Les deux formes du désespoir

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Puisque je ne me trompe que rarement jusqu’ici dans mes prévisions (quand je me trompe, c’est parce que mes cris d’alarme rencontrent un écho et je ne me plains donc pas), en voici une autre : les tentatives de régulation de la finance qui ont débuté en 2007-2008 n’aboutiront à rien. À rien du tout.

Si vous lisez ce qui s’écrit à propos des négociations qui ont lieu en ce moment aux États-Unis pour réconcilier les versions Congrès et Sénat du financial overhaul, le Grand Plan Qui Fait Trembler Les Banquiers, vous verrez que pour obtenir les quelques voix républicaines nécessaires aux votes, on retire jour après jour le peu qui restait. Ou bien si vous vous intéressez à celles qui ont lieu en ce moment à Bâle à propos d’une augmentation des réserves en capital que doivent constituer les banques, vous verrez que chaque pays est enthousiaste à l’idée d’imposer des conditions plus lourdes à celles de ses voisins mais très réservé quant à tout changement qui toucherait les siennes propres, et que l’application de nouvelles règles ne devrait de toute manière pas intervenir avant cinq ou dix ans d’ici « pour ne pas handicaper la reprise en freinant l’allocation de crédit » – je vous jure que je n’invente rien.

« Mais pourquoi, me direz-vous, cet argument de la régulation comme obstacle à la reprise est-il même pris au sérieux ? » Parce qu’on sait que tout coût supplémentaire pour le secteur bancaire sera transmis aux clients des banques. « Et le retour des bonus mirobolants, et la reprise des embauches dans les salles de marché se livrant pour 80 % de leur activité à de la spéculation pure ? » Ça n’a aucun rapport. Ça n’a aucun rapport parce qu’on ne touchera ni aux revenus des dirigeants, ni aux dividendes des investisseurs. « Pourquoi ? » Parce qu’on vous le dit. Parce que c’est comme ça. Parce que si des individus complètement discrédités du fait de leur incapacité à voir venir la crise, et ensuite pour n’avoir absolument pas su quoi faire pour en sortir, ont le pouvoir que l’on constate d’empêcher toute modification de la réglementation de leur secteur (sauf celle qui les arrange parce qu’elle le modernise), alors, je vous le demande, pourquoi voudriez-vous qu’ils n’aient pas aussi le pouvoir de maintenir leurs revenus au même niveau qu’avant, voire même à les augmenter encore, et que tout nouveau frais soit automatiquement passé au client sans autre forme de procès ?

Rassurez-vous, cela ne durera qu’un temps, Dieu qui a dit un jour : « J’exterminerai de dessus la terre les hommes que j’ai créés, des hommes jusqu’au bétail, jusqu’aux reptiles et même jusqu’aux oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits » (Genèse, 6, 7), consulte en ce moment son calendrier. Les banques sont tombées. Elles ont attiré dans le gouffre avec elles, les États. Les États sont raccrochés par un fil à leurs banques centrales. Lesquelles n’ont plus d’autre ressource que la planche à billet (on évoque ce matin, pour la Fed, un nouveau tirage de 5.000 milliards de dollars – après les 2.500 milliards émis sans contrepartie de richesse depuis mars 2009). Les banques centrales ne tombent pas : elles font comme les autres dans ce domaine, elles se discréditent, et elles le font en engendrant l’hyperinflation et la misère qui se déverse sur le monde.

Et ensuite ? Euh… il reste le Fonds Monétaire International qui tirera tout le monde d’affaire. Non, soyons sérieux, après, il ne reste qu’une chose – mais on peut déjà s’y préparer : passer, comme le dit Kant, du désespoir résigné au désespoir indigné.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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268 réflexions sur « Les deux formes du désespoir »

  1. mais non , paul ,il n’y a pas de crise….
    90% des français sont tombés dedans quand ils etaient petits
    et donc ils ne voient rien
    ce sont les autres qui devront s’habituer …

  2. Ouh là là! Dieu n’a rien à voir dans cette histoire! Nous nous sommes mis dans une sacrée merde, Nous allons nous en sortir, tous ensembles, enfin ceux qui le veulent et qui y croirons, coûte que coûte! Ceux qui serons prêts à accepter la possibilité de vivre quelque chose de NOUVEAU, mais vraiment une façon d’être qu’aucun d’entre nous n’a expérimenté encore! C’est donc sans rien, nus d’esprit et de coeur, sans plus aucune référence, que cela pourra se faire! Il n’y a aucun doute!

    1. D’une certaine façon oui. N’est ce pas ce que j’ai écrit plus haut… ? Mourir c’est répéter sans cesse les mêmes choses, les même mots d’ordre, les injonctions dénuées de sens (travailler plus, tu seras un bon père, etc) moisir dans la répétition et se laisser traverser par la « rumeur du monde », le discours ambiant et passé qui n’est qu’un ressassement….

      Les éclaboussures du génie.

      Une société qui a tout prévu, organisée les loisirs, les vacances, les carrières, la mort anonyme, évacuée les questions sur la finitude, – le crime était presque parfait ! Tout était pré-pensé, prémâché, préfabriqué, il n’y avait qu’à endosser les vêtements de ceux qui nous précédaient.

      Il faut rejeter toute la civilisation, la conserver à l’état de musée, de souvenir, « Aufheben ». Tout ce qui vient d’ici a été dit par des esprits non préparés à l’avenir, qui n’ont aucune idée de l’avenir, nous mêmes sommes hommes du passé, au seuil de l’inconnu.

      L’accoucheur Platon était un artisan. Un individualiste. Ici nous devons accoucher de tout autre chose, seul « la mère » de Gorki peut nous aider… ce sentiment d’amour et de générosité.

    2. Avec « La mère » de Gorki, je viens d’être touché au coeur.
      Lisez vite, vite, pour le pur bonheur auquel vous nous avons droit.

    1. Nous pouvons surmonter le désespoir, et justement soyons mystique !
      Il faut revoir le sens de l’histoire d’un point de vue téléologique…et l’ami Kant revient en boucle.
      Savoir où est l’Homme et vers quoi il doit tendre.
      Mais comment oublier qui nous sommes à ce point ?

    2. @Jus de Pomme

      Mystique? Téléologique?

      J’espérais qu’on était revenu de ce genre de fadaises.

      La fin de cette histoire là risque d’être douloureuse.

      « Ainsi la bourgeoisie a fait connaître et a imposé à la société un temps historique irréversible, mais lui en refuse l’usage » Debord

    3. Le désespoir ne se surmonte pas. Il s’apprivoise, il s’utilise, il se transmute, s’instrumentalise. Il accompagne, gentiment, ou pas.

      Pas vraiment passionné par le jeu intellectuel kantien des questions réponses aux Que m’est-il permis de connaitre? , Que dois je faire? , Que m’est-il permis d’espérer? .

  3. Le secret de mon adaptation à la vie ? J’ai changé de désespoir comme de chemise.
    (Cioran. Syllogismes de l’amertume)

  4. A propos de dette, pour ceux qui croient encore dans la capacité de « réforme » ou réparation d’une classe dirigeante aux abois, voici l’annonce officielle de la restitution à Haiti des 90 millions de Francs or extorqués au titre de dette vis à vis des anciens colons expropriés par les esclaves révoltés lors de la Révolution haitienne qui a abouti à son indépendance (1804):
    http://www.diplomatiegov.fr/rubrique.fr-14-07-2010.html

    1. Euh, comme je ne sais pas si c’est au 1er ou au second degré, j’indique juste que le site en question a été ‘plagié’ (‘.gov’, au lieu de ‘.gouv’).
      Le coup de la signature d’un accord cadre le 14 juillet sur la dette est franchement bien joué : ‘voici ce qui aurait pu se passer si la République Française était fidèle à ses valeurs’.
      Petit détail aussi : le site plagié a été créé par un certain … Toussaint Louverture, un des héros de l’indépendance avec Dessaline.
      http://www.liberation.fr/monde/0101647205-le-site-du-quai-d-orsay-plagie-pour-que-la-france-regle-sa-dette-a-haiti

  5. Il n’y a qu’un égo qui peut désespérer; le moment est venu de sortir de cet oeuf pourrissant, et de laisser naitre l’être que l’on y a enfermé depuis si longtemps! A chacun de s’y mettre bon gré mal gré! Il semble n’y avoir que deux choix, de toute façon! Je le ferais moi-même, oui ou non! Je me ferais vivre ou je mourrais! Je prend la barre, ou je laisse le bateau à la dérive comme j’ai toujours fait, en accusant « tout ce qui n’est pas « moi » » si ça déconne! Plus le temps passe plus le choix s’impose avec force! C’est si simple, que c’est presque impossible! Le cerveau est tellement ENCOMBRE! Culture, éducation, croyance, etc… tout cela pèse, pèse, pèse………

  6. Vous avez vu, sur le site du Monde.frLagardère, le jeu de l’été s’appelle pour eux: « je perds, donc je pense ». Très amusant… Ils doivent être intellectuellement très désespérés pour en arriver là. Faire du faux journalisme doit être tellement dur…
    Changer le capitalisme? Si déjà le marché était vrai: vraies informations, pas de monopoles abusifs, vrais chiffres de l’économie, pas de paradis fiscaux, imposition fiscale obligatoire dans un pays ou l’autre, etc.
    « Libre et non faussé »

    1. Merci Charles. On constate simplement qu’un monde où « ce qui n’est pas vrai » a pris tellement d’importance- cela conjugué à la puissance de l’industrie et des armes- ne peut qu’aller vers la catastrophe (le phénomène « publicitaire » est une illustration de la séparation entre la vérité des faits, et le discours sur les faits). C’est pourquoi je lutte, car, contrairement à nombre de spéculateurs, à ce qu’il semble, moi j’aime l’avenir. Et je suis toujours heureuse lorsque je vois que je ne suis pas la seule.

  7. Dieu « consulte en ce moment son calendrier » : je confirme ! Il prépare avec son état major d’archanges un plan d’invasion de la planète pour y remettre de l’ordre. Malheureusement, notre calendrier grégorien n’étant pas synchronisé avec celui du Paradis, impossible de donner des dates précises.

    1. Il est où Julien Coupat en ce moment ? Où sont les intellectuels ….ils font comme les autres qui thésaurisent pour théoriser ensuite à des milliers d’exemplaires à couvert ! Zut y en a marre des manipulateurs de la plèbe…on a vu ce que ça donne.
      Si le désespoir ça se surmonte…dans le cerveau y a de la dopamine et c’est fait pour ça !
      Allez voir la mer, écouter les vagues…ça ira mieux !

  8. « Anthropologie du point de vue pragmatique », si je suis votre citation (anthropologue un jour, …).

    Kant disait que pour tenir une position, il fallait du courage mais aussi de la colère et du ‘désespoir indigné’, donc.
    Et qu’on peut s’indigner quand on ‘souffre dans l’innocence’.

    Souffrir, oui.
    Mais sommes-nous dans l’innocence ?

    Je veux dire, dans ce système où il y a de quoi souffrir et s’indigner, sommes-nous dans l’innocence, nous qui savons, nous qui participons, parfois à notre corps défendant, à perpétuer ce système ?

    Mais l’innocence est-elle ‘nécessaire’ à l’indignation ?

    1. Hhmm.. non. Mais, quelque part, oui.
      Tout dépend des valeurs que nous avons en nous.
      Les 5 piliers de l’humain. Qui en a 2 à 3 principaux et 1 à 2 qui vont le faire réagir par haine comme moi pour la religion.
      Un au milieu est forcément neutre. Voire deux chez pas mal de personnes.

      Ceci n’est pas le plus important. Car c’est la situation dans laquelle va se retrouver un humain qui va principalement faire ses réactions. Ne jamais sortir un élément de son contexte. Rêgle absolue.
      Sinon, on devient politique. Donc, manipulateur.

      A partir de quand y aura-t’il révolution : quand trop de gens n’auront plus à manger et que le « chef » de l’état ne sera plus crédible. C’est tout.

      L’innocence n’a rien à voir là-dedans. Après environ 7 ans, on est plus innocent. Nos valeurs sont construites et ancrées. Pour le meilleur comme le pire.

    2. Concernant la révolution, le second terme est déjà atteint.
      Reste que pour le premier terme, il y a encore largement de la marge : heureusement (pour nous comme pour ceux qui ‘président à nos destinées’) que nous avons la sécu et la CAF, thanks Front Populaire & CNR.
      J’y ajouterais un autre terme, à cette équation : la dignité.
      Quand un homme ou une femme voit dans les yeux de ses enfants que sa dignité est atteinte, la faim laisse la place à la rage.
      Mais là aussi, heureusement, nous avons encore quelques ressources historiques, sociales et éthiques.

  9. … passer, comme le dit Kant, du désespoir résigné au désespoir indigné.

    Eh bien du coup je suis passé à l’optimisme indigné.

  10. Mais enfin, de toutes façons et les choses étant ce caleçon (comme disait l’autre) qui a pu croire que le système financier pouvait être régulé ?????????????

    Qui a pu croire cela ?
    Même Yvan ne parierait pas une choucroute sur un truc pareil !
    Même pas en rêve, comme dirait ma fille.

    Mon désespoir est tellement indigné qu’il en oublie d’être désespéré !

  11. J’espérai, comme ne l’ai pas lu, voici ce qui me semble le plus avisé:
    « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ».
    Merci à ce roc d’humanité, Antonio Gramsci.

  12. Monsieur JORION,

    deuxième commentaire d’une « âme errante »…
    la masse silencieuse de ces âmes errantes sur le net constitue votre public et vos « spéciaux remerciements ironiques » nous font sourires.
    cette masse silencieuse erre de blog en blog traitant de toutes sortes d’actualités, jour après jour, dans l’attente des « signes  » de l’apocalypse, avide de nouvelles qui viennent conforter les raisons de notre attentisme.
    cette masse silencieuse ne lit pas ou survole les commentaires de la trentaine empilant auteurs, citations…
    cette masse d’âme silencieuse ne descendra pas dans la rue faire « 1789 » ou « mai 68 » ou n’importe quelle autre révolution socio-économique bien trop « terrestre », tout au plus des violences urbaines, des guerres.
    cette masse se fiche d’une poignée d’intellectuels qui proposent des idées d’action, car elle sait que le monde ne changera plus par l’économie.
    votre citation biblique ne nous surprend pas non plus, car vous êtes vous aussi dans l’attente d’évènements « céleste qui vous soulageront de votre « mission » qui consiste à fournir du contenu à votre blog, nous comprenons votre « pression », votre « chemin de croix »
    ne nous en veuillez pas de nos « détours », nous sommes vos « fidèles  » lecteurs
    ne méprisez pas notre silence car nous constituons nos forces en vue de la seule prochaine révolution possible qui « sera spirituelle ou ne sera pas » au détriment de notre humanité

    cordialement de la part d’une âme errante incognito…
    « 

  13. Bonjour M. Jorion,

    faute d’être français, vous ne pouvez renier votre appartenance à la culture linguistique française, si cela n’était pas votre désir, la première phrase de votre article vous y classe pourtant automatiquement, et même mécaniquement:

    « Puisque je ne me trompe que rarement jusqu’ici dans mes prévisions (quand je me trompe, c’est parce que mes cris d’alarme rencontrent un écho et je ne me plains donc pas) »

    Comment en effet une personne de votre qualité, ayant une telle perspicacité, une telle connaissance de ce monde et un tel don de voyance ne trouve t’elle pas un emploi à la hauteur de sa réelle valeur, obligé que vous êtes de vous abaisser à diffuser vos thèses au travers d’un blog, certes très fréquenté, mais qui reste comme tous ces supports, totalement inutile.

    Mao, Lénine, Trotsky, et bien d’autres avant eux ont eu également les mêmes certitudes, qu’ ils se sont ensuite révélés incapables de mettre en œuvre, car entre faire des suppositions dignes de Nostradamus et la réalité, existe un gouffre que vous semblez pourtant avoir franchit allègrement.

    Donner les numéros gagnants du loto est très facile le lendemain du tirage, et gagner l’est également si on joue tous les combinaisons possibles, s’agit il pour autant de clairvoyance ?

    Les blogs et les partis politiques sont aujourd’hui remplis de ces personnes pleines de certitudes sur la marche à suivre. L’histoire a pourtant prouvé qu’une fois en place, ces mêmes personnes issues de la société civile sont aussi médiocres que leurs homologues énarques.

    Il ne s’agit pas la de suppositions gratuites, mais de constatations vérifiables.

    Le hasard que vous semblez mépriser a fait que quelques heures avant de lire votre billet, j’ai publié cet article sur mon très modeste site traitant de la Chine, pays pour lequel, moi, je serais bien incapable de faire la moindre prédiction:

    http://www.refletsdechine.com/les-predicateurs-du-2-eme-siecle.html

    Si vous avez un peu de temps entre deux séances de boule de cristal, lisez le, vous y êtes un peu, et hélas pas seul…

    1. Bien dit . Un peu réducteur . Et encore moins efficace .

      Il n’est effectivement pas très utile de simplement annoncer l’orage , mais ce qu’on a dit et partagé peut servir quand la foudre éclate .

      Entre temps il est sans conteste bon d’être dans les champs avec tout le monde pour y partager les travaux et les métiers .

    2. @hengxi

      2 remarques:
      – Vous semblez confondre auscultation, diagnostique et remèdes. Encore faut-il que ceux-ci existent.
      – Comment peut-on accorder le moindre crédit à une chose (La Chine) qui navigue sur la seule rente de ses peuples esclaves et dont l’histoire même atteste que cela l’a été tout au long de son histoire.
      Imagineriez-vous un seul instant, la possibilité d’une consommation chinoise comparable à la nôtre?
      Que les financiers essayent de nous le faire croire, delà à la réalisation…

    3. Les sinoc-délirants font assurément partie, avec les malthuséco-apeurés, de ces populations foisonnantes d’animalcules improbables que l’on se doit d’observer, pour d’abord et enfin, s’en gauder. De loin en loin bien sûr. L’abus oterait tout son charme à l’opération.

    4. Une bonne nouvelle : paul jorion n’ a ni police ni armée.

      Une correction : il a quand même une petite police de la circulation sur son blog, mais comment faire autrement dans un monde où le citoyen a des droits et plus de devoirs…

    5. « Comment une personne de votre qualité…..ne trouve-t-elle pas une emploi….. »
      Il n’y a plus aucune corrélation entre « qualité » personnelle et professionnelle d’une part, et « trouver un emploi » d’autre part. Ce que l’on recherche, ce que l’on veut: des gens « adaptés », qui correspondent à certaines conventions formelles en ce qui concerne la formation sup. et le parcours de carrière (notamment en France), des gens qui ne dérangent pas, qui glissent sur le mainstream…..J’ai rencontré un tas de gens intéressants comme Paul Jorion et qui sont dans une situation semblable. Leur seul issu: rester maître de son oeuvre. Et c’est peut-être pas si mal comme option (forcée). Cela permet, entre autres, de rester honnête.

    6. Bonjour,

      je pensais que ce blog était fréquenté par une majorité de personne sinon intelligentes, du moins instruites, les commentaires sur mon intervention montrent visiblement que non.

      L’être humain a toujours eu besoin de suivre un gourou, un dieu, un messie, un berger …

      Bonne promenade !

      Cela n’enlève nullement son talent à M. Jorion, le tout étant de trouver dans quel domaine il peut l’exercer:

      La politique, l’économie, le spectacle ? remarquez qu’aujourd’hui les trois seont intimement liés, don il u a de l’espoir.

      M. Jorion, il ne s’agit nullement d’une critique à votre égard, car vous semblez être un bon berger. Ce n’est hélas pas le cas de certains mouton…

    7. Un petit oubli de ma part sur ceci:

      « Imagineriez-vous un seul instant, la possibilité d’une consommation chinoise comparable à la nôtre? »

      l grande différence est que cette consommation dont vous êtes si fier, vous en avez seulement hérité de vos ancêtres, les Chinois eux se la construisent.

      Énorme différence. Pour ce qui est d’être à égalité, on en reparle dans 15 ans, lorsque vous aurez de descendre, et eux de monter !

    8. « Comment en effet une personne de votre qualité, ayant une telle perspicacité, une telle connaissance de ce monde et un tel don de voyance ne trouve t’elle pas un emploi à la hauteur de sa réelle valeur, obligé que vous êtes de vous abaisser à diffuser vos thèses au travers d’un blog, certes très fréquenté, mais qui reste comme tous ces supports, totalement inutile. »

      C’est l’inverse : je m’élève à diffuser mes thèses au travers d’un blog très utile.

      PS : on pense cependant ici et là à des boulots possibles pour moi. Ainsi, si vous lisez l’allemand,

      Wenn Herr Wulff seine Idee von Schloss Bellevue in die Tat umsetzt, wird es vor allem darauf ankommen, wie er dem basso continuo des politischen und ökonomischen Credos dieser Republik neue Stimmen beimischt: von Stephan Schulmeister bis Paul Krugman, von Simon Johnson, Yves Smith und Tyler Cowen bis Paul Jorion.

      Hans Hütt, Antrittsrede eines Brückenbauers am reißenden Strom

    9. @ Hengxi

      Que de violences et sacrifices sur nos terres européennes pour pouvoir, aujourd’hui, nous exprimer librement, sans risquer une balle dans la nuque !

    10. PAD, votre remarque aurait eu plus de poids si elle avait été actualisée, car vous ne faites là que sortir un de ces vieux clichés. Il est vrai que ces pauvres Chinois n’ont jaais eu la chance d’utiliser la guillotine.

      Sachez également que que les Chinois ont délaissé depuis pas mal d’années l’habit à col droit, cela vous évitera une nouvelle méprise. Cela arrive souvent lorsque l’on veut parler d’un sujet que l’on ne connait pas…

      Bonjour M. Jorion, et merci d’avoir perdu quelques instants à me répondre.

      Sans renier nullement ce que j’ai écris, même si cela a été mal interprété par vos « adeptes », qui comme vous pouvez le ire ne sont pas encore au top dans le domaine de votre défense, j’avoue que c’est votre première phrase qui m’a quelque peu « choqué », l’erreur étant ce qu’il y a de plus humain.

      Qu’ensuite vous ayez souvent (pas toujours, je maintiens) raison est une évidence, mais hélas, quelle est l’utilité de ces erreurs si vous n’avez pas derrière vous une « armée » pour défendre vos idées ?

      Ne comptez pas trop sur vos ardents défenseurs virtuels, pour mettre quoi que ce soit de vos thèses en application, car ils n’en ont pas le pouvoir, même en démocratie.

      C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils viennent chercher leur « Jorion » quotidien.

      Bonne continuation, et bon courage (il vous en faudra)

  14. tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

    Qu’ils le veulent ou pas, il y aura de la régulation
    Qu’ils le veulent ou pas , le capitalisme est en train de tomber

  15. « Révélation » aussi « soudaine » « qu’à propos »…..
    « La société démoralisée », titre J Attali sur son blog.
    Vous vous êtes donné le mot ou est-ce l’air du temps?

    « Comme la morale vise à faire respecter par chacun les droits des autres, la déloyauté produit des sociétés dé-moralisées, au sens propre. La société se divise alors en deux catégories : ceux qui n’ont plus les moyens de payer l’impôt et ceux qui ont les moyens de ne pas payer l’impôt. » J Attali
    http://blogs.lexpress.fr/attali/

    Je me demande bien comment nous en sommes arrivé à cet « inéluctable » processus que j’observe depuis trente ans ?
    Sommes-nous en droit d’envisager toutes les hypothèses, tant morales qu’amorales ?
    Qui sont les « gardiens du temple » et les « idiot utiles » qui le servent?

    Nous serons pour nombre d’entre nous bientôt fixés.
    On ne construit rien de stable et d’acceptable sur le mensonge et la déloyauté.
    Le « vieux monde » n’a plus aucun crédit.
    Le rideau se lève, et il n’y a aucun moyens de mettre les voiles pour les plaisanciers de la vie…..

    1. Oui j’ai trouvé l’article d’Attali très fort et à propos dans le calendrier. Je l’ai lu à sa sortie en attendant le « truc télévisé » grandiose de ce lundi soir.

  16. Vous avez dit :

    « … Et ensuite ? Euh… il reste le Fonds Monétaire International qui tirera tout le monde d’affaire. Non, soyons sérieux, après, il ne reste qu’une chose – mais on peut déjà s’y préparer : passer, comme le dit Kant, du désespoir résigné au désespoir indigné »

    Il ne s’agit peut-être qu’une question de vocabulaires, mais j’aurais préféré voir deux formes très différentes de réaction contre le désespoir. La résignation et l’indignation sont également passives. L’autre forme, plus efficace et plus virile : passer à l’action. C’est donc la forme active.

    Ou tout au moins faire comme les bonnes femmes à tu tête gueuler et engueuler comme une dingue !

    1. Après avoir zoné collectivement autant qu’individuellement dans le monde virtuel,
      l’action la plus vraie (et la plus sure) serait de renouer avec le corps, seule preuve de notre existence.
      On découvrirait que l’on n’a pas cessé de le zapper au profit de l’intellectualisme.
      Le désespoir n’est que tromperie s’il est intellectuel.

  17. Bel effort de lucidité que de découvrir la spéculation est à ce point constitutive du système qu’à présent c’est elle qui le fait presque tenir.

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