ÉVITER LE RETOUR AUX ANNÉES TRENTE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

La « crise », dont beaucoup de bons esprits disaient qu’elle était derrière nous, a donc rebondi au cours de l’été. Le spectre du « double dip » se profile. Les réminiscences des « années 30 » se multiplient.

Les responsables politiques de l’Europe ont cru que l’on pouvait rassurer les « marchés » en multipliant les déclarations concernant la mise en place de dispositifs accentuant l’« austérité » en vue de résorber les dettes des pays-membres. On a même entendu au plus haut niveau des propos selon lesquels tous les pays de la zone euro  devraient viser le retour à l’équilibre des finances publiques, ce qui constitue une aberration économique. En effet, s’il est normal et souhaitable de préconiser de ramener la zone dans son ensemble à un niveau d’endettement raisonnable, cela n’a aucun sens de demander à tous les pays membres de la zone à la fois de rechercher l’équilibre budgétaire selon on ne sait quelle « règle d’or ». C’est oublier que la variété des situations économiques et budgétaires appelle des politiques différentes. On a cru rassurer les « marchés », on les a effrayés, car ils savent que la multiplication concomitante de programmes d’austérité ne peut conduire qu’au retour redouté de la « grande récession » en Occident. D’où leur réaction négative. On a beau rappeler ce qui s’est produit au cours des années 30, l’impression prévaut que nos dirigeants se dirigent à l’aveugle vers le piège.

Raisonnons et mettons-nous à la place des « marchés », même en faisant abstraction de la spéculation toujours prête à tirer parti, en l’aggravant, de la détérioration de la situation. Que constatent-ils ? Les mesures résultant du « compromis » européen du 28 juillet n’ont donné qu’un répit à la zone euro dans l’espoir de gagner du temps. Mais elles n’ont en rien changé fondamentalement la situation. Certes, elles sont de nature à soulager la Grèce en atténuant la pression qui pèse sur elle, en supposant que l’inertie qui paralysera l’application de certaines d’entre elles puisse être surmontée. Mais, que peut-on espérer ? Les programmes d’austérité mis en place de toutes parts pour résorber l’endettement public, s’ils ne sont pas accompagnés d’autres mesures pour soutenir et relancer l’activité économique, risquent fort de plonger les pays concernés dans la récession et, en empêchant ainsi l’assainissement financier recherché, ne pourront pas atteindre leur objectif. Ceci, les « marchés » le savent et n’ont donc aucune confiance dans les mesures prises. Et on les comprend. Anticipant l’échec de ses « solutions », ils s’attaquent aux maillons les plus faibles, un jour la Grèce, puis l’Italie, demain l’Espagne…  Les agences de notation, culpabilisées par leur incapacité à avoir signalé le risque des subprimes, les yeux rivés sur les niveaux d’endettement, ne font qu’en rajouter en exigeant toujours plus de rigueur dans les politiques (cf : les arguments de Standard & Poor’s pour dégrader la note américaine).

L’occident se trouve pris dans un cercle vicieux avec la perspective redoutée du « double dip » et d’un retour aux années 30. Certes, la situation n’est pas directement comparable. Les pays « émergents » sont capables de tirer l ‘économie mondiale, mais seulement dans une certaine mesure. Les États-Unis et l’Europe pèsent encore très lourd. A la fin des années 30, le redressement économique fut résulté, d’abord du conflit mondial obligeant les États-Unis à faire tourner leurs usines pour renforcer leur armement, puis de la reconstruction de l’Europe de l’Ouest grâce au Plan Marshall financé par les États-Unis. Espérons qu’il ne faudra pas avoir besoin d’en arriver là pour sortir l’occident de l’ornière !

Il est clair que la conjoncture économique, après le feu de paille de la reprise en 2010, se détériore et que la faible croissance que l’on a enregistré se ralentit. Si ce n’est pas encore franchement la récession, cela s’en rapproche à vive allure. Les politiques économiques, tous freins serrés, y pourvoient. Sous l’aiguillon aveugle du « Tea Party » empêtré dans une idéologie suicidaire, le Parti Républicain y contribue de façon majeure aux États-Unis, malgré la résistance du Président Obama. Si, en Europe, la situation est plus nuancée, on y vient. En France même commence à se produire une surenchère entre la majorité actuelle qui, jusqu’ici, n’avait pas vraiment succombé à la maladie de l’austérité, mais s’arcboute sur la stupide (du point de vue économique) « règle d’or » et une opposition qui veut faire preuve de vertu et démontrer qu’elle a renoncé à ses penchants supposés « dépensiers ».

Si l’on n’y prend garde, l’Europe risque de se trouver dans une impasse, faute de moteur pour faire tourner l’économie, sans pour autant – ce qui est un comble – que la résorption escomptée des déficits et des dettes puisse être obtenue, faute de recettes publiques. Quant aux États-Unis, tant qu’ils resteront financés par le reste du monde, ils peuvent se permettre de continuer à accumuler de la dette, mais, si la pression idéologique du « Tea Party » parvient à l’emporter, il est à craindre qu’ils connaissent une sérieuse récession, voire une dépression, rappelant encore une fois les sinistres souvenirs des années 30. Il convient, par ailleurs, de souligner que ces politiques, par les dégâts sociaux qu’elles entraînent inévitablement, renforcent l’extrême-droite dans les différents pays, renvoyant à de sombres souvenirs.

Que faudrait-il faire ? Tout d’abord, passer au plus vite à la mutualisation de la dette européenne qui, agrégée, apparaît supportable, en tout cas, nettement inférieure à celles des États-Unis et du Japon, et mettre en place le système des euro-obligations, préconisé à juste raison par beaucoup, car seul susceptible de mobiliser l’abondante épargne du secteur privé en vue de financer à la fois le remboursement de la dette et des investissements porteurs d’avenir. Cette dernière mesure paraît d’autant plus facile à adopter qu’elle fait l’objet d’un consensus de plus en plus large, même en Allemagne où seuls résistent au sein de la coalition au pouvoir des tenants d’une idéologie libérale et d’une conception de la vertu et de la puissance de l’Allemagne dépassées.

Ensuite, en même temps, pour disposer des instruments de lutte contre les déficits et l’endettement, il convient de soutenir l’activité économique. En ce qui concerne l’Europe, et plus particulièrement la Zone Euro, ce soutien ne peut venir, dans la plupart des cas, des pays eux-mêmes plombés par l’ampleur de leurs dettes et la rémanence de leurs déficits. Ceci est particulièrement évident dans le cas des pays de la périphérie méridionale (Grèce, Espagne, Portugal), mais aussi, non seulement de l’Italie, mais de la France. L’initiative ne peut donc être menée que dans le cadre d’une action au niveau de l’Europe tout entière. En d’autres termes, l’Europe doit s’imposer un plan de relance, une sorte de nouveau « Plan Marshall ». Ce plan de relance serait d’ailleurs l’occasion de revoir les conditions de la croissance dans l’optique d’une lutte contre les gaspillages et d’une réorientation vers le développement durable.

Ceci implique, bien entendu, des avancées institutionnelles combinant le passage de l’actuel budget « croupion » (de l’ordre de 1 % du PIB européen !) de l’Europe à un budget digne de ce nom car disposant des ressources propres nécessaires, avec un système de fonds d’investissements qui pourrait être articulé autour de la BEI (banque européenne d’investissement) et la création d’une agence européenne de la dette (sorte de « Trésor » européen). Ces transformations sont à effectuer dans les plus brefs délais, avant que la situation ne devienne impossible à maîtriser. Que l’on n’aille pas invoquer les « Traités » et autres alibis. L’expérience récente a démontré que, si de telles avancées étaient difficiles à obtenir, elles pouvaient s’imposer au pied du mur. Au passage, signalons que les efforts menés pour transformer le Fonds de Stabilisation actuel en un véritable instrument opérationnel doivent absolument éviter l’écueil que constituerait la mise en place d’un clone du FMI, dévolu entièrement à la recherche des équilibres budgétaires, quitte à sacrifier les besoins des populations.

En dernier lieu, il est aussi évident qu’il convient de mettre fin à la tyrannie des agences de notation privées et à l’abri de celles-ci les fonds souverains des États. Là encore, il convient de passer de la simple évocation renouvelée sans cesse du sujet à une réelle mise en application, malgré l’opposition farouche des milieux financiers privés trop satisfaits par le système actuel.

Si l’on n’y prend garde, le risque de voir l’occident basculer dans un cycle de graves turbulences est élevé et dépasse de très loin la seule éventualité d’un éclatement de la zone euro sur laquelle on se focalise trop volontiers.

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251 réflexions sur « ÉVITER LE RETOUR AUX ANNÉES TRENTE, par Jean-Pierre Pagé »

  1. Je suis d’accord avec le titre, le grand danger est un retour a la situation infernale des années 30. Là ou je suis surpris, c’est sur la solution envisagée ? les Euros bonds ? Ce sont encore des dettes non ?
    Un défaut de paiement sur les dettes, organisé de manière protéger le plus possible les états me semble une bien meilleure solution, que des Euros bonds qui ne feraient que repousser l’échéance.

    Quand à placer l’Europe dans la même situation que les Etats Unis (commentaire de Pyrogaster). Est-ce vraiment une situation enviable ? On avait pas plutôt parlé du Bancor pour essayer de régler le problème monétaire ?

  2. John Meynard Keynes

    « Dans l’Économie Ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d’un siècle, l’idée qu’on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale. A vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car, faute d’expliquer (si ce n’est par les faits d’observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n’est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu’il attaquait ; et Ricardo conquit l’Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l’Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d’État et l’Université, mais toute controverse s’arrêta ; l’autre conception tomba dans l’oubli le plus complet et cessa même d’être discutée. La grande énigme de la demande effective, à laquelle Malthus s’était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l’œuvre de Marshall, d’Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n’a pu survivre qu’à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas. »

  3. Votre article part d’un constat évident : la course au désendettement ne peut mener, kif-kif les années 30, qu’à une cata économique généralisée. Soit, et bravo de le dire, puisque tout le monde le sait et que personne n’ose en causer.
    Puis, il tente de trouver des solutions. C’est là que ça dérape.
    Primo, vous envisagez de mutualiser les dettes euro-européennes, pourquoi pas ? Mais finalement n’est-ce pas déjà un peu ce qui se passe, via le FSE, abondé par les pays solvables (ou qui croyaient l’être) au bénéfice de pays aux abois, quelle qu’en soit la cause, juste ou injuste. Qu’une remise en ordre des causes de leur déficit soit exigée en retour ne parait pas illogique. Le rythme restant à négocier.
    Secundo, vous demandez plus de budget pour une Europe qui arrive pour l’instant à cumuler les tares de l’hyper-bureaucratie et de l’hyper-libéralisme. Perso, l’Europe, l’idée, j’aime bien. Mais leur filer plus de fric en ce moment, alors que leur idée est de m’en pomper un max, je ne vous suis plus.
    Alors, tant que le débat ) sera monopolisé entre les tenants de pas d’Europe et ceux de l’Europe de la finance, je n’arriverai pas à suivre dans vos conclusions.

  4. Les dettes publiques des états pourraient être aisément remboursées à condition de prendre l’argent où il est : dans les patrimoines financiers de la tranche la + riche de la population. Ces fonds représentent des sommes énormes, ne concerne qu’une petite population, qui pourrait parfaitement se passer d’une partie de ces fonds, contrairement à la TVA, taxe injuste par excellence.

    La reprise de la dette en Euro-obligations est une bonne idée si elle ne concerne que des pays de même niveau, c’est une sorte de partage des risques, qui doivent donc être équivalents. S’ils ne le sont pas, le risque fort contamine le risque faible. Un peu de risque grec dans beaucoup de risque allemand fera monter le taux allemands au-delà de ce que payeraient les allemands achetant du risque grec.
    Ce ne peut être qu’une solution transitoire, prise dans l’urgence, pas une solution pérenne.

    Le seule solution est une fiscalité européenne, qui implique des règles du jeu concernant aussi les entreprises et l’évasion fiscale.
    L’évasion fiscale serait très simple à bloquer : les montants évadés et rapatriés de pays à fiscalité moindre ou non-imposés sur place sont taxés de la différence + 3%.
    Bien sûr c’est contraire aux traités européens, mais la question n’est plus de savoir si l’europe néo-libérale se porte bien…

    Il faudra un jour choisir entre le néo-libéralisme des traités et l’éclatement de l’euro, puis de l’europe. Je crains que nos responsables ne soient assez stupides pour ne rien changer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à faire, mais on ne sait jamais.

    On ne mettra fin à la tyrannie des agences de notations qu’en sortant de leur domaine, c’est à dire en nationalisant les déficits, s’il en reste après avoir modifié la fiscalité comme indiqué.

    Si les plus riches, ceux concernés par le premier paragraphe, veulent se barrer, qu’ils se barrent, il rateront le rebond de l’europe, qu’ils vivent heureux en chine ou nouvelle-guinée avec leur argent.

    Une reprise en main ferme et pensée sur le long terme de l’économie par les politiques (*) rassurerait les marchés, qui ne demandent rien d’autre que de la visibilité et de la stabilité, ce serait bien dommage de se priver.
    (*) pas d’austérité mais au contraire des injections d’argent « par le bas » pour faire tourner l’économie, créer des emplois locaux non-concurrençables par les chinois, en CDI, surfer sur la vague verte et promouvoir les économies d’énergie et les investissements dans ce domaine, etc.

    1. Il faudra un jour choisir entre le néo-libéralisme des traités et l’éclatement de l’euro, puis de l’europe. Je crains que nos responsables ne soient assez stupides pour ne rien changer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à faire

      C’est là le coeur du problème.

  5. ça ne va pas le faire………..le pilier allemand vacille aussi……….

    je cite :
    Comme l’Allemagne est en effet un des rares pays exerçant une influence bénéfique sur la conjoncture globale, ses récentes statistiques n’augurent ainsi rien de bon pour cette fin d’année 2011. P.I.B. du second trimestre à 0.1% (nettement en-deçà des prévisions de 0.5%) et confirmant une tendance prévisible ces dernières semaines, exportations en déclin de 1.2% sur le mois de Juin, indices de confiance des investisseurs et des patrons au plus bas quasiment depuis 2009… si l’économie allemande semble toujours bénéficier d’une certaine croissance, il devient évident que la période faste de l’année 2010 et des premiers mois de 2011 fait aujourd’hui place à une stagnation inéluctable et à son lot de doutes et de réflexes de repli.

    http://www.gestionsuisse.com/2011/la-situation-economique-en-allemagne-un-coup-dur-pour-le-monde/#more-2416

    1. Ben … ça ne peut être autrement … si on assèche la source (le porte-monnaie des consommateurs que nous sommes, salariés, agriculteurs etc.) je ne vois pas qui va acheter à l’Allemagne.

      A part l’industrie militaire qui trouvera certainement preneur pour ses produits, le reste risque de partir en quenouille.

    2. Tout à fait d’accord avec edith : on le sait, que la croissance de l’Allemagne est basée sur son exportation : elle a asséché son marché intérieur en paupérisant ses travailleurs.

      L’Allemagne a fait la leçon et la fière à bras à ceux qui étaient en fait ses acheteurs ! Parce que, pour que la fourmi amassent, il faut bien des cigales qui achètent, n’est-ce pas. Et notre si mignonne fourmi a fini par complètement étrangler ses cigales.

      Ainsi donc, la boucle va se boucler et le piège se refermer ? Tant mieux…enfin, ce serait tant mieux si Angela et ses sbires étaient capables de réflexion et de recul.

  6. Hors sujet (quoique plus spécifique), le G20 a validé une meilleur régulation agricole (vu qu’on part d’un mélange d’opportunisme, de dissimulation d’information et de stratégie monétaire, c’est pas difficile de faire mieux)
    http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/19-pays-et-l-union-europeenne-se-sont-entendus-pour-produire-plus-fiche-recapitulative-205-73226.html
    (y à surement de meilleurs sources)
    Y à les mots qui énerveront Paul Jorion (valeur, définition des prix), n’empêche que c’est un léger progrès, une sorte d’embryon de gestion mondial de l’alimentation et de lissage des prix. Après, ça dépend de l’action à terme, mais…

  7. Comme d’autres intervenants, j’ai l’impression d’entendre un discours droit sorti du Ps.

    Tout d’abord, l’approche me paraît déjà faussé dans le sens où on se place une fois de plus dans l’optique des marchés, or c’est bien le contraire qu’il convient d’afficher : il faut les court-circuiter. N’oublions pas que c’est eux aussi qui veulent l’austérité pour pouvoir continuer d’investir l’esprit tranquille (celui du risqueur qui ne court aucun risque) dans les obligations d’Etat. Mais en effet, ils veulent aussi la croissance, pour faire des profits. Problème, l’austérité casse la croissance. On écoute les marchés ?

    Il est peut-être temps de revenir au politique. Les euro-bonds, c’est une fois de plus un peu de temps gagné tout en allant dans la même direction. Le travail à faire au niveau européen , c’est au niveau des fondamentaux qu’il faut le faire et définitivement, il faut mettre les traités à la poubelle afin de permettre le financement direct des Etats et le contrôle des capitaux. Ce n’est qu’à ces conditions qu’on pourra réussir la nécessaire restructuration des dettes et repartir sur un cycle de prospérité en ayant au préalable fait pression pour un changement de système monétaire. Voilà la voie de l’intégration européenne, pas ce fédéralisme euro-béat qui mène au contraire vers le rejet.

    1. Merci, Nicks.
      On est encore sur le blog de Paul Jorion, avec le billet de ce jour ?
      Je préfère penser que c’est voulu, pour nous faire réagir …

      1. Le dernier passage du billet de Jean Pierre Pagé s’il était détaillé permettrait de lever l’ambiguité.

      2. Le billet de Jean-Pierre Pagé n’est pas non plus une profession de foi néolibérale, mais il s’inscrit il me semble bien dans la méthode Jorion qui n’est pas un chantre du radicalisme politique (la prime de 1000 euros tout ça 🙂 ). Je n’adhère pas mais ce blog est intéressant techniquement surtout et c’est ce point qui fait sa pertinence.

      3. @ Nicks, 25 août 2011 à 23:08
        Je ne voudrais pas insister, mais simplement rappeler que Paul annonce la fin du capitalisme :
        Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011)

        Publié en mars 2011. Du fait du versement d’intérêts par ceux qui sont obligés d’emprunter, le capitalisme engendre inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne peut manquer de se gripper un jour ou l’autre. Nous ne traversons pas l’une des crises habituelles du capitalisme, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute.

        Vous ne trouvez pas que c’est radical ?
        A côté du livre de Paul Jorion, le billet de Jean-Pierre Pagé est bien dans la veine du néolibéralisme ‘de gauche’, à la Delors, à la Aubry/Hollande/DSK. C’est pourquoi, d’ailleurs, certains intervenants de ce blog parlent de l’UMPS qu’ils opposent au FN d’un côté et à ‘la gauche de la gauche’ de l’autre.

        Peut-on en conclure que tous ceux qui proposent des solutions pour sauver le capitalisme perdent leur temps, et le nôtre, car il s’agit d’imaginer comment se fera la transition (comme la Lybie connaît en ce moment les affres d’une transition douloureuse) et quelles formes prendra la démocratie après la chute du capitalisme ? A ‘la gauche de la gauche’, on y réfléchit beaucoup, depuis assez longtemps, d’après ce que j’ai pu en lire. Sur ce blog, de nombreuses propositions sont faites.

        Il me semble que Paul et François ne suivent pas le blog ces jours-ci, d’où certaines dérives. Détrompez-moi …

      4. @Alain V: « Je ne voudrais pas insister, mais simplement rappeler que Paul annonce la fin du capitalisme »

        A l’agonie en fait, le coup de la mort c’est juste un slogan commercial. Paul dit que le système n’est pas irréparable mais qu’il a juste besoin d’une authentique métamorphose, c’est-à-dire de gros changements, tellement gros qu’il faudra probablement en changer le nom. Il annonce donc un « nouveau capitalisme » (à visage humain?).

    2. Il est peut-être temps de revenir au politique.

      il faut mettre les traités à la poubelle afin de permettre le financement direct des Etats et le contrôle des capitaux

      Indépendamment de ce que je pense des eurobonds, je trouve assez drôle (et contradictoire) de voir que ce sont les mêmes qui prônent un « retour au politique » et critiquent par ailleurs la politique des gouvernements français depuis 40 ans.

      Les expressions « monnaie sonnante et trébuchante » ou de « bon aloi » (http://fr.wikipedia.org/wiki/De_bon_aloi) ne viennent pas de nulle part. La méthode qui consiste à faire battre monnaie par les gouvernements a été assez largement expérimenté ces derniers siècles, et les résultats sont plutôt mitigés…

      1. @Sylvain

        Depuis trente ans, la politique suivie a été de s’interdire toute influence. C’est certes une politique, mais qui vise à sa propre fin, du moins dans un cadre démocratique. Il n’y a donc pas de contradiction dans mes propos.

        La création monétaire décidée par les gouvernements, ce n’est sans doute pas une panacée mais il me semble tout de même qu’on est assez loin de la toxicité du monétarisme, quand on considère par exemple la période 1945-1973 en France. Pour les rentiers, ce n’est pas un âge d’or c’est vrai…

      2. @ Nicks Il est vrai que les politiques brassent beaucoup d’air, et qu’ils n’ont pas beaucoup d’influence. C’est effectivement la principale critique qu’on peut leur reprocher. De là à souhaiter un « retour au politique » pour qu’ils continuent à faire de grands moulinets, je ne vois pas vraiment l’intérêt. Parce que faire de grands moulinets et dire « moi je vais faire ceci ou celà » et ne pas faire grand chose derrière, c’est quand même un peu leur grande spécialité aux politiques, et je ne vois pas par quelle magie ils changeraient tout à coup.
        En fait je crois beaucoup plus en l’influence de la société civile sur le changement qu’en celle des politiciens et de l’Etat, c’est sans doute là mon grand défaut.

        La création monétaire décidée par les gouvernements, ce n’est sans doute pas une panacée mais il me semble tout de même qu’on est assez loin de la toxicité du monétarisme

        Heu je ne sais pas ce que vous appelez « toxicité du monétarisme », mais même sans la création monétaire on était quand même assez éloigné du monétarisme et attention à ne pas trop idéaliser la période 1945-1973, c’est un cas quand même assez particulier de rattrapage économique. Le contexte n’est plus le même, nous faisons partie des pays qui sont à la frontière technologique: il ne s’agît donc plus de copier des technologies ou des processus industriels inventés ailleurs (ça l’État sait très bien l’organiser au sein d’entreprises publiques); il s’agît de faire de l’innovation technique (ou d’organisation), de la R&D pour inventer ce qui n’existe nulle part ( et ça l’Etat ne sait pas bien faire).

      3. @Sylvain

        Malheureusement, la société civile fait aussi de la politique, désolé si je vous l’apprend. Je n’ai pas plus de sympathie que vous pour la professionnalisation en politique mais au moins je suis conscient que tout acte social est politique et inversement.

        La question est ensuite de savoir si oui ou non la démocratie fonctionne et pour cela il faut que la direction, le projet, soient connus et décidés par l’ensemble des citoyens et par par une minorité possédante. Or elle a obtenu les clés par la libéralisation de la finance et par le pouvoir démesuré de financer à elle seule les Etats. Il faut reprendre ce pouvoir, ce n’est pas excessivement compliqué à comprendre non ?

        Pour le reste, il y a des choses comparables et d’autres non. Ce n’est tout de même pas un hasard si la période des trente glorieuses n’a pas connu de crises financières équivalentes à celles qui ont immédiatement suivie la libéralisation de la finance, tout comme ce n’est pas anodin que les dettes aient connu leur explosion dès après la mise en indépendance des banques centrales. Le monétarisme est prégnant dans la gestion des monnaies et cette idéologie, une des composantes du « néolibéralisme » nous plombe depuis maintenant quarante ans.

        Pour s’en sortir, il faut sans doute inventer de nouvelles choses, mais ces innovations n’auront rien en commun avec celles que vous sous-entendez probablement, dans la bonne logique de compétition capitaliste. Par ailleurs, il serait aussi bien stupide de ne pas se pencher sur des solutions historiques post-crise pour en tirer des conclusions bénéfiques (le CNR n’est pas la moindre de ces expériences à considérer pour l’adapter ensuite).

        Enfin, si vous pouvez vous exprimer sur ce blog, c’est parce que des fonds publics ont permis l’invention d’internet aux Etats-Unis, comme quoi, l’Etat n’est pas si désarmé que cela pour favoriser la nouveauté.

      4. Enfin, si vous pouvez vous exprimer sur ce blog, c’est parce que des fonds publics ont permis l’invention d’internet aux Etats-Unis, comme quoi, l’Etat n’est pas si désarmé que cela pour favoriser la nouveauté.

        Internet, en tant que réseau décentralisé mis en place dans 4 universités américaines à fond privé est le parfait exemple de ce que je disais. Le fait que ce soit inventé aux Etats-Unis n’est pas anodin non plus: pendant ce temps l’État français lui expérimentait le Minitel…

      5. @Sylvain

        Ah non monsieur, vérifiez bien grâce à quels financement la recherche sur la communication par réseau a pu se mettre en place au sein de la défense américaine. Au départ, il y a toujours des fonds publics, toujours…L’exploitation commerciale et la vitesse de propagation sont d’autres choses, mais sans fondations, on ne construit pas une maison solide, même aux Etats-Unis.

      6. @Sylvain:
        Je dois etre un des premiers français a avoir « surfé » sur le net .
        En 1972, apres un tour des states + Mexique (en stop) de 2 mois , j’étais en avance pour le charter de retour a N.Y. Nous avons décidé de poireauter qqs jours en dehors de la Big Apple . Notre « lift » allait a l’université de COLGATE (on ne rigole pas !) ds le nord de l’etat ou on nous a aimablement prèté une chambre …et fait visiter les lieux .
        L’interconnexion informatique entre plusieurs bibliothèque universitaires nous a été présenté comme une concession de réseau de l’ Armée ….

  8. Vu la profondeur de la crise et vu l’urgence, je suis d’accord pour n’en traiter
    que les aspects « événementiels », ou dit autrement superficiels et matériels.
    L’ Idéal, le traitement de fond, devra attendre des jours meilleurs….

    Je suis donc globalement d’accord avec vos propositions.
    Que ce soit un retour à 1930, 1958 , 1981, ou 1998, n’a aucune importance.
    Qu’un Kineysien n’ y retrouve pas ses petits n’a pas plus d’ importance.
    Que votre programme soit d’inspiration socialiste ou issu de Sirius ou de Pluton
    provoque la même réaction: rien à cirer. Je prends , et pour d’autres raisons.

    Je ne chipoterais que sur quelques points:
    – Le but doit être la lutte contre le chômage.
    Si un programme viable et acceptable par la majorité arrivait
    à donner une somme d’argent mensuelle d’un montant de l’ordre de 1000 Euros
    à ces chômeurs, j’approuverais, mais ce n’est pas en vue.
    Le chômage et l’absence de revenus détruisent une société.
    C’est même la négation du contrat social qui nous lie.
    Le chômage est la cause principale du clivage d’une Société:
    violences, communautarisme, ilots de non-droit, etc…
    Sa lutte est un impératif de bon sens.

    – Sans une réforme simple des revenus de l’ Etat, c’est à dire établir
    une justice fiscale, aucun effort ne sera légitime et durable.
    Payer des impôts, pour une cellule fiscale quelconque,
    à la hauteur de sa capacité contributrice est un devoir social
    et constitutionnel. La solution tient en quelques mots:
    progressivité, la plus forte proportion en impôt direct , clarté et simplicité
    des textes, refus de tout chantage ou buts accessoires, en particulier industriels
    et favoritisme de classe, criminalisation des contrevenants.

    – Diplomatie active: il en faudra pour convaincre ou circonvenir
    l’ Allemagne. Elle est vraiment le partenaire obligée.
    On pourrait, sans ingérence, favoriser parmi les Allemands, ceux qui comprennent
    l’intérêt de jouer collectif et solidaire.
    Quoiqu’il arrive, les avantages comparatifs allemands, qui durent depuis 1958
    et qu’elle a su mettre en valeur, sont destinés à disparaître…
    Il en faudra aussi pour mettre à bas les « vrais » paradis fiscaux, tels ceux du Luxembourg
    et de GB.
    Faire retour de la finance dans la communauté du droit sera aussi un oeuvre diplomatique
    de longue haleine ( et c’est vaste: compensation et droit internationaux, Bancor etc…)
    Mais cet objectif tend vers l’ Idéal, pour l’instant réservé au long terme…

    1. @Daniel

      Mais on a pas le temps. Ce que propose Jean-Pierre Pagé, c’est de continuer le train train de la social-démocratie, celle notamment de Delors sous la présidence duquel l’Europe s’est complètement ouverte à la finance.

      Une dette mutualisé entre pays européen, c’est une solution, mais pas si cela permet encore au marché de s’abreuver gratuitement et de continuer in fine a dicter sa loi. Or les euro-bonds comme ils sont imaginés en ce moment, c’est précisément ça, à savoir faire comme les américains, monétiser pour les banques et le marché. On voit le résultat.

      Certes, cela vaut mieux sans doute qu’une explosion en vol de l’euro mais je crains qu’encore une fois on ne donne la sensation aux spéculateurs qu’ils sont définitivement les maîtres du jeu et qu’ils récompense cette bonne volonté politique par des exigences encore plus marquées en terme de privatisations, de casse du modèle social redistributif. Nous avons désormais plus de trente ans de recul pour constater que le réformisme a échoué…

      1. « […] de continuer le train train de la social-démocratie : »
        le train-train: je suis d’accord, à la rigueur mais pas beaucoup.
        Mais lui adjoindre « social-démocratie  » : je ne suis pas d’accord, pas du tout.
        Y’a pas plus, actuellement et depuis longtemps, de social-démocratie
        que de beurre en branche.
        Comme beaucoup, vous baptisez « social démocrate »,
        une action qui est de Droite, ou de Droite anti-sociale.

        La dette des Etats est leur SIDA . C’est un affaiblissement lent et graduel de notre liberté d’action.
        Donc les spéculateurs ont la partie belle.
        Il importe de s’en libérer. Et c’est urgent. Qui n’est pas d’accord?
        Je crois qu’il n’existe pas de solution qui, d’un coup et au prix d’un gros effort
        limité dans le temps, permettrait de s’en libérer.
        Les « temps obscurs » – ceux de la spéculation – seraient remplacés par le « temps radieux » de la libération.
        Et entre les deux , une transition de la durée d’un claquement de doigts.
        Non , ça c’est du rêve cinématographique.

        Résoudre les contradictions imposées par un monde fini, sera long
        et, tout bien considéré, jamais abouti. Le repos après l’effort ne sera pas possible.
        En tout cas, il a fallut 30 ans d’un matraquage de droite pour obtenir
        le résultat actuel. Il en faudra bien autant pour s’en libérer et amorcer une autre direction.
        La lutte politique sera sans fin.

        En attendant, une fiscalité conforme à la justice sociale et la lutte contre le chômage
        sont deux urgences. Elles sont parfaitement en accord avec les objectifs
        de Jean-Pierre Pagé et d’autres.
        L’interdiction des paris nus, défendue ici, en fait partie, elle aussi.
        Je crois que les spéculateurs et la finance se rendent compte de ses
        conséquences fantastiques et mortelles pour eux.
        Les officines spécialisées doivent commencer leur contre-offensive, comme on a pu le voir pour la taxe Tobin.
        Une lutte sans fin…

      2. @Daniel

        Dites moi en quoi les euro-bonds font peur aux spéculateurs qui les réclament à corps et à cris ? Pour le reste, vous avez raison sur la social-démocratie et les propositions de Jean-Pierre Pagé s’y inscrivent. C’est pas vraiment de gauche…

      3. Suis nulle en économie, mais si les taux d’intérêt des euro-bonds sont inférieurs à ceux des dettes nationales, ce sont les investisseurs privés (banques européennes les premières) qui l’ont dans le baba. Non? de facto, c’est une restructuration des dettes. Mais peut être j’ai rien compris.

      4. @Lou

        Certes les profits seront moindres mais la sécurité bien plus grande et en cette période troublée où les grands aventuriers de la finance ne supportent pas le moindre risque (comme d’habitude quoi), c’est ce critère qui les fait courir. Aucune chance donc de voir la course à l’endettement se terminer. Cela ne donnera qu’un répit à l’euro…

    2. On risque d’être pris pour un dingue par les honnêtes gens à le dire, je le dis quand même… on ne peut lutter contre le chômage et la stagnation voire l’absence de revenus, puisque c’est une donnée du système capitaliste. « Plus ils chôment, moins ils touchent et mieux on se gâââve. »

      d’où les chiffres hallucinants, mais non officiels, de 15% de chômeurs aux USA, qui est chacun le sait le « paradis du RSA »

      étonnant que ce ne soit pas encore compris. C’est peut être pour ça que les gens ne se révoltent pas contre le système, ils doivent croire qu’il y aura toujours des chômeurs dans une société parce qu’il y aura toujours des paresseux obèses et des troisièmes générations d’immigrés…

      donc, ne perdons pas d’énegie à chercher des solutions au problème capitaliste, attendons qu’il disparaisse de lui-même en espérant que ce soit de la moins pire des façons. Puisqu’on subit depuis longtemps un monde injuste où il faut des chômeurs en masse et que les salaires des aspirants à la propriété stagnent éternellement pour qu’il y ait de plus en plus de mégariches, tout ce qui pourra émerger à la suite de sa destruction brutale ne pourra être que mieux.

      pas de salaires, pas de revenus, pas de riches, pas de chômeurs. C’est inconcevable? Il y a un trou d’air? c’est normal, c’est le trou d’air prédit par marx dans le capital il y a bien un siècle de ça.

      on a bien un truc à s’échanger les uns les autres sans que ça nous enlève notre dignité ou que ça nous aliène au rang d’animaux ou de prédateurs:

      c’est le bancoeur

  9. Purée …

    Mais dites moi, les riches sont de plus en plus riches, c’est vrai ça ?

    Il vient d’où l’argent ?

    Dites moi, j’ai pas tout compris.

    La part de la valeur ajoutée qui va dans les salaires a baissé depuis 20 ans, non ?

    La différence est allée où ?

    J’ai du mal à suivre beaucoup de commentaires.

    Voir ce joli rapport : (payé par vos impôts bien sûr et lu par notre cher président)

    http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/dossiers_web/partage_VA/rapport_partage_VA.pdf

    1. Extrait de la conclusion du document : page 78

      C’est en termes de flux bruts que les dividendes ont connu l’évolution la plus
      spectaculaire, mais celle-ci reste encore très importante pour les flux nets, dont la part
      dans la VA a pratiquement doublé depuis une dizaine d’années.

      1. Survolé ton rapport, mais enregistré.
        Difficile à comprendre le jargon INSEE et la méthode « pourquoi écrire simple quand on peut hexagonaliser ».
        Une chose m’a frappé : une courbe indiquant que même si la VA atteint des sommets (en 60 par exemple), les salaires ne varient que très peu à la hausse.

      2. C’est la science des élites de créer des mots pour des concepts, des sous-ensembles, des subtilités.
        Ce qui leur permet de dire aux béotiens qu’ils n’ont pas compris, qu’ils mélangent tout …

        Pour cacher une réalité il est préférable de la compliquer.
        Au bout d’une phrase avec une incise et une subordonnée, 99% des gens ont abandonné.

        Le propre de l’élite est de créer son propre vocabulaire.
        A vous de vous adapter à ce vocabulaire.

  10. Pas grand chose de neuf dans cet article aux relents quatremeriens…Beaucoup de citoyens européens cocufiés se méfient désormais de ce qui peut se cacher derrière ce fédéralisme qu’on essaie de nous vendre à tout crin (le rendant d’autant plus suspect)…
    « Bien entendu, cela doit s’accompagner d’un progrès démocratique avec un rôle accru du Parlement européen. » On a le droit d’y croire, un peu comme pour l’Europe sociale quoi, on se contentera de quelques déclarations de bonnes intentions « il faut plus d’Europe sociale », « il faut plus de démocratie ». De toutes façons, la démocratie en Europe n’est plus qu’une démocratie de façade avec tapis rouge pour les lobbies et ferme ta gueule pour le citoyen ordinaire. Qu’on vienne encore nous parler démocratie en UE, après avoir gentiment piétiné celle-ci après le non au TCE. Non merci, par de rafistolage européen qui ne remette pas en cause les fondements du système actuel. Un vrai changement de modèle sociétal s’impose. Que l’actuel crève. S’il ne le fait pas, c’est l’humanité qui le fera.

  11. J’adhère à votre analyse de la situation. Mais le diable est dans les détails et concernant les solutions, il me semble que vous oubliez un gros détail : l’Allemagne ne voudra jamais des euro-obligations (qui seraient pourtant dans son intérêt, 70% de ses exportations se font en Europe je crois), elle refuse de payer pour les autres (je ne sais pas ce qu’en pense le Peuple allemand, mais à mon avis, ayant fait des efforts pour réussir la réunification puis des efforts au niveau des pressions salariales, il est fort probable que les euro-obligations ne soient pas jouables électoralement, je crois mais à vérifier qu’elles coûteraient 50 Milliards d’Euro à l’Allemagne).
    C’est pour cette raison que je suis très pessimiste sur l’avenir de l’Euro, pourtant à mes yeux indispensable pour lutter à armes égales avec les autres zones en train de se constituer.

  12. Je vais me faire l’avocat du diable mais on ne cesse dénoncer les agences de notations privées qui font la pluie et le beau temps.

    Je trouve légitime qu’on se demande pour qui elles roulent, cependant si on attend qu’un ministre des finances dise que la situation est désespérée on peut toujours courir. Je me souviens d’un off de Thierry Breton pas piqué des hannetons au moment ou il prenait les rênes de son ministère.

    Donc à part ces maudites agence, qui est assez écouté pour tirer efficacement la sonnette d’alarme.

    Pardonnez moi si la question est naïve ou grotesque, je débute 😉

  13. il parait que, Jean-Marc Daniel, professeur à l’ESCP-Europe, à écrit le récit d’un moment particulièrement fascinant de l’histoire de la Grèce dans un article du Monde du 5 avril.
    Je ne l’ai pas lu, mais j’en ai entendus parler, il parait qu’il est édifiant.
    Cela se passait en 1930 et après…..

  14. Années 30?

     » QUADRAGESIMO ANNO  »

    Lettre-encyclique sur la restauration de l’ordre social de Pie XI, 15 mai 1931

    http://membres.multimania.fr/urnantes/Cadres%20Dossiers%20en%20Ligne/Dossiers_en_ligne/Encycliques/ur%20quadragesimo.html

    « 577 De même qu’on ne saurait fonder l’unité du corps social sur l’opposition des classes, ainsi on ne peut attendre du libre jeu de la concurrence l’avènement d’un régime économique bien ordonné.

    Sans doute, contenue dans de justes limites, la libre concurrence est chose légitime et utile; jamais pourtant elle ne saurait servir de norme régulatrice à la vie économique. »

  15. Que faudrait-il faire ? Tout d’abord, passer au plus vite à la mutualisation de la dette européenne qui, agrégée, apparaît supportable, en tout cas, nettement inférieure à celles des États-Unis et du Japon, et mettre en place le système des euro-obligations, préconisé à juste raison par beaucoup, car seul susceptible de mobiliser l’abondante épargne du secteur privé en vue de financer à la fois le remboursement de la dette et des investissements porteurs d’avenir. Cette dernière mesure paraît d’autant plus facile à adopter qu’elle fait l’objet d’un consensus de plus en plus large, même en Allemagne où seuls résistent au sein de la coalition au pouvoir des tenants d’une idéologie libérale et d’une conception de la vertu et de la puissance de l’Allemagne dépassées.

    J’ai vraiment du mal à imaginer que cela soit aussi simple que cela. Déjà parce que ce n’est pas compatible avec le traité de Lisbonne . D’autre part, quand bien même là chose le serait, il faudrait alors une instance « supérieure » pour juger du bien-fondé des investissements. Ce qui ne peut se faire en l’état actuel, sauf à faire de cette cellule une instance non-démocratique. Or, la souveraineté des peuples me paraît incontournable. De plus, les Allemands sont très loin d’être d’accord avec ce projet qui les obligeraient non seulement à payer une dette qui n’est pas la leur mais aussi à emprunter à un taux supérieur que celui accordé par les marchés actuellement.

  16. La meilleure solution est de libeller les prix des produits et services en minutes de bonnes actions accomplies et de supprimer les devises sans odeur…

    Car:
    1) Si vous naissez sans cuiler en or dans la bouche vous êtes soumis à la dette, de votre naissance, à votre mort.
    2) Si vous payez vos achats avec de l’argent gagné en travaillant, le client qui vous suit peut payer ses achats avec l’argent de la drogue qu’il a vendue.
    3) L’argent est un moyen et non un but, ce qu’il semble être devenu, et tout le monde en est esclave.. Aussi bien les nantis qui n’en ont jamais assez et les pauvres qui courrent après pour en avoir.
    4) Au nom de l’argent nous détruisons notre environnement et mettons notre santé, voir nos vies en danger.
    Liste non exhaustive..

  17. Il manque un point essentiel dans ce programme: la démocratie. Si nous mutualisons la dette (solution qui me laisse très sceptique car ne traitant pas la cause de la dette), le minimum serait que l’Europe soit une démocratie.

    c’est très loin d’être le cas comme l’a prouvé l’adoption du TCE/traité de Lisbonne aux forceps ou le comportement européen face aux pays en difficulté (lettre de Trichet à l’Italie par exemple).

    Sans une profonde réforme -dont rien ne permet d’envisager que l’actuelle Europe soit capable-, cette solution est un aller simple vers une dictature.

    1. Vous devriez vous souvenir que le rejet du Traité de Lisbonne par référendum était dû surtout à l’impopularité de Chirac – comme les choses changent – les Français ne répondant pas toujours à la question posée. Plus tard, le même Traité, après un léger lifting, a été adopté par le Parlement selon les règles parfaitement constitutionnelles, à l’initiative de Sarkozy qui venait d’être élu. Où voyez-vous un manque de démocratie ?

      1. Où voyez-vous un manque de démocratie ?

        pour ne pas tomber dans la spéculation des causes du « non » de 2005, rien n’était plus indiqué qu’un nouveau référendum.
        démocratie dites vous ?
        que voulez vous la communication n’est plus ce qu’elle était, et les Français et Européens ne gobent plus les explications vaseuses … non c’est non, ça n’est pas « non parce que Chirac etc. »

        Quel succès a eu Etienne Chouard à cette époque (sans doute était ce un blog d’opposition à Chirac et toutes les informations fournies concernaient Chirac)

      2. Vous ré-écrivez l’histoire pour nier la réalité. Le référendum a donné lieu à un débat sur l’Europe envers et contre tous les médias et l’UMPS. Et la réponse a été claire et nette. Non à cette Europe.

      3. Le problème est l’absence de parallélisme des formes : dans le premier cas, le peuple s’est prononcé directement. Dans le 2è cas, la classe politique, qui s’était prononcée à 80% (au moins) pour la constitution européenne, a approuvé la ratification du traité de Lisbonne.
        Je fais donc cette proposition : que l’on demande aujourd’hui à nouveau au peuple ce qu’il pense du traité de Lisbonne et qu’on isole le vote des parlementaires. Et Chirac n’y sera plus pour rien.
        Par ailleurs, admettons que le peuple ne vote pas qu’en fonction de la question posée mais également en fonction d’autres considérations. Admettons. Mais nos hommes politiques sont-ils si différents ? Et n’ont-ils pas été élus eux-même par le même peuple certainement là encore pour autre chose que leur programme politique ?
        On fait quoi alors, du peuple ?

  18. Je relisais avec un certain amusement les commentaires du Financial Times d’il y a quelques jours, qui se penchait sur le cas de la Belgique dont la croissance continue à se porter plus favorablement que ses pays voisins (0,7%)… Les raisons évoquées par le FT étaient, tenez-vous bien, l’absence de gouvernement fédéral, empêchant la mise en oeuvre de plan d’austérité… Souligné également comme un élément de sauvegarde de la croissance, notre fameux système d’indexation automatique des salaires favorisant la consommation; mécanisme qui perturbe tellement les sacro-saints indicateurs de compétitivité et qui devrait faire l’objet d’attaques dans les prochaines semaines par le biais du pacte euro plus et des semestres européens…
    Les remèdes imposés par la droite ont démontré leur inefficacité et leur propension à alimenter de nouveaux sursauts d’une crise du système. Les désaveux du gouvernement Sarkozy par rapport à leurs propres instruments (niches fiscales, heures supplémentaires, etc), la contraction du PIB grec malgré les plans de sauvetage, les 17 millions d’enfants américains qui ne grandissent plus normalement pour raison de sous nutrition, autant de preuves que le débat relatif à un changement de société dépasse de loin le discours idéologique mais se base dramatiquement sur des constats objectifs, pathétiquement pragmatiques. La course folle à la compétitivité, tirant les salaires et les conditions de travail toujours plus vers le bas doit cesser. Il faut revenir à une redistribution équitable des richesses (créées par les travailleurs) en faveur des salaires.
    Le pas avancé par les 4 pays européens, dont la Belgique et la France, pour interdire, au moins provisoirement, les short sellings, peut servir de rampe de lancement pour un mouvement plus large. Un pas complémentaire visant à casser la logique de compétitivité imposée par Maastricht et mise en exergue par le pacte euro plus de cet été doit être accompli. Pourquoi ne pas généraliser le fameux index belge à l’ensemble de la zone euro? pourquoi ne pas créer les prémisses d’une sécurité sociale européenne en se penchant sérieusement sur l’harmonisation de la (para)fiscalité au sein des Etats membres. L’Europe du capital ne doit pas survivre à cette crise. L’Europe sociale doit renaître de ses cendres…

    1. @Tamellini

      J’me tue à l’répéter…………sans qu’ça fasse « tilt »……..

      Enfin……..continuons le combat…..!

  19. Bonsoir,

    La crise, pour l’instant c’est la rechute de l’économie et des marchés comme en 1931/32. La crise c’est l’excès de dettes et l’incapacité des gouvernements à proposer un budget équilibré. C’est la crise telle que nous la vivons en ce moment et telle que nous allons la vivre dans les mois qui viennent.
    Les euro-bonds verront peut-être le jour mais ne résoudrons pas la crise. Les relances européennes avec un budget de l’UE augmenté n’ont que peu de chance de voir le jour et ne résoudrons rien. Car la crise réelle, sous-jacente à cette crise financière est d’une part dans la répartition inégalitaire des richesses entre pays et entre classes sociales d’un pays mais surtout la prédation sur l’économie des oligopoles.
    Derrière la bourse, derrière la finance et la spéculation, la crise mondiale est celle du modèle capitaliste : le libre marché et la non régulation ont permis la naissance d’oligopoles qui se partagent les marchés et s’entendent sur les prix. Les oligopoles accaparent la richesse et agissent en prédateurs de l’économie. Le prix de l’essence, des abonnements téléphoniques, des frais bancaires, des médicaments et de bien d’autres choses ne sont plus livré à la concurrence. Dès lors, le prix payé comprend en plus du prix du bien ou du service une quasi taxe. Avant 1789, on payait un tribut au seigneur, aujourd’hui on paye des prix surévalués pour permettre aux oligopoles de grossir encore et de s’enrichir toujours plus.
    Les oligopoles dominent le monde politique (c’est eux qui ont l’argent) par le biais de la menace (délocalisation) et du lobbying (autre nom de la corruption).
    Avant de rêver à une autre société, une société humaine et responsable devant l’environnement et l’évolution du monde dans tous ses aspects, il faut que les pays fassent défaut et que les budgets soient équilibrés. Si les richesses prélevés par les oligopoles sur l’économie étaient transférés à l’état et à la population, une grande partie du déséquilibre budgétaire serait sans doute résolu. Cela n’empêcherait de chercher à ne pas gaspiller les deniers publics (combien de commissions existe-t-il en France et pour faire quoi), ni de réfléchir à une meilleure répartition des revenus entre les classes sociales et les générations, ni de poser les principes d’une société plus évoluée que le modèle capitaliste. Mais dans l’urgence, le premier souci serait de revenir à un système capitaliste véritable.
    Notre système n’est plus capitaliste il est mafieux et moyenâgeux : et peu de politique le disent.
    Les rivalités internationales, la peur de l’autre, le chantage permanent du « si nos entreprises ne sont pas des géants, nous serons mangés par les entreprises étrangères » ne doivent plus être entendue. Car ce bruit de fond ne fait que d’étouffer les initiatives, les PME, les pauvres, les classes moyennes, bref l’ensemble de l’économie.
    D’ailleurs, dans les sociétés de CAC 40, une bonne partie ne tire son CA que principalement d’une activité franco française : les assurances, les banques pour leur activité banque de détail, les super marchés, la téléphonie mobile, l’internet, les autoroutes , … Trop gros, trop dominant, il faut soit les casser (loi anti-trust) soit les nationaliser. Et faire respirer l’économie;

    1. @Francois, 26 août 2011 à 00:18

      Avant de rêver à une autre société, une société humaine et responsable devant l’environnement et l’évolution du monde dans tous ses aspects, il faut que les pays fassent défaut et que les budgets soient équilibrés.

      « Il faut que les pays fassent défaut » : c’est comme cela que l’on voit la mort du capitalisme. J’imagine que vous savez ce qui se passera quand des pays feront défaut.

      Il faudra alors prendre le pouvoir, pour que les oligopoles ne se l’approprient pas/plus. Et que fera l’OTAN, leur bras armé ? Je suis assez pessimiste.
      On voit comment l’OTAN permet en ce moment aux oligopoles de se saisir de la principale richesse de la Libye, toujours sous le prétexte de la liberté et des droits de l’homme. Comme en Afghanistan, comme en Irak.
      Les Libyens profitaient largement de la richesse pétrolière. Qu’en sera-t-il quand Total et autres Cies l’auront repris ? Total fait-il profiter les Français de sa richesse ? On imagine que ce sera pareil en Libye.

    2. @François

      Je cite :
      Notre système n’est plus capitaliste il est mafieux et moyenâgeux : et peu de politique le disent.

      C’est une régression énorme que nous vivons et pas seulement démocratique, les oligarques ont entrepris par le biais de leurs médias , des communicants, des grands groupes dominants un véritable travail de sape de nos libertés qui si elles ne sont pas supprimées sont orientées dans le sens de leurs intérêt, il y a une entreprise de confiscation du pouvoir vraiment malsaine !
      Pourquoi nos gouvernants s’augmentent’ ils comme ils le veulent leurs salaires et émoluments ?
      Pourquoi les pays nordiques ont des démocraties avec des gouvernants qui payent leurs frais de leur poche ???

      ll me semble que la citoyenneté et le sens de l’Etat ont beaucoup deserté les esprits de nos
      élites ces derniers temps !

      Et le travail de sape n’est pas terminé j’ai découvert cette boule puante ce matin sur Marianne :
      http://www.marianne2.fr/SlovarMarianne/Economies-budgetaires-Les-RTT-nouvelle-cible-prioritaire-de-l-UMP_a314.html

      malheureusement cela illustre bien votre citation !

      du dégout , cet individu me dégoute !

      Notre audace et notre liberté d’esprit nous affranchirons de cette boue, je le souhaite vivement, merci à tous .

  20. Désolé de politiser un peu la question, mais ça me semble assez bien correspondre au programme Eva Joly – EELV, ce qui est préconisé comme solutions dans cet article non?

    1. Pas d’accord, JP Pagé relève plutôt de la tendance du PS pré jaurésien.
      A cette époque , les EELV luttait pour l’impôt direct, au côté de Clémenceau.
      Et cette lutte, bien oubliée, a été homérique. A en croire les futurs assujettis
      la France allait retourner à l’age des cavernes… Sûre que cette mesure inique
      allait affaiblir le pays et détourner l’attention de la ligne bleue des Vosges.
      Bref, trahison en présence de l’ennemi.

      Avez-vous remarqué qu’il n’ a pas rendu hommage au Barbu.
      Normalement, c’est obligatoire; L’impasse est une faute de goût , un manque de savoir vivre intolérable.
      On lui passerait le solécisme mondain sur le Barbu s’ il avait inclus un rappel à Aristote,
      un autre barbu. Mais même pas ça.
      L’ensemble, fond et forme, est disqualifié sans appel.

      Et pis, il a pas respecté les canons: thèse, antithèse, synthèse.
      Avec tout ça, il est recallé, fini, renvoyé aux ténèbres extérieures, rendu à la classe populaire,
      la punition ultime.
      C’est M.e Joly qui va être contente. Elle va se sentir moins seule.

  21. Faire payer les riches, faisons quelques comparaisons :

    1 – ISF divisé par 3 à partir de 2011 : 2 milliards d’eurosde moins pour les caisses de l’état ( et la règle d’or ………. )

    2 – Fin du bouclier fiscal en 2013 : 600 millions dans les caisses de l’état

    == > les plus riches GAGNENT 1,4 milliards ( 1,4 milliard de perte pour l’état chaque année )

    et on va applaudir à leur taxation qui va rapporter 200 millions d’euros exceptionnellement

    DE QUI SE MOQUE T ON ?

    PS : infos entendu hier à c’est dans l’air ( vous savez l’émission gauchiste …… )

  22. La référence aux années 30 est fallacieuse car si vous aviez réellement voulu en tirer une leçon, vous exigeriez la fin de l’Euro. Les années 30 furent la prise de conscience qu’on ne pouvait pas ou plus comme à la fin du XIXe siècle, ajuster les compétitivités relatives entre pays en s’appuyant sur des baisses de salaire. La référence d’une monnaie traduite en un certain poids d’or fixé une fois pour toute, à l’image du franc égal à 6.55957 €, se traduira pour les pays déficitaires par une montée du chômage, et la nécessité pour ces Etats de maintenir l’activité économique par des politiques budgétaires expansionnistes permanentes afin de limiter ou de rendre supportable la casse sociale (ou d’accepter des politiques d’austérité permanence avec un chômage de masse à l’image de la France entre 1931 et 1935). La mutualisation des dettes ne peut se substituer à une politique visant au rééquilibrage des balances commerciales à l’origine des dérapages budgétaires. Si la leçon des années 30 avait été comprise, on devrait s’attendre à ce que les pays qui se relèveront les premiers de la crise seront ceux qui sortiront les premiers de la zone Euro à l’image des pays qui, en leur temps, avaient été les premiers à abandonner l’étalon or.

  23. Bonjour. Associer l’avenir à l’Union européenne et à d’éventuelles mesures vertueuses (ce qui reste à voir) prises en commun par ses membres relève au mieux d’une douce illusion. L’Europe est un monstre technocratique qui tente de faire l’impasse sur les nations qui la composent, autour du leadership allemand. Elle est l’un des bras armé des mondialisations marchandes et financières. Compter sur cet agrégat gagné au néolibéralisme, promoteur des déréglementations en tout genre, pour limiter les effets de ce dernier, ou raisonner dans le cadre de cette structure pour espérer en voir sortir une mesure utile non aux pouvoirs financiers et marchands, mais aux peuples qui la composent me paraît férocement optimiste. Côté pessimisme, je constate que la majorité des candidats aux primaires socialistes (entendus ce matin même sur France Culture) raisonnent toujours sur le mode européen mondialisé, ce qui à mes yeux ôte toute crédibilité à leurs professions de foi. Un seul dit des choses simples et solides, M. Montebourg, qui a le mérite de nommer les véritables difficultés, et d’essayer d’apporter de vraies réponses. Je suppose que, d’ici le printemps 2012, la situation économique va empirer, obligeant sans doute ça et là les candidats aux présidentielles à sortir des discours oiseux, mais quid ensuite? Si la France ne se réveille pas, et avec elle peut-être quelques partenaires européens, la lumière, fût-elle noire, viendra une fois de plus des Etats Unis, comme avant elle la globalisation/mondialisation. Après tout, en ces matières, on a les « patrons » qu’on mérite. Cordialement.

    1. Il y en a deux qui disent autre chose qu’un tissu d’âneries sur la situation actuelle:
      Arnaud Montebourg, certes, et puis aussi, et puis surtout, J.L. Mélenchon…(c’est évident pour ceux, dont je fais partie, qui suivent son discours, très structuré, depuis le début.De plus, il est excellent à l’oral, ce qui ne gâche rien…)

      1. Certes, Mélanchon. mais je parlais du PS. Souhaitons un jour un ticket Mélanchon Montebourg dans un cadre à définir. Pour ce qui me concerne, je voterai pour l’un, et puis pour l’autre. La contradiction était donc formelle. mille excuses.

  24. Merci à Paul pour son courage politique en ces temps de tempêtes et souvent de découragement, à tous ceux ici qui font avancer le débat par la qualité de leur réflexion. Et ce travail de reconstruction d’une idéologie est une nécessité pour changer nos paradigmes de pensée. C’est long, difficile, tortueux, multi-disciplinaire…et bien difficile à entreprendre alors que le feu se déclare un peu partout! Encore bravo et merci à tous ceux qui ont ce courage et cette honnêteté!

    Par ailleurs, je me permets de vous soumettre ces quelques textes qui amènent une lecture structurante de la crise qui se développe.
    Tout d’abord un article de Maurice Allais, déjà référencé sur ce blog, proposant une analyse limpide des courants qui nous entrainent: http://www.contreinfo.info/article.php3?id_article=2956. Sans aucune limite au libéralisme voilà, selon lui, ce qui nous attend: « une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services ».

    Ensuite, je conseillerais la lecture d’Immanuel Wallerstein, historien et chroniqueur bi-mensuel sur le site de l’université de Binghamton aux US: http://www.binghamton.edu/fbc/commentaries/. Il analyse les conséquences au niveau mondial du déclin américain. Il conclut: « It is time for much more sober long-term analysis, much clearer moral judgments about what the analysis reveals, and much more effective political action in the effort, over the next 20-30 years, to create a better world-system than the one in which we are all stuck today. »

    Enfin, il reste une note d’espoir dans la réaction islandaise face aux intransigeances des marchés financiers, qu’il faut vraiment publiciser afin de montrer les luttes possibles face au TINA: http://www.informationclearinghouse.info/article28934.htm. Oui, il est possible de limiter l’influence de la sphère financière, du moins à une petite échelle, à condition d’en avoir le courage et la volonté politique !!

    1. @Phil

      merci aussi pour ces recommandations de lecture intelligentes et constructives.
      Je ne connaissais pas M Allais car comme il le souligne lui même, les médias généralistes ne sont pas democratiquement objectifs. Lectrice de Contre info (entre autre..), je m’en étais trés bien aperçu. Pourtant, j’ai loupé M Allais, je suis donc contente de le découvrir, il fait parti de ces individus qui n’hesitent pas à remuer avec de la finesse et des arguments clairs et intelligents le debat politique, sa critique est lucide, sans complaisance et il fait des propositons interessantes.
      Nous avons besoin d’individus engagés,censés, intelligents, libres et courageux si nous voulons passer cette transition sans nourrir des mouvements démagogiques !
      Sa pensée lumineuse lui survivra : aucun doute, puisse t il être entendu !

  25. Ca fait plusieurs années que l’on sait que la croissance se déplace vers la Chine.
    Ca fait plusieurs années que l’on sait que les intérêts de la dette sont une charge énorme.
    Ca fait plusieurs années que l’on sait que malgré les traités, constitution, parlement, commission, chaque pays de la zone euro ayant ses caractéristiques, la plupart ne pouvaient pas suivre la ligne allemande.

    Malgré cela, la BCE garde son autonomie (mon oeil … autonomie largement orientée vers les consignes allemandes).
    Pour garder l’euro fort, on a foutu tous les pays européens dans la mouïse (à part l’allemagne), enchaînés qu’ils étaient par les traités et constitution.
    Et SURTOUT, malgré cela, JAMAIS une politique économique articulant les différentes zones européennes a été au minimum abordée.

    Non, la seul chose que nous constatons, c’est que crise ou pas, la dette s’est alourdie sans que soit opéré une quelconque mesure de redressement. Au contraire, au moment où par le biais de l’introduction de l’euro plus cher que les monnaies de tous les pays de la zone (à part l’allemagne) le pouvoir d’achat s’est rétracté, les salaires idem, la consommation a amorcé sa mauvaise pente.
    Au lieu de faire rembourser la dette par l’impôt sur les plus riches, au contraire, on les a plafonné de manière à la faire encore plus grimper.

    Aujourd’hui on nous sort cette rengaine, nous avons plus dépensé que ce que nous gagnons.
    Qui gagne, qui dépense ?

    Grâce à quoi, on va faire entrer par la lucarne l’autérité empêchée d’entrer par la grande porte.

    Et les gouvernants voudraient que nous gobions cette histoire à dormir debout.

    Je préfère encore la franchise de W Buffet qui a clairement annoncé :

    « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner »

  26. ma voix vous a visiblement manqué pour y voir clair!
    Il n’est pas aberrant en soi de viser le retour à l’équilibre budgétaire partout, car il est évident que c’est le seul moyen d’au moins stabiliser la dette publique.
    L’aberration est du côté de l’impossibilité de la chose aussi longtemps que toute dette implique une créance du même montant, dûment rétribuée par un intérêt fort ou élevé.
    Ceci impose une croissance sur le mode exponentiel de la dette au même rythme que les créances, il est alors techniquement impossible d’obtenir une réduction en aucun cas de figure.
    Tant que nous n’obtenons pas la circulation monétaire sans la condition d’un versement d’intérêts, il n’y aura aucune solution possible autre que celle de la réduction de la dette (et donc des créances) par un défaut dûment acté.
    dans ce cas, nous assisterons aux effondrements d’actifs, car tous ceux qui le peuvent vont opérer un repli vers la détention liquide. La détention liquide est ensuite gelée pour plus ou moins longtemps. Et ceci provoquera immanquablement d’autres défauts de paiement nécessairement à acter à leur tour, et d’autres fuites vers la liquidité.
    Tant que nous ne mettons pas en place un système (de type SMT) qui empêche la fuite dans le repli liquide, il n’y aura aucun moyen de réduire la dette d’aucune façon, et nous n’éviterons des déflations violentes qu’au moyen de rachats des créances pourries par las banques centrales (autrement dit la planche à billets!).
    A+,jf

  27. Tant qu’on autorise l’amas et la collection de valeurs, pourquoi voudriez vous que cela change ??
    L’Humain est sans limite …
    Quand une lionne chasse et attrape une gazelle, elle la mange et se tient tranquille jusqu’à la prochaine faim.. Quand un Humain chasse, c’est un premier ours, puis un second puis un autre et encore un autre.. IL N’ A PAS DE FREIN ..
    C’est pourquoi, il faut une force extérieure qui IMPOSE 3000 euros mensuels par tête et pas un radis de plus

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