Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement…

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La phrase suivante a été prononcée par François Pérol président de la Fédération des Banques Françaises (FBF), dans une entretien accordé hier au Figaro. à propos des nouvelles règles de provisionnement proposées par le Comité de Bâle, règles qui devraient être approuvées en novembre lors de la réunion du G20 à Séoul.

Toutes choses égales par ailleurs, avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités, cela veut dire une pression plus forte sur les risques que nous prenons, donc sur le crédit, et sur la rentabilité de ces risques, donc sur les taux d’intérêt.

Dans un billet invité, sur ce blog, François Leclerc commente ce passage en écrivant :

Admirons la « pression plus forte sur les risques », c’est à dire sa diminution, qui par un étrange renversement de l’argumentation permet de justifier celle des taux d’intérêt, qui devraient au contraire baisser si l’on se considère en bonne orthodoxie que c’est le risque qui est rémunéré dans l’activité de prêt et qu’un risque réduit devrait logiquement impliquer un taux d’intérêt moins élevé. Relevons qu’il est discrètement fait référence à « la rentabilité de ces risques », pour ne pas dire celle du capital.

Il s’agit là d’un bon résumé mais la phrase me semble mériter une analyse plus approfondie sur un plan différent : celui de l’éthique. Traduisons-la d’abord en français avant d’essayer de la comprendre :

* Laissons tomber d’abord le « toutes choses égales par ailleurs » puisqu’on pourrait faire précéder n’importe quelle phrase par cet intéressant préambule.

* « Avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités », signifie « devoir provisionner davantage les mêmes activités, devoir faire davantage de réserves en cas de pépin ».

* Proposition suivante : « cela veut dire une pression plus forte sur les risques que nous prenons », il ne s’agit pas des risques, mais des crédits accordés. Pourquoi dire « risque » au lieu de « crédit » ou de « prêt » ? Pour tirer parti d’une considération secondaire : le fait qu’accorder un prêt pour une banque, cela représente un « risque de crédit » : le risque de ne pas être remboursée. Mais ce n’est en réalité pas du tout du risque qu’il est question dans ce bout de phrase, c’est de rentabilité : augmenter les provisions n’augmente pas le risque (cela le réduit bien entendu !), mais faire davantage de réserves impacte la rentabilité, c’est donc la rentabilité, le profit des banques, qui subit « une pression plus forte », pas le risque qu’elles courent !

* Proposition suivante : « donc sur le crédit » = « donc sur l’activité d’accorder du crédit en général ».

* « … et [une pression plus forte] sur la rentabilité de ces risques », encore une fois, « risque » est utilisé ici au lieu de « crédit » ou de « prêt ». Le passage signifie donc « [une pression plus forte] sur la rentabilité des prêts que nous accordons ».

* « … et [une pression plus forte] sur les taux d’intérêt » = « il nous faut donc hausser les taux d’intérêt sur les crédits que nous accordons ».

Remettons tout cela ensemble :

Devoir provisionner davantage les mêmes activités, devoir faire davantage de réserves en cas de pépin, cela veut dire pour les banques une rentabilité plus faible, un profit plus faible, sur les prêts que nous accordons, donc sur l’activité d’accorder du crédit en général, et sur la rentabilité de ces prêts, et il nous faut donc hausser les taux d’intérêt sur le crédit que nous accordons ».

Une fois traduit en français, le passage cité plus haut de l’entretien accordé par François Pérol au Figaro veut donc tout simplement dire : « la perte de rentabilité que nous subissons du fait de ce provisionnement [imposé par le Comité de Bâle], nous la passerons entièrement au client ». Le prix qu’il a fallu payer pour dire cela sans l’avoir dit vraiment, c’est d’avoir utilisé le mot « risque » à la place du mot « crédit » ; c’est d’avoir suggéré que la banque allait hausser les taux d’intérêts exigés du client parce qu’elle courait un risque supplémentaire alors que son risque est en réalité réduit et que c’est uniquement son profit qui est atteint.

Maintenant sur le plan de l’éthique, puisqu’on parle dans la presse de « moraliser la finance », utiliser le mot « risque » dans le passage cité, alors que l’on veut dire « prêt » ou « crédit », est-ce honnête ? Allez, je me mouille : je ne le pense pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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174 réflexions sur « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement… »

  1. Bravo pour cette analyse de texte.
    Tout le monde doit enfin comprendre de quoi il s’agit : le métier de banquier (qui prend par essence un risque rémunéré) tend (au moins en occident) à être remplacé par celui de racketteur-maître chanteur institutionnel ; le tout en toute légalité. Et ces gens là se permettent de donner d’incessantes leçons de morales à tout un chacun, à longueur de temps et de lois.

    1. Je plussoie. Ajoutons que toute la planète finance donne des leçons de saine gestion à ses débiteurs, mais qu’elle-même fait tout et n’importe quoi, sans règle ni contrainte, sans transparence, et bien sûr, sans éthique. De la m… d’un bout à l’autre. Ce qui n’empêchera pas les médias de nous raconter que ce sont les Roms, les petits délinquants, les incivilités, le voile intégral, etc. qui représentent une menace grave et sérieuse.

    2. @ carpaud rouge

      Les médias des puissants n’ont jamais eu pour mission première de faire réfléchir le monde à tête reposée, comme moi vous devez certainement un peu pressentir la même suite du programme.

  2. au premier degré, la lecture ne fonctionnerait-elle pas aussi ? Si le risque est de perdre ce qu’on a engagé, alors plus il y a d’immobilisés, plus le risque est grand en cas de faillite. Et ces pôôôvres banques doivent sans doute considérer que les débiteurs sont des gens bien peu fiables pour en avoir peur à ce point. D’ailleurs, si toute l’économie en est là, c’est entièrement leur faute, aux méchants emprunteurs qui en veulent les dépouiller… Non ? 😀

  3. « Avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités », signifie « devoir provisionner davantage les mêmes activités, devoir faire davantage de réserves en cas de pépin ».

    « …Maintenant sur le plan de l’éthique, puisqu’on parle dans la presse de « moraliser la finance », utiliser le mot « risque » dans le passage cité, alors que l’on veut dire « prêt » ou « crédit », est-ce honnête ? Allez, je me mouille : je ne le pense pas… »

    Utiliser le mot « risque » à la place de « prêt » ou « crédit » est très honnête, puisque cela a le mérite de la sincérité.

    Ce banquier, pour une fois, abandonne la langue de bois à la Lagarde (ça F Leclerc l’a bien saisi), et à sa manière exprime la très forte inquiétude de la bourgeoisie mondiale quant à l’intention des gouvernements de faire participer le « privé », au perte dans la prochaine période.

    N’oublions pas que tout dernièrement encore les banquiers n’avaient que faire des risques qu’ils prenaient, puisque de toute façon les Etats s’engageaient implicitement d’être prêteurs en dernier ressort en cas de pépin. L’histoire récente a prouvé qu’ils ne baratinaient pas.

    Les discours d’Obama, entre autre, la mise en place de Bâle III, annonce un grand changement dans les relations entre la bourgeoisie et ses gouvernements. Désormais, en cas de pépin, ce sont les actionnaires des banques, qui vont être obligés de faire face aux trous de trésorerie béant, consécutif à une montagne de dettes insolvables qui arrive.

    Les banquiers se mettent à parler de « risque ». Je trouve cela normal : il y a toujours un risque à gager sur l’avenir, assez « éthique »: enfin ils commencent à descendre de leur petit nuage et à ce convaincre que le métier de banquier est un métier dangereux. Le manque d’éthique étant d’être convaincu du contraire.

    Bref, les choses tendent à redevenir normal, éthique. Le probléme c’est que à assenir le capitalisme, c’est le condamner. Jamais les banquiers ne vont plus placer un centime dans l’avenir sombre qui s’annonce, ou alors à des taux prohibitifs, aujourd’hui que les Etats semblent vouloir ne plus les assurer des mauvaises surprises.

    Tous en grève, F Leclerc y compris, le 23 septembre prochain ! Tous dans la rue, où je serait très heureux de serrer la main à Paul et son équipe de rédacteur.

    1. Il faudrait peut-être être plus explicite cher citoyen Crapaud, si vous voulez que vos réactions soient plus convaincantes.

      Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement, en fin pour ce qui vous concerne, s’énonce.

    2. @Eninel : d’habitude, quand je ne suis pas d’accord, je m’efforce de dire pourquoi. Mais là, chaque phrase me gonfle les pustules. C’est de la langue de bois, votre post, désolé.

  4. Cette attitude des banques est tellement scandaleuse que cela méritait un billet supplémentaire pour qu’aucun visiteur n’en perde une miette. Mais même quand on y connaît quasiment rien, on comprend tout de suite que la proposition : « avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités, cela veut dire une pression plus forte sur les risques » est fausse, tout simplement, car l’on sait que, à activité égale, plus de fonds propres implique plus de sécurité et donc moins de risque. Et une fausseté prononcée délibérément, ça s’appelle un mensonge. Et c’est un mensonge d’ordre politique, aussi inacceptable que ceux de Bush pour justifier l’invasion de l’Irak. Que ce bonhomme ait cru bon de mentir de façon si grossière, ne laisse rien augurer de bon.

    1. Pour paraphraser George Bush Sr « Le profit des banques n’est pas négociable »

      Il faut comprendre « Tous profits égaux par ailleurs, avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités, cela veut dire veut dire une pression plus forte sur les taux d’intérêt »

    2. La tempérance apportée par Eninel sur l’interprétation de Sir JORION me semble souligner le fait suivant:
      Avoir une quantité de fonds propres déterminée pour pouvoir courir le risque de prêter à l’Etat, aux entreprises et aux particuliers contraint le prêteur à se garantir sur cette quantité de fonds propres, susceptible d’être diminuée par le défaut de remboursement. Ainsi, le risque est accru dans la mesure où quand bien même la banque a les fonds suffisants pour se préserver du défaut de remboursement, elle doit aussitôt trouver le moyen de se renflouer pour atteindre la quantité fixée. D’où le propos « pression sur le risque ».

      Malheureusement, où prendre l’argent pour maintenir le montant de fonds propres? A ceux qui font courir le risque en dernier ressort…

      C’est un propos choquant de la part du banquier, mais en l’état actuel des choses, il n’a pas beaucoup de leviers… Et ce n’est certainement pas à lui de dire qu’il faut taper sur le capital, les bénéfices et les transactions en tout genre…

      Donc, le crédit ne sera accordé que de façon draconnienne, et un sentiment légitime pour l’emprunteur d’être spolié. Mais la faute, là, n’est pas du banquier (pour une fois).

    3. @Antoine : ok, ok, ajoutons 3 ou 4% de coût sur tous les crédits, et ajoutons, pour faire bonne mesure, quelques % sur le ROE des banques, et ne doutons pas qu’ensuite tout ira mieux, et que l’on sortira fissa de la crise. Sûr que « le capital » ne se fera pas prier pour adopter une telle solution. C’est donc jouable, non ?

    4. Je n’ai pas de réponse.

      Mais le banquier est bien obligé de travailler avec ses outils, qu’ils soient ou non légitimes par ailleurs.

      Je ne conteste pas le billet de M JORION sur le fond, car l’obligation d’avoir des liquidités de réserve ne fait pas payer l’incurie des financiers, mais une fois de plus, ceux qui ont subi l’incurie.

      Maintenant, on ne peut pas nier que le propos de M PEROL est conforme à ce qu’on peut attendre d’un financier face à une telle mesure.

    5. Selon Fitch rating, 21 banques sur 100 de son palmarès 2007 dépassaient une rentabilité de leurs capitaux propres (ROE) de 25% et 47 autres le taux de 15%. A comparer avec celle des autres secteurs de l’économie.

      Or ces performances ont un coût élevé, nous le connaissons désormais.

      Certes, il est envisagé que la rentabilité des banques diminue, parce qu’elles subissent le contre coup de la crise économique et qu’elles vont devoir augmenter leurs fonds propres.

      Cela leur laissera toutefois de la marge afin de ne pas augmenter le coût des crédits qu’elles accorderont, comme si le ROE devait être en priorité préservé en jouant contre la relance de l’économie.

    6. @Antoine (et Eninel), lisez ça aussi : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/20/bale-a-accouche-d-une-souris_1413431_3232.html : tribune de Martin Wolf traduite par Le Monde. Extrait :

      La conclusion est que les capitaux propres exigés devraient être beaucoup plus élevés, disons aux environs de 20 % ou 30 %, sans la pondération en fonction du risque. Il serait alors possible de se passer des différentes formes de capital contingent qui, en cas de crise, sont beaucoup plus susceptibles d’exacerber la panique que de l’apaiser. C’est uniquement parce que nous nous sommes habitués à ces structures extraordinairement fragiles que cette demande paraît d’une audace excessive.

    7. Une fois de plus, je ne prends pas le parti de la finance.

      « Faire de l’argent » est bien le rôle premier que l’on reconnaît à ces « hommes d’affaires ».

      La rentabilité des capitaux propres est une source de richesse, qui, jusqu’alors, leur permettait de remplir leur mission. Et, sauf preuve du contraire, cette pratique n’a pas (encore) été mis sur le banc des accusés., mais juste considérée comme dangereuse quand l’Etat est obligé d’intervenir pour renflouer les caisses.

      D’ailleurs, soit dit en passant, le procès de la crise n’a pas encore commencé, faute de juge, le peuple ne s’étant pas (encore?) trouvé de voix pour s’autoproclamer. Et si jamais un jour cela arrive, mettre le financier seul responsable de tous les maux me paraît bien réducteur…

      Quant au mensonge sur l’efficacité de l’obligation de réserve, dont acte.

    8. @Antoine : « Une fois de plus, je ne prends pas le parti de la finance. « Faire de l’argent » est bien le rôle premier que l’on reconnaît à ces « hommes d’affaires ». » : d’accord, mais vous ne prenez pas leur défense au bon moment. Les ROE sont déjà énormes, ils peuvent fort bien être rognés pour diminuer les risques. Dans ce cas d’espèce, « le parti de la finance » est indéfendable, sans doute parce qu’elle ne s’impose aucune limite, donc aucune responsabilité.

    9. Si j’ai laissé croire que je prenais la défense de qui que ce soit, c’est que je me suis mal exprimé.

      J’essaie juste de faire état de la situation: M PEROL est dans son rôle lorsqu’il tient les propos visés par M JORION, dans la mesure où l’organisation sociale lui reconnaît le droit de tenir de tels propos. Et même si, in fine, c’est une fois de plus la majorité qui trinque, et les « placés » qui profitent, ça n’ote en rien la pertinence des mots du banquier.

      En d’autres termes, si vous souhaitez un autre discours de la part des personnes qui exercent ce type d’activité, il faut changer la nature de leur fonction. Mais crier « au loup » ne paraît pas être la bonne méthode.

    10. @Antoine

      Il me semble que vous n’avez pas très bien saisi le sens du billet de Paul. Avant que de dénoncer les motifs réels, la préservation de la rentabilité de l’investissement des actionnaires des banques européenes, il s’agissait pour Paul de demaquiller le discours Perolien, pour en exhiber les vices rhétoriques et « sophistiqués ».
      En faire remonter l’implicite par le décodage pointilleux d’un explicite fardé et mensonger. Et en reconstituer la traduction fidèle avec des mots arrivant aisément pour qui le conçoit bien.
      Or sachant que Pérol conçoit mieux que quiconque ce qu’il veut communiquer, pourquoi donc se sent-il obligé de travestir sa pensée, ou est-il infoutu de le dire aisément ? Et bien précisément parce qu’il est un homme poli, doublé d’un avocat retors et d’un politique avisé.
      Parce qu’il ne peut pas dire tout de go « je vais faire payer aux ménages et aux employeurs français l’augmentation de capital confiscatoire et inique décidée par des autorités irresponsables pour pouvoir continuer à engraisser mes employeurs-actionnaires. » Ça, c’est un discours qu’l ne peut tenir qu’entre deux rires gras, un Havane et un Cognac millésimé, entre banquiers, dans un club de banquiers.
      Entre gens de l’entregent c’est même recommandé de parler clairement. Mais dans « l’autre monde », c’est à dire dans celui de la multitude qui n’est pas du « grand monde », dans celui qui est le votre et le mien, alors là sourdine ! Place aux techniques d’enrobage haute cohésion et aux arguties sophistiques à opacité renforcée !
      L’obscénité des marchés et du capital et de ceux qui les restent se dévoile avec un cynisme parcimonieux, avec un art consommé de la progression érotique. Du soft et du présentable, restons courtois et décent ! Ne brusquons pas la bête populiste ou éthique qui sommeille dans cette vielle société française en voie d’alzheimerisation.

      Bon, pour résumer ma pensée, je considère que les préventions oratoires et les circonvolutions dilatoires d’un Pérol ou de ses semblables marquent bien en fait la frontière qu’ils ne peuvent pas franchir, au moins dans la forme (et la forme ça compte plus qu’on ne croit) et donc la marge de manoeuvre ou les réserves éthiques que leurs adversaires, dont je suppose que vous faites partie, disposent encore. Au moins en France. 🙂

    11. @Antoine : évidemment que Perol « est dans son rôle » !!! Mais c’est rôle que je conteste. Et si je souhaite effectivement « un autre discours » de ce genre de personnes, c’est qu’il ne soit pas d’abord mensonger !!! Parce que ces messieurs, à travers ce genre de discours, nous prennent pour des c**.

      @vigneron : toutes mes félicitations pour cette magnifique envolée et son style littéraire. Excusez-moi de vous avoir un peu contesté de ci de là…

    12. Bon, c’est l’enrobage du discours qui dérange plus que le fond…. Mais dans tout domaine d’activité, il y a de l’enrobage: ce n’est pas propre à la finance…

      Ici, cet enrobage paraît insupportable étant donné que ces activistes ont gravement failli. Malgré tout, cela reste d’actualité pour faire tourner le monde, comme le souligne VIGNERON.

      Dans tout secteur d’activité, il ya un jargon… Le mien est risible, et pourtant, il passe pour être d’une érudition…. On utilise même des adages, et si on peut les glisser en latin, c’est le summum… Savez-vous ce que signifie Nemo auditur propriam turpitudinem allegans?
      C’est une évidence qui tombe sous le sens, et pourtant….

      Maintenant, ce secteur d’activité n’a pas encore été considéré comme l’une des origines de la crise… Mais si cela vient (J’ai lu ici ou là qu’un sentiment de justice de classe est en train de se développer…), on se rappellera au bon souvenir du film des inconnus, c’est à dire la réaction des trois frères face au notaire et son jus de fruit, ou face à l’huissier de justice…

      ps: j’apprécie la qualité de vos billets, tout comme celle de VIGNERON

    13. @Antoine : z’êtes têtu ! Vous tenez absolument à relativiser les propos scandaleux de ce Perol. Après tout que, que tout le pognon aille toujours aux mêmes, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Pas grave. Les pauvres peuvent toujours aller à la messe, s’offrir à peu de frais une vie intérieure à défaut d’en avoir une extérieure. Et pendant qu’on y est, tiens, on pourrait revenir au servage puisque le mouvement, impulsé par les néolibéraux, est une marche arrière tous azimuts !

    14. @Antoine : relativiser n’est pas cautionner, certes, mais en l’occurrence c’est tourner autour du pot, perdre son temps en futilités, et montrer qu’on n’a pas compris la question de fond ou qu’on y est rétif.

    15. J’admets tout de même que le discours n’augure rien de bon pour la majorité d’entre nous, et qu’il convient donc de changer fondamentalement la nature de la fonction du banquier.

      Maintenant, mettre en doute l’honnêteté de PEROL dans son propos, c’est un pas que je me garde, quant à moi, de franchir…

      Il y a, selon moi, un aveuglement de chacun d’entre nous dans la conception de la tâche que l’on se croit en devoir d’accomplir. A vous lire, je suis sans aucun doute le premier des aveugles. Mais en avoir conscience me laisse penser que PEROL est de bonne foi dans sa démarche, et ne pense pas nécessairement à se claquer la langue sur le palais de plaisir à l’idée d’entuber un max de monde.

      Après, être victime de la perversion d’un système de pensée, et d’une organisation sociale peut transformer en bourreau malgré soi.

      Attaquer l’homme c’est trop facile. Tous coupable, comme dit le procureur dans le film LE CERCLE ROUGE, riche comme pauvre: riche d’avoir exploité les pauvres, pauvre d’avoir mangé dans la main du riche.
      Sans cette égalité devant la faute, bonjour les boucs émissaires…

    16. @Antoine

      « Attaquer l’homme c’est trop facile. Tous coupable, comme dit le procureur dans le film LE CERCLE ROUGE, riche comme pauvre: riche d’avoir exploité les pauvres, pauvre d’avoir mangé dans la main du riche.
      Sans cette égalité devant la faute, bonjour les boucs émissaires… »

      Et à partir d’un tel constat, vous préconisez quoi? La pénitence, la rédemption?
      Vous ne croyez pas qu’il y a un moment où il faut savoir choisir son camp?

    17. Quel camp? Riche ou pauvre, il est question d’homme, qui se forge face à ses doutes, son prochain et au monde extérieur… L’aléa qui fonde la richesse est la naissance. L’illusion que les décisions des riches mènent la danse, c’est l’acceptation des autres du pouvoir de leur richesse.

      Tous coupable vous dis-je… Il est vrai que cela a un parfum judéo-chrétien… Mais cet effluve date de bien plus longtemps… Le danger de l’amour du pouvoir de contrainte (l’argent n’est rien d’autres) est dénoncé dans les religions ancêtres de celle(s?) qui règne aujourd’hui. Pour exemple la mythologie nordique donne pour première guerre entre les dieux le motif de l’amour de l’or.

      Quant à la pénitence, je n’y crois pas… C’est trop teinté de la notion du prix à payer, de la souffrance drainée par la crucifixion.

      La notion de rédemption me paraît plus douce à mes yeux.

      Une traversée du désert demande un effort, mais à la clé, sans aucun doute, une certaine béatitude.

    18. On n’avance pas à voir les choses en termes de culpabilité. Le Roi n’était pas coupable de l’Ancien Régime et ce n’est d’ailleurs pas pour cela qu’on lui a coupé la tête. C’est parce qu’il était un rouage essentiel d’un système.
      C’est pour cela que le banquier là est critiquable, pas parce que Perol serait pire qu’un autre, mais parce qu’il joue le mauvais rôle. C’est pour jouer ce rôle qu’il est payé et c’est pour avoir joué ce rôle qu’il devra peut-être un jour rendre des comptes.

    19. « Aimons nous les uns les autres », et « ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse », et « qu’il me jette la première pierre », et « tends la joue gauche », et « la paille et la poutre », et « heureux les pauvres en esprit », et « le chameau et le chas de l’aiguille », et « croissez et multipliez », etc etc.

      Bien sûr, bien sûr…

      Mais voyez vous, je préfère encore « rendre à César ce qui est à César » et abandonner le reste aux oubliettes de l’histoire, étant données les leçons qui en ont été continument tirées.
      Restez dans votre divine et inutile Vérité révélée et passez votre chemin. On connait la rengaine. Inopportune, pour le moins. Respectez d’abord l’ordre des priorités et choisissez mieux vos enseignements et leurs porte-parole : Jean XXIII plutôt que Jean-Paul II, Saint François plutôt que Saint Dominique, nique nique, à tout prendre, les jésuites plutôt que les légionnaires du Christ, et Don Helder Camara plutôt que Escriva de Balaguer.

    20. PS : pour le post au dessus :

      @Saint Antoine de Padoue (bien sûr…), patron des marins, des naufragés et des prisonniers !

    21. Ce que dit MOI dans son billet est ce que je tente, maladroitement il faut croire, d’exposer.

      Par ailleurs, je ne suis pas particulièrement féru des paroles d’Evangile, contrairement à ce que semble laisser entendre la lecture de mes billets. Néanmoins, je reconnais, la Religion est pour moi un vecteur de pensée.

  5. Coucou,

    Trés important le décryptage que vous venez de faire. Passer de la novlangue au langage.
    Il faut sans cesse demonter ces contre-vérités, voulues ou bétement répétées. Benoit hamon le fait à propos des retraites dans le monde d’aujourd’hui. C’est un travail de longue haleine contre le non-sens, le langage irrationnel de la communication, des mass-médias.
    Mr du Jonchay évoquait ce besoin , cette envie, cette necessité de rationnel concernant la monnaie.
    Ce qui est plutot paradoxal.
    Je serais complétement passé au travers de la déclaration de Mr Perol. Peut-être me serais je dit, « tiens les taux vont augmenter, et encore c’est même pas sûr, puisque personne ne comprend rien actuellement ! »

    Bonne journée

    Stéphane

  6. « En effet, non seulement le ratio minimal de capital est porté de 2% à 7% des risques, mais en plus la définition du capital qui peut être pris en compte pour le calcul de ce ratio est rendue plus restrictive. » François Pérol dans même entretien.

    Sans rentrer dans le détail de l’impénétrabilité des modes de calcul de ce fameux (fumeux ?) ratio, l’on notera, tout d’abord, que Bâle 2 a assoupli Bâle 1 sur ce terrain (du ratio Cooke au ratio Mc Donough).

    Mais le plus AHURISSANT (pardonnez la vulgarité de ces majuscules, mais je suis sur mon séant !), c’est que le président de la Fédération bancaire française nous explique que nos chères banques ne disposent que de 2% de fonds propres pour faire face aux cataclysmes qui s’annoncent. OUI, vous avez bien lu : 2%.
    Et aux USA, l’on en est à plus de 350 banques out depuis début 2007. Alors run on the bank sans tarder ?

    Merci à Paul de s’être livré à cet exercice de traduction, qui m’a jeté en pleine face cette incroyable aveu. Paul et ses collaborateurs qui font un incroyable travail de décryptage de ce gigantesque Ponzi/Madoff que constitue la finance moderne.

    Et, bien sûr, bonne santé. On a besoin de toi.

    1. Si « nos chères banques ne disposent que de 2% de fonds propres« , c’est parce qu’elles menaient leurs activités en ne prenant quasiment aucun risque, vous comprenez ? Du coup, elles n’avaient pas besoin de plus de fonds propres… 🙂

  7. Pour en finir avec les mensonges sur le chômage en France:

    Il faut en finir avec le tripatouillage des statistiques du chômage »

    Non, le nombre de demandeurs d’emploi ne baisse pas. En plein mouvement social, Eric Heyer, directeur adjoint du département analyses et prévisions de l’OFCE, rétablit la vérité sur les statistiques du chômage et incite le gouvernement à revoir d’urgence sa politique de rigueur.
    Capital.fr : Les derniers chiffres du chômage publiés fin août par le Ministère de l’économie marquent une stabilisation. Qu’en pensez-vous ?
    Eric Heyer : Le marché du travail ne s’améliore pas. Il faut en finir avec le tripatouillage des chiffres. En juillet, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 5% toutes catégories confondues. En fait, tout dépend de la définition retenue. Si Pôle emploi recense cinq catégories, le gouvernement ne communique que sur la catégorie A, c’est-à-dire ceux qui recherchent un emploi à temps plein et qui sont indemnisés. Mais ceux qui travaillent quelques heures dans le mois, qui sont en formation ou en maladie ne sont donc pas comptabilisés. Au total, la France compte 4,5 millions de chômeurs et non 2,7 millions.
    Capital.fr : Peut-on espérer, malgré tout, une embellie en 2011 ?
    Eric Heyer : Pas vraiment. Depuis le début de la crise en 2008, les entreprises ont déjà licencié mais pas autant que la récession l’aurait nécessité. Selon nos calculs, 550.000 emplois auraient dû être détruits. Or 300.000 ont été supprimés, car plus de 250.000 ont été préservés grâce aux mesures de chômage partiel. Résultat, notre taux de productivité est désormais quasi nul. Avant d’embaucher à nouveau, les employeurs vont donc d’abord augmenter la productivité de leurs salariés. D’après nos estimations, tant que la croissance ne dépassera pas 2%, l’économie ne créera pas d’emploi.
    Capital.fr : Justement, Christine Lagarde table sur une croissance de 1,4% cette année, puis de 2% en 2011. Est-ce réaliste, selon vous ?
    Eric Heyer : Ces estimations me paraissent bien ambitieuses. Dans le même temps, la France promet à Bruxelles de réduire le déficit public de 8% en 2010 à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013. Pour tenir ces promesses, il ne faudrait pas une croissance de 2% mais de 3,4%.
    Capital.fr :La politique gouvernementale vous paraît-elle adaptée pour atteindre ces objectifs ?
    Eric Heyer : Chaque année, 800.000 jeunes arrivent sur le marché du travail alors que 750.000 seniors en sortent. Le nombre de départs ne suffit donc pas à absorber les nouveaux actifs. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de vouloir augmenter l’âge de départ en retraite. Les salariés seront obligés de travailler plus longtemps au lieu de laisser de la place aux jeunes. Plus grave encore, la défiscalisation des heures supplémentaires ne fait qu’accélérer la hausse du chômage en incitant les employeurs à multiplier les heures plutôt que d’embaucher. Sans compter que cette mesure coûte 4,5 milliards d’euros à l’Etat, qui doit pourtant économiser 100 milliards d’euros pour réduire son déficit. D’après nos prévisions, une telle politique de rigueur est risquée et devrait amputer la croissance de 1,4 point.

    1. Cette présentation partielle est tendancieuse : l’article aurait du donner le coût des mesures de relance de l’économie, en raison de la crise financière, supportés par le budget de l’Etat ou les comptes sociaux.

      Et aussi expliquer à qui – à l’Etat – les banques ont prêté à 4% après avoir emprunté à 1% à la BCE.

      Ce n’est pas du journalisme, c’est du publi-rédactionnel  !

    2. Merci François pour votre réponse, qui me rassure quant à la mienne : cet article fait part d’un gain de 2 milliards d’euros pour l’Etat, mais ce n’est qu’un petit flux parmi quantité d’autres dont l’existence n’est même pas évoquée. Prise toute seule dans son coin, cette « bonne affaire » n’est que du vent.

    3. L’explication se trouve dans le logo : « France-Soir Bêta », qui désigne clairement la cible du lectorat…

      A part cela, il faudrait quantifier aussi l’avantage que constitue la garantie de l’Etat, et le coût induit sur l’économie. Ainsi bien sûr, que le simple fait d’avoir la vie sauve…

    4. Pour être crédible, il faut être beau joueur et cette mesure en faveur des banques a bien été une « plutôt » bonne affaire, car le cas de la cdc et dexia est moins évident…

      Toute info économique est par construction partielle…

      On pourrait aussi parler de la somme des impôts/cotisations sociales payées par les banques sur les 10 dernières années de bulle et y inclure celles de leurs salariés…(+ de 100 milliard)

      Ce n’est pas la SG, BNP ou CA qui ont particulièrement déclenché la crise financière…

      La BCE prête à 1% à court terme et les emprunts d’états sont à long terme ?

    5. @ quid34

      Vous noyez le poisson.

      Il s’agit de mesurer les coûts directs et indirects de la crise financière et non pas de se réfugier dans un vague « toute info économique est par construction partielle… » au nom duquel il n’y a plus d’analyse économique possible.

      Non, les Etats n’empruntent pas toujours à long terme, il s’en faut. Renseignez-vous sur le site de France Trésor (http://www.aft.gouv.fr/).

      Par ailleurs, le métier des banques est de financer par des emprunts à court terme, refinancés quand ils arrivent à échéance, des prêts à long terme. Grâce au différentiel de taux, elles génèrent leur marge. Tant que la BCE poursuivra sa mise à disposition de liquidités, cette marge sera très avantageuse.

    6. @François Leclerc

      Effectivement, mais long terme à 4% et court terme 2.5%

      « Par ailleurs, le métier des banques est de financer par des emprunts à court terme, refinancés quand ils arrivent à échéance, des prêts à long terme. Grâce au différentiel de taux, elles génèrent leur marge »

      Je ne suis pas d’accord, les banques refinancent à court terme à 1% BCE éventuellement leurs déficits ponctuels lors de la compensation. Le recours à la BCE permet juste d’être à l’aise quelque soit les soldes de compensation. Il n’y a aucun lien direct entre un prêt long terme donné et des prêt court terme de couverture. Imaginez alors quand la courbe des taux était inversée !!

    7. La Cour des comptes en mai 2010 avait fait un bilan intermédiaire assez contrasté du sauvetage des banques en précisant que si le dispositif doit générer un gain direct de 1,29 milliard d’euros pour le budget de l’Etat pour les années 2008 à 2010, des effets ultérieurs « sont susceptibles d’annuler complètement le résultat budgétaire à partir de l’année 2011 ».
      En cause, le coût lié à l’endettement souscrit par l’Etat pour financer le plan (9,5 milliards d’euros environ), les dotations allouées à la banque publique Oséo pour soutenir le crédit aux entreprises et les conséquences de la décentralisation des fonds d’épargne.
      « Si les concours publics génèrent des recettes ponctuelles, ils engendrent des coûts permanents », a déclaré le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, lors d’une conférence de presse.
      Mais surtout, la Cour a contesté les conditions de l’aide apportée à la BNP et à SG au travers de la Société de prise de participation de l’Etat. L’Etat avait apporté par cette société respectivement 5.1 et 1.7 Mrds d’euros sous forme d’actions « de préférence ». ces actions, achetées très bas au printemps 2009.
      . « Il était donc conforme aux règles du marché d’en attendre une plus-value importante lors du rachat des titres par ces banques », écrit la Cour.
      Mais il était prévu dans la convention passée entre l’Etat et les deux banques que le prix de rachat par BNP et SG ne pourrait excéder 103% du prix d’achat par l’Etat. Résultat : « manque à gagner théorique pour l’Etat » : 5.79 Mrds d’euros dont 5.3 pour BNP!

      « L’Etat n’a pas profité de l’augmentation des cours de Bourse des banques, alors que ce rétablissement est largement imputable à ses concours », fait valoir la Cour.

      Et ne pas oublier non plus le « coup de pouce » lié à la réforme du Livret A qui a eu pour effet de permettre aux banques de conserver une partie des dépôts effectués sur ce produit, alors qu’ils étaient jusque là intégralement centralisés par la Caisse des dépôts. Cette mesure provoque un manque à gagner pour l’Etat, et non calculé.

      PS : Pour la maturité de la dette française, d’après France Trésor, elle est de 7 ans et 12 jours (dette négociable). C’est pas vraiment du long terme…

    8. @quid34

      Je ne suis pas d’accord, les banques refinancent à court terme à 1% BCE éventuellement leurs déficits ponctuels lors de la compensation. Le recours à la BCE permet juste d’être à l’aise quelque soit les soldes de compensation. Il n’y a aucun lien direct entre un prêt long terme donné et des prêt court terme de couverture. Imaginez alors quand la courbe des taux était inversée !!

      Bien sûr que si que les banques profitent de l’écart de taux entre le CT et le LT et donc se financent à CT pour prêter à LT! Et que sans les politiques de taux quasi nuls ultra-favorables des BC elles seraient toutes occises! Et que les taux longs sont déterminés par les taux des emprunts d’Etat et les taux courts par les taux de refinancement des banques Centrales.

      Et bien sûr que si que la courbe des taux peut s’inverser! Et ça leur fait très mal aux banques commerciales.
      Logiquement, les taux courts doivent être inférieurs aux taux longs (de l’ordre de 2 à 3 points) puisque l’argent est engagé pour moins longtemps. Mais quand les banques centrales interviennent beaucoup, il peut se produire une « inversion des taux » (USA en 2000), phénomène pervers qui consiste à mieux rémunérer l’argent placé à court terme que l’argent investi à long terme.
      C’est d’ailleurs le seul cas de variation importante des taux d’intérêts où les banques commerciales sont systématiquement perdantes, contrairement aux entreprises ou aux ménages.

    9. @ quid34

      Il a été suffisamment souligné qu’un des facteurs de fragilité du secteur bancaire était que son financement était de plus en plus à court terme et que ses engagements restaient à long terme, le rendant vulnérable aux hausse des taux sur les marchés.

    10. @vigneron
      Mauvaise négociation de l’État ou des banques, peut être pas prête à tout…je ne sais pas et qui aurait payé ces 5 milliard ? la banque ? le marché ? Avec quelles conséquences ? La cour des compte joue son rôle et on ne peux reprocher à Sarkozy d’y avoir mis Migaud.

      De même que l’on ne peux reprocher au gouvernement de chercher à consolider les banques française. Quand au livret A, ou est le problème ? La caisse d’épargne ne me semble pas plus un modèle de bonne gestion !!

      Au sujet des prêts, on ne va pas refaire ici le débat sur la création monétaire par les banques…

      Le problème du financement cour terme est de plus en plus celui des états, les us en premier, qui pour minimiser la facture Yeartodate choisissent les maturités courtes mais sont à la merci d’un relèvement des taux courts et risque de piéger la FED.

  8. Règle de base du commerce : c’est le client qui paie.
    Règle secondaire : au cas ou le client ne paierait pas le prix intégral du service , idéalement le contribuable devra garantir le paiement de la prestation.

    Et voilà comment on se retrouve avec des économies encombrées d’entreprises fournissant des services inutiles et hors de prix. Ah oui vous parler des services publics ? Mais non nous parlons bien de ces entreprises privées qui l’oeil fixé sur leur compte de résultat aboutisse à ce gaspillage considérable de ressources et de talents.

    Pendant que l’état servile, corrompu et impuissant se laisse embobiner…

    Mettons de coté le secteur bancaire désormais sous perfusion de fonds publics

    – Observons le secteur aéronautique où l’omc estime à 24 Millards les subventions versées de part et d’autre. Très utile n’est ce pas pour entretenir l’illusion d’une concurrence libre et non faussée.

    – Observons le secteur automobile qui après avoir testé tous les formes de subventions pour délocaliser sa production sous d’autre cieux, rajeunir son personnel, continue à bénéficier de niches fiscales extraordinairement passé sous silence.
    – votre trajet domicile travail ( essence/credit/véhicule) est entièrement déductible de vos impôts.
    – pourquoi prendre les transports en commun deux fois plus lents? ou aux horaires inadaptés
    – pourquoi recherchez des salariés habitant près de l’entreprise, si ceux qui viennent de plus loin sont corvéables et moins cher. C’est qu’ils sont forcément plus compétents.
    – un seul mot d’ordre faites tourner vos moteurs (vous générez de la croissance )

    Au lieu de tirer partie des progrès technologiques pour se restructurer et réduire ses coûts l’outil bancaire à poursuivi un développement métastasique étendant son activité à l’assurance, à l’immobilier dans l’espoir de retrouver des marges permettant d’entretenir son personnel pléthorique.

    Au lieu d’assister à une réduction drastique des effectifs comme on a pu le constater pour les chantiers navals ou la sidérurgie, on s’est retrouvé face à un développement de concepts plus ou moins vaseux : bancassurances,banques d’affaires etc..

    Ainsi les boutiques bancaires se sont développées comme les boutiques de téléphones.

    L’ultime étape fut la spéculation. Car seule la spéculation peut vous permettre de vous refaire.

    Et maintenant…

    Il s’agit d’expliquer comment on en arrive à diriger un établissement bancaire issu de la plus grande faillite bancaire française depuis le crédit lyonnais

    Bon courage Mr Pérol

    1. Et vous oubliez ma marotte, les industries pharmaceutiques, de loin l’activité la plus rentable aujourd’hui, même devant la finance. Et dont le chiffre d’affaire dépend presque exclusivement des subsides des systèmes de couverture sociale, garantis par les états et financés en partie par des emprunts d’État ou des racketteurs des assurances privées.
      Même la maigre part des profits qui était consacrée à la recherche, notoirement moindre que les budgets « pub/communication », ces multinationales cherchent par tous les moyens à la faire financer par les États, ou à leur sous traiter à bon prix (financement partiel de l’université !) l’effort de recherche. Sans parler de la délocalisation du R&D (Sanofi…).

      Rappel : Sanofi 2009, CA=29,3Mrds, marge brute=23Mrds, résultat net=8,5Mrds, taux d’imposition=28%=3Mrds, Dividendes distribués=2,9Mrds soit 2,25 euros/action (cours=50 euros)
      Effectifs Production : 36 800; R&D : 19 000; Force de vente : 34 300

      Pour rigoler allez voir leur rapport interactif sur la « Responsabilité sociale de l’entreprise » avec le PDG qui fait le guignol à l’écran.

      http://sanofi-aventis.beevirtua.com/CSRreport2009/beevirtua/beevirtua.html#app=9823&adf3-lang=fr&9557-source=xmlConfs/init.xml&ccb3-pageId=0

      Sanofi : « L’essentiel c’est la Santé! » « Agir de façon éthique et responsable pour le patient. » 🙂

    2. En effet, alors qu' »on »nous joue du violon, et qu’on nous chante la rengaine des pôles d’excellence, de « tout » pour la R&D, chaque salarié, un brin conscient, peut voir que « tout pour le marketing », » tout pour le re-branding »/ ça, c’est le fin du fin, le summum du dernier chic =) un pognon fou passe là dedans : comme les concurrents poussent au portillon: il faut aller encore plus vite =) nombreuses erreurs …on recommence tout; ça coûte toujours plus ( on emballe les erreurs commises par les zexperts des COMEX, dans un nouveau concept-marketing …et, personne n’y verra que du feu ! ) ..+ l’argent pour les actionnaires ( y sont là pour 15% de plus; pas pour prendre des risques !) = plus rien pour R&D =) d’ailleurs y cherchent, mais y trouvent pas ! ça marche pas en appuyant sur un bouton ! Faut voir les tenants et les aboutissants ! =) mais, on s’en moque, si ça marche pas…Il faut vendre, on vous dit ! =) allez! font du mauvais esprit =) délocalisons !
      Tiens zut, ya plus de R&D dans le Pays; Dommage, zétaient plutôt bons avant les français ; zaimaient le travail bien fait ! ont pas compris que c’était pas le but ! vite fait, mal fait, voilà la nouvelle devise des IZNOGOOD !

  9. N’oublions pas que Pérol en a distribué des fameux  » éléments de langage  » lorsqu’il était encore à l’Élysée : on ne se refait pas. Le but de ce genre d exercice crypté est simple : rassurer les marchés.  » Vous avez peur de voir vos dividendes baisser à cause de ce maudit jeu de Bâle? Ne vous inquiétez pas, nous sommes déjà occupés à trouver le moyen de plumer encore plus la volaille captive ! »

    Le dire clairement, c’est s’exposer au risque (réel et pas fantasmé ) de nouvelles questions sur l’utilité sociale d’une activité bancaire. Et ça, on n’en veut surtout pas.

    1. @Julien : « Le but de ce genre d exercice crypté est simple : rassurer les marchés. » : probablement le but principal, en effet, puisque l’analyse montre qu’il s’agit de préserver la rentabilité. Mais pour moi ce n’est pas du « langage crypté » mais mensonger, et de surcroît révélateur du fait que les banques se disposent à conserver le même niveau de risque pour assurer aux marchés le même niveau de rentabilité, puisque l’un et l’autre vont la main dans la main.

  10. Le « risque » de non-remboursement du crédit reste le même : ni augmentation , ni diminution . Par contre , l’augmentation des provisions et des fonds propres c’est autant de bénéfice en moins , donc moins de dividendes distribués et de bonus . Impensable , indécent : d’où augmentation des intérêts et des frais bancaires . Chers clients , nous espérons que vous comprendrez que c’est Bruxelles qui nous met dans l’obligation de procéder ainsi .
    Comme pour la taxe triple play . Pour les Roms , euh , c’est pas pareil .
    Et la foule en délire applaudit à tout rompre .

  11. Au chapitre des questions éthiques, la banque allemande HRE vient, selon l’hebdomadaire Der Spiegel, de frapper un grand coup.

    Elle aurait distribué à ses cadres 25 millions d’euros de bonus, alors qu’elle se finance et évite la faillite grâce à 142 milliards d’euros de garanties de l’Etat, qui en a pris le contrôle (faut-il croire imparfaitement).

    La banque a crée une bad bank en juillet dernier, dans la perspective d’y placer la valeur nominale de 210 milliards d’euros d’actifs toxiques, baptisés « non stratégiques ».

    Qui dit mieux ?

    1. Voilà une très bonne explication d’une des causes de la crise : des ‘complices’ sont au coeur du système de régulation légal, de production du droit.
      Ni plus, ni moins.
      Il est temps, grand temps que le peuple fasse entendre sa souveraineté à ses représentants, sous quelques formes que ce soit. Y compris en les révoquant et en les tirant au sort si nécessaire, voir plus si affinités avec les coquins : on peut toujours faire de la place dans des prisons surpeuplées.
      Mais il faudra commencer par renvoyer à leurs pénates tous les dirigeants actuellement au pouvoir et mettre la pression sur les suivants.
      L’abus de bien social, c’est pas fait QUE pour les chiens écrasés.

    2. Vous allez peut-être dire que je délire à cause de ma trachétique qui se transforme en bronchite, mais…

      Tel que le mouvement est parti… Est-il inimaginable que toutes les banques finissent par devoir être nationalisées comme en Irlande..???

      Qu’en pensez-vous, tous..??

    3. @ Yvan

      Il existe dans le monde capitaliste une notion importante, celle de responsabilité actionnaire, qui renvoie à l’idée que l’on est actionnaire d’une société pour le meilleur (les dividendes) et pour le pire (le comblement des pertes).

      Avant même d’employer les grands mots qui fâchent et sont porteurs de fortes connotations, remarquons que les actionnaires ont été exonérés d’une partie de leur responsabilité, celle de combler les pertes, et continuent de l’être…

      Pire, ils ne veulent pas ouvrir le capital et l’augmenter, au même effet, afin de ne pas être dilués et voir leur part de dividendes diminuée.

    4. Et c’est effectivement pour cela que je parlais de mouvement en cours.
      Car vu la chute de banques aux US ainsi que leur nationalisation dans les pays en difficulté, il est évident qu’elles sont quasi-totalement en faillite.
      Et veulent le rester pour recevoir de l’argent gratuit. En plus.

      Hors, vu que tout le monde est en train de « découvrir » qu’un pays « aidé » (comme la Grèce) n’est aidé que pour les dépenses courantes ainsi que le service de la dette, il ne peut pas se redresser pour produire une richesse supérieure.

      Donc, à court terme, hormis quelques méga-banques privées, tout le reste devrait être racheté (avec sponsorisation de l’état) ou nationalisé.

      Suis-je loin de la vérité..???

    5. @ Yvan

      Sur les 600 banques américaines qui n’ont pas encore remboursé les fonds publics du TARP, une centaine d’entre elles viennent de faire défaut pour le payement des intérêts qu’elles doivent régler.

  12. A activité égale, si il faut doubler les fonds propres de 2 à 4% par exemple alors un emprunt de 100 nécessitera 2 de fond propre supplémentaire qu’il faudra bien trouver par une augmentation de capital qui entrainera une charge supplémentaire via le dividende–> cout supplémentaire

    Selon Bâle la couverture varie avec le type de risque, donc à iso couverture il faut baisser le risque.

    Sinon Bâle étant apparemment plus contraignant pour les banques d’Europe, il est aussi normale qu’elles aient peur d’être moins compétitive…

    Sinon les augmentations de capital font généralement baisser les actions et le bénef des stocks….

    1. @ Yvan,

      Vous souvenez-vous de la bonne gestion de notre défunt « Crédit Lyonnais » national ? J’ai bien peur de devoir vous annoncer que la nationalisation n’est absolument pas, dans le contexte de mélange des genres dont sont abreuvés nos dirigeants de tous ordres, la solution au problème.

    2. @beniouioui

      Je crains que vous ne confondiez nationalisation et privatisation de fait de la gestion d’un bien public (ce qu’on peut appeler aussi le nouveau management public), qui en général aboutit à au genre de petits incidents auquel vous faites référence. Il est bien entendu urgent de nationaliser une bonne partie du secteur bancaire…

    3. Relisez-moi : j’ai écrit TOUT nationaliser.

      Et, en effet, n’importe quelle entreprise nationale ne peut pas lutter contre une entreprise privée, elles n’ont pas les mêmes objectifs ni les mêmes contraintes.

      Parlez-en aux salariés du privé qui sont payés au lance-pierre, puis aux actionnaires des entreprises privées qui vont demander que la concurrence soit tuée.

      Logique.

    4. @yvan

      EDF est une entreprise public qui pourrait marcher moins bien.

      Un trader est un salarié… et le salaire moyen du privé est supérieur à qualification égale.

      Les actionnaires privés sont tous pour la libre concurrence sinon ils n’existeraient pas !

      Il n’y a pas de solution miracle surtout les simplistes…

    5. La remarque de Beniouioui était tout à fait pertinente. La séparation public/privé ne tient plus la route, c’est la grande collusion entre les deux secteurs. Cf. enquête sociologique plus que poussée chez les riches : Ces Pinçon qui font trembler l’Elysée. On peut y lire que « La force de l’oligarchie aujourd’hui, c’est aussi cette connivence inusitée entre le monde politique et celui des affaires, inaugurée en fanfare dès l’élection de Nicolas Sarkozy, avec la fameuse nuit du Fouquet’s, où étaient réunies toutes les composantes de la classe dominante, patrons du CAC 40, politiques et show-biz.« . La distinction public/privé n’est plus que juridique, il est probable qu’elle disparaisse un jour comme celle entre sacré et profane.

    6. @Crapaud rouge

      J’avais oublié quelque chose : il est urgent de nationaliser ET de revenir à une véritable gestion publique du bien commun. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant…

    7. @Nicks : « revenir à une véritable gestion publique du bien commun », je n’y crois pas, précisément parce que le clivage public/privé a perdu de sa force et de sa pertinence, et cela parce que les plus grosses boîtes privées impactent directement le bien commun. On peut toujours nationaliser, certes, mais une boîte nationalisée sera malgré tout obligée d’être « de son époque », c’est-à-dire d’adopter les principes dominants qui sont ceux du privé.

  13. « Ainsi bien sûr, que le simple fait d’avoir la vie sauve… »…!…Ah…!… « Grand dieu », vous nous faîtes trembler…

  14. Et pourquoi pas rémunérer les citoyens des prêts accordés aux banques avec l’argent de la communauté alors? Toujours dans un sens et jamais dans l’autre!

  15. Merci pour cette lumineuse explication de texte.
    Moi qui ait l’habitude de faire des expérimentations, j’utilise plutôt la formule: « toutes choses A PEU PRES égales par ailleurs », tant il est courant que faire varier un paramètre induit souvent une autre variation cachée qui nous échappe.

  16. Observer, décortiquer… Attendre : 2012, 80% de convaincus,….
    Charles A me semble plus pragmatique et réaliste : s’organiser, agir.

    Moins facile.

  17. Ce que je me demande, c’est comment ils en viennent à utiliser aussi naturellement ces techniques sophistiques d’arnaque. Il y a une sélection pour ne garder que les plus doués ou ça fait partie des techniques commerciales qu’ils apprennent tous dans les hautes écoles?

    1. technique commerciale de base : rassurer le client

      croire à ce que l’on dit.

      … dans ce cas là, moins on en sait , mieux c’est.

      Sinon ce serait un mensonge.

      Evitez de chercher à comprendre les causes, il vaut mieux passer à autre chose.

    2. Ils sont soumis à la formation continue pour enfumer le client, si c’est bien une chose qu’on leur apprend c’est celle ci.

      autre point à savoir concernant la guerre des banques pour le livret A :

      Pourquoi cette guerre autour du Livret A alors que son taux ne cesse d’être abaissé?

      Toute banque qui ouvre un Livret A est rémunérée par l’Etat. Elle touche 0,6% sur chaque dépôt effectué. Quant on sait qu’en moyenne un livret A renferme 300 euros, il suffit de faire le calcul. Pour le Crédit Agricole qui détient près de 3 millions de Livrets A (soit 6 milliards d’euros de dépôts), cela représente environ 36 millions d’euros.

      Par ailleurs, les banques peuvent disposer librement de 30% des montants déposés sur les livrets. Elles recueillent donc des liquidités et se rémunèrent en partie via l’épargne des français.

    3. Toi, j’avais appris ces techniques par la programmation neuro-linguiste.
      Ca fait partie du bagage des encadrants dans toutes les écoles, maintenant.

      Par contre, j’ai toujours été allergique à cette manipulation.

    4. « Si tu sais argumenter, tu n’as jamais tort »

      Une expression qui m’est restée en tête, du film « Thank you for smoking ».

      Pour moi, cela vient simplement du formatage que « subissent » les étudiants des écoles de commerce.

  18. Quand on cite quelqu’un, il faut le faire complètement. La phrase reproduite dans l’extrait : « Toutes choses égales par ailleurs, avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités, cela veut dire une pression plus forte sur les risques que nous prenons, donc sur le crédit, et sur la rentabilité de ces risques, donc sur les taux d’intérêt », … est suivie par celle-ci : « Le risque, c’est donc un crédit moins dynamique et plus cher ».

    Dans cette deuxième phrase, Perol annonce donc -clairement, me semble-t-il – que les crédits accordés par les banques seront plus chers.

    La sortie de l’intéressé relèverait donc du pur cynisme plutôt que de la malhonnêteté.

    1. Ce que je souligne, c’est que ce n’est précisément pas du risque que parle Pérol mais de l’allocation de crédit. Sa définition du risque est donc indifférente au sens du passage.

    2. @André : hein ? Comment ? Que ois-je ? Mais le mot risque ne représente pas du tout la même chose dans les deux phrases de Pérol !!! Dans : « une pression plus forte sur les risques que nous prenons« , il parle du risque au sens financier, qui est celui de ne pas être remboursé sur un crédit. Mais dans : « Le risque, c’est donc un crédit moins dynamique et plus cher », le mot n’est plus qu’une façon de parler, il désigne une conséquence fort logique et fort prévisible puisqu’ils ont déjà décidé que les crédits seront plus chers !

  19. Le plus sympa avec le livret A c’est qu’il est le premier de l’alpha-baie dans l’océan boursier…Mais ce devait arrivé arriva :

    1. @ Caleb

      Des lâches ? De purs commentaires ? Ce n’est pas juste.
      Relisez le Blog, vous y verrez au contraire les appels des billets de différents auteurs
      et la clameur croissante des blogueurs.
      Donc le 23 dans la rue et on paralyse le pays jusqu’au retrait du projet Woerth-Sarko!

    2. @ Charles A.

      je sais que nombreux sont ceux qui essayent d’avancer, de proposer, notamment ici, mais c’est parfois désespérant de voir que rien ne bouge dans le bon sens à part sur le papier… si ce que vous dites pour le 23 était exact, nous pourrions espérer un peu plus, mais à vrai dire je peux prendre le pari, sans me mouiller de trop, que la mobilisation sera plus faible que le 7, et qu’aucun changement ne suivra…

      http://calebirri.unblog.fr/2010/09/18/allez-les-gars-il-faut-cogner-plus-fort/

    3. Exact, jusqu’au jour où trop c’est trop.
      Et les plus militants sont même surpris.
      Personne n’attendait la révolte de Mai 68, en dehors d’une poignée d’agitateurs bénis
      Aujourd’hui, je témoigne que les raisons de se révolter sont bien plus importantes !
      Ma devise: patience et quart de tour!

  20. Le banquier qui parle de risque et non pas de crédit a parfaitement raison. Pourquoi? Les bale III exigent plus reserves pour payer les catas a venir. C’est une assurance. Donc il y a bien risque. Le gugus qui paie des interets plus eleves paie une assurance sur le risque de faillite de la banque qui lui prete. C’est bien normal puisque la banque n’a pas assez de fonds propres.
    De plus c’est un retour en force du politique. Pourquoi? Parceque le banquier vient de reconnaitre que le politique a raison et qu’il est un bien meilleur gestionnaire, lui qui taxe un peu mais tout le monde pour payer ses catas est tjrs bien vu (si si bien vu, les gens votent). Et qu’en faisant pareil, le banquier gagnera plus et sans risque et en etant bien vu par ceux-la meme qui paient plusieurs fois (frais, interets, assurance ….) ses catas et son luxe.
    Le banquier qui voulait faire croire qu’il n’était pas un politique (et inversemment) en vient meme a utiliser le langage sophiste du politique. C’est dire comme cette crise aura prouvé la superiorité du politique sur les minus de la finance et de l’éco. Le bon peuple voulait le retour du politique pour controler la finance? Le voila! La morale est sauve, qui plus est car le preteur ET l’emprunteur sont assurés de pouvoir nouer des contrats. Aux frais de l’emprunteur me dit on à l’oreille? Quoi de plus normal, moral et sain puisque le risque de preter est assumé par le banquier. De plus cela generera des recettes supplementaires pour les politiques sous forme d’impots divers. Et la dette sera plus facile a payer.
    Paul en restant au pur niveau langagier ne voit pas les phenomenes sociologiques sous-jacents, ne voit pas combien le metier et la production du banquier changent, combien la morale bourgeoise est respectée.

    1. Bien analysé, je viens de dire la meme un chose un peu plus bas.
      Je signale que dans « 7% de fond propres », rien ne dit que sur un emprunt précis la banque se doit de conserver 7% du pret accordé en reserve. Ici, La BRI aurait vu juste.
      On aimerait voir les regles comptables sur le sujet…
      Si c’est 7% sur la TOTALITE de ses engagements, donc en fonds propres, la banque peut continuer à faire comme avant, et meme pire.
      Ce qu’a l’air de menacer Pérol, si j’ai bien compris.
      Mais la BRI l’a bien compris aussi. Ne pas croire qu’elle est l’émanation des Etats.
      Qui a le pouvoir désormais sur les banques centrales?
      Pérol joue le role de la pauvre banque, menacée par la BRI étatique.
      C’est du théatre grossier, du miroir aux pigeons. Il sont complices.

  21. Bonjour Paul,

    De mon côté, je perçoit les propos de Mr Pérol différemment encore :

    Si l’on prends en compte que les propos de Perol se placent en terme d’évaluation de la rentabilité des fonds propres, les augmenter tout en maintenant le même niveau de rentabilité impliquerait de prendre plus de risques encore sur les placements effectués, sur les crédits accordés, ce qui signifie, si cette idée est admise, de faire augmenter les taux d’intérêt en proportion. Augmentation qui au passage va dans le sens d’une augmentation d’une augmentation / maintien du rendement des ces même fonds propres.

    Il s’agirait donc ici de la part de Mr Pérol ni plus ni moins d’une menace d’aller dans le sens d’une augmentation de la prise de risque d’une part des banques (accorder plus de prêts risqués) et d’autre part d’un étouffement de l’activité économique d’autre part (augmenter les taux d’intérêts). En quelque sorte, ce monsieur place le banquier dans une démarche de contradiction qui aurait pour principe de prendre le contrepied de l’intérêt général (la demarche sous jacente de bâle 3 est de diminuer le risque pas l’augmenter) dès lors que cela ne servirait pas son intérêt particulier (la rémunération des actionnaires).

    En effet, faire prendre plus de risque à sa banque pour gagner autant voire plus en pensant bien entendu que sa banque sera sauvé par le contribuable si cela tournait au vinaigre, n’est pas frappé du bon sens et encore moins d’une démarche citoyenne mais le reflet de ce que le capitalisme bancaire à de plus préjudiciable à proposer à la société.

    C’est de la provocation pure.

    En arriver à un tel niveau de provocation à peine voilée, c’est dire si les banquiers sont dans l’état d’esprit de lâcher prise sur l’emprise qu’ils ont actuellement sur les économies et sur les gouvernements.

    1. @Paul: bon, en même temps c’est normal, ils défendent leur steak. Les syndicats font de même lorsqu’ils disent « touchez pas à nos acquis sociaux ». C’est ça le jeu politique entre intérêts divergents. Les techniques rhétoriques pour cacher son jeu sont finalement aussi de bonne guerre.
      Ce qui est irritant n’est pas ce combat, c’est que l’arbitre supposé, l’Etat, n’est pas neutre. C’est là qu’est le scandale anti-démocratique et c’est là que les capitalistes ne la jouent pas à la loyale. Les propos de Pérol ne sont pas là pour convaincre les pouvoirs publics, qu’il sait être dans sa poche parce que préalablement corrompus, mais juste une opération de communication (pour embrouiller le grand public et/ou rassurer le marché).

    2. @Moi : « bon, en même temps c’est normal, ils défendent leur steak » : ce n’est pas « leur steak » mais celui de tout le monde. Avez-vous déjà oublié que les banques ont provoqué une crise économique qui n’en est qu’à ses débuts ? Et qu’une crise économique, ça fout des tas de gens à la rue ?

    3. Leur steak ?
      Non, ceux qui s’enrichent en dormant n’ont jamais élevé un boeuf, ni l’ont transporté, ni l’ont découpé, ni l’ont même en général cuit!

      Non, notre travail.
      Ils défendent leurs privilèges, ceux d’un monde qui agonise
      dans ses contradictions, notamment la socialisation de la production
      et son appropriation encore, au XXIème siècle, privée!

  22. Je complète mon analyse des propos de Pérol :

    « Pression plus forte sur les risques que nous prenons, donc sur le crédit » : il faudra prendre plus de risques encore pour dégager autant de rentabilité sur les fonds propres. Il faudra donc faire de plus en plus de prêts risqués …

    « et sur la rentabilité de ces risques, donc sur les taux d’intérêt » : qui dit crédit risqués dit taux d’intérêt élevés … ce qui va aussi dans le sens de la rentabilité.

    Donc Pérol envisage d’émettre plus de crédit risqués … toucher de nouveaux emprunteurs moins solvables certainement … en les matraquants avec des taux d’intérêts rémunérateurs … pour la banque.

    En d’autres termes, une utilisation de bâle III comme prétexte d’une fuite en avant … qui ne peux pas avoir d’avenir dans le cadre de cette crise ….. donc de court terme … pas du tout l’esprit de bâle III …ces banquiers sont de dangereux personnages, des moins recommandables, des spoliateurs de la richesse des individus.

    Tant que l’état, le contribuable seront là pour sauver les banques, pourquoi voulez vous que ces individus agissent autrement ?

    1. Oui mais c’est le sujet de Bale III justement.
      Il ne faut pas croire que Pérol est contre la BRI, au contraire il vient d’énoncer sans le vouloir (?) le contraire!
      7% pour de fonds propres, ça ne veut pas dire 7% de chaque pret mis en réserve.
      En plus comme le suivit des produits dérivés est presque impossible, les normes comptables ne sont pas faites en ce sens, il me sembe?
      En clair il ne s’agit pas de passer outre la BRI. Ces gens la agissent de concert.
      La BRI contolé par les Etats? En voila une bonne blague!

  23. A propos du billet de François « le crépuscule des banques centrales », où il citait Martin Wolf et l’inanité des mesures Bâle3, j’envisageais l’état des lieux et donc l’état d’esprit de Pérol et de ses clones si l’on appliquait les mesures préconisées par Wolf.
    Mais on voit que même les gentillettes et progressives normettes de solvabilité retenues par Bâle3 suffisent à faire sortir le loup du bois. On effleure à peine la clef du garde-manger et les crocs menaçants du bestiau sont de sortie!

    Sans compter que passer d’un ratio de solvabilité exigé de 7 à 30, avec une part du capital social ou équivalent qui ne baisse pas, bien au contraire, dans le total des fonds propres éligibles vis à vis des fonds propres complémentaires (hybrides) ou surcomplémentaires (dettes subordonnées), ben c’est le Return on Equity, le sacro-saint RoE, qui prend une grosse gifle et se voit divisé par le même facteur, soit 4!
    Qu’on limite le crédit, qu’on quadruple les capitaux propres, et donc le capital social idem, ou qu’on mixe ne change rien à l’affaire. On passe d’un RoE, par exemple, de 10, 20, 40% à un RoE de 2.5, 5, ou 10%. Et on parle pas de la perte en capital sur les actions, quasi inéluctable…
    Bref juste famélique. Ya pas d’autre mot. La banque? « Ça eût payé! ».

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=15906#comment-108951

    Je n’envisageais pas bien sûr la solution préconisée par notre Mister Pet-rôle, ex major de l’ENA, ex conseiller élyséen, ex banque Rotschild et ex architecte pour cette dernière de la merveilleuse édification de Natixis avec son ami Dupont de la banque populaire et Milhaud de la Caisse d’Épargne, càd la remontée drastique des taux des crédits. Chose dont la faisabilité de façon généralisée, hors poussée inflationniste, reste à prouver…
    Au delà de la pure « révélation » sophistique du cynisme et de la quasi démence de « ces gens là » disséquée ici par Paul, on ne peut que les remercier d’exposer en termes si clairs la nature profonde et si bibliquement simple d’une matière financière qui prend un tel malin plaisir à se présenter comme absconse, sophistiquée, réservée à une élite initiée : le monopole de la violence économique dans un but unique, le racket sauvage du fort contre le faible, sans contrepartie ni police.

  24. Bonjour PAUL
    Prenez soin de votre santé;
    Pas de café,une marche de 30 minutes par jour,de la gelée royale et un dosage de la vitamine D (99 pour cent des personnes au -dessus de la Loire présentent un déficit de vitamine D).

    1. oui c’est important la santé

      Consommer fréquemment des oeufs, des champignons et du poisson est le plus sur moyen d’augmenter son apport en vitamine D.

    2. Là, il est clair que coté poisson, je n’ose même pas imaginer ne serait-ce qu’une poissonnerie de supermarché qui n’aurait pas une qualité irréprochable.

      Là, contrairement aux produits financiers dérivés, un Breton sait ce qu’il achète… 😉

  25. Sans être aussi technique que vous, je tiens également à exprimer quelque chose d’important je crois.

    Oui c’est vrai, j’ai souvent remarqué que lorsque je rentre parfois dans une banque pour mieux y faire un retrait au chaud et non sous la pluie, j’ai souvent constaté que le banquier ne se risque jamais à me dire le bonjour en premier, voulant peut-être me signifier par là que c’est bien lui d’abord le propre Maître de ma vie ou de la Société dans son ensemble enfin si cela lui chante,
    moi à vrai dire cela m’est bien égal depuis le temps que je lui tourne la tête comme lui, car qui a déjà vu un banquier aussi rendre le monde moins snob plus différent de lui en conduite comme en esprit …

  26. Pour revenir sur Mr Madelin,
    Sous Mr Juppé ,premier ministre,Mr Madelin ministre de l’industrie était qualifié de « boite à idées »
    Une boite à idées c’est avoir 100 idées par jour,4 sont bonnes mais ne pas savoir lesquelles.

    1. Je ne crois pas que ces gens là puissent vraiment avoir de meilleures idées pour les autres, cela ne concerne pas hélas que Mr Madelin, pensez-vous vraiment que des gens comme ça, des gens comme Mr untel et untel comme ou alors la même troupe de théatre de l’autre bord politique puissent vraiment avoir de meilleures idées pour autrui, pour le pays, comme pour ailleurs, pensez-vous le système mondial est en réalité fait d’une telle façon que votre petite boite à idées ne peut même plus rendre service déjà à votre propre pays, au début bien sur cela m’ennuyait beaucoup et puis avec le temps j’ai finis par accepter le déroulement des choses, que ces gens là imposent d’abord leurs idées aux autres, comme ça on verra mieux à la fin à quoi ça ressemblera pour le plus grand nombre de malheureux.

  27. Bonjour,

    Je suis du coin de l’œil la discussion des filles discussion des filles … Voici deux extraits trouvés ici : http://fr.wikisource.org/wiki/Qu%E2%80%99est-ce_que_les_Lumi%C3%A8res_%3F#cite_ref-4

    « Une révolution peut bien amener la chute du despotisme d’un individu et de l’oppression d’un maître cupide ou ambitieux, mais jamais une véritable réforme dans la façon de penser ; de nouveaux préjugés serviront, tout aussi bien que les anciens, à conduire les masses aveugles. »

    « Or il y a beaucoup de choses, intéressant la chose publique, qui veulent un certain mécanisme, ou qui exigent que quelques membres de la société se conduisent d’une manière purement passive, afin de concourir, en entrant pour leur part dans la savante harmonie du gouvernement, à certaines fins publiques, ou du moins pour ne pas les contrarier. »

    C’est là un véritable éclairage de la crise actuelle. L’approche économique n’apportera dans le meilleur des cas que des solutions qui déplaceront le mal. La société de consommation se nourrit de notre manque chronique d’éclairage. On retrouve cette idée chez des auteurs antérieurs à Aristote, je pense notamment à Lao Tseu. C’est dire si le fait d’apporter des solutions en surface, qui permettront à l’homme de replonger dans le confort de l’ombre, ont peu de chances d’être efficaces au-delà de la légitime euphorie qui fera suite à leur mise en application !

    Le but premier de la ponction de la finance (entre autres, la liste est longue…) que vous critiquez n’est pas de permettre à une minorité de s’enrichir mais de maintenir le non-éclairage de la population. Ce serait en effet beaucoup plus grave à leurs yeux si le peuple se rendait compte de sa servitude ! N’est-ce pas ? S’il n’y avait plus le manque et donc le désir qu’entretiennent ces ponctions la société de consommation imploserait. Et sans préparation je ne donne pas cher de l’avenir qui nous attendrait alors. Cette société dont nous rêvons ne pourra advenir que si tout le monde a pris conscience. Ne prépare-t-on pas le terrain avant de monter l’édifice ?

    Pour en venir au billet, accorder trop d’importance à la phrase de François Pérol c’est accorder trop d’importance à sa « classe », ça les conforte dans l’idée qu’ils sont supérieurs et ça nous conforte dans l’idée qu’il nous faut les déloger…de leur place « au sommet » du système…SANS remettre en cause ledit système et même en le légitimant. Voilà l’erreur que nous commettons depuis des siècles malgré de nombreux et anciens éclairages

    1. @Fab : « SANS remettre en cause ledit système » ? Mais on ne peut pas tout faire ni tout dire à la fois, et ici les billets n’ont pas pour but de répéter inlassablement que le système est pourri. On n’arrête pas de contester « ledit système » !!! Au contraire de vous, je pense que cette attitude des banques est tellement scandaleuse qu’elle méritait un billet supplémentaire (car François en parle aussi) pour qu’aucun visiteur n’en perde une miette. (Cf. mon premier post.)

    2. Fab

      S’il y a une personne qui s’emploie à faire la critique radicale du système, car fondée sur l’enquête et la mise au jour de nouvelles vérités, et qui y met toute son énergie c’est bien le créateur de ce blog.

      Désolé, mais ce que vous nous dites me parait contreproductif. L’humanité a certes traversé d’autres crises mais la crise actuelle est tout à fait inédite par sa nature et par son ampleur. A crise inédite, réponses inédites. Le recours aux sagesses antiques peut sans doute apporter un certain réconfort moral individuel, et on en tous besoin dans les périodes difficiles, mais elles ne peuvent apporter les réponses intellectuelles qu’elles ne n’ont pas par définition. C’est pourquoi la philosophie est supérieure aux sagesses constituées. Les philosophies sont supérieures parce que tout en visant la sagesse elles ne s’y confondent pas. La philosophie introduit une dimension historique, dialogique, et donc critique dans la recherche de la sagesse. La sagesse se confine dans la pure immanence des choses ne marquant pas de ce fait une distinction bien nette entre l’individuel et le collectif, distinction qui permet pourtant de prendre la hauteur nécessaire par rapport aux choses quand celles-ci exercent sur nos existences une emprise redoutable. (cf débat sur la propriété.)

      Le raisonnement scientifique, qui s’est lui-même développé à partir de la philosophie, est comme l’a montré Paul dans Comment la réalité et la vérité furent inventées, antisymétrique, ce qui signifie qu’il part de prémisses connues et supposées vraies lesquelles sont comme les fondations à partir desquelles un raisonnement se construit pour établir la raison des choses. (La raison c’est le moyen terme dans le syllogisme). On quitte le domaine de la pensée réversible propre aux sagesses. Le raisonnement est donc à la fois une réponse aux problèmes qui se posent — aujourd’hui à l’humanité — et une mise à distance entre l’ordre de la pensée et celui du monde, ce qui permet précisément de considérer de nouveaux rapports entre les choses du monde, et, partant de faire le monde autrement.

      On pourrait alors penser de prime abord que cette prise de distance initiale d’avec le monde nous éloigne de la vie. Je pense au contraire qu’elle nous en rapproche si l’on admet que la pensée comme activité et le développement de la vie ne font qu’un. Ainsi d’un point de vue phénoménologique nous ne vivons pas dans le monde, mais c’est le monde, toujours objet de transformation, qui se trouve être une émanation de la vie. Quoi de plus critique et constructif comme démarche ?

      Concernant la question du désir, je ne suis pas d’accord non plus. Le désir n’est pas une pathologie.
      Qui plus est le système actuel a plutôt tendance à tuer le désir.
      Le désir ne résulte pas du manque c’est au contraire un excès provoqué par le mouvement même de la vie.
      La nouveau monde sera donc un monde de désirs ou ne sera pas.
      La résolution de nos problèmes ne résidera pas dans l’ataraxie mais dans une domestication — via de nouvelles institutions — des passions humaines, d’où l’intérêt de soumettre l’économie au politique avec les mesures que préconise Paul.

    3. michel lambotte,

      ‘Savez ce qu’on dit : un petit pas pour l’homme…alors imaginez un grand saut !

      Pierre-Yves D., est-ce bien Le Pierre-Yves D. du blog ?

      De quoi parlez-vous !? D’une philosophie supérieure ? D’un raisonnement qui affirme connaître les problèmes qui se posent à l’humanité sans l’ombre d’un doute ? D’une société de consommation qui voudrait tuer le désir ? De cette même société qui s’applique à créer des besoins qui ne seraient pas ressentis comme des manques !!!!? D’une domestication des passions humaines, cette passion qui selon Aristote « est ce qui, en nous modifiant, produit des différences dans nos jugements et qui est suivi de peine et de plaisir. » ?

      Chaque spécialité (psychanalyse, économie, religion, philosophie…) pose les problèmes qu’elle considère comme cruciaux, les seuls dont la résolution pourra sauver le monde. Feraient mieux de s’appliquer à aider l’homme à se libérer plutôt que de chacun leur donner leur propre poisson !

      Vous aimez la philosophie…Pour vous : http://www.page2007.com/news/nietzsche-zarathoustra-des-tarentules

  28.  » si l’on se considère en bonne orthodoxie que c’est le risque qui est rémunéré dans l’activité de prêt et qu’un risque réduit devrait logiquement impliquer un taux d’intérêt moins élevé. »

    Il ne faut pas confondre le risque de defaut de la banque avec celui de l’emprunteur.
    Le risque de défaut d’un emprunteur ne diminue pas du fait des reserves supplementaires tandis que le cout d’une operation de pret augmente pour la banque. Ce n’est donc que pure logique si les taux montent.
    Le taux d’interet d’un pret accordé par une banque à un emprunteur rend compte de la probabilité de défaut de l’emprunteur, en aucun cas de celui de la banque…

    1. @Jean : « Il ne faut pas confondre le risque de defaut de la banque avec celui de l’emprunteur. » : vous croyez sérieusement que Paul a confondu ces deux risques ?

      « Ce n’est donc que pure logique si les taux montent. » : c’est donc pur illogisme s’ils descendent…

    2. @Jean

      Vous dites tout et son contraire. Si, comme vous l’écrivez, le taux d’intérêt rend compte du risque de défaut de l’emprunteur, l’augmentation des fonds propres n’accroît pas ce risque. En bonne logique, on ne voit pas pourquoi la perte de rentabilité induite devrait être compensée par une augmentation de ce taux. Ce n’est donc pas « pure logique si les taux montent ».
      Vous ne seriez pas actionnaire d’une banque par hasard?

    3. Bonsoir à toutes et tous,

      Pour rappel, la bonne orthodoxie dans la tarification d’un crédit voudrait (notez le conditionnel) que plusieurs éléments soient pris en considération. Cela avait été abordé sur un « post » dont je n’ai plus les coordonnées, mais c’est peut être bon de le rappeler.

      Le premier élément est celui du taux de référence sans risque, qui correspond au profil de maturité du crédit (cela dépend s’il y a de l’amortissement du capital ou non). Certaines institutions, pour ce taux de référence, choisissent parfois le taux des IRS (swaps de taux d’intérêt), car elles considèrent qu’il faut tenir compte de la prime de risque (oui, oui) sur le secteur bancaire pour fixer le taux de référence.

      Le second élément est le coût lié à la création, à la vente et à la gestion du crédit.

      Le troisième élément est la couverture du risque de crédit, c’est à dire les pertes probables sur le portefeuille. A noter que toujours selon la bonne orthodoxie, les pertes non-prévues devraient normalement être couvertes par les fonds propres. Mais nous jouons là avec les notions statistiques, et il faut toujours, pour estimer les fonds propres dits économiques (c’est de la terminologie, ne m’en veuillez pas), définir l’intervalle de confiance.

      Le quatrième élément est celui des fonds propres qui sont « réservés » pour le crédit, en fonction des attentes des actionnaires quant au ROE. Là également, la banque peut choisir soit les fonds propres purement réglementaires, soit les fonds propres « économiques ». A noter que c’est en général ce que les grandes institutions font, le compte de fonds propres (pour raison d’optimisation, re oui oui) étant géré par ailleurs. Voir les méthodes RORAC, RAROC, etc.

      Enfin, le dernier, et peut être non le moindre, la marge bénéficiaire, laissée bien entendu à l’entière discrétion des conseils d’administration.

      Bâle III va probablement entraîner l’introduction d’un nouvel élément, celui de la prime de liquidité, mais cela est certainement une autre histoire et une belle bagarre en perspective dans les banques entre les départements opérationnels et ceux responsables de la gestion des risques (bilantaires).

      Donc, en conclusion, le taux du crédit peut normalement varier en fonction de ces éléments, qui respectivement peuvent évoluer dans des sens opposés. Si le risque augmente/diminue, il pourrait arriver que proportionnellement, le taux du crédit ne varie pas dans la même proportion.

      En vous souhaitant à toutes et tous une excellente nuit.

      Bien cordialement

  29. Elles manquent d’un minimum de pudeur  !

    Trois associations bancaires allemandes viennent d’adresser à Angela Merkel, la chancelière, une lettre commune qui montre que la bagarre est engagée avec les Etats sur les marchés obligataires.

    L’objet du courrier, qui a été rendu public par Welt am Sonntag, est exprimé ainsi  : « Nous considérons, à la suite des stress test des banques, que des tests de même nature devraient réalisés afin de mesurer la solidité des politiques financières d’emprunt des Etats ».

    Le sens de cette initiative est d’appuyer les efforts du gouvernement allemand d’imposer dans toute la zone euro une politique de restrictions budgétaires afin de réduire les déficits publics. En essayant de faire adopter un arsenal de punitions, qui vont de la suspension du droit de vote au sein des instances communautaires à la fermeture des accès aux fonds européens.

    S’appuyer sur des stress tests réussis par les banques, dont il a été largement montré qu’ils étaient de circonstance et n’allaient pas au fond des problèmes, alors que les projecteurs viennent d’être braqués à l’occasion des négociations de Bâle III sur l’état désastreux du système bancaire allemand, est déjà proprement indécent.

    En faire usage afin de demander que les Etats européens, dont la situation financière tendue résulte directement des effets de la crise financière, soient mis au pas, cela risque de devenir scabreux.

    Cette démarche a un sens bien précis : elle a pour objectif d’obtenir que les Etats fassent place nette le plus vite possible sur les marchés au profit des banques qui vont devoir beaucoup les solliciter pour remplir leurs nouvelles obligations de renforcement de leurs fonds propres.

    Ce n’est pas exactement ce que l’on appelle la reconnaissance du ventre.

    1.  » Le sens de cette initiative est d’appuyer les efforts du gouvernement allemand d’imposer dans toute la zone euro une politique de restrictions budgétaires afin de réduire les déficits publics. En essayant de faire adopter un arsenal de punitions, qui vont de la suspension du droit de vote au sein des instances communautaires à la fermeture des accès aux fonds européens.  »

      Quel autre plus grand chantage de plus et pour le monde demain ?

      Ces gens là dirigent bien d’abord le monde et puis après ce sont les politiques, les marionnettes à l’image qui entérinent à la lettre leurs idées, avant bien sur ce n’était pas toujours aussi évident à démontrer pour un interlocuteur comme envers un bon démocrate bien naif et gogo, mais là depuis quelques temps faut bien reconnaître que l’homme moderne, actuel, a quand même sacrément progressé depuis la seconde guerre mondiale, avec en prime certainement une autre calamité à venir et alors tout sera prêt pour mieux remettre intégralement le monde entre les mains du plus cruel adversaire de l’homme.

      Pour être plus clair pour les petits enfants on s’approche bien de plus en plus de la dictature des marchés sur l’homme ou l’humanité souffrante.

      Ben quoi faut pas non plus s’attendre à ce que le monde passe comme ça d’un niveau à un autre sans en subir davantage les funestes conséquences matérielles pour le plus grand nombre …

    2. Le monde est en fait rempli de beaucoup plus de Maîtres-chanteurs de nos jours, évidemment à force ça fait de plus en plus à l’homme comme à la femme d’ailleurs içi ou là, pauvres enfants du monde.

    3. Très bien la guerre à commencée entre banques états tous endettés qu’ils s’autodétruisent le plus vite possible.

    4. @ Jeremie

      Nous sommmes réellement dans une dictature des marchés, qui se traduit par une dictature du salariat et une dictature de l’emploi.
      Comme vous, je pense que l’occident doit passer et passera de toutes manières par une recession telle qu’il ne sera plus possible d’éviter un changement de civilisation surtout que les problèmes environnementaux et d’épuisements des ressources se posent de manière de plus en plus urgente.
      Le problème est de savoir comment réunir 70% des gens autours de solutions réalistes.

    5. @ michel lambotte

       » Le problème est de savoir comment réunir 70% des gens autours de solutions réalistes.  »

      Parfois j’en viens à me dire que le principe démocratique n’est peut-être pas non plus le procédé le plus adéquat pour permettre à une société humaine de passer réellement à un stade supérieur et surtout moins asservissant, c’est-à-dire beaucoup moins prévisible et machinal sur le plan de la matière, la monarchie n’étant plus du tout à la mode dans les coeurs comme les esprits surtout par rapport aux premiers tenants de l’oligarchie policito-financière mondiale. Je me demande en effet comment donc pourrons-nous éviter le pire la prochaine fois, rappelez-vous c’était un peu le même genre de propos lors de la dernière élection démocratique pourvu que cela ne se reproduire pas trop ailleurs, à vrai dire c’est lorsque l’homme accepte sincèrement de s’en remettre à de meilleurs pensées ou alors à meilleur principe que les choses se passent déjà un peu mieux, mais ça ce n’est pas non plus ce que recherche et réclame la plupart des êtres sur terre.

      Je reconnais en effet que mon propos pourrait déconcerter quelques personnes surtout actuellement, à vrai dire plus nous recherchons à éviter la dictature idéologique des uns comme des autres et plus c’est hélas la dictature des marchands qui prend tout la place sur terre malgré d’ailleurs notre pitoyable classe politique actuelle comme partout ailleurs c’est la tendance …

  30. @ Saint François,

    Bonjour,

    Jésus passe dans l’époque, fait un stage de trente et quelques ans, il pianote sur un blog:

    « Bonjour. Heu, ben, je voulais juste vous dire que je vous aime.
    J’ai bien regardé partagé toutes vos souffrances, et la somme de toutes nos obligations partagées m’ont laissé la liberté, le droit et l’intérêt de mourir en riant, avec le sentiment d’avoir gagné au change. Rien n’a changé…cool »

    Marx lui répond:

    « Camarade, le Capital est passé, tu es dépassé, le veau d’or c’est terminé, le veau d’argent c’est has been, la cocotte de papier est usée, aujourdhui c’est la vache sacrée électronique-ta mère t’attend, allez va donc au diable, le peuple est roi, les classes, c’est la vraie école, la classe quoi! »

    Freud intervient:
    « Et avec votre père…? Il est toujours saint d’esprit? »

    Jésus se gratte la tête…Nom d’un Christ, mais c’est bien sûr, j’ai oublié de faire des miracles !
    Mais…c’était leur tour, depuis le temps qu’ils se fatiguent à être malins, ils sont toujours aussi …nom de papa! Mais ils en ont fait du chemin, le borgne est un peu roi, mais il ont câblé l’univers de leurs envies, maintenant que tout est virtuel, ils ont réellement compris, je peux y aller, ils ont compris j’en suis convaincu…

    Et pfffuit! Lumière, flash, tout le toutim, il repart..
    Son pote qui lui avait prêté l’ordi se tape encore la tête contre les murs, il avait même pas branché la webcam !

    Pas de bol, avec un bon agent, il aurait fait un tabac, le marché mondial lui tendait les bras !

    (Un hors série pour la BD?)

    1. …Bonne idée, je trouve l’histoire extraordinaire…Très cool….Do..it…La BD… Reste encore l’ultime possibilité de transmettre sans se bloquer sur les idéogrammes….

  31. Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »
    Livre d’Amos 8,4-7.

    1. » Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »
      Livre d’Amos 8,4-7.

      Beaucoup de croyants de nos jours n’ont hélas pas toujours mieux compris certains épisodes bien tragiques de l’histoire, Jérémie d’ailleurs en ce temps là n’était pas non plus le plus tendre à l’égard des puissants et de leurs méfaits, et pourtant il faut bien parfois apprendre à les oublier car l’ancien testament ça va un peu aussi.

       » Il m’a insulté, il m’a frappé, il m’a fouetté, il m’a rabaissé, il m’a vendu, il m’a mis des chaines, il m’a humilié, il m’a mis des clous, il m’a volé, il a pris ma place, il s’est moqué, il m’a étiquetté, il a même pris tous mes biens, etc, etc, évidemment lorsqu’on pense continuellement à ce genre de choses envers tant de mauvaîs Maitres de plus  » On ne fait que tourner continuellement en rond
      en soi comme sur terre et en société non seulement cela ne résoud rien, mais cela ne change pas mieux le vocabulaire du monde, des choses, c’est en fait la même information continuelle qui se perpétue continuellement dans les esprits, les coeurs et les corps …

      Si ça peut néanmoins faire vendre encore beaucoup de livres sur les étalages mais c’est tout.

  32. Livre d’Amos 8,4-7.

    Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays,
    car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances.
    Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
    Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

    Le livre d’Amos est un livre de la Bible hébraïque. Il fut rédigé vers 800 avant l’ère chrétienne.

    Le prophète Amos, dont le nom signifie « porteur », était originaire de Thekoa, une ville du royaume de Juda, au sud de Jérusalem. Amos était berger et homme de la terre.
    Wikipédia

    1. @Philémon, transmission de pensée, transmission du même mal qui nous ronge.
      Jérémie a raison, nous tournons en rond, mais les ronds se resserrent tel un nœud coulant au dessus de nos têtes.
      J’ai été voir ‘Wikipédia)ce qui se passait en l’an 800 avant JC
      * La Grèce vit une crise sociale, avec l’enrichissement des riches propriétaires terriens, et une augmentation des pauvres, ce qui aboutit à la création d’un prolétariat rural, à l’exode vers les villes ou le départ dans les colonies. Dans le même temps, le commerce connaît un grand développement favorisé par l’apparition des monnaies et la création d’une classe de commerçants et d’artisans. La nouvelle « bourgeoisie » demande à être plus associée au pouvoir politique et le prolétariat agricole réclame une redistribution des terres et l’abolition des dettes, par des mouvements sociaux.

      * Avènement de l’aristocratie dans la plupart des villes grecques. L’esclavage se développe.
      * Les Grecs colonisent le monde méditerranéen.

    2. L’impact est fort et puissant, mais reste-t-il conséquent de nos jours, suffisamment tourmentés par les dogmes religieux, qui par ailleurs ne font, au fond, pas si mauvaise recette…Puisque vous citiez …Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »…etc..

  33. Il n’ y a que deux voies possibles :
    1. Une grande réforme avec la collectivisation et la mutualisation des banques et du crédit, crédit dont la nature devrait toujours être lié à la notion d’intérêt général.
    2. La voie révolutionnaire : interdiction totale du crédit et suppression des banques.
    Si la deuxième alternative paraît encore plus utopique, la première impose la suppression de la propriété privée…
    Pour moi, tout autre proposition, aussi logique soit-elle n’a pour objectif que maintenir en place le système en corrigeant les excès, ce qui est tout aussi utopique si ces excès ne sont pas des excès mais les manifestations visibles de l’essence du capitalisme.

  34. J’aime beaucoup le poker. Trop souvent vu comme un simple jeu de hasard, peu se rendent compte du nombre d’éléments stratégiques et mathématiques qui permettent à certains joueurs de développer un jeu qui se révèle profitable sur le long terme. Quel rapport me direz-vous ?

    Un concept fondamental au poker, c’est la notion de « bankroll management ». Pour être rentable sur le long terme, il est indispensable de prendre en compte les fluctuations de court terme, voire de moyen terme, parce qu’il serait idiot d’ignorer la part de hasard que comporte le jeu. Cela signifie qu’avant de jouer, et avant de jouer plus gros, il faut se constituer un matelas, une réserve qui permettra d’essuyer les pertes de court ou moyen terme, dues à la malchance (ou à certaines erreurs passagères). Beaucoup préfèrent ignorer ce concept, qui freine leur progression, et ils pleurent quand arrive cette succession de malchance, pourtant statistiquement presque inévitable.

    Il y a nécessité d’augmenter sa bankroll soit quand, à variance équivalente, les montants en jeu sont plus élevés, soit quand, à montants en jeu équivalents, la variance des gains et pertes est plus élevées, soit quand les deux éléments sont réunis (évidemment), soit quand on se rend compte que la bankroll actuelle n’est pas suffisante.

    Dans les autres cas, on peut maintenir, voire diminuer sa bankroll. Et, bien entendu, gérer sa bankroll n’a aucun intérêt si on sait qu’on peut garder les profits de court et moyen terme, et que papa passera sa Mastercard si on se fait ratisser.

    Alors, à quand l’économie française gérée par ElkY, l’économie US gérée par Phil Ivey, l’économie australienne gérée par Joe Hachem, l’économie canadienne gérée par Daniel Negreanu, etc. ? Ben quoi…eux au moins, ils ont un bankroll management. 😀

    1. Tout à fait d’accord, les fonds propres relèvent de la « bankroll », et la gestion de celle-ci du bon sens armé d’un peu de stats. En mécanique, on parlerait de « volant d’inertie », moyen le plus simple de réguler un mouvement soumis à des variations de charge.

    2. « que papa passera sa Mastercard si on se fait ratisser. »

      Idem, grand amateur de poker.
      Il se trouve qu’ici les papas c’est nous et qu’on va tous sortir sa Mastercard. 🙂

  35. Est-ce la jouissance du pouvoir qui fait le plus naturellement du monde user de la langue comme un produit jetable; seul importe ces effets qu’on dira de levier. Considérons la prouesse, le jeu de passe-passe; c’est une langue qui s’adresse à un quidam pour la lui dérober, ne laissant au crédule que l’image inversée en lieu et place du double. à ce jeu de captif faut-il être déjà consentant. à se courber trop bas au risque de gerber. à laisser faire ce jeu on aura d’images miroir que la multiplication insensé du pavé qui le brise.
    un peu à coté, comme en échos, Tocqueville, dans ses Souvenirs, décrit ainsi Lamartine:
    «Je ne sais si j’ai rencontré […] un esprit plus vide de la pensée du bien public que le sien. […] Je n’ai jamais connu non plus d’esprit moins sincère, ni qui eût un mépris plus complet pour la vérité. Quand je dis qu’il la méprisait, je me trompe; il ne l’honorait point assez pour s’occuper d’elle d’aucune manière. En parlant ou en écrivant, il sort du vrai et y rentre sans y prendre garde; uniquement préoccupé d’un certain effet qu’il veut produire à ce moment-là…».

  36. certes, plussoyons, mais les encours de financements accordés impactent les réserves mécaniquement, et le métier de banquier c’est aussi de prendre des risques. Reconnaissons aussi la forte concurrence entre les établissements qui tire les taux à la baisse, surtout si la « collecte » est généreusement fournie par la banque centrale à un taux de 1% (faussant les règles du marché).
    conclusion : mieux vaut s’écarter des taux variables pour emprunter ; on risque de voir fleurir aussi de nombreuses émissions d’obligations convertibles, non ?
    mais je plussoie, oui.

  37. Diminution des risques, veut dire aussi diminution des défaillances de remboursement, d’où globalement une augmentation de rentabilité, c’est donc tout le contraire que devrait engendrer cette mesure.
    A moins que les risques de défaillances soient complètement oubliés par les banquiers, compte tenu que certaines ont été récemment couvertes par les États!

  38. Question simple M. Jorion : êtes vous pour ou contre la nationalisation des banques ? Votre article laisse penser que les banques devraient servir l’intérêt général et ainsi qu’une « utilité sociale », pour reprendre les mots de Mervyn King. Or, les banques sont des institutions privées et leur but est donc de faire du profit. De même qu’une entreprise non financière augmente ses prix lorsque ses coûts augmentent. Mais si vous pensez que les banques devraient avoir une utilité sociale, alors il faudra aller beaucoup loin que de simples règles sur les ratios de liquidité.

    1. Ces règles existaient jusqu’à il y a peu. C’était le Glass-Steagall Act. Les banques de dépôts (d’utilité sociale) et les banques d’affaires (qui peuvent jouer leurs billes où bon leur semble) étaient bien séparées. Les banques de dépôts faisaient donc du crédit, leur petit profit, et en échange l’Etat garantissait les dépôts.
      Maintenant que cette séparation n’existe plus, les dépôts sont en danger (ou plutôt, ils sont sans doute perdus) car les banques de dépôt les ont joué au casino. Les Etats essayent d’éviter le scandale, mais à force ils coulent avec les banques.

    2. Je m’invite pour donner ma réponse à votre question.

      Les nationalisations renvoient à la gestion des entreprises, banques ou autres, par l’Etat. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si l’on prend par exemple le cas de la distribution de l’eau en régie municipale (et non pas par des entreprises privées, que Philippe Séguin, qui savait probablement de quoi il parlait en tant que maire d’Epinal, a en son temps qualifié de grands corrupteurs). Mais cela renvoie surtout à l’image d’une économie administrée, comme disent ses pourfendeurs. A l’idée que l’Etat est un mauvais gestionnaire, ce qui n’est pas nécessairement faux. Et plus encore à la version pervertie du socialisme qu’a représenté l’URSS et qui ne peut heureusement plus prétendre être un modèle.

      Ce préambule posé, quelle est ma réponse  ? Sortir de la gestion privée les banques est nécessaire mais n’a de sens que dans le cadre d’une refondation de l’activité financière. Ainsi que dans celui d’une reconsidération de ce qu’est l’Etat. Car pourquoi devrait-il rester figé dans ses structures actuelles  ?

      L’idée d’autogestion ne résonne plus comme elle l’a fait. D’autant qu’il faut lui donner un contenu en prise avec la société d’aujourd’hui. Parler de dépérissement de l’Etat et de la prise en main par les citoyens de leur propre sort reste vague. C’est pourtant cette notion qu’il importe de mettre en musique. Non seulement au plan politique, par exemple en coupant court à la professionnalisation de celle-ci, mais pour la gestion même d’entreprises qui gèrent ce que l’on appelle des biens communs. Une notion qui demande elle-même a être actualisée, c’est à dire étendue.

  39. Pas mal!
    Mais on pourrait aussi traduire autrement Pérol en éliminant le postulat que passer à 7% de fonds propres amoindrit les risques.
    En effet, la banque pour gagner autant qu’avant va prendre plus de risques encore, au regard justement des 7%!
    Logique non? Quand on a un parachute on saute de plus haut.
    Prendre plus de risques ,veut dire des taux d’emprunts accordés plus élevés.
    Donc augmenter les fonds propres ça ne sert à rien. Ca ne fait que suivre betement l’augmentation des risques de faillites dus à la crise économique.
    Ce qui faudrait faire c’est interdire les produits dérivés et les titrisations.
    La BRI comparse et Pérol se moquent du monde.
    En rigolant on pourrait proposer l’inverse aux banques: 1% de fonds propres et aucune garantie des banques centrales, et plus de plans de sauvetage.
    Il faudrait alors voir la tronche de Pérol! Car la il serait obligé d’etre trés prudent!

    De fait la BRI pousse à la prise de risque les banques. Grosso modo on va vers une autre bulle en accablant encore plus l’économie réelle. Pour moi le systéme est neganthropique, on dirait l’instinct de mort de Freud.

    1. Denis Leclerc a raison quand il rapelle la difference entre action et obligation.
      Dans une action, il n’y pas obligation de dividende, à la difference de l’obligation.
      La titrisation de crédit ne meme pas a des actions, mais a des obligations (CDO)
      C’est a dire qu’en toute dernière analyse, la finance basée sur des titres obligataires
      ne relancera jamais l’économie, et est destinée à la faillite.
      L’avantage de l’action, c’est que le propriétaire assume les risques.
      Le propriétaire d’une obligation, lui ne veut rien assumer, et est pret à tuer la poule aux oeufs d’or pour se payer un dernier repas avant la disette.
      C’est plutot la négation du risque, la veulerie, la petitesse avaricieuse, et le zéro absolu de l’esprit d’entreprise qui conduit à la faillite.
      Un produit obligataire ne fait qu’augmenter le risque des entrepreneurs et des Etats.
      La stratégie employée par les néolibéraux est completement absurde, sauf s’ils veulent controler sans partage la planéte, aprés l’avoir ruinée:

      « Nous arrivons vers l’émergence d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin, c’est de LA CRISE MAJEURE et le peuple acceptera le Nouvel Ordre Mondial. » (David Rockefeller, membre du CFR).

    2. @izarn : je suis d’accord avec votre raisonnement mais il appelle une remarque, par rapport à Perol et le billet. Quand on exprime les faits sous une forme impersonnelle, (objective ?), par exemple quand vous dites : « la banque pour gagner autant qu’avant va prendre plus de risques », on donne l’impression qu’il existe une logique indépendante des acteurs, donc inhérente à la nature des choses et non pas des humains. Mais quand on présente les mêmes faits comme résultants d’un choix des acteurs, par exemple en disant comme Paul : « la perte de rentabilité que nous subissons (…) nous la passerons entièrement au client », l’on découvre qu’il n’y a pas de fatalité économique, mais des choix de type POLITIQUE qui pourraient être tout autre. Donc, à cause de la « mentalité » actuelle qui régit la finance, « augmenter les fonds propres ça ne sert à rien », effectivement, mais il n’empêche : ça devrait servir…

  40. « Savoir dans quel cas un abus peut devenir la loi, et la correction devenir un abus…Quand on ôte quelque liberté naturelle, il faut que l’avantage visible que l’on retire console de la perte de cette faculté. Quand une chose bonne a un inconvénient, il est ordinairement plus prudent d’ôter l’inconvénient que la chose. »…Disait Monsieur de Montesquieu, à bien y réfléchir… »Ce doit être le sort de ceux qui abusent que l’on en abuse bientôt contre eux-mêmes, et, comme l’injustice passe en d’autres mains, il sera éternellement de la sagesse des hommes d’avoir de la modération et de se réfugier dans l’équité. »…Ce disait-il encore…

    1. A partir d’une certaine conformité avec le monde, les êtres s’abusent continuellement contre eux-mêmes et puis après contre son prochain en société, se réfugier dans l’équité n’est pas non plus
      le meilleur refuge à chercher et à suivre comme un but à se fixer principalement en premier .

      Parfois je me demande mais comment des gens et en très grand nombre peuvent-ils encore se laisser diriger de la sorte en société comme dans le monde, ça dépasse parfois le simple bon sens …

    2. @ Jérémie
      @ Jérémie
      http://www.dailymotion.com/video/x1e7jj_extrait-i-comme-icare_school
      c’est lorsque l’autorité se lézarde que le sujet n’obéi plus.
      Nous sommes dans cette situation

      http://www.liberation.fr/monde/01012291329-la-taxation-des-transactions-financieres-nous-pouvons-la-decider-ici
      http://www.cercle.lu/article.php3?id_article=844

      Cette taxation, de la part des Ong on peut le comprendre, mais de la part de Sarkozy?
      Ce que je veux dire c’est qu’il y a une faille et qu’on doit en profiter

  41. Oui et non. On comprend bien le petit jeu auquel jouent les banques en ce moment. Elles disent aux politiques : si vous exigez plus de fonds propres, nous pourrons accorder moins de crédit pour « financer l’économie » (sic) et les entreprises et les ménages souffriront. Elles ne disent pas, mais elles le pensent très fort : la rentabilité de ces fonds propres va diminuer.

    C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. On estime que l’effet de levier des banques est trop fort. Pour mémoire, leurs fonds propres représentent environ 1/30ème de la taille totale de leur bilan. Le reste est financé par l’emprunt ou les dépôts des clients. Si l’on « pondère » leurs investissements selon leur niveau de risque, le ratio baisse certes un peu mais il reste élevé. Il n’y a que deux manières de réduire l’effet de levier des banques :
    1) renforcer leurs fonds propres, ce qui signifie que des épargnants investissent dans leur capital (et cette épargne n’est plus disponible pour financer autre chose) ;
    2) diminuer la taille du bilan en diminuant le volume de crédit qu’elles accordent.

    Le durcissement de la réglementation jouera sur les deux : plus d’épargne mobilisée par les banques ET moins de crédit pour les ménages et les entreprises. Il est difficile de prévoir comment se fera la répartition, mais il y aura un effet des deux côtés : actionnaires et emprunteurs. Il est faux de croire que les actionnaires supporteront toute la charge, en ayant une rentabilité inférieure, parce qu’on ne peut pas les obliger à investir dans les banques. Il est tout aussi faux de dire – comme le fait Pérol – que les emprunteurs supporteront toute la charge, car une banque qui tente d’augmenter de manière ses marges et commissions verra les clients partir à la concurrence.

    Il reste une dernière manière d’améliorer les ratios tout en préservant la rentabilité des fonds propres, et cela risque de se produire aussi. Elle consiste à vider les bilans de tous les investissements « risqués » (i.e. pondérés par un gros coefficient dans les règles de Bâle) et les remplie d’investissements « sûrs » (i.e. pondérés par un faible coefficient) : la dette publique…

    GSF

    1. En employant le terme épargne, vous brouillez les pistes et jouez sur sa connotation.

      En réalité, il s’agit de distraire d’opérations plus lucratives sur les marchés financiers des capitaux qui n’ont de toute manière aucune vocation à investir dans l’économie.

      C’est en ce sens que la diminution du retour sur fonds propres des banques les préoccupe. Cela incite les investisseurs à exiger des taux plus élevés pour participer à leur renforcement. Au détriment des marges des banques.

      C’est bien pourquoi, les banques ont l’intention de répercuter sur leurs clients ce qui est appelé abusivement la montée du risque et qui n’est en réalité que la diminution de leur rentabilité, qu’elles veulent rétablir.

      Quant à la possibilité pour les clients d’une banque d’aller voir ailleurs, restons sérieux ! La montée des intérêts sera répercutée par tous et la concurrence entre elles sur ce terrain marginale.

    2. @ François Leclerc

      Je voulais souligner qu’il n’y a pas de repas gratuit. Plus de fonds propres dans les banques, ça sera moins de fonds propres ailleurs, ou moins de consommation, ou moins de quelque chose. C’est un choix qui a logiquement un coût : quel coût, pour quoi ?

      Qu’il n’y a pas de malentendu : je suis d’accord avec vous que l’insuffisance des fonds propres des banques est scandaleuse, mais il ne faut pas laisser entendre qu’on peut les augmenter par simple décret, sans aucun coût. Par ailleurs, il faut se demander pourquoi cette réglementation est nécessaire. C’est ce que je dis en réponse à votre billet ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15982#comment-109844

      On pourrait par exemple se demander pourquoi on ne rencontre pas le même problème dans l’industrie et les services. Le niveau de fonds propres des fabricants automobiles n’est pas réglementé. Pourquoi ? S’il suffisait d’augmenter son effet de levier pour accroître la rentabilité du capital, les actionnaires le feraient dans TOUTES les industries, et pas seulement dans la banque. Qu’est-ce qui rend la banque spécifique (hormis le fait d’être une forme de sorcellerie pratiquée par des suppôts du diable 😉 ) ?

      L’explication classique est la suivante : c’est parce que les banques ont des garanties publiques qu’elles doivent être réglementées. C’est l’existence d’un prêteur en dernier ressort et de la garantie des dépôts qui provoque un aléa moral, ce qui conduirait à des catastrophes si les banques ne sont pas réglementées.

      On peut bien sûr continuer comme aujourd’hui : garder le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts, et réglementer la financer. Pourquoi ne pas envisager de supprimer le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts ? Oui, c’est tout à fait envisageable, et envisagé par certains économistes. Historiquement, lors de la création de la garantie des dépôts, les banquiers eux-mêmes y étaient d’ailleurs opposés, car ils savaient pertinemment que cela encouragerait les opérations irresponsables.

      Cdt,
      GSF

    3. @GSF: « Plus de fonds propres dans les banques, ça sera moins de fonds propres ailleurs »

      Exact, mais où? Cet argent n’est pas celui des petits épargnants car il est déjà comptabilisé dans les dépôts. Il s’agit donc d’argent qui n’est actuellement ni emprunté par les banques, ni dans leurs fonds propres. C’est donc en gros l’argent de la spéculation (marchés obligataires, des devises, etc)qui serait ainsi déplacé vers les fonds propres des banques. Une partie de cet argent de la spéculation est au hors-bilan des banques et devrait revenir dans le bilan.
      Le choix est donc:
      1) renforcer les fonds propres des banques et provoquer un krach sur les marchés financiers.
      2) diminuer la taille du bilan en diminuant le volume de crédit qu’elles accordent. Ce qui provoquera un krach de la consommation.

      Seule l’option 1) est envisageable et cela ne gênerait pas les capitalistes si les banques peuvent leur donner un return identique. Pour ce faire, les banques doivent tondre leurs déposants, c’est-à-dire provoquer un krach de la consommation.

      Ou l’on voit que le choix est entre un régime d’engraissement plus modéré pour les capitalistes ou d’amaigrissement pour les consommateurs. Vu qu’il est plus facile de se rationner un peu plus lorsqu’on est habitué à jeûner que de diminuer sa dose lorsqu’on est boulimique, j’ai ma petite idée sur ce qu’il va se passer…

    4. @GSF : « Pourquoi ne pas envisager de supprimer le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts ? »

      Why not? Mais alors cela signifie aussi qu’on ne peut plus obliger les gens à passer par une banque. Fin de l’interdiction de thésauriser à la maison, fin du paiement électronique obligatoire à partir d’un certain montant, risques fréquents de bank run, libéralisation complète de l’activité de la banque, escroqueries en tout genre, braquages de fourgons, etc. Retour au XIXè siècle américain et problèmes en perspective…

    5. @GSF : « moins de fonds propres ailleurs, ou moins de consommation, ou moins de quelque chose. C’est un choix qui a logiquement un coût : quel coût, pour quoi ? » : aucun coût à mon avis, mais un manque à gagner, ce qui n’est pas du tout la même chose. Le manque à gagner vient de ce que les sommes immobilisées en fonds propres ne rapportent rien, mais c’est le principe de toute assurance : ça sert en cas de pépin, et c’est donc par rapport aux pépins qu’il conviendrait d’en estimer le « coût ».

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