L’actualité de la crise : les Américains pris à contre-pied , par François Leclerc

Billet invité.

LES AMÉRICAINS PRIS A CONTRE-PIED

Si la crise mondiale actuelle a eu les Etats-Unis comme détonateur, que peut-on y attendre de son évolution, puisqu’il est de tradition de dire que le pays montre par avance le chemin que les Européens vont ensuite suivre ?

Dans un premier temps, la montée du taux de croissance de l’économie américaine a pu faire croire à tout ceux qui ne voulaient voir dans les événements qu’une crise comme les autres, passagère et bientôt oubliée, qu’une issue était proche. Que tout allait repartir comme avant, en raison des capacités éprouvées de rebond des Américains. Puis est venu s’insinuer un doute à propos de la vigueur de cette reprise, d’autant plus glorifiée que l’Europe ne la connaissait pas. Enfin, et nous en sommes là, le terribles mot de récession est maintenant prononcé, l’hypothèse mystérieuse d’un scénario à la japonaise évoqué. La hideuse silhouette de la déflation a pris dans les commentaires la place de l’hydre de l’inflation.

Devant quoi les Etats-Unis sont-ils placés en réalité ?

Le diagnostic du mal n’est toujours pas formulé, mais il a fallu se rendre à l’évidence : les jeunes pousses de la relance n’étaient que route qui poudroie et herbe qui verdoie; la crise va être de plus longue durée qu’initialement annoncée. La prochaine étape sera de reconnaître qu’elle est chronique. Mais le fâcheux retard qui est actuellement enregistré laisse intacte la croyance largement partagée que tout va finalement retomber sur ses pieds. Pour une raison ne souffrant pas de discussion : il n’est pas à proprement parler concevable qu’il puisse en être autrement.

On entrevoit pourtant désormais qu’il va falloir faire preuve d’imagination et qu’il ne suffit pas d’avoir protégé l’industrie financière des méfaits d’une régulation contraignante pour en attendre le salut. Engagé dès le tout début de la crise, ce pari est pour le moins loin d’être gagné. Un jour ou l’autre, ne faudra-t-il pas revenir sur ce qu’ont été les causes de la crise actuelle – et non pas uniquement leurs facteurs déclenchants – pour en tirer les leçons ? Cela mettra le temps qu’il faudra, mais cela sera ça ou continuer à trouver refuge dans le déni qui a jusqu’ici prévalu. Impliquant de devoir constamment improviser pour faire face à la poursuite chaotique de la crise, en pratiquant la politique de l’autruche afin de préserver ce qui est considéré comme l’essentiel et qui n’est qu’accessoire. Tout dépend pour qui.

Quant aux Etats-Unis, première puissance mondiale, ils sont bien engagés dans une impasse dont ils heurtent le fond.

Les leviers dont dispose la Fed, bras armé de l’Etat et des mégabanques, sont-ils toujours efficaces ? On peut en douter. Dès demain mardi, la banque centrale devrait rendre publiques de nouvelles décisions, non sans atermoiements. Elle devrait adopter des demi-mesures qui ne seront pas à la hauteur des enjeux, comme l’administration et le Congrès viennent de montrer l’exemple en débloquant une enveloppe de crédits réduite de 26 milliards de dollars afin de soulager financièrement les Etats. On est loin du compte. Après avoir déjà injecté, sans résultat probant, des centaines de milliards de dollars dans l’économie, la Fed va devoir se réengager dans une politique de création monétaire. On parle d’une enveloppe maximum d’environ 200 milliards de dollars. Mais, si le scénario à la japonaise se confirmait, cela reviendra à commencer à combler un puits sans fond. A la différence près avec le Japon que cela ne pourra qu’accélérer la dégringolade du dollar de son piédestal.

Les commentaires vont bon train sur les divergences qui divisent les membres du Comité de politique monétaire de la Fed. Mais ne faut-il pas chercher dans son expectative actuelle une autre raison ? La crainte que ses dernières cartouches soient mouillées, que ses instruments soient devenus inopérants, qu’un affaiblissement du dollar pourrait résulter de leur activation, ce qui serait pire que tout, car il pourrait enclencher une crise de la dette ?

Quoi qu’il en soit, l’administration Obama sort fort démunie de cette situation, alors que l’intervention publique est plus que jamais indispensable. Certes, le marché obligataire s’est en général détendu ces dernières semaines, expression de la crainte – cette fois-ci des marchés – qu’une récession n’intervienne et fasse durablement chuter les actions. Les obligations redevenant, après avoir été l’objet de tous les dangers, la valeur refuge de toujours, car tout est relatif. Cela aide au financement de la dette publique, mais l’administration Obama doit faire face à une autre difficulté, qui est de nature politique et non pas économique ou financière.

La société américaine est dans son ensemble prise à contre-pied. Les valeurs qui lui ont été inculquées ne sont porteuses d’aucune solution, ce qui ne les empêche pas d’être revendiquées, tel un refuge illusoire. Un de plus. Le dogme du moins d’Etat s’oppose à la nécessité d’accroître dans la pratique son rôle, alors que l’économie de marché et la libre concurrence ne jouent plus leur rôle historique et ne s’affirment pas comme le moteur de la relance. La baisse des revenus fiscaux et l’ampleur du déficit budgétaire restreignent par ailleurs les marges de manoeuvre et d’action de la puissance publique.

La reconnaissance de ce fort déroutant contexte – selon le catéchisme en vigueur – se heurte à l’omniprésence d’un endoctrinement qui plonge ses racines dans la mythification de la conquête de l’Amérique et l’occultation de son histoire. A l’arrivée, la perspective des élections de novembre prochain accentue la pression sur les membres du Congrès qui répugnent à voter de nouvelles dépenses, car elles impliquent dans la tête de leurs électeurs de nouveaux impôts.

D’où peut venir la croissance dans un pays où la consommation des ménages y contribuait à plus de 70%, alors que les derniers chiffres font état d’une contribution limitée à 40%  ? Ne faut-il pas considérer comme l’une des raisons de la baisse de cet apport, à côté du chômage, la diminution de l’en-cours du crédit à la consommation, qui a reculé pour le cinquième mois d’affilé et n’a progressé qu’une seule fois depuis février 2009 ? On sait en effet que le crédit finançait environ un quart des dépenses de consommation des ménages américains, et que les banques ont considérablement durci les conditions dans lesquelles elles l’octroient désormais, notamment via le crédit revolving des cartes bancaires. Les Japonais, en leur temps, avaient construit des infrastructures, faisant avec ces gigantesques programmes le bonheur des entreprises de travaux publics et des politiciens arrosés au passage. La relance de la croissance américaine reste à ce jour une question non résolue, d’autant que son financement n’est pas réuni. Distribuer du pouvoir d’achat serait une incongruité.

Tout en s’enfonçant dans une crise sociale profonde – dont le chômage de longue durée et pas près d’être résorbé n’est que l’une des manifestations – la société américaine, désorientée et atteinte, se tourne vers son passé et aspire à ce que tout redevienne comme avant. Sans repères politiques lui permettant de sortir de cette impasse. Avec comme seul viatique un profond rejet de l’administration de Washington et de Wall Street réunis qui la pousse dans les bras de dangereux aventuriers douteux et manipulateurs.

Autre témoignage des importantes difficultés que cette société rencontre à sortir de son carcan idéologique, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), le régulateur des brokers, reconnaît devoir faire face à une importante recrudescence des escroqueries selon le schéma dit de Ponzi, dont Bernard Madoff conserve néanmoins la tête incontestée du classement. La crise économique, qui précipite leurs victimes dans l’abîme, aidant à les découvrir plus facilement. Nouveauté, les réseaux sociaux sur Internet sont devenus un vecteur important de recrutement des victimes, rebutées par le marché des actions et des obligations et attirés par des rendements autrement plus alléchants. Il n’est pas rare, selon la FINRA, de voir proposés des rendements de 20% et 40%, allant même jusqu’à de plus de 100%, et d’attirer ainsi des milliers d’investisseurs. C’est donc un phénomène qui ne touche pas, comme c’était le cas avec Bernard Madoff, seulement quelques centaines de clients fortunés, ce qui ne l’empêche pas de drainer jusqu’à des centaines de millions de dollars à chaque fois.

Il apparaît que non seulement ce type d’escroquerie était si l’on peut dire monnaie courante mais, plus surprenant, qu’elle continue d’exercer un grand pouvoir attractif. Un son de cloche similaire est entendu du côté des gérants de hedge funds, selon lesquels de nombreux investisseurs continuent de manifester de très étonnantes attentes en recherchant des rendements de l’ordre de 25% annuel minimum. Une performance qui est pourtant devenue inatteignable. Les investisseurs n’admettent pas d’avoir perdu leurs si profitables joujoux.

Enfin, dernière illustration du même phénomène, un article publié par la revue en ligne Salon (en Anglais) développait de manière provocatrice une analyse caricaturale de la société américaine de demain. Les riches, y-est-il demandé, ont-ils encore besoin du reste de l’Amérique et vont-ils rester prêts à payer des impôts pour assurer son éducation, sa santé et ses services sociaux ? Décrivant une couche sociale dont les revenus vont de plus en plus être assis sur l’essor économique des pays émergents, dans laquelle la sphère financière qu’elle contrôle investit massivement – et où elle fait école – l’article se demande si l’avenir des classes moyennes américaines, condamnées à la marginalisation et au déclin, n’est pas à terme d’émigrer dans ces pays pour aller y chercher bonne fortune. Tandis qu’une immigration peu qualifiée, déjà si présente, viendra à moindre coût arroser le gazon des golfs, comme l’a si bien dit Michael Bloomberg, maire de New York, au service d’une manière générale du bien-être de la Upper class. Voilà la vision proposée de l’avenir radieux des classes moyennes américaines….

La crise financière aiguë que traversent les Etats américains est, quant à elle, arrivée à maturité. Le déficit auquel les deux tiers des 50 Etats américains vont faire face durant l’année fiscale américaine 2011 est estimé entre 84 et 120 milliards de dollars. Cela pourrait représenter la suppression de 250.000 emplois publics supplémentaires dans les 18 mois à venir. Ce qui donne la mesure de la situation que vont affronter les membres de la Chambre des représentants et les sénateurs en sollicitant le renouvellement de leur mandat. La modeste croissance de l’économie américaine n’a pas empêché la détérioration des finances des Etats et des collectivités locales, en raison de la baisse du rendement des taxes locales ainsi que la forte ponction effectuée sur les fonds d’indemnisation des chômeurs. La crise de l’immobilier et des taxes afférentes, qui pèse particulièrement, n’est pas près d’être réglée. 224 milliards de dollars de crédits fédéraux ont déjà été transférés aux Etats, une nouvelle enveloppe de 26 milliards de dollars devrait très prochainement être décidée par la Chambre des représentants. Cela n’empêche pas les Etats de devoir procéder à de massives coupes budgétaires, notamment dans les programmes sociaux. Celles-ci sont l’un des principaux vecteurs de propagation de la crise sociale, si l’on ne tient pas compte de la crise immobilière sur laquelle personne ne se hasarde plus à proclamer en voir la fin.

C’est non seulement un modèle de consommation à crédit qui est en train de s’écrouler aux Etats-Unis, mais un mode de consommation tout court. A commencer par l’acquisition de la maison familiale. Mais cela ne s’arrêtera pas là. A contrario, la réforme de la santé – en dépit de ses limites – illustre une première intervention accrue de l’Etat dans les affaires publiques, laissant le secteur des pensions de retraite, qui a beaucoup souffert de la crise, très largement dépendant du marché. Les débats de l’automne prochain sur l’évolution de la fiscalité et la suppression ou non des abattements consentis par l’administration Bush aux détenteurs de hauts revenus ainsi qu’aux classes moyennes sera peut-être l’occasion d’une timide amorce de redistribution des revenus. Cette évolution forcée et contrainte est toutefois loin de répondre aux besoins d’une société à la dérive.

Le fossé qui existe entre un paradigme qui ne fonctionne plus et un autre à inventer ainsi qu’à mettre en oeuvre est très profond. Une situation où les Etats-Unis montrent la voie à leur manière, sans tracer de chemin pour les autres. Car les Américains sont pris entre le rejet des responsables de la crise et le repli sur un credo incantatoire qui ne leur apportera pas d’issue.

La suite de l’histoire n’est cependant pas écrite.

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171 réponses à “L’actualité de la crise : les Américains pris à contre-pied , par François Leclerc”

  1. Avatar de Charles A.
    Charles A.

    Selon Paul Krugman, pourtant prix Nobel, comme Obama…
    America Goes Dark
    http://www.nytimes.com/2010/08/09/opinion/09krugman.html?_r=1

  2. Avatar de vigneron
    vigneron

    Le fossé qui existe entre un paradigme qui ne fonctionne plus et un autre à inventer ainsi qu’à mettre en œuvre est très profond.

    Il est aussi très large.
    Et le temps qui passe, en flots boueux, en creuse le lit, en écarte encore les bords, emportant, toujours plus loin, toujours plus de la terre fertile de nos futures illusions perdues…
    Les militaires de tout poil combleront, enrocheront puis bétonneront notre avenir. La messe est dite.

  3. Avatar de Maître Dong
    Maître Dong

    Sur France 2 la nuit dernière était rediffusée « La conquête de l’Ouest » (How the West was won) tournée entre autres par John Ford en 1962 et consacrée à 50 ans d’histoire américaine, entre 39 et 89, au 19 ème siècle.
    Outre que ce film illustre parfaitement le propos de Paul Jorion quand il qualifie l’espèce humaine d’agressive et colonisatrice, 50 ans après son tournage il prend un relief particulier, notamment la fin dithyrambique à la gloire de la croissance qui vaut son pesant de cacahuètes à la lumière de la crise actuelle.

  4. Avatar de Joan
    Joan

    Chez les grecs le politique était prépondérant sur l’économique. Dans la société américaine l’économique est devenu prépondérant sur le politique. Nous assistons à la fin de la grande République. Les très riches sont apatrides, ils n’ont en effet plus besoin des classes moyennes de leurs pays d’origine. Un ami revenant de Russie, m’a rapporté que la vie du Russe moyen est loin d’être facile. Que des personnes qu’il connaît, sont payés par leur employeur 1/3 officiellement et 2/3 de la main à la main. Qu’il a été étonné de voir dans les rue des publicités pour des Porches et des BMW de luxe, alors que le Russe moyen n’a pas les moyens de se payer de tels véhicules. Par contre cela veut dire que les très riches russes le peuvent. Et ces très riches russes, gagnent pour la plupart leur argent de manière douteuse. Certains de ces très riches russes s’achètent des résidences secondaires sur la cote d’azur, où à Marbella. Certains ne vivent plus en Russie, mais en Angleterre comme le propriétaire du club de football de Chelsea. J’en passe et des meilleures. Tout cela pour dire que ce soit aux Etats-Unis, en Russie où en Europe, les très riches n’ont qu’une patrie l’argent. La démocratie ils la tolèrent tant que cela ne nuit pas à leurs affaires, la République ils s’en soucient comme d’une guigne et la citoyenneté itou. Ainsi marche notre monde quelques siècle après la fameuse « révolution des lumière ». Les lumières ont été éteintes, ne serait-il pas temps de penser à les rallumer ? Je ne parle même pas des pays du tiers monde: une grande partie des pays d’Afrique de l’Ouest deviennent des narco-états, c’est aussi le chemin que semble prendre le Mexique. Pour l’instant c’est plutôt dans l’obscurité que le monde s’enfonce …

    1. Avatar de Germanicus
      Germanicus

      Il est vrai que l’on rencontre un grand nombre de ressortissants russes dans les beaux sites de l’Europe. J’étais la semaine dernière à Baden-Baden, un ville d’aspect noble et soignée, elle fourmille de russes, ainsi qu’à Genève, même constat. On a l’impression que cette couche de la population n’a pas besoin du « reste » de la masse laborieuse pour exister, sauf des nurses, porteurs de bagages, personnel hôtelier etc. Autrement dit: une partie de la société est au service de l’autre, et la troisième peine pour prouver son utilité dans une société asymétrique.

  5. Avatar de cedric
    cedric

    tout le monde parle de déflation….mais moi à mon niveau je ne vois qu’une déflation salariale (gel des salaires) parce que au niveau de l’immobilier (prix et loyers), des denrées alimentaires et de première nécéssité, des voitures etc…. c’est plutôt en hausse!
    Du moins en france!

    Alors, soit le nuage de tchernobyl nous a encore évité; soit on est en retard par rapport aux autres (normal, on est français); soit il y a un bug dans les constats!!

    1. Avatar de jean-yves
      jean-yves

      Sur fond de déflation (chute des revenus, baisse du PIB,…), peut se greffer une possible inflation par les matières premières (raréfaction des ressources, demande nouvelle des pays émergents,…). Il est un peu tôt pour y voir clair.

      La chute des prix de vente de l’immobilier est, en dépit des rodomontades de la FNAIM et des notaires, en cours (à l’exception des produits pour riches). Voir, à ce sujet, l’effondrement des taxes perçues sur les transactions finalisées (- 50% en 2 ans sur nombre de départements ruraux, de 10 à 20% en moyenne pour les autres)….).

      Les loyers sont liés à l’offre et la demande (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne baisseront pas si les revenus s’effondrent), étant entendu qu’un nombre considérable de logements reste vide.

      Cordialement.

  6. Avatar de Etienne
    Etienne

    Bonjour,

    paragraphe 13 : lire Continue plutot que contribue?

  7. Avatar de François78
    François78

    Stratégie de sortie de crise …

    Dans la presse, il est de plus en plus question (j’aurais tendance à parler de « banalisation ») d’une action contre l’Iran, La possibilité en est évoquée, ses avantages et ses inconvénients discutés.

    C’est la première fois que je souhaite qu’il s’agisse d’une manipulation de l’opinion, pour d’autres buts que l’action réelle (la guerre).

    PS : Une récente émission de « le dessous des cartes » (que je ne classe pas du côté des manipulateurs) a dressé un catalogue de stratégies d’attaques.

  8. Avatar de izarn
    izarn

    Marx avait raison.
    Prenons des cycles de 60 ans, comme l’activité solaire.
    Première époque-1870-1930: Explosion de la société industrielle, du capitalisme industriel.
    Seconde époque-1930-1990: Le systéme comme l’avait prévu Marx est en fin de course, il survit d’expédient cruel: La guerre Mondiale en ne voulant pas prendre le virage du socialisme. Mais dés les années 60 la guerre fut inutile et on se retrouve devant une « stagflation » qui va etre résolue par les néolibéraux: Nixon,Reagan,Bush. C’est a ce moment que le dollar est inconvertible, qu’on invente le quantitative easing, la titrisation et bad bank, puis cerise sur le gateau les CDS, cette pseudo assurance qui n’est qu’un pari. Bref la capitalisme au lieu de prendre des risques réels, c’est à dire des risques qui ne peuvent etre en aucun cas mathématisés en tranches, passe par la virtualisation du risque, completement déconnecté avec la réalité économique. En effet pour cette finance n’existe que l’emprunteur, pas le producteur.
    D’ou les CDO en tranche aux risques précalculés, irréels, et à coté de la plaque.
    Ils n’ont pas compris que producteur et emprunteur ce n’est pas du tout la meme chose, que la titrisation est donc una abération, inventée dés le début pour falsifier légalement les comptes douteux du capitalisme en perte de vitesse.
    Troisiéme époque-1990-2050: La chute inévitable. Remarquons que ceux qui ont tous les pouvoirs de l’argent le savent: On nous dit depuis quelques années que 2050 est le moment de l’Apocalypse, ou i n’y aura plus de pétrole, ou la catastrophe climatique sera en place, et ou nos retraites auront disparues…Ces gens la ne voient rien aprés le capitalisme, comme Adolph dans son bunker en 1945: »Si le peuple allemand ne pas vaincre, il mérite de disparaitre ».
    Je crois plutot que ce sont eux, les capitalistes, qui en effet méritent de disparaitre. Leur systéme n’a plus d’interet. Et tout opération de renflouage, sans y integrer du socialisme n’aboutira à rien.

    1. Avatar de Marlowe
      Marlowe

      Je ne crois pas que les capitalistes « méritent » de disparaître.
      Le problème n’est pas d’ordre moral sauf à dire que la morale et le sens commun sont identiques.
      Le problème est que le capitalisme n’ a plus d’avenir et que les capitalistes et ceux qui le défendent pour ne pas en avoir critiqué la nature véritable, et qui sont souvent « de gauche », ne veulent pas qu’il disparaisse.
      Il nous faut l’aider à disparaître en un mouvement dialectique : en disant quelle est sa vraie nature et en donnant des pistes à suivre pour une organisation sociale autre.

    2. Avatar de Senec
      Senec

      @Marlowe
      Je pense avoir compris, mais j’aimerais tant que vous me répétiez qui sont les capitalistes de « gauche ». Cette notion me semble déterminante et si elle est sûrement connue sur ce plateau, je pense qu’elle n’est pas assez connue du grand public. Alors, un petit rappel pour souligner l’apparente contradiction ne me semble pas superfétatoire tellement c’est important, du moins je trouve !
      Je trouve cela d’autant plus violent que se trouver soi-même, indépendant ou PME, au centre d’un tir croisé provenant à la fois de politiciens-syndicats de gauche et en même temps de capitalistes de gauche, c’est trop !

    3. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      Bien vu détective.
      Marx n’a pas dit que le socialisme arrivera comme l’Apocalypse dans la mythologie réligieuse.
      Beaucoup mieux, il a décortiqué avec un génie singulier les contradictions du capital,
      en tant que mode de production et rapports sociaux.
      Autant se demander ce que serait la sociologie ou l’économie politique sans lui,
      comme la musique sans Mozart.

      Mais comme l’écrit notre détective éclaireur en parlant de l’assassin, le capitalisme:
      « Il nous faut l’aider à disparaître en un mouvement dialectique :en disant quelle est sa vraie nature et en donnant des pistes à suivre pour une organisation sociale autre. »

      Et dans les pistes à suivre, il y a deux éléments: le projet, et la stratégie pour abattre le capitalisme.
      Sur ces deux points, la gauche caviar (enfin care maintenant), est passée de l’autre côté.

    4. Avatar de Papimam
      Papimam

      Capitalistes/communistes.
      L’avis de Guy Sorman à l’éclairage du procès de Doutch à Phnom-Penh
      Le Monde du 9 août : « Phnom Penh, le Nuremberg du communisme »
      « Ce que les Khmers rouges imposèrent, ce fut le communisme réel : il n’y eut pas, en termes conceptuels ou concrets, de distinction radicale entre leur règne et le stalinisme, le maoïsme, le castrisme ou la Corée du Nord ».
      « Là où les communistes conservent le pouvoir – La Havane, Pékin, Hanoï -, ils bénéficient encore d’une vague immunité progressiste ».

      http://lemonde.fr/idees/article/2010/08/09/phnom-penh-le-nuremberg-du-communisme_1397190_3232.html

    1. Avatar de Lisztfr
      Lisztfr

      Non.

      D’abord ils naviguent entre inflation, déflation staflation puis inflation.

      Ils s’arrêent sur une hypothèse de relance massive (« injection » d’argent) qui est l’exacte contraire des politiques d’austérités décidées par tous les gvt européens. c’est donc faux.

      De plus il est douteux que l’injection d’argent atteigne jamais les consommateurs et crée de l’inflation par ce biais. C’est totalement contraire aux exigences du capital qui est de se conserver;

      L’or est un produit spéculatif et bénéficiera (ou pâtira) des même spéculations que l’orge, le blé ou le pétrole, ni plus, ni moins.

      Je doute que l’or sera un valeur refuge, car lorsqu’il s’agira de le revendre l’on s’apercevra qu’il n’a aucune utilité, et qu’il ne ne mange pas.

    2. Avatar de grandghana
      grandghana

      « Je doute que l’or sera un valeur refuge, car lorsqu’il s’agira de le revendre l’on s’apercevra qu’il n’a aucune utilité, et qu’il ne ne mange pas »

      Aucune utilité sauf que de, lui, conserver de la valeur. Qui dit conservation de valeur dit donc conserver sa possibilité à effectuer des transactions.
      En bref on ne demande par à l’or de se manger on lui demande d’être un refuge en terme de patrimoine et de servir, en temps de crise, de monnaie d’échange. Ce qu’on appelle donc la re monétisation. C’est ce qui commence déjà à se produire en Grèce par exemple.
      Eudiez bien l’histoire de l’or: depuis la nuit des temps il demeure la seule certitude, en terme financier, lorsque tout s’écroule.

    3. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      @ cedric

      Vous redonnez la même URL ! J’ai voulu vous en prévenir mais votre adresse e-mail est erronée. Merci de correctement l’informer.

    4. Avatar de Lisztfr
      Lisztfr

      @grandghana:

      L’or ne vaut que selon la demande d’or (marché)… il ne valait rien pour les aztèques : trop mou pour confectionner des d’armes, etc;

      Vous pouvez demandez ce que vous voulez à l’or, vous dépendez d’un marché. Ce marché décide. Puisque nous parlons d’inflation, il se peut très bien qu’un jour on paye l’oeuf par son poids d’or.

      S’il faut des canons, des chevaux, du blé, du pétrole, que vaut de l’or ? il faut un endroit, un secteur qui le transforme en valeur (bijoux, circuits intégrés ?). Il faut des gens qui veuillent de l’or, or moi je n’en veux pas par exemple.

      Il se peut que les derniers aurophiles meurent, emportés part l’âge, et que l’intéret pour ce métal s’estompe…

    5. Avatar de vigneron
      vigneron

      Qu’est ce qu’on en a à foutre des élucubrations des marchands d’or? Pertinence zéro! pas besoin d’aller se salir l’écran sur ces sites de m…

    1. Avatar de charles
      charles

      Face au nécessaire changement de paradigme, je garde toujours en tete ces deux chiffres:La dette
      combinée privée / publique US atteint 380 % du PIB et la dette publique US approche des 14 trillions de $…

  9. Avatar de zébu
    zébu

    Affligeant …
    http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2010/08/dessertine.html
    « Les population occidentales ont créé la crise, elles doivent repenser leur mode de vie pour en sortir. »
    Le CV du monsieur en question :
    Philippe Dessertine est agrégé en Sciences de Gestion, professeur de finance et de gestion, Directeur du Centre d’Études et de Recherches sur les Organisations et la Stratégie (CEROS) à l’Université Paris X, il dirige également l’Institut de Haute Finance du groupe IFG (IHFI). En 2009, il a été membre de la Commission du Grand Emprunt présidée par Alain Juppé et Michel Rocard. Il participe de façon régulière à l’émission « C dans l’air » sur France 5. Il a notamment publié :
    « Le Monde s’en va-t-en guerre – ne sait qu’en reviendra » (2010)
    « Ceci n’est pas une crise, juste la fin d’un monde »(2009)

    En France, on a les élites médiatiques et ‘intellectuelles’ qu’on mérite : on a dû beaucoup fauter alors.

    1. Avatar de Jean-Luc D.
      Jean-Luc D.

      Affligeant en effet.

      Selon le bon principe néolibéral de socialisation des pertes et de privatisation des profits, on socialise les fautes et on privatise les mérites. Quoi de plus normal en somme!!

    2. Avatar de dissy
      dissy

      l’émission de France 5  »c’ dans l’air » est le café du commerce de la pensée unique..on y rencontre moultes  »experts » qui viennent vous faire la leçon etc..avec l’indulgence du porteur d’eau yves calvi (voir pujadas)…c’est une émission à regarder au second degré car ces gens vivent sur une autre planète…bien entendu aucun de ces  »experts’ n’avait prévu la crise ….

    3. Avatar de Marlowe
      Marlowe

      Affligeant, certes.

      Mais je trouve aussi affligeant le fait que des critiques se satisfassent d’être « moins pire » que certains commentateurs.

      Je crois que, ici et ailleurs, nous avons encore, individuellement et collectivement, des efforts à faire pour nous améliorer, c’est à dire améliorer notre compréhension critique de la situation, de ses origines et de ses développements probables et aussi de mieux faire connaître notre critique.

      Camarades, encore un effort !

    4. Avatar de zébu
      zébu

      @ Marlowe :
      ‘certains’ commentateurs’ …
      Dans votre critique de la critique des éditorialistes, il faudrait être plus précis : elle s’adresse à qui, votre ‘injonction’, Komrad ?

    5. Avatar de Otto Di Dacte.
      Otto Di Dacte.

      Vous êtes très durs avec Mr Dessertine, c’est à mon sens le meilleur interlocuteur de Cdnslair que j’ai entendu sur la crise.

      Oui l’occident est responsable, l’occident et ses banques, qui n’ont pu se contruire que sur un terreau suffisamment fertile.

    6. Avatar de Senec
      Senec

      @otto di dacte
      « l’Occident et ses banques ».
      Pourriez-vous être plus précis ? Je ne pense pas, personnellement, que toutes les banques aient eu le même degré de culpabilité dans la crise ! Je pense même que la majorité n’a fait que suivre, bon gré mal gré, le mauvais exemple imposé par les ténors !
      Combien de petites banques en faillite aux USA ? Qui leur est venu en aide, alors que certains escrocs notoires, appartenant à, au moins, une banque récemment condamnée, se sont moqués du monde entier en faisant même de l’esprit et des traits d’un humour particulier. Ah oui ! Il ne faut pas mélanger la morale et la Bourse, ai-je entendu en début de crise de la part d’un professeur d’économie ! Belle mentalité de voleur à la tire ! Le volé est le coupable comme la femme violée ! Dois-je vous demander d’où vient cette façon de raisonner à l’abri sous la protection d’arguties fines prévues par la Loi ! Auparavant, les malfaiteurs vous agressaient parce qu’ils étaient armés, maintenant, ils vous agressent protégés par des lois faites sur mesure. Beau progrès, assurément.

  10. Avatar de henry38
    henry38

    A propos de déflation, comme j’habite à Tenerife, zone européenne spéciale au niveau fiscal, mais pas paradis (ne pas confondre), la déflation est bien installée. Le salaire minimum est passé de 800 à 700 euros mécaniquement puisque le chômage aidant, les employeurs potentiels font du chantage au salaire et la présence d’une forte communauté de sud-américains aggrave encore cette situation : même avec 700 euros mensuels ils gagnent encore bien mieux leur vie que dans leur pays d’origine.
    En ce qui concerne les prix, je l’ai déjà dit dans ce blog, ils glissent doucement vers le bas, y compris les produits de consommation courante (papier hygiénique, savon, bière, lait, pommes de terre,…), les soldes vont durer jusqu’à la rentrée scolaire, une dernière opportunité pour ne pas être obligé de baisser le rideau définitivement, les grandes surfaces (Carrefour, Auchan) sont désertes et les restaurants baissent leur prix en proposant des tarifs « anticrise » pour attirer le client. Comme je suis retraité pensionné par la France, je n’ai pas à me plaindre, certes, mais la situation ne pourra pas durer car cette déflation de fait aggravera l’état des finances de la province et des municipalités sans pour autant attirer de nouveaux résidents venus de l’étranger qui ne sont pas encore décidés à investir ici, se demandant jusqu’où les prix vont encore baisser (immobilier complètement au point mort).

    1. Avatar de Marlowe
      Marlowe

      L’Espagne est proche de la réalisation de la catastrophe annoncée.

      Elle a seulement une ou deux longueurs de temps d’avance sur la France.

    2. Avatar de simon75
      simon75

      Comme l’Etat de Californie, nous devrions a réduire d’autorité les retraite de 25 %. Afin de le plus vivre au dessus de nos moyens. Nos retraité devraient faire comme beaucoups d’américains et travailler pendant leurs retraites .

  11. Avatar de Charles A.
    Charles A.

    Une réponse en partie à ma question sur la chute des revenus pendant la crise, par zones métropolitaines, aux caractéristiques sociales fort différentes, pour ceux qui connaissent.
    Mais attention: stats du Dept of Commerce…
    http://blogs.wsj.com/economics/2010/08/09/us-incomes-tumbled-in-2009/?mod=rss_whats_news_us&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+wsj%2Fxml%2Frss%2F3_7011+%28WSJ.com%3A+What%27s+News+US%29&utm_content=Google+Reader

  12. Avatar de modeledesaions

    La récession est la manifestation d’un ralentissement économique. En cas de crise grave elle se transforme en dépression qui se manifeste par une diminution importante et durable de la production et de la consommation.

    En ce qui concerne la baisse de production le phénomène n’est pas récent. Il semble remonter aux années 1980. La crise actuelle fait ressortir le traitement maladif qui consiste à baisser le prix de revient d’un produit au dépend de sa qualité subjective. En ce sens cette crise n’est donc que le prolongement d’axes de décision pris il y a 30 ans. Ce point est donc devenu visiblement permanent.

    Mais pour ce qui est de la chute de la consommation le phénomène n’est pas très net. En effet les modifications des besoins individuels en modulent notre perception. Il nous est très difficile d’évaluer la quantité de produits réalisés en France, en Europe ou ailleurs et quelle en est l’influence sur notre économie nationale, régionale ou même sur notre porte monnaie personnel.

    Dans ces conditions peut-on faire l’hypothèse que la crise actuelle résulte non pas d’un manque de régulations mais surtout d’un échec flagrant de la gestion des crises par la macroéconomie et réciproquement à une mauvaise utilisation des outils de gestion microéconomique ?

    Remarquons que dans ces conditions tous traitements de type macroéconomiques, comme par exemple : l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix, la mise en place d’une monnaie globale mais aussi la mise en place de fond de financements communs ou etc…, ne peuvent se révéler être parfaitement inefficace.

    Que de temps perdu donc !

    1. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      Plus précisément, récession, c’est recul, pas ralentissement.

      Quant à la crise actuelle, elle a beaucoup de chances de déboucher sur une dépression
      car elle a été retardée et donc agravée par l’explosion de la finance.

      L’endettement public et privé n’ont fait que subsituer l’insuffisance de la demande solvable,
      conséquence d’un bond du taux d’exploitation du travail.

    2. Avatar de Marlowe
      Marlowe

      Si l’origine de la crise est dans la nature profonde du capitalisme c’est à dire la transformation des objets, du travail et de l’argent en marchandise, toute intervention macroéconomique de quelque nature que ce soit n’aura aucun effet durable sur la crise.

      Certains commentateurs font remarquer que la baisse du taux de profit a été compensée et donc dissimulée par l’augmentation de la masse des profits avec la mondialisation.

    3. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      La baisse du taux de profit n’est qu’une tendance
      due à l’augmentation de la composition organique du capital (C/V),
      autrement dit le progrès scientifique et technique
      qui accroit le capital constant (outil de production) par rapport au capital variable (travail).

      Mais cette tendance, explique bien Marx, est contrecarrée par des contre-tendances,
      en gros l’augmentation du taux d’exploitation, qui contribue à relever le taux de profit.

      C’est ce que le contexte économique et politique des 30 dernières années,
      notamment la mondialisation capitaliste a permis de faire.

      Avec comme résultat une orgie de profits ne trouvant plus à s’investir,
      du fait même de l’augmentation du taux d’exploitation du travail
      et donc de la réduction de la demande solvable.

      Evidemment, la consommation de luxe de la bourgeoise pourrait compenser,
      mais malgré les efforts de promotion des Rolex et autres bling bling, cela ne suffit pas.

  13. Avatar de Senec
    Senec

    Grande nouvelle : L’OMS déclare la fin de la grippe H1N1 !! 18.500 décès en comptant ceux qui devaient de toute façon mourir à ce moment-là. Encore un fiasco !

  14. Avatar de Bruno

    « D’une foule de brigands ou d’esclaves fugitifs à qui Romulus avait ouvert un asile, vous voyez naître les maîtres du monde. » Condillac

  15. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    à zébu,

    Ma critique s’adresse à tous ceux, y compris les meilleurs ou pour dire franchement ce que je pense les « moins mauvais » qui s’expriment sur ce blog en mettant de côté ceux qui y viennent avec de visibles intentions de désinformation.

    Pour me prendre en exemple, je considère que j’ai du mal à faire passer (en contrebande comme disait un de mes amis) quelques critiques radicales sur le capitalisme, critiques qui me paraissent fondamentales, mais qui ne sont généralement pas bien reçues du fait du poids qui pèsent sur les consciences endormies par le libéralisme mais aussi par le marxisme traditionnel.

    C’est aussi parceque je crois qu’un blog comme celui ci a pour qualité d’être très ouvert et comme défaut d’être très ouvert.

    Je crois que ce pourrait être un lieu de rencontre qui soit en soi satisfaisant pour certains et pour d’autres une étape pour des réflexions et des échanges plus radicaux.

    Pour m’exprimer plus clairement, je pense que la part laissé aux idées qui veulent tout changer du capitalisme en conservant l’essentiel du capitalisme est parfois sujet de désespoir pour moi et aussi pour quelques autres qui ont pratiquement renonçé à s’exprimer en ces lieux.

    Je précise que je m’exprime en mon nom seul et que je ne suis membre d’aucun groupe ni parti constitué.

    1. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      « les consciences endormies par le libéralisme mais aussi par le marxisme traditionnel »

      C’est l’heure des brasiers. Jamais les consciences n’ont été aussi secouées.
      Le fait que ce blog soit le premier blog éco francophone en dit long…
      Et ce n’est qu’un début, combattons le continu…

    2. Avatar de Lisztfr
      Lisztfr

      Désespoir ? Oh Dé, est-ce poire ? je connais le désespoir dans les grande lignes, mais en ce moment, advienne que pourra. J’ai casé San Antonio et Breton…

      Le capitalisme est éternel, comme le romantisme, il a ce privilège, entre autres. Il faudrait cesser d’être romantique pour cesser d’être capitaliste. Tout est possible dans ce système, sans être réel, et ce qui ne se consomme pas ne se consume pas moins…

      Oui il reste une dose d’injustice, mais l’injustice, c’est la vie ! Le privilège d’une jolie bouche ne s’abolit pas.

      Et sinon les utopies à la Thomas More ou Fourrier, merci bien.

      Je me demande même si nous n’aimons pas ce système avec tous ces travers comme je l’ai dit il est horrible, beau pour d’autre, il est sordide, comme l’existence… une image du Destin, de l’injustice car tout est injuste depuis la naissance. « Qui vous a fait du mal » demande t-on a Mélisande, – Tous, tous !

      Permet d’écrire de beaux romans le capitalisme, et de jolis films. Le combat, c’est la vie, ça occupe.

      Mais le spectacle se termine.

      1) Quel que soit l’option de l’avenir, nous avons besoin d’un Etat, et d’une démocratie. Il est inadmissible de laisser la démocratie actuelle en l’état, le but est de rendre le pouvoir au citoyen qui en est le seul légitime détenteur; Le reste est une usurpation permanente.

      La démocratie n’est jamais terminée mais on fait comme si les institutions ne pouvaient pas être remises en question, le Sénat et le Parlement ! bien on comprend car cela nourrit bien. Mon prof disait que le Parlement ne sert à rien. Il coute qd même très cher.

      Les citoyens ont reçus une Constitution qu’ils n’ont pas entériné, personne ici n’a voulu cette 5è république ! Les institutions se perpétuent de façon antidémocratique, on ne demande jamais l’avis du peuple sur quoique ce soit. Je suis désolé mais là il y a un problème avant de chercher a changer le monde.

      Il faut sans doute un système plus souple qui mêle capitalisme Et socialisme, avec 50% d’économie d’Etat, avec un contrôle politique de l’argent, des prix etc ce qui permettrait de garder un « romantisme » pour les nostalgiques dans un monde viable et juste.

      Une utopie, c’est le paradis. Mais sur terre il faut rester concret….

      2 chantiers donc, celui d’un accès à la véritable démocratie car pour l’instant en tant que citoyen, on fait piètre figure par rapport au citoyen grècque de l’antiquité, et puis l’éviction de la ploutocratie
      de son monopole de pouvoir quasi absolu. Et donc monter face au capitalisme un énorme secteur nationalisé ou mieux mutualisé. Et ceci va à l’encontre d’intérêt privés énormes, donc… c’est ce qui est désespérant.

    3. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      Laisser un secteur capitaliste empêche de résoudre la question.
      Le capital continuera à décider ce qu’on produit et comment selon la logique de profit,
      aux dépens des besoins durables (cad repectueux de la planète)
      et maintiendra sa dictature sur les partis, les medias et les institutions.

      L’appropriation collective des moyens de production n’est pas suffisante,
      mais est devenue nécessaire pour la démocratie.

    4. Avatar de Senec
      Senec

      Ne s’agit-il pas de rêves éveillés ?

    5. Avatar de Lisztfr
      Lisztfr

      @Charles A :

      Laisser un secteur capitaliste est un danger, puisque ces gens ne cherchent qu’à reprendre le pouvoir, donc il faut en faire une sorte de zoo, les maintenir dans la Loi et sous le boisseau. Mais c’est stratégique….

      Je pense qu’une utopie radicale n’a aucune chance… Changement trop brutal qui laissera une nostalgie de l’ancien monde, avec ses cigares, rolls et autres jets privés.

      Il faut faire du capitaliste un COURTISAN, comme Louis 14 l’a fait avec la noblesse.

      Voir déjà les problèmes que rencontre Chavez : Les magasins d’Etat sont boycottés par le producteurs qui préfèrent vendre ailleurs…à meilleurs prix. Difficile de contrôler toute l’économie, le marché noir, etc.

  16. Avatar de dissy
    dissy

    Un article de janvier 2007 du Point sur l’Espagne…à lire sans trop rire …le journaliste sur la fin de l’article restait prudent…le miracle ou ..mirage espagnol?

    http://www.lepoint.fr/archives/article.php/42000

    1. Avatar de Marlowe
      Marlowe

      2007 : les Châteaux en Espagne ?

    2. Avatar de dissy
      dissy

      Des chateaux de cartes ….ponzi est leur nom ….

  17. Avatar de dissy
    dissy

    Les chiffres du PIB US sortis il y a une semaine, déja revus fortement à la baisse de 2.4 à 1.3 pct….pour q2 par JPM

    En fait sans les trillions de stimulus (i)divers injectés depuis 2008 dans l’économie le PIB réel serait plus proche d’un chiffre négatif à deux chiffres …donc une dépression cosmétiquement ‘camouflée’ en fait

    http://www.zerohedge.com/article/another-revision-q2-gdp-number-jpm-firm-now-estimates-real-economic-performance-was-13-24

  18. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    Dans le journal « le Monde » daté du 10 août, un éditorial titré « Bonne nouvelle, les ouvriers… »

    Cet éditorial est un modèle de la pensée économique progressiste contemporaine ; c’est à ce titre qu’il mérité d’être lu.

    L’idée que j’ai retenue est que la mondialisation va permettre une mise à niveau des salaires, ce qui signifie que ceux d’Asie vont augmenter (avec les « performances » à l’exportation ou grâce au développement des marchés intérieurs ?) et que ceux de l’Occident vont continuer à baisser permettant de bénéfiques (pour qui ?) relocalisations.

    1. Avatar de François Leclerc
      François Leclerc

      Article touchant de naïveté ! Tout s’arrange comme à la fin d’une comédie de boulevard: les pauvres s’enrichissent et les riches ne s’appauvrissent plus. Où est le lit autour duquel la pièce se joue ?

  19. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    Les décisions de la Fed sont tombées: elle va réinvestir dans des obligations d’Etat à longue maturité le montant de celles qui sont venues à échéance, ainsi que celui des autres actifs en sa possession dans la même situation, prenant résolument le contre-pied de ses intentions précédentes.

    Premier commentaire: ce n’est que le début du commencement !

  20. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    Précision: la Fed va également continuer, au fur et à mesure que les obligations d’Etat en sa possession vont arriver à maturité, à investir dans de nouvelles obligations à long-terme.

    Au lieu de diminuer la taille de son bilan, comme elle annonçait vouloir le faire, la Fed va donc la maintenir constante. Cela apparaît comme une mesure conservatoire, en attendant d’autres développements.

  21. Avatar de logique
    logique

    Il faut tout de même rembourser le nominal …. 🙂 😉

  22. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    Les premiers commentaires du Wall Street Journal et du Financial Times s’accordent pour envisager que ces premières mesures – qui tout en étant significatives restent limitées – pourraient annoncer des acquisitions complémentaires ultérieures de bons du Trésor américain devant le danger de la déflation.

    Celle-ci est désormais considérée par les milieux d’affaire, selon le WSJ, comme la principale préoccupation, prenant la place qu’occupait l’inflation.

    Le WSJ souligne également que l’achat de bons du Trésor de longue maturité laisse entendre que la Fed s’installe dans la durée dans cette politique. Ce qui pourrait signifier que la perspective d’une prochaine déflation n’est pas écartée, pourrait-on ajouter.

    1. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      Ces mesures répondent à la nécessité de « soutenir » l’activité,
      car la FED vient de reconnaitre que la croissance sera « plus modeste » que prévu par elle-même.
      On s’approche de la vérité.
      François avait encore tapé dans la mille avec son billet!
      http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/08/10/AR2010081001386.html?wpisrc=nl_natlalert

  23. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    De premières estimations permettent de chiffrer à entre 100 à 150 milliards de dollars le montant des valeurs adossées à crédits hypothécaires en possession de la Fed qui vont arriver à maturité dans les 12 mois à venir. Les achats de bons du Trésor décidés par la Fed seront donc de cet ordre de grandeur. Cela ne changera pas la face du monde, si un double-dip ( un W) se précise. Il faudra aller au-delà.

  24. Avatar de Papillon
    1. Avatar de Charles A.
      Charles A.

      Merci Papillon de l’éphémère…

      Castro semble en effet craindre sérieusement une guerre totale à cause de l’Iran et s’adresse ainsi à Obama

      Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

      Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

      Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

      Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

      Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le !

      Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques.

      La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

      ÉVITEZ-LA !

      ,3 Aout 2010, Fidel Castro Ruz

    2. Avatar de octobre
      octobre

      J’ai entendu parler de l’effet Papillon. Sur un autre fil j’ai appris des choses sur l’effet Capricorne. Enfin, l’effet Ver de terre mettra un terme à toutes nos vanités.

  25. Avatar de CHR
    CHR

    Une question pour qui sait répondre:
    On a vu que les Etats actionnaires de la BCE touchaient des dividendes en fin d’année, qu’en est il de la FED sachant que les actionnaires de cette banque centrale sont des banques privées?
    Il me semble que les sommes prêtées par la FED etant énormes, les dividendes doivent être énormes aussi, est-ce que ce sont les banques actionnaires qui touchent le pactole ?

    1. Avatar de fujisan

      Ce ne sont pas les états qui sont actionnaires de la BCE, mais les banques centrales nationales qui ne sont pas toutes 100% publiques comme la BdF. Par ex. la Banque Nationale de Belgique est détentue à 50% par le privé qui touche des dividendes (la BNB est même cotée en bourse à Bxl : http://www.lecho.be/bourses/60115800). Mais la BNB n’est pas une société comme les autres car elle fonctionne sous une loi cadre et l’état belge décide seul des dividendes et autres.

      Les dividendes de la Fed sont fixés par la loi à 6%, le reste des bénefs est rétrocédé au Trésor (à l’état fédéral). Mais en amont, la Fed peut dépenser énormément en études, colloques… et ne s’en prive pas.

      Voir: http://www.federalreserve.gov/generalinfo/faq/faqfrs.htm#5

    2. Avatar de MARIANGE
      MARIANGE

      J’ai sûrement loupé des informations mais je suis avide de connaître le nom des actionnaires et le montant de leur apport de la BCE et de la FED. La circulation des capitaux est un vrai labyrinthe où seuls les initiés de l’intérieur se distribuent les espèces sonnantes mais bientôt trébuchantes constituées de pauvres économies pillées et offrandes des gueux déposées à l’entrée pour que la upper class s’amuse.
      Merci de satisfaire ma soif de connaissance. Il vous sera rendu au centuple !

    3. Avatar de CHR
      CHR

      Il semblerait que le trésor US récupère une bonne partie des bénéfices de la FED ce qui fait qu’au final ça ne coûte presque rien au trésor d’emprunter (à la FED) mais il semblerait aussi que les actionnaires privées récupèrent une partie de ces dividendes ce qui est choquant puisque ces intérêts proviennent de la planche à billet. Mais je me trompe peut être.

    4. Avatar de Louis
      Louis

      Au sein de la BCE, la Banque Centrale Italienne (Banque d’Italie) est également une société privée regroupant de très nombreuses banques commerciales (y compris des banques françaises)

    5. Avatar de fujisan

      @ CHR
      Ca ne fonctionne pas comme ça. Le Trésor n’emprunte pas à la FED, mais au privé (idem chez nous). En fait, les bons du trésor sont vendus aux enchères par le Trésor à un petit nombre de grandes banques (primary dealers) qui peuvent alors les revendre. Le prix de l’adjudication ne correspond pas nécessairement à la valeur nominale, ce qui détermine le rendement (yield). La FED ou la BCE n’interviennent pas à ce stade, le Trésor (l’état) emprunte aux grandes banques privée comme vous et moi.

      Indépendamment et à tout moment, la FED ou la BCE peuvent acheter ou revendre des bons du trésor sur le marché secondaire (opérations open-market). Mais il est interdit à la FED (à ma connaissance) et la BCE (sur et certain) d’acheter directement des bons au Trésor.

      Voir aussi http://jcbonsai.free.fr/cc/CH8.html

    6. Avatar de CHR
      CHR

      Merci Fujisan et Louis pour ces precisions.

  26. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    à Senec et à Charles A,

    Je fais remarquer que je n’emploie pas les termes « capitalistes de gauche » et « gauche caviar ».

    Je dis que l’idéologie libérale sous ses différents avatars est une idéologie qui glorifie le travail, celui des salariés et celui des bourgeois (par opposition aux classes dominantes du passé) et que la gauche, et j’appelle « gauche » les acteurs et les représentants du mouvement ouvrier, et non les partis dits socialistes, glorifie de la même manière le travail.
    La différence entre « droite » et « gauche » est que pour les premiers richesse produite appartient à la classe bourgoise (propriétaires, banquiers, dirigeants, etc.) et que pour les seconds la richesse produite doit l’être au bénéfice d’un Etat qui a pour fonction théorique d’en distribuer les dividendes aux citoyens, mais généralement cette distribution ne peut pas avoir lieu aujourd’hui mais seulement demain.
    L’échec historique patent des idéologies dites « socialistes » ou « communistes » a laissé la planête entière à la merci de la version libérale à laquelle se sont ralliés les états de grands et petits pays, états qui sont dans les mains de partis uniques (quoique non exempts de divisions et de rivalités) qui revendent en bloc le travail de leurs classes ouvrières au capitalisme mondial.
    Les progrés technologiques détruisent sans cesse de grandes quantités de travail et comme c’est le travail humain qui produit la richesse, il faut remplacer celle ci par le crédit qui n’est qu’un pari sur une richesse à venir.
    Le vrai slogan révolutionnaire est « ne travaillez jamais » ce qui ne veut dire rien d’autre que l’activité humaine ne doit pas être une marchandise.

    Pour les « indépendants » comme dit Senec, la situation est claire : le travailleur indépendant est à la fois propriétaire, dirigeant et salarié : il a donc intérêt à travailler 24 heures par jour.

    1. Avatar de Lulu
      Lulu

      L’échec historique patent des idéologies dites « socialistes » ou « communistes »…..

      La sécurité sociale et la retraite, ça fonctionne, et beaucoup mieux que la capitalisation. C’est d’ailleurs ce qui embête trés largement les capitalistes.

  27. Avatar de vigneron
    vigneron

    Quant au capitalisme de gauche, je pense qu’il existe vraiment (voir le Baron Edmond de Rothschild, patron de Libération) et qu’il s’explique très simplement par le fait qu’il a été constitué par des financiers d’un autre bord que la frange chrétienne et, qu’en même temps, ils ont manifesté, quelque part leur espoir de voir s’écrouler les monarchies chrétiennes. N’est-ce pas clair ? Ce qui est particulier aussi à ce capitalisme de gauche est l’éthique totalement différente de l’éthique chrétienne quant à la façon de penser les implications religieuses du métier de l’argent.

    Attention Senec, pour qui renifle entre les lignes, ça sent pas bon du tout votre affaire, vraiment pas bon… Il ne manque guère que l’allusion au cosmopolitisme et aux loges maçonniques et le panorama sénequien serait complet, oserais-je imaginer…

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