L’actualité de la crise: une bête comédie de plus, par François Leclerc

Billet invité.

UNE BÊTE COMÉDIE DE PLUS

Faut-il encore revenir sur les tests européens ? Oui ! Non pour les mettre encore une fois en cause, mais parce que l’on en apprend beaucoup de choses qui vont être utiles pour la compréhension de la suite de la mauvaise pièce qui nous est jouée.

Les résultats de l’examen ont été publiés vendredi dernier, mais un malentendu (un de plus) s’est instauré, car il s’agit en réalité d’un concours : 84 postes ont été attribués, 7 banques européennes sur 91 ont été recalées, mais y avait-il autant de postes à pourvoir ? C’est tout du moins ce qu’on a immédiatement pensé, après comparaison avec les tests américains du début de 2019, 10 banques sur 19 banques ayant alors échoué.

Il en ressort que les regards sont désormais tournés non pas vers les recalés, qui vont devoir être recapitalisés, mais vers les banques qui sont juste après dans le classement selon le ratio obtenu, qui vont formellement échapper à cette obligation mais dont on doute de la bonne santé. C’est logique, si l’on pense par ailleurs que les questions de l’examen étaient trop faciles. Les esprits chagrins, de plus en plus nombreux ces temps-ci, faisant aussi remarquer que les 7 banques recalées devaient de toute façon voir leurs capitaux renforcés.

Les résultats des tests vont donc avoir comme conséquence de renforcer ce qui était déjà constaté sur le marché interbancaire : deux catégories de banques vont clairement apparaître, celles à qui l’ont peut prêter dans certaines conditions et celles à qui il est rigoureusement exclu de le faire. La BCE n’aura plus qu’à continuer de les soutenir, afin de suppléer au marché interbancaire.

Certes, ce critère d’appréciation des tests n’est pas spécialement rigoureux, mais ceux qui l’utilisent ont beau jeu de faire remarquer qu’il ne l’est pas moins que les paramètres d’efforts retenus. Et de faire la liste des sujets de l’examen, la facilité des questions posées ne souffrant pas de discussion. Sans oublier l’absence de certaines banques présumées en mauvaise forme sur la liste de celles qui ont été testées, comme KfW en Allemagne.

1/ C’est le Tier One qui a été utilisé pour mesurer les fonds propres, et non le Core Tier One, qui sort de leur calcul les capitaux hybrides que le Comité de Bâle se prépare à exclure, car ne présentant pas de garanties suffisantes d’absorption des pertes potentielles. Ces capitaux sont omniprésents aux bilans des banques européennes et c’est tout le problème posé par les futures nouvelles normes. Les tests ont donc utilisé des instruments de mesure obsolètes: les ratios des banques chuteraient sur la base de la seule prise en considération du capital actionnarial.

2/ Les tests ont été réalisés sur la base des projections de profit des banques, les habitués des business plan n’ignorant pas que la sur-estimation des prévisions de recettes est la manière la plus simple d’enjoliver les comptes, car le calcul des charges est plus facile a estimer et à contrôler.

3/ Le risque de décote des obligations souveraines a été par contre minoré de deux manières : en adoptant des taux de décote complaisants et en excluant du calcul les obligations du Banking Book (là où sont inscrites les valeurs que l’on ne veut pas mettre sur le marché), qui selon certaines estimations pourraient représenter les 9/10émes d’entre elles. Détail amusant, il est procédé ainsi car les obligations souveraines ont vocation à traditionnellement renforcer le bilan des banques.

4/ Un ratio de 6% a été choisi, alors que les travaux du Comité de Bâle devraient aboutir à un taux supérieur. Il a été calculé que si le taux de 7% avait été retenu, 24 banques n’auraient pas passé le test.

5/Les différentes hypothèses économiques qui ont été testées sont très favorables. Non seulement en terme de baisse du PIB, mais également d’évolution du taux de chômage et de tenue du marché immobilier. Tous facteurs qui impactent sérieusement les taux de défaut des emprunteurs des banques et donc les résultats de ces derniers.

Pour parachever ce tableau, il ne peut être ignoré que six banques allemandes sur les quatorze sélectionnées pour les test n’ont pas à ce stade publié le détail de leurs engagements sur le marché obligataire souverain. C’était pourtant une obligation décidée par le CEBS, qui s’est publiquement plaint de ce manquement, alors que les autorités allemandes tentent de se réfugier derrière une loi leur interdisant de contraindre les banques à s’y soumettre.

On pourrait conclure de ce panorama que les banques allemandes ont profité le plus de cette mascarade, au contraire des espagnoles, car celles-ci ont du subir un test d’effort supplémentaire, en raison de la situation du marché immobilier espagnol. Les commentaires venant d’au-delà des Pyrénées faisant état d’une satisfaction et d’un soulagement, en dépit que 5 caisses d’Epargne chutaient. Le pire était craint. Mais il faut relativiser ce propos et rappeler que les prêts du Frob gouvernemental, à hauteur de 10,5 milliards d’euros, ont été comptabilisés comme fonds propres, avec l’assentiment de la Banque d’Espagne. Sans cela, 4 autres caisses d’Epargne n’auraient pas passé les tests.

Que ressort-il de tout cela  ? Que les tests étaient un exercice politique voulu par les Etats européens (à qui Tim Geithner avait du faire une douce violence pour les convaincre de suivre le chemin qu’il avait tracé) et que les marchés – qui redoutaient ce qu’ils pourraient dévoiler – sont tranquilles pour l’instant. Eux n’ont, bien entendu, rien à apprendre sur la situation du système bancaire. Tout ceci est une bête comédie.

Les valeurs financières vont probablement témoigner en Bourse de cette sérénité, tandis que le marché interbancaire va continuer de porter la marque des problèmes qui ont été masqués. Tous les commentaires qui expliquent que les marchés sont rassurés sont bons pour le panier. Le vrai jury du test, c’est l’Euribor trois mois qui le représente. Ce lundi matin, son taux continuait de grimper.

La vérité est que le système bancaire européen continue d’être globalement très sous capitalisé. Le terme de banque zombie s’applique parfaitement à elles : elles ne vivent que parce qu’elles sont soutenues pour les plus faibles, et qu’on ne regarde pas de trop près dans leurs bilans pour les autres.

Tous les discours sur la rigueur dont devraient faire preuve les Etats quant à la tenue de leurs finances n’en sortent pas grandis. Car s’il doit y être impérativement souscrit, c’est bien parce qu’il faut laisser aux banques la place sur le marché obligataires. Tandis qu’elles cherchent à obtenir du Comité de Bâle que soient acceptés des nouveaux produits financiers qui leur permettront à moindre frais de renforcer leurs fonds propres, en précisément s’y rendant.

Lorsque l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles le gouvernement allemand tient tant à imposer à tous la rigueur budgétaire, il ne faut pas aller chercher ailleurs que du côté de son système bancaire. Car – si l’on ne tient pas compte du Britannique, qui a reçu sans attendre un traitement de cheval de Gordon Brown – celui des Allemands est en Europe le plus mal en point, celui qui a le plus succombé aux sirènes et miasmes financiers Nord-américains.

« Bâle ne doit pas céder à la pression » titre le Financial Times dans son éditorial de ce matin. Rappelant que Sheila Bair, qui préside le FDIC américain, avait déclaré la semaine précédente au journal que c’était la bataille qui était en train d’être perdue. Car elle est la clé de voûte de tout l’édifice de la régulation financière.

On ne peut pas être plus explicite. Notablement, l’éditorial se conclut par un appel au Comité de Bâle de rendre plus transparentes ses propres délibérations, une manière de lui suggérer de ne pas rester enfermer dans des négociations avec les représentants du système financier. Mais vers qui pourrait-il se tourner, de nombreux gouvernements européens appuyant les demandes de ces derniers via les banques centrales indépendantes ?

Les autorités, quand elles sont en mal de confidence, ne veulent en effet considérer les débats internationaux en cours que sous le prisme d’un affrontement entre les banques américaines et européennes, étant donné leurs structures capitalistiques et bilantaires différentes, ainsi que leurs intérêts divergents face aux réformes en discussion. Un prétexte qui les arrange bien.

En France, un document de la nouvelle Autorité des normes comptables (ANC), nouvellement créée en février dernier, dévoile l’affaire sous un autre jour. Sous couvert d’une défense des PME, l’Autorité prend parti à propos de la révision des normes comptables internationales, l’autre grand sujet encore en suspens de la régulation financière.

Reprenant à son compte les menaces déjà proférées par Michel Barnier, le commissaire européen aux affaires intérieures, il préconise de « changer la gouvernance » de l’organisme chargé de définir ces normes hors des Etats-Unis, l’IASB. Afin de « mieux mettre l’IASB en situation de rendre des comptes » est-il précisé, sans dire à qui. Plutôt que de rapprocher ses normes de celles qui ont été adoptées par les Américains (évaluation des actifs au prix du marché), l’ANC propos la « consolidation des normes actuelles » (le statu quo, qui défend la valorisation au nominal).

L’impact des décisions prises dans ce domaine est en effet très important, en raison des obligations qui pourraient en résulter en terme de recapitalisation des banques. Nous y sommes toujours et n’en bougeons pas.

Partager :

94 réflexions sur « L’actualité de la crise: une bête comédie de plus, par François Leclerc »

  1. Dernières nouvelles :

    A regarder les réactions des marchés boursiers et des banques, les tests sont un non-événement. Les valeurs financières ne connaissent pas de grandes variations et l’Euribor ne grimpe que modérément. Pour un test qui prétendait faire la preuve de la bonne santé des banques, il y avait mieux comme résultat à en espérer.

    Les marchés sont peu convaincus, lit-on ici, la bourse est sans entrain, constate-t-on là. Et il faut la foi du charbonnier pour prétendre – comme certains analystes en service commandé n’hésitent pas à le faire – que cela est le signal d’un marché en voie de se normaliser. A moins de reconnaître que la norme est qu’il soit désormais soutenu par la BCE.

    Une autre explication est fournie : le marché aurait déjà appris à hiérarchiser le risque souverain, ce qui veut dire qu’il délaisserait dorénavant les émission de certains états. A charge pour les investisseurs asiatiques d’y aller pour soutenir l’euro, la BCE s’étant quasiment retiré.

    On verra la suite.

    1. @François: « A regarder les réactions des marchés boursiers et des banques, les tests sont un non-événement. »

      Il me semble que les marchés ont déjà pricé le résultat des tests, en l’occurence surtout vendredi avec 3% de hausse sur le CAC. N’oublions pas que ces documents, tout comme les résultats trimestriels et statistiques officielles, sont connus des gros opérateurs du marché avant le grand public. Le délit d’initié est une norme et non une exception.
      Ainsi, lorsque le cours d’une entreprise monte avant les résultats trimestriels, il est déjà presque trop tard pour acheter mais vous pouvez vous positionnez en put pour la publication des résultats (ils seront bons mais le cours baissera « bizarrement », pigeonnant le boursicoteur de base qui lui achète sur base des résultats publiés).

    2. Ces résultats plus ou moins attendus donc la réaction du marché est plutôt normale. De toute façon, je crois que même si les résultats avaient été mauvais – chose impensable mais pourquoi pas…- le marché n’aurait pas plongé car la BCE ne peut tout simplement pas laisser les grosses banques plonger, trop d’intérêts sont en jeu (trop de pognon, quoi !). Au pire l’euro aurait été à nouveau massacré sur le forex…

      Ce qui me fait dire en passant qu’il peut être dangereux de considérer les gros indices (genre dow jones ou spx) comme représentatif de l’économie locale (à l’indice) ou de l’économie tout court, ‘faut pas oublier qu’il s’agit là de multinationales. Pour prendre un exemple tout bête, le chomage peut continuer d’augmenter aux USA et idem pour l’action coca-cola…

  2. Sur la farce ahurissante des tests des banques espagnoles (les entreprises immobilières leur doivent 300 Mds € et les Autonomies et les Villes 150 Mds €, qu’ils ne récupéreront jamais) et sur la menace de faillite imminente des Autonomies et des Mairies espagnoles dont beaucoup n’ont pas d’argent pour payer les salaires du mois d’août et qui ne payent plus leurs fournisseurs depuis des mois déjà:

    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/autonomias-ayuntamientos-pagan-agosto-20100726-3626.html

    Pendant ce temps-là le roi est allé demander à St. Jacques de Compostelle « qu’il aide l’Espagne à résoudre la grave crise économique » qu’elle traverse…

    http://www.elpais.com/articulo/espana/Rey/pide/Apostol/Santiago/ayuda/resolver/grave/crisis/elpepuesp/20100725elpepunac_1/Tes

    1. De ce que j’ai entendu à la radio (BFM), il y a déjà un moment, il s’agirait de 320 milliards d’euros, dont epsilon aurait été provisionné (30 milliards? Je ne me souviens plus du montant précis, mais c’est en proportion de cet ordre), que le « milieu » immobilier devrait aux banques. Un élément de plus que l’expression: « c… comme un bilan » n’est pas usurpée! Que voulez-vous? 2 millions de logements vides en Espagne (= des quartiers entiers), le même nombre qu’aux Etats-Unis, avec 5 ou 6 fois moins d’habitants, il s’agit plus que d’une bombinette à retardement. D’autant plus quand l’immobilier a une telle importance dans l’économie générale d’un pays.

  3. « Les commentaires venant d’au-delà des Pyrénées faisant état d’une satisfaction et d’un soulagement, en dépit que 5 caisses d’Epargne chutaient. Le pire était craint. Mais il faut relativiser ce propos et rappeler que les prêts du Frob gouvernemental, à hauteur de 10,5 milliards d’euros, ont été comptabilisés comme fonds propres, avec l’assentiment de la Banque d’Espagne. Sans cela, 4 autres caisses d’Epargne n’auraient pas passé les tests. »

    Selon le site El Economista, ce n’est pas 4 mais carrément la moitié, c.à.d. 9…

    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/2337700/07/10/La-mitad-de-las-cajas-suspenden-sin-ayudas.html

  4. Vous écrivez « Lorsque l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles le gouvernement allemand tient tant à imposer à tous la rigueur budgétaire, il ne faut pas aller chercher ailleurs que du côté de son système bancaire »,
    Doit-on entendre que les plans de rigueur en Europe n’auraient que pour seul objet de s’assurer que les Etats remboursent leurs emprunts afin déviter de faire subir des pertes au banques qui les détiennent en majorité ? Ceci, quitte à sacrifier les citoyens et l’économie réelle sur l’autel de la Finance en coupant dans les dépenses publiques.

  5. Quel décalage entre le propos officiel et l’analyse que vous nous en faites quotidiennement, mais au dela de tous ces nouveaux termes pigeonnants et bien mis particulièrement en avant médiatiquement, pour soit nous distraire, nous rassurer et occuper l’esprit, tout cela ne pourrait-il pas dissimuler par exemple la mise en place d’autre chose entre banquiers et gens de bonne compagnie ?

  6. Doit-on entendre que les plans de rigueur en Europe n’auraient que pour seul objet de s’assurer que les Etats remboursent leurs emprunts afin déviter de faire subir des pertes au banques qui les détiennent en majorité ?

    ==> éclairez moi, ce sont les banques qui détiennent les dettes souveraines ou ce sont les particuliers qui en achètent par l’intermédiaire de leur banque ?

    1. Ou (et même surtout) par l’intermédiaire de leurs compagnies d’assurance, essentiellement à travers les assurances-vie.

  7. @F.Leclerc

    Les tests ont-ils au moins permis aux gouvernements d’avoir une idée plus précise des comptes réels des banques? D’en dissiper quelque peu l’obscurité?
    Ou bien tout cela était-il déjà connu?

    1. Connu, mais par qui  ? La période qui a précédé les tests a été l’occasion de fuites en provenance de plusieurs banques ayant mené leurs propres enquêtes et produit leurs estimations. Les milieux financiers savent globalement bien à quoi s’en tenir.

      Les gouvernements ont les moyens, via les banques centrales et les régulateurs, d’avoir également une bonne vision d’ensemble de la situation. Mais cela arrange tout le monde de proclamer que tout va – presque – bien, car cela justifie l’inaction là où cela ferait mal. En taillant dans le vif dans le corps de la finance.

    2. Merci pour la réponse.

      Malgré tout, quelle fiabilité peut-on accorder aux fuites en provenances des banques (comme celles de RBS concernant les banques espagnoles). L’intérêt de ces dernières n’est-il pas d’exagérer au besoin la vulnérabilité de leurs concurrentes, particulièrement celle des banques d’un pays tiers?

    3. Tout cela n’est pas sans confusion des genres, c’est exact. Mais ne donne pas davantage de crédibilité aux tests eux-mêmes.

  8. Vous oubliez de dire une chose les ami(e)s, pour que la France puisse toujours autant éclairer le monde de ses lumières bancaires ou pas comme pareillement dans l’histoire, il faut bien encore mériter notre triple AAA jusqu’au ciel, c’est le calcul la stratégie médiatique, sinon à quoi servirait encore les derniers effets d’annonces pour rassurer les marchés !

    J’ai beau être Français je me demande quand même si la France mérite vraiment bien de rester au premier rang de la classe.

    Ah c’est sur si Marianne en finissait par ramener une plus mauvaise note de l’école, c’est l’Etat d’esprit des parents qui ne sera plus du tout alors contents, satisfaits, que penseront encore les gens de la famille ? Enfin c’est peut-être l’excellente éducation du monde anglophone et à coup de batons de plus aussi qui veut voir ça !

  9. Je ne comprends pas : Les chiffres de vente de logements neufs US battent des records …en même temps que le chômage!!

    Faut-il croire ces chiffres? La fin de la crise ? Autre possibilité?

    1. En juin, les ventes de maisons individuelles ont – en données corrigées des variations saisonnières – augmenté de 23,6% par rapport à mai. Selon le département du Commerce (ministère), elles avaient chuté de 36,7% le mois précédent par rapport à avril.

      Une série d’au moins quatre mois consécutifs est considérée comme seule permettant de définir une tendance sur ce marché soumis à de fortes variations.

      D’autant que, si l’incitation fiscale à l’achat d’un logement neuf a été supprimée, ses effets se feront sentir jusqu’à fin septembre, le temps de signer l’acte de vente définitif si une promesse d’achat l’a été avant fin avril.

    2. Vous pouvez continuer de vendre sans crainte :

      Agence Bloomberg :

      « Les ventes rebondissent « à hauteur du plancher » », dit Eric Green, économiste des marchés en chef à TD Securities à New York.

    3. Merci, moi qui croyais la « presse spécialisée », on ne m’y reprendra plus!

      Si ce blog n’existait pas…

    4. La presse spécialisée privilégie les titres accrocheurs, mais donne parfois plus de précision par la suite :
      http://www.capital.fr/immobilier/actualites/bond-de-23-6-des-ventes-de-logements-neufs-aux-etats-unis-518102?xtor=RSS-216

      Extrait :
      Les ventes d’habitations ont bondi de 23,6% pour s’élever à 330.000 unités en rythme annualisé par rapport au chiffre de 267.000 finalement publié pour le mois de mai.

      Malgré le rebond, le rythme de juin n’en reste pas moins le deuxième plus faible niveau enregistré depuis le début du suivi de cette statistique en 1963.

    5. L’art de la presse ‘mainstream’ de présenter un ultra mauvais chiffre comme étant très bon…heureusement certains veillent…..

      Voici la réalité:

      So June new home sales come in at 330,000 on expectations of 310,000: a decent beat by 20k or so, and a « record » increase from the May revised 267k. However, this « beat », and massive 23.6% MoM surge only occurred due to prior downward (of course) revision which took away 57k from the past two months! The May number was revised down from 300k, or by 33k, to the lowest sales number on record of 267k. And April, not to be undone, two months after the initial release, has received its second downward adjustment, this time down by 24k from 446k to 422k. So let’s get this straight: this was the worst June on record, following the worst month on record in new home sales ever, the beat was completely drowned out by 57k worth of prior revisions, the average new home price slid another 1.4% to $213,400, yet just because the new home supply is down to « just » 7.6 month from 9.6 in May it is enough to push stocks to the moon (of course this completely ignores that existing homes sales are back to 9 months, and shadow inventory is more than double that. Who cares – machine language does not add, it only multiples). Another day, another insane day in stocks, which are now programmed to ignore reality, and just focus on the propaganda headline spin.

      http://www.zerohedge.com/article/atrocious-new-homes-sales-data-sufficient-force-another-algo-mediated-short-covering-frenzy

    6. Les américains qui achètent une nouvelle maison sont très souvent ceux qui ont rendu les clés de la leur à leur banquier parce qu’ils ne peuvent/veulent plus payer, ou qui s’en sont fait expulser, ils achètent à prix bradé en pariant que le fond est atteint et que l’immo va remonter. Sinon ils rendront les clés pour en acheter une autre.
      Pourquoi pas puisque les maisons abandonnées, invendables ou inlouables, finiront rapidement par s’effondrer, la plupart sont en bois, et ainsi le stock et la valeur vont diminuer.
      Rien à voir avec un signe de bonne santé de l’économie, c’est au contraire un mouvement forcé vers ce qui reste économiquement accessible aux ménages échaudés par l’effondrement depuis 2007 : c’est un signe parmi d’autre de déflation, et à mon avis c’est pour longtemps.

  10. Bref au grand banquet du monde tout le beau monde se tient par les c……..s pour ça que rien ne change réellement !

    Mieux vaudrait préciser quand même que ce n’est plus du tout les gouvernants et les élus qui dirigent les peuples et font les lois en toute indépendance d’esprit surtout dernièrement, mais bien en amont les plus grandes agences de notation privées au monde.

    Plus rien ne devient alors possible pour les modestes gens sauf bien sur à travers de plus belles affiches publicitaires comme dans la plupart des pays en Afrique, enfin ça reste à prouvé dans le quotidien des gens !

    1. Jérémie : oui mais les femmes représentent 50% de la population, les femmes qui restent l’avenir de l’Homme comme dit le poète 😉

    2. Le monde n’a pas changé de base avec cette crise. Cela fait longtmenps que les « élus et les gouvernants » répondent à la seule logique du capital.
      Quant aux agences de notation, c’est pareil…

  11. François Leclerc écrit:
    Tout ceci est une bête comédie. C’est sûr! Ça pourrait prêter à rire, mais c’est hélas une potion amère de plus à avaler de force, très au dessus de nos moyens!

    «  »le commissaire européen aux affaires intérieures, il préconise de « changer la gouvernance » de l’organisme chargé de définir ces normes hors des Etats-Unis, l’IASB. Afin de « mieux mettre l’IASB en situation de rendre des comptes » est-il précisé, sans dire à qui. » »

    Il ne peut trahir – son maître – dont il n’est que la – voix -, autrement dit: -La Voix de son Maître-…

  12. parallèlement à votre article, je lis celui-ci, ci-dessous :

    « Jacques Attali ne prend pas de vacances
    Dans un entretien avec Les Echos (1), l’essayiste Jacques Attali, lobbyiste et homme d’influence, nommé par M. Nicolas Sarkozy pour présider la Commission pour la libération de la croissance française, vient de réitérer son discours alarmiste sur la dette publique (« Il faut une mobilisation générale du pays. Sinon, nous courons à la catastrophe »). L’objet de son propos n’est probablement pas d’abord d’inciter les lecteurs des Echos à acheter son dernier livre, Tous ruinés dans dix ans, dont l’économiste Bruno Tinel fait la critique acérée dans un article du Monde diplomatique de juillet, « L’austérité ou la guerre » (toujours en kiosques) : cet ouvrage a en effet déjà été « matraqué » par tous les médias. Plus vraisemblablement, M. Attali souhaite continuer à effrayer l’opinion afin de lui faire accepter les thérapies de choc que propose le gouvernement de M. François Fillon. Voire encourager ce dernier à aller plus loin encore dans sa charge contre les dépenses publiques.

    Au moment où l’affaire Bettencourt défraie la chronique et rappelle à chacun la nature de plus en plus inégalitaire de la fiscalité française, destinée à favoriser les riches (2), M. Attali refuse une augmentation « massive » des prélèvements directs progressifs, et il estime benoîtement que supprimer le « bouclier fiscal », relever l’impôt sur les revenus, celui sur les successions, « fait partie de nos sujets en débat ». En revanche, ce « débat » il le tranche en estimant qu’afin de « muscler la croissance », « il faut d’abord agir en priorité par la réduction des dépenses ». Et il promet : « Nous avons devant nous dix ans de rigueur pour résorber la dette. » L’expérience des trente dernières années indique déjà que M. Attali et ses amis – industriels, banquiers, rentiers, journalistes célèbres qui lui permettent de quadriller les médias – risquent bien d’échapper une fois encore à la « rigueur » qu’ils prêchent sans relâche, mais qu’ils ne destinent qu’aux autres – moins introduits et moins fortunés qu’eux.

    « Personne n’a le courage de dire tout cela », lance, avec sa modestie proverbiale, M. Attali pour évoquer les remèdes de cheval qu’il préconise : une « réforme » des retraites plus draconienne encore que celle du gouvernement Fillon, une amputation plus brutale des dépenses publiques, y compris sociales, lesquelles se voient qualifiées par lui, cette fois dans une chronique de L’Express (3) de « petits avantages acquis ». Courage pour courage, qui aura celui de suggérer que, depuis que M. Attali a conseillé M. Mitterrand à l’Elysée, il y a près de trente ans, depuis qu’il n’a cessé d’accumuler pronostics erronés et propositions hasardeuses (4), la société française est devenue plus inégalitaire ?

    Apparemment, notre essayiste n’en a cure. En tout cas, il redouble d’arrogance. « Nous voulons, explique-t-il aux Echos, définir le programme commun minimum qui devra être appliqué, quoi qu’il arrive, sans interruption pendant les dix ans qui viennent et quelle que soit la couleur politique des présidents de la République. » Allons plus loin, avec « courage » : pourquoi ne pas supprimer les élections et nommer, « pendant les dix années qui viennent », Jacques Attali empereur ?

    (1) « “Nous avons devant nous dix ans de rigueur pour résorber la dette” », Les Echos, 22 juillet 2010.

    (2) Lire Liêm Hoang-Ngoc, « Retour aux privilèges fiscaux de l’Ancien Régime », Manière de voir n° 99, « L’Internationale des riches », juin-juillet 2008 (en vente sur notre boutique en ligne).

    (3) « La rigueur, évidemment », L’Express, 21-27 juillet 2010.

    (4) Lire l’article de Frédéric Lordon, « Les disqualifiés », Le Monde diplomatique , novembre 2008.

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-07-23-Attali

    1. On est dur avec le petit Jacques! Il a eu au moins le mérite d’aider notre Paulo!

      Et comment lui reprocher sa légitime et ultime ambition de devenir le pourfendeur définitif des privilèges aussi diffus qu’incrustés dans toute les couches de notre société bloquée? N’est ce pas là un sacrifice admirable pour une cause juste?

      Et son âpre abnégation à combattre sans relâche, contre une adversité résolue et protéiforme, les intolérables gaspillages d’un État aux mains d’entrepreneurs politiques sans foi ni loi qui puisent éhontément dans les poches des honnêtes citoyens travailleurs du privé et parsemému de nuages lugubres l’avenir de nos charmantes têtes blondes! Qui peut impartialement lui reprocher?

      Je vous le demande gravement: qui oserait encore se regarder dans une glace, après s’être gaussé de l’inébranlable détermination de ce saint apôtre de la rigueur à enfin devenir le François de Closets germanopratin, le Jean Pierre Pernault de la commission Théodule Jean-Foutre, le Jean Marc Sylvestre de la promotion Robespierre de l’ÉtNA! ?

      Sûrement pas moi…

    2. Moi, non plus…

      Puis, contrairement à ceux qui casse du sucre sur le dos de la bête, moi, j’ai lu « tous ruinés dans dix ans ».
      J’y ai même trouvé des idées intéressantes…

      Quand aux critiques des David Pujadas de l’interview qui décoiffe, ne faudrait il pas y voir un subtil soupcon de jalousie ?

    3. Vigneron, vous avez les accents du procureur du Tribunal des Flagrants délires, un certain Pierre Desproges …
      J’attends maintenant la plaidoirie de l’avocat, avec cet inimitable accent portugais, avant que le président Paul Jorion n’applique la sentence.

    4. Zébu, vous êtes injuste. Il me semble que j’étais plutôt dans le rôle de Luis Régo. Bref de l’avocat de la défense. Je suis décidément bien maladroit et bien néfaste aux intérêts de mes clients! Votre remarque perfide me laisse meurtri.
      Me laisserais je tenter par une candidature à la magistrature suprême? Une reconversion semble s’imposer et certain ne fut pas moins modéré (coucou Julien) dans ses ambitions…

    5. Jacques Attali est très représentatif de l’état d’esprit des hommes de notre temps, on veut passer à autre chose tout en étant à la fois très attaché à toutes ces choses intellectuellement et littéraires qui viennent principalement de notre époque, le capitalisme ou le socialisme et toutes ces choses qui font le monde tel qu’il est actuellement, divisé, inquiét, ambigu, paradoxal il n’est pas non plus le plus grave à voir je trouve.

      Il fait d’ailleurs tout ce qu’il peut à l’égard de pauvres gens comme moi ou d’autres, comme il semble même s’être davantage rendu compte d’autre chose ces derniers temps, comme quoi son esprit est en perpétuelle ébullition, recherche il est comme nous tous. Il voudrait déjà bien savoir à l’avance à quoi ressemblera le monde à venir c’est-à-dire dans 1000 ans, hélas quand le matérialisme mondain nous tient tellement à la peau comment pourrions-nous mieux alors le décrire c’est pas facile.

      Il ne sait pas et ça c’est déjà bien je trouve pour sa défense, comme quoi je glisserais un petit
      mot à St Pierre à son sujet, pour les autres qui préfèrent lui jeter la pierre je ne sais pas encore, il ne peut pas non plus toujours être bien coiffé à l’antenne, les temps deviennent si durs voire même de plus en plus à l’égard de nos élites.

      Je le classerai même comme l’un des premiers parmi nos élites à vouloir réellement ouvrir les yeux sur tout ce qui se passe, et ça ce n’est pas non plus négligeable pour sa défense bon c’est vrai il n’a pas toujours fréquenté que des gens pauvres et en premier dans sa vie, bref il y a peut-être aussi beaucoup de jacques attali en nous tous, vous ne croyez pas ?

  13. Raisonnement imparable de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la BCE: il a été juste de ne pas prendre en considération pour les tests un défaut grec, car l’existence du fonds de stabilité européen rend cette hypothèse « totalement exclue ».

    Traduction: les Etats emprunteront aux banques pour que les banques ne subissent pas une décote.

    1. Traduction2: nous n’avons pas encore atteint la phase critique de la crise, celle où les policiers matent les manifestations contre les hausses d’impôts et suppressions des aides sociales.

    2. Bonjour,

      Si la grèce faisait défaut, il n’y a tout de même pas que les banques qui y perdraient. Les taux d’emprunt de la plupart des autres pays de la zone Euro augmenteraient certainement assez fortement, rendant encore plus problématique la gestion de leur dette.
      L’effet domino dont a déjà parlé Paul Jorion pourrait alors être dévastateur.
      Dire que tout ça c’est seulement pour protéger les banques (dont l’effondrement serait catastrophique, même s’il est bon de les faire payer), n’est ce pas un peu trop réducteur ?

      Cordialement…

    3. Non, bien entendu, cela irait au-delà. Mais pourquoi prioritairement protéger les banques au premier rang, systématiquement au détriment des finances publiques ?

    4. @ Monsieur Leclerc (22h08),
      @ tous,

      pourquoi les banques d’abord??

      Mais parce que nous laissons faire.

      Pourquoi se gêneraient-ils????

  14. Reprenant à son compte les menaces déjà proférées par Michel Barnier, le commissaire européen aux affaires intérieures, il préconise de « changer la gouvernance » de l’organisme chargé de définir ces normes hors des Etats-Unis, l’IASB. Afin de « mieux mettre l’IASB en situation de rendre des comptes » est-il précisé, sans dire à qui. Plutôt que de rapprocher ses normes de celles qui ont été adoptées par les Américains (évaluation des actifs au prix du marché), l’ANC propose la « consolidation des normes actuelles » (le statu quo, qui défend la valorisation au nominal).

    Franchement, si les PME n’existaient pas (remarque, ça pourrait finir par arriver…), il faudrait les inventer! Elle a bon dos la piétaille PMEiste!

    Je remarque d’ailleurs que les théoriciens ultra-lib ou néo-lib se triturent grâve les méninges pour justifier un abandon comptable du « Mark to Market »qu’il sont bien obligés, sous la pression des financeurs, de mettre en cause. Mais trouver un produit comptable de remplacement qui s’intègre gentiment dans le dogme Marketophile, là ya gros souci! Ça s’appelle carrément du révisionnisme idéologique! Du déviationnisme ontologique!
    S’agit pas juste de produire des produits financiers novateurs, il faut aussi créer les concepts « philosophico-mords moi le nœud » innovants et comptablement rigoureux qui vont avec!
    Hardis petits!

    1. Très bonne remarque.
      Les capitalistes, depuis pas mal d’années, ne défendent l’économie de marché
      que face aux partisans du socialisme (= socialisation des grands moyens de production).
      En dehors de cette confrontation, ils en font leur affaire, du marché.

    2. Vigneron @
      Je ne comprend pas. Il y a me semble t-il 3 façons d’évaluer comptablement:
      a) en coût historique: c’est devenu de l’antédiluvien, de la protohistoire comptable en somme
      b) en markt to markt: autrement dit en évaluation prix de marché à la date de clôture. On ignore le passé et le futur. Seul le présent compte. C’est du cash & carry ! Après moi, le déluge.
      c) en markt to model: Passé et présent comptent pour des clous. On se projette dans l’avenir et selon le « busines model » retenu on évalue en actualisant. Là au moins on est dans l’optimisme, dans l’objectivité spéculative totale. On met en perspective la compta avec la théorie quantique. Exit les fondamentalistes grincheux, l’homme maîtrise l’économie grâce au computer (faut même des clusters).
      Sauf erreur manifeste de ma part cette dernière méthode (c) a été « inventée » par les anglo-saxons qui veulent la généraliser urbi et orbi quelque soit la taille de l’entité (créature économique). C’est du sectarisme financier, de l’impérialisme comptable.
      Michel Barnier (diplômé de l’ESCP il y a des lustres il en connaît plus en base comptable que nos énarques farfelus…..) ne veut pas me semble t-il de cette méthode (c).
      C’est trop long à analyser ici, mais Michel Barnier s’inscrit dans cette vision gaullienne qui n’accepte pas sans discussion tout ce qui vient des anglo-saxons. Et à mon sens il a raison.
      Comment accepter cette façon d’évaluer sans renier tout ce que sous tend la culture continentale comme valeurs éthiques ?
      A mon sens M. Barnier est dans le vrai et il le sait vu le fiasco US qui est savamment camouflé.
      Alors on s’achemine lentement vers un panachage b + c !
      Ce qui est certain, c’est que le monde de la comptabilité souffre depuis longtemps d’un déficit intellectuel. Cela tient certainement au fait que le système de production de la gouvernance comptable (français également) est biaisé. Tout ce qui n’est pas le discours officiel est étouffé. Je peux vous donner un exemple criant ! Or qui tient le haut du pavé comptable ? Les big four ! Qui finance les études ? Les grands groupes.
      Il y a une collusion inacceptable entre les 2 mondes: le monde de la normalisation comptable (législatif) et le monde de l’argent.
      Le noeud est là.
      Mais nous ne leurrons pas: ce noeud ne sera pas tranché de si tôt. Trop d’intérêts sont en jeu. C’est un simple rapport de forces.

    3. On dit aussi ‘taillo, taillo’ ou ‘Monjoie’ pour les plus réactionnaires.
      Mais votre cri sied bien à qui de droit …

  15. l’exposition des banques aux dettes souveraines se décompose en deux parties : le portefeuille bancaire (82% du total environ pour les banques françaises) et le portefeuille de négociation (18% du total).
    Tour de passe-passe des magiciens : n’appliquer les décotes qur les dettes qu’à la partie « négociation » (soit moins de 1/5 de l’expositon réelle)
    second tour de passe-passe : limiter les décotes appliquées au pays les plus exposés (Portugal, Espagne, Irlande, Pologne) à une fourchette de 10 à 15% à lexception de la Grèce (décote de 23%; ce qui est très modéré).
    résultat pour la Grèce : 6%
    quelle personne ayant un minimum de bon sens pourrait croire que si un Etat venait à faire defaut sur la dette souveraine, les créanciers ne subiraient qu’ 1 à 6% de perte ?
    en réalité les chiffres se situent entre 40 et 80%.
    C’est pourtant bien cela que le CECB voudrait que nous croyions…!

  16. Concernant l’actualité de la crise ( je précise afin de bien montrer que je ne suis pas hors sujet ) , juste faire remarquer qu’il s’est passé 3 semaines depuis la prédiction sur ce blog de la fin de l’euro …et que rien ne s’est passé.
    L’autre partie de la prophétie laissait entendre une implosion sous 3 mois .
    Bon alors, çà ferait septembre , octobre ?

    PS : je continue à ne pas y croire , mais bon , le cancre ici , c’est moa…
    🙂

    1. M’enfin… j’ai dit : « … la fin de l’euro, ça prendra entre 3 semaines et 3 mois ». Et vous me dites : « il s’est passé 3 semaines depuis la prédiction sur ce blog de la fin de l’euro … et rien ne s’est passé ».

      ?? C’est exactement ce que j’ai dit !

    2. Je ne tiens à persuader personne, mais le pays tient tout le monde « par la barbichette », c’est… l’Allemagne. Vu son poids dans la zone euro, que pour elle l’euro, à son niveau, est FORT(et non pas haut…), qu’elle a plus que des perspectives à l’Est (qui se souvient qu’un ancien Chancelier, immédiatement à le fain de ses fonctionnement, est allé à la direction de Gazprom: un véritable coup de Trafalgar…). A partir d’un certain moment, le coût pour elle de financer les « pays du club Med » (dont fait partie la France), qui n’ont jamais respecté les obligations qu’ils s’étaient données en intégrant la zone euro, sera supérieur à l’investissement en Russie, pays complétementaire à bien des égards à l’Allemagne (matières premières en quantité, savoir-faire des ingénieurs russes, marché à combler pour des années, contre: investissements, savoir-faire pour « remettre sur pattes » des pays ayant été en plein dirigisme pendant des dizaines d’années -ex-RDA-, et géopolitique loin d’être stupide, en particulier face à la Chine). A mon avis, le « phénomène » a déjà commencé, et n’attends plus qu’à s’officialiser: à ce moment-là, Tchaooo l’euro!

    3. heu … cher maitre ;-), désolé de vous importuner … j’ai cru comprendre il y a 3 semaines que le délai de survie de la zone euro était de 3 semaines à 3 mois .

      L’hypothèse basse des 3 premières semaines étant passée, j’attend l’éventuelle réalisation de l’hypothèse haute , à savoir 3 mois .

    4. béber, il n’y a pas d’hypothèse haute et basse dans ce que j’ai lu de Paul, mais une seule hypothèse: la fin de l’euro arrivera entre maintenant (après 3 semaines) et début octobre (3 mois – 3 semaines). Si l’euro était mort la semaine passée, l’hypothèse était fausse. S’il meurt après octobre (ou ne meurt pas), l’hypothèse sera fausse.

    5. « … la fin de l’euro, ça prendra entre 3 semaines et 3 mois »
      et non
      « d’ici 3 semaines à 3 mois…. »

    6. Mieux vaut poser une question con que de rester con toute sa vie parce qu’on a pas osé poser cette question .

      Ainsi parlait le cancre conscient que toute intelligence n’est qu’une cancritude en voix de conversion .
      🙂

      Donc, dans 3 mois , on verra si les cancres ne recrutent pas aussi chez les savants .
      😉

    7. Pourquoi aurai-je »oublié  » une chose pareille ?

      Simplement , je ne pense pas ce monde assez sage pour écouter , ni les sages , ni les cancres .
      Seul l’image compte aujourd’hui .

      D’ailleurs, si dans 3 mois la « prophétie » se réalise , celà prouvera ( s’il en était nécessaire) que les sages ne sont pas écoutés
      😉 ( cqfd) .

      Pour les cancres, çà ne posera pas de problèmes: ils ont l’habitude de gérer les incompréhensions.

  17. une p’tite bête comédie de plus
    qui tombe, qui tombe, qui tombe
    et nourrit d’autant mieux
    le déroulement perpétuel
    d’une grosse bête et triviale
    même vieille méchante farce
    qui gonfle, qui gonfle, qui gonfle

  18. Il y a une chose que je voudrais bien qu’on m’éclaire: si c’est les pays asiatiques (j’imagine surtout la Chine vu ses réserves de change) qui maintiennent le niveau de l’euro au niveau actuel (presque 1.30 euros pour 1 dollar), peuvent-ils le faire encore longtemps? Cela se compte en mois ou années?

    1. LA situation est (peut-être) plus complexe que vous ne l’analysez. Je crains simplement que, vue le situation actuellement -et pour un bon moment-, la « vision » de la situation se fait « au jour, le jour ». La situation n’est pas inscrite sur le marbre; comme dans toute crise telle que nous vivons aujourd’hui… D’autre part, comme le soulignait Paul Jorion lors de son intervention sur France-Inter, nous n’en sommes « qu’au tiers de la crise ». Et est-ce vraiment aux pays asiatiques que nous devons le maintient relatif de l’euro face aux dollar? Loin d’être certain: artifices possibles + certains pays arabes peuvent y avoir interêt, et polituqe allemande CREDIBLE (largement plus que la moyenne…). Même si l’euro « se coupait en deux » (on en parle actuellement dans certains milieux: pays « du côté Club Med » d’un côté », les pays financièrement crédibles de l’autre: il n’y en a pas cinquante…), il sera suffisament tôt pour aller du bon côté. N’oublions tout de même pas que l’on est en plaine zone de turbulence!

  19. A propos de l’Euro trop fort (à nouveau vers les 1.30):

    http://www.marianne2.fr/L-euro-pese-trop-lourd-pour-l-Europe_a195762.html

    Et ceci :

    Visiblement jusqu’aux midterms elections de novembre les actions ne peuvent plus baisser….Obama a pris le controle ce WS via quelques actions et un très faible volume pour le moment….

    Stocks closed at highs. The takeover of the market by the administration as we head into the midterms is now complete.

    http://www.zerohedge.com/article/headline-immediate-future-10-share-block-moves-market-50-and-obama-praises-own-economic-poli

    Et si …..

    With the assumptions and conditions for the stress test pulled straight out of CEBS’ collective bottom, it is no surprise that a mere 7 banks for a total $246 billion in affected assets end up being defined as undercapitalized. But what happens when instead of using a 6% Tier 1 capital threshold, a Basel III 8% Tier 1 is used? Something log scale worse. As Austrian Der Standart journalist Lukas Sustala points out, and as demonstrated on his chart below, the failure rate goes up exponentially: instead of 7 banks failing, 39 of Europe’s biggest banks would be undercapitalized, and the impaired assets would amount to a whopping E2.6 trillion, requiring at least E30 billion in incremental equity capital, on top of the hundreds of billions already infused by European governments. In Lukas’ words: « The stress tests were a farce (taking no account of counterparty risk or a sovereign default), but at least they provide some good data points (I currently look into all the sovereign holdings of the individual banks, so there is more to come). 39 banks fail the 8% criteria. »

    http://www.zerohedge.com/article/applying-basel-iii-tier-1-stress-test-threshold-implies-e26-trillion-assets-39-banks-impaire

  20. Concernant la décision du gouvernement hongrios de taxer les bilans des banques et d’interdire les prêts en devises, le premier ministre slovaque, récemment élu (et qui s’est d’ailleurs fait ‘tirer l’oreille’ par l’UE pour verser son ‘écot’ au fond de stabilisation européen, le bien nommé), a déclaré qu’il n’était pas question de continuer la politique d’austérité menée par son prédécesseur, les coupes auront ainsi lieu dans les secteurs où règne la corruption et le crime, en lieu et place des citoyens.

    C’est dingue l’épidémie de ‘populisme’ qui est en train de se répandre en Europe de l’est en ce moment … Mais que fait l’OTAN ?

    Précisions : Mme Iveta Radicova est de centre-droit, comme M. Orban, premier ministre hongrois.
    Qui plus est, elle préside le groupe Visegrade 4 – Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne. Manquerait plus que la République Tchèque et la Pologne lui emboite le pas et on aurait une émeute, non, sir, une révolution (de l’est).
    Si ça continue, je vais devenir de centre-droit moi aussi.
    Avec Bayrou alors ?
    Ah non, là, je crois que ça va pas être possible …

    1. Ça signifie juste que la réaction politique contre l’action des financiers et de leurs tenants et tenanciers ne se fait que grâce à une mobilisation massive autour de gouvernements de droite, en tout cas dans ces pays là. J’ai peur que ce soit un scénario à moults remakes. Mais bon ne faisons pas la fine bouche, ça pourrait être pire: pas de réaction ou plus à droite encore…Pourvou que ça doure!

    2. Et notre droite à nous, vous croyez qu’elle va se dresser contre les plans d’austérité et défier les grands méchants Marchés?

  21. Une idée pour Minc et Attali :

    Salvador: une chambre patronale propose la journée de travail de 12 heures

    Mis en ligne le 26/07/2010 à 22h22

    Les entreprises en zone franche du Salvador proposent de faire passer la durée de la journée de travail de huit à douze heures, moyennant une réduction hebdomadaire de deux heures, mais se sont heurtées lundi à la juridiction nationale des Droits de l’homme. « Nous sommes disposés à créer des emplois (…) et nous proposons pour cela l’instauration de la journée de travail de douze heures », a déclaré le président de la Chambre de l’industrie textile et des zones franches (Camtex), Edwin Zamora. Le secteur pourrait créer 11.000 emplois si la journée de travail passe de huit à douze heures trois jours par semaine, et à six heures le quatrième jour, ce qui laisserait trois jours et demi de repos au salarié, affirme la Camtex. L’horaire hebdomadaire légal passerait donc à 42 heures contre 44 actuellement dans ce secteur. « Cette proposition est déjà appliquée dans de nombreux pays » dans certains secteurs de production, a assuré M. Zamora, citant « le Honduras, la République Dominicaine, le Nicaragua, le Guatemala, des pays asiatiques, aux Etats-Unis et dans l’Union européenne ». Une telle mesure « affecterait directement les droits des travailleurs » et serait contraire aux « libertés fondamentales », a répondu le procureur délégué aux droits de l’Homme, Oscar Luna, en demandant au gouvernement de ne pas donner suite à la proposition de la Camtex, qui regroupe essentiellement des entreprises textiles et du vêtement. (COC)

    http://www.lalibre.be/toutelinfo/belga/135423/salvador-une-chambre-patronale-propose-la-journee-de-travail-de-12-heures.html

    1. Quelle folie alors que le monde vit déjà grandement dans l’empressement et la précipitation supplémentaire des choses, non il faut encore les presser et les pousser jusqu’au bout dans les enfers et à la révolte populaire, mais quelle grande folie alors que les caisses de santé sont déjà grandement sollicités, c’est pas croyable quand même de vouloir faire travailler des gens sur 12 heures par jour
      et pourquoi pas aussi des nuits complètes pendant 72 heures pendant qu’on y est, mais des idées comme ça on se demande vraiment où ils vont les chercher, toujours bien évidemment sous le motif de l’emploi et de faire le bien du monde le contraire m’aurait étonné.

  22. D’abord signalons que les normes IAS32 et IAS39 de la réforme comptable IAS/IFRS de 2003, inspirés par le mark to market (ou fair value ou juste valeur), concernant les produits financiers n’ont jamais été adoptées par la commission européenne, qui a fait trainer, dans le plus grand intérêt (à court terme bien sûr…) des organismes financiers européens.
    D’amendements en assouplissements ou options, on a pu attendre 2007/2008 et les passer à la trappe en les remplaçant par la norme IFRS 9 « Instruments financiers » qui va petit à petit se substituer à de nombreuses dispositions de la normes IAS 39. Le premier volet de cette norme, relatif aux actifs financiers, fut publié le 12 novembre 2009 et devient applicable de manière anticipée dès l’année 2009 (et deviendra obligatoire au 1er janvier 2013).
    Ce premier volet se fonde sur une nouvelle approche unique pour déterminer si un actif financier doit être évalué au coût amorti où la juste valeur : une approche basée sur la façon dont l’entité gère ses instruments financiers (son modèle économique) et les caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie rattachés aux actifs financiers. Bref, du jus de boudin pour période brouillardeuse!

    Deux pavés un peu long pour illustrer cette bataille de couloirs: d’abord un article datant de aout 2007 trouvé sur le site de l’AGEFI.

    La valorisation des OPCVM est-elle véritablement objective ? Les techniques mises en œuvre varient d’un établissement à l’autre, voire d’un fonds à l’autre. Mais il serait trop facile d’opposer le « mark-to-market » objectif au « mark-to-model » subjectif. Valoriser un actif en « mark-to-market », c’est effectivement s’appuyer sur le prix du marché, celui auquel on peut vendre ou acheter, avoir donc recours à des données diffusées quasi automatiquement. Mais « du fait de la sophistication de plus en plus grande de la gestion taux en particulier, la proportion d’instruments financiers négociés de gré à gré est de plus en plus grande, observe Philippe Legrand, directeur général de RBC Dexia Investor Services. Or, par définition, ces instruments ne sont pas cotés sur un marché organisé. Ils ne peuvent donc faire l’objet d’une valorisation en ‘mark-to-market’ ». Aussi, si la méthode dite du « mark-to-model » n’est pas nouvelle, elle est de plus en plus répandue. Il s’agit en l’occurrence de mettre en œuvre des modèles mathématiques basés sur des formules de calcul, alimentées par des données de marché, mais aussi des données plus subjectives (le risque de défaillance d’une entreprise émettrice par exemple). C’est ainsi qu’au sein d’un même fonds, selon la nature de chaque actif, l’une ou l’autre des deux méthodes seront appliquées. Mais que faire quand un actif ne trouve plus d’acheteur ? Des gérants ont dû changer la méthode de valorisation de certains actifs, voire passer justement du « mark-to-market » au « mark-to-model », avec l’assentiment de l’Autorité des marchés financiers ( AMF). « Nous avons échangé avec les sociétés de gestion dès le mois d’août sur les modèles qui reflètent le mieux les prix des actifs quand il n’y a plus de marché, afin d’atteindre une certaine homogénéité des bonnes pratiques », indique Pierre Bollon, délégué général de l’ AFG ( Association française de la gestion financière).

    Puis le « chapeau » de la synthèse envoyée par la Fédération Bancaire Française envoyée au FASB, à l’IASF et à la Commission, datée du 16.juin dernier…

    Normes comptables
    La FBF fait des propositions alternatives pour des normes comptables fidèles à la réalité

    La FBF constate que la réforme des normes comptables au niveau mondial demandée par le G20 en avril 2009 n’a pas progressé. Les propositions faites au cours des dernières semaines par les régulateurs américain et international ne répondent pas aux objectifs de stabilité financière et de convergence fixés par les chefs d’Etat et de gouvernement.
    En effet, loin de tirer les leçons de la crise, les deux normalisateurs comptables continuent à privilégier la valeur de marché pour la comptabilisation des instruments financiers, même si les dispositions techniques de leurs projets diffèrent. Or la crise a montré que la juste valeur* en a aggravé les effets fin 2008, en contraignant les établissements bancaires à valoriser des positions ne pouvant qu’être conservées, à des valeurs proches des niveaux d’une liquidation.
    Si les projets qui prévoient l’extension de la juste valeur étaient appliqués en l’état, toute nouvelle tension se traduirait à nouveau par une volatilité artificielle des résultats, sans refléter la réalité économique. Aucun des deux projets ne corrige donc les failles des normes actuelles et aucun ne permet de réduire l’impact négatif sur les cycles économiques.

    La FBF propose des critères pour limiter le champ d’application de la juste valeur

    La FBF s’oppose comme la quasi-totalité de la communauté bancaire internationale à l’extension de l’application de la juste valeur à des instruments financiers qui ne font pas l’objet de transactions sur des marchés liquides. Il est en effet fondamental, pour la stabilité financière et la bonne information des investisseurs, que la juste valeur soit appliquée uniquement lorsqu’il existe un marché actif et liquide, et par rapport au modèle d’activité de l’entreprise concernée.

    Dans une lettre qui va être adressée à la Commission européenne ainsi qu’au Financial Accounting Standards Board (FASB) et à l’International Accounting Standards Board (IASB),

    la FBF souligne que seul un modèle mixte de comptabilisation des instruments financiers peut rendre compte de leur réalité économique. Il doit reposer d’abord sur le modèle d’entreprise, ensuite sur la liquidité des marchés des différents instruments, enfin sur leurs caractéristiques et notamment sur les modalités de leur rémunération. Seule la prise en compte de ces trois critères et de leur hiérarchie d’application permet de définir le champ d’application du coût amorti et celui de la juste valeur.

    Lien vers la note de synthèse:
    http://www.fbf.fr/Web/internet/content_entreprisebancaire.nsf/(WebPageList)/1964001F45F1FD5DC125774400321F34/$File/Synthese_propositions_FBF_16-06-2010.pdf

    Bref, dans la guerre de l’assouplissement comptable, y’en a pas un pour rattraper l’autre entre le FASB US et l’IASB qui représente surtout l’Europe aujourd’hui, même s’ils sont tous les deux sous domination anglo-saxonne…
    Et Barnier défenseur de la version « juste valeur », vous rêvez. Personne ne la défend, excepté les fondamentalistes hajeckiens purs jus de fruit!

  23. Jean-Claude Trichet à Bale aujourd’hui, sur des négociations ‘historiques’comme on pouvait s’imaginer, que François Leclerc dissèquera

    « Les accords trouvés aujourd’hui sont un résultat qui fera date pour renforcer la résilience du secteur bancaire. Nous allons mettre en place des arrangements de transition qui assureront que le secteur bancaire soit capable d’épauler la reprise économique. » ???

    En parralèle, un commentaire intéressant d’Edward Hugh sur la perspective européenne à moyen terme Under stress

    Et l’étude d’un journaliste autrichien qui arrive à la conclusion, qu’utilisant le Tier 1 de Bale III de 8% au lieu des 6% du test, que 39 banques ne passeraient paa la barre

    Applying Basel III Tier I stress test threshold implies 2.6 trillion of Euros in 39 banks impaired by equity undercapitalization

    1. Et l’étude d’un journaliste autrichien qui arrive à la conclusion, qu’utilisant le Tier 1 de Bâle III de 8% au lieu des 6% du test, que 39 banques ne passeraient pas la barre

      Encore un malotru qui n’a pas compris que la mode avait changé! Ô tempora! Ô mores!

      « Dans la finance même, la rectitude, l’urbanité, le désintéressement règnent comme ailleurs ; de sorte que nous voilà, grâce au ciel, arrivés à l’âge inespéré où l’on ne peut plus s’écrier qu’en bonne part : Ô tempora ! Ô mores ! »
      Piron, Préface de la Métromanie (Comédie, 1738).

      L’épitaphe du Piron en question:

      Ci-gît Piron
      qui ne fut rien,
      Pas même académicien.

  24. Derrière tout cela se cache une idée reçue, celle consistant toujours à faire croire par des procédés bancaires rendus toujours plus opaques pour le simple commun des mortels que si nous en sommes tous arrivés là c’est-à-cause principalement du manque de conscience économique des peuples, enfin vous voyez ce que je veux dire, hélas la seule logique mercantile des gens du marché ne rend pas toujours les choses moins coûteuses à réparer et à assainir, variable humaine y comprise lorsqu’on préfère davantage plus mal payer les êtres un peu partout. Quelle mauvaise fortune si cela perdure !

  25. Discours d’investiture du Premier ministre Hongrois du 9 juin dernier, dans lequel il a souligné la différence entre une économie-casino et la construction d’une nation. Extraits :

    « Tout d’abord, je propose que nous considérions la sinistre et même alarmante tempête qui s’abat sur l’économie mondiale. Nous recevons tous les jours des nouvelles alarmantes du monde entier. La crise, épiphénomène d’un chamboulement bien plus profond, n’est pas terminée. Mais l’heure n’est pas aux lamentations. Ce dont nous avons besoin c’est de penser à la hongroise, de faire preuve d’ingéniosité. Nous devons exploiter ces processus externes dans notre propre intérêt, c’est-à-dire pour le bien des Hongrois et de l’économie hongroise. Les possibilités pour le faire existent.

    « Le processus le plus important que nous devons prendre en compte est que l’économie mondiale se dirige dans une nouvelle direction. Il semble que le capitalisme productif a un nouvel avenir et que l’époque du capitalisme spéculatif touche à sa fin. Nous savons tous que la raison principale de la crise économique qui étrangle le monde consiste en la chose suivante : une surévaluation régit le marché mondial. L’argent disponible dans le commerce mondial outrepasse de plusieurs ordres de grandeur le montant de valeurs réelles. Il s’en suit que toutes les valeurs réelles dans les livres de compte et les bilans sont surévaluées. Des bulles se forment, entraînant l’économie dans des crises successives. Hélas, ces crises ne s’arrêtent pas à la frontière hongroise.

    « Mesdames et Messieurs, la Hongrie ne peut réussir dans ce monde moderne en transformation rapide, qu’à condition de nous tourner vers le capitalisme productif et d’utiliser à notre avantage le processus global. Je veux dire par là que nous devons de manière croissante, et avec grande détermination, refouler la spéculation et nous orienter vers le capitalisme productif. Pour bien me faire comprendre, je n’ai pas besoin d’aller dans les détails : le capitalisme productif est lié au travail et alors que le capitalisme spéculatif à lié à la spéculation.

    « Mesdames et Messieurs, le point clé est que nous pouvons opérer une telle différentiation. Je propose que lors de la mise en place de ce nouveau système économique, nous désignions comme spéculatives toutes les activités par lesquelles quelqu’un gagne de l’argent en faisant du mal à autrui. Et lorsque quelqu’un gagne de l’argent en créant une réelle valeur qui profite aux autres et à la société toute entière, alors cela peut être défini comme du travail.

    « Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que ce n’est qu’avec ce type de capitalisme productif que nous pourrons créer dans les dix prochaines années 1 million de nouveaux emplois en Hongrie. La capitalisme spéculatif est dégradant car il nuit aux entreprises et aux emplois en Hongrie et dans le monde entier. C’est pourquoi le nouveau système économique en Hongrie doit se fonder sur la production, c’est-à-dire le travail, en lieu et place de la spéculation. Et toutes les mesures et dispositions légales que nous déciderons doivent suivre ces principes »

    1. Ce discours est plein d’illusions et veut faire le plein d’illusions.

      Sur le fond : le « capitalisme financier » est bel et bien un AVATAR du « capitalisme productif ».
      Le terme « avatar » doit être compris dans son double sens de « métamorphose, transformation  » et de « mésaventure, malheur » (définitions du dictionnaire Le Grand Robert)

      Il y a une tentation actuelle très répandue de vouloir revenir en arrière, de remonter le temps en quelque sorte, en oubliant tous les malheurs que le capitalisme industriel a apporté à l’humanité, et en oubliant quelle est la véritable nature de l’objet de la critique de Marx : le fétichisme de la marchandise.

      Revenir au « capitalisme productif » pour créer des emplois est un mensonge : le « progrés technique » et particulièrement le développement de l’informatique ont supprimé des millions d’heures de travail en même temps que ce « progrès » a continué à rendre le travail obligatoire.

      Il ne faut pas être Hegel pour comprendre qu’obliger un humain à travailler et en même temps l’empêcher de travailler en supprimant les emplois est une grande folie.

      Ce n’est pas une plus grande folie qui sauvera le capitalisme.

      La Hongrie ne se sauvera pas en devenant une autre « usine du monde ».

    2. Marlowe a raison

      Le dirigeant de la droite hongroise parle exactement comme celui de la droite française.
      En distinguant capitalisme productif et capitalisme financier,
      il se met tout simplement au service du capital, contre le travail.

      Il n’y a pas un « bon » capitalisme productif et un mauvais capitalisme ‘spéculatif’ ou financier.
      Le capital n’a qu’une seule origine : le prélèvement de la plus-value sur le travail.
      Tout autre théorie n’a jamais reçu un début de démonstration et n’est que pure idéologie.

      En 30 ans, le travail a subi un transfert de 10% en gros de la valeur ajoutée vers les actionnaires. Conséquence : faute de trouver pour leurs produits des marchés solvables,
      les capitalistes ont préféré la spéculation à l’investissement,
      accélérant la tendance du capitalisme à la financiarisation.

      La seule solution : en finir avec la propriété privée des grands moyens de production et d’échange. Les discours populistes de droite comme de « gauche » sont des leurres contre la démocratie,
      celle qui après un siècle d’essais sans suite, devra finalement mettre fin à la dictature du capital.

    3. Je ne porterais pas une appréciation aussi négative sur le discours du premier ministre hongrois.

      Il y a sans nul doute une part de naïveté à vouloir distinguer deux avatars du capitalisme, car bien entendu l’avatar financier résulte des limites du précédent, mais c’est tout de même la première fois qu’un décideur au plus haut niveau dénonce la spéculation en des termes aussi catégoriques tout en s’apprêtant à prendre des mesures en conséquence, des mesures qui vont à l’encontre de l’austérité. Bien entendu cela ne préjuge en rien de sa réussite, mais un nouveau pli politique est pris. Insensiblement on progresse vers des solutions plus radicales. Il y a très certainement encore des atermoiements, des reculades, mais pour l’heure c’est d’ores et déjà un élément – politique – nouveau de plus d’un processus global qui voit l’exacerbation des contradictions.

      Lorsqu’il dit : « L’argent disponible dans le commerce mondial outrepasse de plusieurs ordres de grandeur le montant de valeurs réelles. » C’est exactement de ce dont il est question lorsque Paul évoque la dimensionnalité de la monnaie. Désigner par son nom le mécanisme fondamental qui caractérise le dernier avatar du capitalisme c’est ce que n’ont pas encore fait les dirigeants de l’europe de l’ouest. C’est une première étape, qui sera suivie par d’autres, en Hongrie ou ailleurs, qui verront une à une les différentes facettes du capitalisme critiquées officiellement. Lorsque l’oignon aura été pelé jusqu’à sa dernière peau, le roi – capitaliste – sera nu. On sera alors à la lisière du nouveau monde.

  26. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que les créances pourries sont le mitigri que l’on se file, tantôt vers les banques, les gouvernements ou les banques centrales?
    Il n’empêche que ces créances pourries restent demandeuses d’intérêts à leurs émetteurs, et, à ce titre, pourries ou pas, elles participeront à la rente du capital financier qui ne peut que croître, même en l’absence d’une croissance cignificative du PIB.
    Dans ces conditions, les insolvabilités des gestionnaires de la dette que sont les banques ne peuvent que s’accentuer quels que soient les tests honnêtes et malhonnêtes qui leur sont appliqués. Tout cela fait que les banques centrales finiront par acheter les mistigris pour les « monétiser ». Car si elles ne le faisaient pas elles le feraient quand même sous la contrainte d’une nouvelle crise systémique et déflationniste.
    Le fait est que la monnaie elle-même est la crise systémique, car les fonds injectées disparaissent aussitôt dans la trappe des liquidités.
    Malheureusement, les critères de Bäle n’ont aucune pertinence pratique, on s’en fout totalement, et il est patent que les banques ne s’y conformeront pas, car cela est aussi impossible que faire couler l’eau des vallées vers les sommets.
    Tant que les décideurs mènent de tels débats oiseux, rien ne changera.
    Tant que la monnaie n’est pas émise pour réellement circuler, en émettant un signe monétaire nouveau, marqué par le temps (le SMT), rien ne changera dans un système sans issue.
    En substance, l’essentiel des ressources sera consacré à servir la rente du capital, et les banques sont devenus les percepteurs auprès du public pour la servir. Qu’elles soient zombies ou pas, cela n’a plus beaucoup d’intérêt général.

Les commentaires sont fermés.