UNE BELLE ILLUSTRATION DE « L’ARGENT, MODE D’EMPLOI »

Un commentateur me reprochait l’autre jour de faire ma propre publicité parce que je signalais qu’un certain économiste bénéficierait de lire quelques passages de mes propres livres.

Euh… je ne pense pas que le fait pour un auteur de renvoyer à ses ouvrages puisse être considéré comme de la pub. D’abord parce que ceux qui écrivent renvoient à leurs propres livres depuis bien plus longtemps que n’existe la publicité, et ensuite parce qu’un essayiste écrit des livres essentiellement pour ne pas devoir toujours répéter la même chose et pouvoir en particulier renvoyer à ses livres.

Pourquoi rappeler ces quelques évidences de base ? Parce qu’une affaire qui connaît sa triste conclusion ces jours-ci constitue la plus belle illustration qu’on puisse imaginer (ah ! que n’a-t-elle éclaté plus tôt !) des faits rapportés dans un livre écrit avec votre collaboration et intitulé : L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009 – en vente dans toutes les bonnes librairies). 😉

De quoi la chute du fonds d’investissement américain MF Global, et la disparition sans espoir de retour de l’argent de ses clients, est-elle l’illustration ?

1° Illustration du fait que l’argent que vous mettez à la banque n’est plus le vôtre mais le sien, même si elle a la courtoisie de vous donner en échange une reconnaissance de dette (raison pour laquelle aucune loi ne devrait jamais obliger votre employeur à verser votre salaire à une banque plutôt qu’à vous-même).

2° Illustration du fait qu’une reconnaissance de dette, même si elle peut être utilisée comme monnaie (puisqu’elle a un prix), n’est pas de l’argent (loin de là !), parce que la somme d’argent contre laquelle elle pourra être échangée in fine se situe en réalité quelque part entre le montant de la reconnaissance de dette et zéro franc, zéro centime (voir la crise des subprimes).

3° Illustration du fait qu’évaluer la richesse en additionnant l’argent et le montant total des reconnaissances de dette expose à de déplaisantes déconvenues (voir votre quotidien favori en date d’aujourd’hui).

Or doncques peu de jours avant la déconfiture de MF Global, l’argent des clients disparut. On se précipita pour trouver où il était passé, supposant qu’il avait servi à boucher quelque trou financier précédant de peu la chute, et en récupérer sinon la totalité, tout au moins une partie. Que nenni, et il faut rendre hommage ici aux recherches menées par Christopher Elias de l’agence Thomson Reuters qui nous rapporte tout cela dans MF Global and the great Wall St re-hypothecation scandal, MF Global avait pris la précaution de rappeler à ses clients ce que chacun devrait savoir mais ignore généralement, à savoir que celui qui donne de l’argent à sa banque, le lui donne véritablement, en échange simplement d’une promesse qu’elle le lui rendra quand il le lui redemandera… pour autant, avait tenu à préciser très honnêtement MF Global, qu’elle le possède toujours à ce moment-là. Ce qui n’est pas garanti si – comme dans son cas – elle utilise cet argent pour acheter des choses dont personne n’est trop sûr de ce qu’elles vaudront demain. En l’occurrence, de la dette souveraine (des obligations émises par des pays) de la zone euro.

Donc, rien de surprenant jusque-là, si ce n’est pour le client qui imaginait naïvement que l’argent à la banque était toujours le sien.

MF Global utilisa donc l’argent de ses clients pour acheter de la dette souveraine européenne, convaincue qu’elle pourrait bénéficier du fait que la dette souveraine de certains pays (Grèce, Irlande, Portugal) est assortie aujourd’hui de taux élevés alors que le risque de non-remboursement est nul vu que les autorités financières de la zone euro veillent (« Tonton ! Pourquoi, tu tousses ? »).

Oui, mais comment fait-on pour construire à partir de là une machine à faire de l’argent ? C’est très simple (et cela rappelle l’« apologue de la Dame de Condé », que je me suis amusé à déconstruire dans L’argent mode d’emploi : pages 374 à 391), on utilise la technique du Repo, pour repurchase agreement, « accord de ré-achat ». Les obligations que l’on possède, on les échange provisoirement contre de l’argent frais, en ayant promis de les racheter plus tard pour une somme légèrement plus élevée (les frais de « location »), ces obligations servant de collatéral, de garantie, à la somme prêtée.

Un instrument de dette, une obligation, c’est – je le rappelle – une reconnaissance de dette.

Or voici la beauté de la chose, en droit britannique (pas américain), on peut faire tourner ainsi les obligations mises en garantie à l’infini. Un exemple : A possède des obligations pour un montant de 1 million, il les échange provisoirement (Repo) avec B pour de l’argent. A a maintenant 1 million en argent et B, des reconnaissances de dette pour un million. B se tourne vers C pour un Repo, C donne un million à B et reçoit en échange les obligations qui sont des reconnaissances de dette d’un million. A et B ont maintenant chacun 1 million et C des reconnaissances de dette valant un million. Si on additionne le tout, on obtient le chiffre de 3 millions. 2 millions sont sortis d’un chapeau !

Nous nous sommes bien amusés dans L’argent mode d’emploi avec ces exemples de « création monétaire ex nihilo ». Bien sûr, aucun miracle n’a jamais eu lieu : quand B donne 1 million à A en échange d’une reconnaissance de dette, il a dû trouver l’argent quelque part… quelque part ailleurs. De même, quand C donne à B, 1 million en échange d’une reconnaissance de dette, il a dû lui aussi trouver l’argent quelque part ailleurs. Et quand les Repos enchaînés se détricotent, il faut que B ait toujours le 1 million qu’il lui faudra rendre à C, et A, celui qu’il lui faudra rendre à B, et l’émetteur de l’obligation, il faudra bien qu’il ait les liards qui lui permettront de rembourser A à maturité (sans compter les sommes qui lui sont nécessaires pour verser les intérêts promis).

Quel est le prix à payer pour cette multiplication des petits pains ? Le risque. Le risque, parce qu’il y a beaucoup de « si » au moment du détricotage : « si B a toujours 1 million », « si A a toujours 1 million », « si l’émetteur de la dette dispose des liards qu’il lui faudra rendre ». Plus la chaîne est longue, plus les risques d’accident s’additionnent. Il suffit bien entendu qu’il y en ait un qui, le jour prévu, n’a pas le million nécessaire, pour que tous ceux qui se trouvent en aval de lui boivent la tasse.

Christopher Elias note que : « En 2007, la ré-hypothèque (les Repos enchaînés) avait grossi à ce point, qu’elle constituait la moitié de l’activité du secteur bancaire de l’ombre ». Il avance le chiffre de 4 en moyenne pour l’effet multiplicateur des petits pains.

Que s’est-il passé dans le cas de MF Global ? Bon, je ne vais pas insulter l’intelligence de mon lecteur ou de ma lectrice en lui donnant la réponse.

Ah ! Avant que je ne vous quitte : on parle beaucoup en ce moment de « maîtriser le risque systémique » mais tout ce dont je viens de vous parler est légal.

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85 réflexions sur « UNE BELLE ILLUSTRATION DE « L’ARGENT, MODE D’EMPLOI » »

  1. Et il parait qu’ils ne seraient pas les seuls des banques de l’autre côté de l’atlantique à avoir jouer du passage de témoin avec la dette mais heureusement dormons tranquille la FED veille elle inscrira bien quelque milliers de milliards de dollars en cas de pépin au crédit que ces chères banques rembourseront en même pas 3 ans, c’est fou comme ça se trouve facilement 8000 milliards de dollars (7700 + le tarp) ça doit bien faire ça !!!!

    1. Avec une telle escadrille d’hélicoptères Ben, la crise de l’immobilier commercial US, annoncée pour le printemps 2012, sera noyée comme celle des subprimes.

  2. La loi de la concurrence libre et non faussée a sûrement dû avoir pour conséquence que tout le monde dans ce business a fait la même chose pour pouvoir servir les mêmes intérêts à leurs clients. Je pense même que ça a été la ruée quand il y a eu du pognon facile à gagner avec ces effets de levier et autres combines. Maintenant ça va être l’effet de râteau en chaîne.

  3. Monsieur Jorion,

    Votre texte me donne une idée de l’énormité de la City en Grande-Bretagne. J’imagine que sa puissance est proportionnelle à la somme d’argent en circulation.

    Votre texte me donne une idée de l’énormité des dettes des banquiers déclarées comme actifs. Ce mécanisme de repo permet de multiplier par 4 la somme en circulation. Je serais sidéré si c’était le seul moyen de créer de l’argent à partir de rien. (plutôt un truc confondu avec de l’argent).

    Votre texte me dit pourquoi ces banquiers se battront vraiment par tous les moyens pour que nous n’allions pas voir ce qu’ils font vraiment. Nous les déclarerions en faillite. L’humour de la chose est que ces mêmes gens vont nous expliquer que nous vivons au dessus de nos moyens et qu’un état se gère comme un ménage. S’ils appliquaient ça à leurs affaires et si mon idée est bonne, de très grosses banques s’évaporeraient tout simplement. J’oublie ici les assurances vie, les assurances médicales, les retraites par capitalisation.

    Dans ce monde, tout se tient. Je crois que les déclarations sur le risque systémique sont aussi véridiques que celles sur les enzymes gloutons des lessives. La confiance en devient un pilier de tout ce truc. J’en reste rêveur.

    Nous devons tout sacrifier pour que ce truc continue car TINA.

  4. Paul ,
    Je me suis permis quelques lignes à l’attention du pdg de GROUPAMA, Thierry MARTEL.
    Je sais l’intérêt que tu portes aux Mutuelles et Coopératives. Là, nous sommes en face d’un détournement majeur de la raison d’être de l’une des principales structures véritablement mutualistes avec le Crédit Agricole, nées de la loi du 04 juillet 1900.

    « Thierry Martel, PDG de GROUPAMA, dans la maison depuis 21 ans, responsable de l’Audit depuis 2003 et ensuite placé aux plus hautes fonctions de l’entreprise, veut nous faire croire que les agences de notation le »tyrannisent».
    Vouloir casser le thermomètre est le début de la panique.
    *Est-il inexact que le passif de GROUPAMA est de 4 à 5 Md€ alors que l’actif est 3Md€ ?
    *L’exposition aux dettes souveraines des Etats est-elle raisonnable ou délirante ? Grèce ? Italie ? Espagne ? Portugal ?
    *Les investissements en actions sont-ils de 15 % ou de 7 % comme pour les autres assureurs ? Part de La société Générale ? Part de Veolia ?
    *Montant des honoraires versés à Alain Minc depuis 5 ans, pour ses précieux conseils ?

    Quand GROUPAMA sera au clair sur les réponses qu’il apporte à ces questions, on pourra prendre en compte les remarques de Thierry MARTEL, qui aujourd’hui sont sans aucun intérêt. »

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr/

  5. J’ai beaucoup ri … parce que je ne possède pas d’argent placé dans des obligations.
    Du moins, pas à ma connaissance.
    Peut-être que je rirai moins le jour où j’aurai besoin de l’argent qui est à la banque !

    1. ne vous pincez pas le nez, l’argent n’a pas d’odeur, sinon celle de nous tous, la dette n’a pas d’odeur, j’en reprendrais bien un bout

  6. cette crise ne serait pas une manière de faire ressortir la vieille planche à billet, tout en tenant loin le spectre de l’inflation???
    – les petites & moyennes gens payent…
    – les banques encaissent les bénéfs…
    – les états couvrent le tout…
    … les agences de notations font monter les les enchères, une inflation du taux de remboursement des états ???

  7.  » (raison pour laquelle aucune loi ne devrait jamais obliger votre employeur à verser votre salaire à une banque plutôt qu’à vous-même). »
    Je me souviens de ce moment où les banques ont réussi à obliger tout salarié à déposer son salaire à la banque . (les années 70 ) . Auparavant il était possible de recevoir son salaire en liquide chez le caissier de l’entreprise . Recevoir son salaire en liquide aujourd’hui est assimilé dans l’esprit des gens à un acte délictueux ; Ô tempora , ô mores !

    1. dans les années 70, j’étais encore en culottes courtes, et j’ai quand meme pu toucher mon salaire dans ma poche jusqu’au début des anneés 90 de mémoire.
      Grâce au chèque directement decaissable en banque (j’ai oublié le nom exact de ce truc). Evidemment, ça aussi ils l’ont interdit.

      Puis est venue la suppression du paiement des allocations familiales par mandat.

      Puis sont venues les saisies illégales de la poste sur compte courant ET livret A (ils se servent directement) en vase communiquant. (pour ceux qui croiraient à la vieille légende urbaine de « la poste : banque sociale »)

      Puis est venue la fermeture de TOUS les comptes de particuliers au credit municipal de Paris (je sais pas pour les autres Credit Municipal en province) sans explication (ça c’est nouveau, depuis septembre). Tu parles d’une banque associative/Municipale 😀

      Bref on voit comme une tendance ^^

    2. Faux taratata, légende urbaine, vous pouvez tout à fait exiger le paiement de votre salaire en images, jusqu’à 1,5 fois le smic me semble-t’il. C’est la Loi, tout simplement…
      Non, 1500 € précisément, au jour d’aujourd’hui…

      Mode de paiement :
      Le paiement est effectué soit par chèque barré soit par virement bancaire ou postal soit en espèces.
      Le paiement en espèces est possible uniquement si le montant du salaire est inférieur à 1 500 € et à la demande du salarié. Dans ce cas, l’employeur ne peut s’opposer à sa demande
      Un bulletin de paie est obligatoirement remis au salarié

      http://vosdroits.service-public.fr/F2308.xhtml

    3. @vigneron, le 12 décembre 2011 à 23 h 12

      Tu as raison in jure, vigneron, mais tu verrais la gueule des comptables, la porte du DRH (c’est que l’URSSAF a tout automatisé depuis laide lurette), je te passe la sidération des collègues, si tu fais la demande, sans compter celle de ton référent banquier qui change tout le temps de gueule mais te proposes du chrome dès que tu es à pas un.

      Et puis faut faire gaffe avec ces trucs, le boss pourrait comprendre que tu proposes de bosser au noir, et serait d’accord, rapport à ses cotisations à lui. Marche pas dans les monades urbaines, sauf à tenter des relations professionnelles genre commerce de proximité, qui peuvent finir par le fait que le souvenir de ce qui a été dit ou tu revient à la tête du moins balèze des contractants ou de çui qu’a moins de potes que l’autre, ça eût marché. Légende rurale, pour le coup.

    4. Je me souviens…..
      Au moment de cette obligation bancaire, qui me scandalisait, j’allais retirer mon salaire intégralement au guichet dès le lendemain. En 18 mois j’ai été proprement virée, compte clôturé, de BNP puis SG puis CL pour  » insuffisance de mouvement sur le compte « . J’ai terminé avec un CCP et j’ai cédé. Dur, dur de leur résister même sur ce plus humble mode.

      1. Je crois qu’il existe un type de compte particulier.
        La banque ne peut faire travailler l’argent qui est dessus. Elle rémunère à un pourcent parce-que la loi l’y oblige.

        Quelqu’un confirme?

    5. Longtemps cela a été encore possible en dessous de 10 000 F (1525€) à la demande du salarié.
      Je ne sais si cela est toujours en vigueur.

  8. taratata, dis moi ou t’habites qu’on vienne te chauffer les pieds pour te faire avouer ou tu planques le freesbee ! On fera cela dans les regles ethiques avec les bouquins de Jorion en guise de combustible !

  9. Le piquant de tout cela c’est que le salaire en liquide est pour sa part constitué de billets de banque qui ne sont rien d’autre qu’une reconnaissance de dette (sur la banque centrale?) et que cet argent-papier n’est pas non plus au-dessus de tout risque, principalement celui de se faire grignoter par l’inflation ou la dévaluation…

    1. Non je n’avais pas vu, c’est moins piquant et plus tortueux qu’un « ! ». Mais vous n’en êtes pas encore à des nuances de signes diacritiques.

    2. comment quiconque peut-il encore soutenir cette niaiserie qui dit que l’argent liquide serait une dette?
      Puisque, quand je rends un euro à mon voisin qui me l’avait prêté, je ne lui dois plus rien!

  10. argent Liquide

    Il y a un pays où c’est intéressant de regarder la façon dont ils fonctionnent avec l’argent : l’Allemagne. Alors que nous utilisons de moins en moins de chèques dont nous étions les champion du monde, nous avons troqué les chèques pour la carte bancaire et en France l’argent liquide circule si peu qu’il est suspect.

    Dès 50€ il n’est pas rare que le commerçant vérifie la qualité des billets. En Allemagne c’est exactement l’inverse. Le plastique ne donne pas confiance sans doute parce qu’ils faut payer des prestations de services au banquier et quasiment toutes les dépenses de la vie courrante sont en cash.

    L’on peut en tirer quelques conclusions sur la gestion des ménages, la rigueur budgétaire de l’Etat qui parle très bien aux ménages. L’on peut comlprendre aussi pourquoi les Allemands sont effrayés par les pirouettes anglaises et américaines.

    Pour une part importantes Allemands, Anglais et EtatsUniens ont la culturte protestante en partage mais manifestement ils ne la vievent pas de la même façon.

    1. J’ai pas entendu dire que Deutsche Bank ou Commerzbank – et ne parlons pas d’Hypo Real Estate ni des bonnes vielles banques suisses – aient été particulièrement effrayées par les « pirouettes anglaises ou américaines », me semble même qu’elles étaient et sont nécessairement toujours plutôt du genre à applaudir, discrètement certes, mais debout, aux acrobaties zé contorsions dérégulées de la City… Remenber AIG simplement, juste AIG…
      La psychorigidité stéréotypique vous savez, c’est un peu comme l’autre rigidité, la bonne celle-là, les années passant l’âge venant, puis le grand âge, ça flanche, ça flageole, ça s’ramollit, ça tient plus la route, ça tient plus finalement que de la légende, puis ça soutient même plus ses dix grammes de légende…
      Et Siegfried devra reforger sa Balmung, sa Reichsschwert… c’est ballot, hein ?

    2. Le papier monnaie est le « shadow banking » du pauvre…Enfin du riche qui le prétends, la richesse « bling-bling » ou si on veut de l’argent mafieu…
      Dés fois le peuple se prète meme de l’argent gratuitement! C’est dingue non?
      Les économistes en sont scandalisés. Bien sur! C’est l’origine de la Crise!
      Ne pas payer d’interets sur l’argent! Mais c’est une hérésie mortelle!
      Que fait l’Inquisition?

  11. J’ai eu récemment l’occasion de soulever cette distinction entre Argent et Reconnaissance de Dette, en vous citant, lors d’un séminaire du Comité d’Annulation de la Dette du Tiers Monde.

    J’ai été extrêmement surpris de voir que le très sérieux et offensif CADTM, qui fait de la question de la dette son cheval de bataille depuis de nombreuses années, semble être complètement passé à côté de votre analyse.

    C’est à se demander si les ténors de la contre culture économique se lisent et s’écoutent entre eux, ou s’ils n’ont du temps que pour leurs propres entreprises.

    1. Le principe actif répondant au doux acronyme de CMExNh est doté de stupéfiantes propriétés addictives avec très forte et très rapide dépendance psychologique induite, mais heureusement une dépendance physique (syndrome de manque) rarissime (on pense bien sûr au cas d’école atypique référencé par l’Institut et universellement connu sous le nom de code A.J H).
      L’accoutumance est faible également, les dopés à la CMExNh se contentant le plus souvent d’une petite dose quotidienne ou d’un patch à diffusion continue à dose infinitésimale (sauf bien sûr le cas clinique A.J H qui – d’après la légende – entretiendrait à lui tout seul un gros labo aux ramifications internationales pour sa seule consommation personnelle).
      Personne, absolument personne, n’est à l’abri de ce terrible et insidieux fléau, du foetus à Alzheimer en soins palliatifs, du fond à droite au fond à gauche, du tout en bas au tout en haut, tous sont touchés, nul sanctuaire. Aucun ? Si, chez le bon docteur Joriolievenstein ! 😉

      1. Les dopés à la CMExNh se contentant le plus souvent d’une petite dose quotidienne…

        Pourriez-vous être plus précis ?

    2. De bonne humeur, le vigneron : il n’a même pas évoqué le VHD, pas même sous sa forme oxyde de chrome(VI).

  12. Je n’avais pas encore lu « l’argent, mode d’emploi ». Ce n’est pas bien, j’ai été vilain. Je m’y mets dès demain. Promis 🙂

  13. Si je puis me permettre, tout profane que je sois et indépendamment du fond de l’article auquel je souscris pleinement, j’ai une petite interrogation d’ordre purement mathématique, sans doute un peu bête… Mais il n’y a pas de questions idiotes, il n’y a que des imbéciles qui ne les posent pas.

    Le risque, parce qu’il y a beaucoup de « si » au moment du détricotage : « si B a toujours 1 million », « si A a toujours 1 million », « si l’émetteur de la dette dispose des liards qu’il lui faudra rendre ». Plus la chaîne est longue, plus les risques d’accident s’additionnent.

    Si je comprends bien la logique de la chose, quand il y a une chaîne longue qui soit à détricoter, chaque maillon va devoir exercer le test « s’il a toujours un million » au maillon suivant. Ainsi, au final, les probabilités ne sont-elles pas censées se multiplier ? Après, c’était peut-être simplement un abus de langage…

    1. @Renard, 12 décembre 2011 à 23 h 59

      C’est une histoire de mistigri, les enfants et les joueurs de pouilleux, même massacreur, savent qu’il n’y en a qu’un. Les grands cons croient que ça croît. C’est aussi simple que ça.

      PS. Il y a un goupil homonyme doté d’une belle image, comme autre intervenant.

    2. Euj, je vois à peu près, mais je dirais que les probabilités de défaut par unité de temps s’additionnent (comme les probabilités de désexcitation pour un noyau excité qui a plusieurs canaux de désexcitation).

    3. @ Renard

      Cher homonyme,
      Il va de soi que les risques ne peuvent pas s’additionner sinon ils finiraient par dépasser 100%.
      Mais Il va de soi également qu’ils ne peuvent pas se multiplier, sinon ils tendraient rapidement vers zéro.
      Si mes souvenirs sont justes, la réponse est par là. Je vous laisse faire le calcul.

  14. Pour que les effets néfastes de « l’argent/diète » ne soient plus ,il vaudrait mieux se prévenir des effets de « lévriers »…
    Chasse à « court-terme »,quand tu nous tient….
    A « Aristocratie »,je préfère « féodalité »….

  15. http://newsandinsight.thomsonreuters.com/Securities/Insight/2011/12_-_December/MF_Global_and_the_great_Wall_St_re-hypothecation_scandal/

    En fait les lois US limitent la ré hypotèque à 140%, légal mais limité.
    A la City c’est no limit!
    Que croyez vous qu’il se passa ?
    Toutes les banques US ont fait leurs petites affaires à Londres.

    Résultat des courses et le nom des gagnants :

    « Engaging in hyper-hypothecation have been Goldman Sachs ($28.17 billion re-hypothecated in 2011), Canadian Imperial Bank of Commerce (re-pledged $72 billion in client assets), Royal Bank of Canada (re-pledged $53.8 billion of $126.7 billion available for re-pledging), Oppenheimer Holdings ($15.3 million), Credit Suisse (CHF 332 billion), Knight Capital Group ($1.17 billion),Interactive Brokers ($14.5 billion), Wells Fargo ($19.6 billion), JP Morgan($546.2 billion) and Morgan Stanley ($410 billion).  »

    Surprise, il n’y a pas que des banques US.

    Je comprends maintenant le très étrange mouvement de certaines Banques Centrales style Canada ou Suisse. C’était pour renflouer ses p… de banques et même pas à cause de 2008 mais à cause des conneries faites APRES!

    Que UK/US (Canada?) se débrouille avec son système dorénavant, et les banques UE ont plutôt intérêt à filer droit.

    On peut rêver à autre chose qu’à être une dinde à la veille de Noël, non?

    Amis zonards, bonsoir.

    PS Sale temps en vue pour la City et ses 12% de PIB

    1. @la m…

      « à cause des conneries »

      On dit « options » en novlangue. Bientôt les zonards ne diront plus « scuz-moi, gros, j’ai fait une connerie », ils diront « scuz-moi, gros, j’ai pris une option ».

  16. Encore le Canada

    « Le Canada, premier pays à quitter le protocole de Kyoto

    Le Canada va devenir le premier pays à se retirer officiellement du protocole de Kyoto sur les changements climatiques, a annoncé lundi le ministre de l’Environnement, Peter Kent.
    Kyoto, signé en 1997, oblige une quarantaine de pays industrialisés, à l’exception des Etats-unis qui ne l’ont pas ratifié, à respecter des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre (GES).
    « Comme je l’ai déjà dit, Kyoto appartient pour le Canada au passé. (…) Nous invoquons nos droits juridiques à nous retirer officiellement de Kyoto », a déclaré le ministre à son retour de Durban (Afrique du Sud) où vient de s’achever une conférence internationale sur les changements climatiques.
    Peter Kent n’a pas précisé la date exacte du retrait canadien, expliquant que son pays risquait de se voir infliger de lourdes sanctions financières conformément à Kyoto s’il n’agissait pas ainsi.
    Les Conservateurs arrivés au pouvoir en 2006 à Ottawa ne cachaient pas leur intention de ne pas se sentir tenus par les engagements pris par les Libéraux, à l’époque aux commandes, à Kyoto.
    Le protocole oblige les Canadiens à réduire leurs émissions de GES à six pour cent de leurs niveaux de 1990 d’ici 2012. En 2009, ces émissions étaient de 17% supérieures aux niveaux de 1990.
    Ce retrait a été vivement critiqué par les défenseurs canadiens de l’environnement. « M. Kent ne comprend pas ce à qui il condamne nos enfants », a réagi John Bennett, directeur exécutif du Sierra Club Canada. « Des changements climatiques catastrophiques leur coûteront bien plus ».
    Le Canada affirme soutenir un nouvel accord global visant à réduire les émissions de GES mais insiste pour que ce pacte concerne toutes les nations, y compris la Chine et l’Inde, qui ne sont pas parties aux objectifs actuels de Kyoto.
    La décision d’Ottawa intervient au surlendemain de la conférence de Durban. Les quelque 180 pays participants s’étaient séparés lundi sur un pacte qui, pour la première fois, oblige les plus gros pollueurs de la planète à prendre des mesures pour réduire leurs émissions de GES. »

    Reuters
    http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/reuters_00407843-le-canada-premier-pays-a-quitter-le-protocole-de-kyoto-262055.php

  17. Savoir si notre argent sur un compte nous appartient ou non revient à cette petite histoire:
    Mon ancetre proposa en 1848 à un capitaine de navire de porter de Brest à New-York 1000 francs-or. (J’invente)
    A son arrivée le capitaine devait le donner à un des associés de mon ancètre (Non ce n’était pas Rockefeller mais Goldman). Bien sur il lui signa un reçu.
    Le navire coula dans une tempete.
    Question que dut résoudre Sherlok Holmes: Les 1000 francs or m’appartiennent-ils toujours?
    La Justice, aprés 9 ans de procès, statua sur le vu du reçu, que les 1000 francs-or m’appartiennent, et que je suis autorisé à les récupérer en plein océan à 4000 mètres de profondeur dans l’Atlantique Nord.

    Dans l’exemple de Paul Jorion, le banquier A a un comportement trés curieux: Aprés avoir acheté un million de dette grecque, il veut soudain s’en débarraser « over the counter » hors bilan auprés d’un autre banquier dans un deal des plus étrange:
    -Je te la rachete dans deux ans, 10% de plus, et pendant ce temps tu vas toucher les interets. C’est-y pas génial mon pigeon?
    Le pigeon B se recherche « OTC » un autre couillon C, en lui proposant le meme contrat…
    Ce qui est interessant ce n’est pas la comptabilité de ces transactions qui on l’air idiotes.
    Faites sur-mesure pour la palanquées de crétins de l’OCDE.
    Pourquoi acheter une obligation pour la revendre avec promesse de rachat?
    Belle et bonne question.
    On pourrait se dire ceci: Une obligation achetée « dans le bilan » et revendue « hors bilan » reste toujours dans le bilan, pour les impots, les actionnaires et les australopithèques de la BRI et leur Baale II…Et leur normes IFRS etc…
    Et ça fait toujours un million d’euros qui circule dans le « shadow banking » par l’intermediaire des places « offshores » (paradis fiscaux) et avec les lesquels on peut jouer au casino CDS sans etre ennuyés par ces crétins d’états avec leurs règlements, qui ne comprennent rien au capitalisme libertarien. Car d’aprés Adam Smith et sa main invisible, l’égoisme du capitalisme rapporte à l’humanité entière. D’aprés sainte Margaret Thatcher et le pape Reagan.

    1. Ne faites pas dire à Adam Smith ce qu’il n’a pas dit, la main invisible chez lui a une conscience, d’ailleurs savez vous que celui dont vous faites le champion du néo libéralisme (car ce n’est pas du libéralisme le TINA) a fini sa vie aux douanes.

  18. En raccourci (merci de corriger éventuellement le propos) : avec tous ces montage infernaux, ceux qui échangent leurs force de travail, énergie, temps, contre salaire, que ce soit par l’inscription en lignes de compte ou en espèces sonnantes et trébuchantes (qui ne sont quasi rien de plus qu’une reconnaissance de dette) sont en réalité gratifiés d’une bourrasque de vent.
    Alors les obligations !…

    1. non, les espèces sonnantes et trébuchantes ne sont pas des reconnaissances de dettes, car, au contraire, en ayant obtenu ces espèces, la dette est éteinte … cessez d’embrouiller des choses claires qui distinguent argent et reconnaissance de dette!

  19. C’est pour cette raison que la dette greque devait passer sous droit britanique? je ne comprenais pas pourquoi les banques insistaient autant..

  20. La parabole de la multiplication des repos pour les noces de Wall-Street, voilà une solide base théologique à la religion de l’argent ! 🙂

  21. Ce qui manque, dans toutes ces analyses, c’est de comprendre que les bulles financières sont toutes vouées à périr. Les spéculateurs le savent bien et, même s’ils recherchent toujours de spéculer sur ce qui est le plus indispensable, aujourd’hui les terres rares et la nourriture, ils ont un comportement de névrose d’échec typique. B. Madoff savait bien qu’un jour, tout s’effondrerait pour lui. Les chaînes de Ponzi sont raffinées ou non, cela ne change rien à leur destin. Seule la mauvaise conscience pousse les spéculateurs a aller vers l’échec toujours prévisible. C’est la mauvaise conscience, aujourd’hui, de détruire la Terre et le milieu de vie humain, par les investissements dans le développement technico-scientifique. Alors, ils se punissent comme ça, en n’investissant plus, mais en détournant la monnaie des états.

  22. Voilà 60 ans que j’applique les régles 1,2,3 que mon argent n’est pas à la banque , mais je n’imaginais pas qu’il soit possible de multiplier les pains ainsi.
    C’est tout bonnement un crime originel , personne pour se révolter contre ?

  23. Le fait que l’argent manquera un jour ou l’autre à un quelconque maillon de la chaîne peut donc déclencher le risque systémique. C’est bien clair.
    Or, ce qu’il convient de saisir qu’un tel événement arrive nécessairement pour la simple raison que l’argent est prêté à intérêts et que le rendement attendu finira par ne plus pouvoir être au rendez-vous.
    Car les sommes à rembourser finiront par dépasser la capacité de production de l’emprunteur, quel qu’il soit.
    Si on pouvait imaginer une monnaie qui puisse servir et circuler sans obtenir des intérêts, le remboursement serait bien moins risqué, et même un défaut serait plus facile à « digérer ».
    Le principal problème est que la monnaie actuelle est essentiellement un moyen de chantage et d’extorsion d’intérêts = la rente du capital, et tant que cela sera ainsi, nous aurons ce problème du risque systémique.

  24. Merci Mr Jorion pour ce genre de billet simple et didactique.

    Consternantes de simplicité d’ailleurs ces pratiques bancaires lorsqu’on voit le fond du mécanisme (j’imagine que tout cela est emballé dans une brume de complexité pseudo technique).

    Mais comment est-il possible que les régulateurs laissent faire cela?
    Le bon sens voudrait que cela n’existe pas d’où l’absence de règle? (Il n’y a pas de loi qui oblige quelqu’un à NE PAS se jeter d’une falaise effectivement…).

    1. Il y a trop d’intérêt particuliers, et hélas même publics, en jeu. Qui bénéficie des magouilles de la City, par exemple?
      – Les Riches, qui s’en mettent plein les poches
      – Les banquiers et traders, qui s’en mettent relativement plein les poches
      – L’Etat anglais, qui via quelques taxes, et les bons chiffres « financiers » ainsi dégagés récupère quelques miettes sympathiques.

      Nous avons affaire à un jeu de dupes. Pour l’empêcher, il faudrait que les Etats ne commercent entre eux (financièrement – échange de capitaux, etc.) que si 100% des pratiques financières sont harmonisées et contrôlées correctement. Sinon, c’est le plus filou qui gagne et syphonne les ressources de son voisin… Après la Guerre, après la Guerre économique, voici la Guerre financière!

  25. Pour les amateurs de fractions, d’un Bensaïd (pas le marxeux) et d’un De Palma (pas le mauvais cinéaste), cette étude de 1995 à propos du « modèle de différenciation horizontal de Salop (1979) ».

    Je déflore de suite le nom du colonel Moutarde avec Mme Rose à la cuisine avec le chadellier :  » Le coût réel du crédit qui est la somme du taux du débiteur et du coût d’opportunité imposé peut très bien, en définitive, amplifier les chocs de la politique monétaire ». Un euphémisme quoi, bien que le nom du modèle étudié ne l’eût pas laisser imaginer aisément.

  26. petite réflexion sur cet agent trouble :

    L’argent est une fonction, un symbole, ou comme une parole , un agent de liaison entre gens , sans réalité autre qu’une virtualité de relation, il indique le type de relation : domination ou servitude , sincérité ou mensonge . Il n’est pas à proprement dit un objet . puisqu’il est ambigu entre matérialité ( espace, territoire) et temps (spiritualité, intention ) .
    comme l’argent relève de la croyance , du crédo, il est facilement parasité par tout ceux qui font croire . Facilement, c’est vite dit …
    en bref, il est aussi fantomatique que les ombres .
    le plus drôle, c’est que nul ne croit guère aux fantômes . On pense croire à tel Dieu, ou tel autre , mais ses « autres » manifestations passent pour foutaises ou superstitions.
    curieux agent que l’argent : quand on n’en pas , on y croit, et quand on en a , on matérialise grâce à lui : il est créateur .
    c’est bête à dire, mais une même somme n’est pas identique selon que vous l’avez ou ne l’avez pas .
    l’argent symbolise aussi le séparateur . ou la séparation , ce qui décide d’une limite, d’une sorte de sanctuaire , de lieu sacré . ( enfin, c’est selon le mental, encore une fois , des récipiendaires )

    l’argent est art gens . pas trop gentil .

      1. Je ne sais .
        j’essaie d’imaginer les causes . par exemple, la réalité ou le sens d’un mur entre celui qui a et celui n’a pas . sans doute n’avons-nous pas franchir le mur de l’argent ?
        le problème de l’irrationnel, c’est qu’il imprègne également le rationnel .

    1. …argent-symbole, argent-agent de liaison, argent de relation et de croyance, dites-vous… il existe bien une monnaie ancestrale, qui est cela et plus encore, matérialisant la parole, le compromis, scellant l’échange, dans l’esprit sacré issu des ancêtres fondateurs, dans l’hommage à la nature et à tous ses mondes.
      (évidemment, le terme de « monnaie » provient du colonisateur, méprise significative )

  27. C’est tout bonnement incroyable !
    Merci pour ce détricotage de la pensée économique moderne !
    Quelle belle SCIENCE mes aieux !

  28. Vous imaginez toute cette énergie dépensée gaspillée qui aurait pu être employé à rendre la vie plus jolie au lieu de la rendre laide.

    1. Ce camarade de Mr Bauer exhonère donc le système de toute responsabilité (sans doute pour ça qu’on n’a pas proposé à Paul Jorion de venir faire le job, ce qu’il a fait tout seul dans son coin d’ailleurs…). C’est sûrement tout ce qu’on lui demandait, un directeur honoraire de la Banque de France n’étant pas loin…

      C’est donc une simple question pénale… L’économie polititique n’a rien à voir là-dedans. D’ailleurs les fondamenaux sont sains (comptabilité créative, confusion monnaie-reconnaissance de dette et donc théorie économique fausse, modèles d’ingénierie financières faux, produits financiers qui démultiplient le risque, lobbying forcené, indépendance des organismes de contrôle, rapports de force entre actionnaire, entrepreneur et salarié, rôle de la concentration du capital, importance géopolitique de la maîtrise des flux de capitaux, etc etc)!
      Et, cerise sur le gâteau, c’est la faute des banquiers… anglo-saxons! Magnifique Story Telling!
      On ne peut pas faire moins subversif et plus arrangeant avec le système! Circulez y a rien à voir.

      A noter que la même institution a gentiment envoyé balader un projet d’étude des modalités de partage de la responsabilité et de gestion du risque systémique.
      Comme ça la boucle est bouclée.

  29. En Belgique la loi dit toujours de payer les salaires de la main à la main et ce n’est qu’avec l’accord du salarié qu’on paye dans un compte en banque. Cet accord est automatique dès lors qu’on donne son numéro de compte en banque à son employeur ( mais bien souvent on n’a pas le choix), ce qui fait qu’en pratique les banques prélèvent un impôt privé sous forme de frais, sur les salaires de tout le monde. Parfois, dans certaines conventions collectives on est parvenu à se faire rembourser par l’employeur les frais banquaires.

    1. Rien ne vous oblige à être dans une banque qui demande des frais bancaires, il y a plusieurs banques (et pas que des banques uniquement sur Internet) qui propose des comptes gratuits et des cartes de banques (y compris des cartes de crédit) gratuitement.

    2. @ carlos.
      Enorme différence de mentalités entre une banque belge et une banque française.
      Les banques françaises sont des cowboys qui se croient tout permis.
      Les banques belges sont des caissiers au service de celui qui y dépose son argent.
      Essayez donc de payer par chèque en Belgique , c’est très mal vu , d’ailleurs le chèque est un moyen archaïque dont personne ne maitrise la provision entre son émission et son réglement.
      Fuyez les banques françaises et leurs chèques et obligations.
      Français ouvrez un compte bancaire en Belgique , là bas personne ne viendra regarder dans vos poches.

    1. Air Liquide est une des premières sinon la première entreprise française installée au Japon. En 1930, la filiale est renommée 帝国酸素 (Teikoku-sanso, « oxygène de l’Empire ») puis テイサン (Teisan, forme abrégée) en 1981, pour prendre enfin le nom de 日本エア・リキード (Nihon Ea-Rikîdo) en 1998.

  30. Ah si j’étais immensément riche et pingre, je me gênerais pas alors de partir tout de suite en Suisse,

    Quel beau pays d’accueil quand même où alors pour les Îles Caïmans et cela avant que les choses n’empirent et se gâtent davantage dans les sociétés.

    Il y a déjà tant de mécréants dans le monde, hmm il n’y a qu’en Suisse que les premiers pingres de la terre sont toujours bien vus et reçus par les premiers marchands du monde.

    Telles sont leurs principales pensées de survivance pour pouvoir encore y échapper dans les grottes, mais ils se trompent; la cupidité et la pingrerie de plus sur terre les égare, leur grande malice les a totalement aveuglés.

    Opprimons et jugeons par conséquent davantage la vie de celui qui est moins pingre que nous, n’épargnons pas plus la veuve ni même l’orphelin, et n’ayons pas plus d’égard pour d’autres gens de plus dans le malheur sur terre.

    Que notre plus grande pingrerie commune soit surtout la seule loi morale de notre justice, ce qui est faible et sans valeur continuellement jugé bon à rien autre part.

    Traquons le juste, puisqu’ils nous incommode tellement, et cela quand bien même nous aurions mis toujours un peu plus de distance et de raison entre lui et nous.

    Ah qu’est-ce que les plus grandes fortunes de la terre vivent bien plus confortablement en Suisse. Sa seule vue en France ou dans un autre pays nous est bien encore insupportable.

    Alors forcément le tourment de la crise ne nous atteindra pas plus en Suisse,

    Très dure parole de Jérémie à leur égard.

  31. « A possède des obligations pour un montant de 1 million, il les échange provisoirement (Repo) avec B pour de l’argent. A a maintenant 1 million en argent et B, des reconnaissances de dette pour un million. B se tourne vers C pour un Repo, C donne un million à B et reçoit en échange les obligations qui sont des reconnaissances de dette d’un million. A et B ont maintenant chacun 1 million et C des reconnaissances de dette valant un million. Si on additionne le tout, on obtient le chiffre de 3 millions. 2 millions sont sortis d’un chapeau ! »

    Avant que A n’échange avec B, B possédait 1 million en argent. Après l’opération, B ne possède plus ces 1 million en argent et c’est A qui les possède. Idem entre B et C.
    Comprends pas, sauf à envisager que la seule et unique obligation reste inscrite à l’actif les 3 banques avec l’astuce du Repo. Et donc qu’en cas de défaut de cette seule et unique obligation, ce sont les 3 banques à la fois qui enregistrent la seule et unique perte.

    « Y a quelque chose qui cloche là-dedans. J’y retourne immédiatement »

    1. Suis novice en la matière, mais j’essaie de comprendre. A la lecture de l’article de Christopher Elias de l’agence Thomson Reuters, je comprends qu’il ne s’agit pas d’échange (même provisoire), mais de mise en garantie, de gage qui reste la propriété de la banque A, les obligations restant à son actif. Christopher Elias le compare à un prêt hypothécaire sur une maison dont vous êtes propriétaire, mais que le prêteur peut saisir si vous ne payez pas.

      Ici, l’échéance des obligations mises en garantie correspond exactement à l’échéance de l’emprunt (repo-to-maturity), ce qui est considéré aux US comme une vente et permet de le sortir du bilan. Mais les obligations mises en garantie auprès d’un courtier peuvent être re-hypothéquées (Re-hypothecation ) par le courtier lui-même pour emprunter pour son propre usage, sur l’excédant de garantie (comme quand on a déjà remboursé en partie un prêt hypothécaire et qu’on ne doit plus qu’une fraction du montant de l’hypothèque initiale) Par ex. 500$ d’obligations en garantie d’un prêt de 200$ permet aux courtiers US d’emprunter jusqu’à 140% du prêt accordé, ici 280$. Mais, il n’y a pas de limite en UK, le courtier peut emprunter la totalité du collatéral : 500$. Et des firmes US jouent sur cette asymétrie réglementaire pour contourner la limite US.

      Et puis, Christopher Elias indique que les mêmes obligations sont mises plusieurs fois en garantie (churn). Avant la faillite Lehman Brothers, le FMI a calculé que les banques US avaient emprunté 4 trillions $ principalement en provenance de l’UK, mais en ne mettant en garantie que 1 trillion $, soit un quart des sommes empruntées.

  32. Puisque vous êtes d’humeur à puiser jusque dans vos essais pour répondre aux questions qui reviennent probablement sans fin sous d’autre formes, permettez-moi d’avancer la mienne que je pose pour la première fois (et je ne suis pas le gardien des posts de mes frères) : pourquoi les taux de rentabilité demandés aux capitaux investis dans l’économie réelle ne baissent-ils pas de façon significative pour faire baisser les prix en ces temps de vaches maigres ?

    Le fait que les Etats soient devenus moins solvables devrait, me semble-t-il, provoquer un reflux de l’argent disponible vers les autres endroits où il manque. On peut donc supposer que les autres acheteurs d’argent sont en situation de négocier à la baisse.

    Avoir un peu côtoyé ce blog et vos écrits fait entrevoir que le prix de l’argent n’est pas déterminé uniquement par l’offre et la demande. Toutefois (et merci de m’épargner le ‘côtoyez encore une fois’), je n’arrive pas à comprendre la nature exacte du rapport de force sur ce marché encore moins à m’expliquer pourquoi ce rapport de force ne semble pas évoluer ?

    La demande des emprunteurs privés est-elle devenue quantité si négligeable ? Dans ce cas que dire de ce marché si les principaux acheteurs sont les Etats. Vous voyez venir la prochaine : pourquoi la ‘corporation’ des Etats qui serait en situation de quasi-monopole d’achat de l’argent disponible ne parvient-elle pas à faire baisser les prix ?

    1. Je réponds (enfin j’essaie, si je dis une sottise qu’on me corrige) parce la « corporation » des vendeurs d’argents est encore plus en situation de monopole que celle des États.
      (D’ailleurs pas tellement de ‘monopole’, disons plutôt de force)

    2. Ca ne serait pas l’histoire du « liquidity trap » de Keynes, amplement commenté par Krugman ?
      « vers les autres endroits où il manque » : ces endroits n’existent pas ou plus, modulo les choix politiques faits (austérité par exemple, cf. la lost decade du Japon).
      Donc tout le monde est là à bidouiller pour ne pas feindre de rien faire, en se regardant en chien de faïence, et à attendre qu’une forme de dévaluation touche « les autres » (cf le billet sur les grecs de Etienne)un peu plus tard, que leur patate à eux refroidisse entre temps, ils pourront ainsi la toucher.
      La base du liquidity trap c’est d’être collé au taux zéro, c’est au point qu’on voit dans les cas limites des opérations à taux réel négatif sur une certaine durée, si l’investisseur préfère la sécurité d’un fond X à la relative insécurité de ceux qui lui garantissent N% dont 0.0001 % au-dessus de l’inflation actuellement (en placement sans risque).

  33. le montage de ce couteau prodigieux à multipler les pains se rétribue de toutes les rondelles saucissonnées possibles qu’il faut avaler et chanter autour du sapin où les bienfaiteurs s’échangeront des bons d’organes, les opérations immortelles

  34. Un employeur règle votre salaire en le déposant sur un compte bancaire.
    Une caisse de retraites règle votre pension en la déposant sur un compte bancaire.
    Dans les deux cas, la banque décide que l’argent lui appartient et peut faire l’objet d’une « reconnaissance de dette ». Elle « reconnaît » donc qu’elle doit de l’argent à celui qui lui en a versé (employeur ou caisse de retraite). Mais cette reconnaissance de dette ne peut concerner le titulaire du compte bancaire qui n’a jamais été en possession de cet argent et n’a donc pas pu le lui verser.
    Certains titulaires déplorent, par ailleurs, que leur banque ait des dettes, envers qui que ce soit.
    Ce n’est qu’un exemple de plus de l’absurdité qui règne dans le système bancaire.

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