Une occasion manquée, par Jean-Pierre

Billet invité

Formidable! Il leur a fallu trois jours pour arriver enfin à une conclusion que l’on attendait depuis plus de trois mois. Et nos doctes dirigeants estiment avoir résolu le problème. Ils ne se rendent pas compte qu’ils viennent de l’aggraver. Pourtant, dans leurs élucubrations de dernière minute se cachait une idée formidable. Elle a malheureusement été balayée d’un revers de main par deux acteurs éminents : la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

De quoi s’agit-il? Comme on le sait, la Banque Centrale Européenne (BCE) n’a pas le droit d’acheter des emprunts d’Etat directement auprès des trésors concernés. Elle n’accepte ces titres que dans le cadre d’avances sur nantissement. Les titres doivent néanmoins être de qualité et leur notation ne peut être inférieure à BBB-. Mais depuis la rétrogradation de la Grèce sous ce seuil, la BCE n’a pas eu d’autre alternative que d’accepter tous les titres des pays membres de l’Union. Ne pas le faire eût sonné le glas de l’euro.

Bien sûr, cette procédure ne concerne que les banques. Ces dernières souscrivent aux émissions d’Etat après en avoir convenu les modalités avec le Trésor émetteur. Ensuite, ces banques négocient ces emprunts avec les investisseurs intéressés. De temps à autre, en fonction de leurs besoins en liquidités, elles mettent ces titres en pension auprès de la BCE et obtiennent un crédit très bon marché de sa part. La BCE gère ses différentes fenêtres de crédit en fonction de sa politique monétaire.

Depuis que la crise financière sévit, la BCE a dû introduire de nouvelles facilités pour soutenir le système bancaire. Elle acceptait des titres de piètre qualité, provenant même du secteur privé. Depuis le début de l’année, cependant, la BCE a commencé à enlever prudemment tous ces nouveaux filets de sauvetage. La crise était jugulée, paraissait-il. Jusqu’à ce que la prise de fonction d’un nouveau Premier Ministre en Grèce en octobre 2009, George Papandreou, ne fasse, par ricochet, trembler toute la zone euro. Comme tout politicien qui se respecte, la première chose qu’il entreprit après son élection fut de critiquer ses prédécesseurs, en affirmant avoir hérité de caisses vides et de comptes gravement déséquilibrés. Jusqu’alors, personne ne s’en souciait véritablement. Le 5 novembre, le gouvernement annonçait un déficit de 12,7% du PIB et une dette à 113,4%. Le 11 novembre, la Commission déclenchait une procédure pour déficits excessifs. Le 8 décembre, l’agence de notation Fitch abaissait la note de la Grèce de A- à BBB+.

La joie des spéculateurs était grande. Ils disposaient enfin d’une alternative aux Bourses qu’ils avaient poussées vers des sommets difficilement justifiables économiquement. Aujourd’hui, ils pouvaient s’en prendre aux emprunts d’Etat. Ils ont entamé leurs assauts par la Grèce. Tant et si bien que les politiciens et la gent académique se sont penchés sur cette affaire, fronçant les sourcils. La Grèce avait osé les berner, rendez-vous compte!

Les gouvernants ont tergiversé pendant plus de trois mois. Pour les spéculateurs, la situation est du pain bénit. Ils matraquent sans vergogne le cours des emprunts grecs, aggravant les conditions de refinancement du pays. C’est précisément là que l’Union vient de rater le coche. Ses membres étaient à deux doigts de créer l’arme la plus redoutable qui soit pour casser les reins des spéculateurs. Malheureusement, ni la Grande-Bretagne, ni l’Allemagne n’ont osé assumer cette responsabilité.

Le but était de créer un fonds qui émettrait des emprunts au nom de l’Union, garantis par l’avoir budgétaire de l’Union, donc par ses membres, et pouvant directement négocier les titres sur le marché obligataire afin d’en stabiliser le cours. On aurait pu élargir les prérogatives de ce fonds en invitant, par exemple, les Trésors nationaux à céder une partie de leurs emprunts afin que le fonds puissent les utiliser lors de ses interventions sur le marché.

Imaginez que ce fonds reçoive des Bunds et des OAT, les vende et, avec le produit ainsi dégagé, achète les titres grecs à vil prix. Aucun risque! Le fonds aurait de la sorte pris les spéculateurs à leur propre jeu. Au lieu que ces derniers aspirent les milliards d’euros des contribuables que les gouvernements dans leur inanité leur concèdent, le fonds récupérerait ces milliards au profit de l’Union en général et de la Grèce en particulier. Malheureusement, cette idée est morte avant même d’avoir vu le jour!

Non, les membres de l’Union, en collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI), préfèrent mettre 750 milliards d’euros à la disposition des marchés. Les spéculateurs doivent se frotter les mains. L’allocation de départ de 30 milliards a gonflé en moins de deux semaines, d’abord jusqu’à 110 milliards, quatre fois la somme initiale, puis jusqu’à 750 milliards, 25 fois la somme promise. De telles largesses sont totalement irréfléchies.

Car, dans l’intervalle, rien n’est entrepris pour stopper la spéculation. Les banques pourront continuer de manipuler les cours comme elles l’entendent. Surtout qu’elles sont maintenant assurées d’être remboursées. L’euphorie du lundi 10 mai suite à l’annonce de ce plan gigantesque était d’ailleurs spectaculaire. Elle fut de courte durée. Car rien n’est résolu. Que du contraire !

La volatilité des prix, de tous les prix, augmentera. Ce n’est que de cette manière que les banques gagnent de l’argent. Gageons que les spéculateurs voudront s’accaparer les 750 milliards qui leur sont présentés. Et qui sait, on leur promettra encore plus s’ils y parviennent. Ils ne s’attardent pas sur le fait qu’ils se détruisent eux-mêmes. Leur horizon dépasse rarement l’heure.

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76 réflexions sur « Une occasion manquée, par Jean-Pierre »

  1. S spéculateur achète à FJP (Fonds suggéré ici par JP)
    FJP achète à G (Grèce) des obligations
    Allemagne rembourse intérêts (faibles) à S via FJP (puis principal à maturité)
    G rembourse FJP comme elle peut, mais même si défaut, l’Allemagne n’est affectée que très marginalement.

    En somme(!), on oblige S à voir G comme si c’était l’Allemagne.

    Toutefois, reste ce paradoxe : comment le défaut grec qui peut écrouler moultes banques francaises, ne ferait point frémir d’un iota le FJP ni l’Allemagne ? C’est que ce roc-là est solide ?

    J’aime bien raisonner par dessin (comme ceux du FT sur les dettes intra-eu l’autre jour, avec des flèches…).

    On ose demander ? (à la Krugman, nada mas)

    1. Je me demande d’ailleurs pourquoi il est limite vulgaire, parfois.
      Il n’y a aucune valeur ajoutée dans cette utilisation et ça le dévalorise plus qu’autre chose.

    2. @yvan

      Je ne vois pas de vulgarité chez Lordon, mais plutôt une vulgarisation saine et empathique afin de mobiliser une attitude plus offensive de tout à chacun, à savoir chasser la déprime et mobiliser une énergie résolument positive auprès du public. Il va de l’avant.

    3. Moi j’ai plaisir à lire ou entendre du F. Lordon, c’est plutôt clair et net, souvent trop développé.
      Une synthèse sous forme d’un A4, éventuellemnt recto/verso serait la bienvenue.

  2. Tout va bien madame la marquise, sisi on nous le dit, c’est fini les spéculateurs, les pertes des banques, mais surtout la crise ! Rapeller vous la crise aux Etats-Unis ne touchera pas l’europe dixit Lagarde..
    Avec nos G20 de l’année passée, les spéculateurs ne spéculent plus, les paradis fiscaux sont fermés, une vraie politique fiscale et sociale est en marche en Europe d’ailleurs on est en train de finir le gouvernement économique unique ! (dixit les médias)…..
    MDR, comment on nous prend pour des buses en économie, géopolitique? Non, je n’ose y croire : Nous ont-ils menti ?
    Il est beau le spectacle : Ratification du traité de lisbonne ,catastrophe des subprimes, nationalisation des pertes du privé par le public (1er renflouement des banques), création de la dette publique (attaque des banques que l’ont vient juste de sauver et plan de relance ), crise grecque (2eme renfouement des banques), création d’un fond européen contre la crise ( 3eme renflouement) en ne tenant plus compte du rôle de la bce (lutte contre l’inflation et interdiction de Tbonds) se faisant en dehors du traité de lisbonne…
    En prévision : dans les 6mois, 1 an : toutes ces crises (enfin surtout européennes) ont permis aux banques (marché) d’imposer un cure d’austérité du niveau de 1936 ici avec pour objectif : plus qu’un seul acteur à pouvoir se réendetter vu le manque de liquidités disponibles et un nombre croissant de demandeurs (états + banques) : il faut choisir !
    Et pour l’élite s’est décidé : se sera les banques et le marché, les peuples passeront en second !
    Quel honte, les peuples enragent mais ne bougent pas… jusqu’à quand ?

    1. quelques extraits d’un article sur chronique agora

      (dixit mais au conditionnel !!!)
      « Nous n’allons pas non plus vous embêter avec des questions stupides comme la provenance des fonds qui serviraient le cas échéant à renflouer l’Espagne ou l’Italie… La quote-part de la France s’élèverait à près de 88 milliards d’euros, celle de l’Allemagne à près de 120 milliards, ce à quoi il faudrait rajouter les mesures en faveur d’Athènes. »

      (sur les achats d’anticipation)
      « A Paris, la séance s’est également achevée par la seconde plus forte hausse du CAC 40 sur les 20 dernières années (après l’envolée de 10,1% du 24 novembre 2008). L’indice a clôturé au plus haut du jour, à 3 720 points, sous l’effet d’une ultime vague de rachats de découvert (ou d’achats d’anticipation pour les plus optimistes)… un niveau proche du plus bas du 1er mars après l’ouverture d’un gap entre 3 710 et 3 724 points. »

      (un nouveau plan super tarp ???)
      ▪ Il n’a pas échappé aux commentateurs anglo-saxons que le plan de soutien aux pays de la Zone euro par les responsables de l’UEM s’apparente à un « super-TARP » de 1 000 milliards de dollars. … »
      http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100511-2723.html

  3. si j’ai bien compris votre raisonnement, on (l’europe ) a manqué le coche d’acheter pour tous les pays de la zone l’argent sur le marché et de spéculer elle-meme?
    Il n »en reste pas moins que l’on est toujours obligé d’aller acheter de l’argent que l’on pourrait fabriquer, non?

  4. Merci pour ce billet, clair et concis.
    Pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons la GB et l’Allemagne n’ont-ils pas accepté l’idée d’émettre des emprunts au nom de l’UE? Est-ce pour des raisons électorales? Idéologiques? Courage politique?
    Merci encore.

    Cordialement

    1. Probablement pour ne pas que la Grèce se sente tirée d’affaire et cesse les mesures d’austérité.
      Car faire trop baisser ses tôt d’emprunt voudrais dire « ok, faites les dépenses que vous voulez, on vous couvre »…
      Et ce n’est pas la politique de l’Allemagne qui elle « trime » dur pour se faire son bas de laine !

    1. Je lis de temps à autre, mais je n’apprécie pas du tout le mélange des genres (l’activité éditoriale et le négoce financier).

    2. D’autant qu’après avoir postulé et passé un entretien chez eux pour assurer et améliorer leur communication online je peux vous assurer qu’ils paient au lance-pierre genre foutage de gueule.

    3. ave
      pour lire le chronique Agora depuis Plusieurs mois ,
      je n ai aucune confiance ds leurs analyses ou présentations des faits :
      ils ont d’abord qq choses à vous vendre

      et je n aime pas du tout le mélange des genres ;

      conseil en gestion de patrimoine ?

      et pseudo éditorialiste

      j ai l impression d avoir à faire à mon banquier qui veut me refiler ses vieux trucs
      fred

  5. Excellente description….encore une fois de ce qui AURAIT pu être.

    Formidable: Qui inspire ou qui est de nature à inspirer une très grande crainte.

    définition du dictionnaire de l’académie française.

    rien à ajouter,

    profitez bien des temps proches.

  6. J’aimerais savoir pourquoi ce « fameux fond » qui aurait pu être créé pour casser les reins aux spéculateurs, ne l’a pas été. Etait-ce, si compliqué ou si dangereux ? et pourquoi uniquement l’allemagne et l’angleterre étaient contre. C’est,, pour le néophyte que je suis, un tantinet singulier…..

    1. Un tantinet singulier et très obscur. L’article consacre plus de place à rappeler une histoire que l’on connaît qu’à expliquer la solution de ce fonds.

    2. Jean Aymar @
      « j’aimerais savoir pourquoi ce « fameux fond » qui aurait pu être créé pour casser les reins aux spéculateurs, ne l’a pas été.  »

      Tout simplement parce que ce fameux fonds aurait été sans fond

  7. La croissance française décélère au 1er trimestre, à +0,1%

    En outre, « La croissance du quatrième trimestre a été révisée à +0,5% au lieu de +0,6%, correspondant à une baisse de 2,5% (au lieu de -2,2%) du produit intérieur brut sur l’ensemble de 2009. »

    C’est catastrophique.

    Il est ainsi visible par tous que la reprise non seulement n’a pas eu lieu – les plans de relance n’ont pas eu l’effet escompté – mais qu’elle n’aura pas lieu – les plans de rigueur vont nous replonger techniquement en récession.

    1. Vous venez de comprendre ce qui fait fonctionner les boyaux de la tête de Christine Lahagarde.
      La pression de la croissance négative.

  8. Il faut en effet trouver un moyen de court-circuiter les marchés financiers. La première solution pour débrancher la prise à spéculation des marchés sur l’endettement public serait d’attribuer à la BCE la possibilité de financer directement les Etats. Ensuite, il faudrait s’attaquer à la restructuration de la finance par divers moyens, dont l’interdiction des paris sur les prix par exemple (voir les mesures préconisées par Lordon également). Mais il est nécessaire avant cela de supprimer le pouvoir des financiers à prendre les Etats en otage comme c’est le cas en ce moment.

    1. « court-circuiter les marchés financiers » : chez moi, quand je fais un court-circuit, le disjoncteur saute et je me retrouve dans le noir, sans ordinateur, ni télé, ni cuisinière, ni ligne ADSL,… 🙂

    2. Il faut surtout finir l’Union et l’Euro en particulier. Le traité de Lisbonne n’est qu’un cache sexe de l’incompétence de nos Politiques. Faire une « Union Monétaire » c’est bien mais sans responsabilité budgétaire ça ne sert à rien.

    3. en écoutant arte-info, hier soir, j’ai cru comprendre que les parlementaires allemands doivent ratifier ce plan des 750 milliards, et qu’ils pourraient exiger une condition

    4. « Il faut en effet trouver un moyen de court-circuiter les marchés financiers.  »

      On connait les moyens. Pas besoin de chercher. C’est la volonté politique de court-circuiter les marchés qui manque.

    5. @Crapaud rouge

      Bah, un petit black-out est un moindre mal si la machine financière est mise hors d’usage. En plus, c’est bon pour la démographie :oB

      @Michel P

      En finir avec cette Union là serait sans doute une bonne chose. Mais nous ne pouvons nous passer d’une Europe unie pour faire face à l’émergence des états continents, en plus des Etats-Unis envers lesquels il est urgent de prendre notre indépendance. Il faut changer de modèle d’intégration c’est tout : faire passer le politique avant l’économique, harmoniser fiscalement et donc socialement…

      @Cécile

      Un refus allemand risquerait de signifier la fin de l’Euro voir de l’Union. D’un autre côté, j’ai bien peur que sans effondrement, il n’y ait pas de volonté politique pour réellement changer de système…

      @Moi

      Tout à fait, les moyens sont connus. Comment et où trouver la volonté politique ?

  9. Non non les banques ne vont pas faire tout ce que elles veulent car les services secrets vont enqueter sur leurs activités malfaisantes, rendez vous compte : l’armée souveraine au secours de notre économie.

    Nos dirigeant disent cela à leurs concitoyens tout en continuant à respecter la « belle mécanique boursiére » et à discuter en vassaux du c-l de la Gorgonne avec les représentants des diablotins speculateurs.

  10. des nouvelles de Goldman Sachs !

    http://www.lefigaro.fr/societes/2010/05/11/04015-20100511ARTFIG00429-goldman-sachs-la-banque-qui-ne-perd-jamais-d-argent.php

    selon Marc Fiorentino (BFM radio), un trimestre complet de gains sans un seul jour de perte veut dire que la banque tient un casino : elle joue contre ses clients. C’est le capitalisme de nos jours : face je gagne, pile je ne perds pas.

    écouter le podcast du 11/5 :

    http://www.radiobfm.com/chronique.php?id=1

  11. Aléa moral. Alea Jacta Est.

    Sinon, petite précision :
    « Jusqu’à ce que la prise de fonction d’un nouveau Premier Ministre en Grèce en octobre 2009, George Papandreou, ne fasse, par ricochet, trembler toute la zone euro. Comme tout politicien qui se respecte, la première chose qu’il entreprit après son élection fut de critiquer ses prédécesseurs, en affirmant avoir hérité de caisses vides et de comptes gravement déséquilibrés. Jusqu’alors, personne ne s’en souciait véritablement. »

    On touche du doigt par ce biais au fond de l’affaire (est frais ou effraie).
    M. Papandreou a effectivement fait trembler toute la zone euro pour une raison précise : sa trop grande honnêteté. Car s’il avait fait comme tous ces prédécesseurs (en fait, son prédécesseur, Karamanlis), il aurait fait ‘canard’ et aurait tenté de régler le problème en Ecofin ou via d’autres moyens que la morale réprouve, moyens que ses ‘partenaires’ européens ne trouvaient pas jusque là si répugnants.
    A l’inverse, désirant dénoncer, à raison, la gabegie de son prédécesseur, il expose crûment la situation : la Grèce est pire qu’en faillite. Les comptes ont été truqués.
    Son accès au pouvoir se fait en octobre 2009. Et en novembre 2009, un Ecofin se tient où les ministres des finances examinent la situation grecque et « s’aperçoivent » qu’effectivement les chiffres de la dette mais aussi du PIB grec ont été ‘bidonnés’. Ils commandent alors un rapport à la Commission européenne pour vérifier cet état de fait et Eurostat rend un rapport sans appel en janvier 2010, ‘révélant’ la véritable situation : au lieu de -4% de déficit, on obtient -12% pour 2009.
    A partir de là, la ‘crise grecque’ s’enclenche et plus rien ne peut empêcher la spéculation.

    Imaginons. Si M. Papandreou avait continué à truquer les chiffres, comme Karamanlis (il ne mérite pas le ‘M.’ mais tout notre mépris), que serait-il arrivé ? Rien, sans doute. Comme cela était le cas, avant 2009, et ce pendant des années. Car la Grèce truquait les chiffres et ce depuis 1997 !!
    C’est un rapport d’Eurostat qui rendit public ceci … lors d’un Ecofin en 2004, révélant, déjà, qu’entre 1997 et 2003, les ‘comptes’ avaient été truqués. En particulier pour 2003, où les différences atteignaient plus de 7 points en % !!

    Tout ceci est donc une vaste ‘blague’. M. Papandreou n’est ni responsable ni coupable.
    Le coupable, c’est Karamanlis. Actuellement, il vit toujours en liberté dans son beau pays.
    Les responsables sont les ministres des finances de l’UE, qui ont su et qui n’ont rien fait.
    En droit, cela s’appelle non assistance à personne en danger et au niveau professionnel, une faute grave. En politique, c’est impardonnable.
    Et pourtant, ceux qui étaient présents en 2004 le sont toujours en Europe.
    Et pourtant, on a tenté (brièvement) d’intenter un ‘procès’ à Eurostat.

    Il est symptomatique de constater que l’on n’entend plus parler du Président de la Commission Européenne. On peut penser qu’on lui a intimer de la boucler, s’il ne souhaitait être mis en face de ses responsabilités.
    Car de fait, on en viendrait à juger toute une idéologie, qui soutient l’existence de l’UE et de ses pratiques depuis ses origines : le néo-libéralisme. Karamanlis en était un des acteurs, jugés par ses ‘pairs’ comme ‘digne de confiance’, c’est dire. Les ministres des finances successifs depuis 2004, depuis qu’ils ‘savaient’, aussi.

    Ce procès là ne sera pas instruit. Et tant qu’il ne le sera pas, il existera toujours le déni de justice.
    Une ‘Union’ Européenne, quelqu’elle soit, ne peut pas continuer très longtemps à exister (et encore moins fonctionner) sur ces bases là.

    S’il y a une mise en faillite impérative à mettre en oeuvre sans tarder, c’est bien celle du néo-libéralisme : tromperie, fraude, faillite morale, échec économique et social, …
    Les chefs d’accusations ne manquent pas. Les coupables non plus.

    1. Le cas grec éclaire à la fois l’enrayement d’un système (à la fois l’économie néolibérale et les critères de convergences de l’Euro) qui ne peut tenir que par le mensonge et d’autre part, l’irrationalité des marchés et la facilité pour les manipuler éventuellement. En effet, vous soulignez bien que les Etats et en particulier la Grèce ont été endetté assez lourdement pendant un bon moment, au su et au vu de tous les décideurs sans qu’ils n’en aient aucun froncement de sourcil. Et puis tout d’un coup…

    2. En tout cas, n’oublions pas nos amis grecs (le peuple) car tant qu’ils ne calmeront pas leur légitime colère, ils protègent un peu les autres peuples européens; ils pourraient etre pour ceux-ci aujourd’hui, la France de 1789, celle qui ébranla l’aristocratie européenne
      (dans les grandes lignes)

    1. Pour ces gens-là, la crise, c’est la faute au peuple qui ne consomme pas assez. Nous sommes au bord du gouffre économique et ils voudraient que nous consommions encore et encore sans nous préoccuper des lendemains.

      Pas étonnant que nous en sommes là, aujourd’hui !

  12. La crise .
    On n’en sortira que par le retour de la croissance qu’y disaient.
    En occident il n’y a plus assez de travail, on l’a laissé filer.
    On ne sait pas quand d’éventuelles relocalisations relanceront le travail synonyme de lendemains qui chantent et donc de consocroissance.
    En dehors des lamentables magouilles politiciennes démagogiques réélectoralistes qui ont mené l’occident au surendettement il y a bien une crise géante de la disparition des vraiens entreprises .
    Une crise géante et vorace.
    Saddam Hussein aurait dit « la mère des crises ».
    Celle qui engendre le chaos.

    Ne pas confondre du fait de la consonance avec ceci:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mare_Crisium

    1. Vous avez parfaitement raison:la montagne de dettes souveraines ne pourra pas être remboursée sans une forte relance de l’emploi et de la croissance dans les pays développés,en particulier dans l’UE.Ci-après,contribution et proposition pour espérer y parvenir.Je suis bien conscient des énormes difficultés à surmonter et conséquences à assumer,mais elles ne sont pas plus insurmontables qu’en cas de guerre.

      RIBES Gilbert.
      Le 10 mai 2010.

      SORTIR DE LA CRISE DES DETTES PUBLIQUES ET DE LA CRISE ECONOMIQUE.

      Des mesures budgétaires et fiscales vigoureuses ne suffiront pas à rembourser les montagnes de dettes publiques de nombreux pays développés,même s’ils parvenaient enfin à endiguer l’évasion fiscale à travers les paradis fiscaux(estimée entre 350 et 500 milliards de dollars par an selon la Banque mondiale et la CNUCED,dont 15 à 20 pour la France).

      D’autant moins que l’effet le plus immédiat de ces mesures sera de plonger les Etats les plus endettés dans un chômage chronique, une croissance molle,sinon une récession,avec contagion des autres pays.

      Leur salut financier,économique et social ne peut venir que d’une relance vigoureuse de l’emploi et de la croissance.En s’inspirant des règles qui furent appliquées dans le cadre du Plan Marshall,il suffirait d’autoriser l’instauration de taxes d’importation sur les produits en provenance de pays qui ne respecteraient pas les normes sociales fixées par le Pacte International relatif aux Droits Economiques,Sociaux et Culturels de l’ONU et par les Conventions Fondamentales de l’OIT et des normes minimales de protection de l’environnement et de la santé.Ce qui conduirait naturellement ces pays à fonder leur croissance davantage sur leur demande intérieure et moins sur l’exportation,à résorber plus rapidement le sous-emploi d’une fraction importante de leur population et à en améliorer le pouvoir d’achat.

      De nombreux économistes réputés libéraux ,comme Maurice Allais(prix Nobel d’Economie)et Christian Saint-Etienne(professeur d’Economie),écrivent depuis longtemps que la libre concurrence entre pays dont les normes sociales et environnementales sont radicalement différentes ne conduit pas à un optimum économique et social mondial.IL SERAIT TEMPS D’ORGANISER UN COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA LIBRE CONCURRENCE.

      Il semble indispensable et urgent d’en finir avec le tabou d’un libre échange non régulé,qui est la cause essentielle des déséquilibres macroéconomiques à l’origine de la crise actuelle et qui interdit aux pays développés les plus endettés tout espoir de relance significative de l’emploi,de la croissance et de recettes fiscales et sociales suffisantes pour rembourser les montagnes de dettes,publiques et privées, qu’ils ont accumulées.

      Il est évident que ce changement de paradigme devrait s’accompagner de l’instauration d’un nouveau Système Monétaire International et de l’établissement d’une Convention Financière Internationale qui instaurerait une saine régulation financière internationale.

    2. Bonjour,

      @ M. Ribes :

      Vous dites : « Il semble indispensable et urgent d’en finir avec le tabou d’un libre échange non régulé,qui est la cause essentielle des déséquilibres macroéconomiques à l’origine de la crise actuelle et qui interdit aux pays développés les plus endettés tout espoir de relance significative de l’emploi,de la croissance et de recettes fiscales et sociales suffisantes pour rembourser les montagnes de dettes,publiques et privées, qu’ils ont accumulées.
      Il est évident que ce changement de paradigme devrait s’accompagner de l’instauration d’un nouveau Système Monétaire International et de l’établissement d’une Convention Financière Internationale qui instaurerait une saine régulation financière internationale. »

      Selon vos préconisations, chacun consommerait chez soi, et nous (occidentaux développés mais sous occupés) pourrions retravailler chez nous.
      Le retour au meilleur des mondes Dr. Pangloss.
      Vous oubliez, ce me semble, 2 choses :
      1) si chacun consomme chez soi, les échanges internationaux deviennent anecdotiques par rapport aux échanges locaux : d’où il résulte un intérêt très relatif de réguler financièrement les échanges internationaux anémiques ;
      2) le facteur énergétique qui, ce me semble, est le problème essentiel de demain (pas après-demain, notez bien). Ce problème de décroissance (plus ou moins rapide mais certaine) énergétique ne vous semble-t-il pas à lui seul, faire obstacle au retour d’échanges internationaux pléthoriques ? Notez bien : ce n’est qu’une question, je n’ai pas de réponse préétablie et toute faite, mais la question mérite, ce me semble, d’être posée.

      Quant à la fiscalité, il faudrait là aussi revenir à de plus saines appréciations des réalités : si l’on veut taxer fort, il faut taxer fort tout le monde, c’est-à-dire aussi les entités les plus à mêmes de renflouer les caisses vides des États, ces entités se trouvant, vous ne l’ignorez pas, dans les paradis fiscaux. Oui mais voilà : qui a réellement intérêt à voir disparaître ces paradis, mis à part évidemment le contribuable multi-pressuré et allègrement culpabilisé ? Il s’agit, encore une fois, d’une question difficile à éluder si l’on veut « changer les choses », ce croyez-vous pas ? Par ailleurs, il existe aussi, ce me semble, des hauts fonctionnaires nationaux discrètement payés avec des enveloppes de cash (qui disparaissent on ne sait trop où, peut-être dans des actes de consommation nationales mais peut-être pas), des hauts fonctionnaires internationaux qui ne sont pas (ou très peu) imposés, etc. (la liste est longue). Enfin, le ménage ne me semble pas près d’être engagé demain.

      Alors vos solutions qui paraissent avantageuses ne le sont peut-être pas tant que ça. En tout cas, elles semblent relever d’une analyse partielle des problématiques. Et puis oui, faisons des colloques internationaux, réunissons des comités d’experts, des conseils, des commissions : pour mieux enterrer les problèmes… à moins que ces derniers ne finissent par nous rattraper.

      Cordialement,

    3. @ Monsieur Ribes :

      J’ajoute, par souci d’exhaustivité, que les fonctionnaires internationaux très bien payé et non imposés sont ceux-là même qui donnent des leçons d’austérité aux peuples européens : c’est drôle non, il est certains que ces gens là s’y connaissent en austérité, celle des autres je veux dire (comme quoi le dicton populaire « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » a encore de beaux jours devant lui…)

    4. @VB.
      Le volume des échanges internationaux n’est pas un objectif fondamental(sauf pour les écologistes).
      Ce volume résulte des ressources naturelles,des besoins et des politiques économiques,sociales et environnementales de chaque pays.
      Rien ne prouve que ce volume diminuerait dans le cadre de libre échange régulé que je suggère.
      Si tel était le cas vous avez raison de dire que la réforme du Système Monétaire International serait moins urgente.
      Mais il se pourrait que ce volume augmente du fait d’une plus forte croissance de l’économie mondiale et des approvisionnements énergétiques,miniers et agricoles nécessaires à cette croissance. Dès lors une réforme du SMI serait plus urgente.
      Quant à la fiscalité,il est clair que la neutralisation des paradis fiscaux est de l’intérêt de l’écrasante majorité des contribuables,ce qui devrait compter si nous étions dans des démocraties dignes de ce nom.
      Je ne pense pas que la raréfaction des hydrocarbures entraînerait une réduction en valeur des échanges internationaux,d’une part parce qu’il existe des énergies de substitution,d’autre part parce que le coût unitaire de l’énergie,des matières premières et des produits agricoles devrait avoir tendance à augmenter pour des volumes croissants.
      Quant aux abus que vous dénoncez,je suis d’accord avec vous;il y a tout un monde,dénué d’éthique, qui vit dans la facilité, l’insouciance,l’incompétence et qui coûte très cher aux contribuables.

  13. A one shot in the back :
    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=email_en&sid=a5YgqkcliN_E
    Nos amis les américains de la FED …

    Sinon, selon Pierre Leconte dans Le Temps, on aurait 3 krachs en ce moment, rien que ça : monétaire, obligataire et boursier.
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/59acf24a-5d3d-11df-ad45-582c4e53c605|0
    La solution selon lui ? Réformer le système monétaire.
    Mais, afin d’éviter l’hyperinflation (qui guette selon lui), il faudrait rétablir la convertibilité scripturaire/or …
    1/ je ne suis pas certain qu’il y ait risque d’hyperinflation actuellement car la masse monétaire ‘créée’ n’a pas été (encore) réintroduite dans l’économie ou tout du moins, très partiellement car les banques bénéficiaires se sont empressées d’en réinvestir une grande partie : obligations, carry trade, interbancaire, …
    Ce qui ne signifie pas néanmoins qu’un jour …
    2/ la convertibilité à l’or ne résoudra pas le problème du système monétaire à (long) terme : chaque expérience de parité s’est avérée un échec, face aux ‘tensions’ que cette parité subissait (franc, livre, dollar) :
    – l’expérience a été tentée dans les années 20 avec le Gold Exchange Standard, ne comportant que le dollar et la livre (1922-1931, abandon parité or-livre puis 1933 abandon parité or-dollar)
    – puis après 1933 avec le Bloc or en Europe (convertibilité avec le franc-or) jusqu’en 1936
    – puis avec les accords de Bretton Woods en 1944 jusqu’en 1971 avec l’abandon de la parité or-dollar
    A moins donc d’imaginer que cette ‘convertibilité’ ne se fasse pas pour un ou deux monnaies de référence mondiale mais bien pour TOUTES les monnaies (ou d’un panier devises suffisamment large pour encaisser les chocs) et que l’on parle plutôt de ‘parité’ que de ‘convertibilité’ …
    Car l’or est en soit une ‘monnaie’, bien que non fiduciaire et non scripturaire.
    Il serait sain de l’intégrer, en tant que monnaie de référence dans le dit panier de devises, afin d’éviter là encore d’offrir aux spéculateurs la possibilité de faire leurs ‘métiers’.
    Keynes y avait pensé, dès 1944. Mais son idée ne fut pas retenue. On y revient …

    1. L’abandon de l’adossement à l’or ne coïnciderait-il pas avec des préparatifs de conflits ( si tu veux la paix, prépare la guerre ) à chaque date que vous avez cité ?

      Pour financer l’armement qui coûte terriblement cher, il faut nécessairement passer par la planche à billets pour créer l’argent dont on ne dispose pas, hors l’or ne peut se multiplier, alors que le papier se « photocopie » très bien.

      Qu’en pensez-vous ?

    2. @ Olivier L :
      Je ne saurais vous dire.
      Par contre, concernant l’or, l’abandon de la parité ne ‘produit’ pas de guerre. Ce fut le cas en 1914 pour l’abandon du franc-or, afin de faire tourner la planche à billet pour financer une guerre déjà déclarée. De même, ce n’est pas l’abandon de la parité or-livre ou or-dollar qui a produit la crise de 1929 mais bien l’inverse.
      L’hyperinflation n’est pas liée à la parité avec je pense mais bien avec la monnaie de ‘référence’. Ce fut le cas avec le mark pendant la république de Weimar, pendant un an, qui fut stoppée par son rattachement au dollar. Ce fut aussi le cas pour l’Argentine à partir de 1975 jusqu’en 1991, où le peso fut arrimé au dollar.
      Il me semble que ce serait plutôt l’absence de système monétaire (parité monétaire flottante entre les devises) régulé, comme le fut Bretton Woods de 1944 à 1971, qui produit l’hyperinflation, de par l’absence de parité fixe.

  14. And so the European private banks win the overnight battle with the Central Banks again: after shorting the EURUSD all the way to almost 1.25, they have forced the European Central Banks to buy ever more of their worthless Government bond holdings. Reuters reports that overnight CBs have been aggressive buyers of Greek, Portuguese and Irish Sovereign (if there is such a laughable concept as sovereign any more) bonds, which in turn has forced a quick short covering spree in the EURUSD and the EURJPY, which in turn has forced futures to go from 10 handles down to up 4. In other words, Central Banks now are fighting tooth and nail to prevent the market from going down ever again. To all the shorts out there- you are no longer taking on merely the Fed, now you have every money printer against you as they scramble to load up with every worthless asset imaginable. At this rate Dow, Dax and Dung Manure 36,000 is easily reachable. The only way to play this is through gold, which is now the only flight from Central Bank lunacy.
    .
    http://www.zerohedge.com/

  15. Correction :
    Les masses monétaires ‘créées’ se sont portées sur la ‘bulle de la dette publique’. Avec le plan européen, elles risquent de se reporter sur le carry trade. Sauf que ceci génèrera (génère déjà ?) de l’inflation sur les économies émergentes, qui ont déjà déclaré qu’elles ne sauraient la supporter très longtemps et réévalueront en conséquence leurs monnaies (BRIC). Se faisant, ces masses se reporteront alors sur deux choix : retour à la bulle de la dette publique (once again) ou/et vers … l’or, qui augmente en ce moment, contre les monnaies.
    Dans les deux cas, la déflation, contre l’inflation.

  16. Les cours de l’or ont inscrit mercredi un nouveau record historique à plus de 1.239 dollars l’once, faisant jouer ses qualités de valeur refuge face aux inquiétudes persistantes sur les dettes des pays de la zone euro.

    Après avoir enfoncé la veille un record historique datant de décembre dernier (à 1.226,56 dollars), l’or s’avance dans des territoires encore inexplorés.

    « La crainte persistante que les dettes de la zone euro ne se propagent aux autres pays (que la Grèce) malgré le plan d’aide de 750 milliards d’euros décidé par l’Union européenne, et qu’elles contribuent par conséquent à une déstabilisation du système financier, poussent les investisseurs vers le métal jaune », expliquait Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank.

    (D’après AFP)

    1. « territoires encore inexplorés… » Ouaich…

      Et en 1929, on ne connaissait pas le cours de l’or..???

    2. Pour les cours de l’or au long terme :
      http://www.france-inflation.com/cours_de_l_or_historique_et_actuel.php

      De fait, le ‘décollage’ s’est effectué à partir de … 1973, suite à l’abandon de la parité or-dollar et du premier choc pétrolier.
      Si cours il y avait donc en 1929, il était donc très stable. Ceci dit, les cours sont exprimés ici en … dollars, ce qui ne veut pas dire grand chose après 1933 car le cours de l’or fut fixé arbitrairement par FDR à 35 dollars. Ensuite Bretton Woods a fini de ‘fossiliser’ l’or pendant plusieurs décennies.

      Le cours ‘officiel’ entre 1933 et 1971 n’est donc pas ‘intéressant’.

      PS : @ Yvan. Je ne crois pas à une hyperinflation immédiate. Du moins, pas demain …
      Mais même avec une inflation ‘normale’ ou ‘maitrisée’, comme dans les années 70 (entre 10% et 16% par an, soit entre 1 à 1,5%/mois), on aura très mal aux fesses.
      La raison en est simple : nous ne sommes plus ‘immunisés’ comme dans les années 70. Car depuis 1983 (du moins en France), les politiques qui ont été menées ont ‘permis’ de désindexer les salaires de l’inflation.
      Du coup, si inflation il y a, même à 10% ‘seulement’, c’est le pouvoir d’achat qui va morfler, les salaires ne suivant pas. Ce sera la catastrophe assurée pour les petits revenus, à moins de pallier par une hausse de l’endettement privé (l’inflation bouffe la dette). Et on repart pour un tour, en particulier dans l’immobilier …
      De fait, je crains plutôt la STAGFLATION : stagnation de la croissance économique (pour sûr …) + inflation ‘élevée’. Dans ce cas, il vaudra mieux avoir un salaire conséquent, être propriétaire de sa maison et … posséder de l’or.
      Très franchement, une stagflation sans indexation des salaires, c’est l’explosion sociale assurée. Je ne suis pas certain que ce ne soit pas pire qu’une déflation.

  17. Qui vous dit « qu' »ILS » ne se rendent pas compte qu’ils viennent de l’aggraver » en prenant en otage les peuples Européens et leurs descendances?
    Arrêtons de prendre nos dirigent et leurs armées de conseillers pour des abrutis!
    « leur horizon dépasse rarement l’heure. »… Mais leurs heures valent des siècles!!!

    « Qui prête à rire, n’est pas sûr d’être remboursé. » (Raymond Devos)

  18. In Fiat Money We Do Not Trust.
    http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/05/12/228391/in-fiat-money-we-do-not-trust/

    « UBS senior economic adviser George Magnus, on Tuesday set out a case for why, in his opinion, the EuroTarp stands no chance of working too.

    http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/05/11/227336/magnus-an-existential-crisis-for-the-euro-system/

    Namely because the OECD is now in a debt-trap.

    http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/05/11/227461/welcome-to-the-oecd-debt-trap/

    And also note the experience of the Federal Reserve and the Bank of England. They began their forays into unconventional monetary policies via sterilised asset purchases, but ended up with will full blown quantitative easing.

    http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/05/12/228051/the-slippery-slope-to-non-sterilisation/« 

  19. http://www.zerohedge.com/article/some-less-rosy-scenarios-joe-saluzzi-and-jim-rogers

    « It’s gonna crumble, it’s just a matter of when. » Alas, with gold now at $1,241 even lifelong Keynes fanatics are finally throwing in the towel. The time when we could have done something to fix the system is now long gone, courtesy of the administration’s waffling for the past two years as instead of getting to the root cause of the last and future crash, it was focused on bailing out bankrupt banks.
    And in related news, Jim Rogers, joins the Euro death squads, and says that the $1 trillion bailout is the « Nail in the coffin for the euro. » As Rogers said in discussing the now failed bailout: « I was stunned. This means that they’ve given up on the euro, they don’t particularly care if they have a sound currency, you have all these countries spending money they don’t have and it’s now going to continue. It’s a political currency and nobody is minding the economics behind the necessities to have a strong currency. I’m afraid it’s going to dissolve. They’re throwing more money at the problem and it’s going to make things worse down the road.”

    deux videos

  20. Réponses à divers intervenants

    @ Timiota, merou et les autres

    Il y a deux volets. La proposition européenne ne visait la mise en place d’un fonds qui émettrait des emprunts au nom de l’Union et distribuerait les montants récoltés aux états nécessiteux. Le second volet, celui que j’ajoute, élargirait les compétences de fonds en veillant à ce qu’il reçoive automatiquement une partie des emprunts émis par les états membres. Disons qu’il recevrait 10% de toutes les émissions lancées. Il pourrait alors vendre une part de ces titres reçus et acheter, en tant que gestionnaire du fonds, les titres des autres états quand cela lui convient. Actuellement, donc, il vendrait des titres allemands et achèterait des titres grecs, portugais, espagnols, etc…

    Il conserverait les titres ainsi acquis pour d’autres opérations du même genre ou, dans le cas de la Grèce, par exemple, restituer ces titres au pays en question, se faisant rembourser au prix auquel il les aurait acquis. L’épargne irait donc à la Grèce et soulagerait sensiblement la charge de sa dette.

    Le fonds donc agirait toujours au bénéfice des états membres, donc de leurs contribuables, et non au profit des spéculateurs sur le marché. Il est incompréhensible que ni l’Allemagne, qui pourtant a un système analogue sur son territoire, ni l’Angleterre n’aient poussé cette proposition jusqu’à son terme. Le premier pas, ce premier volet, était indispensable pour permettre le second. Le fonds doit en effet pouvoir agir à sa guise et non en fonction des besoins des états, donc non sous pression.

    @ titus, Jean Aymar, Crapaud Rouge sur le refus des Anglais et Allemands

    La raison est, pour le premier, l’Angleterre, purement égoïste : ce fonds serait principalement destiné à soutenir l’euro et sa zone, comme la Grande-Bretagne n’en fait pas partie, il est hors de question qu’elle y participe (sic ! Dixit Alistair Darling, voir dépêche de l’AFP (http://actu.orange.fr/economie/ue-londres-refuse-de-participer-au-fonds-d-urgence-europeen_545333.html).

    Pour le second, l’Allemagne, c’est qu’aucun traité ne permet la chose et, par conséquent, l’Allemagne ne pourrait constitutionnellement entériner une telle proposition. Elle fuit ses responsabilités, rien de plus. (voir http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/09/cacophonie-autour-du-fonds-d-urgence-europeen_1348771_3214.html , le troisième paragraphe).

    @ zébu sur l’honnêteté de Papandreou (ce dont je doute)

    Effectivement, si Papandreou s’était tu, il ne se serait probablement rien passé.

    Quant aux maquillages des comptes, tous les pays le font, la Grèce n’est nullement une exception. Eurostat aura fort à faire pour décortiquer les chiffres. Je gage qu’aucune grande nation ne sera visée.

    1. Alors ce que vous proposez est un peu une caisse de compensation des obligations.
      J’en ai dix de l’Allemagne, je les vends et en achète 10 de la Grèce. Mais je suis libre de lui acheter des obligations à des rendements juste un pouième meilleur que celui de l’Allemagne, et je fais donc circuler la dette sans grever les futurs mauvais payeurs. Il n’y a que la faillite qui fait question, mais là aussi, sans propagation.

      « Quelque part », une caisse de compensation est bien l’instance de base qui évite le « bank run », on a complètement intégré qu’une banque de dépôt n’a pas en propre de quoi honorer les chèques de ses clients pendant six mois, elle se compense au jour le jour.

      Trivial peut être ?

    2. Non, pas tout à fait. Une caisse de compensation est passive : elle coompense ce que d’autres font mais n’agit pas elle même. Ici le fonds agirait de sa propre autorité, activement. C’est lui qui décide quel emprunt échanger contre quel autre ou simplement en vendre ou en acheter sans compensation. C’est différent. Mais si vous le comprenez de la sorte, ma foi, oui cela y ressemble mais de façon active.

  21. Occasion manquée… oui, c’est le moins que l’on puisse dire.

    Mais… à votre avis. Depuis fin 2008, les US en ont eu des occasions aussi, non..???

    RIEN n’a été fait. Au contraire, en reculant pour mieux sauter (dans l’abyme) ils ont simplement amplifié le futur mouvement.

    1. Non, les USA n’ont pas pu et ne peuvent pas le faire. Premièrement, ils n’ont jamais mis une partie de leurs émissions de côté à cet effet. Deuxièmement, il n’existe aucune institution chargée de la chose. Troisièmement, avec leur politique d’assouplissement quantitatif, ils ont fait chuter leurs taux d’intérêt, donc fait grimper le cours de leurs emprunts sur le marché. Ils ne pouvaient donc pas se permettre de les racheter plus cher qu’ils ne les ont émis, voyons !

    2. Je me suis mal exprimé, Jean-Pierre.
      Je parlais de légiférer sur la finance pour diminuer son poids dans l’économie. Et non de supprimer la règle du mark-to-market qui est finalement, une injure à leur principe de base de « marché » souverain, en passant.

      Mais bon…. nous savons tous bien que le système ne se corrigera pas de lui-même.

    3. ortho :abîme ! pas abyme !

      la mise en abyme / abysme (on écrit aussi plus rarement1 : mise en abîme) est un procédé consistant à incruster une image en elle-même, ou, d’une manière générale, à représenter une œuvre dans une œuvre de même type. On y retrouve le type d’« autosimilarité » qui constitue également le principe des fractales ou de la récursivité en mathématiques.

      ceci dit , l’économie actuelle et ses crises constituent des boites dans des boites comme autant de pyramides de Ponzi enchassées !

  22. @ Otto Lillienthal,

    rectification, GS n’est pas la seule banque à avoir connu un premier trimestre miraculeux, 61 jours d’activité sans jamais perdre un $. Elles sont 4 dans ce cas, les « four fat sisters », GS, Bofa, Citigroup et JP Morgan Stanley, info NY Times
    Wall street c’est devenu Las Vegas puissance 10 !
    Manifestement ces génies ont inventé la martinguale parfaite. Sont-ils assez lucides pour réaliser que ce « score » parfait ne confirme qu’une chose, leur extrême pouvoir de nuisance.

    1. @François, Paul et Julien,
      Bonjour à vous 3,
      Je ne suis pas assez calé pour vous proposer un billet sur ce sujet, mais cet état de fait, qui est proprement scandaleux et aussi très compréhensible par un large public, me semble mériter un billet complet et une large diffusion.
      Cordialement,

  23. « Imaginez que ce fonds reçoive des Bunds et des OAT, les vende et, avec le produit ainsi dégagé, achète les titres grecs à vil prix. Aucun risque! Le fonds aurait de la sorte pris les spéculateurs à leur propre jeu. »

    Je ne crois pas que ce système marcherait, personne sur les marchés (parmi les investisseurs) ne seraient dupe. Ca reviendrait en effet à emprunter pour la Grèce avec la signature de l’Allemagne, autrement dit à dégrader à terme la note financière de l’Allemagne. Donc très rapidement le taux de refinancement de ce fonds commun grimperait à des niveaux critiques.

    1. Mais si pardi ! Les investisseurs sont multiples. Les uns achètent des emprunts d’état pour leur rendement, d’autres pour le flux de revenus qu’ils génèrent. Deux approches totalement différentes. Qui expliquent, en partie (minime de nos jours, tant la spéculation reste sévère) le négoce quotidien de ces emprunts. Si le cours d’un titre fléchit de telle façon qu’il devienne intéressant pour les investisseurs, il n’y aura pas de problème pour écouler les titres.

      Les spéculateurs, en revanche, misent toujours sur le profit à court terme. Si à leurs yeux le potentiel s’évapore, ils tourneront casaque, ce qui permettra à un fonds pareil de sévir au profit des émetteurs nationaux. A terme, la présence d’un fonds pareil devrait dissiper toute forme de spéculation sur les emprunts d’état.

  24. Ils le veulent donc bien, tous autant qu’ils sont de l’autre côté de la frontière de classe. Que faire de ceux qui nous matraquent financièrement, humainement…

    Les spéculateurs?

    A la lanterne!

  25. Je suis assez perplexe.
    Il faut bien constater que cette perfusion à ce point massive qui suit celles pratiquées au Japon depuis 20 ans et aux USA et en GB depuis fin 2008, et, déjà, par la BCE au niveau des dettes privées en 2009, semble néanmoins tenir le système à flot tout en nourrisant, comme le remarque François Leclerc, les exces spéculatifs les plus excessifs…
    Jusqu’à quand un telle folie?
    Au fond, tout cela est très hyperinflationniste en combattant la déflation quasi « naturelle » liée au fonctionnement de la monnaie telle qu’elle est actuellement (le fait qu’elle se thésaurise aussitôt émise et se soustrait ainsi à la circulation…)
    Il n’y aura cependant aucune chance que quoi que ce soit s’équilibre ainsi, et même les politiques de rigueur ne seront pas suffisamment « rigoureuses » et ne pourront l’être, car les crise sociales qui s’ensuivront déclencheront de nouvelles crises systémiques, moyennant quoi, on (les banques centrales) réinjectera des sommes, non pas 750 milliards, mais dix ou cent fois plus!!
    Ma perplexité vient du fait que les créanciers et autres spéculateurs se contentent ainsi d’une monnaie de singe – tout en apauvrissant tous.
    Au fond, n’est-ce pas le chemin le plus sûr vers une décroissance mondiale?
    Il paraît qu’après les dettes publiques ce seaient les matières premières, pétrole, métaux, récoltes) qui pourraient intéresseer les spéculateurs. Dès lors, la production industrielle souffrira partout, y compris en Chine.
    C’est fou!
    Le SMT proposerait un retour à l’équilibre relativement rapide, mais rêvons…

  26. La cupidité des marchés se nourrit et sort renforcée par les complicités politiques qui hurlent au crime ,mais se gardent bien de légiférer!.La Grèce est un prétexte,le cheval de troie d’une pensée unique et mondiale qui nous imposera une gouvernance occidentale et extra-européenne (Allemagne et Russie ou Grande Bretagne et USA)sur le cimetière des états nations:pour quel dessein?

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