LA LIBERTE, LA SERVITUDE ET LA MORT, par Crapaud Rouge

Billet invité

Au risque d’en choquer plus d’un, je vois dans la Boétie l’ancêtre de la gauche caviar et des anarchistes décrits par Conrad dans L’Agent secret. S’il est vrai que son Discours présente le grand mérite d’attribuer une origine historique à la tyrannie, le paradoxe de son titre entache toute cette œuvre qui cache un brûlot contre la liberté. Si tyran j’étais moi-même, j’en ferais mon livre de chevet, en imposerais la lecture à tous mes sujets, la diffuserais jusque dans mes prisons, et chacun serait tenu de connaître par cœur des phrases du genre : « C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge : qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. » Vous avez bien lu : « c’est le peuple qui s’assujettit », son tyran n’est jamais que le serviteur en chef de la servitude générale.

Bien sûr, le Discours est traversé d’une ode à la liberté, ce « bien si grand et si doux » que « si tu en avais seulement une idée, tu nous conseillerais de la défendre, non seulement avec la lance et le bouclier, mais avec les ongles et les dents. » La Boétie n’ignore rien de la valeur de la liberté, il y voit « un bien qu’on devrait racheter au prix du sang, et dont la seule perte rend à tout homme d’honneur la vie amère et la mort bienfaisante ». Il peut sembler que le choix du conditionnel découle de la servitude, mais non, il vient de la question initiale# : « Pourquoi un seul peut gouverner un million, alors qu’il suffirait à ce million de dire non pour que le gouvernement disparaisse ? » C’est dans ce suffirait que réside entièrement le charme et le mystère du Discours, parce qu’il pose une question dont le lecteur ne voit pas l’absurdité. Celle-ci se révèle quand la Boétie prétend que la liberté ne coûte rien : « S’il lui coûtait quelque chose pour recouvrer sa liberté je ne l’en presserais point… », « La seule liberté, les hommes la dédaignent, uniquement, ce me semble, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient : comme s’ils se refusaient à faire cette précieuse conquête, parce qu’elle est trop aisée. » Il suffirait donc que les individus la désire pour qu’elle se réalise, et comme ils devraient être des millions à désirer un « bien si grand et si doux », elle devrait se cueillir comme un fruit mûr.

La Boétie a partiellement raison : la liberté ne coûte rien à ceux et celles qui sont pour le tyran, ou qui se satisfont du joug parce qu’il ne pèse pas sur leurs épaules. Ils possèdent gratuitement, par complicité et soumission, une part de la liberté que la tyrannie s’arroge pour elle-même, car celle-ci leur offre le sentiment d’être libres, (ce ne sont pas eux qui se font persécuter). Il leur suffirait d’ôter leurs œillères, et de manifester un début d’indépendance, pour prendre conscience, primo qu’ils ne sont pas libres, secundo que la liberté coûte très cher, tertio qu’ils sont des lâches. Mais personne n’a envie de mesurer sa lâcheté, ni de mourir dans une geôle, ni torturé comme Maurice Audin, ni enterré vivant comme Antigone. C’est pourquoi il est plus commode de s’offusquer des horreurs de la tyrannie sans quitter sa chambre, et de pointer du doigt la volonté de chacun : ça culpabilise, mais ça ne fait pas de mal à la tyrannie, bien au contraire. Il faut malgré tout prendre quelques « précautions oratoires », comme disent les laudateurs de la Boétie, mais qui valent à mes yeux acte d’allégeance : « ayant eu quelques rois, si bons en la paix, si vaillants en la guerre, que, bien qu’ils soient nés rois, il semble que la nature ne les aient pas faits comme les autres et que Dieu les ait choisis avant même leur naissance » écrit la Boétie, qui se garde par ailleurs de toute référence au régime de son époque…

Pour qui a conscience de sa propre lâcheté, le Discours est insupportable, car son ode à la liberté fait retentir le rire sardonique des bourreaux. Il rappelle aussi le rictus de Jack Nicholson dans Des hommes d’honneur, avec cette scène terrible où il balance, à la tronche des « planqués » venus faire leur enquête, que ses hommes donnent leur vie pour LA LIBERTE, mais en faisant clairement entendre : celle des trous du c.. à l’arrière. « Quel sale con ! » se dit le spectateur, parce qu’il sait bien que cette liberté-là est falsifiée, qu’elle n’est plus qu’un mot de passe, le passe-droit de l’impérialisme américain qui s’exerce en toute impunité. Mais il a aussi tort le spectateur, car les militaires sont au cœur de la vérité-réalité : il ne peut y avoir de guerre que pour la liberté, l’ennemi étant celui qui menace la vôtre. Bien sûr, cette vérité hautement sensible est manipulée sans vergogne par la tyrannie qui agite les menaces qui lui conviennent, et déclenche les conflits qui l’intéressent. Cela explique fort bien l’existence d’un pacifisme qui se refuse aux mensonges étatiques, (relayés par la presse aux ordres), mais ne justifie nullement l’idéologie pacifiste qui semble ignorer que la liberté se paie au prix du sang. Ne voulant pas voir cette dure réalité qui pose la question de la couardise, (question rejetée par l’argument du nombre), la Boétie s’érige contre la liberté : il en fait une impossibilité, la démonstration a contrario de l’infaillibilité de la tyrannie. Il faut prendre au pied de la lettre la phrase : « Ils sont vraiment miraculeux [impossibles] les récits de la vaillance que la liberté met dans le cœur de ceux qui la défendent ! », car la Boétie occulte le seul chemin qui conduise à la liberté : la vaillance. « Il est donc certain qu’avec la liberté, on perd aussitôt la vaillance, les esclaves n’ont ni ardeur, ni constance dans le combat » : c’est plutôt en perdant la vaillance qu’on perd sa liberté, et, celle-ci disparue, l’ex-homme libre se voit pris dans un étau : l’instinct de survie l’oblige à préserver sa vie, tandis que la liberté exige qu’il la mette en péril. C’est pourquoi l’on ne doit pas l’apparition de la tyrannie au « malencontre » de la Boétie, mais au surgissement de la violence : un excès de force, doublé d’une menace de mort, qui a pour effet de diviser n’importe quelle population : les plus infâmes prennent les commandes, les plus téméraires se font trucider, les plus nombreux regardent en silence.

Mais La Boétie ne se contente pas de renoncer à la liberté, il disculpe la tyrannie de la servitude en ne lui reconnaissant que des « nuisances ». « Chose vraiment surprenante (…) c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel. » Le pouvoir de la tyrannie opère donc par magie, il vise tout le monde sans toucher personne, et l’on ne constate ses méfaits qu’après coup : serait-il occulte ? Non, mais la Boétie écrit sous le coup de l’émotion, après l’impitoyable répression des soulèvements contre la gabelle par le connétable Anne de Montmorency. Pour être en accord avec sa sensibilité, il aurait dû le traiter d’infâme salaud, mais ne le peut pas. Alors il refoule, comme tous les témoins et les survivants, parce qu’ils n’ont plus le choix : c’est ça ou mourir pour rien. Son livre devrait s’intituler : Discours du refoulement involontaire. Pour faire tenir debout le paradoxe de son titre, la condition sine qua non est d’oublier les luttes de résistance, et les morts qui, partout dans le monde et à toutes les époques, le font mentir. Oublier les cachots, les bûchers, les corps martyrisés, et oublier qu’on oublie, ce qui définit assez bien le refoulement. Ne reste alors qu’un souvenir, celui d’une cruauté dépourvue de moyens et d’effets sur soi-même, ignoble sans doute, mais acceptable et supportable.

Dissident avant l’heure, la Boétie fut le premier à prendre conscience que la tyrannie n’était pas un état naturel, mais son idée de « servitude volontaire » témoigne de sa peur. Deux siècles plus tard, Sade aura le courage d’écrire : « La soumission du peuple n’est jamais due qu’à la violence et à l’étendue des supplices », car les tyrans avaient déjà compris que le seul danger de mort n’est pas assez dissuasif. Pour se maintenir en place, ils ont besoin de prévenir la montée de toute insurrection car, en cette circonstance exceptionnelle, la vie et la liberté ne font qu’un, et l’individu le plus ordinaire peut sacrifier sa vie aussi bien qu’Antigone. Hélas, la violence libératoire a tôt fait de céder la place au calme, de sorte que la violence des plus abrutis, un moment tenue en échec, en vient peu à peu à reprendre le dessus…

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167 réflexions sur « LA LIBERTE, LA SERVITUDE ET LA MORT, par Crapaud Rouge »

  1. la violence des plus abrutis, un moment tenue en échec, en vient peu à peu à reprendre le dessus…

    Pas plus bêtes que d’autres, mais classe dominante, tout simplement.
    C’est la violence, prélude aux ténèbres, qu’il faut mettre à bas aujourd’hui en Libye,
    et demain en France.

    1. @Charles A. : ne serait-ce pas plutôt la violence de la classe dominante qu’il faudrait expliquer ? Elle est bien plus mystérieuse que cette volonté fantasmée de la servitude.

      1. la violence de la classe dominante
        représenter l’ignorance, même instruite, c’est très dure voire cruel, une mise en scène de plus en plus délirante, nous y sommes, pas du verbe être. Sommés et assommés par les chiffres.

    2. @ Charles A. dit : 10 mars 2011 à 02:51

      La dominance est naturelle. Quand vous en chassez une pour la remplacer par une autre, vous n’avez rien fait progresser, au contraire parfois vous avez aggravé la situation.

      Ce qu’il faut rechercher c’est à faire admettre la dominance, c’est-à-dire l’inégalité, en amenant les dominants à modérer leur dominance pour la rendre acceptable humainement. En se montrant humaine, leur dominance est justifiée par leurs mérites et leurs qualités propres. Elle peut être acceptée tout comme on accepte que l’un occupe la première place sur le podium lors de telle ou telle compétition sportive ou autre.

      C’est pour cela qu’il faut bien faire comprendre les limites de l’égalité. L’égalité c’est l’égalité des droits à concourir. La liberté c’est le libre choix de la compétition dans laquelle on s’inscrit. La fraternité c’est ce qui nous lie par nos origines et notre destin.

      Il n’est pas nécessaire d’être à égalité de situation avec tous les autres, pour vivre heureux. Il suffit de se sentir reconnu et considéré pour ce qu’on est, en rapport avec ce qu’on apporte de positif à la communauté.

      Il n’est pas nécessaire d’entrer en lutte les uns contre les autres, il suffit d’accepter les compétitions loyales, sans tricheries, sans abus, sans arnaques.

      1. Je crois que la compétition est déjà très acceptée, même déloyales, avec tricheries,… on peut aussi imaginer qu’un certain nombre de personnes ne sont pas dirigés par la volonté de domination (en fait je ne comprend pas le mot dominance) et qu’ils puissent être assez forts pour jouer un rôle de contre-pouvoir positif attirant irrémédiablement la(es) société(s) vers plus d’humanisme. Et pourquoi pas?
        Que chacun se sonde soi-même pour savoir s’il peut en être.
        Il y a désormais un fort consensus planétaire pour privilégier la paix pour tous, n’est-ce pas un progrès significatif? Cela ne veut pas dire que les menaces ne sont plus là, elles le seront toujours. On peut donc refuser la compétition (et accepter ceux qui la veulent et la pratiquent), la timocratie ne me paraît pas idéale, car il faut toujours un instrument de mesure du mérite, contestable, même si les conditions de loyauté,…etc sont respectées.

      2. A jducac
        La dominance est naturelle, la volonté de la supprimer l’est tout autant, et malheureusement le recours à la violence pour y arriver l’est également : il faut accepter certes que la dominance existe (sinon nous serions dans le déni), mais il faut également accepter toute la réalité et pas une partie.

      3. @ Toine dit : 10 mars 2011 à 14:09

        Merci de m’avoir aiguillé sur la timocratie que je ne connaissais pas. On finit par s’enrichir petit à petit de quelques mots de vocabulaire quand, au départ, on s’est lancé dans l’action avec un bagage léger.

        En tous les cas, bravo. En parlant de timocratie vous remettez la balle en plein centre du billet, si j’en crois la définition donnée par : http://fr.wikipedia.org/wiki/Timocratie

        C’est le gouvernement par ceux qui recherchent ce qui a du prix, de la valeur.

        Mais wikipédia dit aussi :

        Timokratia, c’est l’Etat dans lequel la recherche des honneurs est le principal mobile

        Quand j’évoque la compétition, pour les dirigeants, ça n’est pas pour sélectionner ceux qui sont les plus avides d’honneurs, mais ceux qui sont les plus aptes à donner de la VALEUR au pays.
        Les critères de mesure pour suivre leurs performances ne maquent pas. L’état de l’endettement devrait en faire partie, le coût d’accès au crédit également, l’évolution du PIB par habitant, l’évolution des divers classements internationaux etc…etc….

        Actuellement, en Europe l’Allemagne ne s’en sortirait pas mal.

      4. @ pascal b-eisenstein dit : 10 mars 2011 à 17:04

        Oui la dominance est naturelle, mais elle est aussi NECESSAIRE voire-même indispensable si l’on entend vivre en communauté organisée et efficace, dans l’intérêt de tous.

        L’homme a encore, selon moi, d’immenses possibilités d’évolution positive pour développer son autocontrôle, la maîtrise de ses instincts barbares dès lors qu’on investit dans l’éducation, surtout morale, pour le rendre meilleur et surtout moins mauvais dans certains de ses comportements en lui faisant valoir l’intérêt de la communauté.

        Malheureusement certains, y compris sur ce site, n’hésitent pas à inciter à la haine alors qu’il conviendrait d’inciter à la fraternité et à l’effort sur soi pour évacuer la jalousie sous jacente, dont on peu apprendre à se soigner dès la tendre enfance.

        Il me semble du devoir de chacun d’inciter à une élévation positive des comportant humains en condamnant les tentations violentes. Est-ce bien le cas de Charles A et le vôtre ?

      5. @ Marlowe dit : 10 mars 2011 à 20:21

        Non, la lutte des classes n’est pas divine. Elle apparaît l’être à ceux qui ne font pas l’effort mental de prendre de la hauteur pour s’extraire de leurs bas instincts. Elle est infernale au contraire, parce qu’elle entraîne des déperditions d’énergie, des pertes de valeur, donc de potentiel de vie, qui s’opèrent forcément au détriment de leur communauté (nécessairement constituée de classes) en accélérant ainsi son auto destruction.

        Passe encore que ce réflexe à courte vue détruise l’essentiel des forces vives au sein de communautés qui n’ont pas encore su tirer partie de l’élévation du niveau d’instruction des masses. Mais que penser de ces êtres très instruits qui incitent encore à ce type de lutte ? N’ont-ils rien compris ? Manquent-ils d’imagination et d’esprit de dépassement pour revenir sans cesse sur les exemples du passé pour suggérer de perpétuer ces mêmes erreurs ?

        Ces erreurs qui démolissent l’avenir, là où il faudrait construire !

        Ils ne voient pas assez loin, alors que d’autres, ailleurs sur la planète, veillent à mieux préparer leur avenir. Ils s’emploient à maintenir leur communauté (nécessairement constituée de classes) suffisamment soudée pour qu’elle fasse bloc et ne s’affaiblisse pas par des divisions internes qui réduiraient leur capacité à progresser.

        Comprendront-ils avant qu’il ne soit trop tard ?

      6. jducac

        Vous êtes au courant ?

        Warren Buffett : « La lutte des classes existe, et c’est la mienne qui est en train de la remporter. »

      7. @ octobre dit : 11 mars 2011 à 10:41

        Quelle est votre valeur ajoutée dans la résolution du problème qui se pose à nous tous ?

        Préconisez-vous la violence pour mettre un terme à cette lutte, comme cela s’est fait avec la révolution russe ? Voulez vous rééditer cela à l’infini partout sur toute la planète, jusqu’à la fin des fins, même là où la démocratie s’est implantée ?

        Ne voyez- vous pas qu’il faut que les uns et les autres visent à s’élever dans l’échelle des valeurs humaines. ?

        Les uns, ceux qui sont en hauts, en prenant conscience de ce qui se passe plus bas. En leur faisant comprendre que le capital c’est essentiel, surtout quand il est moral, ce qui ne veut pas dire qu’il faille négliger toutes les autres formes.
        Warren Buffett est un individualiste, comme on s’est mis à en former en très grand nombre dès la plus tendre enfance, à partir du moment où l’on a décidé de remplacer l’enseignement de la morale par un enseignement plus laïc qui ignore la conscience et l’élévation de l’âme.

        Le joueur, Warren Buffett a quand même des problèmes de conscience pour avoir prévu de léguer l’essentiel de sa fortune « à une œuvre de charité, la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, comme l’a fait son ami Bill Gates »
        Les actions et préconisations prônées par Paul Jorion concernant l’interdiction des paris sur les prix, ou celles consistant à interdire les prises de position à découvert devraient aider à limiter les dégâts générés par ce type d’opérateur.

        Les autres, ceux qui sont en bas, en les incitant à progresser socialement et moralement par une mise en cause de leur propre comportement, avant de s’en prendre aux autres en se laissant entraîner dans les affres de la jalousie.
        On peut vivre heureux sans être à égalité de niveau social avec les autres mieux lotis. Le fait d’avoir amélioré sa situation, ne serait-ce qu’un peu, honnêtement, loyalement, à la suite d’efforts sur soi, procure de grandes satisfactions. Ce n’est souvent pas le cas lorsque l’on ne compte que sur l’assistance, qui a tendance à dévaloriser l’assisté alors que, pour vivre heureux, si l’ éducation morale a été bien conduite, on doit trouver sa raison d’être en se sentant valorisé par la progression qu’on a su acquérir par ses propres efforts.

      8. Jducac,
        J’ai horreur de la violence. Mais pourquoi tant insister sur mes plaies qui sont du déplaisir avant une mort certaine ? Je veux vivre. C’est énorme n’est-ce pas.

  2. Cette référence est connue sur ce blog, mais je l’indique tout de même :
    Lordon, Frédéric, Capitalisme, désir et servitude : Marx et Spinoza, La Frabrique, 2010.
    Quelqu’un avait même indiqué le lien vers l’émission d@ns le texte sur @si dans laquelle Lordon était interrogé.

      1. Je ne suis pas convaincu que les deux discours soient si éloignés. Insuffisance de La Boétie comme théorie explicative, et rappel de la violence des rapports sociaux. Mais je peux me tromper.
        J’imagine simplement que la référence de Lordon permet de pousser plus loin la réflexion.
        En tout cas, merci pour avoir indiqué le lien de l’émission 🙂

    1. Merci Igormilhit.
      Sur le blogroll le site de Frédéric Lordon renvoie à sa page du Monde Diplomatique. Serait-il possible de mettre à jour le lien avec son site – qui apparemment est très récent dans cette forme ?

      Je ne veux pas entre dans une polémique avec quelqu’un d’aussi brillant et érudit que Crapaud Rouge mais ça me dérange toujours d’utiliser en accroche une sorte d’anachronisme tel que ‘gauche caviar’ pour un homme qui vivait à cette époque…car ce terme si vrai illustre un vrai problèmes de la pensée de gauche à notre époque et pour moi a la pire connotation… C’est une insulte excessivement forte. La rhétorique ne permet pas tout à mes yeux. Mais bien sûr si la démonstration est ‘vraie’ et que La Boétie est complice des tyrans….

      Pour ma part que je continue – malgré ce type d’analyse – à admirer la force de ce magnifique texte écrit dans un terrible contexte. Eh oui on s’entretuait pour la transsubstantiation !

      1. @Tolosolainen : « Je ne veux pas entre dans une polémique avec quelqu’un d’aussi brillant et érudit que Crapaud Rouge » : vous vous méprenez gravement à me prendre pour un érudit, et brillant qui plus est. Ce blog fourmille de visiteurs qui en savent autrement plus long que moi, et je suis souvent obligé de me tenir à l’écart de leurs débats. Vous devriez enfin entrer dans la polémique, car le sujet en vaut la peine me semble-t-il.

        « si la démonstration est ‘vraie’ et que La Boétie est complice des tyrans…. » : à vous de me dire si la démonstration est correcte ou non. Le fait est que toute personne contrainte à la soumission, devient le complice involontaire de celui qui exerce la contrainte.

      2. @ Crapaud rouge,
        sans rentrer dans une discussion pour la quelle je n’ai pas les capacités philosophiques, ma seule question serait d’interroger le mot ‘involontaire’…. En fait que signifient « volonté, vouloir, involontaire » ? …

  3. Cher Batracien Écarlate,

    Premier paragraphe :

     » Au risque d’en choquer plus d’un […]  »

    Votre projet se réduit donc à une provocation.

    Dernier paragraphe :

     » Dissident avant l’heure, la Boétie fut le premier à prendre conscience que la tyrannie n’était pas un état naturel, MAIS son idée de « servitude volontaire » témoigne de sa peur.  »

    Les écueils de la téléologie et de l’anachronisme n’ont pas été évités, même si vous tentez un rétablissement in extremis.

    Le terme « calme » de votre dernière phrase contient beaucoup de sous-entendus.

    Continuez, Crapaud Rouge, vous finirez bien par redescendre les degrés de la fontaine de Latone.

    Bonne journée.

    1. Citer La Boétie à notre époque, où en quelques années des mots qu’on avait cru à jamais censurés, déformés, seulement chuchotés, comme « capitalisme », « crise du capitalisme », »prolétariat », « classes » moyennes », « Liberté ». « Démocratie participative », « Démocratie directe »…et même à présent « révolution », reviennent au goût du jour, est vraiment pertinent.
      La Boétie vivait à une époque où l’Economie n’était pas le talon de fer qu’elle est aujourd’hui. La bourgeoisie naissait, s’affirmait, avec l’humanisme. C’était du point de vue intellectuel une grande époque. Un type comme le copain de Montaigne pouvait se permettre de dire et d’écrire ce qui aujourd’hui serait cantonné aux oubliettes. Il pouvait se faire entendre, garder un sens moral, être lu et apprécié même par les aristocrates dont il faisait partie. A ses risques et périls parfois, comme Galilé. Mais ça fait rien ils osaient. Erasme fut soutenu par des princes et des évêques. Vous voyez l’oligarchie néo libéral aujourd’hui au pouvoir tolérer sa critique ? Vous n’en entendrez jamais parlé…

      1. @Nemo3637 : la Boétie conteste même la « légitimité » de la tyrannie, (pour lui, c’est la liberté qui est naturelle), un geste tout à fait admirable qui justifie ses « précautions oratoires ». Au regard de cela, je ne devrais pas le critiquer, mais le critiquer c’est aussi, comme vous dites, une façon de le citer, de le remettre sur le devant de la scène, et d’en faire un adversaire respectable, capable de se défendre, non une idole intouchable.

  4. Le refoulé, vaste question.

    Le détective pense que l’angle « la liberté » n’est pas la bonne approche et qu’il faudrait parler du bien et du mal dans la société.

    J’y reviendrai.

    1. Tout à fait d’accord. Et sous cet angle, peu probable que la guerre, le sang, les sacrifices humains soient indispensables à l’exercice du « bien », ni si efficace que cela, peu probable également que nombre d’observateurs « passifs » doivent être qualifiés de lâches, pas possible non plus de confondre les bourreaux et les victimes…

  5. Exact: le consentement de la victime est pour beaucoup dans l’issue de chaque agression.

    D’autre part, certaines personnes tremblent devant les responsabilités, les choix, les décisions, les conséquences de leurs actes. Et préfèrent donc obéir à un maître éclairé. Elles ont même si peur de la liberté qu’elles sont capables de s’inventer un maître dans l’au-delà…

    En ce moment je lis Platon.
    Dans Euthydème, Socrate s’interroge sur quel bien, quelle science peut transmettre la politique, mais ne trouve pas grand chose… La médecine? Elle apporte la santé. L’agriculture? Elle nourrit la population. La politique? L’art royal? Personne ne parvient à répondre aussi clairement.

    En bon anarchiste, sur ce qu’apporte la politique, j’aurais répondu à Socrate « la soumission ».

  6. Bonjour,
    Jacques Lacan déclara au cours d’un séminaire aux « révoltés » de mai 68 : »vous cherchez un maître et vous l’aurez »…les faits aujourd’hui corroborent ses propos.Je m’appuie sur cette citation pour étayer mon point de vue grâce à l’apport de la psychanalyse.
    Etienne de La Boétie avait de l’intuition, »la liberté » n’est pas seulement un processus  » rationnel »,il fait appel aussi aux mécanismes inconscients propres à l’homme,qu’ils soient individuels ou collectifs.
    Je prends pour exemple « la résistance au changement » que chacun de nous cultive tout au long de sa vie…on peut tous constater combien il est difficile de se remettre en question,de se libérer de sa « dette » symbolique(poids du passé,mythe familial,comptes à régler),de ce qui fait obstacle à notre volonté d’être mieux ,plus serein,plus joyeux,plus vivant(je n’aime pas le mot bonheur).
    Le changement c’est aussi l’inconnu,la nouveauté…un espace laissé vacant,un vide encore inexploré…il est légitime d’avoir peur,d’être animé par la contradiction d’aller vers un « mieux » tout en étant attaché à une situation qui ne nous convient pas mais que l’on habite depuis longtemps avec ses habitudes et son territoire familier.
    Il suffit de regarder autour de soi,au travail,en famille pour constater que la majorité des gens préfèrent se « réfugier »,rester en territoire connu,familier…on se plaint mais au bout du compte on ne fait rien pour aller « mieux »…je pense ici aux classes moyennes des pays « riches » comme l’europe,les états-unis,le japon car il est évident que la majorité de la population mondiale se préoccupe d’abord de sa survie biologique…il faut pouvoir manger,boire et se loger.
    Dans nos contrées on ne peut pas dire que la majorité des gens ne va pas à l’école,nous avons même accès à la lecture,à la culture,à la littérature,à l’art (les bibliothèques et médiathèques ne manquent pas),nous pouvons encore exprimer nos opinions,échanger,créer des associations,se rencontrer…cette liberté là existe encore…mais qu’en est-il de la curiosité intellectuelle,du goût au savoir?
    C’est plutôt la paresse intellectuelle qui domine nos sociétés,c’est tellement reposant de ne pas se remettre en question,d’avoir sa vie toute tracée,de « rester chez soi ».
    Sur ce sujet Etienne de la Boétie a raison;la liberté fait peur!

    1. Je crois qu’internet qui met à la portée de tous un certain savoir, et communique et propage par là-même sa propre soif, vient contredire la fâcheuse tendance dont vous parlez. La curiosité intélectuelle redémarre et sera à mon avis grandissante. En tout cas, si ce n’est pas si évident , employons-nous à y contribuer. Personnellement, je vois un progression sensible autour de moi, davantage d’écoute sur certains sujets, davantage de curiosité, sans parler de la mienne. Le ras-le-bol qui gagne du terrain, en france, peut être l’occasion d’exacerber la peur et générer des réactions primaires, mais également de réveiller l’indifférence. Merci à ce blog de verser dans la seconde voie et d’aller plus loin encore.

    2. La liberté fait peur, c’est ce que j’ai cru pendant longtemps, mais depuis que je m’émancipe, j’ai compris que ce sont nos peurs qui nous empêchent de nous libérer. Le processus est simple (un peu moins simple à mettre en pratique) Il faut se libérer d’abord de nos peurs par divers moyens thérapeutiques. La thérapie freudienne ou la Lacanienne sont les premières bases, mais il en existe de nombreuses autres, plus ou moins fiables,(à chacun de trouver la sienne)
      Dès lors que j’ai amenuisé mes angoisses en tout genre, un espace de liberté m’est NATURELLEMENT apparu. Sans peur, je fais ce que je veux et je me sens libre, mais ce n’est pas non plus une frontière nettement déterminée, non, il faut chaque jour se remettre a l’ouvrage et c’est peut-être ce travail quotidien qui fait que les soumis sont effectivement des lâches.

      1. il faut bien des limites pour fixer un cadre : nos sens mènent à la souffrance et celle-ci à la peur. Merci de ressusciter Crapaud qui n’était pas une grenouille de blog !

    1. FL, d’abord merci infiniment pour ce texte de Mona Chollet, il est au cœur du problème que j’entendais soulever. Mona Chollet rappelle en effet qu’on peut vouloir vivre pour autre chose que survivre, et l’amiral Nelson, s’exposant « inutilement » au feu ennemi, a sans doute vécu, avant d’être mortellement touché, le moment le plus exaltant de sa vie, un moment de liberté à l’état pur. Ça, la Boétie ne peut pas le voir, il ne voit que « les hommes » formant troupeau asservi. Mais citons l’introduction de Mona Chollet :

      « Je déteste le mot martyr. Glorifier la mort c’est moyen-âgeux. On a besoin d’une meilleure éthique pour le 21 siècle. » Cette réflexion est passée, jeudi 3 février, sur le Twitter de Slim Amamou, le blogueur entré au nouveau gouvernement tunisien. Parmi les réponses qu’elle a suscitées, celle-ci : « Cher monsieur, ces martyrs sont ceux qui t’ont donné le poste de secrétaire d’Etat au ministère de la jeunesse et des sports. »

      Il ne s’agit pas de « glorifier la mort », mais oublier les martyrs c’est oublier le courage : pas celui qui est nécessaire pour survivre, mais celui qu’il faut pour pouvoir se dire libre. Un courage qui ne peut être que volontaire, contrairement à la servitude.

  7. Deux point de désaccord sur cette réflexion :

    1/ « Mais personne n’a envie de mesurer sa lâcheté, ni de mourir dans une geôle, ni torturé comme Maurice Audin, ni enterré vivant comme Antigone. »

    Dans nos démocraties occidentales, le seul risque que court l’électeur, c’est de périr dans l’isoloir. Ce risque me semble tout de même jouable.

    2/ « la liberté ne coûte rien à ceux et celles qui sont pour le tyran, ou qui se satisfont du joug parce qu’il ne pèse pas sur leurs épaules. »

    Peut-on parler de « liberté » dans ce cas-là ? Sur la place Tahrir, la liberté a précisément était conquis par des gens qui ne se satisfaisaient pas du joug qui pesait sur leurs épaules.

    Pour ma part, je considère que la responsabilité d’un état de fait collectif réside dans CHACUN d’entre nous. Car c’est dans CHACUN – je veux dire SOI-MÊME – que réside la seule possibilité d’agir ou non sur le collectif (somme des chacuns – ou des soi-mêmes).

    1. « Peut-on parler de « liberté » dans ce cas-là ? » : non bien sûr, en tout cas pas de la « vraie liberté », celle qui est constamment menacée et qu’il faut défendre les armes à la main.

      « la responsabilité d’un état de fait collectif réside dans CHACUN d’entre nous » : surtout pas la responsabilité ! On ne peut pas reprocher aux gens d’avoir peur, d’autant plus que la nature nous a doté d’un instinct de survie : la peur sert à éviter de mourir. En Libye, les militaires qui bombardent les civils ne sont pas responsables, ou du moins pas tous : pas ceux qui voudraient désobéir aux ordres mais ne le peuvent pas. La peur culpabilise mais déresponsabilise et, couplée dans nos démocraties au consumérisme, elle infantilise.

      1. « On ne peut pas reprocher aux gens d’avoir peur »

        1/ Tout dépend de quelle peur.

        – Avoir peur de la répression d’un dictateur sanguinaire ?
        – Craindre pour son portefeuille ? Ses « avantages acquis » ?

        La peur, dans nos sociétés occidentales, France en premier lieu, me paraît singulièrement frivole.

        2/ Ce n’est pas la peur elle-même qui importe, mais la paralysie physique et intellectuelle qu’elle entraîne chez les gens en questions

        – Ceux qui la subissent (les pétainistes, les adeptes du vote utile…)
        – Ceux qui la dominent (les Palestiniens, les Tunisiens, les Égyptiens…)

      2. @Le Yéti : « La peur, dans nos sociétés occidentales, France en premier lieu, me paraît singulièrement frivole. » : t’en fais pas, si le FN gagne les élections, la peur deviendra beaucoup moins « frivole ». Le FN saura nous mettre face à nos « responsabilités » : soit vous laissez les exactions se dérouler sous vos yeux, soit vous prenez le risque d’en être vous-mêmes la cible. Quant à la peur du chômage, de loin la plus répandue et qui nous fait accepter tous les diktats du capitalisme, je ne crois pas qu’elle soit « frivole », elle marque chacun au fer rouge. Seule une petite minorité en réchappe, une minorité faite de gens exceptionnels qui ont assez de courage et de savoir faire pour se permettre de vivre en dehors des clous.

      3. @Le Yeti

        « La peur, dans nos sociétés occidentales, France en premier lieu, me paraît singulièrement frivole. »

        Ne vous méprenez pas. La peur de perdre un emploi, un toit, un statut social, une reconnaissance familiale, est aussi importante que la crainte de recevoir directement une balle. Il faut du courage pour se battre contre l’oppresseur, et c’est toujours le même courage quelque soit la forme plus ou moins subtile que peut prendre la tyrannie.

      4. @Martine Mounier : « Il faut du courage pour se battre contre l’oppresseur » : merci d’avoir bien retenu la leçon ! La tendance est malheureusement de faire de cette lutte une question de morale, quelque chose qui devrait aller de soi, ou qui irait de soi si, ou qui ne serait pas nécessaire si le monde était juste, ou qui prendrait fin si, etc. En occultant la nécessité du courage, on occulte aussi sa possibilité. Cela vous donne le pourquoi de mon billet.

      5. @Crapaud Rouge

        En occultant la nécessité du courage, on occulte aussi sa possibilité.

        Je suis entièrement d’accord avec vous.
        On nous d’ailleurs assez bassiné avec la guerre de 40-45, la chance que nous avions d’être en paix alors que des pays lointains ne l’étaient pas, pour qu’on ne nous refasse pas le coup de la supériorité d’une souffrance avec les pays arabes aujourd’hui. La guerre armée comme degré ultime de la violence est un épouvantail bien pratique pour que nul ne regarde le chômage de masse, la corruption financière et la pollution industrielle pour ce qu’ils sont.

    2. Dans nos démocraties occidentales, le seul risque que court l’électeur, c’est de périr dans l’isoloir. Ce risque me semble tout de même jouable.

      Non on ne torture pas les gens en France

      En tout cas on envoie pas la troupe sur des grévistes

      Il vaut mieux ergoter sur des sondages bidons que s’intéresser à la khadafisation du maintient de l’ordre avec cet éternel argument des réactionnaires « Si vous êtes pas content c’est pire ailleurs »…

  8. Crapaud Rouge, pourriez vous nous dire quel contenu La Boétie mettait au mot liberté ? Autrement dit, parlait il de la même chose que ce que nous avons en tête aujourd’hui ?

    1. Didier, la Boétie parle de la liberté comme d’un « bien si grand et si doux qu’on devrait le défendre becs et ongles » et n’en dit guère plus. Aujourd’hui, la liberté c’est le « pouvoir faire » structuré par le capitalisme, mais pour moi c’est le « pouvoir être », l’être étant ce qui veut conserver sa manière de vivre.

      1. Crapaud Rouge, j’ai apprécié votre billet et je réagis à cette définition de la liberté. Frédéric Lordon s’en préoccupe dans son livre « Capitalisme, désir et servitude », car le problème de la liberté ce n’est pas seulement de « faire » ou de « pouvoir faire », c’est de « faire faire ».
        A-t-on le droit de « faire faire » ? Dans quelles conditions ?
        L’exploitation se construit sur la liberté de faire faire et de capter le produit du faire au nom du rapport de force capitaliste.
        Voilà des questions profondes qui éclairent celles que pose La Boëtie.
        (Je suis d’accord avec le fait que celui-ci, comme le remarque Lordon, semble faire un contresens sur ce que disait Spinoza à propos de la servitude passionnelle. Mais c’est peut-être un autre débat !)

  9. On ne saurait commenter avec plus d’à propos les dernières nouvelles d’Egypte. (A la « faveur » de la répression en Lybie, soutenue par les généraux algériens et sans doute égyptiens?),
    reprise en mains place Tahrir avant-hier 8 mars contre les femmes, et hier 9 mars. Au menu: arrestations, torture sur place…
    http://crisdegypte.blogs.liberation.fr/
    Non, le peuple ne se soumet pas parce qu’il est stupide et fasciné. ChacunE qui a payé le prix de la liberté (ou dignité ou honnêteté ou non-complicité etc) le connait très bien.
    La manière dont sont traités les chômeurs dans notre société témoigne de la valeur attribuée aux êtres humains dans ladite société. Il est stratégique de les maintenir dans la misère, pour que la précarité menace tout un chacun non détenteur de capitaux..ça intimide tout le monde. Même les jeunes diplômés n’osent pas se syndiquer, ou simplement invoquer le droit du travail.
    Le patronat a une feuille de route, une seule: démolir méthodiquement nos droits sociaux. Dernier épisode: rupture des négociations concernant l’assurance chômage pour cause d’insoumission des « partenaires ».
    Par ailleurs, il n’est pas vrai que le vote des chômeurs se porte sur le FN: c’est marginal, les chômeurs votent massivement « abstention ».

  10. Crapaud Rouge,

    Pour vous, qu’est-ce que la liberté ?

    Selon vous, qu’est-ce que la liberté pour La Boétie ?

    Pensez-vous n’avoir fait aucune erreur de compréhension du texte de La Boétie ? Les soumissions volontaires me semblent illustrées par l’oeuvre de E. Bernay et de toutes ses grandes réussites. Elles me semblent illustrées par la réélection de W Bush, par l’adhésion des Allemands à Hitler. Est-ce que La Boétie n’aurait pas remarqué ce problème ?

    Pendant que j’y suis. Est-ce qu’il y a d’autres façons de définir la liberté ?

    La dernière est : Est-ce que l’économie prime ? Si la réponse est oui, en cas de victoire de Khadafi, nos pays renoueront avec ce dernier et nous occulterons soigneusement ce qui se passe actuellement avec des excuses embarrassées à son égard.

    Qu’est-ce qui est le plus important ? Votre réponse définit automatiquement ce que signifie le mot de liberté. Votre réponse dit ce que la liberté permet de réaliser. Avec plusieurs réponses, nous avons plusieurs libertés. Avec plusieurs réponses, si elles sont exclusives ou contradictoires, la liberté des uns devient l’oppression des autres.

    1. @DidierF : « Pensez-vous n’avoir fait aucune erreur de compréhension du texte de La Boétie ? » : c’est bien possible, mais il faudrait que quelqu’un pointe précisément mon erreur. Le Discours décrit fort bien comment la tyrannie s’exerce à travers ses serviteurs zélés, des gens capables de tuer froidement quelqu’un qui refuse d’obéir : ceux-là sont, si l’on veut, dans la « servitude volontaire ». Mais les autres ? Ceux qui se trouvent pris ensemble dans l’expression « les hommes » ? Serviteurs zélés, eux aussi ? La Boétie explique fort bien comment le fait de naître dans la servitude fait perdre le goût de la liberté, et comment l’habitude « parvient à nous faire avaler, sans répugnance, l’amer venin de la servitude » : il faut bien en convenir, mais alors, où est la volonté dans tout ça ?

      Et il faut ajouter : si la servitude (des hommes en général) est volontaire, alors il est logique qu’elle soit, et il n’y a pas de quoi en faire un discours, en tout cas pas aussi faussement ingénu. Quoiqu’il en soit, ce discours me révolte, parce qu’il compte pour zéro ceux et celles qui se sont battus, et qui se battent encore, pour la liberté.

      1. Et il compte aussi pour zéro CE pourquoi ils se sont battus, et ceux pour qui ils se sont battus. Ceux qui se sont battus ne l’ont le plus souvent pas fait, dans leur esprit, uniquement pour eux-mêmes. La Boétie voulait-il dire: à quoi bon?

    1. Pierre, attention de ne pas jouer avec les allumettes.

      Le feu brûle, surtout ceux qui tournent en rond dans la nuit.

      Bien à toi.

  11. Sociologisme larvé ou idéalisme platonicien?…Dans les deux cas une doctrine bien différente du rationalisme espéré où l’individu, par le développement immanent de sa raison, rejoindrait l’universel et dominerait, par l’esprit, le milieu social où le hasard de sa naissance l’a placé…Ne faudrait-il pas modifier la position même de la question?…
    Il n’est pas de lecteur de Spinoza qui été frappé du contraste entre la quatrième partie de l’Ethique (de servitute humana) et la cinquième partie (de libertate humana); en passant de la connaissance du deuxième genre à celle troisième…Du temps à l’éternité, on passe du domaine des lois universelles qui doivent régler la conduite de chacun d’entre nous dans ses rapports avec ses semblables à celui de la destinée individuelle dans ce qu’elle a de plus ancrée profondément, de plus essentiellement personnel : d’un côté la discipline sociale, de l’autre la transfiguration…Un rythme de tout point semblable se retrouve dans la morale stoïcienne : chaque homme est membre d’une société constituée par un réseau de fonctions qui doivent être accomplies pour que la société subsiste : d’où les devoirs précis de l’individu correspondant aux fonctions sociales qu’il doit remplir…Mais il y a au-dessus la sagesse, état de perfection supérieur à toute activité particulière…Cette dualité de la discipline sociale dans les actes et d’une perfection intime, indépendante du comportement social, n’expliquerait-elle pas les difficultés devant lesquelles se trouve un rationalisme qui a voulu au contraire lier et même confondre le devoir social et la perfection intérieure?

    1. « Un rythme de tout point semblable se retrouve dans la morale stoïcienne : chaque homme est membre d’une société constituée par un réseau de fonctions qui doivent être accomplies pour que la société subsiste : d’où les devoirs précis de l’individu correspondant aux fonctions sociales qu’il doit remplir… »

      Pourrais-je en savoir un peu plus sur cette conception stoïcienne s’il vous plait? tOUTE référence est la bienvenue.

      1. @Antoine Y… »Pourrais-je en savoir un peu plus sur cette conception stoïcienne s’il vous plait? tOUTE référence est la bienvenue. »…Il semble que les Deux Sources de la Morale et de la Religion (1932) viennent illuminer ces questions…Les ouvrages de morale sont en général tardifs dans la vie d’un auteur…Bergson avait soixante -treize ans et ce fut le dernier de ses grands ouvrages…Chez Auguste Comte, la science de la morale, comme septième science, n’apparaît que dans sa seconde philosophie…La Science de la Morale de Renouvier est un de ses derniers écrits…Les écrits de jeunesse des moralistes n’indiquent souvent qu’une doctrine passagère…Le Kantisme moral de Lévy-Bruhl dans sa thèse sur la Responsabilité ne laisse pas de trace dans la Morale et la science des moeurs…L’Essai de Rauh sur les rapports de la Morale et de la Métaphysique, écrit en 1891, à trente ans, est entièrement renversé par l’Expérience morale, écrit en 1903 à quarante-deux ans…
        …Grâce à une application nouvelle et originale de cette méthode qui consiste à dégager à l’état pur et dans des cas limites des tendances qui, à une observation superficielle, se confondent, il revient à ces anciennes doctrines morales qu’avait laissé périmer le souci unique d’assurer la cohésion sociale; mais on voit aussi que, contrairement à l’opinion générale, une dualité d’origine qui en apparence brisait cette cohésion en était en réalité le fondement. Non pas deux morales, mais deux sources de la morale : d’une part, une société définie dont les exigences s’expriment en des règles et où la moralité n’est rien que la discipline sociale, d’autre part, chez les hommes exceptionnels, une génialité morale qui, non contente de la dissociation de l’humanité en sociétés closes, cherche à créer des rapports humains de justice, de charité, de fraternité…Pression et aspiration, tels sont les noms de ces deux sources…L’une exprimant l’action continue de la société sur l’homme par l’éducation et les habitudes…L’autre indiquant une réponse de l’élan vital qui tend à transfigurer l’homme et à dépasser l’humanité comme espèce animale.

    2. @idle, « un rationalisme qui a voulu au contraire lier et même confondre le devoir social et la perfection intérieure » voulu confondre ? s’en raconter l’histoire (rationaliste) ou en devenir l’affranchi (se la mettre, l’histoire d’éternité, dans la poche), 1 tiens le futur vaut mieux que 2 tu l’auras, corrompre, se séparer, dominer son objet, développer un semblant d’honnêteté exemplaire, se satisfaire d’une reconnaissance, qu’un hameçon prenne n’importe quoi, quitte à s’y anéantir, se maquer à l’éternité au prix de l’ectoplasme, de son image, évitant les contradictions et les pièges, image bouffie reluisante somme toute un peu moins ou un peu plus repoussante, c’est selon confondre pour soi dans sa tour sociale, édifiant lénifiant à tour de raison, de légiférations faites en son nom; ainsi rend féroce ce qui dépasse ou trouble, c’est affreusement contourné, on s’y emmerde ferme… pas d’ange qui passe.

  12. Intéressant.

    Mais faux problème à mon sens.

    Ce matin : revenu de ma longue ballade matinale dans les sous-bois vallonnés, une fois posé les 30 kilos de buches portés sur plusieurs kilomètres, le chien alimenté, je retrouve ce blog. J’entends les arbres rigoler affectueusement devant vos vagues de mots. Moi : « mais c’est un être aquatique.. » Leurs banches me soufflent.  » Tu as vu comment les habitants de l’hexagone sont persuadés d’être au centre ? »… je rétorque : « Mais n’est-ce pas le cas, ils ont eu la révolution, une longue histoire… cette si belle langue, si docile et créative ? »…  » oui oui… » pouffent-ils

    Faux problème parce que vous savez bien, mon cher amphibien écarlate, que la liberté n’existe pas, et que la réalité, bien qu’extrêmement mouvante, est un solide carcan.

    Les êtres les moins libres sont ceux qui dépendent des autres, surtout ceux d’en haut, et eux sont les plus entravés, tenus par leur standing et leur niveau de vie.

    Il n’y a pas de violence dans nos société, si ce n’est celle du consensus, de la paresse, du politiquement correct atroce des médias dominants (particulièrement en France), du refus de la vraie créativité qui prend des risques, de l' »assentiment consenti » tel que décrit par Chomsky, de l’inertie des convenances qu’on retrouve partout.

    De gens qui savent déjà ce qu’ils ont envie d’entendre. Même sur ce blog.

    1. Parce que vous savez bien, mon cher amphibien écarlate, que la liberté n’existe pas

      A Rome, si un citoyen s’avisait de répandre cette croyance et de la revendiquer pour lui même, on le prenait au sérieux ». Et le citoyen romain héritait alors du statut tant convoité d’esclave.
      J’ai toujours eu beaucoup de tendresse pour la subtilité du droit romain… Appelons libre, conformément au droit romain, le fait de ne pas être dominé (et non pas la capacité à choisir ou à faire ce que l’on veut, comme le voudrait la vulgate libertarienne).

      Je crois que nous ne savons pas toujours clairement quand, c’est à dire si nous le sommes (d’autant plus qu’aujourd’hui, même quand nous le savons, nous nous voyons presque expliquer que nous en sommes individuellement responsable, que le statut de dominé/perdant est nôtre parce-que nous le méritons soit comme sanction d’une psychologie voire d’une morale personnelle défaillante, soit comme résultante d’un désir plus ou moins « inconsciemment cherchés »; à cela on pourrait ajouter que de toute façon ce n’est pas grave, puisque de toute façon « personne n’est libre » et que « la liberté n’existe pas »).

      Je ne saurais trop conseiller de lire, pour ceux qui ne le connaissent pas, « Masse et Puissance », de Canetti. Oeuvre d’une vie, foisonnante, qui intéressera tant l’anthropologue que le psychanalyste ou le politiste sur la problématique individu/groupe. Des éléments de la réponse tant convoitée se trouvent peut-être dans ce livre.

      1. La liberté existe chez les chasseurs-cueilleurs qui la perdent quand ils se sédentarisent, inventent la propriété privée et le travail comme activité séparée, donnent naissance aux classes et à la caste guerrière, perdent l’unité du monde et sont contraints d’inventer les religions comme substituts névrotiques à l’Eden perdu.

      2. @ Crapaud

        Je veux bien suivre P. Clastres (et C. Schmitt) quand ils affirme que l’Etat n’est qu’une forme, parmi d’autres et passagère, du politique.
        Mais je le laisse à son joyeux délire quant au degré de désidérabilité de ces sociétés, dans lesquelles quelqu’un comme moi mourrait vite d’asphyxie, étouffé par la pression du groupe et le poids des conventions. Sans parler de la violence endémique au sein de ces sociétés… qui semble passée sous silence la plupart du temps.

        @ Marlowe

        Mouais… les chasseurs cueilleurs étaient surtout libres de mourir de faim au premier aléa venu. Je suppose que c’est la raison pour laquelle ils se sont sédentarisés. Je ne vois pas comment un surcroît de dépendance vitale à l’égard du monde extérieur pourrait être qualifié de manière adéquate de surcroit de liberté… et comment on pourrait bien être moins « libre » en limitant cette même dépendance. Disons plutôt qu’ils échangent une dépendance contre une autre.
        C’est justement parce-que nous avons d’abord pu assurer les conditions de notre subsistance que nous avons pu ensuite nous dégager de la pression des obligations religieuses que le groupe impose à ses membres comme autant de principes d’organisation pour la survie (le membre qui ne s’y soumet pas met tout le groupe en danger).

        De deux choses l’une il me semble: ou bien ils ne se vivaient que comme des « exemplaires » du groupe, et parler de liberté les concernant n’a aucun sens (ce n’étaient pas encore des « sujets », si le « sujet » est bien le produit d’une construction sociale, d’un procès de subjectivation), ou bien, ce qui est plus probable, ce n’était pas le cas, et ils connaissaient donc « le tien » et « le mien », la propriété privée. Simplement, leur nomadisme privait l’idée de propriété privée de tout objet foncier.

      3. @AntoineY
        ///Appelons libre, conformément au droit romain, le fait de ne pas être dominé (et non pas la capacité à choisir ou à faire ce que l’on veut, comme le voudrait la vulgate libertarienne).////

        Je vous recommande la lecture de « La puissance des pauvres  » de Majid Rahnema et Jean Robert . Rahnema (ancien ministre iranien , menbre du conseil executif de l’unesco) explique que tout ce qu’ il a contribué a faire pour erradiquer ou réduire la pauvreté et la misère , n’a non seulement servi a rien , mais , a coup de milliard , a contribué a l’accroitre de façon structurelle.
        Il en arrive a préconiser ce que vous énoncez ci dessus :
        «  »la misère c’est la pauvreté sans son moyen de subsistance » ». Un miséreux c’est un pauvre ds une banlieue surpeuplée , avec portable , ecran, , sida et alcool , mais sans son lopin ,son mulet et sa dignité.
        Cette cellule « minima » societale devrait etre conservée et non pas remplacée par une « alloc » de survie humiliante et anesthesiante.

        @Crapaud et Marlow:
        Je pense que l’animal perd sa « liberté » lorsqu’il se socialise (pour l’espece humaine , bien avant l’homminidé ). Mais cette « liberté » ou autonomie optimale de l’individu etait en fait angoisse et agressivité (majoritairement intra-spécifique).
        Le passage au groupe est un « deal » : echange agressivité contre protection et aliénation (servitude volontaire) . Perso je visualise l’entité -réalité humaine sur un curseur entre individu et groupe (centre virtuel de l’entité groupe). Le groupe etant la nouvelle « entité » . Le curseur règlant le dosage entre tendance liberté (qd tt va bien) et servitude (qd ça craint) .le curseur est perso (beaucoup de curseurs servitudes autorisent qqs curseurs liberté ) et opportuniste en fonction des situations et des epoques .
        Chez les chasseurs cueilleurs , la liberté n’existe pas plus qu’actuellement , l’alliénation y st forte , mais ce n’est pas la meme que la notre , elle est stabilisante puisque la hierarchie est ADMISE par l’individu et le conflit restreint aux places hierarchiques voisines …
        La hierarchie y est admise car réellement REPRESENTATIVE des individus et de leur capacité ….ce qui est loin d’etre le cas actuellement .
        En se sédentarisant/ spécialisant l’aliénation change …l’augmentation de taille des groupes, par la perte du REGARD des autres sur le fait « travail » et rénumération permet des prises de pouvoir .
        Le gain de productivité induit par la mise en groupe des chasseurs cueilleurs etait réinvesti en production culturelle commune et non en stock d’objets inutiles.
        @Antoine. Votre vision des structures archaique me parait formatée par l’idéologie scientiste que nous subissons depuis un siecle : ////Pressions du groupe et poids des convention//// ; ///libre de mourrir de faim au premier …// celà tient plus du mythe que d’autre chose : Vous attribuez a la structure moderne des qualités trs elitistes et rationnées) qui appartiennent au progres de la science et de la technologie , sans démontrer le lien explicite qui existerait entre eux.
        La phobie culturelle ‘autres modes de vie est tres partagée , meme par ceux qui s’en défendent . votre réaction un tantinet agressive montre son « pouvoir » et l’usage que la démagogie peut en faire …ce qui peut effrayer en cas de BUG écono-enegetique grave .
        En fait pour résumer ce débat , on peut le carricaturer par le choix entre :
        «  »LE FLIC DANS LA TETE et LE CAR DE cRS en bas de l’immeuble » » »
        Ce que vous appelez -craignez «  » etouffé par la pression du groupe » » , est le mode archaique naturel qui a prouvé sa stabilité …. il me semble que sans nier son terrible degré d’aliénation , il est le seul qui puisse optimiser l’individu …en tout cas le responsabiliser .

      4. Je vois que le détective Marlowe a mené sa petite enquête jusqu’au paléolithique, et qu’il en est revenu avec un excellent petit résumé.

        @AntoineY : ce que vous me répondez ne me surprend pas du tout. Vous êtes logique avec vous-mêmes, et votre imprégnation des classiques, à commencer par le droit romain.

        @kercoz : plutôt d’accord avec vous, mais ne pensez pas « aliénation » quand vous parlez des chasseurs-cueilleurs. Le mot désigne l’état de l’individu privé de son humanité par l’asservissement. A leur stade de développement, ils sont parfaitement humains.

      5. à Crapaud Rouge,

        Un bon détective a nécessairemnt des informateurs, parfois nommés cousins, qui ne sont pas tous des balances.
        Si le sujet de la Folle Histoire du monde vous intéresse, lisez le livre qui porte ce titre, écrit par Michel Bounan, médecin homéopathe, ami de Debord, publié aux éditions Allia.

        Je parle de ce livre ailleurs, ce jour, sur le sujet du Japon, mais je ne sais plus où.

      6. @Crapaud Rouge :
        Je pensais qu’ aliénation signifiait plutot « servitude volontaire » plus ou moins consciente.
        Le chasseur cueilleur n’ a pas fait ce choix , mais l’espece l’a fait pour lui , du moins ceux qui ont survécu …dont il fait partie.
        Le « Contrat Social » est le type meme d’une aliénation puisque l’individu échange sa « liberté » contre la protection du groupe ….. Ce qui démontre que l « ‘état providence  » est une arnaque sémantique démagogique puisque c’est un pléonasme .

      7. kerkoz, il ne faut pas voir de l’aliénation partout ! A vous entendre, il n’y aurait guère que les ermites et de vieux bûcherons perdus dans la forêt qui ne seraient pas aliénés. L’être humain descend du singe, animal sociable, pas de l’ours polaire ! Disons qu’on est aliéné quand on dépend par trop d’intérêts que la morale commune réprouve.

        Quant à « l’état providence », ce n’est pas un pléonasme, parce qu’il existe aussi « l’état dictateur », plus bourreau que providentiel pour ses citoyens.

      8. @ Crapaud rouge :
        mais l’aliénation EST partout . C’est une situation normale …surtout pour un animal social . Il ne faut pas voir ce terme comme une insulte ou un etat de servitude extrème , c’est un etat naturel …On ne sort pas de l’aliénation …ON EN CHANGE , vous dirait un psy …
        Puisqu’un individu n’existe pas sans le groupe (cf enfants sauvages) , c’est qu’il dépend de ce groupe , et donc il y est aliéné (servitude …autrefois volontaire ).
        Les ermites autant que les autres ! ..j’ai parlé autrefois d’un exercice philosophique que j’ai tenté de faire …a savoir ne pas répondre aux saluts des blaireaux déguisés en décath§lon , avé ba&ton de ski , qui rendonnait en rangs serrés pres Cauteret ………Tres tres dur ! de ne pas répondre : on trouve des excuses : jolis fille , vieux type a ne pas insulter , vrais baton unique et en bois …etc … Essayez de façon ostentatoire de jeter a terre un papier ds une rue passante ! pas facile !
        C’est là le « POuvoir » dont parle De Jouvenel : Qu’est ce qui nous meut ? qui nous oblige a aller nous trucider ds des tranchées ? Pas qqs flics , ce n’est pas vrai !
        L’interet du livre de Jouvenel c’est qu’il montre que cette emprise du « Pouvoir » sur l’individu s’accroit de façon inéluctable qq soit l’idéologie … et ça c’est vrai , Et c’est une caracteristique commune a toute les civilisation …jusqu’ à leur effondrement tout aussi inéluctable.
        La « souveraineté populaire » a autorisé une emprise inouie sur l’individu ..telle que ne l’aurait jamais rèvé un monarque ou un tyran …….

  13. Crapaud Rouge,
    Vous avez déja entendu parler de la « passivité masochiste » ?
    Que la vie « en société » c’est bel et bien d’une névrose qu’il s’agit?

    « Discours du refoulement involontaire »

    Non voulu mais désiré si je comprens bien. D’un désir qui surpasse la volonté. Et qui depasse donc le propos moraliste que vous faite suivre.
    C’est dans la morale que reside la pire des perversités
    Votre sitation de Sade est à ce sujet est éloquante.

    « Ce qu’il y a de pire dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres »

    Leo Ferre

      1. Qu’il y a un malentendu d’un bout à l’autre de votre article
        Que le sempiternel instinct de mort exerce une fascination pour la crise financière actuelle qui nous subjugue tels des petits lapins dans les phares d’un semi-remorque
        Que tout cela répond de l’éros et du Thanatos qui nous gouvernent en tant qu’individus, et que l’instinct de mort est aussi présent et ressenti au niveau du social.
        Est-ce plus clair?

      2. @Sylvain : oui, c’est un peu plus clair, sauf que, quand vous écrivez « Que tout cela répond de l’éros et du Thanatos qui nous gouvernent en tant qu’individus« , je veux bien, mais ce n’est pas du tout dans le texte de la Boétie, alors que je tenais à m’en tenir au texte. Il n’y a de malentendu que pour vous, peut-être parce que vous auriez aimé que je reprenne d’autres analyses plus savantes.

        Sincèrement, je suis prêt à lire toute « contre-analyse », (et à reconnaître mes erreurs), car je cherche en vain les raisons qui font que certains me semblent idolâtrer le Discours.

      3. Oh non ! Ne reprenez pas « savantes analyses »… qui sont fausses !
        Eros et Thanatos ne gouvernent pas les sociétés, tout au plus ce sont des représentations mythologiques parfois utilisées pour parler de la finitude de l’individu humain et des contradictions que cela introduit dans ses choix et ses conduites.
        Les utiliser comme concepts de l’économie politique seraient seulement sacrifier un peu plus aux fétiches qui nous gouvernent eux bien réellement, la marchandise, l’argent, le capital.

    1. La vie en société est bien une névrose.
      Je confirme qu’il faut le savoir pour envisager une guérison qui ne peut être que sociale.
      Voir mon commentaire en 18.

  14. Au risque d’en choquer plus d’un, je vois dans la Boétie l’ancêtre de la gauche caviar et des anarchistes

    Rassurez vous, Crapaud, cette ébauche d’analyse du « Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un » est tellement à contresens qu’elle ne pourra guère choquer ou même ébranler le moindre de ses partisans ou simples lecteurs attentifs; tout au plus conforterez vous les dès-avant con-vaincus par votre « thèse ». Les plus nombreux de ces derniers étant, malgré – ou pour cause – les près de cinq siècles qui nous en séparent, parmi ceux ne l’ayant jamais lu, voire n’en ayant jamais entendu parler. En tout cas aurez-vous peut-être l’insigne mérite d’en inciter certains à sacrifier quelques heures pour le regarder de plus près.
    No shocking donc, tout au plus un peu d’affliction. Peut-être…
    Je n’y reviendrai pas.

    1. Cher vigneron,

      Votre « Je n’y reviendrai pas » m’inquiète au plus haut point. Vous semblez résolu à laisser les visiteurs avaler mes contresens sans mot dire, et à me voir mourir idiot. Ce serait sympa de nous expliquer le sens profond du Discours. Je l’ai lu attentivement, et n’en ai pas trouvé d’autre, désolé.

    2. M. Crapaud rouge propage des valeurs (j’ose ce mot honni!) humanistes (et j’ose encore!). Car outre l’analyse, c’est son avis qui ressort et surlequel il insiste. M. Vigneron sur sa montagne, perché, nous cache les raisins de sa colère, ne donne pas d’avis, peut-être en a t’il un, nous ne saurons s’il ne nous éclaire. Point celui d’un expert affligé mais celui d’un homme sur le sujet abordé.

    3. A propos de l’expression « gauche caviar » inventée par les communicants du répugnant parti de Le Pen, je répète encore une fois qu’il est indispensable de ne pas utiliser les mots de l’ennemi.

  15. Très intéressant mais cela demande réflexion ….

    Et c’est très juste ce que vous écrivez… et bravo pour le fait de déboulonner des mythes. Un petit peu dans une perspective Althusserienne, voir « Montesquieu la politique et l’histoire », -absence du peuple comme force politique chez Mont.

    Il y a le Grand inquisiteur aussi. Perspective psychologique du bénéfice d’avoir des maitres.

  16. Il y a surtout la Tyrannie de l’argent par ceux qui le créent pour asservir en douceur les gents en les endormants plutôt qu’en les révoltant..
    La douce musique des centres de consommations ,églises des élus à la jouissance de biens de toute sorte ,.
    Pourquoi pousser les gents à la révolte alors que les endormir dans l’utopie d’un bonheur créer sur mesure les protège.
    A mon avis cela est bien plus confortable à la dominance de quelques uns et cela à déjà réussi,voir le comportement de nos semblables sois disant libres et évolués..(football,film,propagande FN etc)
    Évidement l’anarchique révolte des pauvres gents du Maghreb est la 1ere étape vers ce monde que nous vivons.
    Merci Crapaud Rouge et je vous signale qu’il n’est plus nécessaire de punir ceux qui se révoltent,on les achète comme les syndicats,la justice et même un Président..
    Tout s’achète et se transforme
    (Lavoisier ?)
    bisous les gars
    Merci

  17. La politique de Louis 14 consistait à contrôler absoluement tout, les mécanismes de surveillance et de contrôle étaient au top. La cour de Versailles a servie, entre autres, à contrôler l’aristocratie, à instaurer une espèce de servitude de la part des courtisans, et cétera. Son époque était un intéressant sujet d’etude pour tout ce qui est pouvoir et servitude. Néanmoins, Louis 14 fut idolâtré, et certains regrettent encore aujourd’hui « le siècle d’or ». Comme disait Napoléon, le peuple supporte mieux les chaînes quand elles sont dorées.

    1. Si Louis 14 peut se servir des moyens informatiques actuels il ferais surement mieux que l’innommable président.
      Merci de cette éclaircie

  18. La domination des sauvageons de la route.

    En guise d’exemple, histoire de fixer un peu les idées, je fais un trajet assez long pour me rendre au travail depuis les années 90. Toujours le même trajet sur une autoroute sinueuse. La bagnole, c’est pas mon truc. Je respecte les limitations sans pour autant traîner. Avant 2003 je crois (l’année où le nombre de mort a été divisé par deux), je me faisais « agresser » tous les jours par des chauffards véloces et surexcités très sûrs de leur droit à m’agresser ainsi, essentiellement lors de dépassement de poids lourds. Beaucoup de grosses cylindrées à vitres sombres sans doute détenues par des élites responsables? J’avais fini par mettre un nez rouge à portée de main, histoire de décontracter un peu la situation et aussi histoire de ne pas la subir. Très efficace, je le recommande! Bref, quand NS a décidé de faire appliquer les limitations, on a eu une période pendant laquelle les forces de l’ordre étaient très présentes et ça a marché. J’avais même oublié cette ambiance de tueur qui règnait auparavant. Et puis depuis quelque temps, cette agressivité routière remonte, on ne voit plus du tout les forces de l’ordre, les agresseurs s’en donnent à coeur joie et je viens d’entendre que les statistiques routières se dégradent. Toujours beaucoup de grosses cylindrées à vitres sombres. Tu m’étonnes!

    Moralité, sans moyen pour faire respecter les règles de vie commune, c’est la loi du plus fort ou du plus agressif qui reprend bien vite le dessus, l’autocontrôle adulte des pulsions, au moins sur la route, est un rêve Bobo de liberté. J’ai bien conscience, à mon regret, de donner du grain à moudre au populisme avec un tel commentaire, mais il appartient à chacun de confirmer cette observation routière sur le sort de la liberté concrète: c’est aussi le lieu d’un rapport de force et malheureusement non celui de la vertu.

    1. bonsoir
      Je sais pas comment vous faites un verre dans le nez?
      Moi je prend un taxi pour me reconduire ..

      Je connais beaucoup de gars sans moyens pour qui la bagnole est le seul moyen de rentrer à la maison..et si un accident devrais arriver j’irais aider la victime et mes amis au lieu de condamner ..

      Bête système de profiteurs.
      Les Bachelots victimes pharmaceutiques et les SRF,sans revenus fixes meurent le long de la Senne et on parle NEZ ROUGE….

    2. Pas bien compris Mr Martin. Ils vous imposent quoi les conducteurs agressifs? Je crois que c’est plutôt vous qui les ralentissez et leur imposez à leur grand dam votre vitesse. (Et je ne veux pas dire par là qu’ils ont raison d’être agressifs et véloces au volant, juste que la métaphore avec la loi du plus fort m’échappe quelque peu.)

      1. Ben c’est simple, lorsque je double un camion sur cette autoroute au max de la vitesse autorisée, c’est assez fréquent qu’une voiture vienne me coller très près, parfois plein phare, avec quelques gestes pas très sympas. En général, je laisse faire, mais ça gonfle un peu quand même, alors à une époque, je mettais juste un nez rouge juste avant de me rabattre, parce que très souvent, « l’agresseur » me jette un coup d’oeil à ce moment là, et le nez rouge avait un petit effet amusant. C’est tout. La loi du plus fort, c’est celle de celui qui veut s’imposer par la force, c’est bien le cas ici.

      2. Un petit complément que m’inspire votre remarque à priori:

        Je crois que c’est plutôt vous qui les ralentissez et leur imposez à leur grand dam votre vitesse

        Le problème des bobos, c’est qu’ils ont lu Dolto mais qu’ils l’ont lu de travers. Ils ont confondu l’incitation à l’écoute avec le laxisme éducatif, alors que Dolto insiste fortement sur l’importance de la castration afin d’éviter que les pulsions ne dévorent l’enfant qui n’est pas armé pour y résister seul. Si ce travail éducatif précoce n’est pas fait, alors on se retrouve, par exemple, avec un comportement sur la route qui n’est qu’illustratif, de citoyens qui se croient au-dessus des lois, qui sont esclaves de leurs pulsions. C’est bien un sujet sur la liberté et la mort.
        Une lecture d’Aldo Naouri, le célèbre pédiatre, peut aider à consolider ce que disait Dolto et tant d’autres éducateurs sur cette question de la domestication des pulsions vestigiales. Recommandation spéciale Bobo.

    3. Maintenant, si vous persistez à rouler à gauche, il faut admettre que tout est possible !

      Pardon, je voulais dire : à rester sur la file de gauche…

      1. En effet, Marlowe, je persiste à « rouler à gauche », mais le problème, c’est que je ne sais plus quel guide suivre! Pas question pourtant de me rabattre à droite. M’abstenir de rouler peut-être?

      2. Comme vous presistez à prendre le risque de rester sur la file de gauche, prenez garde aux voitures allemandes, comme la philosophie, et aux voitures noires, comme les idées.

  19. billet intéressant, ce questionnement semble vous tenir particulièrement à cœur. et sade pour finir, c’est parfait.

    le Pouvoir est inhérent aux rapports humains, dès que nous sommes deux, et dans les circonstances actuelles il prend une forme violente, la nature ayant horreur du vide, les contestataires seront les bourreaux de demain, l’omnipotence pas pour tout de suite.

    comment vous suivre sur la voie de l’athéisme forcené et capricieux? la boétie n’a pu réellement franchir le pas, question d’époque et d’éducation probablement et comme vous le faites remarquer.

    j’aime dire, la ‘gauche’ a avalé la pilule de l’économie de marché, elle devra avaler la pilule des forces de l’esprit… l’utopie oui, l’orgueil non. les anciens n’étaient pas tous des abrutis.

    cdt

    Hélas, la violence libératoire a tôt fait de céder la place au calme, de sorte que la violence des plus abrutis, un moment tenue en échec, en vient peu à peu à reprendre le dessus…

    NB: concernant le procès de l’impérialisme américain, ça sonne comme un refrain. libre à vous d’aller écrire à pékin après tout. cet empire est le garant et le vecteurs de libertés longtemps décriées par chez n-ous. ainsi que de 60 ans de paix et de propsérité en europe. peut-être faudrait-il arrêter de les sous-estimer? vous sur-estimer? la liberté ou les libertés? il est peut-être là le grand mensonge, que vous reprenez il me semble. c’est lassant.

  20. @crapaud rouge

    Vous dites à @Tolosolainen : « Vous devriez enfin entrer dans la polémique, car le sujet en vaut la peine me semble-t-il ». Il y faudrait (pour moi), avant d’oser publier un commentaire substantiel (le sujet le mérite), des heures et des heures de travail. Or, grande misère des blogs -vous le savez aussi bien que moi !- quand vous publiez un véritable commentaire (et non pas, hélas, une « réaction » bien souvent épidermique, comme on peut en lire des dizaines, même sur le blog de Paul Jorion !), disons une semaine après la parution du billet, vous n’êtes plus lu ou à peine, les intervenants étant en train de butiner d’autres fleurs.

    Je me contenterai de vous renvoyer à « Méditation sur l’obéissance et la liberté » (1937) de la la philosophe Simone Weil qui commence par ces mots : « La soumission du plus grand nombre au plus petit, ce fait fondamental de presque toute organisation sociale, n’a pas fini d’étonner tous ceux qui réfléchissent un peu », (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Simone_Weil_1938_Meditation_sur_l_obeissance_et_la_liberte.pdf).

    Ce texte constitue, à mon avis, un bon début de réponse à la question que vous posez à @Charles A. : « ne serait-ce pas plutôt la violence de la classe dominante qu’il faudrait expliquer ? », et rejoint ce que disait Hannah Arendt : « Seuls les individus isolés peuvent être totalement dominés« .

    1. André, merci pour cette excellente méditation de Simone Weil que vous me faites découvrir. Je suis d’accord avec elle sur tout, (en particulier avec la phrase « Le peuple n’est pas soumis bien qu’il soit le nombre, mais parce qu’il est le nombre.« ), sauf sur la question : « Lorsque l’obéissance comporte au moins autant de risque que la rébellion, comment se maintient-elle ? » : la rébellion implique un risque quasi immédiat, alors que l’obéissance le diffère.

      Chose curieuse : les autorités européennes ne procèdent pas autrement vis à vis des marchés : elles diffèrent le risque qu’elles auraient à restructurer les dettes, c’est-à-dire à se « rebeller » hic et nunc contre la nécessité du remboursement intégral.

  21. Merci Crapaud rouge pour ce regard.

    « la violence et (…) l’étendue des supplices » sont les moyens clés pour dominer.

    Par violence, je veux parler de la violence physique et symbolique. La première est bien connue et ne m’intéresse pas particulièrement. En fait, il me semble que la violence symbolique (cf. Bourdieu) est efficiente et durable car elle est la plus cachée et raffinée. Elle est cachée par des règles tacites et des comportements jugés comme « convenables » inculqués dans l’enfance. Elle est raffinée par une volonté des dominants de la perfectionner.

    La violence symbolique est donc efficiente parce qu’elle est habitude et il est terriblement difficile d’en changer. Enfin, elle est durable (mais pas éternelle) car il est impossible de combattre un ennemi invisible et silencieux tant qu’il n’est pas dévoilé par des observateurs perspicaces et courageux. C’est aussi pour cette raison, qu’il faut l’optimiser pour prolonger ses effets le plus longtemps possible.

    Par l’étendue des supplices, il faut entendre la souffrance qui est bien plus effrayante et paralysante que la mort. Le suicide en fournit une preuve suffisante pour ne pas développer ce point davantage.

      1. Merci Michel.
        Effectivement, la pipe (qui ne l’est pas) de Magritte permet un salutaire décalage.
        La représentation produite par la vision du dominant crée une division artificielle qui rend « légitime » ceux qui l’accepte sans la questionner.
        Autrement dit, c’est une idée-force qui n’est pas nécessairement une idée-vraie.

  22. Comment faire comprendre aux gens qu’ils ne sont pas obligés de se laisser asservir ?
    Les dirigeants de notre pays dont la majorité des habitants vit avec moins de 1500 euros mensuels veulent nous faire rembourser, par les impôts dont la TVA, , des dettes qui ne sont pas les nôtres . Les emprunts ont été empochés par d’autres que nous, et précisément par les responsables de trous financiers, l’establishment et les traders des banques .

    Or, quand les dettes des emprunts pèsent sur les contribuables qui n’en ont pas bénéficié, emprunts détournés par un despote, ses proches, ou quelques grosses entreprises comme les banques , elles entrent dans la catégorie des « dettes odieuses » et la loi prévoit qu’elles ne soient pas remboursées par les peuples innocents..

    L’Islande a refusé de rembourser, et tous les peuples d’Europe qui n’ont pas touché un centime de l’argent de ces emprunts ni spéculé avec de l’argent qui ne leur appartenait pas, doivent refuser de les rembourser par leurs impôts et la TVA .. Sinon, le peuple asservi est victime d’une vaste escroquerie , exactement comme dans les républiques bananières .

    Les créanciers ont prêté dans un but lucratif tout en sachant pertinemment qu’ils participaient à une vaste escroquerie et que ce seraient des innocents qui seraient sommés de payer. Qu’ils assument !
    Nous, contribuables européens , sommes en droit de refuser de payer ces « dettes odieuses » qui ne sont pas les nôtres .

    « La responsabilité morale des créanciers est particulièrement nette dans le cas des prêts de la guerre froide. Quand le FMI et la Banque mondiale prêtaient de l’argent à Mobutu, le célèbre président du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), ils savaient (ou auraient dû savoir) que ces sommes, pour l’essentiel, ne serviraient pas à aider les pauvres de ce pays mais à enrichir Mobutu. On payait ce dirigeant corrompu pour qu’il maintienne son pays fermement aligné sur l’Occident. Beaucoup estiment injuste que les contribuables des pays qui se trouvaient dans cette situation soient tenus de rembourser les prêts consentis à des gouvernants corrompus qui ne les représentaient pas. »

    Joseph Stiglitz, La grande désillusion

     » Au lieu de fonder un refus de reconnaissance de dette sur le droit national et international, les nouveaux gouvernants préférèrent négocier des rééchelonnements et des allégements cosmétiques avec les créanciers. Ils entrèrent ainsi dans le cycle interminable de l’endettement extérieur dont les peuples font toujours les frais.

    La doctrine de la “dette odieuse” a été évoquée régulièrement par différents mouvements citoyens favorables à l’annulation des dettes mais les régimes post-dictature et, bien sûr, les créanciers ont fait la sourde oreille. Le débat a été relancé par le gouvernement des Etats-Unis en avril 2003. Dans des circonstances qui ne sont pas sans rappeler le précédent de la guerre entre l’Espagne et les Etats-Unis en 1898, les Etats-Unis ont demandé à la Russie, la France et l’Allemagne d’annuler les dettes odieuses dont l’Irak était redevable. Reprenant textuellement la définition de la dette odieuse formulée plus haut, ils ont affirmé que les dettes contractées par le dictateur Saddam Hussein étaient frappées de nullité. La situation s’est réglée au sein du Club de Paris qui a annulé 80 % de la dette, sans finalement faire référence à la notion de dette odieuse, pour éviter que d’autres pays réclament l’annulation de leurs dettes en invoquant le même motif.

    Pour avancer dans la perspective de l’identification de la dette odieuse, le recours à une enquête citoyenne (audit) sur la légitimité des dettes dont les créanciers exigent le remboursement, constitue un outil fondamental. Les parlements et les gouvernements des pays endettés pourraient réaliser un audit de la dette. Certains pays sont dotés de dispositions constitutionnelles qui le prévoient explicitement (Brésil – Constitution de 1988). De puissantes mobilisations citoyennes ont revendiqué dans différents pays la mise en route d’une procédure d’audit. Ce fut le cas au Brésil en septembre 2000 quand la Campagne Jubilé Sud, la Conférence nationale des Evêques, le Mouvement des Sans Terre (MST), la Centrale unitaire des Travailleurs (CUT) organisèrent un référendum sur la dette. Six millions de citoyens et citoyennes y participèrent, dont plus de 95 % appuyèrent la demande d’organisation d’un audit.

    La réalisation d’audits avec pour fonction de déterminer le caractère odieux ou non de tout ou partie des dettes d’un pays constitue un enjeu de toute première importance.

    Éric Toussaint

    Si les contribuables européens se laissent plumer sans se défendre, c’est qu’ils sont véritablement en état de servitude, victimes de la violence dominatrice de despotes qui ne leur demandent pas leur avis .

    1. Oui, c’est un lieu commun de prétendre que la TVA est un impôt injuste, mais à y regarder de plus près, les prélèvements sociaux actuels sur le travail se retrouvent intégralement dans le prix de tous les biens et services, sans la moindre possibilité de progressivité. Je vous propose un principe TVA-CICU (crédit d’impôt sur la consommation universel) qui permettrait à la fois de réguler la production/consommation et de rendre les impôts indirects progressifs, à condition que les prélèvements sociaux actuels injustes sans qu’on s’en aperçoive soient intégralement transférés sur la TVAS.

  23. La vieille question de savoir si les hommes aiment réellement la liberté est dépassée.
    Les hommes sont maintenant contraints d’aimer la liberté.
    A défaut de l’aimer pratiquement, ils devront y renoncer.

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