Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.

Le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique prend une tournure de plus en plus surréaliste. Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. Le débat porte sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement ; il oppose ceux qui estiment qu’elle est pleine et entière, – l’homme apprenti-sorcier ayant fini par être assez puissant pour perturber la vie de la biosphère -, à ceux qui, sans l’exclure totalement, demandent néanmoins à voir, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches.

L’enjeu du débat n’est bien entendu pas futile. Le monde sort à grand-peine d’une terrible crise financière qui a mobilisé des moyens considérables avant d’être enrayée, en attendant l’inévitable rechute. Les raisons profondes de cette crise n’ont en effet pas été traitées ; elles viennent de l’antagonisme irréductible entre le court-termisme ravageur sans cesse amplifié par les progrès des technologies de traitement et de transmission de l’information dans l’univers de la finance, et les besoins financiers du monde réel, confronté à l’épuisement prévisible de ressources minérales et fossiles limitées, et à la pollution des ressources naturelles indispensables que sont l’eau, l’air et les sols, dont les effets négatifs à long terme ne peuvent être combattus que par des investissements à long terme eux aussi, qui ont le mauvais gout d’avoir une rentabilité impossible à garantir dans un monde où le cours des matières premières et de l’énergie sert plus de prétexte à la spéculation sur des cotations qui varient au gré des rumeurs, qu’à ajuster véritablement l’offre et la demande comme le revendiquent haut et fort les théories libérales bien en cour.

L’enjeu du débat sur l’origine du réchauffement n ‘est donc pas mince. Il s’agit de savoir si l’on va consacrer l’essentiel des maigres moyens disponibles à limiter les émissions de CO2 ou si l’on va consacrer ces moyens à essayer d’atténuer les effets négatifs pour les humains de ce réchauffement. L’application du principe de précaution, si cher aux écologistes, semble pour une fois plutôt militer en faveur de l’hypothèse qui n’est pas la leur. Rien ne prouve en effet que limiter les émissions de gaz à effet de serre sera suffisant pour faire baisser à temps le thermomètre moyen mondial. Tout indique par contre que cela condamnerait les pays qui n’ont pas eu l’occasion de beaucoup polluer dans le passé lors d’une révolution industrielle à adopter des modèles de fonctionnement qui ne leur permettront jamais d’atteindre le niveau de vie des plus privilégiés. On peut et on doit critiquer la référence à un modèle particulièrement pilleur et pollueur, mais il serait également arbitraire et anti-démocratique de chercher à l’interdire du jour au lendemain à ceux à qui l’on essaye depuis des décennies de le vendre au nom du progrès et de la démocratie qui l’accompagne. Le dialogue de sourds de Copenhague est de ce point de vue exemplaire, les pays émergents ayant refusé tout net de se laisser enfermer dans ce piège et réclamant à juste titre des objectifs d’émissions en termes de quantité par habitant, et non pas en quantité absolue par pays en prenant les émissions passées comme référence.

En revanche, on sait très bien calculer combien de terres habitées et/ou cultivables seront recouvertes par la montée des océans, quelles seront les pertes de récoltes en cas de sècheresse accidentelle ou par désertification de sols actuellement fertiles ou encore combien de personnes décéderont pendant les périodes de canicule. Passer d’une économie fondée sur le pillage et la pollution irréversible de ressourcés limitées en quantités à une économie basée sur des flux de matières premières et d’énergie renouvelables et/ou de matériaux recyclés en améliorant la gestion de l’eau, en maximisant le rendement de conversion de l’énergie solaire par la biomasse, en protégeant les sols contre la pollution et l’érosion, ou en mettant au point des technologies de contrôle de la température peu exigeantes en énergie et peu coûteuses à mettre en œuvre semble dans cette perspective un pari beaucoup plus raisonnable que celui qui consiste à tout miser sur la réduction de l’empreinte GES (gaz à effet de serre) de nos modèles pollueurs et pilleurs actuels.

La défense de la planète pour la planète n’a en effet pas grand sens. La planète n’a pas besoin de l’homme pour vivre. C’est l’homme qui a besoin d’elle. Le comportement pilleur et pollueur dicté par l’exigence du « tout, tout de suite » ne menace jamais que l’espèce humaine. La biosphère terrestre se remettra en fin de compte de sa stupidité : elle en a vu d’autres. C’est une évidence « incontournable », sauf à envisager littéralement de faire sauter la terre avec quelques tératonnes de bombes H judicieusement placées, ce qui n’est probablement pas si simple.

A l’inverse, donner la priorité à la protection de l’humanité a bien évidemment un sens, sauf peut-être pour quelques comptables confits dans leur misanthropie. Agir ainsi est autrement plus responsable vis-à-vis de nos contemporains comme des générations à venir que de s’interroger gravement pour savoir si ce sont les vaches et/ou les camions qui font monter le thermomètre, ne serait-ce que parce que de toute façon on ne peut pas éradiquer toutes les vaches, ni supprimer tous les camions, alors que l’on peut construire des digues et des stations de pompage, développer de nouvelles plantes résistantes à la sécheresse ou aux parasites, ou développer les cultures en mer pour éliminer les contraintes eau et surface cultivable de la production de biomasse.

On revient toujours au point central des troubles actuels : quels cataclysmes naturels et sociaux va-t-il falloir pour enfin remettre le respect de l’homme et de sa diversité au centre de nos problématiques, en lieu et place de croyances qui exigent la conversion ou l’élimination de tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs préceptes, qu’il s’agisse de la foi dans un retour sur investissement à plus de 15%, du sauvetage de la planète indépendamment de celui des hommes ou parfois même d’une religion ?

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135 réflexions sur « Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal »

  1. Vous dites : «  »L’enjeu du débat sur l’origine du réchauffement n ‘est donc pas mince. Il s’agit de savoir si l’on va consacrer l’essentiel des maigres moyens disponibles à limiter les émissions de CO2 ou si l’on va consacrer ces moyens à essayer d’atténuer les effets négatifs pour les humains de ce réchauffement. «  »

    Dans un cas comme dans l’autre, vous supposez que nous allons anticiper sur des problématiques futures, et c’est pourtant une troisième option qui est à l’oeuvre sous nos yeux : continuer dans la même direction, toujours plus vite, toujours plus loin, sans aucune sorte d’adaptation aux contraintes de ressources disponibles.

    Nous sommes dans une logique d’adaptation de l’environnement (scientisme) qui s’oppose radicalement à l’adaptation à l’environnement (symbiote, comme dit M Serres).

    1. L’opposition Scientisme / Symbiotisme est assez frappante. Cela me rappelle ce que disait Claude Allègre sur France Inter il y a quelques jours : « Tout le monde est béat devant la nature etc. La nature, on vient de la voir à Haïti, elle est pas bonne par définition. La nature, il faut que l’homme lutte contre la nature, moi je mets l’homme au cœur de ces préoccupations. »

      Je pense que vouloir lutter contre la nature est autant une erreur que de la vénérer à outrance. Il faut reconnaître la nature pour ce quelle, ni bonne ni mauvaise, et surtout reconnaître tout ce qu’elle nous offre, et là, il y a du boulot.

      L’intelligence se définit par la capacité à s’adapter. Actuellement, il semble que l’homme revendique son droit à la stupidité.

    2. Bonjour Mr Peak Oil

      Sans idéaliser à l’extrème l’idée de nature, et une certaine considération pour l’environnement, je crois qu’ils nous reste une bonne marge de progression dans cette direction.

      Mais l’histoire va résolument dans l’autre sens, et je ne vois pas bien ce qui pourra la freiner, tant ce mouvement parait profond et progresse comme une maladie :

      Un ami maçon, qui restaure des vieille baraques me racontait : « Tu vois, quelqu’un qui habite en ville est en manque de contact avec la terre, mais il ne le sait pas. Un jour, il passe devant un vielle maison branlante avec une pompe à main et un vieux pommier et il craque, achète la vieille bicoque, parce qu’elle lui plait. Mais au fond, il n’a pas analysé « pourquoi » elle lui plait. A peine arrivé, il va demander le raccordement au réseau d’eau, poser une ligne téléphone, refaire le mur qui penche etc etc En fait, méthodiquement il va bousiller toutes les raisons pour lesquelles il avait acheté cette baraque. Parce que le mal dont il souffre est une pathologie contagieuse. Parce que ce qu’il recherchait au fond de lui, c’est une passerelle vers la terre, mais il ne le savait pas. »

    3. Thomas,

      L’histoire de votre maçon me fait penser à cette célèbre phrase : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. » (http://www.afrik.com/article12199.html). Nous en sommes arrivés (j’espère que non) à un point de non-retour concernant nos certitudes :

      1/ la bonne voie est de profiter de tout ce qui s’offre à nous : la nature et les plus faibles en général.

      2/ comme il est impensable que nous ayons atteint un tel niveau de technicité et de développement (bombe atomique, élevages intensifs alors que d’autres n’ont même pas de quoi se nourrir, les cons, etc.) sans disposer de l’intelligence la meilleure possible, il est donc impossible que nous nous soyons trompés de chemin.

      On continue donc à reproduire le même schéma et on l’exporte.

    4. Biote (saint anachorète Egyptien du IIème siècle un peu obscur, il fut martyrisé à Alexandrie, il aurait lutté contre l’hérésie Gnostique), priez pour nous !

    5. « L’intelligence se définit par la capacité à s’adapter. Actuellement, il semble que l’homme revendique son droit à la stupidité. »
      Je dirais même plus l’homme revendique son droit à la cupidité ! Mais aussi à la non lucidité, car ce n’est pas donné à tout le monde de regarder les choses en face, surtout si elles ne nous plaisent pas.
      Et puis au dernières nouvelles nous ne sommes pour rien dans le réchauffement: le coupable c’est soleil et ses caprices, et les effets induits sur les rayons cosmiques, qui eux même ont une influence sur la couverture nuageuse. CQFD, donc nous pouvons continuer à croître, à nous multiplier et à polluer sans entraves. C’est quand même plus cool de ne pas se sentir responsable, ça déculpabilise, et on se sent mieux, donc on consomme plus et la croissance repart !!! Et comme la croissance repart, les déficits se réduisent. C’est -y pas magnifique !
      La meilleure recette pour nous sentir bien en ce monde virtuel, c’est de ne pas être lucide, si possible stupide et cupide sans limitation. En quelque sorte une sorte de néo-saurien, ou plutôt vaurien.

  2. Le débat est encore une fois à coté de la plaque avec ce ridicule réchauffement climatique.

    Réchauffement climatique ou pas, d’origine anthropique ou pas, tout cela n’a en fait pas grande importance par rapport à la véritable pollution, celle qui nous détruit tous actuellement:

    – ce que nous mangeons: viandes aux hormones, nourries avec des farines animales et bourrées d’antibiotiques et autres, élevées en batteries; OGM, légumes produits dans de gigantesques serres sans terre hors sol; pesticides fongicides, herbicides, ..ides en masse qui se retrouvent dans le bol alimentaire.
    – ce que nous buvons: eau chlorée, fluorée, aspartame, antioxydants, édulcorants …
    – ce que nous respirons: air vicié par toutes sortes de pollutions industrielles surtout aux abords des grandes villes où vit la majorité de la population, métaux lourds
    – ce que nous ne sentons pas directement: pollution électromagnétique, antennes GSM, Wifi, micro-ondes, qui grille le cerveau à petit feu, cancers,…
    – baisse de la fécondité masculine, féminine
    – etc… compléter vous même vous n’aller pas vous arrêter…(mort des sols, disparitions des espèces, …)

    Alors quand on parle de climat, c’est à dire un horizon de plusieurs siècles, c’est quasiment risible a coté de la catastrophe en cours actuellement.
    L’Humanité n’aura pas de problèmes de climat (ce qui en plus est déjà arrivé plusieurs fois: glaciation et autres) si on continue de la sorte. Elle se sera auto-détruite bien avant!

    Je ne rajouterai pas les arguments politico/financiers du soit-disant green-business qui me dégoutent au plus haut point (Merci AL Gore, Cohn Bendit, …)

    Et pourtant, j’ai voté Ecolo (= vert; je suis belge) au dernières législatives

    1. Allez voir le site contreinfo.info, vous ne serez pas déçu.

      Et là, le mec qui tient ce site n’a aucun intérêt dans quoique soit. Sinon dire la vérité.
      (ch’ui pas amoureux, juste réaliste)

  3. 100% pour votre analyse
    Elle est valable qu’il fasse froid ou qu’il fasse chaux, je dis cela car depuis 10 ans le rechauffement n’est plus aussi évident, il connait un pallier. Certain scientifiques des plus sérieux envisagent même une évolution vers un refroidissement…cette hypothèse n’est pas encore à la une des journaux, mais ….

    Votre analyse rejoint celle de Lucien sève dans son ouvrage  » L’homme » Edition la dispute
    il termine son livre par: on ne sauvera pas la planète sans d’abord sauver la planète « Homme ».

    1. Bonjour,

      Je rajouterais qu’il y a plus préoccupant que le réchauffement climatique, il y a la glaciation des coeurs.

  4. Mais nous savons si peu de choses sur le climat !
    Comment engager le projet de vie de 6 ou 7 000 000 000 d’êtres humains sur la seule affirmation que la terre se réchauffe ?
    Et si elle changeait de cap et se mettait à se refroidir ?
    Que nous réduisions notre impact sur la planète je suis tout à fait d’accord.
    Mais, bien sûr, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n’est-ce pas ?
    Quand on a à disposition une source d’énergie gratuite et inépuisable, du moins à notre échelle de temps, il vaut mieux dépenser sans compter pour mettre au point des centrales nucléaires au lieu de concentrer les recherches sur le solaire !
    Il y a de moins en moins d’eau potable sur terre.
    Mais c’est excellent çà !!
    Voilà de quoi se remplir les poches !!
    Il suffit de construire des usines pour la dépolluer et la vendre très cher et la coter en bourse !
    En spéculant ensuite sur les réserves en eau pour faire monter les cours ! (pas les cours d’eau, hélas !)
    Les terres agricoles pareil !
    Contrairement à ce que l’on pense (et que j’ai pu penser) la « finance » a très bien intégré le principe de « finitude » (pour parler comme Ségolène) de notre planète.
    A partir du moment où une chose est abondante et inépuisable elle ne mettra pas un sou pour investir dedans.
    Car dans ce cas, impossible de faire des stocks et de spéculer dessus.
    Pour tout le reste, le fait que cela se raréfie c’est tout bénef pour elle.
    En se qui concerne le climat réchauffement ou refroidissement les mesures à prendre ne passent certainement pas par l’instauration de taxes sur ceci ou cela !!!

    1. Toujours le bon angle de tir , Louise !
      Et c’est précisément ces domaines qui devraient être investis , pour un temps, par les puissances publiques , non pas pour les extraire mécaniquement du marché , mais pour éviter que la pure logique de spéculation des masses de monnaies cherchant bulles, n’aille pomper la valeur pour laisser un champs de ruine derrière elle.
      Malheureusement nos Etats, même sans être en faillite théorique , n’ont plus le sous et sont à la merci de l’empire des capitaux d’un côté et de la démagogie de l’autre.

  5. Qu’avez-vous pensé de la présentation de l’équipe de chercheurs danois qui auraient mis en évidence une cause externe à l’homme de l’émission de CO2 (Arte vendredi soir) ? Ils attribueraient le réchauffement climatique à l’activité plus ou moins importante du soleil. La force de son champ magnétique filtrerait plus ou moins les rayons cosmiques qui interviennent dans la formation des nuages….et de la formation de CO2
    Leur étude a été très mal reçue par les professionnels notamment parce qu’elle chahute la problématique devenue politique de la responsabilité de l’homme dans cette affaire.
    Pourtant elle déplacerait peut-être le problème mais ne change pas la nécessité d’intervenir sur la question climatique. Car elle ne remettrait pas en question le fait que la terre, selon sa situation dans la galaxie, passerait bien par des périodes de réchauffements et de refroidissements avec toutes les conséquences que cela implique.
    Enfin, le fait que nous dépouillons la terre de ses ressources naturelles reste inchangé. Rien ne nous dispense d’actions pertinentes et rapides, pas même une crise, si grave soit-elle.
    J’ai une petite pensée pour les années 68 lorsque les jeunes proposaient finalement de vivre avec peu, loin de la publicité et de la société de consommation. Ils ont devancé les débats actuels sur la décroissance.

    1. Simorg, vous avez oublié l’anti-matière refroidissante, et la matière réchauffante…voir ci-dessous.

  6. Bon, je me jette à l’eau avant que les océans ne montent trop haut…

    Actuellement, la Terre est dans une période plutôt froide. La preuve en est très facile: il y a de l’eau à l’état solide (glace) à sa surface.

    Elle n’est cependant pas dans une péride glaciaire intense pendant laquelle le niveau de l’océan serait environ 125 mètres sous le niveau actuel (ce qui explique que des grottes préhistoriques litorales sont aujourd’hui à 40 mètres de profondeur (grotte Cosquer) quand du temps où elles étaient fonctionnelles (environ 15 000 ans bpt) elles étaient situées sur des promontoires).

    En période de réchauffement, il n’y a plus de glace du tout à la surface de la Terre et le niveau des océans est au moins 50 mètres au dessus du niveau actuel.

    Le facteur prédominant de ces évolutions climatiques est le rayonnement cosmique qui lui même dépend de la course du système solaire au sein de notre galaxie sur un cycle d’environ 260 millions d’années. Selon que notre système traverse des zones plus ou moins denses en étoiles, gaz, matière et anti-matière (refroidissement) ou non (réchauffement), notre planète connait des évolutions climatiques très contrastées.

    A coté de ces phénomènes, nous devons rester modestes sur l’activité humaine, animale et végétale quant au climat… D’autant que des facteurs physico-chimiques planétaires y ont une importance intermédiaire (dégazage, volcanisme, etc.).

    Certes l’humanité exploite sans les reconstituer d’importantes ressources accumulées sur des millions d’années et les épuisent pour une durée au moins équivalente et il y a là quelque chose à faire entre nous, humains; pour le reste, ce n’est pas à notre échelle ni de temps ni d’espace, aussi hautes les digues que vous voudrez élever seraient-elles !

    1. Ben évidemment! je suis d’accord: « ce n’est pas à notre échelle », même si il semble que ça
      en arrangent certains!

  7. On n’y parviendra pas si la politique du profit privé, personnel, continue à dominer le monde. Vous pouvez toujours en rêver, mais je crois malheureusement qu’il faudra d’abord venir à bout de ce problème de partage entre tous. Car à quoi me servirait une planète propre si je n’en profite pas, si le bord de la mer est colonisé par des prédateurs qui veulent toute la beauté du monde pour eux. Pourquoi cet hôtel 5 étoiles bio si je n’y mets pas les pieds. Pourquoi des efforts pour que ce soit toujours les mêmes qui passent de bons moments et les autres qui regardent…
    C’est ce qui vous empêche, les écologistes, d’avoir tout le monde avec vous. Vous parlez de l’écologie de la planète sans voir que la responsabilité de sa destruction est dans la course aux profits de quelques-uns. Moyennant quoi, nous ne suivrons pas si le système continue à aller dans ce sens…
    Nous n’allons pas nous sentir responsables d’un système dont nous ne voulons pas et de la destruction qu’il continue à produire impunément…
    Voilà ma position sur cette question qui devient, je vous l’accorde, urgentissime pour l’ensemble des êtres sur terre.

  8. Bonjour,

    Je souhaite réagir à votre texte sur les points suivants :

    1) Votre titre postule que « L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences », au motif que « les incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches »

    Il faut rappeler que d’innombrables recherches ont été menées depuis la fin des années 1990 sur le sujet, et par des équipes totalement indépendantes. A chaque phase, effectivement, les incertitudes des modèles ont été mentionnées, dans le cadre normal de ce type de travail, par souci de rigueur.

    Toutefois, les incertitudes ont été réduites d’une façon rarement atteinte dans le domaine sur le fait d’attribuer à l’activité humaine la cause de ces changements, et singulièrement à l’augmentation des GES (Gaz à Effet de Serre)… La plupart des formulations du GIEC comportent d’ailleurs des intervalles de confiance, dont la lecture n’est pas certes pas « sexy », mais illustre bien le souci d’évaluer chaque avancée. En revanche, d’autres points importants restent actuellement très incertains (et sont signalés comme tels), comme l’augmentation ou non de la fréquence des événements extrêmes.

    Il serait bon que chacun veille, de la même façon, à évaluer la part d’incertitude dans ses affirmations.

    2) Le fait que la production humaine soit à l’origine (c’est vous qui employez le mot de « culpabilité ») de ces changements n’est alors pas indifférent, car cela donne aussi la possibilité de réduire la vulnérabilité, en traitant le problème sur le fond. L’adaptation sans atténuation n’est qu’un expédient.

    3) Vous concluez sur une position d’apparente sagesse en vous situant entre 2 positions, tenues d’une part par ceux qui ont « foi dans un retour sur investissement à plus de 15% » et les partisans « du sauvetage de la planète indépendamment de celui des hommes ». Je vois bien qui sont les premiers, et ce que sont leur puissances moyens et méthodes. Je distingue encore mal qui sont les seconds.

    Enfin, ce qu’on pourrait souhaiter, c’est que ce sujet important fasse l’objet d’échanges aussi approfondis sur ce blog que l’économie, par exemple….

    L

    1. Je voulais simplement dire que même si les émissions de GES d’origine humaine sont effectivement responsables du réchauffement, leur diminution ne va pas immédiatement enrayer la monté du thermomètre global moyen. Je ne suis pas un expert de la théorie des jeux, mais il me semble qu’il est plus efficace de se protéger contre les effets du réchauffement que d’essayer d’en supprimer les causes, car l’inertie de la machine climatique joue contre nous. J’ajoute que la seule vraie bonne raison de diminuer les émissions de GES est qu’il est impératif de mettre le plus rapidement possible fin aux gaspillages d’énergie, et de passer à des énergies renouvelables qui sont en principe moins génératrices nettes d’émissions que les énergies fossiles.

      JP Vignal

    2. La seule action qui puisse être entreprise contre la pollution et l’éventuel réchauffement par cause anthropique est une action sur nos porte-monnaies . Il faut que moins de pollution nous fasse économiser de l’argent: seul l’intérêt individuel peut avoir de l’effet. Mais rien ne prouve que le réchauffement soit d’origine humaine, et d’ailleurs rien ne prouve qu’il soit si grave que cela dans ses conséquences .

      En fait d’accord avec Blackhole http://www.pauljorion.com/blog/?p=9909#comment-69631

    3. Stargate,

      Dans le cadre économiciste vous avez entièrement raison.

      Sinon il existe d’autres possibilités, par exemple cesser de consommer pour consommer, cesser de croire que la consommation peut résoudre nos problèmes existentiels (voir l’histoire de l’ami maçon : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9909#comment-69766).

      « Vite ! Vite ! Au secours ! L’économie est en crise ! Il faut la sauver ! Il faut vite et absolument redonner au peuple son pouvoir d’achat ! Son pouvoir de consommer ! ». Pensez-vous sincèrement que cette attitude soit compatible avec le respect de son environnement ?

    4. Bonjour,
      Entièrement d’accord avec François Le Sombre.

      Quand au billet de Monsieur Vignal, je pense qu’il est orienté. Par exemple, vous dites:
      //L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.//
      Je pense qu’il en en fait fondamental de savoir si l’homme est à l’origine du problème, et dans quelle mesure; ceci devrait permettre de connaître, entre autres, notre marge de manœuvre.

      D’autre part, Monsieur Vignal, vous nous dites:
      //Je ne suis pas un expert de la théorie des jeux, mais il me semble qu’il est plus efficace de se protéger contre les effets du réchauffement que d’essayer d’en supprimer les causes, car l’inertie de la machine climatique joue contre nous.//
      C’est, je pense, une opinion qui n’engage que vous, et qui tient plus du dogme que de la science. Agir sur les symptômes sans agir sur la cause me semble, à moi, inefficace.

      Je conseil à tous la lecture de ceci :
      http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/06/un-etonnant-effet-collateral-du-changement-climatique-par-jean-louis-fellous-jean-charles-hourcade_1329621_3232.html

  9. Bonjour Mr VIGNAL :

    Merci pour votre billet !

    Réflexions :
    – Pourquoi vouloir se diriger dans une direction , une seule ??? parce que nous disposons de « maigres moyens »???? UNIQUEMENT …???
    – Je vous rejoins : Seul une évenement nous fera prendre conscience, pour une part de la population, de ses propres bêtises :
    Je l’illustrerai par 2 exemples, récents :
    Leçon n° 1 , immédiate, réactive et survie : Lorsque tu vois la grosse vague, tu ne t’avances pas pour mirer , ta planche à la main . 1/2 tour , et tu cours , et va te réfugier vers les terres intérieures en surplomb.
    Leçon N°2, immédiate, reactive et de bon sens: Quand tu as bâti dans une zone innondable, tu ne viens pas pleurer, APRES… et réclamer, en levant les bras au ciel ! Tu vas t’installer hors zone innondable.
    Leçon synthétique des 2 premières ou dénommée Leçon n°3 : Je m’adresse à la population disposant d’un zeste de bon sens : Quand t’en as ras la casquette de racker, pour des incompétents, des félons, des magouilleurs, des sans raisons, des sans culottes , etc….Tu fais quoi ? Tu les combats, tels des nuisibles qui te nuise , et nuisent à la collectivité.

    En conclusion : Tout cela prendra fin ( pour un temps, j’en suis parfaitement conscient) bientôt, et on soumettra ces personnes issus de notre collectivité, car ils mettent en danger cette même collectivité. Ce n’est pas 1500 maisons qui sont à démolir, le nombtre est beaucoup plus important : c’est surtout, tous les meurtriers directs et indirects de cette tragédie… Et parmi eux, les survivants- victimes.
    -Quant à votre proposition de concevoir et edifier des digues, elle sort du même « PUIT » que ceux qui ont construit en zone inondable .
    – Pour ce qui est de développer des plantes résistantes à la sécheresse et aux parasites: Mes poils se dressent : Vous vous comportez comme un « Appprenti-sorcier ». Agrobiologie, protection sanitaire des sols, sous-sols, des parcelles, de votre production, sans intrants chimique et de synthèse, ca vous parle????? Amendements, rotations, plannings culturaux, jachères…. Ca vous parle ???? Biodiversité : liens entre ravageurs et auxilaires au sein d’une même parcelle ??? Ca vous parle ???? Régulation et maîtrises des maladies et des populations ( y compris humaines) , ca vour parle???
    – Dès lors, le penser GLOBAL et raisonner, agir LOCAL, est la seule direction de long terme, viable pour l’humanité, et tout ce qui l’entoure. Et donc , une diminution du parc des Poids lourds comme celui des vaches, tout en agissant simultanément et cumulativement pour une agriculture vivrière, au plus proche de son environnement ( respectueuse) , un aménagement du territoire en 3 D , et non plus en 2 D, des realisations immobilières durables et /ou renouvelables, feront de notre collectivité, « des plus conscients » ( Un peu plus conscient… faudrait pas exagérer tout même !!! ) .
    -« LE PENSER GLOBAL, ET RAISONNER , AGIR LOCAL », n’est pas une vision ou idéologie: c’est ce qui le différence d’eux: IL est un CONSTAT . Et de là, s’appuie une vision STRATEGIQUE. De là, les initiatives individuelles sont déterminantes… Les Unions ( Associations , et conscience de la COLLECTIVITE…), plus que souhaitable, dès lors qu’il y a un préalable indispensable et prégnant : LA NECESSITE .
    Voilà ou nous en sommes : Est t’on, à l’heure actuelle, dans la nécessité ???? Pour la plus grande masse de notre espèce…. Surement pas ! Mais l’aiguille du compteur de oscillomètre bouge… Attendons et voyons.
    Bonne journée.

    1. Selon Aristote (livre VI) « l’origine de l’action est le choix – c’est le point de départ du mouvement – l’origine du choix est le désir et la raison, celle qui vise quelque fin ».
      Il précise que la vertu éthique est une disposition concernant le choix que le raisonnement doit être vrai (ou « droite raison ») et que le désir soit droit.

      Force est de constater que nous sommes loin d’un tel programme tant la confusion et l’incohérence envahissent l’espace de l’âme.
      Nous n’avons pas atteint, je crois, le stade de savoir comment il faut agir. Nous sommes en panne de désir droit, de raison vraie et de choix.

      Camus, faisant état de l’absurdité du monde, interroge le lien entre la justice et l’amour, et nous montre combien le courant naturel de la vie s’est perdu dans les méandres du néant.

  10. Je n’oserai pas dire, concernant le réchauffement climatique, que c’est un sujet brûlant. Disons que sur ces problèmes d’énergie-climat, chacun a son opinion, et au niveau des opinions, tout se vaut. J’y crois, j’y crois pas.
    Quand on veut dépasser ce niveau des « opinions », et essayer de comprendre, l’ignorance n’est pas un argument. Ceux qui veulent réellement s’informer le peuvent. Ici, par exemple.
    http://storage02.brainsonic.com/customers2/entrecom/20080227_Spie/session_1_fr_new/files/index.html

    1. Il y a dans cette vidéo une excellente définition de l’énergie :

      L’énergie, c’est ce qui caractérise un changement d’état. Déplacer une certaine masse à une certaine vitesse, chauffer ou refroidir un espace, modifier la structure chimique d’un corps sont des actions qui necessitent de l’énergie. Donc dire que l’homme consomme de plus en plus d’énergie, c’est dire qu’il modifie de plus en plus son environnement, et ce, quelque soit l’énergie primaire utilisée, fut-elle même à 100 % verte.

  11. ps : Une même variété de tomate, cultivée sur une parcelle identique ( planche différente chaque année), 3 année de suite, « S’ADAPTERA  » à son terrain. Il inscrit, dans « Sa mémoire », les conditions climatiques, celles du sol, les stratégies propres de lutte phytosanitaire que ses « parents » et ses « grand-parents » lui ont transmis, lors de luttes conduisant à la mort de certains voisins de ses parents et grand parents ( en autres).
    Une même variété s’adaptera très bien à tel type de sol ( epaisseur de 15 cm, comme du côté des cévennes), alors qu’elle sera en difficulté dans une zone plus continentale ( bord du Rhin, avec 60 à 1.20 d’épaisseur de sol).
    De ce fait, la sélection de choix variétaux est primordiale, en fonction de son propre sol ( structure, nature, granulométrie…), des conditions climatiques, et de l’environnement de la plante.
    – L’association des cultures est tout aussi déterminant ( capucine, soucis, moutarde, avec à proximité de rangs de choux, d’haricots, de céleris).
    POURQUOI VOULOIR DEVELOPPER DES VARIETES RESISTANTES A LA SECHERESSE ET AUX PARASITES? Récupérer vos graines, …et réutilisez les , les années suivantes. En 3 années, vous saurez, quelles sont les variétés, adaptés à votre parcelle, vous assurant un rendement appréciable…mais surtout des variétés de tomates, dotées de cette « Mémoire » , héritage des parents.
    De même que le le chiot de 5 mois, trouve un nonos, disparait derrière le buisson, creuse un trou, dépose son buttin, et de son museau, rebouche le trou….
    De même que la vache s’avance vers la haie, ne voit pas la clôture electrifiée, se prend une décharge car s’étant trop appprochée en voulant se gratter contre le frêne… et ne reviendra plus !!!

    Bonne journée .

  12. Quelque soit l’origine du réchauffement climatique, et à partir de votre hypothèse qu’un changement radical dans notre mode de vie, à savoir une décroissance de l’émission des gaz à effet de serre, n’aurait pas d’incidence réelle escomptée sur la réduction de température:
    – ça ne change rien au fait que la nocivité de notre mode actuel de production et de consommation est déjà à l’œuvre.Accuser les vaches d’augmenter l’effet de serre est presque risible, mais ce qui ne l’est pas, c’est la qualité de la viande produite, à coup de d’hormones, d’antibio, d’ogm….
    – que ce sont les pays pauvres qui sont en première ligne face aux conséquences du changement climatique. Et qu’une véritable écologie ne peut que partir de la question sociale, autrement dit c’est au nom des inégalités que l’écologie doit se battre aux cotés des pays dits du Sud, face à la colonisation nouvellement renforcée justement par les conséquences écologiques: l’achat des terres en Afrique, Amérique du Sud…par des pays riches et l’expulsion de ces terres, de milliers de paysans….Bref l’écologie qu’on retrouve dans les partis comme les verts (je ne parle pas d’Europe Ecologie), mais aussi au PS et chez Mélenchon (coming out vert?!?) à travers le mouvement Utopia, est avant tout centrée sur le devenir humain, sur son environnement, et non sur une Nature déifiée.
    – l’écologie que j’ai mentionnée plus haut, n’est pas technophobe, elle souhaite repenser la technologie comme devant répondre à de véritables besoins, et non perpétuer l’éternelle course à la croissance. En outre, cela n’empêche en rien la nécessaire mise à la question de nos (pays dits riches, ou du Nord) émissions de gaz à effet de serre, surtout dans une perspective de raréfaction des énergies, et comme je l’ai dit, en constatant les méfaits actuels.

    En gros, ce que j’ai compris de votre article, c’est que focaliser sur la question du changement climatique et surtout, la réduction des émissions de CO2, nous mène à une impasse car:
    – on se renvoie la balle de c’est pas nous, c’est le soleil…Ou alors: c’est notre très grande faute, on est coupable, punissons nous….bref, qu’il est périlleux de faire reposer un débat aussi vital, urgent…sur le caractère assez complexe de cette question de l’origine de l’augmentation de la température
    – et même si on réduisait drastiquement l’émission de gaz à effet de serre (au prix pour les pays dits du Sud, de sacrifices immenses) ça ne changerait pas grand chose au problème.

    mais je dirai alors: pourquoi faire cette fixation sur l’émission de CO2 comme cause de maux à venir, qui met de coté tous les autres problèmes environnementaux qui nous tuent actuellement à petits feux.
    je fais l’hypothèse qu’on a posé comme LE problème (ou de « problématiser »), ce qui, justement, est susceptible d’être contesté, parce que concernant l’avenir, résidant sur des prévisions, des hypothèses…et en plus, dont la résolution ne donnerait que des résultats médiocres. On en a rendu de facto l’action difficile, voire impossible. D’où l’échec de Copenhague.
    Dire comme je le fais, qu’on a construit la question du réchauffement climatique/ émission de CO2, comme LE problème crucial, ne veut pas dire que j’évacue la réalité du réchauffement et de ces conséquences. Bien au contraire. Mais je dis juste qu’en le rendant crucial, à coup de dramatisation (Copenhague ou le sommet de la dernière chance), avec l’aide des médias, on le rend du coup inopérant, ou du moins, on s’est empêche d’agir (et on s’expose au basculement de l’opinion publique: finalement, beaucoup de bruit pour rien, pense elle). Et les paroles et promesses restent vaines.
    Pire: certains pays considèrent finalement le réchauffement climatique comme une aubaine….

    L’article évoque des solutions: « Passer d’une économie fondée sur le pillage et la pollution irréversible de ressourcés limitées en quantités à une économie basée sur des flux de matières premières et d’énergie renouvelables et/ou de matériaux recyclés en améliorant la gestion de l’eau… » Comme dirait l’autre c’est un « vaste programme ».Nécessitant une révolution des mentalités. tout aussi difficile à obtenir qu’une réduction drastique de l’émission du CO2 que vous juger irréaliste ou pire, voulue au détriment de l’Homme.
    Dire que ces solutions sont plus raisonnables, c’est s’avancer bien vite…
    Encore faut il que la raison, dans tout ça, ait voix au chapitre.

    Étant plutôt du coté des décroissantistes, ce qui me préoccupe est avant tout la question du pour quoi la croissance. pour quelles richesses. Il n’est pas question d’empêcher les pays dits du sud d’accéder à du bien être, encore faut il que notre type de croissance les y mène.vu que c’est un échec chez nous…

    1. Juste une remarque marginale. Je pense que pour parler valablement de décroissance, il serait sans doute utile de se pencher sur ce que nous appelons la croissance ; dans la mesure ou une bonne part de la dite croissance n’est jamais que le résultat de la marchandisation d’activités traditionnellement « gratuites », ce serait sans doute une démarche productive, car leur sortie de l’économie marchande, quand elle est possible, signifie que décroissance n’est pas fatalement synonyme de « moins » comme essaient de le faire croire les tenants de la croissance coute que coute, mais simplement de « autrement ». Ainsi, préparer ses repas au lieu d’aller au restaurant ou d’acheter des plats cuisinés prêts à l’emploi ne veut pas forcément dire s’alimenter plus mal. A la décharge des supporters de la croissance, il faut cependant reconnaître que la décroissance, – tout comme le troc, cette façon considérée comme archaïque de se protéger contre les variations erratiques des marchés et les variations imprévues de cash flow -, serait effectivement une catastrophe fiscale, et donc à terme sociale, car elle impliquerait une diminution de l’assiette des impôts, ce qui n’est pas de bon augure au moment ou les Etats se sont surendettés pour éponger les douloureuses conséquences des écarts de conduite des systèmes financiers.

      JP Vignal

    2. Je vous suis tout à fait. Est ce qu’il y a vraiment des défenseurs radicaux de la décroissance? Aries, Latouche, parlent plutôt d’objection de croissance, non?

    3. Effectivement. Il est de toute façon difficile de parler de décroissance tant qu’un milliard de gens ont faim. Il faut croitre autrement, en gaspillant moins et en partageant mieux et plus.

      JP Vignal

  13. « Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, »

    Oui, mais rien ne permet de dire que les 0,7 en plus observés depuis un siècle vont se poursuivre, et il semble même que depuis 10 ans il y ait un palier.

    Sauf à considérer que précisément la cause soit essentiellement anthropique , ce qui semble être encore à l’état d’ hypothèse et même parfois invalidé.

    En attendant des confirmations il faudrait d’urgence réfléchir non pas sur la décroissance aux allures punitives et moralisatrices , mais sur la redéfinition de la croissance , c’est à dire une redéfinition des besoins qui passerait par les services.
    Et il faut également réfléchir , bien sûr, pour le cas où ce réchauffement perdurerait , à s’en protéger par des politiques autour de l’eau et de la nourriture . Bien sûr c’est moins juteux que les profits autour de la bulle verte , qui se mettent en place. Question de solvabilité.

  14. Bonjour à tous,

    Effectivement, la problématique du réchauffement climatique, comme cité plus haut dans d’autres commentaires, est l’arbre qui cache la forêt. La crise écologique est bien plus complexe et profonde que ce seul débat. Pourtant, les hommes politiques et les mass médias se gardent bien de développer les autres thématiques car cela reviendrait à remettre en cause le système économique actuelle. Pourtant les faits sont là.
    .Pour généraliser le mode de vie européen, il faudrait l’équivalent en ressource de 3,5 planète Terre. Donc ce mode de vie n’est pas généralisable.
    . Une augmentation de la croissance économique mondiale de 0.5% nécessite 10% d’énergie en plus. Nous allons donc très vite atteindre un plafond énergétique.
    La croyance économique est donc en train de se heurter violemment au mur du réel.
    La situation écologique en Chine, devenue le poumon de l’industrie manufacturière mondiale, est catastrophique :
    .L’air est totalement vicié à cause des usines et des centrales au charbon : l’OMS estime qu’environ 700 000 personnes meurent chaque année de problèmes respiratoires graves liés à cette problématique.
    .1/4 de l’eau disponible est totalement polluée, impropre à la consommation et à l’irrigation. Pourtant cette eau est consommée entrainant de gros problèmes de santé publique et de pollution des sols. (faites des recherches sur l’état du fleuve jaune.)
    .Des pluies acides de plus en plus fréquente.
    .Une désertification dans certaines zones liés à une agriculture totalement déraisonnée.
    L’Inde, l’Indonésie et le Brésil connaissent également des dégâts très importants.
    Il semble donc que la Chine atteigne déjà un cap de pollution plus que préoccupant. Et pourtant, seule sa croissance économique est mise en avant.
    Alors oui, le retour au local et à la réflexion à long terme parait plus que nécessaire. Le réchauffement climatique ne peut pas être dissocié de cette problématique globale. Il est un des effets : attaquons nous au causes.
    Qui plus est, je pense qu’il est erroné de dire que les pays du Sud n’ont qu’une envie, atteindre le confort de l’occident. Cela est vrai pour les classes dirigeantes et les élites de ces pays (classe moyenne incluse). Mais pour avoir rencontré des paysans sans terre au Brésil, eux souhaitent juste un lopin de terre afin de pouvoir vivre dignement.
    Le combat du siècle va donc être idéologique : changer les paradigmes actuels.
    Des alternatives commencent à naître mais elles restent minoritaires. Par exemple, à La Havane (oui, vous savez, l’enfer sur terre 😉 ), des jardins sont installés dans la ville avec pour objectif de produire assez pour couvrir les besoins de la ville en fruits et légumes, et donc de raccourcir la distance producteur/consommateur. Ou encore des tentatives d’éco quartier en Angleterre ou en Chine. Bref, tout cela va dépendre de décisions politiques. Alors commençons par virer ceux qui sont aux manettes actuellement.
    Pour finir, une trés bonne interview de Paul Ariès sur le capitalisme vert : http://www.vive-fr.org/node/322
    Bonne journée à tous!

  15. et du côté des marchés, qu’en est-il aujourd’hui à noter des opérations d’ investissements en vue d’une main basse sur l’espace terrestre produite dans l’anticipation d’un changement climatique ????

    « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière (octobre 2008)
    ……..
    Le secteur financier, actuellement en difficulté, est celui qui se taille la part du lion. Pour beaucoup des gens au pouvoir, la crise alimentaire mondiale met à nu un problème global : de quelque côté qu’on se tourne, le changement climatique, la destruction des sols, la perte des ressources en eau et la stagnation des rendements des monocultures sont autant d’immenses menaces qui pèsent sur les ressources alimentaires futures de notre planète. Ceci se traduit par des prévisions de marchés tendus, de prix élevés et de pressions pour obtenir plus des terres agricoles. Dans le même temps, le secteur financier, qui a parié des sommes folles sur l’argent de la dette et a perdu, cherche maintenant des zones protégées. Tous ces facteurs font des terres agricoles un nouveau terrain de jeu formidable pour faire des profits. Il faut bien produire de la nourriture, les prix vont rester élevés, des terres bon marché sont disponibles, l’investissement sera rentable : voilà la formule. Le résultat ? Pendant toute l’année 2008, une armée de sociétés d’investissement, de fonds de capital-investissement, de fonds spéculatifs et d’autres du même type se sont emparés de terres agricoles dans le monde entier, avec l’aide précieuse d’agences comme la Banque mondiale, sa Société financière internationale ou la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui toutes préparent la voie à ces investissements et « persuadent » les gouvernements de changer les lois foncières pour permettre la réussite de ce processus (voir Encadré 3). De ce fait, les prix des terres commencent à monter, ce qui incite à agir encore plus vite.

    « L’astuce ici est de ne pas se contenter de moissonner des récoltes mais de moissonner de l’argent. »
    – Mikhail Orlov, fondateur de Black Earth Farming et ancien directeur Capital-investissement chez Carlyle et Invesco, septembre 2008 14

    La ruée du secteur privé sur les acquisitions de terres agricoles cette année a été vertigineuse. La Deutsche Bank et Goldman Sachs, par exemple, sont en train de prendre le contrôle du secteur chinois de l’élevage. À un moment où tous les regards se tournaient nerveusement vers Wall Street fin septembre 2008, ces deux sociétés mettaient de côté leur argent dans certaines des plus grandes porcheries, exploitations de volailles et usines de transformation de viande chinoises, et même dans des terres agricoles. La société new-yorkaise BlackRock Inc., l’un des plus grands gestionnaires de portefeuilles du monde avec presque 1 500 milliards de dollars US dans ses comptes, vient de mettre sur pied un énorme fonds spéculatif agricole de 200 millions de dollars, dont 30 millions seront utilisés pour acheter des terres agricoles dans le monde entier. Morgan Stanley, qui s’est glissé récemment dans la file d’attente pour obtenir son renflouement par le Département américain au Trésor, a récemment acheté 40 000 ha de terres agricoles en Ukraine. Cet achat fait pâle figure en comparaison des 300 000 ha de terres ukrainiennes dont Renaissance Capital, une société d’investissement russe, a acquis les droits de propriété, mais tout de même… En fait, dans la très fertile région qui s’étend de l’Ukraine jusqu’au sud de la Russie, la concurrence est rude. Black Earth Farming, un groupe d’investissement suédois, a pris le contrôle de 331 000 ha de terres agricoles dans la région des Terres Noires russes. Alpcot-Agro, une autre société suédoise d’investissement, a acquis les droits sur 128 000 ha dans cette même région. Landkom, un groupe d’investissement britannique, a acheté 100 000 ha de terres agricoles en Ukraine et s’engage à porter ce chiffre à 350 000 ha d’ici 2011. Toutes ces acquisitions foncières vont servir à produire des céréales, des huiles et de la viande pour rassasier le marché mondial… c’est-à-dire ceux qui peuvent payer.

    La rapidité et le moment où intervient cette nouvelle tendance des investissements sont étonnants. Tout comme la liste des pays ciblés : Malawi, Sénégal, Nigeria, Ukraine, Russie, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Brésil, Paraguay, et même Australie. Ils ont tous été identifiés comme des pays qui offrent des terrains fertiles, une relative disponibilité de l’eau et un certain potentiel de croissance de la productivité agricole. L’horizon de placement dont parlent les investisseurs est, en moyenne, de 10 ans (étant bien entendu qu’ils doivent assurer la productivité des terres et construire des infrastructures de commercialisation, et ne pas rester sans rien faire) avec des taux de rendement annuels prévus de 10 à 40 % en Europe et qui pourraient atteindre 400 % en Afrique. Là encore, ce qui est nouveau et particulier ici c’est que ces groupes financiers acquièrent la propriété effective des terres et que toutes ces évolutions sont intervenues en l’espace de quelques mois seulement, au moment où les marchés financiers commençaient à s’effondrer. Ce qu’elles signifient véritablement pour l’avenir de l’agriculture dans ces pays est une vaste inconnue.
    ……..  »
    http://www.grain.org/briefings/?id=213

    1. Excellent commentaire. (je sais que nous n’en avons pas la responsabilité au niveau actes, mais c’est CA qui gène le plus les « investisseurs » : que l’on relaie et étale au grand jour leurs agissements)

      Dans le clash possible à venir, une des conséquences collatérales quasi-obligatoire sera une « expropriation » de ces « investisseurs »… j’aurais dû écrire preneurs en otage, mais qui, de toute façon, avait acheté une partie d’un pays avec de la monnaie de singe.

  16. A ses débuts, l’écologie s’intéressait d’abord à ce qui était possible pour l’homme en terme de croissance, le paramètre population était central. Par la suite, le débat écologique est devenu ‘politiquement correct’ car Matlhus est devenu tabou. L’écologie s’est transformée en une écologie ‘intéressée’ ou ‘bobo’ ou ‘nimby’, une écologie qui pointe du doigt les impacts. Cette écologie part du principe que les impacts seraient presque devenus idépendants de ce qui nous est possible de faire. En niant les limites à la croissance une certaine écologie politique s’est fourvoyée même si elle pose encore des vrais questions mais plus dans le bon ordre.

    Concernant le débat sur le climat, je tiens à rappeler que nous sommes passés en quelques années d’un scepticisme qui portait sur la réalité du réchauffement à un scepticisme qui porte sur ses causes. Et donc, la première question que j’ai envie de poser aux sceptiques du RCA est de savoir si ils étaient précédemment des sceptiques du RC tout court, et si oui, quel a été l’élément qui les a fait changer d’avis. La deuxième question que j’ai envie de leur poser est de savoir pourquoi nier les réponses à apporter la crise des ressources qui sont en gros les mêmes que celles à apporter à la crise climatique. Est-ce pour défendre un niveau de vie, que nous n’arrivons plus à nous payer, qui semble avoir de nombreux impacts, et pour lequel nous sommes prêts à faire la guerre ?

    Concernant l’humilité souvent revendiquée par les sceptiques du RCA, à savoir « comment pourrait-on avoir un quelconque impact sur notre monde », je trouve que c’est vraiment fort de café. C’est de la fausse humilité, c’est considérer que nos actes par ce qu’ils sont atomisés et intégrés à une matrice ultra complexe n’auraient aucun effet sur le monde. Le système climatique a tous les aspects d’un système chaotique, il n’en reste pas moins un système, soumis à des points de basculement et qui peut se manifester sous différentes formes en fonction des forces en présence. Je suis pour ma part convaincu que l’exponentielle humaine est devenue une force à part entière sur cette bonne vieille Terre (je rejoins l’analyse d’Albert Bartlett). Sinon, nul doute que le climat peut avoir de nombreuses formes permettant et ne permettant pas à la civilisation actuelle d’exister, mais je ne permettrais pas de parier, question d’humilité.

    A ceux qui disent qui la Terre en a vu d’autres. Merci bien pour ce relativisme à tendance nihiliste mais la vrai question est de savoir si nous créons le conditions désirables ou non. Pourquoi est-il évident qu’un hiver nucléaire est à éviter alors qu’une hausse rapide de la température moyenne de quelques degrés sur une courte période ne serait pas problématique ? Cela montre sans doute une incapacité à prendre en compte la chaine de conséquences que les les changements climatiques peuvent impliquer. Croire que le réchauffement sera une promenade de santé est un douce illusion, surtout que l’homme devra répondre à une multitude d’enjeux avec les moyens qu’on aura bien voulu lui laisser, à savoir le moins possible.

    Maintenant que notre capacité d’action commence à décliner, il est URGENT de remettre TOUT en question pour savoir ce qui compte vraiment, et cela si on veut ce donner les moyens de conserver ce qui compte le plus pour nous (la démocratie par exemple).

    Sinon, je pense que d’ici quelques années on ne parlera plus autant de RCA, même si ses impacts seront toujours là. On reviendra à un discour sur les limites à la croissance car nous commencerons à comprendre ce que cela veut dire.

  17. Article de bon sens .Et si le travail du « soi »participait plus qu’on ne le pense au bon processus.
    Cette fonction assez vague aujourd’hui est probablement utile, pour retrouver équilibre et sortie .

    La période 68 (plus exactement 66-73) évoquée en ce moment, réduite au nombrilisme habituel riquiqui « franco-franco omet toujours de mentionner que celle – ci concernait une génération à l’échelle du monde (occidental).
    Elle omet de se souvenir qu’il s’agissait d’une vaste pulsion généreuse et naïve ou  » le soi, l’ailleurs et l’autrement » poussa des centaines de milliers d’entre-nous hors de nos sociétés sur routes et pistes, à la découverte de l’autre monde. Le slogan n’était-il pas déjà :
    Société de consommation, société de consumation, société de consolation.
    La crise du pétrole siffla la fin de la récré les Américains retournèrent a Wall street et les politiciens FR de gauche à leurs masturbations ; la droite la plus bête du monde n’avait elle, qu à attendre son heure en cloppant devant l’entrée des artistes.
    Néanmoins le rendez vous était pris et nous y sommes.

    Président d’une association qui s’oppose depuis 7 ans avec succès à un projet industriel particulièrement mutilant (grâce au talent d’un avocat qui s’exprime sur ce blog), j’ai pu observé dans ce laps de temps, au gré des rencontres, l’évolution, de ce que l’on défini communément comme les mentalités face à l’échéance qui se rapproche. Que ce soit l’agriculteur qui abuse des nitrates et sait le mal qu’il fait, à l’architecte en vue délaissant son agence huppée en passant par la manière dont un garçon de café se renseigne sur une voiture hybride. Tous , d’autres ,ont en commun cette maturation (aux racines profondes et intimes) qui ne cesse de les surprendre et modifie le périmètre de ce que maladroitement j’esquisse comme étant « un » soi. Ils sont aux antipodes de ce que « opignonistes et marketteur prétende vendre .Il y a bien la un gisement des plus renouvelable dont aucun politique n’est à même de prendre la mesure et c’est probablement un bien.
    Ce n’est pas l’équivoque passagère sur le réchauffement qui change la ligne d’horizon.
    l’ADN de nos nouveaux pionniers a anticipé cela dans le lot de mirages que la société du spectacle, généreuse en déchets immatériels et non recyclables, ne manque pas de fournir .

  18. « L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences. »

    L’important est de chercher à savoir si le réchauffement est d’origine humaine. Pas nécessairement pour trancher mais pour que le débat existe. Et encore une fois, pour le moment, le débat est soigneusement écarté de la place publique : pour la population il s’agit maintenant simplement d’observer la bataille de spécialistes. Ça c’est un problème.

    C’est nous qui devons prendre conscience de notre mode de vie totalement fou.

    Sinon ça va être un débat de plus entre spécialistes et on continuera de nourrir la population avec ce qu’on estimera être le mieux pour elle, en quantité et en « qualité ». On continuera à l’amuser avec ce qu’on estimera le mieux pour elle. On continuera donc à lui donner le travail nécessaire au « bon » fonctionnement de toutes ces activités qu’on aura estimées les meilleures. Et on la paiera pour qu’elle puisse acheter les produits qu’on aura estimés les meilleurs pour elle avec l’argent qu’on aura estimé, en qualité et en quantité, le meilleur pour elle.

    Le système marche sur la tête et l’on s’interroge sur la qualité des semelles.

    1. Je ne comprends pas autant de suspicion vis à vis du travail de milliers de scientifiques. Ils observent un changement climatique et après de nombreuses études et débats entre spécialistes ils ont établi que le réchauffement avait une origine anthropique avec une fiabilité de 90%.
      Comment se fait-il qu’autant de commentateurs de ce blog, et ailleurs bien sûr, se sentent fondés à affirmer que la Terre ne se réchauffe pas, que l’hiver rigoureux auquel nous avons fait face montre à quel point tout ceci est ridicule, etc … Quels éléments peuvent -ils apporter pour justifier leurs affirmations ?
      Je respecte tous les points de vue, mais en l’occurrence n’étant pas climatologue, pour me forger une idée sur un tel sujet, je fais plus confiance à l’opinion étayée et circonstanciée des spécialistes du domaine qu’à des personnes qui savent ce qu’il faut penser avant même d’avoir étudié le sujet. Ces mêmes personnes ne prendront d’ailleurs pas la peine de se pencher sur les travaux de ces spécialistes.

      Concernant l’article de Jean Paul Vignal, sa suggestion de favoriser la solution consistant à s’adapter au changement climatique, plutôt que de chercher limiter notre contribution au réchauffement n’est pas nouvelle (il ne le prétend d’ailleurs pas). Cette approche est par exemple celle de l’économiste suédois B. Lomborg. Elle souffre selon moi de nombreux écueils.
      – L’anglais N. Stern a montré dans son fameux rapport que la facture du changement climatique serait à terme beaucoup moins couteuse si nous anticipons les problèmes, et si nous adoptons un modèle de consommation énergétiquement plus sobre pour limiter l’amplitude des bouleversements.
      – les climatologues ont mis en évidences de nombreux mécanismes d’amplification dans le système climatique. Une fois ces mécanismes enclenchés, à partir de températures seuils (dont l’estimation est excessivement difficile) le changement climatique pourrait s’auto-alimenter et s’emballer indépendamment de toute action humaine. C’est pourquoi le GIEC recommande de limiter l’augmentation des températures à 2°C. Il faut reconnaitre que cet objectif (qui semble quasiment impossible à tenir au rythme où vont les choses) n’est pas justifiable autrement que par le principe de précaution. Cependant la probabilité de changement climatique catastrophique ne pouvant pas être écartée, il me semble justifié de faire le maximum pour l’éviter.
      – c’est un leurre de penser que l’espèce humaine pourrait s’adapter à un changement climatique brutal (à l’échelle géologique), car notre qualité de vie est intiment liée à la qualité de notre environnement. Or un changement climatique brutal entrainerait inévitablement une dégradation généralisée de notre environnement.
      – il n’y a que des avantages à s’habituer au plus tôt à la sobriété énergétique, dans la mesure où nous n’avons à ce jour pas de source d’énergie capable de remplacer les énergies fossiles bientôt déclinantes.

      1. @ Lemar
        Je voudrais vous faire part d’une réflexion et d’une expérience personnelle, mais d’abord je tiens à préciser que je respecte beaucoup le travail des chercheurs. D’ailleurs mon frère est astrophysicien ce qui le met dans la catégorie des chercheurs.
        Le milieu de la recherche n’est pas aussi pur que l’on pourrait le penser : la aussi il y a des contraintes, des luttes de pouvoir, des modes, des gens qui tirent la couverture à eux,…et des passionnés de recherche. Mais qui croyez vous qui tient les budgets? Les passionnés de recherche ou les autres? Donc si vous voulez avoir quelques budgets pour votre labo vous êtes obligé au moins à sacrifier à quelques modes dans les sujets que vous vous proposez d’étudier, et il faut publier régulièrement et à court terme si on ne veut pas que le flot de financement se tarisse.
        Dans ce contexte c’est très porteur de proposer un modèle climatique (la Terre est une planète n’est-ce pas). Mais si votre modèle fait des prédictions en contradiction avec l’air du temps la réaction habituelle est de ce dire « J’ai du me tromper, il y a quelque chose qui ne marche pas, il faut revoir les paramètres…etc. » Car votre espoir en proposant ce sujet, c’était juste d’obtenir des financements pour quelque chose qui vous tient plus à cœur, votre idée c’était d’éventuellement augmenter la précision des prévisions en tenant compte d’un plus grand nombre de paramètres mais surtout pas de contredire la vérité établie sous peine de vous retrouver pestiféré et désargenté (par ceux qui sont devenus incompétents à force de gestion administrative).
        Mon frère travaille sur l’équation de transfert, qui est celle qui est utilisée pour calculer comment le rayonnement réchauffe une atmosphère : c’est utilisable aussi bien pour une atmosphère stellaire que pour l’atmosphère terrestre. Il y travaille depuis la fin des années 70! C’est un domaine où les modélisations informatiques ne marchent que dans certaines conditions et divergent ou donnent des résultats faux dans les autres. Mon frère a réussi à calculer des résultats analytiques (et donc exacts par opposition à approchés) pour contourner ces problèmes. Cela n’empêche pas tous les modélisateurs de continuer à utiliser des codes informatiques en dehors de leur domaine de validité!
        J’explique tout ce contexte pour dire qu’ il entraîne un comportement un peu moutonnier et qu’il est donc possible qu’il y ait une erreur collective. Pour illustrer ce point le copie un extrait de mon site :
        « Il n’est pas douteux que le gaz carbonique est un gaz à effet de serre, il n’est pas douteux qu’en augmentant de manière significative la quantité de ce gaz présente dans l’atmosphère on augmente la température de la Terre. Mais la science nous dit que l’effet n’est pas linéaire, on approche de 100% d’effet de manière asymptotique, ce qui veut dire que lorsqu’on double la quantité de gaz carbonique, on ne double pas son effet. La science permet même de calculer l’effet direct de ce doublement qui est comme on l’a vu plus haut de l’ordre de 1°.

        Mais pour estimer l’effet indirect il faut savoir modéliser la Terre. On est certainement bien armé au niveau des lois physiques à appliquer pour faire cette modélisation, la difficulté c’est que la Terre est un système trop complexe pour être sûr des modèles censées la représenter.
        On valide en général ces modèles en vérifiant qu’ils fonctionnent bien pour restituer les données passées. Mais les données du passé récent sont en général plus précises que les données du passé lointain et ont donc plus de poids.

        Sur quelle pente doit-on valider les modèles en ce qui concerne la température de la Terre ces dix dernières années? La tendance longue qui croît régulièrement ou la tendance plus courte qui tient compte des variations naturelles pseudo cyclique dues au courant La Niña? Est ce que le modèle est suffisamment complexe pour reproduire le phénomène la Niña ou pas? Et combien de phénomènes inconnus sont pris en compte si on se cale sur les températures historiques de la Terre? C’est ce qui explique que les modèles utilisés soient de plus en plus sophistiqués.
        Une autre approche consisterait à enquêter sur les réactions du système « Terre » au forçage radiatif, on constate alors que le forçage prépondérant est celui qui résulte de la variation des paramètres orbitaux de la Terre qui a été modélisé par Milankovitch. Comme nous sommes actuellement dans le milieu de l’intervalle de variation de l’énergie reçue par la Terre, celle ci peut varier de l’ordre de 55W/m2 alors que les températures extrêmes moyennes ne varient que de 10°C.
        Si l’on considère la réaction relativement modeste de la Terre au forçage tout de même important généré par la variation des paramètres orbitaux, il semble que la Terre dispose de boucles de rétroaction négatives très puissantes alors que les modèles utilisés par le GIEC introduisent tous des boucles de rétroaction positives. Si c’est bien des rétroactions négatives qui doivent être considérées l’effet induit devrait contrer l’effet direct et la température devrait s’élever de moins d’un degré pour un doublement du CO2. »

        Je donne aussi un lien vers mon site, bien que ce ne soit pas mon habitude car la page en question contient des graphiques qu’il est impossible de reproduire ici.

        http://transition.wifeo.com/les-modeles-climatiques.php

    2. Lemar,

      Merci pour votre réponse. Il n’est pas question de dénigrer le travail des spécialistes. Mais plutôt de pointer du doigt la manière dont leur discours, que l’on devrait voir mis en avant dans le débat public, est repris en main par certains politiques (certains lobbies probablement) et qu’il ne reste pour le peuple que quelques chiffres illustrant ce qui finit par ressembler à une bataille de spécialistes.

      Et on finit par croire que le problème est le réchauffement climatique !

      Alors que c’est nous ! Notre mode de vie ! Notre façon de vivre !

      Pourquoi diable tout est-il mis en oeuvre pour que la prise de conscience si elle a lieu ne se généralise pas ? La question est générale : valable pour l’écologie, l’économie, etc.

      Merci pour vos réponses

  19. Bonjour

    Permettez-moi de commenter quelques phrases que vous écrivez :

    « Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. »

    S’il semble en effet qu’il y ait une augmentation des températures moyennes ces dernières années on vient de passer un des hivers les plus rigoureux et il est difficile d’affirmer que le réchauffement n’est rien d’autre qu’un phénomène cyclique comme la planète en connaît régulièrement. Je serais plus prudent que vous qui parlez de fonte des glaces permanentes…

    « En revanche, on sait très bien calculer combien de terres habitées et/ou cultivables seront recouvertes par la montée des océans,  »

    Non justement, les discours alarmistes d’Al Gore sur ce point semblent aujourd’hui complètement irrationnels. S’il y augmentation du niveau de la mer, ce ne sera que de quelques centimètres dans les prochaines décénnies. Les fontes des Icebergs ne font pas monter le niveau de la mer d’un mm comme « les glaçons qui fondent dans un verre de whisky »

    « La défense de la planète pour la planète n’a en effet pas grand sens. La planète n’a pas besoin de l’homme pour vivre. C’est l’homme qui a besoin d’elle. Le comportement pilleur et pollueur dicté par l’exigence du « tout, tout de suite » ne menace jamais que l’espèce humaine. La biosphère terrestre se remettra en fin de compte de sa stupidité : elle en a vu d’autres. C’est une évidence « incontournable » »

    Ah bon ? Vous pensez que quand on aura abattu une grande partie des forêts tropicales et que des espèces animales et végétales auront disparu… Elles s’en remettront ? Qu’elles ne sont pas menacées ou que seul l’humain compte ? Vous pensez qu’on peut se passer des animaux des insectes, des plantes ?

    Ça ne me semble pas du tout une évidence incontournable !

    Il serait peut-être temps que l’homme arrête de puiser dans la nature sans aucun respect pour elle. De plus nous sommes en train de nous empoisonner et de gaspiller de manière irrationnelle. Il suffit de mesurer les quantités de céréales et d’eau nécessaire pour produire 1kg de viande…

    Qu’on respecte l’homme ok mais les animaux aussi ! Certains jours je trouve le comportant humain bien plus animal et violent que celui des animaux.

    Il suffit de voir comment on élève et on abat le bétail et la volaille dans un grand nombre d’élevages pour produire toujours plus. On nous inculque qu’il est nécessaire de manger de la viande pour consommer des protéines, ce qui est une absurdité. On peut très bien se passer de viande surtout de viande produite à hautes doses d’antibiotiques et autres produits pour accélérer la croissance !

    Même aux médecins on enseigne qu’il faut manger de la viande pour assimiler des protéines. Quelle absurdité ! Quelle ignorance !

    L’augmentation des cancers humains en sont très probablement la conséquence.

    Il y a quelques années j’étais moi aussi un gros mangeur de viande… par ignorance.
    Aujourd’hui j’ai réduit de 95 % ma consommation de viande et je m’en porte beaucoup mieux.

    La chine devient plus riche et la population veut aussi manger de la viande… Très mauvaise idée pour la planète et pour nourrir sainement plus de gens ce n’est pas la solution.

    1. Même aux médecins on enseigne qu’il faut manger de la viande pour assimiler des protéines. Quelle absurdité ! Quelle ignorance !
      Assertion fausse.
      Les médecins passent leurs temps à « essayer » de corriger quitte à passer pour normatifs des maladies de civilisation,obésité ,diabète,fruits de la malbouffe et de de la sédentarité.

    2. Bon, ben, je vais me permettre de commenter aussi…

      « un des hivers les plus rigoureux » « qui parlez de fonte des glaces permanentes »
      Les dérèglements climatiques font partie du réchauffement dans le sens où il y a amplification des phénomènes à tout point de vue.
      Et, il ne faut pas être scientifique ou climatologues pour VOIR que les glaciers de la planète ont commencé à régresser d’une façon spectaculaire ces dernières années.
      Ce ne sont pas les icebergs qui en fondant vont faire augmenter le niveau des océans, c’est la glace qui étant présente sur terre et aux pôles.
      (N.B.: une ile dont la possession était disputée par 2 pays asiatiques a récemment disparue sous la flotte)
      Si vous vous tenez au courant des ouragans, tornades, cyclones,… du coté des US, vous constaterez que les nombre et intensité sont croissants.

      « discours alarmistes d’Al Gore »
      Il est un politicien qui, comme tout politicien écologiste, surfe sur la vague. En principe, un écologiste vise le bien de la planète et non le sien.

      « espèces animales et végétales auront disparu… Elles s’en remettront ? »
      Oui. Un grand principe est que la nature a horreur du vide. Et d’ailleurs, une étude récente a montré que les zone désertée par l’humain redevenaient luxuriantes en très peu de temps.
      Nous avons besoin de la nature pour vivre, elle, non.
      Supprimer le people à la télé, et tout le monde ira acheter les magazines qui en parle et consultera d’autant plus le net.

      « je trouve le comportant humain bien plus animal et violent que celui des animaux. »
      Oui et non. Ce que vous oubliez est que l’humain est un animal encore plus redoutable car il utilise le potentiel de son cerveau pour déconner encore plus.
      La preuve : j’écris ce commentaire.

      « aux médecins on enseigne qu’il faut manger de la viande pour assimiler des protéines »
      Je vous rappelle au passage que nous sommes des omnivores… Soit, nous avons besoin d’une alimentation la plus variée possible et dans laquelle ne manque AUCUN élément.
      Quand on pense que les félins ne mangent que de la viande… quelle horreur.

      « L’augmentation des cancers humains en sont très probablement la conséquence. »
      Ha bon…???
      D’habitude, je suppute sur du plus ferme… Evitez de jouer en bourse ou aux chevaux…

      « La chine devient plus riche et la population veut aussi manger de la viande »
      Hhmm…
      La Chine est comme tous les pays en voie de développement : ils rêvent de devenir aussi décadents que nous.
      Mais Dubaï fait pareil…
      On jette la première pierre à qui..???

    3. Bonsoir !

      Je vous rejoins Mr DEMOULIN, sur nombres de points.
      Une rélfexion cependant : Je n’accorde que peu de crédit à Mr AL GORE, de même que le GIEC. Je leur préfère les « déviants ».
      En effet, il ya moins d’intérêts de pouvoirs et d’argent en jeu….Significativement moins!!!

    4. Bien vu, Piotr. Et vachement plus efficace que mon long commentaire.

      Explicable, car je suis malade comme un chien. Avec les fautes d’orthographes qui vont bien…
      Un chien style husky : je ne bouffe en général que du poisson et suis bien content qu’on ait pas empêché la pêche du thon rouge.

      Le plomb va me manquer. Saint Saturne, priez pour moi.

  20. Bonjour M. Jorion

    Etes vous vraiment sûr que ca se réchauffe ?
    Moyenner de façon arithmétique une valeur intensive mal échatillonnée comme la température sur 1/3 continental de la planète est-il logiquement bien rigoureux? 2° de variation sont-ils inquiétants? Quels risques réels sont établis?
    Est-ce humain alors que la vapeur deau (et les nuages), le plus complexe des gaz à effet de serre naturel n’est pas étudié au profit du CO2 10 fois moins important. Tout le monde admet pourtant que les grandes variations d’humidité causent de grands désordres.
    Que voyez vous de concrêt d’ailleurs sur ce CO2, à la source de la vie, dont il ne reste plus qu’1/1000 du stock initial? Aucune étude globale sérieuse sur son accumulation ses échanges avec le vivant, les carbonates et l’eau.
    Il faut comme Simorg revenir à Aristote et clarifier les raisons qui dirigent le chaud et le froid qui s’affrontent sans cesse sur la planête et fortifier notre désir de prendre des décisions pour le bien commun, ce qui ne va pas dans le sens de l’individuation chrétienne (et financière ou pirate) que vous évoquiez récemment.
    Bien à vous

    1. Concernant le vapeur d’eau.

      La vapeur d’eau serait responsable d’à peu prês 60% de réchauffement. La vapeur d’eau évolue avec le climat car son temps de recyclage atmosphérique est très faible par rapport aux autres gaz à effet de serre, voilà pourquoi on s’intéresse aux autres gaz à effet de serre, et particulièrement à ceux qui sont significatifs et qui ont une longue durée de vie dans l’atmosphère. L’homme n’est pas capable de modifier directement le vapeur d’eau, il ne fait que la modifier indirectement en modifiant l’atmosphère qui modifie à son tour le climat. Un climat plus chaud est aussi un climat plus humide.

    2. @peak oil
      Je connais cet argument qui revient à éliminer falacieusement le principal gaz à effet de serre qui reste pourtant présent mais « inactif » bien que variable et de privilégier le second que l’on fortifie grace à un effet rétroactif positif de celui que l’on a éliminé!
      chapeau les artistes!
      La variabilité du premier gaz ne peut evidemment en rien influer sur les températures puisque l’humidité moyenne est considérée comme constante!
      Comprenne qui pourra.

    3. J’ai commencé par dire que la vapeur d’eau correspondait à 60% du réchauffement donc je ne vois pas en quoi ce GES serait actif. La vapeur d’eau à une durée de vie bien plus faible dans l’atmosphère que les GES émis par les hommes donc je ne vois pas en pourquoi vous pensez que la vapeur d’eau serait considérée comme constante, et cela même si certains modèles informatiques n’arrivent pas encore à en tenir compte comme il se doit (et sachez que cela ne sera jamais parfait). Sa variabilité est plus grande que celles des autres GES ce qui fait que son impact varie également bien plus, il n’est pas question de le nier. Les scientifiques s’intéressent principalement aux GES qui sont dits résilients et qui sont ceux que l’homme produit en masse car on s’intéresse ici au long terme, la climatologie et à l’impact que l’homme a sur l’atmosphère. Plus le nombre d’atomes qui constitue un GES est important, plus celui-ci est à une grande durée de vie dans l’atmosphère et plus son impact sur le réchauffement est important. Sinon, je suis convaincu que la grande variété des gaz présents dans notre atmosphère n’a rien à voir à ce qui a existé avant l’ètre des hydrocarbures et je suis convaincu que notre milliard et quelques de moteurs à combustion ont un impact mesurable sur l’atmosphère.

    4. @PEAK OIL
      Disons 60% d’effet de serre pour la vapeur d’eau dont la variabilité nuages compris est trés mal cernée.
      Quelle et la part de variabilité de cet effet de serre qui s’exprime dans la météo classique qui affecte  » le climat »? Pensez vous que celà puisse être considéré comme du mouvement brownien ou bien y a-il « une histoire » dans l’affrontement de l’air et l’eau chaude et froide en perpétuel affrontement. Cette histoire peut-elle être racontée avec les seuls continents?

    5. Plus généralement, je me dis que « parler du temps qu’il fait » a sans doute été le principal sujet de conversation de l’histoire des hommes.
      Les trente glorieuses sont alors arrivées, et nous avons cru pouvoir nous affranchir aussi des contraintes météo…. Et puis non, finalement.
      Après cette parenthèse de quelques années, le sujet redevient N°1 au box office, cette petite nouvelle est déjà une bonne chose.

    6. @Monmon.
      Je ne m’y connais pas assez en climatologie que pour dire si cela peut être appelé un mouvement brownien, même si cette idée est séduisante. Je fais confiance à la majorité des climatologues qui avancent l’idée d’un RCA tout comme j’ai fait confiance à l’époque à la majorité des scientifiques qui ont prétendu que les CFC détruisaient l’Ozone. Les éléments que ces scientifiques avancent me semblent plausibles et plus que pertinents.

      Je crois les historiens quand ils disent qu’au début de XXème un Smog tuait à Londres … Entre temps nous sommes passé en gros de 1 à 6 milliards et tout le monde veut sont moteur.

    7. @ PEAK OIL
      La meilleure trace d’une histoire du climat est donnée par les glaciations de l’hémisphère nord.
      Une glaciation est un stockage continental de neige. Les cartes montrent que la répartition des glaces n’est pas lié à la seule température car elle ne suit pas les parallèles. Il a fallu ammener beaucoup de neige en climat continental sec pour couvrir le Canada de glace et faire baisser le niveau marin de 120M. Cette glace a fondu partout sauf sur le Groenland. Voilà résumée une belle histoire qui peut s’expliquer peut-être sans changement initial de températures ou influence de CO2.
      La banquise de l’ocean arctique fond aussi grâce à l’eau apportée par les fleuves. Le rôle de la température n’est pas unique. Voilà une autre histoire à une autre échelle.

    1. Je voyais simplement des cheminées d’usines qui se cassaient la figure… et un complot contre l’ordre établi…. mais je viens de revoir le Dr. Mabuse, le contenu reste peu révélateur par rapport à la crise actuelle. J’ai néanmoins trouvé dans ce film une scène reprise dans « Délicatessen », lorsque l’eau monte dans la pièce….

      Il y a une sorte de philosophie du crime à savoir que la finalité du crime serait une société entière régie par le crime, sous forme terroriste, et ceci m’a rappelé la doctrine des faucons US, qui était d’agir de façon irrationnelle et violente, pour effrayer au plan géopolitique.

      L’un des attentats consiste bizarrement à remplacer les billets d’une banque par de la fausse monnaie, de sorte que la banque mettrait en circulation elle-même de la fausse monnaie !

      La scène de la voiture sur la route, et la silhouette du Dr Mabuse rappellent des scènes comparables chez Carpenter, l’Antre de la folie…

      Nous avons tous plusieurs vies en parallèle, pour ceux qui ont de la chance, mais sinon il n’y a pas que le rêve et la réalité, il y a le net, le rêve, la vie créative, etc, et la réalité pour finir, tout ceci peut avancer de façons totalement séparées ….

      Par exemple, j’adore Rimsky Korsakov :

      http://www.youtube.com/watch?v=ty8CCHicF40
      http://www.youtube.com/watch?v=zblTYPZ4MdA

      Magnifiquement dirigé ici, qui résume en même temps qu’une force printanière, un élan pour la vie, une énergie folle, des thèmes anciens de musique liturgique slaves sans doute, et… pourtant, tout ceci n’existe que dans la personne qui écoute et dehors tout le monde s’en fiche, ça ne change rien à rien. Et pourtant l’essentiel, de ma vie (en ce moment) se passe dans la musique, alors… et il en est de même pour beaucoup, la réalité n’est qu’une part de nos existences, en tout cas n’est pas le tout.

      Aussi la grande Porte de Kiev de Moussorgsky

      http://www.youtube.com/watch?v=GiK-U0XtfJ4

      Quand le contour intérieur ne correspond plus au contour extérieur, diraient les surréalistes….

      Je suis dingue de musique !! Je ne sais même pas que faire de toute cette beauté et de cette force.

  21. J’ai toujours eu l’impression que le réchauffement climatique d’origine humaine était trop médiatisé que pour être honnête. Il est vrai que je suis assez cynique.
    Le système économique fonctionnant sur la confiance en l’avenir, il est impossible de médiatiser a outrances des théories comme le pic pétrolier et ces conséquences. Par contre en prenant comme cible le résidu des émiions fossiles (le C02) et en le diabolisant, on peut essayer de préparer le terrain sans catastrophisme. Mieux encore en tirer profit et sur le plan politique présenter ce qui sera une réduction du C02 (car – de pétrole extrait chaque année) comme une victoire.
    J’ai également l’impression qu’a force de parler réchauffement tout le monde oublie l’exponentielle de la croissance démographique. Il y aura entre 9 et 10 milliards de cerveaux pour chercher des solutions mais aussi d’estomac à remplir.

    « En toute hypothèse, explique la Division de la population, la forte natalité ne peut se maintenir au rythme actuel, sauf à voir la population mondiale monter à 44 milliards en 2 100, 244 milliards en 2 150 et 1,34 trillions en 2 300 » http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=9344&Cr=Population&Cr1=DESA

    La grande question est comment la démographie va-t-elle se stabiliser. Par une amélioration des conditions de vie des populations les plus défavorisées ? Par une émancipation généralisée de la femme ? Par un retour à des gouvernements fort et des méthodes à la chinoise ?
    Ou alors par la force des choses (et de la nature) par des famines ? Des guerres pour les ressources ? Des épidémies ? Une augmentation de la mortalité infantile ?
    Imaginons un instant (c’est difficile) que rien ne change et que l’homme arrive à éviter le pire et à garder le statut quo; les 1.34 trillions d’humains de 2300 auraient à mon sens d’autres problèmes à résoudre que la fonte des glaces.

    1. Pour le moment on prend clairement le chemin de la régulation de la pop par la pénurie. Le ‘Business As Usual’ est en passe de devenir une arme de destruction massive.

  22. Serions nous responsables du réchauffement climatique et de la montée des océans ?
    Aujourd’hui nous avons visité une exposition sur le transport fluvial au Moyen-Age . On nous y a rappelé qu’alors l’Océan Atlantique allait jusqu’à 40 km à l’intérieur des terres du côté de Rochefort (17) , que Niort (79) était un port franc et que l’île de Ré était formée de 3 îles comme après la tempête Xynthia .
    Montée et redescente cycliques des océans ? Réchauffement et refroidissement cycliques de la terre ? On dirait que la mémoire des jeunes générations est de plus en plus courte et que chaque phénomène cyclique, depuis une vingtaine d’années, leur apparait toujours comme une catastrophe inédite dont nous serions responsables.
    Est-ce l’influence de toutes ces sectes apocalyptiques qui nous font battre notre coulpe du matin au soir alors que bien peu d’entre nous ont encore les moyens d’entretenir une voiture et de manger à leur faim ? Evidemment, on ne voit que ceux-là : les pauvres sont toujours invisibles, surtout dans les médias .

    1. Quand je vous lis, j’ai l’impression que la plus grosse tare des jeunes, c’est d’être jeune. Et du haut de mes petits 36 ans, je peux vous dire que j’ai beaucoup de compassion pour les jeunes à qui ont est en train de proposer si ce n’est une terre brûlée, une tonne de dettes que n’importe quel citoyen digne de ce nom n’aurait jamais accepté ! Sinon, je suis prêt à parier que vous êtes cornucopienne …

    2. cette question relativement à la mémoire, n’est pas fatalement une question d’âge, ne faudrait-il pas y intégrer le fait que nous déménageons beaucoup, et que d’autant déménager, forcément nous décale un peu de ce savoir des ancêtres, autrefois gardiens cette mémoire locale, aussi bien celle des couloirs d’avalance, que de celle des ruisseaux imprévisibles, que …

  23. Comment sauver l’humanité du Rechauf. Clim.? Réponse brain storming : en devenant plus féminin nous les hommes 😉 !!

    Intéressé au problème du Chang Climat. depuis 2003, j’ai depuis quelques mois levé le pied sur la question des négo internationales après avoir cru un temps que cette démarche ne pouvait qu’être que la bonne. Face à un problème mondial une solution mondiale. 🙂 ben vi !! mais non !! 🙁

    Face à ce qui apparaît hyper complexe, du fait entre autre de notre goût immodéré à toujours rendre les choses toujours plus « technique », il est important de remonter cette chaîne de complexification et de retrouver les éléments communs.

    Le symptôme de notre mal développement qu’est le changement climatique m’a amené à cette démarche de réflexion.

    En temps qu’habitant de cette petite planète je ne prétends pas avoir un esprit « universitairement » très intelligent. Pour autant mon esprit est généraliste et adapté à interconnecter les infos de différentes spécialités.

    Dans un premier temps, pendant plusieurs années, je m’interrogeais avec d’autres, pour trouver des projets d’actions à mettre en oeuvre qui aient un pouvoir à effet levier très puissant pour enclencher une spirale vertueuse à notre niveau européen. (les riches détruisent la planète ne l’oublions pas (Kempf) ).

    J’avais pensé à la relocalisation de la production alimentaire moins riche en protéines animales qui est peu assimilable par l’organisme (pas plus de 80g/repas) et avec des exigences qui dépasse le simple « bio ».
    La nourriture et l’agriculture sont des archétypes très puissants dans l’esprit et la culture humaine.

    Lesquels archétypes sont les supports de mythes pour les sociétés (les rêves des sociétés) et de rêves pour l’individu : « L’imagerie » de ce à quoi et comment il aspire vivre sa vie. Mais comment faire pour pousser à ce basculement ?

    Ce type de réflexion m’a amené à pousser des collègues lobbistes experts sur les questions climats a ne plus réfléchir en terme de technique de réduction de gaz à effet de serre mais plutôt de réfléchir à des propositions à effet levier qui fassent qu’on ne parle pas de GES (taxe carbone, technologie moins émettrice, MDP etc.) , mais plutôt de réfléchir en terme d’organisation sociale qui offre un autre cadre de prise de décision collective. Leur réponse fut : « ??? » (que veux tu dire par là ?)

    En effet, comment imaginer sortir de ce guêpier si on demande à ceux qui nous y ont poussé de nous trouver des solutions ? C’est impensable comme disait Einstein ;-).

    Quelle serait cette structuration sociale qui serait susceptible d’influencer plus rapidement nos sociétés et mettre en place des mesures collectives et individuelles d’adaptation sans pour autant remettre en question nos qualités de vie ? Et qui interrogerait notre manière de vivre « la société » pour qu’elle redevienne un ensemble d’ « êtres vivants » et non plus une des « forces de la nature » qui plus est destructrice. (Force de la nature au même titre que l’est le soleil, les équilibres chimiques de l’atmosphère, les forces telluriques etc..)

    Car l’humanité est belle est bien à elle seule une force de la nature. Elle a transgressé un tabou suprême du vivant que notre génération d’humain a franchi.

    De même qu’il existe un tabou au sein de l’humanité qui nous protège de l’inceste, n’y aurait-il pas à ouvrir les yeux sur cette notion de tabou, à mettre en évidence, et à créer en chacun de nous pour donner l’énergie d’agir pour protéger les équilibres de cette planète. 😉 !

    Par rapport au fait d’ouvrir les yeux, j’ai pu lire que certains d’entre vous osent parler vrai, sans peur de remettre en question « Le » problème majeur : le capitalisme.

    Ce mode de pensée qui entraîne des qualités de relations humaines qui ne sont pas compatibles avec la bonne entente entre les Etres. (Inter-humains, l’Humanité et la biosphère)

    A lire la définition du capitalisme de Keynes « c’est un phénomène d’accumulation, où l’argent doit se transformer en toujours plus d’argent en passant par l’exploitation du travail. C’est un système ou les 3 biens fondamentaux ont été mis sur le marché : la terre, le travail, l’argent. ».

    Nous sommes aujourd’hui dans ces 3 crises là.

    Silvio Geisell un des pionniers de la monnaie fondante proposait une monnaie qui ne sert pas à l’accumulation, car il avait compris que l’accumulation est la perversion du capitalisme. Pourquoi pas ?

    Je suis devenu persuadé comme la plupart d’entre vous que le capitalisme a fait son temps, après avoir été un formidable moteur pour dynamiser le développement technologique de certaines sociétés de notre planète.

    Or, tous mes échanges autour d’éventuelles solutions à trouver pour faire face à cette multitude de crises m’a conduit à entrevoir une seule solution commune celle d’

    ELEVER
    NOTRE NIVEAU DE DEMOCRATIE localement pour influer le plus rapidement possible (qqs années) sur l’échelon Européen par la suite. Des communes le pratique déjà déjà en France.

    Une transition est possible dans la non violence, et dans les cadres définis par nos anciens, dans le cadre de la constitution actuelle.

    Pourquoi une telle proposition ? Avez vous remarquez la qualité de ce blog ? Quelle en est la raison ?
    Elle est double : la qualité des analyses des boss, et la qualité de vos réactions. La mise en oeuvre de l’intelligence collective et la mise en synergie des compétences locales.
    Il en fut de même du Grenelle environnement (Relisez le Tome I, je ne parle pas de la suite, vous en conviendrez 😉 )

    Et dans un deuxième temps d’évolution pourquoi pas cette piste :

    Et
    si on changeait ?
    Une Bd pour vous détendre et offrir d’autres perspectives 😉
    BD sur l’économie distributive.

    Merci pour vos arguments

    1. Tinsmar,

      Si « élever notre niveau de démocratie » est synonyme de « faire en sorte que la prise de conscience se généralise » merci pour votre message 🙂 !

    2. En effet Fab,

      Je fais exprès bien souvent de ne pas m’étendre sur ce blog sur les multiples avantages qu’offriraient aujourd’hui l’élévation du niveau de nos démocraties. Cf lien URL sur mon pseudo. Et oui, entre autre, il y a le fait que par l’éducation populaire qui se met automatiquement en place, lorsqu’on travaille ensemble localement (ex : commune) sur des projets concrets dans la co-construction avec la recherche du consensus, il s’opère des échanges culturels vastes qui ouvrent les yeux de tout un chacun : donc une meilleure prise de conscience. 🙂

  24. Se faire un avis fondé sur ce sujet nécessite un travail important. Ce que l’on trouve dans les médias est complètement faussé par leur besoin irrépressible de sensationnel et de polémique, qui les pousse à surreprésenter monstrueusement les climatosceptiques. Quant aux arguments de café du commerce qui foisonnent dans tous les blogs sur ce sujet, ils ne démontrent que l’ignorance et la paresse intellectuelle de leurs auteurs.

    Je me documente sur le sujet depuis 20 ans. De cette expérience, je me permets de recommander 3 sites pour ceux qui sont prêts à investir du temps là-dessus : http://www.manicore.com (Jancovici), sauvonsleclimat.org (association Sauvons le climat) et http://www.realclimate.org (surtout en anglais; comporte un wiki complet sur tous les arguments des climatosceptiques). Les 3 indiquent leurs sources, ce qui permet de fouiller encore plus si nécessaire.

    Si vous n’êtes pas disposés à faire cet effort là, il vaut mieux faire confiance au processus scientifique le plus rigoureux, celui qui est coordonné par le GIEC et qui indique qu’il y a 9 chances sur 10 que nous soyons en train de bouleverser le climat.

    Ceci posé, que vaut-il mieux faire ? En fait, tout : et réduire les émissions de GES (sinon on part vers des 6 à 10° de plus, et l’ « adaptation » sera sanglante), et faire de l’adaptation, parce qu’on ne peut probablement déjà plus couper à une hausse moyenne de 2 à 3°C.

    Ultime recours si le réchauffement s’emballe à cause du méthane de l’Arctique (pergélisols de le toundra et des plateaux continentaux, hydrates de méthane des talus continentaux), et il y a des indices peu rassurants en ce sens : la géoingénierie (extraction à grande échelle du CO2 atmosphérique, « parasols » artificiels), le plus réaliste étant la dispersion de millions de tonnes d’aérosols soufrés dans la stratosphère (« effet Pinatubo »). Personne n’ose en parler ni lancer vraiment les études de peur de démobiliser les gens sur la réduction des émissions de GES – ça se fera donc, s’il y a lieu, dans la panique le moment venu.

    La moindre des choses, vu la responsabilité des pays développés dans le stock actuel de GES (mais la Chine nous rattrape là aussi à la vitesse V), serait de faire tout ce qu’on peut pour abaisser nos émissions sans mettre nos économies par terre – et beaucoup aurait pu être fait et n’est toujours pas fait, faute de prioriser les dépenses selon leur efficacité en émisions évitées par euro investi (le site de Sauvons-le-climat est le plus intéressant à ce sujet).

    Les failles de notre système politique font, comme vous l’avez noté, que le long terme ne sera pas pris suffisamment en compte; quand les vraies catastrophes climatiques inédites commenceront (probablement avant 2020), il faudra basculer dans la précipitation dans une sorte d' »économie de guerre » où toute décision sera subordonnée à la lutte climatique.

    Sera-t-on encore en démocratie ? Autant qu’on peut l’être en période de guerre, au mieux.

    En tout cas, je conseille à chacun de surveiller l’évolution climatique (par les dépêches scientifiques, par par les grands médias) et à anticiper pour son propre compte (habiter solide, le plus possible à l’abri de catastrophes naturelles « exceptionnelles », pouvoir se passer de carburants et d’électricité à l’occasion…).

  25. Claude Allègre a falsifié un graphique scientifique dans son dernier ouvrage  » L’imposture climatique » :
    http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9181

    A signaler un excellent article de Paul Ariès dans le numéro d’avril de la Décroissance. Il cite principalement des sources militaires : « Nous sommes en présence d’un évènement catastrophique qui semble inévitable… »
    un scénario pour 2040 intitulé « Changement climatique grave » et « qui part du principe que les prévisions de réchauffement sont systématiquement sous-évalués, les modèles de projection omettent ainsi les effets de rétroaction positives », c’est-à-dire tout ce qui viendra amplifier le phénomène…
    …crise alimentaire majeure avec des risques de guerre car « les pays incapables de nourrir leur population ont peu de chances de rester raisonnables. »

    1. Avec la sous-évaluation du RCA, la sous-évaluation de la disponibilité en énergie, et la sous-évaluation de l’impact des limites à la croissance sur le finance mondiale, on se gave avec un cocktail détonnant. Tout cela suit son cours et le point de bascule est en vue pour la première fois dans l’Histoire de notre civilisation.

      Nous sommes en train de griller nos dernieres cartouches à l’échelle globale, nationnale et régionale, et tragiquement tout le monde se sent prisonnier-victime de son petit quotidien. Hélas, mille fois hélas, le quotidien de demain va nous enfermer bien davantage. La seule alternative semble être la prise de conscience et un débat démocratique bien plus riche que ce que l’on a jamais connu.

      Cela dit en passant, merci pour ce blog et ses intervenants.

    2. Le Giec ayant falsifié les siennes , est-ce que ça fait 1 / 1 balle au centre ?

      Par contre le traitement d’évènements à priori identiques est bien différent sur contre-info … 2 poids 2 mesures ?

  26. Quelques précisons d’ordre technique me semblent nécessaires :

    Sur l’existence du changement climatique récent :
    – c’est par l’observation sur l’ensemble des continents ET des océans, de la diminution des surfaces des zones enneigées qu’on peut maintenant très bien suivre, qu’on peut sans ambiguité déduire l’existence d’un réchauffement, qui continue à s’accélérer. Ici, il s’agit d’observations et non de projections. Chacun peut d’ailleurs les vérifier…

    Les méthodes utilisés pour se projeter dans le futur sont d’abord validées dans le passé, et leur capacité à reproduire les fluctuations déjà observées. Après cette validation, elles sont utilisées dans le futur, avec diverses hypothèses sur les futures concentrations de GES (qui dépendent donc de scénarios d’activité économiques). Le réchauffement le plus important s’obtient avec l’hypothèse d’une croissance sans entrave des GES. Toutes les méthodes fournissent un résultat convergent de ce point de vue.

    Sur l’origine non anthropique (liées par exemple à l’activité solaire), pour le moment, aucune (à ma connaissance) n’a permis d’expliquer de façon satisfaisante les fluctuations déjà observées. Néanmoins, bien sûr, la porte ne doit pas être fermée.

    1. je ne sais pas si l’homme réchauffe ou non le climat,
      -par contre la pollution est évidente, le gaspillage est évident
      -un réchauffement posera fatalement des problèmes, l’eau va mobiliser
      nous pouvons donc évidemment essayer de travailler à nous organiser de gaspiller moins, de polluer moins et si possible réussir
      mais encore anticiper un peu plus loin des difficultés à venir, (même pour les continentaux les glaciers ne sont-ils un peu pour nous à comprendre comme des chateaux d’eau, ne maintiennent-ils une relative inertie des flux des rivières …..) et pour cela donc travailler
      (et cela autrement plus sérieusement que des permis à polluer, puis d’une taxe carbone …)

  27. Petite réflexion sur la notion d’écologie prise dans son ensemble:

    Quelle différence(s) entre l’humanité et le reste du monde vivant quant à la question écologique? J’en entrevois deux.

    D’une part, il convient d’admettre que tout être vivant impacte l’environnement d’une multitude de manières et devrait par conséquent être intégré aux études sur le sujet qui se voudraient exhaustives. Toutefois pour atteindre cet objectif particulièrement exigeant, il serait également nécessaire de considérer les dynamiques environnementales en elles-mêmes, c’est à dire les phénomènes qui ne relèvent pas du vivant mais qui influent néanmoins sur l’environnement.

    La première différence est issue de ce constat. Seule l’espèce humaine a conscience de l’emprunte qu’il laisse sur le monde: Un prédateur animal qui attaque sa proie ne se soucie pas de savoir si celle-ci est la dernière représentante de son espèce, il se contente d’assouvir son besoin de se nourrir.

    A ce titre, le propos de l’écologie est précisément d’envisager ce réseau d’interactions dans toute sa complexité. L’écologisme, dérive idéologique qui lui est associée, tend pour ainsi dire à atteindre l’objectif opposé, c’est à dire à réduire autant que possible l’ensemble de la problématique pour en faire un argument strictement politique.

    D’autre part, si l’impact de tout être vivant est à considérer, il est néanmoins nécessaire de prendre en compte les questions d’échelles et à ce titre, il convient d’admettre que l’impact humain sur l’environnement soit décuplé par rapport à toute autre espèce vivante de par un élément qui lui est singulier: Son industrie (au sens large).

    Ce deuxième aspect permet de relativiser le premier: L’impact environnemental des êtres vivants non-humains peut être considéré comme négligeable au moins dans certains domaines, en l’occurrence ceux qui sont typiques de l’activité humaine.

    Tout ceci suscite une question – tout à fait dans « l’air du temps » – relative aux conséquences à tirer des éléments précédemment posés. A la question: « Comment réduire l’impact environnemental de l’humanité? » Est-il concevable qu’on puisse répondre par l’augmentation, ou dans une version édulcorée par le maintien des niveaux de production et de consommation dans les populations humaines, qui ne sont rien moins que les entrées/sorties de « l’industrie » précédemment évoquée?

    Il serait illusoire de considérer qu’une technologie quelle qu’elle soit puisse réduire l’impact environnemental d’une industrie donnée. Au mieux, celui-ci est simplement modifié pour être replacé dans un contexte dont aucune étude ne s’occupe – encore – de mesurer les effets. On peut à ce titre prendre l’image du milieu du dopage, qui perdure essentiellement en créant régulièrement des produits dits « intraçables », car il ne sont tout simplement pas encore recherchés lors des contrôles.

    Dès lors qu’on admette les éléments d’analyse ci-dessus, on remarque que dès la première ligne d’introduction, ce billet se place résolument dans une approche propre à l’écologisme et non à l’écologie:

    « L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences. »

    Les causes du phénomène décrit sont reléguées au second plan – pour ne pas dire simplement évacuées du débat – tandis que l’enjeu politique est placé au cœur de la discussion. Il est également intéressant de noter que le tout soit présenté par un biais catastrophiste: Les conséquences du réchauffement climatique sont supposées nécessairement néfastes puisqu’il n’est question que de trouver le moyen de s’en protéger. Rien de positif n’est à espérer dans la vision proposée, et pour cause puisque la chose n’est tout simplement pas même envisagée.

    L’humain est considéré comme enjeu unique, comme si celui-ci pouvait se soustraire à sa condition, totalement inféodée à l’environnement dans lequel il vit. A ce titre, les enseignements du sommet de Copenhague sont également interprétés dans un sens tout à fait particulier: Plutôt que de convenir de l’exemplarité nécessaire à laquelle les pays développés devraient s’astreindre pour convaincre leurs interlocuteurs, on préfère reconnaître à ces derniers leur droit « légitime » à devenir eux aussi des Gargantuas comme les autres.

    Un seul élément de ce billet emportera finalement mon adhésion: La planète n’a pas besoin des humains pour continuer de vivre, et si ceci doit se vérifier, ce sera peut-être parce qu’ils n’auront pas su abandonner cet anthropo-centrisme antédiluvien auquel ils ne manquent pas une occasion de se référer.

    1. Dissonance,

      Je vous rejoins sur toute la ligne (http://www.pauljorion.com/blog/?p=9909#comment-69685)

      « Dès lors qu’on admette les éléments d’analyse ci-dessus, on remarque que dès la première ligne d’introduction, ce billet se place résolument dans une approche propre à l’écologisme et non à l’écologie » : je tiens les mêmes propos vis-à-vis de l’économie et de l’économicisme !

      La route est longue, surtout vers la fin.

    2. « L’humain est considéré comme enjeu unique, comme si celui-ci pouvait se soustraire à sa condition, totalement inféodée à l’environnement dans lequel il vit. » : tout à fait d’accord avec toi, Dissonance ! L’intention de l’article semble logique et humaniste, « sauver l’humanité », mais repose sur du vent. Pourquoi faudrait-il sauver cette espèce dont le seul mérite évident est de détruire les autres ?

      Voilà qui me fait penser à Hubert Reeves et ses pompeuses déclarations du genre: « la conscience, FLAMBEAU de je ne sais plus quoi au juste ». On imagine que l’espèce humaine est la seule dans l’univers à en disposer, et donc que si elle disparaît, le « flambeau » s’éteint. Hubert oublie que ce flambeau n’éclaire pas bien loin, et que, la conscience n’étant qu’un aspect des systèmes biologiques de traitement de l’information, d’autres espèces peuvent fort bien en avoir une aussi. Mais ça, il ne l’imagine pas, il l’occulte, sinon son flambeau tombe à l’eau.

    3. @Dissonance :
      Sur l’écologisme, je vous rejoint en tout point.

      La climatologie interfère avec la science politique à trois niveaux :
      1/ En absence d’humanité, la nature est en équilibre, c’est l’humain qui perturbe cette symbiose entre les êtres vivants et leur planète. Cette proposition est radicale.

      2/ La critique de l’action humaine se résout dans la climatologie. Puisque l’apriori de la théorie du RCA est anthropocentriste, le CO2 a été choisi comme marqueur singulier de l’industrie humaine sur sa biosphère. Tout expert déclaré soutenant la thèse du CO2 comme GES le plus marquant vis-à-vis du climat, peut devenir acteur de la scène politique, ou expert digne d’être consulté par des politiciens.

      3/ Il n’y a pas d’autre science qui se soit retrouvée dans le champ politique international à cette échelle, surtout sans avoir produit une seule preuve irréfutable et reproductible en laboratoire. C’est une rupture historique.

      Pour les trois raisons citées plus haut, la climatologie a quitté le champ de la science raisonnable lors de la nomination d’Al Gore au Nobel de la Paix. Sa vulgarisation a été entachée par les médias qui pendant 10 ans ont utilisé le catastrophisme parce que « ça allait dans le bon sens ».

      La climatologie est un contrôle social achevé de notre époque : se donner bonne conscience en tant que scientifique quand on travaille dans ce champ, se donner bonne conscience en tant qu’idéologue parce qu’on a besoin d’une « théorie du tout », se donner bonne conscience quand on est journaliste en imaginant « élever en conscience » ses lecteurs, à défaut de vraiment les informer.

      Entendu que les climatologues de notre époque n’auront pas à manger leur chapeau dans 50 ans, quand on se rendra compte que les modèles informatiques ne sont que des modèles, et qu’ils ne pouvaient incorporer toutes les données et variables du problème. Mais a-t-on besoin de modèles informatiques dédiés pompeusement au calcul du futur climat de notre planète pour apprendre à ne plus polluer et respecter à minima certaines normes industrielles ? Histoire de préserver la reproduction de notre propre espèce …

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