BFM Radio, lundi 27 septembre à 10h46 – Larry Summers

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Mercredi dernier, Larry Summers a annoncé sa décision d’abandonner à la fin de l’année son poste de directeur du National Economic Council, le groupe de conseillers économiques de Barack Obama.

L’atmosphère se détériorait lentement mais sûrement entre Summers et la Maison Blanche depuis que la relance à 775 milliards de dollars, dont il était le principal maître d’oeuvre, se révélait jour après jour n’avoir été qu’un pétard mouillé. On ne lui pardonne pas non plus d’avoir torpillé la « Volcker rule », l’interdiction pour les banques de spéculer sur fonds propres, « règle » dont seule une version résiduelle ã survécu dans le « financial overhaul ». Summers, de son côté, n’a paraît-il pas digéré que Ben Bernanke soit reconduit pour un second mandat à la tête de la Federal Reserve, la banque centrale américaine : il convoitait en effet le poste lui-même. Nous allons voir dans un noment pourquoi il était tout particulièrement qualifié pour cette fonction. Une autre raison est encore mentionnée pour la disgrâce de Summers, je ne la mentionne pas tout de suite, la gardant précieusement pour la fin.

Lawrence Summers naît sous des auspices favorables pour un futur éconmiste, ayant deux oncles prix (à la mémoire d’Alfred) Nobel d’économie : Paul Samuelson (le père de Larry Summers avait échangé son nom de Samuelson pour « Summers »), et Kenneth Arrow. Ses premiers travaux d’économiste sont consacrés à mettre en évidence que la taxation des revenus des sociétés et du capital sont contreproductives, il en va de même pour les allocations de chômage, dont il « prouve » qu’elles encouragent plutôt celui-ci. À la Banque Mondiale, dont il sera l’économiste en chef de 1991 à 1993, il est l’auteur d’un memorandum qui deviendra instantanément fameux, où il défend l’idée que le tiers-monde étant sous-peuplé, il est aussi sous-pollué et qu’il est donc rationnel d’un point de vue économique que les pays industrialisés y exportent leurs déchets toxiques.

Ministre des finances (Secrétaire au Trésor) de Bill Clinton de 1999 à 2001, Summers se distingue entre autres en mettant son veto, aux côtés d’Alan Greenspan et de Robert Rubin – prédécesseur de Summers aux finances –, à une réglementation des produits dérivés, en étant aussi l’artisan de la suppression du Glass-Steagall Act, la loi qui avait en 1933 interdit aux banques commerciales de se livrer concurremment à des activités de banques d’affaires et en particulier de spéculer sur fonds propres, en ayant aussi forcé la Californie à déréguler son secteur de l’énergie, campagne menée aux côtés de Ken Lay, patron d’Enron, à une époque où cette société menait sur ce même marché – on le sut après sa chute – une fraude à très grande échelle.

Summers fut ensuite de 2001 à 2006, président de l’université de Harvard, poste dont il fut révoqué par un vote des enseignants et des étudiants, en raison d’une série d’« incidents », dont les principaux furent la perte d’un milliard de dollars subie par l’université à la suite d’un swap de taux dont il avait supervisé la mise au point et l’application, son utilisation de fonds appartenant à l’université pour éponger les amendes et restitutions auxquelles fut forcé son ami l’économiste Andrei Shleifer, inculpé de délit d’initié pour avoir joué sur la bourse de Moscou à l’époque où il était l’un des principaux conseillers dans le processus de privatisation et de libéralisation des marchés financiers russes, enfin, last but not least, pour avoir défendu dans une allocution consacrée à la sous-représentation des femmes dans la recherche scientifique, l’hypothèse d’une certaine incapacité à posséder une intelligence supérieure, comme étant la plus plausible.

Voilà donc, brossé en quelques traits, le portrait de l’homme choisi par Barack Obama comme principal conseiller économique à l’époque où circulaient également, comme noms de candidats éventuels, ceux de Joseph Stiglitz et de Paul Krugman – soit dit en passant, les principaux critiques des travaux « scientifiques » de Summers. L’annonce avait eu lieu avant même qu’Obama, fraichement élu, n’entre en fonction. Certains commentateurs – dont votre chroniqueur – en avaient conclu (1) – allez savoir pourquoi – qu’Obama était d’ores et déjà fini.

Avant que je n’oublie, et pour conclure, quelle est la dernière raison avancée par Obama pour le remplacement de Summers à la tête du National Economic Council ? « La nécessité pour lui, dans cette période pré-électorale (« midterm elections » du 2 novembre), d’avoir à ses côtés une personnalité plus sensible aux préoccupations du monde des affaires ». On est aux États-Unis, cela ne s’invente pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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(1) Dans mon billet de février 2009, intitulé Rideau !.

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59 réflexions sur « BFM Radio, lundi 27 septembre à 10h46 – Larry Summers »

  1. Bonjour,

    Et bien, intéressant ce beau représentant des étés qui tournent à l’hiver sans passer par la case automne.
    Tout à fait affligeant ; ce qui fournit une explication absolument éclairante de la situation dans laquelle les USA ont emmené le reste du monde.
    Et dire que ces gens là se permettent encore et toujours de donner des leçons de morales !

    Tout ceci me semble rendre d’autant plus évidente la nécessité pour Monsieur Sarton du Jonchay d’expliciter ses idées autant que ses discours.

    Cordialement,

  2. La question est « A qui Obama renvoie-t-il l’ascenceur en embauchent une franche canaille pareille ? ».

    De toute façon, Summers ou pas, l’Amérikke est partie pour dévaluer on dirait bien, ce qui va nous retomber naturellement dessus. Comme d’ailleurs la guerre d’Iran qui va faire grimper Vigipirate de 50 points. Ce qui ne sera pas bien grave devant le déclenchement d’une 3ème guerre mondiale, aux tenants et aboutissants imprévus même par Paul Jorion.
    Guerre mondiale dont la capacité de nuisance ne sera éclipsée que par la dispariton des abeilles.

  3. Tant que l’idéologie libérale n’est pas mise en pratique, c’est d’une comédie qu’il s’agit.
    Quand l’idéologie devient pratique, la comédie devient tragédie.
    Croire que, dans un monde meilleur, Obama prendrait Jorion comme conseiller, c’est oublier que la vie d’un homme, même président, ne tient plus qu’à un fil, vite coupé, pour qui quiconque veut s’opposer, là-bas ou ici, à la marche triomphale du capitalisme.

  4. Cela confirme bien qu’ils nous prennent vraiment pour des cons ….
    Quand je dis « nous » je pense a ceux qui n’ont que le droit et le devoir de subir les décisions politiques. En gros cela ne représente pas plus que 99% de la population 🙂 🙂

    1. 99,9% de la population, Logique. Voire même encore plus.

      Il ne faut pas mélanger la décision nationale, voire internationale, avec l’échelon local ou régional.

      Et ces (oui, plusieurs) 0,0..1 % n’étant pas tous d’accord grâce aux luttes de celui qui aura le plus, les crises sont effectivement obligatoires. Quelque part.

      Lorsque l’humanité sera adulte, envoyez-moi un fax les gars.

  5. Ce summers avait interdit la régulation???????????? Et Hussein l’embauche ???????????????
    Holala……………..Dieu est Diable ?????????????? Alors çà…………….je suis sans voix.

  6. Dites, tous. Et toutes.

    Si l’on recroise les infos de Monsieur Jorion, les analyses de François Leclerc, ainsi que les chiffres (même légèrement truandés par l’administration) d’Onubre Heinz…

    C ôllaaa… pse.

    Ha, une news from the LHC : http://fr.wikipedia.org/wiki/Large_Hadron_Collider
    « Un chercheur a incidemment laissé tomber un dollar dans le cyclotron. Un trou noir s’est immédiatement formé et progresse de 2 Km/Mn. Les populations sont invitées à évacuer vers les paradis fiscaux les plus proches. »

  7. Déjà avec Clinton, on n’avait pas été déçu. Puis vint Blair qui ne nous décevit pas. Maintenant Obama qui va au-delà de nos espérances. Il nous reste plus qu’à miser sur Ed Milliband.
    Il n’y a que chez les Frenchies qu’on a des problèmes. Ils sont quand mêmes nombreux à pouvoir postuler pour le rôle de « relais de gôche »: lequel, laquelle choisir?
    Signé : pour la World Company & Goldman Sachs Associés
    le général Sylvestre

    1. Lorsque vous serez, malgré vos petits millions de réserve, obligé de quémander de la nourriture auprès de vos connaissances ou amis, là, vous pourrez les compter.
      Car, comme vous, ils ne compteront que sur eux-mêmes.

      Good luke, cowboy.

    2. Tiens, au fait.
      Cet amusant me fait penser à : « aides-toi, le ciel t’aidera ».

      La religion a vraiment réponse à tout, non..??

    3. Yvan, « aide toi le ciel t’aidera » était le nom du parti politique de François Guizot avec son fameux « canapé des doctrinaires » sous Louis XVIII. Une bien belle époque ….. vous auriez adoré.

  8. euh , il n’y a pas de « Prix Nobel d’économie  » comme pour les mathématiques vu que c’est un matheux qui cocufia Mr Alfred Nobel !

    le prix nobel d’économie est une invention de la banque centrale suédoise ,la plus ancienne ,d’après wiki .

  9. Summers, pour parfaire le portrait, a rédigé une note de service pour le FMI en 1991 qui préconise le déplacement de toutes les industries toxiques et polluantes vers les pays en voie de développement.

    En résumé : Nos espérances de vie de 80 ans sont bien peu compatibles avec ces nuisances tandis que les 40 années de vie de ces régions s’en accomoderait fort bien.

    In extenso page 185 « La face cachée des banques » d’Eric Laurent.

    1. La question n’est pas de constater tous les jours que le monde capitaliste est invivable, mais de savoir et décider quoi faire pour en sortir.

    2. Et si nous lui laissions la parole? c’est si beau un philanthrope:

      « Just between you and me, shouldn’t the World Bank be encouraging more migration of dirty industries to the LDCs [less developed countries]? The economic logic behind dumping a load of toxic waste in the lowest wage country is impeccable, and we should face up to that… Under-populated countries in Africa are vastly under-polluted; their air quality is probably vastly inefficiently low compared to Los Angeles or Mexico City… The concern over an agent that causes a one in a million change in the odds of prostate cancer is obviously going to be much higher in a country where people survive to get prostate cancer than in a country where under-five mortality is 200 per thousand. »

      1991, Chief Economist for the World Bank, LAWRENCE SUMMERS, Quoted from Vandana Shiva, Stolen Harvest, (South End Press, 2000) p.65; See also Richard Robbins, Global Problems and the Culture of Capitalism (Allyn and Bacon, 1999), pp. 233-236 for a detailed look at this; This quote also appeared in the Economist in an article titled « Let them eat pollution ».

  10. Bonjour,je viens de terminer le livre de PAUL: « LE PRIX »
    En tout point remarquable.
    Travail de titan.
    Relire « les principes de l’économie « de GREGORY MANKIW puis réfléchissons ensemble.
    J’attends avec impatience le livre que PAUL doit commettre sur le capitalisme début 2011.
    Encore merci PAUL

  11. Je ne connaissais pas l’historique de ce type,jamais lu dans aucun média, pourtant il y avait de la matière.On est là je crois au delà de l’écoeurement.Merci encore Paul Jorion pour votre travail.

  12. Vouais !?! D’accord avec toutes les critiques MAIS ! Pas évident que ce soit un progrès !
    Ci-dessous extrait d’un article du Monde. Le remplaçant: Chicago-boy pas terrible !
    C’est pas gagné pour un changement d’orientation « du capitalisme »

    Barack Obama replace son équipe économique au centre
    | 13.09.10 | 14h25 • Mis à jour le 13.09.10 | 14h26
    Austan Goolsbee, le nouveau conseiller économique du président américain Barack Obama, a un jour plaisanté de ce que, selon lui, la Maison Blanche puisait ses idées dans « les vieux textes de Karl Marx ou de Trotski ». En fait, ce qui est amusant, c’est que sa nomination traduit peut-être un repositionnement vers le centre. En effet, M. Goolsbee est un libéral qui souhaite voir le déficit public et la fiscalité sur les sociétés allégés. Sans rire. (…..) ….
    Las, les manoeuvres de M. Summers ont échoué. Car MM. Obama et Goolsbee se connaissent depuis longtemps – ils se sont rencontrés quand ils étaient enseignants à l’université de Chicago. M. Goolsbee fut aussi le conseiller économique en chef de M. Obama pendant la campagne présidentielle de 2008. A l’époque, il avait d’ailleurs causé un certain émoi. On l’avait accusé d’avoir murmuré à l’oreille de représentants officiels du Canada que le discours protectionniste du candidat à la Maison Blanche n’était que de pure forme.
    Les avis de M. Goolsbee, aujourd’hui comme alors, sont inspirés de la philosophie de l’école de Chicago. Il croit plus au marché qu’à l’entreprise, ce qui explique pourquoi il était aussi sceptique quant à l’intérêt de soutenir Chrysler. Il est également convaincu que le système fiscal américain actuel pénalise la compétitivité des sociétés, et qu’il faut faire baisser leur taux d’imposition tout en supprimant une partie des dispositifs de déduction fiscale ou de crédit d’impôt. ………….

    1. Ah, je comprends mieux maintenant. C’est la seconde couche. D’abord Summers leur donne du fric mais leur dit qu’ils devront payer des impôts dessus et puis le nouveau leur dit qu’ils n’auraient pas dû avoir le fric que Summers leur a donné mais qu’ils n’auront pas à payer d’impôts dessus.
      Résultat: ils ramassent le fric et n’auront pas à le rendre. Cool Obama.

  13. Il est évident que seul quelqu’un comme PJ peut avoir l’aimable naiveté de croire que les hommes sont égaux.

    Il y a les hommes et il y a les surhommes. Les surhommes sont les financiers. Heureusement pour les hommes,
    à l’instar des cyclopes ces surhommes tout de rigueur (pour les hommes simplex) n’ont qu’un oeil, appelé « trou des phynances » que l’on peut aisément crever grâce à un croc, lui même désigné comme croc à
    phynance lequel est actuellement soigneusement rangé au fond de la trappe à liquidité.

    Tout cela est beau et indispensable comme le parapluie sur la table des opérations (financières.. bien entendu).

    Mes hommages aux derniers pataphysiciens.

  14. Oui, oh, comme dit le proverbe, un taré de néo-libéral de perdu, dix de retrouvés…

    Si Obama lâche un type pareil pour quelqu’un d’encore « plus proche du monde des affaires », on se demanderait presque si c’est possible.

  15. « Andy, c’est bien lui ! Andycap ! 🙂
    On lui trouvera au moins une vertu : de ne pas être (officiellement) un idéologue de l’école de Chicago, juste un fillou « d’écopporturiste ».
    Mais aussi la tare conjointe à cette maigre qualité et à présent redhibitoire : d’avoir été l’économiste emblématique tant de l’ère Clinton que de la première ni-temps d’Obama.
    Et why not Paulo ? Krugman, pas le notre à nous ! Il avait bien lui aussi rêvé succéder à « Hélicopter » Ben. Alors succéder au neveu de Samuelson ne lui déplaisait sans doute pas ! Là on aurait un signal fort et un chouïa plus clivant vis à vis d’une orthodoxie à l’oeuvre depuis trente ans.
    Mais bon querelle de chapelles sans grand intérêt à moyen terme. Ce serait insuffisant et bien trop tardif.

    « On va tous crever, on va tous crever !
    Et les lapins géants,
    Qui mangent les planètes !
    Si ya plein d’gens dessus,
    Ben ils les mangent qua même !

    Didier Super « on va tous crever ! » (mon prophète et prospectiviste préféré. Prudent, rationnel, avisé et extra-lucide…) 🙂

  16. @Paul: « d’avoir à ses côtés une personnalité plus sensible aux préoccupations du monde des affaires »

    Je ne vois pas le pourquoi de cette phrase d’Obama. J’écarte évidemment d’emblée la possibilité que Obama dise la vérité car on ne peut pas faire plus sensible aux intérêts du monde des affaires que Summers (je ne me l’imagine pas).

    Est-ce juste parce qu’il ne peut pas dire qu’il veut quelqu’un d’un peu moins à la botte du monde des affaires pour ne pas rendre les gens de Wall Street furieux? Mais il ne dupera personne parmi le monde des affaires, donc quoi? C’est juste un tabou idéologique?

  17. Percutant Paul!
    J’étais à l’époque de l’élection d’Obama parmi ceux de vos lecteurs surpris par la formule Bush III… Comme nous sommes des lecteurs et non des sectateurs on avait mis de côté en croyant pondérer… mais je réalise que la richesse de vos informations sur les USA était telle que la nomination de Summers était un marqueur clé. Je ne sais plus si un rappel de ses exploits avait été fait alors, (« sans va sans dire mais mieux en le disant ») mais bon…Et c’est pour ça qu’on vous lit.
    Question : malgré le choc des mots ‘préoccupation du monde des affaires’ est-il impossible de penser que le prochain même pris à Wall Street (le vivier semble réduit comme vous l’aviez exposé) pourrait quand même infléchir la stratégie (si il y en une) ? ça semble de plus en plus irréel.

  18. Fonds de pension : la caverne des 40 (000) voleurs

    L’adoption d’un système de fonds de pension n’est même pas défendu par la présidente du MEDEF Laurence Parisot qui propose de réformer le régime général de retraite en lui appliquant le système par points existant pour les caisses complémentaires !

    Le manque de culture économique élémentaire des Français, à tous les niveaux, est effarant !

    Je reprends ci-dessous un billet que j’avais écrit le… 1° avril 2007.

    ***

    Fonds de pension : la caverne des 40 (000) voleurs

    Ségolène Royal a (enfin) reconnu que le système des fonds de pension est la meilleure solution pour financer (mais en partie !) les retraites ! … à condition de passer par l’intermédiaire du Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR) qui serait ainsi en situation de monopole, ce qui montre que les socialistes sont encore au XIX° siècle sous l’influence de leur camarade Karl Marx et des grands monopoles !

    Pourquoi Nicolas Sarkozy ne saute-t-il pas sur l’occasion pour proposer de remplacer le système de retraite par répartition par des fonds de pension en concurrence comme ailleurs ?
    Cette solution permettrait de financer les retraites et les besoins des entreprises et des administrations.

    *

    La liberté donnée aux personnes d’investir pour leur retraite diminuerait de 12 points le taux des prélèvements obligatoires (par rapport au PIB) qui tomberait ainsi aux alentours de 43 % (du PIB selon les normes de l’OCDE), ce qui stimulerait la croissance et résorberait le chômage (voir mes billets antérieurs) qui sont les premières préoccupations des Français.

    Pourquoi ne réagissent-ils pas ?

    La situation actuelle est grave car elle met la place financière française en dehors du marché mondial des fonds de pension (en plein essor) qui se montait à plus de 23 000 milliards de dollars fin 2006.
    La France est une place financière importante dans le monde. Pourquoi n’y a-t-il pas des groupes d’influence pour faire passer de telles idées auprès des dirigeants des partis majoritaires ?

    *

    En fait, le système actuel de retraite par répartition permet à un grand nombre de personnes de détourner des sommes d’argent considérables grâce aux caisses de retraite, en toute impunité.

    De l’extrême gauche à l’extrême droite, tout le monde en profite.

    Les victimes en sont les Français, c’est à dire les électeurs.

    Réagiront-ils un jour ?

    Ali Baba (Jacques Chirac) atteint par la limite de l’âge, ne se représente pas. Sa bande de 40 (000) voleurs va-t-elle continuer à sévir en toute impunité ?

    Le plus surprenant est que ces 40 (000) voleurs bénéficient d’un fonds de pension pourvu par les électeurs à leur insu ! pour un total de 150 millions d’euros (seulement, c’est la partie émergée de l’iceberg) : le FONPEL, le Fonds de pension des élus locaux : http://www.fonpel.com/accueil.asp

    Les Français, c’est à dire les électeurs, réagiront-ils un jour ?

    ***

    Les (rares) personnes qui défendent des idées libérales en France ont toujours entretenu la confusion entre les fonds de pension et le système de retraite par capitalisation individuelle qui n’est pas une solution acceptable (un projet analogue présenté par des économistes libertariens américains a été fort justement rejeté par le gouvernement de George W. Bush).

    Par ailleurs, les rares projets et revendications d’organisations prétendant défendre les idées libérales proposent des solutions très Gorbatcheviennes mixant les deux systèmes (retraite par répartition et fonds de pension) aboutissant à des caisses de retraite gérant des fonds de pension par l’intermédiaire de points !

    De toutes façons, personne (ou presque !) en France ne semble comprendre l’importance du mécanisme des fonds de pension, et aucune organisation ne les défend, même dans le microcosme microscopique libéral.

    Difficile de faire pire que les Français

    1. Ben n’alors ! En plein marasme suite au plantage du tout finance (le règne de voyous « légaux ? ») d’une finance internationale « a la ramasse » mais qui, vaille que vaille poursuit le pillage de l’économie réelle avec la complicité « des politiques » au pouvoir dans les principaux pays « avancés » ….. On trouve encore des fondamentalistes pour nous servir une prose de cet acabit ! Faut-il avoir la religion chevillée au corps pour oser « pondre » de telles inepties ! M’enfin … amen pour la prière

  19. Je me souviens de la période vraiment très sombre des privatisations de l’aire Eltsine. J’ai en mémoire le nom de Jonathan Hay un autre « Harvard boy » qui utilisait sa copine pour spéculer en bourse sur les titres privatisés. La politique de change exigée alors par le FMI était un point essentiel de l’entreprise de pillage et de destruction. On se souvient de la crise financière de 1998. Celle-ci fut cependant un grand soulagement quand ces gens furent enfin chassés. En 1997 on ne pouvait que constater la situation désastreuse dans laquelle l’économie avait été plongée. Un crime énorme, sous couvert de porter assistance et commis par « l’Ouest » avec quel aplomb moral! Ces gens ont à eux seuls guéri des millions de citoyens « ex-soviétiques » pas encore tout à fait citoyens russes de leur américanophilie.

    1. Effectivement,
      Il semble que la véritable attaque des Etats Unis contre la Russie, ait eu lieu dans cette période. Pas de chars ni de GI’s sur-vitaminés, mais des golden guys parachutés.

  20. merci pour ces informations ; etes vous sûr que BFM va vouloir encore longtemps de vous ?

    quant au parcours de ce serviteur zélé, il ne fait que confirmer que toute une « élite » intellectuelle , ici économique, a bien travaillé pour les possédants ; la nouvelle aristocratie

    une autre partie de l’élite intellectuelle travaille, très bien d’ailleurs, à la manipulation et l’abrutissement des peuples

    mais comme le réél reste , en dernier ressort, le seul maitre du jeu , l’attérissage va être très très douleureux

  21. « La nécessité pour lui, dans cette période pré-électorale (« midterm elections » du 2 novembre), d’avoir à ses côtés une personnalité plus sensible aux préoccupations du monde des affaires ». On est aux États-Unis, cela ne s’invente pas.
    Merci Paul encore pour ton travail.
    Pas besoin d’être d’accord à 100 % pour te soutenir à 100 %.
    N’oubliez pas l’appel au soutien financier.
    C’est le prix de vraie liberté d’expression et de la démocratie.

    Je ne savais pas que le père de Summers était Samuelson,
    et que celui-ci avait changé de nom pour Summers…

    J’ai maintenant de la compassion pour le fils, mais de moins en moins pour Obama,
    comédien de Broadway embauché par Wall Street.

    1. Pourtant :  » Summertime, and the livin’ is easy
      Fish are jumpin’ and the cotton is high
      Oh, you’ daddy’s rich and your ma is good lookin’ …. »

      Encore une menterie !

  22. Quel beau profil de philanthrope !! C’est souvent à ses hommes clefs et ses éminences grises qu’on peut juger un gouvernement….

  23. Mais ce Larry Summers, c’est pas un type qui gravitait autour de l’étoile noire Bush ? Quel homme extraordinaire ! Effectivement, cela ne peut se passer qu’aux Etats Unis! Quel pays étrange …

  24. Au fait, à propos du « TARP », (c’est bien ça ?) dont le billet dit que « la relance à 775 milliards de dollars, dont il était le principal maître d’oeuvre, se révélait jour après jour n’avoir été qu’un pétard mouillé« , il conviendrait de ne pas oublier que tous les économistes, absolument tous, même les plus réfractaires à l’orthodoxie libérale, l’ont soutenu en regrettant du reste qu’on n’en fasse pas autant du côté européen. A l’époque, ne pas lancer un plan de ce genre passait pour suicidaire.

    1. @Crapaud: « même les plus réfractaires à l’orthodoxie libérale »

      A dire vrai, et pour être juste, il y a eu des voix discordantes et elles sont venues soit des économistes anti-libéraux, soit des économistes ultra-libéraux. C’est pourquoi Paul Jorion et Loïc Abadie ont pu se retrouver momentanément à dire à peu près la même chose.

      Ce plan n’a rien d’orthodoxe par quelque bout qu’on le prenne, c’est une escroquerie pragmatique pure et simple. Evidemment, les économistes mainstream l’ont soutenu, parce que eux n’ont pas d’idées, juste un salaire.

      Un gars comme Summers n’a pas d’idéologie, juste ses intérêts. D’où les incohérences. On place ce genre de types souvent dans les ultra-libéraux parce que c’est l’idéologie qui habituellement sert le mieux leurs intérêts. Mais dès que l’idéologie les gêne, ils l’oublient. Si demain il y a une révolution communiste, vous les retrouverez parmi les apparatchiks du Parti.

  25. Bul de paie de avril 2004; avec 219h40mn qui font 2548,94€ brut
    cotsations retraite; sa+pat =416,75€
    Réduction fillon; 504,69€
    Résultat -87,94€ ce qui me fait penser que le déficit de l’assurance retraite n’est pas près d’être comblé; Mais plutôt chaque mois un peut plus creusé.
    Donc ce qui est dit que 1 retraité est financé par 1,5 actif (environ); est faut! En réalité vu l’exemple cité (qui est toujours en vigueur de nos jours mais sous une autre appelation); chaque ratraité (actuel) est financé par 0,8 actif. les jeunes actuel qui seront vieux un jour, ont raisons de ce faire du mauvais sang sur leur devenir.

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