L’actualité de la crise: un monde fermé ou ouvert, par François Leclerc

Billet invité.

UN MONDE FERME OU OUVERT

La cause est entendue, un peu de temps a été gagné avant la sortie de route. Combien, on ne sait pas. En dépit des mystères dont s’entoure la BCE (ne dévoilant pas le volume de ses achats de dette souveraine) et du calendrier de mise en place des autres mesures décidées dimanche, à l’arraché, par les ministres des finances de l’Union européenne, les marchés, tout à la bonne fortune de leur délestage d’obligations d’Etat, ont brutalement fait volte-face, dès lundi matin. Avec une vigueur telle que cela en a même été jugé inquiétant.

Au cours de la journée, d’autres signaux périphériques montraient cependant qu’il ne s’agit que d’un répit, relativisant le soulagement que l’on voulait faire partager. En annonçant qu’elle se réservait la possibilité de nouveau dégrader la note du Portugal et de la Grèce, l’agence Moody’s décidait sans attendre de prendre date, afin qu’il soit clair que de sérieux doutes existent sur la suite des événements. D’autant que l’OCDE rendait public ses nouvelles prévisions économiques, faisant état d’un « ralentissement de l’activité économique » dans l’ensemble formé par ses trente pays membres, alors que ses estimations précédentes n’étaient pas exactement brillantes. Et que les tensions sur le marché interbancaire subsistaient en contrepoint de l’euphorie boursière.

La précipitation dans laquelle les gouvernements ont bouclé leur plan, en l’espace de trois jours après avoir traîné pendant des mois, n’a pas été non plus particulièrement ressentie comme gage de leur capacité à bien jouer l’épisode suivant de la crise européenne : l’adoption effective de mesures de réduction des déficits budgétaires et de l’endettement, avec des résultats probants dès cette année, pourtant bien entamée. C’est cette mission impossible, vu l’ampleur de la tâche et les contraintes dans lesquelles il faudrait l’exécuter, qui forme désormais la toile de fond sur laquelle va se poursuivre la crise, annonçant son rebondissement tôt ou tard.

Actuellement européenne, elle n’est que la manifestation avancée de ce qui se prépare à l’échelle mondiale. Tout en étant paradoxale, car de tout le monde occidental, les pays européens sont les moins endettés. C’est précisément à ce titre que d’ailleurs elle fait peur, car elle est annonciatrice d’autres désastres potentiels et impasses, en plus grand, qui de jour en jour se rapprochent inéluctablement. Aux Etats-Unis et au Japon, dans des contextes différents mais qui ne les préserveront pas pour autant. Dans l’immédiat, elle pouvait aussi être le facteur déclenchant d’une nouvelle crise du système financier, au départ des banques européennes et atteignant leurs consoeurs américaines, qu’il était nécessaire de tuer dans l’oeuf, ce qui a été pour le moment fait à l’insistante demande de Barack Obama.

Avant même d’envisager ce qui va pouvoir ou pas être fait, en Europe, afin de sortir de cette nasse qui n’est pas encore clairement perçue comme telle par les gouvernements européens, car elle impose des mises en question auxquels ils ne sont pas prêts, un premier constat peut être tracé. Des illusions se sont envolées. Les banques se sont très vite révélées menacées par un nouveau déséquilibre systémique, leur bonne santé retrouvée apparaissant pour l’occasion comme une façade. La BCE, qui avait commencé à relever ses filets de protection, a été dans l’obligation de les réinstaller dans l’urgence. Pis, de nouvelles mesures inédites ont du être prises par celle-ci, l’achat d’obligations d’Etat, accroissant encore son implication dans un sauvetage qui déborde de sa mission. Les Etats, pour leur part, n’ont pas globalement brillé, plutôt dépassés par la situation. Bref, non seulement nous n’avons pas avancé, mais nous avons reculé à nouveau.

Quelles que soient les coutures sous lesquelles on l’examine, la dette est plus que jamais un problème dominant tous les autres, soit parce qu’elle est malfaisante, publique ou privée (on en parle moins), soit par ce qu’elle n’est plus au rendez-vous et ne peut plus jouer son rôle de moteur de la croissance économique. Dans le premier cas, résorber la dette publique va dans le meilleur des cas nécessiter des délais que les marchés, qui n’arrivent pas à gérer leur propre boulet, ne sont pas prêts à accorder. Dans le second, le boulevard de la titrisation, grâce auquel était alimentée la machine à fabriquer de la dette, reste pour une durée indéterminé barré. Par parenthèse, il faut noter sur ce chapitre une erreur magistrale de classification de la dette, il s’agit de l’Espagne et du Portugal, deux pays où ce n’est pas la dette publique qui est menaçante, mais la dette privée…

Voilà qui fait passer au second plan un dossier pourtant capital, celui de la future régulation financière, dont on nous garantit qu’elle va nous prémunir d’une nouvelle crise. Peu vraisemblable, en vérité, et même parfaitement saugrenu puisque nous nous enfonçons actuellement dans la crise, sans qu’il soit besoin d’attendre la prochaine pour vérifier que les digues tiendront, ce qui va être finalement décidé ne pouvant en rien aider à en sortir. Ce qui ne signifie pas qu’il faut tout laisser en plan, tout au contraire.

Sur tous les tons, mais en utilisant les mots de la politique, le discours de la rigueur s’envole depuis ce week-end, afin de nous y enfermer, et les mesures qui en résultent se précisent. Chaque pays suit son rythme, mais pour tous c’est maintenant ou jamais. Cela ne fait que rajouter une inconnue de plus à une équation générale qui n’en manque déjà pas : jusqu’où la crise sociale qui va en découler va-t-elle être supportable ?

Quand, sous quelle pression, les gouvernements européens vont-ils commencer à se poser les bonnes questions, à défaut de trouver les bonnes réponses ? Quels vont être les moteurs de l’activité économique européenne dans le monde de demain qui se dessine  ? Comment vont être associés cette activité et le bien-être de la société qu’elle est sensée servir ? Ajoutant à cette réflexion, pour qu’elle soit complète, les ouvertures vers une autre société que le développement durable porte en lui.

Après-demain sera un autre jour.

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142 réflexions sur « L’actualité de la crise: un monde fermé ou ouvert, par François Leclerc »

  1. Y voir clair ça ne suffit pas, je crains. Regardez sur les marchés d’actions on y voit clair et c’est encore un des marchés les plus spéculatifs. Construire des usines à gaz ne sert qu’à enrichir ceux qui les géreront, avec une petite commission au passage et des armadas de régulateurs inefficaces pour contrôler tout ça. La dernière arnaque en vue.

    Et si on commençait tout simplement par interdire les tables de jeu au banques commerciales comme le suggère le sénateur Todd et depuis longtemps Paul Volcker. Il y a maintenant urgence, non ? Il faut bien commencer par quelque chose.

    Ensuite, on ramène le taux de toutes les dettes publiques et privées ( uniquement les prêts commerciaux et des particuliers pas les leviers des Hedge, ni ceux des LBO) à 3 %, quitte à payer la différence aux prêteurs. Le fonds de 500 milliards pourrait servir à celà.

    Enfin, les banques centrales relèvent le niveau de leurs taux d’intervention progressivement.
    De quoi calmer le jeu non ?

    1. revenir au fixing au moins quotidien voire mensuel pour les cotations en bourse serait aussi trés trés heureux pour les gens qui galérent dans la vraie vie économique.

      La volatilité des marchés de secondes en secondes ne sert que les speculateurs et ceux qui ne produisent rien de bien dans une économie du réel, la marche du réel n’est pas à la seconde, l’analyse des situations necessite forcément du temps de réflexion, il faut le donner aux vrais intervenants responsables, pas aux joueurs de roulette.

  2. « Les grands argentiers de la planète dont le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, celui de la BCE Jean-Claude Trichet ou encore le financier George Soros sont réunis mardi à Zurich pour une conférence au lendemain d’un plan de sauvetage inégalé de la zone euro.
    La conférence d’une journée, est fermée au public et a seulement été rendue accessible à quelques médias présélectionnés. Les autres médias présents dans le hall de l’hôtel, dont l’AFP, ont été priés de quitter les lieux. »
    Boursorama….. et AFP.

  3. Je viens encore aujourd’hui de lire un très bon article de plus de la part de Mr Leclerc, quelle belle analyse sur l’actualité de la crise mais à force et à la longue, tout cela n’est-il pas très épuisant, décourageant, écoeurant, révoltant bien peu reconnaissant aussi pour lui comme pour beaucoup de gens déjà bien mal en point, à bas l’homme aussi qui en porte bien plus douloureusement sa peine et par rapport au grand roi david et encore bien triomphant sur autrui aujourd’hui.

    Je sais bien que la crise touche pas mal de gens mais le fait de continuellement penser et parler de la crise cela nous conduit-il pas indirectement à cultiver une bien triste mine en nous comme envers autrui sans trop non plus d’arrières pensées envers Mr Leclerc que je respecte beaucoup pour son travail d’écriture et d’analyse et cela d’ailleurs quelque soit son propre chemin de vie intellectuel.

    Méfions-nous aussi de ce mouvement et qui en pousse beaucoup de nos jours à broyer du noir à travers parfois des commentaires, moi le premier en me prenant pour un faux prophète oui pourquoi recherchons-nous parfois à nous complaire dans un certain état d’être et qui n’est peut-être pas non plus le meilleur état que nous devrions plutôt rechercher à cultiver déjà en nous comme envers autrui.

    Oui pour changer un peu ne devrions-nous parfois commencer par bénir ceux qui nous jugent souvent faute d’argent, d’emploi ou de je ne sais quoi d’autre de plus manquant en nous, ha si seulement Mr Leclerc pouvait ne serait-ce qu’une seule fois et à travers un billet nous parler du chat de la voisine ou je ne sais quoi de plus différent oui je trouve qu’il n’a pas non plus toujours
    le beau rôle sur ce blog comme c’est vraiment injuste Mr Jorion, vous vous rendez compte ?

    N’y a-t-il donc plus d’autres moyens de changer les choses de nos jours que de se sentir de plus en plus obligé d’utiliser le même vocabulaire habituel celui en fait des grands de ce monde, sommes nous vraiment plus différents de ceux que nous recherchons continuellement à nous différencier dans nos écrits comme dans nos commentaires.

  4. Le gouvernement anglais a eu un comportement particulierement stupide ce weekend dernier. En refusant de participer au plan, ils n’imaginent pas a quoi ils s’exposent. Jean-Pierre Jouyet vient de bien resumer:  » Les Anglais vont être très certainement ciblés, compte tenu des difficultés politiques qu’ils ont, après on verra. C’est ‘aide-toi, le ciel t’aidera’, si on ne veut pas de solidarité avec la zone euro, on verra ce qui se passera à l’égard du Royaume-Uni ».

    La fenetre de tir ouverte grace au plan de sauvetage va se refermer tres rapidement car sur les marches, tout se joue en en quelques jours. Il faut tout de suite prendre de nouvelles initiatives, envisager au moins le double, voire le quadruple. Et arreter de hurler que la rigueur va tout regler!

    1. Qui de la poule ou de l’oeuf…??? Je m’explique.

      Il n’est pas inenvisageable que les pays de la zone Euro aient à la fois gagné du temps (ce qui permet de « décourager » un marché qui veut tout tout de suite) mais a aussi mis les Anglais au pied du mur.

      Car les Anglais sont assez mal en ce moment :
      http://www.dedefensa.org/article-l_imagination_assiege_le_pouvoir_10_05_2010.html
      Et leur finances, pas des plus florissantes.

      Naturellement, un Euro fort ou même pas complètement détruit leur importe peu. Leur référence est le grand frère US.
      Et, vous pourrez le constater comme moi, juste 48 heures après la mise en place du fond pompé sur l’argent des peuples, vient l’apparition de règles visant à essayer de contenir la finance :
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/11/l-europe-veut-une-super-regulation-de-la-finance_1349458_3214.html

      Si nous devons mettre les Anglais face à leur responsabilité…
      Ceci de façon volontaire ou non, « le marché » s’en fout.

    2. oui en ce moment c’est la grande braderie. tout est à vendre et tout le monde va trouver acquéreur, les anglais rentreront dans le rang car quoi qu’on en dise leur euro-frilosité doit en gêner certains et non des moindres.

      intéressant: http://www.dedefensa.org/article-partie_d_arizona_la_revolte_s_etend__10_05_2010.html

      en europe rien ne se passe de politiquement important, l’europe n’est qu’une affaire de gestion et de gros sous (voir coup de fil d’obama dont parle plus haut réveil-coucou). si un évènement politique devait survenir et tout boulverser, il viendrait évidemment des z’états-z’unis. indeed.

    3. Méthode Hic.
      Il est clair que les tea party, s’ils trouvent une certaine alliance entre eux, peuvent balayer l’état fédéral…

      Et les tea party, c’est l’extreme-droite 🙁
      C’est à dire une guerre mondiale.

    4. mais c’est déjà la guerre et je ne suis pas sûr que les ‘tea party’ se concentreraient à menacer l’iran en permanence. certes une réforme de l’intérieur serait moins dangereuse mais regardez déjà au niveau financier ou par exemple en matière d’énergie fossile, rien ne change, nous sommes bloqués dans la tentative de créer un mode de société plus juste et intélligent.

      les tea party s’est le protectionisme avant tout et même si le recul de la présence u.s à l’extérieur devait provoquer des guerres, quoi de différent avec la situation actuelle? eh bien chacun devrait porter sa croix.

      pour ma part j’accepte de vivre avec les allemands. j’accepte la remise en cause du lobbie pétrolier pour lequel nous faisons la guerre et abdiquons nos droits démocratiques. je souhaite que nous mettions en place les conditions d’une économie basée sur l’énergie renouvelable mettant fin à nos guerre extérieures et aux monopoles privés de corporate power.

      ensuite si les autres fédérations et organisations de coopération veulent vraiment la guerre, eh bien ma foi ils l’auront. mais moi je n’y crois pas et de toute façon nous avons la toute-puissance technologique comme les meilleures armées.

      c’est ce que j’appelle l’heure du choix, g w bush a prévenu: vous êtes avec nous ou contre nous.

      no blood for oil.

  5. Naomi Klein, dans son ouvrage « Stratégie du Choc » évoque l’avènement d’un « capitalisme du désastre » et dénonce l’existence d’opérations concertées clans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier mettrait sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
    N’est ce pas à cela que nous sommes en train d’assister ?

    1. Possible plutôt que probable, mais ce sujet est tabou.
      Il est politiquement correct d’envisager l’influence des lobbies sur les décideurs mais pas encore de parler en termes de complot ploutocratique visant à instituer un état mondial non démocratique.
      Psychologiquement parlant la thèse de Naomi Klein est à minima à prendre en compte.

    2. Le + ‘drôle’, c’est que certains pays, pas forcément démocratiques, se rendent compte du poids du joug que cela nécessiterait de subir s’ils devaient arriver à en accepter celui qu’on nous prévoit et qu’il en deviennent les fers de lance de la lutte contre cet ‘ultra-libéralisme’ (ou ce règne totalitaire , partout et tout le temps, de l’argent) dans le monde, en lieu et place des dites démocraties bien faiblardes pour le coup.
      Russie et Chine en premier lieu, comme ‘sauveuses’ des vieilles démocraties. Etonnant, non ?

    3. Bonjour,

      je penserais plutôt que les « riches » dominent déjà leur monde ( que nous fait la puissance des marchés en ce moment : une crise économique), nous assistons à l’effondrement de leurs organisation et de mesures en mesures il ne s’agit en fait que la volonté de perpetuation des mêmes tenants et aboutissant du systéme.

      L’enjeux maintenant c’est en cas de révolte des peuples : comment va alors réagir les structures démocratiques des états : comme en Islande avec une ouverture honnête au peuple qui dit « non » ? ou bien la mise en jeux de forces politiques obscures manipulant les opinions avec le risque de société totalitaires, guerre civiles, terrorisme politique …. voire de guerre exterieure ?ces methodes d’agitations politiques sont bien connues et ont été à l’oeuvre il y a pas bien longtemps dans nos contrées.

  6. Dans la matinée, j’ai vu sur une chaine publique une pub pour des acheteurs d’or « vendez-nous vos bijoux! ».
    Les rapaces tournoient autour de nos têtes. D’autre part, nous assistons à des cambriolages à l’envers: les banques volent les peuples.
    Dans un autre registre, je vais vous raconter une histoire qui colle à l’actualité. Je donne beaucoup de détails pour qu’on comprenne bien comment fonctionne cette grand machine à broyer qu’est devenu le Pôle Emploi.
    En octobre dernier, je me suis réinscrite à Pôle Emploi suite à un arrêt maladie de 6 mois. J’avais donc été automatiquement radiée. En arrivant dans les locaux, tout avait changé: de grands travaux avaient eu lieu: aménagement de boxes, mise en place de guichets d’accueil (comme dans une banque) et enfin petites pièces avec écran TV devenues passage obligatoire lors de toute inscription. Là, on vous oblige à regarder une vidéo où vous sont expliqués vos droits mais surtout vos devoirs.
    Pendant ce temps, on photocopie les documents qu’on vous a demandé dont carte vitale et carte d’identité.
    « Nous ne pouvons accepter votre pièce d’identité car votre carte d’identité n’est plus à jour! Vous avez 3 mois pour en refaire une mais surtout, vous ne percevrez vos indemnités qu’en nous rapportant la preuve de votre demande de renouvellement de carte! ». Je crie au scandale: « Je m’absente 6 mois et vous ne me reconnaissez plus? Les magasins et même les forces de l’ordre acceptent cette carte et vous, vous la refusez, mais où va-t-on? Vous serez complice d’une partie de ce qui arrivera » L’employée me regarde d’un air mauvais, les demandeurs présents dans la salle d’attente regardent leurs chaussures.
    Contrainte, je me précipite à la mairie pour le renouvellement, là j’apprends que les demandes d’attestations à l’intention du Pôle Emploi pleuvent. Passage par le photographe pour éviter le rejet des photos. Retour à Pôle Emploi pour régulariser avec l’attestation. Ouf!
    Un mois après l’inscription, j’apprends qu’on me reprend mes anciens droits alors que j’avais rempli une nouvelle demande pour mettre à jour mon dossier. On m’avait demandé 3 ans de documents ce qui dans mon cas a représenté un dossier tellement épais qu’on l’a entouré avec un gros élastique (environ 200 contrats de travail).
    Trois mois après l’inscription: plus d’indemnité. Au téléphone, on me dit sur un ton de reproche que je n’ai pas fourni ma nouvelle carte d’identité et que mes paiements se sont automatiquement arrêtés. Je crie au scandale je n’ai toujours pas reçu ma carte et l’employé procède au paiement après s’être exclamé: « comment? Le délai est si long? » Heureusement, après appel à la mairie, on m’a dit que ma carte m’attendait depuis une semaine. Côté carte, c’est réglé. Enfin, sauf ma colère de lire sur différents sites que la carte d’identité n’est pas obligatoire en France et que Pôle Emploi semble se placer au dessus des lois.
    Côté énorme dossier avec élastique: disparu! Plus de trace de multiples copies et de mes nombreuses attestations originales de mon ancien employeur.
    Quatre mois après l’inscription, mes droits (les précédents) sont épuisés. Heureusement, je trouve 3 jours de travail!
    Cinq mois après l’inscription, mon dossier élastique semble avoir été retrouvé, on me dit que mes nouveaux droits sont inférieurs aux anciens et que je ne devrais pas les prendre. Étonnée car selon l’employée, j’avais largement le nombre d’heures demandées, je ne sais que faire. Je reçois un dossier pour demander l’allocation spécifique mais elle date mon dernier contrat de 2003. En prenant cette date en considération, je n’ai plus droit à rien (pas assez d’heures). Par contre, si mon dossier élastique est pris en compte, je peux prétendre à l’allocation spécifique. Je demande donc qu’on prenne en compte mes nouveaux droits.
    Sept mois après l’inscription, je reçois 3 documents datés du même jour: un refus d’allocation ARE me conseillant de m’adresser au CCAS de ma commune, une acceptation à l’allocation ARE, un document me demandant de rendre 200 euro indument perçus (zéro revenu depuis deux mois) avec menaces d’huissier à l’appui. J’en ai souri car les trois documents réunis ont quelque chose de cocasse!
    C’était hier et je ne connais pas la suite.
    Si je mange, c’est grâce à mon entourage, merci à eux.
    Par contre, si on me demande un effort supplémentaire pour éponger les dettes publiques, j’ai bien peur d’être inefficace
    Combien de personnes sont-elles dans mon cas? J’ai entendu dire que de nombreux dossiers se perdent ainsi dans cette grande maison qui a entrepris de grands travaux de relooking. On affame les chômeurs dans l’ombre! Que va-t-il se passer pour les nouveaux venus qui vont frapper à la porte, pour combien de temps encore ouverte, de Pôle Emploi?

    Merci pour ce blog oh combien instructif et merci de votre attention.

    1. Ben ouais, s’agirait pas de dégueulasser les statistiques, hein. On vit dans le virtualisme le plus complet. Un jour le président défilera au milieu d’une foule en guenilles et les statistiques diront que tout va pour le mieux. Tout cela me rappelle l’URSS et autres régimes dans le genre.

  7. il a y plus de 2 ans,j’avais ecrit ,ici, que nous allions vers l’implosion
    à cause de la cupidité,l’avidité de certains :oui…enfin,NON
    c’est le systeme capitalisme qui a un bug : le PROFIT pour LUI-MEME de LUI-MEME en SOI-MEME
    alors,çà marche depuis 250 ans comme çà;que s’est-il passé???
    dans un monde infini,no problem,enfin,si,d’ordre ethique mais nos gouvernants s’en …
    le pic-oil de 2005 (qui mettra 10 ans à etre constaté) a fait son entrée et comme la croissance ,depuis 250 ans, est du à l’énergie peu cher et à la technologie,voilà le vrai probleme (avec le dumping fiscal&social,certes,qui n’arrange rien)
    de plus,on aura besoin entre 1% et 20% de travailleurs d’ici 2100 (10% à 20% sont dejà au chomage,temps partiel)
    le revenu d’existence,les 32 heures(puis 28,…) sont inévitables
    la croissance,si elle revient,se fera sans vraiment une augmentation d’emploi
    je connais à peu pres tous les secteurs d’activites
    à part la chine&l’inde qui en ont pour 40 ans et encore (à cause des matières premieres)

  8. Bien sûr, nous sommes suspendus au fil du temps, tenus en haleine par les péripéties acrobatiques des marchés boursiers et du monde politique, dans l’expectative angoissée et révoltée de la chute probable du système, dans l’attente de lendemains qui ne chanteront pas forcément …

    Je lis les articles éclairés de Messieurs Jorion et Leclerc avec beaucoup d’application et d’intérêt ainsi que tous vos commentaires ce qui permet effectivement de coller au plus près à « l’actualité historique ». Mais cette actualité n’est qu’une des deux dimensions temporelles représentées par le symbole de la croix : celle de notre horizontalité, celle du déplacement linéaire et chronologique. Ce qui rend prodigieux l’époque que nous traversons, c’est que cette horizontalité est en marche vers la rencontre d’une nouvelle verticalité, vers une nécessaire redéfinition collective de principes fondateurs essentiels (thème qui transparaît d’ailleurs tout au long du blog : cf « La Vertu »).

    A ce titre, je voudrais proposer un autre angle d’approche plus féminin qui, je l’espère, à sa façon, éclairera le défi auquel nous sommes confrontés.

    Tout est « Nourriture » dans la Vie.

    Comment alimentons-nous les trois pôles de notre constitution trinitaire (corps-âme/psyché-esprit) qui, le plus naturellement du monde, ont faim ?

    En principe, à chaque pôle correspond un type d’alimentation :

    – au corps, la nourriture physique (alimentation, activités physiques : sexe, sport, etc…) y compris les biens matériels de toutes sortes même les espèces sonnantes et trébuchantes : tout ce qui satisfait le corps en lui transmettant le sentiment de satiété, de sécurité et de plaisir corporel ;
    – à l’âme, une nourriture plus subtile (les émotions, les sentiments y compris le sentiment religieux, la recherche du beau à travers la nature, l’art, etc …) : tout ce qui satisfait l’âme en l’élevant et en lui transmettant le sentiment d’harmonie et d’unité ;
    – à l’esprit, les pensées inspirées et élevées des sciences cognitives et humaines, philosophiques et religieuses : tout ce qui satisfait l’esprit en lui transmettant le sentiment d’ouverture et d’inscription dans une dimension plus haute et plus profonde, une verticalité transcendante de l’existence, de la Vie.

    L’équilibre n’est pas toujours de mise. Chacun des pôles peut souffrir, isolément ou ensemble, de malnutrition ou de sur-alimentation et qui plus est, d’empoisonnement toxique, quand la nourriture offerte à la consommation est avariée (exemple pour chacun des trois niveaux : conservateurs, colorants, pesticides dans l’alimentation pour le corps, émissions débilitantes à la télévision pour l’âme, valeurs de civilisation prônées contraires au bon sens et à l’éthique pour l’esprit). Dans le premier cas, on parlera de manque et dans le second, d’avidité. Le problème se complique encore d’avantage lorsque la nourriture destinée à satisfaire l’un des pôles sert à compenser, comme un ersatz, un succédané de nourriture, le manque vécu à l’un des deux autres pôles. C’est sur ce décalage que s’est bâtie la société de consommation en ne proposant qu’une seule réponse aux besoins de nature différente de notre organisation trinitaire, la solution matérielle.

    En effet, la société s’est mise à dériver lentement tout d’abord, puis de plus en plus rapidement, à partir du moment où l’emprise des codes sociaux, moraux et religieux s’est estompée. Une brèche était ouverte et comme la nature a horreur du vide, la société de consommation s’y est engouffrée comme un cheval de Troie, un virus. Le chant des publicitaires a fabriqué un miroir aux alouettes destiné à tromper les attentes légitimes du corps, de l’âme et de l’esprit en proposant des nourritures falsifiées et inadaptées aux besoins véritables. Le bonheur à portée de main, simple comme un coup de fil … à la condition d’acheter tel ou tel produit ou service, de s’endetter. C’est le plus grand des mensonges dans lequel on nous embarqués en nous donnant à penser que consommer, posséder allait immanquablement nous rendre heureux. C’était d’autant plus facile que l’inconscient collectif, auquel nous sommes tous soumis, véhiculait en lui toutes les souffrances et privations des générations précédentes aspirant à une amélioration de leurs conditions … et que nous portions leurs espoirs vers un mieux-être (passant par le mieux-avoir).

    Mais, la dérive, à mon sens était sinon « nécessaire » du moins inéluctable parce qu’il fallait aboutir à un moment donné à une libération, un franchissement des tabous et de toutes les rigidités ancrées pour que la Conscience, processus éternellement à l’œuvre dans l’être humain et dans la société, puisse apprendre par « essais et erreurs », puisse se déterminer librement en fonction de l’expérience emmagasinée dans le monde de la dualité.

    L’heure de tirer le bilan a visiblement sonné. Tout le monde s’accorde à dire que la société matérielle n’a pas tenu ses promesses car même si nous nageons dans le plus grand des conforts qui va vraisemblablement nous être « confisqué » prochainement, jamais la pauvreté ainsi que la misère sexuelle, affective, morale et spirituelle n’ont été aussi grandes qu’aux temps de notre société décadente.

    Faut-il conclure avec André Malraux que le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas ? Tout du moins, faut-il se rendre à l’évidence qu’après avoir fait le tour de notre monde matériel aux limites duquel nous nous heurtons de plus en plus violemment, il devient indispensable de considérer qu’il faut « réapprendre à se nourrir correctement » en alimentant de façon positive, mesurée et équilibrée chacun des trois pôles avec la nourriture adéquate. C’est en cela que réside la « révolution du futur » où il deviendra évident qu’il est inutile, par exemple, de disposer d’un poste de télévision dans chaque pièce de son logis servant à combler, compenser le vide existentiel qui nous mine ….. et que le bonheur se trouve, peut-être tout simplement, dans la simple joie d’exister, d’être un « VIVANT » parmi les « VIVANTS».

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai conscience du fait qu’une réorganisation sociale ou réforme structurelle (appelez-la comme vous voulez) devra obligatoirement précéder ou accompagner cette mutation.

    1. …Et puis il y a ceux qui vont à Pôle Emploi, pour une sorte de recherche, en espérant un jour gagner le bifteck existentiel.

    2. @ Yvan

      De la part d’une vieille « VIVANTE » à un « vieux » routier de la manipulation !

      Je ne voulais pas réagir en premier lieu à votre provocation mais comme vous persistez, je vous dois bien la monnaie de la pièce.

      J’ai toujours aimé la psychologie à tel point qu’à 18 ans, j’ai entamé des études de psychologie que j’ai abandonnées et ce, en dépit de bons résultats. J’éprouvais tout simplement une répulsion instinctive naturelle à la théorie freudienne qui, pour moi, sonnait faux. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts jusqu’au jour où CG Jung, à travers ses ouvrages, a croisé ma route. Totalement subversif et libérateur !!! C’est cela que je tente de partager ; il n’y a aucune tentative de manipulation de ma part et je m’interdis de pratiquer de la sorte à l’égard d’autrui pour la simple et bonne raison que j’ai été aux prises, pendant de nombreuses années, avec mon Minotaure dans le labyrinthe de Cnossos, cette notion ne devant pas vous être totalement étrangère ? … et de surcroît, je m’intéresse à la science économique et financière même si, je dois bien l’avouer, j’ai un sérieux retard à combler.

      Sans rancune.

    3. Marlyse, j’adore lorsque vous considérez cela comme de la provocation.
      Je ne disais pourtant qu’une vérité.

      Si vous saviez à quel point mon minotaure est puissant car il s’appuie sur deux choses fondamentales que sont l’Humain et ses excés, vous en resteriez sur le cul. Si je puis dire.

      Peut-être le fait d’avoir approcher la mort d’un peu trop près m’a-t’il donner le sens de la vraie vie…???

      J’ai bien écrit Il comme Humain au sens général et sous-entendu événement au sens particulier.
      Hhmm.. contrairement à vous, je ne parle que de ce que j’ai vécu.

  9. Bonjour !

    Souhaitons que le plan de lissage se poursuive:
    – La MO, dans l’UE, est beaucoup trop élevé, au regard de ce que l’on observe dans d’autres pays. Quelquesoit le motif, les moyens employés, et la réelle finalité de ce PLAN, toute action allant dans ce sens, mérite d’être encouragée….Tant qu’une masse suffisante ne sera ( le sera t’elle un jour …?) consciente de ce qui se trame, refusera, se rebellera, et tuera !!!
    Maintenant, et moins ironiquement, je souhaite qu’aucun conflit majeur n’éclate dans les 5 prochaines années….. porte de sortie salvatrice du système!!!

    Bonne journée!

  10. L’intervention de la BCE sur le marché de la dette des États présente un aspect hypocrite.

    D’abord à quel prix intervient-elle ? Dans un marché où elle est quasiment seule acheteuse la détermination du prix n’est pas aisée.

    Ensuite les grandes banques européennes se sont engagées à ne pas vendre leur obligations d’États. Elle n’ont d’ailleurs plus besoin de s’en défaire puisque, grâce à l’annonce de la BCE ces titres ont repris une valeur normale ce qui rééquilibre leurs bilans.

    Qu’est-ce qu’un marché où on n’a pas le droit de vendre?

    On retrouve d’ailleurs un paradoxe connu : quand l’action Total est cotée 100€ sur la bourse toutes les actions Total sont sensées valoir 100€, ce qui est très théorique. Si elles étaient totutes présentées à la vente, elles ne vaudraient plus rien.

    Est-on en face d’une prophétie auto-réalisatrice : depuis Lundi tout le monde croit (ou fait semblant de croire) que les dettes d’État seront payées, alors elles retrouvent un prix normal ? Est-ce une pure et simple manipulation de marché ?

  11. Le député américain Alan Grayson (démocrate), qui pourchasse inlassablement depuis des mois la Fed pour son absence de transparence, a curieusement déclaré la chose suivante dans un petit article publié dans le Huffington Post d’hier (toujours visible sur le site de ce média: http://www.huffingtonpost.com) :

    « Earlier this week, the Federal Reserve announced it was going underwrite the Greek bailout by lending dollars to the central banks of Europe, England, and Japan. The loans may never be paid back, the Fed accepts the risk that the dollar will strengthen in the meantime, and the interest rate charged by the Fed is very likely at below-market rates. So such loans are in effect just a subsidy, to bail out foreigners. »

    Une autre manière pour la Fed de soutenir indirectement les banques américaines exposées au risque de l’euro, de la livre et du yen? Ou s’agit-il, comme le dit Grayson, de « subventionner le sauvetage d’étrangers »? Ce serait assez surprenant.

  12. On doit évoluer vers un vrais libre marché. Mais sur une marche on on veut devenir roi, la caractère libre du marché disparaît très vit. Aujourd’hui le roi du marché c’est l’argent avec nous comme ces disciples dévote, croyant et obéissant.

    Un libre marche c’est une marché ouvert à tous ou les vrais besoins des gens et les vrais offres peuvent submerger.

  13. une question à F. Leclerc et aux autres :

    au sujet de la monétisation de la dette et du débat inflation/déflation.

    bon, donc on a ça : La BCE rachète les dettes gvtales pourries aux banques, et les sauve de la faillite. Lesquelles banques pourront se gaver lors de la future émission EU. schéma assez identique au bail out USA sous Paulson. on pourrait donc s’attendre à de la déflation puisque les banques utiliseront uniquement ce fric pour nettoyer leur bilan et pas pour prêter à l’économie réelle laquelle sera plombée par la rigueur.
    Mais … le fric de la BCE vient de la FED via les swaps devises. on ne sait rien des modalités de ce swap … ce transfert FED/BCE est il selon inflationniste ou déflationniste et pourquoi ?

    merci

  14. Promis juré, sortir de ce mauvais pas ne coûtera pas un centime au contribuable. Antienne déjà entendue – et déja bafouée – mais les Français, les Européens ne sont pas les seuls à être ainsi floués. On teste en permanence leur capacité d’acceptation, et d’oubli. D’ailleurs, si une journaliste du New York Times ne venait pas le leur rappeler, quel Américain aurait la présence d’esprit de demander à son gouvernement ce qu’est devenue la même promesse faite au sujet de Fannie Mae et Freddie Mac, qui après avoir englouti une bonne portion du TARP ($ 130 millards) reviennent tendre leur sébile?
    http://www.nytimes.com/2010/05/09/business/09gret.html?dbk
    A la décharge de ces compagnies, comme l’explique Gretchen Morgenson, le gouvernement US depuis qu’il en a pris le contrôle les utilise pour redonner une virginité aux autres banques en digérant leurs créances hypothécaires pourries. La différence avec du blanchiment est-elle bien claire?

    1. Et puisque Jaycib rappelle Alan Grayson à notre mémoire, qu’est devenu un autre poisson qui avait été noyé à son époque, une petite broutille de $ 9 000 000 000 000 (bientôt il faudra faire des copier-coller de zéros pour commenter l’économie) qui avait été discutée sur ce blog?

  15. @ Yvan

    Cela suffit !
    J’ai pour habitude de ne parler que de ce que j’ai vécu et de ce que la Vie m’a enseigné.
    Aussi, voici mon Minotaure tel qu’il m’est apparu dans un poème écrit le 4 mars 1977 (j’avais 18 ans) :

    Dans le gris du soir
    M’est apparue la bête fulgurante
    Souillant le flot cristallin
    De mon délire onirique.
    La herse de ses griffes labourait le champ de ma conscience
    Creusant, au lieu de sillons réguliers, des abimes écorchés-vifs
    Où florissait déjà l’ivraie irréelle.

    Dans le trépas de la nuit
    S’est desséché l’arbre de vie
    Dégoulinant d’impalpables charognes
    De mon songe hystérique.
    Des lianes érosives tailladaient le temple de ma spontanéité
    Souffrant du vampirisme de projection et d’introjection
    Qui nourrissait leur sève anémique.

    Dans le clair-obscur du petit matin
    S’est faite la récolte pléthorique
    Regorgeant d’inhibitions
    De mes faussetés rachitiques.
    Les fruits aux vers gisaient sur un grabat infect, plein d’exhalaisons,
    Habillant un squelette de sous-vêtements nauséabonds
    Que recouvrait une parure de luxe gangrégineuse.

    Et pullule maintenant la charogne !
    Les sourds baissent le pavillon
    Boycottant la complainte des fruits semblables à des aphtes qui suintent.
    Les aveugles se retranchent derrière leurs jalousies
    Excusant l’outrage fait à leur âge
    Des fruits qu’ils maudissent avec rage.
    Les muets engagent le dialogue de sourds :
    « Vous m’excuserez, je ne comprends pas, j’avais pourtant tout fait pour que le fruit soit bon ».
    Et le cercle vicieux recommence, les sourds, les aveugles, les muets …
    Les épidermiques se rebutent au contact de la chair putride, peu pulpeuse,
    Au contact de la peau perverse, pourriture déséquilibrée.

    Quand viendra l’aube du cinquième jour
    Où le fruit retournera à la terre
    Et éclorera dans la lumière du jour
    Une nouvelle progéniture ?

    1) Ce poème est rempli de symbolique que la rencontre avec CG Jung (bien plus tard dans ma vie) m’a permis de décrypter.
    2) Il parle d’une cinquième aube de la même façon que les Mayas parlent du cinquième soleil à venir (chose que j’ignorais totalement à l’époque). Poème prophétique ?

    Ceci est ma dernière contribution à ce blog. Je vous laisse entre « initiés mâles ». De plus, j’ai des tas de choses importantes à faire (biner mes fraisiers, faire une tarte à la rhubarbe pour les miens, poser du papier peint dans le couloir, nourrir mes carpes coi, repiquer mes semis de delphinium, m’occuper de ma vieille mère veuve, recevoir mes enfants, brosser et jouer avec mon chat, etc, etc, etc, etc ….) plutôt que de m’entendre dire que je fais du plagiat, que mes propos sont dénués de sens et de vérité.

    Je continuerai de lire les articles de Messieurs Jorion et Leclerc, que je salue respectueusement.

    Comme cadeau d’adieu, voici une de mes chansons préférées du répertoire d’Hugues Aufray :
    http://www.dailymotion.com/video/xj8od_hugues-aufray-santiano_music

    « Tenons bon la barre, tenons bon le vent et …… si Dieu le veut …. nous irons jusqu’à San Francisco ! »

    Avec mes salutations.
    Marlyse

    1. Bonjour Marlyse,

      « Ceci est ma dernière contribution à ce blog. ». Dommage : http://www.pauljorion.com/blog/?p=10505#comment-73754

      « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils y crucifièrent Jésus ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font ». (Lc 23,33-34).

      Je vous mets au défi d’expliquer à une fourmi que son logiciel n’est pas le meilleur. Que sa programmation n’est pas l’unique possible.

      Au plaisir.

    2. Fab,

      Merci.

      Serment de foi

      Tu ES

      Comme le fut ton fils : l’essentielle oasis
      Au plus profond d’un indéfinissable désert.

      Ta voie serpente entre les mirages factices
      De nos trajectoires supposées volontaires.

      Mais, quand l’intuition dans l’imaginaire se glisse,
      Tombent sur le champ toute sortes de barrières.

      Celui qui se débarrasse de ses artifices
      Retrouve alors le chemin vers son Père.

      Et, sans crainte, peut contempler le précipice
      Plein des remous bruyants de notre terre.

      Bon vent !

      Marlyse

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