Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire

Billet invité.

2010 déploie à peine ses ailes. Beaucoup d’analystes ayant annoncé la crise sont (très) pessimistes sur le devenir économique à court terme. Bien entendu, leur impact reste à ce jour limité, le système médiatique restant en phase « autoprotection » et limitant leurs possibilités d’expression.

Pourtant, un bref regard rétrospectif sur l’année 2009 suffit à embrasser l’étendue du vide des actions ayant suivi la « pire crise depuis 1929 » – voire peut-être la pire « crise » tout court, qui captera sans doute pour elle-même ce seul terme à l’avenir.

Bien entendu, tous les discours (y compris quasi marxistes), toutes les rodomontades, tous les coups de menton, toutes les gesticulations nous aurons été imposés – quel dommage que nos dirigeants ne soient pas des éoliennes, cela aurait été un début d’alternative à la déplétion pétrolière…

2009 restera probablement pour des générations d’historiens un magnifique cas de sociologie de la pathologie politique, de l’inaction camouflée en « reforme », de débats incongrus régulièrement lancés pour détourner notre attention (bien que la Perse soit revenue sur le devant de la scène, nous en sommes bêtement restés à « comment peut-on être Français » – attention, le manque de lecture nuit gravement à votre réflexion, et peut provoquer des maladies graves…), de communication à la place de l’action, se résumant dans la formule « dire, c’est faire ». Mais après tout, on a aussi les hommes politiques qu’on mérite en démocratie.

Ont donc défilé les boucs émissaires (les paradis fiscaux, les banquiers, les traders, …), mais bien entendu, jamais les politiques définissant ou ayant défini les règles du jeu de notre économie mondialisée et hyper-financiarisée, profitant à une seule infime minorité, ayant transformé l’Homme en coût salarial à réduire d’urgence, politique ayant emporté dans sa logique court-termiste le consommateur qui soutenait la croissance passée (mais n’est pas Henry Ford qui veut, même avec 3 grandes écoles dans son parcours « d’élite »).

Comme cela était prévisible, vu ses réseaux d’influence et son idéologie ayant irrigué la caste que Thorstein Veblen nommait si bien « la classe de loisir », aucune reforme sérieuse n’a été entreprise sous la pression du lobbying de la Finance, qui a déjà renoué avec son arrogance, et, pire, ses pratiques néfastes et suicidaires, savonnant la planche pour des problèmes à très court terme, bref une re-crise en lieu et place d’une reprise.

Or, force est de constater que nous sommes toujours dans la phase de déni, première phase du deuil de notre (illusoire et non durable) prospérité passée, bâtie à coups de traites sur la société, sur les autres pays, sur la planète, bref, sur l’avenir.

Quand on regarde beaucoup de réactions récentes – « Les Islandais seront responsables », « Un défaut des États-Unis est impossible », « La probabilité de mouvements populaires est très faible », « La Chine est obligée de soutenir les États-Unis », etc. – on constate finalement que ce déni s’alimente d’une analyse en « poursuite de tendance ». Cela fait 60 ans que les États-Unis et le dollar dominent la planète « donc » cela continuera, le pétrole coule à flots « donc » ça continuera, nous vampirisons depuis toujours sans trop de problèmes la planète « donc » ça peut continuer.

Sans doute que, quand une tendance dure très longtemps par rapport à une vie humaine, notre esprit a-t-il du mal à concevoir que les choses puissent changer brutalement, ou, si nous le savons, imaginons-nous que cela surviendra toujours plus tard, car face à une perspective difficile avec peu de solutions, « nous ne croyons pas ce que nous savons » comme l’a écrit Jean-Pierre Dupuy.

C’est ainsi que les meilleurs esprits scientifiques ont prêté et prêtent encore à un État dont 12 % de la population vit de bons alimentaires (35 millions…), qui est en train de perdre 2 guerres (et probablement bientôt 3), voit certaines de ses régions en faillite, a 20 % de sa population au chômage, n’a aucun moyen de relancer ni investissement, ni consommation, ni exportations, est drogué au pétrole au début du pic pétrolier, et enfin, annonce tranquillement 9 000 Md$ de déficits dans les 5 ans qui viennent ? Mais pas de problème, c’est écrit AAA dessus… Connaissez-vous la notion de soutien abusif et ses conséquences naturelles ?

Or la deuxième phase d’un deuil est malheureusement la colère.

Comment réagira un peuple lorsqu’il réalisera qu’il aura été berné par ses dirigeants politiques, par les médias, par des économistes « en vue » complices ? Comment réagira une jeunesse dont le seul avenir se réduira à un choix entre le chômage et du travail précaire destiné à rembourser les dettes de leurs parents, a fortiori dans un contexte de rationnement des ressources ? Comment réagira la première génération, droguée depuis sa prime jeunesse au matérialisme, à la gloriole éphémère, à la croissance et la consommation de produits inutiles, quand elle comprendra que son destin sera de vivre bien moins confortablement que la génération précédente, et pire, pour le maintien des standards de vie de ladite génération, cupide et irresponsable ?

Comment réagiront les Chinois et les Indiens – 2 milliards d’humains bâtis de la même chair que la nôtre, avec les mêmes espoirs et les mêmes rêves que les nôtres – qui ont moins de 30 voitures pour 1000 habitants, quand on leur expliquera qu’il n’y aura pas assez de ressources pour en construire plus et qu’ils devront continuer le vélo, quand les 4×4 et les 900 voitures pour 1000 habitants des États-Unis rouleront encore ?

Comment ne pas imaginer que se lèveront des leaders nocifs, à visée totalitaire, jouant sur les peurs, excitant les jalousies, flattant le nationalisme et la xénophobie, réduisant les libertés et acquis sociaux tissant le lien sociétal – nous en discernons et vivons déjà les prémices…

Qu’opposera alors un système démocratique qui finira discrédité si nous ne changeons pas RAPIDEMENT les choses ? Car le compteur est enclenché, les mécanismes souterrains sont à l’œuvre. Les tensions s’accumulent, et un jour, brutalement, la faille glisse, le tremblement de terre emporte tout et détruit ces murs et cette société que l’on pensait si solide.

Une nouvelle politique de Civilisation est à construire, en sortant de la pensée « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. L’heure des débats d’experts est terminée, le bateau prend l’eau, peu importe que votre cabine ne soit pas encore inondée. Chaque pays n’agit qu’en fonction de ses intérêts et de celui de son peuple, penser le contraire est d’une naïveté confondante. Guérissons-nous au plus vite de ce « syndrome Bisounours ».

La génération de mes parents est la première à ne pas avoir connu la guerre.

Il nous appartient à chacun, au plus vite, avec nos moyens, de faire en sorte que cela ne soit pas la dernière…

Olivier Brumaire est l’auteur du livre Une crise de Transition, librement téléchargeable sur reformons-le-capitalisme.fr

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170 réflexions sur « Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire »

  1. @ mais vous faites pareil que ceuc que vous critiquez . Vous dites à peu près
    .. et toutes les crises se sont traduites par des révoltes populaires .. donc cela va continuer
    Le peuple a été l’otage des populistes dans les années 30 .. donc cela va continuer
    La crise des années 30 s’est finie par la guerre .. donc cela va continuer.

     » il n’est plus temps de réfléchir, il est temps d’agir » .. mais on entend cela à chaque campagne électorale !

    Vous demandez d’agir , mais dans quelle direction ? Je vous cite .. :  » Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. »
    En bref, cela me rappelle les campagnes sur « l’autre politique » : on dit qu’il en existe une mais on ne dit jamais laquelle
    amicalement quand même

    1. je me faisais la même remarque que claude roche. Proposez autre chose que du flou … L’analyse que vous faites, Olivier Brumaire, je pense que la majorité d’entre nous la partage. B.L.

    2. J’en parlais déjà en avril dernier dans le billet: grands changements. Ce qui m’atterre le plus c’est le désert idéologique dans toutes nos institutions. Aussi bien au sommet de l’Etat que dans les états majors des grands partis, des organisations syndicales et de la presse. On veut continuer a vivre dans un monde qui n’existe plus. On veut faire durer l’illusion. Alors on emprunte, on parle de reprise etc.. etc..

      Pourtant cette crise globale n’est pas née d’hier, ce sont les dérives économiques des ces 30 dernières années qui nous ont conduit au bord du gouffre. Et la génération qui a présidé a ce désastre est toujours au pouvoir dans toutes les administrations, les grandes entreprises, les syndicats et les partis politiques. Ils vivent dans un monde virtuel , qui n’existe plus ! Pourtant on ne résoudra pas les problèmes de demain avec le schéma de réflexion dépassé, que l’on nous propose aujourd’hui. Au niveau local comme au niveau national!

      La critique principale de ce genre de billet c’est: mais que proposes tu toi pour éviter cette crise? Et c’est le problème de tous les réalistes, ils savent qu’aujourd’hui plus rien ne peut éviter le grand choc économique qui va engendrer la baisse massive du niveau de vie des classes moyennes des pays occidentaux. Les lecteurs et les électeurs veulent entendre un seul discours, ça va s’arranger, la reprise d’est pas loin. Ils veulent des solutions pour que le monde virtuel se perpétue. Souvenez vous, il aura fallu Dunkerque pour que le peuple Anglais accepte d’être dirigé par un leader qui ne leur promettait que « du sang, de la sueur et des larmes ». Le Dunkerque économique n’est pas encore arrivé, et le peuple français ne veut pas en entendre parler, il préfère La Star Académie.

      Alors la solution ? On fait quoi? Et bien c’est simple on passe rapidement aux phases 3 et 4 du cycle de deuil, 3/ accepter et 4/ reconstruire. On ne peut pas arrêter ce qui se profile, ça nous dépasse et il faut l’accepter. Donc nous devons préparer nos populations aux conséquences de la crise et réfléchir à de nouveaux modèles de développement pour le futur. Mais la priorité des priorité c’est de protéger les populations les plus fragiles. Pas en misant sur la reprise avec des investissements stériles, mais en réorganisant les finances publiques pour mieux gérer les années de rigueur qui pointent à l‘horizon.

    3. « que cette vision […] implique l’égalité des chances » : et pourquoi pas l’égalité tout court ?????

  2. J’ai l’impression que tout le monde espère que « l’autre » va réagir….
    En attendant , beaucoup se cachent derriere leur pseudo….
    Cest finalement Paul qui réagit et qui s’ expose le plus…. pratiquement aucun message, aussi brutal soit-il, n’est censuré : le seul qui n’est pas passé, c’est celui comportant un jeu de mots « sexuel » et, il faut que je l’avoue, il le méritait bien…

  3. Tout est dit !
    Hélas, ceux qui nous dirigent ne sont pas assez intelligents pour comprendre le sens même des questions que vous posez et encore moins leur fond.
    Cela fait 40 ans que des personnes remarquablent posent ces questions, les expliquent avec grands renforts de démonstrations scientifiques et avertissent sur les conséquences qui vont découler de ne pas y répondre convenablement ?

    Rien n’y fait ! Et maintenant, je pense que le mur est là.

    En fait, les élites de l’Humanité sont constituées par celles et ceux qui comprennent ces questions, qui savent qu’elles sont centrales et qui surtout agissent, même en étant considérés comme des hurluberlus par leurs voisins.
    Nos dirigeants sont « les sans espoir » de la classe – je me garde d’employer le mot qu’il faudrait pour les qualifier. (Entre Nous, soyons précieux).

    Pour sortir de la crise et garantir la Paix il faut juste changer de système.

    1. 1) Non, vraiment je pense qu’il est naïf de prendre les politiques pour des imbéciles.
      Dans le feu de l’action, ils ont peut-être moins de recul que certains intellectuel, sans aucun doute !
      Ils veulent se faire réélire donc ils font en sorte de ne pas choquer les citoyens, sans aucun doute !

      On peut peut-être leur reprocher un manque de rigueur scientifique, un manque de courage politique, mais n’ayez pas la vanité de les taxer de « pas assez intelligents ».

      Leur problème est, à mon sens, qu’ils sont tous formés de la même façon, et n’ont pas vraiment de liberté de pensée.

    2. Je me trouve très bien en hurluberlu de l’écologie qui plante des arbres, creuse des marres, tout cela pour favoriser la biodiversité, sous la risée de ceux qui savent que c’est mon passe-temps. Alors vaniteux, non. Juste affolé par l’érosion de la vie et par les capacités de violence des humains au cours des ages.
      Quant à votre pseudo, il irait très bien à un politique. Et je sais de quoi je parle.

      Une des nombreuses solutions, c’est une économie écologique, dans laquelle l’économie d’énergie, la décroissance énergétique, le caractère local sont des priorité, où les paysans du monde sont bien considérés et où l’on s’attache à vraiment éduquer les enfants en leur donnant le plus de culture possible et non pas des téléphones portables, entre autre (vendredi dernier, trois élèves de première scientifique que j’ai rencontré ne savaient pas qui était Charles Martel ; et je ne vous parle pas des tests de CM2 qui se passent aujourd’hui dont on a retiré les questions « difficiles », juste pour que nos élèves paraissent bons, ou du concept adopté dans les écoles des USA : « No frustration », tout ça pour faire de bons consommateurs bien niais et de futurs politiques du même acabit).
      Ces solutions, les financiers-industriels n’en veulent pas et les politiques (95 % d’entre-eux) n’ont compris qu’une seule chose d’elles : ils n’auraient plus la possibilité de « monéyé » leur décisions.

    1. Merci, c’est entre Mad max et la planète des singes, méfions nous que nos villes ici en Europe ne finissent pas par ressembler à cette dernière dans un futur proche…

  4. Je sens le vent tourner.
    Pour ne parler que de mon secteur (le bâtiment) et celui de ma famille (l’hotellerie) je peut déjà vous annoncer de grandes déconvenues dans les TPE au 1° trimestre.
    Les pistolets sont chargés en ce moment, gare à celui qui n’est pas armé (trésorerie) ou qui n’a pas de gilet de protection, va y avoir des morts.
    Il faut voir la tension en ce moment, (du à la fin de la bulle de l’immobilier individuel en France) ça brade ,sa pressure les sous-traitants, 20% de l’effectifs du bâtiment (neuf) doit foutre le camp, c’est mathématique.
    On ressent le même flottement qu’en avril-mai 2008.
    à suivre……

    1. Je viens d’apprendre qu’un ostéopathe de 57 ans commence à déprimer devant le vide de son agenda.

  5. Belle analyse, un peu hors des théories économiques sur lesquelles M. Jorion compte pour trouver une solution à la crise.

    En fait on pourrait comparer la situation actuelle à l’époque du Roi Soleil, peu après Louis XVI montait sur le trône et l’on sait ce qu’il advint, sauf que cette fois ci la noblesse règne sur le monde… le VIP est le noble moderne n’est il pas …

    L’histoire se répète tout simplement car l’homme est toujours l’homme, depuis Aristote qu’est ce qui a changé, moins de temps aujourd’hui qu’hier pour penser, aujourd’hui loft story, demain ce sera plus trash, plus style jeux du cirque, à quand le retour des Gladiateurs…pour leurrer notre esprit et nous détourner de notre préoccupation principale, la peur de l’avenir…

    Sans doute avez vous raison de dire que l’homme s’habitue à tout, le confort, le farniente, et penser que demain il fera froid et que nous devrons courir après la nourriture est une image que l’on fuit et qu’on élude…

    J’ai très tôt prévenu mes enfants que demain ne sera pas très sympa, lorsque l’on dit cela aussitôt on se rend compte de l’énormité de la chose, j’ai alors ajouté, demain il faudra tout réinventer, trouver une autre idée que le pétrole, trouver une autre idée pour cultiver, pour produire, pour construire et pour réparer…bref un monde nouveau à réinventer, que du bonheur !!!!

    Voilà le rayon de soleil que je proposais à mes enfants pour faire passer la pilule amère, réinventer le monde, question les générations actuelles sont-elles préparées à un tel challenge, mieux vaut alors fermer les yeux et croire tous ces économistes qui nous disent ce que nous avons envie d’entendre, la reprise est là, d’ailleurs vous avez vu les nouveaux modèles de télévision, fin comme des feuilles de cigarettes et aussi ces nouveaux portables…la science est toujours là, juste un bémol au passage, toutes ces améliorations-découvertes sont issues des laboratoires d’Asie, j’entends encore beaucoup dire que les asiatiques ne sont pas créatifs ????

    Fondamentalement l’homme n’aime pas être dérangé, votre article dérange car il n’offre aucune solution, c’est comme lorsque j’ai parlé à mes enfants, ils m’ont regardé comme un zombie, c’était il y a 4 ans déjà….comme le temps passe, que l’homme met de temps à changer, comme une vague d’Elliott ou les cycles de Kondratiev….

    Bref je me dis que nous sommes partis pour une dizaine d’années avec des vagues qui nous retirerons le moral ou qui nous le redonnera… bref nous attendons la 3ème vague qui confirmera la 1ère celle de 2007-2008… mais ensuite il y aura la 4ème, la 5ème et à chaque fois la noblesse qui nous contrôle tentera de trouver un moyen d’influer sur notre moral et de détourner notre attention…

    Actuellement cette noblesse ne semble pas croire elle non plus à la fin de la croissance, alors à travers l’ouverture des vannes de la FED, on tente de remettre en route la pompe du moral et de la consommation, on peut comme quand une pompe a dû mal à redémarrer, on met plein de liquide pour la réamorcer…

    En fait la question est combien de temps la machine à billet vert peut fonctionner à plein avant que la confiance dérape totalement, en ce sens l’inflation des primes des traders, n’est ce pas tout simplement la prise en compte par les financiers de la forte dévaluation de notre monnaie étalon qu’est le billet vert !!!!

    1. Il me semble quand méme que quelques politiques proposent des remèdes, Mélenchon pour ne citer que lui.
      Et entre le roi soleil et Louis Capet, banqueroute et guerre…

  6. Bonjour,
    je suis malheureusement en phase totale avec vous. Malheureusement parce qu’on a toujours (un peu) l’espoir qu’un de nos représentants légitime va se lever et siffler la fin de la récréation, prendre (enfin) en main le mouvement de réforme et réellement changer les choses. Mais on attend toujours…
    Donc aujourd’hui seuls les peuples peuvent encotre se sauver, et sauver l’humanité de la déchéance. mais il va falloir qu’on choisisse bien nos orientations. Sinon nous voilà repartis pour le totalitarisme, les nationalismes, et leurs suites logiques. Cela m’a fait penser au film ‘La vague » que j’ai vu récemment, et que je vous conseille vivement, c’est basé sur une histoire vraie qui s’est déroulé en Californie en 1967 ( http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Troisi%C3%A8me_Vague ). L’accumulation des frustrations nous rapproche des frontières de la raison avec la passion, d’autant qu’on se croit incapable de recommencer les erreurs du passé…
    Quant à ce blog et au succès qu’il rencontre, il me fait penser à un autre film que j’ai vu pas plus tard qu’hier soir, ‘Good morning England’ sur l’épopée des radios pirates dans les années 60 en Angleterre ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Good_Morning_England ), face au pouvoir britannique conservateur. Très caricaturé mais éloquent ! Le parallèle est un peu osé, mais je me demande combien de temps « Ils » nous laisseront émettre ?

  7. bonjour

    « Comment ne pas imaginer que se lèveront des leaders nocifs, à visée totalitaire, jouant sur les peurs, excitant les jalousies, flattant le nationalisme et la xénophobie, réduisant les libertés et acquis sociaux tissant le lien sociétal – nous en discernons et vivons déjà les prémices… »

    eh, pardon, vous parlez de G W Bush ?

  8. L’enterrement en grande pompe de nos « démocraties occidentales » a eu lieu en octobre 2008 lorsque les gouvernements ont décidé de sauver les banques sans regarder la réalité des comptes et sans prendre de participation intrusive. En décembre 2009, une banque française admet avoir en caisse 35 milliards d’euros de titres devenus « illiquides » sans compter les produits dérivés adossés à ce montant, soit à la louche une somme supérieure au grand emprunt d’une nation de 65 millions d’habitants. Multiplier ce chiffre faramineux par le nombre de banques européennes susceptibles d’avoir touché à cette grande carambouille et vous obtenez la facture à régler lors du prochain Krach : Aucun pays européen, sans exception n’est alors solvable.

    D’un point de vue historique, ce qui s’est passé en octobre 2008 montre que le « laisser-faire » comme prêt à penser est l’idéologie des élites politiques et économiques (puisque ce sont les mêmes personnes !) : on injecte du liquide dans la machine à finance sans vérifier l’état d’ébriété du chauffeur et ses états de service, puis on donne les clés du bolide aux mêmes pilotes expérimentés qui viennent déjà de se prendre un mur. Soit les politiques s’agitent dans ce qu’ils croient être une vraie série Z dont ils sortiront vainqueur grâce à de mauvais trucages cinématographiques, soit ils nous ont trompé ouvertement en utilisant les médias pour nous amadouer.

    Les élites ont fait profession d’inconséquence, de manière systématique et peudo-scientifique, pas besoin de « complot » pour être devenu à part entière des délinquants en col blanc : vivons-nous encore en démocratie ?

    1. Au delà du complot, qui serait « caché », je crois qu’il suffit de se dire que le lobbying des financiers est bien suffisant. Il ne s’agit pas d’élites, mais de « profiteurs », au sens le plus terre-à-terre du mot.

      Bien sûr, je déplore que, par exemple, le 1/4 de la promotion d’HEC aille vers l’option Finance (de marchés, bien sûr), mais vu les rémunérations mirobolantes qui leur sont proposées, pas facile de leur jeter la première pierre.

      Le virtuel remplace le matériel, l’éphémère le tangible, le provisoire le permanent. Seule la misère et l’exclusion de certains sont permanents, hélas.

      Je pensais que la communication et les échanges permis par internet permettraient de s’apercevoir de la vanité de tout cela, je crains que ce ne soit le contraire.

      Cordialement, Bruno Lemaire

  9. Bonjour

    tout d’abord, un immense merci à Paul pour m’avoir invité !

    Je vous répondrais que je n’ai pas voulu dire qu’il y aura des révoltes ou la prise de pouvoir du populisme, j’ai simplement voulu dire qu’il peut y en avoir, que le contraire n’a rien d’évident, et que nous nous berçons parfois de douces et agréables illusions, car nous manquons cruellement de recul.

    Que oui, nous connaissons une période de paix (enfin, parce que nous ne sommes ni Irakiens, ni Afghans, ni Colombiens, ni Tibétains, ni Congolais, ni Palestiniens, ni Vietnamiens, ni Bosniaques, ni Américains, ni…) et de prospérité depuis 50 ans, nous ressentons en nous un besoin de poursuivre cette tendance, qui nous semble désormais multi-séculaire. Pourtant, avec 500 ans de recul, il ne s’agit encore que d’une brève tendance contraire à l’Histoire.

    Beaucoup imaginent que le peuple peut tout supporter ad vitam aeternam , car comme le souligne encore récemment Noam Chomsky sur http://www.noam-chomsky.fr, « il n’a plus de sentiment d’espoir ». C’est une analyse de la même profondeur que celle qui imaginerait qu’un ballon n’explosera jamais car cela fait 3 minutes qu’on souffle dedans. Ou c’est à rapprocher de la parabole de l’âne : le propriétaire de l’âne, pour économiser, lui donne à manger un jour sur deux. Tout va bien. Puis 1 sur 3. Tout va bien. Puis 1 sur 4. Etc. Et un jour, l’âne est mort…

    Pour conclure sur la partie campagnes électorales, vous avez raison, cet appel y ressemble, mais c’est du Canada Dry : ça n’en a que la couleur et le gout. Pour une raison simple : NOUS ne sommes pas des hommes politiques. Nous ne cherchons pas les honneurs, la fortune et la gloire (et la Vel Satis avec le gyrophare qui fait pinpon pour griller les feux rouges), nous ne sommes pas dans la main des lobbys financiers, et nous voulons simplement améliorer les choses pour rééquilibrer un monde en phase d’implosion.

    Et non, ne sombrons pas dans le manichéisme dont se servent les tenants du statu quo. Je vous garantis, Claude, que il n’y a pas « une autre politique » possible, il y en a des dizaines. Paul en trace une (interdiction des paris sur les prix, des stocks options, …), régulièrement, très intéressante. D’autres également, de leur côté (plafonnement de la rentabilité actionnariale). Pour ma part, et pour répondre à votre remarque à laquelle je m’attendais, vous trouverez quelques propositions que j’ai mises en forme sur http://www.reformons-le-capitalisme, beaucoup devant d’ailleurs à Paul dont je salue la vision et la ténacité.

    Mais je termine ici par une proposition. Beaucoup de penseurs, de bloggeurs d’horizons variés (Paul Jorion, François Leclerc, Sapir, Werrebrouck, Lordon, Ruido de Ruijter, Peyrelevade, Pascal Roussel, même Patrick Artus qui va sans doute finir à la LCR…) ont un regard éclairé sur la situation actuelle, très fin, très juste, et plein d’idées. Bien sûr, et c’est normal, ils ne pensent pas exactement la même chose, ne proposent pas exactement les mêmes solutions.

    Mais comme nous avons vu en 2009 la puissance des forces financières, contre lesquelles un réel combat doit être mené au plus vite, car le pronostic vital est engagé, peut-être pourrions-nous essayer de rédiger un socle de disons 10 propositions très opérationnelles et concrètes, sur 1 ou 2 pages, exprimées simplement pour être accessibles au plus grand nombre, et sur lequel ces personnes pourraient se mettre d’accord, chacune les complétant de son côté et développant sa vision et sa pensée.

    J’en jette 4, déjà évoquées, pour éclairer mes propos :
    1/ plafonner la rentabilité actionnariale en fonction des secteurs (et surtout ne pas simplement « taxer » la finance, comme cela est proposé, car la finance cherchera à la compenser en prenant encore plus de risques)
    2/ décourager les salaires indécents, par une limitation des salaires variables (par exemple interdiction des stock-options) et une taxation quasi confiscatoire (par exemple 90 % au-delà de 30 fois le salaire minimal, soit 500 k€)
    3/ décourager fiscalement et réglementairement toute forme de spéculation et de gestion à court terme (par exemple par une taxe de 100 % sur les bénéfices boursiers réalisés en moins d’un mois, décroissante avec le temps ; ou en réservant les marchés dérivés aux seules personnes ayant un besoin de couverture)
    4/ refonder le système bancaire, en le remettant au service de l’économie réelle (par exemple, en rétablissant le Glass-Steagall Act, en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, en limitant à 10 % du PIB du pays la taille des bilans bancaires).

    Cela donnerait sans doute un impact beaucoup plus fort à leur voix, et permettrait un débat public plus efficace en mettant les politiques devant leur responsabilité. Et je pense même que de telles propositions générales pourraient rassembler un spectre très large, des (vrais) libéraux à la gauche protestatrice, bref, deux français sur trois…

    Utopique ? Peut être. Mais cela est possible, si chacun fait un effort de bonne volonté, pour accepter que toutes ses idées n’y figurent pas, pour se concentrer sur les points d’accord plutôt que de désaccord, devant l’importance et l’urgence d’une profonde modification du système…

    Nous avons beaucoup analysé, réfléchi, parlé, échangé, en 2009.

    Agissons en 2010 !

    1. « 30 fois le salaire minimal », cela me parait extrêmement élevé, et de plus, ce n’est pas le problème. Mille et un revenus ne sont pas des salaires. On peut parler en terme de « salaire » pour le bas, mais, pour le haut, il convient de parler en termes de « fortunes personnelles ».

      Je doute que cela soit possible, mais si, ne serait-ce qu’un seul pays plafonnait les fortunes personnelles sur quelque chose de raisonnable, cela changerait beaucoup de choses.

    2. « en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, »
      Mais n’est ce pas déjà le cas? c’est du moins ce que j’ai compris en lisant « l’argent, mode d’emploi »

    3. Agissons.
      Terme qui m’a appris à être prudent. Réfléchis serait mieux adapté.

      Vous voulez fixer un certain nombre de clauses dans le contrat économique. (ça tombe bien : c’est mon job)
      Ainsi, lorsque je détermine la nature d’une clause, j’en détermine aussi le périmêtre.

      Pour la clause dont la nature serait des propositions communes d’économistes, cela revient à donner le pouvoir aux économistes. (et contre les financiers…)
      Comment être certains (oui : tous) que ces économistes verraient le bien de leurs congénères..?? (soit : indépendance aux puissances tant financières que politiques)(les seuls auquels je fasse confiance sont Mrs Jorion et Lordon)
      Sous l’aspect périmêtre : comment être certains que tous les pays pourraient accepter des rêgles communes (même si pleines d’une logique tellement évidente qu’elles nous permettent de bien constater que tout le jeu actuel est truqué à tous les niveaux)

      Nous avions, avec des potes DAF et comptables, estimé en novembre 2008, que le montant de la titrisation, produits dérivés, valeurs immobilières sur-évaluées,… naviguait vers les 600 000 milliards USD et pouvaient ne plus rien valoir.
      Il a été chiffré par un cabinet comptable indépendant de New York en septembre 2009 à 1 400 000 milliards USD.
      Et, chose presque amusante mais c’est du hasard, on sait maintenant que la somme de 600 000 milliards USD n’est que l’EN-COURS de ces produits…

      Face à ce trou béant possible, il est effectivement raisonnable de s’affoler complètement.
      Mais pourquoi ne pas simplement prévoir de se passer complètement d’argent, à ce niveau…??

      Quand une clause devient inapplicable, je n’hésite jamais une seconde à la renégocier avec celui qui travaille avec moi.

    4. Vous avez raison d’insister sur le fait qu’il existe d’ores et déjà un consensus au sein d’un groupe assez important de personnalités qui ont a priori des conceptions sociales et politiques assez divergentes. Des gens comme Peyrelevade, Attali, Lord Adair, par exemple, qui ne sont pas franchement hostiles au capitalisme, loin s’en faut, font le constat que le capitalisme financier n’est pas durable, qu’il constitue un risque systémique.

      Or la crise va s’aggraver, nous le savons tous ici, l’omerta qui règne encore dans le milieu financier va devenir de plus en plus fragile. Pour l’instant elle tient encore car toute une série d’artéfacts politiques, comptables, financiers, permettent de créer l’illusion qu’après tout le pire est passé et que les choses se rétablissent peu à peu. Mais lorsque viendra la seconde vague, ces personnalités ne pourront plus se voir elles-mêmes comme des personnalités politiquement modérées.

      L’urgence de la situation ne permettra plus de ménager la chèvre et le choux si bien que la situation pourrait les entraîner à cautionner des mesures plus radicales (au sens de Paul Jorion) que celles, plus timorées, qu’ils préconisaient au départ. Bref, ce petit groupe d’ « insiders » du monde la finance aura un rôle important à jouer quand les choses deviendront sérieuses. Bien entendu on ne peut pas exclure l’éventualité que certains d’entre eux prennent le parti de la répression, du contrôle social renforcé, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’à toutes les époques de transition des hommes dits modérés ont joué un grand rôle pour faire pencher la balance du bon coté.

    5. « « en rendant le contrôle de création monétaire à la banque centrale, »
      Mais n’est ce pas déjà le cas? c’est du moins ce que j’ai compris en lisant « l’argent, mode d’emploi » »

      Hmm, non, en fait les banques créent l’argent ex-nihilo lorsqu’elles prêtent de l’argent, ou, plus précisément pour ne pas fâcher Paul, disons qu’elles vous font l’avance aujourd’hui de l’argent que vous gagnerez plus tard – et que vous devez leur rembourser.

      Bref, la création monétaire n’est guère contrôlée par la banque centrale – tant que vous avez de la demande de crédits jugée solvable, vous aurez de l’argent créé par les banques privées. D’où une masse monétaire ayant gonflé de façon incroyable de près de 13 % en 2007…

    6. @Paul jorion

      Le système économique étant un système complexe en évolution constante, croyez-vous qu’il est possible de comprendre à 100% comment il fonctionne??
      N’est-ce pas un peu comme essayer de trouver le parcours de chaque boule du lotto une fois que les numéros sont connus ?

    7. Lol Paul,

      Oui, j’en suis toujours là, pôvre ignorant que je suis (mais je revendique mon droit à la crétinerie !).

      Je conseille vivement l’achat de votre livre l’Argent mode d’emploi, c’est très bien écrit, et ça m’a beaucoup aidé – enfin un livre sans jargon, formules absconnes et tableaux comptables.

      Il y a 1 ou 2 points sur lesquels je ne suis pas tout à fait en phase avec vous, dont la création ex nihilo de la monnaie par les banques, long débat sur ce blog – mais en fait personne ne met la même chose derrière « création » et « monnaie ».

      J’écrirai donc un petit livre là dessus, mais après les plus de 600 pages du dernier, je me repose un peu… 🙂

    8. @Paul

      Dans le cas du lotto ,il faut obligatoirement connaître les mouvements des boules à 100% sinon vous obtenez le même résultat qu’avec 0% 🙂

  10. Il paraît que Néron jouait de la lyre pendant que Rome brûlait au même moment, à votre avis des siècles plus tard serait-ce encore possible dans le meilleur des mondes ? L’aveuglement de nos élites est si grand qu’elles ne savent même plus comment faire, j’étais tellement occupé à me faire réélire que je n’arrivais plus à voir en quoi cela ne changeait guère mieux les choses. L’expert économique a l’art de ne pas mieux saisir l’évidence, le grand politicien comme le grand prêtre a l’art de ne pas mieux percevoir les choses.

    C’était tellement prévisible !

  11. On ne peut changer le système sans en changer les bases mentales. Ceci n’est abordé ni par Paul Jorion ni par Olivier Brumaire. Le tout premier article du petit projet de constitution pour l’économie n’est même pas « travaillé ». On y utilise le mot « domination » sans même réfléchir, ni à l’emploi du mot en lieu et place du mot « dominance », ni aux structures mentales qui président, derrière l’idéologie du mérite, à cette concentration mécanique de la dominance.

    Pourquoi tant d’aveuglement ? Sans doute, comme dit le Zen, parce que le couteau ne peut se couper lui-même… 🙁

    1. « changeons » est une conjugaison à l’impératif.

      Pour ma part, je me borne à une constatation regrettable: On ne change pas, et donc, il n’y a aucune raison que cela change, ni pour qu’on déplore des conséquences en refusant de voir les causes.

    2. Un changement de base mentale me vient à l’esprit :

      Dans le domaine du matériel, il y a conservation des quantités : si on donne 1000 à 1000 personnes, chacun aura 1.
      Dans le domaine du non-matériel, si on donne 1000 à 1000 personnes, chacun aura 1000.

      Donc si on veut de la richesse pour tout le monde, laissons de côté le matériel et attaquons nous au non-matériel, que j’appelle également spirituel 🙂

      NB : (Spirituel ne se limite pas à son côté religieux, bien que celui-ci en fasse partie).

    3.  » Pourquoi tant d’aveuglement ?  »

      Parce que le monde moderne prétend être la fine fleur de l’humanité, or c’est bien la même histoire continuellement remanié et représenté par d’autres acteurs de plus qui se rejoue à chaque fois à l’antenne.

      La PEUR de l’Ego Moderne celui de tout perdre un jour ou l’autre. L’image du monde !

    4. C’est exact!
      Les bases mentales!
      Très simple en plus.
      Pour changer les bases mentales il suffit d’interdire le mensonge.
      Un décret ?

    5. Entièrement d’accord avec Betov, les systèmes sont fondés sur des structures mentales (Peurs, Ambitions, Désirs etc etc), quelles évolutions depuis Rome dans ce domaine là ? L’évolution a été une évolution de surface, technologique, quand on verra que cela ne résout rien de fondamentale et bien on peut s’attendre à une histoire qui bégaye. L’histoire bégaye, l’homme rejoue la même pièce plus ou moins.

      On ne peut changer le système sans en changer les bases mentales. Ceci n’est abordé ni par Paul Jorion ni par Olivier Brumaire. Le tout premier article du petit projet de constitution pour l’économie n’est même pas « travaillé ». On y utilise le mot « domination » sans même réfléchir, ni à l’emploi du mot en lieu et place du mot « dominance », ni aux structures mentales qui président, derrière l’idéologie du mérite, à cette concentration mécanique de la dominance.

      Pourquoi tant d’aveuglement ? Sans doute, comme dit le Zen, parce que le couteau ne peut se couper lui-même… 🙁
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  12. Je manque de temps pour répondre à votre texte fort intéressant. Je n’en donnerai que deux remarques.

    Votre appel à abandonner la mentalité « bisounours » me semble être un appel à considérer que ces gens sont naturellement mauvais.

    Vos propositions de résolutions me semblent être des digues contre une inondation, pas une solution aux problèmes de notre monde. Paul Jorion parlerait ici de solutions « en aval », je crois.

    1. Merci !

      « ces gens sont naturellement mauvais. »

      Non, pas du tout, je pense juste que nous avons tendance à sous-évaluer la menace de cessation de la coopération entre couches de la société ou entre pays – « ventre affamé n’a point d’oreilles ». J’entends surtout à la télévision et à la radio des Bisounours, nous promettant des lendemains meilleurs, et niant toute forme de risque de forte dégradation. Nul n’est prophète (en son pays ou ailleurs), mais c’est juste possible…

      Pour le résolutions, je suis d’accord. Tout à fait en phase avec Paul Jorion.

      Mais je crains le syndrome Maurice Allais cette fois : je dis des choses passionnantes, je fais plein de propositions, mais à 98 ans, personne ne m’écoute, et, pire, rien ne change. Et là, nous n’avons pas 30 ans devant nous… Et ce n’est pas demain la veille qu’on aura un projet de loi « Interdiction les paris sur les prix », qui est une des bonnes solutions. A mon avis, il faut pour cela faire prendre conscience du problème et avancer quelques idées, pour prendre le contre pied des lobbying financiers…

      Alors, oui, ce sont des digues, oui, c’est imparfait, mais face à l’inondation, c’est la première étape. On reverra le plan d’occupation des sols après – d’autant que certains experts sont en train de dire qu’il n’y a pas d’inondation…

    2. Sans un réel travail de fond, d’intériorité c’est-à-dire réellement en profondeur le monde moderne se condamne tôt ou tard à sa perte et à revivre les mêmes événements douloureux du passé nous en sommes plus très loin de ce moment fatidique.

      C’était aussi écrit en Latin comme en Grec autrefois, mais ça c’est encore trop demander à la mentalité de l’homme moderne cela concerne un grand nombre d’hommes qui s’illusionnent encore de changer les choses en surface.

    3. Je vous concède volontiers l’existence de ces « bisounours ». Ces gens ont leur public. Ils sont puissamment renforcé par l’absence de toute alternative, au moins crédible, à leur vision du monde. J’ai raté dans votre texte le lien entre cette catégorie très particulière de la population. Je l’ai pris pour une généralité concernant toute la population.

      Pour l’argument « solution en aval », vous donnez un très bon argument en sa faveur. Est ce que vous n’entrez pas ici dans le jeu consistant à rehausser une digue, déclarer avoir résolu le problème (on gère) et à oublier le côté « amont » de l’inondation ? Votre idée revient à gagner du temps. Je crois que nos gouvernants, le G20, le FMI et d’autres s’en occupent fort bien. Ils partent de l’hypothèse (à mon avis) que le système est bon, qu’il ne faut pas le questionner et qu’il va (ou a) retrouvé son équilibre. La suite ne serait plus que de la (trop fameuse) « destruction créatrice ». S’il ne s’agit que de gagner du temps, je suis serein. Nos autorités s’en occupent.

      Pour traiter le problème en amont, je n’ai pas d’idée formulée, claire ou crédible. Je doute, sur la base du discours officiel, que nos autorités souhaitent traiter ce problème en amont. Je crois donc qu’il est pour nous. Vu d’ici, c’est insoluble. Mais je m’en fiche. J’essaie quand même.

      Je n’ai que quelques vagues conditions à émettre, qui donnent un cadre très flou à toute solution.

      1) Je suis un être humain. Vous en êtes un autre, pas moi. Vous existez.

      2) Je peux voir en Vous ce que Vous avez de bien et vous le dire. C’est une forme de don.

      3) Je peux recevoir de vous la même chose. Je peux vous le rendre.

      4) Je suis limité.

      5) L’univers est infiniment plus grand, plus riche, plus varié, plus puissant que moi. Même mon imagination est dépassée par l’univers.

      6) Je renonce à le conquérir.

      7) Ce qui vient de l’univers vers moi est à priori positif. Le seul outil à ma disposition pour séparer le positif du négatif est mon intuition.

      8) Je reçois ce qui vient de l’univers dans le vide intérieur que j’accepte ou crée.

      9) Je décide quel est mon chemin ou ma place face à cet « Autre ». Selon Billeter, Tchouang Tseu dirait ici que je choisis la nécessité selon laquelle je vis.

      10) La plus importante de toutes est que je ne sais pas. Mon ignorance est immense. Je le sais.

      Ces propositions font référence à la métaphysique, Tchouang Tseu, Biber, le Nouveau Testament, Norman Vincent Peale, Watzlawick, le langage des oiseaux, des amis. Je doute totalement de leur clarté. Je doute de leur applicabilité. Je crois quand même avoir ici un noyau, une graine de réalité. Je remets des personnes dans le monde. Je remets une nature dans ce monde. Je mets un respect radical pour les gens et la nature. Je mets mes limites dans cette vision du monde. Je réintroduis l’intuition, l’erreur, le changement d’opinion, la découverte, la rencontre dans ce monde. Je pense avoir ici une graine de réalité et que c’est un bien.

      Dans cette optique, la finance y devient un épiphénomène, un outil pour rassembler une grosse somme d’argent. Dans cette optique, l’argent vient après les hommes. Dans cette optique, un modèle mathématique est une opinion utile pour échanger des points de vue. Le virtuel n’est plus qu’une façon de montrer où regarder si l’on veut observer tel ou tel point de la réalité.

      Encore une fois, et je vous rejoins, ce n’est peut être qu’utopique. Mais la situation me semble si sérieuse qu’il est impératif de trouver une alternative au système actuel. Alors j’essaie.

    4. Je ne devrais pas écrire à cette heure ci. J’ai réussi à mettre un smiley dans mon texte sans savoir comment. J’ai laissé passer des fautes d’orthographe assez sérieuses et des répétitions désolantes. Mais tant pis.

  13. Oui, l’économie devrait être réglée de façon à faire intelligemment bouillir la marmite, comme dans ces bons vieux cours d’économie ménagère; le problème c’est que d’aucuns instaurent des règles de cuisines leur permettant d’établir du même coup leur dominance… L’article 1 permets à chacun de dénoncer un éventuel détournement politique de l’économie.

  14. Pour répondre à certaines interrogations. Les populations ne se manifestent pas car l’énergie d’activation nécessaire n’est pas atteinte. Partant d’une situation stable depuis plusieurs décennies, une grande accumulation de mécontentement est nécessaire. La relaxation du système va être redoutable.

  15. Pour mener combat, il faut avoir des armes. Il faut donc trouver les idées, et ensuite LES MOTS qui vont avec.

    Et si, pour donner un exemple, on parlait de « thanatocratie » au lieu de « démocratie », pour exprimer une société où les pensées et les politiques économiques sont uniquement celles de « la Terre Brûlée », mais au lieu de se passer ailleurs chez un ennemi terroriste quelconque, cela se passe chez nous, dans nos foyers, et cela est entrepris par les nôtres.
    Depuis peu, L’Etat français procède au non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois ( ou deux, je l’oublie ) qui part à la retraite. Mais ce sont des débutants ! S’ils avaient des couilles, s’ils avaient une vision un tant soit peu stratégiquement globale, cela ferait une décennie qu’ils ne remplacent aucun départ à la retrait en Europe occidentale, touts postes confondus !
    Et ceux qui brûlent la terre pensent qu’ils pourront vivre dans le désert qu’ils sèment autour d’eux – parce que ce sera eux les dernier à quitter l’entreprise quand elle ferme ses portes d’ici 5 ou 10 ans – les poches relativement ( et seulement relativement ) pleines de salaire !!
    Je vous le demande ! Faut être bête ou quoi !

    1. Je me permets de rappeler que quand l’Etat supprime 3 fonctionnaires, les collectivités locales en embauchent 4. Le nombre total de fonctionnaires augmente donc toujours tous les ans.

      Bref, on détruit des postes d’enseignants pour embaucher des cantonniers.

      Positivons, nos ruines seront propres…

    2. « Pour mener combat, il faut avoir des armes. Il faut donc trouver les idées, et ensuite LES MOTS qui vont avec. »

      Pour réellement changer de société encore faut-il ne plus avoir peur de vivre autrement, c’est-à-dire sans tout ce chantage ou conditionnel de VIE et de MORT qui se met peu à peu en place partout.

      Les mots, les livres comme les belles intentions de plus ne suffisent plus à vrai dire nous ne sommes plus vraiment des êtres aussi spirituels de nos jours.

      Relire le déclin du courage ( Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne )

  16. Que fait un « agent d’influence » tel que Paul Jorion?

    Il communique à qui veut l’entendre la/les quelques mesures phares qui lui paraissent essentielles (en l’occurrence, plus précisément: l’interdiction faite aux banques (et aux autres institutions financières) de parier sur les variations du prix des matières premières, etc.), en bref: l’interdiction de « spéculer ». Que constatons-nous? A ce jour, il semble que seuls des membres de la mouvance écologiste au sens large soient réceptifs à cette idée. Il y a sans doute d’autres personnes qui le sont en dehors de cette mouvance, mais elles restent pour l’instant inertes. Quand on voit l’absence totale de programme du PS français et l’inexistence de francs-tireurs en son sein, il ne faut pas, à mon sens, en attendre grand chose. Je ne parlerai pas des quelques membres de la majorité parlementaire française qui ont des scrupules mais qui ne les expriment pas tant ils sont prisonniers de leur organisation politique. Il est possible, mais pas certain, que la formation de Jean-Luc Mélenchon (PG) soit également potentiellement réceptive.

    Où faire circuler le message en priorité? Réponse: là où le rapport de forces est le PLUS favorable, c’est à dire, qu’on le veuille ou non, au Parlement européen. L’avantage de ce parlement, c’est qu’une idée neuve peut y être rapidement diffusée parmi les représentants de tous les pays de l’UE. Si certains membres de la mouvance écologiste devaient être porteurs de cette revendication, elle interpellerait immédiatement leurs collègues de tous bords. (En France, rappelons-le, la mouvance écologiste est très faiblement représentée au Parlement national et a des difficultés à se faire entendre.)

    Ce serait un début. L’intention est de faire connaître, de diffuser les propositions de Paul de façon que « quelqu’un » s’en empare au niveau continental.

    Dans l’immédiat, il est difficile d’espérer davantage. Le blog de Paul et ses « supporters » ne sont pas un mouvement politique, et encore moins une institution ayant pignon sur rue. La seule action que nous puissions envisager est donc une action de propagande. Pour le moment, ça s’arrête là. Il en ira peut-être autrement demain, surtout si la crise évolue vite. Mais force est de constater qu’en ce moment nous ne sommes pas armés pour faire autre chose.

    Par ailleurs, la circulation des idées de Paul pourrait être considérablement accélérée si certains organes de presse (Marianne, Mediapart, L’Humanité, par exemple) s’en saisissaient. Il n’est pas inconcevable que Mediapart, par exemple, qui aime bien le principe des pétitions, fasse de la proposition phare de Paul un sujet de pétition susceptible de rallier un bon nombre de ses lecteurs.

    Mais auparavant, puisqu’il est question d’ACTION, Paul Jorion doit bien comprendre qu’un billet bien senti ne suffit pas. Il faut en faire un MOT D’ORDRE, un APPEL que nous soyons en mesure de diffuser jusque dans tous les pores de la société. Qui veut agir doit s’en donner les moyens.

    1. Dans l’idée, je suis d’accord avec vous, dans la pratique je suis plus pessimiste. Pas grand chose ne se fera à mon sens en Europe tant la Finance contrôlant pour l’instant l’Angleterre. Elle est une pierre angulaire du système économique anglais, les anglais la protégeront sans doute au maximum – tant qu’elle n’aura pas sapé le pays.

      Il me semble que le bon niveau d’organisation est la Zone Euro, vu son poids économique et sa moins grande hétérogénéité que l’UE. Mais tout viendra des peuples, les dirigeants étant, soyons clairs, au service de la Finance…

      Et oui, bien sur, nous ne sommes pas un parti politique. Mais nous faisons tous de la politique, tous les jours, puisque que nous intéressons à la polis (à la cité, au peuple). Quand vous avez posté ce billet, vous avez fait un acte politique, en vous exprimant.

      C’est ce qu’il me semblerait intéressant de faire, un Appel, un court texte, proposé au débat public, et destiné à être repris par les médias, afin que les partis se positionnent en tombant les masques…

    2. @ Tartar

      Le subventionnement de la presse n’est pas vraiment un phénomène nouveau en France (tarifs de routage préférentiels, etc.). Il n’a pas empêché certains organes d’être des critiques résolus des gouvernements. Mediapart est de ceux-là.

      Vous donnez dans le « tous pourris »? S’il faut commencer par exiger de tous les membres de la classe politique qu’ils soient bien-propres-sur-eux avant de les solliciter sur tel ou tel point, on ne s’en sortira jamais.

      Nota: je ne connais rien de la « fortune » personnelle de Mélenchon, mais je peux vous assurer que ce n’est PAS un révolutionnaire. Il se proclame républicain, parlementariste et adversaire du « grand soir ». Je ne vois donc pas où est la contradiction. Quant à Besancenot, il ne gagne sans doute pas grand chose comme postier, mais quel est le rapport avec le sujet de mon post? Au vu de son histoire récente, je doute fort qu’il souscrive à l’idée d’un appel. Et c’est bien là l’essentiel.

  17. Je partage vos interrogations sur les conséquences de l’impasse que nous vivons.

    D’une manière plus ou moins diffuse et construite, elles semblent être même dominantes dans les opinions publiques Britannique et Française, si l’on en croit les résultats d’une enquête menée par l’IFOP et publiée par Le Monde de ce jour.

    81% des Britanniques et 83% des Français approuvent la taxe sur les bonus. Mais ils sont respectivement 71% et 72% à penser que cette mesure ne sera pas efficace. C’est dire le champ qui existe pour proposer et agir.

    Le risque que surviennent et se développent des tentatives totalitaires modernes (pour simplifier), avec tout ce qu’elles charrient de nauséabond, est réel si des alternatives n’apparaissent pas. Ce n’est pas seulement la responsabilité de ceux qui ont fait de la politique leur profession et dont la crédibilité dans ce domaine semble s’être très réduite.

    Mais il y a d’autres obstacles, si l’on en croit le « Baromètre de la confiance politique » du Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof, Sciences Po), cité par Pierre Haski dans Rue89 :

    * 73% des sondés (soit près des trois quart) pensent que les jeunes d’aujourd’hui auront « moins de chances » de réussir que leurs parents dans la France de l’avenir. Ils ne sont que 5% à penser qu’ils auront plus de chances, et 21% les mêmes chances. L’idée du déclin a donc fait son chemin ;

    * 23% seulement des personnes interrogées font confiance aux partis politiques, ce qui les place tout au bas de l’échelle. 71% ne leur font pas confiance, un score désastreux pour un des éléments centraux de la vie démocratique. Les médias ne font guère mieux : 27%, soit moins bien que les banques (37%), ce qui, après la crise financière, est significatif.

    * 70% des sondés, à la question « Pour la défense de vos intérêts, en qui avez-vous le plus confiance ? », répondent eux-mêmes, loin devant toute autre possibilité : les associations (15%), les syndicats (7%), et là encore, les partis politiques qui ne recueillent qu’1 tout petit pour cent.

    1. Comptons donc sur ces jeunes, qui seront des milliers à n’avoir pas grand chose d’utile à faire bientôt si on ne leur confie pas une tache cruciale à faire.

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour structurer des nouveaux partis politiques qui puissent essayer du mieux de rester libres de la corruption carriériste des cadres de TOUS les partis existants actuels (toutes idéologies confondues) et de l’esclavage au capital emprunté pour financer des campagnes électorales passés tout comme à genou mendiant celui des campagnes électorales suivantes. Cette nécessité de capital ne sert qu’a payer un effort de diffusion, à acheter des heures de travail pour le faire… et quand on est jeune et on n’a pas d’autre chose à faire… on peut apporter ces heures de travail sans dépendre d’un capital pour le financer.

      —> remplaçons les partis obsolètes par des nouveaux, directement… n’essayons pas d’assainir des malades droguées au hubris du pouvoir. L’abstention croissante est due à l’impossibilité d’identifier une option croyable… récupérons-la (elle constitue à elle toute seule une bien grande majorité).

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour structurer des nouveaux médias plus résistants à l’accaparement de la propriété par les grands groupes médiatiques (le moment ne pourrait-être mieux choisi… la crise faisant beaucoup de mal déjà à des structures de gérance des médias traditionnels qui ont trop fait usage d’économies d’échelle et qui se trouvent avec des structures de cout fixes intenables dues au fait qu’ils ont dimensionnés leurs structures de production pour une taille de marché qui c’est effondré et qui ne reviendra plus. Ces nouveaux médias, dans les mains de jeunes… donneraient naturellement plus de visibilité à des partis politiques de jeunes.

      —> remplaçons les médias obsolètes par des nouveaux, directement… la fuite de lecteurs accélérée sera le dernier clou qu’il fallait pour péricliter la rentabilité économique manquante des mass-médias traditionnels, à tel point que les pertes ne pourront plus être épongés par les subventions politiciennes avides de maintenir la fonction de contrôle et pilotement de l’opinion publique. Les médias traditionnels ruinés… ils ne serviront plus d’appui aux médias on-line dont on n’a toujours pas trouvé le moyen de les rentabiliser. La ruine économique des supports imprimés et on-line de la publicité agressive diminuera la taille du marché publicitaire traditionnel… rendant obsolètes aussi les économies d’échelle des marchés publicitaires des radios et des télévisions.

      – Offrons-leur une structure logique et éthiquement respectable pour remplacer le système bancaire et financier prédateur par une structure qui renforce la responsabilité sociale de chacun en bénéfice de tous.

      —> créons des banques alternatives qui puissent nous servir entre nous et qui évitent les fuites de nos capitaux et des richesses que nous produisons qui se produisent quand on n’a pas les moyens de séparer la valeur des richesses que nous créons avec notre effort de la non-valeur de l’argent qui ne coute que du papier et de l’encre à produire. Un circuit ou ce que nous produisons, nous, reste entre nous, et ce qu’on produit pour des autres et qui nous est payé en monnaie de singe sert pour acheter tant que cela peut se faire des matières et des savoirs utiles à la collectivité plutôt que pour consommer des productions qui ne nous rendent qu’une satisfaction passagère et éphémère qui n’est utile que pour le transfert des plusvalues réalisés vers les comptes courants de ces capitalistes neo-libéraux engagés dans une course à la compétitivité folle qui ne mène que dans le mur.

      Créons une société parallèle, et dans la mesure ou nous serons capables de prendre notre avenir en main… nous gèrerons nos ressources d’une manière responsable… sans toucher à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas renoncer à leur logique suicide, mais en réduisant progressivement la quantité de ressources dont ils peuvent user pour continuer à se faire cette concurrence folle. Il ne tient qu’à nous de faire qu’ils doivent un jour cesser la course par manque de carburant.

      Il faut tenir compte, pour qu’une telle initiative soit viable… qu’il faut agir en conservant le mieux possible un équilibre géo-stratégique mondial assez fragile pour que l’affaiblissement d’une certaine région ne donne pas d’ailes aux volontés de conquérant d’une autre. Dans ce monde qui est devenu multipolaire… il faut maintenir une équilibre de puissance entre tous les pôles tout en les assoiffant de ressources, parce-que si nous faisons qu’un d’eux en conserve ou en additionne trop… il deviendra assez fort pour essayer de s’établir en dictature.

    2. @ NingunOtro

      Le bel enthousiasme que vous évoquez me semble noble mais vous ne semblez pas tenir compte que ces jeunes dont vous parlez, sont les enfants des mêmes parents qui sont à l’origine du problème.

      Croyez sincèrement qu’un enfant ira remettre en cause le système que ses propres parents ont construit et qui l’ont rendu dépendant financièrement ?

      Le lien est si fortement aliénant, qu’il faudrait qu’en plus les enfants remettent en cause leurs parents qui ont pillé leur avenir de toute possibilité d’autonomie et d’émancipation ! Oups, s’ils pouvaient au moins reconnaitre et se pardonner leurs erreurs, les dits parents devraient en assumer les frais …

      Cela tourne en rond, il va falloir que les enfants Tanguy quittent leur cocon mortifère

    3. @ Paul

      Vous mettez trop d’enfants dans le même sac.

      Certains parents ont bien sur crée le problème, prisonniers d’une logique implacable, mais la plupart des parents sont eux-mêmes des prisonniers du système sans qu’ils n’y soient pour rien dans la forme de celui.

      Les enfants des premiers qui constituent l’élite qui s’est réservé les meilleures parts du gâteau, une infime minorité, n’auront pas envie de le remettre en question (je ne vois pas le fils de Sarkozy se ranger à nos cotés)… mais les autres, ils seraient capables de faire que leurs pères suivent!

    4. @Paul

      « Croyez sincèrement qu’un enfant ira remettre en cause le système que ses propres parents ont construit et qui l’ont rendu dépendant financièrement ? »

      Personnellement, non seulement je ne me contente pas de le croire, mais encore je le sais, d’expérience. Toutefois, je dois convenir que l’effet soit tout à fait dévastateur pour l’équilibre familial.

      Dans mon cas personnel, la rupture pure et simple ne s’est pas faite car j’ai consenti à assumer les errances de mes parents, moyennant l’apparition de tabous dans nos discussions. C’est une situation qui de toute façon aurait été douloureuse, quelle qu’en soient les modalités. Il m’est donc resté le choix de la souffrance que je me sentais disposé à supporter.

    5. @ NingunOtro,

      « Certains parents ont bien sur crée le problème, prisonniers d’une logique implacable, mais la plupart des parents sont eux-mêmes des prisonniers du système sans qu’ils n’y soient pour rien dans la forme de celui. »

      En surface cela parait comme vous le dites, mais ce qui a permis cette non répartition, c’est bien que l’argent est devenu un but aux deux, et donc forcément un l’obtient en excédant et l’autre le convoite !

      Alors que si l’argent devient un moyen d’échange … une répartition se fait par ce même désir d’échange et de reconnaissance de l’autre comme enrichissement … humain

      @ Dissonnace,

      Votre témoignage c’est le courage qu’il faut pour dire cette vérité qui sera la solution si d’autres suivent votre voie.

      Rupture, tabous, douleur, modalités, souffrance … pour aboutir à votre capacité de pardonner. Maintenant il faut que vos parent se pardonnent … vous ne pouvez pas porter ce poids … alors le plus dur sera fait.

      Avec sympathie

    6. @ ningunotro

      En Somme ouvrons nos capitalismes au communisme lol !? Pourquoi pas. Par contre je crois qu’il y a erreur sur la personne, si une catégorie « n’a pas grand chose d’utile a faire » ce serait plutôt les vieux me semble t il. On pourrait imaginer un système qui compense la diminution des retraites par des prestations sociales accrues en somme un « communisvieux » en laissant a ceux qui ont encore des dents le libéralisme et la compétition. On pourrait imaginer le communisme et le capitalisme répartis démographiquement au lieu de géographiquement comme on l’a connu et coopérants au lieux de s’opposer. Quand a ceux comme moi qui « balance entre deux ages »… J’ai bien peur qu’il nous faille choisir entre assurer les retraites de nos parents et l’éducation de nos enfants vu que les banques nous ont volé (emprunté selon leur dire) 50% de nos ressources pour les 400000 ans a venir…. Saludos.

  18. Humm , le petit problème est que les radicalités additionnées des uns et des autres ne définissent pas une direction.
    Il y aurait une multitude d’actions possibles ?
    C’est possible , mais là est précisément le problème : laquelle ?
    D’autant qu’elles sont souvent contradictoires car l’unité d’un constat d’échec n’est jamais suffisant.

    Par ailleurs, cet aveuglement devant les forces considérables du Système à tenter de nier une certaine réalité , ne devrait jamais être sous-estimée : et oui, il y en a d’autres qui ne pensent ni comme vous ni comme moi et dont l’énergie et les moyens d’actions sont considérables. Et il y en a beaucoup , qui ne savent pas trop quoi penser … et qui fermeront les yeux sur pas mal d’arrangements, du moment que leur niveau de vie ne leur parait pas trop chahuté .

    Ceux qui ont ou avaient « prévu » cette ‘Crise’ -et il sont de plus en plus nombreux à s’en réclamer à postériori- , ne devraient pas exclure la possibilité d’une crise très étalée dans le temps : une sorte de crise sans point paroxysmique parce que personne (parmi les influents) n’a intérêt à le provoquer.

    Si la Dette est l’élément central de cette crise, des mécanismes de répudiation , négociés, étalées dans le temps (personne n’en mourra) , joint à un taux d’inflation raisonnable et supportable (personne n’en est mort dans les années 70), accompagnés d’une sorte de modération de la part des prêteurs à exiger leurs remboursements (Ils ne mourront pas de n’avoir que la déjà très grasse rente) … pourrait faire traîner les choses et permettre ainsi des transformations (car il va quand même fatalement y en avoir) en douceur et mieux contrôlées (éventuellement) par certains.

    Ceci dit, il faudra beaucoup de force au système pour juguler les contradictions qui le minent et un scénario d’éclatement n’est pas à exclure (quand on voit ce qui se passe dans la sphère financio-monétaire !) , dans lequel malheureusement il est probable chacun se crispera sur ses intérêts les plus vitaux , avec violence.
    Réarmement des Etats dirait Jean-Claude W. , … mais sur tous les plans et avec recul de l’Etat de Droit à coup sûr, à mon avis.

  19. Regardons la réalité en face.
    Mais c’est quoi la réalité aujourd’hui ?
    En fait c’est courir après l’argent.
    Courir après l’argent pour payer le loyer
    Le loyer est payé, courir pour payer la nourriture
    La nourriture est payée, courir pour payer l’eau,
    L’eau est payée, courir pour payer EDF,
    EDF est payée, courir pour payer le téléphone,
    Le téléphone est payé, courir pour payer le crédit (pour d’autres c’est mettre de l’argent de côté)
    Courir pour payer les impôts,
    et l’essence, et les assurances, et les vètements, et la nounou et et et et
    Comment voulez-vous que les gens réfléchissent à autre chose ?
    Pour des millions d’entre nous le seul but dans la vie est :
    EST-CE QU’IL Y A ASSEZ D’ARGENT SUR MON COMPTE POUR PAYER ?
    La première des choses à faire, l’essentielle, celle sans laquelle personne ne pourra envisager aucun changement, aucune vision nouvelle c’est :
    DE METTRE LE SYSTEME EN PAUSE !!
    Comme le dit si bien Olivier, il y a extrème URGENCE !
    Pour des milliers voire des millions d’entre nous c’est une question de jours!
    Comme des moutons nous avons accepté depuis des années que nos malheureux salaires ou revenus soient l’objet d’un véritable kidnaping par les banques.
    Aujourd’hui, malgré les appels de quelques uns (de plus en plus nombreux et dont je fait partie) à retirer leurs « sous », on s’apperçoit que c’est extrèmement difficile et surtout très long.
    La seule solution en attendant une réflexion sur le devenir des dettes, serait de FERMER LES BANQUES!
    Mais pas tout à fait, car certains vont objecter oui mais les factures, les prélèvements… elles n’ont qu’à s’en occuper, accorder des découverts, elles savent faire, l’argent virtuel c’est leur domaine .
    Et distribution de 600 € environ en « liquide » à tout le monde et par mois !
    A ce moment là, enfin libérés de l’obligation de courir après l’argent, nous pourrons examiner les propositions, envisager une autre forme de vie.
    Oui! Je sais! Cette femme est folle!

    1. Hhmm.. pas folle.
      Simplement se rendant compte que l’argent dirige tout.

      Et vous n’avez pas encore tout vu.

      Maintenant, s’assoir et réfléchir n’est accordé qu’aux personnes qui peuvent se détacher de l’argent.
      Soit, avoir trés peu de besoins, ou beaucoup de rentrées. (là aussi, l’argent est LA)

      On va élever des chèvres dans le Larzac…?? 😉
      Mince… : il faudra vendre les fromages pour acheter la nourriture des chèvres au regard si affectueux.
      Coincés.

    2. @Yvan
      Si tu les élève dans le Larzac tes chèvres, tu n’a pas besoin d’acheter leur nourriture puisqu’elle pousse à même le sol.
      En revanche, pour se nourrir soit même, c’est surement pas suffisant le lait de chèvre (et pour s’habiller, se chauffer…) 🙂

    3.  »Oui! Je sais! Cette femme est folle! »

      Il est parfois bon d’avoir un grain de folie. [Sénèque]

      Le monde appelle fous ceux qui ne sont pas fous de la folie commune. [Madame Roland]

      Je sais calculer le mouvement des corps pesants, mais pas la folie des foules. [Isaac Newton]

      Les hommes ne vous trouvent sages que lorsqu’on partage ou qu’on approuve leur folie. [Alphonse Karr]

      Une partie du monde se moque de l’autre, et l’une et l’autre rient de leur folie commune. [B Gracian Y Morales]

      Les femmes font les pires folies pour allumer une passion et prennent la fuite devant l’incendie. [L d’Abrantès]

      C’est l’amour des richesses qui cause la folie des hommes et leur perversité. [Théognis de Mégare]

      Les fous passent, La folie reste. [Sébastien Brant]

      La folie, c’est la loi de la majorité. [Terry Gilliam]

      Il y a plus de fous que de sages [Chamfort]

  20. De mon humble point de vue de candide de service, je propose les orientations suivantes :
    – rétablissons l’impôt progressif sur les revenus avec une tranche supérieure à 80% par exemple… qu’importe dès lors que tel trader ou actionnaire ai gagné sans rien faire un million d’euros, 800 000 euros dans les caisses de l’Etat, pour, par exemple venir en aide aux plus pauvres, développer les services publics, ou , soyons fous, pour payer la recherche médicale nous faisant enfin grâce des Téléthons et autres « pièces jaunes » qui flattent si bien l’égo charitable des plus riches… Il restera tout de même 200 000 euros à notre trader ou actionnaire, soit 200 fois le SMIC sans rien foutre… d’accord, c’est encore trop !
    – établissons une vrai taxe carbone tout simplement en augmentant la TVA de 10% par exemple, car, si je ne m’abuse tout ce qui passe entre nos mains est plus ou moins réalisé à partir du pétrole ou du moins en a nécessité pour son transport et sa distribution ; ensuite, comme le propose James Hansen, redistribuons l’intégralité de cette nouvelle taxe aux citoyens « per capita » (on peut moduler selon le nombre d’enfants comme il le propose…).
    – supprimons les charges sociales et basculons le tout sur la CSG, ainsi TOUS les revenus contribueront à payer, la sécu, la retraite et le reste.
    – moratoire sur la destruction de terrains agricoles et forestiers, ie sur la construction d’autoroutes, de zones pavillonnaires, de lignes à grande vitesse, d’aéroports…densifions l’existant en autorisant des COS à 3 au lieu de 0,5 voire moins à la campagne.
    – supprimons les subventions aux énergies dites « vertes » qui masquent leur vrai coût non seulement financier, mais surtout « carbone » en partant du principe qu’un coût quel qu’il soit représente toujours du carbone pour l’essentiel puisqu’il faut de l’énergie et des matières premières pour fabriquer, transporter, recycler…
    – rétablissons la démocratie en France en interdisant le cumul des mandats (comment accepter qu’un ministre puisse se présenter aux municipales ou aux régionales ?), en rétablissant la proportionnelle intégrale, en diminuant les pouvoirs du présidents de la république et en rétablissant la responsabilité pénale de tous les élus, avant, après et pendant…

    Mes propositions à deux balles… et merci pour votre billet, M. Brumaire (joli mois républicain)

    1. J’oubliais l’essentiel : abandonnons le pétrole avant qu’il ne nous abandonne comme nous le dit si bien Fatih Birol de l’AIE. Mais pour cela, il n’est qu’une seule solution, produire moins, produire plus solide (pour que ça dure et non pour que ça se jette dès la sortie du magasin…), consommer moins, gaspiller moins. Mais l’efficacité de la méthode se heurte à la logique capitaliste du « toujours plus » et donc de la « croissance ».

      (Pas plus tard que ce matin j’ai trouvé sur le pavé parisien un énième aspirateur en parfait état de marche, n’était le petit bidule en plastique qui maintient le sac dans son logement. Tout le monde n’est pas bricoleur, certes, mais comment accepter qu’un appareil aussi simple dans sa conception soit HS en quelques petites années – 2002 gravé dans le plastique par le fabricant – et qu’il ne soit pas possible de concevoir une pièce plus solide ? Détail, tout cela et le diable s’y cache ! La parabole de l’aspirateur en vaut bien d’autres. Consommation, surconsommation, adaptation de la fabrication à l’obsolescence programmée de nos produits, gaspillage organisé au final.)

    2. Je n’ai jamais compris pourquoi faire des paliers sur l’impôt progressif. Une courbe ou une droite serais plus logique et équitable à mon avis.

    3. Pour les Traders qui travaillent pour les banques « Françaises », la plupart sont hors de France et sont payés sur des comptes à Jersey ou autres paradis fiscaux….On peut essayer l’impôt sur les signes extérieurs de richesse, voitures, propriétés en Sologne, Lubéron,etc….
      Pour la Taxe carbone, elle peut aussi se mettre au niveau de l’importation globale du pétrole, du gaz et du charbon qui arrivent en France.
      Pour le reste, subventions et cumul des mandats, je suis bien d’accord.

  21. Sans toutefois nous cantonner au seul monde des idées – même si elles ont leur intérêt – alors que dans notre société apparaissent et se développent, des manières plus ou moins marginales et explicites, des pratiques sociales qui préfigurent les contours de celle qui pourrait lui succéder.

    L’objectif proposé est de mettre une fois encore à profit ce blog, afin de susciter une nouvelle collaboration. De toutes celles et tous ceux qui s’y retrouvent, apportant déjà ou non leurs commentaires, afin de débuter une collection d’un genre particulier. Un simple inventaire des idées ou des pratiques qui pourraient contribuer, une fois regroupées, à dessiner l’esquisse d’une société alternative, cette utopie d’hier qui désormais pourrait être qualifiée d’utopie réaliste.
    D’entamer collectivement, sans hiérarchie et sans mise en forme prématurée, une « tentative d’épuisement », comme a écrit Georges Perec, de ce qui est à notre disposition, autour de nous, et témoigne de la transition dans laquelle nous sommes en réalité engagés. Sans en avoir toujours bien conscience, car lorsque l’on est dans le vent, on ne le sent pas. Sans garantie non plus qu’elle aille à son terme.

    Des points d’étape seront certainement nécessaires, nous verrons bien.

    François Leclerc

    Nous avons beaucoup analysé, réfléchi, parlé, échangé, en 2009.

    Agissons en 2010 !

    Olivier Brumaire

    La tentative d’épuisement est très loin d’avoir abouti et c’est tant mieux: il nous reste du boulot et beaucoup de

    nouvelles pistes à explorer pour aller plus loin.

    Mais devant l’urgence, je crois qu’il est temps de passer à la première étape que je conçois ainsi :

    Trier et classer les propositions faites dans l’inventaire de demain même si ce n’est qu’une ébauche

    Les diffuser

    Aider à les mettre en pratique ( là, on fait appel à des pros du terrain mais je suis certaine qu’il y en a sur ce blog et

    sinon, on saura en trouver)

    Bon voila, on est en janvier et il est encore temps de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année.

    Action !

  22. je suis vraiment désolé que personne ne veuille comprendre le capitalisme d’un point du vue uniquement systemique
    ce n’est pas si grave,on n’a vu que 3 vagues (financiere,economique,sociale),certains disent qu’ils en restent 2 (politique,culturelle),soit!
    depuis 250 ans,cette civilisation est poussée par le petrole et le profit et elle s’effondre à cause d’eux,c’est tout
    le tsunami,c’est 2010-2020 à cause du petrole,la meteorite du profit,c’est 2050-2100 (2080,l’aneantissement)
    la terre sera là,des hommes aussi mais en régression et ayant perdu leur civilisation (l’espoir du progres)
    on dira,c’est dommage car on savait mais on a laisser faire
    bruno,le troll du non-profit

    1. J’ai parfois le sentiment que même sur ce blog, la dépendance de notre capitalisme occidental et de toute notre société au pétrole est un sujet tabou…

    2. Je pense moi aussi que c’est véritablement le cas pour une très large majorité, mais notre hôte n’en fait pas partie à mon sens puisqu’il donne l’occasion à nombre d’invités d’en parler dans leur billet.
      L’énergie est un domaine trop cadré pour l’imagination humaine.
      L’économie, elle, n’est pas cadrée ; on a plus facilement l’impression d’avoir raison lorsque on s’exprime à son sujet : moi le premier, pardon !
      Alors ? Sujet tabou, pour toute les collectivité et peu importe laquelle ? Oui ! Oui ! Et normal, puisque les réalités énergétiques contrarient les rêves.
      Et pour s’en convaincre, considérons les dix seuls commentaires au bel article de ce blog concernant les écluses de Charleroi et l’énergie (fin décembre ou début janvier) ; alors que c’est bien l’énergie, surtout du pétrole, qui fait l’économie … sujet principal du blog de Paul Jorion.

      Je ne connais personnellement qu’un économiste, plus précisément un prof, mon voisin. Un jour il m’a dit que s’il n’y avait plus de pétrole, c’était pas grave, on irait en chercher.
      Précision : il ne m’a pas dit où, ni qui était « on ».
      Tabou ? Oui, c’est le mot !

    3. Avant d’extraire le pétrole, il faut le découvrir…

      Données factuelles:

      Pic de production du pétrole (brut léger) aux USA : 1970 (dépassé depuis longtemps)
      Pic des découvertes du pétrole aux USA : 1930 (dépassé depuis très longtemps)
      Décalage entre découvertes et production : 40 ans (le temps d’atteindre le maximum de production)

      Pic des découvertes mondiales : 1964 (dépassé depuis longtemps)
      La production mondiale de pétrole plafonne depuis 2004 (confirmé par ASPO)
      Tiens, c’est 40 ans après ! Comme par hasard ?

      On y est au pic pétrolier ! C’est pas une vague élucubration et toute activité économique a besoin d’énergie dont la source est principalement le pétrole. On ne passe pas du jour au lendemain à une énergie (réellement) renouvelable, cela nécessite de changer l’infrastructure coûteuse conçue pour cette matière hautement énergétique, facilement stockable et transportable qu’est le pétrole.

      Pour se représenter l’énergie que contient 1l d’essence. Imaginez que vous mettiez dans votre voiture 1l d’essence en tout et pour tout et que vous rouliez jusqu’à la panne sèche (20Km pour une consommation de 5l/100Km). Ensuite, revenez chez vous en poussant votre voiture (pendant 20 Km). C’est lourd une voiture, non ? C’est pénible de la pousser pendant 20 Km, non ? Voilà l’énergie que contient une malheureux petit litre d’essence ! Alors, c’est cher l’essence ?

    4. « On y est au pic pétrolier ! C’est pas une vague élucubration et toute activité économique a besoin d’énergie dont la source est principalement le pétrole. »

      et oui, et nous avons toujours la même politique de l’emploi comme dans les années soixantes lorsque nous avions 5 à 10% de croissance pétrolière et sans pétrole, rien ne fonctionne.

      « Pic de production du pétrole (brut léger) aux USA : 1970 (dépassé depuis longtemps) »

      N’est-ce pas par hasard l’année précédent la suppression des accords de Breton Woods? Comme quoi pétrole et économie sont intimement liés.

      « Voilà l’énergie que contient une malheureux petit litre d’essence ! Alors, c’est cher l’essence ? »

      Un litre d’essence est ègal à 10 kwh
      La puissance d’un humain en pleine action est égal à 0,2 kw (je suis un 3×20)
      http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html
      Un litre d’essence est égal à 50 humains en pleine action pendant une heure.
      Ca colle mon cher fujisan, on peut penser que 50 humains (3X20) en pleine action pendant une heure puissent, sur 20 km, ramener la voiture au bercail

    5. Et ce n’est pas si facile car un bien faible pourcentage d’humain parcour 20 km en une heure (Husain Bolt en fait le double mais seulement sur 100 m et j’ignore les moyennes des marathoniens!) et l’energie de ceux qui restent en route n’est pas utilisée durant une heure entière. Donc il faut dejà une machine pour reunir et demultiplier les efforts communs ainsi que vehiculer les travailleurs qui vehiculent le vehicule Sic and lol!!!!

  23. Je ne peux m’empêcher de revenir à ce qui me semble indispensable: la lucidité (et surtout celle qui nous informe sur notre propre monstruosité, quelquefois tempérée ou dépassée il est vrai…).

    Yves Paccalet: « Nous, Homo sapiens, avons un grave problème : non seulement, comme je l’ai analysé dans « L’Humanité disparaîtra… », parce que nous employons la plupart du temps notre intelligence à conforter nos instincts de domination, de territoire et de reproduction (au lieu de lui faire servir nos pulsions positives, notamment altruiste et esthétique) ; mais aussi parce que, même lorsque nous sommes animés des meilleures intentions, même lorsque nous voulons sauver la planète, nous sommes tragiquement incapables de nous comprendre et de nous supporter les uns les autres. » (Lu sur son blog, désolé je ne sais comment mettre un « lien »)

    Peut-être aussi faudrait-il s’inspirer de « Eloge de la fuite » de Henri Laborit, dans laquelle l’auteur (le contraire d’un bisounours) nous invite à éduquer et les enfants et informer certains adultes sur la façon d’approfondir cette fameuse lucidité, ce qui nous permettrait – peut-être – d’interagir avec nos semblables de façon un peu moins brutale.

    J’ajouterai que la possession créant la frustration, il est peut-être également temps de s’arrêter un instant pour réfléchir au monde-rouleau-compresseur sans issue qui est mis marche accélérée depuis si longtemps.

    Lorsque Frédéric Taddéï passera en prime-time, nous en reparlerons… en attendant comment faire comprendre que posséder la terre entière ne suffirait pas à satisfaire la plupart ? Combien échangeraient un parachute doré contre le plaisir d’apaiser la souffrance de quelques êtres humains là-bas ou ici, sous nos fenêtres ou sous les gravats ?

    Apprendre à apprivoiser le loup qui vit en chacun d’entre nous serait à mon sens plus efficace que multiplier les vigiles et construire des prisons, lesquelles seront rapidement surpeuplées à l’allure à laquelle nous progressons.

    Bonne journée à tous !

  24. Bonjour à tou-te-s,

    Autrement dit, voilà ce qu’il advient :

    « Anti-dédicace »

    Et s’il y avait une re-crise
    En lieu et place de la reprise
    Qui serait le bouc-émissaire
    A prendre pour cible dans cette galère ?

    1) Quelques agences de notation
    Qui manqueraient d’informations ?
    2) Quelques médias manipulés
    A la mission mal formulée ?

    3) Quelques politiques vérolés
    Car dans les lobby-s enrôlés ?
    4) Quelques entreprises lobby-istes
    Qui veulent jouer les exorcistes ?

    5) Ou bien les moutons trop dociles
    Qui optent pour une vie facile
    Protégés par quelques bergers
    Qui auraient tort de gamberger ?

    Si tous les moutons se laissent tondre
    Et dans la masse préfèrent se fondre
    En « pensant » passer en dernier
    Sur le bûcher particulier !

    Il ne fait pour nous aucun doute
    Que chacun continue sa route
    Sans vraiment chercher à savoir
    Quel est le bon sens de l’histoire ?

    Et s’il y a une re-re-crise
    En lieu et place de la reprise
    Nous saurons enfin dire pourquoi
    Mais pour le bon sens, j’ vous dis quoi !

    Signature : luami CREER
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    inspiré par la famille CREER qui a 114 ans
    (Christine Régis Emma Etienne Robin)
    « médiateur de l’innovation » de Toulouse à La Ciotat

    http://luami.viabloga.com

    et Bon voyage dans la Vie !

  25. « Qu’opposera alors un système démocratique qui finira discrédité si nous ne changeons pas RAPIDEMENT les choses ? Car le compteur est enclenché, les mécanismes souterrains sont à l’œuvre. Les tensions s’accumulent, et un jour, brutalement, la faille glisse, le tremblement de terre emporte tout et détruit ces murs et cette société que l’on pensait si solide.

    Une nouvelle politique de Civilisation est à construire, en sortant de la pensée « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. L’heure des débats d’experts est terminée, le bateau prend l’eau, peu importe que votre cabine ne soit pas encore inondée. Chaque pays n’agit qu’en fonction de ses intérêts et de celui de son peuple, penser le contraire est d’une naïveté confondante. Guérissons-nous au plus vite de ce « syndrome Bisounours ». »

    Et je soulignerai : « PEU IMPORTE QUE VOTRE CABINE NE SOIT PAS ENCORE INONDEE »

    Car ce n’est qu’une question de temps pour qu’elle le soit!

    L’eau a atteind la salle des machines et vous êtes dans le salon en train de valser sur le Beau Danube bleu!!!
    Vous êtes en train de choisir votre tenue de soirée alors qu’il faudrait rejoindre les canots de sauvetage!
    Vous êtes en train de pester contre le capitaine parce que le pont n’est pas horizontal et vous ne voulez pas voir que le bateau penche parce qu’il est en train de couler!

    Je suis persuadée depuis des mois qu’il y a urgence.
    Urgence pour moi, évidement, mais aussi pour beaucoup, beaucoup d’autres.
    Pour Minederien par exemple qui nous avait laissé sur ce blog un témoignage si poignant.
    Minederien pour qui « au-dessus du gratuit c’était trop cher ».
    Balayée Minederien.
    Quelqu’un a-il des nouvelles de Minederien?

    J’ai accepté depuis longtemps l’idée que ce monde est fini, qu’il faut changer la donne.
    Si j’ai de la colère ce n’est pas à l’idée que c’est fini, ce n’est pas à l’idée que nous nous sommes fourvoyés, non depuis ces derniers mois je remets tout en question.
    Si j’ai encore de la colère c’est parce que je me sens pieds et poings liés face à l’inertie ambiante.

    Vous voulez voir la machine infernale?
    http://www.24hgold.com//francais/home.aspx?money=newyork
    La part d’une personne payant l’impôt sur le revenu était de 87558,19 € quand j’ai quitté le site. (16h 17 le 19/01/2010)
    Allez voir à combien elle est maintenant.
    ALLEZ REGARDER L’EAU MONTER!

    1. P@: LG:

      Il écrit « c’est le désert idéologique dans toutes nos institutions … » Et surtout chez la jeunesse que 20 ans de pouvoir gauche / droite a transformé en « zombie consommateurs » introvertie dans un individualisme matériel rendu possible par la numérisation à outrance de la société .. La technologie est le grand responsable de nos maux économiques et sociétales d’aujourd »hui:

      Internet en entreprise (appelé INTRANET) à aboli les distances et a donc permis la mondialisation
      Internet chez les particluiers a aboli les distances en privilégiant les rapports « numériques » et donc immatériels
      Internet a permis de maquiller à tous les niveaux la réalité avec un objectif uniquement mercantile

      Résultat : SOLITUDE – CHOMAGE – IDEOLOGIE SU SENS INEXISTANTE .. et MAL DE VIVRE

      Vive le progrès.

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