L’actualité de la crise : “Haro sur la Chine !”, par François Leclerc

Billet invité.

“HARO SUR LA CHINE !”

Où espèrent-ils en venir ? Une impressionnante levée de boucliers a lieu en Europe et aux États-Unis, en lever de rideau des réunions de ce weekend à Washington, où tout le monde qui compte sera réuni afin de tenir un G7 finances, puis les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

« Haro sur la Chine ! » s’exclament avec un bel ensemble les représentants des gouvernements occidentaux et du FMI, dans le but de forcer ses dirigeants à réévaluer le yuan. Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso ont joint leurs efforts en ce sens, en publiant un communiqué commun à la suite d’un sommet sino-européen de trois heures – toasts crispés compris  : “Nous avons souligné qu’il était important de rééquilibrer la croissance globale et de réduire les déséquilibres globaux”. On en reparlera les 11 et 12 novembre, au G20 de Séoul, vient d’annoncer de son côté Lee Myung-Bak, le président Sud-coréen.

Tout se présente comme si cette issue était la dernière porte de sortie dont disposaient ces gouvernements, qu’ils voulaient à tout prix forcer. Suscitant la résistance opiniâtre des Chinois, afin de ne pas déclencher dans leur pays la crise sociale qui ne manquerait pas selon eux d’en résulter. Un point de vue partagé par les connaisseurs du pays.

“Je prends très au sérieux la menace d’une guerre des monnaies, même larvée” a déclaré Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, après avoir pris dans un premier temps la chose à la légère. Il va falloir en dire plus pour la désamorcer ! Car les conséquences de cette guerre vont bien au-delà des frontières chinoises.

Cette offensive est à plusieurs titres douteuse, permettant à ceux qui la mènent de tout résumer à ce qui les exonère de leur responsabilité, en faisant porter la faute sur la Chine, pour déplorer sa rigidité s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Elle prend les problèmes par le petit bout de la lorgnette, en vue d’une solution qui se révélera illusoire, au lieu de s’engager clairement sur le seul chemin qui tôt ou tard s’imposera : celui d’une réforme d’ensemble du système monétaire international.

A ce propos, comment ne pas se rappeler que le précédent grand chamboulement, Bretton Woods, a été décidé dans la foulée de la seconde guerre mondiale, laissant à penser aujourd’hui qu’il faudra que de grands événements – à ce stade indéfinis – interviennent dans l’avenir pour que cette réforme soit possible.

S’en tenir à cette seule perspective serait néanmoins persévérer dans l’erreur, car une telle réforme serait loin de tout régler (1). Cela consisterait à une fois de plus préconiser un remède monétaire à une crise dont les raisons sont toutes autres. Alors que les États-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne s’orientent déjà – chacun de leur côté et tous ensembles, mais à l’exception de l’Europe – vers une tentative de relance économique en remettant en route la planche à billets. Une solution qui suscite de forts doutes quant à son efficacité, et qui va aviver la crise monétaire. La seule certitude est que les Américains vont accroître un problème pour tenter d’en régler un autre.

Les Chinois ont donc en attendant bon dos, car si les tensions monétaires se sont ces derniers temps exacerbées, c’est principalement en raison de l’émission monétaire américaine massive qui est annoncée. Celle-ci va accentuer encore la dépréciation du dollar et l’appréciation en sens contraire des autres monnaies. Elle est donc à double détente, soulageant dans l’immédiat le financement de la dette américaine, mais induisant également une nouvelle dépréciation du dollar.

Les surplus commerciaux chinois ne posaient pas de problèmes tant qu’ils finançaient la dette américaine. C’est toujours le cas, mais les priorités américaines sont autres, voilà tout.

Tout se passe donc comme si les Américains avaient maintenant choisi de forcer un rééquilibrage monétaire qu’ils n’obtiennent pas des Chinois : « puisque ceux-ci ne réévaluent pas, nous dévaluons ! ». Un jeu dangereux, car il étend la crise à l’ensemble des pays émergents dont la croissance était à l’épisode précédent censée relancer celle des pays développés ; tandis que dans le camp de ces derniers elle attise les difficultés économiques des Japonais et des Européens.

Au-delà de l’épisode de ce weekend – qui aura au moins l’avantage de faire passer au second plan les nouvelles prévisions pessimistes de croissance du FMI, en particulier concernant les États-Unis, ainsi que le désaccord entre Européens et Américains sur la nécessité d’une relance – une nouvelle donne mondiale s’esquisse dans les interventions des représentants des pays développés.

Si l’on résume leur argumentation, celle-ci consiste à dire aux pays émergents : « laissez votre monnaie se réévaluer et vos exportations diminuer, afin de permettre aux nôtres de se développer, allez chercher sur votre marché intérieur un relais de croissance ! ». Une injonction signifiant qu’eux-mêmes ne sont pas prêts à favoriser la croissance de la consommation dans leurs propres pays, ou bien n’en ont plus les moyens.

C’est un total renversement de situation qui est demandé avec insistance, un tournant à 180 degrés venant après des décennies de mondialisation favorisant le développement de la production agricole ou industrielle des pays émergents en vue de répondre à bas prix aux besoins des pays développés, financés de plus en plus par l’endettement des particuliers. Il est maintenant envisagé, comme derniers recours, de s’appuyer sur le développement de la consommation intérieure des premiers pour favoriser la relance de la production des seconds. A vos ordres !

Une vue de l’esprit dans l’immédiat, car les moyens de production des pays émergents, orientés à l’exportation, ne peuvent pas être d’un simple coup de baguette magique détournés de leurs objectifs initiaux et réorientés vers une production adaptée à leurs marchés intérieurs. La voiture low cost et l’ordinateur à 200 dollars n’y concernent que les classes moyennes, toujours minoritaires, qui seraient durement secouées au passage. Suscitant dans un premier temps d’importants dégâts pour l’emploi et de vives résistances en provenance de tous ceux qui ont construit leur bonne fortune sur le modèle précédent. Un changement de modèle de développement est une affaire d’envergure qui touche toute la société en profondeur, et pas seulement son appareil de production.

Ce changement serait d’un autre point de vue un tournant : la chute de l’Union soviétique a permis de dégonfler le mythe de l’opulence capitaliste pour tous, une fois son expérience faite dans les pays du glacis. On demande maintenant aux pays < émergents de prendre la suite. Le capitalisme vole de victoire en victoire.

Dans l’immédiat, la « guerre des monnaies » que Celso Amorim – ministre brésilien des affaires étrangères – a dénoncé avec fracas, pourrait même à l’occasion dégénérer en de véritables affrontements dans certains pays émergents.

Cela permet de comprendre pourquoi les attitudes du FMI et de la Banque Mondiale divergent à propos d’un point capital à court terme : l’adoption ou non par ces pays de mesures de contrôle des flux entrants de capitaux, qui déstabilisent leur économie. Le premier n’y voit – après avoir tenu un autre discours, avant que les Américains ne prennent le mors aux dents – que l’expression normale du jeu du marché, auquel il ne faut donc pas s’opposer. Naoyuki Shinohora, directeur adjoint du FMI, a ainsi déclaré à Reuters qu’il était « naturel et bienvenu » que les capitaux se déplacent vers les économies à forte croissance, et que les gouvernements ne devraient pas essayer d’infléchir ces flux en intervenant, afin de poursuivre des objectifs monétaires propres.

La Banque Mondiale émet pour sa part de sérieuses réserves à ce raisonnement, qui fait la part belle à la demande insistante que vient également de formuler Tim Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor US. Sévèrement critiqué pour son interventionnisme, Robert Zoellick, le président de la Banque Mondiale, a même déclaré à propos des Japonais : « Je ne les appuie pas plus que je ne les critique »… A propos de la Chine, il a précisé : « J’ai dit que je croyais que les Chinois devaient apprécier leur monnaie… Mais j’ai aussi dit que je pensais que cette appréciation n’était pas une panacée [a silver-bullet solution] ».

La palme de l’hypocrisie revient sans nul doute au secrétaire d’Etat américain au Trésor, qui vient de déclarer : “Il est important que l’on voie à l’avenir davantage de progrès de la part des plus grandes économies émergentes en direction de systèmes de taux de change plus flexibles et suivant les mécanismes du marché », les Américains étant particulièrement bien placés pour donner des leçons en raison de leur interventionnisme sur le dollar !

Tim Geithner a été plus explicite encore, conditionnant l’attribution aux pays émergents de sièges supplémentaires au conseil d’administration du FMI, à leur adoption d’”une politique de taux de change plus conforme aux mécanismes du marché, [d’]une réduction de leur dépendance aux exportations et [d’]une demande intérieure plus solide”. L’intention est de favoriser les exportations américaines, mais le résultat va être l’exportation de leur crise. Une nouvelle version de la phrase célèbre d’un prédécesseur de Tim Geithner : « Notre monnaie, votre problème !».

Courage, fuyons !

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(1) P J : d’autres auteurs de billets sur le blog – moi y compris – ont une position plus nuancée à ce sujet.

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96 réflexions sur « L’actualité de la crise : “Haro sur la Chine !”, par François Leclerc »

  1. bonjour Paul
    votre site n’est pas accessible ce jour sur mon mac???
    Je vous signale le merveilleux livre de MARC ROCHE”LA BANQUE COMMENT GOLDMAN SACHS DIRIGE LE MONDE”
    Allez voir également WALL STREET 2

  2. Le Nobel de la Paix à Liu Xiaobo, une belle claque à la Chine, qui trouve “obscène” qu’on rappelle au monde entier que c’est une dictature qui emprisonne ses dissidents.

    1. Espérons que les Chinois soient plus démocratiques qu’aux USA et qu’il ne connaisse pas la même fin que le dissident américain Martin Luther King, lui aussi Prix Nobel de la Paix.
      Au fait, où en est le précédent Prix Nobel de la Paix avec ses guerres coloniales aux frontières de la Chine?

    2. La chine est une dictature obscène, d’autant plus obscène qu’elle a réussit une parfaite synthèse entre ce qu’il y a de pire dans le communisme et dans le capitalisme. Mais l’argent n’a pas d’odeur et force la respectabilité, c’est une dictature qui, contrairement à Cuba, ne subit ni blocus économique ni opprobe médiatique. Pourquoi?

    3. où que ce soit, et à travers les époques, c’est beau un Homme Debout !

      http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-philippe-beja/081010/liu-xiaobo-ou-le-retour-de-la-morale
      juste un petit extrait de l’article :

      Liu Xiaobo a, dès le début, écrit pour faire connaître le mouvement de défense des droits civiques (weiquan yundong) qui voit des avocats, des journalistes et des universitaires aider des paysans ou des ouvriers victimes d’abus à attaquer les décisions injustes devant les tribunaux. Il a écrit de nombreux articles pour faire l’éloge des intellectuels qui commencent à comprendre à quel point il est important d’aider les simples citoyens à défendre leurs droits. Ces événements montrent que certains membres de l’intelligentsia sont capables de résister à la philosophie du porc.

  3. Voir, pour confirmation, l’avis d’un de nos chers québécois : http://www.lesaffaires.com/videos/chroniques/crise-aide-crise-aide-crise/519142.

    Partout montent les mécontentements, non plus simplement contre des gouvernants, mais contre un système économique. Ceci explique que, en France, la gauche de gouvernement, ralliée à l’économie de marché, n’en profite que peu.
    C’est tout à fait inédit ; l’espoir est mort.

    Aux USA, le candidat Reagan serait aujourd’hui « out » dans les rangs républicains : trop à gauche.
    On voit les résistances en France à un simple réajustement des retraites (efforts demandés très injustement répartis, il est vrai), les manifs qui montent, la jeunesse qui tousse.
    En Grèce et en Espagne, le gouvernement ne tient qu’à un fil.
    L’Islande juge ses dirigeants.

    Après quelques velléités d’imposer des plans de rigueur irréalistes pour solder des dettes hors de portée de tout remboursement, après le constat que le quantitative easing n’agit qu’à la marge sur la croissance, c’est la panique.
    Panique à bord, les gouvernants ont peur et n’ont plus d’options rationnelles.

    Les américains ne semblent même plus redouter l’utilisation de l’arme de désintégration massive que constitue l’hyper-inflation. Tout plutôt que le renoncement à la superpuissance. Il fallait être naïf pour penser qu’ils allaient renoncer à leur statut au profit des chinois. Les américains (ce drôle de peuple qui plante des drapeaux dans les jardins) sont, avant tout, ultra-nationalistes.

    Les rodomontades chinoises récentes (affaire maritime avec le japon, “débarquement” tonitruant en Grèce, menaces contre la Norvège, Yuan,…) ne peuvent qu’activer le processus. De drôles d’adeptes de Confucius qui ne manquent pas de foncer sur tous les chiffons rouges.
    N’oublions pas qu’en Afghanistan, ça tourne au vinaigre et qu’au Pakistan ce n’est guère mieux.
    En dernier lieu, à l’intérieur, le Tea party tire à boulets rouges sur Obama et le gouvernement fédéral.
    Situation idéale pour des faucons.

    Quand tout se délite, le pire est souvent sûr.
    C’est le retour des nations, celles de 1914, prêtes à en découdre.
    Quelques espoirs : Obama himself et des peuples qui ne sont plus aussi enclins à se laisser berner et transformer en hamburgers.

  4. USA : accélération des pertes d’emplois en septembre

    Et la guerre des monnaies ne va pas s’arrêter de si tôt:

    “USA : accélération des pertes d’emplois en septembre.

    Les Etats-Unis ont perdu des emplois en septembre pour le quatrième mois d’affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, selon des chiffres officiels publiés vendredi à moins d’un mois des élections législatives.

    L’économie a détruit 95.000 emplois de plus qu’elle n’en créait ce mois-là, indique le rapport officiel sur l’emploi du département du Travail.

    Le nombre des emplois perdus a progressé de 67% par rapport à août.”

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=53e7da028596a20792035ff24b24fbe1

  5. M. Leclerc, bien évidemment si on ne se place que sur le point de vue de la finance, cette crise peut sembler critiquable.

    Maintenant si on se base sur un point de vue économique :

    Pour acheter, pour payer ses dettes, payer ses impôts, il faut une source de revenue.

    Dans nos pays occidentaux le gros des revenus vient du travail – 1ère partie de l’équation

    Dans le passé, la croissance des pays en voie de développement était lente, internet, le développement de la communication fait que là où il fallait construire des routes, des infrastructures de communications, route et phone, pour permettre la construction des usines, désormais avec les satellites et le net, on peut fabriquer même dans le village le plus reculé du monde – 2ème partie de l’équation le temps qui va vite

    Dans le passé, il y avait un décalage entre la montée en puissance économique et disons la montée en puissance des connaissances et du niveau de formation des habitants de ces pays, la Chine forme aujourd’hui plus d’ingénieurs que toute l’Europe, la culture chinoise est de faire aussi bien voir mieux que le professeur, bref les chinois sont nos égaux tout en étant encore considéré comme pays sous développé.
    On peut étendre cela à d’autres pays, la technologie pouvant se substituer à un certain manque de formation ——– ceci est la 3ème partie de l’équation

    le développement du transport de masse, rapide en plus permet de transporter quasi à coût nul, pour info, le plus grand des écrans plats vient de chine pour 5 euros. – 4ème partie de l’équation

    Comme je l’ai souvent dit et pensé, nos pays vivent dans leur acquis, balayer ce n’est plus de notre niveau, nous voulons tous être cadre et avoir les mains propres ———– 5ème partie de l’équation

    le niveau de l’endettement et surtout le niveau élevé des déficits des balances commerciales fait que les pays ne peuvent plus vivre à crédit ——– 6ème partie de l’équation

    la mondialisation, Mittal a pu produire à des coûts ridicules en Inde pour commencer tout en vendant aux prix occidentaux, sa rentabilité est telle qu’il est devenu en 20 ans le 1er sidérurgiste mondial, au niveau du téléphone, le 1er chinois avec 300 millions de clients est en tout juste 10 ans devenu le 1er au monde —- 7 ème partie de l’équation

    Dans la formation d’un prix, il y a surtout la plus value donnée au prix de la matière 1ère ou du prix d’achat du produit à valoriser, la plus value donnée par un salarié dont le coût est de 10 est la même que celle d’un salarié payé 1000, la seule différence est que celui qui a des salariés dont le coût est de 10 facturera bien moins cher sa plus value, qui plus est le suivant achétera un produit moins cher dans cette condition, bref à l’arrivée, avec des salaires à 10 au lieu de 1000 on arrive à des prix de revient irréaliste, voir ci-dessus l’effet Mittal, bref si la technologie suit, nous y sommes en Chine, à très court terme, aucune entreprise européenne ne pourra concurrencer la Chine qui a de plus un réservoir énorme pour augmenter sa production —- pas forcément le dernier élément de l’équation à résoudre …!!!

    Bref tel que nous sommes partis, dans 10 ans, plus aucune entreprise produira des produits concurrentiels en europe, la rentabilité des entreprises Chinoises leur permettra d’acheter toutes les entreprises de la terre, n’ayant plus de revenus dans les pays occidentaux, n’oublions pas que les non productifs, les emplois du service sont financés par la fabrication et la vente, sans fabrication, la vente disparaitra et donc plus aucun emploi ne substitera dans nos pays…

    Cela n’a rien à voir avec la finance, désormais c’est l’équilibre mondial qui est en cause, il aurait fallu créer une TVA sociale à l’import pour remettre à niveau les prix de revient des pays à bas salaires, cela n’a pas été fait, l’effet de la mondialisation est la destruction de tous les emplois à salaires élevés, et cela n’a rien à voir avec un problème de capitalisme, nous sommes dans des coûts de production qui n’ont pas les même référence mais dont la sanction à la même référence.

    Ce n’est pas tant le problème de l’export qui pose problème même s’il est crutial, le problème est de continuer à fabriquer sur notre sol, cela les USA ont pris conscience que ce n’était plus possible.

    Maintenant bien évidemment en changeant la valeur du Yuan, cela remettra certaines choses en place, l’allemagne sera alors dans une position extraordinaire, quant à nous et aux USA, nous n’avons dans bcp de domaine, même plus la technologie, l’expérience et le savoir faire pour tout refabriquer sur notre sol…

    Disons que la crise actuelle sur les taux de change est la prise de conscience que la mondialisation a passé le cap du non retour, les chinois sont allés trop loins, quasi ils nous ont déjà tout pris, ce me semble maintenant la question est comment arrêter les chinois et si cela doit passer à une explosion chez eux, ce n’est pas un problème, nous nous approchons du sauve qui peut général….

    Je ne me suis pas relu, mais tout ramener à la lutte du capitalisme est une vision étroite de la crise actuelle, le monde est déséquilibré par la montée hyper rapide de la puissance de la Chine, nous sommes tous concernés, quand on achète une Renault, quasi que 15% de réellement fabriqué chez nous, on ne peut tenir avec une telle dégradation de l’équilibre mondial.

    Je dirai que tout le monde revient à 1929 et le” blocage du commerce mondial, bien évidemment cela ne représente que 15% de notre PIB, il n’y a aussi que 15 % des français qui produisent encore quelque chose hors ce sont ces 15% qui finance le reste, sans doute serait il bon plutôt que de lire Keynes de tout simplement tenter de comprendre comment vit et produit une nation, et là je vous l’accorde, la finance occupe une place qu’elle n’a aucune raison économique d’avoir.

    Il y a création de richesse par la plus value mise sur la production, c’est cela la vraie création de richesse et disons le tout net, la Chine à travers ses usines à quasi pris la totalité de la création de richesse de la planète ….

    Excusez ma longueur, mais arrêtons de parler de ceux qui ont trop d’argent, actuellement c’est la survie de nos usines, de nos emplois et de nos revenus qui est en cause … la finance c’est un autre problème mais pas celui des taux de change.

  6. Les Chinois ont une vertu immense, celle de ne pas compter le temps. Alors ils vont prendre deux décennies, voir plus mais ils vont gagner. Le Tigre américain n’est plus pour eux qu’un tigre de papier et aujourd’hui on peut prévoir la mort du “Dieu Dollar”. Fini le temps où le cynisme américain pouvait faire dire à son secrétaire d’Etat au Trésor “Le Dollar c’est notre monnaie…mais c’est votre problème”.

  7. « Nous avons souligné qu’il était important de rééquilibrer la croissance globale et de réduire les déséquilibres globaux ».

    Ah si seulement nous pouvions toujours accuser les autres en premier en matière de forte inégalité sociale de plus ou globale pour le monde.

    Crise de confiance ou de panique pour nos élites ? Et c’est alors que les grands de ce monde se mettent soudainement à avoir la chiasse allez donc mieux savoir pourquoi en coulisses.

    Et puis voilà qu’une grande crise universelle s’installe carrément sur la durée, ce monde dans lequel vous vous étiez si bien construit et bien établi jusqu’à maintenant, hélas au fil du temps et de l’usure le grand édifice trompeur sur lequel tant de gens avaient si bien construits leurs vies, chancelle à la moindre petite variable climatique ou pas de plus tout va si vite de nos jours.

    La plus grande dictature pour l’esprit humain ce n’est pas du tout celle que l’on montre régulièrement du doigt, pour mieux encore fonctionner partout comme des machines où d’autres esclaves de plus au rabais, mais celle qu’on ne voit pas encore en soi. La censure du monde !

    Ô mais qui pourra encore soigner le monde demain et à moindre frais surtout à ce grand rythme d’auto-destruction des choses de plus ?

    C’est pas beau quand même tous ces estropiés de plus des folles industries de croissance.

  8. 1) Ce soir je comptais manger Chinois, finalement ce sera Japonais (je ne vais jamais au restaurant américain – celui qui fait des hamburger).

    2) Avez vous des nouvelles de la santé d’Obama ? Un site fait état d’une profonde dépression, ce qui serait – entre autres – en en liaison avec de récentes démissions.

    3) Je suis aussi inquiet des capacités auditives de Mr Trichet, qui aurait entendu que les autorités US sont pour un Dollar fort.

    4) Je n’ai pas entendu récemment Mme Lagarde ; idem pour Mr Noyer. Comme il ne nous donnent plus de bonnes nouvelles, mon pessimisme contrariant à de mal (pas trop de mal quand même) à s’alimenter.

  9. Une question sans doute naïve car j’ai des connaissances plus que limitées dans le domaine :
    les Chinois n’ont-ils pas la possibilité de ménager la chèvre et le chou en réévaluant le renminbi/yuan comme les Etats-Unis le leur demandent mais en continuant d’exporter en dollars de Hong-Kong qui restent toujours “pegged” au dollar américain ? Evidemment, cela ne changerait rien à la situation mais leur permettrait de s’en tirer par une pirouette .

  10. Haro sur le Japon. En lisant Barthes, je tombe sur le Pachinko :

    Wikipedia :

    Le succès aidant, des salles de pachinko sont ouvertes dans tout le Japon, souvent à côté d’un petit nombre de machines à sous. Le pays compterait aujourd’hui environ 15 000 salles de pachinko équipées de 2 000 000 de machines. Un Japonais sur 4 y jouerait régulièrement

    Importance économique :

    Le chiffre d’affaires du pachinko est énorme puisqu’il se situe au troisième rang de l’économie des loisirs japonais derrière les restaurants et le tourisme.

    =============================================

    => 1/4 des japonnais passe son temps à jouer dans des salles remplies de bandits manchots…

    Barthes : le chiffre d’affaire des pachinko est égal ou supérieur à tous les grands magasins du Japon, p 43.

    1. Houla ! le temps s’accélère encore !!
      19 h passées ???????
      L’horloge parlante m’indique 18h 28 mn 20 s 21 22 23 et zut !!

  11. En 1973 A. Peyrfitte nous avait prévenus avec son livre « Quand la Chine s’éveillera (le monde tremblera) »
    Mais à l’époque cette prévision n’arrangeait personne. On l’a donc ignorée, puis oubliée. Jusqu’au jour où nos banquiers, devant leurs coffres vides, ont commencé a gémir. (les gémissement d’un banquier sont un spectacle atroce, ça arracherait des larmes à un crocodile élevé Dutroux.)
    Alors, seulement alors nos « grosses tête » ont compris que Peyrfitte avait raison, mieux tard que jamais.

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