L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011

À l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

Partons du titre de votre dernier ouvrage : « Le capitalisme à l’agonie ». Vous soutenez que le capitalisme connaît son « essoufflement final »… Or, on a plutôt l’impression que ce système est reparti de plus belle, en faisant payer sa crise au monde du travail. Il suffit de regarder les profits du Cac 40, qui ont augmenté de 85 % en 2010 par rapport à 2009…

Paul Jorion : Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé. Moi, j’appelle cela « vider la caisse avant fermeture définitive ». L’idée que le capitalisme repart, c’est ce que nous martèle le journal télévisé de 20h. Or, il faut regarder au-delà des apparences. Pour avoir travaillé moi-même dans la finance durant une vingtaine d’années, je sais qu’en profondeur, la dégradation se poursuit. Le pillage s’accélère, parce que ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

Mais ce pillage dont vous parlez n’est-il pas le principe même du capitalisme ? Pensez-vous que ce système ait déjà visé l’intérêt général ?

Paul Jorion : Il y a eu tout de même une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses. Pendant un temps, le capitalisme productif était relativement séparé du capitalisme financier. Mais au cours des 25 dernières années, la finance a pris le dessus ; elle s’est peu à peu emparée des commandes à l’intérieur du système. Et aujourd’hui, la plupart des opérations financières sont des opérations spéculatives, sans rapport à l’économie réelle. Au point que le Président-Directeur Général de Goldman Sachs n’arrive même plus à faire la différence entre la partie purement prédatrice de la finance et la partie qui sert à quelque chose pour l’économie.

Dans votre livre, vous définissez le capitalisme comme un système de répartition du surplus (la richesse nouvellement créée), dans lequel les investisseurs, détenteurs du capital, sont hégémoniques. Du coup, vous en appelez à un nouveau partage, en faveur des salariés. Mais ne faut-il pas aller plus loin ? Après tout, la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ?

Paul Jorion : Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence, par ceux qui, comme le dit Rousseau se sont accaparés la terre et ce qu’elle porte ou contient en affirmant : « Ceci est à moi ! » et en mettant les autres au défi de le leur reprendre. Les choses qui ont été confisquées ainsi à la communauté toute entière peuvent avoir un prix de manière intrinsèque, le minerai que cette terre contient, par exemple. Ma définition du capitalisme, est différente de celle de Marx : pour moi, le capital, c’est une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire, soit pour la production des entreprises, soit pour la consommation des ménages, et le capitalisme, c’est un système qui se caractérise – et qui souffre – du fait de ce défaut, à savoir que les ressources manquent là où on en a besoin. Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré. Et cette situation est due au système de propriété privée qui a pris la forme qu’on lui connaît aujourd’hui au cours du Moyen-Age et de la Renaissance. Si la présence du capitaliste apparaît nécessaire, c’est parce que nous évoluons dans le cadre d’un certain régime de propriété, où le dirigeant d’entreprise qui peut apporter le travail n’a pas immédiatement accès aux ressources dont il a besoin pour financer la production, et donc l’emploi de salariés.

Êtes-vous alors favorable à des nationalisations dans certains secteurs clés de l’économie, à commencer par les banques ?

Paul Jorion : C’est une approche qui paraît logique, quand on fait abstraction du fait qu’une certaine aristocratie capitaliste a pris le pouvoir également à l’intérieur de l’appareil d’Etat, conformément aux préconisations des théoriciens néolibéraux tels von Hayek. Comme on l’a vu avec la crise, cette aristocratie n’hésite pas à puiser dans la caisse de l’Etat l’argent nécessaire pour renflouer le secteur bancaire quand celui-ci est en difficulté. Les fonctionnaires de haut rang sont devenus des agents interchangeables, susceptibles de passer du jour au lendemain de la tête d’un ministère à celle d’une banque. Nationaliser sans changer cette structure de pouvoir n’aurait donc aucune conséquence. Les sommes continueraient d’être allouées de la même façon.

Mais alors, que faut-il faire ? Comment s’y prendre pour bouleverser le rapport de force entre actionnaires, dirigeants d’entreprises et salariés ?

Paul Jorion : Il faut bien sûr commencer par augmenter les salaires, mais aussi changer le cadre de répartition du surplus. M. Trichet dit qu’il ne faut surtout pas augmenter les salaires. Pourquoi dit-il cela ? Parce que l’augmentation serait répercutée dans les prix à la consommation. En effet, dans le système actuel, si une entreprise augmente les salaires, elle répercute simplement ce coût supplémentaire dans le prix des marchandises. Il y a de fait un tabou : on n’envisage pas un seul instant de baisser la rémunération du capital et des dirigeants d’entreprise pour financer une hausse des salaires. A mon avis, il ne s’agit même pas là de mauvaise foi. Je crois que les banquiers, les financiers, tous les tenants du système considèrent vraiment comme intangibles les dividendes, les bonus et les niveaux de salaire des dirigeants d’entreprise. Pour tous ces gens, la rémunération du capital, la répartition des richesses, ne sont pas des objets possibles de négociation, mais les manifestations d’un ordre naturel.

Dans votre livre, vous évoquez la dissociation du revenu et du travail comme une piste de réflexion intéressante. Une telle idée n’est-elle pas contradictoire avec la nécessité de renforcer à court terme le poids des salariés, face aux capitalistes ? Cette dissociation ne risque-t-elle pas de se traduire par un renforcement de l’exploitation de ceux qui continuent de travailler ? Vous reconnaissez vous-même qu’une allocation universelle dissociée du travail suppose de dégager des sommes sur les richesses créées, donc sur la production…

Paul Jorion : Je ne dis pas qu’il faut une dissociation. Je dis que nous sommes parvenus à une situation où une certaine dissociation des revenus et du travail est devenue réalité, avec l’automation et l’informatisation d’un nombre croissant de tâches. La question, c’est de savoir si l’on en prend acte ou pas. Dans les années 50, on se disait que le salarié remplacé par un robot pourrait se reposer, profiter de son temps libre. On imaginait que la richesse créée par le robot bénéficierait au salarié remplacé. Or que s’est-il passé ? Quand le salarié est remplacé par une machine, on le licencie et il s’en va toucher le chômage. Est-ce qu’on lui donne une partie de la valeur produite par le robot ? Pas du tout. Alors où va l’argent ? Mise à part, une certaine baisse du prix de la marchandise produite, il est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise. Partant de là, ma thèse, c’est que si l’on reste dans une telle société, où les travailleurs tendent à être remplacés par des machines sans bénéficier de la productivité ainsi créée, il faut alors trouver une solution pour leur donner des revenus qui leur permettent de continuer à consommer. C’est dans ce cadre que se pose la question d’une allocation universelle. Mais ce n’est pas un modèle de société. C’est juste une analyse.

Vous affirmez dans votre ouvrage que le travail « se raréfie ». N’est-ce pas plutôt qu’il change de forme, d’une part sous l’effet de la révolution informationnelle, d’autre part sous l’effet d’un renforcement de l’exploitation qui atomise le salariat ? N’est-ce pas surtout le CDI qui se raréfie, plus que le travail en tant que tel ?

Paul Jorion : Actuellement, le système utilise les délocalisations, pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Mais on voit déjà la fin du processus. Délocaliser en Chine est moins rentable qu’il y a quelques années. Car la Chine, en accueillant les usines occidentales, a fini par créer un marché intérieur et augmenter les salaires. Alors bien sûr, les grands groupes se mettent à délocaliser au Vietnam ou en Indonésie. Mais il arrivera fatalement un jour où l’on aura épuisé les possibilités. D’ailleurs, on entend déjà parler de relocalisations, même si le phénomène est encore marginal. Je situe ma réflexion dans cet horizon. Concernant les tâches intellectuelles, elles sont également de plus en plus prises en charge par des logiciels. Bien sûr, il restera toujours ceux qui créent les robots, les logiciels, les chercheurs qui permettent à la médecine de progresser, etc. Mais l’ensemble de ces personnes ne représentera jamais plus de 1%o de la population.

Admettons votre thèse de la raréfaction du travail. Dans ce cas, la priorité n’est-elle pas, à court terme, de mener un combat pour le droit de chacun à changer de métier, à se qualifier davantage ? Le défi d’aujourd’hui n’est-il pas, finalement, un autre partage du travail, à partir de l’idée de travailler tous, moins, et mieux ? Ce qui suppose aussi de mener le débat sur les finalités de la production, du point de vue de ceux qui produisent les richesses et non du point de vue de ceux qui amassent les profits et inventent constamment de nouveaux besoins ?

Paul Jorion : Il faut exploser le système capitaliste lui-même, mettre un terme à l’hégémonie des détenteurs de capitaux sur les dirigeants d’entreprise et les salariés. Donc, il faut d’abord considérer que les salaires correspondent à la contribution essentielle dans la production de marchandises. Ensuite, il faut interdire les stock-options, qui font dépendre la rémunération des dirigeants d’entreprise de paris sur les fluctuations de prix. Il faut également poser la question du rôle des cadres. L’essentiel de leur travail est un travail de supervision. Pourquoi cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes, dans la mesure où l’actuelle distribution du profit alimente chez eux le ressentiment. Eliminons la source du ressentiment, et il y aura alors moins de supervision nécessaire. Les dirigeants pourront se consacrer eux-mêmes à la part créative de leur travail. En ce sens, ils ont autant à gagner que les salariés à une disparition de la part de l’investisseur. Nous devons enfin nous interroger sur le profit des marchands. Est-il normal qu’ils aillent jusqu’à doubler les prix pour faire leur marge ? A mon avis, il y aura toujours besoin d’un marché. Mais la distribution des marchandises n’implique pas de laisser carte blanche aux marchands. Au-delà, une réflexion est à mener sur le pouvoir des objets. Nous saisissons bien ce qu’est la propriété privée du point de vue de celui qui possède un objet, mais sommes-nous bien conscients du fait que les objets, de plus en plus, nous possèdent ? On se sent bien vite démuni et même paniqué lorsqu’on perd son « Iphone » ou n’importe quel outil de communication installé dans notre quotidien… Le système qui remplacera le capitalisme devra également tenir compte de cet aspect des choses.

Dans votre livre, vous critiquez les tentatives historiques de sortie du capitalisme, ce qu’on a pu appeler le « socialisme réel ». Quelle est, alors, votre voie ?

Paul Jorion : Mon rôle n’est pas de produire de nouvelles utopies, mais simplement de favoriser la prise de conscience de la nécessité d’un nouveau système. Rien n’est possible si nous ne commençons pas par nous libérer de l’aliénation du journal télévisé de 20h, qui nous assène, par exemple, l’idée que nous sommes des « demandeurs d’emplois ». Moi, je veux contribuer à libérer les gens de cette conception. Apprenons à nous considérer nous-mêmes comme des « offreurs » d’emplois. Et à partir de là, exigeons de bénéficier des gains de productivité obtenus par les progrès technologiques, quand ceux-ci permettent de nous libérer des tâches pénibles. C’est dans cette prise de conscience que se trouve la clé d’un nouveau rapport de force, qui mettrait notamment à son ordre du jour l’interdiction pure et simple des opérations financières de spéculation qui n’ont pas toujours existé et dont on peut tracer l’avancée au cours du XIX siècle, là où la gauche se contente souvent d’imaginer de nouvelles taxes sur les transactions.

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280 réflexions sur « L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011 »

  1. Deux remarques sur votre analyse:
    je diverge sur deux points.
    1) Le capitalisme est engendré par la seule monnaie. En effet, toutes les ressources rares peuvent constituer un capital, mais seulement temporaire. Le fait qu’une ressource est rare réorganise l’organisation économique, mais tous ces obstacles sont toujours solubles, même le pétrole n’est pas vraiment indispensable!
    Seule la monnaie n’est pas remplaçable. Et sa raréfaction est intrinsèque du fait qu’elle est susceptible d’être thésaurisée. C’est pourquoi la monnaie actuelle est l’origine et la fin du régime capitaliste depuis toujours. En changeant l’émission monétaire par des signes monétaires marqués par le temps, le capitalisme tombe instantanément!
    2) Quant à la richesse: elle est le résultat exclusif du travail présent et passé. Dès que le travail diminue, nous allons nous appauvrir, car le temps qui dégrade tout fera son oeuvre.
    Le capital accumulé d’un coté est cependant toujours une dette de l’autre, somme : nulle.
    C’est pourquoi il ne s’agira, lors d’un investissement, jamais d’une « avance » d’un capital préalablement accumulé si l’on considère l’économie dans son ensemble, mais simplement d’une allocation des ressources présentes vers un objectif précis, en fait, d’un choix. C’est pourquoi, par exemple, le choix du nucléaire français alloue trop de ressources à cette énergie au détriment d’énergies alternatives.
    Si on garde à l’esprit qu’il n’y a jamais aucune épargne macroéconomique possible, beaucoup de choses deviennent beaucoup plus claires.
    Ainsi, les 3000 milliards de dollars de réserves de changes de la Chine ne sont jamais que le pendant de déficits ailleurs, aux USA notamment. idem pour les excédents commerciaux d’un pays qui ne sont possibles que parce qu’il y a des déficits ailleurs.

    Alors, si ceux qui réfléchissent à ces problèmes voulaient en convenir, ils saisiraient immédiatement que la rente du capital n’est jamais autre chose qu’un seigneuriage qui prélève des revenus sur le travail des autres. Et si on n’avait pas la monnaie thésaurisable telle qu’elle est, tout ce mystère de l’exploitation féroce du capitalisme disparaîtrait rapidement, et les salaires augmenteraient d’au moins 25% (la part revenu du capital dans le revenu national) pour tous les salariés. Et tout cela, évidemment, sans inflation!

    1. « dès que le travail diminue, nous allons nous appauvrir », la voilà la grosse erreur! et le travail « qui dégrade tout » me semble plus d’actualité à l’échelle planétaire. C’est comme la graisse, il y a la bonne graisse et la mauvaise graisse, comme les chasseurs aussi d’ailleurs,… Non, franchement, il y a de la marge, le travail peut diminuer et nous créerons de la richesse encore, ah oui, mais il y a la bonne richesse et la mauvaise richesse!

  2. Voici une anecdote révélatrice des arnaques capitalistes de haut vol pratiquées en haut lieu à la Fed avec l’argent public du contribuable américain :
    Cette escroquerie symptomatique révélée le 12 avril dernier par le magazine Rollingstone (traduction), illustre l’aggravation des griefs du peuple américain contre ses banquiers : au titre des bénéficiaires des aides de la Fed, on trouve les femmes de deux grandes figures de Wall Street qui ont créé un instrument sur mesure leur permettant de recevoir 220 millions USD de la Fed pour racheter des créances pourries… les bénéfices leur revenant et les pertes allant à la Fed !
    C’est hélas un exemple parmi beaucoup d’autres qui circulent actuellement sur le Net et qui ont brisé, désormais définitivement, le respect du peuple américain pour son institution monétaire de référence. Une situation explosive dans le contexte de la crise actuelle.
    Aux Etats-Unis, c’est aujourd’hui la vision diabolique qui s’est largement imposée dans l’opinion publique, à la différence de 2008 où, au contraire, les responsables de la Fed semblaient être les derniers recours. Ce changement psychologique n’est pas un détail et contribue fortement à limiter la marge de manoeuvre des dirigeants de la Fed. Et ce n’est pas la défaite judiciaire historique de la Banque centrale US, qui a été obligée de dévoiler les destinataires des centaines de milliards de Dollars d’aide distribuées après la crise de Wall Street de 2008, qui va améliorer cette situation, bien au contraire.

    Le capitalisme est certes à l’agonie… mais il a encore de « beaux restes »… c’est une idée fixe… qui a de plus en plus de sens !

    1. L’article de RollingStone magazine vient d’être traduit « humainement » en français (au 3/4) par Melvine:
      Les Vraies Ménagères de Wall Street
      Pourquoi la Réserve fédérale a détourné plus de 220 millions de dollars d’argent du renflouement pour les épouses de deux gros bonnets de Morgan Stanley ?

  3. Sur l’extraordinaire site http://liveweb.arte.tv/ où il y a plein de concerts de toutes sortes de musiques, à voir l’intégrale des symphonies de Bruckner par Baremboim avec la Staatskapelle de Berlin, et surtout sa fabuleuse Huitième (1892), la symphonie la plus colossale qu’on ait jamais écrite:

    http://liveweb.arte.tv/fr/video/Bruckner_Symphonie8/

    Pour les pressés (elle dure 80 ‘) à écouter le début (1′-3′), et les minutes 8′-10′ et 13′-15′ du premier mouvement. La fin du Scherzo et le début de l’Adagio – si plagié par Mahler – (30′-36′), et vers la fin (46′-52′). Et dans le 4e mouvement, le début (56′-58´) et à 66′, 69′ et surtout la fin extraordinaire de la symphonie, à partir de 75’ avec son gigantesque crescendo final vers les trois tutti qui la concluent.

      1. Oui, j’avais vu ça (qui a fait plus de bruit en Espagne qu’en France, d’ailleurs). Ça me rappelle la phrase de Dostoievski dans « L’idiot »: « La beauté sauvera le monde ».

  4. Qui parle souvent du capitalisme aux autres n’a pas réellement dépassé le capitalisme en soi.

  5. C’est fou comme je comprends mieux les maths et l’économie quand c’est vous qui l’expliquez M. Jorion. Bah, je ne dis pas que j’irai jusqu’à lire votre livre sur le sujet, mais grâce à vous, je quitterai cette planète moins idiote :-)))

    En tant qu’ex-artiste de naissance et sur le plan professionnel, mais néanmoins restée telle dans la tête, il est bien clair que ce sujet n’était pas mon point fort. Mais dès qu’il s’agit de le traduire sur le plan inter-activité humaine, vous êtes très efficace, et cela devient compréhensible au citoyen lambda comme moi, voire même évident.

    Vous me faites penser à des notes harmonieusement déployées sur une partition, tenant compte des silences, des respirations, du phrasé, de l’équilibre, de la sobriété.

    Alors merci pour cela. Je vous accorde un prix Nobel de la ronde.

  6. Capital, je comprend à peu près, mais capitalisme, je bloque. En fait, je n’ai toujours pas compris ce que c’était, le capitalisme. Je vous assure que ce n’est pas pour provoquer, mais sincère. Je ne parviens pas à me figurer le sens de ce mot, malgré une pseudo-définition donnée dans l’interview, ça ne fait pas sens pour moi. Mais il faut dire que j’ai un peu de mal aussi avec le mot système, système de quoi? Système politique, sociétal, social, oligarchique? J’ai beau avoir l’impression de comprendre les différents raisonnements et les pensées des commentateurs qui s’y réfèrent, je bloque. Comment alors me dire qu’il est à l’agonie ou qu’il va bien, d’autant que la définition semble différente entre celui qui dira qu’il se porte bien et celui qui le caractrise comme moribond. Je me demande donc surtout: faut-il vraiment s’arrêter sur ce mot, caractérise t’il vraiment notre civilisation, ne peut-on pas s’exprimer en passant à côté de ce mot, parler d’autre chose pour définir notre situation? Je l’espère un peu, sinon, j’aurai besoin d’aide.

  7. « La reprise mondiale gagne de la force mais reste vulnérable » dixit le Comité monétaire et financier international.
    Sur la nature de la force ( noeuds, joules, watts ?) les milieux autorisés restent discrets
    « Nous soulignons également l’importance de la création d’emplois pour la viabilité à moyen terme »[de la croissance économique]..
    Coluche, reviens !

  8. Il ne me semble pas que Paul Jorion ait encore réagi directement au rapport du Sénat américain accusant deux banques de dissimulation financière (ce qui donne d’autant plus de pertinence, je crois à la critique exposée dans mon blog).

    Je viens de soumettre un commentaire intitulé Démystifier George Ugeux dans son dernier billet, qui pourrait en intéresser certains:

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/04/15/le-president-de-goldman-sachs-fera-t-il-de-la-prison/#comment-9600

    Un peu plus loin, je l’interpelle sur ce profil :

    Monsieur Ugeux, voudriez vous réagir à mon message du 16 avril 2011 à 20:53, Démystifier Georges Ugeux?

    et poursuis par une question que j’aimerais aussi adresser à Paul Jorion. Je la recopie donc :

    On peut lire dans les commentaires du dégoût et du fatalisme vis à vis du problème évoqué. N’est-il pas de votre rôle, en moralisateur de la finance, de suggérer des solutions concrètes?

    Par exemple, l’application du code de bonne conduite des spécialistes en valeurs du trésor (SVT) ne permettrait-il pas de mettre un moratoire à la participation de GS et DB aux adjudications du trésor, en vue de leurs mauvais agissements rapportés par le sénat Américain? Et si ce n’est pas le cas, ne faudrait-il pas amender le code lui même?

    aft.gouv.fr/IMG/pdf/AFT_-_Code_de_Bonne_Conduite.pdf

    On se souvient peut-être que la menace par l’état Japonais de ne plus traiter avec GS il y a quelques années déjà, pour des faits indépendants, avait fait quelques remous. Rien n’est pire, en termes de réputation, que de perdre un client aussi massif et symbolique qu’un état.

    Encore faudrait-il que Madame Lagarde, aux allégeances mi-figues mi-raisin, en ce qui concerne la lutte contre les excès de la finance, ait seulement la volonté de mettre en place ces mesures.

    Mais la seule mise à la connaissance du publique de mesures concrètes et précises («execution is key, everything else is literature»), n’aurait-elle pas pour effet de changer, ne serait-ce qu’à la marge, le rapport de force? Les petits ruisseaux font les grandes rivières…

    Je signale que la liste des SVT est disponible ici : aft.gouv.fr/article_96.html?id_article=96&id_rubrique=83 et inclut GS et DB.
    Rédigé par : ºC – Critique de «Théorie» de la prédation | le 17 avril 2011 à 00:28

    1. « Il ne me semble pas que Paul Jorion ait encore réagi directement au rapport du Sénat américain accusant deux banques de dissimulation financière (ce qui donne d’autant plus de pertinence, je crois à la critique exposée dans mon blog). »

      Si : dans ma vidéo de vendredi.

      1. Je l’ai visionnée, merci.

        Il n’est paradoxal qu’en apparence, de votre part, que vous teniez les syndicalistes comme prisonniers de leur vision marxiste, alors que les chefs d’entreprise feraient preuve d’une plus grande sophistication.

        Je n’ai sans doute pas besoin de vous rappeler que je crois tenir une anomalie dans le 2è groupe… Je ne saurais même pas me risquer à lui accorder l’adjectif «malin». Tant il est vrai que je prêche dans le désert, néanmoins, il est possible que je sois désorienté…

        Quant à ma question (ci-dessus), sans doute ne mérite t-elle pas de réponse ou demande t-elle, au contraire, réflexion… Elle s’intègre pourtant dans le thème de l’action, brièvement abordée au début de la vidéo.

        En me relisant, je note un possible léger contresens : c’est bien la révélation de faits reprochés aux deux banques qui donne de la pertinence, ou du moins de l’actualité à mon dernier billet, et non l’absence supposée de réaction de votre part à la nouvelle (le rapport du sénat).

  9. Paul, je vais vous faire plaisir : le capitalisme, c’est un peu comme uin réacteur nucléaire : il s’agit de maintenir un équilibre instable.

    Un réacteur nucléaire est une « bombe atomique au ralenti » : on amorce un poil de réaction en chaîne, mais on l’empêche de s’emballer, en régulant le flux de neutrons. Trop de neutrons, ça part en surchauffe comme à Tchernobyl, pas assez ça s’arrête et ne produit pas d’énergie. Il faut rester sur la crête, sans tomber ni à droite, ni à gauche, en utilisant divers absorbeurs de neutrons réglables (barres de contrôle absorbantes surtout) et en profitant de particularités plus subtiles (neutrons retardés, coefficients de vide et de température de préférence négatifs …)

    La capitalisme est aussi un mécanisme très délicat. Quand tout est bien équilibré (en particulier les pouvoirs des 4 classes intervenantes), comme dans les 30 glorieuses, ça marche comme une horloge. Au moindre déséquilibre, ça s’emballe ou ça coince. Si ça commence à coincer et qu’on retire les barres de contrôle pour relancer la machine, on risque le gros pépin modèle Tchernobyl : l’excédent de monnaie va faire exploser tout le bazar, dont les débris vont retomber en pluie fine sur toute la planète (bien entendu, il n’y a pas d’enceinte de confinement).

    Vous et FL semblent penser que c’est dans le coin de l’euro que ça va péter d’abord ; d’autres (LEAP) pensent que la zone dollar va lâcher en premier. Le résultat final ne devrait pas être très différent.

    Il faut vraiment être profondément masochiste ou totalement inconscient pour vouloir être président en 2012 ! D’ailleurs, si la Grande cata s’enclenche avant, il se peut que tout le monde se défile et que Sarko reste en place par défaut… Et si ça arrive entre les deux tours, je ne vous dis pas la panique !

    Liberté, égalité, fraternité : l’occasion de mettre l’accent sur le 3ème pôle de notre devise nationale approche. L’ennuyeux est que les pays mettent en général dans leur devise ce qui leur fait le plus défaut : ils faut les lire comme des objectifs plutôt que des qualités intrinsèques (p.ex. les Anglais ont dû inventer le fair play pour compenser un formidable penchant naturel à la tricherie).

    C’est dire si on va être mal. L’industrie des antidépresseurs devrait survivre.

  10. 1%!!!
    Et dire que lorsque je décris le village de ma grand-mère, il y a une quarantaine d’année, où il y avait une dizaine de famille d’agriculteurs forts autant chacun d’une demi-douzaine d’enfants, j’explique à qui veux l’entendre (mal) que ces forçats de jadis sont aujourd’hui remplacés par un seul exploitant sur-endetté, tandis que ces forçats mettaient des pièces et des billets dans la soupière avec une sorte de fascination, alors que le sur-endetté d’aujourd’hui met des factures dans la soupière avec une sorte de dépit, si fait que les (mal)entendants rétorquent que les soixante-dix neuf disparus de la production agricole sont des bons ou des mauvais serviteurs du système, suivant une sorte de Darwinisme, pour l’attendue production et pour l’émancipation de la Papouasie, pour une valeur qui ici s’ajouterait!

    Si je fais le compte, car on adore cela, des quatre-vingt personnes concernées, leur ajoutant au hasard vingt personne intéressées à la Papouasie, donc pour ce qui concerne ces cent personnes, j’étais encore loin d’imaginer que seulement une personne pas sur-endettée, pas simplement gestionnaire ou seulement confite en œuvre de gestion et donc réellement utile à la sorte de commerce imaginable, pour celle-là, il faudrait encore se demander comment désigner en réalité cette personne!
    Ayant des amitiés du coté de la Papouasie, je pencherais pour le choix d’un gars ou d’une dame de là-bas!
    Cela nous fait en reste quatre-vingt dix neuf marrons…

    Non, non, non, cela ne va pas!
    Il faut considérer un bien plus vaste échantillonnage….
    Alors, sur une base de mille personnes, nous trouverons dix agriculteurs sur-endettés dont quelques-uns moins que d’autres, et puis deux cent papous pour le marché global et au moins un porteur de fraction de portefeuille pour rendre compte du commerce avec la Papouasie, et sept cent quatre-vingt dix bizarres qui se coltinerons le marché intérieur avec plus ou moins de bonheur.
    Poussant à cent-mille, sans doute trouvera-t-on un agriculteur non sur-endetté au moins qui fera exemplaire de statistique, une dizaine de commerçants rayonnant de bonheur sans que leur utilité soit encore prouvée sur le marché de la Papouasie, qui à l’aune de ce pourcentage commence à se réduire tandis qu’à la même aune ils feront plutôt à l’import qu’à l’export et alors contre-visiteront le marché intérieur….

    Non, tout cela ne va pas bien!
    Je me fourvoyais lorsque je disais que un pour quatre-vingt suffisaient.
    Si cet unique personnage sur quatre-vingt est sur-endetté, il va de soi qu’il ne vaut pas un agent économique ordinaire, en bonne et due forme.

    Admettons qu’il vaille la moitié.
    Alors, j’arrive par le calcul à un pour cent soixante.
    Tout calcul fait, cela nous donne la fraction représentative d’un acteur économique à 0,625 pour 100 d’homme, s’il faut considérer cent hommes.
    Bien sûr, cela ne va pas, il vaut mieux considérer mille hommes.
    Dans ce cas, au moins six sont absolument nécessaires à la pérennité de notre manière économique.
    Je suis donc beaucoup plus optimiste que mon hôte, pour ce qui est des rentabilités en humaines façons. Pour lui, il en faut dix!

    Mais je triche!
    Je fais croire qu’il suffirait de considérer uniquement les producteurs, oubliant toute sorte d’intermédiaires, parce qu’un vieux singe politique n’hésite pas à fourbir ce genre de présentation.

    Alors, quand je prétends que dix pour cent des personnes actives suffisent à soutenir la doctrine économique du capitalisme actuel, et que la question sourd de sources ataviques pour savoir s’il convient de passer les quatre-vingt dix autres par le fil de l’épée, l’importance de la question je la trouve ici justement renforcée, puisque de quatre-vingt dix inutiles, l’idée d’une possibilité avec quatre-vingt dix neuf autant inutiles advient, ce que je ne pouvais doctement imaginer.
    A un pour quatre-vingt dix neuf, l’effondrement de la fascination et de son reste n’est pas loin!

  11. M. Jorion vous dites que les délocalisations épuisent de plus en plus leurs possibilités et qu’elle devront un jour prendre fin ».
    Je n’en suis pas si sûr que vous.

    N’êtes vous êtes vous jamais dit que le capitalisme pourrait pratiquer la mise en jachère de certains pays ?

    En d’autres termes : Après que le stock d’emplois à bas coup sera épuisé en Asie, des pays autrefois riches, ayant des politiques sociales très élaborées, mais soumis longuement à l’assèchement par les délocalisations, redeviendront attractifs après avoir effectué les « réformes » attendues par les financiers (suppression du code du travail, de la protection sociale, des retraites, etc…) ?

    1. Je me suis fait le même raisonnement que vous. Si le capitalisme ne meurt pas effectivement dans les décennies qui viennent, la Chine en viendra à délocaliser aux US et en Europe…

  12. Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence

    Oui, jusqu’à ce que les hommes apprennent à régler leurs conflits autrement que par la force et qu’apparaisse le droit de propriété.

    Toute propriété procède d’une occupation et d’une violence. Faisons abstraction des éléments dus au travail inclus dans les biens, et considérons seulement en eux les éléments naturels, remontons en arrière pour rechercher le titre juridique d’un propriétaire régulier, nous arriverons forcément à un moment où la propriété est née du fait qu’on s’est approprié une partie d’un bien accessible à tous, à moins que nous ne rencontrions déjà auparavant une expropriation par la violence du précédent possesseur dont la propriété se laisse aussi ramener en dernière analyse à une expropriation ou un rapt. Tout droit ramène à une violence effective. Toute propriété fut à l’origine expropriation ou rapt. On peut fort bien concéder cela aux adversaires de la propriété qui parlent de considérations fondées sur le droit naturel. Du reste ces considérations n’apportent pas la moindre preuve touchant la nécessité, l’opportunité, et la justification morale de la suppression de la propriété.

    Mises, Le socialisme (1922)

    De tous temps, des adversaires de la propriété ont justifié son abolition sous prétexte qu’elle n’a pas toujours été respectée… Drôle d’argument !

    1. En 1945,Tandis que certains créaient un renouveau de la société (CNR) et s’efforçait de l’appaiser d’autre dans l’ombre , ceux qui avaient fait le bon choix confisquaient , allez du coté de l’histoire de la presse marseillaise , vous verrez qu’ils pouvaient être aussi socialiste

    2. De tous temps, les hommes ont toujours voulus voir d’abord des adversaires et des ennemis dans les autres, sous prétexte même de vouloir moins les embrouiller sur ceci et cela,

      Mais à quoi servira-t-il à l’homme de vouloir autant gagner le monde et posséder un plus grand capital humain à la fois ?

      Non merci Gu Si Fang j’ai même l’impression d’entendre les mêmes versets à la lecture des grands écrits libéraux de Mises et compagnie, rassurez-vous je ne suis guère moins dupe dans l’autre sens.

      C’est ça la liberté humaine et bien dis donc ça promet à travers également un plus grand nombre de marques commerciales en tête sur terre !

      Car de toutes façons si ce n’est pas les gens du capitalisme ce sera forcément en conséquent les gens du socialisme, n’est ce pas ?

      Quel bien triste monde en fait sur le fond.

    3. MISES : Son nom reste également attaché à la critique théorique du socialisme, que Mises considère voué irrémédiablement à l’échec en raison de l’absence des mécanismes de fixation des prix par le marché. Friedrich Hayek, Murray Rothbard et Israel Kirzner comptent parmi ses élèves les plus éminents. (wikipedia )

      car c’est bien connu, le prix est fixé par l’offre et la demande ; c’est pour cela que les cartels de prix n’ont jamais existé.
      Que l’UE , dans le cadre de sa politique de concurrence libre et non faussé, n’a jamais eu besoin de condamner les plus grandes multinationales pour ententes illicites sur les prix.

      nous avons affaire à des idélogues purs et durs qui ont voulu et veulent toujours absolument appliquer leurs délires dans la réalité : on voit le résultat des courses aujourd’hui.

      tels les idéologues bolcheviks, ils veulent imposer leur idéologie !

  13. Comment le capitalisme pourrait-il mourir ou je ne sais quel autre terme plus adéquat pour mieux le définir alors que les gens n’ont jamais été autant satisfaits, contents de pouvoir toujours autant acquérir toutes ces nouvelles choses de plus, aujourd’hui c’est le dernier ipod à la mode, demain sans doute le nouveau moyen de paiement obligatoire pour tous, comme ça vous verrez mieux aussi à quel point le monde s’est bien mis la corde au cou.

    Le corps, toujours orienté vers l’action, a pour fonction essentielle de limiter, en vue de l’action, la vie de l’esprit. [Henri Bergson]

    La marque distinctive du XXe siècle est l’encombrement, la prolifération des objets, c’est-à-dire l’hégémonie de la matière. [Jean Dutourd]

    Qu’est-ce que le capitalisme si ce n’est peut-être la forme de matière la plus vantarde du moment

    On peut encore beaucoup inventer en matière d’information à la télévision. [C Ockrent]

    Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. [Gustave Flaubert]

    J’aimerais surtout que l’autre vive autant dans la même proportion de matière que moi.

    Plongeons même tous davantage dans la matière histoire d’avoir moins à en souffrir

    De plus quand le pont n’existe plus entre l’esprit et la matière que se passe-t-il alors ?

    Moi je vois surtout un monde qui réclame davantage à se rapprocher d’un trou noir.

    Des concepts ayant trop de matière ne font peut-être pas mieux le bien des êtres.

    Comme si le monde à force pressentait de plus en plus ce qui l’attend ?

    Tout est toujours possible en matière d’alliances. [François Cavanna]

    Souvent trop d’abondance appauvrit la matière. [Nicolas Boileau]

    Oui je sais c’est souvent tendance à casser un peu l’ambiance.

    Pourtant la matière, c’est ce qui ne dure pas. [Emmanuel Berl]

    Vous comprenez alors pourquoi le monde est si mal barré ?

  14. Suite du commentaire précédent sur la propriété :

    les ressources manquent là où on en a besoin

    Oui, c’est inéluctable – vous ne croyez pas ? – du fait de la rareté des ressources et de l’insatiabilité de nos désirs. Ce n’est pas propre au capitalisme, mais commun à tous les systèmes économiques. Ce qui les distingue, par conséquent, ce sont uniquement les moyens employés pour régler les conflits qui en résultent. Pour le capitalisme, ce moyen est le droit, et en particulier le droit de propriété. L’alternative est la force, la violence, que ce soit dans un système féodal, totalitaire ou socialiste.

    Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré. Et cette situation est due au système de propriété privée

    Je ne sais pas ce que désigne ici « cette situation » : le manque de ressources, ou leur concentration – ou les deux ?

    La rareté n’est pas la conséquence du droit de propriété, c’est l’inverse : le droit de propriété est né du besoin de régler pacifiquement les conflits qui découlent de la rareté.

    Quant à la concentration, elle ne résulte pas non plus du droit de propriété. La violence conduit à la concentration plus sûrement que tout. Ainsi, la concentration des richesses la plus extrême se rencontre dans les latifundia et la propriété foncière, là où justement la concentration de l’exploitation ne confère aucun avantage économique. Ce qui explique cette concentration, ce sont donc toujours des lois qui limitent l’aliénabilité de la terre afin de la maintenir dans la famille. Si de telles lois existent, c’est bien parce que sans elles le capital aurait été dispersé. A l’inverse, dans les familles industrielles, la fortune se dissipe en général en peu de générations, et les milliardaires d’aujourd’hui ne sont pas les enfants de ceux d’hier. Il suffit de comparer les dirigeants des grandes entreprises en France et aux Etats-Unis : au lieu de nombreux self made men comme Steve Jobs et Michael Dell, nous avons un seul Xavier Niel et beaucoup de grands patrons issus de l’establishment X-Ena.

    Cdt
    GSF

    1. La liberté est pouvoir sur soi-même, et les richesses ne sont que pouvoir sur les autres. [Denis de Rougemont]

      Ce qui est surtout commun à tous les systèmes économiques, c’est de vouloir surtout à ce que les êtres puissent toujours mieux dépendre de vous en premier.

      Je me demande d’ailleurs si les moyens employés par les gens du capitalisme pourront toujours mieux nous éviter la guerre, la violence, voir par défaut un plus grand socialisme.

      Oui comme il est toujours plus facile avec un peu plus de moyens de dénoncer et d’accuser d’abord l’alternative de la force et de la violence chez les autres.

      Il est vrai que sans le moyen du droit, il est déjà beaucoup moins facile de graisser la patte
      à tout le monde, vouloir par exemple souvent exercer un plus grand droit de propriété sur la justice et la raison pendant qu’on y est.

      Que ce soit d’ailleurs sur n’importe quel sujet de société, le droit de propriété n’apporte pas toujours non plus automatiquement et forcément le droit de raison sur toutes choses.

      Les théories que nous craignons surtout le plus ce sont surtout celles qui ne pourraient plus guère nous permettre d’exercer plus longtemps une plus grande emprise totale sur les êtres.

      Croyez-moi je ne trouve malheureusement pas toujours mieux le temps d’intervenir plus souvent sur le blog de paul en semaine.

      Sinon je suis toujours à la recherche d’un grand patron différent dans ce pays, mais peut-être que vous devez certainement en connaître vous de coté ?

    2. @Gu Si Fang

      Merci, merci, merci! Je commençais à désespérer de voir ce blog aussi « radicalisé »…
      Vos arguments sont tout à fait justifiés.

      Je frémis à l’idée que certains se gargarisent de la « chute » du capitalisme, alors que les alternatives pourront se révéler infiniment pires (ressources réparties par des moyens violents, un système utopique qui dérivera tel le système communiste a fatalement et inévitablement dérivé)

      1) On ne tue pas un bon chien de chasses sous le seul prétexte qu’il a des puces.
      Le capitalisme actuel est en train de dériver. Mais qu’il dérive ne signifie pas que ce soit un fondamentalement un « mauvais système ».
      Quand je regarde mon niveau de vie par rapport à celui de mes parents autrefois, je n’ai pas à me plaindre. Le capitalisme a apporté beaucoup de progrès technologique, un enrichissement de la population (en termes de biens concrets, réels, tangibles). Regardez autour de vous, ouvrez les yeux! Regardez il y a 50 ans, comparez!
      Le capitalisme dérive car il ne peut que fonctionner correctement QUE si l’Etat joue le contre-pouvoir. Or la mondialisation et la financiarisation ont diminué peu à peu le « pouvoir » réel de l’Etat face à l’économie (privée). L’Etat étant devenu faible, il ne peut plus jouer son rôle de contre-pouvoir, de « re-distributeur de ressources via les taxes ». L’Etat ne peut plus éviter la concentration effrénée des richesses dans les mains d’une minorité…
      Redonnez le pouvoir à l’Etat, mettez à bas la Finance, mettez au pas la minorité ayant capté les ressources… Le système repartira alors sur des bases à nouveau saines, un équilibre retrouvé et productif.

      2) Supprimer la propriété privée sera la porte ouverte à toutes les horreurs.
      Croire que l’Homme est « bon naturellement » est non seulement un aberration, c’est même criminel. Les système sociaux, politiques et économiques ont pour seul et unique but de permettre de régler le moins mal possible les « conflits » inéluctables pour la « répartition des richesses ». D’éviter que les gens s’égorgent entre eux pour savoir qui aura la maison, la voiture, le bout de pain…
      Les êtres humains sont tels qu’une minorité d’individus plus arrivistes que les autres cherchera toujours à prendre le dessus, à dominer, à capter d’avantage de ressources que les autres. Nous ne sommes ni des fourmis, ni des abeilles. Nous sommes individualistes dans l’âme, d’abord, même si un certain sens de la famille et de la communauté peut se développer. L’homme est un loup pour l’homme, dit-on, et c’est vrai.
      Supprimer la propriété privée, c’est faire exactement la même erreur (en l’inversant) que nous faisons actuellement avec le capitalisme en « réduisant les pouvoirs de l’Etat ». Tout est affaire de contre-pouvoir. Supprimer la propriété privée, c’est supprimer le contre-pouvoir « intérêts privés ». Il ne restera donc que l’Etat, ou les « représentants de l’intérêt général ». Lesdits représentants de l’intérêt général finiront inévitablement par ne plus représenter que leur PROPRE intérêt. Au final vous aurez une dictature, aussi sanglante que le fut le communisme en URSS.

      1. @G. « Merci, merci, merci! Je commençais à désespérer de voir ce blog aussi « radicalisé »… »

        Marrant ces forumeurs du Figaro qui viennent lire le blog de Jorion en désespérant de le voir aussi « radicalisé »…

  15. Un jour viendra ou l’homme ne pourra plus faire autrement que de suivre le reste dans l’asservissement total,

    Bien sur tout cela se fera graduellement, voire même comme une plus grande normalité diffusée.

    Un jour ceci et un puis un autre jour cela, malheureusement à force de bien faire l’humanité d’alors s’en rendra finalement compte trop tard de ce grand jeu de dupes.

    Vu que tout se fera progressivement comme une tendance, présenté comme la meilleure chose commerciale qu’il soit arrivé à l’homme depuis la semaine dernière ou le mois d’avant.

    Sans doute dans l’idée et le projet de faire même beaucoup plus de croissance et de coupes sombres dans les dépenses des pays,

    Car de nos jours et en matière de liberté humaine, ne faut-il surtout pas dire trop de mal de l’économie marchande,

    Sans doute qu’à ce moment là nous n’aurons même plus besoin de sortir notre propre carte bleu pour aller plus vite aux caisses,

    Vu que tout se fera de plus en plus progressivement partout, comme une tendance, évidemment avant que cela ne soit plus visible, vous trouverez bien encore des gens qui
    vous parleront de toutes ces choses,

    Enfin bref vous connaissez peut-être un peu mieux leur propre vocabulaire de penser et de fonctionnement, il paraît même qu’à force de savoir mieux compter qu’autrui ça rend davantage les êtres plus libres et moins influençables aux mauvaises tendances,

    Moi personnellement je n’ai jamais voulu appartenir à personne ni à aucune autre doctrine
    aussi prometteuse soit-elle, encore moins à une autre quelconque marque commerciale.

    Enfin vous voyez ce que je veux dire depuis le temps que je me lamente sur ces gens là.

  16. Tant que je gagne autant d’argent pourquoi devrais-je tant me soucier de vouloir d’abord exercer une plus grande violence commerciale et comportementale dans l’esprit des êtres ?

    Là ou règne surtoute une plus grande violence commerciale dans l’esprit du monde, comment voulez-vous alors exprimer d’autres moyens de régler les conflits autrement ?

    Non personnellement je ne crois plus qu’un plus grand commerce de toutes ces choses de plus sur terre puissent apporter plus longtemps la paix des ménages et des coeurs.

    Mais qui donc dans sa vie n’a jamais éprouvé un peu, la violence d’une autre grande marque commerciale et contre ça bien sur il ne faudrait jamais rien dire,

    Hum c’est comme pour Monsanto et compagnie, les belles pratiques commerciales en cours.

    Hélas La violence a coutume d’engendrer la violence. [Eschyle]

  17. Au fait, Tunisie, Égypte, Syrie, Yémen, Bahreïn, Jordanie, Algérie, Maroc… et Libye qui va sans nul doute prochainement voir débarquer sur son sol des troupes françaises, si ce n’est déjà fait. Bref le « printemps arabe ». Plus un mot dans le blog. Plus rien à en dire ? Le vent de l’histoire s’est-il éteint dans les sables du Sahara ?

    1. J’aimerais bien un billet invité du Vigneron sur le sujet. Vous connaissez l’adresse !

      Il n’est malheureusement pas possible à Paul et François d’être sur tous les front en permanence, raison pour laquelle les colonnes de ce blog sont ouvertes aux bonnes volontés…

    2. Ce formidable appel qui s’est si soudainement levé ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Témoin aujourd’hui les événements de Syrie, eux aussi impétueux !

      Dans un monde qui pourrait si facilement être peint en noir, surtout si on le considère depuis l’Europe, le Japon ou bien les Etats-Unis, un contrepoint devait être nécessaire…

    3. Le chant du coq !
      On a nommé 1848 « Le printemps des peuples » eu égard aux insurrections simultanées dans les pays européens voisins tournées vers la conquête sociale aux plans nationaux. L’épithète « arabe » accolé au printemps de 2011 laisse imaginer une potentialité internationale, dont j’espère que le contenu social non seulement revendicatif mûrit encore, mais qui déjà réveille activement l’universalité de la condition humaine, d’autant que le faire valoir religieux des dictatures s’est avéré inconsistant. Cela aussi ça migre, et selon le cheminement inverse des marchandises et des matières premières.

    4. @Julien

      Merci pour l’invit mais pas vraiment le temps ni l’expertise suffisante pour me pencher sérieusement sur la question… j’aurais simplement aimé qu’un(e) de nos expert(e)s remettent en perspectives leurs analyses de février/mars avec les évolutions récentes comme par exemple le référendum constitutionnel très décevant du 19 mars. 41% de participation, plus du double de celle des scrutins sous Mubarak certes mais bon, et 77% de oui pour un projet constit à minima, simple replâtrage de l’ancienne et soutenu à 100% par les Frères contre les mouvements de jeunes et même contre El « enragé » Baradei qui voulaient une Constit réellement nouvelle.
      Sans parler de l’article 2 de ce projet constitutionnel qui a évidemment monopolisé la faible attention des grands média français, article 2 qui conserve la formulation antérieure (« L’islam est la religion de l’État dont la langue officielle est l’arabe; les principes de la loi islamique constituent la source principale de législation ») et de la « crispation » plus que jamais sensible autour et à l’intérieur de la communauté copte.

    5. Sur le référendum en Egypte, voici le point de vue d’un cairote désormais à Dakar, un mao d’accord mais pas tendance messianique exotique hallucinée comme on en connaît par chez nous, celui d’Albert Cossery n’étant pas disponible.
      Pour le moral, ce parallèle d’un allemand.
      « A l’exception de quelques chapitres, chaque section importante des annales de la révolution de 1848 à 1849 porte le titre de Défaite de la révolution !
      Mais dans ces défaites, ce ne fut pas la révolution qui succomba. Ce furent les traditionnels appendices prérévolutionnaires, résultats des rapports sociaux qui ne s’étaient pas encore aiguisés jusqu’à devenir des contradictions de classes violentes : personnes, illusions, idées, projets dont le parti révolutionnaire n’était pas dégagé avant la révolution de Février et dont il ne pouvait être affranchi par la victoire de Février, mais seulement par une suite de défaites. (…) Et nous crions : La révolution est morte ! Vive la révolution ! »
      Précision à l’adresse des léninistes, mao ou pas, lire ci-dessus « parti révolutionnaire » au sens de parti pris, pas d’organisation superstructurée, Les luttes de classes en France est écrit en 1850.

      1. C’est effectivement à force de révolutions ratées que l’on avance. En réalité, on peut tout aussi bien dire que chaque révolution progressiste qui survient est déjà une défaite de la réaction.

  18. @ P. Jorion

    Je ne peux pas non plus laisser passer ça, d’autant que ce sujet revient régulièrement dans vos commentaires :

    Quand le salarié est remplacé par une machine, on le licencie et … où va l’argent ? Mise à part une certaine baisse du prix de la marchandise produite, il est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise … C’est juste une analyse

    .

    C’est surtout un mythe, une croyance qui n’est étayée par rien, et je trouve désolant que vous continuiez de proférer une telle contre-vérité. Mais examinons les choses un peu plus en détail pour dépasser la surface et les idées fausses. On part d’une entreprise qui invente un mode de production moins couteux – robot ou délocalisation, au choix – et l’on regarde ce qui se passe ensuite, pas à pas.

    L’entreprise fabrique des puzzles, et comme ses concurrentes elle parvient à rémunérer ses salariés et actionnaires en vendant les puzzles autour de 20€. Mais elle a l’idée de délocaliser la fabrication en Chine, et économise ainsi 5€ pièce. Tant que ses concurrentes n’ont pas fait de même, le prix reste proche de 20€ par puzzle et l’entreprise qui a délocalisé empoche 5€ de profit. C’est du profit pur, pour les actionnaires. Hou ! Vraisemblablement, l’entreprise baisse un peu son prix pour gagner des parts de marché, mais pas beaucoup. Les concurrentes font donc une petite perte – c’est aussi un profit pur, mais négatif. J’insiste sur ce point car on a tendance à oublier que le profit peut être négatif…

    Progressivement, les concurrentes imitent la première entreprise et délocalisent aussi. Le prix du puzzle continue de baisser et se rapproche de 10€. Arrivés à ce stade, la première entreprise ne fait plus de profit pur, et ses concurrentes ne font plus de pertes. Le bilan de l’opération est le suivant :
    – les actionnaires des premières entreprises à délocaliser (ou innover, c’est pareil) ont réalisé un profit temporaire ;
    – les dernières ont réalisé une perte temporaire ;
    – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
    – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon.

    Le premier point important est que les profit et pertes des actionnaires sont temporaires, alors que les gains pour le consommateur sont durables. On voit que c’est en contradiction flagrante avec votre affirmation selon laquelle « Mise à part une certaine baisse du prix de la marchandise produite, [l’argent] est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise. »

    Le second point important est que les emplois se créent là où l’on a le plus besoin de gens. Il serait absurde de ponctionner le pouvoir d’achat des consommateurs pour maintenir des emplois dans des activités délocalisables ou robotisables. Plus exactement, ce serait absurde à long terme. A court terme, ce serait préférable pour les salariés concernés, évidemment. Mais la réflexion qui précède montre ce que nous aurions à perdre en privilégiant le court terme plutôt que le long terme. Une économie ne peut pas se passer d’un mécanisme qui incite les gens à déplacer leur travail et leur capital là où c’est le plus utile.

    Votre description, même en étant très charitable, est au mieux incomplète car :
    – vous décrivez le profit de l’actionnaire en oubliant de dire qu’il est temporaire ;
    – vous oubliez que le consommateur, lui, fait un gain permanent ;
    – vous occultez l’importance des créations et destructions d’entreprises sans lesquelles il n’y a pas de progrès économique possible.

    Ce sont des erreurs économiques fréquentes, certes, mais vous devriez les éviter si la recherche de la vérité vous importe.

    Cdt,
    GSF

    1. Ah oui ! le marché mondialisé des puzzles, bien sûr. C’est vrai que c’est beau, GSF, les situations de concurrence parfaite… Ya qu’à voir les prix des baskets Nike ou autres, produites en Chine, chez Courir, Foot-Locker et ailleurs…

    2. Sans doute involontairement, vous décrivez mieux que n´importe quel anticapitaliste l´absurdité du systéme.
      Nous avons donc
      des actionnaires perdants,
      des entrepreneurs perdants,
      des salariés perdants,
      des consommateurs en ayant pour leur argent (c´est à dire achetant des merdes pas chères)
      une planète perdante pour cause d´épuisement des ressources et des pollutions afferantes.

      Les seuls gagnants, mais à court terme semblent être ceux qui auront parié (dans le bon sens) sur les fluctuations de prix.

      Merci, j´aurais eu du mal à faire plus efficace comme dénonciation du système capitaliste.

    3. vous oubliez que le consommateur, lui, fait un gain permanent ;

      Si seulement c’était toujours bien vrai à voir au quotidien.

      Mais encore est-ce vraiment bien respecter l’homme que de vouloir constamment le ramener
      à une condition d’acheteur et cela pour telle ou telle autre marque commerciale de plus,

      Cette bien folle passion du gain et de l’empressement qui ne rend d’ailleurs guère le monde plus sage et plus courageux, si bien sur la recherche de la vérité vous importe également de la faire entendre autrement à coeur.

      Et oui à travers votre si bel exemple, je comprend mieux maintenant pourquoi le monde est devenu autant marchand, pieds et poings liés partout.

      C’est surtout également un grand mythe ou même une autre forme de croyance que de vouloir constamment faire croire ou penser à travers de si belles formules commerciales ou libérales, que c’est bien toujours avant tout pour les autres que l’on recherche souvent à faire dégager bien plus de gains partout.

      Oui à chacun ses propres idées fausses et contre-vérités, Là où c’est surtout le plus utile pour mes affaires, je veux bien me rendre le plus souvent, et oui avec un tel langage comme il est toujours plus facile de dénoncer les erreurs économiques chez les autres, quelle plus grande obligation de conduite et de langage marchand pour tout un monde,

      Une autre forme d’asservissement bien plus subtile à se défaire en fait pour le genre humain, il est vrai beaucoup moins évident à se faire comprendre. En fait vous n’avez toujours rien démontré, car dans ce monde rien n’est réellement permanent, bien au contraire.

      Malheureusement, dans les rapports entre les gens, seuls comptent les gains et les pertes.
      [Gao Xingjian]

      L’économie n’est pas guidée seulement par la recherche du gain ( de la raison ou de la vérité ) mais aussi par celle du pouvoir. [François Perroux]

      Quand bien même j’en finirais par me montrer davantage plus dur et dirigiste qu’un autre.

      Tant que je gagne et j’amasse je n’ai donc guère plus de soucis à me faire.

      L’appât du gain n’a surtout pas de limites. [Jean-Jules Richard]

      D’où qu’il vienne, le gain fleure une bonne odeur.[Juvénal]

    4. GSF , vous devriez arrêter de nous débiter les théories des idéologues libéraux qui en 30 ans de main mise idéologique nous ont mené dans le mur.

      je pense que quand la crise sera dévenu encore plus terrible vous continuerez à défendre l’indéfendable.

      il y a un monde entre les fumeuses théories des idéologues libéraux que vous nous recrachez et la vie quotidienne !

      vous nous avez encore ressortir la fameuse théorie de la destruction créatrice ; la denière fois que je l’ai entendu, c’était de la bouche de madelin et le plouf qu’il a fait parmi les invités et les spectateurs et sa mine déconfite voyant la bourde qu’il venait de faire en dit long sur vous et vos semblables : vous êtes à bout de course. Nous ne sommes plus dans les années 70/80 ou vous avez réussi à vendre une idéologie qui dans les années 30 a fini par les camps de concentration.

    5. Le premier point important est que les profit et pertes des actionnaires sont temporaires, alors que les gains pour le consommateur sont durables

      à gerber

      le chomeur, le travailleur précaire,…. c’est sûr que c’est un consommateur qui gagne durablement

      mais dans quel monde vivez-vous ?

    6.  » Le bilan de l’opération est le suivant :
      […..]
      – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
      – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
      – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon ».

      Le schéma fonctionnerait si l’entreprise qui fabrique des puzzles était la seule à délocaliser sa production. Les consommateurs concernés peuvent acheter d’autres biens avec le pouvoir d’achat libéré. Ces biens sont eux-même produits de plus en plus par des entreprises qui ont elles-même délocalisé. De sorte que, bilan global i) le travail (et l’emploi) tend à se raréfier ii) l’Etat doit prendre en partie le relais de la diminution globale du pouvoir d’achat en subventionnant massivement les niveaux de vie iii) l’actionnaire aura maintenu éventuellement son prélèvement dans un contexte concurrentiel intense en réduisant la masse salariale càd que le poids relatif de son prélèvement aura augmenté. L’adaptation à l’économie mondialisée se sera faite en sacrifiant une partie des salariés et en privilégiant les intérêts d’un petit groupe d' »investisseurs ».

      1. J’oubliais: les entreprises ainsi mondialisées ne paieront plus d’impôts en France, pays nourricier qui a pourtant fourni toute la substance ayant permis l’essor de ces fleurons cités en exemple.

    7. GSF, quand on commence en disant : « Je ne peux pas non plus laisser passer ça« , on se doit de continuer en avançant des arguments de poids, des arguments qui font mouche. On se doit de convaincre le lecteur que la thèse contestée est effectivement douteuse. Mais là, vous donnez l’impression de ne pas être sérieux, vous tapez dans le vide.

    8. Je passe sur les habituelles invectives qui démontrent s’il en était besoin l’absence d’arguments de leurs auteurs.

      @ Jérémie

      Vous vous lamentez de ce que l’etre humain serait réduit à sa condition d’acheteur. Ce n’est pas le cas. Je ne réduis pas l’etre humain à un consommateur, je dis qu’il est aussi consommateur, et cela suffit pour mon argument.

      @ Ando

      Chaque année, 15% des emplois sont détruits en France, et 15% sont créés. Les bonnes années on en crée 15,5% et les mauvaises 14,5. Des emplois se créent en permanence, et pas seulement en Chine, contrairement à ce que vous écrivez. Ils pourraient être plus nombreux et mieux payés, mais pas en interdisant l’import-export ou l’innovation. C’est dû à d’autres facteurs. Pour rester sur la création-destruction d’emplois, lisez ce texte :
      http://bastiat.org/fr/effort_resultat.html

      Cdt,
      GSF

      1. @GSF

        Vous vous foutez vraiment de la gueule du monde, Monsieur ! C’est tout simplement crapuleux d’alléguer que les créations d’emplois équilibrent grosso-merdo les destructions dans un pays comme la France quant on sait que les emplois détruits dans les activités à haute productivité (industrie) sont remplacés massivement , dans le meilleur des cas, par des emplois dans le secteur des services à très faible productivité, et faibles revenus, soit dans l’économie dite résidentielle, soit en réalité le « petit personnel » de services à la personne, des CHR ou du commerce, secteur résidentiel par ailleurs lui même massivement subventionné par de multiples « incitations » fiscales et sociales accordées à ceux qui ont été les principaux profiteurs de votre merveilleux système « équilibré », soit les rentiers, de thésaurisation ou de situation.
        Conclusion : vous défendez les rentiers, Monsieur le néo-lib.

      2. GSF,

        Je vous suis bien dans votre demonstration sur la concurrence et le marketing produit qui permet à certains de gratter un peu de marge supplèmentaire au détriment de ceux qui n’ont pas bénéficiés d’innovation de productivité (ou délocalisation). Ou ça ne va plus c’est quand vous dites :
        « avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon. »

        Dans la vraie vie ça ne marche pas du tout comme cela.

        La robotisation aura détruit des emplois et créé du dividende. le benchmarking permanent de la concurrence lui aura permis de limiter à très peu de chose le montant de ses « profits négatifs » quand les licenciés, eux , auront une perte de pouvoir d’achat conséquente et quasi-permanente et la consommation globale de « puzzles » n’augmentera que marginalement avant de décroître (remplacez puzzle par écran plat).

      3. @ Gu Si Fang

        Désolé mais plus on me dit que l’homme est aussi consommateur et moins j’éprouve le plaisir de consommer ceci ou cela, ou alors vos arguments aussi cordiaux soient-ils, non sincèrement pas vraiment le meilleur argument que j’ai pu entendre de votre part, peut-être un autre jour, reconnaissez surtout que la pensée libérale peut également amener des gens à bien se fourvoier sur autre chose. Enfin à chacun sa propre conception de la liberté humaine en société …

    9. le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
      – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré,

      Sauf que nous sommes dans un système aux multiples régulations (bouclage cybernétique), si le prix du puzzle baisse, l’INSEE le constate, l’indice des prix aussi et les salaires ne sont pas augmenté de l’évolution constatée puisque les syndicats demandent le maintien du pouvoir d’achat.
      Comme entre temps le prix du Puzzle a baissé les consommateurs en consomment plus en volume, la part de leur budget sur ce secteur peut même augmenter, l’INSEE le constate et la part des puzzles augmente en volume dans la base de l’indice, ce qui augmente d’autant la baisse de celui-ci
      Au total le consommateur voit son pouvoir d’achat nominal conservé, mais avec simplement la possibilité d’acheter un peu plus de Puzzle à la fabrication délocalisée.

      Remplacez Puzzle avec micro-informatique ou téléphone portable …

    10. Nous ne vivons plus en 1978, vous savez, et Chicago déprime… Votre jolie histoire n’est pas réaliste. Oui, les « consommateurs » auront un peu plus d’argent, pour acheter plus de T-shirts importés de Chine… sauf ceux qui auront perdu leur emploi.

      1. Et ceux qui gardent de l’argent au cas où.
        Et ceux qui ne veulent plus consommer.
        Et ceux qui commencent à comprendre pourquoi le consommateur ne commande pas aux choses, et que ce sont les choses, pardon, les marchandises, qui commandent.
        Et ceux qui ont compris.
        Etc.

      2. @GSF

        Allonzy Alonzo ! V’là maintenant en technicolor, cinémascope et 3D sans lunettes – avec le légendaire Gus « van » Si Fang aux manettes ! l’horrifique et sanglante histoire des trahisons mortelles dans la jungle concurrentielle de nos cartels si policés.. On croit rêver… En vérité je vous le dis mes frères, cet homme n’est pas de ce monde ! Cet être vient de Mars, de Saturne ou Venus, mais pas de ce bas monde.
        Je suis par ailleurs délicieusement amusé de voir qu’il n’y a plus aujourd’hui que des hurluberlus de son pédigree pour oser encore employer si vile et caricaturale approche marxiste en comparant les mœurs guerrières à l’intérieur de la classe des capitalistes oligopolistiques et cartellisés avec celles des défenseurs de la classe prolétaire dans les batailles syndicales de la lutte de classes… Là, vraiment, chapi chapo ! M. Gus « van » Si Fang.
        PS : Il doivent se marrer s’ils vous lisent à Bruxelles, à la commission chargée de la concurrence… Faudrait penser à les licencier, ces inutiles trop payés… Huh ?

  19. Les paupières que je préfère fermer pour tous ceux et toutes celles qui partageront d’abord mes valeurs dans un tel monde, faut pas trop dire du mal non plus des grandes marques dans notre temps, cela ne serait faire preuve aussi d’une plus grande recherche de la vérité. Oui à chacun sa propre objectivité humaine.

    Ce qui est surtout moins utile pour le marchand est forcément pas du tout utile pour le genre humain, venant de la part de ceux se prétendant constamment utiles et rationnels à tout.

    Les hommes connaissent tous l’utilité d’être utile, mais aucun ne connaît l’utilité d’être inutile.
    [ Tchouang-Tseu]

    Surtout dans un tel monde ou le conditionnel marchand devient même de plus en plus exigeant et impossible à suivre, faut pas être différent, c’est pas bon pour le commerce.

  20. Pour le grand commerce mondial des êtres, pour le libéralisme ou alors le socialisme à la fois, pour même plus de matière qui rassure toute le monde, bref pour plus de progrès à l’image.

    Si on me coupe les ailes, j’irai à pied ; si on m’ampute les jambes, je marcherai sur les mains ; pourvu que je puisse être utile. [Istvan Széchényi]

  21. le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens,

    – pour ceux qui auraient pu acheter cet objet ou un autre à un prix plus élevé, sans que cela leur pose problème …merci pour eux !
    – quant à ceux qui, grâceà la délocalisation, et étant sur un bassin d’emploi fort sinistré, se retrouvent au chômedu durablement …tant pis pour eux : ils n’achèteront ni puzzle, ni fruits et légumes pour leurs enfants, se feront peut-être vider de leur habitation ! le pied !

    lorsqu’on regarde le monde de haut, c’est beau : des pions sur un échiquiers ! si un jour, vous-même, vous retrouvez dans la panade ( tout peut arriver dans la vie ) : vous vous direz « pourquoi moi, moi qui suis si intelligent » …[ je me permets de vous dire cela, car j’ai vu depuis
    que les rachats-fusion-licenciements vont bon train, des gens fort bien placés, se faisant éjecter
    comme des mal-propres ! certains, malgré leur réseau et compétence, ne s’en remettent pas ].

    1. vous n’avez pas compris : si les chomeurs , dû à la délocalisation, sont encore au chomage, c’est que leur niveau d’employabilité n’est pas bon.

      le chomeur est une feignasse qui ne fait rien pour retrouver du travail !

      c’est pour cela qu’il faut supprimer les aides étatiques ce qui les obligera à trouver du boulot et permettra aussi de baisser les impôts ( des plus riches, on va quand même pas baisser la TVA !! )

      sinon, ce boulot sera payé un lance-pierre , mais ça c’est un autre problème ( chez les libéraux , c’est une phrase culte )

      signé : une feignasse de chomeur

      bon disons que c’est pas très bien présenté, mais j’ai pas la facilté d’un GSF

  22. @Gu si fang :
    1/ Le profit d’un actionnaire est toujours temporaire.
    2/ Rien n’interdit à l’actionnaire propriétaire de l’entreprise de participer au capital de tous les concurrents du célèbre marché au puzzle.
    3/ L’actionnaire devient dès lors l’entremetteur obligé de ce marché : Il n’y a strictement aucune différence dans cette position d’entremetteur et le racket mafieux, sinon la légalité du marché du puzzle.
    4/ Toute entreprise ayant choisi la capitalisation boursière ne peut sortir de ce système d’actionnariat sans y laisser des plumes. Car c’est la survie de l’entremetteur qui serait en jeu ! La vocation des actionnaires est le profit, soit se gaver temporairement, et comme toute activité qui devient parasitaire, peu importe que le lendemain la bête tombe exsangue.

    1. Cela revient à constituer un monopole en rachetant tous ses concurrents, c’est ça ? Ainsi l’entreprise pourra continuer à vendre ses puzzles 20€. Facile ! Et alors un nouveau concurrent offrira des puzzles moins cher et toute la stratégie de monopole et de prix forts tombera à l’eau. C’est un processus sans fin, tant que l’entrée sur le marché n’est pas interdite par la loi.

      Ce n’est pas que l’envie leur manque, mais les entreprises sur le marché parviennent rarement à conserver longtemps une position d’unique producteur. En revanche, les entreprises publiques y parviennent très bien à l’aide d’un monopole légal. Il n’y en a pas sur le marché des puzzles 😉

      1. Les entreprises s’en sortent par l’entente, explicite (dangereux, on peut se faire pincer), ou implicite (même pas décelable). On voit ça dans le journal toutes les semaines. Vous vivez dans un monde de conte de fées.

      2. GSF, il faut des heures et des heures, voire des jours à une personne normale pour faire un puzzle de 1000 ou 2000 pièces. Vous avez donc fort mal choisi votre exemple, cette activité ne sera jamais rentable… 🙂

      3. GSF n’a toujours pas entendu parler des situations de concurrence imparfaite, je suppose. Ou alors elle ne peuvent être le fait que des politiques ou entreprises publiques… À se demander s’il ne va pas nous expliquer bientôt que c’est la Commission européenne qui organise sciemment les distorsions de concurrence pour pouvoir extorquer récemment plus de 300 millions d’amende aux lessiviers Unilever et Procter, précédemment 900 millions à Microsoft ou 1,4 milliard au cartel du verre de Saint Gobain (-Wendel), Pilkington, Asahi-Glass et Soliver…
        J’me marre.
        Paul, conseillez á notre Pierrot lunaire et von Miseso-dépendant de lire un abrégé de Piero Straffa, soyez un peu miséricordieux, que diable ! 🙂

      4. @ P.J.

        Le prix de la machine à laver le linge en 1960 et aujourd’hui, vous avez déjà comparé ? Qui pouvait s’en payer une alors ? Aujourd’hui elles sont à la portée de toutes les bourses, et il en va de même d’innombrables produits. Où est l’entente des fabricants censée empêcher les prix de baisser ?

        Si ! il y a un prix qui n’a cessé de monter avec une régularité d’horloge suisse : le prix des services publics. Si vous voulez comprendre le problème de pouvoir d’achat en 2011 c’est de ce coté-là qu’il faut regarder, ne vous en déplaise, pas chez les entrepreneurs privés. C’est le gorille de 300kg…

      5. P.S. On trouve déjà chez Marx le thème de l’entente entre les capitalistes. Il reconnait les méfaits d’un cartel, mais il sous-estime sa difficulté. Songez donc : si vous faites une entente, vous vous engagez à produire moins et à monter vos prix ; les autres aussi. Toute la difficulté réside dans le fait que si vous respectez scrupuleusement l’entente, vous devez aussi vérifier que vos concurrents font de même. Ça n’a rien de facile, puisque chacun d’entre eux est fortement incité trahir le cartel : s’il arrive à vendre plus que son quota en baissant les prix, tandis que les autres « gogos » respectent le prix de cartel, le « traitre » peut réaliser un gros bénéfice. Marx et d’autres reconnaissent parfaitement ce mécanisme sur le marché du travail : si un groupe de salariés fait grève, un individu peut décider qu’il n’a pas envie de faire grève. L’employeur manquant de bras pourra même lui proposer une prime. Il faut donc un mécanisme pour empêcher les « jaunes » de foutre la grève par terre. Dans le bon vieux syndicalisme musclé, on leur pétait la gueule. Nô comment… Vous voyez Miele envoyer une bande de gros bras chez Philips qui baisse trop ke prix de ses machines à laver ?

      6. @ GSF

        ayant bossé dans l’industrie chimique, les ententes de prix fonctionnaient très bien et ce n’était pas au détriment des quantités produites.

        là où vous avez raison, cela n’a qu’un temps mais pour une entente révélée combien qui continuent.

        sinon vraiment arrêtez de philosopher : vous me faites penser à tous ces économistes qui pérorent du haut de leur chair, grassement payés à faire la leçon à nous autres pauvres couillons qui n’y comprenons rien !

      7. @ J. Gorban

        les ententes de prix fonctionnaient très bien et ce n’était pas au détriment des quantités produites

        Donc ils montaient les prix sans rien faire d’autre : sans baisser la production, ni la qualité ? Hmm… Dans l’imaginaire de la concurrence pure et parfaite – chère à Vigneron 🙂 – l’entente consiste à baisser la quantité pour faire monter les prix jusqu’au point où le profit est maximal ; autrement dit : organiser la pénurie pour hausser les prix. Il se peut que la quantité baisse tres peu – on dit que la demande est peu élastique, comme dans le cas de certains produits alimentaires – mais elle baisse pour la raison simple que les clients décident de la quantité qu’ils achètent en fonction du prix. Lorsque le prix est plus haut, ils achètent moins qu’ils n’auraient acheté sinon…

        Autre possibilité : l’entente ne portait pas seulement sur les prix, mais sur la qualité, les normes, les variations de production etc. En cela elles peuvent conférer un avantage aux clients. La théorie de la concurrence pure et parfaite – chère à Vigneron et à la Commission de Bruxelles – néglige malheureusement cette possibilité et considère à tort toute entente comme néfaste.

  23. @GSF

    Le bilan de l’opération est le suivant :
    – les actionnaires des premières entreprises à délocaliser (ou innover, c’est pareil) ont réalisé un profit temporaire ;
    – les dernières ont réalisé une perte temporaire ;
    – des emplois manufacturiers ont été supprimés en France, durablement ;
    – le prix du puzzle pour le consommateur a baissé durablement ;
    – avec le pouvoir d’achat ainsi libéré, les consommateurs français peuvent acheter d’autres biens, et les producteurs concernés embauchent et créent des emplois qu’ils n’auraient pas crées sinon.

    Je ne capte pas trop votre logique apparente.

    En permutant un peu les données on a selon moi une fonction qui se rapproche plutôt de ceci :

    – Les actionnaires éparses et hétéroclites cumulent CONTINUELLEMENT des profits en picorant d’une entreprise à une autre.
    – Les emplois manufacturiers déclinent un peu partout au gré des razzias actionariales.
    – Le prix de tous les biens finissent par monter durablement parce que le monde, ben oui il est fini.
    – Avec la baisse programmée du pouvoir d’achat, tu peux aller pointer au resto du coeur, favorisant pour le coup le travail associatif.

    C’est quand même plus conforme à la réalité que votre sophisme de terminale éco non ?

  24. A vrai dire dans un tel monde de marchands et d’illusionistes de l’image médiatique c’est dans ces moments-là que nous nous rendons mieux compte à quel point le monde s’illusionne grandement sur le pseudo libre-arbitre de l’homme préférant même davantage se conduire comme tant d’autres singes de première en société.

    C’est beau les marques, elles pourraient se défendre avec raison, en invoquant précisément
    un plus grand libre arbitre pseudo-commercial : mais nous n’avons rien pu faire de mal vu
    que nous préférons davantage gagner plus de gains, inonder davantage le monde de nos premières choses, d’ailleurs à chaque fois que nous consommons davantage, n’apportons-nous pas non plus à l’homme une plus grande faculté de raisonnement, de volonté, de connaissance, d’esprit, la belle théorie en fait plus que fumeuse et foireuse du pseudo libre-arbitre humain, vivons et fonctionnons tous d’abord en fait comme une plus grande bande d’acheteurs de première, savoir mieux se vendre en fait toujours Corps et Ames, enfin bref …

    Hum ça me fait même doucement rire parfois.

  25. Il me semble qu’il y ai un gros bug dans votre logique.
    L’augmentation du pouvoir d’achat n’est pas fonction de la simple baisse de la valeur des marchandises, il fest fonction aussi du salaire et donc de la part du surplus qui est redistribué au consommateur.

    Et dans l’exemple l’absolu si vous mettez 60 millions de français vivant de prestations chômage achetant des téléviseurs à 10 centimes d’euros pièce , et bien ce serait toujours trop chère. Car ces mêmes français aux chômage ne créeraient pas ces 10C de valeur. C’est donc de  » la dette sociale  » qui est créé. A charge du dernier million qui travaillet encore , et qui se demande de plus en plus si cela en vaut vraiment le coup.

    1. Si (A et B) est vrai alors A est vrai. CQFD

      Quels que soient les divers moyens supposés d’augmenter le pouvoir d’achat, l’échange et l’innovation en sont un. Ce que vous dites ne contredit pas cette conclusion.

  26. Bonsoir à tous
    @Crapaud Rouge

    Vous n’avez pas tort quand vous parlez de la pérennité des pervers… Quand je parle de les mettre hors d’état de nuire, je ne pense pas à une élimination – concept totalitaire par excellence , mais au seul moyen efficace démontré- du moins dans les relations de travail: refuser absolument d’entrer dans leur jeu, refuser toute relation…

    Merci pour le rappel qui m’oblige à préciser….
    Cordialement

  27. @Paul Jorion

    Très bonne analyse du travail des cadres.
    Je rajouterais que la société justifie la différence de salaires des cadres ou responsables du fait qu’ils ont des responsabilités.
    Mais je suis persuadé que si vous leur dites, « vous avez le même salaire que les techniciens ou les ouvriers », ils ne quitteront pas pour autant leurs postes malgré les responsabilités.

    – Qui dit responsabilités dit pouvoir hiérarchique et beaucoup de gens aiment ça.
    – Qui dit responsabilités dit souvent travail plus intéressant et qui n’aime pas ça ?
    – Qui dit responsabilités dit plus grandes reconnaissances sociales et qu’on le veuille ou non cela a un impact dans notre société.
    – Qui dit responsabilités dit souvent pouvoirs de décisions, autonomie, … plus de libertés.

    Alors pourquoi tant de différence de salaire ?
    Trop de pression ? Mais que les cadres n’hésitent pas il y a toujours du boulot pour ramasser des fruits et légumes, décharger des camions ou préparer des commandes dans des entrepôts réfrigérés. 🙂

    1. Je rajouterais qu’il y a des entreprises où il y a peu de différence de salaires entre cadres moyens et techniciens, dans ces cas, il y a des gens qui refusent de passer cadres en interne mais il y en a toujours qui acceptent malgré les responsabilités et les astreintes.
      I

    2. excellent !

      d’autant que plus tu montes plus ton salaire ( et autres avantages ) est élevé, plus tu as de « responsabilités » mais JAMAIs tu ne seras coupable !!!

      il suffit de voir comment sont débarqués la crème des cadres supérieures : hein , c’est pas comme la caissière qui a ramassé un bon de réduction de 50 centimes ………………..

      la responsabilité, c’est bon pour le prolo qui demande un salaire trop élevé qui est déclaré responsable de son licenciement !

      cette société pue !

  28. M Jorion, je regrette l’absence quasi systèmatique d’un éclairage objectif sur les 30 glorieuses lorsqu’elles sont citées : cette période a vu le capitalisme financier un peu contrôlé essentiellement parce que ce même capitalisme financier a été à l’origine de la crise de 1929 qui a débouchéé sur la seconde guerre mondiale dont il fut (le capitalisme financier) l’organisateur . Cette compromission rapportée aux massacres et à l’anéantissement industrialisé des juifs (aujourd’hui si bien étudié techniquement dans nos manuels d’histoire en terminale…), après la défaite des nations nazies et associées, l’a disqualifié pour 2 générations (40 ans). 1945 + 40 = 1985… cohabitations, un PC en phase de disparition, une Europe en création qui commence à s’inféoder à la finance (par l’entrée de la Grande Bretagne), c’est le phénomène qui se reproduit. Les 30 Glorieuses doivent être présentées non comme un répit ou un « hasard », mais comme une conséquence des agissements du capitalisme financier. A mon avis….

    1. @here by

      Hum… D’un point de vue monétaire et donc financier, les trente glorieuses, ça commence d’abord par la nationalisation de la Banque de France. Et ça s’arrête effectivement avec la Loi Giscard qii interdit dorénavant à la BdF de prêter à l’État français. Pour le reste…

    2. Non, on doit les 30 Glorieuses à la trouille de voir les communistes prendre le pouvoir, nuance !
      Cf. Pouvoir d’achat : une France « quasi révolutionnaire » :

      Le problème des sociétés modernes, c’est qu’il n’y a plus de risque révolutionnaire. Je ne trouve pas ça négatif, mais, de 1945 à 1989, la régulation par les rapports de forces Est-Ouest a permis le miracle européen. Ce modèle économique a disparu avec la disparition du risque communiste.

  29. Excellente synthèse cet entretient!

    L’esprit est affuté et la parole tape dans le mille. J’aime bien quand à l’occasion de certains sujets, animé d’une juste colère notre champion enfile ses gants de boxe et envoie quelques coups bien placés. Gardant bonne mesure faisant toute la force du propos.

    Avec patience et constance vous labourez et ensemencez les intelligences. Avec cette petite faiblesse de l’âme à peine perceptible, qui en fait toute la grandeur ,témoignant de votre appartenance pleine et entière au genre humain.

    Le capital est un outil,un moyen, le capitalisme en fait une fin. Le capitalisme est la religion du capital, avec ses prêtres, ses disciples ,ses oracles et ses sacrifices. Il faut en finir avec le capitalisme pour un autre usage du capital. Le capital doit être au service de l’humanité et non l’inverse, favorisant les échanges et la créativité. Pour cela il faut qu’il circule dans tout le « corps social ».

    La base de tout c’est la Vie et donc les conditions nécessaires à sa perpétuation, le capitalisme en est l’antithèse. Puisqu’il contribue à la destruction progressive des conditions nécessaires à la vie elle même. Générant des écosystèmes énergivores et stériles. L’esprit du capitalisme est à l’opposé de l’esprit scientifique, tout en prétendant être une science. Dont l’hermétisme ne sert qu’a masquer sa forfaiture, sa nature fondamentalement prédatrice et triviale.

    Nature prédatrice au dessus de laquelle la Civilisation et la « Culture » nous aurait élevé??!!

    L’esprit capitaliste est pétri d’une vision populiste des sociétés humaines. Il porte en lui un profond mépris du populaire. C’est pourquoi, par l’exploitation de la culture et de la consommation de masse le capitaliste n’aspire qu’a s’ériger en élite au dessus de la nasse.

    L’humanitarisme affiché par le capitaliste, n’est rien d’autre que commisération à l’égard d’individus par dessus lesquels il s’est hissé vers la » réussite », et desquels il s’est fondamentalement désolidarisé.
    Le populisme de droite produit et nourrit un pseudo contre pouvoir dans le populisme de gauche, les deux entretiennent amoureusement un dialogue de sourds. Conservant ainsi un statu quo nécessaire à leur existence. L’un étant la cause et l’effet de l’autre.

    Ne jamais oublier qu’après une révolution dans la terreur,après avoir guillotiner un roi, on s’est coltiner un Empereur.

    Les mots en « isme » signent le dogmatisme et font les obscurantismes.

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