L’actualité de la crise: ils marchent sur notre tête, par François Leclerc

Billet invité

ILS MARCHENT SUR NOTRE TETE

Après la Chine, coupable d’obstinément sous-évaluer sa monnaie afin de favoriser ses exportations, l’économie occidentale vient de se trouver un deuxième grand responsable des déséquilibres mondiaux qui la perturbent gravement : voici venu le temps de l’Allemagne, dénoncée comme appliquant une politique néfaste de modération salariale, à qui l’on demande désormais de diminuer les impôts (pour ne pas donner à quiconque de mauvaises idées).

On remarquera qu’il s’agit des deux plus grandes puissances économiques exportatrices mondiales, atteintes d’un mal que l’on n’avait pas encore détecté et que le docteur Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président (tournant) de la Banque des règlements internationaux, vient de diagnostiquer avec perspicacité sur les ondes de la radio française BFM : « La situation où un pays accumule les excédents est une situation qui traduit un déséquilibre entre la consommation et la production » (sic). On est loin du temps où la puissance d’un pays se mesurait aux excédents de sa balance des payements !

Dans les deux cas, ces pays et la politique économique qu’ils défendent sont montrés du doigt, sommés de la corriger afin de contribuer à remettre sur ses pieds un monde qui marcherait dorénavant sur sa tête (ce que l’on avait déjà remarqué). Ceux-là mêmes qui avaient hier droit aux félicitations du jury. Les impétrants, on ne s’en étonnera pas, protestent de leur innocence et se drapent outragés dans leurs vertus en prétendant ne rien vouloir changer.

Les réactions n’ont pas tardé. Aux Etats-Unis, des sénateurs annoncent vouloir déposer une loi prévoyant des sanctions (des taxes à l’importation) pour les pays dont la monnaie sera sous-évaluée. On attend avec intérêt la définition des critères d’évaluation de la juste valeur de la monnaie, ainsi que l’acronyme de la nouvelle agence fédérale chargée de la calculer ! En Europe, le premier de la classe est sommé de diminuer ses impôts, afin que le danger d’une déflation qui est aux portes du continent s’éloigne.

Dans les deux cas, la Chine et l’Allemagne devraient, afin de remettre le monde à l’endroit, réorienter leur activité économique en privilégiant le développement de leurs marchés intérieurs (en accroissant le pouvoir d’achat). Nous en sommes là ! pas à un paradoxe près, si l’on contemple les effets de la politique de distribution de la richesse de ces dernières décennies, dont cela n’était pas spécialement l’objectif principal !

Beaucoup, par ailleurs, cherchent des bases de repli face aux vents mauvais du monde. La tendance est au protectionnisme européen, afin de se donner un peu plus de poids et de chances. Mais les remparts de cette forteresse seront-ils assez hauts pour que puisse s’y développer, à l’abri, une économie nous protégeant des miasmes qui nous ont déjà atteints, car nos propres sociétés en sont à l’origine ?

Se contenant d’incriminer ces déséquilibres, la description de la crise économique qui nous est proposée est un peu courte et ses remèdes sont illusoires. Des raisons plus profondes sont à l’origine des déséquilibres que l’on déplore. Ce sont elles sur lesquelles il faudrait agir, pour y remédier. La crise financière et économique a contribué à révéler, de manière aigüe, ce dont la globalisation menée selon les instructions du capitalisme financier est à l’origine. C’est à globalisation alternative que nous pourrions réfléchir et oeuvrer.

Quoiqu’il en soit, le monde est en train de changer d’axe, les pays émergents ont émergé et s’affirment dans toute leur puissance, les pays développés peinent à la tâche et sont à la recherche de nouveaux moteurs de croissance. L’industrie financière, elle, s’est largement affranchie des contingences nationales et des frontières, sauf en ce qui concerne ses petits coins de paradis qu’elle jalouse férocement. Retranchés derrière nos murs, pourrions-nous réellement nous en protéger ?

Ainsi, si l’on considère la logique perverse d’une « chinamérique » qu’il faudrait redresser, on saisit qu’il est absurde de fonder ses espérances sur un développement un tant soi peu rapide du marché intérieur chinois (qui prendra des décennies et suppose une évolution en profondeur de la société, pour laquelle existent de nombreux obstacles), ainsi que de l’autre côté du Pacifique sur une nouvelle jeunesse de l’industrie américaine (qui sera toujours pénalisée par le différentiel des coûts salariaux, pour ne parler que de ce handicap tout aussi durable).

Il suffit de voir les extraordinaires difficultés rencontrées par l’industrie automobile américaine (et sa crise spécifique), pour comprendre que l’appareil industriel américain est globalement orienté vers une production adaptée à des modes de consommation portés par une société prospère qui appartient au passé ; que sa reconversion est une tâche d’aussi longue haleine que va l’être l’accès à un mode de consommation et de vie modernes des masses paysannes chinoises de l’intérieur du pays, laissées pour compte d’une croissance qui ne les concerne que lorsqu’il leur est demandé d’y contribuer en tant que travailleurs intérieurs migrants.

Tirer ce fil rouge permet de comprendre que la dualité – pour ne pas dire le fossé – qui existe au sein de ces sociétés, dans leur très grande diversité, représente autant si ce n’est plus un obstacle qu’un potentiel à leur développement. Que celui-ci est en réalité très inégal, et qu’il y a des raisons à cela, qui ne sont pas évoquées et encore moins combattues. Une caractéristique occultée en Chine, en raison de la fascination que crée un développement concentré sur sa bande côtière, comme aux Etats-Unis, pays le plus riche du monde qui comporte le plus de pauvres ! (ainsi que le plus grand nombre de prisonniers : 2,3 millions, soit un sur cent des Américains en âge d’être incarcéré, selon le Pew Center).

A la faveur du basculement du monde en train de s’opérer, cette vision peut être élargie à une autre dualité : celle qui va le diviser selon de nouvelles frontières. D’un côté les pays continuant de connaître un fort taux de croissance, de l’autre ceux qui vont connaître pour une longue période une croissance proche de la stagnation. Et l’on peut s’interroger à propos des tendances qui se manifestent : la période qui s’annonce ne va-t-elle pas être caractérisée par un approfondissement des dualités en question, qu’elles s’expriment au sein des sociétés comme entre les pays et régions du monde ?

Notre description du monde, pour sûr, s’en trouverait assez chamboulée ! Nous amenant à reconsidérer, en vrac, à la fois nos modèles de développement et nos modèles de société. Pour le meilleur, ou bien pour le pire quand on commence à évoquer la Tiers-Mondisation de la planète, énumérant les signes extérieurs d’exclusion qui expriment sa progression.

Les pays occidentaux sont face à un constat difficile. Tout a été fait pour qu’ils vivent en s’endettant, au grand bénéfice des marchés financiers. Les particuliers comme les Etats, on le découvre maintenant, mais un peu tard. Alors que la machine à fabriquer du crédit n’est plus en mesure d’y pourvoir comme avant. Non pas que les masses de capitaux flottants, qui ont démesurément enflé en quelques dizaines d’années, ne soient pas là, mais parce qu’ils sont à la recherche de rendements qu’ils ne peuvent trouver que dans les salles de jeu du casino. Pas dans l’économie réelle, dont la solvabilité est devenue douteuse. Et parce leurs détenteurs se sont brûlés les doigts avec certains jouets qui se sont révélés dangereux.

Si l’endettement des particuliers, qui était un des moteurs de leur consommation, et par voie de conséquence de la croissance économique, est en panne, par quoi donc le remplacer ? Telle est la question qui doit être résolue. Elle n’est pas encore apparue dans toute son ampleur, mais elle le fera très vite, dès lors que cesseront les plans de soutien à l’économie (les primes à la casse par exemple, qui ne peuvent être éternellement reconduites), que les programmes d’aide sociale seront écornés au nom de la nécessaire rigueur, et que le pouvoir d’achat global stagnera ou même reculera.

Aux Etats-Unis, le pays où la contribution de la consommation des particuliers à la croissance économique est la plus forte en pourcentage (70%), les programmes de soutien étatiques se multiplient au fur et à mesure que se délite le tissu économique. L’Etat fédéral s’implique dans des domaines de plus en plus nombreux, afin de contenir la crise sociale des classes moyennes. Symbole de cette situation, le Sénat vient dans l’urgence d’adopter un ensemble de dispositions, dont la prolongation de certaines déductions fiscales et aides aux chômeurs, dans l’espoir de générer des créations d’emploi. Les aides se poursuivront jusqu’au 31 décembre 2010, mais après, comment faire face à un chômage devenu structurel (un problème qui n’est pas spécifique aux Etats-Unis)?

Cela s’ajoute à d’autres mesures, destinées à tenter d’enrayer la chute du marché immobilier et la progression des saisies, à favoriser l’achat de voitures ou à accroître le nombre de bourses pour les étudiants qui ne peuvent plus les financer par emprunt bancaire. Sans parler du gros morceau de la réforme de la santé, destiné à procurer une couverture sociale à des dizaines de millions d’Américains (il y aura encore des laissés pour compte). Afin d’éclaircir ce sombre horizon, Barack Obama est à la recherche d’un moteur de croissance – dont le taux actuel ne pourra être tenu, comme il est largement reconnu – et revendique une place de « premier exportateur de biens et services dans le monde ». Mais l’économie américaine a, en réalité, perdu dans les années 90 cette place qu’elle ne retrouvera pas, c’est un slogan. Aujourd’hui, elle est rétrogradée à la troisième, derrière la Chine et l’Allemagne qui sont au coude à coude. Comment, dans ces conditions, va-t-il être possible de réduire le déficit public, si l’implication financière de l’Etat continue de se révéler indispensable, afin de soulager une crise sociale dont l’ampleur ne nous parvient encore qu’atténuée en Europe et qui va encore s’approfondir ?

Quant à l’Allemagne – la question est partout suffisamment soulignée pour qu’il ne soit pas nécessaire de s’y appesantir – comment pourrait-elle prétendre rester prospère dans une Europe qui doit se préparer à ne plus y être ? Ce repli sur lequel elle se renferme repose sur des mérites et une excellence pas partagés, dans la droite ligne idéologique de libéraux allemands à l’offensive, face auxquels la chancelière Angela Merkel résiste passivement ne pouvant leur faire front. Il n’a toutefois aucun avenir. Comme le fait remarquer avec pertinence Martin Wolf dans sa dernière chronique du Financial Times, ce n’est pas l’Allemagne qui va exclure de la zone euro les brebis galeuses comme elle prétend s’y préparer, c’est elle qui se place dans la logique de risquer de devoir en sortir.

« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés » : les Européens sont dans ce contexte condamnés à faire corps, s’ils veulent s’adapter au mieux à la nouvelle donne. Leur protection sociale et le rôle maintenu de l’Etat sont leurs points forts, après avoir été si décriés. C’est de leur renforcement qu’il devrait être question et non pas de leur mise en cause, au prétexte d’une rigueur destinée à saper le peu de croissance que les économistes croient pouvoir déceler. Restera ensuite à mettre en marche le moteur d’un développement économique européen adapté au changement d’axe du monde.

Pour commencer, les tables de la loi devront être réécrites. Les critères d’un pacte de stabilité européen qui n’est plus respecté et ne pourra plus l’être revus. Remplacés par un nouveau dispositif qui ne pourra pas se résumer à la mise en oeuvre de mesures de basse police – comme une sorte de Fonds monétaire de quartier, tel un commissariat du même nom – mais qui impulsera une politique collective de développement s’appuyant sur un financement européen. C’est cela, ou…

La Commission de Bruxelles vient d’évaluer les programmes de réduction des déficits de 14 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovaquie et Suède) : « d’une manière générale, pour la majorité des quatorze programmes examinés, les hypothèses de croissance sous-tendant les projections budgétaires sont jugées plutôt optimistes », a conclu la Commission afin de ne pas faire de la peine. Ce qui, traduit, signifie que les gouvernements en question parient sur des perspectives économiques irréalisables et que les objectifs assignés ne seront par conséquent pas tenus. Comme vient de l’annoncer le directeur général du FMI, la reprise économique est « meilleure que prévu », en tablant sur 4% de croissance du PIB mondial cette année (après avoir prévu 3,9% en janvier dernier). Cela risque fort de ne pas suffire, vu la contribution européenne à cette moyenne.

Pour poursuivre, enfin, la définition et la mise en oeuvre d’un nouveau modèle, non seulement économique mais aussi de société, sont en gestation et pourraient s’affirmer. Un modèle qui élargira à l’économie une démocratie qui tend à se perdre dans le domaine politique. Tant il est vrai que – dans nos sociétés occidentales, comme dans celles des pays qui ont émergé – la croissance économique n’a de sens que partagée et s’appuyant sur ce que les Grecs ont appelé la souveraineté du peuple : la démocratie, dont de nouvelles formes, à maturité, sont à formaliser.

Demain, c’est certain, sera un autre jour.

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84 réflexions sur « L’actualité de la crise: ils marchent sur notre tête, par François Leclerc »

  1.  » L’actualité de la crise: ils marchent sur notre tête  »

    Comme il y a des choses qui ne peuvent être dites aux gens, se tenir prêt, préparé, quand bien même cela ferait de plus en plus mal, telles sont les conditions pour ne pas trop perdre sa santé, sa vie, sa sérénité, sa foi, son espérance, à l’heure de l’épreuve qui va bientôt venir frapper le monde, arrêtons de se voiler la face quand viendra cette heure ? Certainement au moment ou les gens de la haute finance mondiale s’y attendront le moins préférant marcher encore sur la tête de leur monde déjà si mal en point.

    Quelle bien fausse fraternité humaine avec tant de cyniques de calculateurs à la tête des autres, l’homme moderne gestionnaire, croit tout savoir, tout compter, tout maîtriser aussi bien toujours la bonne météo clémente sur terre, hélas l’enfer n’est pas toujours pavé que des gens d’un seul bord merci encore à la si bonne foi des marchands de la terre le faux bonheur du monde.

    On voit nettement mieux aussi ce que cela donne de plus couteux.

  2. a FRANCOIS 78

    La lecture de l’aricle faite et en constatant le déséquilibre des commerces exterieurs comme cause des dysentions européennes alors en dépassant le simplet point de vue « moral »; on a qu’a faire comme les meilleurs cad l’allemagne…parce que si on suit cette logique de compétition entre états dans l’Union (et elle est inscrite dans le Traité) alors nous allons directement vers l’implosion des marchés intérieurs ( en baissant les salaires et les charges et orientant la production vers l’export on déprime son marché intérieur , mais aussi celui du voisin en l’obligeant a réduire ses « couts de productions intrenes » on arrive effectivement a poser la question du « role » de l’Allemagne …pays le plus puissant par population, son marché intérieur , sa production …..mais du coup ferment de division et non d’intégration européenne, mais voila aéllez expliquer aux Allemands ( aux tenant du pouvoir pas au peuple) qu’ils leur faut abandonner les armes qui les ont faits maitres de l’Europe….
    Se raprocher ……comment ?
    leur faire comprendre que nous allons tous a la cata s’ils ne changent pas de modèle alors que « les faits » leur montrent que leur modèle est le « meilleurs » en terme compétitif ( et non coopératif) ?
    vaste programme…..je pense qu’ouvrir un épisode de rapport de force et de confrontation est le passage obligé pour négocier….mais avec quelles armes intélligibles en tant que telles ?

    Ne pensez pas en tant que moralistes, pensez comme Machiavel… quels buts, comment… et avec quoi?.
    Oui c’est de la politique et la solution est possiblement dans des revendications salariales satisfaites en Allemagne , pour le bien de la majeure partie de la population Allemande et Européenne.
    Les autres propositions comme la relance par la baisse des Impots (directs , jamais indirects vous remarquerez ne fera qu’aller dans le sens de ce qu’ont connus l’Angletterre et les US , cad l’élargissement des inégalités et les difficultés de l’état redistributif, pourtant seul a même d’entretenir le « marché intérieur »).

    Cependant ne nous leurons pas , en l’absence de coalition ,si nous proposons… l’Allemagne disposera .

    1. « Cependant ne nous leurons pas , en l’absence de coalition ,si nous proposons… l’Allemagne disposera . »

      C’est à peu près ce que je voulais dire : des propositions constructives …

      Mais je crois qu’il est bien tard, et je ne suis pas sûr que Mme Merkel se préoccupe de la grande Europe, pas plus que les citoyens Allemands (au contraire des dirigeants et d’une importante partie du peuples Chinois qui ont une forte conscience de la grande Chine.

  3. L’allemagne, la Chine, La Chine, l’Allemagne…..

    Prenons la Chine, le jour où les dirigeants se réveilleront et comprendront l’inutilité, la dangerosité et la bétise (pour être polie) de ce machin que l’on appelle économie, système, mondialisation ou ce que vous voudrez, il leur suffit de fermer leurs frontières et de se replier sur eux-mêmes.
    Oui, oui, je sais, matières premières, commerce, industries, etc, etc………
    Mais ils ont vécu pendant des siècles de cette façon, et s’il leur faut régresser pour survivre ils n’hésiteront pas.
    Faire rentrer dans la tête de leur population que les méchants occidentaux n’en veulent qu’à leurs sous et que en continuant comme çà ils ne travailleront plus que pour Goldman et Cie ne sera pas trop compliqué pour ces as de la propagande.
    Il leur suffit de laisser rentrer sur leurs réseaux internet toutes les informations sur l’effondrement en cours du « système ».
    Ensuite faire tomber quelques têtes

    http://www.rfi.fr/contenu/20100318-responsable-nord-coreen-execute-apres-une-reforme-monetaire-0

    Puis reprendre la situation en main et faire leurs petites affaires dans leur coin.

    Et que pourra donc faire le reste du monde ?
    Une coalition internationale pour faire la guerre à ces vilains qui ne veulent plus jouer ?

    Il y aura vraiment beaucoup de volontaires ?
    Vous tous seriez-vous prêts à partir la fleur au fusil conquérir la Chine ?
    Elle n’a aucun moyen de se défendre ?

  4. Maintenant Frau Merkel, selon le FT, appuie une intervention du FMI en Grece: implosion de l’Eurozone de fait, Mutti doit commencer à fatiguer de l’Europe, elle a bien du pain sur la planche pour
    maintenir la maison Allemagne en ordre

  5. Jeudi 18 mars 2010 :

    L’euro poursuit sa baisse face au dollar, la Grèce inquiète toujours.

    « Les dissensions persistantes vis-à-vis de la Grèce rendent le marché nerveux » et pèsent sur l’euro, commentait Phil McHugh, analyste du courtier Currencies Direct.

    Récemment, « les spéculations sur un plan de sauvetage ont stimulé l’euro, mais le marché semble désormais se rendre compte que parler d’un plan de sauvetage et en mettre un en place sont deux choses bien distinctes », commentait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

    Faute de voir émerger un plan européen concret, auquel l’Allemagne reste très réticente, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, n’a pas exclu mercredi soir à Bruxelles d’avoir recours à l’aide financière du Fonds monétaire international (FMI).

    Renforçant l’hypothèse d’un tel recours, Michael Meister, un porte-parole du parti allemand au pouvoir, la CDU, a indiqué mercredi que si la Grèce a besoin d’une aide financière, elle devrait s’adresser au FMI, notaient des analystes.

    Boursorama

  6. Stop ou encore ??

    Mais la question n’est plus la même (à quelques années près).

    Fin- s’impose avec l’inéluctable raréfaction des énergies fossiles.

    Auitres modèles, autres philosophie,autres paradigmes pour tous.

  7. ça n’est pas une élection « régionale » , c’est un peu plus que ça .

    On vote dans le land de Rhénanie du nord -Wesphalie au mois de mai .C’est le plus important des lânder allemands . Un land c’est une région avec le pouvoir budgétaire et les ressources de sa politique en plus .

    Cette élection sera en tous cas l’occasion de mesurer si Merkel est l’image majoritaire de l’Allemagne …si l’abstention n’est pas au rendez vous ( mais ça m’étonnerait ) .

  8. Entre Lagarde et Merkel , on n’a pas entendu Michel Barnier .

    Inquiètant sur la nature de la crise entre les poids lourds européens .

  9. On vote aussi en Angleterre en mai .

    Il parait que Barnier ne veut prendre ses ordres ni à Paris , ni à Londres , ni à Washington . A Berlin peut être ?

  10. Il parait qu’un tableau de Picasso va se vendre entre 35 et 45 millions d’euros !!! Donc, de l’argent pour rembourser les dettes, il y en a, mais on ne veut pas y toucher. Ensuite, la principale dette qu’on ne va pas rembourser, c’est la dette écologique, parce qu’elle va nous éclater au nez, et argent ou pas argent, ça va se situer à un autre niveau beaucoup plus problématique. Enfin, reprendre en main la création monétaire, ça ne nécessite que du courage politique, qu’aucun de nos élus ne possède. Et, pour terminer, si j’emprunte et que je ne rembourse pas, c’est sans doute immoral, mais si ça me permet de ne pas crever, alors que le préteur, ça ne le fait pas tousser, l’immoralité se transforme en légitimité.

  11.  » L’actualité de la crise : Ils marchent sur notre tête  » F Leclerc

    Et dans le monde c’est partout pareil pour la femme veuve qui s’éveille et qui trime durement.

    Tous les cris et les SOS partent dans les airs,
    Dans l’eau laissent une trace,
    Dont les écumes font la beauté.

    http://www.youtube.com/watch?v=6vl8J-0qjAI

  12. lou dit :
    18 mars 2010 à 16:24
    juste une petite remarque technique; Vu que je lis tous les posts avec attention, et que, en outre, je souffre d’une légère, très légère dyslexie, pourriez vous écrire en toutes lettres ce qu’est le SMT. Ça m’éviterait d’y voir une future pathologie généralisée. Merci par avance.

    JF explique:
    Le SMT, c’est le signe monétaire marqué par le temps tel que je l’ai défini de nombreuses fois. Si vous aviez lu tous les posts comme vous écrivez, vous auriez lu les précisions à ce sujet. En clair, il s’agit d’un signe monétaire qui nécessite sa réactualisation périodique, sous peine de subir une petite perte.

    jonathan.j dit :
    18 mars 2010 à 16:54
    johannes finckh dit : « Dès lors, la banque les proposerait sans intérêts aux emprunteurs redevenus solvables du fait de n’être plus écrasés par le service de la dette. L’épargnant, en déposant en banque, se verrait préservé de la perte inscrite dans le SMT. L’épargnant et le prêteur seraient beaucoup moins exposés au risque de défaut de la part des emprunteurs. ».

    Ce n’est toujours pas clair pour moi.

    Concrètement : Jean a décidé d’épargner et au lieu de passer ses vacances à Bali il met de coté en vue d’acheter un appartement. Il n’a pas confiance dans les banques car il a étudié l’histoire et il sait que les dépôts ne sont en vérité pas garantis (révolution, insolvabilité des banques etc.). Il thésaurise chez-lui des billets de banque (garantis par l’État) qu’il à laborieusement gagné en travaillant comme conducteur de bus. Il met chaque mois de coté 300 euros sous son matelas.
    Si ces billets de banque sont du type « SMT » ou « monnaie fondante » combien aura-t-il épargné ou perdu au bout de 30 ans de travail et d’épargne ?

    JF répond:
    Oui, visiblement, vous n’avez pas encore compris que toute monnaie ne peut exister que si elle circule continuellement. Et que la « garantie » de l’Etat ne peut valablement s’appliquer qu’à la monnaie circulante. Si elle s’applique aussi à la monnaie thésaurisée, cela revient à dire que la garantie s’appliquerait à la monnaie devenue « non-monnaie » mais trésor. Précisément, ce que fait le conducteur de bus en mettant ses billets sous le matelas, cela ne s’appelle pas véritablement épargner mais thésauriser. Cela revient à interrompre justement la circulation de la monnaie à hauteur des sommes ainsi retirées de la circulation. Et c’est précisément ce phénomène qui génère les dysfonctionnement du système actuel. Je vous signale que 90% de la monnaie liquide d’euros est actuellement thésaurisée (chiffres de la Bundesbank de juin 2009). Autrement dit, le prêt en banque (le dépôt en banque est une nécessité absolue pour boucler le circuit de la monnaie. Il est vrai qu’il n’y a jamais de garantie universelle de tout, mais cela s’applique aussi au matelas qui peut brûler ainsi que la maison, ou alors, il y aurait des voleurs qui prendraient tout.
    Si vous remettez en cause la confiance, nécessité absolue du vivre ensemble, vous êtes d’une parfaite mauvaise foi.
    Pourquoi alors faire confiance en la monnaie tout simplement?
    Pour ma part, il me semble que l’épargne bancaire est une garantie infiniement plus sûre quand les banques ne peuvent plus faire un usage spéculatif des dépôts, ce qui serait le cas avec les SMT.
    J’avoue que vos objections qui changent constamment de registre sont difficiles à suivre, car, évidemment, vous ne pouvez pas objecter la dévalorisation des SMT thésaurisés quand l’objectif des ces SMT est précisément celui de réduire au minimum les encaisses, afin d’obtenir que le signe monétaire opère les échanges efficacement et au fur et à mesure que la production nécessite l’écoulement des biens et services vers les consommateurs, seule justifiation possible de l’existence de la monnaie.

    Je renouvelle mon offre de vous envoyer mon texte qui expose cela plus longuement sur 90 pages, envoyez-moi un mail au johannes.finckh@wanadoo.fr, et je vous l’enverrai aussitôt.

  13. @ Laurence,

    Je pense que vous êtes dans le vrai, et la fin du grand jeu de monopoly s’approche et ce, pour les chinois, les américains, les allemands , les belges, et bien d’autres,..

    Je me pose toutefois pas mal de questions pour « l’après », mais sans crainte majeure, on trouvera d’autres modes de vie compatibles avec une énergie rare et chère.

    Les questions qui me travaillent (m’inquiètent) un peu plus, c’est par quel chemin tortueux on va y arriver? et accessoirement quand ?
    Il me semble qu’il y a un sacré boulot devant nous, pourrons nous le faire sereinement en évitant des guerres pour s’accaparer les derniers barils de pétrole??? (c’est pas très bien parti)
    Et là, nous rejoignons les préoccupations essentielles de ce blog (politique, rapport de forces entre états, morale, droit, intérêt collectif,…)

    En tout cas, entre temps, je retiens les injonctions de Jean-Luc et bien d’autres sur ce blog: vivons, aimons, soyons lucides, forts et solidaires.

    A+Cordialement,

  14. Bonjour à tous

    Quel coup de théâtre! Voici enfin que la France peut se sentir supérieure à l’Allemagne: haro sur l’économe cent fois cité comme exemple jusque hier encore, médailles et honneurs aux dispendieux sans vergogne! Vive la crise donc!
    Quelqu’un peut il m’expliquer comment réduire les émissions de gaz à effets de serre et la pollution, ce qui devient vital pour ,notre survie tout en relançant la consommation, soi disant vitale pour l’économie ( des rentiers?).
    Avez vous lu le dernier article de Roberts sur contre info? Ce qu’il montre de Détroit est assez intéressant! mais où sont passés les habitants qui ont déserté la ville et que font ils pour vivre tandis que les quatre cent familles les plus riches des usa ont gagné 185 milliards de dollars l’année dernière?
    L’obligation de sauvegarde de l’environnement implique un changement radical de mode de vie, la prétention à l’humanité implique de ne laisser personne mourir de fin et de misère.
    Economie et écologie ne semblent pouvoir se concilier en l’état actuel. Tantôt on ne voit que l’une, l’instant d’après que l’autre! or les deux conditionnent notre survie!
    On cherche des issues à droite, à gauche, on jette l »anathème sur ceux que l’on enviait hier, on attend le sauveur: historiquement, celà ne sent pas bon!

    Aujourd’hui, les agriculteurs français sont à la ruine, en chine et ailleurs les sécheresses détruisent et tuent; Ceux qui ont laissé leur santé dans les mines pour que nous puissions nous chauffer, nous éclairer et faire tourner nos machines sont laissés sans vergogne à leur crevure du fait de leur changement de régime d’assurance maladie. Pendant ce temps là, dans un ailleurs si loin si proche, les milliards de « signes monétaires » tournent comme des toupies avides ! Leurs possesseurs s’inquiètent sur leurs yachts et consultent leurs montres en or à complication au millième de seconde et phases de la lune pour vendre ou acheter à l’heure au bon endroit bien juteux!
    La vie réelle bientôt tranchera.
    Cordiales salutations.

  15. Grèce : «La rigueur favorisera l’économie souterraine».

    Dans quel état se trouve l’économie grecque ? Jens Bastian, économiste à la Fondation hellénique pour la politique étrangère et européenne (ELIAMEP), est très pessimiste.

    Lefigaro.fr/jdf.com : Dans quelle mesure l’économie grecque est-elle touchée par la crise ?

    Jens Bastian : Le produit intérieur brut grec a reculé de 2% en 2009 (contre – 4,1% pour l’ensemble de la zone euro, NDLR), et de 2,5% pour le seul quatrième trimestre 2009. Les investissements directs étrangers ont chuté de 21%. Les secteurs les plus importants de l’économie ont connu d’importants reculs de l’activité, car ils sont très dépendants de la conjoncture. Le chiffre d’affaires du tourisme s’est effondré de 13%, celui de la construction navale et du transport maritime a reculé de 7,8%. Tout cela traduit, au-delà de la crise, une perte de compétitivité de l’économie grecque.

    Lefigaro.fr/jdf.com : Pourquoi ?

    Prenez le tourisme. La Grèce est devenue une destination coûteuse, alors même que les alternatives se sont multipliées ces dernières années autour de la Méditerranée. Les touristes peuvent de nouveau se rendre en Croatie et en Slovénie, par exemple, des destinations meilleur marché. La Turquie également est moins chère. Le secteur pâtit par ailleurs d’un manque d’investissements, qui ne justifie plus la différence de prix entre la Grèce et ses concurrentes.

    Lefigaro.fr/jdf.com : Quel sera l’impact du plan d’austérité ?

    Les études montrent qu’il coûtera l’équivalent de 1,5 à 2 points de croissance. Et pour cause : TVA augmentée de 19% à 21%, impôts relevés, baisses drastiques des salaires dans le public… tout cela aura une conséquence négative aussi bien sur les investissements que sur la demande des ménages.

    Lefigaro.fr/jdf.com : La guerre contre l’économie souterraine déclarée par le gouvernement peut-elle être efficace ?

    Je ne suis pas très optimiste. L’économie grise, comme disent les spécialistes, représente aujourd’hui entre 25 et 30% du PIB. Le plan d’austérité pourrait paradoxalement encore en favoriser le développement. Les Grecs pourraient réagir au plan d’austérité en se tournant vers l’économie parallèle, surtout certaines professions devant faire face à des taux de TVA élevés, comme les stations essences, les nourrices, les femmes de ménage et les professions libérales. Une partie du plan consiste certes à mieux contrôler l’activité de ces secteurs, les entreprises seront obligées de tout facturer, mais l’efficacité du contrôle de l’Etat va être mis à rude épreuve. Pour ma part, je m’attends à une montée en puissance de l’économie souterraine dans les deux prochaines années.

    Le Figaro

    Conclusion : l’économie souterraine va se développer encore plus. L’Etat grec encaissera de moins en moins de rentrées fiscales. Le remède imposé à la Grèce sera pire que le mal.

  16. Et pendant qu’on parle de la Grèce, on ne parle plus guère de la grande ruine morale de l’Amérique.

     » Oui Que Dieu ne bénisse pas toujours l’Amérique pour sa folle conduite de plus sur les marchés « 

  17. L’approche de la critique française sur l’excédent commercial allemand dénote ici par rapport au billet d’Homard qui précède.

    Les solutions envisagées pour pallier au protectionnisme des différentes entités européennes (suppression du contrôle du déficit, création d’un nouveau modèle social), me paraissent naître d’un raisonnement a contrario.

    Pour reprendre une idée platonicienne, le mal naît du bien, le bien du mal. Avancer de cette manière ne permet pas de sortir de l’éllipse sur laquelle on marche depuis au moins le siècle des lumières…

    Pour faire oeuvre de création, il me paraît nécessaire de sortir du rationnel. Platon, entre autres (Descartes aussi il me semble) savait franchir le pas.

  18. @Mr Leclerc

    Je crois pour ma part, que si l’Allemagne s’en sort « moins mal » que les autres, c’est surtout dû à une culture PME (et la formation continue qui va avec) avec pour beaucoup d’entre elles un marché de niche mondial (par exemple, la PME spécialiste du lave vaisselle de restaurant…). Les grands groupes, bien que présents, sont moins idéalisés que chez nous et s’appuient sur ce tissu de PME au lieu de les avaler.
    En France, les médias, quand ils abordent le monde de l’entreprise, se focalisent sur celles du CAC40 qui, quelque soit la conjoncture, et par un mimétisme troublant, annoncent des plans sociaux sans fin. Ceux ci, ne sont jamais créateurs de valeur (ni de bonheur). Mais il y a pire : ces sociétés se partagent pour beaucoup d’entre elles un marché qu’il est très difficile voir impossible à accéder pour les PME qui elles créent de l’emploi (je pense à la grande distribution, à l’agroalimentaire, aux services informatiques, à l’énergie, aux matériaux…).

    Quand est-ce que nos dirigeants vont-ils comprendre que pour que chacun ait sa part de travail, il va falloir réserver la majorité des marchés publics aux PME et stopper l’hégémonie des grands groupes ? Peut-être quand il n’existera plus de lien de consanguinité entre les dirigeants économiques et politiques … ou qu’un groupe politique soit en mesure d’affronter les lobbys (ce qui impliquerait que son but n’est pas de rester au pouvoir mais de prendre des mesures pour le bien de tous). Dans tout les cas, on est bien d’accord, il ne sert à rien de montrer du doigt l’Allemagne pour masquer les problèmes chez nous.

    1. Pour abonder dans votre sens, j’ai lu ici ou là que les grandes sociétés allemandes accordaient à ses PME un favoritisme « national », qui leur permet d’avoir des carnets de commandes bien remplis, à la différence de la France, dont les grand groupes préfèrent se tourner vers des sous traitants low cost à l’étranger, laissant pour compte la force vive du pays.

      D’un point de vue économique, ce favoritisme national aboutit a un bon rapport qualité / prix: la production des PME allemandes est plus chère, mais il est facile de contrôler la conformité du produit demandé, et pas de coût de transport… Alors qu’en France, on sacrifie la qualité sur l’autel du prix, quitte à payer des coûts de transport disproportionnés, et de ne pas pouvoir s’assurer de la conformité du produit…

      Ceci étant, pour le coup, il s’agit d’une question de nationalité, qui est une arme du protectionnisme.

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