Le cas GM de Strasbourg : travailler plus pour gagner moins, par Sébastien Ruaux

Billet invité

GM Strasbourg

Voici un exemple flagrant d’abus en période de crise. Mais avant tout pour bien comprendre faisons le point sur l’état des négociations.

D’un coté, nous avons une société américaine, détenue pour plus de 60% par l’état américain, qui essaie de négocier une remise en route de son site (en le rachetant à une de ses anciennes filiales), de l’autre 1150 employés qui veulent garder leur travail, au milieu des syndicats qui essaient de faire leur « job ».

Lundi, les employés étaient convoqués pour voter le rabotage d’acquis sociaux (35H et gel des salaires pendant 2 ans), qui était une condition sine qua none pour la reprise du site par GM, après vote positif (plus de 70% pour le oui), tout le monde s’attendait à la bonne nouvelle i.e la reprise du site.

Stupeur et consternation avant-hier lorsque le négociateur a annoncé que c’était un premier pas et qu’il y avait de nouvelles conditions pour que la reprise soit effective (sur la partie des paiements des heures majorées et heures supplémentaires au-delà des 1607 heures).

Résumons rapidement : GM veut comprimer les coûts salariaux, les employés veulent garder leur travail.

Le sujet, qui avance masqué ici, est bien celui de la déflation salariale du coût du travail. Un des arguments qu’avait avancé GM en contrepoint de la « négociation » était le fait qu’un ouvrier mexicain travaillant dans une de leurs usines leur coûtait beaucoup moins qu’un ouvrier français.

En 2003, le salaire minimal était de 43,65 pesos par jour (soit moins de 5 euros par jour) dans la capitale, soit un salaire mensuel de 105 € si l’on part sur une base de comparaison de 21 jours. Je ne connais pas les coûts des charges salariale et patronale sur le salaire mais admettons qu’elles soient du même ordre que les nôtres (ce que je ne crois pas), on se retrouverait avec une masse de 210€ par employé.

Admettons que GM délocalise au plus proche de nous par souci de proximité avec ses clients. Cela lui coûterait 150€ par employé en Algérie (soit 300 € sur la même base de calcul des charges), ou 114€ en Roumanie (soit 228€ avec le même barème de charge).
Et nous ne prenons pas en compte dans la boucle les conditions de travail, les congés, les horaires etc.

Au final si les employés acceptent l’ensemble des « conditions » de la direction de GM, ils sauveront sans doute leurs emplois pour quelques temps. Puis d’autres conditions de plus en plus drastiques seront « négociées » pour qu’au final GM parte.

Cet exemple flagrant est un cas concret de ce qui est en train de se passer dans notre monde : un refus du partage des bénéfices du Capital, l’employé n’étant vu ici que comme un centre de coût et non pas de bénéfice. Il est clair que le grand patronat n’a qu’une idée en tête : que le salarié lui coûte le moins possible, voire même qu’il soit payé comme un ouvrier chinois et encore !

Il est temps de laisser partir ce genre d’entreprises et au contraire de favoriser le tissu économique des TPE/PME qui sont largement plus créatrices de valeur, puisque fortement implantées dans le tissu économique local. J’ai moi-même dirigé une TPE avec quelques employés pendant 5 ans. Je sais de quoi je parle dans ce domaine, rien n’est fait pour y favoriser l’éclosion de valeurs.

Il est largement temps de remettre au cœur de l’entreprise et de la société la valeur de l’humain, ces dernières années ayant montré que celle-ci n’avait plus aucune importance dans la gestion d’une entreprise ; l’humain n’étant plus qu’une pièce détachée comme une autre, voire du consommable.

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44 réflexions sur « Le cas GM de Strasbourg : travailler plus pour gagner moins, par Sébastien Ruaux »

  1. une partie de la solution est donc l’interdiction des délocalisations pour les entreprises françaises et pour les étrangères de commerce en France pour celles qui ont délocalisé. ces mesures sont selon mes sources prévues pour le jour ou il n’y aura plus rien à delocaliser

  2. Ce n’est pas à « Démocratie & Entreprises » (http://demetentreprises.wordpress.com/) que nous allons dire le contraire de Sébastien. Il est des fois où il vaut mieux laisser partir des boites.
    Pour ce qui concerne GM, et dans le même temps, « General Motors lance une OPA de 3,5 milliards de dollars sur AmeriCredit ».(Les Echos).
    La consanguinité avec la finance est patente et ce n’est pas la « nationalisation » qui peut être garante de la pérennité de l’emploi (se remémorrer Renault et Vilvoorte)

    1. Non,
      C’est la politique suivit, si celle ci est de droite (libérale-capitalistique) appliquée par la prétendue gooche, alors le résulatat est la

  3. et si tout se passe comme ça se passe d’habitude ils devraient pouvoir obtenir une exonération de charges auprès de la région, voire même des aides de l’état… et normalement ils devraient se retrouver en couv des journaux locaux qui les présenteront comme les bienfaiteurs de la région et ça fera de jolies photos main dans la main avec des élus…

    …et très logiquement ils se casseront de france dès qu’il n’y aura plus rien à gratter (et si c’est vraiment bien fait c’est même les ouvriers strasbourgois qui formeront leurs successeurs)…

  4. Très juste
    Triste situation des PME en France.

    et les jeunes toujours attirés par le mirage des grands groupes (Safran, St Gobain, Thales, Dassault, Areva…).

    Gasp !

  5. Quand on voit ce qui se passe dans des entreprises françaises !
    Le code du travail est complexe, j’en conviens, mais il y a quelques règles basiques faciles à comprendre !
    Dans le secteur des soignants j’ai eu droit à un poste de 5h 55mn par jour.
    Pourquoi 5h 55 mn ?
    Parce que si le poste fait 6h, il est obligatoire de vous donner une pause payée !

    Càd que 6h = 5h 45mn de travail effectif payées 6h.
    (pour une pause de 15 mn)
    Si votre poste fait 5h 55mn ce sont donc 5h 55 de travail effectif payées 5h 55.

    Càd, pour l’entreprise, une économie de 5mn de salaire pour 10mn de travail en plus!!!!!!
    Il n’y a pas de petit profit !

    Et pour le salarié 10mn de travail en plus pour 5mn de salaire en moins !

    C’est çà aussi le « travailler plus pour gagner moins » !

    Oui, il serait bien temps de mettre la valeur de l’humain dans les entreprises!

    Le pire c’est que dans ce cas c’est une entreprise de type associatif qui oeuvre dans le secteur de la santé (maison de retraite)!
    Quand on constate la façon dont elle traite ses salariés, on peut imaginer comment elle traite ses « clients » !!!

    Et après on s’étonne que les soignants n’en peuvent plus et qu’il y a de la maltraitance !

    De l’humain, on vous dit, de l’HUMAIN !!!!!!!!!

    1. Et dire que les aide-soignants , toujours souriants , qui toilettent les malades en discutant avec eux, les seuls qui les traitent comme des êtres humains en leur remontant le moral par des boutades sympathiques, sont soumis à des cadences infernales et font l’objet de calculs aussi sordides !
      5h55 sans pause et le sourire aux lèvres , chapeau !

  6. Même les délocalisations ne leur suffisent plus !

    Je me souviens d’avoir lu dans « La fin du travail ? » de Jeremy Rifkin que des multinationales américaines installaient au Mexique des usines … sans ouvriers, soit entièrement robotisées.

    1. Quand j’ai visité Renault Vilvoorde fin des années 70, il y avait 450 personnes qui travaillaient à la « tôlerie ». Lorsque j’y ai travaillé à la chaîne dans les années en 92, ils étaient 7.

      Mais le sommet dogmatique de la robotisation est probablement la mise en place de bus sans chauffeur dans certains aéroports. Ca coûte une fortune à l’investissement et à la maintenance… A voir les comptes, faut pas être grand clerc pour comprendre que le ROI est négatif ! Mais ça ne fait pas grève un robot ! et puis ça mets bien la pression sur le chauffeur en chair et en os ! « Toi tu fais comme on t’dit et tu la fermes ou on t’remplace par une belle machine !

      On vit une époque formidable ! Non ?

      BAV

  7. Bonjour,

    vous avez parfaitement raison , pour un dévelopement durable de nos société ce genre de manipulation et chantage au social à travers un vote (dilemme genre la bourse ou la vie) devrait être carrément interdit.

    De plus il me semble que les termes du « contrat » soient plutôt léonins, les salariés renoncent à travailler plus pour gagner moins pour une durée indeterminée tandis que l’entreprise elle s’engage uniquement pour deux ans …

    L’antécédent de l’usine de pneu Continental devrait faire réfléchir ces salariés, à leurs place je m’engagerais à travailler moins ET MOINS BIEN pour gagner moins.

    cordialement

  8. Pardon,

    en conclusion il faut lire  » je m’engagerais à travailler plus et MOINS BIEN pour gagner moins »

  9. Je me trompe peut-être, mais lonsqu’on parle favoriser les TPE et le PME, n’est ce pas aussi grâce aux contrats de sous-traitance de grands groupes comme GM que les PME vivent ?

    1. @ Neo,

      Malheureusement poudre aux yeux, pour avoir été aussi en sous-traitance d’un grand groupe ce n’est là que pour diluer la responsabilité, acquérir temporairement une compétence non possédé en interne, et in fine compresser le cout d’une prestation ou d’un travail/produit.

      Cela fait vivre plein de TPE/PME mais pas forcement dans le bon sens, l’histoire de qui est du coté du la gâchette ou du canon du pistolet…

  10. Bonjour,

    Apparemment cela convient très bien aux gens puisque personne ne bouge, personne ne dit rien et tout le monde accepte et gobe tout ce qui se passe.
    Entre ticket de loto, malbouffe, lobotomisation via les médias, les Français (et les autres) ont de quoi s’occuper sans se rebeller.

    Triste constat mais c’est malheureusement la triste réalité.
    Cordialement.

    1. Se rebeller quand on a trois gosses, un prêt sur le pavillon, la voiture, la canapé et l’écran plat…( ok, j’exagère un peu)…

      La question n’est pas de savoir pourquoi il ne se rebelle pas…la réponse est simple, il n’ont pas la chance d’être né dans une famille dotée d’un capital, aussi leur survie dépend UNIQUEMENT de leur force de travail.

      A partir du moment où il ne sont considérés dans la chaîne de production que comme « VALEUR D’AJUSTEMENT DES COÛTS », leur sort est scellé.

      La question que je me pose est plutôt la suivante :

      Jusqu’où iront-ils pour préserver leurs obscènes profits ?

      Combien de crises avant la prise de conscience que ce n’est pas viable à long terme aussi pour EUX ?

      ( par eux, j’entends l’ensemble de la classe « dominante »).

    2.  » Cet exemple flagrant est un cas concret de ce qui est en train de se passer dans notre monde : un refus du partage des bénéfices du Capital, l’employé n’étant vu ici que comme un centre de coût et non pas de bénéfice. Il est clair que le grand patronat n’a qu’une idée en tête : que le salarié lui coûte le moins possible, voire même qu’il soit payé comme un ouvrier chinois et encore !  »

      Jusqu’où les peuples sont-ils prêt à aller dans leur renoncement ? Les peuples devront-ils devenir esclaves (sans rémunération) pour enfin se révolter ?

      Si les salariés de cette entreprise arrêtaient solidairement de payer leurs crédits tant qu’une VRAI solution initiée avec et par eux-même soit mise en place et dans de nombreuses entreprises en grève, cela changerait-il le rapport de force dans notre société aux mains de la financiarisation ?

    3. @ghost dog: « Combien de crises avant la prise de conscience que ce n’est pas viable à long terme aussi pour EUX ? »

      Là j’ai un gros doute. Qu’est-ce qui vous fait dire que ce n’est pas viable à long terme pour eux?

      Imaginons que nous soyions en 1789, à la veille de la révolution. Que pensez-vous qu’il est préférable d’être pour que vous et vos descendants soient les mieux lotis un siècle plus tard? Noble et riche ou pauvre et gueux?

    4. @ghost dog

      « Combien de crises avant la prise de conscience que ce n’est pas viable à long terme aussi pour EUX ?

      ( par eux, j’entends l’ensemble de la classe « dominante »). »

      Vous raisonnez comme s’il s’agissait d’une entité collective, capable de raisonner et de se demander ce qu’il serait préférable de faire maintenant. De penser éventuellement à sa propre survie.
      Ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Le requin ne choisit pas d’être attiré par le sang.
      Si le mouvement historique enclenché doit conduire à l’anéantissement du système qui la fonde, la classe dominante ira jusqu’au bout. Il n’y aura pas de prise de conscience car il ne peut pas y en avoir. Leur ‘liberté’ est illusoire. ILS ne contrôlent pas la situation.
      Leurs actes le démontrent.

      « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience » Marx

    5. « Bouger » dans le présent cadre signifie :

      1 Etre capable de définir un objectif c’est-à-dire un point du système qui semble modifiable et qui fera durablement évoluer le système vers plus d’humanité (mais ce mot est-il bien choisi ?)
      2 Etre capable de définir un moyen pour l’atteindre
      3 Etre capable de le mettre en oeuvre (Ce sera nécessairement médiatique)
      4 Oser le mettre en oeuvre (Ce qui signifie être médiatisé soi-même

      Et comme rien n’est jouer d’avance, il se pourrait que malgré tout le résultat soit nul au niveau de l’objectif poursuivi… Mais il ne sera probablement pas nul à titre individuel si par hasard l’idée était bonne et que quelques’uns de ceux d’en haut ont eu chaud !

      Oui, il faudra du courage et un brin d’inconscience sans doute aussi !

      BAV


  11. Pour finir parlons d’autre chose, parlons de l’ « humain ».
    C’est là un vocable, et sans doute un concept aussi, qu’on réserve pour les temps des grands massacres. Il faut la pestilence, Lisbonne et une boucherie religieuse majeure, pour que les êtres songent à s’aimer, à foutre la paix au jardinier d’à côté, à être simplissimes. C’est un mot qu’on se renvoie aujourd’hui avec une fureur jamais égalée. On dirait des dum-dum. Cela pleut sur les milieux artistiques avec une abondance toute particulière. C’est dommage. Car l’art ne semble pas avoir besoin du cataclysme, pour pouvoir s’exercer. Les dégâts sont considérables déjà. Avec « Ce n’est pas humain », tout est dit. A la poubelle. Demain on exigera de la charcuterie qu’elle soit humaine. Cela, ce n’est rien. On a quand même l’habitude. Ce qui est proprement épouvantable, c’est que l’artiste lui-même s’en est mis. Le poète qui dit : Je ne suis pas un homme, je ne suis qu’un poète. Vite le moyen de faire rimer amour et congés payés. Le musicien qui dit : Je donnerai la sirène à la trompette bouchée. Ça fera plus humain. Le peintre qui dit : Tous les hommes sont frères. Allons, un petit cadavre. Le philosophe qui dit : Protagoras avait raison. Ils sont capables de nous démolir la poésie, la musique, et la pensée pendant cinquante ans. Surtout ne protestons pas. Voulez-vous de l’existant sortable ? Mettez-lui un bleu. Donnez-lui un sifflet. L’espace vous intéresse ? Faisons-le craquer. Le temps vous tracasse ? Tuons-le tous ensemble. La beauté ? L’homme réuni. La bonté ? Etouffer. La vérité ? Le pet du plus grand nombre.

    Samuel Beckett / Le monde et le pantalon – 1945

  12. Dans un monde, aux ressources limitées, de plus en plus abimé la seule ressource qui augmente en nombre est la ressource humaine… Il n’est pas difficile de prévoir que sa valeur risque de diminuer. Lorsque nous défendons nos avantages sociaux (et nous avons bien raison) il faut toutefois se placer dans un contexte plus global par souci d’honnêteté intellectuelle.
    Nous avons la chance en occident d’avoir un pouvoir d’achat supérieur à la plupart des autres zones du monde. Ceci est en partie dû à l’infrastructure et au capital crée par nos ancêtres qui grâce aux guerres, à l’esclavage et la colonisation on eu la possibilité d’accumuler richesses et connaissances.
    Aujourd’hui on voit d’autres zones rattraper leur retard aidée par la libre circulation des marchandises et des informations. On peut regretter la grande époque de l’Europe (ou le capital était encore national), mais si on se place dans une logique de répartition plus équitable des ressources il est normal que le partage s’étende au reste du monde.
    Le changement des habitudes de (sur) consommation en occident passera forcément par la réduction du pouvoir d’achat du plus grand nombre.
    Avec l’augmentation de la population et les limites de la terre ce sera même une question de survie.
    Par contre il est important de lutter pour conserver nos avantages sociaux, c’est l’exemple que nous devons donner au reste du monde. L’Europe est aussi le berceau du syndicalisme et ce n’est que par la lutte que les citoyens pourront atténuer la concentration des richesses non plus géographiquement mais humainement dans un nombre de plus en plus restreins de mains. Il est juste dommage que la lutte sociale n’ait pas évolué pour s’élargir a notre rôle de consommateur.

    1.  » Le changement des habitudes de (sur) consommation en occident passera forcément par la réduction du pouvoir d’achat du plus grand nombre. Avec l’augmentation de la population et les limites de la terre ce sera même une question de survie. Par contre il est important de lutter pour conserver nos avantages sociaux, c’est l’exemple que nous devons donner au reste du monde.  »

      Je comprends votre propos,

      Mais c’est bizarre j’éprouve aussi l’impression d’entendre deux personnes différentes dans votre propos, l’une me disant de passer à autre chose parce que cela fait parti du mouvement des choses en cours et dans le monde, et l’autre recherchant à me dire il faut encore lutter jusqu’au bout pour conserver nos avantages sociaux.

      Personnellement je ne crois plus au seul propos de la lutte sociale pour conserver nos avantages sociaux, cela ne change guère mieux les comportements en société, la réelle révolution du monde passera sans doute par quelque chose d’autre et de plus inatendu pour l’homme d’hier.

      Lorsque tout mais vraiment tout devient une question de coût, comment pouvez-vous encore faire résonner ce genre d’hommes ce n’est bien sur plus possible, à moins qu’un jour ils en deviennent fatalement les plus touchés eux-aussi à leur tour.

  13. L’un des effets mécaniques majeurs de la mondialisation depuis les années 70 consiste à rapprocher le niveau en terme de richesses/revenus entre l’occident d’une part, et les pays en voie de développement d’autre part. Il faut s’imaginer un ascenceur (ou un « pater noster », ancienne version de l’ascenseur moderne): l’un monte (les pays émergents), l’autre descend (pays occidentaux). La projection idéale serait de se rencontrer à niveau égal. Les habitants des pays émergents veulent vivre comme les occidentaux, ils ne se contenteront plus de vivre pauvrement. Le problème: ce processus est lent et non exempté de conflits, et cela non seulement au sein des pays émergents. C’est le grand problème de la classe politique: comment faire admettre à la population active (et bientôt aux retraités) en France et ailleurs que le niveau des revenus en occident baisse et baissera encore, et cela au profit d’autres continents.

    1. A Sébastian:
      Ce qui se passe dans les pays émergents: fossé entre (trés) riches et (trés) pauvres, chômage élevé des jeunes et manque de perspectives……

  14. Bonjour Ghost Dog,

    Non, le problème est de savoir si on désire passer quelque chose de positif aux futurs locataires de la planète en l’occurence nos descendants ou si l’on décide de s’en f…tre complètement et de vivre comme un pur égoiste (ce qui semble être une constante chez la plupart des humains).
    Moi et mon épouse avons déjà cassé nos tirelires d’ADN pour avoir un enfant et nous sommes prêts à y laisser très gros pour que lui ai une chance de faire mieux.

    J’espère ne pas être le seul dans ce cas.
    PS Ni moi ni mon épouse ne sommes nés dans des familles dotées d’un capital.

    Bon week-end à tous.

  15. Tout le monde l’a bien compris, le but de toutes ces manip’ c’est de gagner du temps, pour mieux sauter. Les grands prêtres de la finance et leurs adeptes, n’ont pour seuls soucis que de préserver le temple et faire perdurer leur règne. Pour calmer le dieu « marché », il suffit d’offrir quelques sacrifices humains.

    L’histoire nous enseigne qu’en de telles circonstances ceux qui s’appliquent à anticiper le désastre pour l’éviter ,ou tout du moins tenter de limiter la casse prêchent dans le désert à l’oreille des puissants.

    Il n’est pas plus sourd qu’un homme qui ne veut pas entendre, on ne fait pas de lunettes pour les consciences myopes et presbytes. Chacun continuant de jouer, espérant en tirer le maximum avant la cata’ ,et pouvoir se planquer à l’abri le moment venu.

    Ce n’est pas l’histoire qui se répète, mais les générations qui répètent l’histoire.

    Cela dit monsieur Jorion si vous ne parvenez pas, en vous faisant entendre par les principaux acteurs de cette tragicomédie à modifier le cap. Tout ce que vous faites avec votre équipe est loin d’être vain.

    Vous mettez en partage les informations, dans la perspectives des connaissances et compétences de chacun. Alors qu’un monde s’écroule, un autre est en germe.

    Je pense que partout dans le monde des individus se constituent en groupement de professionnels, en association pour réinventer autre chose.

    Je dis cela parce que, parfois face à tant de constance dans la bêtise, de ceux qui tiennent le gouvernail, la lassitude et le doute doivent montrer leurs tristes minois.

    Et que voyant avec lucidité le prix réel de tout ce gâchis en vies brisées, la colère et le découragement doivent momentanément vous gagner, comme d’autres.

    Mais je crois comprendre que vous êtes entouré d’un cercle d’amis véritables qui veillent. C’est dans l’amour de l’intelligence, du beau, du vrai, dans la douce et joyeuse chaleur de l’Amitié partagée que l’on se reconstitue.

    Merci de nous tenir informés et du temps que vous consacrez à ce blog avec votre équipe.

  16. GM

    En vertu de la règle , diviser pour régner. Puis quand je tiens chacun par les k…………, je peux imposer ma volonté. Imposant à tous de se déculotter.

  17. Et les ami(e)s si nous recherchions d’abord à travailler plus lentement, plus lentement pour gagner moins, le monde des gens du marché et des politiciens de paille se montrerait déjà plus chancelant dans ses fondations, pourquoi vouloir suivre le même empressement du monde de toutes façons à quoi bon se voiler la face plus longtemps dans le monde, il faudra bien un jour que certains peuples en finissent par se réveiller, et puis après cela finira par se répandre comme une trainée de poudre.

    Les derniers deviendront les premiers et les premiers les bons derniers.

  18. Face à la fermeture d’entreprises :
    – zéro licenciement
    ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !

    Si le patron dit ne pas pouvoir maintenir l’emploi:
    – expropriation et nationalisation sous gestion des salariés !

  19. Hors sujet mais je tenais à vous le dire.
    Mon amie qui regarde occasionnellement la vidéo du vendredi vous a trouvé le visage très fatigué, les traits tirés. Et moi aussi.
    Faîtes attention à votre santé, car vous fournissez un énorme travail au quotidien.
    La crise va durer longtemps encore avec probablement de violents soubresauts; il vous faudra durer …
    Et comme disait ma grand-mère : qui veut aller loin ménage sa monture !!

    Bien amicalement

    1. Merci pour votre sollicitude. J’ai mis en ligne mon billet sur la Hongrie et le FMI à 1h19 ce matin. Je ne pense pas qu’il faille chercher beaucoup plus loin la cause de mes traits tirés.

    2. Et bien c’est tant mieux, nous voilà donc rassurés.! L’expression rien de plus que celle d’une saine fatigue, celle de l’artisan sur son noble métier d’homme parmi les hommes. De ce métier, il semble que l’on ne soit jamais en vacance. Sauf….Mais bon, puissiez vous y travailler longtemps pour notre plaisir (et le votre). Celui de nourrir notre pensée de substantifique moelle .

      Avec pour juste récompense , celle de contribuer à rendre le monde un peu meilleur. A force de semer avec d’autres on finira bien par promettre une nouvelle moisson pour les générations suivantes.

      Avec cette pointe d’humour et de tendresse , qui fait le sourire ,pour cette humanité que nous avons en partage.

      Merci à vous et à votre équipe.

  20. Pour les entreprises comme GM, il y a un marché très simple à leur proposer :

    Vous ne souhaitez plus produire vos biens en France parce que les lois sociales votées par les citoyens de ce pays ne vous conviennent pas.
    Vous préférez vous implanter au Mexique ou ailleurs car les conditons de productions y sont plus favorable pour vous.
    Eh bien filez ! Démontez vos usines !
    Et n’oubliez rien, pas même votre force de vente car vous ne vendrez plus un seul produit sur le sol français (idéalement européen).
    Vendez vos biens aux Mexicains.
    Nous respectons votre liberté de ne pas produire chez nous, c’est aussi notre liberté de ne pas acheter vos produits.

    On peut imaginer étendre la mesure à toutes les sociétés afiliées à GM.

    Pour le vivre tous les jours, je peux vous assurer que le seul langage que les groupes multinationaux comprennent est celui du baton. Malheureusement personne n’ose s’opposer à nous, alors que la simple énonciation de ce marché lors d’un sommet européen par exemple, suffirait à inverser le rapport de force. Immédiatement, l’agneau cesserait cesserait d’aboyer.

    A quand des politiques courageux et responsables ?

    1. GM, dont l’Etat fédéral détient la majorité, s’est attaqué avec succès à ce jour aux acquis de haute lutte des salariés français.
      Les syndicats se sont rendus complices, jusqu’à la CGT qui vient de canner semble-t-il.
      http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gbFpVjImWePUNUD4zRtFi1EZYD5A

      Cette déroute, comme d’autres, est une leçon de chose.
      Face au chantage à la fermeture, il n’y a qu’une réponse qui peut les faire reculer, ou permet de tenir jusqu’à renverser le capitalisme: occupation, expropriation et gestion sous contrôle des salariés.

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