« JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS », par Zébu

Billet invité

Comme le ferait un frère disparu mais dont les parents ne s’inquiètent guère en apparence de cette disparition, on reçoit de temps en temps des cartes postales de la crise, la vraie, celle qui frappe sourdement et sape quotidiennement la résilience de nos sociétés malmenées.

Remis le 23 décembre 2010 au (nouveau) Ministre de la Ville (mais aussi chargé du Grand Paris) Maurice Leroy (probablement indisponible le 24 ou le 31 décembre), le rapport de l’ONZUS (Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles) est passé quasiment  inaperçu, ce qui était bien l’effet recherché.

Pour autant, ces fameuses ‘ZUS’ (dont le terme ‘sensible’ est politiquement approprié mais socialement inadapté : ‘ZUP’, ‘Zone Urbaine de Pauvreté’ conviendrait mieux) concernent une bonne partie de la population française :

« En 2006, en France métropolitaine, la politique de la ville concerne 717 Zus regroupant 4,15 millions d’habitants (recensement de 2006). À ces habitants s’ajoutent ceux des quartiers inscrits dans les Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) qui ne sont pas en Zus. Ces derniers quartiers regroupent environ 3,80 millions d’habitants. Au total, la politique de la ville concerne, en 2006, près d’un français de métropole sur huit. » (p.17).

En ne tenant compte que des ZUS, on obtient avec ce rapport une analyse détaillée d’environ 7% de la population, ce qui est loin d’être négligeable, d’autant plus que l’on qualifie ces ‘zones’ de ‘sensibles’.

Et qu’y apprend-on ?

Que 43 % des jeunes hommes actifs et 37% des jeunes femmes actives sont au chômage.

Que le taux de chômage global, de 18,6%, y est le double de celui dans les autres zones urbaines.

Comme à son habitude, Luc Bronner, journaliste au Monde spécialisé sur les banlieues françaises, est un des rares à nous informer de la réalité de la crise dans ces ‘zones’.

On pourrait d’ailleurs prendre d’autres paramètres (familles monoparentales, santé, logement, origine étrangère, atteintes aux personnes, …, y compris les taux de réussite au brevet et au Bac, rare point ‘positif’), mais tous sont en ‘progression’, formant ainsi un ‘spread’, croissant, pour utiliser les termes en cours, socio-économique d’avec la moyenne française.

Quel rapport d’avec la crise financière en cours me direz-vous ou avec le système financier ou bancaire actuel, tant les connexions semblent inopérantes ?

Ceci.

« Pour que la CDC puisse continuer à financer le logement social, il faudrait qu’elle conserve environ 74% des fonds issus du LDD et du Livret A à l’horizon 2020, expliquait en octobre dernier Augustin de Romanet, le président de la Caisse. Pour la CDC, qui doit maintenant financer des prêts destinés aux infrastructures et aux transports, et qui prévoit l’explosion du financement du logement social dans les prochaines années, il n’est donc pas question que son taux de collecte soit inférieur aux promesses faites en 2008. Dans le pire des cas, elle est prête à accepter un taux de centralisation de 70%. »

Or, le logement social est éminemment prégnant dans ces ‘zones’ que l’on dit ‘sensibles’ : 60% de la population concernée réside dans les logements HLM selon l’INSEE, où 90% (!!) des logements ont été construits AVANT 1982.

On comprend donc que la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) refuse de laisser aux banques plus de 30% des dépôts récoltés par les livrets A et LDD, le logement social étant en bonne partie financée par la CDC (une de ses missions), logement dont on a vu que la quasi-totalité du parc dans ces ‘zones’ (on ne parle même pas du reste) a AU MOINS plus de 30 ans …

Mais tant il est vrai que les banques doivent ‘se refaire’, on octroie à ces mêmes banques la mission de ‘financer les PME’, mission dont elles s’acquittent par ailleurs fort mal :

« Selon une récente étude de l’OER (Observatoire de l’Epargne réglementée), les banques n’auraient accordé que 6,4 milliards d’euros de crédits supplémentaires aux PME en 2009 et 1,2 milliard au financement de travaux d’économie d’énergie. Cette année là, le volume des fonds conservés par les banques avaient pourtant augmenté de 12,4 milliards d’euros, soit un différentiel de 4,8 milliards d’euros… »

Mais où est donc passée la « 4,8 milliards d’euros & Co(mpagnie) » … ?

Cette petite carte postale que la crise nous envoie nous indique très clairement, aussi, que la crise économique et sociale en cours dans les ‘zones’ que l’on dénomme ‘sensibles’ mais dont tous les partis politiques se désintéressent (quel parti politique a ‘communiqué’ sur ce rapport ?), hormis pour que les présidentiables y paraissent quelques heures, est en bonne partie due à l’existence (et même au renforcement, depuis 2008, avec la Loi de ‘modernisation’ de l’économie et la ‘libéralisation’ de la récolte des livrets A et autres réglementés, dorénavant par les banques ‘concurrentielles’ principalement) d’un système bancaire et financier qui ne fait qu’exacerber cette crise, en y prélevant sa ‘dîme’ (le terme est choisi), au détriment, forcément au détriment, des plus pauvres.

Cause.

Conséquence.

Les choses sont claires.

Lorsque l’on connaîtra la fin, soit l’explosion, ou l’implosion, des banlieues (un peu comme l’explosion du système financier), toujours annoncée, pour l’instant retardée, sera-t-on vraiment surpris ?

Dans l’affirmative, sera-t-on responsable ou coupable ?

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112 réflexions sur « « JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS », par Zébu »

    1. Paul
      savait pas
      Même que des foi (rapport à un S à fois)
      cool mon pote .
      c’est vous qui avez notre amitié..

    2. pourquoi il fait triste.?
      sommes nous esclaves du bonheur?
      sauvons nous à choisir..
      blurrppp
      hic
      supprimer le remboursement des aides aux « défavorisés »
      entre guillemets pour apprivoiser la honte..
      bof
      je suis triste mais j’ai des raccourcis.
      salut les gars à demain

  1. Maurice Leroy est passé à France Culture

    Ca m’a laissé un peu le même type d’impression que Martin Hirsch : plus de cambouis sur les mains qu’un ministre lambda, mais ne peux pas pousser les limites de l’exercice au-delà d’un point convenu.

    Sinon, bravo pour ce billet qui montre où peut se trouver « l’Extremistan » de NN Taleb peut bien se trouver à deux pas de chez soi.

    1. Euh, l’Extrémistan de NN Taleb n’a rien avoir avec les options politiques « extremes », ou pas du tout directement.

      C’est plutôt l’idée que « ca va péter mais on sais pas quand » car pour l’instant la série d’évènements dans les « zones sensibles » a gardé des proportions qui sont encore dans une statistique « tranquille », avec comme plus grand « évènement » les émeutes de l’automne 2005, si l’on veut prendre le plus visible. Mais la taille d’un grand évènement suivant peut être largement plus grande, hors de proportion avec la série passée.

      Autre exemple que NNT affectionne : la Dinde de noël dont le sort est fixé par un unique jour de sa vie, où le sort qu’on lui réserve (la tuer) est différent de tous les autres jours (la gaver)

    2. Oui, pas de quoi Cédric.

      Globalement, il est assez difficile de faire lire aux gens un paquet suffisant de philosophes/essayistes un peu engagés sans que ça se termine par des moues dégoutées.

      Je viens de lire les commentaires sur le texte de B Stiegler sur le « populisme » dans le Libé du 5 janvier (libre), et je suis attéré par le niveau de ces commentaires. Certes STiegler a bien des défauts dans des aspects de sa prose (et là il s’est retenu en plus) mais comment ne pas voir les côtés positifs à prendre. Ces commentateurs n’ont pas fait l’effort de voir qui a re-proposé des visions cohérentes d à grande échelle. A leur façon, Stiegler, NN Taleb et Jacques Généreux l’ont fait. J’ai posté un commentaire un peu alambiqué ou un peu amphigourique sur le livre « La grande Régression » sur le blog de Généreux, et je me suis attiré une réponse mordante. C’es malheuruex que « l’offre de vision du monde » ne soit pas mieux vécue. Ce blog-ci est plutôt un hâvre de ce point de vue, même si j’ai pu exprimé qu’un « forum livre » sur les grands essais de notre temps aurait été splendidement enrichissant (Richard Sennett, Hervé Juvin, Bruno Latour…)

  2. Bon billet (Zebu is back), il faut des ponts entre le virtuel de la finance et la réalité, c’est le seul moyen que la démocratie fonctionne.

  3. Le livret A finance le logement social, et donc augmenter le taux d’intérêt de ce livret va à l’encontre d’une politique de soutient du logement social…. c’était cela, l’argument.

    Et pourtant le livret A est le seul placement valable en ce moment, entendu sur Fr Info hier. Les SICAV monétaires ne rapportent rien après déduction des frais en fin d’année.

    1. Un autre problème se pose, c’est celui de savoir s’il faut que le peuple épargne son argent ou bien qu’il le consomme. Un juste milieu est nécessaire afin que la société continue de fonctionner correctement. Et pour ce, il est parfois nécessaire d’envisager une augmentation du taux du Livret A.

  4. Pour le petit Belge que je suis, la fréquentation assidue de ce blog me permet (entre autres) de « sentir » l’état d’esprit (fort désespéré pour l’instant) d’une partie du « peuple » français, autrement que via des médias dont on sait combien ils sont peu fidèles à la réalité. Cela me permet aussi de connaître les différences engendrées par une logique centralisée (jacobine) d’un côté et décentralisée (fédérale) d’un autre.

    Il y a évidemment des avantages et inconvénients à chacune des logiques mais dans le billet de Zébu je vois confirmés deux avantages de la centralisation et de l’héritage (Conseil de la Résistance, Gaullisme?) des années fastes d’après-guerre.

    D’abord l’existence d’outils tels que l’Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles ou l’Observatoire de l’épargne réglementée est précieuse (même si les dirigeants actuels mettent leur rapports dans le tiroir du dessous).

    Et puis surtout, la CDC me paraît une institution précieuse, qui redirige une partie (petite hélas) de l’épargne des Français vers des utilisations socialement utiles. En Belgique, les compte d’épargne sont gérés par les banques privées et les dépôts participent donc au casino planétaire; ce qui est à la fois sociétalement inutile, risqué et source de profit pour des actionnaires avides. A travers le sauvetage de la banque franco-belge commune, Dexia, j »ai pu mesurer l’avantage pour l’Etat français de disposer d’un tel outil.

    Garder, amplifier un outil tel que la CDC et diriger ses placements dans le sens le plus profitable collectivement me semble une tâche à soutenir par ceux qui, ici, croient qu’une autre gestion de la finance est possible.

    1. Pour préciser, la CDC a de mulitple fonction, et filiale c’est elle qui possède par exemple le sols et infrastructures autoroutières, c’est un peu le notaire et le propriétaire des biens de l’état, le logement social n’est qu’une partie.

    2. @Alain A

      Le jacobin que je suis (conscient bien entendu des limites du modèle mais aussi de ses nombreux points forts) ne peut qu’appuyer votre propos 🙂

    3. JE confirme l’intérêt de la CDC, pour l’Etat, comme pour les contribuables que nous sommes tous :
      « Autrement dit, le groupe ne perdrait de l’argent que s’il devait revendre aujourd’hui ses participations. Or, ce n’est pas le cas. Michel Bouvard rappelait du reste jeudi que la Caisse « n’a pas vocation à céder des titres au moment où ils sont dépréciés ». »
      http://www.lexpansion.com/entreprise/la-cdc-bras-arme-de-l-etat-serait-en-perte_172789.html
      La CDC, qui n’a pas été en déficit depuis sa création sous Naoléon, a eu pour la première fois une perte en 2008.
      Mais comme c’est un acteur au long court, cette perte est virtuelle. D’où son intérêt.
      Mais à force de charger la mule (sa participation à Dexia, notamment, l’a bien plombé, sur ordre du patron) …

    4. oui, mais quid …depuis cet événement :
      21 décembre 2007
      .. »La Caisse des Dépôts et Natixis annoncent aujourd’hui la signature d’un protocole d’accord en
      vue d’une prise de participation de 40 % de la Caisse des Dépôts dans le capital de AEW
      Europe.
      Société spécialisée dans l’investissement et la gestion d’actifs immobiliers pour compte de tiers,
      AEW Europe est actuellement détenue à 100 % par Natixis Global Asset Management, et
      constitue, avec Natixis Asset Management Immobilier (NAMI), société spécialisée dans la
      gestion de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et d’organismes de placement
      collectif dédié à l’Immobilier (OPCI), le pôle immobilier européen de Natixis Global Asset
      Management avec plus de 16 Milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin décembre 2006.
      Pour Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des Dépôts :
      «La Caisse des Dépôts est un investisseur de premier plan dans le domaine immobilier ; notre
      entrée dans le capital d’AEW Europe, avec laquelle nous avons tissé des liens anciens et
      étroits, crée un véritable partenariat qui nous permet de renforcer notre capacité
      d’investissement dans cette classe d’actifs».
      Pour Philippe Dupont, président du Directoire de Natixis :
      « Cet accord conforte la position de leader européen du conseil et de la gestion d’actifs
      immobiliers d’AEW Europe sur un marché toujours plus compétitif et où l’effet de taille est
      déterminant. Il témoigne des convergences d’intérêt fortes entre la Caisse des Dépôts et Natixis. »
      http://www.natixis.com/upload/docs/application/pdf/2007-12/cp_cdc_natixis.pdf
      ? …
      Peut-on avoir encore confiance dans l’étanchéité de la chose ?

    5. car ….suite de mon précédent post :
      « ..Le logement social amputé de 3 milliards d’euros sur un simple claquement de doigts. Icade, en partie propriété de l’Etat, met en vente ses 35 000 logements sociaux acquis grâce à de l’argent public. Bénéficiaires : les actionnaires privés et l’Etat, qui s’empressera de réutiliser son pactole à des fins plus juteuses… Un scandale ordinaire…
      Scandale de la vente des logements Icade

      Dans les années 1960, la SCIC (Société Centrale Immobilière de la Caisse des dépôts et consignations) est le plus gros bailleur social contrôlé par l’Etat, via la Caisse des dépôts et consignations (CDC). A cette époque, elle engage de vastes programmes de construction de logements « intermédiaires » accessibles aux familles modestes. Subventions, aides à la construction et fonds d’épargne sont pleinement sollicités. D’autant que les collectivités locales jouent le jeu à fond, mettant leurs terrains à disposition, parfois pour un euro symbolique.

      Les locataires en danger

      Icade (nouveau nom de la SCIC) a été de surcroît subventionnée par l’Etat pour réaliser des travaux d’aménagement et d’entretien, en théorie. En échange, le bailleur s’engageait à plafonner les loyers. Mais en 2000, l’accord prend fin et Icade déconventionne ses logements. S’ensuit une hausse impressionnante des loyers qui atteint souvent les 50%, en quelques années. Tout cela pour des logements qui vieillissent mal, faute de travaux d’entretien. .. »
      http://www.lesmotsontunsens.com/scandale-icade-35000-logements-sociaux-3-milliards-euros-4732

      et,
      http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20071126.OBS6823/la-crise-du-subprime-touche-natixis.html

      et, enfin,
      http://www.liberation.fr/economie/0101556342-comment-les-petits-porteurs-de-natixis-se-sont-fait-avoir

    6. @ Génissel Samuel,

      Parmi ces multiples fonctions précisons un cas formidable:

      Quick (restauration rapide) devient une société française en 2007 suite à l’OPA amicale de CDC Capital Investissement (devenu Qualium en 2010), une filiale de la Caisse des dépôts et consignations. Cette société est cédée par la CNP d’Albert Frère (un milliardaire belge).

      Rappelez vous la polémique sur le quick hallal, tout le gouvernement qui monte au créneau, indignés qu’ils étaient face à cette « islamisation rampante » mais évidement impuissants face au choix de cette société privé …. qui était l’actionnaire majoritaire en définitive? La CDC CI pour 95%.

      Rien d’illégale me direz vous. Mais ce n’est pas tout!

      « Jean-Marie Kuhn est un homme d’affaires lorrain piqué au vif par un contentieux commercial avec Albert Frère lors de la revente d’une entreprise de vêtements il y a une dizaine d’années. Bien décidé à mener un combat qu’il estime « juste », quitte à « passer pour un illuminé », Jean-Marie Kuhn a épluché les comptes de GIB, la holding d’Albert Frère, jusqu’à y relever un détail troublant.

      Il soupçonne la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le bras armé de l’État, d’avoir largement surévalué le prix d’achat de la chaîne de restauration rapide Quick. Jean-Marie Kuhn invoque un article d’août 2004 paru dans Les Echos, dans lequel le PDG de Quick évaluait le prix de sa société autour de 300 millions d’euros. Or, en octobre 2006, GIB cède Quick à une filiale de la Caisse des Dépôts, CDCCI, pour 800 millions d’euros. »

      Bien! très bien!!!

      « Dans un entretien accordé au site belge Trends.be (29/12/2009), Jean-Marie Kuhn avance l’hypothèse selon laquelle Albert Frère aurait bénéficié d’un prix très favorable afin de lui permettre de monter au capital de Suez, et de pouvoir peser sérieusement sur la fusion du groupe énergétique avec Gaz de France. »

      Parfait!!!!!!

      « Il accuse Nicolas Sarkozy d’avoir participé, lorsqu’il était encore ministre des Finances, à « un pacte qui semblait avoir pour finalité la fusion GDF-Suez ». »

      … présomption d’innocence, présomption d’innocence,présomption d’innocence

    7. Je pense que nous sommes là au coeur du réel du sujet ….

      CDC …I.Icade..I.Natixis ……………feu le logement social.
      I HLM I crise subprime
      I augmentation 50% des loyers
      I vente des logements sociaux , surtout en banlieue ….parc social encore diminué …augmentation des quats ….rue/ travailleurs pauvres…..

    8. @ M :
      « Peut-on avoir encore confiance dans l’étanchéité de la chose ? »

      Non, surtout quand elle est aux ordres d’un état qui lui intime l’ordre d’investir dans des sociétés qui n’ont rien à voir avec ses missions historiques (natixis, dexia).
      Ainsi, le scandale d’Icade c’est d’abord le scandale de l’Etat en 2000 (comme quoi, il n’y a pas que les gouvernements de droite …) qui déconventionne d’avec la société. Ne reste alors plus qu’à.

      « Je pense que nous sommes là au coeur du réel du sujet …. »
      Oui. C’est l’histoire d’un état qui se désengage de ses missions régulatrices, notamment dans le logement social. Et qui laisse un bel outil, comme peut l’être la CDC, pratiquer les mêmes pratiques que les autres margoulins.
      On en voit le résultat.

  5. Bonjour Zébu et tous mes voeux,

    Ce rapport n’est que le dernier avatar d’une longue série de documents alertant sur tous les tons possibles les pouvoirs publics sur l’échec désastreux d’une politique prétendument destinée aux quartiers dits « sensibles » (mais en fait destinée à soutenir le secteur du BTP).

    Voir notamment le rapport déposé à l’Assemblée nationale par le comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques sur l’évaluation des aides aux quartiers défavorisés du 21 octobre 2010,

    le tome 1 est ici :
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2853-ti.asp

    et le tome 2 là :
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i2853-tii.pdf

    Pour une étude de la population des quartiesr défavorisés publiée en décembre 2010 :
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?id=3131&reg_id=0

    J’invite toutes les personnes intéressées à consulter ce blog, qui est tenu par Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS, spécialisé dans les questions de sécurité, de délinquance et donc qui suit de près, avec une profondeur d’analyse intéressante (à la manière de celle de Mr Jorion sur la Crise et le monde de la finance), les dérives des politiques de la ville, et surtout leurs conséquences dans notre quotidien (sécurité, intégration…).

    C’est ici :
    http://www.laurent-mucchielli.org/

    Cordialement,

    CM

    1. soutenir le secteur du BTP

      Le mur de l’argent entre le Mexique et les z’Us aurait couté plus de 2 milliards de $ .
      Combien pour entourer les banlieues ?

    2. @ Rosebud1871 :
      bcp plus, bcp plus …
      Surtout si on connait le résultat du dit mur.
      Aux dernières nouvelles, les mexicains sont en train de gagner la guerre perdue par Santa Anna, 150 ans plus tôt …

      @ Cédric Mas :
      Salut, à toi aussi!
      Merci pour les liens, Muchielli, LA référence.
      Mais rarement visible sur les plateaux : fait peur et connaît trop bien son sujet.

    3. ce blog, qui est tenu par Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS, spécialisé dans les questions de sécurité, de délinquance

      Merci ! …regard, ô combien équilibré, semble-t-il …il faudrait, et sur la manipulation sur les chiffres de la délinquance, et l’anathème jeté sur certaines populations, faire passer le message au forcing sur les grands medias …car, chez les info-telephages, la propagande marche trés bien, malheureusement .

  6. « quel parti politique a ‘communiqué’ sur ce rapport ? »

    Jean-luc MELENCHON en a parlé lors de l’émission « mots croisés » du 06/12

    cdt

    1. @ Tur :
      Possible. Mais ce devait bien être ‘en passant’ …
      Comme tous les ‘responsables’ politiques.

  7. Les « banlieues » (pour faire court) c’est un problème insoluble à résoudre dans notre société.
    A l’origine les cités ont souvent été conçues comme des petits villages, avec commerces, espaces verts, appartements agréables. L’arrivée quasi simultanée des grandes surfaces a détruit ces petits commerces et a transformé ces lieux en cité dortoir. (Voilà déjà un problème insoluble parmi tant d’autres)
    Donc on peut toujours allonger les milliards, ça ne résoudra pas les problèmes de fonds.

    Ensuite il ne faut pas prendre nos politiques pour des imbéciles, ils savent tout cela et ils s’en accomodent.
    Déjà, ils ferment les yeux sur les trafics en tout genre qui permettent à une économie souterraine mais une économie tout de même d’exister. D’ailleurs, dès qu’ils font minent d’y toucher c’est la castagne :).
    Ensuite ces banlieues jouent 2 rôles très importants pour les gouvernements (surtout de droite) :
    1- Séparer les pauvres en deux camps : ceux qui sont « intégrés » et qui travaillent et les autres, les casseurs. C’est une technique classique et ancienne utilisée dans les démocraties : séparation des pauvres blancs et des pauvres noirs aux Etats-Unies au 19ème siècle (Lire l’excellent et volumineux Une histoire populaire des Etats-Unies d’Howard Zinn).
    2- Un réservoir inépuisable de chiffon rouge où l’action mâle, musclé et rassurante de l’état peut s’épanouir.

    1. « Séparer les pauvres en deux camps : ceux qui sont « intégrés » et qui travaillent et les autres, les casseurs »

      Sauf que l’amalgame sert évidemment à dessein politiquement car c’est un amalgame.

      On ne dira jamais assez :
      1/ qu’une large partie (encore majoritaire, pour combien de temps si le chômage des jeunes perdure pour cette génération) des habitants de ces ‘zones’ (pourquoi ne pas les appeler des ‘réserves’, non plus ?) SONT intégrés ET travaillent, souvent précaires, soutiers du système actuel
      2/ qu’une frange (encore minoritaire mais pour combien de temps ?) des casseurs SONT intégrés ET travaillent. Lors des dernières émeutes, les flics ont été surpris du nombre de personnes socialement ‘insérées’ qu’ils avaient appréhendé.

      Cordialement.

    2. @Zebu
      J’ai mis des  »  » à intégrés parce que je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire 🙂 donc pour moi aussi cette séparation n’a pas de sens mais c’est un fait que cette distinction est faite par les politiques relayés par les médias.
      Pour votre 2ème point, je me méfie des interpellations des flics : les gens qu’ils ont interpellés étaient-ils tous réellement en train de casser ? Personnellement, à part en voiture, jamais un flic ne m’a demandé mes papiers (j’ai bientôt 40 ans) ce qui n’est pas le cas de la plupart des gens blacks ou un peu basanés que je connaisse. Donc à fortiori, quand il y a de la casse, il ne vaut mieux pas avoir un faciès trop éloigné du « gaulois ».

      @Regoris
      Comme d’habitude, je ne comprends pas vos interventions 🙂

    3. zébu
      être sourd ,aveugle et insensible?
      Comme si être né dans ce Monde sans l’avoir choisis est direct TRAVAIL,
      Choisis autre chose svp.
      merci

    4. @ Bibule :
      Pardon, ma remarque ne ‘s’adressait’ pas à vous 🙂
      J’ai bien intégré que vous ne faisiez que rapporter ce qu’en disait ‘la norme’.
      Ceci dit, pour le second point et bien que je partage votre point de vue sur la palitude attitude à avoir face au Faciez Kontrol, surtout en période d’épidémie d’infection sociale, je confirme ce que j’écris. Peu de temps après les émeutes de 2005, ‘on’ s’est aperçu effectivement que le portrait ‘robot’ proposé (casseurs, fainéant, voyous et même … étranger) ne correspondait pas.
      Malaise ce fut, mais vite oublié …

      @ Regoris :
      Oui, je sais, mais je ne faisais que reprendre les termes du propos et de la norme. Je ne la partage pas. Dire de quelqu’un qu’il n’est pas ‘inséré’ socialement parce qu’il ne travaille pas est délirant sociologiquement. A moins de considérer que les chômeurs sont tous des ‘untermenschen’ (et certains ne sont pas loin de le penser).

    5. Oui, je sais, mais je ne faisais que reprendre les termes du propos et de la norme. Je ne la partage pas. Dire de quelqu’un qu’il n’est pas ‘inséré’ socialement parce qu’il ne travaille pas est délirant sociologiquement. A moins de considérer que les chômeurs sont tous des ‘untermenschen’ (et certains ne sont pas loin de le penser).

      Un résumé qui empêche la laideur..
      merci,jamais j’ai douté ..
      amitié cher Zébu

    6. « untermenschen »….

      oui, c’est trés inquiétant, car cela s’intègre progressivement dans les esprits de gens  » normaux » …
      càd, qui, à ce jour, ont été préservés …et ne se donnent pas la peine de réfléchir : c’est plus simple!

      Les grandes entreprises vont ( essaient de ) mettent à la Norme, la norme étant « rien ne doit dépasser », tout le monde doit être politiquement correct …(je suis le plus fort, c’est « génétique » …il est donc naturel que j’écrase l’autre, qui est dans le doute = faiblesse = sous-homme) c’est trés insidieux ! beaucoup plus contaminant que la grippe H1N1 ( oh, pardon !)…
      Voir et lire « La question humaine ».

    7. @ M :
      je ne suis pas loin aussi de penser que ce mode de pensée (si tant est que l’on puisse appeler ça ainsi) est ‘facilité’ par une bien plus grande proportion de population étrangère ou d’origine étrangère.
      On rejoint alors la question coloniale et ses représentations, encore ‘vivaces’, quant à la déshumanisation des indigènes dans la représentation coloniale..
      Lire l’excellent livre sur la question : « La fracture coloniale – La société française au prisme de l’héritage colonial », Sous la dir. Pascal Blanchard, Ed. La découverte. Notamment ‘La banlieue comme théâtre colonial, ou la fracture coloniale dans les quartiers’, Didier Lapeyronnie.

    8. la question coloniale et ses représentations, encore ‘vivaces’

      certainement, mais aussi, la question de *l' »autre », que des politiciens – pour cacher leur propre incapacité et, ou turpitudes – montrent du doigt …
      * l’autre, étant, devenant un groupe compact indifférencié, une masse justement, capable du pire …Or masse, il n’y a pas …Il y a des gens normaux, essayant de vivre le plus normalement possible .
      Si** révoltes, ce pourrait bien être une révolte citoyenne; en tout cas, c’est à souhaiter .
      c’est le piège également de la ghettoisation (liée en grande partie à la montée exhorbitante des loyers( on retrouve toujours la spéculation au coin de la rue ), qui entraine une méconnaissance de l’autre, justement, et des fantasmes galopants de part et d’autre …alors, que si l’on partage les mêmes lieux, il y a forcément discussions, et détente … Je pense qu’il est indispensable de remettre de la mixité sociale, en tout lieu ( cela évite les « murs » précisement / tentation mondiale du « muralisme »/ murs matériels et symboliques ).
      ** Lors des manif°sept-oct, il y a eu des mises en scènes : et la casse était orchestrée, et non le fait des manifestants ( les vieux veillants au grain, connaissant la manoeuvre, qui n’est pas d’hier) …d’où les besoins de décryptage constant des images « volées »
      Les échanges dans les (vrais) marchés,chez les petits commerçants,dans les bibliothèques municipales où des films et débats ont lieux, facilitent aussi.

  8. comme l’a dit « fillon »:les caisses sont vide,alors les banlieues…..banqueroute virtuel pour le moment jusqu’a……un catalyseur!

  9. on peut, dirait le diable d’avocat, aussi estimer qu’une nette augmentation des dépôts a été constaté suite à la rupture du monopole de distribution des livrets A, opérant ainsi un gain de ressources profitable à l’investissement dans l’activité du logement social. C’est pas une polémique, c’est un constat !

    1. Est-il possible de mesurer le différentiel entre l’augmentation des dépôts (chiffres ?) et la perte par captation des banques ? Par ailleurs, quelle garantie que ces captations ne seront pas de plus en plus importantes ?

    2. attendons ou guettons la réponse de François Leclerc, d’ailleurs les réseaux bancaires peuvent devenir partenaires dans le financement du logement social.

    3. A priori, bonne réflexion : dans un jeu à somme non nulle, on pourrait dire que tout le monde est gagnant. CDC comme banques.

      Or, il n’en n’est rien, apparemment, puisque justement l’article cite les 4,8 milliards des banques non utilisés pour octroyer, selon la mission attribuée, des crédits aux PME (comme si OSEO, par exemple, n’existe qu’en Papouasie Nouvelle Guinée …).

      Si on tient compte des arbitrages d’alors, 0,6% étaient réservés aux banques sur les dépôts.

      Faites le calcul :
      4,8 milliars x 0,6% = 288 millions d’euros.

      Pour qui ?

      Pour les banques.

      Merci qui ?
      Merci Mme Lagarde et M. Sarkozy.

      288 millions pour un an.
      Pour info, cela équivaut à 2/3 du budget alloué cette année (et voté comme tel le 15 décembre 2010 par les parlementaires) : 340 millions.
      http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250260928053

      Et c’est marrant mais on trouve qu’il manque 250 millions aux autorisations pour le logement social de 2009 (année de référence pour la comparaison d’avec la ‘disparition’ des 4,8 milliards de dépôts pour les banques) :
      « Les autorisations d’engagement pour le logement locatif social pourraient ainsi s’élever à 550 millions d’euros contre un peu moins de 800 millions d’euros dans le PLF 2008, soit une baisse de 30,5 %. »
      http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/24/budget-les-credits-pour-le-logement-social-vont-baisser_1099183_823448.html

      Etonnant, non ?

    4. Euh 0,6% de 4,88 milliards = 28,8 millions d’euros « seulement »,
      juste un bout des bonus, pas plus.

    5. @Timiota :
      ah oui mais non !
      (c’est encore moi, le khazar des équations)

      Car si je me plante lamentablement dans mes calculs sur la commission consentie pour les banques (0,6%, commission qui a d’ailleurs baissé en 2010 à 0,5%), ce qui ne fait ‘que’ 28 millions d’euros pour couvrir les frais de collecte et de gestion, qu’ont fait des 4,8 milliards d’euros les dites banques, milliards dont l’OER a déterminé qu’entre fin 2008 et fin 2009 ils étaient resté dans les bilans des banques de crédit ?
      « D’après les données recensées par l’OER, les fonds restant au bilan des établissements de crédit ont augmenté de 12,4 milliards d’euros entre fin 2008 et fin 2009. »
      http://www.banque-france.fr/fr/instit/telechar/observatoire/oer-rapport-2009.pdf (p.31)
      Soit, in fine, contrairement à ce que dit l’article de l’expansion, en retirant les 6,4 milliards d’encours aux PME et les 1,8 milliards d’encours pour les prêts écologiques : 4,2 milliards d’euros (et non 4,8 milliards).

      Eh bien, comme ils sont en dépôt et qu’ils ne sont pas utilisés pour des encours de crédit, les banques peuvent les placer, à intérêt juteux.
      Soit, évidemment, des sommes autrement plus intéressantes que les ‘simples’ commissions consenties par l’Etat pour la récolte des dépôts de livrets A.
      Or, ces sommes auraient pu être utiles au logement social, puisque ces dépôts n’étant plus centralisés à 100% sur la CDC (qui retransmet à 100% les intérêts produits sur ces dépôts à l’Etat), c’est l’Etat qui a donc un manque à gagner, qui se répercute sur le financement du logement social. Logique.

      Le plus ‘drôle’, c’est que la loi oblige les banques à reverser les sommes non utilisées pour les encours :
      « À défaut de respecter les obligations légales d’emploi de ces sommes, la banque doit allouer au fonds d’épargne les montants non utilisés conformément à la loi, sans percevoir de commissionnement sur ces montants. » (p.31 rapport OER 2009).
      Si donc pour les dépôts restants en bilan les banques n’ont pas reçues de commission (à 0,6%, la belle affaire que voilà), qu’en ont-elles fait, puisqu’ils sont restés dans les bilans ?
      Sinon les placer ?

      Ce qu’aurait pu très bien faire par ailleurs la CDC.
      A 100% de bénéfice pour l’Etat.

      Donc, grosso merdo, mon calcul était le bon : avec un taux net d’intérêt, même à 5% de rendement, la CDC était en mesure de ‘produire’ pour l’Etat (et donc le logement social) : 4,2 milliards x 5% = 201 millions d’euros.
      Certes, c’est moins que les 288 millions annoncés mais quand même, on retrouve nos billes.

      Non ?

      PS : à titre de réflexion aussi, il faut savoir que les commissions pour les banques se sont élevées à 0,6% x 100 milliards (montant de la collecte ‘octroyée’ aux banques puisque 160 milliards sont définis, en AMONT de la collecte, pour la CDC) = 600 millions d’euro. Une paille.
      Si 100% des fonds avaient été collectés par la CDC, ces 600 millions de commissions auraient pu revenir à la CDC, donc à l’Etat, puisque la CDC reverse 100% des bénéfices nets produits sur ces fonds réglementés. Donc au logement social.
      De même, si cette ‘libéralisation’ a augmenté très fortement la collecte dans les premiers mois, (taux attractifs), le résultat est assez mince in fine en un an puisque sur le livret A et bleu, la collecte a augmenté de 19 milliards (+12% mais chute de -11 milliards pour les réseaux historiques) mais … a chuté de – 1 milliards pour le LDD (-1,4%), essentiellement auprès des banques !
      Bref, la collecte a augmenté pour les banques mais a diminué pour la CDC, faisant d’autant diminué le bénéfice net retransmis à l’Etat, tout en augmentant le coût des commissions pour l’Etat (- 600 millions pour les banques).
      Au total, le coût net pour l’Etat semble être quasi nul : + commissions (-600 millions), – bénéfices à la CDC (-11 milliards à 5% net = -550 millions), peu de bénéfices générés par le surcroît de collecte (26 milliards transmis, si on enlève les 4 milliards restant dans les bilans des banques ; à 5% net = +1,3 milliards).
      Par contre, les commissions versées pour les banques et les intérêts produits par le non reversement des 4,2 milliards d’euros, c’est ça de moins pour le logement social, entre autres.

    6. Zébu, quelle pugnacité ! (du grand vigneron)
      au fait, votre contre proposition est-elle restée en stand by ?
      merci

  10. merci pour cet article eloquent et eclairant concernant nos concitoyens vivant dans ces cites et qui comme vous le soulignez sont trop souvent oublies ,cette mise en perpective a le merite de nous poser les questions et les reponses concreteset urgentesa apporter qui affectent depuis trop longtemps ces citoyens marginalises par la classe politique,avec une debauche de chiffres pareils sommes nous encore dans une republique?

  11. Merci Zébu pour ce billet!

    Il confirme l’importance du pilier « immobilier » dans l’architecture du capitalisme.

    Bouygues , les maisons Phénix, nos usuriers de la finance n’ont pas à s’en faire. Les lois comme Loppsi 2 imposent l’avenir radieux d’un urbanisme nécrogène à crédit: expulsion et destruction des caravanes, yourtes ou camions aménagés incompatibles avec la vie moderne -dixit le 1er ministre-.

    Et toujours ces 2,5 millions de logements vides.

    Comme nous sommes loin de nos 80m2 en dur pour 6000€ façon Cal Earth…
    http://calearth.org/

    Vive l’auto-construction! Vive le squat!

    Sus à la fabrication de ZUP!!! Sus aux usuriers qui se partagent le gâteau de la rétention des pauvres! Il faut voir les dispositifs type armes lourdes déployés dans certains endroits, comme Villeneuve en banlieue grenobloise, pour le croire.

    « Dehors, c’est tellement moche qu’un jour, on pendra tous les architectes à des grues ».

    1. Hélas, la loi LoPPSI II, votée en décembre dans l’indifférence générale, autorise la destruction par les forces de l’ordre des habitations qui n’ont pas fait l’objet de permis de construire ou jugées insalubres, , y compris de leur contenu : yourtes, squatts, cabanes, voitures, camions habités … et condamne les préfets qui ne signaleraient pas leur présence à une lourde amende

    2. Mianne 5 janvier 2011 à 14:10
      LoPPSI II, j’ai lu, il existe des fonctionnaires en désaccord avec les lois, peu comme à Vichy. À défaut de Yourte et de yacks, de nombreux yachts restent inoccupés 11 mois l’année dans les Marina. J’ai lu vos systèmes D de collectivation de voisinage, c’est sympa ça me rappelle ma première 2 CV camionnette achetée avec un copain 2/3 1/3 mais on s’engueulait pour savoir qui avait la priorité le 2/3 ou le 1/3 pour la prendre, et puis où la garer chez l’un ou chez l’autre. Ensuite j’ai connu les dimanches communistes pour déménager les copains, ou se filer un coup de mains pour bricoler et repeindre ici où là. Puis l’éparpillement a joué. Il y a quelques années j’ai prêté perceuse à un voisin, bétonnière à un autre. La perceuse était restée sous la pluie, et la bétonnière pas nettoyée. Du coup je prête plus ! Un toubib de ma connaissance avait hébergé un sdf par grand froid, le type est resté un bon mois et ça s’est terminé par un triste appel aux flics. Il faut un tissu serré de liens pour que l’entraide fonctionne, sinon dans une société où tout se paye, la main tendue est parfois maltraitée : juste retour quand est perçue comme charité qui coûte si peu.

  12. Un peu hors sujet mais important:

    La Chine affiche son soutien à l’économie espagnole

    Le vice-Premier ministre chinois Li Keqiang a affiché, mercredi à Madrid, sa confiance dans l’économie espagnole, durement touchée par la crise et au centre des inquiétudes des marchés. Le responsable a promis d’augmenter les achats d’obligations d’Etat espagnoles par la Chine qui est le plus grand bailleur de fonds de la planète, et a anticipé la signature d’accords commerciaux entre les deux pays pour une valeur de 5,6 milliards d’euros. Ces marques de confiance interviennent alors que les marchés continuent de douter de la capacité de l’Espagne à redresser ses comptes publics et à sortir de la crise qui secoue le pays depuis la deuxième moitié de 2008.

    lesoir.be agences

  13. Ce pourcentage de 1 Français sur 8 en grande pauvreté, s’il s’appuie seulement sur les résidents des HLM dans les zones dites « sensibles », est nécessairement sous-évalué car il se limite aux pauvres qui n’ont pas disparu des chiffres du chômage et des différentes aides , indemnités, allocations, bref ceux qui ont le « privilège » d’habiter officiellement quelque part pour les toucher, ceux qui ont une adresse .

    Ce pourcentage ignore le nombre croissant des SDF et des habitants de logements de fortune, squatts, tentes, cabanes, carcasses de voitures ou de camionnettes et que la loi LOPPSI II veut faire disparaître par une destruction radicale , sans proposer pour autant de solutions pour la survie des personnes qui s’y abritent .. .

    1. oui, le rapport de 1 à 8 ne concerne que celui de la population, laquelle n’est pas toute, évidemment, en situation de pauvreté.
      Mais vous avez raison concernant tous ceux qui sont en situation de pauvreté hors des zus, qu’ils soient chômeurs, femme isolée, SDF, précaires, ….
      Ceux-là, qui représentent 10% de la population environ (6 millions), qu’ils soient en HLM ou à fortiori sans logement type ‘agréé LOPPSI II’, vont dire merci aux banques.
      Encore une fois.
      Vu qu’ils sont déjà concerné par les réductions budgétaires, passés et en cours ou à venir, dont une bonne part tient aux conséquences de la crise provoquée par les dites banques.

      Proposition : que les banques hébergent les sans logements. Elles leur doivent bien ça …

  14. Je vous ai bien lus ZEBU..
    Merci ,quand on nous montre et expose cette décadence faut se dire que ce que l’on nous cache est pire..
    content d’être avec des intellectuels non méprisants

    1. ne le prenez pas mal ZEBU..
      svp
      seriez vous en dehors des communications qui nous aident grâce à vous..
      Cool ZEBU…
      amicalement et avec respect,de dious,

    2. Réponse : oui, car je ne suis pas Moi (facile celle-là, mais bon).
      🙂
      Ceci dit, pourquoi un tel acharnement contre les intellectuels (ou ce que vous semblez croire être) ?
      Certains sont utiles, notamment pour l’industrie de la chemise blanche et de la coiffure …

  15. CdC, c’est aussi l’acronyme de Cour des Comptes. Une autre institution dont les rapports pourtant très riches en informations et en analyses pertinentes des comptes publics sont systématiquement laissés de côté… Quelques-uns les commentent quand même, mais pour quelles applications?

  16. L’orage qui s’en vient.

    Quand rien que de survivre
    Est déjà une corvée,
    Quand il faut mendier du travail
    Pour pouvoir avoir faim
    Sur une terre qui n’appartient
    Qu’à ceux qui ne l’habitent pas,
    Il faut s’attendre à beaucoup de colère
    Et à très peu de procédures.

  17. Merci pour ce billet. « Zebu is back », comme dit Genissel Samuel…

    Votre papier est riche de faits et chiffres, et vous avez pointé quelques uns des sujets d’inquiétude. Quelques remarques supplémentaires :

    Sur le rôle de la CDC, la tendance de celle-ci à se comporter maintenant comme un groupe hétérogène et de plus en plus filialisé laisse des doutes à terme sur son caractère d’établissement public, ce qui est un souci (nous ne sommes pas encore au stade des GSE américaines, mais enfin…) voir : .

    Le rôle des diverses associations dans les zones citées est à souligner. Or, celles-ci sont dépendantes de subventions qui sont ou vont être menacées.

    J’en arrive à la 3ème remarque, que je formule quand j’en ai l’occasion, c’est la difficulté des collectivités locales (départements, communes) à soutenir l’ensemble des dépenses sociales nécessaires (charges transférées par l’Etat), notamment dans le cadre des changements en cours.

  18. Bonjour
    Une petite remarque au passage. je lis le Monde.fr régulièrement. Quand il publie des articles comme celui que vous avez cité (Luc Bronner), je suis toujours effaré par le nombre de commentaires racistes des lecteurs du Monde. De nombreux commentateurs ne peuvent pas s’empêcher de ramener tous les problèmes à leur obsession xénophobe.

    De lire tant de bêtises de gens en théorie éduqués me fait parfois désespérer de l’homme – évidement je me reprends vite 😉

    1. Internet est en train d’achever la presse papier, je ne sais pas si c’est bien ou pas. La tribune est un journal fait par des professionnels, de qualité. Sur internet, il y a aussi des sites ou des blogs, comme le votre, avec un véritable travail de fond, et dirigés par des pros.

    2. En mai dernier, le PDG de NextRadioTV Alain Weill s’était désengagé du quotidien économique en cédant pour un euro symbolique 80% du capital du journal à sa directrice générale Valérie Decamp, devenue ainsi PDG.

      Le propriétaire de RMC, BFM TV et BFM Business avait racheté la publication en 2008 à LVMH pour un euro symbolique par l’intermédiaire de sa holding News Participation.

    3. « Est-ce que le gouvernement va (…) laisser Bernard Arnault devenir le patron de la presse économique en France? », s’est-il interrogé en faisant référence au patron du géant du luxe LVMH, propriétaire des Echos. « C’est un vrai souci démocratique et de pluralisme de la presse ».

      Je crois que certes oui mais que c’est à se demander si ce n’est pas souhaité.

      Dès lors, ne restera plus que le blog de Jorion pour l’information économique indépendante.

      Vous n’avez pas de problème de trésorerie, M. Jorion ?

    4. Je ne suis pas convaincu qu’Internet remplace à terme la presse écrite. La qualité du fond reste toujours aussi médiocre et dirigée chez les médias traditionnels (Libération, Le figaro, Marianne … ).
      ET surtout, Je ne suis pas convaincu par le modèle économique au travers d’un nombre encore restreint de lecteurs ayant consacré un budget pour s’abonner à ces sites d’infos en ligne … seul peut-être MEDIAPART pourrait tirer son épingle du jeu.

    1. Au contraire :
      « Quels que soient les griefs exprimés tous les jours à l’égard des immigrés et notamment des «jeunes des banlieues», ils ne se traduisent pas en manifestations populaires de masse. (…) Ces mesures ont pour but essentiel de précariser une partie de la population quant à ses droits de travailleurs ou de citoyens, de constituer une population de travailleurs qui peuvent toujours être renvoyés chez eux et de Français qui ne sont pas assurés de le rester. »
      Précariser les droits des travailleurs ou des citoyens.
      On est bien sur le même champ.
      Sauf l’action de la libéralisation de la collecte du Livret A précarise, elle, la situation du logement tout court des mêmes.

  19. Pour alimenter le débat, un autre article, plus récent (3 semaines plus tard que l’article cité de l’Expansion), où apparemment, la CDC aurait eu gain de cause, provisoirement :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/12/03/bercy-veut-centraliser-la-collecte-des-fonds-du-livret-a-et-du-ldd-a-la-caisse-des-depots_1448395_3234.html

    Sans doute que les quelques centaines de millions que la CDC reverse à l’Etat chaque année n’y est pas pour rien.
    Néanmoins, dans l’article, une ‘petite’ déclaration de François Pérol, président de la FBF ET de la BPCE (et ancien secrétaire général adjoint à l’Elysée, comme quoi, les amitiés, ça ne préserve pas de tout), déclaration qui vaut son pesant de cacahouètes dans le contexte que l’on connaît (je la met entre guillemets) :

    il est contradictoire de demander aux banques d’avoir plus de dépôts car c’est une « ressource stable et sûre » et de les priver de ces dépôts en confiant l’essentiel de la ressource à la CDC

    Si la FBF et la BPCE en sont à attendre des dépôts du livret A et du LDD qu’ils contribuent à la stabilité des banques et que rien que 5% en moins est déjà attentatoire à celle-ci, la situation est vraiment grave ou Pérol nous prend pour des buses (et sans doute les deux) …

  20. En France les zones de tres grande pauvreté sont dans les campagnes ou il n y a ni travaille ni transport. Mais depuis 30 ansont parle des banlieux.

    Zebu dit
    qu’une frange (encore minoritaire mais pour combien de temps ?) des casseurs SONT intégrés ET travaillent. Lors des dernières émeutes, les flics ont été surpris du nombre de personnes socialement ‘insérées’ qu’ils avaient appréhendé.

    Quel sont vos conclusions, pourquoi si ils sont intégrés cassent ils et sont ils en révoltes.
    Pourquoi, est la bonne question, le constat tout le monde le connait, mais personne ne veut donner de réponses.

    1. Il faudrait que je remette la main sur la source qui à l’époque, je crois que c’était une étude de police :
      http://forums.france2.fr/france2/motscroises/raisons-emeutes-nov-sujet_2242_1.htm
      « Chef de rang, chaudronnier, animateur, garagiste, étudiant, ouvrier… Les profils qui émergent au fil de l’étude de la police des Yvelines sur les émeutiers de novembre que Le Figaro s’est procurée réservent bien des surprises. Selon ce document, qui constitue la seule analyse concrète dont dispose actuellement le ministère de l’Intérieur sur les acteurs de ces événements, plus des deux tiers des jeunes arrêtés étaient socialement insérés. Preuve que délinquance ne rime pas forcément avec chômage. »

      Le travail n’est plus le grand intégrateur social. Parce que le travail par en sucette, entre contrats aidés et précarité, exploitation sans nom et maximisation de la valeur ‘rendement’ et ‘lucrativité’.
      Les valeurs ‘respect’ étant ‘démonétisées’ et les publics concernés sans cesse rendus invisibles, ils sont socialisés sans l’être : juste pour des besoins de production/consommation.
      Les marges de la société libérale, sans limite.

  21. Bonsoir,

    Tout le monde s’en fout des zones urbaines pauvres, l’argent restant de toute les façons dans les circuits bancaires.
    perso j’ai à mon avis trouvé la solution pour protester à la cantonnade : en interdisant toute utilisation de mon argent par les banques et le systéme défaillant : j’ai commencé à le déplacer en numéraire tout les mois environ de compte à compte, ça devrait me prendre environs une heure à chaque manip.

    Cordialement

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