Zermatt Summit, 3 – 5 juin 2010

On a demandé aux intervenants du Zermatt Summit, dont l’objectif était « humaniser la globalisation », quelles étaient leurs conclusions. Voici les miennes.

Réponse à juan nessy :

Au moment même où j’ai parlé du « centre » dans ce très court entretien, j’ai eu le sentiment d’une ambiguïté possible, en pensant à ceux qui en France se réclament précisément du centre. Pour ceux qui m’avaient entendu le jour précédent, il s’agissait d’une allusion au long passage de mon allocution où j’évoquais le dilemme de Keynes dans les années trente, tentant de définir une « troisième voie » entre la montée de deux extrémismes homicides et liberticides. Mais l’expression « troisième voie » a elle aussi été galvaudée depuis par des vendeurs de soupe refroidie. Il faudrait toujours introduire un nouveau vocabulaire pour échapper aux écueils de l’usure des mots et des expressions. Il faudrait parler d’une nouvelle approche « méta- » pour suggérer qu’elle a synthétisé pour les dépasser, les erreurs du passé.

On trouve l’ensemble des entretiens ici (François Lemarchand, Nouriel Roubini, Pierre Tapie, Philippe de Woot, Mary K. Bush, etc.).

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27 réflexions sur « Zermatt Summit, 3 – 5 juin 2010 »

  1. Cher Paul ,

    Voulant échapper aux commentaires sur le foot des journaux TV , je me suis dirigé sur la chaîne publique sénat où je suis tombé sur l’émission de J.P Elkabach où tu étais convié…

    Mais que faisais-tu dans cette galère ? avec le bon petit soldat Mariani , cet ancien ministre des finances T. Breton , je ne sais quel économiste libéral , J. Attali et toi même !!!

    Voui, entendre que quand on emprunte on doit rembourser , sans savoir pourquoi on a emprunté, entendre les éternelles récriminations concernant Jospin , sur les 35 h et la retraite à 60 ans et je ne suis plus quoi…!

    Et de voir tes tentatives d’aligner quelques propos ,en te faisant couper la parole par les trois premiers…!

    Enfin , il suffisait d’observer ton attitude pour se rendre compte que tu avais décroché…

    Faut dire que ces trois là plus le présentateur ont un culot monstre , mais c’est ça le débat dans notre pays !Le plus marrant c’est l’analyse qu’Elkabach a fait de ta distance ,interprétant ton silence selon ses propres fantasmes ou une pseudo autocritique !

    Pourtant Thierry Breton : le mec qui a liquidé France Télecom, bradé les autoroutes ,privant ainsi l’état de rentrées conséquentes…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Breton

    Quel culot ! Quelle mauvaise foi, quel enfumage ,quelle hypocrisie…

    J’espère qu’il n’y a que les neuneux pour ne pas se rendre compte de la supercherie de ces mieux disants techno médiatico économistes !

    Je ne sais jamais dans un tel contexte , s’il vaut mieux les laisser s’exhiber ou leur rentrer dans le chou ! Il est vrai que tu devais être aux US quand T.Breton nous a montré ses incomparables qualités…Un mec brillant lisait-on dans la presse !

    Quelle tristesse ! Mais qui ne m’apprend rien ! Nous sommes dirigés par des autistes qui ne font qu’une politique de classe !

    Bon , j’ y reviendrai peut-être…

    1. Rebonjour Paul ,

      Je suis confus : je suis tombé sur cette émission ce midi à la TV et il m’avait échappé que tu l’avais relatée sur ton blog…

      Cela ne retire rien de ce que j’ai écrit , mais puisque le sujet avait été abordé , je vais relire ton point de vue et les commentaires .

      Demain, plein air, en ce qui me concerne !

  2. Paul s’est bien tenu à Zermatt et sera réinvité.
    Paul a dit ou fait, je ne sais quoi à la Bibliothèque Médicis et serait privé de lecture.
    Personnellement ,je ne suis même pas sur de franchir la censure.
    Les média ,c’est tout ou rien.

  3. Des nouvelles du front comique (Boursorama):

    La BCE a déjà interrompu ses prêts illimités à un an et six mois. Elle comptait en faire de même pour les prêts à trois mois, mais a annoncé jeudi trois nouvelles opérations pour rassurer les marchés.

    « Des banques s’inquiètent : mon Dieu, comment va-t-on faire pour vivre sans la BCE? », observe une source bancaire sous couvert d’anonymat.

    Les sommes déposées par les banques auprès de la BCE atteignent des records : 365 milliards d’euros, contre 138 milliards le 13 mai.

    Pour autant, personne ne se risque à faire de comparaison avec la situation telle qu’elle était au lendemain de la chute de Lehman Brothers, avec un système bancaire au bord de l’implosion.

    « La situation n’est pas aussi critique », juge M. Flabbée.

    « L’atmosphère va rester morose, mais pour peu qu’il n’y ait pas de nouveau choc, je ne vois pas de danger et on peut imaginer un retour de la confiance à la rentrée », estime M. Peter Chatwell, stratégiste de Crédit Agricole-CIB.

  4. A l’écoute de ces « conclusions » ,vous avez considérablement simplifié la vision de la répartition des forces politiques que Jacques Attali mettait en avant en 2004 dans  » la voie humaine « .

    Et que je rappelle :

    – extrèmes gauche et droite crispées sur un repli sur soi national .
    – les libéraux réunis autour de l’idée que le  » marché  » pouvait se reconquèrir par la réduction maximale des coûts et l’augmentation de la précarité ( on y est ).
    – la « gauche maladroite » qui proposera de mieux répartir la richesse en acceptant de prendre tous les risques de la société de marché .
    – une nouvelle voie ( » voie humaine « ) inventant une nouvelle façon de vivre ensemble ccombinant ce que le marché a de vertus avec ce que la démocratie donne de plus fort .

    Il semblait aussi indirectement appeler à une rencontre entre extrème gauche , écologistes , certains libéraux , socialistes ayant fait leur  » tabula rasa » , pour forger le corps de doctrine de cette nouvelle voie . Je ne sais plus bien où il en est aujourd’hui car il ne marque pas lui même la continuité et le suivi de ses propositions .

    Vous , de votre côté , semblez schématiser le paysage des forces politiques à venir en une extrème gauche et un extrème droite distinctes dans leurs moyens et motivations , avec , entre elles deux , un ….. centre ( ?) en charge d’inventer cette nouvelle voie .

    Un peu confus . Je vais continuer à labourer mon sillon préféré .

    J’arrête car Jean Luc va m’accuser de deuxmilledouze-ite .

    1. Exact, l’opposition entre extrême gauche et extrême droite, tarte à la crème des médias, est fausse.
      La seconde est
      1) le meilleur défenseur du capital, dès que celui-ci est menacé, que cela soit par une lutte spécifique ou au niveau national.
      2 le meilleur défenseur du repli national, au bénefice encore du capital, y compris par tous les moyens de la xénophobie et le racisme. Et là encore, la gauche radicale défend exactement l’inverse.

      Quant au centre dont se semble se réclamer parfois maladroitement Paul, c’est là aussi la grande confusion. Le centre n’est que le nom que se donnent ceux qui dans la Grande Crise, n’assument pas pleinement l’économie capitaliste. Le projet de Paul, même si il se cherche, mérite mieux que cela…

    2. @Charles A :

      Je ne sais pas si Paul Jorion a un projet autre que celui de Constitutionnaliser l’interdiction de pari sur les fluctuations de prix .

    3. correction: je voulais dire « mise en parallèle » et non « opposition » entre extrême gauche et extrême droite…

    4. Je crois que la formulation de Paul aurait mérité une petite explication, car cette formulation pourrait faire penser à ceux qui connaissent mal ses idées qu’il exprime une opinion politique selon une grille d’analyse franco-française où la la voie médiane entre extrême droite et extrême gauche serait le parti du centre réellement existant , ce qui est absurde si l’on connaît les mesures préconisées par Paul. Jusqu’à nouvel ordre un Bayrou, s’agissant du cas français, représente lui aussi le monétarisme, il a d’ailleurs été un des premiers en France à proposer que l’on inscrive l’interdiction des déficits budgétaires dans la constitution. Bref, dans un contexte français, voire européen, la voie médiane c’est la voie du statu quo.

      Or ce n’est pas de cela qu’il s’agit. La voie médiane dont parle Paul c’est clairement une voie qui n’a jamais été empruntée puisque par définition nous sommes confrontés à une situation inédite. Tout en s’inscrivant dans une perspective résolument démocratique les mesures qui devront être prises se devront nécessairement d’être radicales dans leurs effets s’agissant notamment de s’attaquer à la finance hypertrophiée, sans quoi justement toutes les conditions seront créées pour assurer la promotion des idées extrémistes, j’entends des idées aux accents anti-démocratiques.
      J’ajouterais qu’entre les grands partis traditionnels de droite ou de gauche d’une part et l’extrême droite et l’extrême gauche d’autre part il y a comme une communauté de destin puisque c’est de l’inertie des premiers que vient pour beaucoup la montée des extrêmes.

      S’agissant de nos démocraties proprement dites, elles sont déjà bien mal en point.
      Les voix exprimés dans les conseils d’administration des grands groupes comptent autant sinon plus que les voix exprimés par les citoyens. Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle devient dangereuse lorsqu’en situation de grave crise, les voix de la finance s’opposent de toute leurs forces à toute reforme sérieuse du cadre de leurs activités. L’extrémisme aujourd’hui c’est quand les grands partis refusent de prendre à bras le corps les problèmes cruciaux soulevés par Valérie Bugault dans son récent billet.

    5. @Pierre Yves D :

      J’attendrai cependant que Paul Jorion explicite lui même ce qu’il a voulu dire .

    6. @Paul Jorion :

      Est ce que vous votez aujourd’hui ( éventuellemnt pour le rattachement de la Wallonie -ou de la Flandre – à la Bretagne ) ?

    7. Au moment même où j’ai parlé du « centre » dans ce très court entretien, j’ai eu le sentiment d’une ambiguïté possible, en pensant à ceux qui en France se réclament précisément du centre. Pour ceux qui m’avaient entendu le jour précédent, il s’agissait d’une allusion au long passage de mon allocution où j’évoquais le dilemme de Keynes dans les années trente, tentant de définir une « troisième voie » entre la montée de deux extrémismes homicides et liberticides. Mais l’expression « troisième voie » a elle aussi été galvaudée depuis par des vendeurs de soupe refroidie. Il faudrait toujours introduire un nouveau vocabulaire pour échapper aux écueils de l’usure des mots et des expressions. Il faudrait parler d’une nouvelle approche « méta- » pour suggérer qu’elle a synthétisé pour les dépasser, les erreurs du passé.

    8. @Paul Jorion

      Est-ce à dire que vous estimez obsolète et galvaudée la 3ème voie qu’ont initiée et formalisée des gens comme Mendes et Rocard?

    9. @ Paul Jorion

      D’accord, donc encore une « bifurcation » politique détournée vers un voie de garage… Mais le moment initial de cette bifurcation resterait valide.

  5. Cher Paul, modeste contribution de ma part sur les réseaux des fédéralistes européens (en l’occurrence le magazine des jeunes européens, partie du mouvement européen) pour soutenir votre idée sur l’interdiction des ventes à découvert nues. Il y a sans doute des erreurs car je ne suis pas du tout spécialiste sur le sujet, mais j’ai essayé de faire preuve de bon sens.
    http://www.taurillon.org/Suivre-l-Allemagne-sur-l-interdiction-des-ventes-a-decouvert-nues
    amicalement

  6. Le Zermatt Summit est une entreprise louable et certainement nécessaire, mais je suis sceptique quant à l’efficacité de son objectif. Il est difficile de lutter contre un vaste système, solidement ancré même dans le milieu politique. Et c’est un système ancien, décrié depuis longtemps par des penseurs et artistes. Je pense par exemple à Mark Twain et ses admirables short-stories, tels que: « The One Million Bank-Note », « The Man That Corrupted Hadleysburg », « The Mysterious Stranger »….Ces lecons de morale, ces regards froids et en même temps révoltés sur un capitalisme dèshumanisé n’on servi à rien – on cause, pendant les autres continuent le jongler avec des milliard, à empoisonner les économies nationales à leur profit. En plus, les gouvernements européens semblent répercuter les diktats des marchés financiers sur le citoyen, qui payera, alors qu’ils devraient protéger les citoyens de toute agression venant de l’extérieur. Il est grand temps que le château de cartes s’écroule, sinon nous payerons très cher notre passivité.

  7. Le gouvernement Français profite de la coupe du monde pour annoncer en douce son faux plan de fausse rigueur..surtout un effet d’annonce

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/06/12/francois-fillon-annonce-45-milliards-de-reduction-des-depenses-publiques_1371944_823448.html

    le déficit public, qui devrait s’élever en 2010 à 8 % du produit intérieur brut (PIB). L’objectif, a-t-il dit, comme Paris s’y est engagé à Bruxelles, est de réduire ce déficit à « 6 % en 2011 », à « 4,5 % en 2012 », pour arriver à « 3 % en 2013 ». « Aucun écart ne sera permis », assure le premier ministre.

    Totalement délirant comme objectifs….comment peut on faire semblant d’y croire?

    M. Fillon entend réaliser un plan permettant de dégager 100 milliards d’euros en quatre ans. La moitié doit provenir de « réductions des dépenses » et l’autre moitié de « l’augmentation des recettes ».

    Comme sarkozy et fillon ne seront plus la en 2012 et au dela on laisse la facture aux suivant enfin espérons sinon c’est à désespérer….

    Le premier ministre précise, concernant les dépenses, que « 45 milliards viendront de la réduction des dépenses publiques »

    Détails ????????????

    « 5 milliards » d’un coup de rabot aux niches fiscales.
    No comment on a compris fait conserver son électorat pour 2012 …

    J’adore ceci du vent, du conditionnel total,si..peut ^tre..probablement…le retour d ela croissance..la fin de la crise…..ce n’est plus d el’optimisme même délirant…c’est du délire tout court….

    Espérons dans l’intérêt des Français que le France soit vite éliminée du mondial de foot cela devient une urgence sociale afin d’éviter tout ce suicide collectif….

    1. Voici les grands axes de la loi de finance 2010 qui modifie les règles de la fiscalité.
      http://www.generation-plus.fr/Finance/Finances-Fiscalite/fiscalite-2010-des-mesures-tres-l-vertes-r.html
      deux extraits :

      « Loi Scellier : Avantage maximum pour les logements « écolos »
      La loi de finances 2010 prévoit de maintenir à son maximum l’avantage fiscal Scellier. Jusqu’à présent, tout contribuable qui acquiert un logement neuf pour le louer en respectant certaines conditions peut réduire son impôt de 25% du prix d’acquisition. Cet avantage jouera seulement pour les investissements qui concernent des logements répondants à la norme « bâtiments de basse consommation énergétique » (BBC). Les autres investissements continueront à bénéficier d’un taux de réduction de 20%.

      Exemple : pour l’acquisition d’un bien immobilier de 150 000 euros éligible à la loi Scellier « BBC », le montant de la réduction d’impôt atteint 37 500 euros (25 % de la valeur du bien), contre 30 000 euros dans le cas d’une construction ordinaire. En clair, la réduction annuelle d’impôt atteindra dans le premier cas 4 166 euros par an contre 3 333 euros par an pendant neuf ans, période d’étalement de la mesure en question. »

      « Les plus-values mobilières et immobilières en question
      Aujourd’hui, lorsque les cessions d’actions ou d’obligations ne dépassent pas 25 730 euros par an, les plus-values ne sont soumises ni à l’impôt sur le revenu, ni aux prélèvements sociaux ( CSG et CRDS).
      À partir de 2010, dès le premier euro, elles pourraient ne plus échapper aux prélèvements sociaux, soit une ponction de 12,1%. En revanche, l’exonération d’impôt sur le revenu serait maintenue. »

  8. Commentaires de lecteurs du Monde (au bord de la faillite) très juste :

    Qu’on arrête de nous prendre pour des idiots! Sur les 45 milliards, 35 viendraient de la croissance supposée! Angela Merkel, elle, fait ses 86 milliards sans ce pari..

    « Depuis 2007, en ne remplaçant pas 100 000 fonctionnaires, j’ai laissé sur la carreau 100 000 jeunes qui sont aujourd’hui sans emploi » s’est félicité le 1er ministre. C’était juste une traduction, histoire d’y voir clair. « Je vais augmenter de 3% les cotisations retraite des fonctionnaires »… sauf qu’il n’existe pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires…

    Pas difficile et pas très glorieux de supprimer des emplois, surtout à l’école qui devrait toujours être la priorité. Il est vrai qu’à présent le pays marche sur la tête et que la confiance en a pris un sérieux coup dans les ailerons.

    Quelle raideur et quelle sinistrose dans l’expression de ce premier ministre !Rien sur le bouclier fiscal, rien sur la TVA restauration totalement inefficace, aucune allusion au financement aberrant en période de chômage, des heures supplémentaires,….Juste quelques généralités sur le rabotage des niches fiscales…on aimerait savoir lesquelles? Certainement pas celles profitant aux copains du CAC 40 et du Fouquet’s.. On affirme que cela n’est pas de l’austérité. On se moque du citoyen.

    1. sur cette histoire de fonctionnaires et de retraites et de caisses de retraite, les fonctionnaires sont bien prélevés, c’est listé sur leur fiches de paye (et les cotisations retraite salarié, et aussi employeur, maladie, et tout ….)
      il existe inévitablement une caisse quelque part (laquelle n’est peut-être pas localisée dans les comptes de la sécu, ça je ne sais pas, je sais seulement que sur le sujet du remplacement des professeurs absents, bien que les fonctionnaires de l’éducation nationale cotisent, le financement n’est pas du tout organisé comme si la rémunération du professeur malade sortait des caisses de la sécu, et le salaire du remplaçant de celle de l’état, cela ne marche pas du tout comme ça …)

  9. J’ai écouté un peu les autres contributions des intervenants francophones …
    L’autorégulation est bien dénoncée comme une absurdité, le mésusage de la finance opéré -du fait de la financiarisation- aussi bien par les banques, que les grands entrepreneurs est sévèrement critiqué , la redistribution des richesses est bien abordée comme un vecteur de gestion allant de soi…
    pourtant, il m’a semblé percevoir, que le doux rêve, la merveilleuse illusion d’une possible, subite, soudaine « transfiguration » de la finance restait toujours envisagée, comme la doxa, le principe-même, .. de sa reconfiguration, (comme-ci pour la finance, de la « révélation », -la confession de tous ses pêchés, ses boniments, ses fautes, ses excès, ses arnaques …- s’en suivait nécessairement la « révélation » -touchée par la grâce de sa moralisation, de son humanisation …- )
    et là, perso ..
    je ne voudrais pas dire, mais combien de fois, et depuis combien de temps, des lobbies de la finance jusque d’élus socialiste, -parfois même de représentants syndicalistes … ne nous a-t-on tané avec des « il faut être « réaliste », il faut être « pragmatique », ……

  10. Est ce que notre société est vraiment démocratique? Techniquement oui, mais dans la quotidien?

    La machine ‘démocratique’ (politico-économique) est en panne est on essaie de sauver la machine. Mais si c’est la machine même qui est à l’origine de la crise?

  11. Bonjour,

    Je découvre un peu tardivement cet entretien, où Mr Jorion se montre d’un naturel agréable et fort sympathique.

    Je suis toutefois étonné par une partie de son propos, qui je pense peut donner une vision déformée de sa pensée.

    Non les régimes autoritaires, contrairement à ce que leur thuriféraires veulent laisser croire (c’est un discours dominant depuis les années 30) ne sont pas plus « efficaces » en terme de prise de décision que les démocraties. Bien au contraire, il suffit d’étudier les processus de prise de décision sur le long terme (quelle décision ? quelle efficacité dans la mise en oeuvre ?).

    Le retour d’un tel discours, sous-jacent aux propos de Paul, me paraît dangereux.

    Si aujourd’hui la classe politique des démocraties est complètement perdue, laissant des Etats « en panne » au milieu de la Crise (j’ai l’habitude de dire qu’elles sont « dépassées »), ce n’est pas du fait de la nature démocratique du régime politique !

    Ne confondons pas l’incompétence des élites et des gouvernements démocratiques (au sens technique du terme, aucun populisme dans ce propos – je pourrais aussi dire « dépassement des léites », mais le mot peut avoir d’autres sens), avec une prétendue « faiblesse » ou incapacité des démocraties à faire face aux « épreuves ».

    Si parmi les origines de ces incompétences, dont les effets délétères se font ressentir dans toutes les démocraties occidentales, on peut trouver un certain dévoiement des institutions (par le blocage des alternances – des vraies alternances – et la confiscation des discours et des votes), il n’en demeure pas moins que je ne peux accepter que l’on taxe la démocratie de faiblesse par rapport aux dictatures ou régimes autoritaires.

    En d’autres termes, si la Chine paraît prendre plus vite des décisions que les démocraties occidentales (mais sont-elles les bonnes ? sont-elles efficacement appliquées ?), cela n’est pas dù au caractère démocratique desdits régimes, mais plutôt aux défaillances des dirigeants actuels (droite – centre et gauche), qui ne comprennent plus rien à ce qui arrive et ont perdu leur légitimité pour prendre les décisions nécessaires…

    J’espère que Mr Jorion ne me tiendra pas rigueur de cette (petite) critique, qui montre avant tout que j’ai écouté avec attention son propos, très agréable et bien plus intéressant pour le développement d’une pensée et d’un raisonnement que ces émissions collectives stérilisantes, où à force de croiser les paroles, le message se dilue et il n’en reste que du vide (l’exemple de la dernière dans la Bibliothèque Médicis est flagrant).

    Cordialement,

    CM

  12. BOUT DE JOURNAL 20 juin 10

    En marge du Sommet , quelques réflexions balbutiées.

    Que nous participions, actifs, résignés ou impuissants, à la fin d’un monde qui ressemble de plus en plus dans son agonie à un risible théâtre de marionnettes (c’est Shakespeare ou le grinçant Thomas Bernhard qui l’ont constaté avant l’indécrottable candide que je suis), c’est évident

    Où allons nous? Comment réfléchir, agir collectivement à la vaste échelle humaine et à son maigre mais indispensable niveau ? Les interviews des participants au premier Sommet m’ont donné quelques pistes, en particulier celles des chefs d’entreprises attentifs à socialiser leurs compétences et leurs pratiques en faveur de leurs salariés au sein de leurs sociétés ou associations ; Ces dernières sont à la fois prédatrices prudentes du bien commun et à la merci de ces autres prédateurs bien ancrés dans une réalité à l’affût de ces tentatives éthiques que j’imagine en chenilles (ça y-est, ma nature a repris le dessus) que le système en place doit annihiler ou absorber avant qu’elles n’atteignent le stade de la chrysalide et l’envolée vers une fragile et bienfaisante métamorphose.

    J’en profite pour glisser vers cet Edouard Glissant qui veut faire entrer la poétique dans la politique à l’instar de ce voyou de voyant (Rimbaud) qui a colonisé la littérature et magnifié la Commune Il est prêt à explorer avec d’autres « le champ de prospection de tous les imaginaires du monde » afin de le réformer, ce monde englué dans son absurdité vénale.

    Pourquoi ne pas inviter pour le prochain Sommet quelques uns de ces visionnaires, et tenter d’amener à faire bifurquer les pratiques aveugles des détenteurs de bouts de capital plus ou moins ignorants vers des voies raisonnables où cet imaginaire dont parle Glissant trouverait à s’ancrer ou déverser des ondées de sens ?

    Pour ma part, je n’en suis qu’à la réflexion et aux pratiques cahotiques de consommation tout en pressentant que je suis au bord d’une dimension qui contiendrait les clés pour atteindre une efficacité qui a bien du mal à s’exprimer en actes et en propos («ça veut dire ce que ça veut dire et dans tous les sens» écrivait Rimbaud

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