LE MONDE-ÉCONOMIE, La finance s’est disqualifiée, lundi 9 – mardi 10 mai 2011

La finance s’est disqualifiée

Tous les efforts menés en vue d’une nouvelle régulation de la finance recourent à une même stratégie : consultation du monde financier par les autorités, puis négociation pour que se dégage un compromis entre les exigences des uns et des autres.

Mais la condition essentielle pour qu’une telle stratégie réussisse est que l’industrie financière s’identifie à l’intérêt général, qu’elle reconnaisse et promeuve la nécessité de garantir un cadre qui maintienne la pérennité des institutions financières sans affecter pour autant la bonne santé de l’économie.

Existe-t-il des éléments pour étayer l’hypothèse que chaque établissement financier fera prévaloir l’intérêt général sur son intérêt particulier ?

Hélas, non : le déroulement de la crise en 2007 et 2008 suggère au contraire qu’il s’agit d’une croyance infondée.

Le rapport du Sénat américain rendu public le 13 avril confirme ce qu’avaient déjà mis en évidence les auditions de dirigeants de la banque Goldman Sachs en avril 2010.

CONFIANCE DES MEILLEURS CLIENTS TRAHIE

A savoir qu’elle – et plusieurs autres, dont, au premier rang, la Deutsche Bank – a non seulement trahi la confiance de certains de ses meilleurs clients en leur vendant des produits financiers (les « collateralized debt obligations » – CDO) structurés de manière à être de la plus mauvaise qualité possible, mais qu’elle a mis au point de nouveaux produits dérivés (les CDO « synthétiques ») pour parier sur la perte de l’ensemble du secteur du crédit hypothécaire américain.

Elle a ainsi précipité la chute de tous ceux qui eurent la naïveté de se positionner sur l’autre versant du pari, mais aussi celle du système financier mondial dans sa globalité !

Le rapport du Sénat décrit le responsable du crédit hypothécaire chez Goldman Sachs promettant à son équipe de commerciaux des primes « ginormous » – une contraction des mots « gigantic » et « enormous » – s’ils parvenaient à vendre ces produits.

Dans un mail, l’un des dirigeants de la banque en Australie dit, à propos de la découverte d’un gogo à qui l’on pourra vendre ces produits avariés : « Je crois avoir trouvé un éléphant blanc, un cochon volant et une licorne, tout en un ! »

Les établissements financiers en question poursuivent aujourd’hui leurs activités en toute quiétude.

Aucun de leurs dirigeants n’a été inculpé. Mieux, on les retrouve assis aux tables de négociation, faisant objection aux propositions des régulateurs qui représentent la communauté dans son ensemble.

Il faut donc changer de méthode. Le régulateur doit rédiger les règles qui permettront de réduire de manière drastique le risque systémique.

Alors que les positions de couverture neutralisent un risque existant dans une perspective assurantielle, les positions spéculatives, du fait de leur nature de pari, créent, elles, un risque là où il n’existait pas préalablement.

L’apport en liquidité du spéculateur, qu’il invoque en général pour justifier sa présence, doit être ignoré : un apport en liquidité à des niveaux de prix spéculatifs est sans objet et, a fortiori, ne compense pas l’accroissement du risque systémique qu’il apporte avec lui.

Une fois définies les mesures à prendre, celles-ci doivent être mises en application, sans négociation avec l’industrie financière : l’incapacité de ses principaux représentants à s’identifier à l’intérêt général a été amplement prouvée au cours de ces trois dernières années.

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147 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE, La finance s’est disqualifiée, lundi 9 – mardi 10 mai 2011 »

  1. Nous y voilà.
    Comme vous l’aviez bien expliqué l’an dernier, c’était une folie tous ces plans de rigueur puisqu’ils condamnaient d’emblée les résultats des politiques de relance si mal coordonnées.
    Il aurait fallu dès 2009 de larges plans de relance au niveau européen permettant des investissements dans la transition énergétique (à laquelle nous ne couperont pas de toute façon, le prix des hydrocarbures ne fera que croître). Les investissements dans ce sens ont été bien trop faibles, non coordonnés et l’essentiel de l’argent a été engouffré pour permettre au « vieux monde » de tenir coûte que coûte. Mais l’échéance approche, les dernières pincées de poudre de perlimpinpin vont être semées avant le blocage terminal du système. Gageons qu’il ne sera pas trop tard pour que les idées radicales que vous proposez s’imposent et que les faucons n’auront pas réussi leur coup (purger une nouvelle fois le système, on sait malheureusement comment, pour repartir à zéro avec les mêmes ingrédients qu’ils nous imposent depuis quelques siècles). Une voie devrait s’ouvrir pour de vraies régulations, une démocratie renouvelée (un changement de personnel s’impose, quel que soit le parti, ils ont tellement échoué, tellement trahi, mais surtout l’institution est à réinventer), avec comme fil d’Ariane, la préservation de la planète, nécessité transversale à toutes les autres (économique, politique, sociale,…). internet en général et votre blog en particulier peuvent grandement aider.

  2. Dans l’édition papier de l’article paru dans le Monde de l’économie Paul est qualifié d’économiste et ethnologue au lieu de économiste et anthropologue , qualification qui lui était attribuée jusqu’ici.

    Simple erreur ? Lapsus ?
    Les hommes de la finance constituent-ils une ethnie que Paul aurait approchée et étudiée ? 😉
    La différence peut sembler minime mais elle me semble pourtant lourde d’implications idéologiques.
    La sociologie de la finance suppose une critique sociale de la finance, l’ethnologie beaucoup moins.

    1. Avancer dans la vie, dans un monde, sans chercher quelquefois à mettre autant d’étiquettes et
      de code-barres sur les autres, puis-je encore y avoir droit non seulement envers moi-même comme envers autrui.

      Les êtres dans notre temps s’identifient déjà tant à toutes ces choses,

      Hier on me disait encore, que j’étais le meilleur esprit de mon clan, de ma tribu, mais sur le fond l’étais-je vraiment pour moins faire de cancers et de tourments à mon prochain comme envers tous ceux et toutes celles n’en pouvant plus de ce même langage marchand sur terre com dans les esprits.

      Pourquoi l’humanité devrait-elle avant tout se connaître ou se juger d’abord à travers toutes
      ces marques, connaissez et conduisez-vous d’abord en société selon nos propres études comportementales et animales de plus en société.

      Toi le premier citoyen de ce monde ne te connais même plus toi-même comme Socrate.

      1. Jérémie,

        Je suis d’accord, dans la vie, il importe de s’accorder du temps pour ne pas juger à l’emporte pièce les personnes qui sont derrière les étiquettes avant de les avoir écoutées.

        Mais on ne peut pas comparer les étiquettes et autres codes barre associés aux marchandises avec les qualités que s’attribuent les humains. C’est d’ailleurs lorsque des humains n’ont plus aucun droit, aucune possibilité dans la société à se qualifier eux-mêmes autrement qu’en répondant à un numéro, un matricule, qu’ils entrent dans un régime ou système totalitaire. Ils n’ont alors au sens littéral aucun mot à dire. C’en est fini de l’éthique-étiquette.

        Nous sommes tous des êtres singuliers, mais nous avons aussi tous une existence sociale, qui est faite de distinctions qui résultent du fait que nous sommes nés à tel endroit plutôt qu’à un autre, dans tel milieu et à une époque donnée. Êtres de passions — au sens d’être affecté par ce qui nous arrive — tout autant que de raison, c’est à dire dotés d’une sensibilité et d’une mémoire, nous sommes alors confrontés au décalage qui peut exister entre ce qu’on nous dit que les choses sont, ce que les êtres humains dont on nous parle ou que nous sommes amenés à connaître sont, et ce que la réflexion fruit de notre expérience et de nos connaissances acquises nous donnent à penser. Outre le cri, la révolte purement physique, nous avons le langage pour exprimer ce que nous ressentons et pensons du monde qui nous entoure.

        C’est ici qu’interviennent les étiquettes, elles permettent de nous attribuer une place dans la société, que l’on s’attribue soi-même une qualification ou que d’autres nous l’attribuent. Or, comme je viens de le dire plus haut, il existe de décalage entre le perçu, le ressenti et une certaine description objective de la réalité qui passe justement par les étiquettes que s’attribuent les humains, pour simplement permettre la vie en société. On ne se reconnaît pas ou plus dans l’étiquette qui nous est attribuée ou et que jusqu’ici l’on a acceptée. Une étiquette que l’on s’attribue d’ailleurs le plus souvent soi-même, comme par exemple lorsque nous rédigeons un CV ou que nous donnons notre carte de visite, ou rédigeons notre profil facebook, si nous en avons un. Ou simplement déclinons notre identité lors de nos rencontres ou remplissons des questionnaires.

        Tout cela pour dire qu’il est des situations où nous voulons changer d’étiquette, pour ne plus subir certaine situation. C’est là l’aspect opportuniste du changement d’étiquette. Mais il y a aussi d’autres situations, et c’est à celle-ci que je me référais dans mon commentaire initial, où nous ressentons la nécessité de définir de nouvelles étiquettes pour que justement nous et d’autres, n’en ayons plus à subir certaines conséquences en tant qu’elles balisent, figent un certain ordre social. Le travail de la sociologie, de l’anthropologie, participe, de cette remise en question des étiquettes. La philosophie pareillement et, au fond, dès que nous entreprenons de décrire une réalité. Ce que nous faisons tous. Autrement dit on ne se débarrasse de certaines étiquettes que l’on juge fausses et nuisibles qu’en leur substituant d’autres étiquettes. Le monde dans lequel nous vivons n’est pas neutre.

      2. @ Pierre-Yves

        Certes, mais dans la lecture de vos propos n’est-ce pas déjà un peu le cas dans un tel monde ?

        Je me demande même parfois quel est le plus grand régime totalitaire pour le genre humain, le régime qui préfère davantage s’en prendre à la Chair ou à l’Ame Humaine ?

        L’avenir nous le dira, aucune importance d’ailleurs si l’on recherche constamment à ne réduire la vie humaine qu’à une pure mécanique sociale de plus dans l’histoire.

        Par ailleurs dans un tel monde qui se mécanise et s’automatise à outrance, sommes-nous bien encore des êtres singuliers ? des individus réellement unifiés et non tronqués ? Avons-nous bien encore le temps de développer une meilleure existence sociale ? Quand bien même nous serions de plus en plus affectés émotionnellement ou pas par tout ce qui nous arrive.

        Il me semble d’ailleurs qu’au dela du cri, de la soufrance, de la révolte sociale purement maladroite ou pas, le seul langage et les échanges de plus n’amènent pas toujours mieux
        à nous en rassurer à force comme à l’usure, d’en faire hélas à chaque fois le même constat.

        Mais encore pourquoi les êtres recherchent constament à s’identifier à d’autres étiquettes de plus, quand bien même les premières étiquettes excerceraient encore beaucoup d’influence
        et d’excellence de conduite dans l’esprit et le coeur des êtres, surtout les premiers.

        Les nouvelles étiquettes de plus dans ce monde peuvent bien sur nous donner encore l’illusion que ça peut le faire, à travers par exemple telle ou telle autre nouvelle tête de plus, mais ne permettent pas toujours hélas à l’humanité de passer réellement à autre chose de moins étiquetté, quand bien ces nouvelles étiquettes de substitution nous amenaient de nouveau à vouloir réclamer les premières places pour le changement.

        En effet il est bien évident que tout ceci et cela ne mène à rien de moins illusoir, surtout à travers la petite fenêtre et avec un plus grand nombre d’acteurs de plus, comment d’ailleurs l’humanité pourrait-elle réellement en prendre conscience, c’est là en effet où j’ai du mal un peu à vous suivre dans votre raisonnement, quand vous ressentez de plus en plus la nécessité de définir en priorité de nouvelles étiquettes, pour que justement nous et d’autres, puissiions moins en subir les premiers effets, car tout ce qui balisent, limitent et figent un peu trop l’esprit des êtres sur place, ne permet pas toujours mieux aux êtres de moins les subir après coup,

        Non je vous assure Pierre-Yves D pour moi des étiquettes ça ne restera toujours que d’autres étiquettes, quand bien même un plus grand échange de propos et de pensées sur le net nous donnerait encore un peu l’illusion de moins se faire avoir, surtout dans une telle matrice mondiale, vous savez Pierre Yves D, le seul travail intellectuel, contre-libéral, contre-capitalisme, ne permet peut-être pas toujours non plus aux êtres de pouvoir moins se désidentifier à toutes ces nouvelles et nombreuses étiquettes, autrement dit je ne pense
        que l’on puisse réellement se débarasser des étiquettes par une nouvelle couche d’étiquettes,
        aussi prometteuses soient-elles, le monde en a peut-être aussi un peu marre de vouloir constamment s’identifier à toutes ces choses qui ne reflétent d’ailleurs en rien une meilleure réalité humaine, quand bien même au plus près des gens d’un marché, le grand rêve mondain.

        Vouloir vivre plus longtemps sur terre avec en fait des étiquettes toutes prêtes à penser ou de conduite pour les autres, le grand automatisme du monde en fait.

      3. Ou alors je vous ai très mal compris, possible aussi.

        Faiseurs d’étiquettes

        Le monde ressemble à un Gigantesque supermarché imposant, prenant tout la place, certains se contentent même de lire et de décrire davantage les étiquettes à distance pour autrui, dommage quand même que tout le monde n’en déguste pas le même contenu.

        Lorsque par exemple nous recherchons constamment à mettre de nouvelles étiquettes distinctives sur les êtres et les choses, et cela afin de pouvoir mieux les trier et distinguer plus rapidement, les plus utiles des moins productifs, voyons-nous bien encore réellement l’objet perçu à travers la propre grille de lecture d’un autre, pour moins se faire mal aux yeux peut-être ensuite.

        Si seulement je pouvais prendre encore le temps d’écouter l’autre, un visage humain, un oiseau, un poisson, mais hélas de nos jours et cela même pour le changement, je n’en
        trouve pas le temps ! Je suis en fait beaucoup trop occupé avec mes nouveaux ami(e)s
        à faire lire et apprendre les nouvelles étiquettes de substitution pour le monde de demain.

      4. Jérémie,

        Les étiquettes c’est le nom que je donne à l’action qui consiste, lorsque nous parlons, à nous référer à des états du monde dans lequel nous sommes en tant qu’êtres vivants. Lorsque je dis « nouvelles étiquettes » il ne s’agit pas d’accoler de nouvelles étiquettes sur d’anciennes comme dans un supermarché dont le prix des produits aurait changé.
        Dans ce cas le langage humain devient en effet réducteur, et la circulation des mots peut en effet être comparé à la circulation des marchandises.

        Les nouvelles étiquettes dont je parle ce sont les qualifications, les noms, les discours qui s’y rapportent, qui nous permettent d’exprimer notre rapport au monde tel qu’il est aujourd’hui, pour ne pas en être le jouet, ou du moins, ce qui semble être votre cas, pour vous plaindre de certains de ses aspects qui vous déplaisent. Vos écrits aussi établissent des distinctions. Il est humainement impossible de vivre sans établir de distinctions. Elever le refus des distinctions à la hauteur d’un art de vivre et le revendiquer c’est encore distinguer et se distinguer, simplement parce que nous voulons exister.

        Bien sûr, et c’est là que je vous rejoins, il y a de bonnes et de mauvaises distinctions. Celles par exemple qui permettent de trier les individus en fonction de critères non humains, strictement économiques par exemple.
        Il y a donc un réel enjeu, vital même, pour soi, les autres, et pour l’avenir de la vie sur Terre.
        Vous faites référence à une conception mécanique de la société. Ce n’est pas non plus ma vision du monde. C’est la raison pour laquelle j’estime qu’il est important de donner des définitions aux choses. Sans quoi c’est un langage que nous ne nous sommes pas appropriés qui parle à travers nous. Les « bonnes » étiquettes, ce sont précisément celles que nous nous sommes appropriées, celles que nous pensons être les plus justes. Dans ce cas elles sont moins des qualifications que nous attribuons à des choses que l’expression des relations que nous avons avec les autres, nos proches, et, au delà, la société politique, l’humanité dans son ensemble. C’est à ce titre que j’ai fait un rapprochement entre éthique et étiquette. Notez, qu’originellement le mot étiquette ne concernait pas les marchandises, mais les hommes.

      5. Oui,

        Dans ce cas le langage du monde se révèlera tôt ou tard caduque,

        Car même parfois les choses que nous pensons être les plus justes nous jouent parfois
        bien des tours, quand bien même nous raisonnerons beaucoup à froid ou à chaud ce sujet.

        Bien sûr, et c’est là que je vous rejoins, il y a de bonnes et de mauvaises distinctions. Celles par exemple qui permettent de trier les individus en fonction de critères non humains, strictement économiques par exemple.

        Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, ( ST JEAN )

        La Matrice du monde mon cher Monsieur, la Matrice du monde comment voulez-vous alors
        lui faire entendre raison.

        Vous faites référence à une conception mécanique de la société. Ce n’est pas non plus ma vision du monde.

        Vous me rassurez alors, je n’aime d’ailleurs pas trop classer les gens sur le blog, je m’y efforce en fait le plus souvent.

        C’est la raison pour laquelle j’estime qu’il est important de donner des définitions aux choses.

        Je comprends bien ce que vous voulez dire, mais qu’est-ce font les hommes depuis des siècles ? On cause, on échange, on produit, on élabore des choses, de grandes choses, on joue c’est vrai parfois bien des rôles et qui parfois c’est vrai nous permettent pas plus de dire autre chose de moins conventionnel à son prochain, pour celui là ce sera plutôt telle forme d’expression préférentielle du moment, et pour cet autre autre chose, on se démène, c’est aussi la folle concurrence des êtres de plus dans la distinction sociale, pouvoir s’élever toujours plus haut en société, on élabore même davantage à plusieurs des stratégies, qu’elles soient d’ailleurs plus pour ceci ou cela, on essaie même à chaque période de l’histoire de mieux redéfinir aux autres une meilleure définition des choses, mais ensuite qu’est-ce que nous voyons de moins classifié et moins marchand ? Comme si les êtres à force en perdaient peu à peu leur propre faculté spirituelle d’exprimer autre chose en eux-mêmes comme envers des tierces personnes.

        Comment réellement savoir lorsqu’on fait le bien de l’homme, oui je suis bien en réal décalage de penser ou de conduite avec les gens de mon temps.

        Cdt,

    1. @Liszrfr

      Ouais ouais… Et les plus de deux millions de taulards US, me semble que ça fait un petit pays aussi, non ? Et que ça date pas d’hier, non ?
      Vais vous dire, ça fait presque un être humain sur 3 000…
      Ça fait comme le nombre de français millionnaires en $..
      Mais je m’égare.. Ça n’a rien à voir bien sûr. Et puis nous, on en a que 60 000 des prisonniers. Et puis bien traités, faut voir ! Et puis les tickets de bouffe, on en a pas besoin nous Monsieur ! On a le RSA et le reste, plus les restes même ! Et pi le restau du cœur. C’est mieux. Plus convivial. Plus humain. Nous c’est l’Europe. Faut pas comparer ! Et nos pauvres à nous, y sont que 8 ou 10 millions ! Et ils ont la CMU, ces gros et gras chanceux ! Et l’entrée à Sciences-Po ou Polytechnique, ben c’est gratuit ! Y z’y ont droit ! Nos Pauvres…
      Et,en plus, et mieux que tout ça ! Ben nos Pauvres à nous, ici, c’est même pas interdit par la Loi de leur dire « bonjour chez vous » et même « merci pour tout » ! On est pas des sauvages, nous. Le savoir-vivre que ça s’appelle mon bon Lisztfr. Le savoir-vivre. Le resultat de deux millénaires de civilisation du « vivre ensemble »… Cest beau… beaucoup… beau…

      1. ////Ouais ouais… Et les plus de deux millions de taulards US, me semble que ça fait un petit pays aussi, non ? Et que ça date pas d’hier, non ?
        Vais vous dire, ça fait presque un être humain sur 3 000…////
        N’y a pas un zero de trop ?

      2. Ouais, Vigneron.
        Ca fait un taulard sur 165 personnes.

        165. Vous imaginez…??

        Tu m’étonnes qu’ils aient privatisé les prisons : ça rapporte.

      3. Je reviens dessus car ça laisse assis aussi quand tu sais qu’ils font des roulements.
        Soit, même si tu vises une fourchette basse de remplacement des anciens par les nouveaux de (à la louche), 3 stages de taule en moyenne.
        Là, entre celui qui fait un stage et celui qui fait 6 stages, moins ceux flingués entre deux, (compte 6, pertes et profits), tu obtiens une durée moyenne de 4 ans et une personne sur 33 qui a fait de la taule dans sa vie. (avec une vie de 70 ans et une mortalité de 5% de la population à entrer dans le compte pertes et profits en répartition linéaire pour simplifier le calcul).

        Tu m’étonnes que dans leurs films, la première question qu’ils se posent est dans quelle prison ils sont allés…

      4. Yvan, ça date de 2008 (en sachant que depuis, biscotte budgets en Crise, on vide plutôt les prisons aux US et on préfère les solutions type bracelets ou probation…) mais dis toi que c’était un black sur 21 qui était sous les verrous, et tous sexes confondus… Donc t’imagines une petite école mixte dans un quartier noir de Chicago, LA ou la Nouvelle-Orléans, t’es instit devant ta classe de 40 marmots de 6 ans, ben tu peux te dire que t’en as deux qui vont croupir en taule, au minimum bien sûr puisqu’on est très loin d’avoir que des récidivistes ou des condamnés à perpét dans les cellules fédérales, d’États ou privées. Et on compte pas ceux en liberté conditionnelle, sous contrôle judiciaire, ou assignés à résidence.
        Chiffres du Ministère de la « Justice » US de 2008 :

        Un adulte sur 131 était en prison au 30 juin 2008 aux Etats-Unis, en hausse par rapport à 2007, dont une majorité écrasante en proportion de Noirs, selon les dernières statistiques gouvernementales rendues publiques mardi.

        Les prisons d’Etat et fédérales abritaient plus de 1,6 million de personnes et les prisons locales 785.000, soit près de 2,4 millions pour une population totale de 306 millions d’Américains, affirme le Bureau des statistiques du ministère de la Justice dans un communiqué accompagnant son étude.

        Ces chiffres sont en légère augmentation par rapport à 2007 (respectivement +0,8% et +0,7%).

        Selon l’étude, parmi les détenus, un Noir sur 21 vivant aux USA est incarcéré, contre un Blanc sur 138. Alors qu’ils représentent 13% de la population, les Afro-Américains sont surreprésentés dans les prisons où ils sont 846.000 pour 712.500 Blancs et 427.000 Hispaniques.

        La disproportion va cependant s’amenuisant puisque 37% des hommes incarcérés aux USA étaient des Noirs en 2008 alors qu’ils représentaient 41% un an avant.

        Du côté féminin, la surreprésentation des Noires est également flagrante en prison, puisque 349 femmes noires sur 100.000 sont emprisonnées (147 Hispaniques et 93 Blanches sur 100.000). Au total, 207.700 femmes sont détenues aux USA, 33% de plus qu’en 2007.

        Plus de 126.000 Américains sont en outre incarcérés dans des prisons privées.

        En moyenne, 63% des détenus, toutes prisons confondues, sont en attente de leur procès, en augmentation de plus de la moitié depuis 2000, dont, selon les statistiques rapportées par les prisons locales, 9% d’immigrants légaux ou non. (belga)
        01/04/09 10h58

      5. @ Vigneron,

        Bonjour,

        Pooon! Le veau qui est en vocifération a eu raison de l’anti-troll le plus drôle de la maison..mazette?

        Les chiffres clés de l’administration pénitentiaire
        Au 1er janvier 2011 :

        239 997 personnes prises en charge par l’administration pénitentiaire
        173 022 personnes suivies en milieu ouvert
        66 975 personnes sous écrou
        (ministère justice)

        Ceci étant dit, calculer des ratios prisonniers / millionnaires, c’est pas moins pertinent qu’une « croissance », hein?

        Ou un indice becquerel avec bourse aux marges de limite de contamination alimentaire?

        Cabrel, /Des hommes pareils -Des roses et des orties/
        http://www.youtube.com/watch?v=6VTKwYYDwHE

        Spécial dédicace Vigneron, (montage rose noire)
        Les Cardinaux en costume
        http://www.youtube.com/watch?v=DXEtyB3cYWk&feature=related

  3. Une Commission du Sénat américain vient d’exiger l’ouverture d’une enquête criminelle à l’encontre de certaines banques d’affaires, des agences de notation et même des autorités de régulation du pays.
    Après une enquête de deux ans et quatre auditions organisées par le Comité des enquêtes du Sénat, la commission vient de publier son rapport de 635 pages confirmant les preuves accablantes présentées auparavant par la Financial Crisis Inquiry Commission (FCIC) d’Angelides.
    Le volet criminel de la crise va-t-il s’ouvrir……. en préambule au volet « révolutionnaire » du blog de Paul Jorion ?

      1. Mais les exigences sont longues à se concrétiser.
        Nous ne nous y joignons que peu….
        Prompts à la vengeance, nous oublions une justice qui nous a trop longtemps déçu.
        C’est bien dommage.

  4. M. Jorion,

    Vous posez une question légitime et y apportez une réponse simple. Mais vous avez sauté l’étape préalable, qui est de comprendre pourquoi les autorités font ce travail de consultation du monde financier. Avant de condamner une pratique, n’est-il pas également légitime de chercher à comprendre les raisons, justifiées ou non, pour lesquelles celle-ci existe ?
    J’aimerais lire votre opinion sur la question. Merci par avance.

      1. Je ne suis tout simplement pas d’accord avec vous, mais ça c’est une constante. Je veux juste essayer de comprendre comment selon vous des mesures de réglementation financières peuvent être implémentées sans consultation du secteur privé. La raison simple pour laquelle cette consultation a lieu, que les autorités admettent elles-même, c’est que la capacité d’innovation du secteur privé financier dépasse largement, en rapidité et en technicité, la capacité des autorités à réglementer. Le dialogue avec le privé est donc un aspect nécessaire de cette réglementation pour comprendre 1. l’impact de nouvelles règles 2. les zones d’ombres qui subsistent et 3. le type de supervision nécessaire pour l’implémentation de ces règles.

        Pour faire court : je comprends votre point de vue sur la « disqualification de la finance » mais pense que votre proposition de ne pas passer par cette consultation est tout simplement irréaliste. Donc j’aimerais savoir ce que vous proposez concrètement.

  5. Mais pourquoi voulez-vous que les financiers et les dirigeants des grandes institutions financières changent de comportement, de tactiques et de cap alors que ce sont eux qui dirigent le monde et dictent à nos dirigeants quoi faire, en dehors bien sûr des vulgaires questions nationales de Sécu sociale, de sécurité, d’organisation administrative etc.. qui ne sont pas leurs problèmes, mais ceux de vassaux respectueusement priés de faire un peu régner l’ordre afin de permettre à l’économie de fonctionner et de les engraisser?
    Le fond réel du problème est systématiquement oublié il me semble: ce sont eux (les Ben Bernanke, les PDG de JP Morgan etc..) qui financent l’économie mondiale: nous, c’est-à-dire chaque pays, sommes obligés de passer par les systèmes organisés afin de nous financer. Nous payons des intérêts aux banques à qui nos gouvernants ont donnés (et continuent, en passant) les plein pouvoirs.. Sociologiquement parlant, comment et surtout pourquoi abandonner une infime partie de ce pouvoir qui vous permet une domination sans limite sur des gouvernants, certes élus par le peuple, mais qui sont transformés finalement en de simples intendants ou gestionnaire de pays ?
    Le nerf de la guerre, c’est l’argent, c’est toujours l’argent et le pouvoir…et ils sont maintenant concentrés dans les mains de quelques uns.
    Si on attends que de simples intendants et vassaux renversent ceux qui les nourrissent, je crois qu’on va pouvoir attendre encore quelques temps,

    Je pose la question à notre anthropologue chevronné Paul:
    Paul, de manière générale, est-ce que quelqu’un, une personne quelconque (quoi penser dès lors de personnes regroupées et sociologiquement éduqués!) nantie d’un pouvoir quasiment sans limite de lobbying, de pression et de domination (puisque c’est maintenant le cas) accepterait de s’en débarrasser ?

    Sous réserve, Paul de votre réponse, je crois qu’il faut arrêter de rêver malheureusement.. Les clefs du royaume Monde ont été remises à des groupes qui se sont constitués puissamment maintenant et logiquement ils ne reculerons devant rien ni personne (comme ferait presque tout un chacun) pour préserver ces intérêts que d’ailleurs rien ni quasiment plus personne n’a le pouvoir de reprendre.

    C’est à mon sens le fond du problème; et tergiverser ne pourra que nous permettre de savoir quoi faire pour ne surtout pas recommencer… dans un futur que vraiment vraiment vraiment j’espère proche..

    Maintenant, la question est: comment faire pour se débarrasser vite de ce cancer ?

  6. «Mais la condition essentielle pour qu’une telle stratégie réussisse est que l’industrie financière s’identifie à l’intérêt général»

    Intérêt général?! En anglais on dirait : Dogs bark, Wall Street makes money.

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