Le temps qu’il fait, le 14 mai 2010

Le billet auquel je renvoie dans la vidéo est le précédent : L’instinct de survie des peuples.

Carmen M. Reinhart & Kenneth S. Rogoff, This Time Is Different. Eight Centuries of Financial Folly, Princeton : Princeton University Press, 2009

Michael Lewis, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

Naomi Klein, The Shock Doctrine (La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre), 2007

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177 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 14 mai 2010 »

  1. Cela fait je ne sais combien de fois que j’ai répété que nous plions sous le parasitisme du tandem ou de la combinatoire banques-État (ou État-banques c’est pareil). Ce qu’il y a dans les têtes des « États-Majors » politico-financiers semble indécrottable, car ils ne comprennent plus, ou pas, que seule la demande, donc le pouvoir d’achat, un vrai bien sûr, sera un facteur naturel de remise en marche d’un progrès technique profitable à tous sans execption. Un progrès qui ne cesse pas et, à terme, ne cessera pas si le dit progrès intègre la pénurie d’énergie qui se profile clairement tout comme il doit intégrer la moindre prédation possible contre l’environnement et l’écosystème.
    Pourquoi sauver les banques et ne pas sauver directement les consommateurs qui sont ceux qui produisent les biens et les services, c’est à dire des biens et des sservices qui SEULS donnent la valeur à la monnaie. Pas de biens et de services produits, pas de valeur à la monnaie, les banques et l’État réduits à néant. La monnaie vaut quelque chose parce la société civile produit des biens et des services. Pourquoi les États sauvent-ils les prédateurs et non pas les proies? Parce que c’est le même monde, la même pensée, la pensée bancaire et financière dont les critères sont à des années lumières d’une quelconque logique de bien public.

    Paul, c’est quand même cruel d’avoir laissé de côté C. H. Douglas pour ne se soucier, entre autres, que de Keynes, toujours lui. Douglas était un praticien, un ingénieur qui connaissait expérimentalement le monde de l’industrie et de la production en général, bien peu d’économiste avait son talent. Par exemple Keynes, tout brillant qu’il fut, n’était qu’un théoricien.
    vrai

  2. Merci Monsieur Jorion !
    Vous êtes sage, érudit, posé-surement analysé-courageux et responsable !
    Tout ce qui manque à nos « malades » qui nous gouvernent !

    1. Marlowe dit :
      14 mai 2010 à 13:53
      « Les « malades », dans nos pays, ont été élus. »

      Non, ils se sont fait élire, avec l’aide de communicants et de publicitaires de surcroit grassement payés par des peuples qui semblent maintenant formatés pour se faire avoir (pour rester poli) dans les grandes largeurs , ce n’est pas tout à fait pareil.

  3. J’apprécie la métaphore. J’espère que les pays émergeant ne sont pas des bêtes saines reluquées par les parasites qui continueront à se paître une fois notre mort venue.

    Pourriez-vous développer votre pensée concernant nos dirigeants qui ne sont pas des imbéciles je pense.
    Quel est leur plan? Pourquoi vouloir arriver à la confrontation avec le peuple au risque de goûter à la guillotine?

    1. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles nos dirigeants restent dans un autisme borné:
      1) Leur culture est une culture de soumission avant tout.
      2) Dépendant du niveau décisionnel où ils sont, ils jouent ce qu’ils croient être la sécurité pour leur job.
      3) Ils sont convaincus qu’il n’y a pas d’autres issue.
      4) S’ils croient à une autre issue, c’est peut-être au niveau individuel mais en aucun cas collectif.
      5) A cause de ce qui précède, c’est toujurs à la dernière minute que les décisions sont prises…….à minima.
      6) Enfin, nous savons tous, confusément, que la fin du monde n’est pas pour demain. De ce fait, les décisions ….à minima ne changeront pas grans chose…sauf à court terme…or c’est le court terme qui les interessent (Ne dit-on pas : Après nous le déluge).

      Amicalement

      Cincinatus

    2. « Leur culture est une culture de soumission avant tout. »

      Je ne suis pas tout à fait d’accord, Cincinnatus. Leur culture est une culture d’adaptation à leur environnement à court terme. Ils sont soumis à des pressions, certes, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils sont soumis. Leur problème est intellectuel… et moral: intellectuel parce qu’ils n’appréhendent pas bien les enjeux, et moral parce qu’ils cèdent à ce que leur dicte leur environnement immédiat. Ce qui leur manque, c’est la vision, et l’engagement ex ante de sombrer avec leur tendance politique en cas de retour de flamme populaire.

    3. Bonjour,

      Ah, Paul Jorion n’est pas un homme de pouvoir ! C’est chose heureuse, sinon il ne serait pas si fort.
      Je vois d’autres raisons qui poussent les décideurs européens à « prétendre » mettre en place une politique d’austérité et surtout à vouloir « sauver le système financier » :

      1) LE STATUT : C’est pour l’instant trop coûteux en terme de leadership : pour jouir du pourvoir lié à sa fonction, un décideur ne doit surtout pas se lancer dans des réformes de fond, car c’est la croyance en la force du système que lui-même sert qui garanti son pouvoir. Que nos gouvernants apparaissent comme des marionnettes importe peu : Ce qui compte pour eux est d’être des interlocuteurs incontournables qui négocient avec une divine finance. Dans ce contexte, il apparaîtrait dangereux ne serait-ce que d’entendre les voix d’experts ordinaires comme vous, fussent ils bien informés.

      2) LE CONFORT : Les décideurs ont profité du système financier de plusieurs manières :
      – En déléguant leur pourvoir de gérance des investissements et de l’argent; c’est tout naturellement qu’ils se tournent vers leurs interlocuteurs habituels.
      – En utilisant les capacités de recyclage de la dette du système financier pour promettre une croissance apte à satisfaire leur électorat, tout en ne traitant pas le problème épineux de la redistribution du capital.
      – En profitant à titre privé de certaines largesses.
      Ces facilités disparaîtraient avec une mise au pas de la finance. On ne change pas le mulet sur lequel on est assis, car il faudrait marcher !

      3) L’EGO : Ils s’inscrivent dans l’exercice du pouvoir immédiat (c’est le plus séduisant pour un décideur). Surtout lorsqu’ils s’y essaient avec plus ou moins de réussite depuis des années. La France a telle jamais réussi à réduire son déficit public depuis 1970 ?

      4) LE MENSONGE : Ils envoient, dans la précipitation, des signaux de dupe aux marchés (comme ils le font d’habitude pour leurs électeurs) en étant convaincu que les dites mesures d’austérités échoueront partiellement, mais qu’on ne pourra pas leur reprocher de n’avoir rien fait.
      Bien sûr, c’est inutile car les marchés ne croient ni à l’application de ces plans, ni en leur efficacité (du moins pour des pays comme la Grèce).

  4. Bonjour,
    Je partage votre analyse sur la nécessité d’inverser le cours des choses sur la répartition des richesses, en particulier par une hausse des salaires comme le préconise aussi Patrick ARTUS. Nous pouvons attendre de cette inversion de la logique actuelle qu’elle relance la machine économique et permette globalement plus de croissance, à condition aussi de relocaliser une partie de la production pour que cette croissance ne se fasse pas uniquement dans les pays à bas coûts salariaux. Mais nous savons aussi que nous vivons dans un monde fini, où la croissance ne peut pas être infini. Comment procurer des revenus décents au plus grand nombre sans épuiser nos ressources naturelles ?

  5. Bonjour Mr Paul Jorion,
    Vous parlez pas souvant de complicité des décideurs politiques avec les parasites (comme vous les si bien appelez). C’est une des peu de fois que je vous entend parler de complicité ,depuis 2-3 ans depuis que je suis votre blog.
    Vous dites souvent qu’ils ont encore pas pris la bonne décision, qu’ils ont fait un mauvais choix, qu’ils n’ont pas compris la situation etc. mais rarement que leur décision etait négocié ou imposé par les parasites.
    Vous pensez pas que les décideurs n’ont pas vraiment le pouvoir dans la mise en place des mesures?
    Vous faites un sacré travail sur votre blog, les livres et tous les intervention télé et radio.
    J’ai appris beacoup de choses depuis que je lis votre blog et vos livres et j’espere que votre travail va pesé dans le changement du sistem actuel.

    Cordialement,
    Doru

    1. C’est juste que P.Jorion n’aime pas, mais alors pas du tout, le mot « conspiration ».
      Mais finalement, qu’est ce qu’une conspiration, sinon une alliance, devant rester secrète, et visant à protéger ou valoriser des intérêts particuliers?
      Et c’est bien de cela dont on parle.

  6. 1- Le dernier livre d’Artus et de Virard vient de paraître : « Pourquoi il faut partager les revenus »
    Il partage les mêmes conclusions que vous. Par contre, je me demande si les prémices sont identiques. Selon les auteurs, qui semble reprendre certaines thèses de M. Allais, nous somme en train d’assister à une déglobalisation. Les pays développés sont donc obligés de compter que sur la consommation intérieure et il faut par conséquent, redistribuer. Le livre pointe dans un chapitre « la grande illusion du commerce international ».

    2- Une formulation plus simple du carcactère spoliateur des parasites. Et si on reparlait de lutte des classes ?

    3- Vous qui êtes féru de psychanalyse, devons-nous voir, dans ce pull rouge que vous arborez un symbole politique dont le sens est inconscient (je vous l’accorde, c’est de la psychologie de bas étage …)

    1. Au nord de la Loire, les vareuses des pêcheurs sont rouges, au sud elles sont bleues. C’est comme ça que l’on reconnait les gars de l’île d’Yeu de ceux de Houat!

  7. Dans quel état, mais dans quel état se mettent-ils donc toujours,
    ces gouvernements aux affaires et ces chefs, à la tête des Etats ?

  8. Mr Jorion,

    On ne saurait mieux exprimer la situation que de la façon dont vous l’avez exprimée vous-mêmes.

    L’histoire du parasite est une image excellente, elle renvoie bien sur à des sujets qui n’ont rien d’économiques mais elle s’y applique parfaitement.

    Pour continuer dans une image, un peu scatologique peut-être, cette histoire financière me fait penser à un individu qui aurait mangé trop de fraises pas trop fraîches et qui serait pris de maux de ventre. Je vous le dis, une bonne grippe intestinale, une bonne diarrhée et le corps se remet fort bien. Il faut juste que le corps (ici le corps social) ne meure pas….bien sur.

    Vous avez oublié (et je ne vous en fais pas le reproche) la finale: les dirigeants vont bien sur s’étonner de la réaction violente des peuples. Ils se demanderont le pourquoi et se questionneront.

    Pas tous certes, car il y a bon nombres de dirigeants forts intelligents qui perçoivent fort bien ces tenants et aboutissants que vous avez décrits. Et qui, par carriérisme, par fatigue ou tout simplement par aboulie décident « qu’ils n’en ont rien à foutre ». Parallèlement, nos sociétés occidentales qui sont devenues, d’une certaine façon « pyramidales », c.a.d. qu’elles fonctionnent « dictatorialement dans un univers soit-disant démocratique », nos sociétés dis-je sont pleines de responsables aux niveaux inférieurs de décisions qui réalisent assez bien ce qui se passe…….mais cela confusément…pas clairement car la finance c’est d’abord de la technique et tout le monde n’est pas technicien.

    Ce qui étonne bien sur aussi ici, c’est la notion planétaire de cette crise. Impossible d’aller plus loin, pour vendre notre « pacotille » à d’autres gens non encore avertis. Il y a aussi une notion de prison dans cette crise et d’ailleurs, il est bien à craindre que, d’exclusions en exclusions, nos régimes ne se rigidifient.

    Mais (et en cela je me fais bien sur l’avocat du diable) n’est ce pas Valéry qui a dit que même les civilisations sont mortelles. J’ajouterai mêmes les civilisations sont mortelles surtout celles qui ont érigé la science en divinité (ici la pseudo-science économique). Mais, il en est de la science économique comme des autres croyances,il faut en user….pas en abuser.

    Amicalement

    Cincinatus

    1. « L’histoire du parasite est une image excellente, elle renvoie bien sur à des sujets qui n’ont rien d’économiques mais elle s’y applique parfaitement. »

      Et pourquoi pas lutte des classes ?

  9. Rumeur en Allemagne-

    « I am working at the deutsche bank in Germany. Today we delivered 1 container with new Deutsche Mark notes and new coins.. I will present a photo from the new banknotes tomorrow morning. The currency change will be the night from Saturday to Sunday 5/16/2010. On friday, 19 00 GMT Angela Merkel the germany chancelor, will speak to the german nation »

    Ce mail circule en Allemagne et Autriche depuis ce matin, à prendre avec toutes les précautions d’usage.

    1. Les chaines de mails fonctionnent comme ça. Et elles ont pour fonction de récupérer les adresses à des fins de spamming.
      Chiche que c’est un fake lancé par wall street 🙂

    2. A terme, ceci est une éventualité. A la date du 16 mai, cela parait plus qu’improbable. A trop vouloir en faire, les créateurs de fake se discréditent instantanément.
      Mais peut-être me trompe-je. Einstein avouait se tromper 99 fois su 100, alors moi !

    3. C’est probablement fantaisiste : le terme « deutsche bank » désigne une institution privée. La réintroduction du mark se ferait par la « Bundesbank ».
      Après l’article de JC Werrebrouck, la menace sarkozienne de quitter l’euro, il est compréhensible que l’on fasse courir de tels bruits.

    4. Jusqu’au jour où ce ne sera pas un spam. Mais bon; je penses que sur ce coup vous avez sans doute raison. Surtout que Merkel s’est à nouveau présentée comme le « défenseur » de l’Euro.

    5. 1/ créer un buzz .
      2/ sniffer les blogs
      2bis/ stats+mots clés+algos
      3/ noter les adresses des déviants

      Voilà à quoi nous expose la liberté du net.
      Je vais prendre un peu de paranosyl.

  10. Les financiers ne sont que des parasites OK.
    Des parasites extrèmement malfaisants, on s’en rend compte tous les jours.
    Et pire que cela, ce sont de véritables criminels.
    Car, au nom de leur sacro saint profit des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont morts et meurent tous les jours.
    Quand allons-nous exiger que ces êtres cupides, comme vous dites, soient traduits devant un tribunal pour répondre de leurs crimes ?
    Car c’est bien de cela qu’il s’agit, chaque centime accaparé par eux c’est la vie d’un homme, d’une femme, d’un enfant sacrifiée sur l’autel de la phynance !
    Quant aux hommes politiques ils devraient avoir droit au même traitement.
    Parce qu’ils ont failli, parce qu’ils se sont rendus, peut être par ignorance ou incompétence, complices de ce génocide à l’échelle mondiale.

    1. Sans compter que la destruction et le pillage de la planète est aussi, absolument partout, un effet direct de leur voracité. Par divers moyens, ils nous interdisent d’y mettre fin. Ils ont patiemment modelé les lois à leur intérêt.

      Certains penseurs réclament un Nuremberg de l’ultra-capitalisme, mais -pour l’instant- leurs voix sont trop faibles pour les peuples qui peu à peu sombrent dans la sidération face au flot d’images paradoxales et aux sommations contradictoires que produisent les grands médias.

    2. Oui , mais pour avoir un Nuremberg , il faudrait être le 8 mai 45 .

      Sommes nous aujourd’hui en 1942 ou en 1944 ?

      Là est la question?

    3. Le souci Louise, c’est que sans eux il n’est pas certain que nous parvenions à vivre en pareille « harmonie ». Sauf à envisager sérieusement et collectivement cette possibilité, à s’atteler civilisationnellement à cette réflexion comme vous en exprimiez le souhait dans ce magnifique message !

      Il n’y a aucune raison qu’il y ait un but, d’une part, et que le chemin ne soit le but que de l’homme et non pas de l’Homme, de l’humanité. Est-ce pour ce coup-ci, est-ce le siècle de la spiritualité (laïque) ?

      Vive l’allopathie sociale ? Une société qui produit ses propres parasites : tuons-les et le problème sera réglé !!! Étonnant non ? Encore une fois le point de vue (cf Crapaud Rouge) de la rationalité inébranlable au sein du système qui l’a inventée prouve sa pertinence !

    4. Fab a dit:
      « Vive l’allopathie sociale ? Une société qui produit ses propres parasites : tuons-les et le problème sera réglé !!!  »
      Je n’aurai pas l’outrecuidance de vous apprendre que tuer les parasites ne sert à rien, il faut aménager le terrain de telle manière à ce qu’ils ne puissent plus agir.
      C’est la règle d’or de l’agriculture biologique et surtout duBRF , j’en réalise des essais dans le jardin communautaire de ma localité.
      Je reste convaincu que la crise actuelle est bénéfique, elle est quelque part salutaire dans le fait quelle nous oblige à réfléchir à ce que nous devons entreprendre pour améliorer la condition humaine;
      D’où l’existence de ce blog.
      Dans la nature, cela se pratique de cette manière, c’est l’équilibre qui prévaut, pas la dominance.
      Alors, imitons la nature!!!

  11. Bertold Brecht nous avait déjà donné « La Solution » :

    « Après l’insurrection du 17 juin
    Le secrétaire de l’Union des Écrivains
    Fit distribuer des tracts dans la Stalinallée.
    Le peuple, y lisait-on, a par sa faute
    Perdu la confiance du gouvernement
    Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts
    Qu’il peut la regagner.
    Ne serait-il pas
    Plus simple alors pour le gouvernement
    De dissoudre le peuple
    Et d’en élire un autre ? »

  12. Rumbo @
    « Pourquoi sauver les banques et ne pas sauver directement les consommateurs qui sont ceux qui produisent les biens et les services, c’est à dire des biens et des services qui SEULS donnent la valeur à la monnaie. »
    P. Jorion @
    « la notion de parasitisme »

    Les biens et services ne sont pas produits par les consommateurs. Il y a une contre-vérité aveugle inacceptable du point de vue intellectuel. De plus contre-vérité vérifiée par les faits: La même politique idéologique de Mauroy & Jospin basée sur la relance par la consommation intérieure a conduit à une flambée des importations ce qui a enrichi les pays producteurs étrangers et appauvri la France pays importateur. La notion comptable de consolidation explique élégamment cette problématique. Ce qui valorise une monnaie, c’est l’exportation. Il y a un juste équilibre à trouver entre les types de consommation. Consommer national est une grande vérité économique.

    Une hausse générale des salaires conduit à augmenter le coût de la fonction para et publique qui représente 55% environ de l’économie française. Or l’Etat est le plus coriace des parasites économiques. C’est l’état qui a assassiné la civilisation égyptienne des pharaons, sans parler des économies des pays communistes. La bureaucratie est tout sauf performante du point de vue économique. Dire le contraire est malhonnête, sectaire, car vérifié par les faits.
    Relance par la consommation certes, mais relance sélective réservée à ceux qui prennent des risques, qui produisent, qui cherchent. Le profit industriel d’aujourd’hui est l’emploi de demain.
    Ceux qui refusent le profit industriel et des services d’aujourd’hui tuent les emplois de demain.
    Les riches créent les emplois, les pauvres créent la misère. C’est un postulat dont la véracité est établie dans le système social occidental. Comme pour les mathématiques, ce postulat peut s’avérer faux si on change le système social (société tribale de polynésie par exemple).
    Augmenter uniformément un fonctionnaire qui ne prend aucun risque et qui bénéficie d’une retraite avantageuse du secteur public non scientifique est injuste par rapport à un salarié du privé soumis aux aléas économiques…..
    Augmenter une « technicienne de surface » ne favorise pas les techniques du spatial, de la biologie, du médical et en général des sciences.
    Maintenir un pouvoir d’achat certes. Un coup de pouce non !
    Les pensionnés posent le problème de la dignité. Pas plus.

    A tous ceux qui parlent de changer la société, je dis: commencez par donner l’exemple vous-même et on vous suivra si vous avez raison. Sinon vos paroles ne sont pas en accord avec vos actes et vous êtes des tartuffes !

    1. Depuis quand les consommateurs ne feraient pas partie de ceux qui produisent? Vu globalement, la consommation générale a deux versants, la consommation pour produire des biens et services (par exemple les entreprises) et la consommation tout court (celle des particuliers quelque soit leurs fonctions, statuts, l’État en fait partie). Entre autres, la production existe parce qu’on a consommé quelque chose pour produire, mais aussi, à la base, l’on consomme directement quelque chose qui a été produit, exemple: l’alimentation. Dans le tryptique production, distribution, consommation, c’est la distribution qui pèche le plus, car la clé de la distribution, c’est le sytème financier qui ruine l’ensemble. Résultat: des magasins regorgeant de produits en face des pouvoirs d’achats en panne, ou encore, « il faut » des crédits à obtenir hors de prix pour acheter. S’il y avait un vrai pouvoir d’achat et des magasins vides (ex. l’Occupation pendant les années 40, sytème soviétique, etc) ce serait clair que la production serait en panne. Mais il faut avoir vraiment perdu toute logique de voir des magasins toujours pleins à craquer avec la panne du pouvoir d’achat en face! Qu’est-ce qui manque? Ce ne sont pas, jusqu’à plus ample informé, les produits qui manquent, ils regorgent partout, mais il manque l’argent pour les acheter normalement. Vous ne commencez pas à en avoir assez de cette antienne archi stupide du: « manque d’argent »? Et ceci dans un environnement de surabondance?

    2. « Le profit industriel d’aujourd’hui est l’emploi de demain. »

      De plus en plus faux : la production étant de plus en plus automatisée, elle ne distribue plus, par les salaires, assez de pouvoir d’achat pour assurer à tous l’accès aux biens et services essentiels.

      Pour vous paraphraser je dirais:

      A tous ceux qui tapent sur les «chômeurs fainéants», je dis: commencez par donner l’exemple vous-même en créant votre entreprise, en engageant du personnel et en le payant dignement et on vous suivra si vous avez raison. Sinon vos paroles ne sont pas en accord avec vos actes et vous êtes des tartuffes !

    3. Belle analyse !

      C’est ce qui différencie une pensée de droite ( réaliste , mais injuste ) d’une pensée de gauche ( contre nature mais humaniste ) .

    4. En résumé, le crédo de votre pensé, c’ est : « les pauvres dilapident, les riches épargnent » ,
      Est-ce que si vous jouiez de la musique, de la guitare ou du violon votre instrument n’aurait qu’une seule corde ?

    5. l’Etat est le plus coriace des parasites économiques. C’est l’état qui a assassiné la civilisation égyptienne des pharaons, sans parler des économies des pays communistes. La bureaucratie est tout sauf performante du point de vue économique. Dire le contraire est malhonnête, sectaire, car vérifié par les faits.

      .

      Ah, voilà quelqu’un qui pense ce qu’il pense, et qui dit ce qu’il dit!

      J’ai d’abord été tenté de laisser cette forte réflexion, disons… en l’état, mais je ne résiste pas au plaisir de contribuer à son épanouissement.

      Le parasite, c’est l’Etat! C’est à dire, n’est-ce pas, la bureaucratie, c’est pareil. Enfin, ne tournons pas autour du pot, la vraie plaie, la vraie sangsue, c’est l’administration des impôts! L’Etat, c’est les impôts! Voilà! CQFD.

    6. « A tous ceux qui parlent de changer la société, je dis: commencez par donner l’exemple vous-même et on vous suivra si vous avez raison. »

      A vous lire, vous ne risquez pas de les voir « les petites gens qui changent la société »
      Vous ne voyez que le statu quo qui de toutes façons ne mène à rien sinon l’épuisement du pouvoir d’achat des travailleurs et pire encore l’épuisement de la planète.
      Nous courons tous après de la croissance pour rembourser les emprunts au plus riches qui eux sont les parasites, mais je vais plus loin encore en disant que la thésaurisation devrait être supprimée.
      L’argent est une monnaie d’échange rien de plus, elle doit circuler pour créer la richesse dont les hommes au besoin.
      Voilà ce que je disais dans un autre commentaire , et bien aujourd’hui, je suis en congé et ai passé la journée à remplacer ma chaudière par une plus performante.
      Je suis bien entendu d’accord avec Paul quand il dit qu’il faut augmenter le pouvoir d’achat, certes, il ne faut pas produire et consommer n’importe quoi, et ce pouvoir doit serir en priori à améliorer le bien être en consommant de moins en moins de ressources.
      Si vous lisez mes commentaires sur ce blog, je ne cesse de marteler cette évidence, et je m’aperçois que je ne suis pas le seul.
      Le chantage à l’emploi que vous formulez, il y a longtemps que je m’assieds dessus, c’est pas avec cela qu’on construira l’avenir.
      En ce qui concerne les pensionnés que vous semblez mépriser, sachez que si pensionnés il y a, c’est tout simplement que la société est incapable d’utiliser intelligemment les innombrables capacités et expérience de ces personnes.

      Un consommateur qui ne produit pas de richesse.

    7. « Ceux qui refusent le profit industriel et des services d’aujourd’hui tuent les emplois de demain. »

      Question : pourriez-vous, s’il vous plaît et je vous en prie, expliquer ce qu’il y a de mal à tuer les emplois de demain ?

      Par avance merci.

    8. @ Fab
      Sur ce coup ci, je crains qu’il ne réaparaisse plus!!!
      De toutes façons vous avez des arguments à opposer… et moi aussi.

  13. Parfait!
    L’apôtre Paul parle d’or avec la gravité qui s’impose. Pentecôte s’annonce bien.
    Que ces bonnes paroles gagnent les esprits !

  14. Bonjour M. Jorion,

    Vous semblez fatigué ou est-ce de la lassitude ? Ménagez-vous un peu, nous sommes nombreux à avoir besoin de vos lumières pour y voir plus clair.

    Je crois comprendre que les états et les financiers étant complices, leur objectif est donc de nous amener au soulèvement. Ils veulent l’affrontement.

    Je veux bien admettre que moi, citoyen lambda, j’ai une part de responsabilité dans le fait qu’ils puissent considérer que cette décision n’est pas sans risque pour eux.

    Néanmoins comment faire pour, une fois le rapport de force passé, parvenir à les maintenir dans ces limites au-delà desquelles leur idéologie entraine la destruction de la bête et donc des parasites ?

    Y’a-t-il une autre solution que d’avoir à les maintenir en permanence en joue ?

    Je me demande aussi s’il ne serait pas judicieux, compte tenu du caractère courageux mais pas téméraire des financiers et des politiques, de les menacer d’éradication totale sans condition.

    Ces individus étant coupés du réel, le choc d’une fin certaine les amènerait sûrement à vouloir sauver leur cupide personne en vendant les complices d’alors, s’entre-déchirant et s’annihilant dans la foulée.

    Il faut donc les confronter à la réalité de la bête, par quelque moyen que ce soit.

    Cordialement,

    Laurent

  15. Les peuples oseront-ils se faire entendre? L’intelligence reprendra-t-elle le pas sur l’aveuglement des gouvernements?
    Je vous cite un extrait du « Journal d’un étranger à Paris » (1947-1948) de Malaparte: (si l’auteur parle de la France, son propos traverse les frontières et c’est pour cela que son message est important)

    « Je suis un étranger, je vous regarde avec l’oeil d’un étranger, je ne vous pas si mal que ça. Vous êtes malades, guérissez-vous, soignez-vous. Mais votre maladie n’est pas mortelle, le monde reviendra fatalement à l’intelligence. Tout ce qui est force militaire, force matérielle, prospérité économique, tout cela est périssable. Le monde reviendra aux nations intelligentes, à la France en premier lieu. Mais il vous faut voir grand. Si vous ne vous habituez pas à voir grand, l’Europe vous paraîtra petite. Elle est grande, elle est immense. Restez Français. Prenez nos yeux, prenez les yeux des étrangers, pour voir grand, mais restez Français. C’est la meilleure condition du monde, pour un homme, pour un peuple, depuis des siècles, en Europe. »(pp.278-279)

    Vous êtes un homme sage et heureusement savant comme l’a été un Albert Einstein (voir sa correspondance)
    Grâce à Internet, les hommes de raison peuvent se relier les uns les autres.
    Nous entrons dans une période difficile mais nous franchirons les obstacles
    Cordialement,
    Jean Vinatier

  16. Merci Paul. Cette nouvelle façon de procéder, plus pédagogique, est excellente. Le fait d’avoir déjà un canevas avant de faire votre billet donne une vidéo plus fluide. Le ton est plus solennel, tout en restant naturel. J’ai beaucoup aimé les silences,

    Vous avez fait preuve d’humilité en associant divers auteurs qui font des analyses similaires aux votres, même s’il est bien évident que votre apport théorique à la compréhension de l’économie demeure pour moi original, nourri d’ailleurs par votre investissement intellectuel et professionnel dans de nombreux domaines, notamment l’anthropologie, la sociologie, l’intelligence artificielle, la psychanalyse et bien entendu l’ingénierie financière.
    Ce n’est pas la première fois que vous citez vos pairs, mais c’est important que vous l’ayez fait avec une telle insistance en préambule car les intellectuels doivent maintenant monter unis au créneau pour s’attaquer à la « bête » avec une efficacité redoublée.

    Paul, vous êtes aux avants-postes de la République des idées. Et vous n’êtes pas seul. Des dizaines de milliers de lecteurs sont derrière vous ou avec vous. A nous donc simples lecteurs rédacteurs de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour diffuser vos analyses, vos vidéos et billets.

    La nature a horreur du vide. Toutes ces idées finiront par trouver leur port.

  17. Et vint un homme de haute taille
    son regard enchevêtré d’ombre et de lassitude
    qui disait : – fuyez, les citadelles sont en flammes
    mais nous regardions nos pieds enfoncés dans la glaise
    le sédiment noir de nos années de célébrations
    nous ne savions pas répondre

    Sur la rive du lac les musiciens inventaient de nouvelles discordances
    pour les dieux absents qui gouvernent la peur

    Tout ce que vous aimez sera dévasté, dit l’homme
    et nous ne savions pas répondre
    pardonnez-nous
    déjà nos mains étaient maculées de vide
    et nous n’avions nulle part où aller

    (Pour M. Paul Jorion)

    1. OK mais ce blog est un blog d’information, d’échange d’idées, c’est essentiel – nous ne cherchons pas un gourou. Nous apprécions tous Paul Jorion mais fait pas trop en faire

    2. @ Isabelle N.:

      Votre spleen est admirable…

      @ Didier:

      L’aubergiste de la Taverne du Trader Repenti ne sera jamais un gourou, voyons ! C’est un ami facétieux qui nous laisse déconner doucement sur « ses terres » tout en nous apprenant à décrypter l’économie.

      Remercions-le de laisser les chants des uns et des autres nous enivrer à notre guise…

      Amicalementao à tous et … musique !

    3. @ Taotaquin et Didier

      Merci Taotaquin 🙂

      Sinon, pour Didier : ce n’est évidemment pas d’une histoire de « Gourou » qu’il s’agit.

      Les artistes ont ceci de commun avec les penseurs honnêtes, comme Monsieur Jorion, qu’ils voient arriver le désastre.

      J’en apprends énormément en lisant ici, même si je ne dispose pas des outils théoriques. Ce « temps qu’il fait » m’a laissée une sensation de vertige, car il passait beaucoup de choses terribles derrière les mots. Que je n’aurais pas su décrire de manière « rationnelle ».

      Ceci étant, j’ai été la première surprise de découvrir que la parole d’un économiste pouvait déclencher le (très) mystérieux mécanisme de l’inspiration. Très certainement parce qu’il parle vrai -et qu’il prend ainsi, pour le bien commun- le risque de ne pas en sortir indemne.

      Ce petit hommage est donc revenu à sa source, un homme de courage, de manière naturelle. Mais je sais bien qu’ici nous ne sommes pas sur une tribune littéraire 😉

  18. Magistral.
    Cela ressemble à un appel froid à la révolte.
    Si l’animal pouvait s’arrêter quinze minutes, vous regarder et tirer les conclusions qui s’imposent…
    Merci M. Jorion.

  19. Bonjour
    Moi, j’adorerai vous aider financièrement pour que vous puissiez continuer à expliquer aux latinos que nous sommes (au fond) , la mentalité ‘ricaine ( (même si, 4 ans à San Diego, quand même) qui dirige le monde actuel, et est perverse!! Mais paypal, je ne prends pas!!! Ce texte, récent, est à mes yeux, un des meilleurs que vous ayez créée depuis longtemps…..Reste, à le faire connaître (moi, je l’ai envoyé à Médiapart, c’est déjà cela!!!).
    Go ahead…Il paraît que les petits cours font les grandes rivières!!!
    Chris

  20. Bonjour à tous; tous mes compliments à Paul Jorion pour son excellent travail d’information … Je me permets d’etre toutefois un peu en désacord avec son idée qu’il est encore temps pour les états de réagir: j’ai essayé d’expliquer un peu pourquoi dans mon papier ici,

    http://italo-francese.over-blog.fr/article-la-benne-a-ordures-mme-merkel-et-le-cac-40-50310759.html

    L’info du Monde ce matin disant que Sarkozy avait menacé de sortir la France de l’euro, bien qu’un peu difficile à croire, pour forcer la main des Allemands irait plutot dans mon sens, à savoir que les évennements de la Grèce auraient pu etre une tentative politique pour « reprendre la main ».

    Bonne journée et longue vie au blog!

  21. Un article de ce matin dans le Spiegel : Notenbanker Trichet drängt Deutschland zu Führungsrolle
    http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/0,1518,694716,00.html
    qui signifie que Trichet demande à l’Allemagne de prendre le rôle de dirigeant de l’union européenne et lui demande DE CONTRÔLER LES MESURES PRISES PAR LES ETATS MEMBRES DE L’EURO POUR REDUIRE LEURS DEFICITS.
    Trichet demande au gouvernement d’un peuple de régir les autres gouvernements des autres peuples !!!
    On voudrait lancer un appel à la guerre civile en Europe que l’on ne s’y pendrait pas autrement.

    M. Jorion, cela fait longtemps que j’en suis convaincue : nos élites gouvernantes (européennes ou nationales) sont soit des pourris soit des incapables. Il peut y avoir une proportion variable d’incapacité et de forfaiture dans chacun d’entre eux mais il n’y a pas d’autre explication possible.
    S’ils sont intelligents et savent ce qu’ils font, ils savent qu’ils conduisent les peuples européens à la catastrophe (c’est la source des théories du complot).
    S’ils ne comprennent pas qu’ils font le jeu de la puissance financière, alors ce sont des imbéciles et des incapables. Dans le contexte actuel, « intelligent » est synonyme d’ « escroc » et « honnête » d’ « andouille ».

    1. @Manu: une petite correction, l’article que vous avez lu fait référence à une interview donnée au Handelsblatt, où J. C Trichet dit simplement ceci:
      Trichet: La Commission en liaison avec la BCE et le FMI surveillera très étroitement l’implémentation des mesures. Mais ce qui est aussi décisif, est que les autres gouvernements assument pleinement leurs responsbilités en matière de surveillance. C’est vrai pour les 15 pays et évidemment parmi eux,l’Allemagne.l’Allemagne est la plus grande économie de l’eurozone et un pays avec une tradition d’orthodoxie fiscale. Je compte sur le role très actif de tous les pays y compris l’Allemagne dans cette responsabilité de surveillance
      L’interview du Handelsblatt parue de matin, en version anglaise

      We are not changing our monetary policy stance

    2. @Manu: ce discours de Sieur Trichet est encore plus intrigant, ou inquiétant, i.e donné devant le Council of Foreign Relations à New York, proche du Bildeberg, le 26 Avril 2010, après la réunion annuelle du FMI à Washington

      Global governance today

  22. Je ne suis pas prêt de pardonner aux idéologues d’avoir normalisé (pour rester pudique), la lutte de tous contre tous et je remercie les « medicine men » de dissiper la fumée.
    (copyright pour ghost dog).

  23. Encore merci au travail de Paul Jorion.

    Les questions qu’on se pose tous sont peut être:
    * Que va t’il se passer?
    * Est ce qu’on peut agir sur ce qu’il va se passer?

    Il semble bien que vu la taille colossale du système et des enjeux financiers, on ne peut absolument pas changer ce qui doit arriver. On ne pourra que s’y adapter et il serait intéressant de proposer des solutions pour cela.

  24. Augmenter les salaires peut etre mais c’est impossible dans la mondialisation actuelle .
    Les délocalisations s’acceleraient aux profit de la chine, inde…..
    il est certain que nous importons une déflation salariale et c’est là tout le probleme.
    C’est bien la thèse de Maurice Allais mais vous ne semblez pas le trouver fréquentable ..?

    1. la solution pour » relocaliser « : accepter des salaires plus bas que ceux des Chinois ou des Indiens (et en plus ce sera bon pour notre cholestérol et notre excès pondéral)

  25. La question posée par Paul Jorion de savoir si nos dirigeants sont stupides ou complices , est-elle faussement naïve ?
    Que fait aujourd’hui monsieur Blair ?
    Que fait monsieur Clinton ?
    Que fait monsieur Schroeder ?
    Ils gagnent beaucoup d’argent , en remerciement des services rendus au système .

  26. commencons par le commencement, nationaliations des banques a l’echelle europeen ,taxation des mouvement des capitaux , tous ca ca peut pas se faire tout seul et demande une mobilisation permanentes des peuples ,descendre dans la rue,prendre au serieux la citoyennete,l’interet commun .etc..

  27. Je crois qu’il est maintenant trop tard pour changer de cap. Le coeur du réacteur est en fusion, les réactions en chaîne sont inévitables. Ceux qui ont le sens esthétique d’un Néron vont se régaler.

  28. Merci pour cette lucidité complice.

    Ce qui me sidère, ce sont les automatismes des décideurs politiques. Je ne les pense pas tous foncièrement méchants mais sans aucune imagination.

    Ils sont incapables de construire une société autre que celle qui les a menés là où ils sont.

    Quant aux « peuples », il faut hélas reconnaître que la majorité est soumise et tellement craintive face aux changements.

    Et puis la lucidité n’est pas accessible à tous. Il faut une certaine force intérieure pour douter et réfléchir…

    En résumé les hommes s’agitent sans cesse, sans tenter de comprendre pourquoi ils agissent.

    « Toute activité en ce monde est à l’image de celle de la taupe dont le sort est de creuser durant toute sa vie dans la terre et dans la nuit qui l’environnent. L’étrange n’est pas la nuit, mais de creuser. » (Clément Rosset)

    En effet, pourquoi toute cette agitation stérile ?

    Quand cesserez-vous enfin ce carnage au bruit sinistre ? (Empédocle d’Agrigente)

    Et pourtant la vie peut être intense, et notre planète tellement belle…, … si la frénésie, l’ambition démesurée et sans issue ne venait tout détruire…

    Amicalementao à tous

    1. J’aime beaucoup votre commentaire, et cette citation que je ne connaissais pas :
      « Toute activité en ce monde est à l’image de celle de la taupe dont le sort est de creuser durant toute sa vie dans la terre et dans la nuit qui l’environnent. L’étrange n’est pas la nuit, mais de creuser. » (Clément Rosset)

      Cela me fait penser au film le bon, la brute et le truand (me rappelle plus vraiment, mais c’est du genre):
      « Dans la vie il y a deux sorte d’hommes, ceux qui ont une pelle et ceux qui ont un pistolet chargé, toi tu creuses… »

  29. Merci pour cette vidéo on ne peut plus compréhensible. L’intérêt particulier que j’y vois, c’est que vous y brossez en peu de mots une vue complète de l’essentiel des mécanismes de la crise ainsi que des pistes de résoltion qui en découlent.
    Afin de renforcer cette vision, vous serait-il possible d’illustrer vos propos avec les principales données quantitatives qui s’y rapportent?

  30. Plutôt que des Apéros géants, il faudrait organiser des conférences à ciel ouvert !

    Le peuple doit se retrouver et s’inventer une nouvelle Humanité, retrouver de l’espoir pour notre jeunesse et nos enfants.
    Le triste constat de la cupidité et de la bêtise est au fondement de l’Histoire des Hommes sur cette terre.
    Il est vraiment temps de changer cela et pas seulement par rapport à l’impact que cela peut avoir sur nos porte-monnaie d’occidentaux dépressifs.
    Le Savoir, la Fraternité constituent le Vrai PROGRES qui donne envie de vivre ensemble !

  31. @ Paul Jorion

    J’ai le « regret » de vous annoncer que vous êtes à 100% sur la ligne du Front de Gauche. Nos dirigeants ne changeront jamais de direction. C’est comme demander aux banquiers de définir les limites de la spéculation… Et ce sont les citoyens qui les maintiennent au pouvoir, puisqu’ils continuent de voter pour les mêmes (par inertie ? Peur du changement ? Propagande médiatico-politique ?) Toujours est-il qu’on n’est pas beaucoup aidé, et que le prochain choix risque d’être DSK vs NS. FMI ou Rolex. Et ça continuera.

    1. @ Yvan

      Dès qu’on sort des clous du TINA, on est au choix staliniste, populiste, extrémiste, etc etc. On a l’habitude. La propagande de la zentille CIA du zentil Oncle Sam a bien enfoncé ça dans les cerveaux. Pendant ce temps, le néolibéralisme nous emmène tout droit vers un scénario à la Haïti, à l’Argentine ou au mieux à la Chinoise. Mais ça c’est bien, puisque c’est le capitalisme triomphant qui doit nous mener à la félicité blablabla (ne l’a-t-on assez répété ?).

      La première chose à faire, c’est de mieux répartir les richesses. Le Front de Gauche veut reprendre les 10% passés au capital, manque à gagner des salariés dont Paul Jorion vient d’expliquer les conséquences.

  32. @ Paul,

    Je vous trouve moins gai, moins guilleret que d’habitude, malgré les convergences dont vous faites état entre autres observateurs du fait économique (Naomi Klein, Joe Stiglitz, Rogoff, etc., … et Frédéric Lordon), et vous-même, et malgré les louanges absolument justifiées que vous adressez à certains commentateurs (ou ‘auteurs’) s’exprimant sur le présent blog. C’est sans doute l’effet de l’image de l’organisme tué par ses parasites: elle fait effectivement froid dans le dos.

    Les peuples ont l’intuition de leur mort prochaine, mais — quelques Grecs mis à part — ils semblent sidérés. Comme si ce qui leur arrive était tellement éloigné de ce à quoi ils ont toujours cru qu’ils sont — pour l’heure, du moins — figés dans leur petit espace vital. Il n’y a rien de prédestiné: la révolte n’aura lieu que lorsqu’un nouveau leadership aura vu le jour. La grande question est: le blog de Paul Jorion contribue-t-il à l’émergence de ce leadership POLITIQUE? Il me semble que nous n’en sommes pas là, loin s’en faut.

    En tout cas, j’ai un peu le sentiment que nous sommes dans une situation analogue à celle du théâtre classique telle que dénoncée par Victor Hugo dans la préface de ‘Cromwell’: on n’y voit « que les coudes de l’action », l’action proprement dite se situant dans les coulisses, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne laissent pas transparaître grand chose…

    Sommes-nous seulement dans l’espérance, aussi violente soit-elle, ou au contraire prêts à agir? Le deuxième terme de l’alternative requiert que nous démarchions des personnes extérieures au blog, qu’on élabore des plate-formes communes, voire des pétitions destinées (pour commencer) aux peuples d’Europe. Vous avez énoncé avec talent des programmes partiels de gouvernement applicables partout (constitution pour l’économie, interdiction des paris sur les fluctuations de prix), mais ce dont nous avons surtout besoin aujourd’hui, c’est d’un programme d’inversion des pouvoirs. Ce chapitre reste à écrire.

    Ceci vous est dit en toute amitié, car vous avez déjà rendu de sacrés signalés services!

    1. Je suis quand même étonné de voir Naomi Klein figurer au même niveau que Stiglitz.
      Klein, c’est de la théorie du complot assez grossière, carrément ridicule même dans sa lecture de l’intervention américaine dans l’ex-Yougoslavie en 1999 ou dans sa lecture des transformations en Russie depuis la fin des années 1980 (à ce sujet, il faudrait d’ailleurs savoir : s’agit-il d’un complot friedmanien – comme le prétend Klein – ou d’un complot du KGB – comme le prétend, par exemple, Thierry Wolton ? ah, le simplisme des théories du complot !). Carrément ridicule aussi sa lecture des événements de la place Tien an Men en 1989. Il n’y a aucune analyse sérieuse chez Klein, juste la répétition d’un même schéma, vaguement marxiste. Pour ceux qui lisent l’anglais, une critique très juste de son (malheureusement) best seller ici : http://www.tnr.com/article/books/dead-left
      Je préfère les paludiers 😉

  33. La question essentielle est de savoir si le capitalisme, c’est à dire la propriété privée des biens de production, est réformable ou non.
    Si le capitalisme est réformable, le développement insensé de la finance doit être considéré comme un cancer, un sida, une maladie virale mortelle, qui auraient envahi un organisme sain.
    Par quel mystère ?
    Même Pasteur disait que le virus n’est rien et que le terrain est tout.
    Si le capitalisme n’est pas réformable et qu’il est LE parasite, il faut l’abattre comme une bête enragée avant que tous ne soient contaminés.
    Il reste peu de temps et les perspectives de victoire sont chaque jour plus minces.
    Vite !

    1. « La question essentielle est de savoir si le capitalisme, c’est à dire la propriété privée des biens de production, est réformable ou non. »

      La propriété privée existait avant le capitalisme. Et l’URSS était un capitalisme (d’Etat) sans propriété privée.
      Ne mélangeons pas tout.
      Le capitalisme c’est quand les capitalistes, ceux qui détiennent les capitaux, sont au pouvoir. Par exemple, les USA sont capitalistes, c’est la Chambre de Commerce qui décide. La Chine, a contrario, n’est pas (encore) capitaliste car même s’il y a chez eux des capitalistes, ils n’ont pas le pouvoir.

  34. Henry David Thoreau étant en désaccord avec son gouvernement, a fait le choix de ne plus payer ses impôts. Cet acte de désobéissance civil viendra bien plus tard influencé Tolstoï puis Gandhi dans une démarche de non-violence collective.
    Pourquoi ne pas reconduire ce procédé aujourd’hui?
    Avec Internet, on peut rassembler tellement d’hommes. Refusons de payer nos impôts. Que se passerait-il ensuite? Nous irions tous en prison? Gandhi et ses disciples en faisaient un honneur que de séjourner en prison, c’était une preuve de l’engagement pour leur peuple.
    Le gouvernement n’aurait plus de liquide ensuite, la France ferait faillite. Et alors? Si nous ne voulons plus payer les banques et les financiers, ne les payons plus (via l’impôts).
    Une abstinence de la majorité aux dernières élections montrent bien qu’on est en autocratie et plus en démocratie. Nous pouvons refuser de soutenir la politique menée aujourd’hui.
    Et si la France fait faillite qui viendra le reprocher au peuple?
    Nous pouvons croire que ça pourrait entrainer des guerres, ça montrerait combien l’argent est au coeur du coeur de l’homme. Et alors les masques et les faux sourires d’une pseudo-civilisation et d’une pseudo-humanité tomberaient.
    Le peuple est gentil et faible. Effectivement nous sommes un troupeau de mouton. Mais un mouton c’est gentil. Seuls les dirigeants nous entrainent dans ce tourbillon de vices car ils sont trop fainéants pour travailler de leurs mains. Par contre, ils sont suffisamment cupides pour soumettre ses frères. Et ses frères à laine sont tellement gentils qu’ils n’osent pas ne pas se soumettre. Comme un cheval qui tire la charrue, il n’entrevoie pas la rebellion, il n’est pas assez égocentrée. Nous sommes des cheveaux qui tirons la charrue pour les dirigeants. Et pour ceux qui rechignent à tirer, on les appate à coups de vices: argents télévision,…. Oui: notre société peut être interpréter comme l’exploitation du besoin par le vice et si ce n’est pas suffisant, il devient l’exploitation du vice par le vice!
    Nous pouvons agir simplement et très efficacement, si nous nous mettons collectivment d’accord pour ne plus payer nos impôts.
    ça vous tente?

  35. Bonjour Paul,
    Vous ne pouviez pas savoir, mais je préparais un article pour le 24 de ce mois.
    Cela s’appellera « La futur du capitalisme ? ».
    Si vous en voulez une copie, vous connaissez mon adresse email.
    Vous y étiez déjà mentionné.
    Votre billet d’aujourd’hui va totalement dans le sens de mon article (et probablement d’autres plus anciens).
    J’ai déjà énormément écrit sur le sujet (moins que vous évidement).
    J’aurai peut-être quelques points qui pourraient vous paraitre contraires.
    Ce n’est qu’en surface.
    Les solutions, j’ai essayé de les faire ressortir, comme vous.
    Détruire sans reconstruire n’est pas honnête.
    Oui, le monde est en marche.
    Pas comme certains Cassandre le pensent en se mettant la corde au cou.
    J’espère que votre voyage au Québec vous a apporté des idées personnelles en échange des vôtres.
    Voilà, ce sera aussi mon intervention ou contribution du vendredi.

    Bon weekend

  36. Dans la métaphore parasite/animal, comment le parasite financier compte-t-il survivre lorsqu’à moyen terme il aura détruit ses sources de « sang frais ».
    Autrement dit que restera-t-il après la mère de toutes les crises?
    Où se réfugiera-t-il pour s’enkyster et attendre un terrain post révolutionnaire à nouveau plus favorable?.
    C’est une des réponses données à ceux qui pensent à un complot mondial concerté entre les financiers qui nous gouvernent.
    Car un « bon plan » s’établit sur un schéma de très long terme…100 ans?

    Reste qu’envisager une sortie de crise par obtrention d’une méta-répartition des richesses afin de retaurer la sainte « croissance » semble totalement erroné.
    Ce qui pêche c’est le paradigme CROISSANCE/DETTE.
    Il s’agit bien d’un retournement mental.
    Une révolution.

    1. Comme l’animal est « au service » du parasite, la croissance est au service de la dette.

      Une autre manière de le dire est : la croissance n’est rien, la dette est tout.

    2. Non, Tartar.

      La méga-répartition des richesses n’est pas utile, dans un 1929. Puisque toute accumulation de richesse fond comme beurre au soleil par l’hyper-inflation.
      Le dégat collatéral est la chute de l’envie de gagner du fric.
      Mais comme ces joyeux dictateurs financiers nous ont bien montré qu’il valait mieux faire travailler son argent que travailler réellement, ça ne va pas nous faire une grosse révolution.
      Gagner des clopinettes en 60 heures ou par 40 heures de travail de la terre qui permet de manger.. vois-tu une différence flagrante..??

      Comme d’hab : les extrêmes se rejoignent. Tout simplement.

  37. Allons enfants de la Patrie,
    Le jour de gloire est arrivé !
    Contre nous de la tyrannie,
    L’étendard sanglant est levé, (bis)
    Entendez-vous dans les campagnes
    Mugir ces féroces soldats ?
    Ils viennent jusque dans vos bras
    Égorger vos fils, vos compagnes !

    Aux armes, citoyens
    Formez vos bataillons
    Marchons, marchons !
    Qu’un sang impur
    Abreuve nos sillons !

    Que veut cette horde d’esclaves,
    De traîtres, de rois conjurés ?
    Pour qui ces ignobles entraves,
    Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
    Français, pour nous, ah ! quel outrage
    Quels transports il doit exciter !
    C’est nous qu’on ose méditer
    De rendre à l’antique esclavage !

    Quoi ! des cohortes étrangères
    Feraient la loi dans nos foyers !
    Quoi ! ces phalanges mercenaires
    Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
    Grand Dieu ! par des mains enchaînées
    Nos fronts sous le joug se ploieraient
    De vils despotes deviendraient
    Les maîtres de nos destinées !

    Tremblez, tyrans et vous perfides
    L’opprobre de tous les partis,
    Tremblez ! vos projets parricides
    Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
    Tout est soldat pour vous combattre,
    S’ils tombent, nos jeunes héros,
    La terre en produit de nouveaux,
    Contre vous tout prêts à se battre !

    Français, en guerriers magnanimes,
    Portez ou retenez vos coups !
    Épargnez ces tristes victimes,
    À regret s’armant contre nous. (bis)
    Mais ces despotes sanguinaires,
    Mais ces complices de Bouillé,
    Tous ces tigres qui, sans pitié,
    Déchirent le sein de leur mère !

    Amour sacré de la Patrie,
    Conduis, soutiens nos bras vengeurs
    Liberté, Liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs ! (bis)
    Sous nos drapeaux que la victoire
    Accoure à tes mâles accents,
    Que tes ennemis expirants
    Voient ton triomphe et notre gloire !

    Nous entrerons dans la carrière
    Quand nos aînés n’y seront plus,
    Nous y trouverons leur poussière
    Et la trace de leurs vertus (bis)
    Bien moins jaloux de leur survivre
    Que de partager leur cercueil,
    Nous aurons le sublime orgueil
    De les venger ou de les suivre

    1. Justement le « sang impur » au 18ème et au 19ème siècle n’a pas la même signification; les théories raciales pseudo-scientifiques classant les hommes en « races » inégales ne feront leur apparition qu’au début de l’ère industrielle avec des théoriciens comme Gobineau (son essai sur la théorie de l’inégalité des races humaines remonte à 1855); jusqu’à la Révolution, il faut comprendre « sang impur » comme le contraire de « sang bleu » (celui des aristocrates) ou comme l’équivalent de « sang de roturier » : ainsi le « sang impur qui abreuve nos sillons » n’est pas celui de l’ennemi, mais celui des bourgeois et des paysans français qui tombent pour la défense la Patrie !

  38. Quand on sait que le groupe Bilderberg s’est réuni encore tout récemment à Bruxelles à la veille de la nomination de Mr Van Rompuy à la tête du Conseil européen et que rien, à ma connaissance, n’a transpiré de cette réunion, on est en doit de se demander qu’est-ce qui se dit, qu’est ce qui se décide à ce genre de réunions ? Le Peuple y est absent. Ils connaissernt l’état du monde. Ils savent de quoi il toune. Ils continuent. Comment se fait-il que la démocratie-chrétienne et ses représentants -Juncker, Maystadt, Van Rompuy- qui ont la culpabilité au coeur de leur système ne disent rien?

  39. Il y a eu assez souvent sur ce blog des intervenants sur la tonalité : il faut passer de la vérité revendiquée à l’action ( sous entendu politique ).

    Hormis l’intrusion de Madame Corinne Lepage , il n’y a pas eu ici d’écho direct à votre pensée venant de politiques  » d’active » .

    Certains ont mis en avant des appels à la violence insurrectionnelle que visiblement ils se désolaient de ne pouvoir susciter ou reconnaître ailleurs .

    Pour ma part je ne pense pas qu’un blog ou un livre , quelque soit les vérités qu’ils énoncent ou anticipent , suffisent à déterminer un mouvement d’opinion aussi fondamental que le refus des mécanismes injustes et mortifères du marché tel que pratiqué en ces temps .

    La  » violence » , car il en faudra bien une dont personne ne connait encore la forme , ne naîtra pas d’une vision claire des solutions proposées ici . Elle viendra sans doute de motivations plus subjectives et cathartiques .

    Mais il est important d’être capable de continuer à avoir , à la fois modestement et avec une ambition énorme , des descriptions claires et qui font sens de toutes les valeurs et mécanismes qui se jouent .

    Ou qui pourront se jouer quand la bête commencera à mordre sans pitié et discernement .

    1. Juan Nessy

      Avez-vous lu le billet de Paul qui s’intitule La Prise de conscience ?

      Il pourrait peut-être vous faire voir les choses un peu différemment.
      Là où vous dissociez « motivations subjective, catharsis » et  » descriptions claires et qui font sens de toutes les valeurs et mécanismes qui se jouent, Paul intègre ces deux aspects dans un même phénomène en faisant jouer au sentiment un rôle actif dans le processus historique, tel que par exemple celui de la crise.

      Il s’agit de ‘ »

      reconnaître dans la structure la forme que prennent, collectivement, les décisions prises par des ensembles d’individus, comme aboutissements de leurs sentiments ; quant à ces derniers, ils ne seraient rien d’autre que la conscience que prend un sujet des contraintes qu’imposent à ses actes les structures de la société et de la culture auxquelles il appartient.

      … les prolétaires s’unissent, les traces mnésiques se réorganisent du fait de l’accessibilité retrouvée de l’une d’entre elles. Autrement dit, la synthèse est un processus émergent parce que la thèse était au niveau du singulier, l’anti-thèse supposait, elle, l’intervention d’un collectif : « l’ensemble des prolétaires », « l’ensemble des traces mnésiques », et la synthèse était réalisée au niveau de l’universel.

      Le moment propice pour la prise de conscience est donc celui de ces transitions qui existent entre l’accumulation des tentatives individuelles infructueuses et celui où une solution collective stable émerge …

    2. @ Pierre -Yves .D :

      Je ne prends connaissance de votre écho que maintenant . Il est bien en résonnace à ce que j’avançais .

      Sur la prise de conscience historique , ma référence reste , comme je dois commencer à lasser de le mettre en avant , l’épilogue de  » Guerre et paix  » de Tostoï .

      Dans la complexité des forces qui déterminent le mouvement des peuples , il ne doit sans doute pas falloir ni sur-estimer , ni sous-estimer , les actes volontaristes , sensés ou insensés , à temps , trop tôt , trop tard , physiques , philosophiques , écrits , oraux ….

      Je ne suis sur que du fait qu’il faut exprimer sa vérité pour ne pas gaspiller tragiquement sa vie d’homme oiu de femme .

      Et respecter la nature et la famille humaine que nous sommes et qui sont en nous .

  40. Oyez! Oyez!
    L’amendement pour un retour à la loi Glass-Steagall de Roosevelt pourrait être adopté dès lundi par le Sénat américain. Préparez-vous à un véritable tremblement de terre planétaire.

    Hier, le sénateur Chris Dodd, président de la commission des Finances, a annoncé que l’amendement bipartisan Cantwell-McCain sur le Glass-Steagall serait débattu en 7e et que les votes reprendront lundi. Sur les dix amendements à la loi Dodd soumis au vote, déjà deux ont été adoptés et deux refusés. Le Glass-Steagall serait donc en troisième place sur les six restants. Les débats, sans vote, continueront aujourd’hui. Interviewée par la chaîne publique PBS, la sénatrice démocrate Maria Cantwell s’est déclarée « plutôt confiante ».

  41. Cela fait toujours du bien de voir des autorités intelectuelles se mettre du côté des faibles, parceque plus on est à résister mieux c’est. Ca fait chaud au coeur. Pour formuler le problème autrement je dirais que les dirigeants évitent de s’ingérer dans les affaires de la finance, refusent une politique de redistribution des richesses pour lui préférer l’austérité essentiellement parceque donner des moyens de vivre aux « peuples », leur donner du pouvoir d’achat, c’est leur donner du pouvoir tout court. Depuis la nuit des temps les classes dirigeantes ont toujours refusé aux peuples les moyens de simplement vivre. Depuis les pharaons jusqu’à Sarkozy, simplement vivre est un fait insupportable pour les riches quand il s’agit des pauvres. Parcequ’ils tirent leur autorité morale de l’affaiblissement des populations par l’exploitation économique exploitation qui les empèchent de réfléchir, d’avoir du temps de vivre pour véritablement se « retourner », analyser, remettre les choses à plat. Les riches se délectent de l’exploitation des autres, parceque celle-ci les évacuent du ring moral où ils auraient à combattre, les met dejà à terre. Personnes ne vient leur dire comme ils sont moches et vaniteux, alors ils se croient beaux et géniaux, et tout le monde le croit, les aiment et les envient. Et ça c’est le pied intégral. Ils en tirent un sucroit de pouvoir et de privilèges, rien ne leur est refusés. Redistribuer les richesses? Autant reconnaître que les pauvres sont des hommes eux aussi tant que vous y êtes.

  42. Si vous allez à l’adresse suivante vous verrez la fameuse image, qui avant la révolution
    française représentait le tiers-état ployant sous la charge de la noblesse et du clergé.
    C’est l’image même des parasites sur le dos de l’animal http://kamizole.blog.lemonde.fr/files/2010/03/tiersetat.1269499977.jpg
    Il suffit aujourd’hui de remplacer clergé par monde politico-médiatique et noblesse par finance et spéculation internationale.
    Pour en finir avec ce parasitisme je renvoie à la Constitution du peuple français du 24 Juin 1793:
    http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/FR_04.htm et plus particulièrement à l’article 35:

    Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

  43. Passer rapidement d’un déficit budgétaire à deux chiffres à un excédent – comme on l’exige aujourd’hui de la Grèce, soit dit en passant – provoquerait à tout coup une récession de grande ampleur, ou pire encore. Comme la plupart de ses confrères, l’analyste Greg Ribbs de la Royal Bank of Scotland, constate avec pragmatisme ce que les politiques semblent encore refuser d’admettre. La politique budgétaire ayant atteint ses limites, le monétaire, c’est-à-dire les banques centrales, devra prendre le relais. Le niveau de la dette publique – mais aussi privée – dans le monde développé est tel que son remboursement à sa valeur actuelle est inenvisageable, à moins de vouloir tuer le malade à coup de saignées en prétendant le guérir. Le précédent de l’apurement des dettes de la seconde guerre mondiale – bien supérieures – montre sans équivoque quelle est la seule issue possible hors défaut de paiement. Elle requiert un taux de croissance nominal du PIB supérieur au taux d’intérêt. Ce qui en clair signifie une augmentation sensible de l’activité accompagné par une inflation soutenue. Willem Buiter, l’a rappelé récemment : aux USA la dette a été ramenée de 121% du PIB en 1946 à 31% en 1974. Dans ce désendettement nominal la contribution du facteur inflation a été aussi importante que celle de la croissance. Plus encore, la contribution budgétaire a été négative. Durant ces 28 ans, 20 exercices ont été déficitaires. Bien que cette conception ait été évacuée de la pensée économique dominante, il est urgent de se rappeler que la monnaie est une fonction, et non une ressource en quantité limitée, imposant de l’extérieur ses contraintes au destin des sociétés. Suspectant la complaisance des politiques, la très vertueuse Europe s’est privée du bras armé de la politique monétaire, en déléguant la responsabilité de la création de la monnaie au seul privé – crédité contre toute vraisemblance d’un meilleur jugement et d’une plus grande prudence en la matière. Funeste erreur. En multipliant sans retenue les créances, qui sont une autre forme de la monnaie, les banques ont gravement compromis la valeur de celle-ci, bien avant que la crise n’atteigne sa phase aigüe. Nous sommes ces jours-ci tympanisés de discours se présentant comme empreints d’un épais bon sens sur la nécessaire rigueur, bien que le mot soit banni, afin de mieux faire passer la chose. Mais, comme dans les années 1930, cette rationalité n’est qu’apparente : en exigeant d’insupportables ponctions sur l’activité pour rembourser une dette odieuse, l’appauvrissement généralisé est garanti, aussi bien pour les débiteurs que pour les créanciers. Le sacrifice de la souveraineté monétaire que l’Europe s’est imposée n’est plus de mise. La seule solution raisonnable passe par un dégonflement de la dette en utilisant les outils – tous les outils – à notre disposition : une cible d’inflation modérée et soutenue, accompagnée et facilitée par la monétisation. Et lorsque ce sont des banquiers, cette fois dégrisés, qui nous l’affirment, il convient de tendre l’oreille. Contre Info.

    par Greg Ribbs, Royal Bank of Scotland, mai 2010 – Extraits sélectionnés par FT Alphaville

    Si le marché cesse d’acheter des obligations d’État, les banques centrales devront le faire. Il n’y a pas d’autre solution. Au plan économique, les alternatives sont tout simplement trop dommageables pour qu’elles soient envisagées. Si les banques centrales n’achètent pas leur dette, les gouvernements seraient contraints de dégager un excédent budgétaire (requis pour faire face aux paiements des intérêts sur la dette existante). Imaginez le carnage si les grandes économies étaient contraintes de passer d’un déficit à deux chiffres à un excédent. C’est là un scénario du type Grande Dépression ou pire encore.

    Ne serait-ce que s’approcher de cette situation est trop terrible pour être envisagé. De ce fait, lorsque le coût des emprunts commencera à augmenter, comme cela a été le cas récemment dans la périphérie la zone euro, accroissant la difficulté pour lever des fonds, la contagion s’étend aux actions et aux marchés mondiaux de capitaux.

    Cette situation a contraint les gouvernements de la zone euro à promettre de mobiliser des fonds pour régler le problème. Le plan de sauvetage d’un milliard de dollars conserve un peu de crédibilité uniquement parce qu’il implique le FMI et les principaux pays européens qui bénéficient encore de coûts d’emprunt relativement bas.

    Cependant, ce plan n’aurait que peu d’effet si la BCE n’était pas impliquée. L’achat d’obligations d’État par la BCE (monétisation) est essentiel. La banque centrale est la source la plus crédible de fonds puisqu’elle peut créer de l’argent.

    Il est indéniable que l’action de la BCE cette semaine a montré plus clairement que jamais quelle est la menace réelle posée par le problème de la dette souveraine dans le monde.

    Lorsque les pressions vont s’accroitre, lorsque les rendements obligataires vont commencer à augmenter en raison des risques de défaut sur la dette souveraine, tous les pays, et pas seulement ceux de la zone euro, vont contraindre leurs banques centrales à acheter des obligations (monétiser).

    On peut gloser à n’en plus finir sur la stérilisation, mais lorsque les banques centrales seront contraintes d’emprunter cette voie, on peut être assuré qu’elles n’augmenteront pas les taux. Elles viseront des taux réels négatifs, et jusqu’à ce que la situation budgétaire soit remise en ordre, elles auront pour objectif la croissance du PIB nominal. Qu’elle provienne d’une hausse de l’inflation ou d’une croissance réelle n’aura que peu d’importance.

    Bien que l’inflation ne soit pas encore apparue, le cours de l’or nous indique que cette menace est bien réelle sur le long terme. A juste titre, les gens n’ont plus confiance dans la monnaie fiduciaire.

    ———————————————————————————-
    Avis d’expert. Le secteur financier et les agences de notation, dont l’extraordinaire clairvoyance nous a conduit où l’on sait, sont de retour sur le devant de la scène, toute honte bue, et réclament sans vergogne l’application immédiate de plans de rigueurs pour juguler une dette qu’ils jugent excessive, ce qui ne peut que casser une reprise encore fragile, avertit l’économiste Paul De Grauwe, qui rappelle que la dette souveraine n’a gonflé qu’en raison de l’insouciante prodigalité du secteur privé et non du public. « Derrière chaque euro supplémentaire de dette publique, il existe un euro de dette privée qui a été repris ou soutenu par l’Etat, » note-t-il, avant de conseiller instamment aux politiques de se défaire de la croyance que les marchés auraient toujours raison. Ecouter ces appels à la rigueur, appliquer les politiques d’austérité réclamées par la finance serait une politique à courte vue, met-il en garde, car les marchés « ne voient pas l’interdépendance de la dette publique et privée. En conséquence, ils contraignent aujourd’hui les gouvernements à s’engager trop tôt à réduire leurs dettes et les déficits, mettant ainsi en danger la solvabilité d’une grande partie du secteur privé. » — La génération d’hommes aujourd’hui aux postes de responsabilité a fait carrière à l’ère du Consensus de Washington. A de rares exceptions près, une fois passée la « grande peur », les vieux réflexes ont bien vite repris le dessus et les leçons prétendument apprises ont été vite oubliées. Voici venu le temps de restauration : retour aux fondamentaux monétaristes, moins d’Etat, rigueur budgétaire accrue, Pacte de Stabilité renforcé. Silence radio sur l’excès de dettes du privé, sur la financiarisation, sur la perte de substance des économies induite par la dérégulation du capital, qui sont les causes premières de la crise et des souffrances sociales. Si les enjeux n’étaient pas aussi sérieux, ont pourrait décrire tout ceci sur le mode tragi-comique. Une cohorte de petits maîtres, non plus poudrés et emperruqués, mais tout aussi conformistes dans leurs manies de langages et leurs codes vestimentaires, tout emplis de leurs certitudes, et chantant à nouveau les louanges de la main invisible, comme si rien ne s’était passé. Ah, parlons de la réduction des déficits ! Le beau sujet que voilà ! Et les spectateurs abasourdis de comptabiliser le nombre de fois où l’analogie idiote entre budget de l’Etat et budget des ménages sera doctement réitérée par les Diafoirus qui peuplent les plateaux de télévision. Mais il n’y a franchement pas matière à rire. Contre Info.

    Par Paul De Grauwe, Centre For European Policy Studies, 6 mai 2010

    Après le déclenchement de la crise financière, le consensus était général : les marchés financiers et les agences de notation avaient remarquablement échoué à inciter les investisseurs et les emprunteurs à prendre les bonnes décisions. Avant la crise, les marchés financiers ont donné à croire que la valeur des actifs allait augmenter indéfiniment et que les risques étaient faibles. Cette sous-estimation systématique des risques a conduit à une accumulation excessive de la dette privée et s’est finalement terminée par un crack. Après ces échecs lamentables on aurait pu s’attendre à ce que personne ne prenne plus au sérieux le jugement des marchés financiers et des agences de notation.

    C’est pourtant le contraire qui s’est produit. Les marchés financiers et les agences de notation sont de retour, et cette fois-ci se vengent. A ceci près que cette fois, ils font exactement le contraire de la façon dont ils agissaient avant l’irruption de la crise. Ils estiment désormais qu’un nombre croissant d’obligations souveraines sont à haut risque, ce qui conduit les investisseurs à vendre ces obligations, précipitant ainsi une crise de la dette dans la zone euro. Pourquoi donc les marchés financiers et les agences de notation qui se sont trompés de façon tellement spectaculaire avant la crise, lorsqu’ils sous-estimaient les risques, auraient-ils raison maintenant ? Ne seraient-ils pas en train de commettre l’erreur inverse, c’est à dire de surestimer de façon généralisée les risques, particulièrement sur le marché des obligations d’État ? Bien peu d’observateurs posent aujourd’hui cette question. La plupart semblent conditionnés à nouveau par l’idée que les marchés ont raison, surtout quand ils évaluent le risque de la dette publique.

    Bien sûr, il est vrai que les déficits publics et les niveaux d’endettement dans la zone euro, mais aussi aux États-Unis et au Royaume-Uni, ne sont pas soutenables, et qu’à un moment donné, il sera nécessaire de prendre certaines mesures visant à réduire ces déficits. Les marchés financiers et les agences de notation se focalisent aujourd’hui sur ce point.

    Mais ils ne tiennent pas compte de l’interdépendance qui lie la dette du gouvernement et la dette privée. La principale, sinon l’unique raison pour laquelle les dettes publiques ont explosé, c’est que les gouvernements ont jugé à juste titre qu’ils devaient accroitre leur endettement pour sauver le secteur privé, et en particulier, les établissements financiers. Derrière chaque euro supplémentaire de dette publique, il existe un euro de dette privée qui a été repris ou soutenu par l’Etat.

    Lorsqu’aujourd’hui les marchés financiers et les agences de notation augmentent la prime de risque sur la dette publique, ils obligent les gouvernements à réduire leur dette. Mais cela a pour effet de renvoyer la patate chaude de la dette insoutenable en direction du secteur privé, en particulier dans le système financier.

    De fait, pour chaque pourcent de prime de risque supplémentaire que les marchés financiers ajoutent à la dette publique, un pourcent de prime de risque supplémentaire devrait être ajouté à la dette privée. Les marchés financiers ne le font pas parce qu’ils ne voient pas l’interdépendance de la dette publique et privée. En conséquence, ils contraignent aujourd’hui les gouvernements à s’engager trop tôt à réduire leurs dettes et les déficits, mettant ainsi en danger la solvabilité d’une grande partie du secteur privé. En ce sens, les marchés financiers sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

    Ce problème est particulièrement aigu dans la zone euro. Les marchés financiers sont traumatisés par la tragédie grecque et sont en train d’imposer une austérité semblable aux autres marchés de la zone euro. Ce processus se développe par le biais des effets de contagion de la crise grecque. Sous la pression du jugement pourtant peu fiable des marchés financiers et des agences de notation, les gouvernements de la zone euro sont contraints l’un après l’autre de renoncer aux politiques budgétaires mises en place pour sauver le secteur privé. Dans ce processus, un nombre croissant de pays de la zone euro sont contraints de réduire leurs dépenses et d’augmenter les impôts à un moment où le secteur privé n’a pas encore récupéré. En imposant maintenant l’austérité, les marchés financiers rendent la reprise économique plus difficile, et rendent du même coup plus difficile le redressement des déficits publics et la réduction de la dette. Une dynamique déflationniste, porteuse d’échec, menace de gagner l’ensemble la zone euro.

    Peut-on mettre un terme à ce processus ? C’est possible. Mais pour y arriver, les gouvernements de la zone euro doivent se défaire de la vision imposée par les marchés financiers, selon laquelle la cause de l’actuelle crise de la dette publique a pour cause la prodigalité budgétaire passée de ces mêmes gouvernements.

    Tel n’est pas le cas. La cause de la crise de la dette publique est la prodigalité de larges segments du secteur privé, et en particulier du secteur financier. Le renforcement des mesures du Pacte de stabilité ne résoudra en rien ce problème.

    Afin d’enrayer la contagion de la crise de la dette publique dans la zone euro, il est également essentiel que les gouvernements considèrent ce problème comme étant collectif et les affecte tous. Les longues hésitations durant la gestion de la crise grecque ont intensifié les effets de contagion et ont déjà précipité un processus d’austérité budgétaire qui menace le secteur privé de la zone euro.

    Ce processus ne peut être arrêté que par l’obtention rapide d’un accord de soutien financier mutuel. Pour ce faire, il sera cependant aussi nécessaire de mettre de côté l’approche morale et affective de la question. Cette façon de voir a été largement partagée en Allemagne où le problème a été réduit à la question essentielle de savoir comment la Grèce devait être punie pour ses fautes passées. Le dernier plan de soutien financier décidé le week-end dernier semble mettre de côté ces objections morales et, espérons-le, aidera à la mise en oeuvre de politiques budgétaires adaptées dans la zone euro.

    ———————————————————————————-
    Alors inflation ou déflation?????
    Si la BCE fait du QE j’aurais tendance à dire inflation, mais si les plans d’austérité et la stagnation des salaires sont là je dirais deflation :

    bref pas évident!

    1. Eh ben moi, je ne suis pas de votre avis, c’est tellement évident que même les sourds entendraient et les aveugles retrouveraient la vue.

      Le premier pas vient d’être franchi:

      La BCE vient de monétiser, quitte a monétiser, rachetons les dettes au privé, puis remboursons les (l’état) avec le taux que la BCE prête au privé, et le problême sera en grande partie résolu.

      Cet intérêt servant à financer l’infrastructure BCE, si surplus, reversé au budget de la communauté.

      Et le Peuple, suffit de le vouloir.

    2. Jeanot…
      Vous oubliez ou ignoriez que le montant de la dette a tout simplement monté doucement…
      Doucement, tout doucement, jusqu’à 1,4 millions de milliards de dollars. (donnée estimée à la grosse qui peut être évidemment bien plus élevée, lorsque l’on sait que le « PIB » mondial est de 60 000 milliards de dollars)

      Tiens, pour le fun, faites juste le total des fortunes officielles des milliardaires et de ceux qui possèdent au moins juste 300 millions…
      En dessous, c’est de la plèbe.

      Vous voyez le gouffre ou faut-il que je vous précipite dedans pour que vous vous rendiez compte de la profondeur..???

      Et vous comprendrez ce que signifie un ponzi. Soit ce que personne de réellement humain ne peut gagner dans sa vie de façon honnête, voir même, soyons fous car généreux, malhonnête.

  44. really?

    “You have the great problem of a potential disintegration of the euro,” Volcker, 82, said in a speech in London yesterday. “The essential element of discipline in economic policy and in fiscal policy that was hoped for” has “so far not been rewarded in some countries.”

    Oh it has been rewarded all right. Greece lied for nearly a decade and got away with it. Spain, Portugal, Italy and Ireland all ran fiscal programs wildly beyond treaty limits and got away with it too.

    But that « reward » has come at the expense of Germany. And now there are claims that Sarcozy threatened to pull out of the Euro if Germany didn’t pay « in accordance to its abilities », a rather blatant reference to the foundational principles of Karl Marx!

    Germany has (hastily, I might add) denied the fist-pounding incident in a scene that reminds one of Herr Clinton and his fist-pounding « I…. did…. not… have…. sex…. with…. that…. woman! »
    http://market-ticker.denninger.net/archives/2317-Volcker-Euro-May-Distintegrate.html

  45. McKinsey a raison: il faut donner plus de pouvoir d’achat aux consommateurs pour stimuler le commerce et l’industrie intérieure, pour pouvoir relancer les investissments. Les gens se moquent avec quelle monnaie ils payeront leurs factures, euro ou pas euro, cela n’a aucune importance. Ce qui compte pour eux, c’est un marché de l’emploi rassurant, de vivre sans crainte de l’avenir, de pouvoir faire des plans pour leur futur. Mais je crains que le contraire est à l’agenda des décideurs politiques. Exemple Allemagne: elle a pratiquement dévalué l’euro par sa politique du dumping social, cela dope l’export. Cette politique permet a un certain nombre (restreint) d’acteurs économiques de s’enrichir, le reste se tiers-mondialisera avec le temps. C’est une politique voulue et défendue par la classe politique allemande, de droite comme de gauche (SPD). La classe politique se divise en plusieurs groupes: a) les ignards – ceux qui ne comprennent pas grande chose en économie, comme Madame Merkel par exemple -, b) les complices (nombreux, ayant de bonnes rélations avec la presse) et les fatalistes (acceptation du capitalisme sauvage comme le seul évangile après la chute du communisme). Les complices ont joué un rôle prépondérant dans le passé, souvent par ambition personnelle, car la politique est considéré comme tremplin vers des postes juteux dans l’économie privée. Mais le problème le plus crucial réside dans le fait que le citoyen moyen n’a pratiquement pas de connaissances en économie, il ne saisait pas ce qui se passe au niveau de l’économie mondiale, il est influencé par une presse manipulée par des lobbys de la finance et du patronat.

  46. celle là on ne pouvait pas la louper !
    un en-cravaté qui vous dit que tout va bien, mais qu’il faut juste se serrer la ceinture, je n’ai lu que la 1ère phrase….mais elle vaut son pesant !!!

    http://www.boursier.com/vals/OPCVM/francois-chaulet-directeur-general-de-montsegur-finance-interview-2696.htm

    Merci Mr Jorion pour toutes analyses, pour votre blog et vos intervenants ! mais en tant que « classe (très) moyenne », je ne sais pas ce que je peux faire contre ça…
    J’aimerais pourtant (reflet d’une large majorité de ceux qui vous lisent).

    Merci pour votre blog

    1. Quel dogme, et dire qu’on a payé pour les former, faut être … !!!!!!!!!! et ….. du pied gauche ça porte bonheur.

  47. http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/14/deficits-atteindre-3-du-pib-en-2013-serait-un-effort-sans-precedent_1351502_3234.html

    …..Si cette politique budgétaire est appliquée, on n’aura pas 2,5 % de croissance, mais entre 0 % et + 1 %. Et qui dit moins de croissance, dit moins de recettes fiscales », souligne Mathieu Plane. Il estime qu' »un point de PIB de moins représente 8 à 10 milliards d’euros en moins de recettes fiscales ». Or les recettes sont l’une des composantes du rééquilibrage du solde public.

    ….Par ailleurs, tenir l’objectif de réduction des dépenses publiques qu’a officialisé le gouvernement passe par une économie de 15 milliards d’euros par an, selon le calcul de Mathieu Plane. « Seules des coupes franches dans les dépenses de protection sociales (près de 50 % de la dépense publique) permettraient un ralentissement aussi marqué de la dépense publique », souligne-t-il.

    Le gouvernement y est-il prêt alors que le taux de chômage, notamment, reste élevé ?
    « Vouloir réduire à tout prix le déficit public en période de croissance fragile pourrait freiner l’activité et augmenter le chômage sans avoir les effets escomptés en matière de finances publiques, considère Mathieu Plane, qui conclut : S’il veut être crédible, l’objectif de réduction des déficits publics ne peut être dissocié d’un projet concret de réforme fiscale ou d’un projet de refonte de notre modèle social.

    Philippe Le Coeur

  48. @Paul Jorion

    Finira-t-on par intégrer la problématique du mode de production des élites dans la réflexion?

    Mon manque chronique de culture ne me permet pas de parler de beaucoup plus que du cas français, comme d’habitude, et m’oblige à employer une terminologie grossièrement marxiste pour dire ceci:

    Le bourgeois est incapable de penser autrement que comme un bourgeois, prenant « naturellement » le parti de défendre sa classe – contre les autres, bien entendu.

    Je m’explique: La capacité pour un individu décideur de cerner les problématiques des populations les plus modestes peut-elle exister sans une connaissance pratique de ces conditions de vie? Peut-il sincèrement comprendre ce qu’implique de vivre au salaire minimum – ou « mieux », aux minima sociaux – si jamais au cours de son existence il n’a été confronté à ce type d’enjeux?

    A mon sens, le thème de la « reproduction des élites », qui s’exprime également dans la notion de « l’ascenseur social cassé » trouve son écho dans les orientations choisies aux plus hauts niveaux de décisions. Le constat est simple: Combien de fils d’ouvriers aujourd’hui présents à la tête de sociétés du CAC 40? Membres du gouvernement ou à tout autre poste de haut niveau? Si quelqu’un a les chiffres… Je suis près à prendre le risque de dire qu’ils seraient édifiants.

    Une élite composée presque exclusivement d’héritiers, autrement dit de personnes jamais confrontées au besoin mais uniquement à l’envie au cours de leur vie, est-elle en mesure de comprendre les enjeux d’une population en situation de besoin et non d’envie? En d’autres termes, nos représentants sont-ils en mesure de nous représenter?

    Je crains bien que non, car j’ai la faiblesse de penser que l’empathie seule ne suffise pas.

    1. si vous commenciez par donner les 4/5ème de vos revenus aux pauvres d’Amérique du sud par exemple ?
      Si vous êtes pour la totale liberté d’immigration, pourquoi ne pas hébergez chez vous 5 ou 12 sans-papiers de Calais ?
      Si vous venez d’un milieu défavorisé et si vous avez pris l’ascenseur social, ne l’avez vous mérité à la force du poignet ?.
      Alors vous serez crédible dans vos péroraisons sur la pauvreté et la classe des ouvriers !
      La globalisation de l’économie est le « miracle » économique qui permet à des pays à bas niveau de vie d’augmenter leur pouvoir d’achat sans l’assistance condescendante des nantis.
      C’est un effet de vases communicants.
      Êtes-vous contre la pauvreté dans le monde ?
      Êtes-vous dans la même situation économique qu’un pauvre d’un pays sous-développé ou bien un petit bourgeois qui craint pour sa rente de situation ?

    2. Le gouvernement va autoriser les paris en ligne sur internet , grand progrès pour la démocratie !Une loi qu’il était urgent de promulguer !
      Tiens tiens , les heureux bénéficiaires de cette nouvelle liberté sont les amis du Fouquets . Quelle coïncidence !
      On se fout de notre poire !

    3. @Albin

      Je ne comprends ni les tenants ni les aboutissants de votre propos. Au mieux, je discerne que vous mélangez joyeusement les notions de solidarité et de charité, alors que leur distinction est simple: L’une est fondée sur un principe égalitaire, la seconde non. « L’assistance des nantis » n’est condescendante que dans ce second cas, précisément.

      Par ailleurs, l’argument  » puisque c’est pire ailleurs, vous n’avez pas à vous plaindre » me laisse totalement indifférent. C’est l’argument du moins-disant permanent, du nivellement par le bas, dont il apparaît de plus en plus clairement au fil de la crise qu’il participe activement aux mécanismes mortifères dont parle Paul.

      En l’occurrence la pauvreté dans les pays du sud ne s’est jamais si bien portée que depuis que ceux-ci ont été intégrés à l’économie mondiale (soit depuis la fin du XVème siècle et le début du commerce triangulaire).

      Enfin, je pensais naïvement que le principe de « vases communicants » – ou encore de redistribution par le haut – ne trompait plus personne. Je constate avec un léger grincement de dents que si. Êtes-vous au moins conscient d’énoncer par ce biais l’exact opposé du propos de notre hôte?

  49. Ce que vous dites, c’est ce que je pense dans mon coin, sans prétention aucune, depuis des années.C’ est ce que pensent aussi de plus en plus de citoyens, ayant un peu de connaissances en économie politique ou tout simplement qui sont plongés dans l’économie réelle et observent le monde qui les entoure avec bon sens.

    Mais il est très important qu’ un expert tel que vous confirme ces analyses. Les médias ont en effet joué un rîole considérable de désinformation et de lavage des cerveaux en faveur du néo libéralisme sauvage. Sur les plateaux de TV, tout au long des 30 piteuses, le même discours scandaleux et mensonger a été tenu.

    Ces soi disant experts ont obscurci le jugement des citoyens. Il est crucial que d’autres experts ayant compris la maxime de Rabelais :  » Science sans conscience, n’ est que ruine de l’ âme « , éclairent et accompagnent ces citoyens qui cherchent à échapper au harcèlement des  » maîtres  » qui veulent réduire l’ humanité à une multitude d’esclaves .

  50. @ P. Jaurion

    L’analyse est bonne dans sa finalité. la crise actuelle de la zone euro est le résultat du manque de pouvoir d’achat de ses habitants, ce même pouvoir d’achat à quant à lui disparu dans la mondialisation.

    Il faudrait d’autre part analyser les causes de cette mondialisation. Le temps me manque.

    Cette mondialisation voulue par les pays Anglo-Saxons début année 80 consistait brièvement:

    – libre circulation des capitaux, biens et services
    -réduction des déficits publics
    -réduction des dépenses budgétaires
    -dérégulation, dérèglementation
    -privatisation des services publics

    Mais il faut noter que sans L’ ACCORD de UE et la mise en musique par l’OMC ce procéssus n’aurait eu aucune chance d’aboutir. Il y avait donc une malformation congénitale à cette construction Europe

    Cette décision n’a pu être prise que par des décideurs Euro-Atlantistes que vous qualifiez actuellement d’ignorants ou d’imbéciles, je pense pourtant que vous pensez in fine au mot complicité car les dirigeants de l’UE sont tout sauf des imbéciles et des niais.

    Qu’avons nous actuellement comme grand homme politique qui aurait une vision du monde qui nous permettrait de dépasser le désespoir.

    Cette vision d’une Grande Europe si séduisante intellectuellement n’est en fin de compte qu’un conglomérat sans fin d’états aux intérêts divergents manipulés par les ETATS-UNIS.
    Il est à noter à ce sujet que seule l’intervention du Président OBAMA auprès de Mme MERKEL a débloqué la situation le week-end dernier sinon nous étions au bord d’un nouveau risque systémique.

  51. Bonjour

    Comme chaque vendredi, après avoir pris connaissance de la vidéo hebdomadaire de Paul Jorion, les marchés s’effondrent.

  52. Personnellement, je suis tout à fait d’accord avec Paul Jorion.

    Malheureusement le discours dominant est tout autre.
    En effet, il commence par culpabiliser les citoyens « feignants » (35h) et vivants à un niveau de vie trop élevé (par rapport aux pays à croissance forte).
    La conclusion de ce discours est que maintenant la fête est finie, il faut se serrer la ceinture et accepter (se résigner comme si rien d’autre n’est possible) de faire des sacrifices de se remettre au boulot etc.
    Mais il me semble que les dettes de l’état ainsi que le fonctionnement de l’économie ne dépend pas du citoyen, la plus belle preuve est le « non » au traité de Lisbonne qui a été ratifié peu après contre la volonté du peuple « souverain ».

    Il me semble donc que laisser se propager ce discours est intellectuellement honteux et c’est pour le combattre que j’écris ces quelques lignes.
    D’ailleurs, j’en profite pour saluer Monsieur Jorion et les participants de ce blog qui permettent à des internautes de réfléchir (chose rare et précieuse servant à contrer les effets du monde médiatique manipulé).

    Pour preuve que ce discours existe j’ai relevé un post sur abcbourse qui cite Ciceron:
    « Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré,
    la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.
    La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique.  »
    Cicéron – 55 AVANT JÉSUS CHRIST –

    1. Le plus amusant est que ce sont les mêmes que Cicéron qui nous racontent la même histoire aujourd’hui. Pour rappel, Cicéron était un parvenu ayant fait fortune grâce à la politique.

    2. Cette phrase attribuée à Cicéron est déjà mentionnée dans 98 sites sur la Toile, y compris de fort douteux (et circule dans ces messages volant en escadrilles qui encombrent les boîtes aux lettres). Mais quelqu’un nous donnerait-il, si elle est vraie, sa référence exacte. Ca nous éviterait de disserter sur un faux.

  53. De toute les manières, il fallait redescendre sur terre.
    Eh bien, faisons-le! Acceptons d’être TOUS plus pauvres. En nous comparant aux autres peuples de la terre, nous sommes tellement riches, et ça nous l’oublions, nous avons sans doute été trop gâtés… L’heure a peut-être sonnée de la pauvreté volontaire. Oui, je dis bien, soyons TOUS plus pauvres! Est-ce idiot comme idée? Je ne sais pas, à vous de le dire. Seulement, si être plus pauvre peut être envisageable, ce qui ne le serait pas ce serait de nous enlever l’espoir, la foi, le pouvoir de s’émerveiller et de se sentir TOUS unis par le sentiment d’être HUMAINS, des hommes, des femmes et des enfants qui n’aspirent qu’à bien vivre…

    1. Comment on fait quand le frigo est vide pour le rendre encore plus vide ?
      On le jette ?
      Les SDF pour être encore plus SDF ?
      Ils se mettent à poil ?
      (oui, Piotr, je sais c’est une habitude chez moi)

  54. Bonjour à tous et à toutes, et surtout à M. Jorion,
    qui nous a gratifié d’une lucide prise de position. Cela fait un bien immense de vous entendre, en ces temps de médiocrité intellectuelle de nos élites.
    Je me pose en outre la question du peu de réactivité des Etats-unis dans l’histoire: après tout, un euro faible pénalise leurs exportations.
    Pour rééquilibrer les fruits du travail et ainsi éviter que la finance draine l’ensemble de l’argent en dehors de la sphère économique, on peut proposer la chose suivante:
    – Il y a trois types d’acteurs dans le mode de production (on ne va pas compter l’Etat, ce sera plus simple): le travailleur, le manager (PDG ou chef d’entreprise) et l’actionnaire (et pas seulement dans les grands groupes).
    Durant les 30 glorieuses, il y a eu une connivence de fait entre ces trois personnes et la montée historique du taux de croissance a fait que cela a continué, jusqu’à la crise des 1970’s.
    Ensuite, il y a eu une coalition d’intérêt entre les PDG et les actionnaires (les derniers nommant les premiers et les premiers pouvant demander des rémunérations substantielles pour « devoir rendu ») en échange de quoi les actionnaires voulaient percevoir plus ou moins 15%. C’est ça qui a drainé l’argent normalement réparti vers les travailleurs vers le monde de la finance et qui a contracté les salaires dans le monde occidental.
    La proposition est simple: couper cette solidarité de fait entre dirigeants et actionnaires, et répartir équitablement les fruits du travail et SURTOUT les fruits de la productivité du travail (chose qui n’est pas faite aujourd’hui).

    Bref, l’avenir s’annonce noir, noir très noir. Je suis dans ma deuxième décennie et vois l’immense bordel que c’est devenu. Avis à la population des jeunes générations: ON VA MORFLER!

    1. @Arranah
      Félicitations pour votre intérêt à ce qui ce dit ici, en dépit de votre jeune age, vous n’y êtes pas si nombreux, je crois.
      Pour ce qui est de morfler, c’est probable mais vous ne serez pas tous seul, par contre vous avez une chance immense, celle de pourvoir construire autre chose, et personnellement, dans les périodes ou le moral est au Rendez vous, je trouve ça assez excitant, et vous ne serez pas tous seul non plus.
      C’est en tout cas le message que je passe à mes enfants et qu’on retrouve assez souvent sur le blog, si on le lit avec attention.
      Cordialement

    1. Avant d’être censuré…une petite plaisanterie.

      Ok pour ton invitation – pari  »choucroute » mais je crois que tu ne prends pas de risques.

      C’est un peu comme les centres commerciaux qui rembourseront la TV achetée si l’Equipe de France gagne la coupe du monde. Peu de risque de voir le scénario se réaliser.

      Bon Week-end

  55. Bonjour à Paul et à tous,

    Je ne suis pas économiste et lit votre blog depuis peu. Je souscris à votre analyse de la finance prédatrice, même si elle a permit à beaucoup d’entre nous, en maintenant des illusions, de ne pas trop se poser de questions ces dernières années.
    Mais il ne faut pas éluder un autre point du problème. Le niveau de vie atteint dans les sociétés occidentales n’a pu s’atteindre que par:
    – l’exploitation des autres pays (colonialisme)
    – une avance technologique considérable.
    Aucune de ces conditions ne se trouve satisfaites maintenant. Quand on voit le nombre d’ingénieurs que forment les pays émergents et le nombre de brevets qu’ils déposent, il y a vraiment des questions à se poser. Aussi, il faut considérer le système et les solutions préconisées en interactions avec cette réalité et avec le fait que le monde devient de plus en plus fini et donc de plus en plus concurentiel.
    Par exemple quand vous dites : « il faut distribuer du pouvoir d’achat », il faut préciser à qui, aux européens, aux chinois, au deux?
    En fait, la finance n’est-elle pas la dernière solution qu’ont trouvé les élites pour éviter un recul de l’occident?

    1. Votre dernière question n’est pas sans fondement .On peut aussi faire un parrallèle avec l’arsenal nucléaire .

      Mais l’avance des autres est-elle à concevoir comme un recul pour nous ?

      C’est d’ailleurs vraisemblablement notre enrichissement commun dans des conditions de vie pas trop éloignées qui peut être la solution au vrai désarmement nucléaire et à la non militarisation de l’espace .

      Mais bonsoir que c’est dur , quand on note les noms d’oiseaux qui ont volé et volent encore , entre l’Allemagne et la Grèce .

      Le G 20 peut il accoucher ce cette marche concertée , là où l’Europe bataille encore ?

    2. « Mais l’avance des autres est-elle à concevoir comme un recul pour nous ? »

      C’est bien la question et elle est plus générale que la stricte question financière. Je suis assez pessimiste sur la réponse à cette question dans l’univers de plus en plus fini qui est le notre (limitation des ressources énergétiques, circulation de l’information, …) conduisant à une compétition acrue pour l’accés à des modes de vie « meilleurs ».
      Je ne vois qu’une avancée technologique majeure pour adoucir les évolutions dans le moyen terme.

  56. Tant de choses qui sont encore bien dites mais où allons donc tous comme ça ?

    A tous ceux qui parlent de trop changer le visage de notre société, nous vous disons : commencez par donner l’exemple et on vous suivra si vous avez raison, ce qui pourrait déjà laisser sous-entendre que vous ne donnez guère mieux de bonnes choses en raison comme en prudence.

    Comme si la raison était toujours une question « d’avoir », les premières techniciennes de surface ne produisent pas toujours non plus des raisonnements sans fondement plus coûteux aussi à la prétention d’être plus « utiles » et indispensables que d’autres.

    Il n’y a pas non plus que le spatial, la lune, la biologie et surtout le médical marchand sonnant et trébuchant dans la vie, pourquoi vouloir continuellement pousser les gens à une certaine forme de chantage de plus en société, commencez d’abord par répondre à nos attentes et puis après nous vous écouterons.

    Rassurez-vous Paul vous ne serez bientôt plus du tout le seul à prêcher dans le désert j’attends d’ailleurs la résurrection des morts et le grand retour d’Elie et d’Enoch et cela malgré tout ce que vous faire à travers votre propre vocabulaire d’expression sur la crise, là croyez-moi nos élites l’auront bien plus en travers de la gorge et oui je crains fort que nous n’ayons pas encore tout vu.

    Quelle grande faillite morale surtout celle des grands pays riches de ceux qui auront surtout préférés d’abord élevés en principe de fausses valeurs de vie et de liberté pour le plus grand nombre en préférant même mieux vivre à l’écart des petits dans leurs banquets mais qui, dans leur continuel désir de pouvoir, de flatterie et de paraître auront bien employés tous les moyens supplémentaires pour mieux arriver à leur fin.

    N’êtes-vous parfois durement frappé, écœuré, indigné fort peu surpris de remarquer la même ressemblance de conduite à travers un bon nombre de nos dirigeants, aussi inimaginable et impensable tout cela ne pourra pas durer c’est évident surtout au rythme où vont les choses.

    C’est le mouvement, l’éducation, la norme, la tendance, l’emballement, le marketing, le mercantilisme à outrance, polluer les océans comme les esprits il n’y a d’ailleurs plus que cela qui compte de nos jours mais non rien de bien grave, dormez, dormez, encore et encore.

    C’est surtout la liberté d’un plus grand nombre de renards dans le poulailler en commencant et finissant bien par les premiers signes précurseurs de la Grèce et aux autres tremblements de terre sociaux bien plus inévitables à conjurer et des sociétés entières qui se mettent soudainement à vivre dans la peur de tout perdre du jour au lendemain. La tranquillité de l’esprit et des coeurs !

    Mais non je n’invente rien messieurs, il suffit simplement d’ouvrir les yeux ni même de ne plus rechercher à avoir raison sur autrui à la folie même d’une plus grande spéculation sur d’autres
    matières premières de plus mais quelle grande folie humaine.

    Comme tout ce sang répondu en plus pour un plus grand trafic d’armes sur terre, sommes-nous bien encore des Hommes ou des Bêtes, des Anges ou plutôt alors des Démons, l’aspect même physique des choses en sera naturellement changé, déformé c’est d’ailleurs très nettement visible partout sous le poids même d’une plus grande montagne d’iniquités.

    On ne peut pas bien évidemment continuellement faire entendre le même vocabulaire marchand
    aux êtres sans en être tôt ou tard bien affecter, surtout lorsque cela en devient de plus en plus infernal à supporter et à suivre pour beaucoup, n’arrivant d’ailleurs même plus à vous comprendre et à suivre sur les marchés, et une humanité bien plus pris au piège comment fait-on alors dans ces moments là pour mieux y échapper ?

    Beaucoup de peuples n’ont plus guère le cœur à la fête, qui achète encore du champagne de nos jours et des femmes et des mères qui se mettent-elles aussi à courir et à se prostituer toutes comme des folles, pauvres enfants déjà bien sacrifiés de ce monde pensons surtout d’abord à nos vieux jours à nos greniers bien remplis, mais non ils refuseront toujours de se repentir et que préfèrent-ils nous dire encore avec beaucoup de contradictions :

    « A tous ceux qui parlent de changer la société, je dis: commencez par donner l’exemple vous-même et on vous suivra si vous avez raison. Sinon vos paroles ne sont pas en accord avec vos actes et vous êtes des tartuffes ! « 

    A toi aussi le Soleil dans ton nouveau cycle de conduite n’en finit pas trop faire de l’ombre aux
    marchés qui s’affolent à la moindre petite pièce de monnaie de perdu aussi. Ce n’est pas non
    plus que j’aime beaucoup prêché le catastrophisme par pure amour de faire du mal aux gens
    du marché, mais faut bien parfois se rendre à l’évidence surtout au regard d’un bon nombre d’autistes, soyons-en sur cela va très mal finir, mais qui sont donc les plus grands faiseurs de catastrophe en série dans ce monde on ne peut pas plus continuellement nuire aux être et aux espèces comme ça, sans en subir tôt ou tard un plus grand nombre de conséquences dramatiques.

    Comment préfére-t-on encore payer et traiter de l’autre de nos jours, et on remplace encore et encore du jour au lendemain bien évidemment l’homme qui ne vous ressemble guère en conduite, oui je me demande parfois qui coutent vraiment le plus cher de nos jours et pour une collectivité.

    Le marché et surtout bien plus estimable à nos yeux que la propre raison d’un autre aussi peu ou plus religieux qu’un autre peu importe d’ailleurs son propre vocabulaire de penser ou d’expression sur la crise comme sur nos propres pratiques auto-suicidaires.

    Buvons et mangeons d’abord les meilleurs plats du monde et laissons encore bien des gens et des enfants de plus crever de faim et de soif, voilà donc surtout comment nous préférons mieux concevoir le bonheur des êtres en société, quelle bien étrange conception quand même de la réussite humaine en société, comme à travers une autre marque de plus à l’esprit.

    L’argent ne libère guère mieux le monde, à quoi servira-t-il à l’homme de gagner le monde ou mieux encore de vendre davantage son pays à d’autres gens s’il ne voit plus guère mieux l’homme et les choses en conscience.

    Je pense que ceux qui dirigent bien durement les autres de nos jours seront même sévèrement réprimandés demain voire même avec une extrême RIGUEUR de plus. A chacun sa propre marque, que les dirigeants du monde ne se glorifient pas trop quand même de leur position.

    Je ne pense pas non plus que les autres pommades cosmétiques de plus et à base de fœtus humain n’arrangeront les choses, évidemment à force un plus grand nombre en finiront par tomber malade surtout à la vue d’une autre grande marée noire; et des grandes villes, des empires entiers construit surtout du sable comme autrefois avec Babylone.

    C’est donc cela leur si noble idéaux de liberté et de raison sur les peuples et bien dis donc à quoi ressemblerait le monde sans eux c’est comme ça et pas autrement, comme il en sera toujours ainsi comment voulez-vous alors que les gens vous suivent plus longtemps et s’expriment plus différemment de vous, oui vraiment aucune rédemption possible pour certaines personnes
    comme ils sont bien habiles les dirigeants de la terre.

    Comme c’est tellement mieux inscrit sur le visage de beaucoup de gens.

    Allez encore et encore.

  57. Paul nous l’a annoncé dès mars 2009: ce capitalisme est mort. Son cadavre nous empuante depuis, et dès avant d’ailleurs, malgré les vains efforts des grands illusionnistes thanatopracteurs, politiques ou economistes, zélés serviteurs des charognards financiers et des hyènes ventrues et dominantes qui s’en disputent les entrailles goûteuses.
    On est entré dans la phase sociale et surtout politique. La résistance de tous va être mise à l’épreuve. Les derniers masques vont tomber. Le dernier acte imposera à chacun de jouer son rôle. Plus de spectateur distants. Plus de commentaires ironiques et neutres. C’est de vraie politique dont il s’agit, c’est à dire de poser des actes qui engagent un peu plus qu’un bulletin de vote. Demandez à l’avant garde grecque…
    Résister et se battre.

  58. @Paul Jorion

    Je vous sens quelque peu désemparé aujourd’hui, et frustré eu égard à l’absence de vision du personnel politique en place et à la non prise en compte de vos idées. Je pense que la barre était placée un peu haut : Henry Kissinger – que je suppose très apprécié sur ce blog – a dit en substance que le responsable politique, une fois au pouvoir, en était réduit à dépenser le capital intellectuel accumulé au long des années. Par charité, nous ne développerons pas les exemples qui nous viennent à l’esprit …

    Les grands caractères ne se manifestent que sur les crises matures. C’est encore un peu tôt, songeons aux exemples que vous avez cités ces derniers temps : Robespierre à l’été 93, De Gaulle en juin 40 (j’aurais pu dire juin 68, mais vous n’êtes pas d’humeur). Témoins passionnés, ils n’étaient pas en charge, et ont appris jusqu’au dernier moment. La poire n’est pas encore mûre. Continuez vos billets, continuez vos visites du soir (élargissez-les autant que possible).
    Et puis ce soir, la rumeur du monde est encore à de nouveaux vertiges. La peur du vide viendra, il faudra bien alors avoir des idées. Certains viendront vous voir….

    1. Je suppose que vous ironisiez quant à notre affection pour le bon Kissinger…
      De tous les mauvais coups de l’administration US pendant toute sa longue carrière (remember Allende et les Chicago boys à Santiago?) , il est pour moi le pendant à l’extérieur d’un Hedgar Hoover à l’intérieur. Il se permet de s’inviter encore au Bildenberg, ce vieux renard. Effectivement, quand à la naïveté des dirigeants, il a pu constater et en profiter…sans trop leur ouvrir les yeux! Espérons juste qu’il vivra assez pour apprécier le spectacle de la chute de son empire! On pourrait pt’et même le traduire avec sa clique devant la Cour Pénale Internationale de La Haye le pôv vieux… Dommage les US ont pas reconnu la CPI… Pas fous!
      Quant à l’humeur de Paul, je vois mal comment elle pourrait être plus rose ou moins morose devant l’immense gâchis contre lequel il ne peut plus rien. Le grand cheval de bois est entré dans la ville, avec les loups, « très chère Elvire », mon cher François. Depuis 6 ans Paul sonne le tocsin. Pour rien. Si ce n’est le bonheur consolateur -pour nous en tout cas si ce n’est pour lui- de nous éclairer et nous rendre témoins de son combat.
      Il sait que le seuil critique dans la dynamique de rétroaction implosive du système est dépassé. La réaction en chaîne est devenue inéluctable. Nulle interdiction des paris sur les prix ne serait agissante maintenant. Je j’ai dit plus haut, c’est bien de pure politique de guerre dont nous avons besoin. À la limite un Robespierre comme vous dites. Mais je ne crois pas qu’ils s’enquèrirait des lumières de Paul dans l’immédiat. Plutôt après, pour une constituante « Jorrionène » voire même, soyons fous, « Jorrioniste »!
      Voilà deux ans que je consulte ce blog de façon systématique et même compulsive, sans jamais commenter, mais je sens une urgence…
      Cordialement.

  59. @ P. Jorion

    […] « Le luxe à l’échelle totale ne représente pas grand-chose » […]

    .
    Ce dire me surprend puisque vous parlez « d’échelle totale » j’entends donc planétaire.
    À cette échelle là, le luxe est l’eau potable, un toit digne de ce nom, l’électricité, et un repas calorique, l’éducation, la santé, plus la solidarité des aléas de la vie. Bref tout ce qui est « classé » dans l’ordre du « primaire » dans nos contrées de luxe.
    Mais à l’échelle des 25 de l’OCDE, ce qui est « luxe » ne me parait pas pour autant anodin. Trancher une définition du « luxe »détachée de la fabrique mainstream de l’offre comme de la demande, serait-il un projet utopiste, luxueux ou de nécessiteux ?

    Autre chose

    […] « Ce qui fait critiquer, ce n’est pas l’envie » […]

    .
    Ah bon ! Il y aurait donc autre chose ? Pas simple d’interroger la perte et le manque quand presque tout est construit pour y parer !

    […] « Les décideurs ont décidé d’ignorer ce qui se dit là » […] Qu’ils ne viennent sas s’étonner des réactions que ça peut susciter parce que ces réactions sont liées à l’inanité, la stupidité, l’incompréhension, l’ignorance, la brutalité des décisions […]

    .
    Je doute qu’une mère ait congelé son bébé avant qu’il y ait eu des embryons congelés. Les actes sont liés à l’ambiance technologique et sociale (Hiroshima ou le Rwanda). La 5ème attaque d’enfants dans des écoles en Chine peut être lue comme une réaction folle mais raisonnée et ciblée à l’endroit de la vitrine qu’elle lézarde. Le droit à un seul enfant, des écoles réservées aux privilégiés locaux, désignent ces enfants comme icônes. À rapprocher des destructions des effigies lors des jacqueries moyenâgeuses et aux déprédations sur les symboles publics dans les banlieues. Pour l’instant quelques-uns retournent contre eux la violence qui leur est faite (les suicides), ça pourrait bien s’inverser et se retourner contre l’envoyeur, à condition qu’il soit plus visible : c’est loin d’être le K ! il manque l’adresse et le mode d’emploi.
    Merci d’y concourir, ça fait un peu d’air frais.

    1. Votre sagacité et la rigueur de votre analyse critique est impeccable. Mais un tantinet injuste puisqu’appliquée à une intervention improvisée de Paul plus soucieux de transmettre l’émotion d’un moment que de se tracasser du caractère ambigu du concept de luxe suivant son cadre référant, ou de développer une approche pseudo-situ pour aborder la problématique critique/envie/jouir impératif/révolte dans un cadre de société de marché néo-libérale agrémentée d’un état policier…
      Non dénué d’une certaine mauvaise foi qui plus est, puisque vous savez finalement, sans trop m’avancer, qu’il serait probablement d’accord sur le fond de vos remarques.
      D’accord en tous points sur votre dernier §. La violence symboliques, chère à Bourdieu, peut se retourner sur les symboles. Comme sur ceux qui la produisent et croient innocemment en profiter pour maintenir leur pouvoir. À ce sujet le pouvoir s’apprête à pénaliser toute atteinte au drapeau et à l’hymne national… Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre..
      Cordialement.

    2. @vigneron, merci de vos remarques mais : 1/ je n’ignore pas que P. Jorion a d’autres priorités que de répondre à ce qui lui semble adressé, même s’il témoigne qu’il le lit et que ça peut contribuer à sa réflexion. 2/ le public du blog semble occuper la fonction de la dritte person à l’exclusion des envois de Jorion Leclerc et quelques autres ; je n’ignore pas qu’il existe un au-delà de l’adresse explicite. J’ignore la comptabilité réelle (elle existe ?) du « luxe » dans le pnb mondial mais entendre que ça représente pas grand-chose, m’a surpris. Lire de « l’injuste » ou m’imputer « une mauvaise foi » vous établit en porte parole de P. Jorion et si je conçois que vous savez son dire mieux que moi, j’ai peine à croire que mieux que lui. Mon fournisseur n’est pas Bourdieu mais du coté des élèves et épigones de Lacan et Freud. Oui, le pouvoir va rater l’affaire avec les atteintes aux symboles mais laisser faire impunément auraient quelles conséquences ? Pour l’État policier, vous exagérez !

    3. @pvin
      Je conçois d’avoir, avec légèreté, et abusivement, endossé l’habit du disciple volant au secours de P.Jorion. Et cela simplement pour manifester l’agacerie que constituait pour moi votre « pas de coté » et votre intransigeance, finalement lacanienne, que vous y exprimiez si finement. Dont acte. J’en bats ma coulpe…
      Cordialement;

    4. @vigneron : le « pas de coté » est ce qu’on peut espérer dans un débat pour en déplacer les coordonnées et en renouveler les termes. Le style Jorion ne prête pas au culte de la personnalité, mais il existe une demande. Le compromis n’est pas ma tasse de thé mais comme tout le monde, je ne cesse d’en faire pour vivre avec les autres, mais il y a des parasites pour lesquels j’attends de l’intransigeance : la bouse ou la vie : ni l’un, ni l’autre…je ne corrige pas le lapsus clavieri. Pour l’adjectif lacanienne, bof ici n’est pas le lieu pour ce clochemerle là. Pour les compliments, je m’en fait peu, idem aux autres qui en souffrent parfois, et ceux que je reçois m’embarrassent ! Cordialement

  60. Bonjour M. Jorion, ouf vous existez !
    dans ces temps de morosité, aujourd’hui je suis heureuse : non seulement j’ai découvert un blog génial, un intervenant de qualité (ça nous change des hommes-politiques-imbus-de-pouvoir-banquiers-véreux-financiers-se-foutant-de-notre-g.-et-ceux-qui-colportent-profitent-médiocrité-cupidité, etc…), mais en plus c’est mon fils qui m’a envoyé votre intervention du 14 mai en me disant qu’il fallait lire et faire circuler. Non seulement je vais lui obéir, et faire circuler à toutes les personnes que j’ai dans mon carnet d’adresses mais rajouter mon grain de sel, ou de sable, en espérant simplement qu’à un moment donné cette quantité de sable en mouvance fera bouger l’histoire qui en a besoin. Par contre, j’ai bien peur que l’animal bascule dans ce sable mouvant, et j’ai encore plus peur que les parasites s’en tirent à bon compte.
    Aujourd’hui je suis une « femme-animale » et au nom de la crise (des crises) j’ai perdu mon boulot : votre logique est infernale et je me rends compte que je suis infestée par la vermine.
    C’est quoi le vermifuge radical qu’il faut que j’ingurgite pour me débarrasser des parasites, c’est où (à part votre blog) que tous les animaux doivent aller pour l’avaler et se donner la patte, pardon le mot.
    Je deviens une adepte du temps qu’il fait : good news !

  61. En biologie, un parasite est un organisme vivant qui se nourrit, s’abrite ou se reproduit en établissant une interaction durable avec un autre organisme (l’hôte). Parmi les parasites sont classés les mutualistes, qui ont une relation de profit mutuel. La relation hôte/parasite n’est pas nécessairement délétère pour l’hôte, comme dans le cas du commensalisme.

    Le commensalisme (du latin co-, « avec » et mensa, « table », e.g. « compagnon de table ») est un type d’interaction biologique naturelle et fréquente ou systématique entre deux êtres vivants dans laquelle l’hôte fournit une partie de sa propre nourriture au commensal : il n’obtient en revanche aucune contrepartie évidente de ce dernier (le bénéfice de cette relation n’est pas réciproque).

    Un organisme est dit saprophyte (σαπρός – sapros: décomposé, φῠτόν – phuton: plante) s’il est capable de se nourrir de matière organique en décomposition.

    Le capitalisme est donc très sûrement condamné à muter de sa forme parasitaire commensaliste à la forme saprophyte…. Ah! Les mots et leur musique!

    1. Cette approche du parasitisme en biologie est récente et – à mon humble avis – introduit de la confusion. Pour que les choses soient plus claires, il convient de préciser que le « parasitisme mutualiste » est ce qu’on appelait autrefois le phénomène de symbiose.

    2. @dissonance
      Le terme symbiose fut proposé par le botaniste allemand Anton de Bary en 1879, et décrivait alors la vie en association de différents organismes. Cette définition incluait donc le parasitisme. Aujourd’hui, la notion de symbiose est à tort restreinte aux associations à bénéfice mutuel et, dans son sens strict, de type obligatoire ; les symbiotes ne pouvant survivre séparément.

      En ce sens, la symbiose n’est pas une association à bénéfices réciproques (« gagnant et gagnant ») comme habituellement énoncé. Elle l’est dans le sens où « survivre c’est transformer les inconvénients en avantages et éviter que les avantages deviennent des inconvénients », pour éventuellement se survivre.

      Selon la biologiste Lynn Margulis, célèbre pour son travail sur l’endosymbiose, la symbiose est un facteur clé de l’évolution des espèces. Elle considère que la théorie darwinienne, axée sur la compétition, est incomplète, et affirme qu’au contraire, l’évolution est orientée par des phénomènes de coopération, d‘interaction et de dépendance mutuelle entre organismes vivants[.

      À tous les niveaux d’organisation du vivant, seuls survivent, et se survivent, les associations à avantages et inconvénients réciproques et partagés.
      Source : Wikipédia

    3. Certainement selon Wiki et merci pour votre intéressant billet :

      Le fait que la mitochondrie possède son ADN propre, comme les chloroplastes, indique une origine exogène : il est maintenant admis que les mitochondries proviennent de l’endosymbiose d’une α-protéobactérie il y a environ 2 milliards d’années. La théorie endosymbiotique de l’origine des mitochondries, a été développée et argumentée par Lynn Margulis dès 1966, puis a été appuyée par la découverte de l’ADN spécifique des mitochondries en 1980. Il semble qu’au cours de l’évolution l’ADN originel de la bactérie ait subi diverses évolutions, perdu un grand nombres de gènes, parfois transféré dans l’ADN de la cellule hôte. Parallèlement à ce report de la synthèse de certaines protéines vers l’hôte, ce dernier a développé un arsenal de translocases, enzymes permettant le transfert de ces protéines vers la matrice mitochondriale.

  62. Arrêt sur images aujourd’hui : « Nationaliser les banques ? Bonne idée… »
    Frédéric Lordon et Nicolas Cori (Libé) sur le plateau.

    Il est question de M. Jorion.
    N’étant pas économiste ou journaliste spécialiste des questions économiques – en analysant les propos peu fulgurants et imprécis de M. Cori, on se dit quand même qu’on pourrait aisément être journaliste à Libé -, on peut à la fois dire du bien de MM. Jorion et Lordon. Et le brillant M. Lordon a du mal…

  63. Bonsoir,

    Finalement c’est un problème de répartition des revenus, cette fois-ci ce sont ceux des financiers (qui étant moins nombreux seront certainement isolés puis proscrits comme parasites), demain les retraités (avez-vous noté que le retraité moyen gagne mieux sa vie que l’actif moyen en France, je vous épargne l’analyse fiscale ensuite), ensuite les fonctionnaires ou les professions de santé.
    Finalement nous tous nous essayons de nous trouver une niche sur laquelle nous pensons gagner plus que les autres à terme.
    La répartition des revenus c’est un problème souvent abordé dans la démocratie et nos politiques en parlent toujours (actuellement c’est le CARE qui tient la corde).
    Mais alors il y a une chose que je ne comprend pas. La crise actuelle c’est une crise de la dette (dont profite les méchants financiers aujourd’hui). Qui a décidé que la Grèce (et demain la France) s’endette à ce point ? N’est-ce pas le système démocratique avec des élus qui ne peuvent gouverner avec un programme rigoureux mais avec toujours plus de pension, de prime, de protection sociale… et donc de dépendance par rapport à l’état qui est endetté pour nous satisfaire tous. Alors maintenant j’ai plutôt l’impression que l’on va passer à la caisse ce qui n’empêche pas que votre analyse soit judicieuse concernant les parasites… mais au final il y a parasite parce que peut-être au départ on laisse certaine plaie ouverte pour qu’ils en profitent ?
    Imaginons que nous supprimions les parasites… est-ce que le problème de la dette destinée à payer les charges courantes est résolu ? Est ce que moi je trouverai toujours que la répartition des revenus est correcte ? J’ai l’impression que l’on a un peu abusé du système… et que depuis un certain temps on a oublié de travailler.
    Merci dans tous les cas pour votre avis éclairé.

    1. Non, on n’a pas oublié de travailler. Demandez dans votre entourage, s’il y en a, si ceux qui ont perdu leur emploi avaient oublié de travailler ?

      Sans protection sociale, parce que la productivité a beaucoup augmenté (révolution numérique) le plein emploi ne serait de toutes façons pas un objectif atteignable si on raisonne au niveau mondial. Il y a bien quelques pays avant la crise dont les taux de chômage étaient faibles, mais à quel prix ? Au prix du chômage et de la déflation salariale ailleurs et / de la paupérisation de couches sociales chez eux. Avec le système financier qui s’est développé de façon hypertrophié depuis quelques décennies le système fonctionne sur un mode inégalitaire.

      Les richesses produites sont concentrées en quelques lieux, sur quelques classes sociales. C’est là que se trouve le noeux du problème. Comme l’a très bien expliqué Paul dans sa vidéo du jour l’endettement provient du fait qu’il a fallu trouver un mécanisme pour compenser les manques à gagner salariaux causés par la prédation des entrepreneurs et des investisseurs opérée sur le groupe des salariés, et ce mécanisme c’est le crédit à la consommation puis toutes les techniques financières qui se sont greffées dessus, principalement celles qui concernent le marché très lucratif de la dette, comme la tritisation des dettes, laquelle consiste à diluer le risque à l’échelle du système globalisé tout entier, avec au final un risque systèmique. Et nous voilà dans la crise la plus aigüe depuis 1929 ! Cette crise est désormais en passe de dépasser la précédente par son ampleur et ses conséquences, puisque c’est la survie du système qui est en jeu.

      La protection sociale qui selon vous serait trop élevée et à laquelle vous attribuez la faute initiale n’est franchement pas le problème. Au contraire, comme Sarkozy et d’autres à droite l’on reconnu au début de la crise (pour vite l’oublier ! ) c’est parce que certains pays disposent d’un système de protection sociale développé que les effets de la crise ont pu être atténués dans un premier temps.
      La protection sociale ne fait donc que compenser quelque peu — pas assez donc — baisse ou stagnation des salaires. Sans la protection sociale, le niveau de la consommation baisserait. IL faut cesser d’analyser les dépenses de l’Etat, j’entends les dépenses productives et redistributives, comme simplement des dépenses. Toutes ces sommes sont réinjectées dans l’économie, elles donnent du pouvoir d’achat à des catégories de population (pauvres, chômeurs, malades) qui sinon seraient dans la panade. Elle participent donc à la création de la richesse nationale. Les étiquettes que l’on met sur les choses ont aussi leur importance.

      Il faut donc distinguer très clairement ces dépenses utiles des dépenses contreproductives qui sont celles notamment dévolues à la charge de la dette, autrement dit les intérêts à payer aux banques, lesquelles banques se refinancent auprès de la banque centrale à un coût modique, achevant de soumettre les Etats à la logique des marchés.

    2. à Pierre-Yves

      Je ne dis pas qu’il faut supprimer votre assistance sociale… je dis simplement que nous ne pouvons plus la financer par la dette pure (désolé si vous en profitez). Concernant l’emploi il est juste que nous devons solutionner le problème, je ne le nie pas mais de grâce la ritournelle de la dépense utile qui amortie mais n’est pas financée… cela va simplement s’arrêter. Désolé d’être aussi simpliste !

  64. @ Paul Jorion
    Vous avez mille fois raison, il est temps de leur rappeler que la paix sociale à un prix. Que feront ils de leur argent tous ces parasites quand ils ne pourront plus faire un pas dans la rue, quand les magasins seront vides et qu’ils étoufferont sous leurs ordures ménagères? Il y a hélas une autre « solution » que tout le monde connait : la guerre. Et encore hélas, ils sont loin de l’ignorer celle là nos dirigeants. En ces temps propices à la révolte pour ne pas dire révolution, souvenons nous de Gandhi, la non coopération passive et non violente est la seule alternative digne pour un peuple acculé à la rébellion. Préparons nous non à la lutte mais au jeûne ; une grève générale au niveau de la zone euro serait un bon coup de semonce, même pas de manif, rien, tout le monde reste chez soi aller ! 48 h pour commencer!!! On verra bien comment ils supportent l’hypoglycémie nos parasites!

  65. Consumérisme
    (Faire l’Autruche, Avertissement)
    extraits de l’ouvrage de Bernard Stiegler « pour une nouvelle critique de l’économie politique », Galilée 2009.

    {Tandis qu’} ont lieu des débats économiques et politiques dans les pays du monde entier à propos de « plan de relance » qu’il convient d’engager pour limiter les effets destructeurs de la première crise économique planétaire des sociétés industrielles capitalistes. Or lorsque, dans ces débats, on oppose « relance par l’investissement » et « relance par la consommation », on confond deux questions tout à fait distinctes, qu’il faut traitre simultanément mais sur deux échelles de temps différente, ce qui est d’autant plus difficile que la crise présente signe la fin du modèle consumériste

    La fin du consumérisme est ce dont les partisans d’une relance par la consommation ne veulent pas entendre parler. Mais le gouvernement français, qui prône une relance par l’investissement, n’envisage pas plus que les partisans de la relance par la consommation de remettre en cause le modèle industriel consumériste. La « relance par l’investissement » à la française (…) argumente que la meilleure manière desauver la consommation c’est d’investir — c’est à dire de reconstituer de la « profitabilité », et par là même un dynamisme entrepreneurial lui-même fondé sur le consumérisme et son pendant, le productivisme piloté par le marché.

    Autrement dit, cet « investissement » ne propose aucune vision à long terme qui tirerait les leçons de l’effondrement du modèle industriel fondé sur l’automobile, le pétrole, l’aménagement du territoire basé sur les réseaux autoroutiers et les réseaux hertziens des industries culturelles — ensemble qui formait la base du consumérisme, mais qui est devenu caduc, comme c’est apparu au cours de l’automne 2008. Autrement dit cet « investissement » n’est pas un investissement, c’est au contraire un désinvestissement — une démission , et qui consiste à faire l’autruche .

    (…) une idéologie agonisante(…) maintient sous perfusion un modèle devenu autodestructeur (…) en déniant que ce modèle consumériste est désormais massivement toxique (bien au-delà des « actifs toxiques ») parce qu’il est arrivé à ses limites. Il s’agit de le dénier pour maintenir les profits colossaux qu’il rapporte encore à ceux qui l’exploitent.

    Le modèle consumériste est arrivé à ses limites parce qu’il est massivement court-termise

    , parce qu’il engendre du même coup une bêtise systémique qui empêche structurellement la reconstitution d’un horizon de long terme .
    (…) [cela vise à ] renouveler le parc industriel amorti sans rien modifer (…) ce qui permettra (…) de reconduire des rentes (…).
    On l’espère mais ce sont là des espoirs d’autruche. Le véritable objet du débat (..) est le dépassement du court-termisme auquel a conduit le consumérisme intrinsèquement destructeur de tout investissement véritable — c’est à dire investissment dans le futur — ce qui s’est traduit systémiquement et non accidentellement, par la décomposition des investissements en spéculations.

    Qu’il faille, pour éviter une catastrophe (…) relancer la consommation et la machine économique telle qu’elle est encore , c’est une question aussi urgente que légitime, pour autant cependant qu’elle ne consiste pas à aggraver la situation à coup de milliers de milliards d’euros ou de dollars, et en dissimulant une vraie question, qui est de produire une vision et une volonté politique capables de progressivement sortirdu complexe économico-politique de la consommation pour entrer dans le complexe d’un nouveau type d’investissement , qui doit être un investissement social et politique, un investissement du désir commun autrement dit , c’est à dire de ce qu’Aristote appelait la philia (…).

    Assez d’actualité, non ? la suite est un peu chère (17 euros).
    Voyant l’évolution des constats sur ce blog, je ne peux que conseiller à ceux qui n’ont pas trop peur de difficulté dans la phraséologie (devenues bénignes dans cet opuscule) d’aller-z-y voir.

    1. @timiota
      Je crois que je vais investir 17 €. Ca fait un bon moment que ce débat entre relance par la « consommation » versus « par l’investissement », m’énerve, et je ne vois pas, chez ceux qui devraient en avoir, des idées claires pour en sortir (je pense ici à l’écologie politique).
      Alors pourquoi pas la philosophie, Paul Jorion a ouvert récemment une brèche en moi (et je l’en remercie), autant en profiter.

      Cordialement,

    2. « consommation » versus « par l’investissement », l’écologie politique
      Pourquoi pas les trois???
      On peu consommer des ressources afin d’investir dans une productivité des ressourcesproductivité des ressources tout en allnt vers les idées de l’écologie politique (tant que ce n’est pas seulement une relance industrielle verte)

  66. Citation de l’extrait de la vidéo du 14 mai 2010 par Mr Paul Jorion :
    <>.

    -Ce sont des imbéciles ?
    -Il s’agit d’un plan ?

    Citations :
    cincinatus dit :
    14 mai 2010 à 11:51

    Il y a plusieurs raisons pour lesquelles nos dirigeants restent dans un autisme borné:
    « 1) Leur culture est une culture de soumission avant tout. »

    Soumission envers qui, envers quoi ? (l’argent ? une position ?)

    « 2) Dépendant du niveau décisionnel où ils sont, ils jouent ce qu’ils croient être la sécurité pour leur job. »

    Cela est fort probable.

    « 3) Ils sont convaincus qu’il n’y a pas d’autre issue. »

    On peut se tromper, 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, d’accord ? 40 ans ? Nos dirigeants peuvent-ils se tromper pendant tant d’années ? Non.

    « 4) S’ils croient à une autre issue, c’est peut-être au niveau individuel mais en aucun cas collectif. »

    Oui, c’est aussi probable, et cela rejoint la seconde possibilité.

    5) A cause de ce qui précède, c’est toujours à la dernière minute que les décisions sont prises…….à minima.

    Pourquoi continuer à faire les mêmes erreurs ? Que peut-on dire à un enfant qui rend ses devoirs toujours en retard ? « Tu n’avais qu’a prévoir », comme le dit Mr Paul Jorion, les informations sont disponibles. On peut les dégoter fraichement dans de petites librairies.

    « 6) Enfin, nous savons tous, confusément, que la fin du monde n’est pas pour demain. De ce fait, les décisions ….à minima ne changeront pas grand chose…sauf à court terme…or c’est le court terme qui les intéresses (Ne dit-on pas : Après nous le déluge). »

    La logique du « court-terme » est intéressante pour ceux qui n’ont aucune responsabilité. Qui tire la couverture trop près de soi ?

    Alors, si nos chers et tendres dirigeants ne sont pas stupides, ce qui va de soi ! Si ils ne prennent pas la peine d’appliquer les notions les plus basiques de l’économie pour réorganiser ce foutoir. Que peut-on en déduire ?

    L’objectif, la finalité c’est donc l’argent, mais quant est-il lorsque l’on en possède comme Picsou ? Plus d’argent pourquoi ? L’argent n’est pas une finalité, le pouvoir oui. Le pouvoir s’organise moins coercitivement que la violence financière, mais il se planifie, il se construit.

    Le pouvoir, c’est ca ! Le reste n’est qu’un jeu, le dow jones est un jeu.

    L’Europe a un nouvel œil.

    1. @Dontgiveup

      Bonjour,

      Plutôt « qu’en est il », ça passe mieux à l’oreille.
      A part ça, je ne suis pas loin de partager votre approche de la réalité.

      Cordialement

  67. En ces temps de malheur,

    Plus je prends le temps d’écouter la mer et de regarder le ciel comme de compter de temps en temps les petits trèfles à quatre feuilles et plus cela repose mon corps et mon esprit avons-nous bien encore le temps de nos jours de mieux vivre au raz des paquerettes, afin de pouvoir faire attention aux autres signes qui nous sont adressés gratuitement par Dame nature avant que ….

    Pourquoi irais-je encore écouter le même genre de propos des grands dirigeants de ce monde on
    ne change pas mieux les choses dans un vocabulaire et un costume guère peu différent de l’autre à l’antenne pilule rouge ou pilule bleue et puis après en sommes-nous toujours bien récompensés par des ronds de cuir. Quand bien même vous rechercheriez à entreprendre modestement quelque chose.

    Pourquoi vouloir faire travailler davantage les gens dans la rigueur de plus mais qui donc peut encore s’offrir le luxe d’aller au restaurant avec ses enfants et sa belle mère, consommer pour être plus heureux et se sentir mieux en société soit, mais comment à force d’être de plus en plus mal payé et traité quelle bien étrance conception du travail et du marché à faire aimer aux autres.

    Vite, vite dépéchons-nous surtout de faire travailler d’autres nations de plus dans la rigueur sinon ce sera alors un plus grand plouf systèmique. Et si j’apprennais déjà la perspective de mieux vivre sans toutes ces choses superflus peut-être alors que cela me touchera moins lorsque tout cela s’écroulera à Babylone et plus tôt sera le mieux je pense si bien sur le compte y est.

    La vérité c’est que nous avons tous trop peur de nos jours de ne plus pouvoir payer les factures, vous comme moi alors bien évidemment plus personne ne trouve réellement le courage spirituel de s’arrêter, de dire stop cela suffit maintenant on n’est pas non plus tous des bêtes, pour les marchands du temple.

    C’est aussi un très grand nombre d’hommes maintenant sur terre ayant peur de plus pouvoir payer une plus grande facture d’eau salée. surtout avant un certain age vous n’avez plus guère le droit de l’ouvrir pour les déranger, buvons bien amèrement la tasse.

  68. Bonjour,

    La raison pour laquelle les mesures qui permettraient de rééquilibrer la distribution des richesses au profit des salaires ne sont pas prises me semble simple: aucun pays ne pourrait prendre de telles mesures seul. Cela équivaudrait en effet à un suicide dans l’état actuel des choses: les capitaux fuiraient immédiatement vers les pays n’ayant pas pris de telles mesures. La finance attaquerait directement ce pays en faisant monter les taux d’intérêt de celui-ci etc…

    En effet, le capital est un élément mobile (certes, parce qu’on a créé les régles de cette mobilité, mais aujourd’hui les choses sont ainsi). Celui-ci tendra donc toujours à se positionner là où sa rentabilité est maximum.

    Il est donc impossible aujourd’hui pour un état de décider d’augmenter les salaires.

    En ce qui concerne le second volet de mesures visant à récupérer la richesse déjà captée par une tranche limitée de la population, là encore la mobilité des agents qui la possèdent rendrait inefficace toute tentative. Concrêtement, c’est l’effet Johnny en Suisse. L’Etat augmente l’ISF ? Inacceptable, je vais vivre en Suisse. Les riches déménagent plus facilement que les Smicards.

    On a fait de l’argent un parasite extrêmement mobile. Hors, les lois des Etats ne s’exercent que sur le territoire de ces Etats. Elles sont donc inefficaces pour combattre le parasite: celui-ci migrera instantanément vers l’environnement le plus profitable.

    Alors que faire ?

    Les décisions doivent se prendre au niveau Européen. De plus, l’Europe doit aussi préalablement contrôler les échanges de capitaux avec son extérieur.

    Mais pour ce faire, il faut un gouvernement Européen, car ces décisions ne peuvent être prises que par un processus démocratique: ce n’est pas l’élite qui profite de la situation actuelle qui va se faire harakiri.

    Hors, il n’y a pas de Nation Européenne. De Gaulle l’avait bien dit, démocratie et nation se confondent. La démocratie, c’est accepter le choix de la majorité car nous avons le sentiment de faire partie d’un même peuple.

    Cela ne veut pas dire que les Nations Européennes n’ont rien en commun: elles ont au contraire en commun, et c’est ce qui les distinguent des Etats Unis, le fait de vouloir partager un certains nombres de dépenses ensemble, ce que l’on appelle un modèle social ou l’Etat providence. Ils existent des sécurités sociales (ou équivalent) partout en Europe, l’enseignement y est gratuit ou presque, l’assurance chômage est gérée par la communauté… Il existe un domaine restreint de l’économie (restreint car ce n’est pas le communisme) pour lequel « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

    Il faudrait pouvoir faire prendre conscience aux peuples d’Europe que c’est cette base commune qui est actuellement menacée. Et que lorsqu’un bien commun est menacé, il faut y apporter des réponses communes.

  69. Il y a une question que je pose de manière récurrente sur ce blog : comment nous débarrasser démocratiquement d’une classe politique sourde, aveugle, sans imagination ? Je pense qu’aujourd’hui une des principales problématiques est là.

    Peut-être devrions nous non seulement réfléchir à une alternative au système actuel, mais aussi à la stratégie qui nous permettra de la mettre en oeuvre. Faute de quoi nous allons prescrire des remèdes sans jamais les administrer.

  70. Je ne partage pas l’avis de M. Jorion qui préconise une augmentation des salaires. En pratiquant ainsi, nous perdrions de la compétitivité. Or, nous avons besoin de compétitivité pour pouvoir exporter et stopper l’hémorragie de notre balance des paiements. En revanche, les Français ont besoin de pouvoir d’achat, ce qui n’est pas la même chose. Le meilleur moyen, pour y parvenir, est de baisser les impôts, contrairement à ce que font tous les états qui instaurent des plans d’austérité. Par la baisse des impôts, nous redonnons du pouvoir d’achat aux citoyens tout en conservant notre productivité. Avec plus de pouvoir d’achat, l’on relancera la consommation, et donc, l’état aura plus de recettes fiscales. C’est un paradoxe, mais c’est ainsi que cela se passe. Si, parallèlement, l’état diminue ses dépenses, alors l’on a une chance de revenir à l’équilibre budgétaire, à termes. La cure d’amaigrissement doit venir de l’état pléthorique et non pas des citoyens déjà fort amaigris.

    1. Non monsieur.

      Les baisses d’impôts ne profitent qu’à ceux qui en payent, et parmi ceux-là le surplus de ressources ainsi dégagé ne sera pas nécessairement ré-injecté dans l’économie, il pourra être épargné (ou thésaurisé plutôt), particulièrement pour les tranches d’imposition les plus hautes. Même l’UMP qui est pourtant viscéralement attachée à la baisse d’impôts s’interroge aujourd’hui sur la pertinence du paquet fiscal consenti en début de mandature. C’est un signe.

      Au contraire, une hausse des rémunérations (les plus basses) serait sans le moindre doute ré-injecté dans l’économie, car dans ces strates de population tous les besoins ne sont pas déjà satisfaits. Par ailleurs, une telle hausse augmenterait la proportion de personnes assujetties à l’impôt, et donc les recettes de l’État.

    2. Oui Dissonance vous avez raison mais il faut aussi trouver un moyen pour rééquilibrer la balance commerciale sinon l’augmentation des salaires ne servira à rien.
      Comment faire puisque les dévaluations competitives ne sont plus possibles dans la zone euro?

    3. Sur le fromage offert avec la feuille d’IRPP la TVA a la part belle. Impôt injuste. Ce que consomment les millions de français évoluant autour du RMI et du SMIC ne me paraît pas de nature à déséquilibrer la balance commerciale. À ratiociner et rationnaliser avec les arguments classiques vous ne produirez que ce qui est déjà là.

    4. L’augmentation des salaires venant de la bouche des petits comme c’est toujours plus dérangeant à entendre par contre lorsqu’on préfère d’abord fortement s’augmenter soi-même et cela à une échelle qui dépasse l’entendement et le déshonneur de plus en terme de morale là c’est beaucoup moins dérangeant en terme de compétitivité et de raison.

      En pratiquant ainsi peut-être que nous incitons guère mieux les gens à se saigner et à se mouiller davantage la chemise plus vous. Alors pour éviter cela on en finit par faire appel à d’autres petits jeunes coqs pubère de la politique pour nous représenter à l’antenne quel beau spectacle de plus en Angletterre à quand les autres petits coups de fourche de plus aussi pour la rigueur.

      Or, pour pouvoir toujours justifier nos plus hauts salaires sur les plus incapables il faut bien encore faire principalement la leçon de raison et d’amaigrissement aux Etats et si le seul credo de la compétitivité ne suffisait pas toujours à arranger les choses mais pas seulement en France mais partout ailleurs. Et des nations de plus en plus privatisés et vendus au rabais pour Mammon, notre nouveau Dieu personnifié aussi sur terre de l’argent et de la richesse, gloire surtout à Mammon.

      Ah si seulement la cure d’amaigrissement pouvait toujours venir des Etats se sentant continuellement obligés devant la grande cupidité des hommes de devoir payer les pots cassés à notre place, comme on se soucie bien plus de nos jours de l’économisme que de la propre santé de l’homme et de la paix sociale ou civile comme autrefois avec la grande prêtresse du Marché.

      Pourvu quand même que je puisse en réchapper demain si le monde sombre de nouveau dans le chaos et la guerre économique, qui prendra encore ma défense pour sauver ma vie vous Mr Mélenchon ? vous Mr Généreux ? vous Mr Crapaud Rouge ? vous mr Jorion ?

      Car si demain le monde sombre de nouveau dans le chaos et la guerre civile aurais-je encore bien le droit de prier le ciel sans non plus avoir une coupe d’or à la main ?

      Et ils viendront de nouveau me chercher pour mieux tuer ma foi en le veau d’or et plus personne en finira par mieux faire le distingo, tel est bien encore le dessein de l’avenir qui pourrait s’abattre sur le monde tant je vois de plus en plus de gens suivre le chemin de la vengeance.

      Vite spéculons d’abord pour le Veau d’or avant que tout cela ne se reproduise de nouveau.

    5. Compétitivité, production, consommation, pouvoir d’achat. La messe est dite.
      Combien d’êtres humains va t-il falloir encore sacrifier pour alimenter le broyeur infernal ? Quelles nations tireront leur épingle du jeu et à quel prix ? Sans parler du saccage sur toute la surface de la terre : jusqu’ à la dernière goûte de pétrole et jusqu’à la dernière goûte de sang ?
      Quand je vois ces tonnes de marchandises qui ne se vendront jamais : à qui cela profite t-il ?

      Apprenons plutôt à cultiver notre jardin ( dans tous les sens du terme.)

      « METTONS FIN AU TROP.
      Devenons créatifs – nous avons besoin pour notre avenir d’êtres humains créatifs »
      Gottfried Honegger

  71. Bonjour Monsieur Jorion,

    Je voulais vous signaler un livre très intéressant de James K. GALBRAITH, le fils du célèbre économiste intitulé « L’Etat prédateur. « Comment la Droite a renoncé au marché libre et pourquoi la gauche devrait en aire autant »(Seuil). Il se prononce contre la fascination et la catastrophe du marché libre absolu, qui pourtant n’est fait que de cupidité et d’ irrationalité. Il est pour l’impôt progressif comme vous et dénonce la baisse des impôts pour les ploutocrates. L’impôt élevé contraignait le dirigeant à investir dans l’entreprise plutôt que dans son portefeuille. Il montre la mystification du déficit budgétaire équilibré qui est un leur dans le monde financier actuel et qui est produit par le consensus de Washington qui n’a amené que de la misère et peu d’investissement. Il est encolère face à la gauche qui par souci de légitimité s’accroche à l’équilibre budgétaire alors que la droite y renonce quant il s’agit de rincer les membres de la ploutocratie. Etq ue penser d’un DSK qui vante auprès des américains le libre échangisme absolu, est ce du cynisme de gauche ou est-ce la preuve de l’incompétence notable d’un homme qui est tant attendu par les français alors que c’est l’homme préféré du système. Il a été nommé par l’ensemble des dirigeants mondiaux avant même Sarkozy.

    Merci encore pour vos analyses, votre intelligence et lucidité,

    Matthieu

  72. Merci Monsieur Jorion pour votre site et vos interventions .
    Je me demande aussi pourquoi nous subissons toujours à quelques exceptions près les mêmes discours des politiques . Les explications déjà évoquées ne peuvent pas expliquer à mon avis une telle constance, il y a autre chose …
    Je serais curieux de savoir à quel moment dans leur carrière ils sont « briefés », par qui et par quels moyens ils sont tenus par la suite de ne pas s’écarter des dogmes . Une piqûre de rappel mensuelle ? Une séance d’hypnose obligatoire par semaine ? Leur vie serait-elle menacée ?! Où bien « le projet » est-il bien trop bizarre, trop complexe ou trop inacceptable pour pouvoir être révélé aux peuples ?!
    Bien sûr que les auteurs que vous citez sont à présent très connus et ne peuvent plus en théorie être ignorés par nos décideurs, si ces idées de bon sens ne sont pas écoutées c’est je pense parce qu’elles étaient pour eux d’une certaine façon prévisibles, attendues et donc sans importance ?
    Quelle proportion de la population s’octroie le temps de la réflexion ? Combien sommes-nous à fuir la télévision, à ne pas considérer une rencontre sportive programmée comme vitale ?
    Je pense que des experts en psychologie maitrisent parfaitement la situation via le conditionnement médiatique afin que rien ne bouge . C’est un premier verrou . Le deuxième consiste à rendre la vie des gens impossible par une précarisation croissante, programmée et anxiogène . C’est « la stratégie du choc » .
    J’ai devant moi, comme beaucoup ici je pense, quelques pièces d’un puzzle compliqué et inquiétant . L’une de ces pièces est cette crise financière que nous vivons, il y en a d’autres comme par exemple ce qu’on laisse regarder à nos enfants via la multitude d’écrans . C’est un vrai boulot que d’éviter à un enfant de tomber « par hasard » sur un jeu de guerre hyper réaliste consistant à tuer sans discernement, en toute banalité !

  73. Ce que je ne comprends pas, c’est comment maintenir un pouvoir d’achat au-dessus du supportable pour la planète. Avec la raréfaction de l’énergie, une démographie galoppante, pourriez-vous m’expliquer comment maintenir en occident le même niveau de vie.
    Comment interprétez-vous que les centres de tri, les décharges, regorgent de matériels quasi neufs, facile à remettre en état? Une civilisation du consommer pour exister, du gaspillage que je déplore et rejette personnellement.

    Il y a longtemps, dans un autre commentaire, je disais que nous (les occidentaux) irons vers la décroissance non pas de façon choisie mais a « coup de pied au cul ». Désolé, je n’ai pas trouvé une meilleure expression.

  74. Concernant les dirigeants, « soit ils sont idiots, soit ils sont complices ». Je ne crois pas du tout qu’ils soient idots.

  75. He bien voilà un Paul Jorion qui ne mâche pas ses mots !

    Avec raison, je suis d’accord.

    Tout est tenté par nos dirigeants avant de prendre les décisions qui s’imposent.
    C’est comme la gangrène, on hésite et on essaye de soigner la jambe malade avant de se résoudre à la couper, mais finalement on sera obligé d’appliquer une solution radicale, c’est juste une question de temps.

    L’euro va continuer à être attaqué et de jolis profits vont être faits sur les bourses, mais aussi de grosses pertes !

    Une lame de fond est en train de se préparer, un tsunami financier sans précédent qui va bouleverser complètement le monde financier, l’économie et beaucoup de choses dans notre vie quotidienne, notre travail, nos sociétés.

    C’est juste une question de temps, quelques mois ou 2 ou 3 ans je ne sais pas, mais nous abordons une période très difficile pour certains.

    La politique de rigueur n’est certainement pas la bonne solution. Espérons que nos dirigeants le comprenne vite car ils sont sur des sièges éjectables et les gens descendront dans la rue si on tire trop sur la corde.

  76. Dirigeants idiots , complices ?… peut-être simplement au service des « marchés « , des banques ,… et s »efforçant de leur offrir les meilleures conditions de « prospérité  » , cette prospérité étant censée se diffuser ensuite vers tous ?
    Cette diffusion ne se faisant pas , bien évidemment , car cette construction intellectuelle ne tient pas compte en particulier de la recherche effrénée de gains croissants .
    Jared Diamond , dans son livre « Effondrement » , attribue certains effondrements de sociétés aux élites dirigeantes , incapables de prendre en compte l’intérêt de leurs peuples , et donc de changer de paradigme , s’obstinant dans la sauvegarde de leurs privilèges jusqu’à la destruction de leurs sociétés . En sommes nous là ?

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