L’actualité de la crise : UN TRÈS GROS BOUT DE GRAS, par François Leclerc

Billet invité

Les discussions à propos de la restructuration de la dette grecque font l’objet d’un marathon et sont depuis plusieurs jours annoncées comme allant incessamment aboutir ! Il serait plus que temps, car c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante, pour que la Grèce ne fasse pas défaut le 20 mars prochain. L’enjeu est d’embrayer ensuite sur un second round de discussion avec la troïka, qui a débuté hier vendredi et porte sur les mesures que va devoir prendre le gouvernement afin de bénéficier d’un prêt dont le montant a été fixé en octobre dernier à 130 milliards d’euros.

Afin de ne pas avoir à y revenir, les dirigeants européens et le FMI voudraient que ce second plan de sauvetage soit cette fois-ci calibré comme il faut, ayant du admettre que ce n’était pas le cas du premier. Or ils rencontrent deux obstacles :

1/ La profonde récession dans laquelle la Grèce est plongée diminue les rentrées fiscales de l’État, un phénomène qui ne peut que s’accentuer en raison du contexte européen général et des nouvelles mesures que le gouvernement va devoir adopter pour satisfaire aux exigences de la troïka.

2/ La réduction de la dette grecque, afin qu’elle ne représente plus que 120 % du PIB en 2020 contre 160, dépend de nombreux facteurs, dont l’ampleur du ralliement à l’accord d’échange de titres. Celui-ci s’avérant moins important que prévu, plusieurs options restent à la disposition des négociateurs pour arriver au même montant.

Trois leviers peuvent en effet être actionnés pour rester dans l’épure qui a présidé au calibrage initial du nouveau plan. À réduction constante de la dette, les banques peuvent accentuer leur effort, si les créanciers sont moins nombreux à se présenter. Si cela se révèle encore insuffisant, les banques ne voulant pas assumer tout l’effort, il faut alors élargir le cercle de ceux qui s’impliquent dans la réduction de dette et trouver un accord avec la BCE, qui n’est pas un créancier privé mais se trouve être le principal détenteur de titres souverains.

Enfin, une dernière option est d’augmenter le prêt de 130 milliards d’euros. La partie se joue donc sur toutes les bandes, tous les paramètres étant sur la table afin de les combiner au mieux des intérêts des uns et des autres, qui sont bien entendu contradictoires.

Faisant suite à une téléconférence des dirigeants européens hier vendredi, le voyage impromptu de Charles Dallara à Paris, le négociateur en chef des créanciers privés en sa qualité de directeur de l’Institute of International Finance, éclaire l’état de la négociation. Il fait suite à une déclaration de Jean Leonetti, le ministre des affaires européennes français, qui a martelé vendredi matin que « l’Europe ne paiera pas davantage”, ce qui signifie que certains le demandent… Or c’est bien cela que vient probablement négocier Charles Dallara, qui est flanqué d’un second détaché par BNP Paribas, Jean Lemierre.

Une source non identifiée, présentée par Reuters comme un officiel de l’Union européenne, le reconnait indirectement en évoquant « les rapports complexes entre les financements privé et public ». Plus énigmatique encore, la même source a déclaré « Le résultat en termes de réalisation de l’objectif de pourcentage de la dette par rapport au PIB dépendra de la façon dont est analysée la viabilité de la dette, ce qui n’est pas une science exacte, mais tout au plus une forme d’art »…

Mais pour quelle raison l’Institute of International Finance, qui exerce le mandat de représentant des créanciers privés sans les représenter tous, n’est-il pas en mesure de garantir un ralliement suffisant à l’accord qu’il négocie ? Il est possible que certaines banques ont déjà fait savoir qu’elles n’en seraient pas ; il est établi que des fonds-vautours, dénommés hedge funds dans les cercles financiers, financés par des banques, préfèrent être remboursés au pair et à l’échéance par le gouvernement grec de titres qu’ils ont achetés à certaines banques avec une importante décote. À ces deux titres, les banques ne peuvent donc pas éluder la responsabilité qui est la leur dans cette situation.

Afin de faire rentrer tout le monde dans le rang, l’adoption de clauses d’action collectives par le Parlement grec a été agitée comme une menace, mais cette arme serait à double tranchant, car elle pourrait rendre nécessaire l’activation des CDS par l’ISDA (International Swaps and Derivatives Association), ce qui reviendrait à constater un défaut et à pénétrer en territoire inconnu.

Michael Noonan, le ministre irlandais des finances, vient de trouver le mot de la fin : “C’était mortel de commencer un débat sur la restructuration de la dette en faisant porter le fardeau aux créanciers privés. Cela a rendu les marchés fous”. Assenant que “quand on prête de l’argent, la première question qui se pose, c’est vais-je le récupérer ?”. Pour conclure, péremptoire : “nous devons résoudre nos problèmes de dette, les marchés se calmeront ensuite”.

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84 réflexions sur « L’actualité de la crise : UN TRÈS GROS BOUT DE GRAS, par François Leclerc »

  1. J »en ai marre je n’y comprends plus rien. Que va t-il se passer? Quand allons nous en sortir, que faut-il faire? Manger deux fois par semaine, guillotiner tous ceux qui nous ont fait ça où attendre la mort. Je commence à m’impatienter même si je suis une fidèle du blog.

    1. J »en ai marre je n’y comprends plus rien.

      C’est un moyen de guérir de l’angoisse, moins vous comprendrez plus vous serez optimiste, tout va très bien madame la Marquise…

      Que va t-il se passer?

      Eteignez la télé et mettez du chant grégorien. Obéissance, pauvreté, chasteté, silence, amour de Dieu et du prochain.

      Grâce à la compétence et au dévouement de notre bien-aimé président dormez tranquille, il gère avec habileté.

      Quand allons nous en sortir, que faut-il faire?

      Achetez quelques pièces d’or et d’argent, gardez un peu d’argent liquide dans votre matelas, stockez quelques conserves et soyez polie avec les agriculteurs et producteurs de légumes de votre proximité. Soyez aimable avec les gens utiles.

      Manger deux fois par semaine

      Un peu plus, cela viendra le rationnement, mais réduisez un peu les chocolats et prenez un petit cognac avant la sieste.

      guillotiner tous ceux qui nous ont fait ça où attendre la mort.

      La guillotine commence par le roi et la famille royale et finit par les révolutionnaires. La révolution dévore ses propres enfants.Préparez-vous à Tricoter des chaussettes devant la guillotine, le spectacle sera gratuit.

      Je commence à m’impatienter même si je suis une fidèle du blog.

      Patience dans les tribulations et détachement des biens de ce monde augmentent la charité. Soyez bonne.

      Saint Thomas

      1. « La révolution dévore ses propres enfants »

        Oui, certes, mais quand l’ogre grogne en exigeant encore plus de chair fraiche (j’allais écrire de la fraîche ») comme il est dit ici

        « des hedge funds principaux obstacles à la réussite d’un accord dans la négociation actuellement en cours à Athènes) envisagent de poursuivre la Grèce devant… la Cour européenne des droits de l’homme ! »

        Il ne faut pas être stupide au point de se comporter en agneau bêlant. La légitime défense existe aussi. La situation que connaît aujourd’hui le peuple Grec est dramatiquement intolérable et au delà de toute description. (les armateurs vont bien merci !). L’issue est incertaine et lourde de menaces. Les pires aventures peuvent surgir si le désespoir reste la seule chose consentie en propre au peuple.

      2. C’est vrai qu’on en à marre de leurs histoires , les japonais ont une dette de 200 % de pib et ils ne font pas d’histoire , que les grecs achètent la dette de leur état c’est tout , qu’ils se vendent au plus offrant , mais qu’ils se la gardent leur dette , on n’en veut pas.

      3. Gibus : « Les pires aventures peuvent surgir si le désespoir reste la seule chose consentie en propre au peuple. »
        Il est vrai que le Peuple et toi faites deux.

        Néanmoins, je me sens moins seul d’être aussi riche. Merci à toi d’avoir peur pour nous.

      4. @Bertrand

        C’est vrai qu’on en à marre de leurs histoires , les japonais ont une dette de 200 % de pib et ils ne font pas d’histoire , que les grecs achètent la dette de leur état c’est tout , qu’ils se vendent au plus offrant , mais qu’ils se la gardent leur dette , on n’en veut pas.

        Quelques précisions:
        1.Le Japon a une dette tenue essentiellement par des Japonais.
        2.La Grèce a une dette tenue en partie par d’autres pays européens.
        3.Une grosse partie de la dette exterieure grecque est tenue par les banques Françaises et Allemandes qui ont financé les achats de l’armée grecque pour des armes,dont ils n’avaient pas besoin, vendues par des marchands Français et Allemands.
        4.Le peuple grec n’est pas plus responsable que ne l’est le peuple français pour les dettes de leur état.

    2. nous venons de voir la meme chose
      un bateau qui coule
      et son personnel qui demande aux passagers de retourner dans leurs cabines
      si vous avez un gilet de sauvetage mettez le !
      et rappelez vous : un con qui marche avance plus que deux intellectuels assis….

  2. Petite note d’humour :
    Cette semaine, nous avons connu un nouvel épisode grand guignolesque de la négociation financière internationale. Selon le New York Times, des hedge funds (principaux obstacles à la réussite d’un accord dans la négociation actuellement en cours à Athènes) envisagent de poursuivre la Grèce devant… la Cour européenne des droits de l’homme !
    Comique, non ?

    Ils estiment en effet que cette restructuration forcée (une modification rétroactive des conditions de l’emprunt) constitue une atteinte au droit de la propriété… lequel fait partie des droits de l’homme. Selon des juristes, le cas serait donc bien susceptible d’être porté devant la Cour de justice de Strasbourg. Pas sûr que les Grecs soumis à une violente cure d’austérité soient sensibles à cette revendication « humaniste ».

    1. Question qui fait suite au précédent billet de P.J.:
      Est ce qu’une personne morale est un homme auquel s’applique les droits afférents?
      Si la Cour de Justice abondait dans le sens des hedge funds, la réponse serait oui et consacrerait la suprématie des entreprises personnes morales sur les simples humains mortels

      1. Et oui, c’est bien là tout le paradoxe juridique de la personne morale !

        Les sociétés ont les droits des personnes immortelles. mais pas de n’importe lesquelles. De celles dénuées de conscience morale. C’est un genre de personne très particulier créée par le loi pour ne s’occuper que de ses actionnaires. Mais pas de ses partenaires sociaux, telles que la communauté ou la population active.
        (Noam Chomsky)

    2. Cour européenne des droits de l’homme !
      Comique, non ?

      oui comique ! ont ils trouvé un paragraphe pour « atteinte a leur bonus de fin d’année » ?

    3. Tout bon ça. Si des hedge-funds en sont déjà à menacer du recours quasi-ultime à la Cour de Strasbourg, bref à sortir la Grosse Bertha, c’est que la partie est bien mal engagée pour eux. Ils sont baisés et vu le prix au super-rabais qu’ils ont du raquer leurs junk bonds tout le monde s’en contrefout de ces charognards, juste un manque à gagner pour eux, et ils sont pas concernés par le marché primaire donc pas de rétorsions possibles.

      1. Super rabais, pas tant que ça.
        Quand on en prend pour 10 patates, c’est toujours 10 patates, mêmes achetées à 30% de la valeur faciale.
        Sans compter qu’y faudrait aussi s’asseoir sur les primes versées pour les CDS de couvertures.
        S’faire caver comme ça, c’est inimaginable… Pire, ça pourrait donner des idées.
        S’la étant, fo reconnaître que sortir la carte de la cour de justice européenne dès le début c pas fino. Sans compter que pour l’image, sans dire qu’y foutage de gueule, y aurait comme du cousinage comme dirait l’autre.
        En attendant, heureusement que la déontologie de nos dirigeants, à l’execption regrettable et regrettée de no’t bon gouverneur Suisse, est irréprochable sinon keskis gaveraient à acheter avant que le plan de soutien massif de la BCE (fin d’année 2011) soit mis en place, ou vendredi si certains savaient que la situation ne se dénouerait pas ce week end.

      2. Whistle, pas un super rabais ? Tu plaisantes ? Même en admettant qu’ils aient payé à 30 % (à voir…) du facial, avec un haircut de 60 % ils se ramassent du 33 % sur le coup. C’est bon non ? Les primes de CDS ? Ah ben merde, perdues ! dis donc. T’es pas invité au club de l’Isda, tu bouffes ta merde. Chacun la sienne. Sont d’la baise, on partage les pertes.

      3. Ne serait-il pas temps de se rendre à la source et d’aller mettre de l’ordre dans l’atelier créatif de l’ISDA… ou, « par défaut », de se protéger de ces innovations débiles (au sens que l’on veut) qui, alors qu’elles sont créées par un club de happy few, font peser, comme le rappelle Gilian Tett, des risques systémiques sur les économies ? Les risquophiles auto-proclamés de la finance me semblent bien risquophobes, avec leurs pyramides de dérivés dont la note finale est toujours assumée par le contribuable (le fait que l’on soit revenu au niveau d’avant la crise, proche de 700 teradollars, montre bien la capacité d’apprentissage des acteurs financiers). Remettons au plus vite ces monstruosités dans leur boîtes… : interdiction des paris spéculatifs, certes, mais également réduction drastique de la taille du marché pseudo-assurantiel des dérivés. On veut que ça flotte, depuis 1971 ; très bien, on assume comme des grands les naufrages, sans solliciter la mama étatique (dont on évide par ailleurs les ressources financières)…

    4. De la restructuration d’une dette bancaire à la restructuration d’une fiche de paye ou d’une retraite, il n’y a malheureusement que le premier pas qui fait l’usage….sommes -nous dans un Etat de droit à géometrie variable ?

    5. On joue sur les mots avec un cynisme terrifiant.

      L’article de la DDH stipule que  » Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété. » La privation, en l’occurrence, n’est pas arbitraire. Elle résulte de l’impossibilité d’un pays à rembourser, et a pour résultat de sauver la propriété de dizaines de millions de personnes et accessoirement l’existence même de plusieurs milliers de gens dans cette population, dont la Dette et son paiement compromettent la survie.

      Je crois qu’il existe une sanction pour abus dans l’utilisation du droit en France; elle serait bienvenue pour ces misérables rentiers.

  3. Juste un tout petit aparté sociologique…

    Laure Adler a consacré toute sa semaine à Bourdieu (hors-champs, 22h), hier elle s’est lâchée et n’a pas arrêté de poser des questions plein d’a priori du genre sectaire à son interlocuteur P. de la Hire… questions imprudentes de la part d’une profane. Evidemment tout ce qui va à l’encontre de sont individualisme bon teint et dans le sens d’un déterminisme social lui déplaît beaucoup, puisque cela choque son idée de libre arbitre et son amour de l’humanité, sa bonté en gros. Donc la vérité passe après.

    Aujourd’hui nous changeons de file dans un magasin, inévitablement s’impose à moi la réflexion de Murphy : Si vous changez de file, cela ira encore moins vite. Loi de l’emmerdement maximum, etc. Et tout compte fait, cette réflexion triviale, pourrait illustrer l’individualisme méthodologique de Boudon, selon lequel les fils d’ouvriers ne choisissent pas des études secondaires parce qu’ils pré-sentent la loi de Murphy, à savoir que leur encombrement produira la dévaluation des diplômes… c’est une hypothèse qui remplace la détermination sociale par l’habitus, par un « raisonnement » individuel logique, selon la logique de l’auteur et permet donc de tout faire porter sur le libre arbitre, de se passer de la notion de classes etc.

    Alors la question se pose toujours d’aller au delà de Bourdieu car toute hypothèse mérite d’être amendée, c’est la loi de la science. Mais Jeudi sa partenaire, Md Heinich était un peu dans l’incertitude épistémologique en mettant sur le même plan études compréhensives, et enquêtes statistiques voir articles nv Obs), et puis hier, Mr De la Hire, tentait un rapprochement de la sociologie avec l’étude de cas individuels comme Flaubert, mais je doute qu’il s’agisse encore de sociologie ! Lorsqu’on étudie 1 personne ?

    Bref, Bourdieu explique les rapports de domination ce qui ne plait pas à V heinich du jeudi, mais pourtant ce sont là les rapports majoritaires, dans le milieu social. Et l’on pourrait le rapprocher de la lutte du maitre et de l’esclave de Hégel. Une seule conscience domine, après une brève lutte…

    Donc se méfier de la réaction larvée sous des prétextes de révérence … ces deux émissions valent pourtant la peine d’être ré-écoutées, jeudi et vendredi.

    1. j’ai écouté cette émission sur Pierre Bourdieu. Je n’attends pas grand chose de Laure Adler qui a détruit France Culture. Presque toujours le même style d’invités. Quand ils sont différents elle leur coupe la parole afin que leur réflexion nous soit incompréhensible.

      1. Elle est dangereuse parce que… vraiment ingénue, cette « bonté » apparente capable d’ensevelir tout savoir sous un seule parole dite avec cette naïveté typique, du genre « Allez, soyons amis ». Surtout cette non-scientifique, cette « profane » qui n’y connait rien, n’a jamais reçu d’enseignement sociologique, n’a certainement jamais lu un seul livre ni de Bourdieu ni d’autres, n’a aucune idée de ce qu’est la recherche sérieuse, bref, cette naïve se permet pourtant de donner son jugement « scientifique » dans un domaine où elle n’est pas spécialiste ni d’ève bi d’adam. C’est typique. Les journalistes se sont crus à même de répondre à Bourdieu, avec tout le côté réactionnaire bon teint qu’on leur connait. C’est une guerre maintenant qui prend des allures de révérence 10 ans après parce qu’ils se rendent compte de leur inanité, alors que Bourdieu est reconnu internationalement. Maintenant ils veulent le transformer en Staline, comme Lacan d’ailleurs, faute de pouvoir le détruire ils les accusent de manquement personnels. C’est la république du journaliste-juge ! Ne doutent de rien.

        Oui France Culture… je ne sais pas si elle l’a détruite, elle est là depuis si longtemps ! Mais maintenant le crédo est de tout faire passer sous la bannière de l’humour, pour échapper à une critique acerbe. Par ex le générique du « Grain à moudre », le ton du présentateur, cela peut toujours être pris pour de l’humour ! Comme ça on esquive toute sorte de critique. Pareil le matin, Voinchet etc notez bien que tout est noyé dans une sorte d’humour permanent, c’est la note de fond. Souvent moi aussi j’éteins cette radio, surtout lorsqu’ils pérorent sur, alors là l’infiniment sérieux qui n’est que du blabla, blabla, blablabla, et pan ! je leur coupe le sifflet. je n’ai pas besoin de « culture »

        Mais Bourdieu est le symptôme de cette radio, de cette classe, c’est très amusant. Tous les reproches qu’on lui fait.. C’est vraiment l’affolement dans le poulailler, d’autant plus amusant qu’ils n’y connaissent strictement rien, mais ça caquette d’autant plus… Je n’ai pas assez de mépris pour eux tous.., ces incompétents nantis, qui se croient capables de juger tout, ces bas-bleus, et autres « femmes savantes » au mauvais sens du terme !

        Au début, on me répondait par l’adjectif « Bourdivin »… c’était leur façon de se moquer. Comiques.

    2. Le milieu intellectuel n’échappe pas aux dissonances non plus… L’homme a toujours cherché à se donner bonne conscience pour « etre en paix » avec lui même. Comme l’on donne de l’argent à un sans abri non pas parce que l’on veut l’aider lui, mais s’aider soi-même, tenter de se dire « tiens au fond je suis pas si mauvais que ca ». La vérité est que l’on « achète » ses amis, connaissances. Il en va de meme dans la famille, dans la mienne, ma grand mère utilisais l’argent pour me « gâter » mais cela n’est-il pas une forme d’achat de ma reconnaissance? Car si on ne donnait rien, serions nous toujours accepté? Je renvois pour cela aux études sur la logique du don du mauss, très intéressant…

      Alors, les partisans de l’individualisme ne seraient-ils simplement des personnes, quelque part trop faible ou orgueilleuse qui refuseraient d’admettre que l’on n’est pas libre, bon, et surtout totalement déterminé? Je pense que ce déterminisme ne s’est jamais aussi bien exprimé que de nos jours, ou l’on mettre en évidence facilement comment l’argent détermine nos actions…
      Alors que l’on ne parle pas de raisonnement rationnel que fait l’individu, en tout cas, peut etre Boudon a-t-il vu en l’Homme un etre qui réfléchit et agit de manière rationnelle? Certainement, mais cette rationalité est déterminée… Quand Weber parlait d’action rationnelle par rapport à un but, valeur, etc l’action est belle et bien déterminée par la fin. Donc, à mon gout, même des sociologues dit individualistes sont quelque part déterministes puisque les sources de l’action sont extérieures à l’homme, cela n’est-il pas du déterminisme?

      De toute manière, il est facile de montrer que l’homme n’est pas rationnel, si l’on postule que le but premier, la fin suprême à laquelle devrait tendre tout etre rationnel, à savoir sa survie, et ce dans des conditions les plus favorables, peut-on considérer rationnel l’épuisement des ressources naturelles, la dégradation de l’environnement, la mise en péril de l’économie mondiale, les dirigeants politiques risquant de se retrouver mal menés si une crise venait à éclater alors que le but de ceux-ci est de rester au pouvoir?
      L’homme ne cesse de se conduire de manière irrationnelle, il est peut être rationnel un cours instant, mais il me semble évident que c’est une rationalité hédoniste, oubliant que la vie c’est « long » et que la mise en hypothèque de son futur dans le seul but d’accentuer sa jouissance immédiate est tout ce qu’il y a de plus irrationnel, en tout cas à mes yeux.

      De l’humilité, de la tolérance, de la compassion sont ce qu’il nous faut, arrêtons de croire et de faire croire aux gens que l’homme est parfait, nous ne sommes que des animaux dotés d’une conscience, et celle-ci tient certainement plus du cadeau empoisonné que du miracle.
      Et puis n’oublions pas que certains aiment critiquer, contre dire juste parce que cela leur donne une place dans un milieu qui à mon avis n’est pas exempt d’individus orgueilleux.

      Bref au final, la contestation de Bourdieu fait sens puisque l’Homme ne veut pas se reconnaitre comme ce qu’il est réellement.
      Il est facile de critiquer un auteur décédé… je pense que Bourdieu doit se retourner dans sa tombe quand à l’absurdité de la situation actuelle…

  4. Gaël Giraud, chercheur en économie au CNRS. Ses travaux portent un regard original sur l’économie financière et explorent les aspects éthiques des sciences économiques. Jésuite, et ancien praticien de la finance, il apporte des propositions de gouvernance économique….
    http://vimeo.com/34613599

  5. Que la Grece fasse défaut une fois pour toute ce qui permettra de voir qui à vendu des CDS en quantité.Le grand bal des faillites de banque pourra alors commencer.

  6. Je ne vois pas où est le problème :

    – les hege funds ont joué et perdu. Ils prennent leurs pertes
    – les banques ont prêté inconsidéremment. Idem

    1. le problème c’est que les hedge funds n’ont pas perdu (ils se sont assurés pour la perte, et peut être au delà de ce qu’ils ont misés), en cas de défaut de la grèce ils doivent théoriquement récupérer au moins ce qu’ils ont prêté.
      Pour les banques elles ont prêté à la grèce, aux hedge funds (pour qu’ils reprêtent à la grèce) et ont vendu les assurances aux funds. Au final il ne doit pas y avoir beaucoup de financier qui pourraient continuer à  »travailler » si la grèce fait défaut, il n’est même pas sûr que les funds pourraient récupérer le montant des garanties qu’ils ont acheté, apparemment ils semblent quand même convaincus que c’est en cas de défaut de la grèce qu’ils récupéreront le plus.

      Ce que j’aimerai savoir, c’est quand les funds ont le plus acheté de cds grec, à qu’elle date en ont ils achetés le plus, si c’est au moment du prêt ou ‘dernièrement’ ?

      1. Jicé, les hedge-funds et vautours vont rien gagner avec la Grèce, c’est l’évidence. Ils sont admis dans le jeu pour être ceux qui peuvent prendre les risques maximums, i.e gagner beaucoup ou perdre beaucoup. Là c’est pour perdre. Ils ne toucheront rien sur les CDS. C’est sûr. Un hedge-fund n’est pas too Big to fail, encore moins « something to save ».

      2. @ vigneron
        je partage un peu votre point de vue mais j’en tire d’autres conclusions. Déjà je n’ai pas dit qu’ils espéraient gagner avec les CDS, mais perdre le moins (c’est pas pareil), ensuite à mon avis si ils lâchent momentanément sur les CDS grecs, ça leur permet de récupérer au moins une partie de leur investissements grâce aux prêts que permettrait un accord entre la grèce et l’IIF.
        Après quand les banques auront besoin des fonds disponibles dans les hedge funds, je pense qu’elles devront repasser à la caisse avec des exigences surévaluées pour compenser les pertes grecque. J’imagine que c’est ce genre de  »détail » qui ralenti l’annonce d’un accord.

  7.  » Une Grossesse qui ne se présente pas très bien Madame  »

     » Ciel mais qui donc m’aurait engrossée comme ça Docteur ?  »

     » Ah je ne sais pas Mme, c’est bien plutôt à vous de me le dire !  »

     » Pourvu que la prochaine en cloque ne me dise pas la même chose  »

    Au bal masqué elles sont toutes très belles à voir faut pas plus s’enfer.

     » Et encore ce n’est pas la dernière à venir au cabinet ma chère assistante !  »

     » Et ma femme qui n’arrête pas d’appeler au téléphone tu parles d’une civilisation « 

  8. « Que la Grece fasse défaut une fois pour toute ce qui permettra de voir qui à vendu des CDS en quantité.Le grand bal des faillites de banque pourra alors commencer. »
    Est ce sûr?
    http://www.20minutes.fr/economie/863882-banques-europeennes-recapitalisent-aide-etats
    Les Hedgs Funds sont des vautours, ils freinent des 4 sabots pour ne pas perdre d’argent et si la Grece fait defaut, ils se font rembourser par les CDS (ils gagnent sur les deux scenarios)..
    Des vautours à mettre hors d’état de nuire !!

    1. et si les cds se déclare en faillite suivi de la bce et pour finir une attaque sur l’Iran à l’arma nucléaire….

  9. Tranquille mimile le sinistre des phynances irlandais pour les leçons d’orthodoxie financière. Ok pour sauver ses dead-banks privées à grands coups de bail-out euroèfèmiesques mais faut surtout pas demander un p’tit effort aux Big banques pour aider une Grèce à la rue. Ah bé non alors. Faut pas affoler les prêteurs.
    Il s’imaginait peut-être que sinon elles allaient venir à son secours, cornemuses en avant ? Pour lui éviter le nécessaire prochain bail-out du Fmi à venir incessamment ? C’est vrai qu’ils sont chiants au Fmi, hein Mr Noonan ? Pensez donc, ils vont jusqu’à vous contraindre à autoriser un régime de faillite personnelle presque humain pour les ménages pendus par leur immobilier pourri… Shocking Sir, isn’t it ?

  10. L’Unédic prévoit 3 millions de chômeurs en 2012.

    L’Unédic, l’organisme chargé de verser les indemnités chômage, a publié ses prévisions de situation financière pour 2012. Avec 140.500 chômeurs supplémentaires à indemniser, le déficit de l’assurance chômage se creuserait de 4,3 milliards d’euros, prévisions revues nettement à la hausse par rapport aux dernières datant de septembre 2011.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/200112/lunedic-prevoit-3-millions-de-chomeurs-en-2012

    1. @dissy
      En comptabilisant bien tout le monde, en France, on doit déjà en être à 4 millions, mais comme aux USA, beaucoup ne s’inscrivent même plus au polemp, soir parce qu’ils sont hors indemnisation (longue durée), soit parce qu’ils ne veulent pas refaire les démarches administratives entre deux CDD ou intérim… (j’en connais).
      Etrangement, les médias évoquent souvent les déficits de l’assurance chômage ou maladie, ou bien le ‘trou de la sécu’…Jamais le déficit du budget de la défense ou le déficit des rentrées fiscales !

      1. dette = cache sexe de l’austérité et de la casse des services public
        une Constituante, le rétablissement des recettes publiques, un statut de l’entreprise, la nationalisation des biens publics – énergie, santé, transport, éducation – un revenu maximum, une grilles des salaires . . .
        pour commencer !

  11. Le PIB de la Grèce rétrécit tous les jours, tandis que la dette augmente de ses intérêts sans se soucier du PIB. Et il n’y a pas de reprise en vue pour remonter le PIB. Ramener la dette publique à 120% du PIB revient à essayer d’enfermer un chat de + en + furieux dans un sac toujours plus étroit. Bonne chance…
    120% de dette c’est encore énorme, on se souvient que les critères de convergences disent 60%. Le PIB de la Grèce c’est 312 mds en 2011 (source fmi), et la dette vers 380 mds. Les 130 mds de la troïka ne représentent qu’un tiers de cette dette. En ramenant la dette à 33% la Grèce devrait encore emprunter sur les marchés 100mds au taux d’intérêt actuel. Là aussi, bonne chance…

    Je ne sais pas ce qu’attend le gouvernement grec pour faire marcher la planche à billets, nationaliser les sociétés étrangères et mettre en taule la troïka et autres profiteurs qui viendraient réclamer. Peut-être de rétablir leurs finances pour ne pas devoir « trop » imprimer?
    En tout cas, qui peut encore croire qu’une décote de 40 ou 50 mds, sur la seule partie privée de la dette, suffira à s’en sortir? Il en faudrait quatre fois plusse, 200mds, minimum.

    1. « Je ne sais pas ce qu’attend le gouvernement grec pour faire marcher la planche à billets, nationaliser les sociétés étrangères et mettre en taule la troïka et autres profiteurs qui viendraient réclamer. »

      On ne vous a pas dis que le gouvernement grec légitime a été remplacé par une junte financière et que le pays est occupé?

  12. Pour conclure, péremptoire : “nous devons résoudre nos problèmes de dette, les marchés se calmeront ensuite

    Les « marchés » ne se calmeront jamais tant qu’ils ne rencontreront pas d’obstacles sur leur route.
    Une situation a émergé où le montant des dettes ont dépassés toutes mesures. Tout le monde sait que rembourser l’intégralité (même une partie) est devenu impossible. Même les acteurs financiers le savent, mais dans leur logique de profit ils iront jusqu’au bout (par exemple la confiscation pure et simple de l’ensemble des actifs de l’état grec : écoles, hôpitaux, toutes les infrastructures… estimé à 125 milliards d’euros) pour récupérer ce qu’ils affirment leur appartenir.
    Ils continueront jusqu’à ce qu’une action extérieure (attentats, manifestations de masse, action politique de haut niveau…) les oblige à reculer.
    On n’arrête pas un maître chanteur qui a décidé d’extorquer des fonds à sa victime. Il détient un pouvoir qui lui permet de venir une fois, et puis il revient encore et encore, même s’il n’avait pas cette intention au départ. Pourquoi se priverait-il ? : de l ‘argent si facilement gagné, une victime qui ne se défend pas, des voisins impliqués (en partie) et qui ne bougeront pas !
    A quand l’innommable : la persécution, la privation des libertés, le viol des intégrités physiques… ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller ?
    Si les « marchés » veulent être remboursés, pourquoi ne viennent-ils pas avec un plan crédible qui tiennent compte des réalités et des responsabilités ?…
    Pardon ? le défaut serait plus profitable pour eux ?? Ah bon !… Je serais vraiment curieux de voir ça … Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce qu’ils entendent par là, ni s’ils ont la moindre idée du fait qu’ils font partie d’un système qu’ils contribuent à détruire. C’est sans doute trop leur demander..

    1. On n’arrête pas un maître chanteur qui a décidé d’extorquer des fonds à sa victime. Il détient un pouvoir qui lui permet de venir une fois, et puis il revient encore et encore, même s’il n’avait pas cette intention au départ. Pourquoi se priverait-il ? : de l ‘argent si facilement gagné, une victime qui ne se défend pas, des voisins impliqués (en partie) et qui ne bougeront pas !

      Analyse raisonnable et rationnelle du rapport de force. Tout est dit.

  13. Je vais être de la partie défaitiste et délirante mais le cas « grec » ressemble à mon humble avis à un test grandeur nature pour voir ( comme au poker) tout ce qui risque de nous arriver.On essaye une petite louche de ceci et une autre de cela, on attend de voir si ça passe ou si ça déborde,et on continue un peu plus , le peuple grec tient encore, allez, poussons le voltage, il ne dit toujours rien, allez , on le finit avant que les autres ne réagissent…je crois que je suis pour la faillite afin que ça pète tout de suite! car je crois que plus on attend et plus ça risque de faire mal!! car pour l’instant je ne vois aucune solution paisible et indolore possible et ce n’est pas faute de zapper sur toutes les infos, les blogs et les sites évoquant la situation catastrophique, cataclysmique où nous sommes…

  14. Je croyais que les fonds vautours étaient ceux qui rachetaient la dette des pays surendettés du tiers monde et se font payer avec les fonds de l’aide au developpement, en faisant des procès indécents aux USA par exemple. Certeins pays ont du légifèrer contre ça.

    1. En Pingrerie les gens les plus vautours, voraces, insatiables, les plus renards qui possèdent les grandes plaines, les sociétés, les corps ont souvent plus grande place habitable dans leur maison, bien sûr cela ne leur suffit toujours pas pour mieux faire les récoltes, de meilleures rentrées, d’assurances vie de greniers ou de tanières.

      C’est pourquoi il leur faut régulièrement toujours plus de place et de mètres carrés pour se sentir bien, au dessus des êtres, du monde, du ciel, des lois, des ondes, de l’histoire, alors forcément les gens de la classe moyenne en prennent le même chemin, c’est comme pour les pauvres gens en mal de plus grand avoir, car si la pingrerie libérale est plus vaine pourquoi faire évoluer la pensée, et ça cause et ça glorifie partout la bétise humaine.

      Car sans le ciel et le juste qui va bientôt y passer de nouveau, il fera toujours très beau et matrice sur terre, alors tout le temps nous nous ferons principalement les bons restos et des cadeaux entre-nous, ça aide les beaux costumes.

  15. il n’y a qu’une seule solution: leur dire d’aller se faire voir et refuser de payer !
    Je n’ai jamais demandé à mon gouvernement de dépenser plus qu’il ne gagnait
    je dis non à mon maire, pour qui du reste je n’ai pas voté, quand il veut faire des parkings, des dépenses somptuaires et mettre de l’éclairage partout en nous disant qu’avec un bon financement cela ne fera pas de mal à la commune…et on ne voit même plus les étoiles!
    le gouvernement ne m’a jamais consulté (le référendum c’est mal ! – quelque fois que l’on devrait écouter le peuple, ce tas d’ignares mal dégrossis – et si jamais cela arrive et que le peuple vote contre alors on réunit les assemblées et on passe outre.
    J’ai un crédit pour la maison, un tout petit pour une voiture à bas coût et je n’ai ni écran plat ni téléphone portable
    dois-je payer les amis de Sarko? dois je payer son augmentation et le train de vie de l’Elysée? sans oublier « celle qui le vaut bien »…qui proportionnellement paye moins d’impôt que le quidam de la classe moyenne
    De qui se moque t’on?
    De nous bien sur!
    jusqu’à quand ?

    peut être plus pour longtemps

    1. A Bordeaux il y a quelques années déjà certains tronçons de la rocades n’étaient plus éclairés faute de crédit pour payer l’électricité. Maintenant toute la rocade est dans le noir. Combien de temps va-t-on faire les beaux avec des projets grandioses et ensuite on ne plus pouvoir payer.

  16. Un bon défaut (ce n’est pas comme si la Grèce n’y était pas…), qu’on rentre dans le vif du sujet.

    1. Bien de votre avis.
      Le défaut coûte cher, mais infiniment moins que les 130 milliards qui devraient être pompés en Grèce prochainement, sans aucune chance que cela suffise en quoi que ce soit.
      Cette dette s’ajoute à la dette présente (même réduite de 100 milliards peut-être) et la charge, pour ce pays en forte récession serait plus lourde que jamais.
      Le rapport dette/PIB ne pourrait que croître quand la dette augmente de 30 milliards (différence entre décote et nouveau prêt) et un PIB en recul de facilement 6%.
      Même les 160% seraient obligatoirement et instantanément dépassé sans aucune chance de réduction, sauf abandon des créances.
      Quelle justification est possible devant les citoyens européens d’agir ainsi pour le seul profit, non pas de « sauver la Grèce » en l’enfonçant davantage, mais de « sauver l’asservissement » lié à la rente d’intérêts attachée à cette dette?
      Quelle justification est possible de continuer ainsi? Pourquoi payer plus cher pour maintenir cette fiction du non-défaut?
      Alors qu’une faillite immédiate avec le maintien des salaires et des retraites grecques, assumés par les autres pays européens, disons pendant deux ans, coûterait tout au plus dix ou vingt milliards aux citoyens européens.
      Un moratoire, assorti d’une meilleure collecte d’impôts en Grèce, en euros ou dans une nouvelle monnaie nationale, finalement, on s’en fout un peu, permettrait à la Grèce de se redresser en deux ans, lui permettrait même de dégager des excédents, et on pourrait même imaginer alors une reprise de certains remboursement.
      Mais continuer comme maintenant est de la folie et nous ruinera tous! Pour le seul bénéfice (comme d’habitude) des plus riches…

      1. On nage en pleine « fiction du non-défaut » comme vous dites. Non pas qu’un défaut ne serait pas lourd de conséquences (crédibilité de la zone euro, désaveux des politiques affligeantes d’austérité, bordel en chaine avec déclenchement des CDS, défaut d’autres pays à terme…) mais quand on y est, on y est.

        La Grèce est un laboratoire européen en la matière qui est en train de démontrer ce qu’il ne faut pas faire : se voiler la face.

        Je me demande dans combien de mois ou d’années les politiques vont réussir à sortir du cadre actuel et comprendre (ou dire officiellement) que la seule solution, c’est repenser un chouilla (ou plus) « l’Economie » et ses rouages, notamment financier.

      2. Merci de me confirmer.
        Je maintiens: acter le défaut et organiser un redémarrage de l’économie grecque, avec ous l’euro, reviendra infiniment moins cher: cent fois moins cher que continuer à financer ce trou sans fonds qu’est la fiction de la solvabilité de ce pays.
        Ce raisonnement s’appliquera ensuite aux autres pays, évidemment.

  17. Vendredi 20 Janvier 2012

    L’Agence de notation Egan Jones , non sacralisée par les autorités américaines, mais néanmoins très suivie par le Smart Money vient de dégrader d’un notch la note de l’Allemagne. Egan Jones invoque la dégradation de la situation allemande en raison du poids des bails out, en raison du risque que fait courir sa part dans la BCE , risque lié à l’accumulation des créances douteuses que lui transfèrent les banques et a sa part dans Target 2.

    La réputation d’Egan Jones n’est pas institutionnelle, comme celle des trois grandes, c’est une réputation de sérieux, d’indépendance. Elle a dégradé les financières américaines et averti des risques bien avant le déclenchement de la grande crise .

    Elle est en quelque sorte en avance, poisson pilote des grosses agences.

    Il y a d’autres agences ou services de rating prives aux Etats Unis, ils servent les besoin du Smart Money et publient rarement leurs avis, ce n’est pas pour cela qu’elles ne sont pas écoutées. Disons qu’elles servent aux initiés qui peuvent rémunérer leurs services.

    http://leblogalupus.com/2012/01/22/ledito-du-samedi-21-janvier-2012-quelques-nouvelles-du-front-par-bruno-bertez/#more-35343

  18. Dette de la Grèce : la restructuration va renforcer l’euro, selon Goldman Sachs

    http://www.boursorama.com/actualites/dette-de-la-grece-la-restructuration-va-renforcer-l-euro-selon-goldman-sachs-ab5a64401ceedf340cfb92b647a9bae5#comments

    Les mêmes qui avaient truqué les comptes grecs viennent nous prédire l’avenir, il se moque de qui ? Il faudra bien un moment ou on va chasser ses hommes du pouvoir avec des coups de pied au cul ! Continuer à vous foutres des peuples et a les poussés dans la misère, le retour de manivelle vous allez le sentir passer !

  19. Plusieurs zones d’ombres :
    – Les nouvelles obligations seraient régies par le droit anglais ou la clémence n’est pas trop de mise.
    – Les créanciers peuvent s’emparer des bien de l’État en cas de non paiement des coupons.
    – Les taux exigés sont délirant : 4.55% pour un pays en récession donc qui n’atteindra même pas les 0% de croissance. (Il faut plus de 4.55% de croissance à la Grèce juste pour payer les coupons)
    – La dette passe de 160 à 120% du PIB … Cela nous fait une belle jambe …
    – Les hedges funds n’ont pas intérêt à un accord car ils veulent la réalisation des CDS (avec des 100ène de milliards de dollars à la clef )

    ==> Un accord sans grand intérêt dont la seule finalité est d’éviter les CDS d’être réalisés (et accessoirement d’empêcher la faillite de la BCE qui perdrait au moins 60 milliards)

    1. Letourneau,

      Les hedges funds n’ont pas intérêt à un accord car ils veulent la réalisation des CDS (avec des 100ène de milliards de dollars à la clef

      Vous délirez littéralement mon ami. Vous imaginez sincèrement des hedge-funds payer des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars de premiums pour des Cds pourris jusqu’à la moelle ? Faut consulter là.

      1. Vigneron

        Vous me décevez beaucoup par votre manque de lucidité. Les hedges funds sont détenteurs de CDS mais non les émetteurs. Si la Grèce se retrouve en situation de défaut de paiement ce sont les assureurs et les banques (les émetteurs) qui paieront la prime aux hedges funds.

        Et devinez quoi? Comment par hasard ce sont les assureurs et les banques qui négocient à tout prix alors que les hedges funds se sont refusés à toutes négociations.

        Comme c’est bizarre !!!!!

      2. Tant que ces « fonds vautours » s’en prenaient aux pays du Sud… personne ne s’indignait sur les places des capitales européennes. Qui aurait cru qu’ils arrivent jusqu’ici? Pourrait-on mettre un terme définitif à ces meurtres de masse? Les vautours ne chassent pas.

  20. Bonjour à tous
    Voici un lien vers Zero Hedge pour un billet Q&R sur la Grèce par le Crédit Suisse.
    Résumé: le haircut sur la dette devrait se monter à 70% et les pertes de l’ECB à quelques milliards d’euros mais c’est pas grave vu ce qu’elle gagne en repo avec les banques.
    Est ce que cela permettrait à la Grèce de s’en sortir? Pour le Crédit Suisse la réponse est clairement NON! Et même avec un haircut de 100%!
    http://www.zerohedge.com/news/qa-greek-restructuring-and-why-its-all-nothing.

    Pour ce qu’il en est de la désindustrialisation, et donc du fabriquons français, un billet sur Business Insider qui dit pourquoi Apple ne pourrait même plus fabriquer ses iPhones aux US.
    mais l’analyse prend pour donnée indiscutables que la volonté d’un caractériel notoire même si désormais « mortadulé » et les marges bénéficiaires intouchables rendent toute discussion inutile!
    En bref: iPhone fabriqué en chine: coût 8$, si que ça serait encore possible fabriqué aux US: 68$. alors le fond? 6 semaines avant la sortie du chose, SJ exige un changement d’écran : passer du plastique au verre et en six semaines: les chinois ont recruté 8000 tech sup/ingénieurs en 15 jours, construit gratos une usine pour faire les essais – gratuits – de découpe du verre, et une fois mis au point,sorti les ouvriers des dortoirs en pleine nuit pour lancer la fabrication…… temps estimé aux US pour réaliser la modif: 9 mois mini….
    Conditions de vie des ouvriers chinois? Metropolis !
    A propos, connaissez vous encore vers chez vous un cordonnier capable de vous fabriquer une paire de souliers? Ou un tailleur sachant couper vos braies ou votre sarreau?
    Cordialement

  21. 2/ La réduction de la dette grecque, afin qu’elle ne représente plus que 120 % du PIB en 2020 contre 160, …………………………………….

    Sachant que c’est un retour à la case départ, puisque les 120% du PIB était la situation qui a amener à la crise (grecque)

    tout ça pour ça !

  22. Ce qui m’inquiète est la tournure que prend la campagne électorale :

    1) Résurgence du Centre et des ses fausses bonnes idées, massivement promues par Radio France. En effet, plusieurs émissions d’1 heure ont été consacrées depuis Samedi, vers 17h aux amis de François Bayroux pour commencer, puis hier 1 heure à Marielle de Sarnez. Ces gens racontent n’importe quoi hélas mais, ils ne sont pas les seuls. Toujours la même rengaine, il faut s’adapter à la compétition internationale.

    Ce matin, même chose au sujet des 35 he chez G Herner. 1h pour dire que les 35h coûtent cher ! Avec l’économiste (entre guillemets) :

    Jacques Delpla
    Economiste, membre du CAE (Conseil d’analyse économique), éditorialiste aux « Echos »

    http://www.franceinter.fr/emission-service-public-une-heure-sur-les-35-heures

    1 heure pour réaffirmer l’idée qu’on ne pourra jamais remettre en cause la compétition internationale, comme horizon absolu de notre être-au-monde économique, et que par conséquent ceci légitime la soumission à l’économie, l’aliénation au travail, et pour finir les thèses libérales. Voilà, pas de monde meilleur possible.

    De plus, même les écologistes qui prônent les 32 heures (Yves Cochet) ne sont pas au clair avec le capitalisme, et la concurrence internationale ! Au risque de manquer de crédibilité…

    Sans oublier la résurgence des thèmes sécuritaires aussi largement promus par la radio publique.

    Conclusion, se dessine un paysage théorique traditionnel, avec des figurants spécialement mis en scène pour la campagne à savoir le Centre, des thèmes qui tendent à exclure toute vraie réflexion sur l’économie en enfermant la discussion dans des présupposés d’économie mondialisée, tout ceci est écoeurant au plus haut degré, que l’on ose nous ressortir ce charabia, mais enfin. Je sens une grosse mise en scène… dont malheureusement la cohérence m’échappe, et je ne sais pas qui tire les ficelles. Je pense qu’en effet, Bayrou est là pour briser la solitude du monarque, dont il est un avatar moins affolant, plus doux, plus présentable. Faire semblant de ne pas être de droite. Brouiller les pistes, les lignes de fractures.

    L’extrême gauche, la seule vraie gauche, coule complètement, avec le débat. Les médias sont dans la collaboration, comme naguère.

  23. vous avez peut être aussi vu passer ça dans vos mails :

    ************
    Bonjour,
    Je viens enfin de recevoir confirmation de mon augmentation de salaire pour 2012-2013, ce sera pas moins de 2%. Ouf, en Février je vais toucher 27,50 euros de plus. Après 15 ans d’ancienneté comme technicienne informatique, je suis contente de pouvoir dépasser les 1500 euros nets. Avec Robert on pensait s’offrir un week end à Londres.
    On pensait….car il y a aussi une mauvaise nouvelle.
    A la télévision ils viennent de dire que pour réduire la dette, il faudra payer 30 milliards d’euros de plus en 2012. Paulette, la voisine m’a dit que c’était plus de 1000 euros par personne qui travaille.Tu te rends compte, je vais gagner 330 euros de mieux et je devrais sortir 1000 euros de plus pour rembourser les dettes de mon banquier!
    Paulette qui s’en sort pas avec tous ses crédits m’a conseillé de me déclarer surendettée. Comme je ne pourrai jamais dépenser 670 euros de plus qu’en 2011, je vais suivre ses conseils et remplir le formulaire qu’elle m’a donné.https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_13594.do
    Je t’en envoie un à toi aussi. On verra bien mais quand on peut plus, on peut pas.
    Je t’embrasse
    ************

  24. Et ça continue :

    Jacques Ségala donne son avis sans nuances sur le programme de Hollande, pendant 1/4 sur Fr Inter, histoire de ne pas croire au père Noel. Hollande est archaique…

    J. Lebrun traite la paresse, et son invité dit que pour le Christianisme, l’individu doit racheter le pêché par son travail ce qui est une pure contre-vérité. Ce n’est pas du tout la problématique du catholicisme en tout cas, c’est même le contraire.

    « Ensuite, n’oublions pas que sur les billets d’1 dollar, il y a Dieu  »

    Mais bien sûr.

    Le topic étant que si l’on ne travaille pas, l’on paresse ! Faute de travailler vous tombez dans le pêcher capital de la paresse.

    C’est cette façon hypocrite de choisir les sujets de débat qui enferment l’ensemble de la société française dans un carcan mental dont la seule issue est la compétition perdue, avec les Chinois.

    La paresse comme utopie irréaliste et non souhaitable. Il ne reste donc que le stakhanovisme.

    On y est… la paresse conduit au suicide.

    Merci, l’émission la plus démagogique depuis longtemps. Ils en profitent pendant que les gens sont à table pour les assassiner de leur problématiques faisandées pleines d’insinuations et de sous-entendus pessimistes ou romantiquement désillusionnés.

    C’est un assassinat de l’intelligence.

  25. Chronique d’un repas familial

    Bien le bonjour chers membres de ce blog que je lis depuis quelques années déjà. Etant néophite, je me suis toujours gardé d’écrire quelques commentaires par ici, préférant m’instruire plutôt que de raconter des âneries.

    Je souhaitais faire partager ce repas de vendredi soir dernier afin d’illustrer la situation dans laquelle grands nombres de concitoyens sont plongés (ou se noient)

    Voilà quelques années que je n’ai vu un membre de ma famille avec son compagnon. Couple issu du milieu bancaire s’étant lancé dans la gestion de patrimoine (ou gestion de fortune, c’est au choix!).

    Cette visite n’était pas anodine pour ma génitrice. Ils voulaient lui présenter leurs meilleures offres de placement pour que celle ci leur confie sa « fortune ».

    Dans un discours global sur la crise, j’ai eu droit aux éléments suivants:
    – Faute des 35 heures et de la retraite à 60 ans
    – Trop de dépenses liées au « social » (La plaie française..;Dixit)
    – Mitterrand nous a mené à cette crise
    – Notre président actuel a pris les bonnes décisions qui nous ont permis d’avoir la tête encore hors de l’eau
    – Etc…etc…etc…Je vous en passe et des meilleures

    M’appuyant sur des faits et arguments que je tente de comprendre sur ce site, je rétorque en me disant, je vais voir quelles sont leurs réponses…

    Aucune réponse argumentée bien sûr … Encore et toujours des clichés basés sur rien.

    Mon but n’étant pas d’essayer de les « convertir » ou autre…Juste savoir s’ils connaissaient un minimum sur le fonctionnement des mécanismes financiers, une vision globale (logique et non orientée politiquement).

    Ce fût un échec total..même si je m’en doutais fortement.

    Au delà de leur démarche VRP en nous disant que les assurances vie (Suisse …:) )étaient garanties à 3,75% pendant 2 ans, et que les placements n’allaient pas sur les marchés, je leur ai posé la question de savoir où étaient investis cet argent ? Pas de réponse bien sûr …

    Dans tout ça, je les ai trouvé bien peu au fait de la situation actuelle ce qui me conforte dans le fait que j’ai donc dit à ma mère (oui c’est elle ma génitrice), qu’il était hors de question de leur donner les quelques économies qu’elle a pu faire …

    j’avoue être à court d’arguments pour lui faire comprendre …

    Leurs arguments sont par contre extraordinaires: Nous ne faisons pas cela pour l’argent et nous aidons les gens…. Mon bout de gratin dauphinois est resté coincé dans mon œsophage !

    Bref, tout cela pour illustrer dans une scène de la vie quotidienne les désastres de la non information ou de mauvaises convictions …

    Merci à ce site de nous informer

    Bien à vous

    1. Bien joué mais trop aimable l’épicier. Famille ou pas, avec moi les gugusses auraient sûrement pas doublé le cap du Gratin Dauphinois. Faut pas argumenter avec cette engence, faut humilier et sévir. Et on fait pas d’affaires en famillle, ça c’est pour maman. 🙂

      1. La chose drôle avec tout ça, c’est qu’ils ont dit au cours de leurs discours qu’ils ne bossaient jamais avec les amis et la famille …

        Je n’étais plus à une contradiction près :):)

        Je passe (presque) aussi sous silence le fait que ce Monsieur file des cours d’Eco dans les Ecoles de Commerce … Et après on s’étonne …

      2. ils ont dit au cours de leurs discour qu’ils ne bossaient jamais avec les amis et la famille …

        Ouais, les marchands de pognon ont souvent ce discours en commun avec les psychiatres. Sauf que ces derniers le tiennent dans l’espoir que l’on s’efforce d’accepter ce principe quand les premiers le font afin que l’on s’efforce de leur faire faire une entorse gracieuse à leur « principe ».

  26. Merci pour ce billet.

    J’ai une question hors sujet.

    Le premier ministre Hongrois Victor Orban s’est fait tappé sur les doigts car il a modifié la constitution et remet (entre autre) en question l’indépendance de la banque centrale hongroise, il ressort des informations que j’ai entendu que Mr Orban s’est fait tappé sur les doigts sur ce point par le FMI entre autre.
    Mr Orban n’est pas vraiement un démocrate, en tout cas, les médias ne le décrivent pas comme tel et ses modifications constitutionnelles non plus.

    Là où le point de la remise en cause de l’indépendance de la banque centrale hongroise devient obscure pour moi, c’est quand j’entend le premier ministre belge qui demande que la BCE se retrouve sous le controle des politiques, donc qu’elle perde son indépendance.

    Donc pour la banque centrale hongroise, qu’est ce qui est reproché à Mr Orban, d’avoir réalisé ce que la Belgique et la France demande à corp et à cri à l’Allemagne ?
    Et dans ce cas, que dira le FMI car c’est entre autre lui qui a émis des reproches à la Hongrie ?

    Tout cela est fort obscur pour moi, un éclairage sur ce point Mr Leclerc ?

    1. 1) Orban est mis en cause avant de se voir probablement condamné par l’UE pour ne pas respecter les traités qui le contraignent à préserver l’indépendance de sa banque nationale.
      2) La BCE, autant que je sache et jusqu’à preuve du contraire n’est pas une banque nationale.
      Le parallèle entre les articles constitutionnels effectifs d’Orban et d’informelles et virtuelles « demandes belges ou françaises » sur une révision des statuts de la BCE me semble pour le moins extrêmement biaisé, pour ne pas dire très très très « inadéquat »…

      1. 1) La Hongris n’étant pas dans l’Euro, est ce que la banque nationale de Hongrie dépend de la BCE ?

        2) Aux yeux du FMI qui n’est ni garant de l’Euro, ni de l’Europe mais est censé être au dessus de la mélée, je ne vois pas pourquoi ses dirigeants ne feraient pas le parallèle.

        Pour être clair, je ne vois pas en Mr Orban un exemple et je n’envie pas la Hongrie d’avoir ce dirigeant, les relents fascistes qui émanent de par la bas ne me plaisent pas.

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