L’actualité de la crise : ATTENDUS AU TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité

Réformer le capitalisme a-t-il aujourd’hui un sens ? Pour répondre à cette question en passe de revenir dans l’actualité électorale française, il peut être plein d’enseignements de remonter le cours de l’histoire, et de se remémorer en les dépoussiérant les débats qui ont traversé le mouvement ouvrier, opposant réformistes et révolutionnaires. Mais il est plus immédiat et tout aussi instructif de se pencher sur les actes et les intentions de ceux qui, en Europe, se réclament toujours du socialisme, actuellement au pouvoir ou espérant prochainement y parvenir.

Cette éventualité renvoie toujours à la même interrogation : le pouvoir, oui, mais pourquoi faire ? Ainsi qu’à une certitude : les temps de crise du capitalisme sont moins favorables aux sociaux-démocrates, car ils amoindrissent leurs marges de manoeuvre. De fortes contraintes économiques et financières restreignent leurs possibilités de faire du social, sauf bien entendu à procéder à des remises en cause auxquelles ils ne sont pas prêts. A sortir d’un cadre qu’ils n’entendent que réformer, d’un système qu’ils proposent d’améliorer. Ce qui est paradoxal, puisque la même situation qui favorise leur venue au pouvoir les empêche de faire la démonstration du bien fondé de leur stratégie. C’est d’ailleurs bien pour cela – argumentent certains – qu’ils sont appelés au pouvoir, et qu’ils doivent ensuite le céder, ayant fait la démonstration qu’ils n’étaient pas porteurs d’une véritable issue aux problèmes que rencontrent ceux qui les ont élus.

Les socialistes sont donc encore une fois attendus au tournant : celui de leur programme, en attendant celui de leur candidat, dans les pays où des consultations électorales pourraient leur être favorables. Car dans d’autres, ils ont soit déjà perdu pied, soit semblent condamnés à le faire à la prochaine occasion, pris au piège d’une politique qu’ils appliquent consciencieusement au prétexte qu’aucune autre n’est possible. C’est le cas en Espagne, au Portugal et en Grèce.

Les procès d’intention étant détestables, même au nom de l’histoire et des épisodes précédents, comment combler l’attente de ceux qui voudraient se tromper et non pas être abusés ? Le Parti socialiste européen – qui regroupe les partis sociaux démocrates et travaillistes, membre de l’Internationale socialiste – va tenir un mini-sommet à Athènes les 4 et 5 mars prochains, donnant enfin aux directions socialistes l’occasion d’exprimer collectivement leur analyse de la crise européenne et des moyens de la résoudre.

On sait que va être présenté à cette occasion un « pacte de compétitivité » à la dénomination duquel va être rajouté « …et de l’emploi« , assorti de 14 propositions visant à la relance de la croissance par la consommation, ainsi qu’au financement de grands programmes d’investissement par des émissions d’euro-obligations et une taxe sur les transactions financières.

Il serait notamment proposé de sanctuariser les dépenses d’éducation, de recherche et d’innovation en ne les prenant pas en compte dans le calcul du déficit public. Et, d’une manière générale, de desserrer le calendrier dans lequel les critères de Maastricht devront à nouveau être respectés. Dans le domaine fiscal, on avance particulièrement à pas de loup, de même qu’à propos des coupes budgétaires.

Une singulière gymnastique va devoir être effectuée à Athènes, car le choix de la Grèce va symboliquement marquer ce sommet, avec comme figure imposée le soutien à la politique actuelle de Georges Papandréou du Pasok, en s’appuyant sur la tenue simultanée à Helsinki d’un sommet de la droite européenne, sous les auspices du Parti populaire européen, pour se démarquer d’une politique communautaire par ailleurs appliquée par les partis socialistes au pouvoir !

Mais il est très significatif que le volet purement financier de la crise européenne, et de son insertion dans le cadre mondial, semble totalement passé à l’as, si l’on s’en tient à ce qui a été rendu public à ce jour, ce qui est proprement invraisemblable. Comme si cette dimension de la crise, dont la prise en compte est essentielle si l’on veut formuler une stratégie alternative à celle qui est en vigueur, n’était pas l’occasion pour les socialistes européens de se démarquer des conservateurs et qu’ils n’étaient porteurs dans ce domaine d’aucune réflexion propre.

Dans l’état, celle-ci tient par avance dans trois propositions qui en constituent le socle : 1/ La croissance est la condition du désendettement. 2/ Pour assainir l’économie, il faut prendre le temps nécessaire. 3/ Le chemin à emprunter est étroit.

De l’audace, toujours de l’audace ! La réforme d’un capitalisme en crise est remise à plus tard avant même d’être ébauchée. Une manière de répondre en l’esquivant à la question initialement posée : cette réforme n’est plus dans les moyens des socialistes. On propose à sa place, rien de moins, que de « changer de civilisation », comme le proclame dans son titre un livre préfacé par Martine Aubry, secrétaire générale du Parti socialiste français. A l’occasion d’une interview accordée au Monde, celle-ci affirme que « les Français sont en attente de sens, d’éthique, de vérité ». Incorrigibles phraseurs !

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307 réflexions sur « L’actualité de la crise : ATTENDUS AU TOURNANT, par François Leclerc »

  1. Un extrait d’un petit livre de JF Billeter, qui pourrait s’intituler « Changer les mots pour changer le monde ? ». Ou : peut-on réformer le capitalisme en utilisant comme leviers les mots qui sont ceux du capitalisme, et plus généralement ceux qui sont du système qu’il a contribué à créer ?

    « [Montesquieu] a contribué à poser en des termes nouveaux la question philosophique par excellence, qui est aussi la première question politique : celle de la nature propre de l’homme, en deçà des différences historiques observables, et de la meilleure organisation politique qu’il puisse se donner. Or cette question se pose aujourd’hui plus que jamais. Ceux qui veulent plier l’homme dans un certain sens, en imprimant dans son esprit une idée de lui-même conforme, non pas à sa nature, mais à leurs intérêts, disposent de moyens de plus en plus dangereux. Les grandes entreprises de domestication de la pensée qui se sont succédé à l’époque contemporaine ont produit des résultats de plus en plus catastrophiques. La dernière en date, celle du néolibéralisme, n’en aura pas de meilleurs. Or, pour la combattre, il est nécessaire d’en comprendre la nature.

    Comme les précédentes, elle s’impose en répandant une idée de l’homme conforme à l’intérêt de ses promoteurs. Le néolibéralisme veut que cette idée devienne notre seconde nature et que nous perdions de vue la première. Ce phénomène a été analysé récemment par Pierre Dardot et Christian Laval. « Ce qui est en jeu, écrivent-ils, n’est ni plus ni moins que la forme de notre existence […]. Le néolibéralisme définit en effet une certaine norme de vie dans les sociétés occidentales et, bien au-delà, dans toutes les sociétés qui les suivent sur le chemin de la « modernité ». Cette norme enjoint à chacun de vivre dans un univers de compétition généralisée, elle somme les populations d’entrer en lutte économique les unes contre les autres, elle ordonne les rapports sociaux aux modèles du marché, elle transforme jusqu’à l’individu, appelé désormais à se concevoir lui-même comme une entreprise ». L’individu doit être « rentable » ou périr.

    Comment se défendre contre cette tentative de redéfinition générale de nous-mêmes, de nos rapports avec les autres et de nos institutions ? On ne saurait se contenter de lui opposer le relevé des dégâts qu’elle cause ou le rappel nostalgique de ce qu’elle achève de détruire. Il ne suffit pas non plus de soulever des objections de détail et de proposer des correctifs. Il faut lui opposer la question philosophique et politique. C’est la seule façon d’être à sa hauteur et de relever le défi.

    Cependant, tout se passe comme si la question ne pouvait plus être posée. Les moyens manquent-ils ? L’a-t-on perdue de vue ? L’impuissance de la pensée a-t-elle une autre cause ? Serait-ce que nous manquons d’appuis parce que toutes les certitudes anciennes sont ébranlées ? Ou que nous disposons au contraire de trop d’idées ou de trop d’informations ? Non, l’impuissance a une cause centrale. Elle tient à la méconnaissance du fait fondamental suivant : concevoir la nature humaine, et par voie de conséquence la forme de société susceptible de lui convenir, est nécessairement un acte de l’imagination.

    La plupart de nos idées actuelles font obstacle à la reconnaissance de ce fait. Les sciences humaines nous font croire que nous trouverons des réponses à la question en accumulant des connaissances positives. Dans ses formes classiques, la philosophie nous a habitués à penser que ces réponses sont du ressort du seul intellect. Les religions proposent des réponses provenant de révélations. Dans leur ensemble, ni les formes de pensée dont nous avons hérité, ni celles que nous avons développées ne nous préparent à saisir le rôle premier de l’imagination. […].

    Le lecteur se souvient que dans cette acception, « l’imagination » désigne notre faculté de produire, ou plutôt de laisser se produire en nous, une synthèse signifiante susceptible de donner son sens à un mot. Nous avons vu que cette synthèse peut avoir une valeur plus ou moins grande. Précisons maintenant que nous pouvons juger de sa valeur d’après plusieurs critères : selon qu’elle réunit un plus ou moins grand nombre de faits d’expérience et qu’elle les associe de façon plus ou moins cohérente et simple. Nous pouvons aussi en juger d’après les voies qu’elle ouvre à la pensée par ses relations avec d’autres points de synthèse, représentés par d’autres mots, et permettant donc d’articuler un discours. Nous pouvons juger de sa valeur par le pouvoir d’agir qu’elle donne. L’adoption d’une idée plus ou moins riche de l’homme, ou du sujet, détermine le pouvoir d’agir plus ou moins grand que nous sommes susceptibles de développer. Cette relation se vérifie à l’échelle de la personne singulière et à celle des communautés.

    L’appréhension du rôle premier de l’imagination est utile parce qu’elle nous porte à nous interroger sur le sens que nous donnons aux mots, c’est-à-dire aux synthèses qu’ils désignent. Elle nous engage à comparer le sens que donnent à un même mot différentes personnes, différents auteurs, différentes sociétés, différentes langues et à nous demander comment ce sens est né, sur quelles bases et par quel effet de l’imagination. Cela nous apprend à être maitre du sens des mots et à déterminer nous-mêmes celui que nous leur donnerons, en nous concertant avec d’autres et en nous interrogeant avec eux sur les conséquences de nos choix pour nous-mêmes, nos rapports aux autres et la société dans son ensemble. Cette concertation est bonne en soi. Il est bon qu’un mot ait des significations différentes afin que la question de son sens soit posée et qu’il soit clair qu’un mot n’est qu’un mot, auquel nous sommes libres de donner le sens que nous voulons. Ce pluralisme est indispensable. Mais il faut aussi chercher sans cesse, en chaque temps et chaque lieu, la synthèse la plus juste, celle qui donne le plus grand pouvoir d’agir ».

    Notes sur Tchouang-Tseu et la philosophie. Jean-François Billeter. Editions Allia. Oct. 2010.

    1. le problème n’est pas l’imagination pure ; nous avons imaginé qu’un autre monde était possible. nos prédécesseurs ont fait des tentatives et l’une d’elle c’est conclue par l’aventure stalinienne.

      nous n’imaginons plus qu’un autre monde est possible car nous avons « touché » le fond avec l’expérience stalinienne.

      cette expérience ne pourra pas être dépassé par un effort seulement intellectuel , mais par une expérimentation concrète de nouvelles formes dès à présent.

      seul le vécu quotidien d’autres relations sociales peut redonner un espoir dans l’émancipation sociale ; l’effort intellectuel et la propagande n’y suffiront pas : bien sûr si l’on est dans une perspective d’émancipation humaine sans tribun ni césar.

  2. « Incorrigibles phraseurs »
    Je suis d’accord, en dehors d’une phraséologie mielleuse et purement théorique, rien de nouveau dans cet interview dans Le Monde.
    Les gouvernements européens sont dépassés par les évenements, ils devraient gérer des mécanismes et répercussions inédits jusqu’à présent, alors qu’ils utilisent des outils traditionnels qui ne marchent plus.
    Le cas de de la Grèce sera révelateur. En ce moment, les pays « forts » cherchent un moyen pour sauver la face, puisqu’ils ont refusé – l’Allemagne en premier – de restructurer la dette de la Grèce. Mais cela est inévitable, on commence à en prendre conscience. Le pays s’enfonce dans les difficultés et avec ca il risque, à terme, un soulèvement populaire.
    Certains économiestes pensent même qu’en dehors d’un restructuration de la dette, le retour à la monnaie nationale s’imposera comme ultima ratio. Ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose pour la Grèce.

  3. « incorrigibles phraseurs » mais on a toujours les élus qu’on mérite.
    Peut-on évoquer ici le cas de l’Islande, les médias ont été très discrets à son sujet.
    Fin 2007 l’ultra libéralisme avait fait de l’Islande le pays le plus touché par l’ effondrement économique, au delà de la Grèce et de l’Irlande.
    A ce jour l’Islande renoue avec la croissance,son inflation est maitrisée,ses taux d’intérêts sont orientés à la baisse et ses échanges extérieurs sont à nouveau excédentaires.Plus étonnant sa dette extérieure brute qui dépassait 600% du PIB en 2007 a baissé de moitié et ses comptes publics, hors charges d’intérêts,devraient être excédentaires en 2011.
    Par comparaison en 2011 le taux des CDS (credit default swaps) est 2 fois moins élevé que pour sa voisine l’Irlande et le taux de chômage est de 8% en Islande contre 13%en Irlande.
    Mais comment ont-ils fait?
    Le peuple a chassé la droite ultra-libérale au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel ce qui a provoqué des élections anticipées.
    Une gauche libérale de remplacement a été elle aussi évincée des responsabilités parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite en appliquant une loi dite »Icesave » qui prévoyait une nationalisation des dettes privées et des mesures anti-sociales pour rembourser ces dettes essentiellement aux Britanniques et aux Hollandais.
    Pour ce faire les citoyens faisant preuve d’une conscience politique élevée ont lancé une petition signée par 25% de la population ce qui a déclenché un référendum (article 26 de leur constitution)et le rejet de la loi « Icesave ».
    93%de la population s’est exprimée 60% ont rejeté la loi et sanctionné le néolibéralisme malgré la pression du FMI et de l’union européenne.
    Le 27 novembre 2010 les Islandais étaient appelés à élire leur assemblée constituante au suffrage universel ils traduiront ainsi sur leur nouvelle constitution la défiance populaire contre le capitalisme et l’aspiration du peuple à une autre société.
    Quand j’aurai dit que les banques ont été nationalisées,que la couronne islandaise a été dévaluée et un contrôle des changes établi j’aurai tout dit, sauf que j’attends l’avis de Mr Leclerc sur le sujet.

    Les islandais ont remplaçé le « too big to fail » par le « too big to save ».

    1. les banques ont été nationalisées

      oui, je n’ai toujours pas compris pourquoi, selon PSDJ, il ne fallait surtout pas nationaliser les banques …
      à qui cela ne plairait-il pas ?

      1. en tout cas moi je suis POUR qu’on nationalise les banques.
        Et en effet moi aussi quelqu’un qui dirait qu’il ne faut sourtout pas les nationaliser ça m’inquièterait.

  4. Bonsoir François

    Ce ne sont pas les électeurs qui attendent les politiques au tournant, c’est le contraire. La « démocratie » n’a pas mis entre les mains des électeurs l’outil qui lui permettrait de dire: <>. L’abstention qui pourrait être considérée comme un désinterêt n’est pas un vote, le vote blanc si. A partir de 50% de votes blancs une élection devrait être annulée et les candidats en lisse rejetés avec l’interdiction de se représenter pour l’élection en cours. De nouvelles élections seront à organiser avec de nouveaux canditats et programmes. il n’y a pas de raison que nous soyons en permanence obligés de choisir entre la peste et le choléra, On finit par voter pour l’un parcequ’on ne veut surtout pas de l’autre alors qu’en fait on ne voulais aucun des candidats.

    tant que cette situation perdurera, les politiques nous attendrons au virage.

    1. « A partir de 50% de votes blancs une élection devrait être annulée et les candidats en lisse rejetés avec l’interdiction de se représenter pour l’élection en cours. »…J’adhère entièrement à cette formule parfaitement applicable pour les prochaines élections…Mais comment obtenir l’accord des dirigeants pour faire appliquer cette réforme simple et juste finalement?
      Il est urgent de s’intéresser à cet excellent projet, qui aurait du voir le jour il y a bien longtemps…Si toutefois nous avions été en réelle démocratie et non pas en dictature camouflée (droite gauche confondue).

  5. Complément au commentaire 64, « l’outil qui lui permettrait de dire »: On ne veut pas de ces candidats, trouvez- en d’autres.

  6. POURQUOI NE TIENT-ON PAS COMPTE DU VOTE BLANC?

    Le seul candidat juste sera celui qui acceptera de compter les bulletins blanc…Nombreux sont les petits électeurs à se poser la question et cela depuis toujours…Donc les politiques jusqu’à ce jour sont tous des imposteurs et des menteurs …Rien d’autre…
    Je ne suis qu’un petit électeur de rien du tout mais nous sommes nombreux dans ce cas…Alors messieurs mesdames les politiques, ne seriez-vous pas les voleurs de votes des électeurs.
    Malgré vos interventions perpétuelles dans les médias vous restez les détenteurs du mensonge infernal des élections…Et le peuple en a ras le bol…Et c’est probablement par dérision ou par vengeance que celui-ci pourrait bien voter un candidat extrême…Vous l’aurez non seulement cherché mais programmé…Tas de C..S.Final

    1. « Le seul candidat juste sera celui qui acceptera de compter les bulletins blanc… »

      De représenter.

    2. Franchement, je ne comprends pas l’apologie du vote blanc ou de l’abstention. Imaginons, juste un instant, que le vote blanc soit comptabilisé. Imaginons que la majorité des votants s’abstienne de choisir. Comment va-t-on interpréter cela d’un point de vue juridique ? Il n’y a pas de candidat du vote blanc qui serait élu…

      Au mieux, la signification politique du vote blanc, c’est de considérer qu’il vaut mieux maintenir les gens en place plutôt que de leur substituer un des candidats aux suffrages. Le vote blanc, l’abstention, ce n’est pas de la contestation, même molle, c’est juste être partisan de la reconduction des partis en place.

      C’est un choix politique comme un autre, mais il ne faut pas le parer de vertus qu’il n’a pas.

      1. Essayons de les compter les votes blanc et de cette additions des voix ressortira la non élections de ceux qui se sont présentés et ensuite le peuple proposera d’autres candidats…C’est ça la vraie démocratie et je ne vois pas en quoi cela serait impossible à réaliser…Mais peut-être que l’imagination manque pour la simple raison que nous ne l’avons pas encore mis en application mais les choses pourraient changer si nous cessions d’ignorer les votes blanc et les citoyens qui sont derrière ce vote représentant bien souvent la frange des électeurs laissés pour compte.
        Rien de vertueux là dedans juste un peu de lumière sur la mauvaise utilisation de la démocratie en place.

      2. Vous semblez manquer d’imagination là, je vous aide un peu:

        Le vote blanc exprime un message très précis: « Aucun des programmes présentés à notre suffrage ne suscite notre adhésion, par conséquent chaque candidat est invité à reformuler son offre où à se retirer » (emploi du « nous » souverain ici).

        S’il était comptabilisé comme tel, ce serait évidemment une lame à double tranchant à manier précautionneusement pour ne pas tomber dans l’instabilité politique permanente, car il conduirait à devoir réorganiser des élections en cas de majorité blanche.

        Cependant dans le contexte actuel d’une déconnexion avérée et croissante entre personnels politiques et population, se payer le luxe de quelques mois d’instabilité (du même genre que celle qui frappe nos amis belges et qui manifestement ne les empêche pas de vivre) en renvoyant nos chers élus à leurs études ne serait pas un mal, et les contraindraient sans doute à produire autre chose que la soupe verbeuse dont ils nous gavent à l’envie.

      3. Juridiquement : »Au mieux, la signification politique du vote blanc, c’est de considérer qu’il vaut mieux maintenir les gens en place plutôt que de leur substituer un des candidats aux suffrages. »…Tout faux…Prouvez moi la véracité de constat….Au mieux vous délirez au pire vous induisez les lecteurs à l’erreur et ça c’est très grave.

      4. à Luxy Luxe
        je ne sais pas mais une majorité de votes blancs pourrait déterminer …
        -de refaire les élections avec d’autres candidats,
        -de choisir dans la liste des candidats, un candidat au hasard,
        -de choisir dans les listes électorales, un citoyen au hasard,
        -de ……

      5. @Dissonance

        Près de 84% de votants au premier comme au second tour aux dernières présidentielles, soit plus de 37 millions d’électeurs qui se déplacent. 1,44% de votes nuls ou blancs au premier tour, 4,2 au deuxième. Elle est où la désaffection des braves citoyens français ? Il est où le désenchantement ? Le désintérêt, l’écart abyssal entre élus et électeurs dans ces chiffres proprement stupéfiants ?
        Les veaux , tous les 5 ans, élisent sans rouscailler – et dans l’allégresse s’il vous plait ! – leur roi-baltringue, leur maître-abatteur ou leur garçon-boucher. Font même la queue pour ça ! Comme au Lidl ! Vous dire… Des citoyens-héros qu’on est, j’vois qu’ça !
        Exception ? Présidentialisation, pipolisation, personnalisation, dérive significative ? Pensez donc ! Tous les sondages concordent : les élus locaux sont plébiscités, jusqu’à son député qui trouve grâce aux yeux des électeurs, contrairement au parlement en général, où ils sont tous pourris, par nature, vieux fond d’antiparlementarisme oblige. Ben ouais, les mauvais c’est les élus des autres, c’te blague ! Toutes… sauf ma mère !
        Ah et cet électorat si fin, si intelligent, équilibré, imprévisible, à rendre fous les opiniologues de tous acabits et tous les apprentis-bouchers comme les chevillards hors-d’âge qui se présentent au bureau d’embauche… Non non, rassurez vous, tout baigne à la Villette et le sang sèche vite…
        Comprenne qui pourra… 😉

      6. Je pensais comme cela il y a peu…en ayant sérieusement marre de voter « pour la peste contre le choléra » …mais, en fait, c’est de l’ordre du replâtrage, ou plutôt prendre le problème à l’envers …s’il y a autant d’abstentions et de votes blancs ou nuls, c’est parce qu' »on » nous a organisée une sortie de démocratie, mine de rien ( d’ailleurs 2005, en France, en a été une magistrale preuve ) …qu’en notre for intérieur, nous le savons …mais plier arrangerait la ploutocratie, et même l’oligarchie ( à supposer qu’il n’y ait plus de lobbies ) …mais, on a vu aussi où une « gouvernance »-beurk- d’experts désincarnés, expertisants du haut de leur expertise et de leur tour d’ivoire, nous avait menés.
        Il faut alléger la pyramide ( y en a à qui cela donne le vertige : pas bon pour leur « grosse tête » ), et faire des remontées citoyennes vers un Parlement ad hoc ( et non potiche : bon, il y en a qui se battent encore, mais ils ne sont pas légion !).

  7. D’ailleurs puisque les élections ne servent à rien…Je vais présenter mon chat qui fera très bien l’affaire et qui ne coûtera rien à la collectivité sauf quelques repas soignés et de nombreuses caresses.
    Voilà la réalité d’un futur électeur.

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