COMMENT STOPPER LA VOLATILITÉ DES COTATIONS ?, par Jean-Pierre

Billet invité.

Une crise éclate. Un manque de liquidités en serait la cause. Les banques centrales s’empressent de le pallier. Tout rentrera dans l’ordre. Tiens, non. Les banques périclitent à vive allure. Il faut les sauver dare-dare. Les gouvernements se pressent à leur rescousse et dégagent des dizaines de milliards à cet effet. Le système se redresse, mais les comptes des États se détériorent. Le problème passe de l’autre côté. Des plans d’austérité sont imposés. La situation se redressera dès leur application. Tiens, non.

On s’y prend mal. Il faut rester raisonnable. Une large partie du problème vient d’estimations jugées iniques. Pourquoi diable faut-il valoriser les actifs à leur valeur marchande si on n’a pas l’intention de les négocier ? Si ces valeurs sont malmenées, on crée des pertes fictives par ce procédé. On décide de remplacer ce mode de valorisation par un autre, plus efficace en ces temps incertains : le pifomètre. Certes, la forme doit y être pour que l’ensemble reste crédible. Du jour au lendemain, les banques affichent des résultats mirobolants, parfois même supérieurs à ceux réalisés avant la crise. On est sorti de l’embarras. Tiens, non.

Que faire ? Contraindre tout le monde à dénouer ses transactions dans des chambres de compensation centralisées et publiques. Voilà qui rendrait toutes les opérations transparentes. Voilà qui permettrait à chacun de connaître le coupable s’il y en a un. Imaginez, tout serait retraçable, plus rien de caché. Voilà la solution. Certes, les opérateurs traînent des pieds. Ils ne supportent pas qu’on puisse percer leurs petits secrets de fabrication. Les autorités se montrent compréhensives, mais restent fermes. La mesure est imposée, mais pas partout et pas sur tout. Et, étrangement, elle ne marche pas. C’est-à-dire, elle ne diminue pas les dérapages.

Les agences de notation, ces oiseaux de mauvais augure, attisent les inquiétudes avec leurs analyses critiques. Il faut les contenir. Au début de la crise, on leur a reproché leur myopie. Aujourd’hui, on leur reproche leur clairvoyance. On imagine le stress test, un audit objectif qui remettra les pendules à l’heure. Malheureusement, les critères utilisés sont tellement flous et peu crédibles que les tests tournent court. Cela ne marche pas non plus.

Malgré tous les efforts déployés, toutes les promesses prononcées, tous les engagements pris, toutes dispositions de soutien, passé le délai d’expectative, la crise repart de plus belle. Les marchés s’affolent, les cours oscillent intempestivement. Les plus réalistes comprennent que la spéculation fausse les données. Les dirigeants, eux, ne voient que volatilité. Pour eux, il importe de la réduire. On taxera les transactions. On pénalisera donc les opérateurs réguliers sans exclure la spéculation. On s’étonnera plus tard que cette solution-là ne marchera pas mieux que toutes les autres proposées jusqu’à présent.

En fait, que voit-on ? En 2007, quand la crise éclate, les marchés tanguent, les cours dégringolent. Après la première phase de sauvetage, les cours repartent à la hausse pour chuter lamentablement quelques mois plus tard. Une deuxième phase établit un semblant de sérénité mais perturbe d’autres marchés, plus étroits et donc plus sensibles, les marchés à terme. Les cours y explosent, engendrant d’autres complications. La dette souveraine est attaquée, le cours des emprunts d’état est chahuté. Les banques ayant amassé une partie de cette dette – notons qu’on le leur avait demandé lors de la première phase de sauvetage – voient la valeur de leurs fonds propres chuter avec l’effritement des dettes souveraines. Leur solvabilité est atteinte et plus aucune d’entre elles ne fait confiance à ses consœurs. Les Bourses dégringolent de nouveau. On constate que tout tourne autour de la formation des cours, des prix. Il est étrange qu’aucune des mesures préconisées n’aborde cet aspect du problème.

Il y a deux façons d’y faire face. Soit on cherche l’origine de ces variations intempestives et on la neutralise. C’est l’approche proposée par Paul Jorion : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Elle est radicale et, sans conteste, la plus efficace de toutes. Car elle résout d’emblée une multitude d’autres anomalies que ces paris engendrent. Soit on tente de réduire les variations en s’attaquant directement à la formation des prix. Elle est certes moins radicale mais applicable immédiatement.

Les marchés financiers, de nos jours, sont constitués de plates-formes électroniques par lesquelles les opérateurs agréés placent leurs ordres. La plate-forme se contente de mettre les parties intéressées en relation les unes avec les autres. Dès que ces parties conviennent d’un négoce, une procédure avalisera la transaction et le prix qui en découlera sera authentifié par sa publication. Les parties engagées dénoueront leur transaction ailleurs. La plate-forme ne leur est d’aucune assistance à ce niveau. Parallèlement, la plate-forme fournit une myriade de renseignements et d’informations sur l’état du marché. Elle ne s’immiscera cependant jamais dans la formation du prix. Les opérateurs se contentent d’écouler ce qui est indiqué au prix indiqué. Sinon, les parties intéressées agiront hors plate-forme pour convenir d’un prix pour ensuite, le cas échéant, introduire leur transaction dans le système pour que la plate-forme en authentifie le prix. Le déroulement correspond donc à la méthode pratiquée à la corbeille sur les Bourses d’antan.

Dès que la transaction est conclue, son dénouement suivra un processus nettement plus contraignant, parce qu’entièrement réglementé. Les chambres de compensation récolteront de toutes les parties impliquées les données relatives à la transaction. Son dénouement ne s’effectuera que si toutes les données concordent. Aucune erreur n’est tolérée. Les opérateurs professionnels sont très pointilleux sur ce sujet. Aboli le risque créditeur. Même les différences de fuseaux horaires n’affecteront pas le dénouement. Quand on brasse des milliers de milliards quotidiennement, on comprend qu’on attache autant d’importance au bon dénouement des transactions conclues.

Pourquoi n’en ferait-on pas de même avec la conclusion d’un prix ? Selon la théorie économique, un prix reflète l’équilibre entre l’offre et la demande. Mais peut-on parler d’équilibre pour chaque transaction prise séparément ? Il est indécent qu’une seule transaction, aussi infime soit-elle, puisse déterminer la valeur de l’ensemble. C’est pourtant sur cette base qu’on valorise l’ensemble des actifs financiers dans nos sociétés capitalistes. Si un porteur d’emprunts grecs décide de vendre son titre à 30% de sa valeur nominale, tous les emprunts grecs existants afficheront dans la seconde une décote de 70%. C’est absurde, avouons-le.

On tente actuellement de soutenir le niveau de certains prix en intervenant directement sur le marché. Cela marche un temps, mais il suffit qu’un opérateur agisse après l’intervention pour que tout foire de nouveau. Pis, ce système permet de manipuler le marché avec des ordres fictifs. Le High Frequency Trading (HFT) en est l’émanation la plus pernicieuse du moment. Ce système n’est praticable que si les ordres sont traités individuellement.

Si on veut neutraliser les oscillations intempestives et économiquement injustifiées des prix, il faut abolir séance tenante le négoce d’ordres individualisés et revenir au système de compensation de l’ensemble des ordres émis. A l’ère électronique, cette modification ne poserait aucun problème. Tout est déjà en place. Quelques modifications dans les procédures suffiraient.

Tout d’abord, seuls les opérateurs agréés pourront intervenir sur la plate-forme. Aujourd’hui, n’importe qui, dès qu’il est dûment enregistré, peut agir sur la plupart des plate-formes. On se contente parfois d’imposer un droit d’entrée onéreux pour écarter les porteurs jugés trop petits (et, implicitement, inefficaces). L’agrégation deviendrait plus contraignante aussi. On ne tolérera que des professionnels du négoce agissant au nom de leur compagnie en tant qu’intermédiaire attitré. On interdirait à ces intermédiaires, actuellement teneurs de marché, d’opérer pour leur propre compte. Seule une autorité régulatrice disposerait d’un droit d’intervention directe. Mais là aussi, on placerait des garde-fous adéquats pour éviter que ces opérateurs privilégiés puissent manipuler à leur tour la formation du prix. Il suffirait, par exemple, de stipuler que leur intervention ne puisse s’effectuer qu’après coup, à la clôture de la séance, et uniquement pour éponger un solde ou pour préserver une limite préalablement définie (ce qui revient au même).

Les opérateurs agréés communiqueraient leurs positions au système comme ils le font aujourd’hui. Mais à l’inverse de ce qui se pratique actuellement, la position indiquée serait négociable au mieux et non plus nécessairement au prix indiqué. De plus, la transaction ne s’effectuerait plus automatiquement dès qu’une contrepartie se manifesterait, comme c’est le cas actuellement, mais se conclurait simultanément avec toutes les autres en fin de séance et au prix unique issu de cette séance, le fixing. Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, chaque opérateur agirait sur pied d’égalité. Actuellement, la partie qui divulgue sa position et le prix auquel elle est disposée à négocier, agit comme un teneur de marché. L’autre partie accepte en fait les conditions qui lui sont soumises.

Les clients, quant à eux, auraient trois types d’ordre à leur disposition, tant à la vente qu’à l’achat. Le premier, le plus usuel, est l’ordre à cours limité. Le client détermine le cours minimum requis auquel son ordre pourra être exécuté. L’ordre ne participera à la séance qu’à partir du moment où le cours évolue plus favorablement que la limite indiquée. Le deuxième type est l’ordre au cours. Dans ce cas-ci, le client accepte le cours issu de la séance, quel qu’il soit. Son ordre sera toujours exécuté. Enfin, le troisième type est l’ordre de clôture. Il peut être à l’achat, à la vente ou indifférent et ne sera exécuté par l’opérateur que pour la résorption du solde. Cet ordre-ci répond à l’intervention bénéfique des spéculateurs comme défini dans la théorie économique. Il peut lui aussi être à cours limité ou au cours, mais n’intervient que s’il y a un solde à épurer.

Le système reconnaîtra tous les types d’ordre et agira en conséquence. Pour éviter toute manipulation appelée ordre à soigner (*), on imposera des quotités par client. A une heure dite, le système stoppera l’admission des ordres et divulguera le solde à épurer. Cette procédure ne différera pas de celle actuellement pratiquée. Elle se déroulera en revanche qu’une seule fois par séance et non en continu. Si la résorption du solde paraissait impossible, une procédure préalablement définie de limitation des ordres excédents entrera en vigueur permettant d’obtenir un prix équitable. Les ordres réduits seront dûment signalés et authentifiés par le système. Le règlement des transactions retenues s’effectuera en chambre de compensation comme auparavant, avec une différence majeure : la plate-forme transmettra directement les données que les opérateurs devront confirmer. Tout désistement sera donc exclu ou pénalisé.

Cette façon de procéder offre plusieurs avantages. Le premier est que tout le monde sera logé à la même enseigne. Le prix qui ressortira du fixing sera nettement plus équitable que les cotations actuelles qui varient continuellement. Il facilitera les interventions des institutions régulatrices tout en les rendant plus efficaces. La BCE, par exemple, n’achèterait les emprunts d’état malmenés qu’en connaissance de cause et saurait que son intervention ne s’effectuera pas à fonds perdus comme de nos jours.

Le procédé offrira un aperçu plus significatif du marché. On connaîtra véritablement la position de chacun. Aujourd’hui, tout opérateur peut changer de camp à tout bout de champ. Dans le cas présent, seul le solde et son importance divulgueront la vraie tendance du marché. De plus, le procédé éliminera tous les ordres automatiques et dévastateurs, genre HFT. Quant à la spéculation, elle apportera véritablement la liquidité indispensable à la résorption du solde, sans déformer l’obtention du prix. Les spéculateurs ne pourront plus jouer à leur guise sur la formation d’un prix puisqu’ils ne connaîtront la tendance qu’en fin de séance. Leur participation pourra en outre être limitée par la présence de quotités. Le volume traité sera dès lors plus réaliste qu’il ne l’est aujourd’hui.

L’introduction d’ordres de clôture permettra en outre de connaître avec certitude si un vent de panique affecte le marché. Comme ces ordres devront être transmis avant la clôture en soi de la séance, on connaîtra d’emblée si un solde dévie de la tendance générale. Les autorités tutélaires seront dès lors informées sur la situation réelle du marché, permettant aux responsables de prendre les mesures en connaissance de cause, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui. Enfin, le cours issu du fixing sera nettement plus significatif et donc fiable que les cotations actuelles. On pourra le pondérer au volume traité pour jauger sa pertinence réelle.

D’un point de vue technique, la modification des procédures sur les marchés financiers restera dérisoire. Tout est déjà en place. Le système devra inclure quelques contrôles supplémentaires. Il fonctionnera plus efficacement aussi, car il ne pourra plus jamais être submergé. Et quand bien même il le serait, il suffirait de repousser la clôture de la séance pour pallier tout inconvénient. En un mot, rien que des avantages !

Qu’attendons-nous ?

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(*) Ordre à soigner : L’opérateur place un ordre important en sens opposé à ce qu’il souhaite négocier afin d’influencer le solde et par conséquent le cours dans une direction qui lui serait plus favorable. Exemple : on veut vendre 100 titres à 50. Le dernier cours disponible se situe à 45 et le volume traité est de l’ordre de 10.000 titres par séance, avec en moyenne un solde de 1.000 titres à éponger. On place un ordre d’achat de 1.000 titres au cours. On s’assure ainsi que le cours grimpera fortement puisque le solde aura doublé. Au fur et à mesure que le cours grimpe lors de la séance du fixing, les opérateurs interviennent pour le résorber. Notre vendeur participera activement à ces interventions, vendant 1.100 titres. Il y a forte chance qu’il obtiendra un cours supérieur au 50 convoités.

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53 réflexions sur « COMMENT STOPPER LA VOLATILITÉ DES COTATIONS ?, par Jean-Pierre »

    1. François 78 : Très intéressant et surtout très clair, vu la complexité du sujet. Cela ajoute à mon sentiment, vu le mouvement baissier assez sec de l’or, qu’il y a des anticipations déflationistes et non pas inflationistes comme attendues par beaucoup.

    2. Tres interesasnt mais j’aimerai bien connaitre l’avis de Paul Jorion ou de Francois Leclerc sur cette analyse.
      Ca ressemble pour moi a: « il n’y peu plus y avoir de croissance, alors chacun pour soi maintenant »

      1. L’opération « Twist » de la Fed a comme objet officiel de faire baisser les taux des obligations longues, qui sont chacun à des niveaux historiques très bas. A quelles intentions correspond-elle réellement ?

        On peut émettre l’hypothèse qu’il s’agit de suppléer à une demande insuffisante pour les obligations longues, les investisseurs américains ayant de tout temps préféré les maturités courtes et les étrangers pouvant se détourner des longues.

        Les obligations longues ont comme intérêt de ne pas soumettre le roulement de la dette américaines aux aléas du marché, qui pourrait se retourner et précipiter la crise de la dette américaine.

        Réaménager le portefeuille de la Fed, c’est donc permettre au Trésor de poursuivre le renforcement de la dette, dans la crainte d’un avenir difficile, plus qu’impulser une relance économique introuvable.

  1. Vos propositions sont bien complexes.
    La proposition de Jorion est loin d’être suffisante, car, actuellement, comme vous le pointez au début de votre intervention, ce sont le liquidités qui paradoxalement feraient défaut.
    Aussi surprenant que cela paraisse, il s’agit bien de cela, car les acteurs, en premier lieu les plus grands spéculateurs, se replient sur des position très liquides comme dans une boucle d’attente.
    Et spéculer, c’est avant tout attendre le supposé bon moment pour revenir sur le marché.
    C’est pourquoi je propose une monnaie qui ne saurait se mettre dans la boucle d’attente, qui ne pourrait plus jamais disparaître dans la trappe aux liquidités à la seule guise des détenteurs de grandes quantités de liquidités.
    Dans ce cas, les liquidités ne feront plus jamais défaut et achèteront toujours suffisamment d’actifs pour stabiliser leurs prix et pour tordre le cou à toute spéculation possible.
    Cela serait un des effets les plus spectaculaires d’une introduction d’un signe monétaire marqué par le temps (le SMT) que j’ai souvent exposé sur ce blog.
    Cela permettrait d’en finir instantanément avec tout risque systémique!

  2. Je les avais déja évoqués, mais leur retour me semble tout à fait à propos dès lors qu’il s’agit de répondre à la question de Paul: Qu’attendons-nous ?
    Ce sont bien sur des petits lapins aveuglés dans les phares du semi-remorque fatal que je veux parler. Comme eux, nous sommes transis, incapable du moindre geste qui pourrait nous sortir de la trajecoire de cette crise systémique subjuguante, et qui paradoxalement reduirait au silence la clameur de la vie qu’on entend sur ce blog. Sempiternel instinct de mort.

  3. Quand les rats quittent le navire…

    Un sujet apparemment sans rapport mais qui en a un pour moi : Servier chercherait à migrer son siège le plus vite possible au Pays-Bas, selon un article du monde.

    Cette info me donne envie de vomir et me rappelle un propos jorionnesque sur les financiers en train de vider les caisses, croyant s’en tirer toujours mieux que le voisin par un phénomène très intrigant.

    1. Je ne sais pas s’il est possible de contrer Servier dans son intention de déménager ses instances de gouvernance aux Pays-Bas, mais si quelqu’un ici a une ou plusieurs idées, il ou elle est bienvenu(e).

      Il importe en effet absolument à mes yeux, comme pour d’autres malfrats, que les gredins soient jugés et punis. Cette entreprise est collectivement et entièrement responsable du drame Mediator, elle doit rendre des comptes et assumer ses responsabilités. Je parle ici des personnes physiques et morales concernées : les actionnaires, les employés complices (les plus mouillés), les partenaires complices, etc.

      Je suis même pour qu’une Loi interdise à toute entreprise dons l’un des dirigeants est inquiété par la Justice, la possibilité de migrer ses instances de décision en territoire « plus accueillant ».

    2. c’est pour être proche de la Cour Pénale Internationale et éviter trop de temps perdus dans les transports en commun.

  4. Servier s’en va et Tepco ( le nucléaire japonais ) va probablement être nationalisé … après avoir privatisé les bénéfices , socialisation des pertes . Envie de vomir également .

  5. JP veut tuer les daytraders et étouffer leurs brookers…
    Je ne sais pas si restaurer le sérieux et la crédibilité de la bourse est une bonne idée, elle ne sert plus depuis longtemps à monter des projets industriels mais plutôt des opérations financières (= non-productives) type LBO ou OPA, ou c’est d’abord une vitrine dont l’important est que le cours monte (pour valoriser les stock-options), peu importe sa valeur réelle.
    A moins de ne pas considérer que les actions d’entreprises mais aussi les obligations d’entreprises et d’états et autres produits financiers, futures, CDS, je suppose que c’était l’idée de départ. Mais la volatilité sur ces produits à t-elle la moindre importance?
    Il serait plus sain, beaucoup plus sain, de limiter l’accès à certains secteurs, notamment l’alimentaire, à des professionnels sérieux du secteur et d’en exclure les spéculateurs. Ok, c’est tout à fait irréaliste, les HF et grandes banques iraient-elles encore spéculer si elles ne pouvaient plus faire crever de faim les plus pauvres de la planète, hm? Ce serait tellement moins drôle.

  6. Le cynisme a atteint son paroxysme. Je me dis: « cela a existé de tout temps », seulement de tout temps, je n’existais pas encore…
    Le vivre en direct live de l’écran d’ordinateur fait vraiment froid dans le dos.
    Ca raffermit, il paraît…

  7. A mon avis, on attend que chacun des resposables politiques aient accès à la même lumière, au même bon sens et qu’ils daignent agir pour l’intérêt de toutes les populations, et là, c’est pas gagné….

  8. Keynes avait simplement préconisé de taxer lourdement les transactions…

     » Les courtages onéreux des brokers, les lourdes taxes d’Etat sur les transferts qui accompagnent les transactions à la Bourse de Londres diminuent suffisamment la liquidité du marché pour en éliminer une grande partie des opérations qui caractérisent Wall Street. La création d’une lourde taxe d’Etat frappant toutes les transactions se révélerait peut-être la plus salutaire des mesures permettant d’atténuer aux Etats-Unis la prédominance de la spéculation sur l’entreprise. »

    John Meynard Keynes – Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie

  9. volatilité des marchés = hélium superfluide ,

    viscosité nulle , entropie nulle ça marche pas !!!

    sauf si on reste dans un cas bien particulier avec le bon isotope (HeII ou dollar ) aux bonnes conditions de température et de pression (chomage haut et basse fiscalité ).

  10. Face à toute maladie, il faut toujours aller à la racine du mal ! Et traiter le mal à la racine.
    Le diagnostic est clair, le remède radical aussi: Fermer les bourses !
    http://blog.mondediplo.net/2010-03-12-Il-faut-fermer-la-Bourse
    Cette bataille n’est pas plus difficile que celle qui consiste à vouloir « les » convaincre parce que c’est « rationnel  » d’interdire les paris sur les fluctuations de prix ».
    La genèse de cet artifice est indispensable au capitalisme sans « producteurs », la forme « moderne » de « l’agiotage » comme disait Marx.
    « La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. »
    Karl MARX – Le Capital – Livre premier

    Il n’a du reste jamais été envisagé ici les moyens ou les chemins pour imposer cette interdiction des paris sur les fluctuations de prix.
    Pire, car on finit toujours par ressembler à l’ennemi que l’on combat. Accepter le cadre hautement technique et infiniment complexe de ce débat nous éloigne de ceux qui nous permettraient d’établir un rapport de force nécessaire pour imposer cette interdiction.
    Le peuple, c’est à dire toutes les victimes de ce système, ne s’intéressera jamais à ces questions, c’est bien pourquoi ces institutions ont été mises en place.
    Face au Peuple, les bénéficiaires et leur larbins n’accepteront jamais placidement aucune remise en cause, aucune contrainte.
    C’est la leçon de l’histoire, c’est la leçon éclatante de ces trois années de crise.
    Pour un serviteur, singer les moeurs de son maître lui donne parfois l’illusion d’appartenir à son monde…
    La complexité de la finance actuelle est une absurdité qu’il faut traiter comme telle.
    Qui s’intéresserait aujourd’hui aux traités d’alchimie ?
    Saisir les banques, répudier les dettes illégitimes, fermer les bourses, voici les objectifs clairs à déposer sur la place publique.
    Une campagne sur « l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix » conduit dans les marais où seuls les « experts » aiment naviguer.
    Fermer les bourse !
    Quand les « indignés » passeront de l’indignation à la révolte, ils se rassembleront devant les banques, devant les bourse, devant les bureaux du FMI, de la BCE, de l’OMC, etc.
    C’est pour demain, c’est cela l’objectif et cela nous dispense d’essayer de comprendre les CDO, CDS de premier ou de N ème niveau. Mais cela nous questionne : comment aider le mouvement populaire qui permettra de sortir du « cadre » pour : Saisir les banques, répudier les dettes illégitimes, fermer les bourses !

      1. La première question est : Pourquoi ne pas commencer à le dire ?
        Quand cette idée sera répandue, comme en Grèce, qu’elle deviendra massivement intelligible, les revendications concrètes, les « mots d’ordre, viendront » car on apprend toujours en marchant. La bataille politique, juridique (Zébu) pourra commencer, appuyer sur des mouvements populaires pour avoir une chance de succès.
        Les « intellectuels » ont une grande responsabilité : avancer des analyses justes, ouvrir des perspectives … Sinon le syndrome de la la « controverse de Valladolid » les guette. Une défaite sans combat.
        « les idées justes au sein des masses deviennent des forces matérielles »
        MAO ZEDONG dit MAO TSÉ-TOUNG (juste pour rire )
        Que cent fleurs s’épanouissent.

  11. Le blog de Paul Jorion vivrait-il déjà en dehors du temps politique « démocratique » ?
    Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie-Les Verts à l’élection présidentielle, dans un communiqué :

    « Ce soir, la Ve République vit un tournant historique. Les grands électeurs de toute la France ont choisis de mettre fin à ’l’anomalie démocratique’. »

    No comment. Tout le monde s’en fout. Voilà bien quelque chose de révélateur……

    1. Là où il y a élections, il n’y a pas le pouvoir …
      Pourquoi s’étonner du peu d’intérêt pour le sénat, ce machin à fabriquer les nouveaux petits marquis. Bravo aux écologistes : 10 sénateurs, un pas important pour la préservation de la nature vient d’être franchi.

  12. on brasse des milliers de milliards quotidiennement

    A relativiser, on ne fait pas de vraies omelettes en cassant de faux Œufs.

    Au siècle dernier la réforme RELIT avait pour objectif de dénouer une transaction réelle sur titres en cinq jours.

    Aujourd’hui le problème est un peu plus simple, il suffit d’éliminer les milliards de transactions fictives émises par une poignée d’opérateurs bien identifiés et dont toutes les opérations sont traçables sans difficultés.

    En mettant la CIA sur le coup, on devrait pouvoir régler çà rapidement sans effusion de sang et sans tirer un seul missile tomahawk.
    Et Bercy pourrait proposer un projet de taxes sur les transactions fictives, un truc simple avec des paliers progressifs, des bonus malus, etc .
    On en reparle après le golf.

  13. Par définition « les marchés » n’existent que s’il y a spéculation. Le pari, la tromperie font partie du jeu. Relisez le dernier bouquin de Jorion quand il évoque les réticences des autorités de l’époque – XIXe siècle – face aux premiers spéculateurs.
    Régir les marchés c’est demander au renard dans le poulailler d’accepter une muselière.
    Trop bon le poulet. En bouffer quitte à en crever…

  14. CRIME CONTRE L’HUMANITE
    Le gouvernement a évoqué à la mi-septembre avec les banques leur capitalisation, a déclaré une source proche du dossier, mais il n’y a pas de plan gouvernemental pour les renflouer contrairement à ce qu’affirme dimanche le JDD, selon cette source, Bercy et la Banque de France. Le ministère de l’Économie « oppose le démenti le plus formel » aux informations du journal selon lesquelles le gouvernement a proposé à BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE et Crédit mutuel de les renflouer à hauteur de 10 à 15 milliards d’euros.

    Le journal, citant des sources bancaires et des sources proches de l’Élysée, affirmait que le gouvernement avait soumis cette proposition le 11 septembre, lors d’une réunion de crise à la direction du Trésor, mais qu’elle avait été refusée par BNP Paribas. Une source proche du dossier a confirmé la tenue d’une réunion au Trésor le 11 septembre sur la capitalisation des banques, mais a démenti qu’il s’agissait d’une réunion de crise et a également nié que le gouvernement avait fait une telle proposition de renflouement. BNP Paribas, Société générale, BPCE, et Crédit agricole se sont refusés à tout commentaire.

    De dix à quinze milliards d’euros

    Alors que les banques sont malmenées à la Bourse de Paris en raison de craintes des investisseurs sur leur exposition à la crise de la dette souveraine qui frappe la zone euro, les appels à une recapitalisation des banques européennes se sont multipliés, même si, en France, cette option a été écartée pour les banques nationales. Selon le JDD, les représentants de l’État à la réunion de 11 septembre auraient soumis aux banquiers un schéma consistant à injecter entre 10 et 15 milliards d’euros dans ces établissements pour renforcer leurs fonds propres. Plusieurs options auraient été envisagées pour procéder à ce renflouement, depuis le prêt simple jusqu’à l’émission d’actions de préférence (titres privés de droit de vote) assorties de warrants (options d’achat), ce dernier mécanisme permettant de réaliser une plus-value en cas de hausse du cours de Bourse pour celles des banques qui étaient cotées.

    D’après le quotidien, ce plan aurait été concocté en priorité pour la Société générale, la plus malmenée en Bourse. Son P-DG, Frédéric Oudéa, aurait accepté le plan soumis par l’État, « à condition que toutes les banques soient concernées, pour éviter d’être stigmatisé ». « Il a eu cette réaction, car il est président de la Fédération bancaire française et parlait au nom de tous. La Société générale n’a pas besoin d’aides », tempère une source proche de la banque, citée par le Journal du dimanche.

    Mais les dirigeants de BNP Paribas se seraient opposés à ce projet, principalement parce que son directeur général, Baudouin Prot, « ne voulait pas trinquer à cause des difficultés de son concurrent », selon le quotidien. « Il n’y a aucun plan », a commenté le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, dans un entretien au JDD, ajoutant que les banques françaises « ont une base de capital importante, comparable à celles des autres banques européennes, et elles sont rentables ». Cité par le Journal du dimanche, l’entourage du président Nicolas Sarkozy a formellement démenti l’existence de ce plan.

    1. Pourquoi CRIME contre l’Humanité ?
      Car on vous ment lorsque l’on vous dit que sauver les banques est vital pour sauver votre épargne.
      Exemple Fortis Belgique la faillite à couté aux actionnaires 100 milliards d’euro entre la chute des actions et les pertes dans la gestion de l’année suivante.
      L’épargne des belges est de +- 1200 milliards d’euro.
      Fortis était la banque des belges , la + grosse du pays , elle à fait faillite sans entrainer l’absorption de l’épargne des belges.
      Mieux cette faillite ne s’est même pas ressentie dans l’économie.
      Ceux qui préconisent de sauver les banques sont des voyous , mettez les en prison.

      1. Fortis est une exception, avec quelques autres : elle a été rachetée et ses déposants sauvés.

        Ce n’est pas le cas pour tout le monde, par exemple chez Leman Brother où des déposants, gros ou petits ont perdu presque tout.

        Sauver les banques ? Certaines, pourquoi pas. Toutes ? Inutile. Sauver les actionnaires des banques ? Aucune raison au-dessus des autres raisons. Sauver les déposants ? Ça dépend qui !

  15. http://www.bloomberg.com/news/2011-09-26/manchester-gave-human-form-to-marx-s-theories-commentary-by-mary-gabriel.html

    Blomberg fait un article sur Marx en Angleterre… le bon vieux temps !

    « Death Over Injury

    In this desperate world, family life disintegrated. Mothers gave their infants opium to keep them sedated until they returned from work. Girls as young as 12 were “married” off to ease the family’s financial burden, and boys as young as 6 began their lives on the street. Sickness was one more luxury the poor could not afford; death was considered preferable and more merciful than injury or disease »

    1. Marx and Engels concluded that all revolutionary historical change was the result of clashes between those who controlled production at any point and the mass of people subjected to their control. They suggested that real, lasting change could not occur as a result of violence alone: simply eliminating the ruling elite by force would not erase the “universal truths” its members had enshrined — their laws, their art, their hallowed institutions.

      To reach the point of revolution, the masses had first to recognize that the system under which they lived was entirely the creation of a ruling class whose goal was to retain power. Secondly, they had to have developed an intellectual foundation upon which to build a new society out of the one they hoped to replace.

  16. Dans toutes les amorces de solutions dont j’entends parler ici ou là, il n’est jamais question d’agir sur la production. Jusqu’à maintenant, une pseudo stabilité économie a toujours été apportée par de grands chantiers soutenus par de grands emprunts d’Etat. Il est évident que chacun à conscience de l’importance d’une production à forte valeur ajoutée pour soutenir l’économie et les sociétés. Les Etats empruntent pour les trains, les tramways, les routes,… Ils garantissent aux investisseurs immobiliers une rentabilité maximum pour booster la construction quitte à faire monter dramatiquement le prix des loyers.
    Autant de pansement sur des jambes de bois car tous les autres secteurs pratiquement tirent leurs productions vers le bas. Dans cette spirale infernale de la course au plus grand profit par le moindre coût, je constate avec désespoir chaque jour un peu plus, le saccage économique qui peuple nos magasins de produits toujours plus médiocres et/ou toujours plus chers.
    Suis-je la seule ici à déplorer et constater la déperdition inexorable de la qualité, la propagation de la pauvreté dans nos boutiques, l’importante dégradation de nos conditions de travail, ce retour en arrière avec des aînés plus heureux que leurs enfants, ce déclin ?
    Suffirait-il d’agir sur le haut et de soumettre les marchés à moins de liberté de spéculation pour entrevoir à nouveau le progrès social ? Quel gâchis.

    1. @ Isabelle

      Suis-je la seule ici à déplorer et constater la déperdition inexorable de la qualité, la propagation de la pauvreté dans nos boutiques etc…

      Non, Madame, vous n’êtes pas la seule. C’est flagrant !

    2. La baisse tendantielle de qualité des marchandises a été analysée en France dans les années 60.
      Depuis c’est la falsification qui s’est totalement installée dans les produits disponibles, y compris les plus nécessaires comme l’habitat et la nourriture.
      Cette constatation tendrait à prouver que les marchandises sont produites, non pour que nous en fassions usage, mais pour le bénéfice que peuvent en tirer ceux qui les mettent sur le marché, c’est à dire pour leur valeur d’échange.
      Le fait que les coûts de production ont considérablement baissés avec les nouvelles usines du monde, telles que la Chine, et les gains de technologie, et que la concurrence « libre et non-faussée » a mis sur le marché une surproduction démentielle (regardez, par exemple, les livres en France) a pour conséquence que produire ne rapporte plus et que pour faire des profits il faut distribuer les marchandises et le crédit nécessaire pour compenser fallacieusement la baisse des salaires.
      Le producteur, partout dans le monde, est devenu le sous-traitant du distributeur, lui-même lié aux réseaux bancaires.

      1. pourtant dans les magasins d’armes, ils sont bien ….
        plaisanterie mise à part, les faux besoins ne manquent pas . les vrais biens , (lesquels ?) pourraient être assez simples , sans privation , de qualité , et pas si cher . les producteurs de fruits , de fromages, etc, nous proposent des produits de mieux en mieux , du plaisir en somme . mais si le travail n’est orienté que vers des choses d’un luxe inutile et dispendieux pour tous et pour la planète, mobilisant des énergies dingues , en vue d’un projet de société qui n’est que faire le maximum de fric, c’est un jeu pipé . on fabriquera du plus mauvais, du rapidement périssable . pour faire tourner la machine avide . et on devra bosser encore plus , esclave de celle -ci .

        mais la masse , devenue masse avec la civilisation et son versant d’élites, suit . m^me si c’est un précipice
        les fils internet, réseaux de fer, de bitume, etc, nous y entrainent . toile piège qui couvre la terre . c’est ça la nouvelle jrslm ?

      2. Je ne suis pas d’accord avec vous Cia0, les produits fermiers ne sont pas de meilleures qualités. Aurais-je osé parler de bio à mes grands-parents ?
        Par ailleurs, il va sans dire que la technologie porte en elle la recherche d’un certain progrès.
        Nous sommes pas non plus obligés de tomber dans l’excès inverse et travailler à construire des Châteaux de Versailles, mais avouez-le, si vous conserviez vos 35h et vos RTT, ne referiez-vous pas Versailles ? Rien que pour le plaisir ? Pour l’estime de soi, pour être enfin quelqu’un, avec une identité propre valeureuse, un rôle social ?

      3. oui. Les intermédiaires ont pris le pouvoir : les commerçants qui s’interposent entre producteur et consommateurs et taxent des deux cotés (cf. la grande distribution) et les banques, qui s’interposent entre épargnants et emprunteurs et font de même.
        Ces intermédiaires ont pu prendre le pouvoir car ils ont capté une partie suffisante des flux pour atteindre une position oligopolistique et imposer leurs règles du jeu (cf. : la garde distribution et les banques).

    3. @Isabelle,

      Si on replace les évènements dans leur dynamique, les ingrédients liberté+progrès+démocratie+contrat social+propriété ont produit des effets considérables sur nos modes de vie (temps et conditions de travail, explosion des connaissances, instruction, espérance de vie, liberté de déplacement…).
      A l’échelle de notre histoire, c’est vertigineux. Plusieurs effets sont en train de prendre le dessus. Une démographie bouleversée (quantitativement+qualitativement), un pillage des ressources et une pollution considérable, des effets pervers de la concurrence avec des produits seulement moins chers à l’achat, une élite richissime déconnectée (est-ce nouveau?), la promotion des égos, de l’arrivisme et la souffrance d’être soi (individualisme)…

      Changer de paradigme est toujours difficile. C’est un peu comme pour un orchestre de changer de morceau en cours de concert. On peut s’attendre à une certaine cacophonie. Changer de paradigme pour une personne conduit à une dépression passagère, le temps que la nouvelle organisation se mette en place. On peut s’attendre au même genre de gueule de bois pour une société qui déciderait de changer ses règles directrices effectives.

      De mon point de vue, la notion de liberté doit être remise en cause, parce que notre liberté présuppose une main sociétale invisible. Critiquer cette main invisible est courant sur le plan économique mais il l’est beaucoup moins sur un plan général. Parmi les acteurs politiques actuels, je ne vois guère que Jacques Généreux pour s’aventurer sur ce terrain de la combinaison « être soi/être avec ».

      Sur le plan écologique (qui se combine très bien avec la problématique de la liberté concrète), il y a beaucoup plus de propositions et de réalisations du remplacement de la main invisible par des choix éclairés. L’ACV (Analyse du Cycle de Vie) est en train de s’imposer dans la conception des nouveaux produits et services. Cette ACV diffuse déjà dans l’affichage de certains produits ménagers comme les frigos ou congélateurs avec les flèches colorées de vert à rouge. L’ACV est un processus qui pourrait trouver petit à petit une traduction universelle d’affichage des produits en ha, c’est à dire en empreinte écologique.

      Dernier point, sans un minimum d’équité, l’idée de progrès ne tient pas, ou elle ressemble à une masse qui pousse à sa roue pour quelques privilégiés. Quelles nouvelles règles pour faire revenir ces « élus économiques, choisis par cette main invisible » parmi nous sans pour autant décourager l’initiative? Quelques propositions fortes sur ce blog.

      Comment ne pas parler de la notion de propriété. Je vous renvoie aux nombreux débats qui ont déjà eu lieu à ce sujet sur ce blog. C’est un sujet qui me laisse perplexe pour le moment.

      1. « liberté de déplacement… » @ Michel martin

        C’est par une assertion,( mensongère) telle que celle-ci que l’on peut se rendre compte, très clairement de la petitesse de vos conceptions, et de l’égoïsme petit-bourgeois qui le sous-tend.
        Quelle liberté de « déplacement » ? La votre pour vos vacances en Tunisie…la votre pour les voyages d’affaires ?
        Mon pôvre Martin, l’égoïsme rime souvent avec cynisme.
        (à propos de la propriété) : « C’est un sujet qui me laisse perplexe pour le moment.« , ça ne m’étonne pas.

      2. @mon pôvre A.D.

        Pourquoi tant de haine, Camarade? tu prends le point qui est sans doute le plus discutable. Pour ta gouverne, je n’ai fait aucun déplacement touristique cette année, je parlais du quotidien.

        Je fais par ailleurs beaucoup de propositions solidaristes qui sortent des sentiers battus et pour lesquelles tes objections argumentées sont bienvenues.
        Quelles sont tes propositions, afin qu’on puisse juger de ta grandeur d’âme et de ta largeur de vue?

        Pour la propriété, disons que les tentatives pratiques historiques de s’en affranchir ne sont pas concluantes. D’un point de vue personnel, je me contrefiche de la propriété, je suis très bien en collectivité.

      3. C’est vrai qu’Arnaud Montebourg entre autre, propose la fermeture des frontières aux importations qui ne répondraient pas aux conditions écologiques et sociales. Mais, du côté du travail, il est difficile de parler de bonheur quand on demande uniquement aux travailleurs d’être plus rentables.

        Quand on tue justement l’initiative parce qu’elle est trop perfectionniste, trop coûteuse, on tombe forcément dans un autre système de valeur où l’argent facile est plus important que l’effort ou la culture. C’est pourquoi je ne pense pas que les mesures écologiques soient la meilleure réponse ou la seule à apporter. Je me demande surtout s’il vaut mieux des critères de qualité pour autoriser la production et sa mise sur le marché ou s’il vaut mieux intervenir sur le sommet, sur les marchés pour restreindre la spéculation ?

        Vous parlez de progrès en terme d’espérance de vie, mais avec une retraite à 67 ans, un RSA en poche, une médecine de plus en plus chère, je ne crois pas que je vivrai les 40 années de retraite en bord de mer de mon grand-père…. Surtout après que tant de milliards se soient totalement volatilisés en bourse. S’il y a eut progrès et avancées, ils concernent nos aînés.

      4. en grande partie d’accord avec vous.
        sans doute revenir à un état d’innocence originelle sachant ce qu’elle est .
        imaginer la terre à ses débuts . nous étions nus dans une jungle ( grosso modo) , tout nous était donné mais nul ne pouvait avoir plus que son temps lui donnait , tout était fonction de l’environnement immédiat , et de la relation qu’on entretenait . chacun ayant son rôle. mais sans trop d’oppression , ni des tabous trop pesants . enfin, j’imagine …
        pourquoi le nouveau contexte ne pourrait voir ces règles simples ?
        on subit des règlements dont on ne sait plus se défaire ? dictés par quoi ou qui, quelle morale ou quel blocage dans nos esprits et nos matières (cette matière qui n’est peut-être qu’une vue de l’esprit et l’esprit une vue de la matière ?)

    4. « Dans toutes les amorces de solutions dont j’entends parler ici ou là, il n’est jamais question d’agir sur la production. »

      Pour moi si…

      La capitalisme quel qu’il soit, tue.

  17. @ isabelle . ça dépend où , bien sûr, mais après un trou noir lié au productivisme , on retrouve des fruits ayant du gout comme ceux de mes grands parents. ce n’est pas dû à un progrès technologique , mais un retour du bon sens .

  18. Merci, un article fort intéressant et qui propose une « solution systémique », comme je les aime et comme je pense qu’elles sont efficaces.

    J’ai juste une réserve, mais j’ai peut-être mal compris le process ou lu trop vite : comment se passera une offre de vente ou d’achat à un prix nettement inférieur ou supérieur au cours moyen ? Il n’apparaitra plus sur les écrans ? Il ne sera pas diffusé ?

    Reste que la solution radicale de Jorion procède d’idées simples que j’aurais plutôt tendance à soutenir :
    – l’économie ce n’est pas un casino,
    – l’argent n’est pas une marchandise,
    – l’argent doit servir à alimenter l’économie réelle…
    En ce sens, sa position radicale est effectivement « relativement » plus simple.

    1. La solution préconisée par Paul Jorion est en effet plus simple parce qu’elle englobe tous les aspects néfastes en une fois. C’est une solution générique, si l’on veut. Elle exigera cependant une série de procédures pratiques pour la mettre en œuvre. Car si la spéculation était bannie de cette manière, elle n’éliminera toujours pas les manipulations de cotation en tant que telles. En admettant qu’elle soit imposée, si le fonctionnement des marchés financiers persiste à traiter les ordres individuellement, si les opérateurs peuvent continuer d’agir pour leur propre compte ou, pis, si les donneurs d’ordre peuvent disposer de crédits illimités, ils auront toujours les moyens d’influencer la direction d’une cotation.

      On peut tenter d’agir à chaque niveau. Il subsistera toujours quelques malins pour contourner une disposition ou pour profiter d’une faille. Aussi est-il préférable d’énoncer quelques règles de fonctionnement simples qui cloisonnent au mieux l’activité sur le marché.

      Ainsi, pour en venir à votre interrogation initiale, aucune position ne serait divulguée par le système. Les opérateurs, en tant qu’intermédiaires agréés et seuls à pouvoir placer les ordres, connaîtraient leur position, c’est-à-dire la position de leur clientèle. Qui ne reproduira pas forcément la tendance effective. La non publication des ordres en attente évitera le retour des spéculateurs. Tout ordre sera transmis au système et sera exécuté selon son type et en fonction du solde qui se dégagera en fin de séance. Seule une autorité de régulation pourra intervenir le cas échéant. Elle sera, en quelque sorte, l’opérateur de dernier recours agissant dans un cadre déterminé en conformité à la politique voulue.

      Sur certains marchés – je pense essentiellement à celui des changes – cette fonction d’opérateur ultime s’avérerait nettement plus efficace que le mode d’intervention que les banques centrales pratiquent de nos jours. Mais sur ce marché-là, d’autres dispositions devront être mises en place si on veut préserver la devise d’attaques extérieures.

      1. Merci de vos précisions, j’avais donc bien compris et je vous suis dans vos propositions et vos raisonnements.

        J’apprécie beaucoup votre souci de comprendre comment le système va « se défendre », s’il est soumis à des règles qui attaquent ses fondamentaux. C’est suffisamment rare pour que je re-souligne à quel point, c’est bien de ce côté-là qu’il faut chercher les solutions : une realpolitik bien comprise, qui pour autant n’a pas renoncé à modifier les cadres en l’attaquant sur ses « points nodaux ».

        Qu’est-ce que vous voyez pour empêcher les « petits malins » de créer des réseaux parallèles d’informations de « super initiés  » ? Des sanctions ? Un système de malus sur les opérations auto-réalisatrices ? Et d’ailleurs, comment détecter ces dernières ?…

        Il y a un point dont les médias ont assez peu parlé depuis le début de cette « crise », c’est celui de la responsabilité (complicité ?) des organismes de contrôle (notamment CAC et AMF ; pour info j’ai été CAC dans une autre vie…) dans notre marasme actuel… J’ai alerté plusieurs fois et depuis des années les médias là-dessus, résultat, jamais une ligne sur ce problème… Cela a commencé à l’époque de la bulle Internet où la Compagnie faisait des stages de formation pour nous apprendre à valider des comptes en intégrant des bénéfices futurs et putatifs… Une vraie perversion de la mission des CAC que j’ai dénoncée… en vain…

      2. Ne confondons pas institutions de surveillance ou de contrôle et autorités de régulation. Les premières sont chargées du bon déroulement des opérations, du contrôle de leur conformité aux règlements en vigueur, les secondes agissent dans un cadre déterminé pour ‘stabiliser’ le marché. Leurs fonctions sont séparées et doivent le rester, sinon c’est de ce côté que les magouilles surgiront. Que les premières soient parfois peuplées de représentants peu scrupuleux, cela se produira toujours. Des garde-fous doivent empêcher ou, à tout le moins, réduire les abus.

        Les petits malins, s’ils veulent agir en dehors du cadre du marché, personne ne les empêchera. Personne ne vous interdit de joeur au lotto. Mais ils ne pourront jamais authentifier le prix qu’ils concluront, ni se prémunir contre les abus si leurs contrats n’ont rien prévu à cet effet. Ils ne pourront jamais réclamer assistance si leurs affaires tournent au vinaigre. Et si l’interdiction chère à Jorion est en vigueur, leurs activités seraient même illicites !

        La crise actuelle le démontre à l’envi : lorsqu’elle s’est déclenchée, on s’est aperçu rapidement que c’était les produits négociés de gré à gré, hors marché donc, qui ont posé les problèmes les plus sévères. Les instances tutélaires ou de surveillance n’étaient que partiellement au courant de ce qui se tramait et quand bien même elles en étaient conscientes, il leur manquait toujours un pendant ou deux pour connaître la vraie portée des transactions conclues. Si les autorités compétentes (tutélaires, de contrôle, de régulation et le gouvernement) avaient fait preuve de bon sens à l’époque, elles auraient vite compris que cette crise affectait en tout premier lieu les agents de ces opérations de gré à gré.

        Comme ces derniers formaient (et forment toujours) un clan, il suffisait aux autorités compétentes de les contraindre à régler leurs affaires à l’amiable et nous n’en serions pas là aujourd’hui. Il fallait stopper ces activités hors-Bourse, compenser les créances mutuelles de chacun à l’amiable sous la surveillance d’une autorité compétente (la BRI, par exemple). Le coût aurait probablement atteint quelques centaines de milliards, mais il aurait été parfaitement supportable. On a préféré laisser tomber en faillite l’un des principaux opérateurs de ce manège infernal, Lehman Brothers, de sorte qu’il n’était plus possible de compenser tous les contrats en circulation, puisqu’un des maillons de la chaîne venait d’être cassé. Les autorités ont fait preuve d’incompétence notoire en 2007 !

        Aujourd’hui, on tente de ramener toute l’activité hors-Bourse vers les marchés pour mieux les réguler – transparence, affirme-t-on. Mais la caractéristique majeure de ces opérations est qu’elles sont faites sur mesure et ne sont, en fait, négociables qu’entre les parties impliquées. Un marché requérait une standardisation des produits. On peut certes imaginer des étalons, des indices référentiels et autres stratagèmes pour incorporer ces opérations sur le marché régulé, mais il subsistera toujours des failles et des exceptions sujettes à toutes les interprétations.

        Il vaut mieux réinstaurer des procédures strictes de négoce sur les marchés financiers auxquelles devront se plier tout opérateur et, par conséquemment, tout donneur d’ordre. Les marchés doivent recouvrer leur fonction économiquement première, à savoir faciliter un négoce entre parties réellement concernées. En adaptant les règles comme je le propose, on peut minimiser l’apparition de parasites tels que les spéculateurs et les clients malveillants ne visant rien d’autre que la manipulation des prix. Le respect des quotités empêchera qu’ils puissent peser sur la formation du prix et la présence d’un régulateur de dernier recours évitera tout dérapage.

      3. Bah, je ne confonds pas, je signale juste que s’il y avait eu des CAC un peu courageux, ou simplement faisant normalement leur boulot, jamais les créances et actifs pourris n’auraient pu prendre une telle ampleur chez Lehman, comme chez d’autres…

        Pour connaître encore des dirigeants hauts placés dans des institutions financières de premier plan, je sais qu’encore l’année dernière, les CAC ont certifié des comptes, où les créances de gré à gré ont été valorisées à leur valeur d’acquisition et sans provisions, alors qu’elles sont incessibles et irrécouvrables…
        Avez-vous été au courant qu’il y ait eu une procédure d’alerte, des réserves sur les rapports ou un signalement (procédures obligatoires sous peine que la responsabilité du CAC soit recherchée) ? Moi, pas… On ne mord pas la main qui vous nourrit et c’est tout le problème de cette fonction…
        Dans les années 90, quand j’ai soulevé certains problèmes qui se sont avérés graves par la suite (comme la bulle Internet), ce fut simple, plus de dossiers (je n’étais pas CAC en titre, juste sous-traitant)…
        Donc, non je ne confonds pas, je vous demandais juste votre vision des instances de contrôle et de régulation. Mais, vous avez déjà répondu…

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