Tests de stress : exposition des banques au risque souverain, par François Leclerc

Billet invité.

De nombreuses remarques critiques s’imposent – une fois écarté le concert de soulagement qui salue en ce moment même la publication des tests des banques européennes – à propos de leur méthodologie.

Mais il en est une qui domine toutes les autres : celle de la manière dont l’exposition des banques au risque souverain a été mesurée. Car, la mémoire proche aidant, c’est sur cette question que la crise de la dette publique européenne a dernièrement buté. Et c’est sur elle qu’elle pourrait à nouveau prioritairement trébucher.

Le match a déjà commencé, avec d’un côté le camp de ceux qui disent qu’un défaut souverain est proprement impensable, BCE en tête, et de l’autre tous ceux qui considèrent qu’il est à terme de deux ou trois ans inévitable. La partie est donc loin d’être terminée et les tests qui sont présentés sont biaisés car ils ont choisi leur camp.

Pour s’en convaincre, il faut prendre en compte les imputations comptables des banques, qui choisissent de placer dans leur Trading book ou dans leur Banking book les obligations souveraines, qu’elles détiennent en grande quantité, après les avoir acheté grâce aux liquidités dispensées à peu de frais par la BCE.

Suivant une étude de Morgan Stanley, la proportion à laquelle obéirait cette ventilation serait de un pour dix, si l’on considère les obligations grecques, les plus exposées à une dépréciation potentielle. Ce qui signifie que 90% de l’exposition des banques à ce risque n’a pas été pris en considération. Une paille.

Un document confidentiel de la BCE intitulé “EU Stress Test Exercise: Key Messages on Methodological Issues » (Tests de stress de l’Union européenne : clés à propos des choix méthodologiques), daté du 22 juillet et qui n’a pas été perdu pour tout le monde, a été à ce propos cité par l’agence Bloomberg. Il confirmait qu’aucun défaut souverain n’avait été pris en compte dans le Banking Book, car celui-ci était hors de question. Il suffisait de le dire pour le croire.

Les décotes appliquées aux obligations figurant dans le Trading Book ont été par ailleurs fort modestes : 23,1% sur les grecques, 14 % sur les portugaises, 12,3% sur les espagnoles. Pas en phase avec celles qui pourraient devoir être consenties en cas de malheur. Une hypothèse qui est précisément, et par nature, celle que devraient étudier des tests de stress.

Partager :

26 réflexions sur « Tests de stress : exposition des banques au risque souverain, par François Leclerc »

  1. On y comprend plus rien.

    Voila une partie de l’article du Figaro


    Les banques incapables de maintenir un ratio de fonds propres Tier 1 d’au moins 6% d’ici fin 2011 dans le plus dur des ces scénarios seront considérées comme ayant échoué aux tests.

    La France a parfaitement réussi l’examen, les quatre banques concernées par ces tests (BNP paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE -Banque populaire Caisse d’Epargne) ont en effet démontré qu’elles conserveraient un niveau de fonds propres suffisants dans les différents scénarios retenus.

    Au premier trimestre 2010. Ce ratio était pour les banques suivantes :
    32,4% pour la BNP
    30,4% pour le CA
    24% pour la SG

    Avec un engagement total pour ces 3 banques de 4615,6 milliards d’euros pour 157,1 milliards de fonds propres. Soit un ratio moyen pour les 3 de 29,38%.

    J’aimerais que quelqu’un m’éclaire de sa lanterne en m’expliquant comment on passe de 30% à 6% si ce n’est en incluant l’aide de 700 milliards promis par l’UE dans les fonds propres des banques pays par pays !!!!!!!

    1. Je crois que le chiffre à retenir est l’inverse de 29,38 (1:29,38) soit 3,40%, et que ce chiffre doit être porté à 6% en 2011, ce qui sera à la fois :

      1) difficile et surtout artificiel au vu des pertes qui restent à constater en l’état actuel des choses,

      2) insuffisant au vu des mesures de rigueur annoncées (je pense au minimum à un nouveau « refroisissement » économique).

      On notera que les mesures de rigueur, à priori de bonne gestion au sens d’une ménagère d’Outre- Rhin (*), peuvent avoir des effets inattendus, parfois contraires à ceux visés (il y a de la non-linéarité dans l’air comme diraient certains).

      * et qui peuvent être valables là bas, même si peu « coopératives » d’un point de vue Européen.

  2. Une telle info ne risque-t-elle pas de saper la confiance des investisseurs ? Ahum, pardon c’est très bête comme question mais du coup on se demande vraiment à quoi sert tout ce cirque…

    Est-ce que cela a encore un sens de regarder si lundi les bancaires vont baisser ?

    Je veux dire est-ce que c’est une source valable pour déterminer comment « le marché » réagit face aux stress-test européen ?

    A qui sont destinés ces infos bidons (je veux dire les résultat des tests) ?

    Quand les états disent tout va super bien, les banques sont en super forme, est-ce que c’est pas le moment de retirer ses économies ???

    1.  »A qui sont destinés ces infos bidons (je veux dire les résultat des tests) ? »

      La méthode Coué n’a qu’un seul but : ne pas faire paniquer les particuliers.
      Les banques sont solides, elles ont réussi les tests, vos économies ne risquent rien …
      Lundi, il n’y aura pas foule aux guichets. Seul cela compte.

    2. « A qui sont destinés ces infos bidons (je veux dire les résultat des tests) ? »

      C’est une très bonne question.

      – Au particulier qui avale toutes les couleuvres? Cela m’étonne vu que ce genre de personnes ne sait pas ce qui arrive et s’en fiche royalement.

      – Aux spécialistes? Ils ne sont pas dupes et ceux qui font les tests le savent.

      – Méthode Coué? Bof. Explication faible pour expliquer le comportement de ces requins.

      – Pour avoir une idée de la faiblesse des banques et se préparer? Possible. Elles sont opaques même pour les gouvernements. Ce serait un bon moyen d’avoir accès à une partie des comptes.

      – Autre chose?

    3. @jeanpaulmichel

      Oops, nous en sommes déjà là ?

      Je crois que tout à été dit, les hypothèses de PIB sont trop optimistes, amha.

      Est-ce que la civilisation progresse ou pas en ce moment ? Car la civilisation est la seule chose qui restera de nous, et nous nous devons de ne pas être regardés comme des imbéciles par les gens de l’an 3000. Le devoir s’il y en a un c’est de continuer l’Humanité, et je veux par exemple que quelqu’un lise ceci, le 23 juillet de l’an 2110… dans un monde meilleur !

    4. Et puis c’est bétonné de partout,

      « la bourse finit dans le vert rassuré par les bons indices US »

      « Boeing et Airbus clament que la crise est bien finie en rentrant de leur salon aéro avec des carnets pleins »

      « Notre N°1 va encourager les cyclistes sur le tourmalet avant de partir à la chasse aux « gens du voyage »

      L’air est pur, la route est large…..

      Tant que le blog n’atteint pas l’audience de TF1, ne vous faites pas trop d’illusion sur « la prise de conscience »….

    5. Mme Lagarde dit :
      « la défiance des marchés devrait maintenant disparaître »
      « La crise financière de 2010 a été une crise de confiance »

      Sainte confiance (liquidité) priez pour nous et faites que nous soyons sourds et aveugles (solvabilité)…

      L’office allait commencer, car le Révérendissime venait de donner un coup sec de sa claquette.
      – Confrères, dit-il, martelant les syllabes et plaçant l’accent tonique sur la première, je vais réciter, à votre intention, l’oraison de l’équilibre budgétaire.
      D’une voix monocorde, et tandis que tous s’inclinaient, le Père Abbé énuméra les avantages d’une sage administration financière. Je saluai au passage la pénultième et l’ante-pénultième, lorsque les confrères se redressèrent épanouis : Laissez faire, laissez passer, crièrent-ils d’une seule voix.
      J’entendis alors défiler les antiennes du psautier : les litanies de la saine monnaie, le cantique de la déflation, tandis qu’après chacun de ces chants retentissait le même répons bref du chœur : Laissez faire, laissez passer !
      Suivirent deux beaux psaumes. Le premier, en ut majeur, commençait par ces mots : La concurrence est aux hommes ce que le soleil est à la nature ; le second, en la mineur, débutait ainsi : Elle est enfin venue la grande Pénitence pour faire expier tes excès de labeur, etc.
      Au bout d’une demi-heure, les chants cessèrent et tous les confrères parurent se recueillir un instant. Alors, brusquement, les yeux au ciel, ils entonnèrent tous, à pleine voix, l’hymne sublime à la confiance qui fit trembler les vitraux.
      C’était tout. L’office était terminé.
      Le Père Visiteur m’entraîna dans le cloître où nous croisâmes un Père massif et bedonnant qui s’épongeait le crâne. Mon guide crut bon de me présenter : Eminent Père, Kou, étudiant, l’un de vos jeunes et lointains disciples. Puis, se tournant vers moi : le Père Zéphyrin, juriste, jurisconsulte, législateur, économiste.
      – Et membre de l’Institut, fit le Père sèchement ; là-dessus, il pivota et nous tourna le dos.
      – Vous voici édifié, ajouta mon mentor enprenant mon bras.
      Laissons ces Pères à leurs précieuses études. Vous les voyez se diriger vers la grande bibliothèque que vous connaissez déjà.
      – Mais qu’y font-ils ? questionnai-je.
      – Ils interprètent les faits qui, par hasard, viennent à leur connaissance, me dit-il, et projettent sur eux la lumière de la doctrine dont ils sont dépositaires.
      – Et c’est tout ? risquai-je, irrévérencieusement.
      – Ensuite, ils assurent la bonne marche du B.Q.
      – Quoi, une ligne d’autobus ! et il me prit une si forte envie de rire que je n’eus pas peu de peine à m’en empêcher.
      – Le B.Q., reprit le Père Visiteur, c’est le Bulletin Quotidien3. Nous désignons ainsi l’organe officiel de nos Messieurs. Ils le rédigent à l’usage de nos adeptes : patrons, journalistes et hommes d’Etat.
      – C’est un gros travail !
      – Surhumain, dit le Père ; nos Messieurs suent sang et eau pour trouver l’explication orthodoxe des événements qui se passent dans le monde. Quels efforts pour démontrer que la consommation croît en raison directe de la diminution du pouvoir d’achat, que la baisse des salaires est un facteur de reprise, que l’étatisme est un fléau dès qu’il ne se contente plus de protéger les gros producteurs, que la politique de déflation favorise les fonctionnaires et les travailleurs ! Jugez si ces études sont ardues ! Mais, à la longue, elles rétablissent la confiance et la confiance fait des miracles.

      Kou l’ahuri, Jacques Duboin, 1935

  3. Tout le monde ment, comment peut-on s’y retrouver ? Que signifient ces « tests » ? Du SIDA, je veux bien, c’est oui ou non, mais tout le monde sait que les banquiers mentent aux Etats, aux autres banquiers, à leurs clients, aux agences de notation qui sont souvent de leur côté, et ces banquiers prennent leur pied en disposant de liquidités à taux pratiquement nul auprès des banques centrales pour « jouer » tous azimuts sur l’iridium, le neodyme, le samarium, et pourquoi pas le cacao, le blé, et tout cela en toute impunité !
    C’est désolant et inquiétant car cette situation va inévitablement conduire à des conflits majeurs, la seule issue plausible pour que, par magie, les Etats effacent leurs dettes.
    Pourtant, cher Monsieur Leclerc, je voudrais que vous m’expliquiez en détail qui doit quoi à qui ? Les Allemands, vertueux, ont des dettes, les belges aussi, mais les français doivent de l’argent aux allemands, aux suisses et aux chinois, les japonais ont quelques milliards de dollars détenus par la Corée et la Chine, ils s’en tirent à bon compte, l’Espagne est débitrice par rapport à la France et vice-versa, et les Etats-Unis, je n’ose même pas en parler, ce pays doit de l’argent à tous les pays. Ma question est la suivante : la France a annulé, hier, la dette du Niger, pourquoi ne ferait-elle pas de même avec l’Allemagne demain, donnant-donnant en faisant fi des banquiers, puisque les allemands doivent de l’argent aux français et vice-versa ?
    En définitive, le système, dans son intégralité, est entre les mains des banques qui mentent et trafiquent leurs bilans.
    Je pense que la situation dramatique dans laquelle se trouvent les Etats, y compris la Californie ou l’Illinois, ou la France, devrait conduire rapidement à une nationalisation de toutes les banques.
    Faut-il un conflit (éventuellement nucléaire) pour qu’une telle décision soit prise ? Je ne le souhaite pas, mais je ne vois pas d’autre issue….

  4. A propos de la France, j’insiste, pourquoi le gouvernement ne fait-il pas appel à l’épargne populaire en la rémunérant à un taux un petit peu plus attractif que le livret A qui sert en définitive aux banques (encore) de source de liquidités en dehors de la BCE ? Je ne comprend pas pourquoi Jacques Attalli n’a pas indiqué cette option pour un « très grand emprunt » de l’ordre de mille milliard d’euros, en gros le montant de l’épargne populaire disponible !
    Certes, les banques se sentiraient trahies…
    Idées à méditer, mais je ne suis qu’un anonyme petit retraité ayant choisi de vivre sous d’autres cieux (les Canaries) loin de l’agitation médiatique parisienne….

    1. En fait je ne sais pas si cette épargne n »est pas déjà prise en compte; mias on pourrait en effet penser qu’un engagement important des épargnants nationaux rendrait confiance aux partenaires (je ne pense pas nécessairement aux marchés, mais aux états).

      Ce serait un forme de rapatriement de la dette,comme signalé par Jean-Claude Werrebrouck (je ne sais pas s’il la voit sous cette forme).

  5. Un peu d’économie-fiction (pas si fiction que ça):

    « Sortir de l’euro ? Le rapport qui fait peur.

    Nous sommes en janvier 2012. La zone euro a explosé et la monnaie unique est un échec. C’est une note de 30 pages. Elle contient des centaines de chiffres. Son auteur, Mark Cliffe, est l’économiste en chef d’ING, banque néerlandaise. Sous le titre Quantifier l’impensable, le chercheur a tenté de mesurer, pour les clients de sa banque, l’impact économique de deux scénarios évoqués par certains au plus fort de la crise grecque.

    1/ La sortie de la Grèce de la zone euro.
    2/ L’éclatement pur et simple de la zone euro. »

    http://www.lepoint.fr/business/sortir-de-l-euro-le-rapport-qui-fait-peur-23-07-2010-1218258_51.php

  6. Les deux pays les plus concernés par les « banking failures », UK & US, ridiculisent le plus les « stress tests » des pays les moins atteints !

    Je ne vise pas l’analyse critique mais le « europe bashing » de sites anglo-saxons comme ZeroHedge.
    Une prévenance qui ne vise qu’à prémunir l’europe ? L’amour est si exigeant, mais là c’est de la passion … aveugle.

    Cost of banking bailouts around the globe (IMF)
    http://spreadsheets.google.com/pub?key=p5Vi_CxN5Vy0ujzvFj3drdg

    Public costs of banking failures, country / Government financial sector bailouts as proportion of GDP (as of February 18 2009)
    . UK 19.8%, pays avec un gigantesque cadeau pétrolier
    . Norway 13.8%, pays avec un gigantesque cadeau pétrolier
    . Canada 8.8%, pays avec un gigantesque cadeau pétrolier, plein de ressources
    . USA 6.3%, pays avec un gigantesque cadeau pétrolier (gaz), plein de ressources
    . Netherlands 6.2%, pays qui a eu son cadeau pétrolier (syndrome hollandais), reste du gaz
    . Sweden 5.8%
    . Greece 5.4%
    . Austria 5.3%
    . Ireland 5.3%
    . Belgium 4.7%
    . Spain 4.6%
    . Germany 3.7%
    . Portugal 2.4%
    . France 1.5% imaginez la France avec 30 ans de royalties pétrolières anglaises …
    . Italy 1.3%
    . Saudi Arabia 1.2% empire pétrolier !
    . Switzerland 1.1%
    . Hungary 1.1%
    . Australia 0.7%

  7. Que nous apprennent les commentaires éclairés de ce samedi matin, suite à la publication des tests ?

    1/ Que la pression ne va pas s’exercer sur les 7 banques recalées, mais sur celles qui ont le nez juste hors de l’eau : au dessus du ratio de 6% entre fonds propres du tier One et engagements. Car les premières seront à coup sur recapitalisées, est-ce que ce sera le cas des autres ?

    2/ Que les paramètres retenus étaient nettement plus sévères que ceux que les Américains avaient employés pour les tests de leurs banques. Ce qui rétrospectivement ne crédibilise pas spécialement ces derniers.

    3/ Que les informations relatives aux engagements des banques vis à vis de la dette souveraine ne seront rendues publiques que selon le bon vouloir de ces dernières. Les banques Allemandes, a-t-on appris, n’envisageant pas de le faire.

  8. Je vous remercie de m’apporter plus d’éclaircissement surtout dernièrement au sujet de ce nouveau terme rassurant pour les marchés: des tests de stress ; exposition des banques au risque souverain, à vrai dire en temps que citoyen je ne crois plus du tout en la sainte parole officielle.

    Je pense même que le monde actuel repose davantage sur bien plus de fragilités visibles un peu partout, vouloir faire croire encore aux êtres que ce monde repose intégralement que sur du solide à 100% n’est-ce pas encore vouloir tromper beaucoup de monde avec des livres de contes.

    Difficile parfois de pouvoir encore trouver le temps de remettre en doute et en question tout ce que avons si souvent l’habitude d’entendre pour mieux conditionner le monde jusqu’à la fin.

    Leur monde s’écroule peu à peu mais non ils vous disent encore qu’il est bien solide à voir avec des banquiers devenant fatalement de plus en plus frileux et gateux sur les marchés.

    Mais encore est-ce vraiment bien dire la vérité aux peuples, mais non ce n’est toujours que la même langue de bois officielle, celle de nos mêmes élites mondiales pleines de droiture par dessus-tout aussi, pourvu d’ailleurs que le même monde des politiciens, des banquiers, des marchands, des mêmes décideurs ne rendent davantage le monde plus chancelant à voir.

  9. Je viens de tapoter très légèrement sur mon petit oeuf à la coque, j’annonce donc officiellement bien haut et fort que mon nouvel oeuf à la coque supportera le prochain coup de massue climatique qui s’abattra bientôt sur le monde des hommes ne comprenant toujours rien à rien surtout pour les moins touchés par la crises.

    Et jusqu’à quand les derniers de plus en plus éprouvés par la crise se laisseront-ils autant traités et conduire de la sorte par les premiers faudrait pas en effet que cela dure trop longtemps ?

  10. Une question de Béotien: qui a financé les stress tests?

    Parce que même du flanc, ça coute des sous à produire! Et un sou c’est un sou! La confiance a un prix, mais la confiance artificielle tout autant.
    Alors, qui a payé les études « pointues », les ingénieurs financiers, analystes, experts, informaticiens, modélisateurs, enquêteurs, contrôleurs, contrôleurs de contrôleurs, rapporteurs, relation-presse, communicants, économistes et grands noms-cautions morales et prestataires d’avis autorisés?

    Ça s’est peut-être dit, mais j’ai pas capté.

  11. Une véritable standing ovation a longuement salué la publication des résultats des tests des banques Européennes vendredi soir.

    Toutes et tous s’y sont mis : depuis l’Union européenne jusqu’à la BCE, en passant par le FMI, qui avait à se faire pardonner pour avoir douté de leur qualité précédemment. On y avait vu la main des Américains, impliquant un correctif de Dominique Strauss-Kahn qui n’a pas manqué.

    Les unes après les autres, les autorités nationales de tous les pays dont des banques ont été testées se sont à leur tour levées pour manifester leur joie d’être passées aussi près du danger et d’y avoir réchappé. « On vous l’avait bien dit que nous étions propres sur nous ! », n’ont-elles pas craint d’entonner.

    Du côté des analystes financiers, un tout autre son de cloche était entendu. La réserve dominait quand ce n’était pas la critique féroce, décryptant la méthodologie et les paramètres de tests qui ont présidé aux tests.

    Dans ces conditions, le sort des banques qui étaient déclarées avoir juste le nez hors de l’eau (au dessus du ratio de 6% entre les fonds du Tier One et les engagements) faisait l’objet d’interrogations répétées.

    17 banques, en plus de 7 n’ayant pas passé le test, ont un ratio entre 6 et 7. Parmi celles-ci: Deutsche Postbank, Piraeus Bank, Allied Irish Banks, Monte dei Paschi di Siena et UBI Banca (Italie), Bankinter ainsi que 8 petites banques espagnoles.

    Il était aussi relevé que le descriptif que les banques ont du fournir à sa demande au CEBS de Londres, détaillant leurs engagements au chapitre des obligations souveraines, n’allait être rendu public qu’au bon vouloir des banques et des autorités nationales. Demandée à la dernière minute devant les réactions critiques des milieux financiers, cette information étant considérée comme essentielle pour estimer la situation réelle des banques. Faisant défaut, cela accrédite l’idée qu’il y a décidément anguille sous roche.

    Les Espagnols ont joué à ce sujet la transparence, les Allemands non. On attend avec curiosité les Français.

    Les réactions qui comptent – celles des politiques étant trop attendues pour ne pas être démonétisées, à peine étaient-elles prononcées – sont pour lundi matin.

    Ce sont celles des marchés, qui vont s’exprimer sur deux terrains : celui des cours des valeurs financières, ainsi que celui du taux de l’euribor. C’est ce dernier qui va être le plus significatif, car comment pourrait comprendre, si les banques elles-mêmes étaient satisfaites des résultats des tests, qu’elles ne recommencent pas à se prêter mutuellement et sans réserves des fonds ?

  12. En 1992, les partisans de l’Union Européenne nous ont promis que si nous adoptions une monnaie unique, nous aurions la prospérité, le plein-emploi, le progrès social.

    Nous devons lire et relire toutes les belles promesses que les partisans de la monnaie unique nous ont faites en 1992.

    – « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    – « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    – « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    – « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    – « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    – « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    – « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

    Seize ans après toutes ces belles promesses, nous pouvons faire le bilan.

  13. « La barre des 100 faillites bancaires en 2010 dépassée aux USA.

    Les autorités américaines de régulation ont saisi sept petites banques américaines vendredi, portant à 103 le nombre total des établissements ayant fait faillite cette année.
    […]
    Le nombre de faillites bancaires devrait atteindre un pic ce trimestre, avec la lenteur de la reprise affichée par le secteur en raison d’un niveau élevé de créances douteuses, dont beaucoup sont liées à l’immobilier commercial. »

    http://fr.finance.yahoo.com/actualites/la-barre-des-100-faillites-bancaires-en-2010-dpasse-aux-usa-reuters_molt-950b80affe28.html?x=0

  14. Des banques (allemandes) n’ont pas publié leur exposition au risque souverain, comme cela leur était demandé pour ce lundi. Lu sur boursorama.

Les commentaires sont fermés.