STEVE JOBS EST MORT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai acheté mon premier ordinateur, un ZX81 de Sinclair, en 1981. On le connectait à un écran de télévision. Qui s’ouvrait parfaitement blanc. Si l’on ne savait pas utiliser le langage BASIC inscrit dans la machine, rien ne se passait. Il fallait programmer tout ce qu’on lui demanderait de faire. Les premiers ordinateurs utilisant le système d’exploitation MS-DOS de Microsoft fonctionneraient sur le même principe. Là aussi c’était un dialecte du BASIC : GW-BASIC qui vous permettait d’avancer. Puis vinrent les logiciels dont il suffisait de suivre les instructions, que Microsoft continuerait de vous permettre – jusqu’à aujourd’hui – de bidouiller par vos propres moyens à l’aide d’un langage de programmation, le Visual-BASIC qui existe toujours dans les coulisses du tableur Excel, du traitement de texte Word, ou de la base de données Access.

Le centre de recherche de la compagnie XEROX à Palo Alto, au Sud de San Francisco, avait adopté une toute autre approche : développer l’ordinateur personnel dans une voie qui permettrait son utilisation par quelqu’un qui ignorerait complètement la programmation. XEROX PARC (Palo Alto Research Center) ne fit aucun usage de son expérimentation d’un ordinateur personnel amical à son utilisateur, ce rôle reviendrait à Steve Jobs (1955-2011) et à son compère Steve Wozniak qui firent de la philosophie XEROX PARC le principe-même des premiers Macintosh produits par la compagnie Apple qu’ils fondèrent avec Ronald Wayne.

Si la bécane utilisant le système d’exploitation MS-DOS de Microsoft était par définition une boîte que l’on ouvrait pour aller y installer des composants supplémentaires qui en développeraient les capacités, là aussi Apple adoptait la démarche inverse : le boîtier du Macintosh était scellé : Jobs et Wozniak avaient déterminé par avance ce dont vous auriez besoin et votre pouvoir de négociation s’arrêtait là. Le côté positif de la chose était que pour prévenir votre frustration éventuelle, les deux compères s’évertuaient à aller au devant de vos désirs, en insérant dans leurs machines des cartes graphiques d’excellente qualité par exemple. C’est cela qui continuerait de constituer la spécificité de la démarche de Jobs : vous épater par le fait d’« y avoir déjà pensé », avant même que l’idée ne vous effleure personnellement. C’est cette préscience que l’on retrouverait successivement dans l’iPod, l’iPhone et l’iPad. Qui a besoin d’un téléphone qui prenne des photos, qui vous permette de filmer, de prendre des notes, d’accéder à l’internet ? Personne bien entendu… à moins… à moins que ?

Je lis aujourd’hui que l’industrie informatique aurait conçu de toute manière un jour ou l’autre les produits dont Jobs inventa le concept. C’est possible. Mais quand ? N’a-t-il pas fallu un certain temps avant que les inventions sur le papier de Léonard de Vinci ne voient le jour ? Les visionnaires nous indiquent les raccourcis. Avec un peu de chance ils nous évitent aussi bien des morts inutiles. Merci M. Steven Paul Jobs.

Note trois jours plus tard (9 octobre à 17h20) : La plupart de ceux qui ont lu mon billet ont compris qu’il s’agissait d’un texte de « geek » à l’usage de « geeks ». D’autres ont commenté : « Jobs, c’est capitalisme, consumérisme et compagnie. Point barre ». Je n’ai pas répondu à ces derniers jusqu’ici, parce qu’il s’agit d’une autre histoire que celle à laquelle je m’intéressais.

Je sais que ceux qui disent « capitalisme, consumérisme, etc. » me répondront : « On ne peut pas dissocier les deux ! » Je comprends leur point de vue mais je leur dis ceci : « iPod, iPhone, iPad, ce sont des aboutissements, trente ans plus tard. On aime ou on n’aime pas, mais ce qui comptait, c’était l’inspiration. Être en prise avec son époque, avec l’espèce à laquelle on appartient sur la planète où on est, c’est cela l’essentiel. Et là, il était certainement sur la bonne longueur d’ondes ».

So long ol’ pal.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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267 réflexions sur « STEVE JOBS EST MORT »

  1. Pendant vos génuflexions, ceci :

    – Le problème du numérique, c’est qu’il n’y a pas de contrastes. Tout est parfait et tout fait plastique. Vous voyez les photos de Matthew Brady sur la guerre de Sécession ? Si vous essayez de prendre les mêmes en numérique, vous savez à quoi elles ressemblent ?
    – Non.
    – À des effets spéciaux dans un film sur la guerre de Sécession. En les regardant, les gens diront : « Ouah, génial, c’est super-ressemblant ! » vous saisissez la différence entre la réalité et la ressemblance ?
    (…)
    – Le négatif est grandeur nature. Pas d’agrandissement, pas de perte de détails.

    Le O.J. Bar & Grill, qui s’en souciait ? C’était dépassé, ça datait du temps où les gens sortaient de chez eux.

    Surveille tes arrières ! Donald Westlake (1933 – 2008)

    Les caractères gras, qui d’ailleurs n’apparaissent pas à la visu (à « différence » et à « négatif » dois-je donc préciser a posteriori), sont de schizosophie, qui aurait souligné sur du papier à l’adresse de quelques lecteurs sans l’assomption de Jobs et autres papes putatifs de la com.

  2. Vous savez qu’ici, à Montréal, Steve Jobs est régulièrement cité par les bien-pensants conservateurs pour vénérer le culte du self-made-man. L’idéologie, avant tout 😉

  3. Hé bien, quand je lis tous ces commentaires, je me dis que la guéguerre PC – Mac n’est pas prête d’être finie et que les pc-istes reprochant aux mac-istes de relever du domaine du fanatisme ne sont pas en reste et ont oublié leur miroir.

    Moi qui suis réfractaire à l’informatique, comme à l’économie 🙂 j’ai néanmoins utilisé à peu près tous les ordinateurs possibles dans ma loooongue vie et travaille sur Mac depuis fort longtemps pour ce qui est de mon utilisation personnelle, même le début et Atari avant, par goût, par simplicité, et surtout parce qu’on peut mettre un Logic dedans. Et si Mac n’avait pas existé, j’aurais probablement arrêté la musique complètement à la cessation de mon activité professionnelle en 1986, n’ayant plus les moyens de payer des musiciens et d’aller au studio, ce qui me permet de continuer à en faire à mon rythme avec le logiciel le plus performant qui soit, même si je ne l’utilise pas à son potentiel, loin de là, parce que je n’ai jamais ouvert le pavé d’explication qui est trop lourd et parle en chinois pour moi.

    Dire que Mac est plus cher est faux… j’ai traîné un ibook 12 pouces basique pendant plus de 10 ans, sans aucune réparation, une seule ré-insallation, en l’utilisant bien au delà de ses capacités, il sentait même le roussi bien souvent, mais continuait à fonctionner. Quel PC portable aussi petit, pourrait tenir le coup aussi longtemps dans une utilisation aussi intensive ? Bon d’accord, il a fini par rendre l’âme après une longue vie de loyaux services.

    Une grande partie des créateurs a de quoi être inquiète aujourd’hui, les musiciens, les studios, les graphistes, les chercheurs en sciences etc… ne serait-ce que par la suite qui sera donnée aux logiciels dédiés Mac dont ils se servent.

    Pour le reste, les gadgets et tout ça, je suis d’accord qu’il y a un phénomène de mode et de marketing, mais ne me faites pas croire qu’ils pourraient être l’arbre qui cache la forêt et surtout pas le gros chêne du milieu.

    Le génie de s’invente pas, la faculté et l’énergie à développer des idées, d’être un catalyseur pour tous les développeurs non plus, celle de pousser la concurrence à se dépasser et les partenaires à donner le meilleur d’eux-mêmes non plus.

    Alors moi, je dirai juste : Merci M. Steve Jobs d’avoir existé et d’avoir eu le courage de suivre votre route jusqu’au dernier moment.

    Je crois qu’on va très vite se rendre compte dans la stagnation de ce que signifie cette perte.

    1. Quel PC portable aussi petit

      Le mien, 20 ans et toutes ces dents. c’est formidable le génie de faire penser que vous êtes exceptionnel qu’avait cette firme.

  4. Les produits Apple sont fabriqués par Foxconn dans les usines de Shenzhen (400000 travailleurs) et Chengdu (100000 travailleurs). Témoignages: « On travaille du lundi au samedi douze heures par jour, 80 heures supplémentaires par mois ». « Il nous est défendu de parler pendant le travail ». « La plus petite faute entraine une punition. » (source: Spiegel Online), Au printemps 2010, 13 travailleurs se sont suicidés sur le site de Shezhen. Lors de manifestations consécutives, les ouvriers ont brûlé symboliquement le logo Apple. En mai dernier, une explosion a fait 3 morts et plusieurs blessés sur le site de Chengdu. Merci monsieur Steven Paul Jobs. Que je sache, Léonard ne fut, lui, responsable de la mort de personne. Oui, il est choquant, mais surtout symptômatique, de voir des critiques du capitalisme financier méconnaitre à ce point cet autre versant mortifère qu’est l’exploitation. C’est si loin, la Chine; il sont si beaux, ces joujoux! Question d’habitus, sans doute.

    1. L’article de Paul Jorion est effectivement pour le moins superficiel, il y a des oublis sur l’oeuvre de Jobs, tout comme sur le côté antisocial de la firme, qui est la première capitalisation du Nasdaq, et de toute façon n’est certainement pas un modèle pour un « libéralisme social » (si tant est que cela puisse exister). On pourrait aussi parler des entreprises achetées par Apple et dans quelles conditions (liées à la bourse ou pas). Ces oublis sur un blog censé critiquer le système sont fâcheux. Je pense que c’est parce que Mr Jorion a mis surtout en avant son ego et sa propre émotion, et qu’il a du coup oublié où il écrivait et à qui il s’adressait (chaque jour).

      Ceci dit, Steve Jobs, même s’il a mis son intelligence puissante (et c’est bien la qualité qu’on peut lui reconnaître) au service d’un capitalisme pur et dur, n’est pas, comme je l’ai déjà écrit, le symbole de l’exploitation; ce procès il faut le faire à toutes les firmes en général, et réduire Mr Steve Jobs aux problèmes sociaux certes inadmissibles liés à Foxconn (qui a plein d’autres clients que Apple d’ailleurs), c’est risquer de restreindre les nuisances du capitalisme actuel, alors qu’il se trouve partout dans ce système (et dans de très nombreuses entreprises) des exploitations, des problèmes écologiques et financiers, et que pour lutter contre tout cela il faut s’attaquer à sa cause, la libéralisation excessive de la mondialisation. Il conviendrait d’harmoniser les protections sociales, ceci dit ça semble progresser, même en Chine…alors que la France semble au contraire perdre des droits, dans la passivité générale…

  5. Voici un article très intéressant sur l’influence de Steve Jobs sur le cinéma et son développement :

    http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Comment-Steve-Jobs-a-revolutionne-le-cinema-2947938

    J’ignorais tout ça.

    Les cinéastes ne sortent plus des écoles, mais de leur garage.

    C’est aussi un peu ce qu’il a fait avec la musique, permettre à tous d’exercer sa créativité, ne serait-ce qu’avec Garageband par exemple. Lorsque je vois le nombre de Cds aux US qui ont été réalisés avec un logiciel aussi basique, non, pas ceux des grandes stars, quoique… parfois, mais la plupart des jeunes créateurs, je suis assez scotchée d’entendre ce qu’ils arrivent à en tirer. Il a en quelque sorte démocratisé la création, elle n’est plus le privilège d’une élite. C’est peut-être cela aussi qui dérange.

    Personnellement ça me fait plaisir de voir que des jeunes ont des outils dont beaucoup sont gratuits dans les mains pour développer leur créativité et pouvoir en être fiers.

  6. On doit certainement reconnaître à Steve Job d’avoir été un perturbateur génial du ronronnement bien installé de l’informatique de gestion, obligeant les informaticiens à se détacher d’une vision étroite de la programmation.

    Il y a cependant une époque dont ont bénéficié ces petits génies de l’informatique tels que Steve Job ou Bill Gates dans les universités américaine, c’est l’époque du « Time sharing »: technologie qui permettait à quelques centaines d’utilisateurs de partager la puissance d’un ordinateur central en communicant au début avec cet ordinateur du centre de calcul de l’université au travers de terminaux « TTY » (TeleTYpewriter) , utilisant la technologie des systèmes télex, avec lesquels étaient transmis, à travers les océans les messages imprimés. faute de mieux, ces télex améliorés permettaient d’envoyer des programmes et des données à traiter, vers un ordinateur central de l’université et de recevoir les résultats sous forme imprimée uniquement à la vitesse vertigineuse de 14 caractères par seconde…. Le langage était le plus souvent du « Basic » et c’est ainsi que se sont formés au basic et à la programmation, les premiers utilisateurs d’informatiques n’ayant pas au départ une formation spécifique d’ingénieurs en informatique, mais qui s’en servaient pour faire des calculs scientifiques ou statistiques.
    Plus tard sont apparus des terminaux plus performants, utilisant toujours l’impression sur papier pour les échanges entre l’utilisateur et l’ordinateur central. IBM qui avait à l’époque une grosse longueur d’avance dans ces terminaux utilisant une imprimante, a inventé l’imprimante à boule dont la vitesse d’impression devait atteindre environ 30 caractères secondes et le clavier était plus convivial que celui des terminaux TTY. C’est à peu près à cette époque que j’ai fait mes débuts avec la programmation personnelle, mais sans ordinateur personnel, vers 1969.

    Bien plus tard sont apparus des terminaux à écran monochrome toujours connectés à un ordinateur central en « temps partagé »

    Lors de mon premier stage à IBM en 1969, les terminaux à boule étaient encore plus répendus que les terminaux à écran, réservés à une élite de chercheurs.

    N’étant pas très doué avec FORTRAN j’avais été dégouté de la programmation. Mon patron de stage est parvenu à me convaincre de suivre une formation à ce qui était alors un tout nouveau langage informatique orienté « résolutions de problèmes » plus que programmation informatique: il s’agissait d’APL, (A Programming Langage) dont l’inventeur Kenneth Iverson était aussi créatif sans doute que Steve Job mais pas aussi « businessman »…

    Je dois à la maitrise de ce langage ésotérique par ses caractères spéciaux et sa formulation mathématique, sans aucune commandes informatiques, d’avoir pu faire une carrière honorable à IBM et d’avoir été repéré par des patrons américains d’IBM qui m’ont embauché pour aller travailler aux USA.
    J’adorais la précision et la concision de ce langage qui conférait une élégance particulière aux programmes écrits avec lui.
    On n’est d’ailleurs pas obligé d’écrire un programmes pour faire des calculs avec ce langage:
    en tapant sur le clavier 2 4 5 + 6 8 7 on obtient directement le résultat
    8 12 12 sans avoir comme en Basic à rajouter des commandes comme « run » ou « print »
    Cette possibilité de traiter deux à deux des éléments s’étend à des tableaux à deux, tois ou plus dimensions… On peut leur appliquer des opérations plus avancées que l’addition, ou même faire des opérations logiques deux à deux entre les éléments des tableaux comme: plus grand que, = différent de, etc. cela sans avoir à programmer les opérations successives entre les éléments des tableaux à l’aide de « boucles informatiques » dans le cas de tableaux, de « boucles imbriquées » comme c’est le cas en Basic ou en FORTRAN et pratiquement tous les autres langages de programmation.

    Je travaillais à Kingston (NY) chez IBM en 1976 quand Apple a sorti ses premiers ordinateurs. Ma très grande déception fut que malgré le nom « Apple », cet ordinateur personnel n’utilisait pas le langage APL. Il faudra attendre d’ailleurs pas mal de temps pour que doit développé une version d’APL fonctionnant sur les PC IBM…
    Toutefois, IBM avait dès 1975 sorti le 5100, (5 ans avant l’apparition des PC IBM), un ordinateur individuel de bureau proposant aux scientifiques, techniciens et ou statisticiens et économistes (comme moi) non informaticiens un accès à la programmation individuelle sans être connecté à un ordinateur central. Cette petite machine proposait à ses utilisateurs la possibilité d’utiliser soit le langage BASIC soit le langage APL, sur simple inversion d’un commutateur.

    Son échec a été dû à l’incapacité des hauts niveaux hiérarchiques d’IBM à l’époque d’effectuer un changement de paradigme fondamental. Pour eux dont la richesse (souvent personnelle) avait été assurée par les ventes de grands ordinateurs (Mainframes) ces petites machines étaient vues comme venant retirer à ces « mainframes » de la puissance de calcul et ainsi réduire les ventes de gros ordinateurs. Je ne les blâme pas, car il s’agissait au sens strict d’un changement de paradigme : ils ne pouvaient pas comprendre.
    Je considère toutefois comme un de mes échecs margeurs de ne pas être arrivé à convaincre ma hiérarchie que ces précurseurs des ordinateurs personnels allaient tout au contraire susciter une demande monumentales pour de très gros ordinateurs, comme l’a plus tard prouvé l’explosion de la demande pour de très gros serveurs suite à l’apparition des PC, Apple et autres ordinateurs individuels couplés à des réseaux.

    Les améliorations à la convivialité apportées par la suite par Apple, ont accéléré le mouvement sortant l’informatique des mains des seuls informaticiens, sauf bien entendu dans des domaines pointus de programmation qui demandent encore et encore plus de compétences en informatique. Mais les ingénieurs, les économistes les architectes, les médecins et autres profession se servant maintenant des ordinateurs n’ont plus eu besoin d’avoir à traiter avec des programmeurs servant d’intermédiaires entre eux et des machines vraiment peu conviviales comme c’était le cas dans les années 50 et 60.
    C’est sous la pression de la supériorité conviviale d’Apple que Windows a du aussi évoluer vers des interfaces « homme-machine » plus faciles à comprendre que ceux que Microsoft avait conçu à ses débuts…

    Comme probablement beaucoup d’entre vous j’utilise « Excel » pour mes calculs. Mais j’avoue regretter APL, avec lequel j’avais conçu des modèles de prévision microéconomique que je ne suis jamais arrivé à reproduire avec Excel..: par exemple des modèles de prévision incluant des régressions polynomiales sur des données ayant subi une transformation logarithmique.

    Ça m’intéresserait de savoir s’il y en a parmi vous qui se sont aussi servi d’APL et ou continuent de se servir d’APL… Dont la notation et l’élégance des programmes s’approchaient parfois du domaine de la poésie…

    Désolé pour ce petit plongeon dans mon passé professionnel…

    Paul T.

    1. C’est sous la pression de la supériorité conviviale d’Apple que Windows a du aussi évoluer vers des interfaces « homme-machine » plus faciles à comprendre que ceux que Microsoft avait conçu à ses débuts…

      la réussite indiscutable d’apple, comme linux a poussé microsoft a développer enfin un langage de scripting cohérent.

  7. Apres cette avalanche de propos techniques certes interessants, j attendais comme Tom-Ipp un peu plus de debat sur le fond…et aussi plus d enthousiasme pour Linux…

  8. Je trouve ahurissante, stupéfiante, la grand messe mondiale de requiem steeve jobsienne.

    J’aurais largement préféré un hommage à Babu.

    Pour le monde de demain, je préfèrerais plus de Babu et moins de S. Jobs.

    1. méfions nous des affaires du RER qui se dégonflent aussitôt que les politiques les ont médiatisées à leur profit et récupérées…

      1. La mort de Babu c’est « Incident at a corner » d’Alfred Hitchcock ou comment la vérité et la réalité furent réinventées « Agé de 68 ans, James Medwick est préposé à la circulation à proximité d’une école. Il reproche à Madame Tawley, présidente d’une association de protection, de ne pas avoir respecté un stop. Celle-ci le prend de haut et clame « Tant de zèle, c’est déjà du vice ». Peu aprés, M. Taylor, le responsable de la sécurité vient annoncer à James qu’il est licencié. Une plainte a été déposée contre lui. En effet, madame Tawney a trouvé dans sa voiture un billet anonyme sur lequel était écrit:  » Medwick est un vieux vicieux dangereux pour les petites filles ». A la suite de cela plusieurs parents se sont alarmés. Mais Jane Medwick, sa petite fille, aidée par son fiancé Patrick réagissent contre ces calomnies. Ils entament une enquête auprés du proviseur, des parents et notamment de madame Tawney. Ils l’accusent même d’avoir écrit le billet ce dont elle se défend. Son fils Ron voulant venger sa mère va chez les Medwick et en s’enfuyant bouscule Jane. Lorsque le couple Tawney vient le chercher, elle indique qu’elle ne portera pas plainte ce qui détend l’atmosphère et permet à l’enquête de progresser. L’indice important est le mot « vice » proféré par madame Tawney et que l’on retrouve dans le billet. Y avait-il d’autres témoins lors de l’incident du « stop » ? Oui le professeur Baty, mais il se défend d’avoir écrit le mot. C’est alors que James Medwick se rappelle qu’à ce moment là une autre voiture s’est arrêtée en face . Un homme et une femme ont emmenagé dans la maison voisine. Tout le monde se retrouve chez le couple suspect. La femme, Gerogey Clooney avait à lâge de 16 ans provoqué un scandale en faisant du strip tease. Elle savait que James la connaissait et ne voulait pas être reconnue de lui. Son compagnon pour éviter cette promiscuité a écrit le billet. Les choses ainsi éclaircies, James est disculpé et réintégré dans ses fonctions. »

      2. Vous avez bien raison d’être prudent face aux médiatisations hyperboliques. Je vous rejoins tout à fait sur ce point.
        Il se peut que les hommage rendus à Babu s’avèrent plus ou moins indus.
        Il en est d’ailleurs peut-être de même pour ceux rendus à S. Jobs (qui plus est « mondialement » – mais les Nenets de Sibérie ou les Matsigenka du Pérou, en avaient-ils entendu parler? – à l’instar d’un Mickaël Jackson ou d’un Jean-Paul 2) .
        Quoi qu’il en soit, de ces deux miroirs aux alouettes, je préfère encore (tout en étant moins dupe), l’image donné par celui de Babu.
        Sinon, le deuil et le chagrin passés, un début de crtitique :
        http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/10/en-steve-jobs-l-epoque-pleure-un-gourou-de-la-religion-de-la-technique_1584893_3232.html#ens_id=1581777

  9. Je conseille à tous les chômeurs de défiler dans la rue avec des pancartes disant :

    WE NEED JOBS NOW

    En espérant que les médias parleront d’eux.

    1. Excellent !
      L’innovation, la créativité, la joie de vivre au travail pour tous avec ce que cela supposerait
      de nouvelles règles du jeu car il est bien évident que dans le cadre du système actuel il n’est pas possible que nous ayons tous un job et que nous puissions tous exprimer notre singularité au travail comme Steve Jobs a pu le faire.

  10. Je n’arrêtais pas de demander à mon père d’appeler son ancien collègue de travail pour qu’il me file son « vieux » ZX 81…. je l’ai eu des mois après… mais la nappe était cassée… foutu. du coup… je ne me suis pas mis à l’assembleur ZX80 mais au 8080 (Intel) sur un vieil ordinateur que mon père avait ramené du boulot un « Control Data » avec un écran tactile .. J’étais au collège. Nous étions en 1986..
    Le grand frère de mon meilleur pôte avait eu récemment un Mac à son boulot… Je suis allé UNE fois chez lui (car il habitait loin) un week-end. Son frère était rentré et lui avait laissé son joujou… c’est vrai qu’il y avait un jeu d’enfer avec un petit bonhomme qu’on déplacait… dans un décors génial (en noir et blanc). La définition était époustouflante
    Moi qui cherchait à savoir comment reproduire de tels graphismes sur mon Control Data en essayant « de poker » la mémoire… j’allais découvrir la mort dans l’âme que mon vieux truc n’avait pas de carte graphique digne de ce nom… comme le Mac du copain.
    Mais il n’empêche je n’ai jamais eu de Mac, ni Ipad, Ipod etc. je ne sais pas ce que c’est !!

    Mais Steve Jobs et Gates n’ont fait qu’entretenir, à l’évidence mieux que quiconque, l’idée (fort dommageable) que l’informatique est un pur business. Jobs a été un champion incontesté du marketing. Je n’ai jamais vu les choses ainsi (ce qui fait que je n’ai jamais travaillé dans une SSII par ex.) Mon héros pour moi c’est bien plus un Richard Stallman et de loin !

    Vive le monde libre !!!

    1. C’est rigolo, moi je pokais la mémoire de mon Oric 1…
      J’ai toujours aimé la philosophie du libre et j’ai même développé du libre pour Linux.
      Je l’ai toujours fais sur un Linux qui tournais sur un Mac …
      Je n’y peux rien, j’aime la belle informatique et donc je suis fan d’apple et de tous les iBidules.
      Je n’ai jamais compris que l’on puisse associé Apple à un système fermé, alors que ses fondations sont libre, que je peux faire tourner Linux, windows dessus. Que j’ai accès à la quasi intégralité des softs Mac, windows et Linux sur mon Mac. Mon mac soit disant fermé est livré avec emacs et gcc.
      Donc vive le libre, vive Stallman et vive Apple. 😉

      1. Je pense avoir le droit d’admirer Jobs, d’avoir une certaine estime pour Stallman ….
        Et de trouver complètement crétin l’opinion du second sur le premier !!!

    1. On pourra y lire: Steve Jobs 1955-2011. Fabricant de jouets réducteurs de têtes pour gosses de riches. L’authentique génie Lord Clive Sinclair nous est INFINIMENT plus sympathique, lui n’a pas réussi grand chose tout en amenant le peuple à l’informatique. Ma première bécane fut un spectrum ZX +2 à cassette.

      Et à l’instar d’AL, je n’ai donc jamais eu d’Ipod, d’Ipad, d’Iphone…

      L’esprit de la bidouille inoculé par les inventions altruistes de Lord Clive Sinclair à ses fans, c’est la démarche inverse de Jobs le réducteur de cervelle humaine chantre du « moi je » informatique. Imac Ipod Iphone Ipad. Me, myself an I. Paix à son I.

      1. Le fond de ma pensée sur Sinclair: Il faut être génial pour pêcher du poisson, mais génial au carré pour l’apprendre à d’autres.

      2. On est un certain nombre à avoir commencé l’informatique domestique avec le Spectrum apparemment (faut dire qu’il était pas très cher)…

      3. La différence c’est que Jobs a fait des ordinateurs pour les gens qui n’y connaissent rien. C’est à dire 99,9% des gens. Il n’a peut-être rien inventé mais il a changé les usages.
        Vous réserveriez l’utilisation des voitures aux seuls mécaniciens ? Si c’est de l’ouverture d’esprit ça, alors je veux bien me faire moine. Il faudrait être électricien pour faire marcher sa télé ? Plombier pour tirer la chasse d’eau de ses toilettes ? Non merci. Je ne veux pas savoir comment les outils que j’utilise fonctionnent. Je veux qu’ils fonctionnent, un point c’est tout.
        L’altruisme pour une toute petite minorité, ce n’est pas vraiment de l’altruisme. Combien coutait votre Spectrum quand vous l’avez acheté ? C’était un ordinateur de pauvre ? Vous étiez sans doute à l’époque un gosse de riche sans le savoir.
        J’ai acheté mon premier Mac il y a 16 ans et il fonctionne encore. Je ne pense pas avoir jeté mon argent par les fenêtres en l’achetant. Avec ce qu’il m’a aidé à produire il a été plus de 10 fois rentabilisé. C’est justement parce que je ne suis pas riche que j’achète Apple.

      4. @Moes

        Le Spectrum était déjà un ordinateur relativement simple d’utilisation et très bon marché : 800 francs je crois (1987). J’étais le gosse d’un foyer où seul le père travaillait pour environ 9000 francs par moi grosso modo, également à cette période et je ne pouvais pas avoir mieux (mieux à l’époque c’était les Amstrad CPC et les atari ST et Commodore Amiga qui étaient hors d’atteinte pour moi. Je les ai eu ensuite). Je ne milite pas pas une informatique utilisable seulement par des spécialistes, ce n’était absolument pas la teneur de mon propos. Mais s’y connaître un peu c’est toujours bien. Ca évite de dire des bêtises ! 🙂

        En plus les Mac sont de très bonnes bécanes mais ça n’enlève rien au fait qu’elles sont chères à l’achat et que Jobs était avant tout un commercial ultra cynique.

  11. Ouais c’est sur appuyer sur un icône cela rassure c’est une invention formidable mais bien dangereuse car elle exclut la compréhension Définition de l’icône est religieuse et c’est bien ce sens commun qui m’inquiète énormément . A quand la béatification de Steve Job?

    1. Sous IRM pas de différence entre un Iphone et une image de Dieu dans le cerveau d’un Iphone addict. Où comment déclencher l’achat sur la promesse d’inonder de dopamine les coins cérébraux du plaisir. On rejoint le thème de l’ultime secret de Werber, l’orgasme récompensant le rat de laboratoire humain. Précéder les besoins du consommateur passif, c’était ça la « magie technologique » à la Arthur C Clarke de Steve Jobs. N’est-ce pas aussi le thème principal du meilleur des mondes, que l’humanité réclame du soma pour s’éteindre le cerveau…

    2. Icône veut tout simplement dire « image » en grec. Il n’y a rien de religieux là dedans. Certaines icônes sont religieuses, c’est vrai. Des milliards d’autres ne le sont pas.
      Si c’est dangereux parce que ça exclue la compréhension, est-ce que tourner la clé pour démarrer sa voiture est dangereux aussi ? Il vaudrait mieux « pour la compréhension » qu’il y ait deux fils qui pendent que l’on serait obligé de connecter à la main pour démarrer sa voiture ?
      Vous avez une vision de l’ordinateur très sectaire, dont sont exclus ceux qui n’y connaissent rien (et qui pourtant savent très bien se servir d’un ordinateur pour des milliers d’usages différents).
      On reproche à Apple d’être une sorte de secte alors qu’elle est LA marque qui a démocratisé l’ordinateur. C’est parce que ça dérange justement la secte des geeks, qui ne supporte pas que ma grand mère (ou la leur) puisse se servir d’un ordinateur (surtout si il a une pomme dessus) que l’on traite les « Apple users » de sectaires. C’est un contre sens évident.

  12. Pas un seul commentaire écrit par une femme sur le sujet ?
    Bien entendu on ne sait pas toujours qui se tient derrière les pseudos. En tous cas absence totale pour les habituées du blog. C’est à se demander si S.Jobs n’aurait pas oublié une moitié de l’humanité dans sa conception patriarcale du monde (toutefois les petites mains agiles des chinoises c’est quand même bien utile pour fabriquer le matos). Je crois en fait qu’elles l’ont définitivement enterré le Jobs 😉 Pourtant les femmes sont admirables, la preuve, on vient de décerner le prix Nobel de la Paix à trois d’entre elles.
    En conclusion : MICMAC MECS.

      1. Le pseudo l’est déjà , même si de mauvais esprits ( masculins) prétendent qu’il est plutôt féminin .

  13. et après tout il aurait eu tort de ne pas profiter du pigeon consommateur moyen !

    voilà qui discrédite à jamais la sainteté de M Steve Jobs!

  14. A revoir sur la toile, « Mon oeil » sur France 2 consacre quelques minutes à Mr Jobs et sa pomme, pour une fois qu’un média « mainstream » présente un sujet avec honnêteté, il me semble intéressant de lui consacré de l’audience !

  15. On peut aimer les produits Apple ou pas. C’est évidemment une question de gout et d’usage.
    Mais dire que les produits Apple sont chers n’est pas exact et est pourtant souvent le principal (voire unique) argument contre la marque.
    j’utilise des Macs depuis 1995. En 15 ans, j’ai dépensé beaucoup moins d’argent dans ce domaine que mes collègues qui ont des PC sous Windows.
    Tout simplement parce qu’ils devaient changer de machine tous les 2 ans. Mon premier Mac fonctionne toujours comme au premier jour. Il est juste devenu obsolète face aux besoins graphiques que j’ai. Mais dans l’absolu, je pourrai toujours m’en servir
    Même mon premier iPod m’a duré presque 7 ans, et il m’a servi plusieurs heures par jour, tous les jours ou presque. Peut-on en dire autant d’un lecteur MP3 d’une autre marque ?
    Et puis les logiciels qui fonctionnent avec MacOS sont en général moins chers. Une suite iWork est quasiment donnée par rapport à Office. Quant aux logiciels de dessins et de peinture numérique (mon domaine), ils pullulent et il y en a pour toutes les bourses.
    Pour moi, acheter des produits Apple a depuis toujours été un choix économique, tout autant que fonctionnel. J’achète Apple parce que justement je ne suis pas riche.
    J’ai acheté mon premier Mac il y a 16 ans. Il y a 3 mois, j’ai acheté mon 3ième Mac. Donc non, Apple n’est pas cher. Il est même sans doute (grâce à la fiabilité et la qualité de ses produits) le moins cher des constructeurs. « Beautiful things work better ».
    Et puis à ceux qui reproche à Apple de construire en Chine et donc d’exploiter indirectement les ouvriers chinois, je leur demanderai de citer une seule marque informatique qui ne fasse pas de même. C’est un système qu’il faut changer. Dans ce domaine, Apple n’est ni pire ni meilleur qu’un autre industriel.
    Quant à la « fermeture » du matériel et des logiciel Apple, c’est exactement ce que j’attend d’un ordinateur. C’est de ne pas me donner l’impression d’être devant un ordinateur. Comme quand je rentre dans ma voiture, je ne veux pas avoir à mettre les mains dans le moteur. Ça ne m’interresse pas non plus de lui rajouter un aileron sur le coffre et des jantes en alu. Je veux qu’elle roule, qu’elle soit un minimum confortable et je veux qu’elle ait le moins d’ennuis mécaniques possible. Parce que je n’ai pas suffisamment d’argent pour changer de voiture tous les 5 ans. Le reste je m’en tape. Devant mon ordinateur, je veux pouvoir faire mon boulot sans savoir comment ça se passe à l’intérieur. Je ne suis pas informaticien. Le génie de Steve Jobs a été de construire des ordinateurs pour les gens qui ne sont pas informaticiens. Comme celui de Ford a été de faire des voitures pour les gens qui ne sont pas mécaniciens. Je comprend que les informaticiens se sentent un peu à l’étroit sur Mac, mais ils doivent aussi comprendre que la plupart des gens utilisent un ordinateur pour faire autre chose que de l’informatique. Les usages actuels de l’ordinateur on les doit en grande partie à Steve Jobs.

  16. Vous avez commencé sur un ZX 81?
    Comme moi donc, sur celui que mon père avait acheté quand j’avais 10 ans?
    Ce qui m’a donné une grande aisance avec l’informatique par la suite, sans jamais l’avoir étudiée sérieusement d’ailleurs…

    Pourtant dans une interview vous indiquiez avoir commencé avec un ZX 40 (modèle que je ne connais pas), erreur de numérotation ou réécriture permanente de l’histoire?

  17. Big father ou le culte de la personnalité d’un marchand.
    Par Philippe Laget (*)

    Devant le chœur unanime des groupies, il faut s’interroger. Pourquoi un tel délire collectif pour le milliardaire qui n’a inventé ni la pénicilline, ni la radiographie ? Et pas même – dans son domaine – l’internet, ni le PC, ni le téléphone cellulaire, ni les moteurs de recherche, ni les réseaux sociaux, ni le e-commerce, ni la tablette numérique…
    Oubliées les conditions de travail insoutenables des sous-traitants chinois ? Oubliée la façon pour le moins expéditive de traiter ses propres employés ? Oublié l’impact environnemental catastrophique de la fabrication des jolis gadgets ? Oubliée l’obsolescence organisée des produits via un processus diabolique de montée en gamme ? Oubliés les prix prohibitifs dont les montants se terminent inexorablement par 99, insulte à l’intelligence des acheteurs ? Oublié l’enfermement dans un univers propriétaire, contraire parfait de l’internet ouvert (logiciels libres, opensource, gratuité) ? Oublié le risque de big brother ? Oubliées les fonctionnalités inutiles ou infantilisantes ?
    Le marketing des multinationales est plus fort que la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Celui qui est capable de transformer une insignifiante mise à jour de version de logiciel en un évènement planétaire, « rend indispensable ce dont nous n’avons pas besoin ». Le mythe de l’entrepreneur génial se construit par l’art de flatter en même temps notre instinct grégaire (tous le même gadget à l’oreille) et notre snobisme (j’ai choisi la couleur), notre goût pour le masochisme (money-slave) ou la captivité, notre fétichisme puisque nous préférons le culte des objets à l’amour des idées, notre soif de gourous et de prêches à l’américaine aux sermons moralisateurs.
    C’est que Steve Jobs a su nous ramener en enfance, par ses deux seules armes : l’interface tactile et le monde de l’image. Tels des enfants, nous touchons avec le doigt et nous regardons. Nous privilégions la forme des jouets (imposture intellectuelle du design) au fond et à la finalité. Et tels des enfants, nous pleurons aujourd’hui notre père disparu. Quand allons-nous grandir ?

    (*) essayiste, auteur de « Développement durable et responsabilité d’entreprise, mes quatre vérités » chez L’Harmattan.

  18. le mot de la fin à Steve Jobs: (texte saisi sur le blog de Didier Chanbaretaud

     » Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard. On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

    « Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire » Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, 10 ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans. C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien.

    Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes. Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie. Pendant les 5 années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse. Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple.
    La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer.

    Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez
    trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez. « Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »

    Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. »
    Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les 33 années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement. Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre de décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son coeur… »

  19. La plupart de ceux qui ont lu mon billet ont compris qu’il s’agissait d’un texte de « geek » à l’usage de « geeks ». D’autres ont commenté : « Jobs, c’est capitalisme, consumérisme et compagnie. Point barre ». Je n’ai pas répondu à ces derniers jusqu’ici, parce qu’il s’agit d’une autre histoire que celle à laquelle je m’intéressais.

    Je sais que ceux qui disent « capitalisme, consumérisme, etc. » me répondront : « On ne peut pas dissocier les deux ! » Je comprends leur point de vue mais je leur dis ceci : « iPod, iPhone, iPad, ce sont des aboutissements, trente ans plus tard. On aime ou on n’aime pas, mais ce qui comptait, c’était l’inspiration. Être en prise avec son époque, avec l’espèce à laquelle on appartient sur la planète où on est, c’est cela l’essentiel. Et là, il était certainement sur la bonne longueur d’ondes ».

    So long ol’ pal.

    1. Ce ne peut-être pas seulement votre coté geek mais votre coté gamin!

      Il est très difficle d’identifier les acteurs principaux en informatique, c’est l’entreprise la plus complexe et la plus collective réalisée à mon sens. Steve Jobs nous a peut-être fait gagner beaucoup de temps et a fait rêver certains.

  20. Dennis Ritchie est mort.

    Il a certainement été 2 ou 3 mille fois plus décisif pour l’informatique que Steve Jobs, et pourtant on sera loin de tout le foin complètement délirant de ces derniers jours.

    Depuis la fin du XXe, on se fout des vrais inventeurs. Incroyable l’impact des curés (Jobs, Gates, Ballmer) et de leurs cérémonies de lancement de produits (dont la valeur ajoutée frole souvent le symbolique quand on se penche sur le déjà existant).

    1. C’est vraiment étonnant cette indifférence quant à la disparution d’un homme de telle envergure. Le C, Unix, c’est quand même très important non seulement en Informatique mais dans tous les domaines où le numérique est actuellement utilisé. On dirait un segmentation fault dans la mémoire collective!

  21. Nouveau record pour Apple. Pour son exercice clos au 30 septembre, Apple réalise un chiffre d’affaires de 28,27 milliards de dollars au quatrième trimestre (108 milliards sur 12 mois).

    Malgré un bénéfice en hausse de 54%à 6,62 milliards de dollars au quatrième trimestre (25,92 milliards sur l’exercice, soit une hausse de 85%) et des perspectives très positives, les résultats ont déçu les marchés financiers. Le titre reculait après Bourse à New York

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