1. Merci

      Il est vrai que j’ai découvert et relu 5 fosi l’article 104. C’est hallucinant.

      quand on parle de libre circulation des capitaux dans un traité européen, j’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’une liberté INTRA communautaire.

      Mais qu’on est mis dans un tel traité une liberté identique avec les pays tiers, il faut avoir un sérieux grain OU être payé très cher…

      Donc demain on est en guerre, mais on a interdiction de supprimer les échanges avec le pays tiers !!! Des dingues…

      Bon, on peut discuter aussi de la profonde stratégie de faire une liberté des capitaux intra communautaire sans harmonisation fiscale préalable…

  47. Toutes ces réformes ne serviraient qu’à prolonger la dictature économique.
    Changer les mentalités?
    Changer de jeu, abolir l’économie et son diktat, cela ce n’est pas les dirigeant(e)s qui le feront, pourquoi le feraient-ils(elles)?
    Cela s’appelle encore révolution, on dira communisation.
    Les sociaux-démocrates font partie eux aussi de ce qu’il faut dépasser, politique, finance, argent, pouvoir, classes, états : TOUT DOIT DISPARAITRE.

    1. Il est certain que les privilégiés n’ont pas un intérêt énorme à ce que cela change. a moins de penser à un peu plus long terme, certains peuvent préférer la réforme à la révolution.

      Donc il faut persuader les « élites », ou du moins les « possédants », qu’il vaut mieux abandonner certains de leurs privilèges que de se voir couper la tête. Ce qui n’est pas nécessairement bon pour les coupeurs de tête. La révolution française, à ce qu’il me semble, n’a pas amené les « classes laborieuses » au pouvoir, en dépit des massacres de la Terreur. Les « bourgeois » s’en sont bien sortis.

      B.L.

  48. @Olivier Brumaire, Pour répondre à votre question formulée dans le titre de votre message « La démocratie est-elle soluble dans l’économie ? » la réponse est oui, elle est dissoute :

    1/ Le parti politique ne diffère pas d’une entreprise dès que le militant de base comprend que ses élites n’ont d’autre choix que de faire carrière soit d’être payés. On remarquera les pirouettes des politiciens pour cumuler mandats et traitements en reniant leurs propres déclarations. Je rappelle que le politicien est bien souvent mieux traité que le français moyen, d’après l’INSEE au delà des quelques 3000 euros net par mois, vous faites parti des salariés les mieux payés de France. On dit bien souvent que les politiciens exercent leur art pour le pouvoir et la démocratie, ajoutons-y l’argent puisqu’ils feront parti du haut du tableau de l’INSEE.

    2 / Le parti politique n’a de choix que de gagner une part de l’électorat, sinon l’Etat et ses contribuables ne rempliront pas ses caisses. On peut se demander l’utilité sociale des campagnes électorales lorsque celles-ci empruntent au langage publicitaire ses slogans et ses campagnes de com’. Mais à ce stade, il devient logique de rétribuer grassement avec nos impôts des instituts de renoms pour créer de toute pièce la République des Sondages.

    3/ Paradoxe d’un début de siècle médiatique : nous payons sous la contrainte la république des sondages qui nous modèle. Comment un peuple qui a découvert les droits de l’homme et dont la constitution stipule : « Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte » (art 20) reste inapplicable puisque les politiciens sont devenus professionnels ? Leur profession avouée nous rappellent-ils est de comprendre les « Nous le Peuple » puis d’y mettre un trade mark celui de leur parti politique. Opération réussie :la démocratie s’est fait dissoudre dans un business plan aussi immortel que le capitalisme.

  49. @communisation

    cà va, çà va… on a déjà donné dans le panneau. Mais il est vrai que « l’économie sociale de marché » est une version renouvelée de la « ferme aux animaux » ! Il faut faire avec – mais vraiment avec – il n’y a pas de lendemains qui chantent, ni d’ « avenir radieux »!

  50. @ Bruno Lemaire

    J’ai tenté, il me semble, de dire quelque chose de similaire il y a quelques mois, mais je ne saurais retrouver dans quel billet et par quel commentaire (je citais le Tao dans la Pléïade ). L’idée principale est qu’un groupe social, disons petit bourgeois classe moyenne, pourrait – aujourd’hui face aux dangers et en alliance avec d’autres groupes – faire avancer les transformations permettant de ne pas ne pas tout perdre pour tous, et finalement se retrouver « révolutionnaire » dans sa volonté de transmettre un héritage humaniste profond. Mon « dada » c’est le pressentiment d’un nouveau féodalisme relayé par par les ceux qui font leur place dans l’économie sociale en assurant leur gagne-pain sur le malheur des autres.

  51. – Bien d’accord avec Paul, les élites s’évertuent à détourner l’attention des sujets de fonds, ceux qui sont à la base des enjeux de civilisation auxquels nous sommes confrontés. De ce fait, nous vivons un énorme gâchis car nous plaçons nos derniers atouts, mais hélas nous les gaspillons et c’est tragique. La chaise musicale des boucs-émissaires est grotesque, c’est une faillite complète des médias, avec le triomphe du simplisme sur l’analyse de fond. A ce petit jeu-là, les médias risquent fort bien de se retrouver eux-mêmes pris au piège, traités de boucs-émissaires au dernier round pour avoir détourné l’attention des vraies questions quand il fallait se les poser. Tronquer le réel est le dernier tour de passe-passe pour continuer comme avant, c’est pathétique.

    « David Fridley, Scientifique au Laboratoire national Lawrence Berkeley, dit, “[le secrétaire à l’énergie Stephen Chu] sait tout ce qu’il faut savoir au sujet du pic pétrolier, mais il ne peut pas en parler. Si le gouvernement annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Street s’effondrerait. »
    ( http://www.fogcityjournal.com/wordpress/2009/09/29/preparing-for-peak-oil-how-our-lives-will-change-forever/ )

    – D’un point de vue général, je reste convaincu que la crise actuelle trouve son origine dans notre confrontation au plateau pétrolier depuis 2004. Jeff Rubin soutient que le monde rentre en récession quand le baril atteint des prix à trois chiffres. Plus précisément, on dit que l’économie mondiale rentre en récession quand le coût du pétrole atteint 4,5% du PNB mondial (au dessus de 80$ le baril). Le prix actuel est donc un compromis entre les nécessaires dépenses pour exploiter du pétrole devenu cher, et le prix que l’économie mondiale est prête à accepter pour fonctionner. L’accélération de la croissance introduisit les trente glorieuses, la fin de l’accélération de la croissance introduisit les trente piteuses et maintenant nous flottons entre deux eaux, c’est la fin de la croissance avant le début de l’accélération de la décroissance. Nous sommes aux limites de la croissance (The Limits To Growth).

    « Oily Origins of the Economic Crisis »
    ( http://www.sublimeoblivion.com/2009/02/18/oily-origins-of-the-economic-crisis/ )

    – L’idée classique veut que le pic pétrolier corresponde à la moitié de la production mondiale, mais ce n’est pas automatique, car la technologie peut accélérer la production sans pour autant développer le potentiel de production total. En outre, il faut avoir à l’esprit que sur le versant décroissant, l’énergie nette va chuter plus rapidement que l’énergie brute (cfr. Courbe de Hubbert Nette), et en plus l’offre destinée aux consommateurs des pays non-producteurs va chuter encore plus rapidement que l’énergie nette, car les pays producteurs vont cannibaliser l’offre mondiale disponible. Certains disent que d’ici, 20 ans on pourrait consommer de moins de la moitié de ce que nous consommons maintenant …

    « The Net Hubbert Curve: What Does It Mean? »
    ( http://netenergy.theoildrum.com/node/5500 )

    – Sinon, qui connait les TEQs (Tradable Energy Quota) ( http://teqs.net/ ) ? Cette méthode aurait pu être un bon moyen d’anticiper le pic pétrolier et de luter contre le RCA en freinant notre appétit énergétique mais cela ne pourra plus être qu’un moyen pour rationner les consommateurs-citoyens en période de pénurie. On n’y coupera pas je crois.

    1. Le pic pétrolier est en effet un problème crucial. Cependant les « preuves » avancées pour montrer que l’origine de la crise résulte du peak oil sont insuffisantes. Par exemple, dans le lien que vous proposez « Oily Origins of the Economic Crisis », le graphe « Exponential rise in oil prices » n’est absolument pas crédible dans la mesure n’importe quelle courbe ferait l’affaire ! Dans un autre billet (lequel?) Paul a bien expliqué que le pic pétrolier se jouait sur le moyen terme, la crise que nous observons est financière, même si la raréfaction du pétrole agrave les choses.

    2. @lemar. Je reste sur mon impression que c’est la fin de l’abondance en pétrole qui met en difficulté le système économique mondiale, et cela même si un Big Crash nous pendait au nez avec ou sans Peak Oil.

      Voici quelques autres sources …

      « Oil Caused Recession, Not Wall Street » by Tom Therramus
      http://oil-price.net/en/articles/oil-caused-recession-not-wallstreet.php

      « Temporary Recession or the End of Growth? » by Richard Heinberg
      http://www.postcarbon.org/article/40503-temporary-recession-or-the-end-of

      « Colin Campbell predicts credit crunch due to peak oil 2005 »
      http://www.youtube.com/watch?v=lDNMjV6sumQ

      Bon, en fin de compte, ce n’est pas le plus important, car ce qui compte c’est d’agir comme si le Peak Oil avait lieu ici là-bas et maintenant, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on en prend pas le chemin.

    3. Je suis tout à fait d’accord avec vous Peak

      Prenons le graphique « Oil and gaz liquids 2004 scenario », http://www.fogcityjournal.com/wordpress/2009/09/29/preparing-for-peak-oil-how-our-lives-will-change-forever/ la croissance des années soixantes est de l’ordre de 5 à 10%, si elle avait pu se prolonger, nous consommerions quatre fois plus d’énergie aujourd’hui (il suffit de continuer la courbe exponentielle)
      En 73, deux ans après le pic sur le sol des états unis, voilà l’ OPEP et toutes les conséquences sur notre économie.
      D’autre part si je me souviens, c’est en 71 que Nixon a supprimer la liaison du dollar et de l’or, une façon de faire payer le pétrole importé par le reste du monde (les véritables économiste aprécieront)
      A partir de là, nous n’avions plus que 2 à 3% de croissance pétrolière avec pas mal de soubressauts.
      Aujourd’hui nous avons 0% et on recherche toujours la même politique de plein emploi que dans les années soixantes alors qu’a cette époque on culminait à 5 à10%.
      Cherchez l’erreur!
      Je suis tout à fait d’accord avec le fait que le pétrole est l’élément principal dans la crise sytémique que nous connaissons aujourd’hui.
      Cela se traduit par un jeux de chaise musicale en excluant les plus faibles, mais comme la vie évolue en partant de ses déchets, j’ai bon espoir

  52. J’ai observé cela au sein des organisations qui peinent à trouver des solutions à leurs problèmes internes: on multiplie les discours, on édite une phraséologie officielle, on lance des appel qui sonnent le creux, mais il n’a y pas d’action salvatrice. Il faut bien se rendre compte, au prix d’affronter la méduse de face, que l’ensemble de la classe politique a échoué. Ce constat d’échec doit se faire au niveau collectif. Ce sera un premier pas vers la guérison.

  53. Bonjour,

    je me permets, si Paul m’y autorise, d’en remettre une couche.

    Dans ce livre

    http://www.reformons-le-capitalisme.fr/livres/Une-Crise-de-Transition-Tome-2-La-crise-ecologique.pdf

    vous aurez p67 une synthèse de la problématique pétrolière,

    et page 141, une vision du lien entre crise pétrolière et crise économique.

    Bien sûr la crise est financière issue de bulles de dettes colossales destinées à éclater, mais on ne peut totalement nier l’impact du pétrole dans le moment de l’explosion : la hausse des prix a été supérieure à celle de 1973, qui a à elle seule déclencher une grande récession…

    La hausse des prix, entrainant une hausse de la facture, donc des avoirs des pays pétroliers qui reviennent sur les marchés financiers.

    Sinon, Michel, non aujourd’hui nous ne consommerions pas 4 fois plus de pétrole, car le système aurait juste explosé bien plus tôt; puisqu’au même rythme de croissance, nous aurions déjà consommé les 3/4 de tout le pétrole. (lire le résumé de Bartlet p. 84-85) 🙂

    Vos avis sur cette vision et ces graphiques sont les bienvenus…

    1. Cher Olivier,

      – Merci pour votre article et puis merci pour le travail de fond que vous semblez avoir fait. Super lien, je vais m’y attarder. Continuez de conscientiser.

      – Depuis que j’ai découvert que la fonction exponentielle s’appliquait particulièrement bien à tant d’aspects de notre société (de la population à l’énergie en passant par la complexité), les chantres de notre succès ne me convainquent plus. Et maintenant, je me sens triste d’assister au gâchis actuel. Alors qu’il faudrait investir dans le futur, nous investissons dans le passé et le présent, dans des choses qui pour certaines sont de toutes façons destinées à être balayées. Alors qu’il faudrait crier sur tous les toits ‘The Limits To Growth’, alors qu’il faudrait expliquer de quoi il en retourne, on assiste à un show où l’auto-persuasion, la pensée magique, la politique de l’autruche triomphent et notre futur rétrécit à vue d’œil.

      – Albert Bartlett devrait être enseigné dans toutes les écoles. Un sage qui nous permet d’appréhender les limites … qui en fin de compte sont nécessaires à notre épanouissement !

  54. A propos de croissance exponentielle, je me suis amusé à faire de petits calculs dans mon coin que quiconque avec sa calculette fera sans peine… leur application n’a pas beaucoup d’intérêt, mais ils donnent facilement une idée de ce que la croissance continue dans la consommation d’une ressource finie peut donner.
    Supposons que nous ayons une réserve de 1000 et que nous en consommions une unité la première année par exemple.
    – une consommation constante d’une unité par an, épuisera la réserve en mille ans.
    – une consommation d’une unité plus 1% par an épuisera la ressource en 240 ans
    – avec une croissance de 10% par an (par exemple celle de la Chine) épuisera la ressource en 48 ans.

    1. Avec une réserve de 1000 c’est donc pour très bientôt alors, pourvu que le monde moderne se réveille à temps, apparemment l’épisode Katrina, Haïti, est déjà bien oublié dans les têtes, ce n’est pas non plus les autres infos croustillantes qui manquent, tout va si vite de nos jours à l’antenne.

  55. Une question qui me revient souvent à l’esprit quand je réfléchis à l’exponentielle et nous : Si vous confrontez un petit groupe de rats à la limitation des ressources, comment vont-ils évoluer dans le temps ?

    Imaginez le stock d’une tonne de riz dans un espace clos approvisionné en eau. Quel sera le développement de la famile Rat ? Sera-t-il aussi binaire que celui de la bactérie ? Vont-ils juste bouffer et se multiplier jusqu’au dernier grain ? Je le pense, même si je rêve d’autre chose.

    Arrivé au dernier grain, vont-ils tous se transformer en cannibales ou seulement une partie, ou pas du tout (en fonction de leur protoculture peut-être) ? Vont-ils coopérer ou s’entretuer ? Je ne sais pas et je leur souhaite tout le meilleur du monde.

    Une chose est sûre, l’homme d’aujourd’hui, tant qu’il connait l’abondance, il ne se permet pas d’anticiper voire même d’envisager la fin de l’abondance. C’est le culte de l’abondance avec un bonne dose de pensée magique.

    1. Vous soulevez une grave question dans un tel système matérialiste si la machine tombe en panne les hommes vont au devant de graves trouble sociaux, psychologiques, émeutes et j’en passe, depuis des générations nos élites n’ont pas du tout envisager l’impensable, l’inattendu, l’impondérable voire que cela puisse survenir du jour au lendemain dans le meilleur des mondes, le leur.

  56. Cher Olivier

    Merci pour votre fatastique document, je pense qu’il va devenir pour moi un aide mémoire précieux, un incitant à la réflexion.
    Il me semble que les déchets de notre civilisations doivent devenir les matières premières de l’évolution qu’on doit mettre en oeuvre. Comme l’évolution du système vivant nous devons les utiliser pour mettre en route cette évolution.
    On peut loger sous l’appellation déchets – les actifs financiers
    – tous les déchets matériels de notre société
    – les déchets organique qui ne sont pas utilisés
    – les exclus de la société
    – etc…
    Ne peut on pas s’inspirer de la vie à ses début pour réfléchir à cette mise en oeuvre?
    Voici un lien qui en parle: http://nte-serveur.univ-lyon1.fr/geosciences/biosphere/Liens/Lien%20Origine%20vie/Lien%20origine%20vie.htm
    Morceau choisis:
    « Les molécules prébiotiques auraient d’abord inventé un mécanisme qui leur aurait permis d’utiliser les produits organiques du milieu: le mécanisme de la fermentation. C’est la naissance des premiers hétérotrophes, c’est-à-dire des cellules qui se nourrissent de n’importe quelles matières (molécules) organiques en abondance dans l’eau. Cette fermentation produit des déchets, dont le CO2. Un second mécanisme utilisant le CO2 aurait ensuite été inventé: la photosynthèse, utilisant comme source d’énergie, l’énergie solaire. Ce sont les premiers autotrophes, des cellules qui se nourissent des seuls éléments minéraux. Les produits de la photosynthèse sont des matières organiques sous forme de carbohydrates (CH2O)n et de l’oxygène libre (O2). On connaît la suite: l’oxygène sera utilisé lors de l’invention d’un troisième mécanisme: la respiration, qui produira comme déchets le CO2. Voilà que le cycle oxygène-CO2 est bouclé. Ce n’est qu’avec la production d’oxygène photosynthétique que ce gaz s’accumulera dans l’atmosphère et qu’éventuellement se formera la couche d’ozone protégeant la vie des radiations UV. »

    Je pense qu’il faut nous en inspirer pour nous sortir de cette crise qui ne fait que commencer, ce n’est qu’une intuition.

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