L’actualité de la crise : HISTOIRES A DORMIR DEBOUT, par François Leclerc

Billet invité.

Ils ne sont pas loin du storytelling – cette technique narrative de communication qui a si bien servi pour les armes de destructions massives irakiennes, ou à laquelle le danger islamique s’apparente également – mais ils s’y essayent. Qu’ils appartiennent au parti républicain américain, au gouvernement britannique ou à la coalition CDU/CSU-FPD allemande, les leaders politiques qui tiennent actuellement le haut du pavé et monopolisent le verbe n’arrêtent pas de fabriquer de belles et édifiantes histoires destinées à formater les esprits.

Les premiers font de l’amoindrissement du rôle de l’Etat, auquel tous les maux ou presque sont attribués, leur nouvelle religion. N’envisageant pour tout programme que des coupes budgétaires et des baisses d’impôt. Les yeux rivés sur l’échéance présidentielle, avec pour seul objectif de faire chuter Barack Obama, ils ne veulent en aucun cas être associés à de nouvelles dépenses budgétaires ou, pis, à des augmentations d’impôts. Ils sont d’autant plus prêts à exiger des mesures drastiques qu’ils savent la majorité démocrate du Sénat et l’exercice du droit de veto présidentiel se préparer à si nécessaire les bloquer.

A terme, les uns comme les autres n’ont d’autre foi que dans la croissance économique, à propos de laquelle ils fondent des prévisions irréalistes et placent tous leurs espoirs. Telle la poursuite infernale d’une fuite en avant américaine qui en masque une autre, celle de la dette et de son financement.

Les gouverneurs des Etats et les maires, eux, n’ont même pas les moyens de tergiverser. Ils sont confrontés sans attendre à des déficits leur imposant de réaliser des coupes claires dans leurs budgets. Commençant à susciter de vives réactions, comme les manifestations de Madison dans le Wisconsin viennent de le montrer. Ils ont toutefois l’espoir, car il n’y a pas à ce niveau d’échappatoire, de réaliser une union sacrée locale entre démocrates et républicains – les modalités discrètes n’en manquent pas – impensable au plan national.

Repoussée à plus tard au niveau central, la crise budgétaire est en train d’exploser localement, là où les situations financières sont les plus détériorées. Ce qui n’est pas sans rappeler, par analogie, la crise européenne actuelle et sa zone des tempêtes où pénètrent peu à peu les pays les plus faibles. Comme on l’a déjà vu à propos de la crise des muni-bonds, ce sont les plans de pension et les systèmes d’aide social et de santé qui sont les premiers visés dans les budgets américains, ainsi que les emplois municipaux, dans tous les secteurs. Et quand le secrétaire d’Etat, Tim Geithner, en vient à reconnaître que des hausses d’impôts sont inévitables si l’on veut réduire le déficit, il s’en tient à prudemment évoquer la nécessité de « se pencher sur les recettes ».

Les Britanniques sont un peu en avance dans le processus. David Cameron, le premier ministre, a rédigé pour eux un projet sous forme de conte pour enfants qu’il a tout simplement intitulé Big Society. N’y allant pas par quatre chemins, il a expliqué que « la poigne du contrôle de l’Etat doit être relâchée et le pouvoir confié aux gens (…) Nous connaissons les dégâts provoqués par des services qui sont contrôlés de façon centralisée (…) Que ce soit les taux de survie au cancer, les résultats scolaires ou la criminalité, nous dérapons depuis trop longtemps face à des pays comparables ». Il envisage en conséquence de confier à des entreprises privées ou des organisations caritatives la gestion de la quasi-totalité des services publics, à l’exception concède-t-il de la sécurité nationale et de la justice. D’ici à une quinzaine de jour, le gouvernement britannique va rendre public un « Livre Blanc » à ce propos, mettant le NHS – le service de santé britannique – particulièrement sur la sellette.

Ce projet a tout d’un habillage des coupes budgétaires prévues par le plan d’austérité de la coalition au pouvoir. Mais des villes-pilotes ou des associations choisies pour amorcer la pompe se sont déjà désengagées, faute de moyens. On comprend que, à l’image de ce qui se fait un peu partout en Europe, l’Etat tend à se décharger de ses responsabilités sur des structures locales, qui seront ensuite financièrement étranglées, puis dans l’obligation de procéder aux coupes que les gouvernements n’auront ainsi pas à assumer. Ainsi qu’a continuer de privatiser plus ou moins insidieusement des activités encore publiques. C’est effectivement un projet de société, dont seul pour l’instant David Cameron assume crânement la paternité, mais que tous partagent.

La contribution de la chancelière Angela Merkel est d’un autre genre, mais elle aboutit aux mêmes conséquences. Elle prétend s’attaquer aux causes de la crise en cherchant à faire adopter, pour le généraliser, un modèle économique calqué sur celui de l’Allemagne ; attribuant celle-ci aux différences de compétitivité et à l’irresponsabilité fiscale au sein de la zone euro. Le message a le mérite de la simplicité : la crise actuelle ne peut être que fiscale et la seule réponse à y apporter ne peut être par conséquent que l’austérité.

Cette histoire là calme les courants europhobes et conservateurs allemands, relayés par des campagnes de presse des journaux à sensation, mais aussi de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ainsi que des libéraux du FPD, qui essayent ainsi de se refaire une santé électorale. « L’Allemagne ne payera pas ! » est un slogan porteur dans un pays resté profondément marqué par son histoire, qui garde dans sa mémoire collective non seulement l’hyper-inflation mais aussi la trace de celui des Français, qui affirmaient le contraire dans un élan patriotard : « L’Allemagne payera ! ».

Angela Merkel construit une solution purement fictionnelle et irréaliste à la crise, qui sert ses intérêts à court terme, afin de passer avec le minimum d’encombre le cap de ses élections régionales en série de l’année 2011. Elle camoufle soigneusement la situation du système bancaire allemand et bataille ferme dans les coulisses pour que les résultats des futurs stress tests – dont Michel Barnier vient d’annoncer que leur méthodologie sera rendue publique le 2 mars prochain – ne soient que partiellement rendus publics. Car il y a l’envers du décor, qui n’est pas beau à montrer.

Mais son scénario vient de capoter par deux fois. Lorsque son pacte de compétitivité a été retoqué par ses pairs, et quand son poulain à la candidature de la présidence de la BCE s’est désisté. En liant son accord au renforcement du pacte de stabilité – et à l’assouplissement des conditions du sauvetage des grecs et des irlandais – à l’adoption de son pacte, elle a proposé un pacte que Wolfgang Münchau, dans sa dernière chronique du Financial Times, qualifiait de « faustien ». Il n’a pas été retenu. Quelle nouvelle histoire va-t-elle pouvoir inventer, rendant encore plus improbable la sortie de crise ?

Toutes ces histoires ont en commun d’être à dormir debout. Des expressions de la forme moderne de la dictature, celle des esprits. Elles partagent également un même destin, celui de ne mener nulle part.

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76 réflexions sur « L’actualité de la crise : HISTOIRES A DORMIR DEBOUT, par François Leclerc »

  1. Miss Angela vient de se prendre une claque magistrale à Hambourg, preuve que tout le monde, en allemagne y compris, ne croit pas nécessairement à ses contes pour enfants attardés.
    Vous connaissez personnellement beaucoup de françcais qui croient aux fables de Sarko ?

    Mêmes combats, mêmes résultats…

    1. Hmmm, j’aimerais bien adhérer à cette thèse aussi mais vous allez malheureusement très vite, trop vite en besogne. Il semble que l’élection de Hambourg ait été surtout dominée par des enjeux strictement locaux et non guidée par une volonté de sanctionner Merkel. Quant au candidat SPD gagnant, il n’est pas bien « jojo » non plus.

      http://www.michel-verrier.com/revue-presse-allemagne/index.php/2011/02/21/814-le-triomphe-de-scholz-a-hambourg-scrutin-local-et-signal-federal

  2. Est-ce l’endroit pour vous poser une petite question?
    J’entends dire : « la crise du système bancaire a fait exploser les dettes publiques ».
    Par avance, je vous prie de m’excuser pour mon manque de discernement ou de mémoire si ce thème à maintes fois été expliqué ici mais je ne comprends toujours pas ce mécanisme.
    Les prêts consentis aux banques par les états n’ont-ils pas été remboursés intégralement (par anticipation même)?
    Les dettes publiques ne sont-elles pas pour leur grande part la somme à la fois des intérêts cumulés des emprunts d’états contractés auprès des banques privées depuis les années 1970 et du manque de recettes fiscales depuis la mise en place de politiques néolibérales publiques et autres mécanismes d’évaporation des profits ou revenus soumis à l’impôt?

    Bref nos dettes sont-elles des conséquences DIRECTES de la crise financière ( et alors comment s’il vous plait) ou simplement un effet collatéral?

    1. L’addition de la crise ne se résume pas aux aides directes aux banques.

      Il faut également prendre en compte le coût des mesures de relance et d’aide sociale, son effet sur les comptes sociaux et les recettes fiscales de la crise économique, etc…. Autant d’effets directs.

    2. Mr François Leclerc
      ce seras sympa votre intelligence mise au service de la simple compréhension des gents ..
      Acheter des produits à disposition ciblées de durée déterminées mais le progrès absent .
      ABSENT ???
      ce qui est chouette c’est de VIVRE encore.
      merci

    3. merci

      je vous colle

      Piotr dit :
      21 février 2011 à 20:49

      Répondre courtoisement plutôt que vitupérer…

      c’est bien ,très bien même ,c’est à notre Président qu’il faut le dire svp..

      Je ferais la commission soyez en remercier.

  3. Etonné qu’il n’y ait pas plus de réactions en Angleterre devant cette vente à la découpe des restes de l’Etat social…

    1. Il en existe en réalité. Par exemple, il y a eu le week-end dernier des manifestations contre les coupes budgétaires touchant les services publics et contre certaines compagnies pratiquant l’évasion fiscale (50 agences Barclays occupées et transformées en bibliothèque ou en Maison des jeunes et de la culture pour quelques heures). Auparavant, il y a eu des manifestations contre les hausses des tarifs d’inscription dans les universités et une grande pétition (plus de 500 000 signatures) qui a bloqué la privatisation des forêts. Mais il est vrai que les médias français n’en parlent pas pour l’instant.

    2. Ils sont trop occupés avec le mariage du prince William. Il faut vivre en Angleterre pour mesurer toute l’intensité du matraquage médiatique : tous les jours – oui, tous les jours – il est question de ce mariage, à la télévision, dans les journaux, etc. On comprend du coup l’importance de la famille royale dans le dispositif idéologique du pays – ce n’est pas simplement du « folklore » british, c’est un facteur de cohésion et un puissant moteur mimétique.
      Pour l’observateur étranger, tout ce barouf forme un contraste saisissant avec la photo de Charles et Camilla lors de la fameuse manif’ contre la hausse des frais d’inscription à l’université : on les voyait tous les deux dans leur voiture, terrorisés, alors que les étudiants leur balançaient des poubelles et chantaient « Off with their heads ».
      L’Angleterre est un pays schizophrène : tandis que les médias mainstream et les tabloïds offrent de la réalité une image policée et aseptisée (un « conte pour enfants », comme dit François Leclerc), une grand partie du pays rumine sa frustration et sa rage impuissante.
      La classe moyenne est assez intéressante dans ses contradictions. Rien ne la résume mieux que la formule par laquelle ses membres se désignent souvent, « mortgage slave » (« esclave du remboursement du prêt immobilier ») : ils reconnaissant qu’ils sont les serfs de leur banque, mais affirment du même coup qu’ils sont propriétaires. C’est le dilemme typique : la middle class est plus proche dans ses conditions matérielle d’existence des classes populaires (elle est contrainte de travailler pour rembourses ses dettes), mais elle participe aux représentations symboliques de la classe dominante – pour se distinguer, justement, du « peuple ». Elle croit au « mérite », au « talent », et tutti quanti.
      Mais bon, ne soyons pas trop pessimiste, du moins par construction… Après tout, Cameron n’a été élu que par 36% des 65% de votants…

    3. @ Emilie
      Pas l’évasion fiscale, l’optimisation fiscale. C’est différent.
      Il faut bien comprendre que l’ennemi, ce n’est pas le « délinquant » , celui qui enfreint la loi – mais le législateur, celui qui fait la loi et qui organise justement la possibilité pour les multinationales de payer le moins d’impôts possible

    4. Merci pour ces réponses qui m’apprennent plusieurs choses et en même temps soulignent les malheureuses similitudes que partagent les classes moyennes de nos deux pays, perdus dans les mirages médiatiques, les mensonges autoritaires gouvernementaux et les fantasmes qui les relient, croient-ils, aux classes supérieures.

      Et parmi les vrais pauvres, on regarde passer les trains anglais en s’enfilant des pintes sans broncher ?….

    1. le lotus a une particularité : une surface hydrofuge , rien ne le tache , il est immaculé : tout part ,fautes et erreurs ne l’atteignent .

    2. J’ai l’impression que tout est organisé, tout ce qu’on voit en ce moment, comme-ci cela arrangeait l’UE, l’EU, la chine, et tout le petit monde de la finance.
      C’est trop facile, y a un truc qui cloche.
      (les bourses qui semblent manipulées, les manifs, les changements de gouvernements, ça pue la corruption à plein nez)
      Qu’en penser?

    3. @ Noux

      Au contraire, je pense plutôt que la situation est en train de leur échapper, car les régimes qui sont en train de tomber leur était favorable et de plus, ça entraine l’augmentation du prix du pétrole qui engendre la montée des prix au station essence qui est déjà très haut. 2011 est l’année ou l’histoire accélère de nouveau d’un cran et l’histoire retiendra ses économistes et politiques parce qu’ils auront dit « La crise est fini » au bord du gouffre..

  4. Comment ça qui ne mènent nulle part ? Mais pas du tout ! Qui nous mènent droit dans le mur, oui !
    Le dernier mur (la fameuse crise financière qui serait, paraît-il derrière nous selon une grande économiste (par la taille évidemment) reconvertie en ministre) n’ayant pas suffi, ils foncent encore plus vite vers un autre encore plus gros. Vous m’escuserez si je ne reste pas dans le train jusqu’au terminus 😉

    1. La marquise ferait mieux.d’aller pêcher les petits poissons plutôt que de jouer dans la cour des gros.
      Heureusement que sa modestie l’excuse et qu’elle ne considère DSK que comme un simple subalterne. Quelle avalanche d ‘éléments de langage, même le jeune et fringant ministre du budget s’en fait l’écho.
      Quelle assurance, quelle arrogance, surs qu’ils maîtrisent tout ou presque.

    2. N’avez vous pas écouté Monsieur DSK Dimanche soir : il a affirmé, car il le sait surement de source sûre qu’il n’y aura pas d’autre crises financières………..

      Qui se dévoue pour lui montrer les comptes des États américains, de l’immobilier de bureau américain lui aussi, de nos départements français etc..?

  5. Se qui me surprend chez les Ricains, c’est que pour faire la guerre a l’extérieur de leur frontières,ils sont pret a dépenser des fortune et que les budget pharaonique sont voter sans le moindre souci. Par contre lorque le peuple américain a besoin de budget pour continuer a vivre dans une certaines décence, il n’y a pas le moindre politiques qui défends cette mesure, par contre lorsqu’il faut secourir les trés trés riche, les banquiers, les politiques n’hésitent pas un instant. Il y tout de même quelques chose de profondement incohérent entre leur propagande de liberté et de prospérité et la réalité. Le gouvernement américain serait shryzophrène ? ou Psychopathe ?; les deux mon colonnel !

    1. Soyons logiques svp

      cher logique ,distribuer des armes aux pauvres sert à mieux les exterminer par eux mêmes,..
      Aux States la privatisation de la richesse est une croyance en DIEU.
      En France ,c’est différent .
      On a un PRÉSIDENT..

    2. En toute logique il manoeuvre plutot bien en géopolitique notre président. Il joue la montre …..

      Mais pour en revenir a mon post, en la privatisation et la privation de la richesse il n’y a pas loin 🙂 🙂

    3. M’enfin afin qu’il n’y ait pas d’amalgame, je vais être plus précis. Nous avons de trés bon militaires doué en géopolitique et notre président semble leur faire confiance. C’est deja un excellent point, surtout qu’il leur as tout de même coupé certaines vivrent. M’enfin des millions d’appéller branleur, comme j’ais pus l’être. C’était vraiment une dépense inutile 🙂 🙂

    4. Remarque fort logique, logique, c’est sans doute un effet du rapport de forces : d’une part les guerres à l’extérieur servent les intérêts des riches, d’autre part les mêmes riches auraient l’impression de l’être moins si la population l’était un peu plus. C’est de la bêtise pure et dure, l’incapacité à voir au-delà d’un horizon qui est défini par les intérêts à court terme et individualistes.

    5. En parlant des US, ça semble bouger chez eux :
      http://www.lepoint.fr/monde/le-gouverneur-du-wisconsin-fait-la-chasse-aux-syndicats-22-02-2011-1298086_24.php
      « Les 14 élus démocrates du Sénat local ont tout bonnement disparu. La loi exige un minimum de 20 sénateurs pour voter une loi. Les 19 républicains, furieux, ont lancé à leurs trousses la police. En vain ! Les démocrates, cachés hors de l’État, ont fait savoir qu’ils ne reviendraient que lorsque le gouverneur serait prêt au compromis. Ce qui peut durer longtemps car Walker refuse de céder un pouce. « Nous sommes prêts à attendre le temps qu’il faudra », clamait-il sur Fox News. La bataille du Wisconsin est d’autant plus importante qu’elle risque d’avoir de grosses répercussions nationales. »

      P.S. : vous remarquerez que cette info passe tout de même dans la presse française…

    6. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait furieusement penser à l’ordolibéralisme.

      Du dream à la dictature, qui est nait le premier..??

    1. Pour la corruption et le chômage l’Europe est presque au niveau, quant au pourcentage du budget dépensé en nourriture il est allègrement remplacé par la part du logement. Alors, on prend un domino ?

  6. La science-fiction progresse à grands pas. Demain la World Company et ses filiales se livrant une guerre sans merci. Voici venu le temps des voleurs, des mercenaires et des mafias. Dans la cosmologie d’une secte que je ne citerai pas, la planète Terre est devenue il y a des centaines de milliers d’années une colonie pénitentiaire pour les esprits les plus rebelles de la galaxie. Pour survivre dans le camps, les « politiques » se sont alliés aux « droits communs », les esprits les plus faibles ont suivi. Depuis l’histoire de l’humanité est une lutte constante entre les politiques et les droits communs. Ces derniers sont en train de gagner, la politique est devenue un bal masqué.

    Bon à part ça, excellent billet Mr Leclerq, comme d’hab.

  7. Parmi les contes pour enfants, de mémoire, le seul à ne pas dormir debout, finalement, c’est celui du roi nu: vanité, vanité…

  8. Les cabinets des Gouvernants ont tous des storytellers. C’est celui qui raconte la plus belle histoire, celle qui va permettre de « respirer » quelques instants de plus, celle qui va faire parler, celle qui va détourner l’attention, celle qui va accaparer les Médias, etc.. qui va emporter le projet.
    Il n’y a a plus aucune réflexion en profondeur, il n’y a que l’instant du moment pour durer encore un peu.

    C’est dramatiquement creux. Combien de temps encore devrons nous supporter cette engeance qui nous gouverne ?

  9. Pour les centaines de raisons sociales, politiques, économiques que vous connaissez, parce que le gouvernement actuel viole les droits du peuple, soutiendriez-vous une révolte généralisée dans le pays ?

    Une révolte, oui, mais une Révolution surtout !

    Oui, une révolte, ponctuelle mais efficace, pour réveiller nos dirigeants.

    Non, seule la voie républicaine est légitime, attendons 2012 et les élections.

    Tout va plutôt bien en France, c’est pire ailleurs, après tout.

    Une révolte, oui, mais une Révolution surtout !
    75.8%

    Oui, une révolte, ponctuelle mais efficace, pour réveiller nos dirigeants.
    14.6%

    Non, seule la voie républicaine est légitime, attendons 2012 et les élections.
    8%

    Tout va plutôt bien en France, c’est pire ailleurs, après tout.
    1.6%

    http://www.lepost.fr/sondage/2011/02/19/2411579_pensez-vous-qu-une-revolte-generalisee-doit-eclater-en-france.html

  10. Merci M. Leclerc!

    Je doute qu’il faille encore distinguer l’Etat et les grandes structures privées.
    Après l’avoir phagocyté, les hiérarques du capitalisme pensent ne plus avoir besoin de l’Etat. Alors ils s’en débarrassent. Sont-ils en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis pour remettre du combustible dans leur moteur HS?

    Est-il possible que le modèle économique dominant s’effondre en même temps que notre bon vieux modèle politique?

    1. Vu l’imbrication, cela me parait obligatoire, Pipas.

      Mais ce n’est pas une question de scier la branche.
      En effet, à partir d’une certaine fortune, un milliardaire n’a PLUS besoin de l’état. Et de plus, il s’arrange pour le contrôler et influencer ses décisions.
      Maître du « monde », en gros.
      Et assumé, car si Buffet déclare : « il y a une guerre des classes, et la notre est en train de la gagner », cela veux bien dire que c’est complètement volontaire.

      Bien entendu, nous savons que c’est de l’autodestruction, car l’ennemi, soit ceux qui sont moins riches, ont le nombre pour eux.
      Et, je pense que nous découvrirons bientôt les bases arrières qui sont déjà prévues.

    2. « distinguer l’Etat et les grandes structures privées. »
      et distinguer « modèle économique » et « modèle politique »
      Interessant. Vous avez raison, à mon avis.

      Le modèle économique justifie le pognon des possédants.
      Les politiques croient que le respect du modèle économique
      garantira un exercice du pouvoir tranquille et les rééelections assurées.
      Le modèle politique n’existe plus, phagocité par l’économie.

      Les différentes déclarations de M.e Lagarde montre qu’elle
      croit devoir rendre des comptes à la classe des possédants,
      et non à l’électorat.

      Sa déclaration sur la spéculation est de l’ordre de la constatation:
      ‘elle existe- pas de raison de préciper un changement’ .
      Sa déclaration sur l’impôt est aussi de l’ordre de la constatation:
      ‘plus vous êtes riches, moins vous payez.’

      Dans les 2 cas, elle s’adresse à une certaine classe et réclame un quitus,
      en bonne gardienne de ses intérêts. Exit n’importe quel modèle
      politique, sauf la justification de l’existant qui est pognoneux.

      La première déclaration montre qu’on est pas sortie de l’auberge
      en matière de réformes finance/éco.
      La seconde déclaration est politiquement scandaleuse.
      Je ne crois pas qu’elle serait passé inaperçue il y a 10 ans,
      ou dans le nord de l’Europe. Je suis étonné du silence.
      Ici, la politique est enterrée.
      Pauvre M.e Lagarde, je ne veux pas l’accabler.
      Elle est parfois d’ une telle candeur; elle est irremplaçable.

  11. Moody’s pourrait abaisser la note du Japon lourdement endetté

    mardi 22 février 2011, 07:26
    L’agence de notation financière Moody’s a abaissé mardi de « stable » à « négative » la perspective de la note de la dette du Japon, aujourd’hui fixée à Aa2, estimant que le gouvernement allait peiner pour réduire le déficit budgétaire et contenir l’augmentation de la dette. « Cette décision a été motivée par une inquiétude croissante sur le fait que les politiques économiques et budgétaires ne permettront pas d’atteindre l’objectif de réduction du déficit fixé par le gouvernement ni pour contenir l’augmentation inexorable de la dette, déjà largement supérieure à celle des autres pays développés », a expliqué l’agence dans un communiqué. La note du Japon est actuellement fixée par Moody’s à Aa2, soit la troisième meilleure possible sur un total de 19, mais pourrait donc être diminuée prochainement. Le pays est endetté à hauteur de quelque 200 % de son Produit intérieur brut, la proportion la plus élevée parmi les pays développé

  12. Depuis peu d’années la paix régnait avec la Restauration. Tout semblait pour longtemps immobile. Il se trouva quelques hommes très- jeunes alors, épars, inconnus l’un à l’autre, qui méditaient une poésie nouvelle. – Chacun d’eux, dans le silence, avait senti sa mission dans son cœur. Aucun d’eux ne sortit de sa retraite que son œuvre ne fût déjà formée. Lorsqu’ils se virent naturellement, ils marchèrent l’un vers I’autre, se reconnurent pour frères et se donnèrent la main. – Ils se parlèrent, s’étonnèrent d’avoir senti dans les mêmes temps le même besoin d’innovation, et de l’avoir conçu dans des inventions et des formes totalement diverses. Ils se confièrent leurs idées d’abord, puis leurs sentiments, et (comment s’en étonnerait-on ?) éprouvèrent l’un pour l’autre une amitié qui dure encore aujourd’hui.

    (Vigny)

    Ce n’est pas sans rapport avec ce blog, souvent je suis surpris d’y voir publié des idées et même précisément celles que je pensais être seul à avoir. Surpris de voir qu’elles sont partagées…

    1. Ce blog est comme un oeil de mouche, avec plusieurs facettes; chacun voyant le même évènement avec la facette qui lui est propre et l’exprimant à sa propre manière. Dans mon milieu, j’ai toujours été considéré comme un peu marginal; cela ne me fait aucunement souffrir mais je dois avouer qu’il m’est agréable d’émettre des opinions et de sentir que quelque part, elle sont recevables.
      Bien sûr il y a la forme (avec pseudonyme) qui favorise, mais il y a plus; il y a ce sentiment d’être
      avec des amis retrouvés.

    2. @Pierrot du Québec

      J’aime bien l’image de l’œil de mouche. Dommage toutefois que cet œil là ne soit relié à aucun système nerveux central, c’est et ça restera probablement sa limite.

  13. l’histoire du monde à dormir debout, c’est du somnambulisme, le somnambule ne conscientise pas son Etat, il avance dans un rêve-cauchemar, une voie royale vers son inconscient, il va atteindre le refoulé et au réveil brutal axer sa libido contre l’étranger barbare : il n’y aura jamais de der’ des der’ …

  14. Ils ne sont pas loin du storytelling – cette technique narrative de communication qui a si bien servi pour les armes de destructions massives irakiennes, ou à laquelle le danger islamique s’apparente également – mais ils s’y essayent. Qu’ils appartiennent au parti républicain américain, au gouvernement britannique ou à la coalition CDU/CSU-FPD allemande, les leaders politiques qui tiennent actuellement le haut du pavé et monopolisent le verbe n’arrêtent pas de fabriquer de belles et édifiantes histoires destinées à formater les esprits.

    un grand merçi et voilà un homme un vrai ce mrs François Leclerc:bien loin des discours anti-…,encore merçi mille fois .Etant moi meme franco-tunisien je suis agréablement surpris,c’est tellement rare!continuer sans relache et surtout avec sincérité.

    1. C’est bien ce que je dis, plus facile de conduire un monde ayant l’esprit bien formaté ou conditionné dès le plus jeune age par les plus hautes écoles de commerce d’un monde en faillite.

      Mon plus grand malheur dans la vie, celui de n’avoir jamais pu réussir à mieux apprendre l’anglais commercial, mais c’est mieux je pense car le monde se lamente déja suffisamment
      bien comme ça, mais pas du tout bien sur à cause de nos premières élites mondiales.

    1. « Le monde a dû faire face une grande dépression. Heureusement, nous avons eu recours à des mesures fiscales et monétaires massives qui nous ont permis d’en atténuer les effets.  »

      Lorsque l’on lit ça, en effet, le reste, ce n’est plus la peine de le lire.

  15. ceux qui disent que la banque de milan a eue une panne technique, Presenting The Main Holdings Of The Libyan Investment Authority, And Why UniCredit Is Sweating
    http://www.zerohedge.com/article/presenting-main-holdings-libyan-investment-authority-and-why-unicredit-sweating,
    ceux qui disent qu’ils ne sont pas président « Si j’étais président, j’aurais démissionné, mais je ne suis pas Président, je ne suis pas chef d’Etat, je ne suis rien — je n’ai que mon fusil. »

    En cas d’épidémie, il faut tuer tout le monde pour qu’elle ne se propage. (Louis Scutenaire)

  16. Curieux comme le capitalisme et le communisme s’accordent sur la nécessité de la fin de l’Etat. Certes, leur composante sociale est radicalement opposée: des loups dans le 1er cas et des agneaux dans le second (les 2 systèmes semblent ignorer l’anthropologie) Or, la raison (minoritaire) et les passions (majoritaires) étant constitutives de notre nature, la présence d’un état comme expression de la raison est évidemment impérative.
    « Les lois sont faites pour édicter les ordres de la raison à ceux qui ne peuvent s’adresser directement à elle » (Platon) et « les cons seront encore longtemps majoritaires » (Pol)

    1. Tout à fait. Le communisme fin-de-l’état qui suivrait la nécessaire phase transitoire socialiste est une histoire à dormir debout qui ferait hurler de rire un gamin de 8 ans rompu aux rapports de force d’une cour de récréation. Pas étonnant que les cercles néo-libéraux soient encombrés d’anciens gauchistes, communistes, qui viennent là y trouver un moyen de perpétuer leurs illusions sur le rôle néfaste de l’état et , pour les trotskystes, leur fantasme de révolution mondiale suivant la nécessaire phase de transition capitaliste mondialiste je suppose. La nature a horreur du vide , quand il n’y a plus d’état, il y des mafias, quand il n’y a plus de services publics, il y a des multi en position très vite de quasi-monopole. Plus j’avance et plus je crois à un « complot » qui a pour but de remplacer les structures nationales actuelles par le pouvoir mondial d’une oligarchie . Cela dit, je ne suis pas à priori opposé à une autorité mondiale, mais si les moyens actuellement utilisés sont révélateurs de la « couleur » finale de l’objectif du « complot », je me fais un peu de soucis…

  17. La privatisation des services publics tel que l’envisage James Cameron me fait penser au système de la « Ferme Générale » de l’ancien régime dont les abus furent l’un des éléments déclencheurs de la Révolution française. Dans la définition de la « Ferme Générale » sur Wiki, il est dit : « Par son organisation, elle correspondait, sous l’Ancien Régime, à l’une des formes que prend aujourd’hui une délégation de service public. » Si mes souvenirs d’école sont bons, les fermiers généraux après avoir versé les sommes dues à l’Etat se remboursaient plus que généreusement sur le dos du peuple.

    On peut faire un parallèle avec l’achat des autoroutes par le secteur privé. Si cet achat a été une plus ou moins bonne affaire pour le gouvernement car cela lui a permis de renflouer un peu les caisses. Pour le peuple cet achat a été une autre paire de manche. Les sociétés privées se sont ensuite remboursés sur les automobilistes en les tondant allègrement.

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