LA GRANDE BRETAGNE A L’ENCAN ?, par Emmanuel Quilgars

Billet invité

Quand on n’a plus d’argent pour payer ses dettes, on vent les bijoux de famille, n’est-ce pas ? Pourquoi alors l’Etat britannique ne ferait-il pas ce que les particuliers font d’eux-mêmes quand ils sont endettés ? C’est cette idée simple que, le lundi 7 mars, la chaîne publique Channel 4 a voulu expérimenter avec ses téléspectateurs, dans le cadre de l’émission Dispatches : « Selling off Britain » (littéralement : « vendre/liquider la Grande-Bretagne »).

Rappelons le contexte : au mois de février dernier, le gouvernement Cameron a été contraint de renoncer à son projet de vendre au moins la moitié des 258 000 hectares de forêts du pays. Un projet mal ficelé (il est apparu que l’opération ne serait pas rentable pour le Trésor, rien de garantissait l’accès du public aux forêts privatisées, etc.), une mobilisation citoyenne massive (une pétition de plus de 500 000 signatures, des manifestations ponctuelles) et une opinion largement hostile à la vente du domaine forestier (84 % selon un sondage) ont eu raison de cette « folie » (selon le mot d’Ed Miliband, le leader travailliste).

L’idée pourtant est dans l’air du temps – l’idée que, pour rétablir les comptes publics, le gouvernement pourrait vendre le patrimoine appartenant à l’Etat et aux collectivités locales. D’où le programme « Selling off Britain » de Channel 4 : puisque les actifs publics sont estimés à 337 milliards de livres (de Buckingham Palace à Stonehenge en passant par les usines d’uranium), pourquoi ne pas en céder une partie pour réduire la dette publique de 867 milliards ? Cela permettrait de réduire les intérêts de cette dette et, par là même, le déficit budgétaire (un peu comme « réduire le montant de son emprunt immobilier permet de réduire son découvert », comme le précisait avant l’émission le présentateur Krishnan Guru-Murthy sur son blog). De nouvelles dépenses, plus propices à la croissance, pourraient alors être engagées…

L’émission se voulait à la fois ludique, pédagogique et démocratique. Le dispositif était le suivant : les personnes présentes sur le plateau étaient invitées à se prononcer successivement sur la vente de quatre lots de biens publics ; après un petit reportage sur le lot en question, un bref débat avait lieu entre partisans et adversaires de l’opération, puis on passait au vote. Le premier lot regroupait les biens immobiliers de l’Etat (à titre d’exemple : des logements de fonction pour juges et le palais Saint James de Londres) ; le deuxième, les autoroutes du pays ; le troisième, les biens sans affectation des municipalités (exemple : Birmingham) ; le quatrième, les « forces armées ». Chaque lot était évalué financièrement (en centaines de millions ou en dizaines de milliards de livres), ce qui devait correspondre à une réduction d’autant de la dette publique.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat a été sans équivoque : à chaque fois, le plateau a voté contre les ventes, à une large majorité (de 58 % à 83 % selon les lots). Le présentateur a même eu l’air un peu étonné d’un rejet si net. Quand à la fin de l’émission est venu le moment des comptes, il a bien fallu se rendre à l’évidence : le Britannique ordinaire, dans sa grande sagesse, avait réduit la dette du pays de 0 £.

Quelle signification toutefois donner à ce résultat ? D’une certain manière, il ne nous apprend rien, il est conforme à ce que l’on sait déjà et que confirme la plupart des enquêtes d’opinion : comme l’a montré l’affaire des forêts, le pays dans sa grande majorité est opposé à la privatisation des biens publics, tout comme il est opposé – sur un autre plan – à la privatisation des services publics tel le NHS (le service de santé). En revanche, l’émission elle-même nous en apprend beaucoup sur les mécanismes de la domination idéologique : aussi bien dans son concept que dans son déroulement, elle présente un exemple archétypique de la façon dans la pensée néolibérale imprègne la société britannique.

D’abord, l’émission invite le téléspectateur à se représenter le problème de la dette et du déficit sous un angle particulier – sous l’angle précisément de la solution qui lui est proposée : la vente des biens publics, la privatisation (éventuellement totale) du pays. A défaut d’être souhaitable, cette privatisation est donc envisagée d’emblée comme possible, en tout cas comme étant une mesure digne d’être examinée et discutée. Cet « effet de présupposition » permet ainsi de circonscrire le cadre théorique dans lequel le débat politique et économique doit avoir lieu. A contrario, on imagine mal Channel 4 organiser une émission où les personnes présentes sur le plateau devraient décider de nationaliser tel ou tel bien privé, d’augmenter tel ou tel impôt, ou de renoncer à rembourser tel ou tel créancier : ces cas de figure, par définition, sont exclus du dogme.

Par ailleurs, le téléspectateur – dont est rappelé sa qualité de « copropriétaire » des biens publics – est convié à entrer dans la peau des gouvernants. Cette mise en situation suggère que le patrimoine d’un Etat se gère comme celui d’un ménage, qu’une dette publique équivaut à un emprunt immobilier, et que le « bon sens » et quelques additions soustractions suffisent pour prendre les bonnes décisions. En fait, cette identification temporaire avec les agents du pouvoir est ce qui permet de construire à terme, si ce n’est une adhésion explicite, du moins une acceptation résignée à la politique gouvernementale. L’émission pousse le téléspectateur à subjectiviser une contrainte posée comme extérieure et irrésistible (la dette, le déficit) et un moyen spécifique d’y répondre (privatiser les biens publics) : même si, dans un premier temps, la solution proposée est rejetée, il est escompté que le Britannique moyen, qui aura partagé quelques instants les affres du décideur devant une situation sans issue, saura se montrer raisonnable quand finalement c’est cette solution-là qui sera retenue – plus raisonnable par exemple que le Grec qui, pareillement sommé de vendre ses aéroports, ses plages voire ses îles, descend dans la rue et proteste.

Pour que cette « fabrique du consentement » fonctionne au mieux, il faut bien sûr que soient évacués du champ de la réflexion les arguments susceptibles de remettre en cause la manière dont est posé le problème. A cet égard, nous n’avons pas été surpris de la relative pauvreté du débat qui a lieu au cours de l’émission. Les partisans de la vente des biens publics ont mis en avant l’impérieuse nécessité de réduire la dette colossale du pays, la mauvaise utilisation que faisait l’Etat des biens lui appartenant, la supériorité de la gestion privée sur la gestion publique, et les profits et revenus que pourraient générer les privatisations. En face, les opposants ont fait valoir des considérations politiques (le programme des Tories aux dernières élections ne prévoyait pas de telles ventes) ou moralo-sentimentales (les biens publics appartiennent à « la communauté », ils participent de l’identité du pays, etc.). L’opposant le plus énergique a été un économiste de Cambridge, Michael Kitson, qui a rappelé que le meilleur moyen de lutter contre le déficit public était de favoriser la croissance et l’emploi, qu’une gestion privée n’était pas en soi une garantie d’efficacité (car soumise uniquement à l’exigence du profit) et que l’Etat pouvait administrer ses biens d’une façon tout à fait satisfaisante du point de vue économique.

Le plus étonnant, toutefois, c’est que jamais au cours de l’émission n’a pas été rappelé ce fait pourtant fondamental – à savoir que la forte augmentation de la dette publique et du déficit budgétaire était lié directement au sauvetage des banques en 2008 et ne relevait pas d’un défaut inhérent au fonctionnement de l’Etat (à supposer d’ailleurs que la dette et le déficit soient toujours un défaut). Par ailleurs, aucun intervenant n’a soulevé l’une des questions suivantes : qui allait acheter les biens publics, avec quel argent, en empruntant auprès de qui, etc. ? Un contradicteur habile et rigoureux aurait facilement pu démontrer que les bénéficiaires de ces privatisations, si elles avaient lieu, seraient en dernier ressort ceux-là même qui étaient responsable de l’explosion de la dette et du déficit. Mais il aurait fallu alors énoncer quelques vérités désagréables sur la nature de la dette publique, sur l’identité des créanciers, sur la circulation monétaire entre la Banque centrale, les banques privées et les riches particuliers, sur le rôle du pouvoir d’Etat dans l’organisation de ces flux, etc. – et tout cela aurait fatalement déboucher sur la dénonciation du fonctionnement oligarchique de la société anglaise. Est-ce vraiment ce que souhaitaient les concepteurs de « Selling off Britain » ?

Une émission de ce type, grand public et superficielle, laisse donc forcément perplexe. Elle témoigne surtout du carcan idéologique dans lequel est enfermée la Grande-Bretagne. Un plateau TV censé représenter l’opinion majoritaire se déclare certes contre la privatisation rampante du pays, mais à l’intérieur d’un dispositif médiatique biaisé, au terme d’un débat convenu, et sans que des arguments décisifs contre cette privatisation aient été invoqués. Sans doute le public n’a-t-il pas besoin d’un long discours pour être hostile à ces ventes : il sait d’instinct que, d’une manière ou d’une autre, elles ne lui profiteront pas et permettront avant tout à une poignée de promoteurs et de financiers de s’enrichir à ses dépends. Mais le sentiment et l’instinct populaires gagnent toujours à s’appuyer sur une solide démonstration – cela permet de couper court en particulier à l’argument selon lequel « le peuple ne pense pas ». On remarquera du reste que les partisans de la grande braderie du pays sont restés étrangement impassibles sur le plateau : ils savent bien que, au fond, l’opinion majoritaire – qu’il faut bien laisser s’exprimer, démocratie oblige – pèsera peu face à l’implacable logique du marché. Finalement, tout se passe comme si ni l’un ni l’autre des deux camps n’avait explicité sa pensée. Les formes du débat démocratique ont été préservées, mais celui-ci a été vidé de sa substance : les choses essentielles n’ont pas été dites, les vérités dérangeantes ont été refoulées.

Une escarmouche en fin d’émission a permis pourtant de lever un coin du voile. Invitée à commenter le vote du public, Edwina Currie, une députée Tory, a objecté que le plateau n’était pas « représentatif ». Piqué au vif, le présentateur a rappelé la mobilisation contre la vente des forêts et a trouvé curieuse cette tendance des conservateurs à toujours méconnaître les sentiments du public (“misjudge the public mood”). La députée a alors opéré une retraite tactique en faisant un bref plaidoyer, non plus cette fois pour la vente pure et simple des biens de l’Etat, mais pour leur location à long terme. Il est peu dire que cet échange est emblématique du dialogue à trois temps qui, depuis pas mal de temps déjà, structure la relation entre « gouvernants » et « gouvernés » : 1. Le pouvoir en place invoque sa légitimité électorale pour imposer ses choix économiques. 2. Le « pays réel » manifeste son opposition aux mesures prises, via les sondages, les médias, les pétitions, les manifestations, etc. 3. Le pouvoir concède un faux compromis, qui permet de réaliser tout de suite une partie du programme en reportant à plus tard l’exécution du reste.

Nous avons là toutes les données pour comprendre l’impasse politique que connaît l’Angleterre : la gouvernance néolibérale du pays en est réduite à construire des « représentativités » ad hoc pour justifier une politique économique qu’une majorité de la population réprouve ; les médias dominants donnent un large écho à la colère publique – selon les canons du pluralisme démocratique dont ils prétendent être les garants – mais, dans le même temps, ils s’avèrent incapables de diffuser et d’articuler une critique radicale et cohérente du système ; le citoyen rumine sa frustration, et tire de son impuissance la conclusion que les élections sont une farce n’aboutissant qu’à une concentration accrue du pouvoir et des richesses. Nous sommes au point de rupture du légal et du légitime, mais sans discours alternatif audible. Bref, si le capitalisme anglo-saxon est à l’agonie, la démocratie britannique est également bien malade.

Partager :

77 réflexions sur « LA GRANDE BRETAGNE A L’ENCAN ?, par Emmanuel Quilgars »

    1. Bonsoir écodouble,
      êtes-vous sûr que Roland Barthes, par exemple, aurait dit ou pensé la même chose ?
      mqr

      1. @ moins que rien

        Je ne suis pas érudit et il m’est donc impossible de répondre à votre question.
        Mais je précise ce que j’ai voulu dire en m’inspirant de Jorion : La réalité ne sort pas de la télé-vérité.

      2. Bonjour écodouble,
        pour préciser le sens de ma question, où je ne souhaitais pas d’étalage d’érudition, ni forcément de réponse (!) :
        de quelle « vérité » peut-il s’agir? On peut examiner le fonctionnement de ce genre d’émission, les buts avoués, ceux qui ne le sont pas, etc, pour en tirer une ou des »vérité(s) »…
        À titre d’exemples :

        Peter Gabriel, The Barry William show

        Le passage du film « Volver » d’Almodovar où Agustina passe sur un plateau de télé réalité, mais pour ça je n’ai pas trouvé de lien, désolé.
        Cordialement.
        mqr

  1. Il nous faut toujours rester humble et impartial, surtout dans la crise actuelle, il suffit de voir le tsunami du Japon pour se rendre compte combien nous sommes tous petits face à la force des évènements.

    Vous oubliez un point essentiel, désormais les anglais ont pris conscience de l’énormité des déficits et de la dette de leur état, ils ont pu désormais mettre une image sur cet amoncellement de milliards…en se rendant compte combien tout ce qu’ils possèdent ne représente pas bcp par rapport à ce qui est dû…

    J’aimerais quant à moi que les français prennent conscience de l’énormité de la crise, sans doute à travers ce type d’émission, le commun des mortels français pourra se rendre compte combien le moment est difficile …

    Je crois que dans la situation actuelle il faut réellement faire attention à ce que l’on dit, merci au demeurant de me raconter ce que je n’ai pas vu et que j’aurai eu du mal à traduire dans ma langue maternelle qui est le français

    1. Ce qui est du à qui, Bourdon ?

      Prendre conscience de l’énormité de la dette c’est bien, comprendre pourquoi elle a explosé et à qui cela a profité, c’est mieux non ?

    2. Ce qu’il faut bien voir, dans ce type d’émission, c’est le dispositif qui permet de poser les problèmes d’une certaine manière (et pas d’une autre).
      Quant à l’énormité de la dette, rappelons quand même que, avant la crise, l’endettement privé du Royaume-Uni – colossal – était connu de tous et ne dérangeait pas grand-monde : a-t-on vu alors une émission de TV proposer à ses téléspectateurs une recette miracle pour la résorber ? Non, je ne crois pas, car ça aurait été beaucoup plus difficile à emballer dans les canons de la pensée dominante et de sa critique de l’Etat.

      1. Comment imaginer que ce grand peuple puisse se refléter dans une telle émission ? Avec leurs qualités et leurs défauts, les héritiers de Shakespeare, Gainsborough ou Haendel , ne peuvent pas étre ceux d’une nation courageuse qui contre vents et marées sut tenir téte seule aux hordes Nazis.
        On ne peut que méttre en cause la perversion médiatique de la télé-réalité, qui on le sait bien , va susciter le pire, de nigauds bien choisis, trop heureux de passer à la « télé ». Mis le « pire » est bien le fait de coquins sans scrupules, qui poussent au crime au nom d’un audimat pervers.

        Je suppose que l’anthropologie aurait moultes analyses à faire sur les Médias, nous venons d’y assister avec le battage consacré aux sondages politiques de notre coté du channel, chez les froggies !

      2. À Bernard Laguet :

        Comment imaginer que ce grand peuple

        Justement, ce « grand peuple » ne serait-il pas une division du « peuple » (insuffisamment…) mondialisé sur lequel, pour certains, il s’agit de régner. Sommes nous aussi sensibles aux peuples grec, ghanéen, etc, qu’à celui auquel nous « appartenons » ?
        Continuer dans nos discours à entretenir ou passer sous silence cette absence de mondialisation populaire ne serait-il pas contraire aux objectifs, partiellement non-dits mais au moins sous-jacents, des réflexions de ce blog ? Je n’ai pas l’impression de pinailler mais vous pourrez m’en faire le reproche si vous pensez que cette cohérence qui me semble nécessaire n’est que futilité.
        Amicalement.
        mqr

    3.  » il faut réellement faire attention à ce que l’on dit »
      Bon conseil.
      1)- La crise actuelle et un tremblement de terre n’ont rien de commun.
      Les forces de la nature ne me rendront pas timide au sujet d’un ensemble
      de faits où ces forces ne jouent aucun rôle.
      2)- Je vais réellement faire attention à ce que je dit:
      La crise est créée et entretenue par une finance décervelée.
      La City a une responsabilité écrasante dans la situation des finances
      britanniques. Leur sauvetage les a compromises.
      Il est inconvenant que les banques réclament un apurement par les
      finances publiques, sans leur participation.
      Le contribuable est ainsi invité à payer deux fois, pour des errements
      dont il n’est pas responsable. ( « deux fois » est une figure de style:
      en fin de remboursement des prêts -si ce système ne s’effondre pas avant-
      le principal aura été remboursé plusieurs fois.)
      Cette logique financière aide à comprendre le retour des super-bonus
      en vogue à la City , avec de l’argent publique.

      Tout bien réfléchi, les faits étant soigneusement pondérés,
      je formule l’opinion que ce système de prédation n’est pas viable.
      Et j’attends d’être démenti ou contredit par des faits.

      Si quelqu’un doit se sentir humble devant la puissance de la nature
      et sa majesté éternelle, c’est bien le misérable banquier
      dont la compulsion accumulatrice ne lui servira de rien au moment
      de sa mort. C’est un jugement . Je m’éloigne des faits,
      mais vu l’ universalité du disfonctionnement , et sa persistance
      ramenant toujours aux mêmes, on admettra que la responsabilité
      du tout attaché à la finance vaut culpabilité.
      Et c’est bien réfléchi. Il faut dire que la Grande-Bretagne
      est un cas d’école chimiquement pure.

      1. Curieux ces commentaires toujours négatifs, j’apporte un autre jugement sur cette émission que celui de l’auteur de cet article et comme réactions, rien qui a trait à mon raisonnement…

        A quoi peut servir de dire à qui profite cette dette, elle est là et que faisons nous maintenant …

        Savoir si l’énormité de la dette était connue de tous avant cette crise, rien à voir avec le sujet également, juste que je ferai remarquer que même les financiers n’avaient pas bien assimilé cette donnée puisque la crise obligataire est récente… en d’autres termes mis à part qqes personnes, la très grande majorité des humains voyaient ces chiffres monstrueux mais n’en tiraient pas de conclusion particulière… un peu comme le réchauffement de la planète au demeurant … on sait que cela va faire mal mais qui réellement fait attention !!!

        Quant au 3ème commentaire, il est dans la même catégorie, mélangeant un peu tout…

        J’ai juste voulu dire que le fait présent et l’équation à résoudre est que fait-on maintenant ….

        Le mérite de cette émission si elle en a un est d’avoir montré aux anglais et visuellement que le montant dû était tellement grand que même vendre les joyaux de la famille anglaise ne résoudrait pas le problème ….

        A l’évocation de ma conclusion on peut alors se poser les questions suivantes :

        – croire que l’on peut rembourser est absurde, ce faisant les décisions de Cameron de supprimer 500.000 emplois administratif est une hérésie qui ne fera que mettre les anglais dans une situation encore plus noire …
        – Comment en est-on arrivé à une situation si gravissime, comment les banquiers ont-ils pu prêter autant d’argent, pourquoi Tony n’a pas sonné le Tocsin plus tôt…

        Quant à mon parallèle avec le Japon, c’était juste pour nous rappeler que même si nous nous sentons tous très, mais alors très intelligents, nous sommes bien seul face à l’énormité du monde, de ses difficultés, juste ramener notre égo à ce qu’il est par rapport au monde, nous sommes tous des toutes petites gouttes d’eau, sans doute serait-il bon de dire cela à celui qui nous gouverne et qui n’a pas encore compris qu’il n’était tout compte fait qu’un des 7 milliards d’individus de notre planète même s’il gouverne la France et a une bien jolie épouse….

        Bon WE

  2. « Le pouvoir concède un faux compromis, qui permet de réaliser tout de suite une partie du programme en reportant à plus tard l’exécution du reste. » : évidemment mais c’est bien sûr ! Toutes les résistances ouvrières contre les procédés capitalistes (délocalisations, licenciements,…) ont révélé le même phénomène. Le pouvoir a le temps pour lui, car c’est une force « positive » qui progresse toujours dans le même sens. En face, il rencontre des résistances, mais aucune ne peut durer, et quand bien même elles persistent, elles ne peuvent que s’effriter. Ca se passe comme avec la mer qui monte.

    C’est pourquoi il faut en appeler à une stratégie : toujours penser à l’après. (Cet après qui était, jusqu’aux années 70, défini en termes de progrès technique et social.) Lire aussi Gene Sharp que m’a fait découvrir Michel MARTIN. Il parle de renverser les dictatures de manière non violente, (la violence étant contre-productive), mais à partir d’une stratégie.

    1. Bonsoir rutilant (et oui, c’est une sorte, ou plutôt qualité de rouge) animal.

      Ca se passe comme avec la mer qui monte.

      Désolé de revenir sur le sujet, mais je me cite :
      11 mars 2011 à 12:50

      À Yvan :

      tu y es FORCé.

      Sous linux, les majuscules accentuées de é, è, à, ù et celle du ç s’obtiennent en tapant ces lettres avec les majuscules bloquées, mais je sais pas sous mac et ça ne marche pas sous windows.
      Il va donc falloir changer pour le libre si tu n’y es pas déjà…
      Cordialement.

      Donc pour en revenir à nos agneaux, déjà (en majuscules DÉJÀ) que je comprends pas tout sur le plan éco, que le glossaire gagnerait à davantage de pédagogie, traductions et autres, que les commentaires devraient renvoyer à des liens quand ils utilisent des abréviations inusitées des non-économistes, voire (et oui, y’a un « e ») toutes les abréviations, quelles qu’elles soient, décryptées au moment de leur premier emploi. Ça permettrait peut-être d’élargir l’audience du blog… Une ortho grave correcte (!!!) rendrait parfois mieux compréhensible le discours (évidemment c’est pas le problème de cette majuscule, mais je trouve le blog moins présentable comme Ça…)
      Je termine quand même : pour toucher les imbéciles comme moi, faudrait tenter de vous mettre à leur niveau… Tant pis si, entre autres, vous devez chercher dans les caractères « spéciaux » parce qu’inemployés chez les voisins angloscripturants, pour cause d’OS (operating system, ou système d’exploitation, par exemple windows) non libre.
      Avec toute mon estime.
      mqr

      1. ça ne marche pas sous windows.

        Il existe un petit pilote(*) tout simple, qui permet d’accentuer les majuscules directement, par la touche Alt Gr. Ce qui bien évidemment n’excuse en rien le fait d’utiliser un OS propriétaire……

        Je ne sais malheureusement plus où je l’ai trouvé, et peine à le faire « sortir » dans les résultats des moteurs de recherche. Je vous le propose donc à cet endroit, hébergé par mes soins, mais ne m’en attribue pas la paternité.

        Évidemment, si le véritable auteur reconnait son travail, qu’il veuille bien, d’abord, m’excuser, puis éventuellement, nous faire connaître son lien de téléchargement.

        Voilà, vous n’avez plus d’excuse pour ne pas accentuer vos majuscules !

        lElOl

        (*) valide sur toutes versions de Windows.

      2. Pour ceux qui disposent d’un clavier français (AZERTY), je déconseille l’utilisation du pilote « amélioré » proposé par lElOl, car il transforme le clavier en QWERTY, ce qui est fort désagréable, surtout lorsque son mot de passe WINDOWS comporte l’un des caractères déplacés, et que WINDOWS refuse de s’ouvrir… Je viens de me faire avoir, et j’ai quelque peu ramé avant de pouvoir redémarrer mon portable. Alors, prudence.

      3. C’est une grande première ! Je l’ai installé sur peut-être 50 à 100 machines, en expérimentant jamais ce désagrément… Mais effectivement, dans le doute…. utilisez plutôt les codes ASCII.

      4. Bonjour,

        Pour accentuer les majuscules (besoin élémentaire dans une langue accentuée), il suffit de connaître quelques codes : 144 pour le É, 0192 pour le À, 0199 pour le Ç, 201 pour le É, et c’est presque tout au quotidien.

        Voyez :

        Amicalement.

        Étienne.

      5. À Étienne,
        comme on voit , tout est simple avec windows (*), mais je dois reconnaitre que, malgré mon utilisation d’Ubuntu, c’est pas facile d’écrire en espagnol ou en occitan, les accentuations des i, o, les n tilde par exemple me restent difficiles d’accès, je triche avec un répertoire perso et je copie-colle les éléments qui me manquent sur le clavier… Comme quoi, « well, nobody’s perfect ».

        * : fenêtres.
        claviéristiquement vôtre.
        mqr

  3. Ce que vous décrivez à propos de cette émission et de son contenu idéologique sous-jacent vous pourriez l’écrire à propos de toutes les classes dominantes politiques, économiques et leurs relais médiatiques dans tous les pays de l’UE. Après cela on constate le divorce entre les peuples et leurs élites, et ils s’étonnent de la montée en puissance des « populistes ». Les hypocrites !

    1. cording,

      Vous écrivez très bien pourquoi l’accusation de « populisme » contre quelqu’un me rend cette personne intéressante.

  4. Fort heureusement pour nous, les propriétaires actuels de la France ne songent pas à vendre quoi que ce soit appartenant au domaine pubic.
    Je respire et goûte le plaisir de vivre dans le pays des droits de l’homme.
    Je considère même dangereux d’évoquer de telles atteintes à l’intégrité des biens publics.
    Et si cela donnait des idées à nos gentils gouvernants ?

      1. Le CIP est à la recherche de locaux. L´hôtel de la Marine situé Place de la Révolution ferait un bon emplacement… À titre gratuit évidemment.

    1. Je souhaiterais m’assurer que vous vous exprimez au second degré car la braderie (des biens immobiliers de l’État et des collectivités locales) ainsi que la surexploitation des forêts domaniales sont déjà enclenchées.

      1. C’est bien du second degré, ou plus si cela existe.

        C’est une tentative d’ironie, de cette ironie qui manque cruellement dans notre monde et qui n’est bien souvent pas comprise.

    2. Mais N.S. n’avait-il pas proposer il y a quelques temps (en début de mandat) de vendre la réserve d’or?…L’a-t-il fait?
      NE M’EN VEUILLEZ PAS, MAIS SOUVENT JE ME DEMANDE : POURQUOI LES CITOYENS ACCEPTENT-ILS ENCORE D’ALLER TRAVAILLER.
      Une vraie révolution : ne plus allez bosser, terminé nada, dodo.

    3. Mais si, mais si ! Ils vendent le sous sol pour les gaz de schistes… C’est bloqué pour le moment, le temps d’une étude soit disant. Le Pouvoir en place concède un compromis, comme l’écrit Emmanuel, mais ce qui peut changer c’est que la résistance populaire est très résistante sur ce coup là.

    4. Bonsoir Marlowe

      Vous avez oublié Compiègne!

      Ceci dit, pourquoi ne pas proposer la confiscation des biens de la famille royale première bénéficiaire en Europe de la PAC et détentrice d’un parc immobilier colossal et pendant que l’on y est aussi ceux d’autres familles qui se goinfrent sur le dos non seulement de l’Angleterre mais sur la planète entière. Qui sont les premiers actionnaires des banques qui ont mis ce pays à genoux?

      Comme d’habitude, les bonnes questions ne sont pas posées et les bonnes solutions ne sont pas envisagées. J’espère que cela donnera des idées au peuple anglais

    5. Il doit peut-être y penser ! Récemment, j’ai lu que le château de Versailles a été évalué entre 50 et 55 milliards d’euros. Quant à la Joconde à 500 millions d’euros.

  5. Cette mise en situation suggère que le patrimoine d’un Etat se gère comme celui d’un ménage, qu’une dette publique équivaut à un emprunt immobilier, et que le « bon sens » et quelques additions soustractions suffisent pour prendre les bonnes décisions.

    1 – Vous venez de reprendre l’exacte définition de la politique économique du Général de Gaulle. Shocking venant du coté opposé du Chanel !
    Sauf erreur de ma part, cette conception avait conduit à redresser une situation économique catastrophique quand il arrive au pouvoir en 1958. Le franc lourd du 1er janvier 1960, cela vous dirait-il encore quelque chose ?
    2 – La GB a t-elle subventionné ou nationalisé toutes les banques ou bien a t-elle donné la caution de l’Etat britannique ? Vous et moi-même, nous avons emprunté 80.000 francs pour renflouer le LCL, nationalisé suite au programme de la gauche, ainsi que quelques autres banques….Confondre ces 2 choses ne vous pose t-il problème ? La faculté d’oubli du français est formidable autant que salutaire.
    3 – Les français ont déjà donné l’exemple avec la vente des biens nationaux. Du temps de la révolution. Les bijoux de la couronne et les meubles de Versailles, pour ne citer que cela, ont été vendus notamment à des aristocrates anglais…..On a vu le résultat excellent de cette initiative révolutionnaire: au seul profit de quelques uns. Les britanniques ont une culture économique de « boutiquiers » comme se plaisait à souligner Napoléon, et donc chacun réclamera sa part de la plus value, ce qui rend l’opération illusoire.
    4 – Il existe en Europe un marché en expansion à 2 chiffres depuis 20 ans, celui des cabinets d’expertise en évaluation immobilière. En tête des 8 principaux opérateurs on trouve des noms anglo-saxons….Devinez qui sont les plus gros et plus juteux clients de ces cabinets ? La Poste, le groupe EDF, la SNCF, l’état français, et aussi les grandes banques qui titrisent des biens immobiliers, etc…..
    Imaginons en Grande-Bretagne, avec des forêts telles que celle de Sherwood et autres pour servir de sous-jacent, le formidable business lucratif à faire avec une bonne ingénierie financière. Tous ces gens avisés qui voient se profiler la banqueroute des 2/3 au niveau occidental et japonais seront forcément intéressés ! La Russie, la Chine ou la Suisse qui n’ont pas mis le couteau sous la gorge de leurs citoyens par des politiques de lâcheté n’en sont pas à préparé l’opinion publique.
    Imaginons pour la France la vente de Versailles ou de l’opéra de Paris à des oligarques russes ou chinois qui ont déjà tout compris du vrai communisme et d’une bonne révolution populaire !

    1. Pour répondre à la question 2 : le Royaume-Uni a dû en octobre 2008 nationaliser une grande partie de ses banques (dont RBS à 87% et Lloyds à 41 %). Toutes ont profité des garanties de l’Etat.
      A l’époque, le plan de sauvetage était estimé à 500 milliards de livres : 50 milliards de prise de participation, 200 milliards de ligne de crédit, 250 milliards de garantie.
      http://www.guardian.co.uk/business/2008/oct/08/creditcrunch.banking

      Pour mémoire, la chute de RBS (Royal Bank of Scotland) a été la plus grande faillite de l’histoire du Royaume-Uni.
      http://www.lrb.co.uk/v31/n10/john-lanchester/its-finished.

    2. Pinay ! Jette ton masque, on t’a reconnu !

      Eh oh, le crédit lyonnais c’est 1945, non ? Et 100 Mrds de Francs (lourds, Pinay !) dispersés par le CDR, ça fait 4 000 F par foyer, grosso-merdo, pas 80 000… Dont une bonne partie dans les poches à Pinault, Arnault, Bolloré, Tapie récemment, effectivement.

      A part ça, fait beau à St Chamond ?

    3. @ ALBIN:

      Je vous soutiens sur votre premier point. Je comprends qu’il soit réducteur de comparer les finances d’un Etat aux finances d’un Ménage, mais l’un et l’autre partagent bel et bien des points communs! Points communs tels que la nécessité d’utiliser le « bon sens » et une « gestion rigoureuse ».

      Ceux qui prétendent que les Finances d’un Etat doivent se gérer complètement différemment des finances des ménages sont les mêmes qui ont creusé la Dette, encore encore et encore. Une telle attitude pour un ménage aurait été irresponsable: une telle attitude pour un Etat l’est aussi. Elle est même criminelle, quand elle permet à présent de pousser à vendre les biens de la Nation, à brader notre patrimoine, et à faire de nous les esclaves des sociétés privées…

      Beaucoup de gens se gargarisent d’idées comme « mais la Dette pour Investir, c’est crucial », et en pratique ne font qu’une énorme majorité de Dette de dépenses, futiles. Beaucoup oublient que dans le système actuel absurde, l’Etat paye de lourds intérêts à cause de sa Dette. Autant d’argent (équivalent à l’impôt sur le revenu dans sa totalité) qui resterait dans notre poche si on n’avait pas dépensé, dépensé et dépensé au nom de l’Etat. Un peu comme le particulier qui prend des crédits à la consommation, parcequ’il ne « veut » pas se serrer la ceinture quelques mois pour économiser l’argent (et au final ne pas payer des intérêts au banquier). Si vous ne pouvez pas vous permettre d’économiser l’argent, comment pourrez vous vous permettre de rembourser le prêt ET ses intérêts?

      Le problème est que la libre circulation des capitaux et la mondialisation néo-libérale ont lancé la course à l’endettement. Les Etats s’endettant le plus (USA en tête) furent ceux qui « en apparence » étaient le plus prospères, car « investissaient » le plus, faisaient le plus facilement croître des bulles spéculatives en leur sein (immobilière, …), et siphonnaient le plus de capitaux (capitaux étrangers, …).

      Bref, ne pas s’endetter « comme les autres » aurait abouti à notre perte. Mais cela aurait aussi abouti à se poser les bonnes questions: niveaux de taxations accrues des plus grandes fortunes et des entreprises les plus « profitables », travaux de rationalisation des dépenses de l’Etat (faire en sorte que l’appareil d’Etat soit aussi compétitif que le privé, retour sur investissement, efficacité,..).

  6. L’objectif qui est présenté au peuple comme LA Solution favorise toujours le moins d’état possible .

    On emprunte à ceux qui on fait en sorte que l’on oublie de leur faire payer leur juste part d’ impôts . Ce qui veut dire, qu’ au point où on en est , il faudrait remplacer le mot « citoyen » par le mot  » marionnette ».

    L’opinion publique ne marche plus qu’à la propagande .
    C’est ainsi que le « temps de cerveau disponible » a remplacé le bon sens .

    Mais pour raisonner juste, il faudrait disposer des bons mots, des bons chiffres, des bonnes définitions , et d’une impartialité qui voudrait que la solution NE soit PAS toujours la même , quelque-soit le problème .

    Prochaine étape : Révolte ou dictature .
    Ou , en d’autres termes , rejet du « système » ou suprématie d’une nouvelle aristocratie issue de grands lobbies financiers.

    L’avenir dira.

    1. Salut Beber,

      Prochaine étape : Révolte ou dictature .

      t’as juste oublié guerre dans ta vision de l’avenir, je te concède qu’on a pas forcément envie d’y penser. Mais quand même.
      Amicalement.
      mqr

      1. Erratum :
        qu’on n‘a pas envie d’y penser…
        Faut que je relise mieux mes envois avant de les poster, sinon je finis par prêcher contre ma paroisse…
        mqr

    2. Prochaine étape: Populisme et Protectionnisme, sous fond de tensions internationales?
      Imaginez des populistes disant aux peuples: vous n’avez pas à rembourser cette Dette ignoble, nous sommes un Etat puissant, nous n’avons pas à rembourser! Les Etrangers (autres pays) nous ont livré une concurrence déloyale avec leur taux de change, leurs manipulations financières. Ils nous ont volé! Ne leur remboursons pas un centime!

  7. que se passerait-il si le gouvernement britannique était renversé? élections anticipées? ce scénario est-il possible en france?

  8. Plutôt que d’imaginer vendre quelques bijoux de famille immobiliers, n’importe quel agent immobilier vous disant que le palais de Versailles est très mal chauffé et qu’en conséquence, il faudra rabaisser nos prétentions, pourquoi ne pas vendre directement les sujets de sa gracieuse Majesté: une nounou anglaise, allez, 50 000 livres, un footballeur 3 000 000 de livres, et ainsi de suite….

  9. Excellent article. C’est bien à une crise de la « démocratie représentative » que l’on assiste.
    Des alternatives existent. Ne plus penser le gouvernement comme représentant le peuple mais comme garant de sa liberté. Cette conception l’obligerait, représentatif du peuple ou pas, à par exemple empêcher une accumulation de richesses dangereuses pour les libertés ou à renégocier une dette publique qui met le peuple à la merci de créanciers douteux. Le gouvernement se devrait d’obéir à ces règles de précaution avant de chercher à représenter un peuple que de toutes façons il ne peut représenter par nature (sauf à revenir à une démocratie directe, avec tirage au sort des élus, etc).

    1. Bonjour Martine bxl,
      pas sûr que ce soient de mauvaises nouvelles, probablement davantage un épisode de la lutte, dont il est clair qu’elle n’est pas tout à fait terminée…
      Il nous reste encore un peu d’espoir et c’est peut-être pour cela que nous ne bougeons pas ou peu.
      Tant pis, je vais citer Aragon :
      […] L’homme crie où son fer le ronge […]
      Sommes nous suffisamment rongés ? Por donde salra el sol (*) plus beau que les anciens mensonges ?
      * : D’où sortira le soleil, Manu Chao.
      Amicalement.
      mqr

    2. Il me parait peu probable que ce coup de force reste sans suite, les ricains de base ont une conception de l’équité assez forte.
      Il reste aux employés de l’état à démissionner massivement pour montrer leur désaccord et laisser le gouverneur sans moyens.

  10. « Pourquoi alors l’Etat britannique ne ferait-il pas ce que les particuliers font d’eux-mêmes quand ils sont endettés ? « 

    Parce que l’État Britannique est l’émetteur en monopole de la livre sterling et qu’il est totalement absurde d’emprunter (ou de vendre des biens publics) dans une monnaie que vous émettez vous-même.

    « (à supposer d’ailleurs que la dette et le déficit soient toujours un défaut) »

    Vous avez raison, la dette et le déficit public n’ont aucune espèce d’importance.
    Sous couvert de « dette publique a rembourser », le bien public peut être privatisé et le système social démantelé.

    The Big Society aka BS

    Richard Koo: How the West is Repeating Japan’s Mistakes

  11. Content de vous voir rédiger un billet ici.

    Si l’on reprend pour la France 2 des exemples fournis lors de l’émission citée :

    – Mise en vente des biens immobiliers de l’Etat : des programmes d’envergure ont lieu depuis longtemps. On met en avant le produit de la vente, mais sans forcément indiquer que des locations de bureau sont bien sûr nécessaires pour loger le personnel qui y travaille. Le bilan final est donc mitigé. Les conditions de la vente ont suscité des interrogations (cf articles du canard enchaîné il y a quelques années).
    – privatisation des autoroutes : elle est récente (2007?), et curieusement, c’est surtout Bayrou qui avait tiré la sonnette d’alarme dans les médias.

    Ces ventes de patrimoines ont donc eu lieu en France sans trop d’éclairage. Par conséquent, je trouve que l’émission que vous citez a au moins cette vertu. Par ailleurs, même si le formatage paraît biaisé, le résultat montre que les téléspectateurs ont passé outre.

    Après tout, si une émission de ce type en France était organisée sur le thème suivant : voulez-vous une baisse du nombre de fonctionnaires? et que l’on donne l’exemple des collèges, commissariats, hopitaux , etc… et des conséquences induites, cela serait peut-être édifiant.
    – vente des biens

    1. Et ne pas oublier la grande braderie des entreprises publiques entamée avec les privatisations du Gvt Chirac de la première cohabitation (Balladur en grand ordonnateur), puis Balladur, directement ce coup ci, lors de la deuxième, puis Juppé, puis Jospin, puis Raffarin, puis De Villepin. Soit à peu près tous les cadors du CAC et du « capitalisme à la française » d’aujourd’hui pour une misère de quelques 100 Mrds d’euros… à tout casser.

      1. Sans compter que celui qui a le plus privatisé sous la 5e est votre ami Jospin et son non moins éminent compère DSK.
        Quant à la braderie du patrimoine, il suffit de lire La Tribune de l’art pour voir qu’elle a bien commencé…

      2. @Demain (hélas)

        Regardez bien mon bon. Je vois un écart entre les ouvertures de capital, privatisations partielles avec part majoritaire de l’État, et les privatisations totales, souvent qui plus est sous forme de ventes de gré à gré. Sans compter l’écart entre les privatisations purement idéologiques -sans contraintes comme celles de « Balladur/Chirac one » – et celles plus ou moins justifiées par la signature d’accords de libre-échange internationaux, OMC ou EU, comme avec celles uniquement motivées par un calcul budgétaire à court terme, désastreux à long terme. Mais ok, il faut prendre la loupe binoculaire pour saisir la hauteur des murs de séparation entre les divers gvts concernés par le phénomène.
        Pour ce qui est de la dispersion des reliques patrimoniales, alors là, pas de quartier ! For sale ! J’aurais autant de scrupules que de joyaux de la couronne de France au fond des bottes made in China ! J’aimerais pas crever avant d’avoir vu vendre à l’encan tout l’bazar ! By by le Louvre, Votre Dame, le Mont Saint Machin, le Panthéon, ses occupants à titre gracieux en prime ! pareil pour l’Académie ! pi la Comédie ! l’Opéra avec les rats, les nénuphars de Giverny, la Tour, de La Tour, la Croix de Lorraine, Delacroix, l’île de Beauté, le chat botté, la Martinique, Lamartine, tout, tout ! cadeau à l’humanité globalisée ! débarrassez nous, please, bitte, por favor, se faz favor, من فضلك, منفَضْلَك, 对不起, пожалуйста, पंसद हो तो, यदि इच्छा हो तो !
        Une condition impérative, juste une : vous faites place nette. Rien doit rester sur place. Nos rejetons s’bougeront l’fondement pour aller voir tout ça chez vous. C’est sûr. L’herbe est toujours plus belle dans le pré d’à coté. Nous diront merci, ces bienheureux…

    2. les autoroutes comme les centrales nucléaires ne sont pas délocalisables, c’est déjà ça… les limites physiques à la rapacité.

      pis parait qu’on va passer aux spirulines alors. suffit d’une amorce d’algue oléagineuses et d’un peu de co2 et nous v’là roulants et libres. enfin on peut toujours espérer, d’ici là ce sera sûrement la guerre vu que ça l’est déjà sauf pour angela ou alors y vont inventer des spirulines suicides… les ingé’ généticiens travaillent sûrement dessus, déjà.

      bon j’vais manger mes makis pour compenser mon deuxième arrêtage de fumer c’est mieux que de ruminer.

  12. J’ai de plus en plus le sentiment que dans tous les pays européens la tête s’est « détachée » du corps. Je dis bien sûr cela sur un plan symbolique, mais que cette tête prenne garde, les anglais ont été les premiers dans l’histoire européenne à décapiter de façon bien réelle un roi et d’ici que l’envie leur reprenne, avec cette fois les rois de la finance…

    1. J’ai un vague souvenir, lors du fâcheux épisode Thatchérien – qui n’a jamais cessé, mais bon – d’une émission british style « guignols », ou le personnage de Margaret T. se trouvait chez le coiffeur, et lui demandait une coupe …voyons…populaire – le coiffeur de lui dire : vous êtes sûre ? – oui, populaire –
      ah bon ! et, le coiffeur prend son « coupe-chou », son élan, et lui coupe la tête !
      A l’époque, c’était « osé » !

      1. En décembre dernier, lors de la dispersion de la grande manifestation contre la hausse des frais d’inscription à l’université, des étudiants ont attaqué la voiture où se trouvaient Charles et Camilla qui se rendaient au spectacle: tandis que certains balançaient des hamburgers et des milkshakes sur la limousine, d’autres criaient « Off with their heads » (par ailleurs délicieuse citation d’Alice au pays des merveilles: « Qu’on leur coupe la tête ! »).

        http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/theroyalfamily/8193138/Royal-car-attack-Charles-and-Camillas-terrifying-ordeal.html
        http://www.independent.co.uk/news/uk/crime/off-with-their-heads-shouted-the-crowd-as-charles-and-camilla-met-rage-in-regent-street-2157412.html

  13. Zone euro ou zone £ivre ,les problèmes et les solutions proposées sont identiques:c’est la mondialisation définie par la concurrence non faussée,en considérant que les arnaques de qualité ne faussent rien,la libre circulation des capitaux et la dictature du néolibéralisme qu’on doit combattre,message à faire parvenirà nos socialistes divers prêts à s’étriper pour le poste de candidat à la Présidence

  14. Et si on faisait pareil en France, proposez-vous ?

    Pourquoi pas, en effet. Il y a de bonnes affaires à réaliser pour les acheteurs.

    Démonstration en deux exemples.

    1) Je propose d’acheter la Joconde à son prix comptable, soit 75 €, oui, vous avez bien lu : soixante-quinze euros.

    Pourquoi 75, mais c’est très simple :
    – le roi François Ier a payé 48 000 livres en or à la famille de Léonard (qui venait de mourir) : valeur 48 000 livres ;
    – avec la Révolution, le franc a remplacé la livre : valeur 48 000 frans ;
    – au XXe siècle, nous sommes passé au nouveau franc : valeur 480 (nouveaux) francs ;
    – il y a quelques années, l’euro a remplacé le franc : valeur arrondie 75 euros.

    Mathématiquement imparable comme raisonnement comptable.

    Bien sûr, il y a eu un peu d’inflation, rétorqueront certains. Mais pourquoi s’arrêter à ces détails ?

    2) Autre hypothèse de calcul, à la manière des assureurs pour l’immobilier : un bien se déprécie de 5 % par an.

    Appliquons la formule au château de Versailles. Quelle est la valeur résiduelle après quelques siècles ?

    J’achète aussi !

    Intéressant, n’est-il pas ?

  15. Monsieur Quilgars,

    Je vous félicite pour votre observation attentive de cette émission.

    Vous avez observé que le cadre était fixé à l’avance et contenait une incitation à donner une réponse précise. Vous avez également observé une dichotomie entre la solution « proposée » et la réaction populaire. J’aime beaucoup la réaction de la députée du parti de Cameron. « Les gens présents ne sont pas représentatifs » Cette dame illustre le fonctionnement par modèle abstrait de ces personnes. C’est le modèle (analogue à un modèle mathématique) qui décide de ce qui est vrai ou faux, pas la réalité. Les gens sur le plateau ont réagi en humains. Ils ne sont pas entrés dans le modèle. Ils n’ont pas joué le jeu.

    Vous avez aussi noté l’escamotage remarquable de la responsabilité des financiers dans la catastrophe actuelle. Une vidéo d’une conférence de Kahneman Daniel Kahneman: The riddle of experience vs. memory | Video on TED.com me donne un début de réponse à cet escamotage réussi. Quand un évènement arrive, c’est la dernière péripétie qui décide de l’image qui va rester. Si vous répétez assez souvent une affirmation fausse, elle va devenir vraie grâce à cette condition. Cette observation change ma vision des think-tanks et explique leur puissance.

    La Grande-Bretagne à l’encan ?. La Grèce est très sérieusement poussée dans cette voie. Vous avez raison. C’est vraiment dans l’air du temps. Je doute que le but recherché est le remboursement des dettes. Ce sont des obligations souveraines. Elles sont garanties par tout un pays. Il y a les contribuables pour assurer le versement des intérêts. Ensuite, la mise à l’encan des biens publics bénéficiera (vous l’avez bien observé) aux détenteurs de ces obligations. Ils pourront non seulement bénéficier des contribuables pour assurer le service de la dette, mais en plus ils bénéficieront des biens publics pour les exploiter à leur guise. Ces biens publics pourront entre autre servir de garantir pour des emprunts à effet de levier. Ces emprunts pourront alors servir à prêter de nouvelles sommes d’argent au gouvernement.

    Ce dernier aura des emprunts supplémentaires à faire. Ses rentrées fiscales baisseront immanquablement à la suite de la rigueur. Il faudra continuer à payer le principal et les intérêts des obligations non payées. Je ne vois aucune raison à ce que les dettes souveraines diminuent avec les taux d’intérêts exigés actuellement par les marchés. Je pense donc que les gouvernements continueront à s’endetterde plus en plus lourdement sur les marchés.

    Si le taux des emprunts faits sur le marché est inférieur à ce que le gouvernement verse en intérêts, c’est une affaire juteuse. Vu l’évolution actuelle de ces taux et l’impossibilité de rembourser qui s’ensuit, cette condition devrait être vérifiée. L’interdit d’emprunter à la banque centrale assure la pérennité de cette opération. Le contribuable se retrouve occupé à enrichir ces gens très riches qui « placent » leur argent (je parie qu’ils nous convaincront que ce sont des placements « citoyens ») Le phénomène de concentration de l’argent devrait s’accélérer jusqu’au prochain crash financier. Après, le contribuable sera à nouveau sollicité pour payer les dégâts.

    Tout ceci n’est qu’un scénario. Mais je ne vois pas ce qui en bloquerai son évolution. Je peux me tromper. Cela me ferait plaisir.

    Toutefois, je garde trois choses de votre billet. Le parti Tory fonctionne sur un modèle rationnel et simplificateur de la réalité. C’est le modèle qui décide de ce qui est réel. La population n’est pas d’accord. C’est le modèle qui va s’imposer.

    Vous avez bien noté que ces gens s’inclinent devant une opposition farouche. Mais ils ne s’inclinent qu’en partie et sous la contrainte. Par contre, ils ne cachent jamais leur volonté très claire d’applique la partie inachevée de leur programme. Selon mes souvenirs, les Irlandais ont voté trois fois par référendum pour accepter la constitution européenne. La troisième fois, il leur a été promis des emplois et une sortie de crise s’ils acceptaient cette constitution. Je n’arrive pas à m’adapter à ça.

    1. La vérité n’a rien a voir avec le sens et ses liens si ce n’est le sens unique, du haut en bas.

      1. Monsieur (?),
        Vous vous surnommez « égalité et désintégration ». Votre phrase est sibylline. Je me rabats donc sur l’interprétation avec tous les risques que cela comporte.

        Je suis d’accord avec vous que le sens d’une affirmation implique des liens. C’est automatique. Si la vérité n’a rien à voir avec le sens, alors la vérité ne peut concerner que des affirmations du type rencontré dans la mécanique newtonienne ou l’astronomie. Elle ne peut donc pas concerner les humains.

        Le mot sens signifie pour moi que je comprends l’affirmation. E=mc^2 a un sens car je peux identifier chaque lettre et signe à quelque chose. Je peux aussi saisir qu’E = mc^2 relie l’énergie et la matière. Je n’ai pas fait le tour de la question et ai pourtant donné un sens à E = mc^2.

        Le mot sens signifie aussi pour moi que dans le cadre d’un modèle mathématique (la relativité d’Einstein en est un exemple), l’affirmation m(v) = m0/(1-(v/cI^2) a un sens. Si je comprends le modèle mathématique, je sais ce que cette expression signifie.

        Le mot sens signifie également que si j’accepte des affirmations du genre « Les marchés savent se réguler eux-mêmes. Les marchés sont toujours plus efficaces que les états ». Alors toute élimination d’un règlement d’état et/ou la vente d’un objet public à un privé, quel qu’il soit, est une bonne chose. Ce « bien » est basé sur les deux affirmations entre guillemets. Nous avons alors un sens au progrès et à l’amélioration de la situation. Toute privatisation et toute dérégulation est une bonne chose. La définition du « bien » se fait dans le cadre du modèle. Cette définition a un sens dans le modèle.

        Dans ce dernier cas, si les affirmations entre guillemets sont fausses, des problèmes graves sont inéluctables. Si elles sont vraies, la situation s’améliore. La vérité, dans ce dernier cas, a tout à voir avec le sens et ses liens.

        Dans les autres cas, comprendre une affirmation me permet d’estimer si elle est vraie ou si elle est cohérente avec d’autres affirmations que j’estimerais vraies. Dans ce second cas, je peux espérer que si les affirmations de base du modèle sont bonnes, ces affirmations sont vraies. Dans tous les cas que je peux imaginer, la vérité a beaucoup à voir avec le sens et ses liens.

    2. J’aimerais encore ajouter que dans le cadre de l’émission. Il n’est que possible de refuser la solution proposée sans pouvoir fournir d’alternatives. Cela met les opposants dans une position incroyablement faible. Ils se retrouvent dans le rôle des « passéistes arc-boutés sur des privilèges anciens ». C’est une condamnation morale et une mise sous pression de tous ceux qui pensent que cela ne se fait pas.

  16. Combien ont coûté les baisses d’impôts pour les plus riches au Royaume-uni et aux autres pays européens? Et les paradis fiscaux combien nous coûtent-ils? Vivement une emmission de Channel 4 sur le sujet!

    1. Jeanbaba,

      Votre question est parfaitement légitime et n’est pas dans l’air du temps. Les baisses d’impôts pour les plus riches sont supposées se rembourser elles-mêmes avec un bénéfice. Si vous en doutez vous être proche du blasphème contre la religion dominante, nommée aussi économie.

Les commentaires sont fermés.