A-t-on tiré les leçons de la crise ?

Bonne question, n’est-ce pas ?

Alors, n’ouvrez pas les liens ci-dessous avant de vous être assuré d’être confortablement assis (cardiaques, s’abstenir !)

Voyez ceci et cela.

Non, ce ne sont pas des faux : ceci figure réellement au Journal Officiel

MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DE L’ÉNERGIE, DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE ET DE LA MER, EN CHARGE
DES TECHNOLOGIES VERTES ET DES NÉGOCIATIONS SUR LE CLIMAT
Arrêté du 5 janvier 2010 autorisant la société JP Morgan Markets Limited (JPMML)
à exercer l’activité de fourniture de gaz naturel

MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DE L’ÉNERGIE, DU DÉVELOPPEMENT
DURABLE ET DE LA MER, EN CHARGE
DES TECHNOLOGIES VERTES ET DES NÉGOCIATIONS SUR LE CLIMAT
Arrêté du 19 janvier 2010 autorisant la société Goldman Sachs International (GSI)
à exercer l’activité de fourniture de gaz

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119 réflexions sur « A-t-on tiré les leçons de la crise ? »

  1. On vit dans une monde sans gérance, sans sens de résponsabilité, vive la liberté! 😉

    C’est l’idée « du profit » qu’on défend à tout prix, et la bonne question: c’est quoi le profit?

    Réponse: une ‘illusion bureaucratique……….

  2. Paul Jorion,

    Votre idée d’interdire la spéculation sur les MP suit son chemin. Et du coup, ces grandes banques se prémunissent déjà de leur éventuelle application en la contournant d’avance. L’enfer est-il pavé de bonnes intentions ?

  3. Ces societes vont acheter d’enormes volumes et les revendre par petits bouts. C’est le travail d’une societe de negoce. Ces societes sont des filiales de negoce de grandes banques d’affaires. C’est banal, c’est le business de tous les jours de toutes les societes de negoce du monde. L’epicier du coin fait de meme. Arretez le delire svp. Carrefour achete d’enormes volumes de fioul par exemple le stocke dans de’enormes reservoirs et le revend aux particuliers. L’entreposage a un cout. Carrefour a fait d’enormes benefices en vendant cher (qd le petrole etait a 120) du fioul stocke depuis des mois (achete moins cher donc). C’est un TRAVAIL de negociant. C’est légal. C’est banal. Faire des affaires c’est cela. Et cela n’a rien a voir avec l’artisan qui farique et vend. Mais l’artisan n’est pas un negociant. Les negociants en vin ne cultivent pas, ils stockent et revendent. Cela vous choque-t-il? Le fait que cela passe dans le JO est plutot rassurant, l’etat est au courant. remarquez enfin que ces negociant en gaz ne vendront pas aux particuliers, seulement aux distributeurs.

    1. @scaringella
      Du banal négoce ?
      Laissez moi en douter. Contrairement à l’épicier du coin, au négociant en vin, ou même Carrouf, ces sociétés financières n’ont pas l’intention de stocker ou distribuer le produit physique. En ont-elles seulement les capacités ? Elles ne s’intéressent pas au produit physique qu’elles prétendent acherter vendre, c’est juste un prétexte pour spéculer sur ces marchés.

    2. On peut surtout nommer ce genre de négoce par son vrai nom : de la spéculation.
      Emile Zola décrit très bien ces mécanismes dans « La Curée » et « Son excellence Eugène Rougon » pour ceux que les ouvrages et traités économiques rebuteraient.

    3. @fujisan:

      Ces societes sont celles qui affretent des flottes de petroliers pour stocker/transporter du brut. Carrouf le fait dans d’immenses reservoirs, vers Lyon par exemple.

      @Claude:
      Il me semble que vous ne savez pas ce qu’est la speculation. Selon Saint Paul (Jorion dans la vie) la speculation c’est un pari sur les prix, rien d’autres.

  4. Bonjour Mr Jorion,
    Vous m’avez-répondu : ‘’Vous faites partie des personnes qui considèrent que le blog exprime une position minoritaire et que tout exposé de cette position risque de l’affaiblir encore davantage’’.

    Je pense que vos idées, vos positions sont très majoritaires parmi nos contemporains.
    Le point que je voulais souligner est qu’entre le fait d’avoir une opinion et le passage à l’acte (électoralement parlant), il y a un fossé. C’est ce que je constate, peu de personnes sont prêtes à envisager de bouleverser leur quotidien, la réforme concerne toujours l’autre.

    Je crois que tout exposé de cette position ne risque pas de l’affaiblir davantage, bien au contraire.
    Simplement, je pense, je souhaiterais que vous disposiez de plus de temps à une heure de plus grande écoute pour les développer plus encore.
    La crise va en s’amplifiant, les politiques feignent de ne pas le voir, la société souffre, votre message ainsi que celui de François méritent un beaucoup plus large écho.
    Probablement suis-je impatient, trop peut-être, mais la crise s’amplifiant, le temps me semble compté. Il faut que collectivement nous tirions les leçons de cette crise et agissions en conséquence, mettant nos actes en harmonie avec nos opinions.

    A un moment, vous aviez envisagé de cesser votre blog.
    Je vous avais répondu que ce serait dommageable car il exerce une ‘’mission de service public’’.
    J’ose espérer que prochainement, à des horaires plus adaptés, un temps de parole plus conséquent vous soit accordé.

  5. Merci pour cette information. Il n’est pas normal qu’une banque d’affaires puisse prétendre à être fournisseur de gaz. Sans doute nos responsables n’ont pas le choix (j’ose espérer) : j’imagine que ces deux acteurs sont devenus à ce point incontournables. Ce qui me déplaît, c’est qu’il n’y ait aucun mouvement politique ni aucun élu pour parler de cela, pour mettre sur la place publique le fait que nous soyons obligés d’en passer par là.
    Il faut relayer cette information jusqu’à ce qu’elle vienne sur la place publique. Qui voudra bien diffuser un article sur agoravox par exemple, dont l’audience n’est pas la même qu’ici?

    1. Le grand acteur du gaz en France, c’est Suez-Gaz de France, société assemblé sous la houlette du présent gouvernement, à qui on a déjà promis l’intégralité de la construction du prochain EPR (3 à 4 milliards d’euros tout de même, pas d’appel d’offre ni de mise en concurrence, collusion présidentielle). Comment mettre alors en doute les choix de nos responsables ? Ils sont bien entendu volontaires, à défaut d’être assumés.

  6. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant en fait. Il est écrit que GS et JP ont le droit de vendre du gaz aux fournisseurs de gaz. Il y a une différence entre distribuer du gaz et vendre du gaz à un distributeur de gaz. Sachant que la quasi totalité des matières premières est échangé sur les marchés il n’y a rien de surprenant à ce qu’une banque d’investissement achète et vende deu gaz. J’ai l’impression que 90% des commentaires de ce blog immaginent que GS et JP ont obtenus le droit de relever des compteurs ce qui n’est absolument pas le cas.
    Il n’y a rien de nouveau et surprenant dans cette nouvelle. C’est comme pour le pétrole, je peux très bien acheter 20 bariles de brut et les revendre à total qui les rafinera et les distribuera ensuite.
    Ca me parait évident qu’à partir du moment où les matières premières sont cotées et échangées sur les marchés, elles peuvent être revendu à des fournisseurs (c’est plutôt l’inverse que j’aurais trouvé choquant)…

    1. Vous oubliez un élément essentiel, c’est que ces mégabanques disposent de leviers financiers plus que conséquent leur permettant de manipuler les cotations dudit gaz, par exemple en achetant à découvert. Cela s’est vu avec le pétrole.

      Votre raisonnement n’est pas très conséquent car vous vous concluez en disant que des fournisseurs ne revendent pas leur gaz aux intermédiaires ou négociants, vous dites même que vous trouveriez cela choquant. Or s’il y a cotation c’est bien que l’échange peut se réaliser dans les deux sens. Du négociant vers le fournisseur et inversement. Ce sont bien des producteurs et/ou fournisseurs directs qui vendent certaines quantités de gaz sous forme de contrats. Comme l’a précisé un commentaire plus haut, EDF vend bien de l’électricité dans toute l’Europe à d’autres fournisseurs. EDF est bien un producteur ET fournisseur. Idem pour le gaz.

      La question lancinante qui revient est alors : pourquoi confier à des banques ce que les producteurs et fournisseurs pourraient faire par eux-mêmes ou bien sous l’égide d’un organisme indépendant et étroitement contrôlé ? Un marché à terme du gaz peut à la limite jouer un rôle prudentiel, mais le risque est trop grand que les mégabanques ne s’adonnent à des paris sur la fluctuation des prix du gaz, lesquels paris affectent nécessairement les cotations qui concernent les transactions effectives de la marchandise gaz, comme on l’a vu avec le pétrole.

      La politique énergétique de l’Union est « officiellement » de stabiliser les prix de l’énergie. En confiant aux banques l’achat et la vente du gaz on en prend pas le chemin. Et quand on apprend que c’est le ministère de l’écologie et l’énergie et du développement durable qui prend l’initiative d’une telle politique, il y a vraiment de quoi douter des convictions désinteressées affichées par notre ministre de l’écologie. Ou alors il est très naïf. Il faudra qu’il nous explique sérieusement la « philosophie  » d’une telle politique. De plus un développement durable ne consisterait-il pas plutôt à assurer une souveraineté énergétique en mettant le paquet sur les économies d’énergie et en diversifiant les productions énergétiques locales plutôt que de confier notre sort aux fluctuations d’un marché hors de contrôle ? Monsieur Borloo encore un effort !

    2. Pour faire bref, ces 2 banques ont obtenu du gouvernement français le droit de spéculer sur le gaz en toute intelligence avec Suez-Gaz de France, je suppose.

    3. En fait je crois que vous manquez un point.
      Ca ne vous aura qd meme pas echappé que ca fait depuis plus de trente ans que le gaz naturel est échangé et quoté sur les marchés (comme le pétrole, l’uranium, les kiwi, le blé, le sucre, les bananes et j’en passe).
      Ca ne vous aura pas échappé non plus que l’UE produit moins de 5% du gaz naturel mondial (avec le royaume uni et les pays bas).
      Par conséquent si Gazprom a envie de vendre à GS, JP, GDF ou à qui vous voudrez, il se contrefout de l’avis de l’UE. Et c’est ce qu’il fait.
      Ca fait donc trente ans que des banques achetent et vendent du gaz à travers le monde. Aujourdh’ui GS et JP ont juste obtenu le droit d’en revendre à GDF.
      J’ai dit que je trouverai choquant qu’il n’est pas ce droit. En effet plus GDF a de personnes à qui acheter du gaz plus GDF a de chance de l’acheter à bas cout.
      D’ailleurs soit dit en passant, GDF a aussi des salle de trading pour acheter le Gaz naturel.
      En fait, j’ai l’impression que vous pensiez, qu’avant ce papier, GS et JP netradaient pas de gaz naturel et que maintenant ils en ont obtenus le droit. Mais détreompez vous, ca fait belle lurette qu’ils tradent toutes les matières premières existantes et ils n’ont pas besoin de l’aval de l’UE pour le faire (puisque la majorité des producteurs ne sont pas européens de même que la majorité des acheteur). Le seul moment où ils ont besoin de son aval, c’est pour en revendre à des fournisseur européens.
      Ca fait donc trente ans qu’ils peuvent manipuler les cours, speculer etc, et ils se tapent completement de ce qu’en pense Bruxelle.
      Bref, je disais juste que cette nouvelle n’a rien de nouveau ou d’epastrtouillant, c’est juste l’ajout d’une contrepartie supplémentaire pour GDF. Je trouve ca a la limite mieux, car plus GDF aura de personne ac qui negocier les prix plus elle aura de chance de les faire baisser. Si la seule personne ac qui GDF avait le droit de cmmercer le gaz etait Gazprom, je vous assure que Gazprom ne se generait pas pour proposer des prix gigantesque…
      Apres on peut etre contre les marches de MP et réserver ce marché uniquement au producteur et fournisseur mais c’est autre chose et ca na rien a voir avec ce post la, et l’UE n’a absolument rien a y dire compte tenu de sa production insignifiante de gaz naturel…

  7. M. Bertrand est actuellement l’invité du Grand Rendez-Vous sur Europe 1. La première demi-heure a été consacrée à la crise. Et ce qu’il affirme, même si c’est attendu, demeure encore pour moi invraisemblable ; en substance, le désendettement public se fera sans hausse d’impôts grâce à la diminution du nombre de poste de fonctionnaires – 500 millions/an d’économie… efficace! – et à la reprise économique/croissance – on applaudit. C’est de la communication et c’est irresponsable. Il est temps d’y mettre un terme. A nous peut-être maintenant d’utiliser les mêmes armes, à savoir une communication simple et massive, afin que les agents d’assurance cessent d’essayer de nous vendre le vide soufflé par d’autres qui enfle sous leur boîte crânienne.

    Le Grand Rendez-Vous

  8. La liste des autorisations de fourniture de gaz naturel se trouve ici:
    http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/gaz/pdf/listefourni.pdf
    Elle n’a pas encore été mise à jour pour prendre en compte l’arrivée de ces deux banques.
    Comme on peut le voir, cette liste référence de gros industriels comme Rhodia qui souhaite avoir un accès direct au marché plutôt que de passer par un intermédiaire. On voit aussi des sociétés qui fournissent du gaz à des particuliers ou des petits industriels comme GDF ou Poweo. Et enfin, une grosse partie de la liste est constituée de sociétés qui n’ont un « oui » que dans la colonne « fournisseurs ». Parmi celles-ci on peut voir des sociétés dont le métier n’est que le négoce comme Mercuria, JP Morgan, Vitol, et EDF Trading. Cette dernière étant une société distincte d’EDF dont les bureaux sont basés à …. Londres!
    Muni de cette autorisation, une société peut acheter et vendre du gaz aux trois points d’échange de gaz (virtuels), PEG Nord, PEG Sud et PEG TIGF. Powernext offre des plateformes d’échange pour ces trois points. On peut donc imaginer qu’une société puisse spéculer sur le gaz échangé en France. Cependant la majorité du gaz consommé n’a pas été échangé sur un marché. Il a été acheté directement aux fournisseurs norvégiens, russes et du Quatar par le biais de contrat long terme. Le prix du gaz dans un tel contrat est déterminé par une formule souvent indexée sur le prix du pétrole.
    Une société peut aussi vouloir une autorisation de fourniture pour se constituer un portefeuille d’actifs. En effet elle va pouvoir participer aux enchères pour acquérir sur une durée limitée des capacités de transport (entre les trois zones de France et entre la France est les pays limitrophes) et des capacités de stockage. Storengy, filiale de GDF ayant la charge de la gestion des stockages de gaz en France vend régulièrement des capacités aux enchères. Elle peut enfin utiliser les terminaux de re-gazéification (LNG) pour faire venir du gaz en Europe. La présence de nombreux acteurs sur le marché des stockages et capacités peut avoir pour conséquence de faire monter les prix de ceux-ci et, dans une optique libérale, de créer une incitation au développement de ces actifs.
    Ce dernier point est discutable. J’y vois une analogie avec le marché immobilier. En effet, si le prix des maisons est à la hausse, les promoteurs sont incités à en construire et cela résout la situation de manque d’offre qui avait poussé les prix à la hausse. Mais ces maisons doivent être construite sur un terrain. Ce terrain n’a pas de valeur autre que sa rareté (elle ne vient pas d’un travail). Et le marché des terrains n’est certainement pas un marché où la concurrence serait libre et non faussée. Il en va sans doute de même pour ces actifs gaziers.
    Enfin une dernière remarque. Le Royaume-Uni est le marché d’Europe où le gaz est le moins cher. A l’échelle mondiale, le gaz est le moins cher aux Etats-Unis. Ceci est du à un haut degré de libéralisation « efficace » de ces marchés. Rien ne prouve, bien entendu, que l’efficacité de ces marchés soit du à la présence de banques parmi les fournisseurs de gaz. On peut même supposer au contraire que cette efficacité provient de la qualité de la régulation mise en place. Il n’est pas non plus clair que les particuliers aient accès à des tarifs moins élevés dans ces deux pays qu’ailleurs. Si c’est le cas, on peut suspecter que cela se fait au détriment d’une plus grande volatilité de leur facture.

  9. Non seuement Goldman Sachs s’occupe de notre chauffage, mais c’est lui également qui s’occupe de nos retraites :
    http://www.fondsdereserve.fr/spip.php?rubrique26

    A l’issue d’une procédure d’appel d’offres restreinte lancée le 20 mai 2009, visant l’attribution
    de deux mandats de gestion d’opérations de transition, le FRR a décidé de sélectionner les
    deux sociétés suivantes :
    – Goldman Sachs International
    – Russell Implementation Services Limited (Groupe Frank Russell Company)
    Les deux mandats sont attribués pour une durée de trois ans.
    La mission de ces gestionnaires consistera à négocier, pour le compte du FRR, des instruments
    financiers de manière centralisée, afin de constituer des portefeuilles d’actifs financiers, et ce
    dans les meilleures conditions possibles de coût et de confidentialité.

    Vous avez un souci? Téléphonez à GS et tout est réparé. :-)))

  10. « S’estimant lésés par les deux rachats en LBO successifs menés par Goldman Sachs qui ont laissé l’entreprise criblée de dettes, 81 actionnaires d’Autodistribution poursuivent la banque en justice pour obtenir réparation et prouver la responsabilité sociale du financier. Enjeu : 6500 emplois. »avril 2009
    Autodistribution qui était florissante jusqu’en 1999 a donc été escroqué 3 fois par les « financiers anglo-saxons ».

    Madame Lepage pourrait-elle de surcroît engager un cabinet d’avocats internationaux spécialisé pour réclamer des dommages auprès des bangsters au nom des victimes dont il faut commencer l’inventaire .

    Les inconscients qui ont confié la « gestion »du Fonds de Réserve de Retraites à GS ne seront pas les seuls à le regretter malheureusement .

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