Fonds vautours : le début de la fin ?, par « Moi »

Billet invité

Le but de cet article n’est pas d’expliquer ce que sont les fonds vautours, ni de décrire leurs méthodes rapaces qui les conduisent à fondre sur des Etats endettés qui retrouveraient une certaine solvabilité et, parfois, à s’emparer directement de manière légale des aides au développement. Nous renvoyons pour cela au rapport de la plate-forme « Dette et développement » et du CNCD qui nous a servi de base de travail pour l’élaboration du présent article, ou encore aux articles déjà parus sur ce blog ainsi qu’aux débats qui s’en sont suivis. Nous allons plutôt nous attacher à décrire les actions possibles, et qui nous semblent efficaces, pour lutter contre ces fonds, avec une perspective sur l’actualité récente.

Il est utile, dans un premier temps, de rappeler la situation historique qui rend possible l’existence de ces fonds vautours. Ainsi, il convient de remarquer que, jusque dans les années 1950, le recouvrement des dettes d’Etat n’était pas chose courante. Il était par ailleurs illégal d’acheter une créance dans le seul but d’obtenir un remboursement via une action judiciaire. C’est comme par hasard dans les années 80, celles de la révolution néo-libérale, que la situation change. Sous l’effet de plans de rééchelonnement des dettes inspirés par Washington et leur transformation en actifs commercialisables sur le marché secondaire, les premiers fonds vautours apparaissent aux Etats-Unis. Ils restent aujourd’hui encore majoritairement d’origine anglo-saxonne, mais basés dans des paradis fiscaux, ce qui empêche toute action à leur égard.

Une implication déplorable de l’apparition de cette activité financière est la mise à mal des plans d’allégement de dettes multi ou bilatéraux (le plus récent, en 2005, est l’IADM, l’Initiative d’Allégement de la Dette Multilatérale, ou MDRI en anglais). Selon certaines estimations, les fonds vautours auraient déjà extorqué, au détriment des populations, près de deux milliards de dollars aux pays du Sud dont la solvabilité s’était améliorée grâce à ces initiatives d’allégement des dettes. Il est à noter que ces conséquences étaient prévisibles car les plans d’allégement n’étaient pas contraignants pour tous les créanciers. Ceux du secteur privé ont en majorité refusé de les mettre en pratique. Du coup, l’abandon des créances détenues par certains Etats a provoqué un appel d’air financier vers les acteurs du secteur privé, souvent originaires de ces mêmes Etats. Que cela fût désiré ou pas (nous avons notre idée sur la question), le fait est que de l’argent initialement destiné aux contribuables des pays créditeurs a enrichi les détenteurs de créances privées, et parmi eux les fonds vautours.

Pour lutter contre ces derniers, certains prônent l’élaboration d’un droit international de la dette souveraine qui s’appliquerait à l’ensemble des créanciers. Une solution plus simple et potentiellement plus efficace consisterait à prendre le mal à sa racine en régulant le marché secondaire de la dette dont l’utilité mérite d’être posée, notamment pour ce qui concerne les dettes souveraines. Il conviendrait simplement de revenir à la situation antérieure aux années 80 :

– interdire l’achat d’une créance dans le seul but d’obtenir un remboursement via une action judiciaire ;
– proscrire la conversion des créances en actifs réels ou en titres, par pure précaution (eu égard au rôle probable joué par la titrisation dans la crise actuelle).

Il suffit d’observer les mesures proposées par le FMI ou le Club de Paris (des codes de conduite non contraignants ou la fourniture d’assistance juridique aux pays victimes des fonds vautours) pour réaliser que les mesures qui régleraient de façon définitive la question sont encore loin d’être au programme. Néanmoins des actions plus limitées sur le plan législatif sont réalisables et ont déjà timidement commencé à voir le jour, par exemple en France, en Belgique et surtout en Grande-Bretagne.

En 2007, un reportage de la BBC faisait connaître au public de Sa Gracieuse Majesté l’action des fonds vautours et de certains de leurs dirigeants, tels Michael Sheehan qui se fait lui-même appeler « Goldfinger ». Ce reportage contribua grandement à l’adoption d’une loi au parlement britannique limitant fortement les possibilités de recours des fonds vautours devant les tribunaux britanniques (Debt Relief (Developing Countries) Act). Malheureusement, cette loi n’a qu’une durée d’un an et devra être confirmée l’année prochaine : nul doute qu’elle sera alors remise en question. Mais ne boudons pas notre plaisir car son existence tient du miracle démocratique. Avant d’arriver à la Chambre des Lords, son histoire fut rocambolesque. Elle ne dut sa survie qu’à l’action soutenue et à la vigilance de tous les instants de députés de bonne volonté (entre autres, la députée travailliste Sally Keeble) et d’organisations menant campagne pour l’abrogation des dettes des pays en développement (entre autres, Jubilee Debt Campaign). C’est que bien des « tories », souvent sensibles aux lobbies financiers, ont essayé de la torpiller. Parfois de manière déloyale et presque grotesque, comme lorsqu’en deuxième lecture du projet de loi à la Chambre des Commons, un député conservateur a crié « Object » (ce qui empêche l’approbation de la loi, à la manière des mariages de cinéma lorsque quelqu’un doit faire connaître son désaccord ou se taire à jamais) alors que les deux principaux partis britanniques avaient conclu préalablement un accord pour l’accepter. Ce député n’eut pas le courage de se montrer et tous nièrent avoir crié le mot fatal (certains accusèrent ensuite Christopher Chope, un thatchérien pur jus, déjà impliqué dans le scandale récent de remboursement de frais qui a éclaboussé la classe politique). Mais les Britanniques sont en campagne électorale et l’indignation du public fut suffisamment vive (pour l’anecdote, un groupe de pression s’est même constitué sur Facebook) pour que le chef conservateur, David Cameron, remette un peu d’ordre dans ses rangs et rectifie le tir en acceptant qu’une troisième lecture, cette fois sans objecteur mystérieux, ait lieu in extremis quelques jours plus tard.

Mais ce n’est pas parce que cette loi est entrée en vigueur en Grande-Bretagne que la fin de la récré est sifflée, il existe bien d’autres cours où s’amuser. Après tout, les anglais ne sont pas les seuls à échanger de gros flux d’argent avec les pays en développement. Au moment même où cette loi passait en Grande-Bretagne, un fond vautour réussissait auprès d’un tribunal de Hong-Kong à faire saisir des biens d’une entreprise chinoise destinés au Congo. Il est fort probable néanmoins que les Chinois ne permettront pas longtemps cette intrusion dans leurs relations commerciales avec les Africains. Les Belges avaient déjà paré à ce genre de contretemps fâcheux, après en avoir été victimes, en votant en 2008 une loi protégeant leur aide humanitaire contre toute saisie menée par des fonds vautours Il est évident que ces relations avec les pays africains revêtent une importance cruciale pour les intérêts des anciens pays coloniaux et que ces derniers ne laisseront pas les fonds vautours les gêner.

Notons enfin qu’avec des encours estimés à 2 milliards de dollars (le chiffre réel n’est pas connu, s’agissant de transactions de gré à gré), l’activité des fonds vautours pourrait être tenue pour symbolique au regard de l’endettement massif, de l’ordre de 3.000 milliards de dollars, dans lequel sont tenus les pays en voie de développement, avec des exigences de rendement qui interdisent de fait toute assainissment des finances publiques. Pour autant, les fonds vautours sont le symbole d’une certaine forme de cynisme économique poussé à son paroxysme. Aussi, ne peut-on pas imaginer que la mobilisation démocratique exemplaire de nos voisins de Belgique et d’outre-Manche puisse donner le la des futures réglementations nationales et/ou internationales concernant les activités des fonds vautours?

Il semble que les intéressés aient déjà anticipé de telles évolutions en jetant depuis quelques temps leur dévolu sur les entreprises au bord de la faillite, notamment celles ayant fait l’objet de montage LBO.

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45 réflexions sur « Fonds vautours : le début de la fin ?, par « Moi » »

  1. Excellent papier.
    Ce LBO est un symbole de l’absurdité scélérate du système actuel.

    J’aimerai relater une anecdote personnelle à ce sujet. Je vends des produits aux entreprises par l’intermédiaire de leasers. Récemment, je traite une belle PME, familiale il y encore assez peu, employant près de 300 personnes et présentant un scoring tout à fait alléchant.
    Je présente donc mon dossier à l’étude et mon correspondant, quasiment sous le sceau du secret m’explique que sa banque, malgré les très bons résultats de l’entreprise, ne pourra pas intervenir sur ce dossier.
    Face à mon insistance, il m’avoue que celle ci a été l’objet de deux LBO successifs et que c’est sa propre boite(que je ne nommerai pas) qui a été le principal acteur du second.
    Moralité, une banque finance un LBO en sachant tout à fait qu’elle plombe quasiment mortellement la boite cible.
    Excusez moi de ma candeur, mais ne marche-t-on pas sur la tête?

    1. @Marlowe
      en tout cas, ils plombent l’entreprise cible puisque c’est elle qui paye le crédit qui sert à l’acheter.

    2. « c’est sa propre boite(…) qui a été le principal acteur du second. » ? Faut-il comprendre que cette boîte était prête à s’endetter au prix fort pour s’acheter elle-même ?

    3. @Crapaud rouge
      c’est sa propre boite,
      je sais que la fomule était tordue et ambiguë mais je n’en n’avais pas d’autre sous la main.
      Je parlais de mon correspondant chez le leaser, je voulais dire que c’est sa banque à lui, ou plutôt la mère de la filiale de lease pour laquelle il bosse qui avait financé le deuxième LBO.
      Bonjour les rames.

    1. Article très intéressant qui disculpe partiellement les fonds vautours. En effet, ils ne pourraient rien faire s’ils ne trouvaient des tribunaux pour leur donner raison. Au départ, il y a donc un problème de droit d’ordre général à propos de l’extinction des créances. Et il y en a un autre concernant leur vente par des créditeurs qui estiment qu’elles sont irrécouvrables.

    2. « En effet, ils ne pourraient rien faire s’ils ne trouvaient des tribunaux pour leur donner raison. »

      Bien plus, ils ne seraient pas apparus si les Etats, et en particulier les Etats anglo-saxons, n’avaient pas fait en sorte qu’ils apparaissent. En cela, Alain Gauvin avait parfaitement raison.
      Le public n’a vu que les généreuses remises de dettes de l’Etat vis-à-vis des pays endettés, il n’a pas vu que c’était une forme de donner de l’argent non pas aux pays endettés mais à des sociétés privées des dits Etats. Autrement dit, le contribuable a financé indirectement les fonds vautour (entre autres, mais ceux-ci sont plus visibles de par leur cynisme affiché).

  2. sont-ce des fonds voutour qui ont racheté à l’international notre dette de la sécurité sociale, vendu par Juppé, suivie d’ une relouchée par je ne sais plus (et que nous remboursons avec la je ne sais quoi et la CRDS prélévées à la source …) ???

    1. Je pense que le programme était (est) de démanteler les Etats-Providence en le revendant à vil prix et en pièces détachées à une certaine catégorie de la population pour n’en garder essentiellement que certaines fonctions: armée, police, justice. C’est le programme néo-libéral et ils ne s’en cachent pas. J’ai un doute sur la maîtrise qu’ils ont sur ce programme (et ses conséquences) mais toujours est-il qu’il est en voie d’achèvement : les Etats-Providence ont été vendus, il reste juste à faire venir les huissiers pour saisir les biens.
      La question est maintenant: arriveront-ils à stabiliser la situation (façon libéralisme du XIXè s.) ou pas (façon fascisme, communisme, régime à la chinoise, ou social-démocratie)? Je crois que nous sommes dans une situation assez semblable à celle des années 30, reste à voir ce qui en sortira cette fois. Cela dépendra essentiellement de la réaction de la classe moyenne, qui commence à peine à comprendre ce qui lui arrive dessus.
      Réponse d’ici la fin de cette décennie ou même avant, au rythme où vont les choses. 🙂

    2. Je me permets de revenir sur un ouvrage très éclairant. Le rapport public du Conseil du Renseignement Américain. Il est publié chez Pocket. Il s’agit d’un rapport de 250 pages environ sur une prospective du monde à échéance de 15 ans, soit 2025 pour la dernière mouture. IL est établi par la CIA après consultation de milliers de chercheurs et intellectuels à travers le monde.
      Le plus intéressant de tout ça est qu’il définit des « tendances souhaitables qu’il convient de favoriser » et des « tendances indésirables qu’il convient de décourager ».
      C’est la définition de ces tendances, émergeant au fil des pages, et définissant la doctrine stratégique des USA qui éclaire toute l’actualité d’un frisson morbide.
      Il y est clairement exprimé qu’il y a une volonté manifeste, dans le dessein d’empêcher l’émergence de toute entité remettant en cause les intérêts vitaux américains(mais de quels américains?) , que l’amoindrissement des états nations est une tendance souhaitable. On y comprends aussi que le bizness avec la Chine est le meilleur moyen trouvé pour faire en sorte que ce pays n’ai aucun intérêt à entrer en conflit avec les USA(rappelons nous le soudain empressement des missions officielles américaines en Chine dés 91). Une sorte de plan Marshall mais pas financé par l’impot prélevé aux riches ce coup ci. Un plan Marshall financé par les classes moyennes et populaire par un gigantesque transfert du travail vers l’orient pour le plus grand profit des classes supérieures.
      Leur vision de la construction européenne(et le mépris ironique clairement affiché) est instructive. De même que leur vision de l’intégration des populations musulmanes. Parmi les perles, on constate aussi que le fait que leur propres sources démontre que le système américain est plus inégalitaire que le système Indien ne les émeut pas le moins du monde.
      La lecture de ce livre réserve des tas de surprises et laisse un goût très amer. Il n’y a même pas besoin de crier au complot, c’est écrit noir sur blanc.
      Son titre français ridiculement racoleur ne doit pas interdire de le lire « le nouveau rapport de la CIA »

    3. @ Moi, à propos des années 30 : Cf l’article de Chomsky sur contreinfo qui a déjà été signalé sur le blog par Crapaud Rouge.
      La différence principale, à mon avis, est qu’on était dans la certitude d’une répétition de la guerre et une certitude de répétition mondiale.
      Là et maintenant nous sommes dans l’incertitude de quoi et de comment.

    4. Moi.
      La privatisation des services publics, sauf ceux que tu cites, a été fait votée par Edouard Baladur, alors premier ministre en 93-94.
      Cet accord venait des US, bien sûr, et était constitué de 500 pages complétées par une annexe de 2500 pages. Les députés ont eu 1,5 jours pour le lire avant de le voter.

      Kerjean, je pense qu’un article de Contreinfo indiquait aussi que la politique américaine qui transpire de ce rapport ne tient aucunement compte que les US pourrait perdre leur position hégémonique.
      Hors, il semble que malgré les façades, une sorte de multilatéralisme commence à leur être imposé.
      A suivre.

    5. A Kerjean, hier sur Arte je tombe malheureusement en retard sur un doc comme savent en faire les américains sur Ellberg, le conseiller au coeur du système diplomatico-militaire des USA de la guerre du Vietnam. Il se « retourne » et communique au NYT des milliers de pages Top Secret qui finiront par faire tomber Nixon. Stupéfiant.
      Là il s’agissait de rapports « secrets » à cette époque préhistorique où on pouvait les photocopier « à la maison ».
      C’était juste pour dire.

  3. @ Kerjean

    Concernant les LBO, ma question visait à suggérer que les banques (nom générique pour les riches, ceux qui les représentent, et qui complotent ensemble) envisage de s’annexer la planète et tous ses habitants en devenant propriétaires de toutes les entreprises.

    La lecture de votre deuxième billet me fait penser que nous sommes face à un complot qui n’ a pas pour but, comme l’ont en général les complots, de modifier une situation existante et/ou de renverser un pouvoir, mais d’étendre la possession de quelques uns, ou simplement du dieu capital, à tous.
    Ce n’est pas un complot pour détruire mais un complot pour achever une construction.

    Que cette construction soit une FOLIE ne retiends pas ceux qui la serve.

    1. Lisez plutôt le livre pour vous faire votre propre opinion. Un complot, c’est caché. Là rien n’est caché. C’est ça le pire. Et quand on ne fait que répéter les intentions expliquées dans ce livre aux néocons français, ce sont eux qui immédiatement vous traite d’effroyable paranoïaque maniaque de la théorie du complot.
      Se faire traiter de parano complotiste par ceux qui soutinrent Bush dans sa guerre contre des armes imaginaires ne manque pas de sel.

      Cordialement.

    2. Effectivement, il n’y a rien de caché. Par contre, ce programme est supposé enrichir tout le monde par le mécanisme mystérieux de la main invisible. Si ce programme a pu être appliqué c’est parce que les occidentaux ont cru aux lendemains qui chantent promis par l’idéologie libérale, tout comme les russes ont cru aux promesses du communisme et en sont revenus. Les lendemains ont bien chanté, mais pour certains seulement. 🙂
      En définitive, il leur sera très difficile de poursuivre sur la même voie si la réalité contredit les promesses. Une fois le mirage évaporé, ce qui était librement consenti risque de devoir être imposé par la force, si tant est que cela soit réellement possible.

    3. Moi

      même pas. C’est ça le pire qu’on pire entre les lignes de cet ouvrage. Il y a un graphique vers la page 100 qui comparent les systèmes japonais, ouest européen, indien, US et chinois en terme d’inégalité. Ils constatent eux même que le système américain est encore plus inégalitaire que l’Indien. ça a l’air de leur faire ni chaud ni froid.
      Et il y a un tas de choses comme ça qui font dire que ces gens là ne sont pas au service des citoyens américains mais des gagnant du système américains.
      Ce livre donne l’impression d’être à une conférence de Bob et Jo , les deux Stalone de la World Company aux Guignols.
      Par exemple, avec le plus parfait cynisme, ils disent que le défit majeure de l’Europe de l’Ouest dans les 15 ans à venir réside dans la capacité à intégrer les populations musulmanes natives et immigrées qu’ils évaluent à 45 millions pour 2025 essentiellement en France et en Allemagne.
      Ils préconisent de se concentrer sur l’intégration de femmes insistant sur le fait que le dépit des hommes abandonnés à leur sort misérable pourra évidemment à court terme les inciter à rejoindre le radicalisme islamique mais que, de toute manière, ce sont les femmes qui enfantent et donc pondront des citoyens normalisés tandis que les hommes s’éteindront d’eux même.
      Tel quel.
      J’imagine que je ne suis pas le seul à avoir lu ce rapport et je m’imagine musulman et lire ça….

      Mais ils vont encore plus loin, car il dise que cette immigration musulmane en générale et en particulier si elles font des émeutes, provoquent des réactions dans les populations native et favorise les droites de type nationaliste. Or, je cite, si ce genre de formation politique a tendance à faire intervenir l’état dans l’économie, elle n’ont pas pour habitude de promouvoir des politiques sociales préjudiciables à la bonne marche des choses.
      Tel quel.

      Et il y en a 250 pages comme ça. Où un impôt est forcément contre-productif, où le fait que si les fruits de la croissance ne participent plus de la hausse générale du niveau de vie, c’est bien dommage mais c’est comme ça. Où le dernier bastion de système redistributif débilitant est en Europe de l’Ouest mais que celle ci est sur la bonne voie. Que la construction européenne, « marotte de l’élite européenne » se retrouvera confronté de plus en plus à l’hostilité des populations sans qui elle se fait.
      250 pages.

      A lire pour en finir avec toutes les illusions.

  4. Oui, c’est bien joli tout ça, mais il y a un problème plus profond derrière tout ça : dans le domaine de la finance (et de l’énergie … domaines de jeu de multinationales) chaque nouvelle loi crée devient, pour certaines personnes qui se croient avisée ou même intelligentes des occasions, des « niches » pour faire de nouvelles affaires, créant ainsi l’effet inverse de celui escompté au départ en créant un déséquilibre plus grand encore.
    De même que chaque dollar investi par le gouvernement dans l’économie devient contre productif car il sert a délocaliser et donc affaibli les USA, chaque nouvelle loi devient contre productrice car des armées d’avocats s’empressent d’en trouver les failles. Le première étant : « premier arrivé, premier servi ». Devant la complexité croissante, l’entropie, du système, il est facile d’être le seul a profiter de la nouveauté.
    Tout ça pour dire qu’au point ou en es, réguler ou dé-réguler, c’est du pareil au même.
    Il n’y a cas voir en France par exemple dans le domaine de l’énergie. On ne peut plus faire de l’agent avec un travail « normal » écrasé que nous sommes par les charges, mais par contre, si on trouve une niche fiscale, alors la, ca devient beaucoup plus facile et concurrentiel. Il suffit donc de dépasser la taille critique qui permet d’avoir un bon cabinet d’avocats qui nous trouve le bon tuyau du moment.
    Qui est mieux armé que ça que les multinationales qui en sont aujourd’hui (dans notre société semi-fachiste) au point de quasiment faire les lois. Elles sont donc en premier rang pour savoir en retirer les avantages.

    Donc il faut aller beaucoup plus loin et remettre en cause l’accumulation du profit.
    Quand on pense que le système éducatif international actuel vise a repérer et former les éléments les plus capables et intelligents pour en faire des avocats, des managers, des inventeurs, des publicitaires dont le rôle premier sera de gagner un max d’argent, en plumant son voisin s’il le faut (et il faut toujours). C’est vraiment minable.
    Tout ce jus de cervelle pourrait utilisé pour faire des choses vraiment utiles, non ?

    1. « Tout ça pour dire qu’au point ou en es, réguler ou dé-réguler, c’est du pareil au même. »

      Je ne crois pas. Si c’était pareil, ils ne se battraient pas pour dé-réguler ce qui avait été régulé ou combattre toute tentative de re-régulation.
      Une des pires réponses à leur programme est selon moi de se mettre à rêver d’objectifs inaccessibles alors que des mesures limitées, facilement à notre portée, peuvent renverser le cours des choses. Les 30 glorieuses, ce n’est pas rien.

      Voyez l’évolution de l’indice Gini (qui mesure les inégalités) aux USA, depuis 1947 (et devinez à quelle date Reagan arrive au pouvoir rien qu’en la regardant): http://www.leftbusinessobserver.com/Gini_supplement.html

  5. « On ne moralise pas une logique : celle des vautours. Ça paraît complètement élémentaire ; on ne moralise pas tous ceux qui ont spéculé. Spéculé sur la misère des autres ».
    Michèle Riot-Sarcey

  6. Souvenez-vous de « La Lettre Volée » écrite par Edgar Allan Poe dans  » Histoires Extraordinaires »!

    La meilleurs façon de cacher quelque chose à laquelle on tient par-dessus tout, étant donné la nature humaine, est de ne pas la cacher du tout, de la montrer en plein jour, car les hommes n’attribueront de valeur capitale et d’importance mystérieuse qu’à quelque chose qu’ils découvrent bien caché, et caché pour de vrai !!
    La CIA a raison.

  7. Sans mauvaise gestion des fonctionnaires et des dirigeants des Etats, pas de défaut de paiement des emprunts.
    Pas de défaut de paiement des emprunt, pas de fonds vautour. Ces derniers ne font que gérer intelligemment leur argent.
    Ne confondons pas. Remettons la réalité à sa place d’origine et la justice de même, au lieu de critiquer d’honnêtes financiers.

    1. C’est du second degré ou alors vous savez quand les honnêtes financiers vont rendre le fric que les états leur ont donné pour renflouer leur faillite?

  8. @ Kerjean, 24 avril 2010 à 19:05

    Ça n’est malheureusement pas du second degré. J-M Bichot dit la vérité.

    Les premiers responsables sont ceux qui, ont cru que tout leur était permis.

    Jouissons sans entrave, ne nous interdisons rien, dilapidons ce que nous avons reçu de nos ancêtres, leurs valeurs morales et les autres. Et, puisque nous sommes généreux, faute d’être tout à fait égalitaires, diffusons cette vision de la vie dans toutes les couches de la société.

    Tant qu’il en est encore temps, empruntons et bernons nos créanciers en leur montrant notre grandeur passée et notre opulence de façade, nos pays sont développés donc profitons-en tant que cet appât trompeur n’est pas éventé.

    Quand notre forfait apparaîtra au grand jour, nous laisserons à nos enfants et petits enfants, formés à notre image, le soin de solder notre héritage.
    D’ailleurs, qu’ils ne se plaignent pas, nous leurs laissons pour les aider à supporter les charges dues à notre grand âge, un système de retraite à la Madoff. Au lieu qu’ils puisent dans un capital concret pour les soulager, nous leurs laissons le soin de combler le déficit avec le fruit de leur travail à venir.

    Hélas pour eux, notre soif de jouissance sans mesure nous a conduit à brader notre patrimoine industriel, savoir faire et avance technologique y compris, rendant leur travail ici très problématique. Ils se retrouvent dans un quasi désert économique où le coût du travail est élevé, et où les ressources fossiles ou minérales manquent: c’est une situation idéale pour rebondir.

    Pour nos petits enfants, l’expatriation reste une issue, mais ce n’est pas ce qui alimentera les fonds de retraite des 68ards. Ces cigales des beaux jours, ces jouisseurs sans entrave devenus vieux, seront bien obligés de comprendre, mais un peu tard, que la vie est aussi gouvernée par des interdits dont ils ne voulaient pas entendre parler. Ce sont les autres, les fourmis vertueuses qui se chargent de leur rappeler.

    Quelle humiliation !

    1. « notre soif de jouissance sans mesure nous a conduit à brader notre patrimoine industriel, savoir faire et avance technologique y compris »

      Notre? Qui est le sujet de votre phrase? Les ouvriers de Billancourt (et ailleurs)? Ils auraient bradé leurs usines à la Chine (et autres) pour pouvoir profiter du farniente et des allocations de chômage?

    2. C’est amusant de voir qu’on puisse avoir cette vision hilarante des choses avec tout ce qu’on sait. C’est à croire que vous ne lisez rien de ce qui se dit et relate dans ce blog.

  9. @ Moi 25 avril 2010 à 14:21

    Merci d’avoir renoué « nos » échanges.

    Par « ces nôtres » ou « ces nous », je nous désigne nous tous, les français et peut être aussi les belges les luxembourgeois de toute condition, aidés de nos gouvernants que nous avons élus et de nos dirigeants d’industrie, de nos partis politiques, et de nos syndicats. Cela traduit chez moi un sentiment d’appartenance à une communauté humaine ou nationale ou ouest européenne ce qui, je le reconnais, n’est pas très généralisé depuis que l’individualisme et les oppositions systématiques ont fait d’immenses dégâts dans notre société.

    Cela ne veut pas dire, qu’à titre individuel, je me sente responsable des dérives que je dénonce. Mais je me sens dans le même bateau que ceux auxquels je nous sens liés dans une communauté de langue et de destin.

    Si nos usines sont parties, c’est parce que ce nos productions sont plus chères que ce que nous achetons venant d’ailleurs. C’est en grande partie comme cela que nous avons maintenu notre niveau de vie sans que, bien évidemment, cela puisse durer.

    Ayant été fils d’ouvriers et ouvrier moi-même, je connais et respecte ce monde là, peut-être plus que beaucoup d’autres intervenants sur ce blog. Je sais comment ce monde il a été endoctriné, et l’est toujours, dans la haine du capital alors que rien n’a été fait pour lui en montrer les vertus et la nécessité.

    Le monde ouvrier que j’ai connu n’a pas été encouragé à l’épargne, cette non consommation immédiate, cette jouissance retenue. Dans d’autres pays, les salariés du public ou du privé ne me semblent pas atteints d’une telle aversion pour le capital. La raison en est simple : ils sont pratiquement obligés de capitaliser pour leur retraite, au moins en partie, en économisant dans des fonds de pension.

    Tous ces petits capitalistes réunis forment « un grand capital » qui rachète nos entreprises déclinantes et se transforment en vautours. Ce sont peut-être les ouvriers de Détroit qui, par fonds vautours interposés, foncent en piquet sur les dépouilles des usines dans lesquels se trouvent les descendants des ouvriers de Billancourt.

    Qui, en France, dans les établissements d’enseignement formant la majorité des futurs salariés du public ou du privé, montre combien dans une société il est utile de capitaliser pour préparer le futur et mieux assurer son avenir ?

    Le monde enseignant que je connais également bien, très marqué politiquement, n’influence pas ses élèves dans ce sens, au contraire, il a tendance à dénigrer le capital et les capitalistes en pensant bien faire. Quelle erreur !

    1. « Merci d’avoir renoué « nos » échanges. »

      De rien. Je ne partage toujours pas vos idées, mais maintenant je vous crois naïf et sincère. 😉

      « Si nos usines sont parties, c’est parce que ce nos productions sont plus chères que ce que nous achetons venant d’ailleurs.  »

      Dans ce cas, rendons-les plus chères. Où sont passés nos droits de douane et nos dévaluations de monnaie? Peu importe ce que je dis d’ailleurs, nous y reviendrons contraints et forcés. Faire venir un produit de Chine alors qu’il pourrait être tout aussi bien fabriqué ici, uniquement pour que cela profite à un capitaliste, c’est totalement absurde. Cela ruine une nation et c’est de plus anti-écologique. Par conséquent, cela ne peut continuer ainsi.

  10. @ Kerjean 25 avril 2010 à 16:34

    Je crois que vous vous méprenez. Ni J.M Bichot, ni moi-même, ne plaisantons.

    Pour vous rassurer, je lis avec beaucoup d’intérêt et de respect tout ce qui est exprimé sur ce blog, en particulier tout ce qui émane des deux principaux contributeurs, lesquels, comme beaucoup d’autres, m’éclairent et m’enrichissent énormément, même si nos approches et nos expériences peuvent être très différentes.

    Cela me conduit, en retour, à faire don aux autres de mes modestes réflexions personnelles, surtout si elles apparaissent décalées mais argumentées, justifiées, validées par l’expérience, non doctrinales. Plus le temps passe, plus je pense être ainsi un peu utile aux autres à condition qu’ils reçoivent de tels apports positivement et qu’à l’aide d’éclairages multiples, sous des angles différents, les vrais problèmes de notre temps soient objectivement cernés.

    J’attends vos contre arguments, si vous ne partagez pas ce que j’avance. Si vous n’en trouvez pas, interrogez-vous ! Ce que vous pensez a peut être été instillé dans votre esprit à votre insu.

    Dans ce cas, à coup sûr, ce ne serait pas marrant.

  11. @ Moi 27 avril 2010 à 01:54

    Merci encore une fois. Je suis très sensible au fait d’être monté d’un cran dans l’échelle de votre appréciation. C’est toujours très gratifiant d’être classé « sincère », donc honnête.

    Que nous ne partagions pas les mêmes idées n’est pas gênant. Par expérience, il y a toujours quelque chose à gagner mutuellement, si l’on est ouvert, à échanger des points de vue sans apriori, avec le souci d’argumenter objectivement les déductions tirées des observations de chacun.

    Au-delà de ces considérations préliminaires, mais essentielles, ce que je retiens de votre dernière intervention, ce sont les mots Chine et capitaliste. Vous me donnez l’impression de faire un blocage sur le capital, le capitalisme, les capitalistes. C’est pour le moins paradoxal qu’un pays tel que la Chine qui s’est construit politiquement sur des idées de partage égalitaire, de communisme, en arrive à adopter les pratiques du capitalisme qui sont à l’opposé de ses idéaux de base.

    Comment l’expliquez-vous ?

    Quant à moi, j’ai déjà abordé le sujet du capitalisme sur ce blog dans l’intervention à l’adresse suivante : http://www.pauljorion.com/blog/?p=9401#comment-68939

    Bien évidemment, le sujet n’est pas épuisé, mais il est certainement de notre intérêt commun de connaître les arguments de chacun avant de pousser plus loin l’analyse.

    1. « Comment l’expliquez-vous ? »

      Les idéaux sont une chose, la pratique une autre. Les idéaux chrétiens sont une chose, ce que cela a donné en pratique en est une autre beaucoup moins jolie. Idem pour le communisme, le libéralisme et autres mots en isme. A juger des idéaux, toutes les doctrines universalistes sont bonnes. Les doctrines particularistes sont de même très bonnes sur le papier, sauf que les supposées bonnes choses qu’elles vont apporter ne sont destinées qu’à des « élus », mais mènent de même à des réalités bien différentes pour ces « élus » (par exemple le nazisme, le calvinisme et les nationalismes).
      Prôner le capitalisme tel qu’il est appliqué réellement (en Chine et ici), c’est faire preuve de réalisme mais aussi de vulgarité morale. On peut considérer que la réalité sera toujours aussi peu en phase avec les idéaux, mais il ne faut pas pour autant rabaisser les idéaux à la réalité.

    2. @ Moi 27 avril 2010 à 17:43

      Vous ne partagez pas mes idées, avez-vous déclaré précédemment.

      Et bien moi, personnellement, je suis prêt à partager les vôtres sur la base de ce que j’ai cru comprendre dans votre explication du paradoxe chinois. Je reformule pour être plus sûr de bien traduire votre explication.

      Les dirigeants de la république communiste ont adopté le système économique capitaliste par pragmatisme, en faisant fi des idéaux sur lesquels le régime s’est appuyé pour prendre le pouvoir.
      Ai-je bien traduit votre pensée ?

      J’ai bien noté que le capitalisme tel qu’il est pratiqué, ne vous satisfait pas. Pourtant c’est sur ses bases que pratiquement toute la planète s’est mise à fonctionner après que localement et temporairement on ait essayé d’autres systèmes qui n’ont pas été reconnus pertinents, puisqu’on les a abandonnés.

      Que faudrait-il changer au capitalisme pour le rendre acceptable, selon vous ?

    3. « Les dirigeants de la république communiste ont adopté le système économique capitaliste par pragmatisme »

      Ce qu’ils ont adopté, c’est l’économie de marché (et même pas libre, elle est fortement contrôlée par l’Etat). Le capitalisme c’est lorsque les capitalistes sont au pouvoir, ce qui n’est pas encore le cas en Chine puisque les dirigeants du Parti décident et sont encore au-dessus des marchands.

      « en faisant fi des idéaux sur lesquels le régime s’est appuyé pour prendre le pouvoir. »

      Peut-être que oui, peut-être que non. Ces idéaux me semblent toujours en vigueur en Chine. Ma critique portait sur la distance entre les idéaux et la réalité qu’ils génèrent lorsque l’on essaye de les appliquer, et l’acceptation vulgaire de la réalité, pas sur le pragmatisme (au contraire).
      Les dirigeants chinois ont compris cette distance entre idéaux et réalité de leur mise en application, c’est pourquoi ils ont fait preuve de pragmatisme en abandonnant toute tentative d’appliquer les méthodes communistes pour atteindre les idéaux communistes. Cela ne signifie pas qu’ils ont complètement abandonné ces idéaux. Peut-être pensent-ils que le meilleur moyen de les réaliser passe par l’économie de marché.
      Je vous l’ai dit, les idéaux sont toujours très beaux, dans toutes les idéologies. Ce qui est à juger, c’est les méthodes préconisées pour les atteindre et les résultats que ces méthodes donnent. Vouloir rigidement appliquer des méthodes sorties de la théorie mène toujours à des catastrophes dans la réalité. Vouloir abandonner les idéaux parce que les méthodes préconisées par la théorie ne marchent pas, c’est de la vulgarité morale. Le pragmatisme est justement de garder les idéaux mais d’adapter les méthodes à la réalité, sans dogmatisme.

      « Pourtant c’est sur ses bases que pratiquement toute la planète s’est mise à fonctionner après que localement et temporairement on ait essayé d’autres systèmes qui n’ont pas été reconnus pertinents, puisqu’on les a abandonnés. »

      Ce que l’on a abandonné en Chine ce sont les méthodes communistes (pas de propriété privée, économie totalement planifiée). Toute la planète ne s’est pour autant pas mise aux méthodes libérales (propriété privée renforcée, économie non régulée par l’Etat, libre-échange). Les chinois ne sont pas libéraux. Et ce que l’on constate actuellement c’est l’échec complet des méthodes libérales (appliquées dans les pays occidentaux et les pays sous mainmise du FMI).

    4. @ Moi dit : 28 avril 2010 à 13:25

      C’est toujours nettement mieux de chercher à bien se comprendre. Cela nécessite un minimum de développement. Je vous remercie d’avoir fait l’effort nécessaire.

      Cela m’a permis de constater qu’on ne met pas la même chose sous l’appellation système capitaliste. Personnellement, je m’en tiens, faute de mieux à la définition qui est donnée ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme.

      Il me semble que les entreprises chinoises appartenant à tous ces nouveaux milliardaires et autres, dont on signal maintenant l’existence, relèvent de ce type d’organisation économique sans que pour autant le pouvoir politique qui les agrée, en ait le contrôle. Il y a dans certaines d’entre elles des capitaux étrangers au même titre qu’il y en a dans certaines entreprises d’autres pays. Je crois qu’il existe encore une industrie d’Etat dans des secteurs stratégiques. Dans les autres secteurs, les entreprises d’Etat seraient en fort déclin.

      Tout cela amène a dire que le système capitaliste en Chine n’est pas fondamentalement différent de ce qu’il est ailleurs sauf qu’au niveau de la rémunération du travail et de la protection sociale il est nettement en retard par rapport aux pays occidentaux. C’est là un avantage concurrentiel qu’il exploite à fond sans trop d’égard pour le peuple salarié, ce qui peut paraître un comble au regard de l’idéal que le pouvoir a mis en avant pour s’installer aux commandes.

      J’admets, comme vous le laissez entendre, qu’il peut très bien ne pas avoir dit son dernier mot. Pour tout vous dire, je ne serais pas surpris qu’à terme, un système unifié mondial s’appuyant sur le modèle Chinois totalitaire sous un camouflage de la plus belle apparence, finisse par s’imposer en associant deux efficacités celle du capitalisme et celle d’une non démocratie déguisée sous une appellation républicaine à la chinoise. Ce sera peut-être la seule façon de donner un futur à notre communauté humaine, dans l’ordre, la régulation et le respect de l’autorité, faute de ne jamais atteindre l’idéal d’égalité qui, à mon avis, ne sera jamais de ce monde car trop éloigné de l’évolution naturelle.

      Sommes-nous encore très loin l’un de l’autre et si oui, en quoi ?

      J’ajoute, que les chinois me semblent à certains égards mieux armés que la pluparts des occidentaux pour se comporter en capitalistes ne serait-ce qu’à cause de leur moindre protection sociale qui les oblige à épargner.

      Vous semblez appeler de vos vœux la mise en place de taxes douanières pour protéger nos emplois. C’est ce que demande un de nos partis politiques depuis toujours. Quel hommage de clairvoyance, lui rendez-vous !

    5. « Cela m’a permis de constater qu’on ne met pas la même chose sous l’appellation système capitaliste. Personnellement, je m’en tiens, faute de mieux à la définition qui est donnée ici »

      A laquelle? Wikipedia offre plusieurs définitions sur cette page. Pour aller au plus court: quand le capitalisme est-il apparu selon vous? La Rome Antique était-elle capitaliste? L’Empire de Charlemagne était-il capitaliste? Louis XIV dirigeait-il un Etat capitaliste? Ou, est-ce né plus tard?

      « Il me semble que les entreprises chinoises appartenant à tous ces nouveaux milliardaires et autres, dont on signal maintenant l’existence, relèvent de ce type d’organisation économique sans que pour autant le pouvoir politique qui les agrée, en ait le contrôle. »

      Non, ce n’est pas aussi simple. L’Etat garde le contrôle sur ces entreprises, directement ou indirectement. Ceux qui les gèrent et en sont pour ainsi dire les propriétaires (mais pas dans le même sens qu’en Occident puisque l’Etat peut tout leur reprendre en un instant) ont juste autorisation de s’enrichir. Et même pour ces milliardaires, l’Etat peut tout leur confisquer rapidement, cela est arrivé. Voir le lien.

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/02/22/en-chine-le-capitalisme-alliait-entreprises-et-etat-des-le-xixe-siecle_1309502_3234.html

      « Tout cela amène a dire que le système capitaliste en Chine n’est pas fondamentalement différent de ce qu’il est ailleurs sauf qu’au niveau de la rémunération du travail et de la protection sociale il est nettement en retard par rapport aux pays occidentaux. »

      Il est fondamentalement différent au contraire. Ne serait-ce que parce que l’Etat contrôle le cours du yuan.

      « C’est là un avantage concurrentiel qu’il exploite à fond sans trop d’égard pour le peuple salarié, ce qui peut paraître un comble au regard de l’idéal que le pouvoir a mis en avant pour s’installer aux commandes. »

      Dans l’ensemble, la situation des chinois s’améliore. Les problèmes viennent plus des milliardaires et des potentats locaux, qui parfois exagèrent dans la rapacité et la corruption. Lorsque cela va trop loin, l’Etat central intervient et il y a quelques condamnations à mort (mais pas trop apparemment, juste pour contenter le peuple et signifier qu’il ne faut pas aller trop loin).

      « Ce sera peut-être la seule façon de donner un futur à notre communauté humaine, dans l’ordre, la régulation et le respect de l’autorité, faute de ne jamais atteindre l’idéal d’égalité qui, à mon avis, ne sera jamais de ce monde car trop éloigné de l’évolution naturelle. »

      Ce qui me gêne dans vos paroles, c’est que vous semblez placer le « travail, famille, patrie » au-dessus de « liberté, égalité, fraternité ». Non pas seulement que vous ne pensez jamais pouvoir atteindre ces derniers mais que les premiers vous agréent plus. Au passage, le « travail, famille, patrie » sont aussi des idéaux, tout autant inatteignables.

      « J’ajoute, que les chinois me semblent à certains égards mieux armés que la pluparts des occidentaux pour se comporter en capitalistes ne serait-ce qu’à cause de leur moindre protection sociale qui les oblige à épargner. »

      Je ne sais pas quel est le niveau de protection sociale en Chine.

      « Vous semblez appeler de vos vœux la mise en place de taxes douanières pour protéger nos emplois. C’est ce que demande un de nos partis politiques depuis toujours. Quel hommage de clairvoyance, lui rendez-vous ! »

      Cela ne me dérange pas. Mais ce n’est pas le seul parti à le demander depuis toujours (d’autres le demandaient avant même l’existence du parti dont vous parlez). Et ce n’est malheureusement pas la seule chose qu’ils demandent.

    6. @ Moi dit : 28 avril 2010 à 19:18

      Nos échanges me semblent fructueux.

      Il faut cependant faire très attention à ce qu’ils ne dérivent pas. La mise en parallèle de « travail, famille, patrie » avec « liberté, égalité, fraternité », convenez-en, n’attend plus qu’une amorce pour exploser. Personnellement, je ferai tout pour l’éviter, car ce qui me motive le plus c’est de favoriser les rapprochements et non les divisions, les oppositions, les confrontations et, en final les exclusions puis l’élimination.

      Il faudra bien évidemment travailler sur ces matières hautement dangereuses, mais, je vous propose d’approfondir d’abord nos perceptions réciproques sur ce qu’est fondamentalement le capitalisme.

      Le mieux est de partir du mot capital, qui pour moi n’est pas du tout un mot honteux. Il doit au contraire être considéré avec beaucoup de respect, parce qu’il est l’essentiel. C’est sur lui que s’établit la base du développement.

      Vous proposez d’entrer sur le sujet à partir de données historiques donc à partir de travaux antérieurs de personnes auxquelles on se réfère. Mon approche est tout autre, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres. Elle consiste à m’imposer une réflexion personnelle, en partant de pratiquement rien, aboutissant à une construction intellectuelle et logique, qui conduit à accoucher d’une perception intime, très concentrée donc simplifiée, qui colle avec ce que perçoivent les autres en général, mais que j’ai pu conceptualiser et m’approprier.

      Pour répondre à votre question que je traduis « de quand date le premier Etat capitaliste ? »

      Ma réponse est : depuis qu’a existé le premier homme ou plus exactement, depuis qu’existe le premier couple d’hominidés de notre lignée.

      Dès cette époque l’un des deux a « édicté » les règles « les lois » de vie dans cette communauté. C’est à mon sens le premier mini Etat détenant le pouvoir de légiférer et de faire respecter ses lois. Très tôt ce mini Etat, a probablement découvert les vertus du capitalisme et les a exploitées au point que cela lui a permis de se différencier et de devenir une communauté humaine plus performante et puissante que celle de ses congénères.

      Certains spécialistes ont certainement étudié l’évolution à divers stades historiques, mais sans dire que cela n’a pas d’intérêt, je pense que c’est secondaire. Ce ne sont que des étapes intermédiaires entre le néant initial, et l’optimum final vers lequel nous nous acheminons j’espère, à moins que nous ne trouvions pas le moyen de nous entendre et que nous foncions aveuglément vers l’extinction.

  12. @jDUDAC
    La parfaite réponse à votre question se trouve dans une très belle fable d’un peu plus de cent pages. C’est de G. Orwell, ça s’appelle « La Ferme Aux Animaux ».
    Si ce que vous souhaitez réellement est une réponse à votre question, alors, personne n’y répondra mieux que ce petit conte de génie.

    1. @ Kerjean 27 avril 2010 à 20:25

      1°) Merci de m’avoir fait connaître G. Orwell dont je connaissais le nom sans rien connaître de l’œuvre. Je l’ai approchée grâce à vous ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ferme_des_animaux
      A mon avis ça n’explique pas totalement pourquoi c’est le système capitaliste qui s’est imposé mondialement. La poursuite des échanges engagés ci-dessus avec « Moi » nous y aidera certainement.

      Savez vous si cet auteur et cette œuvre figurent au programme de l’enseignement secondaire en France ?

      2°) Quant à votre réplique du 27 avril 2010 à 20:22 j’y réponds ainsi :

      Si vous considérez que je suis doctrinaire, au sens où je défends une doctrine, j’aimerais bien que vous me disiez laquelle. Certes, je me suis fait une sorte de doctrine personnelle que j’ai essentiellement tirée de mon expérience. Si doctrine il y a, elle ne s’est forgée en moi que très récemment, comme j’imagine beaucoup d’hommes son amenés à le faire à l’issue d’une vie, en ayant pour but de laisser en héritage l’essentiel de ce qu’ils ont acquis.

      La vie m’a énormément donné alors que rien à ma naissance ne m’y prédestinait; c’est la moindre des choses que d’en faire part sous forme d’un don en retour.

      En tout cas je n’ai certainement pas, du moins je le crois, été endoctriné par quiconque, vivant ou mort.
      Sur ce plan, certaines personnes me semblant à court d’arguments pour justifier le savoir qu’elles régurgitent sans valeur ajoutée personnelle, me donnent l’impression de manquer de solidité lorsqu’elles abandonnent les échanges ou lorsqu’elles jouent sur l’ironie, l’humour ou le sarcasme pour battre en retraite sur un sujet qui les dérange.
      Vous êtes le premier en 75 ans de vie à me trouver un talent comique. Si je vous fais rire, j’en suis fort aise. Les sujets que j’aborde ne sont pourtant pas légers et je vous souhaite à ne pas avoir à changer d’avis.

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