Le labyrinthe du capitalisme, par Crapaud Rouge

Billet invité.

Quand cessera donc la lancinante musique de la « rationalité » du capitalisme que l’on répète à l’envi sans avoir conscience de la montagne de préjugés sur laquelle elle repose ? Des commentaires sur ce blog obligent à se poser la question, par exemple ceux qui défendent l’idée d’un « contrôle a priori des budgets nationaux » par la Commission Européenne :

« Le rejet apparemment très large de la dernière proposition de contrôle a priori des budgets des nations européennes, sonne pour moi, par ce qu’il sous-tend, comme un glas d’un espoir de l’expression de la volonté d’un destin commun. » (juan nessy)

« L’idée d’un contrôle a-priori des budgets nationaux par la Commission de Bruxelles a tout de suite suscité l’ire de Paris, ce qui veut dire que la bonne gouvernance des politiques économiques a déjà du « plomb dans l’aile ». L’idée d’un « gouvernement économique de l’Europe » a peu de chances de se réaliser. » (Coligny)

J’ai choisi cet exemple parce qu’il est emblématique du rationalisme. Contrôler a priori les budgets, afin de ne pas dépenser plus qu’on ne gagne, est très rationnel, c’est même du bon sens en béton, décalqué du fait qu’il est matériellement impossible de vendre plus qu’on ne produit, tout comme il est impossible qu’une balle rebondisse plus haut que son point de départ. Cette idée peut de surcroît s’appuyer sur le succès économique de l’Allemagne, universellement réputée pour son sérieux, qui prétend aller jusqu’au « déficit zéro ».

Et pourtant… ça cloche ! Première pierre d’achoppement : si cette idée est aussi rationnelle qu’il y paraît, pourquoi les budgets de toutes les nations ne sont-ils pas déjà équilibrés ? Ou encore : puisque l’on vit depuis des siècles en régime capitaliste politiquement organisé et établi en toute légitimité, comment expliquer que cette idée rationnelle n’a jamais été mise en pratique ? Quand on sait le pouvoir d’influence des capitalistes auprès de la classe politique, il est étrange qu’ils laissent se creuser des déficits au point qu’en périodes de crise ils se trouvent eux-mêmes menacés.

Seconde pierre d’achoppement : qu’une idée soit rationnelle n’implique pas qu’elle est un argument rationnel là où elle se présente dans un débat. Cette idée de contrôle ignore les causes structurelles des déficits, ainsi que le contexte politique. Avant d’envisager un tel contrôle, il conviendrait que le pouvoir politique exerce le sien de façon générale (et rationnelle !) sur l’économie, la monnaie, la finance, l’environnement, etc., c’est-à-dire sur tout ce qui impacte son budget. Cette idée met donc la charrue avant les bœufs : pas très rationnel.

Une idée rationnelle n’est donc pas toujours rationnelle, et ce n’est pas un paradoxe de l’affirmer. Ne peut être rationnel qu’un rapport entre des faits ou des idées selon l’archétype du syllogisme : cela oblige à choisir préalablement idées et faits, car on doit les mettre en relation avant tout diagnostic de rationalité. Or, dans la réalité, ils se présentent en nombres incommensurables, intriqués et inséparables, de sorte que la rationalité dépend de notre volonté de la distinguer au milieu d’une réalité qui ne fait d’abord entendre qu’un bruit de fond. Se rappeler Shakespeare pour qui la vie est « une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien. » Le capitalisme ne semble rationnel que parce que l’on veut le voir comme tel, pour toutes sortes de raisons faciles à imaginer.

Il va sans dire qu’il est « rationnel » vu par lui-même. Le profit étant considéré comme chose rationnelle, « faire des profits » est rationnel, « réduire les coûts » est rationnel, « faire pression sur la sous-traitance » est rationnel, « licencier » est rationnel », « diminuer les salaires » est rationnel, « automatiser » est rationnel, « fusionner » est rationnel, « délocaliser » est rationnel, « restructurer » est rationnel, « les normes comptables » sont rationnelles, les « techniques de vente » sont rationnelles, etc. etc. ad libitum. De la « rationalité » du principe initial découle celle de tout le capitalisme ! Extraordinaire, non ? Quand une ministre de la Santé prend un décret qui autorise des dérogations pour que des matériaux radioactifs puissent être recyclés en matériaux de construction, – mais en conservant leur radioactivité sinon c’est pas drôle -, c’est « rationnel » itou car, de la sorte, on produit des matériaux à des « coûts compétitifs » qui peuvent donc se vendre avec profits, alors que, sans cela, il faut payer le coût de leur entreposage ou de leur décontamination : pas rationnel. Sur le modèle de cet exemple, qui est loin de faire exception, le capitalisme peut se permettre absolument tout et n’importe quoi : il sera toujours « rationnel ». Il est donc « rationnel » de lui abandonner le pouvoir, de ne pas instaurer la démocratie au sein des entreprises, de fermer les yeux sur ses exactions, d’aider les capitalistes de toutes les façons, et de bloquer toute opposition à leur égard.

En paraphrasant Wittgenstein pour qui, « dans un monde où tout est bleu, le bleu n’existe pas », on peut dire que dans ce monde capitaliste où tout est rationnel, la rationalité n’existe plus. En tout cas, elle se trouve réduite à sa plus simple expression, quelque chose comme cette règle qui consiste, pour sortir d’un labyrinthe, à suivre continuellement le même mur : soit celui à sa droite, « faire des profits », soit celui à sa gauche, « ne pas faire de pertes ». Si maintenant on s’élève au-dessus du capitalisme au lieu d’en suivre les murs comme des cafards, que voit-on ? Un labyrinthe qui se construit et déconstruit en permanence, sans aucun plan ni projet, un machin monstrueux auquel personne ne comprend rien, que personne ne maîtrise plus, que le plus grand nombre subit et qui ne profite qu’à quelques uns. La rationalité dans l’action se caractérisant par l’adéquation des moyens aux fins recherchées, le capitalisme se garde bien de s’aventurer dans le moindre projet global ou à long terme : il se ferait forcément pincer en flagrant délit de non rationalité.

Et ce machin monstrueux, dont l’absurdité shakespearienne devrait sauter aux yeux, s’est immiscé dans certains esprits comme le parangon du rationalisme, du réalisme, de la performance, de la nécessité, et même de la morale ! Première preuve : on déplore ses excès et ses déséquilibres, son endettement généralisé, ses crises, son « aléa moral », ses comptes trafiqués, sa finance opaque, ses paradis fiscaux, ses pollutions, son absence de vision à long terme, etc. : on déplore ce qu’il est mais personne ne dit qu’il est absurde. Deuxième preuve : les économistes, récompensés par de prestigieux « prix Nobel », n’en finissent pas de vouloir l’amender, de le perfectionner et de nous l’expliquer, de nous dire ce qu’il faut faire et ne pas faire, mais aucun n’a jamais dit qu’il est absurde. Troisième preuve, la plus déterminante : on cherche à appliquer ses recettes, (budget, concurrence, évaluation, sélection, rentabilité,…) dans tous les domaines de l’existence pour tirer parti de ses « vertus », de son « efficience », afin d’en finir avec tous ces gens qui ne veulent rien foutre et plombent les bilans. (Chercheurs, artistes, profs, chômeurs, handicapés, femmes, enfants, vieillards, malades, prisonniers…) Se disant porteur d’une « morale », celle de « la dure loi de la vie, dure mais juste », il prétend donner ses chances à tout le monde, (hormis la « racaille » des banlieues et les immigrés clandestins, faut pas pousser…), mais fait payer de plus en plus cher sa « rationalité » et ses « bienfaits ». En témoignent ces 800.000 litres de pétrole qui jaillissent chaque jour au large de la Louisiane, sans que l’on sache, à l’heure où j’écris, si le puits accidenté pourra être un jour colmaté ou détourné.

De la rationalité du capitalisme découle l’irrationalité de tout ce qui n’est pas capitaliste, et tout ce qui n’est pas capitaliste se range sous la bannière honteuse des pertes, lesquelles ne peuvent être que subies par l’environnement et imputées au compte de l’environnement. C’est pourquoi l’État et ses œuvres, ainsi que la société civile et ses associations citoyennes, ne peuvent pas être « rationnels ». Idem pour les pertes des entreprises, qu’elles apparaissent au détour d’un bilan ou sous forme de pollutions et d’épuisement des ressources : elles ne peuvent que finir « socialisées », car elles le sont par principe depuis les origines, depuis l’utilisation « rationnelle » de la machine à vapeur qui consomme des ressources naturelles et rejette dans l’environnement ses résidus de combustion. Mais surtout, la rationalité étant devenue un principe de « gouvernance » aussi incontournable que la pesanteur, et celle du capitalisme étant particulièrement facile à comprendre, (une seule combinaison gagnante : « profits et non pertes »), il ne faut pas s’étonner que l’on cherche à l’appliquer dans tous les secteurs d’activité. Les politiques et les médias y trouvent leurs contes, car cette rationalité-là est un réservoir inépuisable de solutions, projets, réformes et autres promesses d’avenir radieux, mais aussi leurs comptes, car ils sont récompensés en priorité par les capitalistes. On imagine mal Sarkozy, Merkel, Strauss-Kahn et consorts se trimbaler partout comme Evo Morales, le « président pull-over ».(1)

Maintenant il devrait être plus facile de comprendre pourquoi les budgets des états ne peuvent être que déficitaires, et leurs finances plombées par les dettes : parce qu’il y a toujours des « pertes » impossibles à dissimuler du fait que l’espace est divisé en deux : à ma droite, les profits privés, localisés et identifiés, à ma gauche les « pertes » publiques, non localisées et non identifiées par le capitalisme : en fait, les êtres et les choses dans leur état naturel. A droite, l’activité capitaliste produit des résidus qui n’apparaîtront toujours que trop tard à gauche, par exemple quand on découvre qu’il faut s’occuper de la main-d’œuvre qui avait été « importée », exploitée et sous-payée, puis abandonnée. Dans le champ de droite, elle n’existe plus, dans celui de gauche, elle se maintient en vie comme les déchets nucléaires, ce qui ne représente pas mon opinion personnelle bien sûr, mais une équivalence logique selon la « rationalité » capitaliste. Mais avant de rejeter ses résidus, le capitalisme les avait aspirés dans leur état naturel, par exemple sous forme de forêts primaires, de sols fertiles, d’eau propre,… toutes choses que je qualifie de non localisées et non identifiées par lui car il faut qu’il s’en empare pour leur reconnaître une existence dans le cadre de sa propre « rationalité », la seule qu’il connaisse. Après en avoir tiré ses profits « rationnels », il les rejette, généralement dans un état désastreux : elles retrouvent alors le champ de gauche qu’elles n’auraient jamais dû quitter, et, dans leur périple, leur « entropie » a augmenté (2), ce qui se manifeste chez les humains par la dégradation de leurs liens sociaux, la perte de leurs traditions, autonomie, savoir-faire et connaissances.

Voilà, ça fonctionne comme ça, le capitalisme militaro-industriel. Alors, avant de foncer tête baissée dans une idée capitaliste « rationnelle » et pleine de bon sens, comme cette histoire d’équilibre budgétaire qui m’a inspiré ce texte, il faut y réfléchir à deux fois. Si vous avez envie de sortir de son labyrinthe, ce n’est pas sur lui qu’il faut compter. Lui, c’est le Minotaure.

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(1) L’on note d’ailleurs que le célèbre blogueur, Paul Jorion, se présente en pull marin devant sa « webcam », mais en veste et cravate devant les caméras de la télévision…

(2) Clin d’œil à Zébu, Le bancor, solution thermodynamique à la crise.

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165 réflexions sur « Le labyrinthe du capitalisme, par Crapaud Rouge »

    1. « Billet fourre-tout dans les comparaisons. » : dites plutôt « dans les exemples », ce qui vient du fait que tout ce qui est dans le vaste monde se trouve impacté par le capitalisme. Sinon, je crois n’avoir fait qu’une seule comparaison, celle du capitalisme comme labyrinthe. Ah oui, à la fin, j’en fais le Minotaure ! C’est donc que le contenant et le contenu se confondent, comme l’intérieur et l’extérieur d’une bouteille de Klein. Le capitalisme n’en est pas à une aberration près…

    2. « ce qui vient du fait que tout ce qui est dans le vaste monde se trouve impacté par le capitalisme. »

      C’est bien cette vision que je vous reproche.

    3. Et pourquoi me reprochez-vous cette « vision » ? J’aimerais bien le savoir. C’est parce qu’elle est fausse ? La communauté mondiale des scientifiques s’est mise d’accord pour dire que nous sommes dans l’ère de l’anthropocène, parce que tout, hormis les séismes et les astéroïdes, est désormais affecté par l’activité humaine. Or, autant que je sache, « l’activité humaine » la plus importante est bien celle du capitalisme, pas celle de quelques tribus en loques qui survivent ça et là. Enfin, que les dégâts sur l’environnement n’aient pas commencé avec le capitalisme, l’histoire nous l’enseigne, mais il n’empêche : depuis l’industrialisation, – qui a bouleversé l’agriculture -, c’est principalement au capitalisme qu’on les doit.

    4. Le problème de la finance n’est pas qu’elle est rationnelle, mais plutôt l’inverse en croyant avoir atteint
      une rationalité illimitée, idée irrationnelle, tout comme ses comportements épidermiques, sursautant à la moindre rumeur. Ca relève plus de la pensée magique.

      Donc la tête et ses chevilles enflées, elle joue au casino, casse la porcelaine dans le magasin comme un enfant turbulent et laisse le soin aux lambdas de réparer.

    5. J’oubliais d’ailleurs de rappeler que les acteurs de la comédie actuelle s’appellent les zinzins.

      Avec un nom pareil, est ce bien raisonnable de leur accorder le crédit d’avoir de la rationalité ?

    6. Nous sommes bien dans un système capitaliste mais il n’érige pas tout autour de nous.
      Dans votre texte vous mêlez des problèmes tels que le nucléaire, le pétrole sur les côtes, les clandestins, etc… N’est-ce pas plutôt votre pensée le labyrinthe ?

    7. Pour faire suite, la finance est infantile au sens anal et buccal de Freud. Son objectif de se mordre la queue est d’infantiliser les comportements, d’où les modes de communication ou de gestion qu’elle met en avant, d’où sa morgue remplie de toute puissance.

      Psychanalyse de la finance, Freudienne, Lacanienne ou post Freudienne puisque c’est une nouvelle proposition d’Onfray qui ne présente guère plus qu’une esquisse.

    8. « Dans votre texte vous mêlez des problèmes tels que le nucléaire, le pétrole sur les côtes, les clandestins, etc… N’est-ce pas plutôt votre pensée le labyrinthe ? »

      Monsieur,

      Non, ce n’est pas moi qui mêle tout ça, c’est déjà inextricablement mêlé dans la réalité. Les clandestins, par exemple, vous les retrouvez dans différentes industries, du textile au bâtiment en passant par le nucléaire, la restauration, le nettoyage… Certes, toutes choses sont « séparables », mais pourquoi devrais-je les séparer ? Sans doute êtes-vous choqué que j’écrive que, selon la logique capitaliste, les déchets nucléaires sont équivalents aux travailleurs abandonnés avec leurs familles.

    9. Je ne suis pas choqué, c’est juste simpliste. Mais il n’y a pas de contre-arguments possibles derrière un discours hyper-critique. Je vous invite seulement à réfléchir à un peu plus de nuance. Il me semble par exemple évident que les clandestins, que l’on fait venir de leurs pays appauvris pour remplacer le prolétaire local, profitent plus du système capitaliste (et de l’Etat providence) qu’ils n’en pâtissent. Il me semble aussi évident que les divers désastres écologiques vont de pair avec l’irresponsabilité et la démagogie politique des personnes en charges de ces questions.

    10. @Thomas: je ne vous comprends pas du tout.

      Juste une remarque sur : « Mais il n’y a pas de contre-arguments possibles derrière un discours hyper-critique. »,

      1) Il n’y a pas plus « de contre-arguments possibles » face aux discours plus nuancés : ils ne font que tourner en rond.

      2) Mon discours n’est pas hyper-critique, mais il porte sur la globalité du système. Si vous pensez que les populations, immigrées ou non, sont aussi bien traitées que vous traitez vos chèvres, alors ce n’est pas la peine de discuter.

  1. ce qui se manifeste chez les humains par la dégradation de leurs liens sociaux, la perte de leurs traditions, autonomie, savoir-faire et connaissances.

    Yoo, je viens de citer longuement Bernard Stiegler dans « le temps qu’il fait » d’aujourd’hui, dans la série « ca va pas c’est systémique, là ». IL parle de la « philia » . C’est en rapport avec le savoir-faire. Stiegler, je le rappelle, note avec raison à mon avis que le prolétaire aujourd’hui est celui qui est spolié de son savoir-faire, fut-il (au hasard) cadre à France Télécom transformé en adjudant-chef borné d’une équipe commerciale hyperstressée. Cette notion générale du prolétaire comme pauvreté symbolique me parait précieuse à tous les titres…

  2. Alors là, bravo !

    Votre texte me fait penser à ces automobilistes, qui considèrent les vieux, les vélos, les enfants, les chevreuils, les platanes, le vent, le brouillard, ou la pluie comme de grands dangers….alors que le seul truc dangereux dans l’histoire, c’est la voiture.

    1. Tout-à-fait d’accord, avec une petite nuance : ce n’est pas la voiture qui est dangereuse, c’est le conducteur (enfin, certains plus que d’autres).

    2. Pour être clair, le point commun, à mon avis entre votre vision du capitalisme est mon exemple, c’est l’aveuglement des passagers:

      On ne voit même plus dans quoi on est embarqué, puisqu’on est dedans.

    3. Les enfants sont couchés, j’ai un peu plus de temps.

      Il se trouve que je vis sensiblement à l’écart du mode standard « français en 2010 », sans doute un peu comme Mianne, avec ma famille.
      Un kilomètre du premier voisin, en pleine forêt, une soixantaine de brebis, potager, poulailler, pas de télévision, cuisinière à bois, je vous passe les détails.
      Depuis ce point d’observation, je partage votre vision des milles facettes de l’absurdité dans laquelle nous baignons tous. Mais je ne prétends pas du tout avoir trouvé le remède avec mon mode de vie.
      J’ai peur en fait que l’homme en général, à force de s’éloigner du sol, soit devenu définitivement inadapté au monde de demain. La façon dont l’homme se coupe de ce qui le constitue se propage comme une maladie contagieuse.
      A moins que ces quelques tribus en loques….

    4. Brico

      Ah Non !
      C’est bien la voiture qui pose problème et pour le comprendre il suffit d’imaginer un conducteur qui grille un feu rouge sans sa voiture….

    5. @Thomas: merci beaucoup pour vos éclaircissements.

      « La façon dont l’homme se coupe de ce qui le constitue se propage comme une maladie contagieuse. » : je suis tout à fait d’accord, et cela m’éclaire sur votre critique, cf. supra. Je dois vous répondre qu’il y a mélange et mélange. D’un côté des confusions involontaires, induites par l’incapacité à discerner les nuances ou le refus de séparer les choses pour mieux les comprendre, de l’autre des « confusions volontaires », (familles immigrées = déchets nucléaires !!!), qui n’en sont pas vraiment, (car je sais bien que familles immigrées not = déchets nucléaires !!!), et qui servent à établir une équivalence logique dans un cadre particulier. L’aire d’un rectangle, par exemple, se calcule toujours comme le produit des longueurs de ses côtés, et ce, que votre rectangle soit abstrait ou qu’il représente un champ de blé ou de maïs. Si l’on doit s’interdire ce type de « confusion », alors plus aucun raisonnement n’est possible.

    6. A vous lire, je devine qu’il y a une donnée à éclaircir avant toute chose :

      Aussi vrai que vous êtes Crapaud Rouge, je suis Thomas « EN ROUGE », et Thomas « EN NOIR » est une autre personne que moi qui s’exprime également sur le blog.

  3. « Voici le labyrinthe de Crète. Voici le labyrinthe de Crète dont le centre fut le minotaure.
    Voici le labyrinthe de Crète dont le centre fut le minotaure que Dante imagina comme un taureau à la tête d’homme et dans le réseau de pierre duquel s’égarèrent tant de générations.
    Voici le labyrinthe de Crète dont le centre fut le minotaure que Dante imagina comme un taureau à la tête d’homme et dans le réseau de pierre duquel s’égarèrent tant de générations comme Maria Kodama et moi nous nous égarâmes. Voici le labyrinthe de Crète dont le centre fut le minotaure que Dante imagina comme un taureau à la tête d’homme et dans le réseau de pierre duquel s’égarèrent tant de générations comme Maria Kodama et moi nous nous égarâmes ce matin là et continuions égarés dans le temps, cet autre labyrinthe »
    J.L Borges en collaboration avec Maria Kodama : Atlas

    1. Merci infiniment d’avoir cité Borges, c’est l’un des écrivains que j’ai le plus savouré, même si je ne l’ai pas beaucoup lu. (Mais c’est une autre histoire.)

  4. Bonjour,

    « Pourquoi les budgets de toutes les nations ne sont-ils pas déjà équilibrés ? »

    Parce qu’il est plus simple de faire une fuite en avant et d’investir pour essayer de créer de la croissance (ce qui n’est pas forcément idiot) en faisant des emprunts d’états, que de voter des budgets équilibrés.

    La rigueur budgétaire préconisée par un élu n’est pas très appréciée des électeurs, contrairement à l’idée de relancer l’économie avec toujours plus d’investissement…

    Beaucoup de choses sont rationnelles, mais une imbrication de multiples choses rationnelles peuvent provoquer des choses d’apparence irrationnelles.

    Un bon exemple est je crois le fonctionnement des logiciels d’un ordinateur. A la base, un logiciel n’est constitué que d’un ensemble de bits 0 ou 1. Sur un ordinateurs, beaucoup de logiciels sont installés et fonctionnent de concerts. Tout cet enchevêtrement de logiciels crée une complexité importante et parfois, des bugs ou des plantages apparaissent sans qu’il soit très simple de savoir d’où et comment ces bugs apparaissent.

    L’ordinateur en plantant peut donc fonctionner de façon incohérente. Doit-on donc en conclure qu’utiliser les bits 0 ou 1 pour faire les logiciels est une mauvaise idée ? Doit-on arrêter de penser qu’1+1 font 2 ?

    Non, des problèmes peuvent intervenir et il faut donc tenter de corriger les choses qui ne fonctionnent pas, sans pour autant tout renier et repartir de zéro. Est-ont certain en repartant de zéro d’être capable de faire mieux ? Est-ont sûr de faire au moins aussi bien ?

    1. « Non, des problèmes peuvent intervenir et il faut donc tenter de corriger les choses qui ne fonctionnent pas, sans pour autant tout renier et repartir de zéro. » : non, car rien ne « fonctionne » dans le capitalisme, hormis ses « instruments ». (Voir un peu plus bas le commentaire de H2 et ma réponse.) Quand on dit que quelque chose « marche », ou « fonctionne », c’est en rapport avec sa finalité. Il n’y en a aucune dans le capitalisme. La comparaison avec le labyrinthe montre que le critère profits/pertes n’est pas une fin mais une méthode. Le capitalisme est donc ce qui applique une méthode à tout mais pour rien. Le comble de l’absurdité.

    2. Est-ce utile de dénoncer un système entier sans proposer autre chose pour le remplacer ?

      Bien sûr que le capitalisme a d’énormes défaut, que je propose de corriger en mettant en place une sorte de gouvernement mondial qui aurait la capacité de limiter la concurrence fiscale entre les états et éradiquer les paradis fiscaux, afin de permettre enfin de taxer les riches et les grandes sociétés.

      C’est en ce moment, quand tout risque de s’effondrer qu’il devient possible de songer à ce que les nations s’unissent pour contrôler les marchés financiers et limiter l’ultra-concurrence entre les états.

      Mais vouloir tout changer et penser différemment, c’est bien. Mais attention à ne pas au final proposer d’anciennes recettes qui n’ont finalement pas marché non plus, et loin delà.

      Et attention aux extrémismes qui finissent souvent en fanatisme.

      Il ne faut pas oublier la nature profonde de l’homme. Avoir de belles idées, c’est bien, mais l’homme est-il capable de respecter ces idées ?

      Voici un article très bien écrit sur des propositions globales de réponses à la crise :
      http://tropicalbear.over-blog.com/article-quelques-propositions-globales-en-reponse-a-la-crise-44410258.html

      Il y est fait référence aux idéologies qui ne peuvent fonctionner à cause de la nature humaine.

      Pavé dans la marre, il y est précisé que « L’inégalité est indispensable dans toute grande société ».

      Lutter contre trop d’inégalités, c’est bien. Vouloir éliminer les inégalités est illusoire et va contre la nature humaine. Seule une volonté divine pourrait y arriver. Mais c’est effectivement arrivé que des hommes se prennent pour Dieu. Tout cela me fait beaucoup penser à Staline et à Hilter, attention…

    3. @suricat

      Que cela ne nous dispense pas de les faire baisser drastiquement, ces inégalités. Il en demeurera toujours suffisamment mais la violence en diminuera d’autant. Dénoncer les absurdités d’un système économique qui ne reconnaît que le profit financier ne vaut pas blanc-seing à je ne sais quel néo-communisme. La troisième voie n’est pas une chimère inéluctablement destinée à être récupérée par un blairisme hypocrite quelconque. Elle a déjà été approchée de près, que ce soit en France, en Allemagne ou dans les pays nordiques, avant que la « rationalité » et le « management » n’étalent leurs non sens et fassent leurs ravages…

    4. @Nicks :

      Tout à fait d’accord, je ne dis que cela, il faut lutter contre les inégalités. Mais selon moi, le seul moyen vraiment efficace est de créer une régulation au niveau mondial.

      Quant à la 3ème voie dont vous parlez, j’aimerai bien en savoir plus. Savoir en quoi elle consiste…

    5. @suricat: « Vouloir éliminer les inégalités est illusoire et va contre la nature humaine. » : soit, mais qu’avez-vous à dire sur l’augmentation des inégalités ?

      « Bien sûr que le capitalisme a d’énormes défaut, que je propose de corriger.. » : beaucoup de gens cherchent à amender le capitalisme, à en « corriger les défauts », mais pourquoi ne dites-vous pas que ça irait « contre la nature du capitalisme » ?

    6. @Crapaud rouge :

      L’augmentation des inégalités est selon moi principalement la conséquence du fait qu’on ne peut pas aujourd’hui taxer trop les riches, car ils partent alors à l’étranger et ne payent finalement plus d’impôt en France.

      La seule manière d’empêcher cela est d’empêcher les pays étrangers ou les paradis fiscaux de faire une concurrence fiscale. Seule une autorité mondiale pourrait faire cela.

      On parle beaucoup des banksters, les banques gangsters, mais il y a aussi les pays voyous qui sont la plaie de ce monde en faisant de la concurrence fiscale acharnée.

      La nature du capitalisme va avec la nature humaine, on ne peut pas la supprimer, mais on peut tenter de limiter ses excès.

      Dire de façon brute, il faut arrêter de penser à faire du profit est illusoire. Pourquoi les gens travailleraient, si c’est pour gagner autant que son voisin quelque soient les efforts que l’on fait ?

      Par ailleurs, si la France seule décidait de mener une politique très sociale et anticapitaliste, elle se ferait littéralement mangée par les autres pays alors plus compétitifs. Si l’Europe décidait seule de faire cela, l’Europe se ferait alors mangée par les autres pays du monde.

      En revanche, si nous arrivons à réguler la finance, la fiscalité et le social au niveau mondial, ce n’est pas la planète Mars qui fera concurrence à la planète Terre. La solution réside donc bien selon moi au niveau mondial.

    7. @suricat

      La troisième voie, c’est tout simplement une économie de marché à laquelle on soustrait des secteurs stratégiques, gérés par la puissance publique (en tant que jacobin, c’est essentiellement l’Etat pour ma part, avec le relai des collectivités locales) : Santé, éducation, transports, énergie, justice, police armée et une partie du secteur bancaire. C’est un biais qui permet une redistribution équitable et un lissage conséquent des inégalités. Je m’inspire bien entendu du modèle français qui n’a pas si mal fonctionné…

      Certes, la mondialisation est passée par là, limitant les marges de manoeuvre politiques (que nos élus se sont retirés tout seuls). Cela dit, je ne suis pas d’accord avec vous. Je pense que l’Europe a la taille critique pour décider unilatéralement de mesures de restriction de circulation des capitaux, de justice fiscale et de certaines formes de protectionnisme (sur des critères sociaux et environnementaux par exemple), en comptant sur sa position de première économie mondiale. L’effet d’entrainement pourrait être non négligeable car on ne se passe pas si facilement du marché européen…

      Cela dit, cela peut se faire en parallèle avec des organisations mondiales qui n’existent pour le moment que pour propager le néolibéralisme. Si on change leurs missions, pourquoi pas ?
      La question qui se pose néanmoins, qui est celle qu’a soulevée la proposition à mon sens inadmissible de Barroso, c’est celle du contrôle démocratique. On voit bien toutes les difficultés qu’on rencontre à l’échelle de l’Union, alors au niveau mondial…

    8. @suricat: ben dis donc, z’êtes un coriace, vous ! On ne peut pas vous reprocher de manquer de convictions et de suite dans les idées ! 🙂 C’est très difficile de vous répondre, car vous pensez entièrement de l’intérieur du système. De la part des chefs politiques, ça se comprend, mais vous ? Seriez-vous un responsable politique de haut niveau, contraint d’assumer de lourdes responsabilités et de prendre des décisions lourdes de conséquences ? Ou êtes-vous simplement quelqu’un qui se sent menacé de perdre les avantages de sa situation ? Ou qui pressent, qu’à l’origine de ses avantages, il y a une dose non négligeable d’arbitraire ou de chance ?

    9. @Nicks :

      L’Europe a effectivement la possibilité de décider unilatéralement de mesures de restriction de circulation des capitaux, de justice fiscale et de certaines formes de protectionnisme.

      Mais malgré sa position de première économie mondiale, je ne crois pas qu’elle aie la taille critique comme vous dites pour s’en sortir en prenant trop de décisions la rendant moins concurrentielle. Quand on voit à quelle vitesse la Chine croît, elle dépassera bientôt les Etats-Unis et l’Europe…

      On ne se passe pas si facilement du marché européen, mais l’Europe ne peut pas se passer du marché mondial, ne serait-ce qu’à cause de ses besoins en matières premières (pétrole, uranium, etc.)

      Effectivement, les organisations mondiales actuelles ne résolvent pas les problèmes. Elles n’ont pas cette possibilité d’aller contre la souveraineté des nations. Et pour cause : elles n’ont pas de légitimité internationale pour le faire, car elles ne sont pas élus par le peuple.

      De même, le contrôle des budgets nationaux par la commission européenne pose en effet problème, même si le principe de contrôle des budgets nationaux me paraît bon. Le problème est qu’il n’y a pas de vrai président de l’Europe de gouvernement Européen élu démocratiquement par le peuple Européen.

      Evidemment, l’instauration d’une gouvernance mondiale ne sera pas simple. Les pays ne souhaitent pas perdre leur souveraineté. Mais aujourd’hui, l’économie mondiale est vraiment au bord du gouffre. Peut-être est-il maintenant possible de faire comprendre à la majorité des Etats que l’instauration d’un gouvernement mondial démocratiquement élu est dans l’intérêt de tous…

    10. @Crapaud rouge :

      Non, je ne suis pas dans la politique du tout. Je vote, c’est tout. Par contre, je pense que quand on émet des idées politiques et que l’on veut changer un système, on se doit de penser aux conséquences de ce qu’on dit.

      Il ne sert à rien d’émettre des idées inapplicables.

      Je ne me sens pas menacé de perdre ma « situation » au sens d’une bonne situation sociale, car je ne suis pas un Nanti, ni quelqu’un de riche, loin de là (j’aimerai bien…).

      Par contre je souhaite vivre dans un système qui me permettrai de conserver mon emploi et qui n’appauvri pas la société dans laquelle nous vivons à cause d’idées intéressantes de prime abord, mais aux conséquences désastreuses.

    11. @ Suricat
      Vous semblez rétif aux idées de progrès social car elles s’opposeraient à la « nature humaine ». Avez-vous des informations privilégiées sur la « nature humaine ». Certes, le capitalisme a décrété que les humains étaient des idiots rationnels mus par leurs seul intérêt égoïste mais les anthropologues (qui n’ont pas la foi comme les économistes) ont constaté que c’était faux. Oh, l’homme n’est pas un ange mais pas non plus la bête immonde dont certains voudraient lui voir endosser la pelisse. L’homme est surtout adaptable et il fait souvent ce qu’on lui dit qu’il est normal ou nécessaire de faire.
      Donc, essayons de réfléchir à une société qui serait moins néfaste non pas ne partant du postulat d’un homme mauvais mais d’un homme qui, une fois ses besoins primaires (nourriture, abri, vêture, sécurité) satisfaits est un animal social qui a besoin de considération de la part des autres, de gratifications sociales, de réalisation personnelle, ce qui peut être atteint bien plus aisément que cela ne l’est aujourd’hui dans une société qui ne sait que multiplier à l’excès l’accumulation de choses alors que les besoins primaires qu’elles peuvent combler sont déjà dépassés des dizaines de fois (dans notre occident développé, bien sûr).
      Certes, on se centre trop ici sur la critique du système existant (c’est très français) mais on aborde aussi les pistes qu’il faudra bien parcourir demain.

    12. @Alain A :

      Je ne suis évidemment pas rétif au progrès social, bien au contraire. Je dis juste qu’il faut tenir compte de la nature humaine pour créer un système permettant d’y arriver.

      Ai-je dis que l’homme était une bête immonde ? Vous exagérez un peu tout de même.

      Seulement, connaissez vous beaucoup de personnes qui reverseraient de leur initiative a des associations ou autre la partie de leur salaire qui leur reste, une fois qu’elles ont satisfait leurs besoins primaires et un peu plus ?

      Le faites-vous ?

    13. @suricat : « Je dis juste qu’il faut tenir compte de la nature humaine pour créer un système permettant d’y arriver. » : oui, je sais, c’est votre leitmotiv. Avec ce principe, vous croyez être en possession de LA boussole que nous ne devrions pas quitter des yeux pour nous diriger dans le labyrinthe. Ne m’obligez pas à rappeler que la boussole ne sert à rien dans un labyrinthe, c’est du reste ce qui fait son charme étrange qui s’exerce depuis des millénaires sur les esprits un peu mystiques. De plus, vous oubliez que l’être humain, comme tous les êtres vivants, se comporte aussi en fonction de son environnement, de sorte que « sa nature » propre en devient difficilement discernable. Dans un environnement violent, tout le monde devient violent. (Et en régime capitaliste, tout le monde cherche son profit.) Exemple infiniment malheureux : les enfants soldats en Afrique. Enrôlés de force, parfois contraints de tuer des proches pour ne pas être eux-mêmes tués, il est évident que leurs chefs « tenaient compte de la nature humaine », la peur de mourir, évidemment.

      suricat, vous semblez être animé des meilleures intentions du monde, mais votre principe de base, qui conduit à « instrumentaliser » la nature humaine, est le meilleur moyen d’arriver à un « monde meilleur » en forme de cauchemar.

    14. @Crapaud Rouge :

      Je ne dis pas qu’il faut instrumentaliser la nature humaine, je dis juste qu’il faut faire avec et ne pas se prendre pour Dieu en espérant changer la nature profonde de l’homme. Mais bon, passons…

      Si vous avez trouvé une alternative crédible, je vous écoute.

      Dénoncer, c’est bien. Mais proposer, c’est mieux…

    15. @suricat : « Dénoncer, c’est bien. Mais proposer, c’est mieux… » : désolé, suricat, je n’ai rien à proposer dans le cadre du système. Trop compliqué pour moi. Rustine par ci, bout de ficelle par là, ça n’a jamais été mon trip, pas bricoleur.

      « ne pas se prendre pour Dieu en espérant changer la nature profonde de l’homme. » : je n’espère pas changer « la nature profonde de l’homme », s’en tenir à sa surface est amplement suffisant. L’homme veut la satisfaction de ses besoins primaires, la paix, la justice, et ne pas être enfermé dans un bagne. Pas besoin d’en savoir plus. Alors, pour ce qui est de sa « nature profonde », voyez ça avec des spéléologues. 🙂

  5. Décidément, c’est un plaisir de lire ce blog et tous ces excellents textes. Merci Crapaud.
    Au fait, ce que vous mettez en exergue, ce sont je crois ce que les économistes nomment « les externalités ». Dans tout produit fabriqué il y a un coût de production caché qui n’est pas à charge du producteur mais de la collectivité. Parfois, ce coût caché est bien plus important que le coût de production « officiel ». Celui qui en tire profit (y compris le consommateur qui paie trop peu) exploite alors la collectivité de manière totalement imméritée.
    Et n’oublions pas non plus tout ce que la collectivité met à disposition du producteur pour que la production puisse se faire (infrastructures publiques, qualification des ouvriers, etc). C’est bien simple, sans un minimum de mutualisation des coûts de production celle-ci serait non profitable pour l’entrepreneur. Mais ces derniers n’aiment pas qu’on le leur rappelle, ils préfèrent se voir en self-made-man car ainsi leurs profits sont justifiables.

    1. « Au fait, ce que vous mettez en exergue, ce sont je crois ce que les économistes nomment « les externalités ». » : oui, tout à fait, le capitalisme les ignore superbement, et c’est ce qui fonde son absurdité. Mais le discours ambiant retourne cette absurdité en facteur positif : les dégâts occasionnés sur l’environnement, (la nature et les populations humaines), deviennent des sacrifices à consentir en vue d’un monde meilleur.

    2. Humm… sans doute mais les rapports difficiles que l’Homme entretient de tout temps avec la nature ne sont pas la spécificité du capitalisme non ? même si, j’en conviens, celui-ci a amplifié le phénomène.
      Par ailleurs, vous dites : « ….. si cette idée est aussi rationnelle qu’il y paraît, pourquoi les budgets de toutes les nations ne sont-ils pas déjà équilibrés ? » Alors je me fais l’avocat du diable : il est prouvé scientifiquement que fumer est très mauvais pour la santé, alors pourquoi y a t-il encore des fumeurs ? Est-ce que la capitalisme ne doit ps accepter une part d’irrationnel pour vivre ? Ceci expliquerait peut être cela ?

    3. @Didier: excellente réponse ! Les ravages opérés par l’espèce humaine ne datent pas d’hier, on dirait que c’est inscrit dans ses gènes. Lire à ce sujet L’homme, ce fléau planétaire, sur Article11. Mais n’est-ce pas une raison de plus pour crier « halte au feu » ? L’espèce humaine pourrait donner un sens à son existence : réparer les dégâts, protéger les rares espèces survivantes.

      « Est-ce que la capitalisme ne doit ps accepter une part d’irrationnel pour vivre ? » : « accepter une part d’irrationnel » est exactement ce que les capitalistes nous demandent quand ils reconnaissent les défauts de leur système. Seulement voilà, ce sont eux qui choisissent la part qui nous revient, à savoir 100%.

  6. Oui.
    Ce qui me fait penser à autre chose.
    A un moment donné sur ce blog, il a été beaucoup question de l’humain, de remettre l’humain au centre des préoccupations.
    Tout le monde était d’accord là dessus.
    Mais dès que les choses s’aggravent, que la fin semble se rapprocher, de quoi parle-t-on ?
    De surveiller les budgets, de redevenir « concurentiels », mais si l’euro baisse on sera plus compétitifs, l’Allemagne exporte trop il faut rééquilibrer, il faut de la relance, si la croissance revient et si ma tante en avait………

    Toutes choses plus rationnelles les unes que les autres, comme vous dites.

    Alors quoi ? On se raccroche aux branches là ! Et les branches sont pourries !!
    On vous , enfin on nous le répète à longueur de blog !
    Rien ne peut marcher !
    C’est mort, décomposé, çà ne pue même plus tellement il n’y a plus rien !
    Combien de fois faudra-t-il répéter qu’il faut trouver AUTRE CHOSE !
    Il faut penser DIFFERENT !
    PAS PAREIL !! AUTREMENT !!
    Est-ce qu’il y a quelque chose de rationnel dans le fait de venir au monde et de mourir quelques dizaines d’années plus tard ?
    Alors en plus il faut se faire ….., enfin s’em……, bon s’ennuyer tout ce temps ???

    Franchement est-ce que la vie est rationnelle ?

    Donc je le dis et je le redis :

    « Mon royaume n’est pas de ce monde » çà veut dire que cette société absurde, ridicule, criminelle que nous avons créée depuis des millénaires est une erreur monumentale !

    Celui (ou celle tiens au fait) qui a dit cela voulait redonner un sens à nos vies !
    Il voulait faire comprendre que cette lutte fratricide pour le pouvoir et l’argent n’a AUCUN SENS !
    Il n’y a aucun besoin de s’enrichir il suffit de PARTAGER !
    Les riches ne servent à RIEN !
    Les pauvres non plus !
    TOUT doit être repensé de zéro !

    Au lieu de chercher vainement une solution à cette abjection, demandez-vous pourquoi ce message tellement dévoyé, galvaudé, manipulé pour faire accepter l’inacceptable au peuples a défié les siècles !
    Pourquoi malgré tous les mensonges éhontés des puissants, de ceux qui veulent vous faire prendre des vessies pour des lanternes en disant « tu gagneras ta vie à la sueur de ton front » alors que la vie on noous la DONNE pas besoin de la GAGNER !

    Pourquoi ce « aimez-vous les uns les autres » est toujours là !
    Depuis plus de 2000 ans, et il est toujours là !
    Rolex dans 2000 ans ce sera quoi ?
    La Star’Ac dans 2000 ans ce sera quoi ?

    Mon royaume n’est pas de ce monde cela veut simplement dire que le monde tel que nous l’avons fait est absurde, il est criminel, il ne correspond en rien à ce qu’on peut attendre de la vie.
    Pour que ce monde devienne mon royaume c’est à dire le royaume de tous les humains il faut TOUT changer.
    Non le Paradis n’est pas ailleurs, ni dans l’eau delà, ni dans un monde parallèle.
    Il PEUT être ICI.

    Aimez-vous les uns les autres et refaites VOTRE royaume sont les deux choses rationnelles à prendre en compte pour tout repenser !

    Je veux le Paradis ICI ET MAINTENANT !

    1. « Il faut penser DIFFERENT ! » : tout à fait d’accord, c’est d’ailleurs ce qui a motivé mon texte car, pour « penser différent », il faut commencer par identifier les préjugés qui font que l’on « pense pareil ». Et le premier de tous est celui qui voudrait que « le capitalisme est rationnel ». On peut s’efforcer de « l’amender » à l’instar des économistes ou de suricat ci-dessus, mais ça ne changera rien à son absurdité de principe.

      « cette lutte fratricide pour le pouvoir et l’argent » : malheureusement, c’est cela et rien d’autre qui anime le capitalisme. L’expression « guerre économique » n’est pas une métaphore, elle désigne une vraie guerre.

      « Je veux le Paradis ICI ET MAINTENANT ! » : d’abord sortir du labyrinthe…

    2. C’est pourquoi, avec trois puis maintenant quatre familles de voisins, dont deux au chômage, nous retirons notre argent de la banque le jour même où il est versé, en sachant très bien qu’un jour plus rien ne sera versé du tout. Le banquier fait des réflexions pour le compte épargne à gérer sur lequel on laisse cinq euros, mais n’y peut rien . Le terrain non constructible que nous avons acheté ensemble pour presque rien suffit à nous alimenter (verger, potager, poulailler cette année), le reste s’obtient par le troc et nous avons récupéré assez de matériel à réparer pour vivre quelques décennies sans rien acheter . Le capitalisme continue sans nous. La bête s’est débarrassée de ses parasites . La convivialité et l’entraide retrouvées, la sensation d’être enfin celui ou celle qui décide de son sort sont assez enivrantes . De victimes nous sommes devenus à notre manière les acteurs non violents de l’extermination des parasites .
      Il y a sans doute d’autres manières de survoler le labyrinthe dont parle Crapaud Rouge .

      Inutile de vous dire que nos enfants adultes et chargés de famille qui ont « réussi » par un travail acharné sont , eux, bien intégrés au système capitaliste ( sans doute jusqu’à ce qu’il s’attaque également à leurs ressources) et nous prennent affectueusement pour une communauté de post-soixante-huitards attardés trop idéalistes . Les enfants adolescents des voisins nous soutiennent à fond dans notre démarche même pas risquée : on ne fait rien de répréhensible, on ne joue pas le jeu, c’est tout . Ils nous ramènent leurs copains pour donner un coup de main et s’inventent un style vestimentaire de récupération « anti-marques » qui fait des émules .

    3. @ Louise,

      Je pense comme Oppossum. C’est agréable de vous croiser régulièrement chez Jorion. Les traversées du labyrinthe sont moins rudes avec des gens comme vous.

      —————
      @ Mianne,

      Quel plaisir de vous lire.

      « La-reprise-la-reprise! » nous chante le choeur des experts.
      Vous les prenez aux mots, en faisant ce qui pourrait s’appeler de la « reprise individuelle »; vous reprenez votre argent à la banque!

      Il est étonnant de penser que l’argent que nous gagnons est donné « naturellement » aux banques (obligation d’avoir un compte en banque), qui nous le prête ensuite si nous sommes économiquement corrects.
      Cela me fait penser à cette histoire de la petite dame, qui venait chaque mois à la poste pour toucher sa pension. L’employé de la poste lui tendait la liasse de billets, la vieille palpait les biftons …et rentrait chez elle. Elle avait « touché sa pension ».

      Pour le reste il est évident que la totalité du mode de vie que vous avez su mettre en place n’est pas généralisable sur tout le territoire, en l’état actuel des choses. Mais si tous ceux qui en ont la possibilité le faisait (et je suis sûr qu’ils sont nombreux), ou en faisait une partie, l’exemple serait donné à grande échelle et pourrait gripper la machine infernale. Et ce serait autant de bêtes débarrassé des parasites. Finalement les parasites pourraient bien mourir un jour de ne plus trouver de nourriture.

      Bravo à vous Mianne, et salut à vos voisins.

  7. « Toutes choses que je qualifie de non localisées et non identifiées par lui car il faut qu’il s’en empare pour leur reconnaître une existence dans le cadre de sa propre « rationalité », la seule qu’il connaisse. »

    Brillant. Nous allons tous finir  » à gauche  » , résidus, déchets du capitalisme. Les zombies, les morts-vivants bougent t-il encore ? Au delà de la plaisanterie, est-ce cela que l’on nomme
     » Raison Instrumentale  » critiquée en son temps par Kant.
    Merci de me répondre…

    1. Je ne connais pas cette « raison instrumentale » critiquée par Kant, mais il me semble qu’il s’agit bien de cela, en effet, car seuls les « instruments » sont « rationnels » dans le capitalisme, et « rationnels » seulement eu égard à un bilan financier. Au début c’était par la machine à vapeur, aujourd’hui c’est par l’informatique, les produits financiers, etc. Il ne connaît aucune fin qui lui serait extérieure, il n’est pas « au service » de la communauté dont il pourrait protéger les intérêts, et il n’y a rien dont il chercherait à maintenir la permanence. Il se reconfigure continuellement pour seulement « garder la tête hors de l’eau » : rester « compétitif ».

  8. Bravo. Merci. Enfin !
    Ce dont vous parlez s’appelle officiellement « externalités », c’est le doux nom qu’on donne aux « pertes » qui sont masquées ou socialisées, pour permettre une illusion de profit.
    Je vous invite très chaudement à regarder le documentaire fondamental : « The corporation »
    http://video.google.com/videoplay?docid=1643050067177891440#
    Vous comprendrez que le capitalisme va plus loin que la « rationalité » …
    C’est aussi un système de filtrage de l’humain pour en faire ressortir (exploiter) le pire.

    1. Ce sont bien ces « externalités » qui sont en question. Moi en parle aussi, ci-dessus. Mais regardez seulement ce mot, externalités, retenu par les économistes : il montre à lui seul que ces « externalités » ne représentent que des coûts cachés. L’excellent documentaire que vous citez va plus loin, il dit que : « les sociétés sont des machines à externaliser ». Autrement dit, et c’est ma conviction personnelle, ces externalités sont plus que quelque chose de regrettable, elle sont le moteur du capitalisme, son principe structurant.

  9. Ainsi donc , le capitalisme imposerait un horrible précepte consistant à « équilibrer les budgets » ?

    Et cette rationalité d’airain qui pèserait comme l’airain serait à dénoncer ?

    C’est curieux , j’ai l’ impression que le capitalisme des 30 dernières années s’ accommodait comme un charme du joyeux précepte keynésien que tout budget doit être en déséquilibre, puisque le déficit … c’est de la dépense, donc ça fait tourner la machine, ça répartit, ça occupe … mieux que cela , le déficit c’est de l’investissement ! Et encore mieux : le déficit n’existe pas, et il est toujours possible d’aller plus loin …

    Bref, l’irrationalité de l’endettement permanent et continu, c’est bien la sphère politique qui en a fait toute seule , à la fois une théorie et surtout , gauche et droite confondues, une pratique.

    Que cette pratique ait ‘arrangé’ le monde économique privé est une fait , mais on voit mal le monde de l’entreprise aller batailler contre une facilité qui semblait arranger tout le monde , mis à part quelques vieux grincheux gaullistes ou réactionnaires à mentalité paysanne.

    Ceci rectifié, la critique du ‘rationalisme’ capitaliste est certainement à faire.

    Mais sans oublier d’abord que ce qui sous tend cette rationalité c’est notre comportement quotidien : la somme des laisser-aller et des caddies remplis , est un formidable bulletin de vote.
    Ensuite que c’est bien nous qui avons laissé charger l’Etat , effectivement et peu à peu , de prendre en charge l’externalisation d’un nombre considérable de coût économique , mais également l’externalisation de coûts sociaux.

    A force de forcer l’Etat à absorber une titrisation générale de tous les risques, on a finit par lui faire absorber des actifs complètement pourris.
    Et de même que l’on a pourri le bien commun qu’était la monnaie par une perversion du crédit, on finit par par pourrir les fonctions de base de l’Etat en lui faisant endosser tous les risques et tous les déséquilibres.

    La critique du rationalisme économique théorisé par la sphère capitaliste bute sur nous même , et si on ne veut pas aller au bout de l’analyse , elle tourne en rond, ne produisant que de l’indignation dont elle se nourrit aussitôt.

    PS/ L’idée d’un contrôle à- priori des budgets nationaux est évidemment relativement révoltante et anti-démocratique , du moins dans l’espace national, mais elle est somme toute logique ! C’est la continuation naturelle de la réalité de l’Europe que l’on a construit. Les solidarités , aides et transferts de richesse d’une zone géographique à une autre ne peuvent être acceptés par les populations que si les règles du jeu et les contraintes sont les mêmes partout.
    Nous avons mis l’Allemagne dans l’obligation presque logique de nous imposer leur conception de la rigueur : il ne fallait pas non plus chercher à les enfermer dans l’euro ! (Ou bien il fallait être aussi fort qu’eux ?)

    1. Une bonne analyse je pense…

      Il n’y a que le dernier paragraphe au sujet de l’Allemagne ou j’ai du mal à comprendre ce que voulez dire.

    2. « Bref, l’irrationalité de l’endettement permanent et continu, c’est bien la sphère politique qui en a fait toute seule , à la fois une théorie et surtout , gauche et droite confondues, une pratique. » : c’est pire que ça ! Il n’y a pas de véritable « théorie de l’endettement », sinon l’on saurait à quoi s’en tenir. Et soit cette crise ne serait pas survenue, soit l’on saurait la traiter. Il n’y a que deux préceptes contradictoires : le premier dit qu’il faut s’endetter pour faire marcher les affaires, le second qu’il ne faut pas pour éviter les crises de solvabilité. Entre les deux, un hypothétique « curseur », dont personne n’a jamais vu la couleur. Résultat des courses : au plus fort de la tempête, alors que les déficits creusent l’endettement à la vitesse grand V, l’on entend des voix proclamer que l’idéal serait le « zéro déficit » ! Qu’est-ce que cela signifie sinon que, la marche dans le labyrinthe ayant conduit à une impasse, il serait « rationnel » de rebrousser chemin ? Evidemment qu’il faut rebrousser chemin ! Mais si l’on croit s’en tirer avec des tautologies pareilles, c’est vraiment qu’on n’a rien compris au film.

  10. Oui qui est donc le plus rationnel et le plus prudent de nos jours et dans nos sociétés modernes ?
    L’homme le plus socialiste ou alors l’homme le plus identifié et attaché au capitalisme toute la vie ?

    Au nom de la saine raison budgétaire je vous demande de vous taire, de vous coucher, de vous soumettre Corps et Ames c’est la démocratie, le marché quand bien même les gens en finiraient par porter davantage sur eux la marque d’une plus grande infamie, non mais ce n’est pas non plus de pauvres gens illetrés qui vont commencer à nous faire la leçon de travail et de raison en société.

    Est surtout irrationnel et peu prudent celui qui ne partage pas exactement la même conception marchande de la liberté et de la raison que nous. La raison saine c’est bien connu elle ne vient d’abord que des gens qui réussissent le plus visiblement dans une société, vous voyez c’est donc pour ça que nous n’avons plus guère besoin de propagandistes de première, regardez plutôt nos grandes tours et les belles oeuvres commerciales de plus venant de nos mains vous voyez c’est beaucoup mieux maintenant nous avons les marques c’est l’éclairage.

    Nous sommes déjà si bien arrivés à bon port alors pourquoi vouloir encore nous déranger, n’est-ce pas plutôt le grand confort marchand et qu’est-ce que bien réussir de nos jours si ce n’est de vouloir mieux ressembler au même caractère de conduite et de penser que la plupart de nos élites dirigeantes, nos nouveaux modèles de penser et de conduite aussi en série c’est la une.

    C’est comme la nouvelle toyota aussi ou le nouveau camembert président, faut parfois mieux voir comment on préfère surtout mieux faire peur aux gens pour faire du chiffre, c’est d’ailleurs principalement notre travail sur terre. Faire surtout entendre les mêmes choses.

    C’est le progrès, une fois sorti aussi des grandes écoles de commerce de ce monde.  » Regarde Papa, regarde Maman comme j’ai si bien réussi en bourse si tu pouvais voir aussi de près comme je paye et maltraite bien plus durement la plupart de mes gens, c’est sur c’est continuellement les gens de l’état qui nous mettent des batons dans les roues mais jamais nous les premiers.

    Mais dans quel monde et dans quelle famille nous voulons surtout vivre et être inviter à manger sans que cela ne coute trop d’argent quand même ? Un monde dans lequel, l’autre ne serait même plus vu et considéré faute d’argent et d’emploi ?

    Mais quel est donc le si grand mérite au travail des dirigeants de ce monde, vivre plus loin encore de leurs méfaits, prendre plus souvent l’avion, tout le monde n’a pas non plus la même aptitude à pouvoir mieux se vendre comme eux, travailler au sentier où sur les marchés sans aucun scrupules comme le concurrent sans foi ni loi partout ailleurs. La folle sagesse du monde quoi !

    Comme si ce n’était pas déjà la rigueur dans le privé et dans un grand bon nombre de sociétés, décidément la rigueur comme on préfère bien plus la faire subir chez les autres que d’abord en soi même et les siens, allez et encore un autre petit coup de fourche de plus histoire quand même de ne pas trop montrer de plus fausses valeurs de vies à l’antenne.

    Mais ce qui m’inquiète c’est que le seul vocabulaire du socialisme contre le capitalisme pourrait très bien à son tour se retourner contre d’autres ensuite voilà pourquoi je ne crois plus aussi au seul vocabulaire des idéologies pour nous en sortir s’il nous est encore possible de s’arrêter, ce que je doute de plus en plus au regard du très grand condtionnement du monde dans la matière.

  11. On peut se demander à présent:

    Combien de fois l’humanité aura-t-elle l’occasion de succomber au Mal pendant l’évolution?

    la Guerre de tous contre tous?

  12. Excellent et vrai, certainement.
    Mais cela reste de la ratiocination comme nous en faisons tous.
    Assis, nous regardons tous, les écrans de la réalité sur lesquels sont projetés les films de nos quotidiens.
    Et nous commentons nos vies, certains calmement, d’autres avec exaspérations, d’autres encore avec résignations.
    Bref, nous ratiocinons.
    Je me pose une question. Que faisaient les romains aux derniers moments de leur grandeur. Et les Égyptiens?
    Je cherche aussi la réponse à 3 questions lancinantes qui me taraudent l’esprit.
    1) Quels sont les noms des 2 premiers imbéciles qui inaugurèrent la première transaction commerciale de l’histoire?
    2) Pourquoi les gens sont-ils méchants ?
    3) Pourquoi le Bon Dieu n’a-t-il pas pris 7 jours de RTT durant cette fameuse semaine de la Création ?

    1. « ratiocination » ? Ce n’est pas « ratiociner » que d’essayer de montrer l’absurdité du capitalisme : sa clef de voute est de croire qu’il est « rationnel ». Chaque entreprise, avec les moyens qu’elle met en œuvre, est effectivement « rationnelle » eu égard à son objectif qui est de faire des profits. Mais ça, ce n’est pas « le capitalisme » à proprement parler, seulement l’une de ses nombreuses manifestations locales. « Le capitalisme » est aussi un système de représentations, et désormais, compte tenu de son ampleur désormais tentaculaire, il est devenu essentiellement ce système de représentations. On pourrait presque dire que « faire des profits » n’est plus qu’un prétexte, une triviale raison d’être reconnue par la société, puisque l’essentiel aujourd’hui est de se montrer rationnel comme il fallait, sous l’Inquisition, se montrer croyant.

    2. @Crapaud Rouge: mea culpa, en parlant de clef de voûte, (et en gras, qui plus est), je me flatte sans vergogne. Plusieurs commentaires, (Pierre-Yves D., Dissonance, André,…) m’obligent à une correction : il n’y a pas de clef de voûte, ce serait trop facile ! C’est sans doute Dissonance qui est au plus près de la problématique quand il écrit :« il est nécessaire de déconstruire chacune de ses propositions pour en faire apparaître les fondations branlantes. »

  13. Merci, Crapaud écarlate, pour ce texte en fusion, d’une salutaire « rationalité »….`

    A propos de certaine folie de la « rationalité du capitalisme », il faut aller voir l’étonnant film de Coline Serreau intitulé « Solutions locales pour un désordre global »…
    (le public applaudit à la fin, acte non rationnel, mais tellement réconfortant.)

  14. Oui, excellent !

    Merci d’avoir rappelé comme symbole du rationalisme capitaliste libéral la catastrophe écologique majeure qui se passe au large de la Louisiane….

    Voilà où mène le capitalisme décomplexé, dérégulé, sans contrôle ! La mort d’une région , une des plus belle du monde ,une des plus riches , que la nature avait construite sur des centaines de millions d’années et qui touche ce qui a de plus basique pour la vie : l’eau.

    Cette catastrophe , cette arme de destruction massive ,à portée des côtes américaines, mise en place par les tenants de la liberté , du profit et de la cupidité , c’est à dire des requins et de la bêtise ,crache en permanence son flot de poison et nul ne sait l’arrêter .

    Puisse t’elle (enfin) réveiller la conscience d’un peuple anesthésié par le rêve américain et la richesse facile ….Et par extension celle du monde .

  15. Je voudrais signaler aux amateurs qui ne le connaissent pas le chapitre III du « Pantagruel » de Rabelais : « Comment Panurge loue les debteurs et emprunteurs ». Je ne prétends pas que Rabelais a anticipé tout le système du crédit et des échanges : Panurge, dans son discours (à prendre au 2è degré, évidemment) fait du couple crédit/débit la clé de voûte de toute l’organisation sociale. Il imagine aussi un monde « sans debte » : ce serait le chaos assuré. Qu’en pensez-vous ?

  16. C’est pourquoi il faut sortir au plus vite du capitalisme, qui est un mode archaïque d’organisation
    de la société. Mais pour cela il faudra renouveler tous le personnel dirigeant qui est absolument
    contaminé par cette fameuse pseudo-rationalité. En fait le seul fondement du capitalisme c’est faire
    du profit, qu’elles qu’en soient les conséquences sur les populations et l’environnement. C’est du
    parasitisme pur et simple. Et les parasites on les éradique. Une autre forme plus souhaitable d’organisation est la symbiose, une organisation où toutes les parties trouvent leur intérêt, en coopérant.

    1. « il faudra renouveler tous le personnel dirigeant qui est absolument contaminé par cette fameuse pseudo-rationalité » : tout à fait d’accord, mais aussi, pour commencer, renouveler « le mental » de tous ces journalistes et experts besogneux qui font leurs chroniques sans jamais s’élever d’un centimètre au-dessus du sol. Je ne leur demande pas d’entrer en lévitation, comme le moine dans Tintin au Tibet, seulement de prendre conscience, quand ils disent qu’il faudrait mieux faire comme ceci plutôt que comme cela, qu’ils nous parlent en fait de tourner à droite plutôt qu’à gauche dans le grand labyrinthe du capitalisme.

  17. @Louise.

    Oui ,merci et courage Louise.
    Vous ne faites que transmettre : c’est votre mission fondamentale (celle de Tous).
    Paul Jorion persiste ,signe et travaille dur . Lui aussi dit et redit les faits,avec Leclerc et la quasi totalité des intervenants.
    Plus : il dit aussi comment ne pas faire = ainsi ne pas rester naïf face aux spéculations sur la fluctuation des Prix = il y va du pain quotidien de Millards d’Etres Humains.
    Nous sommes des Etres limités, »finis ». Alors que Celui dont vous parlez dit « Je suis l’alpha et l’oméga ».
    Par rapport aux impasses du moment,véritablement « armageddonesques »,Toujours le même déclare :
    Le Royaume est au milieu (au dedans selon l’étymologie et le sens grecs) de Vous.
    Non zebulon,dans l’orchestre,certes quelque peu désemparé,il perdure l’inaltérable : le Vivant,le Vivant produit par La Vie.
    Alors tout le mieux est possible.

  18. Excellent ce billet d’humeur

    Auditeur de France Inter, le samedi matin j’écoute « Rue des entrepreneurs »
    et j’ai été impressionné par la RATIONALITÉ des arguments des intervenants
    (Besoins de restructuration, compétitivités des entreprises etc… etc…)
    jusqu’au jour, où j’ai compris que ces discours technocratiques faisaient l’impasse sur l’introduction et sur la conclusion des débats, c’est à dire, le pourquoi de tel choix économique ( guerre économique, rapport de force sociaux ou géopolitique, politique partisane de classe etc…) et les conséquences de cette politique (dumping social, salarial et fiscal) conséquences mortifères non seulement d’un point de vue humain mais aussi d’un point de vue purement économique.
    Les libéraux proclament à qui veut l’entendre que l’économie n’est pas une science… je crois que c’est faux. Je pense que c’est une science, mais qu’ils l’utilisent comment une croyance.
    Cela fait des années que je pense que l’ultra libéralisme est la phase suicidaire du capitalisme
    et qu’ aujourd’hui, on assiste à la fin d’un système productiviste et inégalitaire et que c’est à nous de développer un système redistributif et de gestion des ressources.

  19. Pour reparler des externalités et des résidus, je me rapelle une conversation avec un collègue qui s’indignait à juste titre de la privatisation systématique des profits et de la socialisation systématique des pertes. Il n’y a pas que de la politique derrière cette systématisation. Il y a aussi un mécanisme somme toute assez trivial. On peut gagner de l’argent à l’infini, mais rendre à la collectivité une richesse déjà dilapidée, c’est impossible quand on en dispose plus.

    Pour éviter cette socialisation des pertes, il faut limiter les risques pris par quelques particuliers, risque pris non part par eux, mais par la collectivité entrainée et trompée dans l’aventure.

    Par exemple, il faut interdire ou dissuader par des règles prudentielles effectives les crédits accordés aux marchés pour leur permettre soi-disant de fonctionner.

    Redonner un sens à la progressivité de l’impôt. Pour la simple idée que personne n’a besoin de faire fortune.

    L’argent a perdu son sens pratique. Dans le film « Erreur de la banque en votre faveur », le banquier hautain qui vient de ses faire plumer de quelques 100 M€ par un quidam ordinaire lui dit (à quelque chose près) :

    – Pour vous ces 100 M€ vont vous changer la vie, pour moi, 100 M€ ne sont que ce qui me permettra d’en gagner 100 Millions de plus.

    Et en effet, la rationalité de certains relève plus de la psychiatrie.

  20. Il n’y a que de la duplicité politique dans ce prétendu abandon à la rationalité ; souvenons-nous, les années post 1981 du « vive la crise! »
    A droite, le profit, mais aussi la contribution fiscale que l’on amenuise (donc à gauche), à gauche aussi la charge des intérêts majorés de la dette publique par le recours obligatoire depuis 1973 en France aux banques privées(et d’ailleurs anciennement non privatisées) (toute autre pratique étant qualifiée de « barbare » dans l’émission de France inter hier soir par M. Elie Cohen).
    Toutes choses non localisées…la formation où la rationalité capitaliste la situe-t-elle?
    Elle ne manque pas de revendiquer des crédits d’impôts sur ce thème et sur bien d’autres.
    L’endettement privé, à gauche? ou à gauche et à droite?
    @Louise
    Vous n’êtes pas seule dans ce cheminement.
    Pour certains, résister et espérer se vivent sur le terrain de l’engagement , du partage.

  21. @Crapaud rouge :
    Bon billet. Cependant le capitalisme dans son labyrinthe produit son propre fil d’ariane qui est consentement de millions d’individus par le biais de l’obsolescence programmée de toutes les marchandises et services que nous achetons. Le veau d’or aura toujours ses adorateurs, après eux le déluge.

  22. Le FMI a publié un gros pavé sur l’endettement des pays
    les plus importants par le PBN.
    ( » http://www.imf.org/external/pubs/ft/fm/2010/fm1001.pdf « )
    [ Trop gros pour moi; j’ ai pas tout lu, ni compris.]

    Tous les pays sont négatifs- La somme, extraordinaire,
    s’exprime en millions de milliards de dollar.
    ( Il y a des déficits croisés entre pays. La somme n’est donc pas exacte-
    Mais elle reste un indicateur parlant.)

    D ‘où vient cet argent ? Qui sont les détenteurs ?
    d’une planète extérieure ?
    Une bonne partie de la somme des déficits doit être virtuelle;
    Ne serait-il pas possible de mettre en oeuvre
    une sorte de clearing ?
    Après tout , le concours n’est pas d’ être le meilleur
    mais le moins mauvais ( et qui dure le plus longtemps).

    US et UK sont les plus mauvais, en proportion du PNB
    et en valeur absolue. Ce fait relativise l’acharnement
    contre l’ Euro par les spéculateurs.
    La bande de viandards se trompe et nous trompe:
    l’ appareil d’ abrutissement public ne fera pas
    oublier que la faiblesse est chez eux.

    L ‘endettement du Japon, souscrit dans une large
    proportion par ses nationnaux suggère fortement
    que sa dette résulte d’ une simple remise d’impôts.
    Le déficit résulte clairement d’une idéologie:
    faire échapper à l’impôt la classe au pouvoir.

    Le capitalisme est sûrement irrationnel -minotaure ou ouroboros
    peu importe- c’est surtout une machine de guerre
    de tous contre tous. Ses hoquets devraient relativiser
    sa doit disante efficacité dans l’ allocation des ressources.
    La fin du marxisme soviétique montre non que le système
    était mauvais en soi, mais qu’une superstructure triomphante,
    perdant le sens des limites, devient suicidaire.
    Il faut lui opposer un concurent.

  23. Du verbiage nihiliste, voila la substance de votre billet. Si le budget de l’Etat est en déficit chronique, c’est tout simplement parce que les hommes politiques préfèrent se couler dans cette facillité que de voter des mesures d’économie.

    Faut-il supprimer des postes de policiers, d’infirmières…me dira t-on ? Ritournelle habituelle. Non les gaspillages ne sont pas là. Regarder plutôt le luxe somptuaire de l’appareil d’Etat, le nombre excessif de parlementaires (encore augmenté de 200 par Miterrand), les assemblées régionales et départementales, les avantages exorbitants de tout un tas de hauts fonctionnaires, le luxe et le train de vie des embassades, des préfets, des trésoriers payeurs généraux.

    Et puis nous avons nos danseuses comme les DOM-TOM’s voire la Corse. Et puis nous avons cette pseudo-générosité par rapport aux malheureux du monde entier, si encore cette générosité allait à bon port plutôt que dans les poches de quelques malfrats !

    Au contraire de ce que vous dites, tout cela est parfaitement rationnel. Nous n’aurons le courage de corriger tout cela que sous la containte pressante qui commence à se manifester. Espérons qu’elle ne sera pas trop brutale.

    Revenons l’extravageance de votre billet. Par exemple sur le point du recyclage des « matériaux radioactifs » : c’est le genre d’exagération que je ne tolère pas. Vous savez très bien sans doute que la radioactivité est un phénomène physique dont l’intensité va de la plus inoffensive roche granitique jusqu’aux transuraniens qui rayonnent tellement qu’ils se transmutent en quelques minutes. Des traces de radioactivité dans les matériaux de construction, il y en a toujours eu et moi, je fais confiance aux spécialites qui définissent les normes, pour que les matériaux composites réconstitués ne dépassent pas les niveaux largement sécuritaires.

    1. Je réserverais le terme « nihiliste » à ce qu’il désigne originellement. Je ne vois rien dans ce billet qui renvoie à Nietzsche, Netchaiev ou Pisarev.
      Quant à l’absurdité de tout ce système, elle semble d’une évidence qui crève les yeux, si bien que je ne comprends même plus l’ardeur avec lequel on s’évertue à le défendre : quête avide de la rentabilité et concurrence (acmé de la « rationalité » capitaliste). Résultats : compression des coûts, délocalisation, politiques fiscales « attractives ». Conséquences : baisse de la consommation, chômage, dette. Solutions envisagées : développement du crédit, nouvelle compression des salaires. Conséquences : etc…
      Le plus absurde est d’ailleurs actuellement en train de se produire : soit certains pays européens ne limitent pas leurs déficits budgétaires et alors il y aura crise. Soit ils pratiquent des politiques de rigueur démesurées, qui retarderont la croissance, et les plongeront dans la récession.
      C’est délicieux pour peu qu’on savoure A. Jarry !

    2. Ce n’est pas parce que vous êtes incapables de penser par vous-même (moi je fais confiance aux spécialistes !!! ahahahah) et que vous ne comprenez pas un texte, qu’il faut le qualifier de verbiage nihiliste.

      désolée mais vos arguments ne sont absolument pas convaincants. vous tapez sur les déficits de l’état sans mentionner les cadeaux aux copains (Dassault, Albert frère, Bolloré etc.), le bouclier fiscal, les cadeaux fiscaux aux entreprises ( ouah suis trop impressionnée par la création d’emploi), la privatisation des autoroutes, de la poste, de l’énergie, de Total….pfff, ça en fait du pognon qui rentre pas dans les caisses de l’Etat…

      Mon conseil: arrêtez de faire confiance aux spécialistes, dépolluez vous la tête et pensez par vous-même !

      Merci au batracien pour cet excellent texte (du pur bonheur !)

    3. Erreipg, il n’y a pas à dire, vous êtes complètement bien imbriqué dans le système.

      Ca fait plaisir à voir.

    4. @ Erreipg : vous dites : « Regarder plutôt le luxe somptuaire de l’appareil d’Etat,….. » vieille histoire non ? On a évoqué pendant des décennies le train « somptuaire » de la Cour sous Louis XVI, ce qui ainsi a justifié, avec d’autres arguments, la Révolution. Seulement voilà, le train somptuaire de la Cour c’était à peu près 5% du budget de l’État ! Mais les clichés ont la vie dure.

      Vous faites confiance aux « spécialistes » ! ah oui, ceux qui parlaient de l’amiante dans les années 70 étaient aussi des spécialistes, on connait la suite ….. Quant aux « spécialistes » du nuage de Tchernobyl, n’en parlons pas.

    5. Je n’ai besoin de personne pour savoir ce que je dois penser, mais j’ai besoin de tous pour construire ma pensée.

    6. Einstein disait un peu dans cette idée :

      « Nous sommes tous de grands ignorants, mais nous n’ignorons pas tous la même chose. »

  24. Bonjour
    Bonjour , j’habite un coin de terre excentré , sauvage et superbe , appelé nord Cotentin. Le climat y est rude , très Breton . Depuis une quarantaine d’année , un centre de stockage y est installé . On y retraite , mais surtout on y stocke tous les déchets engendrés par nos centrales nucléaires .
    Depuis des décennies , des rumeurs circulent : sous sols pollués , rejets toxiques au large , cancers …
    La com des autorités est extrêmement rassurante , il n’y a que quelques associations écolos qui de temps en temps nous envoient des signaux inquiets .
    Les gens d’ici ne sont pas totalement idiots , ils connaissent les risques , mais comme le nucléaire inonde la région de ses subventions ,et qu’il emploie pas mal de monde on accepte sans trop râler . On y est habitué.
    On est habitué au capitalisme , on sait qu’à moyen terme , il nous mène au gouffre , mais bon , on vit l’instant présent ,et puis c’est vrai que pour le moment on s’en sort encore . Et tous ces experts à la télé , à la radio , qui nous rassurent ( encore ce matin sur France inter ) .
    On vit dans l’illusion , j’aime beaucoup la critique de la rationalité , ce qui est rationnel pour moi , ce sont mes idées . Si j’ai les moyens de les imposer , alors elles deviennent rationnelles pour la société , il faudrait une bien grande catastrophe pour qu’advienne une nouvelle rationalité.
    En conclusion , attendons tranquillement la suite des évènements , continuez sur le blog de penser autrement , c’est une toute petite braise , mais elle pourrait bien allumer un incendie un jour ou l’autre .

    ps : la cravate , il me semble était autrefois un accessoire de l’élégance . Pourquoi est-elle devenue un attribut du pouvoir ?

  25. Bravo,

    Brillante démonstration effectuée à travers un texte puissant !

    Je suis convaincu que ce texte mis entre toutes les mains a le pouvoir de forger la pensée et de faire évoluer les niveaux de conscience !

    Oui les politiques nous enfument, oui la haute finance nous ravagent, oui la cupidité de cette poignée de malades égocentriques, égo-tiques et égoïstes est la source de la misère humaine et écologique.

    Avons-nous le pouvoir et la force de casser ce système pervers et de toute façon à bout de souffle ?

  26. Excellent !
    Billet conceptuel percutant dont les exemples sont tirés d’une actualité brûlante et dévastatrice.

    En quelques lignes, vos premiers paragraphes, vous déconstruisez avec une logique implacable
    le discours idéologique du capitalisme sur sa prétendue rationalité.

    Très importante cette distinction que vous opérez entre le rationalisme de son principe initial qui n’est qu’un choix (de société) et l’irrationalité du capitalisme comme phénomène global en tant que ce choix réduit tout à l' »économique » , faisant ainsi l’économie de tout ce que ce choix exclut.

    J’ajouterais tout de même, tout système en exclut forcément un autre possible, comme vous le rappelez d’ailleurs en disant qu’en amont du syllogisme il y a toujours un choix. Le problème ici est que ces choses exclues constituent l’essentiel : une vie bonne pour tous, des milieux naturels dont on prend soin.

    Autant dire qu’il faudrait un nouveau système où ne seraient plus exclues, ou tendrait à exclure, tout ce qui crée les conditions pour la vie bonne et, nécessairement, ce que cela implique de soins prodigués aux milieux naturels. Autant dire tout le contraire de la logique capitaliste.

    Cette critique de l’idéologie du capitalisme est plus que jamais nécessaire. Le discours justificateur du capitalisme est si bien diffusé dans le corps social qu’elle y est comme un gaz incolore et inodore dont on aurait oublié l’existence. Il importe que la multitude des citoyens se rende compte de la nature irrationnelle d’un système si on le considère d’un point de vue situé en dehors de son cadre, ce cadre intellectuel qui constitue une prison !

    1. Je trouve beaucoup de compliments dans les posts, qui tous font évidemment très plaisir, mais j’apprécie particulièrement le vôtre car je vous lis depuis longtemps, et vos interventions me laissent toujours admiratif.

      « Le discours justificateur du capitalisme est si bien diffusé dans le corps social qu’elle y est comme un gaz incolore et inodore dont on aurait oublié l’existence. » : c’est exactement ça, on « respire » littéralement le capitalisme, et c’est pourquoi l’on croit, sans même sans rendre compte, qu’il est « rationnel ».

    2. @Pierre-Yves et Crapaud Rouge
      Vous me permettez avec d’autres ici de poursuivre ma cure de désintoxication, ou mon désenvoutement de la sorcellerie capitalisme (et de plus, avec beaucoup de style , ce dont je suis incapable).
      Merci à vous.
      Cordialement

  27. L’irrationalité du capitalisme consiste en l’intention de transformer le chaos en ordre, objet de toute tentative de civilisation. On est au maximum du désordre entropique, les monades capitalistes poursuivant chacune leur propre objectif, mais le petit jeu de la concurrence, de la ‘compétitivité’, est censé établir l’équilibre (= l’ordre). On se demande par quelle opération du saint-esprit cela pourrait être réalisable. La ‘régulation’ des activités ne change rien à l’affaire: on canalise les excès (quand cela est possible… ce qui n’est pas le cas actuellement), mais on ne change rien à la contradiction initiale, celle d’un bouillon de culture d’où émergent à la fois le meilleur (l’invention) et le pire (le parasitisme), et où le pire l’emporte toujours. [On a une parfaite illustration de cet état de choses dans la récente nomination de Guy Drut au poste de superviseur des ‘jeux en ligne’: en quoi ces jeux participent-ils d’une projet de société présentant un intérêt pour la collectivité? Ce serait plutôt du raclage de fond de tiroir: laissez venir à nous vos petites pépètes, et les vaches seront bien gardées. Le problème est que celles-ci seront mourantes, faute du fourrage dont on aura transformé l’utilité en ‘paris’…].

    C’est donc la charrue avant les boeufs. La grande erreur se situe là. L’aboutissement du processus prétendument rationnel, c’est l’explosion, pas l’équilibre, résultante d’une implacable fuite en avant, car il faut tout faire pour capter la plus-value dont ne disposeront pas les autres. Cela a donné l’impression de marcher tant que le schéma de Ponzi s’amplifiait sans être visible. Mais l’écroulement de ce modèle fait ressortir toute l’inanité des principes sur lesquels il s’appuie. Nous sommes bien à la fin du processus.

    Il ne fait aucun doute à mes yeux que les intentions des premiers économistes politiques (Smith, les Physiocrates, Ricardo) étaient bonnes. Mais c’était avant Carnot et le 2ème théorème de la thermodynamique, qui a démontré l’impossibilité pratique du système tel que conçu à l’origine.

    1. Total accord avec votre post. A propos de :« le petit jeu de la concurrence, de la ‘compétitivité’, est censé établir l’équilibre (= l’ordre) » , on peut ajouter que la recherche de tout « équilibre » est foncièrement contradictoire avec le « dynamisme » promis par les thuriféraires du système, car toute dynamique dans un système résulte des déséquilibres qui en sont la cause…

  28. EXTERNALITéS???

    Folie du CA(n)PIT(b)ALISM’
    qui nous enferme dans son « UTILITARISME » et sa « RATIONALITé » morbides.

    Seulement , la finitude de la planête fait que le « breaking point » approche dangereusement, et on peut même le cerner:

    QUAND LES PERTES MARGINALES DéPASSERONT LES éCONOMIES D’éCHELLE;
    QUAND LE NOMBRE D’EXCLUS DéBORDERA CELUI DES INCLUS; ETC…
    la liste s’allonge…

  29. Puisque l’on vit depuis des siècles en régime politique organisé par le capitalisme et établi par l’illusion de la légimité démocratique, que l’ idéologie de la démocratie n’est que la liberté dictatoriale du marché qui a cessé d’être tempéré par les droits de l’homme spectateur, la religion du capital s’est imposée à l’inconscient de tous qui tournent en rond dans la nuit et se perdent dans le labyrinthe.

    Lautréamont a de longue date établi que : les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.

  30. Rationalité du capitalisme

    Ma conviction est que notre société s’est déshumanisée, en fait les états sont comme les humains, ils cherchent à montrer qu’ils sont plus forts que le voisin.

    Plusieurs moyens de montrer sa force, la guerre mais nous sommes civilisés désormais, le sport, l’espace, la culture, la langue et aussi les entreprises qui sont une forme de vitrine que l’on montre.

    Les états sont donc attentifs à leurs champions nationaux, en 1968 à l’avènement du marché commun, terreur des technocrates français, nous n’avions pas de champions nationaux, pas grave on va les aider, taux d’imposition plus bas que les autres PME, avantages de tous ordres, tout est bon pour nos champions nationaux…

    Je pourrais bien évidemment développer cette aide apportée à la constitution de nos champions, il est donc normal aujourd’hui de sauver nos champions nationaux plutôt que les êtres qui composent les états.

    Nous sommes dans une guerre du paraître des états, la communauté européenne avait sans doute au départ l’envie de rivaliser avec les USA, juste cela qui était important, on a agrandi la CEE pour la porter à 27 membres, pas la peine de créer une structure commune, le but était de montrer une puissance…

    A côté de cela l’Allemagne qui a perdu la guerre, ils ne sont axés que sur cette perte de confiance en eux, seule revanche, leurs entreprises nationales, le sport aussi, la culture ils essayent, bref dans l’europe ils veulent être l’état le plus fort…

    A travers cette explication succinte du monde économique, dire que le capitalisme est un moyen pas une règle et un système, si je parle ainsi c’est que de cette recherche des causes de la crise actuelle, qui perdure depuis bien longtemps dès que la guerre ne fut plus le moyen de montrer sa force, apparâit des solutions.

    L’Europe avait pour but d’être plus gros que le boeuf US, doit on garder l’Europe pour montrer cette force alors que maintenant la chine est 4 fois plus peuplée !!!

    Doit on encore protéger nos champions nationaux alors que la chine avec son marché FERME de plus de 1 milliard d’habitants va en quelques années détrôner toutes nos grandes entreprises.

    Doit-on encore protéger nos champions nationaux bancaires alors que là aussi le capital est disséminé et nos champions ne sont plus français que de nom…

    Si on répond à ces questions, bien évidemment notre guerre de l’égo des états montre que l’avènement de la Chine et demain de l’Inde montre que ce concept est désormais caduque…

    Sans doute en cela que la réflexion peut-être intéressante, fondamentalement l’aide à nos champions nationaux a montré ses limites, il faut accepter cela et revenir à la priorité de l’homme et des habitants des états…

    Ce faisant notre président à montrer son choix, il supprime les avantages accordés aux Pme, il privilégie les champions nationaux, bref si ma réflexion est correcte, il n’a rien compris à la crise actuelle et se faisant les décisions qu’il prend sont par définition toujours à contre courant de ce qu’il faudrait faire…

    En m’exprimant ainsi, ma démarche est d’aller au delà des apparences, il est vrai que les salaires ont faiblement augmentés mais je suis convaincu que les impôts que versent les grandes entreprises ont bien plus baissé, à cause justement des différentiels de concurrence, ce faisant les états ont eu des rentrées fiscales provenant des champions nationaux qui se sont réduits, les déficits ont alors augmenté, c’est je pense ce qui a pesé sur les revenus des ménages car le principe des vases communicants veut que ce qui n’est plus payé par les grandes entreprises l’est par les habitants…

    Bref ce que vous appelez la crise du capitalisme est cet abandon de l’individu au profit de la grande entreprise, renversez ce dogme et alors vous trouverez des solutions, en d’autres termes ce ne sont pas les individus qui doivent se serrer la ceinture mais les grandes entreprises qui doivent assumer leurs erreurs de gestion.

    Il est patent que les états sont sur-endettés depuis 30 ans, leur gestion n’est plus celle d’un bon père de famille qui dépense ce qu’il a, les banquiers ont prêté en toute conscience, n’est ce pas ce que dit Goldman pour expliquer qu’il a vendu des Actifs pourris, allons jusqu’au fond de la démarche, ils ont pris des risques, ils assument et gardons nos 700 milliards pour monter de nouvelles banques qui assureront le remplacement des banques en faillite.

    Il est sans doute vrai que le bilan de la BNP est supérieur au PIB de la France mais sincèrement qu’est ce qu’il y a la dedans, est il normal qu’une banque puisse être plus riche qu’un état…

  31. Le tout est de savoir si l’on attend passivement qu’il nous exclue ou si nous claquons la porte nous mêmes . J’ai exposé plusieurs fois comment , avec nos voisins, nous sommes sortis du monde capitaliste sans lui donner la moindre prise .

  32. Rêvons d’un retour à une vie précaire, chantant tous unis autour d’un feu de bois, casse-croûte saucisson sec pour les plus riches et soupe aux choux pour les plus pauvres. Nous irions faucher la jungle à la recherche d’une eau de source potable, femmes et enfants vêtus de lierre fraîchement sabré, les hommes de peaux de bêtes dégageant encore l’odeur du fauve fraîchement chassé pour le repas du lendemain ….

    Plus de sécu, plus de factures EDF, de plus de retraites, plus de Minc ni de Touati .. seulement un clair de lune nous caressant d »une nature si généreuse, et nous tous chantant les cantiques d’une vie , d’une vraie vie enfin retrouvée ..

    PS: Enfin pour finir, avez-vous pensé à faire votre déclaration d’impôt sur le revenu 2009 ?

  33. Bon article.

    Il me semble toutefois que cette idée de rationalité est un peu injustement malmenée. La rationalité, c’est un concept absolu, et complexe. La « rationalité capitaliste » ne l’est pas, et n’est donc pas rationnelle.

    Quand tu écris  » Il va sans dire qu’il est « rationnel » vu par lui-même. Le profit étant considéré comme chose rationnelle, « faire des profits » est rationnel, « réduire les coûts » est rationnel, « faire pression sur la sous-traitance » est rationnel, « licencier » est rationnel », « diminuer les salaires » est rationnel, « automatiser » est rationnel, « fusionner » est rationnel, « délocaliser » est rationnel, « restructurer » est rationnel, « les normes comptables » sont rationnelles, les « techniques de vente » sont rationnelles, etc. etc. ad libitum. »

    Certes. Mais ce n’est pas de la rationalité, ce que tu décris. La véritable rationalité est bien plus jusqu’au boutiste. Je prends un seul exemple très simple dans ta liste, les licenciements. Un raisonnement vraiment rationnel ne s’arrêterait pas là. Les licenciés deviendront invariablement des non-consommateurs, ce qui aura une répercussion sur l’économie, et potentiellement sur les bénéfices du « licencieur » à moyen ou à long terme. Il y a tant de facteurs qui rentrent en jeu dans ce calcul de rentabilité qu’en fait, une prévision à moyen ou long terme est rationnellement impossible. L’entreprise qui licencie n’a pas a sa disposition l’ensemble des variantes qui pourront influer sur sa rentabilité. La « rationalité » capitaliste se situe invariablement à très court terme, parce que dans le climat opaque et méfiant qu’elle suscite, le labyrinthe dont tu parles, personne ne peut avoir accès à l’ensemble des « données » de l’équation avec transparence. Et c’est parce que les décideurs de ce monde raisonnent par trimestre qu’ils ne voient pas arriver l’iceberg.

    En fait, je crois que ce que j’essaye de faire ici, c’est de défendre le principe de rationalité. Mais de la rationalité absolue. La rationalité est absolue, ou n’est pas. Si on l’observe d’un point de vue absolument rationnel, le système capitaliste, et le principe même du profit, ne sont pas des systèmes viables. Si plus d’entre nous employaient le raisonnement de la méthode scientifique pour résoudre les problèmes face auxquels nous nous trouvons, plutôt que de s’appuyer sur des idéologies rigides ou des préconceptions culturels, je crois que nous n’en serions pas là où nous nous trouvons aujourd’hui : face au minotaure.

    1. @PKD: je suis d’accord avec votre post qui ne contredit pas vraiment ma position. Sauf que vous essayez « de défendre le principe de rationalité. Mais de la rationalité absolue. La rationalité est absolue, ou n’est pas. : cette rationalité absolue n’existe même pas sur le papier car vous êtes bien obligé de choisir les termes que vous mettez en relation pour conclure à leur rationalité ou non rationalité. Pour que la « rationalité absolue » soit possible, il faudrait faire des choix eux-mêmes d’une rationalité absolue. Or, les choix sont arbitraires par définition. N’est donc possible qu’une rationalité relative.

    2. Encore une fois, je suis d’accord dans une certaine mesure, et effectivement, nous semblons nous rejoindre sur l’essentiel. Peut-être devrais-je reformuler. La rationalité DEVRAIT tendre vers l’absolu. Or, dans le cas « capitaliste », elle en est loin. Elle s’assume comme arbitraire, tout en jouant la carte de la rationalité absolue (le profit comme seul et unique objectif), et elle use de ce joker pour s’auto-justifier.

      C’est à quelque chose près ce que tu dis dans ton article. Après, je crois aussi qu’il faut dénoncer cela pour ce que c’est. Une forme dégénérée de rationalité volontairement minimaliste, et non pas une expression de la rationalité en tant que tel, c’est à dire tendant vers l’objectif, et la bonne foi. L’aspect temporel des choses me parait important. La « logique » du capitalisme est éronnée dans le sens ou c’est un système suicidaire à long terme. Pour prendre un cas extrême comme l’environnement, des entreprises comme Monsanto n’hésitent pas à compromettre des éco-systèmes entiers, mettant ainsi en péril la survie physique de leurs clients et de leurs descendants, toujours dans cette logique à court terme du profit. Parler de rationalité dans ce cas précis me parait être une hérésie, puisque nous sommes face à un système qui ne se soucie pas de sa propre préservation (qui passe pourtant théoriquement par la notre). Cela n’est pas de la rationalité, c’est de la folie.

  34. Le problème par le petit bout de la lorgnette.
    Dépenses de sante par habitant …
    France 4719 $
    Benin 38 $ /pour le Benin ,c’est pas grave.
    Population mondiale -)6863381220…
    Si on indexe les dépenses mondiales sur la France -)6,8 fois 4719 $= 32386 milliards de dollards.
    Que faut il faire ? déshabiller Paul pour donner à Jacques?
    Gouvernance mondiale ?

    1. « Gouvernance mondiale ? »

      Oui !

      Il existe le SMIC en France. Impossible d’un coup d’imposer le SMIC français aux autres pays qui ne seraient alors plus du tout compétitifs et avec des entreprises qui font faillite à répétition.

      Mais si on faisait un SMAX, un salaire maximum au niveau mondial, déjà il y aurait beaucoup de richesse à redistribuer. Et le fait que le SMAX soit au niveau mondial empêcherait aux personnes concernées d’aller se réfugier dans d’autres pays pour gagner plus ou payer moins d’impôts…

    2. Attention, quand je parle de SMAX, je ne parle pas de 2000€, mais plutôt de quelque chose comme 70000 € par mois tout compris, pour commencer. Personne ne mérite de gagner 100 fois plus que le salaire moyen, quoi qu’il fasse, et quelque soient ses compétences…

  35. Question que je me pose . Qu’est ce que la rationalité ?

    Je dispose d’une définition disant que cela recouvre tout ce qui peut être énoncé. Je peux poser la question ci-dessus, elle est rationnelle.

    Je dispose d’une définition disant que c’est la faculté d’ordonner rigoureusement des propositions logiques. Tout homme est mortel. Or je suis un homme. Donc je suis mortel.

    Je dispose d’une définition disant que c’est la possibilité de prendre une décision défendable rigoureusement à l’aide des informations dont je dispose. Une des difficultés de cette rationalité est que l’information doit être complète sans quoi la rigueur dans un cas devient délire pour le voisin. Konrad Lorentz s’est retrouvé à marcher comme un canard pour tester ses idées en éthologie. Les canetons étaient invisibles à des observateurs présents. Ces derniers se sont posés de très fortes questions sur la santé mentale de Lorentz. Une autre difficulté de cette rationalité est que si elle s’exprime dans un modèle (mathématique) vous saurez quelles sont les informations nécessaires pour vous décider. Mais à ce moment vient le mot « externalités » qui recouvre pour moi toutes les socialisations des pertes et toutes les pollutions. Il y a aussi ce suicide du système par titrisation ou les paris spéculatifs. Cette dernière rationalité a encore bien d’autres problèmes.

    Alors je pose la question suivante : Qu’est ce que la rationalité ?

    1. Tout homme est mortel. Or je suis un homme. Donc je suis mortel.

      Je suis un homme, fils de Dieu, je peux ressusciter.

      Qu’est que que la rationalité ?

      La fille ou la mère du mensonge ?

    2. On ne vit pas pas dans un monde rationnel mais conventionnel,d’une certaine façon heureusement.

    3. Bonne interrogation, DidierF.
      Dans le même courant de pensée, essayer de me définir la « normalité »…. 😉

      En école d’ingénieur, (ou en tout cas celle que j’ai fréquenté mais d’après mes échos, cela semble général) on nous apprend à « sortir du cadre ».
      Soit, vivre une déstabilisation complète afin de gouter l’absence de réflexion cohérente.
      Et je vous prie de croire que la première fois, ça décoiffe. Mais est très utile pour trouver des solutions « originale » sans être bloqué dans des à-priori.

      Et après on s’étonne qu’il y ait une forte proportion d’ingénieurs dans les groupes terroristes… 🙂
      Tous fous !
      Mais révoltés.

    4. Marlowe,

      Vous posez la question du modèle. Le cadre dans lequel vous faites le raisonnement change la rationalité au sens du cadre du modèle. Ce qui est folie pour l’un est rationnel pour l’autre. Bonjour les conflits !

      Piotr,

      Le monde vendu par le libéralisme, le capitalisme, les financiers, les banquiers etc… se pose rationnel et même scientifique. En plus, il s’est imposé et a triomphé dans notre civilisation. Nous ne ferons par l’économie de la question.

    5. J’ajoute encore que dans notre monde nous avons tous l’injonction d’être comme des Robinsons sur leur île. Un mot dit « Aucun homme n’est une île ». Dans notre monde, tel que je le comprends. Chaque homme doit être une île, sinon tout le système s’effondre. Il ne marche pas. Être une île est rationnel et c’est faux selon ma vision du monde.

    6. @DidierF: je ne m’aventurerai sûrement pas à répondre précisément à votre question, Paul a écrit tout un livre sur le sujet, « Comment la vérité et la réalité furent inventées » , et, malgré son érudition, je ne pense qu’il a épuisé le sujet.

      Mais une phrase de votre post m’a fait tilter : « Une des difficultés de cette rationalité est que l’information doit être complète sans quoi la rigueur dans un cas devient délire pour le voisin. » : à mon avis, c’est un préjugé. Quand on dit : « Socrate est un homme » , on ne sait rien de Socrate, (sinon qu’il est « un homme »), et rien sur ce qu’est un homme. L’information est donc très, très incomplète. Ce qui n’empêche pas que cette assertion débute le syllogisme qui sert depuis des siècles de modèle à ce qu’on appelle un raisonnement rationnel. Le propre du rationalisme est de raisonner juste en faisant abstraction de certaines informations et en sélectionnant celles qui sont pertinentes pour le raisonnement.

    7. Crapaud Rouge,

      Je crains que non. Une des formes de la rationalité est de former des raisonnements cohérents. Cela ne signifie pas du tout qu’ils correspondent à la réalité. Un bel exemple est donné par les canaux martiens.

      C’était le résultat d’une observation faite au télescope. Des lignes droites apparaissaient sur Mars. Or les lignes droites que nous connaissons sont toutes d’origine artificielle. Donc des êtres intelligents ont construit des ouvrages artificiels. Un autre raisonnement a donné que ces lignes droites étaient des canaux.

      Dommage que c’est faux. Il y eu une observation. Cette observation était vraie. Plus tard, il a été démontré que des points posés au hasard sur un tableau et observés d’assez loin sont réunis en lignes par l’observateur.

      Maintenant, je vous souhaite bien du plaisir si vous voulez défendre l’existence des canaux martiens. Vous pourriez être traité de fou.

      Une affirmation vraie dans un cadre est devenue folie dans un autre.

      Je peux imaginer d’autres exemples de cet acabit. Est ce que les marchés financiers sont efficients ? Faut-il interdire les paris spéculatifs ? Est ce que l’argent et les dettes sont équivalentes ? Marlowe a écrit ci dessus « Je suis un homme, fils de Dieu, je peux ressusciter. » Est-il fou ou sage ? Est ce qu’un individu isolé peut prendre conscience du réchauffement climatique ? Est ce que la liquidité sur un marché est une bonne chose ? Est ce qu’un algorithme décrit correctement le comportement d’une foule ? Que valent les simulations de la formation du système solaire ? Finalement comme le demande Yvan, qu’est ce que la normalité ? Je ne le sais pas plus que lui.

      Je n’ai pas non plus la réponse à ma question. J’ai essayé de lire le livre que vous citez et n’ai pas pu dépasser le chapitre 1 auquel je confesse n’avoir rien compris. Je pense que malheureusement ou non la réalité s’invente. Deux inventeurs qui ne se parlent pas vont inventer deux choses différentes. Allez voir les échanges d’aménités qui franchissent le mur de la modération sur le net !

      Si ma phrase est un préjugé, j’ai quelques raisons de le garder. Il est possible de raisonner juste et de sélectionner les phrases pertinentes pour le raisonnement tout en délirant. Mon préféré dans ce domaine est une explication du massacre commis par les Khmers Rouges au Cambodge. Leurs raisonnements étaient aussi rigoureux que le délire que j’y vois.

    8. @DidierF : je vois bien ce que vous voulez dire, et c’est tout à fait pertinent. Mais permettez que je revienne à votre assertion que je conteste: « Une des difficultés de cette rationalité est que l’information doit être complète sans quoi la rigueur dans un cas devient délire pour le voisin. » Vous y parliez d’information, pas de cadre. Pour moi, la nuance est de taille, ça change tout. Voici un exemple : les lois basiques de la chimie peuvent faire abstraction d’une foultitude de propriétés des atomes et des molécules et elles sont rationnelles, les équations conforment aux résultats expérimentaux. Ce cadre basique est donc suffisant, malgré l’information très réduite qu’il contient.

      Et si vous avez raison de dire qu’ « Une affirmation vraie dans un cadre est devenue folie dans un autre. », c’est parce que la définition du cadre pose elle-même problème dans les cas complexes, par exemple en économie. Mais il n’empêche que, dans un cadre donné, ce n’est pas un défaut d’information qui est cause d’irrationalité. Elargir le cadre conduit à intégrer plus d’informations, mais c’est l’élargissement du cadre qui permet de raisonner autrement, non le surcroît d’informations.

    9. Avec « Je dispose d’une définition disant que c’est la possibilité de prendre une décision défendable rigoureusement à l’aide des informations dont je dispose. Une des difficultés de cette rationalité est que l’information doit être complète sans quoi la rigueur dans un cas devient délire pour le voisin. »

      Le mot clé est « prendre une décision défendable rigoureusement à l’aide des informations dont je dispose » ou en plus court « prendre une décision défendable ».

      Le chimiste ne décide pas des propriétés des atomes et des molécules qui l’occupent. La rationalité à laquelle je fais référence est celle d’une prise de décision. Si une information manque pour justifier une décision par un raisonnement aussi serré que possible (je pense ici à la démonstration de la culpabilité d’un individu), elle n’est pas rationnelle. Si vous jugez qu’elle l’est quand même, je peux vous accuser du meurtre de Louis XIV, notoirement mort dans son lit.

  36. Avez-vous remarqué l’étrangeté du vocabulaire des capitalistes libéraux?

    D’un côté, la rationalité dont nous parle notre batracien ci-présent. De l’autre les notions de croyance ou de confiance, au cœur de l’activité financière. Tout ceci décrit un même objet. Formidable confusion des genres, le capitalisme libéral est à la fois le tout et son contraire, tantôt rationnel et subjectif, ou alors croyant et objectif… On finirait par en perdre son latin.

    C’est de cette construction viciée dès ses prémisses les plus essentielles que le capitalisme libéral tire sa force, car pour être contesté de manière efficace, il est nécessaire de déconstruire chacune de ses propositions pour en faire apparaître les fondations branlantes.

    On finit alors par se demander si le moyen le plus efficace de voir cette idéologie s’écrouler n’est pas de simplement la laisser s’exprimer pleinement, ce qui serait probablement vrai si les effets produits n’étaient si délétères. Dans tous les cas, la conclusion ne fait aucun doute, c’est en fait la manière d’y aboutir qui importe.

    1. Merci Dissonance !

      « il est nécessaire de déconstruire chacune de ses propositions pour en faire apparaître les fondations branlantes. » : oui, et ce sera très long, car ses propositions se tiennent les unes les autres. Sans compter qu’il n’est pas seulement un discours « viciée dès ses prémisses », mais aussi une réalité solidement établie et de laquelle nous dépendons. J’y pense chaque fois que je me fais un café arabica…

  37. Ce billet rejoint une réflexion que je me faisais depuis longtemps : les Peuples Premiers étaient bien plus « rationnels » que nous, puisqu’ils avaient placé au centre de leurs pratiques (y compris sacrées) la préservation de ce qui leur fournissait leurs ressources quotidiennes en nourriture, habitat et soins : la nature, la forêt.

    Mais cette réflexion en appelle une autre : leur système marche très bien pour de petites communautés. Le défi est tout autre pour des sociétés comptant des millions d’individus. Et nous nous révélons tellement incapables de mettre en place une vraie solution que j’aurais tendance à penser qu’il n’en existe peut-être pas. Mais j’admets bien volontiers aussi que ce n’est pas en perdant tout espoir qu’on fera avancer le schmilblick… ^^

    1. C’est pourquoi il faut revenir au fonctionnement en micro-sociétés sans compte en banque le temps que ce système se grippe, mais sans se couper des structures de la nation en vue du moment , plus ou moins éloigné, où le système inhumain en place aura implosé et où nous serons en mesure d’ en établir un autre basé sur l’humain et son environnement .

      Il n’y a rien à attendre du vote tant que des partis aux financements obscurs et les médias aux ordres ont confisqué la parole au peuple.

    2. Discuter de la rationalité du capitalisme, c’est un peu se demander, avec gravité, s’il constitue un idéal politique : évidemment non.

      Pour autant, si ce système de destruction/oppression ne peut évidemment revendiquer aucune rationalité d’essence supérieure, ceux qui en ont bénéficié au fil des siècles, ont eu devant les yeux le spectacle de la misère et de la souffrance, les insultes faites à la nature étaient-ils dépourvus de rationalité ? C’est peut-être sur ce point que l’on peut discuter l’irrationnalité du capitalisme, ou encore son immoralité.
      Car le capitalisme est un pilleur naturel de ressources (humaines et naturelles) et ce n’est sûrement pas un hasard s’il s’est aussi toujours désintéressé de l’expansion démographique extravagante des humains / consommateurs-producteurs-exploités.

      Nonobstant, je crois hélas que la conjonction de l’épuisement des ressources, de la démographie et de l’informatique (par ses vertigineux effets accélérateurs) nous ont fait atteindre le .point de non-retour.

    3. Bien d’accord avec votre réflexion.

      A cela j’ajouterais que je pense que l’on ne s’en sortira collectivement (la seule solution) que si on explique encore et encore quelles sont les forces dominantes en présence et sans tabou. C’est pourquoi on ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion néo maltusienne car nous sommes tous partie du problème et de la solution. Ne pas s’en préocuper c’est tout sauf rationnel, sauf bien sûr si on considère comme légitime le pillage et la loi du plus fort dans un contexte de pénurie, ou que l’on considère la cannibalisation (au propre comme au figuré) comme un potentiel de croissance.

      Procédons dans l’ordre, commençons par nous poser la question la rationnalité d’une croissance exponentielle dans un espace fini. Confrontons chacun de nous à sa part de responsabilité pour que l’Humanité ne se révèle pas n’être qu’une grosse blague. Nous avons encore la chance de prouver que nous sommes civilisés. Saisissons-là. Ne laissons pas nos instincts primaires (l’irrationnel) gagner ou alors nous aurons perdu.

      Comme le dit très bien Albert Bartlet (un des derniers sages) « La plus grande faiblesse de la race humaine vient de son incapacité à comprendre la fonction exponentielle.»

      The Limits to Growth- is the prediction of 1972 going to happen?
      http://www.youtube.com/watch?v=kIQvBYOtgMg

    4. @Isabelle : « les Peuples Premiers étaient bien plus « rationnels » que nous, puisqu’ils avaient placé au centre de leurs pratiques (y compris sacrées) la préservation de ce qui leur fournissait leurs ressources quotidiennes en nourriture, habitat et soins : la nature, la forêt. » : vous pensez exactement comme moi ! Mais ce n’était pas vrai de tous, malheureusement. Lire à ce sujet L’homme, ce fléau planétaire, sur Article11. J’imagine que c’était vrai pour les aborigènes d’Amérique et d’Australie qui avaient conscience que l’espèce humaine n’était qu’une espèce parmi d’autres, que chacune devait se nourrir des autres, etc. Ils ne s’accordaient aucune supériorité « naturelle » et la nature était pour eux un paradis, pas un bagne.

  38. L’opposition de certains Etats à la volonté de la Commission européenne de contrôler leur budget peut être lue à la lumière de l’opposition entre « gouvernance » et gouvernement.

    Rappelons l’origine de « gouvernance » : « corporate governance » qui traduit un tournant dans la gestion des entreprises , consistant en la prise de pouvoir des actionnaires sur les industriels, sommés, sous la menace de perdre leurs bonus, de les protéger et de les enrichir, sur le dos des travailleurs.

    En ce sens-là, la Commission ne fait rien d’autres que de la « gouvernance » macro-économique, sommée qu’elle est, par les marchés, de faire appliquer par les Etats, sous peine de sanctions diverses, des plans d’austérité et de rigueur drastiques, sur le dos des peuples, et ce, dans le seul but, sous le couvert hypocrite de restauration d’un Pacte de stabilité dépassé (et qu’il est donc aberrant de vouloir maintenir, en l’état, à n’importe quel prix), de protéger les prêteurs (et même peut-être plus : d’enrichir les spéculateurs, qui sait ?) et donc de pas avoir à devoir activer son Plan de sauvetage, notoirement insuffisant.

    Les Etats, opposés à la volonté de la Commission, veulent eux promouvoir le gouvernement (soit faire de la vraie politique), sans avoir néanmoins le courage de le proclamer haut et fort, tant cette calamiteuse « gouvernance » a imprégné tous les esprits de son poison (même ici, sur ce blog).

    Et cette opposition est totalement justifiée : un budget, ce n’est pas que des chiffres ; derrière tous les chiffre il y a des décisions substantielles et substantives visant l’ensemble du vouloir vivre-ensemble de toute une société ; pour un Parlement, discuter et voter une loi budgétaire constitue son action annuelle la plus importante. De ces décisions NATIONALES, l’UE ne veut strictement rien entendre, et c’est bien « normal », puisque, que je sache, il n’y a toujours pas de politique européenne commune en matières de sécurité sociale, de chômage, de pension, d’emploi, de fiscalité etc… : vouloir donc, comme le demandent certains, une gouvernance économique européenne, c’est, encore une fois, mettre la charrue avant les bœufs.

    Et c’est maintenant que je peux revenir au sujet du billet : la rationalité est un dévoiement de la raison, historiquement daté (cf. Descartes (« L’homme comme maître et possesseur de la nature », Leibniz (« Cum Deus calculat fit mundus ») et quelques autres. C’est la raison entendue comme rationalisation et la rationalisation entendue comme quantification. Il me faudrait du temps et beaucoup d’efforts pour développer cette idée. Pour illustrer simplement ce que j’essaye de dire, prenons justement l’exemple de la Commission européenne : le nez uniquement plongé dans ses chiffres (pas plus de 3% de déficit budgétaire, pas de dette supérieure à 60 % du PIB, + quelques autres chiffres portant sur les taux obligataires) elle n’a en vue que la quantité, que ce qui peut être compté, sans aucune considération de qualité, de ce qui compte (autrement dit sans aucune considération de valeurs substantives et substantielles). La « gouvernance » (la technique) qu’elle tente de nous imposer, est à la rationalité ce que le gouvernement (la politique) est à la raison que certains Etats essayent, vaille que vaille, de garder, comme on dit « garder raison »).

    1. Rien à rajouter. Il y a deux mots que je ne peux plus voir écrit sans en être profondément agacé, tant il n’ont rien à faire en politique, voire même en gestion d’entreprise (si l’on se place sur un moyen ou long-terme bien évidemment) : management et gouvernance. Ils illustrent parfaitement l’absurdité rationnelle de la forme de capitalisme que nous vivons…

  39. @Crapaud Rouge

    Sans commenter sur le fond, je regrette un peu que vous mettiez ainsi en exergue des citations de commentateurs du blog. De l’extérieur, je ne vois pas de trace de leur assentiment, ni de réponse de leur part (peut-être sont-ils tout simplement absents).

  40. Excellente analyse et très bon exposé de ce que je qualifie de « système », d’habitude.

    Monsieur Jorion avait bien dit dans la dernière vidéo qu’à nous tous, avec nos bouts de vérité, nous détenions une vision globale assez fiable.

    Une légère alerte info, car les politiques continuent à préparer le terrain :
    Monsieur Trichet vient de reconnaître que nous étions dans la pire crise économique depuis la 2eme guerre mondiale, VOIRE LA PREMIERE…
    Y-aurait-il du 1929 dans l’air…???
    Nous serions surpris, non..???

    Et j’ai une pensée émue pour une ministre des finances qui nous a annoncé que la crise était finie.
    A se demander si ça n’aurait pas été pire si elle ne l’avait pas dit…

    1. Dans le même ordre, l’Elysée avait proclamé la fin de la récession à moins d’événéments nouveaux…

    1. Ah, ça fait du bien d’entendre un économiste qui dénonce les paradis fiscaux. Par contre, il ne dit pas comment lutter contre ces paradis fiscaux. Toujours pas question d’une gouvernance mondiale régulant les marchés et interdisant les paradis fiscaux.

      Je ne désespère pas, cela a déjà été dit. Mais c’est le moment, maintenant que le monde est au bord du gouffre, d’insister sur ce besoin impératif d’une régulation mondiale.

    2. Avec l’accent canadien, c’est génial ! (Mais pourquoi prête-t-il à rire, cet accent ?)

      Que les grandes compagnies fassent toujours plus de bénef et paient toujours moins d’impôts n’est pas une nouveauté, mais ce sujet est exemplaire du labyrinthe du capitalisme. En effet, la collecte des impôts des entreprises pose le problème des méthodes, et pour lequel suricat a sûrement une solution, mais qui est sans solution. La raison en est que, les impôts venant s’inscrire en diminution des profits, les entreprises les comptent comme des coûts, donc les répercutent sur les prix de vente, donc suscitent une tendance inflationniste. Et tout ce que l’état pourrait faire avec plus d’impôts lui coûte plus cher. A l’inverse, s’il diminue les impôts sur les entreprises, elles ne vont pas compter ça comme une diminution des coûts, mais comme une augmentation des profits.

    3. @Crapaud Rouge :

      Effectivement, l’impôt est un coût pour l’entreprise, mais un coût nécessaire, comme celui des achats de matériel. Ce qui limite le prix des produits est la concurrence. Si les concurrents font des produits d’aussi bonne qualité, mais moins cher, ils grignoteront des parts de marché.

      La concurrence limite donc l’inflation des prix. Et les concurrents eux aussi doivent payer l’impôt.

      Le gros problème est la distorsion de concurrence qu’il peut y avoir entre des entreprises qui sont dans des pays où l’impôt est différent, lorsque le marché des entreprises est international.

      C’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à une concurrence fiscale entre les pays. L’Irlande face à la crise préfère par exemple baisser les salaires des fonctionnaires de 10% que d’augmenter les minuscules impôts sur le bénéfice des sociétés qui ont permis de procurer à l’Irlande une croissance insolente ces dernières années en attirant toujours plus d’entreprises (exemple : Google).

      Il ne faut pas tout remettre en question, mais tenter de limiter la concurrence fiscale entre les pays, qui empêche la juste redistribution des richesses.

  41. Le Crapaud Rouge, excellent dialecticien, nous a pondu là une analyse remarquable, connu déjà néanmoins, du capitalisme et du concept de rationalié qui l’anime. C’est oeuvre de salubrité publique. Cependant il manque la suite: une rupture peut-elle se produire ? Comment ? Considère t-il nécessaire une acftion collective ? Ou bien concoit-il l’ordre social comme l’odre de Bergson ?

    1. « une analyse remarquable, connu déjà néanmoins » : oui, dans le fond elle n’apporte rien de nouveau. Mon « analyse remarquable » ne l’est donc pas tant que ça, – merci quand même pour le compliment 🙂 -, puisque plusieurs internautes l’ont rattachée avec raison à la notion bien connue d’externalité(s). Mais c’est une chose de dénoncer les incohérences ou absurdités du capitalisme, c’en est une autre de prendre conscience, qu’en dépit de ses défauts bien connus, l’on continue implicitement à le considérer comme rationnel. Cette croyance est le pendant de celle de Marchais déclarant que le système soviétique est « globalement positif ».

  42. Merci Crapaud Rouge pour ce texte éclairant (et revigorant!).

    En nous amenant à regarder le labyrinthe par au-dessus, vous nous aidez beaucoup à comprendre les choses.
    Cela me fait penser à cette réflexion de je ne sais plus quel astronaute, qui affirmait que si les dirigeants des grandes puissances pouvaient un jour voir, comme lui, notre petite Terre à travers un hublot (en vrai, pas en photo ou en film), leurs visées politiques en seraient bouleversées dans la seconde.

    En citant Wittgenstein (« Dans un monde où tout est bleu, le bleu n’existe pas. »), vous pointez parfaitement votre sujet. Dans un monde où tout est bleu, le bleu ne se discute plus.
    A force de nous amener à penser que tout est économique, les raisons de l' »économique » ne se discutent plus. Elles deviennent naturelles. Et il est alors « naturel » qu’une Commission supérieure contrôle et dirige l’ensemble de l’économie, et partant, l’ensemble de la vie de millions d’hommes.
    Et il devient surtout « naturel » que toutes les décisions concernant la vie des hommes (la politique au sens large), soit prisent sur la base de critères économiques. Tout ce qui n’entre pas dans le cadre que vous avez défini par « faire des profits / réduire les coûts » sera abandonné « naturellement ».

    La rationalité économique est peu à peu devenu la clé de l’ensemble des activités humaines.
    J’assiste depuis très longtemps aux Conseils Municipaux des différentes villes ou j’ai pu habiter. Je suis toujours étonné de constater que les projets qui s’appuient sur l’humain (bonnes volontés, sens civique, entraide, etc.) sont rejetés avec des sourires de compassions pour celui qui aura eu la naïveté de les soumettre à proposition. Par contre les projets bien ficelés « économiquement » seront votés sans mal, même s’ils sont inutiles ou s’ils se font à crédit …et donc même si c’est irrationnel de le faire.

    On pourrait alors proposer une autre paraphrase de Wittgenstein:
    « Dans un monde capitaliste où tout est irrationnel, l’irrationnel n’existe plus. »

    Et ce qui est un peu terrible, et extraordinairement humain, c’est notre capacité d’adaptation à cet irrationnel.
    Pour illustrer cela j’ai retrouvé une phrase de Marshall Mc Luhan:
    « Le rock, le jazz, ce n’est rien d’autre qu’une traduction des sons hideux et irrationnels de l’environnement industriel en langage musical ».
    Admettons qu’il dise vrai, et que les musiciens de jazz et de rock, inconsciemment, aient réussi à faire ce travail de sublimation du hideux et de l’irrationnel des sons de notre époque. Pour que ces sons soient supportables, ils nous les ont rendu audibles, ils ont adapté nos oreilles. L’irrationnel sonore devenu un accompagnement musical.
    J’ai parlé quelques fois avec des amis russes et polonais. Ils m’ont expliqué comment ils avaient été amenés, pour tout simplement vivre au jour le jour sans devenir fou, à intégrer à leur pensée l’irrationnel des régimes politiques dans lesquels ils avaient été obligé de vivre.
    Aujourd’hui nous apprenons à « faire avec » notre environnement globalement capitaliste. L’irrationnel économique est entré partout dans nos vies, dans nos actes d’achat, dans le déroulement de nos carrières, dans les journaux que nous lisons, et même dans l’enseignement scolaire (il ne se discute pas que le latin n’est pas rentable par exemple). Certains résistent, et d’autres (faut-il leur jeter la pierre?) intègrent cet irrationnel à leur pensée, pour tout simplement vivre au jour le jour sans devenir fou.

    Mais ce qui est merveilleusement humain aussi, c’est que cette capacité d’adaptation à l’irrationnel ne peut détruire la profondeur humaniste des hommes.
    Lorsque certains univers ubuesques ou kafkaïens dans lesquels les hommes ont dû vivre s’effondrent, la raison humaine reparaît.
    Quand je lis certains commentaires sur ce blog, et par exemple Louise aujourd’hui:
    ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=11667#comment-78539 ), je me dis que cette raison humaine a de la ressource.

    A bientôt de vous lire encore, Crapaud Rouge.

    1. J’aurais plein de choses à vous répondre, mais par écrit c’est un peu fastidieux. Je me contenterai de reprendre votre exemple :

      J’assiste depuis très longtemps aux Conseils Municipaux des différentes villes ou j’ai pu habiter. Je suis toujours étonné de constater que les projets qui s’appuient sur l’humain (bonnes volontés, sens civique, entraide, etc.) sont rejetés avec des sourires de compassions pour celui qui aura eu la naïveté de les soumettre à proposition. Par contre les projets bien ficelés « économiquement » seront votés sans mal, même s’ils sont inutiles ou s’ils se font à crédit …et donc même si c’est irrationnel de le faire.

      En fait, c’est toute la problématique du capitalisme qui se retrouve ici. Il ne peut rien savoir, rien dire et rien faire s’il n’y a pas de comptabilité pour lui dire ce qu’il doit savoir, ce qu’il peut dire et peut faire. Or, cette nécessité n’a rien d’absolue, ce n’est pas une loi de la nature : elle découle seulement de la volonté de faire des profits ou d’éviter des pertes.

      Je n’en tire pas d’autre conclusion pour l’instant, mais c’est à méditer.

  43. Un adage populaire dit :
    « Avoir 1 000 euros de découvert sur son compte bancaire est un problème, mais avoir des millions d’euros de découvert devient le problème de la banque »

    La dette est une arme à double tranchant

    -Pouvoir d’asservissement pour les peuples
    ou
    -Pouvoir de destruction du système

  44. Encore un excellent billet de cet excellent blogue qui nous offre cet excellent regard! Merci.

    Pendant que je tiens le crachoir, je serais un avide lecteur d’un ou plusieurs petits billets qui expliqueraient un peu plus à ras de terre quelques concepts derrière les sujets quotidiens comme :

    – Comment fonctionnent les besoins en argent des états, des banques, des entreprises, des individus,
    – Comment se fixent les taux sur lémarché?
    – Pourquoi les États ont-il besoins de joueurs privés pour créer de la monnaie?

    1. – Comment fonctionnent les besoins en argent des états, des banques, des entreprises, des individus,
      – Pourquoi les États ont-il besoins de joueurs privés pour créer de la monnaie?

      Ces deux questions ont largement été discutées sur ce blog. On peut même dire que c’est un leitmotiv tellement il y a eu de débats autour de la question. Le bouquin de Paul, « L’argent mode d’emploi » reprend tout ça et plus. Sinon, il faudra plonger dans les archives du blog.

  45. @peak oil 2008

    Vous exprimez précisément un des éléments essentiels de la timonerie (la barre des marins je crois) :
    Et c’est aussi mon point de vue ,qu’adoptent ici Paul Jorion ,F. Leclerc et les autres :
    expliquer encore et encore;parce qu’il est plus qu’évident que l’
    on ne s’en sortira que Tous ensemble.
    N.B = Intéressant dans cette optique de lire Simone Pacot (à propos de finitude…entre autres)

  46. Le libéralisme accordé aux banques est l’erreur magistrale qui est la cause de la faillite du système. La banque était là pour prêter de l’argent à un entrepreneur et l’aider à concrétiser son projet. Au citoyen pour lui permettre de construire une maison. Rémunérer les épargnes des travailleurs. Et se rémunérer modestement pour ce service social au bénéfice de tous. La logique du libéralisme est tout autre. Le profit par tous les moyens ! Produits pourris, structurés, bonus, super bonus, prises de risques, délits d’initiés, etc. Avant, la banque était au service de l’économie. Aujourd’hui, l’économie est siphonnée par les financiers. Les hommes politiques sont proches ou à la source des informations profitent aux mieux de ces opportunités boursières et non donc nullement l’intention de changer des règles. C.Q.F.D.

  47. Un souffle de fraîcheur ce matin sur F. Culture au « Rendez-vous des politiques » où s’exprimait longuement un jeune parlementaire européen frais & moulu d’Europe Ecologie, Pascal Canfin, membre du Comité des affaires économiques et financières, m’enfin un langage sans langue de bois qui met en relief des aspects essentiels de la crise de l’Europe.
    Il nous parle du dernier week-end historique et fou en termes simples (au 1/4 de l’émission)
    Et maintenant ?
    2 axes de solutions possibles :
    1. « Diminuer les dépenses publiques ==> récession garantie » pas fameux
    2. « Augmenter les recettes à travers le taux d’imposition de certains acteurs comme le CAC40, logique et rationnel », eh ben on y arrive ennfin
    Tous n’adhèrent pas à cette solution où l’on tape sur les + fortunés, oh les pauvres, ça diminuerait le revenu de certains, mais face au niveau des profits il y a de la marge.
    Exemple : profits Total + BP + Shell sur 3 ans = 100 Ma euros.
    Ceux qui ont profité de 30 ans de largesses fiscales pourraient nous donner un coup de pouce.
    Attention danger : on touche à 2 tabous des droites majoritaires au parlement européen : la redistributin fiscale, la souveraineté ===> à dépasser
    Encore un utopiste qui essaie de sortir du cadre et de la pensée unique ?
    Pas tant que cela car même Michel Barnier lui emboiterait le pas.

    Notre jeune député insiste sur 3 piliers majeurs qu’il faut faire bouger pour + d’Europe :
    libéralisme, souverainisme, productivisme

    Je vous laisse découvrir la suite tout aussi passionnante, on termine par les Grenelle qui battent de plus en plus de l’aile.

    http://www.franceculture.com/emission-le-rendez-vous-des-politiques-pascal-canfin-d%C3%A9put%C3%A9-europ%C3%A9en-europe-ecologie-2010-05-15.html

  48. L’inertie, l’inhibition du politique oblige à poser les questions de Grenouille. La rationalité est tellement usée qu’il n’en reste que ses grosses ficelles ; espérons que le sursaut ne sera pas guerrier ou national.
    Soit on se dit se sont des imbéciles et y a qu’à les voir s’abrutir aux vacances après tant d’affairements sous le chapeau de soleil uniforme. quelque soit le temps ils somnolent quand ils vous regardent, se demandant effrayés parfois si vous les regardez comme ils se l’imaginent, forclos dans leur statut, ils n’aiment pas s’énerver, je comprends. Il n’ont pas le temps ni l’accord rationnel pour que l’à venir advienne, leurs rêves ont faits longs feux très tôt aux guichets du fric et du pouvoir ; la démocratie n’est pas marchandable, et pas de chance elle n’a pas d’essence rationnelle non plus, n’a pas plus de modèle pour elle-même ; son territoire change, la mémoire est un palimpseste ou l’illusion est princesse (qu’en est-il du post-fascisme ?) : vivre ensemble, avec la folie du monde, ne nous épargne pas. la démocratie nous invite à établir des relations durables de cause à effet, elle requiert une attention, une vigilance, appelons là enfant qui essaie de comprendre, et comment s’y prend t-il, et comment apprend-on à apprendre par soi-même, non sans compter sur le hasard le contingent ou l’amour, le désir et la subjectivité comme auteurs de mouvements, d’être vivant… ému… d’interroger le monde, et d’observer sa réponse; le monde répond, qu’importe le terme avec lequel s’établit la relation, il s’agit de découvrir la relation elle-même entre l’observateur et la chose observée. « Contactuelle » la relation vaut en tant que révélation (un tout petit « r » remarquable) ou dévoilement.
    http://www.dailymotion.com/video/xa20hl_antonio-damasio-vost-francais-brain_tech

  49. c’est le labyrinthe qui est le budget !

    il y a toujours une colonne + et une colonne – ,et quand on fait la somme ,ça fait toujours zéro !
    rien ne se perd ,rien ne crée tout se transforme!

    -la vie ,c’est l’écoulement de l’energie par différence de potentiel ,
    -le capitalisme ne fonctionne plus parcequ’il n’y a plus d’écoulement :

    l’economie moderne est incapable de « croissance interne infinie » ! 100% c’est le tout !
    -110% de crédit ou +200% de dettes n’est pas « naturellement’ possible à moins de spéculer ,de voler …

    rétablir la circulation d’énergie voilà notre amer vers quoi naviguer ,notre cap !

    1. Votre première phrase et vos calculs de pourcentage me semblent confus, mais le reste de votre post m’inspire, en particulier votre conclusion qui me fait penser à l’acupuncture. Vous me donnez envie de dire que « c’est la dette le labyrinthe », ce que l’on peut rattacher au constat de Paul selon lequel l’argent n’est pas là où on en a besoin, de sorte que se forment des dettes. C’est donc bien à un problème de circulation que l’on se trouve ramené. Il est facile de mettre de l’argent en circulation à partir d’une autorité qui garantit sa valeur, mais cela entraîne qu’il faut aussi savoir le retirer de la circulation, sinon il s’accumule et perd toute valeur. C’est ce retrait qu’on ne sait pas organiser, car l’argent, une fois mis en circulation, se trouve disséminé, et l’on ne peut pas le forcer à revenir à sa source. Enfin si, on sait le forcer un peu, par l’impôt et le remboursement des dettes, mais comme le désir de profit est dominant, ces méthodes ne sont pas très efficaces.

  50. En lisant aujourd’hui l’article du 15 mai  » lemonde.fr Economie et crise aux USA Dette souveraine Us : la crise est inévitable  » , je me demande quel nouveau distracteur, après la dette de la Grèce et celle de l’Europe, les financiers-vampires internationaux vont bien pouvoir tirer de leur chapeau fin 2010 .

  51. Le capitalisme est LE problème et en aucune façon LA solution sauf dans les neurones dérangées des Baverez, Le Boucher, Minc, etc…et éventuellement d’autres plus anonymes. Alors dire que l’on ne propose rien pour le remplacer c’est rejoindre la clique « Fukuyamesque » de la fin de l’histoire. Le capitalisme n’est pas un horizon indépassable et n’a jamais eu d’autre but que d’établir l’esclavage et la guerre de tous contre tous. Bon j’arrête là ma fille me réclamant.

    1. Crapaud Rouge , il n’y a pas une théorie de l’endettement en relief, mais il y en a bien une, en creux …
      … et il y a bien tout une armada de raisons qu’ une partie de la gauche a toujours agitées pour en minimiser les conséquences plutôt néfastes à long terme (Mais comme disait monsieur K , ‘ A long terme nous serons tous morts’)

      Maintenant bien d’accord que revenir à des budgets sensés c’est à dire pas forcément en équilibre , mais finançant les dépenses courantes avec de l’impôt, et les investissements long terme avec , éventuellement, de l’emprunt , est bien difficile .
      C’est difficile pour une raison simple : ça fait des années qu’on rajoute des dépenses courantes , qui une fois lancées peuvent très difficilement être stoppées, par du déséquilibre budg. , c.a.d de l’emprunt : difficile donc de ‘revenir’ en arrière , la drogue a crée son addiction et l’effort doit à présent être au décuple !

      Cette portion du labyrinthe me semble claire.
      Et il est clair qu’il faudrait répudier ‘rationnellement’ , c’est dire désigner le perdant, celui qui endosse la perte … mais on ne le fera pas.
      Il faut avouer que ce serait un exercice plutôt difficile que de dire à la Grèce : ‘allez on annule la moitié de votre dette !’ , difficile d’ailleurs pour les banques françaises … et donc pour nous même , en priorité.

      La répudiation passera par le rapport de force et des mécanisme d’ajustement monétaire.

      Car la répudiation AURA lieu : il y a aura un perdants ou bien des perdants, ou bien une crise générale , plutôt occidentale d’ailleurs, qui sera l’ajustement au travers des rapports de force .

      Bien entendu je suis bien d’accord avec vous qu’il serait bien plus souhaitable de faire payer l’ensemble de ceux qui ont profité le plus de ces 30 années de fuite en avant.

      Le hic c’est que cette construction s’étale sur 30 ans et que la mesure qui voudrait ‘défaire’ cela à court terme plongerait probablement le système dans un état de très grande confusion .

      Bien entendu , on peut et on doit taxer ou à tout le moins réduire les avantages de certains, comme on doit brider la spéculation … avec modestie car on butera toujours sur ‘l’extérieur’, celui de la tribu d’en face , qui en profitera pour tirer avantage du handicap que l’on s’est ainsi crée . (En attendant le gouvernement mondial qui évacuera « l’extérieur » ce qui rendre forcément « vrai » , chacune de ses solutions)

      On pourrait également ‘reprendre’ une partie de cette richesse qui s’est concentrée dans les mains de bien peu , mais sans oublier 1) que déplacer de la monnaie n’est pas créer une richesse supplémentaire , même si ça a le mérite de dénouer des noeuds 2) la recette pour ‘prendre’ aux riches sans trop de retour de bâton n’est pas évidente puisque les gauches semblent avoir du mal à l’appliquer (du moins sans nous priver de pas mal de ‘libertés’ , liberté formelles diront certains , mais auxquelles les gens semblent bêtement attaché 😉 )

      Bien sûr je ‘rationalise’ en rond dans certains segments du labyrinthe.
      Et bien oui, la vie est parfois un labyrinthe , et lorsque l’on a , même dans les meilleures intentions du monde, bouché plusieurs orifice de sortie, la solution devient à somme négative.

      Et comme il ne peut pas exploser, le tuyau du labyrinthe, il va se fendre lamentablement et se déliter sur de nombreuses , puisqu’à une crise vigoureuse soit choisie soit provoquée, il sera plutôt préfèrer aller d’expédients en rafistolage , chacun comptant -l’homme est animal plein d’espoir!- sur le temps pour faire glisser la perte sur les autres.

  52. Ben Chapeau bas Crapaud Rouge !

    Et Louise: Grand Merci.

    Crapaud Rouge : vous êtes sorti du cadre, le point de vue est différent. C’est bien : merci, ne serait-ce que pour cela !

    J’attends avec impatience un billet de votre patte, et du même point of vue (what else maintenant que vous nous y avez fait goûter…), sur l’économie. Alors promis (« les promesses n’engagent que ceux qui y croient ») j’essaierai d’en pondre un sur l’éducation : allez-y, vous verrez c’est poilant !

    PS1 : vous dites dans un commentaire : « Quand on dit que quelque chose « marche », ou « fonctionne », c’est en rapport avec sa finalité. » Certains pensent que le but est le chemin, et il me semble que c’est cette vision qui sous-tend les remarques de certains de vos contradicteurs : c’est, pardon !, c’était une époque, une civilisation qui s’est occupée au capitalisme. Le fait qu’elle l’ait probablement fait à l’insu de son plein gré est une grande source d’espoir.

    1. « Certains pensent que le but est le chemin » : c’est une idée extrêmement intéressante et tout à fait remarquable, mais qui ne peut pas marcher si le chemin consiste à s’enrichir. Le but, alias le chemin, doit être désintéressé afin de pouvoir se prolonger indéfiniment devant soi.

  53. En guise d’épilogue, plus prometteur qu’accablant : cet article de Courrier International, Le dilemme de l’or noir, qui annonce que l’Equateur est prêt à ne pas exploiter un énorme gisement de pétrole, à condition qu’on veuille bien lui payer la moité de ce que son exploitation lui rapporterait. Il y a longtemps que je pense à des solutions de ce genre qui consiste à payer pour donner une valeur à quelque chose, sur le modèle de la Joconde. On dit toujours que l’on accepte de payer pour sa conservation parce qu’elle a de la valeur, mais il est vrai aussi qu’elle a de la valeur parce que l’on paye pour cela. La décision de mettre fin à son financement serait équivalent à déclarer qu’elle n’a plus de valeur.

    Reste que la fin de l’article cité est accablant :

    Les dommages collatéraux du pétrole, l’Equateur ne les connaît que trop bien ! A quelques encablures du parc du Yasuni, sur l’autre rive du fleuve Napo, se trouve l’ancienne exploitation de la compagnie américaine Texaco, aujourd’hui reprise par l’entreprise nationale Petroecuador. Dans cette espèce de no man’s land survivent des communautés indigènes au milieu des pipelines rouillés et des cheminées qui crachent sans arrêt d’immenses flammes. “Cela fait quarante ans que les populations locales vivent sur des terres imbibées de pétrole. Et il n’y a pas eu le moindre bénéfice pour la région. En revanche, nous avons les plus hauts taux de cancer du pays, nous ne pouvons plus boire notre eau”, fulmine Luis Yanza, coordinateur d’un procès historique contre la compagnie pétrolière Chevron Texaco. Certes, la technologie pétrolière a évolué ces dernières années. Les pipelines sont de plus en plus enterrés et les procédés de combustion se sont améliorés. Mais pas une semaine ne s’écoule sans que les autorités de la région amazonienne ne reçoivent une plainte pour fuite de pétrole.

    1. Suite de l’épilogue : selon un article de Libé, la fuite serait beaucoup plus importante que les 5000 barils/jour (800.000 L) annoncés.

      Des experts, dont la thèse semble être accréditée par la découverte par des scientifiques américains d’énormes nappes de brut à grande profondeur, avaient récemment estimé que le volume de brut s’échappant du puits pourrait être 5 à 20 fois supérieur aux 5.000 barils annoncés. (…) D’autres nappes de brut étaient par ailleurs aspirées par un courant marin en direction de la Floride, qu’elles pourraient atteindre dans les prochains jours. Ce puissant courant menace la troisième barrière de corail du monde. Les côtes de Cuba, berceau d’un écosystème fragile, se trouvent aussi sur sa trajectoire.

      La fuite s’est déclarée il y a un mois, et son colmatage relève toujours de la conjecture. Quand on sait que le volcan de boue en Indonésie ne sera jamais colmaté, il y a de quoi donner urticaire et sueurs froides.

  54. « Et cessez enfin de répéter, dis-je vraisemblablement, qu’Auschwitz ne s’explique pas, qu’Auschwitz est le fruit de forces irrationnelles, inconcevables pour la raison, parce que le mal a toujours une explication rationnelle, il se peut que Satan en personne, ou bien Iago, soit irrationnel, mais ses créatures sont des êtres parfaitement rationnels, on peut déduire tous leurs actes, comme une formule mathématique ; on peut les expliquer par l’intérêt, la cupidité, la paresse, la volonté de piussance, la concupiscence, la lâcheté, telle ou telle satisfaction instinctive, ou en dernier lieu, en désespoir de cause, une folie quelconque – paranoïa, manie dépressive, pyromanie, sadisme, masochisme, mégalomanie démiurgique ou autre, nécrophilie, que sais-je encore, par laquelle des nombreuses perversités, et peut-être toutes à la fois, en revanche, dis-je vraisemblablement, écoutez-moi bien, ce qui est réellement irrationnel et qui n’a vraiment pas d’explication, ce n’est pas le mal, au contraire : c’est le bien. »

    Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, Imre Kertész p. 52-53

  55. décidément votre texte se rappelle à moi régulièrement, par hasard en lisant;
    texte de I. Kertész ci-dessus, et celui-ci encore, quand raison cette fois s’attache à reconnaître l’étranger de soi et de l’autre comme signe commun et mystérieux des rapports holistiques, s’accorde aux règles accrue de l’échange singulier marié aux différences, disons comme ça.
    « C’est lorsque chaque homme cherche avant tout l’utile propre qui est le sien que les hommes sont le plus utiles les uns aux autres. Car plus chacun cherche l’utile qui est le sien et s’efforce de se conserver, plus il est doué de vertu, ou ce qui revient au même, plus grande est la puissance dont il est doué pour agir selon les lois de sa nature, c’est-à-dire pour vivre sous la conduite de la Raison. Or c’est lorsque les hommes vivent sous la conduite de la Raison qu’ils s’accordent le mieux par nature. Donc les hommes sont les plus utiles les uns aux autres, lorsque chacun cherche avant tout l’utile qui est le sien. » Spinoza, Éthique IV, proposition XXXV, corollaire 2

    1. Spinoza a raison : « l’utile qui est le sien » est en fait celui de chacun parce que nous sommes semblables. Malheureusement, ces « personnes morales » que sont les entreprises capitalistes ne sont pas nos semblables, de sorte que ce qui est utile pour elles ne l’est pas pour nous.

      Votre citation de Imre Kertész est très belle mais fort discutable. Le mal s’explique, je suis bien d’accord, il a sa rationalité propre, mais le bien aussi, sinon il faudrait en parler comme d’un miracle. Cette citation prend le contre-pied de nos préjugés : j’apprécie énormément, mais je range sa vérité dans le registre de la littérature.

  56. Et la nature suprasensible, que les êtres

    libres forment sous la loi de la raison,

    doit être réalisée dans le monde sensible.

    C’est en ce sens qu’on peut parler d’une

    aide ou d’une opposition entre la nature

    et la liberté, suivant que les effets

    sensibles de la liberté dans la nature sont

    conformes ou non à la loi morale.

    Gilles Deleuze, La philosophie critique de Kant, extrait

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