Un « Greenpeace de la finance »

Vous êtes deux (Paskov, FreeDem) à mentionner un appel aujourd’hui à la constitution d’un « Greenpeace de la finance », émanant d’un groupe de parlementaires européens à Bruxelles.

D’une certaine manière, c’est bien ce que nous faisons ici de facto depuis début 2007. Nous ne le faisons qu’avec de tous petits moyens : notre budget, ce sont les 2.000 € environ que vous offrez en dons mensuels. Tout le reste, c’est du bénévolat.

Le principal regret c’est qu’avec les moyens dont nous disposons, nous ne pouvons couvrir que l’univers francophone. Ceci dit, il ne tient qu’à nous d’attirer l’attention des initiateurs du projet sur le fait que nous constituons d’ores et déjà l’embryon du « contre-lobby » financier dans le cadre européen qu’ils appellent de leurs vœux pour briser un « contexte de forte proximité entre élites politiques et financières ».

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117 réflexions sur « Un « Greenpeace de la finance » »

  1. Si vous souhaitez lancer une version du site en anglais, je suis prêt à traduire bénévolement une partie de vos textes. Surement pas tous, étant travailleur salarié à plein temps je n’aurais sûrement pas la capacité de suivre le rythme imposé par F. Leclerc, mais au moins une partie. Il suffirait alors de quelques personnes comme moi pour se répartir la charge de travail (telle personne traduit les textes du lundi et jeudi, telle autre mardi et vendredi, etc.).

    Je ne suis pas un traducteur professionnel, mais j’ai un très bon niveau d’anglais, (notamment à l’écrit) étant marié à une américaine. N’hésitez pas à me contacter en cas de besoin, j’imagine que vous pouvez voir mon adresse email par l’admin du blog.

    1. je serai très heureux de vous aider par mes quelques compétences (programmation web / administration de serveurs web, développement …).
      Je dispose également de quelques ressources serveurs qui peuvent être utiles pour un site mirroir ou de sauvegardes.
      N’hésitez pas à me contacter par email.

    1. L’article s’ouvre en parlant de son livre « La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance » : mais l’abondance capitaliste n’est pas un mythe, c’est malheureusement une réalité. La dernière en date est celle de la bande passante sur Internet : au départ chichement mesurée en kilobits, Free a débarqué en comptant par mégas et en temps illimités, le tout en étant moins cher que ses concurrents. (Qui ont été obligés de s’aligner.) La « rareté » ne vient qu’après, quand il apparaît que l’abondance capitaliste ne peut pas être universelle, c’est-à-dire qu’elle fait des exclus. Mais, pour ceux de l’intérieur, c’est bien l’abondance qui règne.

  2. « nous constituons d’ores et déjà l’embryon du « contre-lobby » financier dans le cadre européen qu’ils appellent de leurs vœux« , certes, mais un embryon n’est jamais qu’un embryon, il lui reste à voir le jour pour de bon. Mais pas sur le modèle de Greenpeace qui vise le spectaculaire, plutôt sur celui du criirad, un « laboratoire agréé spécialisé dans les mesures de radioactivité » qui fait mon admiration. Ses fondateurs n’y connaissaient, ils se sont formés sur le tas, mais sont rapidement devenus une référence incontestable.

    1. Le problème général avec les experts, qu’ils soient individuels ou non, dépendants ou non d’un gouvernement, est assez simple : soit ils sont honnêtes et efficaces et se font alors rapidement étouffer, soit ils sont connus et compromis, et ne produisent que de l’expertise lénifiante. J’ai cité le criirad car il me semble avoir exemplairement échappé à ce dilemme.

    2. @ Batracien écarlate,

      Le fait politique est en effet indépassable ; le fait technique, comme le fait partisan (en référence aux partis politiques) doivent en revanche être « dépassables ».

    3. @Marlowe : je ne crois pas que les ONG comme WWF ou Greenpeace soient malhonnêtes, seulement enclines à faire des « compromis ». Pour défendre leurs causes, elles en sacrifient d’autres. Il semblerait qu’elles reçoivent des « dons », mais uniquement de grosses multinationales qui font du… mécénat ? On va le dire comme ça…

    1. « Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil »

  3. Sur le site dédié à cet « appel »

    http://financewatch.free.fr/signatories.htm

    on constate que le nombre de signatures, de députés européens soutenant la démarche, n’augmente que très lentement
    De 22 lors du lancement de l’opération, hier, on n’en est aujourd’hui qu’à 39.

    Comme je l’ai lu hier sur un forum qui relayait l’information dès 13h50 :

    « il sera intéressant de regarder ceux des députés qui signent rapidement la pétition et ceux qui s’abstiennent.

    c’est le moment de contacter massivement nos élus pour les prévenir qu’on les observe et qu’on les jugera sur leurs actes ».

    Il serait également intéressant de connaître les raisons de ceux qui ne souhaitent pas soutenir l’appel.
    Après tout, ils ont peut-être de bons arguments à opposer.

    Mais si ce n’était pas le cas, leur non-participation devrait jeter le doute sur leur éventuel asservissement à des intérêts non compatibles avec leur mandat.

    1. Oui d’autant que les « contrats » politiques, par essence, ne sont pas soumis aux vertus « cardinales » des contrats commerciaux (vertus, en ce domaine, discutables par ailleurs, mais autre sujet)!

    2. @ Marlowe
      « Ceux qui signent, et même le premier d’entre eux, ne sont pas blanchis pour autant. »

      Bien entendu. Les résistants de dernières minutes (cf. 1945) peuvent avoir été les pires collabos au cours des années précédentes.

      C’est juste une question de priorité.

      La question n’est pas que soient blanchis les 1ers
      mais que soient noircis (décrédibilisés) les autres,
      ceux qui ne se joignent pas aux voix qui, enfin, alertent l’opinion sur le danger pour la démocratie que fait peser la trop grande puissance des lobbys du secteur financier.
      Qu’ils sachent que nous les regardons et saurons nous souvenir de qui s’est tourné vers la démocratie et qui s’est aplati sous l’oligarchie.

      Ce dont nous avons besoin, en 1er lieu, est que le vent tourne.

      Le traitement de la trahison des élites
      (discerner qui a trahi et avec quelle gravité)
      devient un objectif secondaire qui ne doit pas générer des aspérités susceptibles de freiner l’atteinte de l’objectif n°1
      = modifier le rapport de force pour renverser la vapeur.

      Dans ce jeu de tire à la corde, on a d’abord besoin du maximum de bras pour espérer ébranler le camp adverse.

      La gravité de l’enjeu s’impose comme raison suffisante pour mobiliser son énergie sur le jeu, sans regarder par dessus son épaule quelle tête a celui qui tire derrière soi.

  4. à FreeDem,

    Ce qui nous sépare est que vous pensez que nous vivons, ou que, en corrigeant quelques excès, nous pourrions vivre dans une démocratie.

    Je pense que nous ne vivons pas dans une démocratie et que le système actuel, mais pas si nouveau, est une illusion de démocratie : j’en tiens pour preuves que l’électeur n’est jamais consulté sur les grands choix et que les spécialistes de la politique, de droite et de gauche pour reprendre la formule consacrée, ne veulent surtout pas que cela change.
    Que pourrait par exemple faire comme référendum d’initiative populaire un gouvernement composé d’élus qui se sont raliés sans discussion à l’économie de marché ?
    C’est bien pour toutes ses raisons qu’on parle de plus en plus de gouvernance ; le concept de démocratie étant un peu usé.

  5. à zébu,

    Et les rêves sont les gardiens du sommeil.

    Dans une chanson de 1968, détournée d’une scie de Dutronc, il est dit : « Il est cinq heuers, Paris s’éveille et nous n’aurons plus jamais sommeil. »

    Dans le recueil : « Pour en finir avec le travail. »

  6. à Crapaud Rouge, à propos des multinationales de l’économie.

    Je crois que ces multinationales mangent à tous les rateliers et aussi qu’elles pratiquent le racket.

    Allez donc voir de près comment fonctionne, c’est à dire à quel prix, la chaîne de certification FSC.

  7. Pour moi greenpeace fait parti de la fameuse « proximité » de la politique et de la finance évoquée dans le nouvel article publié ce jour.
    Alors méfiance. Je n’ai, d’une manière générale, aucune confiance dans les « verts » en général et encore moins dans les verts de gris. Ils sont beaucoup trop liés au système et le défende en final.

  8. Qui ne tente rien n’a rien.

    Qui peut me donner l’adresse de contact des députés impliqués dans cette démarche ???

    Merci à tous!

  9. Sorry ce qui suit est un peu long… Mais j’espère que ceci est une piste pour passer de la réflexion, à l’action

    ————————-

    Je ne suis qu’un homme, c’est-à-dire ni banquier ni membre d’une élite ou classe dominante. Si certaines situations m’interpellent, il n’en reste pas moins probable que je ne suis qu’un grand naïf… Mais ça ne m’empêche d’espérer faire bouger les choses, mais comment ?

    Le fait qui jusqu’ici me révolte probablement le plus est la spéculation sur les denrées alimentaires.

    S’il est réel que la spéculation (J’entends, par là, autant les gens qui jouent sur ce marché que les intermédiaires qui participent ou rendent ces opérations possibles), peut faire varier à la hausse ou à la baisse le prix des denrées alimentaires de base. Cela signifie qu’elle peut sur quelques « clics » rendre l’accès à l’alimentation difficile, voire impossible, pour des millions de gens.

    Nous ne parlons pas de savoir si un « bobo » d’ici ou d’ailleurs aura ou n’aura pas ça troisième tranche de foie gras, ce soir, ou plus tard… parce que le prix augmente ! Non, nous parlons de nourriture de base et donc d’un droit élémentaire !

    Selon l’article 25 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, se nourrir est un droit fondamental pour tout Homme.

    « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

    Pour la plus grande partie de l’Humanité, l’alimentation est le plus gros poste du budget familiale et une augmentation des prix de cette alimentation est synonyme au moins de réduction des droits fondamentaux évoqués dans l’article 25 cité précédemment, mais dans bien des cas, ce résultat est la malnutrition, la faim voire même la mort (au moins de faim ou de maladie par défaut de moyen pour se soigner, mais il y a aussi les guerres et les révoltes engendrées par les problèmes d’alimentation) !

    Alors je voudrai pousser la réflexion plus loin :

    Dans mon petit pays (la Belgique pour ne pas le citer) comme dans tous les pays occidentaux et dit « civilisés », laisser mourir un citoyen de faim est passable de poursuites pénales. Si on peut prouver que vous avez refusé de « porter assistance à une personne en danger », ou qu’il y a « défaut de prévoyance », vous serez condamnés. Je ne suis pas juriste. Je vous prie par avance d’excuser l’imprécision probable de ces formules qui diffèrent sans doute aussi d’un pays à l’autre.

    Indéniablement, nous sommes tous au courant de la faim dans le monde. Nous savons tous que +/- toutes les 5 secondes un être humain meure de faim ! Nous savons aussi que bien plus encore meurent des « dégâts collatéraux de la faim »…

    Lorsque dans un conflit, le droit de la guerre est enfreint « ponctuellement » et sur quelques personnes donc, on parle de crime de guerre. Lorsque dans ce même contexte, ce type de crime est systématique, qu’il porte sur un grand nombre de personnes, on parle de « crime contre l’Humanité ». Le « record man » de l’horreur a fait entre 55 et 60 millions de morts entre 1933 et 1945 ! Je n’irais pas plus loin dans l’arithmétique de l’horreur. Vous l’avez compris : la faim tue plus encore.

    Cela peut paraître abstrait, mais la spéculation tuent, blessent, créent des dommages de manière systématique à une bonne partie du milliard d’individu qui souffrent de la faim ! En fait les variations des cours des denrées alimentaires impactent le niveau de vie de près de la moitié de l’Humanité !

    Loin de moi l’idée de vouloir jouer la provocation facile, d’un Zorro de pacotille, mais je m’interroge toute de même sur la limite de l’impunité de la spéculation.

    A l’examen de ces faits et au vu de l’ampleur de ceux-ci, ma conscience me dicte de considérer la spéculation sur les denrées alimentaires comme un crime contre l’Humanité ! Peut-on décemment penser autre chose ?

    Par extension, spéculer sur d’autres marchés et appauvrir l’ensemble de l’humanité au point de faire augmenter la faim et la mort des plus faibles, pourrait donc aussi être considérer comme un crime contre l’humanité.

    Que les banquiers se le tiennent pour dit, je ne suis pas le seul à penser cela !

    Mais revenons dans le concret : Contre qui et où déposer plainte ?

    A l’analyse du système en place, ma conscience ne semble pas peser lourd :

    Au prétexte qu’il n’y a pas d’actes directs et délibérés d’un spéculateur sur même une seule des victimes, il n’y a pas de faute ou d’infraction à une quelconque loi !

    En est-il de même pour la main invisible ? Je veux dire le marché, l’institution qui permet à la spéculation d’exister. L’institution a beau jeu de dire qu’elle n’est coupable de rien puisque ce n’est pas elle qui spécule !

    Donc dans ce monde merveilleux, personne au titre de « personne physique ou morale » ne serait coupable ! Au contraire, ils se vantent même de scrupuleusement respecter la « loi du marché ». La bonne affaire ! (C’est le cas de le dire !)

    Alors non je ne renonce pas ! Un problème a nécessairement une solution !

    Si pour faire un exercice cher à Paul, nous changions juste un petit peu le paradigme actuel ?

    Au lieu de considérer la responsabilité éventuelle d’une partie, ne pourrions-nous pas examiner la responsabilité de l’ensemble ?

    Ce ne serait qu’une manière de compléter l’arsenal des types de plaintes collectives que de considérer l’ensemble d’un secteur/groupement comme « accusé » et d’en faire le « procès ».

    Je précise de suite que dans ce cadre, il n’est à envisager aucune sanction individuelle ! Ca n’aurait pas de sens. Si une activité collective est reconnue « responsable » de dommage sur une partie de notre Humanité, il faut « adapter » cette activité pour qu’elle ne puisse plus nuire. Supprimer les marchés à terme ne tuerait personne !

    Je rejoins donc la proposition lue sur ce blog de supprimer la spéculation sur les denrées alimentaires.

    Et pour ce faire, je propose que nous commencions par sensibiliser nos proches, les organisations politiques, syndical, associatifs, etc. au travers d’une pétition pour commencer, mais avec bien sûr comme objectif de pousser plus loin

    Qu’en pensez-vous ?

    Cordialement

  10. Bonjour,
    La création de finance-watch est évoquée dans l’article suivant :
    ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2011/02/le-greenpeace-de-la-finance-verra-le-jour-au-printemps

    Le site de l’organisation : finance-watch.org

    L’article de Libération précisait

    Et dès janvier 2012, Finance Watch espère bénéficier d’un budget de 2 millions d’euros pour une équipe d’une dizaine de personnes, installée à Bruxelles. La moitié du financement pourrait être apportée par la Commission européenne.

    Alors, « Greenpeace de la finance », réel espoir, ou récupération ?

    Bien à vous

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