Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement…

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La phrase suivante a été prononcée par François Pérol président de la Fédération des Banques Françaises (FBF), dans une entretien accordé hier au Figaro. à propos des nouvelles règles de provisionnement proposées par le Comité de Bâle, règles qui devraient être approuvées en novembre lors de la réunion du G20 à Séoul.

Toutes choses égales par ailleurs, avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités, cela veut dire une pression plus forte sur les risques que nous prenons, donc sur le crédit, et sur la rentabilité de ces risques, donc sur les taux d’intérêt.

Dans un billet invité, sur ce blog, François Leclerc commente ce passage en écrivant :

Admirons la « pression plus forte sur les risques », c’est à dire sa diminution, qui par un étrange renversement de l’argumentation permet de justifier celle des taux d’intérêt, qui devraient au contraire baisser si l’on se considère en bonne orthodoxie que c’est le risque qui est rémunéré dans l’activité de prêt et qu’un risque réduit devrait logiquement impliquer un taux d’intérêt moins élevé. Relevons qu’il est discrètement fait référence à « la rentabilité de ces risques », pour ne pas dire celle du capital.

Il s’agit là d’un bon résumé mais la phrase me semble mériter une analyse plus approfondie sur un plan différent : celui de l’éthique. Traduisons-la d’abord en français avant d’essayer de la comprendre :

* Laissons tomber d’abord le « toutes choses égales par ailleurs » puisqu’on pourrait faire précéder n’importe quelle phrase par cet intéressant préambule.

* « Avoir plus de fonds propres pour les mêmes activités », signifie « devoir provisionner davantage les mêmes activités, devoir faire davantage de réserves en cas de pépin ».

* Proposition suivante : « cela veut dire une pression plus forte sur les risques que nous prenons », il ne s’agit pas des risques, mais des crédits accordés. Pourquoi dire « risque » au lieu de « crédit » ou de « prêt » ? Pour tirer parti d’une considération secondaire : le fait qu’accorder un prêt pour une banque, cela représente un « risque de crédit » : le risque de ne pas être remboursée. Mais ce n’est en réalité pas du tout du risque qu’il est question dans ce bout de phrase, c’est de rentabilité : augmenter les provisions n’augmente pas le risque (cela le réduit bien entendu !), mais faire davantage de réserves impacte la rentabilité, c’est donc la rentabilité, le profit des banques, qui subit « une pression plus forte », pas le risque qu’elles courent !

* Proposition suivante : « donc sur le crédit » = « donc sur l’activité d’accorder du crédit en général ».

* « … et [une pression plus forte] sur la rentabilité de ces risques », encore une fois, « risque » est utilisé ici au lieu de « crédit » ou de « prêt ». Le passage signifie donc « [une pression plus forte] sur la rentabilité des prêts que nous accordons ».

* « … et [une pression plus forte] sur les taux d’intérêt » = « il nous faut donc hausser les taux d’intérêt sur les crédits que nous accordons ».

Remettons tout cela ensemble :

Devoir provisionner davantage les mêmes activités, devoir faire davantage de réserves en cas de pépin, cela veut dire pour les banques une rentabilité plus faible, un profit plus faible, sur les prêts que nous accordons, donc sur l’activité d’accorder du crédit en général, et sur la rentabilité de ces prêts, et il nous faut donc hausser les taux d’intérêt sur le crédit que nous accordons ».

Une fois traduit en français, le passage cité plus haut de l’entretien accordé par François Pérol au Figaro veut donc tout simplement dire : « la perte de rentabilité que nous subissons du fait de ce provisionnement [imposé par le Comité de Bâle], nous la passerons entièrement au client ». Le prix qu’il a fallu payer pour dire cela sans l’avoir dit vraiment, c’est d’avoir utilisé le mot « risque » à la place du mot « crédit » ; c’est d’avoir suggéré que la banque allait hausser les taux d’intérêts exigés du client parce qu’elle courait un risque supplémentaire alors que son risque est en réalité réduit et que c’est uniquement son profit qui est atteint.

Maintenant sur le plan de l’éthique, puisqu’on parle dans la presse de « moraliser la finance », utiliser le mot « risque » dans le passage cité, alors que l’on veut dire « prêt » ou « crédit », est-ce honnête ? Allez, je me mouille : je ne le pense pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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174 réflexions sur « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement… »

  1. Bonjour PAUL
    Prenez soin de votre santé;
    Pas de café,une marche de 30 minutes par jour,de la gelée royale et un dosage de la vitamine D (99 pour cent des personnes au -dessus de la Loire présentent un déficit de vitamine D).

    1. oui c’est important la santé

      Consommer fréquemment des oeufs, des champignons et du poisson est le plus sur moyen d’augmenter son apport en vitamine D.

    2. Là, il est clair que coté poisson, je n’ose même pas imaginer ne serait-ce qu’une poissonnerie de supermarché qui n’aurait pas une qualité irréprochable.

      Là, contrairement aux produits financiers dérivés, un Breton sait ce qu’il achète… 😉

  2. Sans être aussi technique que vous, je tiens également à exprimer quelque chose d’important je crois.

    Oui c’est vrai, j’ai souvent remarqué que lorsque je rentre parfois dans une banque pour mieux y faire un retrait au chaud et non sous la pluie, j’ai souvent constaté que le banquier ne se risque jamais à me dire le bonjour en premier, voulant peut-être me signifier par là que c’est bien lui d’abord le propre Maître de ma vie ou de la Société dans son ensemble enfin si cela lui chante,
    moi à vrai dire cela m’est bien égal depuis le temps que je lui tourne la tête comme lui, car qui a déjà vu un banquier aussi rendre le monde moins snob plus différent de lui en conduite comme en esprit …

  3. Pour revenir sur Mr Madelin,
    Sous Mr Juppé ,premier ministre,Mr Madelin ministre de l’industrie était qualifié de « boite à idées »
    Une boite à idées c’est avoir 100 idées par jour,4 sont bonnes mais ne pas savoir lesquelles.

    1. Je ne crois pas que ces gens là puissent vraiment avoir de meilleures idées pour les autres, cela ne concerne pas hélas que Mr Madelin, pensez-vous vraiment que des gens comme ça, des gens comme Mr untel et untel comme ou alors la même troupe de théatre de l’autre bord politique puissent vraiment avoir de meilleures idées pour autrui, pour le pays, comme pour ailleurs, pensez-vous le système mondial est en réalité fait d’une telle façon que votre petite boite à idées ne peut même plus rendre service déjà à votre propre pays, au début bien sur cela m’ennuyait beaucoup et puis avec le temps j’ai finis par accepter le déroulement des choses, que ces gens là imposent d’abord leurs idées aux autres, comme ça on verra mieux à la fin à quoi ça ressemblera pour le plus grand nombre de malheureux.

  4. Bonjour,

    Je suis du coin de l’œil la discussion des filles discussion des filles … Voici deux extraits trouvés ici : http://fr.wikisource.org/wiki/Qu%E2%80%99est-ce_que_les_Lumi%C3%A8res_%3F#cite_ref-4

    « Une révolution peut bien amener la chute du despotisme d’un individu et de l’oppression d’un maître cupide ou ambitieux, mais jamais une véritable réforme dans la façon de penser ; de nouveaux préjugés serviront, tout aussi bien que les anciens, à conduire les masses aveugles. »

    « Or il y a beaucoup de choses, intéressant la chose publique, qui veulent un certain mécanisme, ou qui exigent que quelques membres de la société se conduisent d’une manière purement passive, afin de concourir, en entrant pour leur part dans la savante harmonie du gouvernement, à certaines fins publiques, ou du moins pour ne pas les contrarier. »

    C’est là un véritable éclairage de la crise actuelle. L’approche économique n’apportera dans le meilleur des cas que des solutions qui déplaceront le mal. La société de consommation se nourrit de notre manque chronique d’éclairage. On retrouve cette idée chez des auteurs antérieurs à Aristote, je pense notamment à Lao Tseu. C’est dire si le fait d’apporter des solutions en surface, qui permettront à l’homme de replonger dans le confort de l’ombre, ont peu de chances d’être efficaces au-delà de la légitime euphorie qui fera suite à leur mise en application !

    Le but premier de la ponction de la finance (entre autres, la liste est longue…) que vous critiquez n’est pas de permettre à une minorité de s’enrichir mais de maintenir le non-éclairage de la population. Ce serait en effet beaucoup plus grave à leurs yeux si le peuple se rendait compte de sa servitude ! N’est-ce pas ? S’il n’y avait plus le manque et donc le désir qu’entretiennent ces ponctions la société de consommation imploserait. Et sans préparation je ne donne pas cher de l’avenir qui nous attendrait alors. Cette société dont nous rêvons ne pourra advenir que si tout le monde a pris conscience. Ne prépare-t-on pas le terrain avant de monter l’édifice ?

    Pour en venir au billet, accorder trop d’importance à la phrase de François Pérol c’est accorder trop d’importance à sa « classe », ça les conforte dans l’idée qu’ils sont supérieurs et ça nous conforte dans l’idée qu’il nous faut les déloger…de leur place « au sommet » du système…SANS remettre en cause ledit système et même en le légitimant. Voilà l’erreur que nous commettons depuis des siècles malgré de nombreux et anciens éclairages

    1. @Fab : « SANS remettre en cause ledit système » ? Mais on ne peut pas tout faire ni tout dire à la fois, et ici les billets n’ont pas pour but de répéter inlassablement que le système est pourri. On n’arrête pas de contester « ledit système » !!! Au contraire de vous, je pense que cette attitude des banques est tellement scandaleuse qu’elle méritait un billet supplémentaire (car François en parle aussi) pour qu’aucun visiteur n’en perde une miette. (Cf. mon premier post.)

    2. Fab

      S’il y a une personne qui s’emploie à faire la critique radicale du système, car fondée sur l’enquête et la mise au jour de nouvelles vérités, et qui y met toute son énergie c’est bien le créateur de ce blog.

      Désolé, mais ce que vous nous dites me parait contreproductif. L’humanité a certes traversé d’autres crises mais la crise actuelle est tout à fait inédite par sa nature et par son ampleur. A crise inédite, réponses inédites. Le recours aux sagesses antiques peut sans doute apporter un certain réconfort moral individuel, et on en tous besoin dans les périodes difficiles, mais elles ne peuvent apporter les réponses intellectuelles qu’elles ne n’ont pas par définition. C’est pourquoi la philosophie est supérieure aux sagesses constituées. Les philosophies sont supérieures parce que tout en visant la sagesse elles ne s’y confondent pas. La philosophie introduit une dimension historique, dialogique, et donc critique dans la recherche de la sagesse. La sagesse se confine dans la pure immanence des choses ne marquant pas de ce fait une distinction bien nette entre l’individuel et le collectif, distinction qui permet pourtant de prendre la hauteur nécessaire par rapport aux choses quand celles-ci exercent sur nos existences une emprise redoutable. (cf débat sur la propriété.)

      Le raisonnement scientifique, qui s’est lui-même développé à partir de la philosophie, est comme l’a montré Paul dans Comment la réalité et la vérité furent inventées, antisymétrique, ce qui signifie qu’il part de prémisses connues et supposées vraies lesquelles sont comme les fondations à partir desquelles un raisonnement se construit pour établir la raison des choses. (La raison c’est le moyen terme dans le syllogisme). On quitte le domaine de la pensée réversible propre aux sagesses. Le raisonnement est donc à la fois une réponse aux problèmes qui se posent — aujourd’hui à l’humanité — et une mise à distance entre l’ordre de la pensée et celui du monde, ce qui permet précisément de considérer de nouveaux rapports entre les choses du monde, et, partant de faire le monde autrement.

      On pourrait alors penser de prime abord que cette prise de distance initiale d’avec le monde nous éloigne de la vie. Je pense au contraire qu’elle nous en rapproche si l’on admet que la pensée comme activité et le développement de la vie ne font qu’un. Ainsi d’un point de vue phénoménologique nous ne vivons pas dans le monde, mais c’est le monde, toujours objet de transformation, qui se trouve être une émanation de la vie. Quoi de plus critique et constructif comme démarche ?

      Concernant la question du désir, je ne suis pas d’accord non plus. Le désir n’est pas une pathologie.
      Qui plus est le système actuel a plutôt tendance à tuer le désir.
      Le désir ne résulte pas du manque c’est au contraire un excès provoqué par le mouvement même de la vie.
      La nouveau monde sera donc un monde de désirs ou ne sera pas.
      La résolution de nos problèmes ne résidera pas dans l’ataraxie mais dans une domestication — via de nouvelles institutions — des passions humaines, d’où l’intérêt de soumettre l’économie au politique avec les mesures que préconise Paul.

    3. michel lambotte,

      ‘Savez ce qu’on dit : un petit pas pour l’homme…alors imaginez un grand saut !

      Pierre-Yves D., est-ce bien Le Pierre-Yves D. du blog ?

      De quoi parlez-vous !? D’une philosophie supérieure ? D’un raisonnement qui affirme connaître les problèmes qui se posent à l’humanité sans l’ombre d’un doute ? D’une société de consommation qui voudrait tuer le désir ? De cette même société qui s’applique à créer des besoins qui ne seraient pas ressentis comme des manques !!!!? D’une domestication des passions humaines, cette passion qui selon Aristote « est ce qui, en nous modifiant, produit des différences dans nos jugements et qui est suivi de peine et de plaisir. » ?

      Chaque spécialité (psychanalyse, économie, religion, philosophie…) pose les problèmes qu’elle considère comme cruciaux, les seuls dont la résolution pourra sauver le monde. Feraient mieux de s’appliquer à aider l’homme à se libérer plutôt que de chacun leur donner leur propre poisson !

      Vous aimez la philosophie…Pour vous : http://www.page2007.com/news/nietzsche-zarathoustra-des-tarentules

  5.  » si l’on se considère en bonne orthodoxie que c’est le risque qui est rémunéré dans l’activité de prêt et qu’un risque réduit devrait logiquement impliquer un taux d’intérêt moins élevé. »

    Il ne faut pas confondre le risque de defaut de la banque avec celui de l’emprunteur.
    Le risque de défaut d’un emprunteur ne diminue pas du fait des reserves supplementaires tandis que le cout d’une operation de pret augmente pour la banque. Ce n’est donc que pure logique si les taux montent.
    Le taux d’interet d’un pret accordé par une banque à un emprunteur rend compte de la probabilité de défaut de l’emprunteur, en aucun cas de celui de la banque…

    1. @Jean : « Il ne faut pas confondre le risque de defaut de la banque avec celui de l’emprunteur. » : vous croyez sérieusement que Paul a confondu ces deux risques ?

      « Ce n’est donc que pure logique si les taux montent. » : c’est donc pur illogisme s’ils descendent…

    2. @Jean

      Vous dites tout et son contraire. Si, comme vous l’écrivez, le taux d’intérêt rend compte du risque de défaut de l’emprunteur, l’augmentation des fonds propres n’accroît pas ce risque. En bonne logique, on ne voit pas pourquoi la perte de rentabilité induite devrait être compensée par une augmentation de ce taux. Ce n’est donc pas « pure logique si les taux montent ».
      Vous ne seriez pas actionnaire d’une banque par hasard?

    3. Bonsoir à toutes et tous,

      Pour rappel, la bonne orthodoxie dans la tarification d’un crédit voudrait (notez le conditionnel) que plusieurs éléments soient pris en considération. Cela avait été abordé sur un « post » dont je n’ai plus les coordonnées, mais c’est peut être bon de le rappeler.

      Le premier élément est celui du taux de référence sans risque, qui correspond au profil de maturité du crédit (cela dépend s’il y a de l’amortissement du capital ou non). Certaines institutions, pour ce taux de référence, choisissent parfois le taux des IRS (swaps de taux d’intérêt), car elles considèrent qu’il faut tenir compte de la prime de risque (oui, oui) sur le secteur bancaire pour fixer le taux de référence.

      Le second élément est le coût lié à la création, à la vente et à la gestion du crédit.

      Le troisième élément est la couverture du risque de crédit, c’est à dire les pertes probables sur le portefeuille. A noter que toujours selon la bonne orthodoxie, les pertes non-prévues devraient normalement être couvertes par les fonds propres. Mais nous jouons là avec les notions statistiques, et il faut toujours, pour estimer les fonds propres dits économiques (c’est de la terminologie, ne m’en veuillez pas), définir l’intervalle de confiance.

      Le quatrième élément est celui des fonds propres qui sont « réservés » pour le crédit, en fonction des attentes des actionnaires quant au ROE. Là également, la banque peut choisir soit les fonds propres purement réglementaires, soit les fonds propres « économiques ». A noter que c’est en général ce que les grandes institutions font, le compte de fonds propres (pour raison d’optimisation, re oui oui) étant géré par ailleurs. Voir les méthodes RORAC, RAROC, etc.

      Enfin, le dernier, et peut être non le moindre, la marge bénéficiaire, laissée bien entendu à l’entière discrétion des conseils d’administration.

      Bâle III va probablement entraîner l’introduction d’un nouvel élément, celui de la prime de liquidité, mais cela est certainement une autre histoire et une belle bagarre en perspective dans les banques entre les départements opérationnels et ceux responsables de la gestion des risques (bilantaires).

      Donc, en conclusion, le taux du crédit peut normalement varier en fonction de ces éléments, qui respectivement peuvent évoluer dans des sens opposés. Si le risque augmente/diminue, il pourrait arriver que proportionnellement, le taux du crédit ne varie pas dans la même proportion.

      En vous souhaitant à toutes et tous une excellente nuit.

      Bien cordialement

  6. Elles manquent d’un minimum de pudeur  !

    Trois associations bancaires allemandes viennent d’adresser à Angela Merkel, la chancelière, une lettre commune qui montre que la bagarre est engagée avec les Etats sur les marchés obligataires.

    L’objet du courrier, qui a été rendu public par Welt am Sonntag, est exprimé ainsi  : « Nous considérons, à la suite des stress test des banques, que des tests de même nature devraient réalisés afin de mesurer la solidité des politiques financières d’emprunt des Etats ».

    Le sens de cette initiative est d’appuyer les efforts du gouvernement allemand d’imposer dans toute la zone euro une politique de restrictions budgétaires afin de réduire les déficits publics. En essayant de faire adopter un arsenal de punitions, qui vont de la suspension du droit de vote au sein des instances communautaires à la fermeture des accès aux fonds européens.

    S’appuyer sur des stress tests réussis par les banques, dont il a été largement montré qu’ils étaient de circonstance et n’allaient pas au fond des problèmes, alors que les projecteurs viennent d’être braqués à l’occasion des négociations de Bâle III sur l’état désastreux du système bancaire allemand, est déjà proprement indécent.

    En faire usage afin de demander que les Etats européens, dont la situation financière tendue résulte directement des effets de la crise financière, soient mis au pas, cela risque de devenir scabreux.

    Cette démarche a un sens bien précis : elle a pour objectif d’obtenir que les Etats fassent place nette le plus vite possible sur les marchés au profit des banques qui vont devoir beaucoup les solliciter pour remplir leurs nouvelles obligations de renforcement de leurs fonds propres.

    Ce n’est pas exactement ce que l’on appelle la reconnaissance du ventre.

    1.  » Le sens de cette initiative est d’appuyer les efforts du gouvernement allemand d’imposer dans toute la zone euro une politique de restrictions budgétaires afin de réduire les déficits publics. En essayant de faire adopter un arsenal de punitions, qui vont de la suspension du droit de vote au sein des instances communautaires à la fermeture des accès aux fonds européens.  »

      Quel autre plus grand chantage de plus et pour le monde demain ?

      Ces gens là dirigent bien d’abord le monde et puis après ce sont les politiques, les marionnettes à l’image qui entérinent à la lettre leurs idées, avant bien sur ce n’était pas toujours aussi évident à démontrer pour un interlocuteur comme envers un bon démocrate bien naif et gogo, mais là depuis quelques temps faut bien reconnaître que l’homme moderne, actuel, a quand même sacrément progressé depuis la seconde guerre mondiale, avec en prime certainement une autre calamité à venir et alors tout sera prêt pour mieux remettre intégralement le monde entre les mains du plus cruel adversaire de l’homme.

      Pour être plus clair pour les petits enfants on s’approche bien de plus en plus de la dictature des marchés sur l’homme ou l’humanité souffrante.

      Ben quoi faut pas non plus s’attendre à ce que le monde passe comme ça d’un niveau à un autre sans en subir davantage les funestes conséquences matérielles pour le plus grand nombre …

    2. Le monde est en fait rempli de beaucoup plus de Maîtres-chanteurs de nos jours, évidemment à force ça fait de plus en plus à l’homme comme à la femme d’ailleurs içi ou là, pauvres enfants du monde.

    3. Très bien la guerre à commencée entre banques états tous endettés qu’ils s’autodétruisent le plus vite possible.

    4. @ Jeremie

      Nous sommmes réellement dans une dictature des marchés, qui se traduit par une dictature du salariat et une dictature de l’emploi.
      Comme vous, je pense que l’occident doit passer et passera de toutes manières par une recession telle qu’il ne sera plus possible d’éviter un changement de civilisation surtout que les problèmes environnementaux et d’épuisements des ressources se posent de manière de plus en plus urgente.
      Le problème est de savoir comment réunir 70% des gens autours de solutions réalistes.

    5. @ michel lambotte

       » Le problème est de savoir comment réunir 70% des gens autours de solutions réalistes.  »

      Parfois j’en viens à me dire que le principe démocratique n’est peut-être pas non plus le procédé le plus adéquat pour permettre à une société humaine de passer réellement à un stade supérieur et surtout moins asservissant, c’est-à-dire beaucoup moins prévisible et machinal sur le plan de la matière, la monarchie n’étant plus du tout à la mode dans les coeurs comme les esprits surtout par rapport aux premiers tenants de l’oligarchie policito-financière mondiale. Je me demande en effet comment donc pourrons-nous éviter le pire la prochaine fois, rappelez-vous c’était un peu le même genre de propos lors de la dernière élection démocratique pourvu que cela ne se reproduire pas trop ailleurs, à vrai dire c’est lorsque l’homme accepte sincèrement de s’en remettre à de meilleurs pensées ou alors à meilleur principe que les choses se passent déjà un peu mieux, mais ça ce n’est pas non plus ce que recherche et réclame la plupart des êtres sur terre.

      Je reconnais en effet que mon propos pourrait déconcerter quelques personnes surtout actuellement, à vrai dire plus nous recherchons à éviter la dictature idéologique des uns comme des autres et plus c’est hélas la dictature des marchands qui prend tout la place sur terre malgré d’ailleurs notre pitoyable classe politique actuelle comme partout ailleurs c’est la tendance …

  7. @ Saint François,

    Bonjour,

    Jésus passe dans l’époque, fait un stage de trente et quelques ans, il pianote sur un blog:

    « Bonjour. Heu, ben, je voulais juste vous dire que je vous aime.
    J’ai bien regardé partagé toutes vos souffrances, et la somme de toutes nos obligations partagées m’ont laissé la liberté, le droit et l’intérêt de mourir en riant, avec le sentiment d’avoir gagné au change. Rien n’a changé…cool »

    Marx lui répond:

    « Camarade, le Capital est passé, tu es dépassé, le veau d’or c’est terminé, le veau d’argent c’est has been, la cocotte de papier est usée, aujourdhui c’est la vache sacrée électronique-ta mère t’attend, allez va donc au diable, le peuple est roi, les classes, c’est la vraie école, la classe quoi! »

    Freud intervient:
    « Et avec votre père…? Il est toujours saint d’esprit? »

    Jésus se gratte la tête…Nom d’un Christ, mais c’est bien sûr, j’ai oublié de faire des miracles !
    Mais…c’était leur tour, depuis le temps qu’ils se fatiguent à être malins, ils sont toujours aussi …nom de papa! Mais ils en ont fait du chemin, le borgne est un peu roi, mais il ont câblé l’univers de leurs envies, maintenant que tout est virtuel, ils ont réellement compris, je peux y aller, ils ont compris j’en suis convaincu…

    Et pfffuit! Lumière, flash, tout le toutim, il repart..
    Son pote qui lui avait prêté l’ordi se tape encore la tête contre les murs, il avait même pas branché la webcam !

    Pas de bol, avec un bon agent, il aurait fait un tabac, le marché mondial lui tendait les bras !

    (Un hors série pour la BD?)

    1. …Bonne idée, je trouve l’histoire extraordinaire…Très cool….Do..it…La BD… Reste encore l’ultime possibilité de transmettre sans se bloquer sur les idéogrammes….

  8. Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »
    Livre d’Amos 8,4-7.

    1. » Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits. »
      Livre d’Amos 8,4-7.

      Beaucoup de croyants de nos jours n’ont hélas pas toujours mieux compris certains épisodes bien tragiques de l’histoire, Jérémie d’ailleurs en ce temps là n’était pas non plus le plus tendre à l’égard des puissants et de leurs méfaits, et pourtant il faut bien parfois apprendre à les oublier car l’ancien testament ça va un peu aussi.

       » Il m’a insulté, il m’a frappé, il m’a fouetté, il m’a rabaissé, il m’a vendu, il m’a mis des chaines, il m’a humilié, il m’a mis des clous, il m’a volé, il a pris ma place, il s’est moqué, il m’a étiquetté, il a même pris tous mes biens, etc, etc, évidemment lorsqu’on pense continuellement à ce genre de choses envers tant de mauvaîs Maitres de plus  » On ne fait que tourner continuellement en rond
      en soi comme sur terre et en société non seulement cela ne résoud rien, mais cela ne change pas mieux le vocabulaire du monde, des choses, c’est en fait la même information continuelle qui se perpétue continuellement dans les esprits, les coeurs et les corps …

      Si ça peut néanmoins faire vendre encore beaucoup de livres sur les étalages mais c’est tout.

  9. Livre d’Amos 8,4-7.

    Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays,
    car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances.
    Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
    Le Seigneur le jure par la Fierté d’Israël : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

    Le livre d’Amos est un livre de la Bible hébraïque. Il fut rédigé vers 800 avant l’ère chrétienne.

    Le prophète Amos, dont le nom signifie « porteur », était originaire de Thekoa, une ville du royaume de Juda, au sud de Jérusalem. Amos était berger et homme de la terre.
    Wikipédia

    1. @Philémon, transmission de pensée, transmission du même mal qui nous ronge.
      Jérémie a raison, nous tournons en rond, mais les ronds se resserrent tel un nœud coulant au dessus de nos têtes.
      J’ai été voir ‘Wikipédia)ce qui se passait en l’an 800 avant JC
      * La Grèce vit une crise sociale, avec l’enrichissement des riches propriétaires terriens, et une augmentation des pauvres, ce qui aboutit à la création d’un prolétariat rural, à l’exode vers les villes ou le départ dans les colonies. Dans le même temps, le commerce connaît un grand développement favorisé par l’apparition des monnaies et la création d’une classe de commerçants et d’artisans. La nouvelle « bourgeoisie » demande à être plus associée au pouvoir politique et le prolétariat agricole réclame une redistribution des terres et l’abolition des dettes, par des mouvements sociaux.

      * Avènement de l’aristocratie dans la plupart des villes grecques. L’esclavage se développe.
      * Les Grecs colonisent le monde méditerranéen.

    2. L’impact est fort et puissant, mais reste-t-il conséquent de nos jours, suffisamment tourmentés par les dogmes religieux, qui par ailleurs ne font, au fond, pas si mauvaise recette…Puisque vous citiez …Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »…etc..

  10. Il n’ y a que deux voies possibles :
    1. Une grande réforme avec la collectivisation et la mutualisation des banques et du crédit, crédit dont la nature devrait toujours être lié à la notion d’intérêt général.
    2. La voie révolutionnaire : interdiction totale du crédit et suppression des banques.
    Si la deuxième alternative paraît encore plus utopique, la première impose la suppression de la propriété privée…
    Pour moi, tout autre proposition, aussi logique soit-elle n’a pour objectif que maintenir en place le système en corrigeant les excès, ce qui est tout aussi utopique si ces excès ne sont pas des excès mais les manifestations visibles de l’essence du capitalisme.

  11. J’aime beaucoup le poker. Trop souvent vu comme un simple jeu de hasard, peu se rendent compte du nombre d’éléments stratégiques et mathématiques qui permettent à certains joueurs de développer un jeu qui se révèle profitable sur le long terme. Quel rapport me direz-vous ?

    Un concept fondamental au poker, c’est la notion de « bankroll management ». Pour être rentable sur le long terme, il est indispensable de prendre en compte les fluctuations de court terme, voire de moyen terme, parce qu’il serait idiot d’ignorer la part de hasard que comporte le jeu. Cela signifie qu’avant de jouer, et avant de jouer plus gros, il faut se constituer un matelas, une réserve qui permettra d’essuyer les pertes de court ou moyen terme, dues à la malchance (ou à certaines erreurs passagères). Beaucoup préfèrent ignorer ce concept, qui freine leur progression, et ils pleurent quand arrive cette succession de malchance, pourtant statistiquement presque inévitable.

    Il y a nécessité d’augmenter sa bankroll soit quand, à variance équivalente, les montants en jeu sont plus élevés, soit quand, à montants en jeu équivalents, la variance des gains et pertes est plus élevées, soit quand les deux éléments sont réunis (évidemment), soit quand on se rend compte que la bankroll actuelle n’est pas suffisante.

    Dans les autres cas, on peut maintenir, voire diminuer sa bankroll. Et, bien entendu, gérer sa bankroll n’a aucun intérêt si on sait qu’on peut garder les profits de court et moyen terme, et que papa passera sa Mastercard si on se fait ratisser.

    Alors, à quand l’économie française gérée par ElkY, l’économie US gérée par Phil Ivey, l’économie australienne gérée par Joe Hachem, l’économie canadienne gérée par Daniel Negreanu, etc. ? Ben quoi…eux au moins, ils ont un bankroll management. 😀

    1. Tout à fait d’accord, les fonds propres relèvent de la « bankroll », et la gestion de celle-ci du bon sens armé d’un peu de stats. En mécanique, on parlerait de « volant d’inertie », moyen le plus simple de réguler un mouvement soumis à des variations de charge.

    2. « que papa passera sa Mastercard si on se fait ratisser. »

      Idem, grand amateur de poker.
      Il se trouve qu’ici les papas c’est nous et qu’on va tous sortir sa Mastercard. 🙂

  12. Est-ce la jouissance du pouvoir qui fait le plus naturellement du monde user de la langue comme un produit jetable; seul importe ces effets qu’on dira de levier. Considérons la prouesse, le jeu de passe-passe; c’est une langue qui s’adresse à un quidam pour la lui dérober, ne laissant au crédule que l’image inversée en lieu et place du double. à ce jeu de captif faut-il être déjà consentant. à se courber trop bas au risque de gerber. à laisser faire ce jeu on aura d’images miroir que la multiplication insensé du pavé qui le brise.
    un peu à coté, comme en échos, Tocqueville, dans ses Souvenirs, décrit ainsi Lamartine:
    «Je ne sais si j’ai rencontré […] un esprit plus vide de la pensée du bien public que le sien. […] Je n’ai jamais connu non plus d’esprit moins sincère, ni qui eût un mépris plus complet pour la vérité. Quand je dis qu’il la méprisait, je me trompe; il ne l’honorait point assez pour s’occuper d’elle d’aucune manière. En parlant ou en écrivant, il sort du vrai et y rentre sans y prendre garde; uniquement préoccupé d’un certain effet qu’il veut produire à ce moment-là…».

  13. certes, plussoyons, mais les encours de financements accordés impactent les réserves mécaniquement, et le métier de banquier c’est aussi de prendre des risques. Reconnaissons aussi la forte concurrence entre les établissements qui tire les taux à la baisse, surtout si la « collecte » est généreusement fournie par la banque centrale à un taux de 1% (faussant les règles du marché).
    conclusion : mieux vaut s’écarter des taux variables pour emprunter ; on risque de voir fleurir aussi de nombreuses émissions d’obligations convertibles, non ?
    mais je plussoie, oui.

  14. Diminution des risques, veut dire aussi diminution des défaillances de remboursement, d’où globalement une augmentation de rentabilité, c’est donc tout le contraire que devrait engendrer cette mesure.
    A moins que les risques de défaillances soient complètement oubliés par les banquiers, compte tenu que certaines ont été récemment couvertes par les États!

  15. Question simple M. Jorion : êtes vous pour ou contre la nationalisation des banques ? Votre article laisse penser que les banques devraient servir l’intérêt général et ainsi qu’une « utilité sociale », pour reprendre les mots de Mervyn King. Or, les banques sont des institutions privées et leur but est donc de faire du profit. De même qu’une entreprise non financière augmente ses prix lorsque ses coûts augmentent. Mais si vous pensez que les banques devraient avoir une utilité sociale, alors il faudra aller beaucoup loin que de simples règles sur les ratios de liquidité.

    1. Ces règles existaient jusqu’à il y a peu. C’était le Glass-Steagall Act. Les banques de dépôts (d’utilité sociale) et les banques d’affaires (qui peuvent jouer leurs billes où bon leur semble) étaient bien séparées. Les banques de dépôts faisaient donc du crédit, leur petit profit, et en échange l’Etat garantissait les dépôts.
      Maintenant que cette séparation n’existe plus, les dépôts sont en danger (ou plutôt, ils sont sans doute perdus) car les banques de dépôt les ont joué au casino. Les Etats essayent d’éviter le scandale, mais à force ils coulent avec les banques.

    2. Je m’invite pour donner ma réponse à votre question.

      Les nationalisations renvoient à la gestion des entreprises, banques ou autres, par l’Etat. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si l’on prend par exemple le cas de la distribution de l’eau en régie municipale (et non pas par des entreprises privées, que Philippe Séguin, qui savait probablement de quoi il parlait en tant que maire d’Epinal, a en son temps qualifié de grands corrupteurs). Mais cela renvoie surtout à l’image d’une économie administrée, comme disent ses pourfendeurs. A l’idée que l’Etat est un mauvais gestionnaire, ce qui n’est pas nécessairement faux. Et plus encore à la version pervertie du socialisme qu’a représenté l’URSS et qui ne peut heureusement plus prétendre être un modèle.

      Ce préambule posé, quelle est ma réponse  ? Sortir de la gestion privée les banques est nécessaire mais n’a de sens que dans le cadre d’une refondation de l’activité financière. Ainsi que dans celui d’une reconsidération de ce qu’est l’Etat. Car pourquoi devrait-il rester figé dans ses structures actuelles  ?

      L’idée d’autogestion ne résonne plus comme elle l’a fait. D’autant qu’il faut lui donner un contenu en prise avec la société d’aujourd’hui. Parler de dépérissement de l’Etat et de la prise en main par les citoyens de leur propre sort reste vague. C’est pourtant cette notion qu’il importe de mettre en musique. Non seulement au plan politique, par exemple en coupant court à la professionnalisation de celle-ci, mais pour la gestion même d’entreprises qui gèrent ce que l’on appelle des biens communs. Une notion qui demande elle-même a être actualisée, c’est à dire étendue.

  16. Pas mal!
    Mais on pourrait aussi traduire autrement Pérol en éliminant le postulat que passer à 7% de fonds propres amoindrit les risques.
    En effet, la banque pour gagner autant qu’avant va prendre plus de risques encore, au regard justement des 7%!
    Logique non? Quand on a un parachute on saute de plus haut.
    Prendre plus de risques ,veut dire des taux d’emprunts accordés plus élevés.
    Donc augmenter les fonds propres ça ne sert à rien. Ca ne fait que suivre betement l’augmentation des risques de faillites dus à la crise économique.
    Ce qui faudrait faire c’est interdire les produits dérivés et les titrisations.
    La BRI comparse et Pérol se moquent du monde.
    En rigolant on pourrait proposer l’inverse aux banques: 1% de fonds propres et aucune garantie des banques centrales, et plus de plans de sauvetage.
    Il faudrait alors voir la tronche de Pérol! Car la il serait obligé d’etre trés prudent!

    De fait la BRI pousse à la prise de risque les banques. Grosso modo on va vers une autre bulle en accablant encore plus l’économie réelle. Pour moi le systéme est neganthropique, on dirait l’instinct de mort de Freud.

    1. Denis Leclerc a raison quand il rapelle la difference entre action et obligation.
      Dans une action, il n’y pas obligation de dividende, à la difference de l’obligation.
      La titrisation de crédit ne meme pas a des actions, mais a des obligations (CDO)
      C’est a dire qu’en toute dernière analyse, la finance basée sur des titres obligataires
      ne relancera jamais l’économie, et est destinée à la faillite.
      L’avantage de l’action, c’est que le propriétaire assume les risques.
      Le propriétaire d’une obligation, lui ne veut rien assumer, et est pret à tuer la poule aux oeufs d’or pour se payer un dernier repas avant la disette.
      C’est plutot la négation du risque, la veulerie, la petitesse avaricieuse, et le zéro absolu de l’esprit d’entreprise qui conduit à la faillite.
      Un produit obligataire ne fait qu’augmenter le risque des entrepreneurs et des Etats.
      La stratégie employée par les néolibéraux est completement absurde, sauf s’ils veulent controler sans partage la planéte, aprés l’avoir ruinée:

      « Nous arrivons vers l’émergence d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin, c’est de LA CRISE MAJEURE et le peuple acceptera le Nouvel Ordre Mondial. » (David Rockefeller, membre du CFR).

    2. @izarn : je suis d’accord avec votre raisonnement mais il appelle une remarque, par rapport à Perol et le billet. Quand on exprime les faits sous une forme impersonnelle, (objective ?), par exemple quand vous dites : « la banque pour gagner autant qu’avant va prendre plus de risques », on donne l’impression qu’il existe une logique indépendante des acteurs, donc inhérente à la nature des choses et non pas des humains. Mais quand on présente les mêmes faits comme résultants d’un choix des acteurs, par exemple en disant comme Paul : « la perte de rentabilité que nous subissons (…) nous la passerons entièrement au client », l’on découvre qu’il n’y a pas de fatalité économique, mais des choix de type POLITIQUE qui pourraient être tout autre. Donc, à cause de la « mentalité » actuelle qui régit la finance, « augmenter les fonds propres ça ne sert à rien », effectivement, mais il n’empêche : ça devrait servir…

  17. « Savoir dans quel cas un abus peut devenir la loi, et la correction devenir un abus…Quand on ôte quelque liberté naturelle, il faut que l’avantage visible que l’on retire console de la perte de cette faculté. Quand une chose bonne a un inconvénient, il est ordinairement plus prudent d’ôter l’inconvénient que la chose. »…Disait Monsieur de Montesquieu, à bien y réfléchir… »Ce doit être le sort de ceux qui abusent que l’on en abuse bientôt contre eux-mêmes, et, comme l’injustice passe en d’autres mains, il sera éternellement de la sagesse des hommes d’avoir de la modération et de se réfugier dans l’équité. »…Ce disait-il encore…

    1. A partir d’une certaine conformité avec le monde, les êtres s’abusent continuellement contre eux-mêmes et puis après contre son prochain en société, se réfugier dans l’équité n’est pas non plus
      le meilleur refuge à chercher et à suivre comme un but à se fixer principalement en premier .

      Parfois je me demande mais comment des gens et en très grand nombre peuvent-ils encore se laisser diriger de la sorte en société comme dans le monde, ça dépasse parfois le simple bon sens …

    2. @ Jérémie
      @ Jérémie
      http://www.dailymotion.com/video/x1e7jj_extrait-i-comme-icare_school
      c’est lorsque l’autorité se lézarde que le sujet n’obéi plus.
      Nous sommes dans cette situation

      http://www.liberation.fr/monde/01012291329-la-taxation-des-transactions-financieres-nous-pouvons-la-decider-ici
      http://www.cercle.lu/article.php3?id_article=844

      Cette taxation, de la part des Ong on peut le comprendre, mais de la part de Sarkozy?
      Ce que je veux dire c’est qu’il y a une faille et qu’on doit en profiter

  18. Oui et non. On comprend bien le petit jeu auquel jouent les banques en ce moment. Elles disent aux politiques : si vous exigez plus de fonds propres, nous pourrons accorder moins de crédit pour « financer l’économie » (sic) et les entreprises et les ménages souffriront. Elles ne disent pas, mais elles le pensent très fort : la rentabilité de ces fonds propres va diminuer.

    C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. On estime que l’effet de levier des banques est trop fort. Pour mémoire, leurs fonds propres représentent environ 1/30ème de la taille totale de leur bilan. Le reste est financé par l’emprunt ou les dépôts des clients. Si l’on « pondère » leurs investissements selon leur niveau de risque, le ratio baisse certes un peu mais il reste élevé. Il n’y a que deux manières de réduire l’effet de levier des banques :
    1) renforcer leurs fonds propres, ce qui signifie que des épargnants investissent dans leur capital (et cette épargne n’est plus disponible pour financer autre chose) ;
    2) diminuer la taille du bilan en diminuant le volume de crédit qu’elles accordent.

    Le durcissement de la réglementation jouera sur les deux : plus d’épargne mobilisée par les banques ET moins de crédit pour les ménages et les entreprises. Il est difficile de prévoir comment se fera la répartition, mais il y aura un effet des deux côtés : actionnaires et emprunteurs. Il est faux de croire que les actionnaires supporteront toute la charge, en ayant une rentabilité inférieure, parce qu’on ne peut pas les obliger à investir dans les banques. Il est tout aussi faux de dire – comme le fait Pérol – que les emprunteurs supporteront toute la charge, car une banque qui tente d’augmenter de manière ses marges et commissions verra les clients partir à la concurrence.

    Il reste une dernière manière d’améliorer les ratios tout en préservant la rentabilité des fonds propres, et cela risque de se produire aussi. Elle consiste à vider les bilans de tous les investissements « risqués » (i.e. pondérés par un gros coefficient dans les règles de Bâle) et les remplie d’investissements « sûrs » (i.e. pondérés par un faible coefficient) : la dette publique…

    GSF

    1. En employant le terme épargne, vous brouillez les pistes et jouez sur sa connotation.

      En réalité, il s’agit de distraire d’opérations plus lucratives sur les marchés financiers des capitaux qui n’ont de toute manière aucune vocation à investir dans l’économie.

      C’est en ce sens que la diminution du retour sur fonds propres des banques les préoccupe. Cela incite les investisseurs à exiger des taux plus élevés pour participer à leur renforcement. Au détriment des marges des banques.

      C’est bien pourquoi, les banques ont l’intention de répercuter sur leurs clients ce qui est appelé abusivement la montée du risque et qui n’est en réalité que la diminution de leur rentabilité, qu’elles veulent rétablir.

      Quant à la possibilité pour les clients d’une banque d’aller voir ailleurs, restons sérieux ! La montée des intérêts sera répercutée par tous et la concurrence entre elles sur ce terrain marginale.

    2. @ François Leclerc

      Je voulais souligner qu’il n’y a pas de repas gratuit. Plus de fonds propres dans les banques, ça sera moins de fonds propres ailleurs, ou moins de consommation, ou moins de quelque chose. C’est un choix qui a logiquement un coût : quel coût, pour quoi ?

      Qu’il n’y a pas de malentendu : je suis d’accord avec vous que l’insuffisance des fonds propres des banques est scandaleuse, mais il ne faut pas laisser entendre qu’on peut les augmenter par simple décret, sans aucun coût. Par ailleurs, il faut se demander pourquoi cette réglementation est nécessaire. C’est ce que je dis en réponse à votre billet ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15982#comment-109844

      On pourrait par exemple se demander pourquoi on ne rencontre pas le même problème dans l’industrie et les services. Le niveau de fonds propres des fabricants automobiles n’est pas réglementé. Pourquoi ? S’il suffisait d’augmenter son effet de levier pour accroître la rentabilité du capital, les actionnaires le feraient dans TOUTES les industries, et pas seulement dans la banque. Qu’est-ce qui rend la banque spécifique (hormis le fait d’être une forme de sorcellerie pratiquée par des suppôts du diable 😉 ) ?

      L’explication classique est la suivante : c’est parce que les banques ont des garanties publiques qu’elles doivent être réglementées. C’est l’existence d’un prêteur en dernier ressort et de la garantie des dépôts qui provoque un aléa moral, ce qui conduirait à des catastrophes si les banques ne sont pas réglementées.

      On peut bien sûr continuer comme aujourd’hui : garder le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts, et réglementer la financer. Pourquoi ne pas envisager de supprimer le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts ? Oui, c’est tout à fait envisageable, et envisagé par certains économistes. Historiquement, lors de la création de la garantie des dépôts, les banquiers eux-mêmes y étaient d’ailleurs opposés, car ils savaient pertinemment que cela encouragerait les opérations irresponsables.

      Cdt,
      GSF

    3. @GSF: « Plus de fonds propres dans les banques, ça sera moins de fonds propres ailleurs »

      Exact, mais où? Cet argent n’est pas celui des petits épargnants car il est déjà comptabilisé dans les dépôts. Il s’agit donc d’argent qui n’est actuellement ni emprunté par les banques, ni dans leurs fonds propres. C’est donc en gros l’argent de la spéculation (marchés obligataires, des devises, etc)qui serait ainsi déplacé vers les fonds propres des banques. Une partie de cet argent de la spéculation est au hors-bilan des banques et devrait revenir dans le bilan.
      Le choix est donc:
      1) renforcer les fonds propres des banques et provoquer un krach sur les marchés financiers.
      2) diminuer la taille du bilan en diminuant le volume de crédit qu’elles accordent. Ce qui provoquera un krach de la consommation.

      Seule l’option 1) est envisageable et cela ne gênerait pas les capitalistes si les banques peuvent leur donner un return identique. Pour ce faire, les banques doivent tondre leurs déposants, c’est-à-dire provoquer un krach de la consommation.

      Ou l’on voit que le choix est entre un régime d’engraissement plus modéré pour les capitalistes ou d’amaigrissement pour les consommateurs. Vu qu’il est plus facile de se rationner un peu plus lorsqu’on est habitué à jeûner que de diminuer sa dose lorsqu’on est boulimique, j’ai ma petite idée sur ce qu’il va se passer…

    4. @GSF : « Pourquoi ne pas envisager de supprimer le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts ? »

      Why not? Mais alors cela signifie aussi qu’on ne peut plus obliger les gens à passer par une banque. Fin de l’interdiction de thésauriser à la maison, fin du paiement électronique obligatoire à partir d’un certain montant, risques fréquents de bank run, libéralisation complète de l’activité de la banque, escroqueries en tout genre, braquages de fourgons, etc. Retour au XIXè siècle américain et problèmes en perspective…

    5. @GSF : « moins de fonds propres ailleurs, ou moins de consommation, ou moins de quelque chose. C’est un choix qui a logiquement un coût : quel coût, pour quoi ? » : aucun coût à mon avis, mais un manque à gagner, ce qui n’est pas du tout la même chose. Le manque à gagner vient de ce que les sommes immobilisées en fonds propres ne rapportent rien, mais c’est le principe de toute assurance : ça sert en cas de pépin, et c’est donc par rapport aux pépins qu’il conviendrait d’en estimer le « coût ».

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